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Introduction à l’Étude de la Prophétie

 

 

Marc Tapernoux

 

Le plan a été complété par Bibliquest par des ajouts et modifications de sous-titres.

 

Table des matières résumée de l’ensemble du livre :

1.      Pourquoi et comment étudier la prophétie

2.      Histoire d’Israël, des Nations et de l’Église jusqu’au retour de Christ

3     L’enlèvement des croyants

4     Troisième partie :  De l’ENLÈVEMENT de l’ÉGLISE JUSQU’À  l’APPARITION du SEIGNEUR en gloire

4     Le règne millénaire

5     L’état éternel

6     Conclusion : effets de l’attente du Seigneur

 

 

Table des matières détaillée de ce document (troisième partie) :

4     Troisième partie :  De l’ENLÈVEMENT de l’ÉGLISE JUSQU’À  l’APPARITION du SEIGNEUR en gloire

4.1      Sommaire des événements à venir

4.2      ISRAËL

4.2.1      Chapitre 1 — Le retour d’Israël en Palestine

4.2.1.1    Israël rentrant dans sa terre, mais passant le jugement

4.2.1.2    2 tribus et 10 tribus — Comment Dieu opérera le retour

4.2.1.3    Qui possédera le pays ?

4.2.1.4    Le pays retrouvant sa fertilité

4.2.2      Chapitre 2 — La grande tribulation

4.2.2.1    Le déroulement de la grande tribulation

4.2.2.2    Détail des jugements atteignant le peuple

4.2.2.3    Les deux témoins pendant la grande tribulation

4.2.2.4    Les martyrs de la grande tribulation

4.2.3      Chapitre 3 — L’Antichrist

4.2.3.1    La deuxième bête d’Apocalypse 13

4.2.3.2    Faux Messie

4.2.3.3    Un surhomme

4.2.3.4    La puissance de séduction — la marque et le nombre de la bête

4.2.3.5    Autres passages décrivant l’Antichrist

4.2.3.6    La fin de l’Antichrist

4.2.4      Chapitre 4 — La délivrance du résidu

4.2.4.1    La conversion

4.2.4.2    La repentance

4.2.4.3    Retour de coeur vers le Seigneur

4.2.4.4    L’achèvement de la délivrance

4.2.4.5    Christ reçu par Israël

4.2.4.6    La nouvelle alliance

4.3      LES NATIONS

4.3.1      Chapitre 1 — Babylone la grande

4.3.1.1    Caractère entièrement terrestre

4.3.1.2    Dominant le monde

4.3.1.3    Union avec le monde

4.3.1.4    Mère des abominations

4.3.1.5    Ivre du sang des témoins de Christ

4.3.1.6    Apogée future

4.3.1.7    Rome est son centre

4.3.1.8    Le jugement de Babylone

4.3.1.9    Effondrement civil

4.3.1.10     Sortez du milieu d’elle

4.3.2      Chapitre 2 — L’Empire romain

4.3.2.1    Sa reconstitution

4.3.2.2    Origine diabolique de l’empire romain

4.3.2.3    Caractères de l’empire romain et de son chef

4.3.2.4    Activité politique et religieuse

4.3.3      Chapitre 3 — L’heure de l’épreuve et le temps de la colère

4.3.3.1    L’heure de l’épreuve et le temps de la colère

4.3.3.2    Ce qu’en dit l’Écriture

4.3.3.3    Jugements exécutés par le Seigneur lui-même

4.3.3.4    Effets des jugements sur les nations

4.3.3.5    Les 7 coupes d’Apocalypse 16

4.3.3.6    L’Évangile du royaume

4.3.4      Chapitre 4 — Armagédon

4.3.4.1    Ce dont il s’agit

4.3.4.2    L’enjeu

4.3.4.3    Ce qui s’y passera

4.3.4.4    La victoire finale de Christ — Apoc. 19

4.3.5      Chapitre 5 — L’Assyrien

4.3.5.1    Le roi du nord selon Daniel

4.3.5.2    Gog selon Ézéchiel

4.3.5.3    Ce que dit Zacharie

4.3.5.4    Ce que dit Ésaïe

4.4      LA VENUE GLORIEUSE DE CHRIST

4.4.1      Chapitre 1 — Quand et comment le Seigneur apparaîtra-t-il en gloire ?

4.4.1.1    Apparition personnelle de Christ

4.4.1.2    Une venue visible des hommes sur la terre

4.4.1.3    Le cortège d’accompagnement de Christ

4.4.1.4    Une apparition soudaine

4.4.1.5    Retour sur la montagne des Oliviers

4.4.2      Chapitre 2 — Le jugement des vivants

4.4.2.1    Jugement selon Joël et Matthieu

4.4.2.2    Autres passages

 

 

 

 

4      Troisième partie :  De l’ENLÈVEMENT de l’ÉGLISE JUSQU’À  l’APPARITION du SEIGNEUR en gloire

4.1   Sommaire des événements à venir

L’enlèvement des croyants marque la fin de l’ère de l’Église et ouvre de nouveau la période juive, c’est-à-dire celle durant laquelle Dieu reprend le cours de ses voies pour la bénédiction d’Israël et l’avènement de Christ comme Roi en Sion. Bien que cette période soit relativement brève, elle revêt une grande importance, ainsi qu’il ressort de très nombreuses prophéties. Ce sont ces prophéties que nous allons étudier dans cette troisième partie, en les subdivisant en trois groupes, savoir :

·       les prophéties concernant Israël ;

·       celles qui se rapportent aux nations ;

·       celles qui annoncent la venue glorieuse de Christ et de ses saints.

 

Certains événements rapportés par la Parole concernent parfois aussi bien Israël que les nations, de sorte qu’il n’est pas toujours possible d’établir une séparation absolue entre les objets de la prophétie. Il nous paraît donc d’autant plus indiqué de brosser, dans cette introduction, une esquisse des faits qui se dérouleront durant cette période, afin que le lecteur en saisisse l’ensemble.

Des soixante-dix semaines d’années (490 ans) mentionnées dans la vision de Daniel 9:20 à 27, 69 se sont déjà écoulées. À la fin de la soixante-neuvième semaine, le Messie a été rejeté et mis à mort (v. 26). Le temps actuel — durant lequel l’Église est formée — n’est pas compris dans ces soixante-dix semaines. La soixante-dixième semaine se situe donc dans l’intervalle entre l’enlèvement des croyants et l’apparition glorieuse du Seigneur, et elle commence lorsque le chef de l’Empire romain conclut une alliance avec la masse apostate du peuple juif (Dan. 9:27). On peut donc en conclure qu’il s’écoulera un certain temps avant que cette semaine commence et que, de ce fait, la période allant de l’enlèvement de l’Église à la venue en gloire du Seigneur dépassera sept années.

 

Tout d’abord, les Juifs (*) seront ramenés dans leur pays, mais sans qu’ils se soient repentis. Les apostats formant les deux tiers de la nation seront anéantis, tandis que le dernier tiers constituant le résidu pieux sera éprouvé «comme on éprouve l’or» par divers jugements (la grande tribulation), ayant pour but d’amener ceux qui le composeront à se repentir et à reconnaître, comme leur Messie, celui qu’ils ont crucifié, Jésus Christ.

(*) Les ressortissants des tribus de Juda et de Benjamin.

 

Quant aux nations elles seront livrées à l’erreur et rejetteront ouvertement le nom de Christ. L’Empire romain sera reconstitué sous l’autorité d’un chef tenant son pouvoir de Satan et rempli de haine contre Dieu et son peuple. Ce chef tentera, à la fin, de faire même la guerre à Dieu et à Christ, mais sera pris et jeté vivant dans l’étang de feu et de soufre.

Un autre personnage satanique retiendra notre attention : l’Antichrist qui sera plutôt un chef religieux, mais exercera néanmoins aussi un pouvoir politique sur les Juifs et aura son siège à Jérusalem. Il agira en étroite alliance avec le chef de l’Empire romain. Satan ayant été précipité du ciel sur la terre, en fera son représentant et lui conférera le pouvoir d’accomplir des miracles. C’est ainsi que l’Antichrist pourra faire descendre le feu du ciel et, après avoir fait une image de son allié, le chef de l’Empire romain, il lui donnera la respiration. Il placera cette image dans le temple, à Jérusalem, et mettra à mort tous ceux qui refuseront de se prosterner devant elle. Il s’assiéra lui-même dans le temple, se présentant comme étant Dieu, de sorte que les Juifs apostats l’acclameront comme leur Messie. Dieu permettra cette formidable manifestation du pouvoir satanique, comme un jugement sur les Juifs et les nations dites chrétiennes, parce que tous deux auront rejeté Christ et la vérité. Quand cet homme aura mis le comble à son iniquité, il sera anéanti par le Seigneur Jésus en personne lors de son apparition en gloire. Il partagera le sort de son allié de Rome : il sera jeté vivant dans «l’étang de feu embrasé par le soufre».

Un troisième personnage important nous est présenté dans les prophéties se rapportant à la période qui nous occupe : l’Assyrien, appelé aussi le Roi du Nord ou Gog. Dieu se servira de lui comme d’une verge pour châtier les Juifs, jusqu’au jour où Christ apparaîtra et délivrera son peuple de cet ennemi. Doué d’une intelligence exceptionnelle, l’Assyrien étendra son pouvoir en recourant autant à la diplomatie qu’à la force des armes. Il ravagera la Palestine peu de temps avant l’apparition du Seigneur et entrera en guerre contre l’Antichrist et le chef de l’Empire romain.

