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Introduction à l’Étude de la Prophétie

 

 

Marc Tapernoux

 

Le plan a été complété par Bibliquest par des ajouts et modifications de sous-titres.

 

Tables des matières résumée de l’ensemble du livre :

1      Étude de la prophétie : pourquoi et comment

2      Première partie : Histoire d’ISRAËL, des NATIONS et de l’ÉGLISE jusqu’au retour de Christ

3     L’enlèvement des croyants

4     De l’enlèvement de l’Église jusqu’à l’apparition du Seigneur en gloire

5     Le règne millénaire

6     L’état éternel

7     Conclusion : effets de l’attente du Seigneur

 

 

Table des matières détaillée de ce document (Introduction et première partie) :

1     Étude de la prophétie : pourquoi et comment

1.1      Pourquoi devons-nous étudier la prophétie ?

1.2      Comment devons-nous étudier la prophétie ?

2     Première partie : Histoire d’ISRAËL, des NATIONS et de l’ÉGLISE jusqu’au retour de Christ

2.1      Introduction

2.1.1      Trois groupes d’hommes

2.1.2      Chute de l’homme

2.1.3      L’appel de mise à part : Abraham

2.1.4      Les nations

2.1.5      L’Église

2.1.6      Centre de la prophétie : Christ et sa glorification

2.2      ISRAËL

2.2.1      Chapitre 1 — La vocation d’Israël

2.2.1.1    Promesses faites à Abraham

2.2.1.2    Promesses pour la descendance d’Abraham

2.2.1.3    Promesses pour les nations par le moyen d’Abraham

2.2.2      Chapitre 2 — De l’entrée en Canaan jusqu’à la captivité

2.2.2.1    Un peuple consacré à l’Éternel

2.2.2.2    Méchanceté d’Israël et châtiment de l’Éternel

2.2.2.3    Condition d’Israël sous le temps des nations

2.2.2.3.1   La gloire partie

2.2.2.3.2   Lo-Ammi = pas mon peuple

2.2.2.3.3   Le trône de l’Éternel quitte Jérusalem ; le pouvoir aux nations

2.2.3      Chapitre 3 — Le retour de Babylone et les soixante-dix semaines de Daniel

2.2.3.1    Dieu ramène son peuple

2.2.3.2    Pourquoi le retour partiel après 70 ans

2.2.3.3    Les 70 semaines d’années

2.2.3.3.1   7 premières semaines d’années

2.2.3.3.2   62 semaines d’années suivantes

2.2.3.3.3   La dernière semaines d’années

2.2.4      Chapitre 4 — Le rejet et la dispersion d’Israël

2.2.4.1    Le rejet

2.2.4.2    La dispersion des Juifs

2.2.4.3    Israël subsistera

2.2.4.4    Châtiment de ceux qui persécutent Israël

2.2.4.5    Le temps de la malédiction

2.2.4.6    Jusqu’à ce qu’ils retrouvent Christ

2.2.4.7    La dévastation de la terre de Palestine

2.2.5      Chapitre 5 — Israël et le retour du Seigneur

2.2.5.1    Les temps de rafraîchissement différés

2.2.5.2    L’état d’Israël depuis 1948

2.2.5.3    La non intervention de l’Éternel

2.2.6      Appendice

2.3      LES NATIONS

2.3.1      Chapitre 1 — L’état embryonnaire des nations

2.3.1.1    Opposition au peuple de Dieu

2.3.1.2    La première ville

2.3.1.3    Le commencement des nations en Genèse 10

2.3.1.4    Caractères généraux des nations

2.3.2      Chapitre 2 — Les temps des nations dans le passé

2.3.2.1    Premier royaume : Babylone

2.3.2.2    Deuxième royaume : Les Mèdes et les Perses

2.3.2.3    Troisième royaume : La Grèce

2.3.2.4    Quatrième royaume : L’Empire romain

2.3.3      Chapitre 3    Le chef de ce monde : Satan

2.3.3.1    Les différents noms de Satan

2.3.3.2    Origine de Satan

2.3.3.3    Activité de Satan

2.3.3.4    Avenir de Satan

2.3.3.5    La victoire du chrétien sur Satan

2.3.4      Chapitre 4 — Les nations et le retour du Seigneur

2.3.4.1    Développement du mal

2.3.4.2    Extension de l’erreur

2.3.4.3    Rébellion contre Dieu et haine contre le peuple de Dieu

2.3.4.4    Catastrophes : guerres, famines et pestes

2.3.4.5    Retour des Juifs

2.4      L’ÉGLISE

2.4.1      Chapitre 1 — L’origine et la position de l’Église

2.4.1.1    Les croyants avant l’Église

2.4.1.2    Fondation de l’Église

2.4.1.3    Caractère céleste de l’Église : appel, destinée, bénédictions et espérance

2.4.1.4    Des relations plus étroites avec le Seigneur qu’Israël avec Dieu

2.4.1.4.1   Christ chef de l’Assemblée, tête du corps

2.4.1.4.2   L’Assemblée, épouse de Christ

2.4.1.4.3   L’Assemblée, maison de Dieu

2.4.1.5    Soins de Christ pour l’Église

2.4.2      Chapitre 2 — Les caractères et les fonctions de l’Église

2.4.2.1    Sainteté

2.4.2.2    Unité

2.4.2.3    Présence du Saint Esprit

2.4.2.4    Colonne et soutien de la vérité

2.4.2.5    Place de l’Église dans les desseins de Dieu

2.4.2.6    Une sainte sacrificature

2.4.2.7    Disparition de la distinction Juifs-Nations

2.4.3      Chapitre 3 — L’espérance de l’Église

2.4.4      Chapitre 4 — L’histoire de l’Église professante et responsable sur la terre

2.4.4.1    Éphèse

2.4.4.2    Smyrne

2.4.4.3    Pergame

2.4.4.4    Thyatire

2.4.4.5    Sardes

2.4.4.6    Philadelphie

2.4.4.7    Laodicée

 

 

1                    Étude de la prophétie : pourquoi et comment

1.1   Pourquoi devons-nous étudier la prophétie ?

 

La prophétie occupe une place considérable dans la parole de Dieu. Sur les trente-neuf livres de l’Ancien Testament, dix-sept sont des livres prophétiques, et presque tous les autres contiennent un grand nombre de passages concernant la prophétie. Le Nouveau Testament a également de très nombreux fragments prophétiques, aussi bien dans les évangiles que dans les épîtres, et il se termine par l’Apocalypse qui est consacrée tout entière à la prophétie. C’est dire l’importance de la Parole prophétique et combien il est nécessaire que nous y portions attention. En effet, «toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne oeuvre» (2 Tim. 3:16, 17). Nous sommes aussi exhortés à être attentifs à la parole prophétique «comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur» (2 Pierre 1:19).

Gardons-nous donc de négliger l’étude de la prophétie. Au contraire, puisque Dieu nous a révélé ses desseins quant à l’avenir de son peuple céleste (l’Église) et de son peuple terrestre (Israël), ainsi que du monde (les nations), nous considérerons comme un devoir et un privilège de sonder les Écritures où ces plans divins sont consignés. Nous en retirerons une riche bénédiction pour notre âme, car le grand sujet de la prophétie, c’est Christ lui-même, dont Dieu nous entretient tout au long de sa Parole. Pierre déclare que l’Esprit de Christ était dans les prophètes et les a poussés à rendre «par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient» (1 Pierre 1:11). Comment pourrions-nous demeurer indifférents au récit des manifestations futures de la puissance que Dieu déploiera quand il enverra son Fils pour juger ses ennemis et établir son règne glorieux ?

