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Introduction à l’Étude de la Prophétie
Marc Tapernoux
Le plan a été complété par Bibliquest par des ajouts et modifications de sous-titres.
Table des matières résumée de l’ensemble du livre :
1. Étude de la prophétie : Pourquoi et comment
2. Histoire d’Israël, des Nations et de l’Église jusqu’au retour de Christ
4 De l’enlèvement de l’Église jusqu’à l’apparition du Seigneur en gloire
5 Quatrième partie : LE RÈGNE MILLÉNAIRE
6 Cinquième partie : L’ÉTAT ÉTERNEL
7 Conclusion : effets de l’attente du Seigneur
Table des matières de ce document (quatrième partie jusqu’à la fin) :
5 Quatrième partie : LE RÈGNE MILLÉNAIRE
5.2 Chapitre 1 — Le Roi des rois
5.2.1 Roi et Seigneur de toute éternité
5.2.2 Roi d’Israël en tant que Fils de David
5.2.3 Droit à la royauté de Celui qui est mort et a été ressuscité
5.2.4 Une royauté reconnue par tous, même les ennemis
5.2.5 L’entrée de Christ dans son règne
5.3 Chapitre 2 — L’instauration du règne
5.3.2 Résurrection des martyrs
5.4 Chapitre 3 — Les caractères du règne
5.4.4 Délivrance des conséquences du péchés (mort, maladie, infirmités)
5.4.5 La terre délivrée de la malédiction
5.5 Chapitre 4 — L’Église durant le millénium
5.5.1 La sainte cité, nouvelle Jérusalem
5.5.2 Relations avec la terre, autorité sur les nations
5.6 Chapitre 5 — Israël durant le millénium
5.6.1 Prééminence d’Israël parmi les nations
5.6.2 Les nations apportant leurs libéralités
5.6.3 Jérusalem capitale du monde
5.6.5 Israël faisant connaître Christ aux nations
5.7 Chapitre 6 — Les nations durant le millénium
5.7.1 Les nations participeront aux bénédictions
5.7.2 Les convertis d’entre les nations
5.7.3 Les nations se soumettant à Christ
5.7.4 Les nations adorant à Jérusalem
5.8 Chapitre 7 — La fin du millénium
6 Cinquième partie : L’ÉTAT ÉTERNEL
6.2 Chapitre 1 — Le grand trône blanc
6.3 Chapitre 2 — Les nouveaux cieux et la nouvelle terre
6.3.1 Disparition des cieux et de la terre de maintenant
6.3.3 Ce qu’il n’y aura pas sur la nouvelle terre
6.3.4 Dieu habitant avec les hommes
6.3.5 Toutes choses faites nouvelles
6.3.6 Quels seront les trésors constituant l’héritage ?
6.3.6.5 L’unité et la perfection
6.3.7 Quelle sera l’occupation des rachetés ?
7 Conclusion : effets de l’attente du Seigneur
7.4 Travailler, servir, porter du fruit,
Les jugements prépareront l’avènement du règne de Christ ici-bas. La justice et la paix que le monde recherche en vain depuis des siècles seront enfin établies sous le sceptre de Celui auquel les hommes ont refusé de se soumettre jusqu’alors, disant : «Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous». Le Seigneur veut d’abord avoir son Église avec lui, dans la gloire. Ensuite Israël, son peuple terrestre, sera préparé à l’accueillir par les épreuves de la grande tribulation, dont il sera délivré par l’apparition glorieuse de Christ. Celle-ci s’accompagnera de la destruction de ses ennemis et de la purification de son royaume de tous les ouvriers d’iniquité.
Nous trouvons donc, au début du règne millénaire, le résidu fidèle d’Israël, ainsi qu’un grand nombre de rachetés d’entre les nations qui s’identifieront avec lui. Épargnés par la clémence divine, ils auront survécu aux jugements et aux persécutions de leurs ennemis, pour former la population de la terre millénaire. Ils se soumettront avec joie au règne de Christ et le reconnaîtront comme leur Seigneur.
Satan sera lié dans l’abîme durant mille ans et partout où le mal se montrera, il sera réprimé aussitôt, de sorte que la terre demeurera constamment dans l’état où l’auront placée la présence du Seigneur et l’effusion du Saint Esprit, c’est-à-dire «pleine de la connaissance de la gloire de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer».
Les saints glorifiés seront associés à Christ dans son règne. Jérusalem sera le centre terrestre de ce glorieux royaume de justice et de paix. Israël, converti et restauré dans sa terre, occupera la première place parmi toutes les nations. Celles-ci monteront chaque année à Jérusalem pour adorer le Roi, l’Éternel des armées, et pour célébrer la fête des tabernacles. Le temple sera reconstruit sur la montagne de Sion. La gloire de Dieu se manifestera de façon visible dans les cieux et sur la terre, comme jadis la colonne de feu et de nuée marquait sa présence dans le tabernacle. Bien que le Seigneur ouvre en personne le règne millénaire, il ne sera pas présent sur la terre pendant cette période, mais demeurera en relation avec elle et aura à Jérusalem un représentant, appelé «le prince» en Ézéchiel 46 à 48.
Les effets de la malédiction seront supprimés : une grande prospérité régnera partout et la durée de la vie humaine sera considérablement augmentée. Le coeur de l’homme ne sera cependant pas changé et plusieurs ne se soumettront à Christ qu’à contrecoeur et en dissimulant. Aussi, à la fin du millénium Dieu procédera à une dernière épreuve : Satan sera délié de sa prison pour un peu de temps et aussitôt une multitude d’hommes de toutes les nations se rangeront sous sa bannière. Ils s’assembleront, nombreux comme le sable de la mer, autour de Jérusalem pour faire la guerre aux saints. Mais cette ultime rébellion contre Dieu sera de brève durée : le feu du ciel dévorera tous ces méchants. Ainsi s’achèvera le règne de mille ans, dont nous allons examiner plus en détail l’instauration et les caractères, ainsi que la place et le rôle qu’y auront l’Église, Israël et les nations. Mais auparavant il convient de considérer le Roi lui-même, Christ, investi du pouvoir suprême à la face de l’univers tout entier.
Si Christ est appelé à régner sur la terre et l’univers, c’est d’abord parce qu’il est Roi et Seigneur de toute éternité, ainsi qu’en font foi de nombreux passages de l’Écriture.
«L’Éternel (le Seigneur, dans l’Ancien Testament) est roi à toujours et à perpétuité... À l’Éternel est la terre et tout ce qu’elle contient, le monde et ceux qui l’habitent... Qui est-il, ce roi de gloire ? L’Éternel des armées, lui, est le roi de gloire» (Ps. 10:16 ; 24:1, 10).