Il assiégera Jérusalem, la prendra et emmènera la moitié de sa population en captivité. Un second siège ne parviendra pas à la réduire à merci, car le Seigneur interviendra lui-même dans la lutte et anéantira l’Assyrien et les armées qui investiront la ville. Il se tiendra sur la montagne des Oliviers, située au sud de Jérusalem, non loin de la ville. La montagne se divisera en deux, ce qui remplira d’effroi les habitants. Ces faits se produiront après la destruction de l’Antichrist et du chef de l’Empire romain.

Un autre événement marquant surviendra, savoir le retour des dix tribus d’Israël qui, nous l’avons vu, ont été emmenées en captivité en Assyrie par Shalmanéser, sous le roi Osée, en 721 av. J. C. (2 Rois 17:6). Ces tribus ne traverseront pas les jugements de la grande tribulation, mais seront ramenées en Palestine après la seconde demi-semaine de Daniel. Dieu entrera en jugement avec elles au milieu des peuples parmi lesquels elles se trouveront et pendant leur marche vers la Palestine. Il en fera périr les rebelles et en séparera un résidu qui seul rentrera dans le pays de la promesse, à la grande joie des réchappés des deux tribus. Ainsi les survivants des douze tribus seront prêts à recevoir le Messie.

Après avoir délivré son peuple, le Seigneur jugera les nations vivantes d’après la manière dont elles auront traité ses témoins pendant les persécutions et les tribulations précédentes. Ceux qui les auront accueillis et auront reçu l’Évangile du royaume seront introduits dans la bénédiction du règne millénaire, tandis que les autres seront précipités aussitôt en enfer, parce qu’en rejetant les serviteurs du Seigneur ils auront rejeté le Seigneur lui-même. Après ce jugement, Christ entrera dans son royaume. Satan sera lié et jeté dans l’abîme pour mille ans. Des messagers seront envoyés dans le monde entier pour enseigner la justice à tous les peuples. Les méchants devront se soumettre à la domination de Christ ou seront retranchés et toute la terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel. Enfin sera exaucée la prière que les rachetés auront adressée bien souvent à Dieu durant ces terribles années : «Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre».

 

4.2   ISRAËL

4.2.1       Chapitre 1 — Le retour d’Israël en Palestine

 

4.2.1.1              Israël rentrant dans sa terre, mais passant le jugement

Nous avons vu, dans la première partie de ce travail, qu’Israël, ayant été infidèle et ayant rejeté et crucifié son Messie, a été chassé de son pays et dispersé parmi toutes les nations, après que Jérusalem et le temple eurent été complètement détruits. À cela s’est ajouté un «aveuglement» que Dieu lui a envoyé comme châtiment et qui l’empêche de reconnaître son péché et de se repentir. Mais cet état ne durera pas toujours et de nombreux passages de l’Écriture annoncent la restauration et la conversion d’Israël. «Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère-ci, afin que vous ne soyez pas sages à vos propres yeux : c’est qu’un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée ; et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu’il est écrit : «Le libérateur viendra de Sion ; il détournera de Jacob l’impiété. Et c’est là l’alliance de ma part pour eux, lorsque j’ôterai leurs péchés». En ce qui concerne l’Évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l’élection, ils sont bien-aimés à cause des pères. Car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir» (Rom. 11:25-29). Toutefois, avant d’être restauré dans son ancienne relation avec Dieu, Israël devra rentrer dans son pays et rencontrer le jugement que méritent sa rébellion et son rejet du Messie.

 

4.2.1.2              2 tribus et 10 tribus — Comment Dieu opérera le retour

Il y a lieu, tout d’abord, de préciser que seuls rentreront, au début, les descendants des deux tribus de Juda et de Benjamin (appelées le plus souvent Juda), tandis que les ressortissants des dix autres tribus (appelées Israël) ne reviendront en Palestine qu’après la grande tribulation. On sait que les premières étaient remontées de la captivité de Babylone, en vertu de l’édit du roi Cyrus, et que c’est elles qui occupaient le pays lorsque le Seigneur était sur la terre. C’est donc ces deux tribus qui sont plus particulièrement responsables de la mort du Messie et c’est pourquoi elles seront ramenées en premier lieu dans leur pays pour y traverser la grande tribulation. En revanche, les dix tribus, emmenées en captivité par Shalmanéser, roi d’Assyrie, près de cent vingt ans avant la déportation de Juda, n’en sont jamais revenues et leurs traces ont complètement disparu. Dieu entrera en jugement avec elles dans les pays où elles se trouvent et exterminera les impies, ne permettant qu’à un résidu pieux de rentrer, à la fin, en Palestine, où il se joindra au résidu de Juda pour accueillir le Messie. Nous reviendrons plus loin sur les événements qui marqueront le retour des dix tribus et nous bornerons à étudier maintenant les passages relatifs au retour de Juda en Palestine.

Comment les Juifs seront-ils ramenés dans leur pays ? Dieu interviendra lui-même avec puissance. «Si alors leur coeur incirconcis s’humilie et qu’alors ils acceptent la punition de leur iniquité, je me souviendrai de mon alliance avec Jacob, et aussi de mon alliance avec Isaac, et je me souviendrai aussi de mon alliance avec Abraham, et je me souviendrai de la terre : la terre aura été abandonnée par eux, et elle aura joui de ses sabbats, dans sa désolation, eux n’y étant plus... Même alors, quand ils seront dans le pays de leurs ennemis... je me souviendrai en leur faveur de l’alliance faite avec leurs ancêtres...» (Lév. 26:41-45). «Et lorsque toutes ces choses que j’ai mises devant toi seront venues sur toi, la bénédiction et la malédiction, et lorsque tu les auras rappelées dans ton coeur, parmi toutes les nations où l’Éternel, ton Dieu, t’aura chassé, et que tu seras retourné à l’Éternel, ton Dieu, et que tu auras écouté sa voix... il arrivera que l’Éternel, ton Dieu, rétablira tes captifs, et aura pitié de toi ; et il te rassemblera de nouveau d’entre tous les peuples, où l’Éternel, ton Dieu, t’avait dispersé» (Deut. 30:1-3). «Car l’Éternel aura compassion de Jacob et choisira encore Israël, et les établira en repos sur leur terre» (És. 14:1). «Cherchez dans le livre de l’Éternel, et lisez. Pas un d’eux ne manquera ; l’un n’aura pas à chercher l’autre ; car ma bouche l’a commandé, et mon Esprit les a rassemblés» (És. 34:16). «Et je les ferai sortir d’entre les peuples, et je les rassemblerai des pays, et les amènerai dans leur terre ; et je les paîtrai sur les montagnes d’Israël, auprès des ruisseaux et dans toutes les habitations du pays» (Ézéch. 34:13). «Voici, je prendrai les fils d’Israël d’entre les nations où ils sont allés, et je les rassemblerai de toutes parts, et je les ferai entrer dans leur terre» (Ézéch. 37:21). «C’est pourquoi, voici, des jours viennent, dit l’Éternel, où on ne dira plus : L’Éternel est vivant, qui a fait monter les fils d’Israël du pays d’Égypte ; mais : L’Éternel est vivant, qui a fait monter les fils d’Israël du pays du nord, et de tous les pays où il les avait chassés. Et je les ramènerai dans leur terre, que j’ai donnée à leurs pères» (Jér. 16:14, 15) (*). «Et je les ramènerai, car j’userai de miséricorde envers eux ; et ils seront comme si je ne les avais pas rejetés... Je les sifflerai et je les rassemblerai, car je les ai rachetés... Et je les ramènerai du pays d’Égypte, et je les rassemblerai de l’Assyrie, et je les ferai venir au pays de Galaad et au Liban» (Zach. 10:6, 8-10).

(*) Un passage presque identique se trouve en Jér. 23:7, 8.

 

Dieu se servira aussi des nations pour ramener les fils d’Israël dans leur pays. «Et les peuples les prendront et les feront venir en leur lieu» (És. 14:2). «Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Voici, je lèverai ma main devant les nations, et j’élèverai mon étendard devant les peuples ; et ils apporteront tes fils sur leurs bras, et tes filles seront portées sur leurs épaules» (És. 49:22). «Tes fils viennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras... Et les navires de Tarsis viennent les premiers, pour apporter tes fils de loin» (És. 60:4, 9) (*). Certains passages laissent entendre que les nations useront de violence pour les contraindre à s’en aller. Tel a d’ailleurs déjà été le cas partiellement ces dernières années : Dieu s’est servi de la persécution pour arracher les Juifs de certains pays et les obliger à rentrer en Palestine. Mais ce n’est qu’un début et le retour massif des fils d’Israël ne se produira qu’après l’enlèvement des croyants auprès du Seigneur.

(*) Ces deux derniers passages concernent spécialement les dix tribus.

 

4.2.1.3              Qui possédera le pays ?

Quels seront les Juifs qui rentreront ? Il faut, semble-t-il, que tous les ressortissants de Juda reviennent dans leur pays pour y traverser la grande tribulation et y subir les jugements que Dieu a prononcés contre eux. En revanche, comme nous l’avons dit, les dix tribus ne rentreront pas dans leur ensemble en Palestine, mais seulement un résidu, séparé de la masse apostate. Les Arabes, qui occupent actuellement le pays, devront l’évacuer, ce qui ne laissera sans doute pas de provoquer de graves conflits. Mais les promesses de Dieu sont formelles : «Et Lui a jeté le sort pour eux, et sa main leur a partagé le pays au cordeau : ils le posséderont pour toujours ; ils y habiteront de génération en génération» (És. 34:17). Après le retour de Babylone, les descendants de Juda ne restèrent que cinq siècles environ en Palestine et en furent de nouveau brutalement expulsés par les Romains. Or, lorsque Dieu les y ramènera, ce sera à titre définitif. «Ainsi je me souviendrai, en bien, des transportés de Juda... et je les ferai retourner dans ce pays ; et je les bâtirai et je ne les renverserai pas, et je les planterai, et je ne les arracherai pas» (Jér. 24:5, 6). «Et ils habiteront dans le pays que j’ai donné à mon serviteur Jacob, où vos pères ont habité ; et ils y habiteront, eux et leurs fils, et les fils de leurs fils, à toujours» (Ézéch. 37:25). «Mais Juda sera habité à toujours, et Jérusalem de génération en génération» (Joël 3:20). «Et je les planterai sur leur terre, et ils ne seront plus arrachés de dessus leur terre que je leur ai donnée, dit l’Éternel, ton Dieu» (Amos 9:15).