Pour ceux qui appartiennent au Seigneur, il n’y a rien de plus merveilleux que la perspective du retour de Celui qui a donné sa vie pour eux et a promis qu’il viendrait les chercher bientôt, afin qu’ils soient pour toujours avec lui. Ce retour marquera non seulement la fin des épreuves qui sont le lot de chaque enfant de Dieu sur cette terre, mais il sera surtout le moment où nous verrons enfin le Roi dans sa beauté. Transformés à son image, revêtus de corps glorieux semblables au sien et unis à tous les bienheureux rachetés, nous célébrerons les louanges de Dieu avec une allégresse inexprimable au langage humain actuel. Puis, après les noces de l’Agneau, nous régnerons avec lui, «quand il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru» (2 Thess. 1:10).

Cette espérance est bien propre à réjouir nos coeurs et à les détacher des choses de cette terre pour nous faire attendre, avec toujours plus de réalité, «la cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l’architecte et le créateur» (Héb. 11:10). L’étude de la prophétie a donc une valeur pratique pour le croyant, car elle l’amène à se séparer du monde, à lever les yeux en haut et à s’écrier, avec tous ceux qui l’attendent : «Amen ; viens, seigneur Jésus !» (Apoc. 22:20).

De plus, la Parole contient de précieuses promesses à l’adresse de ceux qui ont à coeur de méditer la prophétie avec le secours du Saint Esprit. Il nous est dit, en effet, en Apoc. 1:3 : «Bienheureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche !» — et, en Apoc. 22:7 : «Bienheureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre». Le Seigneur lui-même, s’adressant à ses disciples, déclare : «Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant» (Luc 12:37). Enfin, l’apôtre Paul, arrivé au terme de sa carrière, s’écrie dans la dernière lettre qu’il écrivit avant de subir le martyre : «Le temps de mon départ est arrivé ; j’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi : désormais m’est réservée la couronne de justice, que le Seigneur juste juge me donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui aiment son apparition» (2 Tim. 4:6-8).

Ne voudrions-nous pas connaître le bonheur dont ces passages nous parlent, et recevoir la couronne de justice promise à tous ceux qui attendent fidèlement le Seigneur ?

 

1.2   Comment devons-nous étudier la prophétie ?

Au moment d’aborder l’étude des révélations que Dieu nous a faites quant à l’avenir de son peuple et des nations, nous devons nous pénétrer de la nécessité d’être conduits et instruits par le Saint Esprit. Cette condition est d’ailleurs valable pour l’étude de toute vérité biblique. Seul le Saint Esprit peut nous faire comprendre les Écritures et rendre cette étude profitable pour nos âmes. C’est ainsi seulement que nous serons gardés des spéculations de l’esprit humain. Puisque Christ est au centre de la prophétie, c’est lui que nous nous efforcerons toujours de découvrir et de considérer. La contemplation de sa glorieuse Personne sera le plus sûr moyen de nous préserver d’une vaine curiosité.

L’apôtre Pierre déclare qu’aucune prophétie de l’Écriture ne s’interprète elle-même (ou n’est d’une interprétation particulière) (2 Pierre 1:20). Cela signifie que, lorsqu’on étudie la prophétie, on doit se garder de l’isoler de l’ensemble des pensées de Dieu, qui se rapportent toutes à Christ. La prophétie fait donc partie de ce Tout magnifique qui est la parole de Dieu. Aussi, pour comprendre la pensée de Dieu sur un point particulier, devrons-nous toujours relier celui-ci aux passages traitant du même sujet, de manière à bien saisir la vérité fondamentale que l’Esprit désire nous communiquer. Cela nous amènera à examiner le développement de cette vérité dans les livres de la Parole qui la mentionnent, peut-être à des points de vue divers, mais non contradictoires. Rappelons, à ce propos, l’image si juste à laquelle on a recouru pour expliquer les différences que l’on peut constater entre les prophéties de l’Ancien Testament, des Évangiles, des Épîtres et de l’Apocalypse : ceux qui habitent un pays montagneux ont souvent remarqué que, vus de loin, deux sommets paraissent appartenir à une seule et même chaîne de montagnes. Lorsqu’on s’en approche, on s’aperçoit qu’ils sont séparés par une profonde vallée et éloignés de plusieurs kilomètres l’un de l’autre. Si l’on s’avance davantage, on découvre d’autres reliefs plus différenciés encore, dont on ne pouvait soupçonner l’existence lorsqu’on était au pied de la première chaîne. De même, les prophètes de l’Ancien Testament nous présentent souvent la vérité prophétique sans faire ressortir les différents plans successifs qui la composent, tandis que le Nouveau Testament mettra en lumière les multiples perspectives : c’est toujours le même panorama, mais vu de plus près, ce qui permet d’en mieux distinguer les éléments tout d’abord confondus. Cela explique aussi la difficulté que nous éprouvons parfois à établir l’ordre chronologique de certains faits prophétiques.

Au reste, il faut nous souvenir que la parole prophétique est «une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour ait commencé à luire et que l’étoile du matin se soit levée dans nos coeurs» (2 Pierre 1:19). Cette lampe éclairant la nuit nous donne juste la clarté qui nous est nécessaire, mais ce n’est pas encore le soleil qui dissipe entièrement l’obscurité. Il est des choses révélées que nous ne pouvons expliquer ; nous prophétisons en partie parce que nous connaissons en partie (1 Cor. 13:9). Mais bientôt la lumière se fera en nous sur tout et «ce qui est en partie aura sa fin». Alors nous connaîtrons à fond comme aussi nous avons été connus (v. 12).

En attendant ce jour glorieux, contentons-nous de méditer humblement ce que Dieu a bien voulu, dans sa grâce, nous révéler de ses desseins merveilleux, et demandons-lui le secours de son Esprit qui «sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu» (1 Cor. 2:10).

 

2                    Première partie : Histoire d’ISRAËL, des NATIONS et de l’ÉGLISE jusqu’au retour de Christ

2.1   Introduction

Avant d’aborder l’étude détaillée de l’histoire d’Israël, des nations et de l’Église, nous croyons utile d’exposer, dans une brève introduction, les grandes lignes du sujet.

 

2.1.1       Trois groupes d’hommes

Les desseins de Dieu à l’égard des hommes concernent trois groupes distincts : Israël, les nations, l’Église (1 Cor. 10:32).

Fait remarquable, l’histoire de ces trois groupes converge sur le retour du Seigneur. Ce retour apportera le bonheur terrestre aux deux premiers pendant le millénium, tandis que l’espérance de l’Église est d’être enlevée à la rencontre du Seigneur, son céleste époux, pour être avec lui.

 

2.1.2       Chute de l’homme

Lorsque Dieu eut créé l’homme, il le plaça dans le jardin qu’il avait planté pour lui, et le combla de bénédictions. Malheureusement, par sa chute, l’homme se rendit indigne de cette faveur et Dieu dut le chasser d’Eden. La descendance d’Adam, s’étant entièrement pervertie, fut anéantie par le déluge.

Quant aux générations issues des fils de Noé, nous les voyons sombrer dans l’idolâtrie et attirer sur elles le jugement de Dieu, à la tour de Babel (Gen. 11).