Mais Christ est aussi Roi d’Israël en tant que Fils de David. Dieu avait promis à celui-ci que son trône serait établi à perpétuité. «Et ta maison et ton royaume seront rendus stables à toujours devant toi, ton trône sera affermi pour toujours» (2 Sam. 7:16). «J’ai trouvé David, mon serviteur... Et je ferai subsister sa semence à perpétuité, et son trône comme les jours des cieux... Sa semence sera à toujours, et son trône comme le soleil devant moi. Comme la lune, il sera affermi pour toujours» (Ps. 89:20 et suiv.). Il est évident que ces promesses ne s’appliquaient pas à David lui-même et à ses successeurs, dont le trône fut renversé définitivement par Nebucadnetsar, en 585 av. J. C. David avait compris que ces promesses ne seraient accomplies qu’en Christ (cf. Actes 2:30 et suiv.). L’ange Gabriel le confirme à Marie : «Tu appelleras son nom Jésus. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-haut ; et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; et il régnera sur la maison de Jacob à toujours, et il n’y aura pas de fin à son royaume» (Luc 1:31-33). Christ est donc, par droit de naissance, Roi d’Israël. Plusieurs l’ont reconnu comme tel (Matt. 12:23 ; Marc 10:47) et une immense foule l’acclama, lors de son entrée à Jérusalem, en criant : «Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très-hauts !» (Matt. 21:9 ; cf. aussi Marc 11:10). Mais nous savons comment il fut rejeté par son peuple : «Crucifie, crucifie-le !... Ôte, ôte ! crucifie-le !... Nous n’avons pas d’autre roi que César» (Jean 19:6 et suiv.). Ce rejet n’a cependant porté aucune atteinte à ses droits à la royauté et il les fera valoir lors de son apparition glorieuse, aussi bien à l’égard d’Israël qu’envers les nations.
Précisément, sa réjection et sa mort lui confèrent un titre nouveau à la royauté sur Israël et sur le monde entier. «Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié» (Actes 2:36). «C’est pourquoi je lui assignerai une part avec les grands, et il partagera le butin avec les forts, parce qu’il aura livré son âme à la mort, et qu’il aura été compté parmi les transgresseurs» (És. 53:12). «C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père» (Phil. 2:9-11). «Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds» (Matt. 22:44 ; Héb. 1:13 ; lire Héb. 1 et 2:5-10).
Ainsi donc, Christ est Roi à trois titres, savoir :
parce qu’il est Dieu ;
parce qu’il est fils de David ;
parce qu’il est fils de l’homme, mort et ressuscité.
Pour l’instant, sa royauté n’est reconnue que dans le ciel et parmi ses bienheureux rachetés qui, par la foi, le voient couronné de gloire et d’honneur (Héb. 2:9). «Et il l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir ; et il a assujetti toutes choses sous ses pieds» (Éph. 1:20-22). Toutefois, ce couronnement de Christ dans le ciel n’a pas encore été rendu visible sur la terre, où Christ est encore le Roi rejeté, que ses «concitoyens haïssent» et auquel ils envoient quotidiennement des ambassades, disant : Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous (Luc 19:14). Aussi la Parole déclare-t-elle : «Mais maintenant nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties» (Héb. 2:8). Bientôt cela changera et sa royauté sera reconnue de tous, même de ses ennemis. Mais ce sera trop tard pour eux et ils entendront cette terrible sentence : «Mais ceux-là, mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, amenez-les ici et tuez-les devant moi» (Luc 19:27).
Voici comment la Parole décrit l’entrée de Christ dans son règne : «Et le septième ange sonna de la trompette et il y eut dans le ciel de grandes voix, disant : Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles. Et les vingt-quatre anciens... tombèrent sur leurs faces et rendirent hommage à Dieu, disant : Nous te rendons grâces... de ce que tu as pris ta grande puissance et de ce que tu es entré dans ton règne. Et les nations se sont irritées ; et ta colère est venue, et le temps des morts pour être jugés (*), et pour donner la récompense à tes esclaves les prophètes, et aux saints, et à ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et pour détruire ceux qui corrompent la terre» (Apoc. 11:15-18).
(*) Après le règne millénaire.
«Et voici, quelqu’un comme un fils d’homme vint avec les nuées des cieux, et il avança jusqu’à l’Ancien des jours, et on le fit approcher de lui. Et on lui donna la domination, et l’honneur, et la royauté, pour que tous les peuples, les peuplades et les langues, le servissent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et son royaume, un royaume qui ne sera pas détruit» (Dan. 7:13, 14).
Le jour approche rapidement où ces prophéties s’accompliront et alors celui qui a été «l’opprobre des hommes, et le méprisé du peuple» sera reconnu par tous comme le Roi des rois. Les siens pourront s’écrier avec le psalmiste : «Rendez à l’Éternel la gloire de son nom... Dites parmi les nations : l’Éternel règne !... Que les cieux se réjouissent, et que la terre s’égaye... Car il vient pour juger la terre : il jugera le monde avec justice, et les peuples selon sa fidélité» (Ps. 96:8 et suiv.).
Sa gloire et sa majesté seront manifestées à toutes les créatures, qui seront amenées à lui rendre hommage et à se soumettre à son autorité royale. Citons encore quelques passages qui la décrivent. «Tu es plus beau que les fils des hommes ; la grâce est répandue sur tes lèvres... Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité ; c’est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne. Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté ; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons» (Ps. 45:2-7). «Et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. À l’accroissement de son empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l’établir et le soutenir en jugement et en justice, dès maintenant et à toujours» (És. 9:6, 7). «Tes yeux verront le roi dans sa beauté... Car l’Éternel est notre juge, l’Éternel est notre législateur, l’Éternel est notre roi ; lui, nous sauvera» (És. 33:17, 22). «Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui ; il fera valoir le jugement à l’égard des nations... Il ne se lassera pas, et il ne se hâtera pas, jusqu’à ce qu’il ait établi le juste jugement sur la terre ; et les îles s’attendront à sa loi» (És. 42:1, 4). «C’est peu de chose que tu me sois serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d’Israël ; je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre» (És. 49:6). «Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, et je susciterai à David un Germe juste ; et il régnera en roi, et prospérera, et exercera le jugement et la justice dans le pays... Et c’est ici le nom dont on l’appellera : l’Éternel notre justice» (Jér. 23:5, 6). «Et il se tiendra et paîtra son troupeau avec la force de l’Éternel, dans la majesté du nom de l’Éternel, son Dieu... Car... il sera grand jusqu’aux bouts de la terre. Et lui sera la paix» (Michée 5:4). «Et il portera la gloire, et il s’assiéra... sur son trône, et il sera sacrificateur sur son trône» (Zach. 6:13). «Réjouis-toi avec transports, fille de Sion... Voici, ton roi vient à toi ; il est juste et ayant le salut... Et il annoncera la paix aux nations, et dominera d’une mer à l’autre, et depuis le fleuve jusqu’aux bouts de la terre» (Zach. 9:9, 10). «Et pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de justice ; et la guérison sera dans ses ailes» (Mal. 4:2).
Telle est la description que la Parole nous donne du Roi de gloire, du Prince de paix. Considérons maintenant ce que sera son règne.
Trois événements principaux marqueront l’instauration du millénium, savoir :
· l’incarcération de Satan dans l’abîme pour mille ans ;
· la résurrection des saints qui se seront endormis dans le Seigneur depuis l’enlèvement de l’Église jusqu’à l’apparition glorieuse de Christ ;
· le jugement des nations vivantes par le Seigneur, dont nous nous sommes entretenus dans un chapitre précédent. Nous nous bornerons donc à examiner les deux premiers événements.
Nous lisons en Apocalypse 20 : «Et je vis un ange descendant du ciel, ayant la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Et il saisit le dragon, le serpent ancien qui est le diable et Satan, et le lia pour mille ans ; et il le jeta dans l’abîme, et l’enferma ; et il mit un sceau sur lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis ; après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps» (v. 1-3). Ainsi l’humanité sera délivrée, pendant toute la durée du millénium, de l’influence corruptrice du «menteur, père du mensonge». Les deux acolytes de Satan, la bête et le faux prophète, l’auront précédé dans le feu inextinguible où ils auront été précipités vivants (Apoc. 19:20). Pour que la paix et la justice puissent régner sur la terre, il faut que l’ennemi acharné des hommes soit réduit à l’impuissance. Cet événement mettra un terme à une période où la méchanceté du diable se sera manifestée dans toute sa fureur, période qui commencera au moment où il sera chassé du ciel et précipité sur la terre, avec ses anges (Apoc. 12:9).