 

4.2.1.4              Le pays retrouvant sa fertilité

Le pays lui-même, jusqu’alors désertique, sera transformé. Il refleurira et se couvrira de champs et de vergers. «Les affligés et les nécessiteux chercheront de l’eau, et il n’y en a pas, leur langue est desséchée par la soif : moi, l’Éternel, je leur répondrai, moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. Je ferai couler des rivières sur les hauteurs, et des fontaines au milieu des vallées ; je changerai le désert en un étang d’eau, et la terre aride en des sources jaillissantes. Je ferai croître dans le désert le cèdre, l’acacia, et le myrte, et l’olivier ; je mettrai dans le lieu stérile le cyprès, le pin et le buis ensemble» (És. 41:17-19). Mais c’est seulement après leur conversion que les fils d’Israël jouiront, sous le règne de Christ, d’une bénédiction sans pareille. Quand ils rentreront dans leur pays, ils seront encore dans un état d’endurcissement complet, à part quelques âmes pieuses qui formeront le noyau du futur résidu.

«Car tu as oublié le Dieu de ton salut, et tu ne t’es pas souvenue du rocher de ton lieu fort ; c’est pourquoi tu planteras des plantations agréables, et tu les sèmeras de ceps étrangers ; le jour même où tu planteras, tu feras croître, et le matin tu feras pousser ta semence ; mais au jour de l’entrée en possession, la moisson sera un monceau, et la douleur, incurable» (És. 17:10, 11). Ces derniers mots se rapportent aux épreuves qui atteindront les Juifs durant la grande tribulation. Au chapitre 18 d’Ésaïe, ils sont représentés comme des raisins verts qui mûrissent, mais qui sont arrachés avant leur maturité : «Car avant la moisson, lorsque la floraison est finie et que la fleur devient un raisin vert qui mûrit, il coupera les pousses avec des serpes, et il ôtera et retranchera les sarments. Ils seront abandonnés ensemble aux oiseaux de proie des montagnes et aux bêtes de la terre ; et les oiseaux de proie passeront l’été sur eux, et toutes les bêtes de la terre passeront l’hiver sur eux» (v. 5, 6). Ces déclarations prophétiques font ressortir que l’état moral du peuple juif n’aura pas changé depuis le jour où Dieu se plaignait que sa vigne ne produisait que des grappes sauvages. Tous les efforts accomplis par ce peuple pour se délivrer lui-même, toutes les manifestations de sa volonté et de sa propre justice aboutiront à une ruine totale. L’impiété atteindra son comble lorsque les chefs du peuple feront alliance avec le chef des nations d’occident (Apoc. 13:2 et Daniel 9:27). Nous lisons, en effet, en Ésaïe 28:14 et 15 : «C’est pourquoi, écoutez la parole de l’Éternel, hommes moqueurs, qui gouvernez ce peuple qui est à Jérusalem. Car vous avez dit : Nous avons fait une alliance avec la mort, et nous avons fait un pacte avec le shéol : si le fléau qui inonde (*) passe, il n’arrivera pas jusqu’à nous ; car nous avons fait du mensonge notre abri, et nous nous sommes cachés sous la fausseté». Aussi les jugements de Dieu s’abattront-ils sur ce peuple apostat durant la grande tribulation.

(*) L’Assyrien dont nous nous entretiendrons dans un prochain chapitre.

 

4.2.2       Chapitre 2 — La grande tribulation

 

4.2.2.1              Le déroulement de la grande tribulation

La soixante-dixième semaine de Daniel ne commencera qu’au temps où le Dieu d’Abraham reprendra son plan concernant son peuple et que la grande parenthèse du «mystère caché dès les siècles en Dieu» (Éph. 3:9) sera fermée. Cette dernière semaine d’années marquera la fin du «présent siècle mauvais» (Gal. 1:4), et verra se dérouler ce qu’annonce Daniel au dernier verset de la prophétie : «Et il (le chef de l’Empire romain reconstitué) confirmera une alliance avec la multitude (= la nation juive rentrée en Palestine et demeurée apostate) pour une semaine (= sept ans) ; et au milieu de la semaine (c’est-à-dire trois ans et demi après la conclusion de l’alliance) il fera cesser le sacrifice et l’offrande ; et à cause de la protection des abominations (ou idoles) il y aura un désolateur, et jusqu’à ce que la consomption et ce qui est décrété soient versés sur la désolée» (Dan. 9:27).

Le «prince qui viendra», fera d’abord alliance avec les Juifs, puis se tournera contre le résidu au bout de trois ans et demi (*).

(*) Nous étudierons ultérieurement cette partie de la prophétie de Daniel, lorsque nous aborderons l’histoire future de l’Empire romain reconstitué (point 4.3.2).

 

Après avoir aidé les Juifs à reconstruire le temple, il persécutera l’«Israël de Dieu» (les Juifs pieux) et fera cesser le sacrifice et l’offrande dans le sanctuaire rétabli. En d’autres termes, il interdira la célébration du culte et profanera l’autel des holocaustes. Tels sont les événements qui marqueront le début de la grande tribulation. Celle-ci ne commencera donc qu’au milieu de la soixante-dixième semaine de Daniel et durera, de ce fait, trois ans et demi, durée qui correspondra à celle du règne de l’Antichrist. L’apparition de celui-ci coïncidera d’ailleurs avec le début de la grande tribulation. Cette durée de trois ans et demi est confirmée par huit passages sous des formes diverses, mais concordantes («Un temps, et des temps et une moitié de temps», Dan. 7:25 ; 12:7 ; Apoc. 12:14. «La moitié de la semaine», Dan. 9:27. «Quarante-deux mois», Apoc. 11:2 ; 13:5. «Mille deux cent soixante jours» (*), Apoc. 11:3 ; 12:6).

(*) L’année juive comptant 360 jours, cela fait exactement trois ans et demi.

 

Pourquoi Dieu donne-t-il de telles précisions ? Sans doute parce qu’il veut montrer qu’il reste le maître absolu des événements qui se dérouleront alors et que, quelle que soit l’incroyable puissance dont disposeront la Bête romaine et l’Antichrist, ceux-ci ne pourront outrepasser, dans leur malfaisance, les limites que Dieu leur aura imposées. D’autre part, ce sera un précieux réconfort, pour les fidèles appelés à traverser cette redoutable époque, d’en connaître d’avance la durée et de posséder ainsi la certitude que les puissances du mal ne triompheront pas indéfiniment sur la terre. Enfin, nous pouvons bien voir, dans cette durée relativement brève, une manifestation de la bonté de Dieu : sa vengeance dure «un jour», sa faveur «une année» (És. 61:2). Le Seigneur lui-même déclare à ses disciples : «Et si ces jours-là n’eussent été abrégés, nulle chair n’eût été sauvée ; mais, à cause des élus, ces jours-là seront abrégés» (Matt. 24:22). C’est donc une pure grâce de Dieu envers les élus de la grande tribulation, que la durée des jugements sera abrégée et ne dépassera pas trois ans et demi.

 

4.2.2.2              Détail des jugements atteignant le peuple

Considérons maintenant les jugements qui atteindront les Juifs durant cette période. À ce propos, il convient de préciser que la Parole emploie deux termes distincts pour désigner ces jugements, suivant qu’ils concernent Israël ou les nations. Quand il s’agit des voies de Dieu envers son peuple, le terme employé est «tribulation» ou «affliction», tandis que pour les nations impies qui auront adoré la Bête et porté la marque de son nom, la Parole se sert d’un autre mot : la «colère». Si donc les jugements de Dieu frappent tous les hommes, ils constituent pour Israël un temps de tribulation dont il sera délivré, tandis qu’ils seront le temps de la colère pour les nations soumises à l’Antichrist, période qui s’achèvera par l’anéantissement des ennemis du Seigneur. Pour l’instant, nous nous bornerons à étudier les passages relatifs à la «détresse de Jacob» (Jér. 30:7), réservant à notre prochaine section (4.3) le récit des jugements qui atteindront les nations.

Les Juifs, et principalement ceux qui seront rentrés en Palestine, traverseront un temps d’effroyable angoisse, mais Dieu les amènera ainsi à s’humilier et les préparera à recevoir leur Messie. Voici ce qu’annonce le prophète Jérémie à ce sujet, concernant Juda : «Nous entendons la voix de la frayeur ; il y a la peur, et point de paix. Demandez, je vous prie, et voyez si un mâle enfante. Pourquoi vois-je tout homme tenant ses mains sur ses reins comme une femme qui enfante, et pourquoi tous les visages sont-ils devenus pâles ? Hélas ! que cette journée est grande ! Il n’y en a point de semblable ; et c’est le temps de la détresse pour Jacob, mais il en sera sauvé» (30:5-7). Daniel s’exprime en des termes tout aussi clairs : «Et ce sera un temps de détresse tel, qu’il n’y en a pas eu depuis qu’il existe une nation jusqu’à ce temps-là... Et lorsqu’il aura achevé de briser la force du peuple saint, toutes ces choses seront achevées» (12:1 et 7). Cette prophétie annonce les paroles du Seigneur Jésus lui-même : «Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation (= l’idole qui désole), dont il a été parlé par Daniel le prophète, établie dans le lieu saint (que celui qui lit comprenne), ... alors il y aura une grande tribulation, telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura jamais» (Matt. 24:15 et suiv.).