 

2.1.3       L’appel de mise à part : Abraham

De Babel, l’Éternel dispersa les hommes sur la face de toute la terre (Gen. 11:9) ; mais il appela Abraham, lui disant : «Va-t’en de ton pays, et de ta parenté, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai ; et je te ferai devenir une grande nation, et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction... et en toi seront bénies toutes les familles de la terre» (Gen. 12:1-3).

Ainsi, en vertu d’un décret de sa grâce souveraine, Dieu appelle Abraham hors de son pays, fait alliance avec lui et lui promet trois choses :

·       un pays, la Palestine ;

·       une postérité innombrable, qui constituera une grande nation — le peuple d’Israël ;

·       par le canal de ce peuple, toutes les familles de la terre seront bénies : cette bénédiction universelle consistera dans la révélation de Dieu par sa Parole et par la venue du Sauveur sur la terre.

Hélas ! Israël ne demeura pas fidèle, de sorte que Dieu dut le châtier. Ce furent les captivités successives et, après qu’Israël eut rejeté son Messie, la destruction de Jérusalem et la dispersion des Juifs parmi les nations. Mais Dieu reprendra ses relations avec son peuple, lorsque l’histoire de l’Église sur la terre sera terminée. Il le ramènera en Palestine et le fera passer par une grande tribulation qui conduira une partie du peuple (le résidu) à s’humilier d’avoir rejeté et mis à mort son Messie. Cette histoire d’Israël s’achève par l’apparition en gloire du Seigneur Jésus qui, après avoir anéanti ses ennemis et jugé les nations, entrera dans son règne.

 

2.1.4       Les nations

Quant aux nations, leur histoire, nous l’avons dit, est orientée également vers le retour de Christ, dont le règne de justice et de paix apportera enfin la bénédiction aux peuples déchirés par des siècles de guerre et de haine.

Lorsque Israël, ayant abandonné l’Éternel, fut emmené en captivité, Dieu attribua un rôle aux nations dans ses voies quant à la terre. Alors débutèrent les «temps des nations» (607 av. J. C)., période qui s’étendra jusqu’à la venue du Seigneur en gloire.

 

2.1.5       L’Église

Quand Israël eut rejeté son Messie, Dieu commença à tirer «un peuple pour son nom» (Actes 15:14), aussi bien d’entre les nations que d’entre les Juifs. Ce nouveau peuple, appelé l’Église ou l’Assemblée, est composé de tous ceux qui, depuis la Pentecôte et jusqu’au retour de Christ, en croyant au Seigneur Jésus, sont scellés de l’Esprit Saint et deviennent membres du corps de Christ.

Cette Église, unie à un Christ glorifié, est céleste : ceux qui la composent sont appelés hors du monde, l’objet de leur coeur est dans le ciel, l’espérance de l’Église est d’être bientôt enlevée à la rencontre de son céleste Époux. Son histoire sur la terre se terminera donc par la venue du Seigneur. Précisons que cette venue ne fait pas partie des événements prophétiques, puisqu’elle marque l’achèvement de l’ère de la grâce. La période prophétique s’arrête à la mort du Seigneur et ne reprendra son cours qu’après l’enlèvement de l’Église.

 

2.1.6       Centre de la prophétie : Christ et sa glorification

Avant d’aller plus loin, rappelons encore que Christ est au centre du plan divin à l’égard d’Israël, des nations et de l’Église. Le grand but des dispensations de Dieu, c’est de se glorifier lui-même en Christ. Par conséquent, ni le peuple juif, ni les nations, ni l’Église ne sont les objets directs de la prophétie, pas plus qu’aucun des personnages que nous serons appelés à considérer au cours de notre étude.

L’objet suprême de la prophétie, c’est Christ.

Les divers sujets que nous venons d’énumérer se rattachent à lui, constituent la sphère de sa gloire et ne présentent un intérêt pour nos âmes que parce qu’ils sont en relation avec lui. Christ est le centre, et en lui, tout sera uni un jour, dans le ciel et sur la terre.

Il importe que nous ayons constamment cette vérité devant les yeux, si nous voulons comprendre ce que l’Écriture nous révèle concernant Israël, les nations et l’Église. C’est à cette condition aussi que l’étude de la prophétie fortifiera nos âmes en les nourrissant de Christ, réjouira nos coeurs en leur révélant les gloires de sa Personne, et affermira notre marche en nous amenant à attendre avec toujours plus de réalité notre bien-aimé Seigneur et Sauveur.

 

2.2   ISRAËL

2.2.1       Chapitre 1 — La vocation d’Israël

Les prophéties concernant le peuple d’Israël sont tellement liées à son histoire passée qu’il n’est pas possible de les étudier sans examiner les étapes principales de cette histoire.

 

2.2.1.1              Promesses faites à Abraham

Celle-ci est précédée de l’appel d’Abraham.

Les hommes, ayant abandonné leur Créateur pour se vouer au culte des idoles, Dieu les abandonna eux-mêmes à leur propre infamie. Mais, ne voulant point rester sans témoins sur la terre — et nous verrons qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin — il se choisit, d’entre les nations, un peuple à lui, issu d’un homme qu’il appela à sortir de son pays. «Ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Vos pères, Térakh, père d’Abraham et père de Nakhor, ont habité anciennement au-delà du fleuve, et ils ont servi d’autres dieux ; et je pris votre père Abraham d’au-delà du fleuve, et je le fis aller par tout le pays de Canaan, et je multipliai sa semence» (Josué 24:2, 3).

Les promesses que Dieu fit à Abraham n’étaient soumises à aucune condition. Par le rejet du Messie, Israël a perdu tout droit à ces promesses. Mais «Dieu n’est pas un homme pour mentir» et, en grâce, il les accomplira. Examinons-les d’un peu plus près.

Par la première promesse, Dieu donne à Israël un pays — Canaan. Cette promesse fut confirmée à plusieurs reprises à Abraham. «Et l’Éternel apparut à Abram, et dit : Je donnerai ce pays à ta semence» (Gen. 12:7). «Et l’Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève tes yeux, et regarde, du lieu où tu es, vers le nord, et vers le midi, et vers l’orient, et vers l’occident ; car tout le pays que tu vois, je te le donnerai, et à ta semence, pour toujours... Lève-toi, et promène-toi dans le pays en long et en large, car je te le donnerai» (Gen. 13:14-17).

Dieu confirma cette promesse par une alliance solennelle : «En ce jour-là, l’Éternel fit une alliance avec Abram, disant : Je donne ce pays à ta semence, depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate» (Gen. 15:18). «Et Dieu parla avec lui, disant : Quant à moi, voici, mon alliance est avec toi, et tu seras père d’une multitude de nations... Et je te donne, et à ta semence après toi, le pays de ton séjournement, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle ; et je serai leur Dieu» (Gen. 17:3-8).

 

2.2.1.2              Promesses pour la descendance d’Abraham

La promesse et l’alliance furent transférées à Isaac, à Jacob (Israël) et à leurs descendants. «Et l’Éternel... dit (à Isaac) : Ne descends pas en Égypte ; demeure dans le pays que je t’ai dit ; séjourne dans ce pays-ci, et je serai avec toi, et je te bénirai ; car à toi et à ta semence je donnerai tous ces pays, et j’accomplirai le serment que j’ai juré à Abraham, ton père, et je multiplierai ta semence comme les étoiles des cieux, et je donnerai tous ces pays à ta semence» (Gen. 26:2-4).