Quelle délivrance pour la terre, et plus spécialement pour les fidèles d’Israël et des nations ! Alors s’accomplira la prophétie d’Ésaïe : «Et il arrivera, en ce jour-là, que l’Éternel visitera l’armée d’en haut, en haut, et les rois de la terre, sur la terre. Et ils seront assemblés dans la fosse, comme on assemble des prisonniers, et ils seront renfermés dans la prison ; et après beaucoup de jours ils seront visités (*)» (24:21, 22). Les saints sur la terre pourront entonner le cantique de délivrance : «Comment l’oppresseur a-t-il cessé ?... L’Éternel a brisé le bâton des méchants, le sceptre des dominateurs. Celui qui, dans sa fureur, frappait de coups les peuples, sans relâche, dominant les nations dans sa colère, est poursuivi sans trêve. Toute la terre est en repos et tranquille ; elle éclate en chants de triomphe... Ton orgueil est descendu dans le shéol... Comment es-tu tombé des cieux, astre brillant, fils de l’aurore ?» (És. 14:4 et suiv.).
(*) C’est-à-dire châtiés.
Quel contraste entre le spectacle qu’offrait auparavant la terre — guerres, ruines, larmes, mort — et cette paix, ces «chants de triomphe» qui éclateront de la terre entière, soumise à Christ, le Roi de gloire, le Prince de paix !
Le second événement, la résurrection des martyrs mis à mort après l’enlèvement de l’Église, se produira aussitôt après l’incarcération de Satan dans l’abîme. «Et je vis... les âmes de ceux qui avaient été décapités pour le témoignage de Jésus, et pour la parole de Dieu ; et ceux qui n’avaient pas rendu hommage à la bête ni à son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main ; et ils vécurent et régnèrent avec le Christ mille ans : le reste des morts ne vécut pas jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. C’est ici la première résurrection. Bienheureux et saint celui qui a part à la première résurrection : sur eux la seconde mort n’a point de pouvoir ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui mille ans» (Apoc. 20:4-6).
Auront part à la première résurrection les saints de l’Ancien Testament et ceux de l’économie de la grâce, qui seront ressuscités les uns et les autres lors de la venue du Seigneur et s’en iront à sa rencontre, avec les vivants qui, eux, seront transmués (1 Thess. 4:14-17). (*) Ces rachetés reviendront avec Christ lorsqu’il apparaîtra en gloire et c’est alors qu’aura lieu le dernier acte de la «première résurrection», savoir la résurrection des martyrs de la grande tribulation. Ils régneront avec Christ dans la partie céleste du royaume, tout comme les saints qui auront été enlevés à la rencontre du Seigneur.
(*) La première résurrection a quatre phases :
1. Celle du Christ, les prémices (1 Cor. 15:20).
2. Celle des saints, à sa venue (1 Thess. 4).
3. Celle des deux témoins (Apoc. 11).
4. Celle des autres martyrs de la période apocalyptique.
Tous, ils seront rois et sacrificateurs de Dieu et de Christ durant le millénium, position combien bénie et glorieuse ! Ils suivront le Roi partout et partageront sa gloire, associés à lui dans l’exercice de la royauté. Ils seront manifestés publiquement en même temps que le Roi qui apparaîtra visiblement aux yeux du monde entier lorsqu’il viendra instaurer son règne. La nuée de la gloire divine remplira de nouveau le temple à Jérusalem, ainsi que l’annonce le prophète Ézéchiel : «Et voici, la gloire du Dieu d’Israël venait du côté de l’orient ; et sa voix était comme une voix de grandes eaux, et la terre était illuminée par sa gloire... Et la gloire de l’Éternel entra dans la maison par le chemin de la porte qui regardait vers l’orient... Et voici, la gloire de l’Éternel remplissait la maison... Et il me dit : Fils d’homme, c’est ici le lieu de mon trône et le lieu de la plante de mes pieds, où je demeurerai au milieu des fils d’Israël à toujours... Et il me fit retourner vers la porte extérieure du sanctuaire, qui regardait vers l’orient, et elle était fermée. Et l’Éternel me dit : Cette porte sera fermée ; elle ne sera pas ouverte, et personne n’entrera par elle ; car l’Éternel, le Dieu d’Israël, est entré par elle ; et elle sera fermée» (Ézéch. 43:2, 4, 5, 7 ; 44:1, 2). D’autres passages encore confirment que, comme autrefois, la gloire du Seigneur sera manifestée par une colonne de nuée et de feu (cf. Zach. 8:3 ; 2:5 ; És. 4:2-5). Ainsi les hommes percevront la présence du Seigneur sur la terre, durant le millénium.
D’autre part, il aura à Jérusalem un représentant, appelé le prince par Ézéchiel. «Quant au prince, le prince, lui, y sera assis (dans le temple) pour manger le pain devant l’Éternel» (44:3 ; 46:2 et suiv.). Ce prince fera fonction de vice-roi et exercera l’autorité au nom de Christ.
De nombreux passages décrivent la félicité qui régnera sur la terre sous le sceptre de Christ. Tout ce que l’homme s’efforce en vain d’établir depuis des siècles : paix, justice, bonheur, prospérité, santé, longévité sera enfin assuré à ceux qui se soumettront au Roi des rois. Christ répondra ainsi aux aspirations profondes de l’humanité, jamais satisfaites depuis qu’Adam et Éve furent chassés du jardin d’Eden (Rom. 8:19-22).
Après des siècles de guerres toujours plus meurtrières, la paix régnera sans discontinuer sur toute la terre et aucun conflit ne viendra plus la compromettre. «De leurs épées ils forgeront des socs, et de leurs lances, des serpes : une nation ne lèvera pas l’épée contre une autre nation, et on n’apprendra plus la guerre... Car toute chaussure de guerre qu’on chausse pour le tumulte, et le manteau roulé dans le sang, seront un embrasement, la pâture du feu. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. À l’accroissement de son empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin... L’oeuvre de la justice sera la paix, et le travail de la justice, repos et sécurité à toujours.
Et mon peuple habitera une demeure de paix, et des habitations sûres, et des lieux de repos tranquilles... Et je te donnerai pour gouvernants la paix, et pour magistrats, la justice. On n’entendra plus parler de violence dans ton pays, de dévastation et de ruine dans tes confins» (És. 2:4 ; 9:5-7 ; 32:17, 18 ; 60:17, 18. Lire également Ps. 72:3 et 7 ; 46:10, 11 ; Michée 4:4 ; 5:4 ; Zach. 9:10).
Avec la paix, Christ fera régner aussi la justice, en contraste avec l’état actuel où l’injustice et le péché triomphent souvent. «Il jugera ton peuple en justice, et tes affligés avec droiture... Il fera justice aux affligés du peuple, il sauvera les fils du pauvre, et il brisera l’oppresseur... En ses jours, le juste fleurira... Car il délivrera le pauvre qui crie à lui, et l’affligé qui n’a pas de secours» (Ps. 72). «Et il jugera au milieu des nations, et prononcera le droit à beaucoup de peuples... Et il ne jugera pas d’après la vue de ses yeux... mais il jugera avec justice les misérables, et reprendra avec droiture les débonnaires de la terre ; et il frappera la terre avec la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. Et la justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité, la ceinture de ses flancs... On ne fera pas de tort, et on ne détruira pas, dans toute ma sainte montagne... Et un trône sera établi par la bonté ; et il y en aura un qui y siégera dans la vérité, dans la tente de David, jugeant, et recherchant la droiture, et hâtant la justice... Il fera valoir le jugement à l’égard des nations... Il ne se lassera pas, et il ne se hâtera pas, jusqu’à ce qu’il ait établi le juste jugement sur la terre» (És. 2:4 ; 11:3-5, 9 ; 16:5 ; 42:1, 4. Lire aussi Jér. 23:5, 6 ; Mal. 4:2 ; Ps. 45:7, 8).