Mais Dieu se servira de ce temps d’angoisse pour tirer de son peuple un «reste», appelé aussi «résidu», composé de fidèles qui formeront la nation nouvelle en vue du Royaume. C’est donc à la fois un temps d’humiliation et de purification, ainsi que l’annonce Zacharie : «Et il arrivera dans tout le pays, dit l’Éternel, que deux parties y seront retranchées et expireront ; mais un tiers y demeurera de reste. Et le tiers (= le résidu), je l’amènerai dans le feu, et je les affinerai comme on affine l’argent, et je les éprouverai comme on éprouve l’or. Ils invoqueront mon nom, et moi, je leur répondrai ; je dirai : C’est ici mon peuple ; et lui, dira : L’Éternel est mon Dieu» (13:8, 9). Pour finir, toutes les nations d’alentour se rassembleront pour faire la guerre au résidu épargné : «Et j’assemblerai toutes les nations contre Jérusalem, pour le combat ; et la ville sera prise, et les maisons seront pillées, et les femmes violées, et la moitié de la ville s’en ira en captivité ; et le reste du peuple ne sera pas retranché de la ville» (14:1, 2).

 

C’est en pensant à ces événements effroyables que le Seigneur Jésus invite son peuple à fuir dans les montagnes dès que l’Antichrist aura établi l’abomination de la désolation dans le lieu saint, c’est-à-dire l’image de la Bête romaine placée dans le temple de Jérusalem : «Alors que ceux qui sont en Judée s’enfuient dans les montagnes ; que celui qui est sur le toit ne descende pas pour emporter ses effets hors de sa maison ; et que celui qui est aux champs ne retourne pas en arrière pour emporter son vêtement. Mais malheur à celles qui sont enceintes et à celles qui allaitent en ces jours-là ! Et priez que votre fuite n’ait pas lieu en hiver, ni un jour de sabbat» (*) (Matt. 24:16-20). Ces paroles montrent avec quelle effrayante soudaineté les jugements de la grande tribulation s’abattront sur Israël. La rage de l’Antichrist, quand il aura placé l’image de la Bête romaine dans le temple, sera telle que ceux qui seront sur les toits devront fuir dès qu’ils apprendront cette nouvelle, sans pouvoir même aller prendre leurs effets à l’intérieur de leur maison. Pareillement, ceux qui auront enlevé leur vêtement pour travailler aux champs n’auront pas le temps de courir le chercher. Il n’y aura pas une minute à perdre, tant le danger sera imminent. Une seule idée devra occuper l’esprit de ces pauvres gens : fuir, fuir pour sauver leur vie. Mais, grâce aux enseignements que le Seigneur leur a ainsi donnés dans sa Parole, plusieurs d’entre eux pourront s’échapper et se mettre à l’abri dans les montagnes, probablement hors du pays. Ceux qui ne seront pas parvenus à s’enfuir seront, pour la plupart, mis à mort parce qu’ils refuseront de rendre hommage à l’image de la bête (Apoc. 13:14). De plus, tous ceux qui n’admettront pas de recevoir la marque de la bête sur leur main droite (travailleurs manuels) ou sur leur front (travailleurs intellectuels) seront dans l’impossibilité absolue d’acheter ou de vendre (v. 16). Seuls auront le droit de subsister ceux qui accepteront de se prosterner devant l’image de la bête et de recevoir sa marque. Pour les fidèles qui seront pris dans ce filet satanique, la vie matérielle deviendra impossible.

(*) Car les Juifs pieux ne voudraient pas sortir de leurs demeures ce jour-là et trouveraient ainsi la mort. En effet, la loi prescrit : Que chacun reste chez lui, que personne ne sorte du lieu où il est, le septième jour, (Ex. 16:29). L’usage, non la loi, autorisait cependant un parcours de six stades environ, soit un peu plus d’un kilomètre.

 

Quant à ceux qui auront suivi les instructions de la parole de Dieu et auront fui dans les montagnes, ils seront mis à l’abri du danger et nourris par Dieu, comme jadis le peuple d’Israël reçut la manne durant la traversée du désert. Citons quelques passages se rapportant à cet événement : «C’est pourquoi, voici, moi, je l’attirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au coeur ; et de là je lui donnerai ses vignes, et la vallée d’Acor pour une porte d’espérance ; et là elle chantera (ou répondra) comme dans les jours de sa jeunesse et comme au jour où elle monta du pays d’Égypte» (Osée 2:14, 15). Paroles d’espérance et promesses réconfortantes bien propres à affermir la foi du résidu au travers de son épreuve ! Écoutons encore la même voix s’adresser à lui par le prophète Ésaïe : «Viens, mon peuple, entre dans tes chambres et ferme tes portes sur toi ; cache-toi pour un petit moment, jusqu’à ce que l’indignation soit passée. Car voici, l’Éternel sort de son lieu pour visiter l’iniquité des habitants de la terre sur eux» (26:20, 21). Et encore le prophète Joël : «Et l’Éternel sera l’abri de son peuple et le refuge des fils d’Israël. Et vous saurez que moi, l’Éternel, je suis votre Dieu» (3:16, 17).

Enfin, nous trouvons la même prophétie et les mêmes promesses en Apoc. 12:13, 14 : «Et quand le dragon (= Satan) vit qu’il avait été précipité sur la terre (*), il persécuta la femme qui avait enfanté le fils mâle. Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu’elle s’envolât dans le désert, en son lieu, où elle est nourrie un temps, et des temps, et la moitié d’un temps, loin de la face du serpent». La femme est le type d’Israël et l’enfant mâle nous parle du Christ «qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer» et que le dragon n’était pas parvenu à dévorer, parce qu’il avait été «enlevé vers Dieu et vers son trône» (12:4, 5). «Et la femme s’enfuit dans le désert, où elle a un lieu préparé par Dieu, afin qu’on la nourrisse là mille deux cent soixante jours» (v. 6). On peut penser que ce lieu de refuge sera situé en Transjordanie et jusque dans le désert de Syrie, régions dont la configuration géographique offrira aux fuyards une protection naturelle, analogue à celle que les Camisards trouvèrent jadis dans les Cévennes.

(*) Au début de la dernière demi-semaine de Daniel, qui marque le commencement de la grande tribulation.

 

Combien les circonstances du résidu nous aident à comprendre le but et le sens de ce qu’on appelle l’oraison dominicale : la demande du pain quotidien sera celle d’un vrai miracle, mais Dieu l’accomplira (il est répété à deux reprises, en Apoc. 12, que Dieu nourrira les siens réfugiés au désert). D’ailleurs, cette prière sera aussi celle de leurs frères qui n’auront pu s’échapper lors de la manifestation de l’Antichrist. Ne pouvant ni acheter, ni vendre, parce qu’ils auront refusé d’adorer la bête, ils devront demander aussi chaque jour à Dieu le pain de leur subsistance et ils le recevront en secret de la main de leur Père. Ils le supplieront de les garder de l’heure de la tentation, la terrible tentation de céder aux sollicitations de l’ennemi, afin d’échapper à la mort («Et ils n’ont pas aimé leur vie, même jusqu’à la mort» [Apoc. 12:11]). Ils ne cesseront de crier vers Dieu pour que son règne vienne et qu’ainsi sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Enfin, voyant le mal triompher sur la terre, ils demanderont à Dieu de les en délivrer, délivrance qui leur sera accordée lorsque les deux instruments de Satan seront jetés vivants en enfer (Apoc. 19:20) et que le dragon sera lié durant mille ans dans l’abîme, pendant le règne de Christ (20:1-3). Ce qui précède montre à l’évidence que la prière que le Seigneur enseigna à ses disciples n’était pas destinée littéralement aux croyants de l’économie actuelle, mais particulièrement à ceux qui seront appelés à traverser la grande tribulation.

Les vainqueurs de cette terrible épreuve sont désignés en Apocalypse 7, par le nombre symbolique des cent quarante-quatre mille marqués sur le front du sceau des serviteurs de Dieu. «Et je vis un autre ange (= Christ lui-même) montant de l’orient, ayant le sceau du Dieu vivant ; et il cria à haute voix aux quatre anges, auxquels il avait été donné de nuire à la terre et à la mer, disant : Ne nuisez pas à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons scellé au front les esclaves de notre Dieu. Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient scellés : cent quarante-quatre mille scellés de toute tribu des fils d’Israël» (v. 2-4). Ces témoins sont préservés des fléaux qui sont décrits au chapitre 9 : «Et il leur fut dit (aux sauterelles) qu’elles ne nuisissent ni à l’herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu sur leurs fronts» (v. 4) (*). Il semble donc que Dieu veuille préserver un nombre déterminé de témoins de toutes les tribus d’Israël, pour les introduire dans le Royaume. Mais ce nombre est symbolique et il est bien certain que les rescapés de la grande tribulation seront plus de cent quarante-quatre mille, bien que les deux tiers des Juifs doivent être exterminés et que, d’autre part, le tiers (le résidu) aura de nombreux martyrs, victimes de la rage persécutrice de l’Antichrist. «Et le dragon fut irrité contre la femme, et s’en alla faire la guerre contre le résidu de la semence de la femme, ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus» (Apoc. 12:17).