À Jacob qui s’enfuyait loin d’Ésaü, Dieu déclara de même : «La terre, sur laquelle tu es couché, je te la donnerai, et à ta semence ; et ta semence sera comme la poussière de la terre ; et tu t’étendras à l’occident, et à l’orient, et au nord, et au midi ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta semence» (Gen. 28:13, 14).

 

2.2.1.3              Promesses pour les nations par le moyen d’Abraham

Cette dernière citation nous rappelle les deux autres promesses que Dieu fit à Abraham, savoir qu’il deviendrait une très grande nation et que le peuple d’Israël serait le canal par lequel Dieu bénirait toutes les familles de la terre. Tel fut effectivement le cas : c’est à ce peuple que Dieu révéla ses pensées en lui donnant sa Parole, et il lui envoya aussi le Messie, qui devint le Sauveur du monde.

Malgré les prétentions des Juifs, la Bible et le Sauveur n’étaient pas pour eux seuls, mais pour tous les hommes. Si «le salut vient des Juifs» (Jean 4:22) parce que le Sauveur est issu d’eux, selon la chair, il vient, par leur moyen, pour toutes les familles de la terre. Et la promesse de bénédiction s’étend de la période actuelle jusqu’au millénium, car alors, sous le règne de Christ, toutes les nations jouiront de la prospérité et de la paix.

 

2.2.2       Chapitre 2 — De l’entrée en Canaan jusqu’à la captivité

 

2.2.2.1              Un peuple consacré à l’Éternel

Plus de 400 ans s’écoulèrent avant que les descendants d’Abraham devinssent réellement une nation. Il fallut, pour cela, qu’ils fussent délivrés de l’esclavage du pays d’Égypte et cet événement, suivi de la traversée du désert et de l’entrée en Canaan, marqua le début de leur histoire nationale.

Cette nation devait être le peuple de Dieu sur la terre — ses témoins — et demeurer entièrement séparée des païens. «Voici, c’est un peuple qui habitera seul, et il ne sera pas compté parmi les nations» (Nomb. 23:9). «Car tu es un peuple saint, consacré à l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, afin que tu sois pour lui un peuple qui lui appartienne en propre, d’entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre» (Deut. 7:6).

D’autre part, Dieu avait promis à Israël de le combler de bénédictions s’il observait ses commandements. «Si vous marchez dans mes statuts, et si vous gardez mes commandements et les pratiquez, je vous donnerai vos pluies en leur temps, et la terre donnera son rapport, et l’arbre des champs donnera son fruit. Le temps du foulage atteindra pour vous la vendange, et la vendange atteindra les semailles ; et vous mangerez votre pain à rassasiement, et vous habiterez en sécurité dans votre pays. Et je donnerai la paix dans le pays ; et vous dormirez sans que personne vous épouvante ; et je ferai disparaître du pays les bêtes mauvaises, et l’épée ne passera pas par votre pays... Et je vous ferai fructifier, et je vous multiplierai, et je mettrai à effet mon alliance avec vous. Et vous mangerez de vieilles provisions, et vous sortirez le vieux de devant le nouveau. Et je mettrai mon tabernacle au milieu de vous, et mon âme ne vous aura pas en horreur ; et je marcherai au milieu de vous, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple» (Lév. 26:3-12).

 

2.2.2.2              Méchanceté d’Israël et châtiment de l’Éternel

Mais, hélas ! Israël ne se montra pas longtemps à la hauteur de sa vocation : oubliant l’appel de Dieu qui faisait de lui «un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte» (Ex. 19:6), il s’éloigna de Jéhovah et se voua au culte des faux dieux, de sorte que l’Éternel dut le châtier à maintes reprises. Israël finit par rejeter le Dieu de ses pères et demanda un roi, afin que l’Éternel ne régnât plus sur lui. Dieu lui donna, pour son jugement, le roi Saül.

Puis vint David, «l’homme selon le coeur de Dieu», avec qui l’Éternel fit une alliance, aux termes de laquelle sa maison et son royaume seraient rendus stables à jamais, et son trône serait affermi pour toujours (2 Sam. 7:16). Mais Dieu l’avertit en même temps que si ses descendants commettaient l’iniquité, ils seraient châtiés «avec une verge d’hommes et avec des plaies des fils des hommes» (v. 14). Cela ne tarda pas à se produire et, après le règne de Salomon, dix tribus se révoltèrent et constituèrent un royaume séparé, dont Samarie devint la capitale. Les livres des Rois et des Chroniques contiennent le récit des iniquités toujours plus graves qui marquèrent, de façon ininterrompue, la triste histoire de ce royaume, jusqu’au jour où sous le roi Osée (2 Rois 17), Shalmanéser, roi d’Assyrie, s’empara de Samarie, la détruisit et emmena les dix tribus en captivité (721 av. J. C.). Elles ne rentrèrent plus jamais en Canaan.

Dieu usa de patience durant 130 ans encore envers le royaume de Juda (capitale : Jérusalem). Mais la méchanceté et l’idolâtrie s’accrurent tant que cette patience arriva, là aussi, à son terme : Jérusalem fut prise et rasée, le temple détruit, le roi Sédécias et les habitants du pays emmenés captifs à Babylone, par le roi Nebucadnetsar (2 Rois 25). Dieu abolit alors la royauté en Israël et transféra la puissance aux nations, qui la détiennent maintenant encore.

 

2.2.2.3              Condition d’Israël sous le temps des nations

Ainsi commencèrent les «temps des nations». Dès lors et jusqu’à aujourd’hui, trois faits caractérisent la condition d’Israël :

 

2.2.2.3.1        La gloire partie

La gloire de Dieu s’est retirée du temple. Tout ce qui manifestait la présence de l’Éternel en Israël est perdu : l’arche et son contenu, les ustensiles du temple, la nuée qui avait accompagné le peuple depuis la traversée de la mer Rouge (Ézéch. 10:18 et 11:23). «Car les fils d’Israël resteront beaucoup de jours sans roi, et sans prince, et sans sacrifice, et sans statue, et sans éphod ni théraphim» (Osée 3:4).

 

2.2.2.3.2        Lo-Ammi = pas mon peuple

Lors des châtiments qu’il leur infligeait précédemment pour les ramener à lui, Dieu les considérait encore comme son peuple. Mais il leur dénie désormais ce titre qui les distinguait des nations païennes. «Et il dit : Appelle son nom Lo-Ammi (pas mon peuple), car vous n’êtes pas mon peuple, et je ne serai pas à vous» (Osée 1:9).

 

2.2.2.3.3        Le trône de l’Éternel quitte Jérusalem ; le pouvoir aux nations

Le trône de David est renversé, l’Éternel ne règne plus à Jérusalem, mais le pouvoir est transféré aux nations.

Ces trois caractères principaux de la condition d’Israël subsistent aujourd’hui encore et ne disparaîtront que lorsque ce peuple sera converti et restauré. Sans doute, une petite partie de Juda remonta-t-elle de Babylone, soixante-dix ans plus tard, comme nous allons le voir dans notre prochain chapitre. Mais ce retour partiel ne modifia aucunement la position nationale du peuple : «la gloire de l’Éternel» ne revint pas, la sentence «Lo-Ammi — pas mon peuple» ne fut point annulée, et le trône de David ne fut pas restauré.