À la crainte et à l’inquiétude qui habitent aujourd’hui le coeur des hommes succéderont la joie et le bonheur.
«Et l’Éternel des armées fera, en cette montagne, à tous les peuples un festin de choses grasses, un festin de vins vieux, de choses grasses moelleuses, de vins vieux bien épurés. Et il détruira en cette montagne la face du voile qui couvre tous les peuples, et la couverture qui est étendue sur toutes les nations... Et le Seigneur, l’Éternel, essuiera les larmes de dessus tout visage, et il ôtera l’opprobre de son peuple de dessus toute la terre ; car l’Éternel a parlé... Et les débonnaires augmenteront leur joie en l’Éternel, et les pauvres d’entre les hommes s’égayeront dans le Saint d’Israël... Car les détresses précédentes seront oubliées... Mais réjouissez-vous et égayez-vous à toujours de ce que je crée ; car voici, je crée Jérusalem pour être une jubilation, et son peuple, une joie... Et on n’y entendra plus la voix des pleurs et la voix des cris» (És. 25:6-8 ; 29:19 ; 65:16-19).
Une des causes principales de la souffrance et de l’angoisse humaines actuelles, c’est la mort, qui est le salaire du péché. Sous le règne de Christ, certes la mort ne sera pas encore abolie, mais elle ne sera plus que le châtiment d’un acte de désobéissance caractérisé, d’un péché. «Chaque matin il met en lumière son juste jugement» (Soph. 3:5). «Chaque matin, je détruirai tous les méchants du pays, pour retrancher de la ville de l’Éternel tous les ouvriers d’iniquité» (Ps. 101:8). Par conséquent, ceux qui se soumettront à Christ ne mourront point. «Il n’y aura plus, dès lors, ni petit enfant de peu de jours, ni vieillard qui n’ait pas accompli ses jours. Car le jeune homme mourra âgé de cent ans, et le pécheur âgé de cent ans sera maudit... Car les jours de mon peuple seront comme les jours d’un arbre» (És. 65:20 et suiv.). La maladie et les infirmités disparaîtront : «Alors les yeux des aveugles s’ouvriront, et les oreilles des sourds seront ouvertes. Alors le boiteux sautera comme le cerf, et la langue du muet chantera de joie» (És. 35:5, 6). On ne pourrait, en effet, concevoir que, sous le règne de Christ, le monde continue à être étreint par la souffrance physique et que subsistent partout ces établissements où elle s’étale aujourd’hui d’une manière particulièrement émouvante. Non, celui qui, lorsqu’il était ici-bas dans l’humilité, allait de lieu en lieu guérissant les malades et les infirmes, délivrera l’humanité des conséquences du péché lorsqu’il régnera en puissance durant le millénium, Cette délivrance fait aussi partie du «rétablissement de toutes choses» dont parle l’apôtre Pierre en Actes 3:21.
La terre elle-même y aura aussi sa part et, délivrée de la malédiction qui pèse sur elle depuis la chute, elle produira en abondance, ce qui contribuera à la prospérité générale. «Il y aura abondance de froment sur la terre, sur le sommet des montagnes ; son fruit bruira comme le Liban ; et les hommes de la ville fleuriront comme l’herbe de la terre» (Ps. 72:16).
Ainsi que nous le verrons plus loin, ces bénédictions matérielles seront plus particulièrement le lot d’Israël, mais il est certain que toutes les nations jouiront aussi d’une prospérité inconnue jusqu’ici : «Et il donnera la pluie à ta semence dont tu ensemenceras le sol, et le pain, produit du sol ; et il sera riche et nourrissant. Ton bétail paîtra en ce jour-là dans de vastes pâturages, et les boeufs et les ânes qui labourent le sol mangeront du fourrage salé... Et, sur toute haute montagne et sur toute colline élevée, il y aura des ruisseaux, des courants d’eau» (És. 30:23-25). «Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, où celui qui laboure atteindra celui qui moissonne, et celui qui foule les raisins, celui qui répand la semence ; et les montagnes ruisselleront de moût» (Amos 9:13. Lire aussi Osée 2:21, 22 ; Joël 3:18 ; Zach. 3:10 ; 8:12).
Cette merveilleuse délivrance de la création (cf. Rom. 8:19-22) se traduira par la disparition presque complète des conséquences du péché.
«Au lieu de l’épine croîtra le cyprès ; au lieu de l’ortie croîtra le myrte» (És. 55:13). «Je ferai couler des rivières sur les hauteurs, et des fontaines au milieu des vallées ; je changerai le désert en un étang d’eau, et la terre aride en des sources jaillissantes. Je ferai croître dans le désert le cèdre, l’acacia, et le myrte, et l’olivier ; je mettrai dans le lieu stérile le cyprès, le pin et le buis ensemble» (És. 41:18, 19). «Et le loup habitera avec l’agneau, et le léopard couchera avec le chevreau ; et le veau et le jeune lion, et la bête grasse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache paîtra avec l’ourse, leurs petits coucheront l’un près de l’autre, et le lion mangera de la paille comme le boeuf. Le nourrisson s’ébattra sur le trou de l’aspic, et l’enfant sevré étendra sa main sur l’antre de la vipère. On ne fera pas de tort, et on ne détruira pas, dans toute ma sainte montagne» (És. 11:6-9). «Je mettrai fin aux bêtes mauvaises dans le pays ; et ils habiteront dans le désert en sécurité, et dormiront dans les forêts» (Ézéch. 34:25).
Le «rétablissement de toutes choses» implique donc une bénédiction analogue à celle du paradis, quoique imparfaite, car le mal ne sera pas absolument ôté.
La parole de Dieu ne contient que quelques passages concernant la position et le rôle de l’Église durant le millénium.
Citons tout d’abord l’Apocalypse : «Et l’un des sept anges... vint et me parla, disant : Viens ici, je te montrerai l’épouse, la femme de l’Agneau. Et il m’emporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la sainte cité, Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu... Et je ne vis pas de temple en elle ; car le Seigneur, Dieu, le Tout-puissant, et l’Agneau en sont le temple. Et la cité n’a pas besoin du soleil ni de la lune, pour l’éclairer ; car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau est sa lampe. Et les nations marcheront par sa lumière ; et les rois de la terre lui apporteront leur gloire... Et le trône de Dieu et de l’Agneau sera en elle ; et ses esclaves le serviront, et ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. Et il n’y aura plus de nuit, ni besoin d’une lampe et de la lumière du soleil ; car le Seigneur Dieu fera briller sa lumière sur eux ; et ils régneront aux siècles des siècles» (21:9 à 22:5).