(*) Ce passage rappelle les voies de Dieu lors de la destruction de Jérusalem par Nebucadnetsar (cf. Ézéch. 9:4-6).

 

4.2.2.3              Les deux témoins pendant la grande tribulation

Cela nous amène à aborder la prophétie relative aux deux témoins d’Apocalypse 11. «Et je donnerai puissance à mes deux témoins, et ils prophétiseront mille deux cent soixante jours, vêtus de sacs» (Apoc. 11:3). La durée de leur ministère correspond à celle de la grande tribulation elle-même. Par conséquent, il y aura à Jérusalem, pendant tout le règne de l’Antichrist, deux témoins de Dieu, revêtus d’une puissance divine extraordinaire et faisant échec au pouvoir satanique du faux prophète. «Ceux-ci sont les deux oliviers et les deux lampes qui se tiennent devant le Seigneur de la terre» (v. 4). Ainsi, durant cette période de persécution et d’apostasie défiant toute imagination, le Seigneur suscitera un témoignage complet et puissant, mais d’une durée limitée.

«Et si quelqu’un veut leur nuire, le feu sort de leur bouche et dévore leurs ennemis ; et si quelqu’un veut leur nuire, il faut qu’il soit ainsi mis à mort. Ceux-ci ont le pouvoir de fermer le ciel, afin qu’il ne tombe point de pluie durant les jours de leur prophétie ; et ils ont pouvoir sur les eaux pour les changer en sang, et pour frapper la terre de toutes sortes de plaies, toutes les fois qu’ils le voudront» (v. 5, 6). Le caractère du témoignage qui sera rendu alors sera entièrement différent de celui de l’évangile de la grâce. Cela s’explique par le fait que l’état de choses qui régnera alors sera tout autre que celui qui existe sur la terre tant que l’Église y demeurera. Le témoignage ainsi rendu rappelle celui de Moïse et d’Élie qui eurent aussi le pouvoir de transformer l’eau en sang, de faire apparaître diverses plaies (Moïse), et de fermer le ciel pendant trois ans et demi (Élie). Comme Dieu a sanctionné jadis le témoignage de Moise et d’Élie, il sanctionnera celui de ces fidèles qui revendiqueront ses droits face à la haine déchaînée de l’ennemi, représenté par le chef de l’Empire romain (la Bête) et l’Antichrist (le faux prophète). C’est à ces événements-là que fait sans doute aussi allusion le passage suivant du prophète Malachie : «Voici, je vous envoie Élie, le prophète, avant que vienne le grand et terrible jour de l’Éternel. Et il fera retourner le coeur des pères vers les fils, et le coeur des fils vers leurs pères, de peur que je ne vienne et ne frappe le pays de malédiction» (4:5, 6). Cette prophétie a eu un premier accomplissement en Jean-Baptiste, au sujet duquel l’ange annonça, avant sa naissance : «Et il fera retourner plusieurs des fils d’Israël au Seigneur leur Dieu. Et il ira devant lui dans l’esprit et la puissance d’Élie, pour faire retourner les coeurs des pères vers les enfants, et les désobéissants à la pensée des justes, pour préparer au Seigneur un peuple bien disposé» (Luc 1:16, 17). L’allusion du prophète Malachie au «grand et terrible jour de l’Éternel» annonce que le témoignage rendu à Jérusalem par les deux témoins aura un caractère et des effets identiques, qu’il sera de nouveau, comme celui d’Élie, accompagné de miracles et amènera de nombreux «pères» et «enfants» d’Israël à se repentir et à accueillir leur Messie à son avènement.

«Et, quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, et les vaincra, et les mettra à mort ; et leur corps mort sera étendu sur la place de la grande ville qui est appelée spirituellement Sodome et Égypte, où aussi leur Seigneur a été crucifié» (v. 7, 8). La puissance de Dieu les protège jusqu’au jour où, leur témoignage étant arrivé à son terme et leur mission remplie, ils sont mis à mort par le chef de l’Empire romain. Celui-ci ne peut accomplir ce crime qu’au moment où Dieu le permet. Il y a une analogie évidente entre le ministère terrestre du Seigneur et celui de ces témoins : son ministère eut la même durée et rencontra également l’opposition incessante et la haine des chefs du peuple, mais ne put être empêché tant que l’heure n’était pas venue ; puis le Seigneur fut mis à mort à Jérusalem, ressuscita le troisième jour, et monta au ciel.

«Et ceux des peuples et des tribus et des langues et des nations voient leur corps mort durant trois jours et demi, et ils ne permettent point que leurs corps morts soient mis dans un sépulcre. Et ceux qui habitent sur la terre se réjouissent à leur sujet et font des réjouissances, et ils s’enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes tourmentaient ceux qui habitent sur la terre» (v. 9, 10). On voit, par ces versets, que l’activité des témoins aura déployé ses effets au monde entier, quand bien même elle se sera exercée à Jérusalem. Leur mort réjouit les méchants dans tous les pays, c’est-à-dire les impies que leur témoignage invincible remplissait d’une haine diabolique. La joie des méchants éclate au moment où ils pensent avoir enfin triomphé de ceux qui les «tourmentaient», et ils contemplent leurs cadavres durant trois jours et demi (*).

(*) Ce passage, que l’incrédulité rejetait comme énonçant une impossibilité, n’a jamais présenté aucune difficulté pour la foi. Or aujourd’hui, même les incrédules doivent abandonner leurs objections et admettre qu’il sera parfaitement possible de montrer les corps des témoins au monde entier, durant les trois jours et demi qu’ils passeront sans sépulture à Jérusalem. — Complément de la note par Bibliquest : Une caméra est d’ores et déjà dirigée en permanence sur le mur des lamentations de Jérusalem et visible sur Internet à tout instant du jour.

 

Mais c’est Dieu qui aura le dernier mot : il manifeste sa puissance envers ses serviteurs comme envers leurs ennemis : «Et après les trois jours et demi, l’esprit de vie venant de Dieu entra en eux ; et ils se tinrent sur leurs pieds, et une grande crainte tomba sur ceux qui les contemplaient. Et j’ouïs une grande voix venant du ciel, leur disant : Montez ici. Et ils montèrent au ciel dans la nuée, et leurs ennemis les contemplèrent. Et à cette heure-là, il y eut un grand tremblement de terre ; et la dixième partie de la ville tomba, et sept mille noms d’hommes furent tués dans le tremblement de terre ; et les autres furent épouvantés et donnèrent gloire au Dieu du ciel» (v. 11-13). Ainsi, le diable et ses acolytes sont publiquement couverts de honte au moment où ils croyaient triompher, et la voix du Seigneur ne cessera de se faire entendre jusqu’à la fin, à salut envers ceux qui reconnaîtront sa seigneurie et refuseront de se soumettre à l’Antichrist, préférant faire le sacrifice de leur vie (Apoc. 13:15).

 

4.2.2.4              Les martyrs de la grande tribulation

Nombreux, en effet, seront les martyrs parmi le résidu. Leur fidélité sera récompensée en ce qu’ils ressusciteront avant l’apparition glorieuse de Christ et seront associés à lui durant son règne. Plusieurs passages de la Parole expriment leurs souffrances, leur détresse, leur espérance. Nous en citerons quelques-uns : «Tu nous as livrés comme des brebis destinées à être mangées, et tu nous as dispersés parmi les nations... Tout cela nous est arrivé, et nous ne t’avons pas oublié, et nous n’avons pas été infidèles à ton alliance. Notre coeur ne s’est pas retiré en arrière, et nos pas n’ont point dévié de ton sentier ; quoique tu nous aies écrasés dans le lieu des chacals, et que tu nous aies couverts de l’ombre de la mort. Si nous avions oublié le nom de notre Dieu, et étendu nos mains vers un dieu étranger, Dieu ne s’en enquerrait-il pas ? car lui connaît les secrets du coeur. Mais, à cause de toi, nous sommes mis à mort tous les jours, nous sommes estimés comme des brebis de tuerie. Éveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Réveille-toi ; ne nous rejette pas pour toujours» (Ps. 44:11 et suiv.).

Parfois aussi, le résidu martyr, considérant ses péchés et ceux de la nation, accepte l’épreuve comme un juste châtiment : «Vos iniquités ont fait séparation entre vous et votre Dieu, et vos péchés ont fait qu’il a caché de vous sa face, pour ne pas vous écouter... C’est pourquoi le juste jugement est loin de nous, et la justice ne nous atteint pas ; nous attendons la lumière, et voici les ténèbres ! la clarté, et nous marchons dans l’obscurité... Au milieu de ceux qui se portent bien nous sommes comme des morts. Nous rugissons tous comme les ours, et nous ne cessons de gémir comme les colombes : nous attendons le juste jugement, et il n’y en a pas ; le salut, et il est loin de nous. Car nos transgressions se sont multipliées devant toi, et nos péchés témoignent contre nous» (És. 59:2-12).

Dans plusieurs passages, le résidu crie vengeance à Dieu contre ses ennemis : «Que la mort les saisisse ! qu’ils descendent vivants dans le shéol ! Car la malice est dans leur demeure, au milieu d’eux» (Ps. 55:15). «Ô Dieu ! dans leur bouche brise leurs dents ; Éternel ! arrache les grosses dents des jeunes lions. Qu’ils se fondent comme des eaux qui s’écoulent !... Qu’ils soient comme une limace qui va se fondant ! Comme l’avorton d’une femme, qu’ils ne voient pas le soleil ! Avant que vos chaudières aient senti les épines, vertes ou enflammées, le tourbillon les emportera. Le juste se réjouira quand il verra la vengeance ; il lavera ses pieds dans le sang du méchant» (Ps. 58:6 et suiv.).