 

2.2.3       Chapitre 3 — Le retour de Babylone et les soixante-dix semaines de Daniel

 

2.2.3.1              Dieu ramène son peuple

Le prophète Jérémie avait annoncé que Dieu ramènerait en Canaan les captifs de Babylone après une période de soixante-dix ans (Jér. 29:10 ; cf. également Dan. 9:2). Nous voyons, en Esdras 1, que l’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse (536 av. J. C.). Et celui-ci publia un édit par lequel il autorisa tous ceux de Juda qui le désiraient (*) à rentrer à Jérusalem, sous la conduite de Zorobabel, pour reconstruire le temple (515 av. J. C., Esdras 6:15) (**). C’est seulement Néhémie qui, selon la prophétie annoncée à Daniel (9:25), fut chargé par le roi Artaxerxès 1, dit Longue-Main, de rebâtir Jérusalem et ses murailles (Néh. 2 ; 455 av. J. C.).

(*) En fait, moins de 50 000 âmes retournèrent en Israël.

(**) Il y a lieu de relever, à ce propos, que le prophète Ésaïe a annoncé la chose près de deux siècles d’avance, en désignant Cyrus par son nom (És. 44:28 ; 45:13).

 

Cette preuve de la miséricorde de Dieu envers un petit nombre de captifs n’a cependant pas modifié son décret antérieur : la nation comme telle ne fut pas restaurée, et les bénédictions dont elle avait été privée à cause de son infidélité ne lui furent jamais plus accordées. Bien que le temple fût reconstruit, l’arche de l’alliance n’y revint pas, la nuée de gloire n’y apparut plus et, dans les trois livres prophétiques écrits après le retour de Babylone, Dieu ne s’adresse plus à Israël comme à son peuple.

 

2.2.3.2              Pourquoi le retour partiel après 70 ans

Pourquoi donc ce retour partiel de Juda après soixante-dix ans de captivité ? Certainement parce que Dieu voulait qu’il y eût un reste d’Israël en Palestine lors de la venue du Messie sur la terre. Nous l’avons dit : Christ est au centre des conseils de Dieu. Il est l’espérance d’Israël, ne l’oublions pas.

Quand il vint ici-bas, Dieu avait donc préparé tout ce qu’il fallait pour qu’il pût être reçu par son peuple comme le Messie promis, la Semence d’Abraham, le Fils de David, le Prophète. Certes, Israël était depuis longtemps déchu de ses prérogatives de peuple élu : les Romains occupaient le pays et avaient placé un Iduméen sur le trône de David ; la descendance royale était si appauvrie que la mère du Seigneur dut le mettre au monde dans une étable, avec une crèche pour berceau.

Malgré ces tristes conditions, le Messie était maintenant au milieu de son peuple. Celui-ci allait-il le recevoir ? Dieu «ayant donc encore un unique fils bien-aimé, ... le leur envoya, lui aussi, le dernier, disant : Ils auront du respect pour mon fils» (Marc 12:6). Quelles bénédictions eussent été la part de ce peuple s’il avait reconnu et accueilli son Roi ! Nous l’entendons lui-même évoquer avec larmes cette heureuse, mais alors irréalisable vision, lorsque, arrivé près de Jérusalem, il s’écrie : «Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix ! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux» (Luc 19:42). Les yeux d’Israël étaient incapables de discerner «les choses qui appartenaient à sa paix».

Après avoir méprisé les appels que Dieu lui avait adressés durant des siècles par ses messagers, il jeta l’héritier hors de la vigne et le tua. «Celui-ci est l’héritier, tuons-le, afin que l’héritage soit à nous» (Luc 20:14). Ils ont crié : «Ôte, ôte, crucifie, crucifie-le... Que son sang soit sur nous et sur nos enfants !» C’est du sang de leur Messie qu’ils se chargèrent ainsi délibérément et ce péché, en portant à son comble l’iniquité nationale d’Israël, lui attira une succession ininterrompue de tribulations durant les dix-neuf siècles qui se sont écoulés depuis la croix. Il lui attirera les châtiments plus terribles encore de la grande tribulation à venir.

 

2.2.3.3              Les 70 semaines d’années

Les événements que nous venons de résumer ont été annoncés prophétiquement à Daniel par l’ange Gabriel. «Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta sainte ville, pour clore la transgression, et pour en finir avec les péchés, et pour faire propitiation pour l’iniquité, et pour introduire la justice des siècles, et pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le saint des saints. Et sache, et comprends : Depuis la sortie de la parole pour rétablir et rebâtir Jérusalem, jusqu’au Messie, le prince, il y a sept semaines et soixante-deux semaines ; la place et le fossé seront rebâtis, et cela en des temps de trouble. Et après les soixante-deux semaines, le Messie sera retranché et n’aura rien» (Dan. 9:24-26).

Il s’agit de semaines d’années, soit quatre cent quatre-vingt-dix ans au total. Cette période se subdivise en trois phases :

 

2.2.3.3.1        7 premières semaines d’années

Une première phase de sept semaines, soit quarante-neuf années, pendant lesquelles la ville de Jérusalem fut reconstruite. Esdras et Néhémie relatent l’accomplissement de cette portion de la prophétie.

 

2.2.3.3.2        62 semaines d’années suivantes

 

La deuxième phase, succédant immédiatement à la première, compte soixante-deux semaines, soit quatre cent trente-quatre ans. À la fin de cette période, le Messie devait être retranché. Effectivement l’échéance de soixante-neuf semaines — quatre cent quatre-vingt-trois ans — nous amène à la fin de la vie du Seigneur sur la terre. Au lieu de s’asseoir sur le trône de David, et de régner sur Israël et sur la terre entière, le Messie fut crucifié et ne reçut aucune des gloires auxquelles son titre lui donnait droit.

Entre la soixante-neuvième et la soixante-dixième semaine s’insère une période, d’une durée indéterminée, qui correspond approximativement à l’histoire de l’Église sur la terre. Quant au peuple juif, il fut emmené en captivité par les Romains qui détruisirent Jérusalem en l’an 70 de notre ère. Comme l’annonce la deuxième partie du verset 26 : «Et jusqu’à la fin il y aura guerre, un décret de désolations».

Durant cette période, «le peuple de Daniel» et sa «sainte ville» sont entièrement laissés de côté, de sorte qu’on a pu dire que, pendant cet intervalle, l’horloge prophétique s’était arrêtée.

 

2.2.3.3.3        La dernière semaines d’années

La troisième phase ne comporte donc plus qu’une semaine, soit sept années. Cette période commencera après l’enlèvement de l’Église. Dieu reprendra alors ses relations avec Israël, qui traversera les terribles jugements de la grande tribulation.

 

2.2.4       Chapitre 4 — Le rejet et la dispersion d’Israël

2.2.4.1              Le rejet

Dans la parabole des cultivateurs qui tuèrent l’héritier, le Seigneur prononce contre eux ce jugement : «Que fera donc le maître de la vigne ? Il viendra et fera périr les cultivateurs et donnera la vigne à d’autres» (Marc 12:9). «C’est pourquoi je vous dis que le royaume de Dieu vous sera ôté, et sera donné à une nation qui en rapportera les fruits» (Matt. 21:43).

Dieu a donc rejeté son peuple pour un temps et s’est tourné vers les nations. Pendant ce temps, Dieu a donné à Israël «un esprit d’étourdissement, des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre, jusqu’au jour d’aujourd’hui... Mais par leur chute, le salut parvient aux nations... Un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée ; et ainsi tout Israël sera sauvé...» (Rom. 11:8-26).