Ce passage décrit les gloires merveilleuses de l’Église, d’épouse de l’Agneau, nouvelle Jérusalem, durant le millénium : elle a la gloire de Dieu, Dieu et l’Agneau en sont le temple, l’Agneau est sa lampe. D’autre part, l’administration du règne lui est confiée : les rachetés de Christ le serviront et régneront avec lui aux siècles des siècles. Les rois de la terre leur apporteront leurs offrandes et leurs hommages. Dieu se servira de l’Église pour répandre la bénédiction et la gloire sur la terre entière et plus particulièrement sur Israël (les noms des douze tribus des fils d’Israël sont écrits sur les douze portes de la cité et, d’autre part, celle-ci porte le nom de Jérusalem). Le fait qu’il n’y a pas de temple en elle montre combien intime sera la communion des rachetés faisant partie de l’Église avec Christ, leur divin Époux : ils n’auront nul besoin d’intermédiaire entre lui et eux, mais ils lui seront étroitement associés dans sa gloire royale. Le temple convient à la terre. Or, les rachetés qui composeront la sainte cité occuperont la partie céleste du royaume. Dieu et l’Agneau en seront le temple.
Quant aux formes sous lesquelles se manifestera l’activité des saints célestes envers les habitants de la terre, Dieu n’a pas jugé nécessaire de nous révéler ses desseins de manière détaillée. Il est seulement répété à plusieurs reprises que nous régnerons avec Christ. «Si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui» (2 Tim. 2:12). «Et celui qui vaincra, et celui qui gardera mes oeuvres jusqu’à la fin, — je lui donnerai autorité sur les nations ; et il les paîtra avec une verge de fer, comme sont brisés les vases de poterie, selon que moi aussi j’ai reçu de mon Père... Celui qui vaincra, — je lui donnerai de s’asseoir avec moi sur mon trône, comme moi aussi j’ai vaincu et je me suis assis avec mon Père sur son trône» (Apoc. 2:26, 27 ; 3:21). Lorsqu’ils rendent gloire à l’Agneau, les quatre animaux et les vingt-quatre anciens confirment ce fait glorieux : «Tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation ; et tu les as faits rois et sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre» (Apoc. 5:9, 10). De son côté le Seigneur a promis à ses apôtres une place particulière dans son royaume. «En vérité, je vous dis que vous qui m’avez suivi, — dans la régénération, quand le fils de l’homme se sera assis sur le trône de sa gloire, vous aussi, vous serez assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d’Israël» (Matt. 19:28 ; lire également Luc 22:28, 29). Et, d’une manière plus générale, il s’adresse à tous les rachetés en ces termes : «Ne crains pas, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume» (Luc 12:32).
La parole de Dieu ne nous en dit pas davantage. Qu’il nous suffise donc de savoir que nous régnerons avec Christ. Peuple céleste dès maintenant, notre part dans le millénium sera céleste aussi. L’essentiel pour nous est de savoir que cette part sera merveilleuse, puisque nous partagerons la gloire de Christ et serons les agents de son pouvoir royal. Nous serons rois et sacrificateurs pour Dieu. Et selon le symbole du tabernacle, nous pouvons dire que cette sacrificature s’exercera dans le lieu très saint, c’est-à-dire dans la partie céleste du royaume, tandis qu’Israël servira Dieu sur la terre dans le sanctuaire, comme faisaient les Lévites. Enfin, les nations se tiendront dans le parvis, où elles viendront apporter leurs offrandes à l’Éternel, comme autrefois les douze tribus.
Ainsi, un avenir particulièrement glorieux attend l’Église dans le règne millénaire. Quel bonheur pour les rachetés qui la composent de savoir qu’ils seront avec leur Seigneur, semblables à lui et unis à lui dans l’exercice de sa royauté et de sa sacrificature. Quelle joie aussi pour son coeur «quand il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru !» (2 Thess. 1:10). «Le Seigneur Jésus fera de nous, quand il apparaîtra, les pierres précieuses qui seront le resplendissement de sa glorieuse couronne, et qui refléteront partout, non ce que nous serons, mais ce qu’il est lui-même. C’est Lui qui sera glorifié, Lui qui sera admiré dans les siens» (H. R).
«Quand le Christ qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire» (Col. 3:4).
Plus de nuit, plus de distance !
Ton Épouse à ton côté,
Reflétera ta puissance,
Et ta grâce, et ta beauté.
Fruit de ton amour suprême,
On la verra dans ce jour,
Environnée elle-même
De ton éternel amour.
Les bénédictions promises à Israël étaient essentiellement terrestres. Par sa désobéissance, il en fut privé, mais Dieu accomplira néanmoins ses desseins de grâce envers son peuple. Après que celui-ci aura été converti, par sa miséricorde et au moyen de l’épreuve, il sera introduit dans les bénédictions du millénium, sous le règne de son Messie, reconnu et acclamé comme Roi des rois. On comprend donc que le peuple d’Israël sera appelé à jouer un rôle tout particulier durant cette période et occupera une place spéciale dans le règne.
Dieu ayant repris avec lui ses relations en grâce, Israël redeviendra le premier peuple de la terre et cette prééminence sera proclamée et reconnue par toutes les nations. Quel renversement de situation, après des siècles de persécution et d’oppression de la part des autres peuples ! «Ils domineront sur leurs oppresseurs» (És. 14:2). «Et les fils de tes oppresseurs viendront se courber devant toi, et tous ceux qui t’ont méprisée se prosterneront à la plante de tes pieds, et t’appelleront la ville de l’Éternel, la Sion du Saint d’Israël» (60:14).
L’influence d’Israël s’étendra au monde entier. «Dorénavant Jacob prendra racine, Israël fleurira et poussera, et remplira de fruits la face du monde» (És. 27:6). Bien plus, les gouvernements étrangers feront acte de soumission envers Israël. «Et des rois seront tes nourriciers, et leurs princesses, tes nourrices ; ils se prosterneront devant toi le visage contre terre, et ils lécheront la poussière de tes pieds ; et tu sauras que moi je suis l’Éternel» (És. 49:23).
Cette soumission s’accompagnera de grandes libéralités de la part de tous les peuples : «Les richesses des nations viendront vers toi... Et tes portes seront continuellement ouvertes (elles ne seront fermées ni de jour ni de nuit), pour que te soient apportées les richesses des nations, et pour que leurs rois te soient amenés. Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront, et ces nations seront entièrement désolées» (És. 60:5, 11, 12 ; voir aussi És. 61:5, 6 ; 66:12).
Jérusalem deviendra la capitale du monde, et cela parce que Dieu y manifestera sa présence. «Car l’Éternel a choisi Sion ; il l’a désirée pour être son habitation : C’est ici mon repos à perpétuité ; ici j’habiterai, car je l’ai désirée» (Ps. 132:13, 14). «Et l’Éternel possédera Juda comme sa part sur la terre sainte, et il choisira encore Jérusalem... Ainsi dit l’Éternel : Je suis revenu à Sion, et j’habiterai au milieu de Jérusalem ; et Jérusalem sera appelée la ville de vérité, et la montagne de l’Éternel des armées, la montagne sainte... Et beaucoup de peuples, et des nations puissantes, iront pour rechercher l’Éternel des armées à Jérusalem, et pour implorer l’Éternel... Tous ceux qui resteront de toutes les nations... monteront d’année en année pour se prosterner devant le roi, l’Éternel des armées» (Zach. 2:12 ; 8:3, 22 ; 14:16). «Dans ce temps-là, on appellera Jérusalem le trône de l’Éternel ; et toutes les nations se rassembleront vers elle, au nom de l’Éternel, à Jérusalem» (Jér. 3:17. Cf. aussi Michée 4:1, 2 et Ézéch. 43:7).