Si nous avons quelque peine à comprendre de telles imprécations, il ne faut pas oublier que l’économie de la grâce sera passée et que, d’autre part, ces paroles s’adressent aux instruments de Satan déchaîné contre les saints du résidu. Ceux-ci seront en butte à une persécution dont nous ne pouvons imaginer l’intensité et qui atteindra une telle multitude que le sang des martyrs sera versé comme de l’eau, tout autour de Jérusalem. «Ô Dieu ! les nations sont entrées dans ton héritage ; elles ont profané ton saint temple ; elles ont mis Jérusalem en monceaux de pierres. Elles ont donné les cadavres de tes serviteurs en pâture aux oiseaux des cieux, la chair de tes saints aux bêtes de la terre ; elles ont versé leur sang comme de l’eau tout autour de Jérusalem, et il n’y a eu personne pour les enterrer» (Ps. 79:1-3).

Mais ils n’invoquent pas seulement la vengeance de Dieu pour le sang des martyrs : ils implorent aussi sa délivrance, du sein de leur profonde détresse, et goûtent par avance la joie qui sera leur part avec Christ. «Que le gémissement du prisonnier vienne devant toi ; selon la grandeur de ton bras garantis ceux qui sont voués à la mort ; et rends à nos voisins sept fois dans leur sein l’opprobre qu’ils ont jeté sur toi, Seigneur ! Mais nous, ton peuple et le troupeau de ta pâture, nous te célébrerons à toujours ; de génération en génération nous raconterons ta louange» (v. 11-13).

En Apocalypse 6, v. 9 à 11, nous trouvons une allusion à ces temps de persécution : «Et lorsqu’il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été égorgés pour la parole de Dieu et pour le témoignage qu’ils avaient rendu. Et elles criaient à haute voix, disant : Jusques à quand, ô Souverain, saint et véritable, ne juges-tu pas et ne venges-tu pas notre sang sur ceux qui habitent sur la terre ? Et il leur fut donné à chacun une longue robe blanche ; et il leur fut dit qu’ils se reposassent encore un peu de temps, jusqu’à ce que, et leurs compagnons d’esclavage et leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux, fussent au complet». Divers passages de l’Apocalypse annoncent en effet le martyre d’autres fidèles, victimes de la rage de la bête (12:11 ; 13:7 et 15 ; 15:2-4), vainqueurs de celle-ci, de son image et de son nombre. Tous sont associés à Christ, à l’Église et aux saints de l’Ancien Testament, ainsi qu’il ressort des versets suivants : «Et je vis des trônes, et ils étaient assis dessus, et le jugement leur fut donné ; et les âmes de ceux qui avaient été décapités pour le témoignage de Jésus, et pour la parole de Dieu» (Apoc. 20:4). Tous étant alors au complet, ils entrent dans le règne avec Christ : «Et ils vécurent et régnèrent avec le Christ mille ans... Bienheureux et saint celui qui a part à la première résurrection : sur eux la seconde mort n’a point de pouvoir ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui mille ans» (v. 4 et 6).

 

Ainsi, les martyrs du résidu d’Israël auront un avenir plus glorieux encore que leurs frères épargnés et qui entreront dans le royaume terrestre de Christ. Leur mort les fera passer dans la gloire céleste et, bien qu’elle les empêche de participer au repos et aux bénédictions terrestres du règne du Messie, ils seront d’autant plus intimement associés à lui dans ce règne comme tous ceux qui auront part à la première résurrection ou seront transmués à la venue du Seigneur.

 

4.2.3       Chapitre 3 — L’Antichrist

Nous avons déjà fait allusion plusieurs fois à ce personnage qui jouera un rôle de premier plan après l’enlèvement de l’Église. C’est pourquoi il nous paraît indiqué de réserver un chapitre à ce sujet, dans lequel nous étudierons ce que la Parole nous déclare sur son origine, sa terrifiante puissance, ses caractères et sa fin dramatique.

 

4.2.3.1              La deuxième bête d’Apocalypse 13

Dans le chapitre 13 de l’Apocalypse, l’apôtre Jean décrit la vision qu’il eut de deux bêtes qui montent successivement, la première de la mer, la seconde de la terre. La première bête, qui est le symbole du chef de l’Empire romain dans un état d’anarchie révolutionnaire figuré par la mer, ne retiendra pas notre attention pour le moment : nous y reviendrons dans notre prochaine section où nous décrirons les événements prophétiques concernant plus spécialement les nations. En revanche, la seconde bête est l’image de l’Antichrist, et nous allons considérer attentivement la description que la Parole nous en donne : «Et je vis une autre bête montant de la terre ; et elle avait deux cornes semblables à un agneau ; et elle parlait comme un dragon» (Apoc. 13:11). Tout d’abord, le symbole dont la Parole se sert — une bête — fait ressortir l’absence de relation avec Dieu qui caractérisera l’Antichrist. En effet, l’animal, à la différence de l’homme, n’a aucune conscience de l’existence de Dieu ; il est créé uniquement pour la terre et ne regarde qu’en bas. L’homme, au contraire, a été créé pour connaître Dieu ; même tombé dans le péché et l’ignorance, il sait qu’existe un Être supérieur invisible, envers lequel il se sent responsable de ses actes. L’Antichrist aura, moralement, ce caractère de la bête qui ignore entièrement Dieu, et tout le système religieux qu’il instituera visera à détrôner Dieu et à se substituer à lui comme objet d’adoration. D’autre part, on peut voir, dans ce symbole d’une bête, le caractère impérial, par analogie avec les empires représentés également par des bêtes dans les prophéties de Daniel : cela montre que l’Antichrist ne sera pas seulement un chef religieux, mais exercera aussi une autorité politique. De fait, il sera acclamé comme roi par les Juifs apostats.

 

4.2.3.2              Faux Messie

Un second trait particulier de cette bête, c’est qu’elle avait deux cornes comme un agneau. Cela fait ressortir la prétention de l’Antichrist de ressembler au Messie, dont il s’efforce de prendre la place en accomplissant divers miracles à l’aide de la puissance que le diable lui conférera. En effet, la bête «parlait comme un dragon» : Satan parlera par la bouche de l’Antichrist. Aussi, les fidèles du résidu n’auront aucune peine à reconnaître son origine diabolique, malgré le travestissement par lequel il parviendra à se faire acclamer comme le Messie d’Israël par les Juifs incrédules.

Il monte «de la terre», image d’un régime politique organisé et stable, en contraste avec l’état d’instabilité et d’anarchie représenté par «la mer». Cela prouve que l’Antichrist n’apparaîtra qu’après que l’Empire romain aura été rétabli et bien organisé. D’ailleurs, la seconde bête (donc l’Antichrist) «exerce tout le pouvoir de la première bête devant elle, et fait que la terre et ceux qui habitent sur elle rendent hommage à la première bête» (v. 12). Ce passage fait ressortir l’entente qui unira ces deux instruments de Satan, le premier en tant que détenteur du pouvoir politique et ayant son siège à Rome, le second en tant que détenteur du pouvoir religieux et siégeant à Jérusalem. Mais on voit aussi que l’Antichrist est, dans son activité satanique, plus énergique que la bête romaine qui ne fait pas de miracles. De tout temps, le diable s’est servi avant tout de ce qu’on appelle la religion pour accomplir ses desseins. À cet effet, il conférera une puissance extraordinaire à l’Antichrist. Aussi bien, il aura été chassé du ciel peu auparavant et précipité sur la terre, à la suite d’un combat contre l’archange Michel et ses anges ainsi que nous le lisons en Apocalypse 12:7-9. Et il est ajouté : «Malheur à la terre et à la mer, car le diable est descendu vers vous, étant en grande fureur, sachant qu’il a peu de temps» (v. 12). On peut se représenter combien terrifiantes seront les manifestations de cette fureur satanique qui inspirera tous les actes de l’Antichrist, agissant de concert avec le Chef de l’Empire romain. En vertu de la puissance que le diable lui donnera, il accomplira «de grands miracles», faisant même descendre le feu du ciel sur la terre devant les hommes (Apoc. 13), comme le prophète Élie. Par ces miracles, il parviendra à séduire un grand nombre d’hommes. L’apôtre Paul annonce les mêmes faits aux Thessaloniciens, appelant l’Antichrist l’homme de péché, le fils de perdition, l’inique, termes qui illustrent bien la ruse, la subtilité et la puissance diaboliques qui accompagneront sa manifestation. Et il ajoute : «Duquel la venue est selon l’opération de Satan, en toute sorte de miracles et signes et prodiges de mensonge, et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Et à cause de cela, Dieu leur envoie une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge» (2 Thess. 2). L’Antichrist se servira donc de sa puissance pour amener les hommes à l’adorer, prenant la place de Dieu et de Christ. Son habileté, jointe à «l’énergie d’erreur» envoyée par Dieu lui-même, égarera tous les hommes «qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice» (v. 12). Satan en fera la contrefaçon de Christ, de sorte que les habitants de la terre se laisseront enlacer rapidement dans ses mensonges et n’hésiteront pas à adorer à la fois l’Antichrist et la bête romaine. Nous lisons, en effet, en 2 Thess. 2:4, que le premier «s’assiéra au temple de Dieu (*), se présentant lui-même comme étant Dieu». D’autre part, il dira «à ceux qui habitent sur la terre de faire une image à la bête qui a la plaie de l’épée et qui a repris vie (la bête romaine). Et il lui fut donné de donner la respiration (pas la vie !) à l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât même, et qu’elle fît que tous ceux qui ne rendraient pas hommage à l’image de la bête fussent mis à mort» (Apoc. 13:14, 15). Mais il est manifeste que l’Antichrist aura une plus grande emprise sur les foules. Il se servira de la puissante influence de l’Empire romain et exercera tout le pouvoir de la première bête. En outre, il sera en mesure d’accomplir des actions prodigieuses que l’empereur romain sera incapable de faire. La conséquence en sera qu’il séduira les habitants de la terre entière.