Par conséquent, lorsque nous parlons du rejet d’Israël, gardons-nous d’oublier que ce rejet n’est pas définitif et qu’un jour, qui paraît très proche, les promesses faites quant à la restauration de ce peuple s’accompliront. Mais, en attendant ce jour, Israël est dispersé parmi les nations et privé de toutes les bénédictions que Dieu lui avait promises s’il demeurait fidèle. Nous allons examiner sa condition actuelle à la lumière de la Parole.

 

2.2.4.2              La dispersion des Juifs

Les Juifs s’étant révoltés contre Rome, les armées de Titus envahirent le pays en l’an 70, détruisirent Jérusalem, massacrèrent des milliers d’habitants, emmenèrent les rescapés et les vendirent comme esclaves. Dès lors, le peuple juif fut dispersé dans le monde entier, ainsi que Dieu l’avait annoncé déjà par la bouche de Moise. «Et l’Éternel vous dispersera parmi les peuples ; et vous resterez en petit nombre parmi les nations où l’Éternel vous mènera» (Deut. 4:27). «Et l’Éternel te dispersera parmi tous les peuples, d’un bout de la terre jusqu’à l’autre bout de la terre» (28:64). Le prophète Jérémie avait, lui aussi, annoncé cette dispersion sur la terre entière. «Et je les disperserai parmi les nations qu’ils n’ont pas connues, eux et leurs pères ; et j’enverrai après eux l’épée, jusqu’à ce que je les aie consumés» (Jér. 9:16). Enfin, le Seigneur avait averti ses disciples de ce châtiment qui s’abattrait sur la nation rebelle. «Et ils tomberont sous le tranchant de l’épée, et seront menés captifs parmi toutes les nations ; et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis» (Luc 21:24).

Toutes ces prophéties ont été réalisées à la lettre : il n’y a pas un pays au monde où l’on ne trouve actuellement des Juifs. D’autres passages de l’Écriture nous décrivent les tourments qui sont leur part dans l’exil. «Et parmi ces nations tu n’auras pas de tranquillité, et il n’y aura pas de repos pour la plante de ton pied ; et l’Éternel te donnera là un coeur tremblant, et des yeux languissants, et une âme défaillante. Et ta vie sera en suspens devant toi ; et tu seras dans l’effroi, nuit et jour, et tu ne seras pas sûr de ta vie. Le matin tu diras : Qui donnera le soir ? et le soir tu diras : Qui donnera le matin ? à cause de l’effroi de ton coeur dont tu seras effrayé, et à cause des choses que tu verras de tes yeux» (Deut. 28:65-67. Cf. également Lév. 26:36-39). Là encore, la précision de l’Écriture est impressionnante : au cours des siècles de notre ère, des millions de Juifs ont été persécutés, torturés, expulsés, pillés et massacrés. Pendant la seule guerre de 1939-1945, six millions de Juifs furent mis à mort.

 

2.2.4.3              Israël subsistera

Et pourtant, malgré ces terribles épreuves, Israël subsiste comme peuple. Cela, Dieu l’avait aussi annoncé dans sa Parole, des milliers d’années à l’avance. «Même alors, quand ils seront dans le pays de leurs ennemis, je ne les mépriserai pas et je ne les aurai pas en horreur pour en finir avec eux, pour rompre mon alliance avec eux ; car moi, je suis l’Éternel, leur Dieu ; et je me souviendrai en leur faveur de l’alliance faite avec leurs ancêtres, lesquels j’ai fait sortir du pays d’Égypte, sous les yeux des nations, pour être leur Dieu. Moi, je suis l’Éternel» (Lév. 26:44, 45). C’est ainsi que Dieu se sert des persécutions dont son peuple est victime pour le tenir à part des nations parmi lesquelles il l’a dispersé.

 

2.2.4.4              Châtiment de ceux qui persécutent Israël

Au reste, des châtiments ont été prononcés — et en partie déjà exécutés — contre les nations qui persécutent Israël. Nous lisons, en Zacharie 2:8 : «Car celui qui vous touche, touche la prunelle de son oeil». Quand bien même certains de leurs exacteurs disent, pour justifier leurs violences : «Nous ne sommes pas coupables, parce qu’ils ont péché contre l’Éternel» (Jér. 50:7), Dieu est fidèle à la promesse qu’il a faite à Abraham : «Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront» (Gen. 12:3). Jérémie déclare de même : «Je détruirai entièrement toutes les nations où je t’ai dispersé» (Jér. 30:11). L’histoire confirme ces sentences : les nations qui ont persécuté le peuple de Dieu ont été sévèrement châtiées à leur tour.

 

2.2.4.5              Le temps de la malédiction

Cela nous amène à aborder une autre caractéristique des relations d’Israël avec les nations chez lesquelles il se trouve : ce peuple exilé est en malédiction aux autres nations. «Et je les livrerai pour être chassés çà et là par tous les royaumes de la terre... pour être... un objet de malédiction, dans tous les lieux où je les chasserai» (Jér. 24:9). «Comme vous étiez une malédiction parmi les nations, maison de Juda, et maison d’Israël, ainsi je vous sauverai, et vous serez une bénédiction» (Zach. 8:13).

 

2.2.4.6              Jusqu’à ce qu’ils retrouvent Christ

C’est que ce peuple persiste à rejeter son Messie et demeure privé de toute relation avec Dieu : il n’a ni roi, ni prince, ni sacrificateur, ni prophète (Osée 3:4). «Voici, des jours viennent, dit le Seigneur, l’Éternel, où j’enverrai une famine dans le pays ; non une famine de pain, ni une soif d’eau, mais d’entendre les paroles de l’Éternel. Et ils erreront d’une mer à l’autre, et du nord au levant ; ils courront çà et là pour chercher la parole de l’Éternel, et ils ne la trouveront pas» (Amos 8:11, 12). L’apôtre Paul fait, lui aussi, allusion à cet état d’endurcissement et d’aveuglement spirituel qui caractérise Israël aujourd’hui. «Mais leurs entendements ont été endurcis, car jusqu’à aujourd’hui, dans la lecture de l’ancienne alliance (c’est-à-dire de l’Ancien Testament), ce même voile demeure sans être levé, lequel prend fin en Christ. Mais jusqu’à aujourd’hui, lorsque Moïse est lu, le voile demeure sur leur coeur ; mais quand il se tournera vers le Seigneur, le voile sera ôté» (2 Cor. 3:14-16).

 

2.2.4.7              La dévastation de la terre de Palestine

Durant le long exil d’Israël, la Palestine est devenue inculte et désertique, alors qu’elle était autrefois «un pays découlant de lait et de miel». La malédiction décrétée par Dieu sur son peuple à cause de son infidélité et du rejet de Christ, s’est étendue jusqu’au sol et au climat, ainsi que l’avaient annoncé les prophètes. Le pays, vidé d’habitants, ne fut bientôt plus qu’une terre désolée. «Votre pays sera mis en désolation, et vos villes seront un désert. Alors le pays jouira de ses sabbats tous les jours de sa désolation : quand vous, vous serez dans le pays de vos ennemis, alors le pays se reposera, et jouira de ses sabbats» (Lév. 26:33, 34. Cf. également Deut. 29:22-29). Ésaïe décrit aussi prophétiquement la dévastation de Canaan : «Jusqu’à ce que les villes soient dévastées, de sorte qu’il n’y ait pas d’habitants, et les maisons, de sorte qu’il n’y ait pas d’hommes, et que le sol soit réduit en entière désolation, et que l’Éternel en ait éloigné les hommes, et que la solitude soit grande au milieu du pays» (És. 6:11, 12). «Et le pays fut désolé derrière eux, de sorte qu’il n’y avait ni allants ni venants ; et ils rendirent désolé le pays désirable» (Zach. 7:14). Lire également : Deut. 11:16, 17 ; Ésaïe 5:6 ; Jér. 3:2, 3.