Le temple de Jérusalem sera reconstruit et le prophète Ézéchiel le décrit de façon minutieuse dans six chapitres de son livre (40 à 44 et 46). C’est là que résidera la gloire de Dieu (43:1 à 7), sous la même apparence qu’autrefois, c’est-à-dire sous la forme d’une colonne de nuée et de feu. Les sacrifices seront rétablis pour commémorer l’oeuvre de Christ à la croix. «Mais les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadok... eux s’approcheront de moi pour faire mon service, et se tiendront devant moi, pour me présenter la graisse et le sang, dit le Seigneur, l’Éternel» (44:15). Une source d’eau vive jaillira du temple et s’écoulera dans la mer Morte, qui sera ainsi assainie et regorgera de poissons (Joël 3:18 ; Zach. 14:8 ; Ézéch. 47:1-12). On célébrera de nouveau la Pâque (qui rappellera la mort expiatoire de Christ) et la fête des tabernacles (symbole du repos accordé par Dieu à Israël et aux nations) (Ézéch. 45:21-25 ; Zach. 14:16-19). Un prince gouvernera le pays ; il aura des fils et possédera des terres (Ézéch. 46:16 ; 45:7, 8). Il pratiquera la justice et offrira des sacrifices pour le peuple (45:8, 9, 17).
Israël aura aussi pour mission de faire connaître le nom de Christ à toutes les nations, spécialement au début du règne millénaire. «Et j’enverrai les réchappés d’entre eux vers les nations... aux îles lointaines, qui n’ont pas entendu parler de moi et n’ont pas vu ma gloire ; et ils raconteront ma gloire parmi les nations» (És. 66:19). «Et le résidu de Jacob sera, au milieu de beaucoup de peuples, comme une rosée de par l’Éternel, comme des ondées sur l’herbe» (Michée 5:7). «Et il arrivera que, comme vous étiez une malédiction parmi les nations, maison de Juda, et maison d’Israël, ainsi je vous sauverai, et vous serez une bénédiction» (Zach. 8:13). «En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront, oui, saisiront le pan de la robe d’un homme juif, disant : Nous irons avec vous, car nous avons ouï dire que Dieu est avec vous» (Zach. 8:23). «Ils te supplieront, disant : Certainement Dieu est au milieu de toi ; et il n’y en a pas d’autre, point d’autre Dieu» (És. 45:14). L’apôtre Paul fait sans doute allusion à ce ministère futur d’Israël parmi les nations lorsqu’il écrit aux Romains : «Or, si leur chute est la richesse du monde, et leur diminution, la richesse des nations, combien plus le sera leur plénitude !» (11:12). Alors, en effet, «les nations marcheront à ta lumière, et les rois, à la splendeur de ton lever» (És. 60:3).
Si la prophétie souligne la prééminence d’Israël pendant le règne de mille ans, elle montre que les nations participeront aussi aux bénédictions qui découleront de la domination de Christ sur la terre. En effet, il «fera valoir le jugement à l’égard des nations» et sera établi pour être «une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre» (És. 42:1 ; 49:6). Le prophète Daniel annonce, lui aussi, que le règne du Seigneur s’étendra à toutes les nations. «Et on lui donna la domination, et l’honneur, et la royauté, pour que tous les peuples, les peuplades et les langues, le servissent» (7:14).
De même que Dieu opérera dans le coeur du résidu pour le convertir, il agira puissamment parmi les nations pour les amener à se tourner vers Christ. «En ce jour-là, l’homme regardera vers celui qui l’a fait, et ses yeux verront le Saint d’Israël» (És. 17:7). «Car alors, je changerai la langue des peuples en une langue purifiée, pour qu’ils invoquent tous le nom de l’Éternel pour le servir d’un seul coeur» (Soph. 3:9). Certes, Dieu se servira du message du salut qui sera annoncé par les nombreux évangélistes qui, venant d’Israël, parcourront le monde entier. Mais il touchera lui-même les coeurs et les consciences des plus endurcis. «En ce jour-là les sourds entendront les paroles du livre, et les yeux des aveugles, délivrés de l’obscurité et des ténèbres, verront... Et les yeux de ceux qui voient ne seront pas aveuglés, et les oreilles de ceux qui entendent écouteront, et le coeur de ceux qui vont étourdiment sera intelligent dans la connaissance, et la langue de ceux qui bégaient parlera promptement et clairement» (És. 29:18 ; 32:3, 4).
Cette conversion des nations, qui suivra celle d’Israël, aura pour effet de les amener à se soumettre à Christ et à le reconnaître comme Roi des rois.
«Et il dominera d’une mer à l’autre mer, et depuis le fleuve jusqu’aux bouts de la terre. Les habitants du désert se courberont devant lui, et ses ennemis lécheront la poussière. Les rois de Tarsis et des îles lui apporteront des présents, les rois de Sheba et de Seba lui présenteront des dons. Oui, tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront» (Ps. 72:8-11).
Le prophète Ésaïe fait des déclarations semblables : «Et, en ce jour-là, il y aura une racine d’Isaï, se tenant là comme une bannière des peuples : les nations la rechercheront, et son repos sera gloire... Et ils se tourneront vers l’Éternel, et il leur sera propice et les guérira... Et les fils de l’étranger qui s’attachent à l’Éternel pour le servir et pour aimer le nom de l’Éternel, pour être ses serviteurs... je les ferai venir à ma montagne sainte, et je les rendrai joyeux dans ma maison de prière... ; car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples» (11:10 ; 19:22 56:6, 7).
Citons, pour terminer, le prophète Zacharie : «Et beaucoup de nations se joindront à l’Éternel en ce jour-là, et elles me seront pour peuple» (2:11). Ainsi, l’ensemble des peuples servira le Seigneur avec joie et les inconvertis ne constitueront plus qu’une minorité qui se soumettra en dissimulant. Ceux qui commettront des actes de rébellion seront aussitôt anéantis, comme nous l’avons vu dans un chapitre précédent.
Les nations se rendront en foule à Jérusalem pour adorer. «Et les peuples y afflueront ; et beaucoup de nations iront, et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Éternel, et à la maison du Dieu de Jacob, et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem, la parole de l’Éternel» (Michée 4:1, 2). «Ainsi dit l’Éternel des armées : Encore une fois il viendra des peuples et des habitants de beaucoup de villes ; et les habitants de l’une iront à l’autre, disant : Allons, allons implorer l’Éternel, et rechercher l’Éternel des armées ! Moi aussi, j’irai. Et beaucoup de peuples, et des nations puissantes, iront pour rechercher l’Éternel des armées à Jérusalem, et pour implorer l’Éternel» (Zach. 8:20-22). Les nations qui négligeront ce service de l’adoration seront punies. «Et il arrivera que, celle des familles de la terre qui ne montera pas à Jérusalem pour se prosterner devant le roi, l’Éternel des armées, ... sur celle-là, il n’y aura pas de pluie... Ce sera la plaie dont l’Éternel frappera les nations qui ne monteront pas pour célébrer la fête des tabernacles» (Zach. 14:17-19).
5. Bien que le péché et la mort existent encore, la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, «comme les eaux couvrent le fond de la mer» (És. 11:9). Les coeurs du grand nombre seront si pleins de Christ que la sainteté caractérisera l’activité des hommes et, jusque sur les clochettes des chevaux, on inscrira «Sainteté à l’Éternel» (Zach. 14:20). «Devant moi tout genou se ploiera, par moi toute langue jurera. En l’Éternel seul, dira-t-on, j’ai justice et force. C’est à lui qu’on viendra, et tous ceux qui s’irritent contre lui auront honte» (És. 45:23, 24). Enfin sera exaucée la prière si souvent exprimée : «Que ton règne vienne !»