(*) Ce qui prouve bien qu’il siégera à Jérusalem.

 

4.2.3.3              Un surhomme

L’Antichrist sera le «surhomme» que le monde attend, aujourd’hui déjà, et qu’il acclamera alors comme un sauveur. Ayant rejeté le vrai Sauveur et préféré les ténèbres à la lumière, les hommes se laisseront séduire sans peine par ce faux Christ, que l’apôtre Paul appelle «l’homme de péché», parce qu’il donnera toute la mesure du mal que peut atteindre l’homme et sera «le type le plus évolué du pécheur». De plus, son nom (qui signifie «contrechrist») le désigne comme devant être le plus grand adversaire du Seigneur qui ait jamais existé parmi les hommes. Il niera que Jésus est le Christ. Mais il niera aussi le Père et le Fils (1 Jean 2:22). Instrument du diable, il sera l’homme totalement perverti et adversaire de Jésus Christ, l’envoyé du Père, l’Homme parfait. Jésus, c’est Dieu qui s’est fait homme, pour sauver les pécheurs ; l’Antichrist, c’est le faux Messie, l’homme qui se fait Dieu et qui, à l’aide de la puissance reçue de Satan, s’efforcera d’entraîner les hommes à se révolter contre Dieu et à faire la guerre à Christ. Jésus est l’image du Dieu invisible (Col. 1:15), l’empreinte de sa substance (Héb. 1:3), de sorte qu’il pouvait dire lui-même : «Celui qui m’a vu, a vu le Père» (Jean 14:9). L’Antichrist, bien que déguisé en agneau, porte les traits et les caractères de celui qui l’envoie : Satan. Jean le représente sous les traits d’une bête parlant comme un dragon, ce grand dragon roux qui est décrit en Apoc. 12 et qui n’est autre que le diable. Celui-ci s’efforce d’imiter Dieu en créant une trinité diabolique (Satan, la bête romaine et l’Antichrist), une fausse église, avec ses ministres de mensonge et ses miracles de séduction. L’Antichrist est appelé à jouer un rôle de premier plan dans cette organisation satanique, toujours dans le dessein de s’opposer à Christ et de se substituer à lui. Il monte de la terre et vient en son propre nom pour accomplir la volonté du diable (Apoc. 13:11 ; Jean 5:43), alors que le Seigneur Jésus est descendu du ciel, au nom du Père et pour accomplir sa volonté (Jean 6:38 ; 5:43). Il fut l’Agneau immolé, la brebis muette ; opprimé et affligé, il n’a pas ouvert sa bouche : tout cela nous parle de son anéantissement, de sa douceur, de son amour pour nous, pécheurs (És. 53 ; Phil. 2:5-8). L’Antichrist est une bête sauvage, un être cruel, arrogant, qui n’aura pas soin du troupeau, mais au contraire déchirera les brebis et les dévorera (Zach. 11:6, 16). Il recevra sa puissance directement du diable, son apparition sera «selon l’opération de Satan» (2 Thess. 2:9), tandis que le Seigneur Jésus a dit à ses disciples : «Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre», et encore : «Toutes choses m’ont été livrées par mon Père» (Matt. 28:18 ; 11:27).

 

4.2.3.4              La puissance de séduction — la marque et le nombre de la bête

Cette comparaison montre combien l’Antichrist sera opposé à Christ, aussi bien dans ses caractères que dans son activité, bien que Satan s’efforce de faire de son faux Messie une horrible caricature de Christ. C’est pourtant ce faux Messie que les hommes recevront et adoreront, parce qu’ils n’auront pas voulu croire au Fils de Dieu. Et ce sera par l’effet d’une puissance inouïe de séduction qu’ils se prosterneront devant cet envoyé de Satan. L’énergie d’erreur que Dieu leur enverra pour croire au mensonge, jointe aux miracles et prodiges accomplis par l’Antichrist, fera que les Juifs apostats admettront que leur Messie si longtemps attendu sera enfin manifesté, tandis que les nations christianisées acclameront le «Christ revenu» ou le «surhomme» de la fin des temps. Le Seigneur lui-même a mis ses disciples en garde contre cette puissance de séduction qui s’exercera alors et gagnera de grandes foules (Matt. 24:4, 5). Cette «énergie d’erreur» constituera un terrible châtiment de la part de Dieu contre les hommes qui auront refusé de croire la vérité et pris plaisir à l’injustice. Aussi les élus de ces temps-là auront-ils besoin d’être gardés et éclairés par Dieu, afin de résister à la séduction de l’Antichrist. Ils pourront d’ailleurs reconnaître ses caractères grâce aux enseignements de la Parole et seront ainsi préservés de cette diabolique influence. «Voici, je vous l’ai dit à l’avance» (Matt. 24:25). «Si quelqu’un a des oreilles, qu’il écoute !» (Apoc. 13:9).

Ceux qui refuseront de se soumettre à son pouvoir seront mis à mort. Tel sera également le sort des fidèles qui ne voudront pas se prosterner devant l’image de l’empereur romain installée dans le temple à Jérusalem, ou qui refuseront de recevoir sa marque, son nom ou son nombre sur leur front ou sur leur main. Il sera impossible d’acheter ou de vendre sans ce signe. Le nombre de la bête romaine est six cent soixante-six. Il ne nous appartient pas d’expliquer la signification de ce chiffre (*) : les «intelligents» qui seront sur la terre alors le comprendront et c’est pour eux seuls que cette connaissance aura une valeur littérale.

(*) On en a donné, parait-il, cent vingt interprétations différentes.

 

4.2.3.5              Autres passages décrivant l’Antichrist

Considérons maintenant quelques autres passages relatifs à l’Antichrist.

Le prophète Daniel fournit plusieurs indications à son sujet. «Et le roi agira selon son bon plaisir, et s’exaltera, et s’élèvera contre tout dieu, et proférera des choses impies contre le Dieu des dieux ; et il prospérera jusqu’à ce que l’indignation soit accomplie ; car ce qui est déterminé sera fait. Et il n’aura point égard au Dieu de ses pères, et il n’aura point égard à l’objet du désir des femmes (= le Christ), ni à aucun dieu ; car il s’agrandira au-dessus de tout ; et, à sa place, il honorera le dieu des forteresses avec de l’or, et avec de l’argent, et avec des pierres précieuses, et avec des choses désirables, il honorera un dieu que n’ont pas connu ses pères ; et il agira dans les lieux forts des forteresses, avec un dieu étranger : à qui le reconnaîtra il multipliera la gloire ; et il les fera dominer sur la multitude et leur partagera le pays en récompense» (11:36-39). Bien qu’écrite des siècles avant celle de l’apôtre Paul, cette prophétie décrit en termes presque identiques le caractère et l’activité diaboliques de l’Antichrist : même volonté acharnée d’imposer son pouvoir à tous les hommes, même opposition impie contre Dieu et contre Christ, même orgueil le poussant à se faire adorer. La prophétie de Daniel contient cependant des détails complémentaires fort intéressants. Tout d’abord, on peut en inférer que l’Antichrist sera un Juif puisqu’il est dit qu’il n’aura point égard au Dieu de ses pères, ce qui s’applique de toute évidence à Jéhovah, le vrai Dieu d’Israël. D’ailleurs, s’il n’était pas Juif, il ne pourrait guère s’imposer aux Juifs apostats comme le Messie promis. Le Seigneur lui-même fait allusion à ce fait en Jean 5 : «Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre (= l’Antichrist) vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez» (v. 43). Ayant rejeté et crucifié le vrai Messie venu au nom du Père, ils seront prêts à reconnaître le faux Messie, le faux prophète (Apoc. 19:20) qui viendra en son propre nom et se fera adorer dans le temple de Jérusalem. Cet homme qui s’élèvera contre tout ce qui pourrait rappeler Dieu ou le Seigneur Jésus («contre tout ce qui est appelé Dieu ou qui est un objet de vénération», 2 Thess. 2:4), honorera «le dieu des forteresses», ce que l’on appellerait, en langage moderne, «les forces armées». En effet, à côté du pouvoir qu’il tiendra du diable, il s’appuiera principalement sur les armes pour accomplir ses desseins.

Il faut bien reconnaître que ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, notamment dans certains pays, nous donne une idée du régime que l’Antichrist instaurera : même culte de la force et du mensonge, même opposition à l’égard de Dieu et des siens, même esprit de violence et de matérialisme. D’ailleurs, la Parole affirme aussi que cet esprit de l’Antichrist est déjà dans le monde. «Tout esprit qui ne confesse pas Jésus Christ venu en chair n’est pas de Dieu ; et ceci est l’esprit de l’Antichrist, duquel vous avez ouï dire qu’il vient, et déjà maintenant il est dans le monde» (1 Jean 4:3). «Car plusieurs séducteurs sont sortis dans le monde, ceux qui ne confessent pas Jésus Christ venant en chair : celui-là est le séducteur et l’Antichrist» (2 Jean 7). Cet esprit qui règne aujourd’hui déjà, atteindra son plein développement dans celui qui est appelé l’homme de péché, le fils de perdition, l’inique. Que Dieu veuille nous préserver de cet esprit du présent siècle mauvais !