Ces prophéties se sont réalisées à la lettre : alors que la Palestine était jadis une contrée prospère et possédant une agriculture florissante, elle devint en peu de temps une région désertique, sans cultures, déboisée, aux pluies rares, dont les villages peu nombreux abritaient une population pauvre et ne comptant presque plus aucune famille juive.

 

Telle est la condition du peuple d’Israël et de sa terre durant son long exil. Nous allons examiner maintenant à la lumière de la Parole, ce qu’il adviendra de ce peuple jusqu’au retour du Seigneur.

 

2.2.5       Chapitre 5 — Israël et le retour du Seigneur

 

2.2.5.1              Les temps de rafraîchissement différés

Au début de son ministère à Jérusalem, Pierre exhortait les Juifs à se repentir et à se convertir, «pour que», disait-il, «vos péchés soient effacés : en sorte que viennent des temps de rafraîchissement de devant la face du Seigneur, et qu’il envoie Jésus Christ, qui vous a été préordonné, lequel il faut que le ciel reçoive, jusqu’aux temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps» (Actes 3:19-21). Il liait ainsi la repentance et la conversion du peuple d’Israël à la promesse du retour de Christ. Hélas ! les Juifs restèrent sourds à cet ultime appel. Au contraire, ils jetèrent Pierre en prison, tuèrent Jacques et lapidèrent Étienne, envoyant ainsi, après Christ, une ambassade, disant : «Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous» (Luc 19:14). Comme nous l’avons vu, Dieu les abandonna alors : Jérusalem fut détruite, des milliers d’entre eux furent massacrés et les rescapés, emmenés en captivité.

Le retour du Seigneur pour enlever les siens n’apportera donc pas à Israël ces «temps de rafraîchissement», dont parlait l’apôtre Pierre. Il faudra que ce peuple passe tout d’abord par de terribles épreuves qui auront précisément pour but de l’amener, par la grâce de Dieu, à s’humilier et à se tourner enfin vers son Seigneur qu’il a rejeté et crucifié. Par conséquent, le premier acte du retour de Christ — l’enlèvement des saints — ne concerne pas Israël et ne le délivrera pas en tant que nation. Seul le deuxième acte de ce retour — la venue glorieuse du Fils de l’homme — est lié à la délivrance et à la restauration du peuple d’Israël, sujet dont nous nous entretiendrons dans la troisième partie de notre exposé.

 

2.2.5.2              L’état d’Israël depuis 1948

Néanmoins, depuis quelques années, un certain nombre de Juifs rentrent en Palestine. Ils y ont même constitué, en 1948, l’État d’Israël, avec Jérusalem comme capitale, en dépit de très nombreux obstacles et de l’hostilité des Arabes qui occupent le pays. Mais il s’agit là uniquement d’un mouvement politique sans relation avec la conversion et la restauration annoncées par les prophètes.

Nous lisons, en Ézéchiel 37, le récit bien connu de la vision des os secs répandus sur une plaine. Selon l’ordre qui lui en est donné, le prophète s’adresse à ces ossements : «Et comme je prophétisais, il y eut un bruit, et voici, il se fit un mouvement, et les os se rapprochèrent, un os de son os. Et je vis, et voici, il vint sur eux des nerfs et de la chair, et de la peau les recouvrit par-dessus ; mais il n’y avait pas de souffle en eux» (v. 7, 8). Nous percevons ce «bruit» et nous constatons ce «mouvement» parmi les ossements desséchés d’Israël. Les «os» se rapprochent les uns des autres, sous nos yeux étonnés. Ils se regroupent, s’efforcent de rentrer en Palestine, de s’y organiser politiquement, d’y recréer des villes et des villages, d’exploiter le pays (*). Mais il n’y a pas encore de souffle en eux ; ils demeurent éloignés de Dieu et plongés dans l’incrédulité la plus profonde, ne voulant rien savoir de Christ. Or, quand ils seront restaurés et convertis, il en sera tout autrement. «Ainsi dit l’Éternel des armées : Voici, je sauve mon peuple du pays du levant, et du pays du coucher du soleil, et je les amènerai, et ils demeureront au milieu de Jérusalem, et ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu, en vérité et en justice» (Zach. 8:7, 8). Ce n’est certes pas ce que l’on constate aujourd’hui parmi les Juifs rentrés en Palestine.

(*) Nous donnons quelques renseignements à ce sujet dans l’appendice qui suit le présent chapitre.

 

Au contraire, on peut leur appliquer le passage d’Ésaïe 17:10, 11 : «Car tu as oublié le Dieu de ton salut, et tu ne t’es pas souvenue du rocher de ton lieu fort ; c’est pourquoi tu planteras des plantations agréables, et tu les sèmeras de ceps étrangers ; le jour même où tu planteras, tu feras croître, et le matin tu feras pousser ta semence ; mais au jour de l’entrée en possession, la moisson sera un monceau (ou : un tas de ramilles), et la douleur, incurable». La fin de ce passage nous fait entrevoir les châtiments qui atteindront bientôt ce peuple rebelle. Mais, auparavant, il continuera à retourner en Palestine, et les habitants du monde sont rendus attentifs à ce fait étonnant : «Vous tous, habitants du monde, et vous qui demeurez sur la terre, quand l’étendard sera élevé sur les montagnes, voyez ; et quand la trompette sonnera, écoutez !» (És. 18:3). L’étendard qu’on lève et la trompette qui sonne sont des signaux de départ ; ce passage fait donc manifestement allusion au début du retour d’Israël en Palestine, événement annoncé selon la Parole il y a plus d’un siècle par nos vénérés frères et auquel nous assistons. Combien cela doit affermir en chacun de nous l’attente du retour du Seigneur ! En effet, ces faits nous montrent avec une évidence éclatante que nous nous acheminons rapidement vers la fin du temps de la grâce qui sera clos par la venue du Seigneur. Que ceux qui ne le connaissent pas encore comme leur Sauveur s’empressent donc de venir à lui aujourd’hui, tels qu’ils sont, et d’accepter le salut qu’il leur offre gratuitement ! Pour cela, il suffit de croire en Lui, car lui-même a dit : «En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit en moi, a la vie éternelle» (Jean 6:47, 48) ; et «Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» (v. 37).

 

2.2.5.3              La non intervention de l’Éternel

La Parole tient d’ailleurs à préciser que, lors de cette première phase du retour d’Israël auquel nous assistons depuis quelques années, Dieu n’interviendra pas (sauf, bien entendu, par sa providence, comme il fait à l’égard de tous les hommes). En effet, nous lisons en Ésaïe 18:4 : «Car ainsi m’a dit l’Éternel : Je resterai tranquille, et je regarderai de ma demeure, comme une chaleur sereine sur la verdure, comme une nuée de rosée dans la chaleur de la moisson». C’est bien ce que nous constatons aujourd’hui : Dieu reste apparemment impassible et regarde de sa demeure ce rassemblement d’hommes, de femmes et d’enfants venant de tous les pays du monde et qui s’efforcent de reconstruire leur foyer national détruit il y a dix-neuf siècles. Cette «chaleur sereine sur la verdure» est sans doute une image de la période actuelle où règne l’apparente tranquillité précédant l’effroyable tempête des jugements qui, après le retour de Christ, s’abattront sur les Juifs rentrés en Palestine et soumis à l’Antichrist.