Christ régnera avec une verge de fer. Cela signifie qu’il ne tolérera aucune atteinte à son autorité. C’est pourquoi le psalmiste invite les rois et les juges de la terre à servir le Seigneur avec crainte et tremblement. «Et maintenant, ô rois, soyez intelligents ; vous, juges de la terre, recevez instruction : Servez l’Éternel avec crainte, et réjouissez-vous avec tremblement ; baisez le Fils, de peur qu’il ne s’irrite, et que vous ne périssiez dans le chemin, quand sa colère s’embrasera tant soit peu» (Ps. 2:10-12). Il y aura des rebelles qui refuseront de se soumettre de coeur à l’autorité de Christ, mais qui dissimuleront leur haine. Partout où le mal se montrera, un juste jugement le réprimera immédiatement, car le roi «régnera en justice». Ceux qui auront été ainsi châtiés serviront d’exemple à ceux qui seraient tentés de les imiter. «Et ils sortiront, et verront les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi ; car leur ver ne mourra pas, et leur feu ne s’éteindra pas, et ils seront en horreur à toute chair» (És. 66:24).
Mais ni la prospérité, ni la paix, ni la justice qui régneront ne changeront le coeur de l’homme. Seule la grâce de Dieu peut le régénérer. À la fin du règne millénaire, Dieu soumettra l’homme à une dernière épreuve : Satan sera délié pour un peu de temps. «Et quand les mille ans seront accomplis, Satan sera délié de sa prison ; et il sortira pour égarer les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, pour les assembler pour le combat, eux dont le nombre est comme le sable de la mer» (Apoc. 20:7, 8). Dieu manifestera l’état réel des coeurs par ce moyen : ceux dont l’obéissance aura été feinte dévoileront alors leurs vrais sentiments, c’est-à-dire leur haine contre Christ et les siens. Aussi, dès que Satan apparaîtra, ils s’assembleront avec empressement sous sa bannière pour faire la guerre aux saints, dans l’espoir insensé d’abolir le règne de Christ et de rétablir l’état de choses antérieur. Quelle aberration !
Ces méchants seront nombreux «comme le sable de la mer», ce qui les fait comparer à Gog et Magog d’Ézéchiel 39, le puissant ennemi russo-asiatique qui, mille ans auparavant, aura envahi et ravagé la Palestine. Cela montre combien est irrémédiable la méchanceté du coeur humain après mille ans de paix, de bénédictions de toutes sortes, des millions d’hommes proclameront qu’ils préfèrent encore Satan à Dieu et se révolteront ouvertement contre le Roi des rois. «Et ils montèrent sur la largeur de la terre, et ils environnèrent le camp des saints et la cité bien-aimée» (v. 9). Une fois de plus, le diable s’efforcera d’anéantir les saints et Jérusalem, la ville du grand Roi. C’est ce qu’il avait déjà tenté après qu’il eut été chassé du ciel et précipité sur la terre (Apoc. 12:7 et suiv.). Ses desseins ne changent pas : ne pouvant atteindre le Seigneur, il s’acharne contre ses bien-aimés. Jérusalem et le temple auront été pendant mille ans l’habitation de l’Éternel, aussi Satan cherchera-t-il à les anéantir.
Mais le Seigneur ne le lui permettra pas : un jugement foudroyant mettra fin à cette révolte. «Et du feu descendit du ciel de la part de Dieu et les dévora. Et le diable qui les avait égarés fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont et la bête et le faux prophète ; et ils seront tourmentés, jour et nuit, aux siècles des siècles» (Apoc. 20:9, 10). Ainsi, dès que la tentation aura révélé le secret des coeurs, la révolte sera anéantie et le diable ne parviendra aucunement à nuire aux saints.
Cette rébellion et le jugement sommaire qui la réprime marquent la fin du millénium. Une dernière phase de la prophétie va s’ouvrir : l’état éternel, qui fera l’objet de la cinquième et dernière partie de cette étude.
Nous abordons maintenant la dernière phase des événements prophétiques. Celle-ci s’ouvre immédiatement après la révolte qui suit le millénium. Le ciel et la terre seront détruits et Christ s’assiéra sur le grand trône blanc pour juger les hommes qui sont morts dans leurs péchés. Ils seront ressuscités par la puissance de Dieu, jugés selon leurs oeuvres, condamnés et jetés dans l’étang de feu. Puis la mort sera à son tour anéantie. Dieu créera de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera. Le péché ne souillera pas cette nouvelle création dans laquelle Dieu habitera avec les hommes. Toutes choses auront été réconciliées avec lui, tout sera en parfaite harmonie avec sa sainteté. Son amour aussi, auquel plus rien ne viendra faire obstacle, remplira la création et partout régnera une félicité sans mélange et sans fin. Christ aura remis son royaume à Dieu le Père, afin que Dieu soit tout en tous.
Telles sont les grandes lignes du sujet dont nous allons aborder l’étude.
Nous lisons en Apocalypse 20:11 et suiv. : «Et je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis dessus, de devant la face duquel la terre s’enfuit et le ciel ; et il ne fut pas trouvé de lieu pour eux. Et je vis les morts, les grands et les petits, se tenant devant le trône ; et des livres furent ouverts ; et un autre livre fut ouvert qui est celui de la vie. Et les morts furent jugés d’après les choses qui étaient écrites dans les livres, selon leurs oeuvres. Et la mer rendit les morts qui étaient en elle ; et la mort et le hadès rendirent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés chacun selon leurs oeuvres. Et la mort et le hadès furent jetés dans l’étang de feu : c’est ici la seconde mort, l’étang de feu. Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu».
Quelle scène solennelle ! Alors que les morts en Christ ressusciteront à la venue du Seigneur et avant l’établissement du règne millénaire, ceux qui ne sont pas sauvés demeureront dans leurs tombeaux et seront ressuscités seulement après le millénium pour comparaître devant le grand trône blanc. C’est l’heure du règlement de comptes... Et sur ce trône, Christ lui-même est assis, remplissant les fonctions judiciaires que le Père lui a confiées. «Car aussi le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils... Et il lui a donné autorité de juger aussi, parce qu’il est fils de l’homme» (Jean 5:22, 27). «Dieu jugera par Jésus Christ les secrets des hommes» (Rom. 2:16). «Il nous a commandé de prêcher au peuple, et d’attester que c’est lui qui est établi de Dieu juge des vivants et des morts» (Actes 10:42). «Il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l’homme qu’il a destiné à cela, de quoi il a donné une preuve certaine à tous, l’ayant ressuscité d’entre les morts» (Actes 17:31). «Le Christ Jésus, qui va juger vivants et morts» (2 Tim. 4:1).
Tous comparaîtront devant lui, les petits et les grands de ce monde, pour recevoir le juste châtiment que mériteront leurs oeuvres. Il ne s’agira plus d’être «manifestés», comme nous le voyons en 2 Cor. 5:10 pour les rachetés, envers lesquels sera mise en évidence la grâce qui aura purifié tous les péchés par le sang de Christ et produit quelque bien pour Dieu. Ici, il faudra que chaque impie réponde de ses actes, sans pouvoir aucunement compter sur la grâce qu’il aura pu refuser de son vivant.
Aucun racheté du Seigneur ne se trouvera parmi ces malheureux. «En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie» (Jean 5:24). Pour ceux qui n’auront pas cru au Seigneur Jésus, il n’y aura plus aucun espoir, car ils auront foulé aux pieds le Fils de Dieu.