Le prophète Ésaïe a, lui aussi, parlé de l’Antichrist, notamment au chapitre 57 : «Et tu t’es rendue auprès du roi avec de l’huile, et tu as multiplié tes parfums ; et tu as envoyé tes messagers au loin, et tu t’es dégradée jusque dans le shéol» (v. 9). Il ressort de ce passage que les Juifs apostats accueilleront l’Antichrist avec de grands honneurs. Mais Dieu n’y voit qu’une dégradation pour son peuple, et une dégradation qui le conduira jusqu’en enfer. Au chapitre 30, Ésaïe décrit la fin de l’Antichrist. Nous y reviendrons plus loin.

Enfin, Zacharie annonce également le règne éphémère de l’Antichrist. «Car voici, je suscite un berger dans le pays, qui ne visitera pas ce qui va périr, qui ne cherchera pas ce qui est dispersé, qui ne pansera pas ce qui est blessé, et qui ne nourrira pas ce qui est en bon état ; mais il mangera la chair de ce qui est gras, et rompra la corne de leurs pieds. Malheur au pasteur de néant qui abandonne le troupeau ! L’épée tombera sur son bras et sur son oeil droit. Son bras sera entièrement desséché, et son oeil droit sera entièrement obscurci» (Zach. 11:16, 17). Homme dur et cruel, l’Antichrist n’aura cure de ses sujets et ne se souciera que d’affermir son pouvoir pour la satisfaction de son incommensurable orgueil.

 

4.2.3.6              La fin de l’Antichrist

Cependant le jugement de Dieu fondra sur lui et mettra un terme à ce bref, mais cruel règne. Lorsqu’il aura comblé la mesure de ses iniquités, son jugement surviendra, terrible, implacable, foudroyant. Plusieurs passages de la parole de Dieu révèlent qu il sera anéanti non par la puissance des armes ou des anges, mais par le Seigneur lui-même, à son apparition en gloire. C’est ce que le prophète Zacharie exprime symboliquement en ces termes : «Son bras sera entièrement desséché, et son oeil droit sera entièrement obscurci». L’apôtre Paul précise que le Seigneur Jésus consumera l’inique par le souffle de sa bouche et l’anéantira par l’apparition de sa venue (2 Thess. 2:8). Ésaïe déclare, dans le passage auquel nous avons fait allusion tout à l’heure : «Car Topheth (*) est préparé depuis longtemps : pour le roi (= l’Antichrist) aussi il est préparé. Il l’a fait profond et large ; son bûcher est du feu et beaucoup de bois : le souffle de l’Éternel, comme un torrent de soufre, l’allume» (És. 30:33). Le châtiment réservé à l’Antichrist est clairement annoncé : il sera jeté vivant en enfer. Cela est confirmé par l’Apocalypse, qui précise qu’un sort identique attend le chef de l’Empire romain. Ainsi, ces deux instruments de Satan unis dans leur activité impie et malfaisante, subiront un même jugement. «Et la bête fut prise (l’empereur romain), et le faux prophète (l’Antichrist) qui était avec elle, qui avait fait devant elle les miracles... Ils furent tous deux jetés vifs dans l’étang de feu embrasé par le soufre» (Apoc. 19:20). Ce jugement est si rapide et exécuté avec une telle puissance — le Seigneur Jésus descendra lui-même du ciel pour l’exercer — que les deux complices sataniques ne pourront esquisser la moindre résistance ni s’enfuir. Après avoir fait trembler l’humanité tout entière et mis à mort d’innombrables témoins de Christ, ils succomberont comme de misérables fantoches devant Celui auquel ils auront voulu faire la guerre, ainsi que nous le verrons lorsque nous étudierons l’histoire du chef de l’Empire romain reconstitué. Mais le Seigneur Jésus apparaîtra comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, à la tête des armées célestes et de tous ses saints glorifiés, et il lui suffira du «souffle de sa bouche» pour anéantir les deux agents de Satan et les précipiter, sans autre jugement, dans les flammes éternelles, où le diable sera jeté mille ans plus tard.

(*) Lieu situé à l’entrée de la vallée de Hinnom, près de Jérusalem, et où l’on offrait des sacrifices humains à Moloch (cf. 2 Rois 23:10 et Jér. 7:31 ; 32:35). Ce lieu, appelé aussi «Gué Hinnom», a donné naissance au mot grec géhenne, lieu de tourments sans fin.

 

4.2.4       Chapitre 4 — La délivrance du résidu

Le plus grand nombre des Juifs qui rentreront les premiers en Palestine se laisseront prendre au piège du diable, acclameront l’Antichrist comme le Messie et feront alliance avec l’empereur romain. Mais il y en aura quelques-uns qui, sous l’action du Saint Esprit, reconnaîtront leurs péchés individuels et ceux de leur nation, s’humilieront devant Dieu et refuseront de se soumettre à l’Antichrist. Plusieurs d’entre eux scelleront leur témoignage de leur sang, tandis que d’autres seront préservés et délivrés par l’arrivée du Seigneur Jésus, accompagné de ses saints. Nous allons examiner divers passages relatant les événements qui se produiront alors.

 

4.2.4.1              La conversion

Cette conversion sera l’oeuvre du Saint Esprit, ainsi que plusieurs prophètes l’annoncent. «Sur la terre de mon peuple croissent des épines et des ronces... jusqu’à ce que l’Esprit soit répandu d’en haut sur nous, et que le désert devienne un champ fertile» (És. 32:13-15). «Car ma bouche l’a commandé, et mon Esprit les a rassemblés» (34:16). «Je verserai mon Esprit sur ta semence, et ma bénédiction sur ceux qui sortent de toi» (44:3). «Et, du couchant, ils craindront le nom de l’Éternel, et du lever du soleil, sa gloire... Et le rédempteur viendra à Sion et vers ceux qui, en Jacob, reviennent de leur rébellion, dit l’Éternel. Et quant à moi, c’est ici mon alliance avec eux, dit l’Éternel : Mon esprit qui est sur toi, et mes paroles que j’ai mises dans ta bouche, ne se retireront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta semence... dès maintenant et à toujours» (59:19-21).

Le prophète Ézéchiel proclame la même vérité. «Et je vous amènerai sur votre terre ; et je répandrai sur vous des eaux pures... Et je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau... ; et je mettrai mon Esprit au-dedans de vous, et je ferai que vous marchiez dans mes statuts, et que vous gardiez mes ordonnances et les pratiquiez» (Ézéch. 36:24-27). «Et je ne leur cacherai plus ma face, parce que j’aurai répandu mon Esprit sur la maison d’Israël, dit le Seigneur, l’Éternel» (39:29). Et, dans la vision des ossements desséchés, dont nous avons déjà parlé, Ézéchiel rapporte comment le Seigneur lui ordonne d’annoncer la venue de l’Esprit sur les os qui s’étaient rapprochés, image de la restauration et de la conversion d’Israël. «Et il me dit : Prophétise au souffle, prophétise, fils d’homme, et dis au souffle : Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Esprit, viens des quatre vents, et souffle sur ces tués, et qu’ils vivent. Et je prophétisai selon qu’il m’avait commandé ; et le souffle entra en eux, et ils vécurent, et se tinrent sur leurs pieds, — une immense armée» (37:9, 10).

 

4.2.4.2              La repentance

Les prophètes Joël et Zacharie annoncent ce qui se passera lorsque le résidu d’Israël recevra cette effusion du Saint Esprit. «Et je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplications ; et ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé, et ils se lamenteront sur lui, comme on se lamente sur un fils unique, et il y aura de l’amertume pour lui, comme on a de l’amertume pour un premier-né» (Zach. 12:10). «Et il arrivera, après cela, que je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront» (Joël 2:28).

À la fin de la grande tribulation, le résidu sera donc converti dans le pays, à travers un profond exercice de coeur et de conscience. Enseignés par l’Esprit, les fidèles comprendront enfin que Celui qu’Israël a rejeté et crucifié, était le Messie promis, l’oint de l’Éternel. Mesurant alors l’horreur de ce crime, ils se lamenteront et mèneront deuil. Écoutons en quels termes les prophètes annoncent cette repentance. «En ce jour-là, il y aura une grande lamentation à Jérusalem, comme la lamentation de Hadadrimmon dans la vallée de Meguiddon (*) ; et le pays se lamentera, chaque famille à part...» (Zach. 12:10-14). Ce ne sera pas seulement une humiliation collective, mais l’expression d’un exercice personnel, individuel, un sentiment profond de componction et de culpabilité de chaque membre des familles représentées parmi le résidu : les familles de la maison de David, de Nathan, de Lévi, de Shimhi... «toutes les familles qui seront de reste» (cf. également Amos 8:10).

(*) Allusion aux lamentations provoquées par la mort du roi Josias (2 Chron. 35:22-25).

 

Cette lamentation s’accompagnera de la confession des péchés commis, aussi bien ceux du peuple que les péchés individuels. «Et ils confesseront leur iniquité et l’iniquité de leurs pères, selon leurs infidélités par lesquelles ils ont été infidèles envers moi, et aussi comment ils ont marché en opposition avec moi, en sorte que moi aussi, j’ai marché en opposition avec eux, et que je les ai amenés dans le pays de leurs ennemis. Si alors leur coeur incirconcis s’humilie et qu’alors ils acceptent la punition de leur iniquité, je me souviendrai de mon alliance avec Jacob...» (Lév. 26:40-42). «Et tu te souviendras de tes voies ; et tu seras confuse... Et j’établirai mon alliance avec toi, et tu sauras que je suis l’Éternel ; afin que tu te souviennes, et que tu sois honteuse, et que tu n’ouvres plus la bouche, à cause de ta confusion, quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait, dit le Seigneur, l’Éternel» (Ézéch. 16:61-63). «Et là vous vous souviendrez de vos voies et de toutes vos actions par lesquelles vous vous êtes rendus impu