Tout homme aura affaire à Dieu, soit en Christ (c’est-à-dire en étant au bénéfice de son oeuvre rédemptrice), soit «selon ses oeuvres». Or ceux qui paraîtront devant Dieu en s’appuyant seulement sur leurs propres mérites, subiront une condamnation certaine et juste, car leurs oeuvres ne pourront supporter la lumière divine. Le jour de la grâce sera passé et tout sera apprécié selon les exigences inflexibles de la justice et de la gloire de Dieu.
Les morts seront jugés d’après les choses écrites dans les livres. Il s’agit là d’une image, mais combien évocatrice : rien ne sera oublié, tout sera remis en mémoire et ce rappel suffira à convaincre les morts de leur culpabilité et de la justesse de leur condamnation. Même les péchés secrets seront jugés : «Tous ceux qui ont péché... seront jugés... au jour où Dieu jugera par Jésus Christ les secrets des hommes» (Rom. 2:16). Les paroles aussi, et non seulement les actes : «Et je vous dis que, de toute parole oiseuse qu’ils auront dite, les hommes rendront compte au jour de jugement ; car par tes paroles tu seras... condamné» (Matt. 12:36). Personne ne pourra se disculper et toute bouche sera fermée. Ce sera «la révélation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses oeuvres» (Rom. 2:5, 6).
Mais qu’adviendra-t-il de ceux qui n’auront jamais entendu l’Évangile ? Tout d’abord, il faut se souvenir que Dieu a parlé de tout temps aux hommes par les oeuvres de la création et par le moyen de la conscience. «La colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et toute iniquité des hommes qui possèdent la vérité tout en vivant dans l’iniquité : parce que ce qui se peut connaître de Dieu est manifeste parmi eux ; car Dieu le leur a manifesté ; car, depuis la fondation du monde, ce qui ne se peut voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites (= la création), de manière à les rendre inexcusables» (Rom. 1:18-20). Ainsi l’homme peut percevoir, par la seule contemplation de la nature, la puissance éternelle et la divinité de Dieu, et cela suffit à le rendre inexcusable de vivre dans l’iniquité. Mais, de plus, Dieu a imprimé dans la conscience humaine les principes fondamentaux de la loi, par la notion du bien et du mal que possède tout être humain, si primitif soit-il. «Car quand les nations qui n’ont point de loi, font naturellement les choses de la loi, n’ayant pas de loi, elles sont loi à elles-mêmes, et elles montrent l’oeuvre de la loi, écrite dans leurs coeurs, leur conscience rendant en même temps témoignage, et leurs pensées s’accusant entre elles, ou aussi s’excusant» (Rom. 2:14, 15).
Or, tous les païens ont désobéi à la vérité qui leur a été révélée par ce double canal et la Parole déclare qu’ils sont inexcusables devant Dieu. Mais cela ne signifie pas que tous les hommes seront punis dans la même mesure. Ceux qui n’auront pas entendu l’Évangile ne seront pas châtiés aussi sévèrement que ceux qui, l’ayant ouï, l’auront refusé. Le Seigneur lui-même déclare : «Or cet esclave qui a connu la volonté de son maître, et qui... n’a point fait selon sa volonté, sera battu de plusieurs coups ; et celui qui ne l’a point connue, et qui a fait des choses qui méritent des coups, sera battu de peu de coups : car à quiconque il aura été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé» (Luc 12:47, 48). Il affirme, d’autre part, que la génération qui, ayant vu ses nombreux miracles et entendu son message de grâce, l’a rejeté, sera frappée plus sévèrement, au jour du jugement, que les pécheurs de Tyr et de Sidon. «Malheur à toi, Chorazin ! malheur à toi, Bethsaïda ! car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous eussent été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties sous le sac et la cendre. Mais je vous dis que le sort de Tyr et de Sidon sera plus supportable au jour de jugement que le vôtre» (Matt. 11:21, 22). Il prononce la même condamnation à l’égard de Capernaüm, par rapport au sort de Sodome (v. 23, 24). Enfin, il déclare à ses disciples, au moment où il les envoie prêcher en Israël, que le sort de Sodome et de Gomorrhe sera plus supportable au jour du jugement que celui des villes qui refuseraient de les recevoir (Matt. 10:14, 15).
Ces passages montrent que le Seigneur jugera avec équité et en tenant compte du degré de culpabilité et de responsabilité de chaque pécheur. D’ailleurs, Dieu se révèle comme le Dieu sauveur aux âmes qui le craignent, ainsi qu’en font foi les conversions de Corneille et de l’eunuque éthiopien (Actes 10:19, 20 ; 8:26-29). «La lumière se lève dans les ténèbres pour les hommes droits» (Ps. 112:4). Les pécheurs repentants de l’Ancienne Alliance pouvaient être assurés du pardon de leurs péchés en vertu de l’oeuvre expiatoire de Christ, dont ils bénéficiaient par anticipation (voyez l’exemple de David, adultère et criminel, exprimer la certitude du pardon au Psaume 32). Dieu usait de patience et supportait «les péchés précédents», parce qu’il allait manifester sa justice en frappant Christ, à la croix (Rom. 3:25). Il use encore de patience, «ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance» (2 Pierre 3:9). Dieu dispose de moyens nombreux et que nous ne connaissons pas toujours. Sa grâce, son amour envers les pécheurs, et la puissance qu’il déploie pour les amener au salut par la foi en Jésus, sont infiniment plus étendus que nous ne le soupçonnons et aucun de ceux qui seront condamnés au jour du jugement ne le sera à tort.
Un autre livre sera ouvert : le livre de la vie. Ce ne sera pas pour y inscrire le nom de qui que ce soit, mais pour rappeler aux pécheurs qu’eux aussi auraient pu y être inscrits et échapper ainsi à l’enfer, s’ils n’avaient pas méprisé la grâce de Dieu. Il ne s’agit donc pas non plus de vérifier si le nom de quelque réprouvé pourrait, contre toute attente, se trouver dans le livre de la vie ! Non ! aucun de ceux dont Dieu a écrit le nom dans ce livre ne comparaîtra devant le grand trône blanc. Ayant cru en Jésus, ils ne viendront pas en jugement (Jean 5:24). «Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus» (Rom. 8:1).
Plusieurs autres passages parlent du livre de la vie (*). Quiconque n’y est pas inscrit est irrémédiablement perdu. Lecteur, votre nom figure-t-il dans ce livre ? Si tel est le cas, vous pouvez vous réjouir, car le Seigneur déclarait à ses disciples : «Réjouissez-vous parce que vos noms sont écrits dans les cieux». Sinon, n’attendez pas, mettez-vous sans délai en règle avec Dieu, car la Parole est formelle : «Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu» (Apoc. 20:15).
(*) Ps. 69:28 ; Phil. 4:3 ; Apoc. 3:5 ; 13:8. Voir également Luc 10:20 et Héb. 12:22, 23.
Le refus de la grâce divine aggrave considérablement la condamnation des pécheurs. «Celui qui croit en lui (le Fils de Dieu) n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu» (Jean 3:18). Hélas ! pour ceux qui comparaîtront devant le grand trône blanc, il y aura une condamnation inexorable et définitive : ils seront «jetés dans l’étang de feu». Le chapitre 21, v. 8 précise les chefs d’accusation qui leur attireront ce châtiment : «Mais quant aux timides (c’est-à-dire ceux qui n’auront jamais voulu se décider franchement pour Christ), et aux incrédules (c’est-à-dire ceux qui auront refusé le salut), et à ceux qui se sont souillés avec des abominations, et aux meurtriers, et aux fornicateurs, et aux magiciens, et aux idolâtres, et à tous les menteurs, leur part sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort». Telle est la juste sentence qui sera rendue par le Seigneur contre tous ces coupables.