Le Seigneur Jésus lui-même a dit : «Mais apprenez du figuier la parabole qu’il vous offre : Quand déjà son rameau est tendre et qu’il pousse des feuilles, vous connaissez que l’été est proche. De même aussi vous, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que cela est proche, à la porte» (Matt. 24:32, 33). Le figuier est l’image d’Israël. Pendant des siècles, le tronc de ce peuple était comme mort. Aujourd’hui, nous voyons ses rameaux bourgeonner et pousser des feuilles, ce qui nous annonce que «l’été est proche», c’est-à-dire que le Seigneur est à la porte. Bientôt, Dieu interviendra avec puissance pour ramener son peuple dans le pays de ses pères, comme nous le verrons dans la troisième partie de ce travail. Ces événements, auxquels nous assistons, ne constituent qu’un début ; c’est le simple bourgeonnement du figuier, auquel succédera l’épanouissement vigoureux et complet de toutes les feuilles, puis — après l’épreuve — l’apparition des fruits que Dieu a attendus en vain durant les siècles de sa patience envers son peuple.

 

Nous avons résumé ainsi l’histoire d’Israël jusqu’au retour du Seigneur. Nous examinerons plus loin les prophéties relatives à la «détresse de Jacob» et à sa conversion immédiatement avant l’établissement du millénium. Puis nous retrouverons encore ce peuple lorsque nous étudierons le règne millénaire, durant lequel il sera appelé à jouer un rôle de premier plan sous le sceptre de Christ.

 

2.2.6       Appendice

 

Note Bibliquest : Cet appendice a été maintenu bien que datant des années 1960 environ. La situation a passablement évolué depuis. Il existe assez d’information partout sur ces questions pour qu’il ne soit pas nécessaire de faire une mise à jour

 

Nous n’avons pas voulu mêler des détails profanes au récit biblique se rapportant à l’histoire passée ou prophétique d’Israël. Cependant, nous pensons que cela intéressera nos lecteurs de connaître d’une manière plus détaillée les événements qui se sont produits en Palestine, ces dernières années.

Aperçu historique. De tout temps, les Juifs ont gardé la nostalgie de leur patrie et, déjà au 19° siècle, un certain nombre s’y établirent. Réuni à Bâle en 1897, sur l’initiative de Théodore Herzl, promoteur du sionisme, le premier congrès sioniste proclama le droit du peuple juif de reconstituer un État en Palestine. Ce droit fut confirmé le 2 novembre 1917 par Lord Balfour, ministre des affaires étrangères du Gouvernement britannique, ainsi que dans le mandat que la Société des Nations confia à l’Angleterre sur la Palestine en 1922. Le 29 novembre 1947, l’assemblée générale des Nations Unies adopta une résolution recommandant l’établissement d’un État juif et enjoignant aux nations qui occupaient la Palestine de mettre tout en oeuvre à cet effet.

À la fin du 19° siècle, on comptait déjà vingt colonies agricoles juives en Palestine. Par la suite, sous l’effet des persécutions dont ils étaient les objets dans divers pays, de nouveaux immigrants arrivèrent par vagues successives, et se mirent à exploiter le sol qui était racheté aux Arabes à l’aide des fonds fournis par les Juifs du monde entier (*).

(*) Aujourd’hui, 90 pourcent du sol appartiennent à l’État et au Fonds national juif. Ce dernier le loue pour 49 ans aux colonies, dont les principaux types sont les kibboutzim et les moshawim.

 

En 1914, la population israélite comptait 85 000 âmes, réparties en cinquante centres, dont plus de quarante colonies agricoles.

Sous le régime du mandat britannique, les Arabes, dirigés par le mufti de Jérusalem, s’opposèrent avec acharnement à l’immigration juive. Il en résulta des troubles sanglants, que les Anglais furent incapables de réprimer. Voulant se concilier la faveur des États arabes, détenteurs des puits de pétrole, le gouvernement britannique capitula toujours plus devant leurs exigences et finit par restreindre sévèrement l’immigration et l’achat des terres par les colons juifs (Livre blanc de 1939).

Après la Seconde Guerre mondiale, les Anglais décidèrent de maintenir en vigueur ces restrictions et contingentèrent strictement l’immigration. Il en résulta de nouvelles violences de part et d’autre, et des drames d’autant plus lamentables qu’ils concernaient le plus souvent des gens ayant passé de longues années dans des camps de concentration. Pour finir, le Gouvernement britannique résilia le mandat sur la Palestine et laissa à l’organisation des Nations Unies le soin de régler la question.

Le 29 novembre 1947, l’ONU se prononça pour le partage de la Palestine en un État juif et un État arabe, Jérusalem devant recevoir un statut international. Mais les Arabes refusèrent de se soumettre à cette décision et se livrèrent une fois de plus à des actes terroristes, mettant le pays à feu et à sang. En quelques jours, la Palestine fut plongée dans une anarchie complète. Bien que son mandat dût expirer le 15 mai 1948, le Gouvernement britannique ne fit rien pour assurer la transmission des pouvoirs au nouvel État juif. Dès le mois de février 1948, une armée arabe dite de libération envahit la Palestine et on assista à de véritables batailles dans le nord du pays et dans les montagnes environnant Jérusalem. L’armée juive, composée de volontaires peu nombreux, mais courageux et bien entraînés, résista vaillamment et parvint à occuper certaines régions.

Le 14 mai 1948, veille de l’échéance du mandat britannique, l’État d’Israël fut proclamé. Aussitôt, des troupes régulières d’Égypte, de Jordanie, de Syrie, du Liban et d’Irak envahirent la Palestine par le nord, l’est et le sud. Les gouvernements de ces pays avaient, au préalable, recommandé aux Arabes de Palestine de se réfugier dans les États voisins, afin de faciliter leurs opérations militaires (*). Après des combats acharnés qui durèrent quatre semaines, les envahisseurs furent complètement défaits. Seule la Jordanie parvint à occuper une partie de l’ancienne Palestine et à s’assurer la possession de la vieille ville de Jérusalem. Des conventions de cessez-le-feu furent conclues à plusieurs reprises sous les auspices des Nations Unies ; mais elles furent chaque fois violées par les Arabes qui, chaque fois aussi, subirent une nouvelle défaite. Pour finir, des armistices furent signés, de février à juillet 1949, avec les États agresseurs, excepté l’Irak. Ces conventions prévoyaient expressément qu’elles seraient remplacées par des traités de paix, mais en dépit des efforts d’Israël, ce but n’a pu être atteint jusqu’ici (**).

(*) C’est donc à cet ordre qu’est due la création des camps de réfugiés arabes qui existent aujourd’hui encore et comptent plus de 500 000 réfugiés. D’ailleurs, les membres de la Ligue arabe ne désirent aucunement que ce problème soit résolu, car ils peuvent entretenir ainsi la haine de leurs ressortissants contre Israël.

(**) Sauf en ce qui concerne l’Égypte (voir un peu plus loin).

 

Au contraire, les Arabes continuèrent à proclamer hautement qu’ils anéantiraient Israël dès que leur puissance militaire le leur permettrait. Ils décrétèrent la guerre économique contre lui, boycottant ses produits et toutes les entreprises qui font du commerce avec lui, interdisant le canal de Suez à tous les bateaux transportant des marchandises provenant d’Israël ou qui lui sont destinées (*). En outre, l’Égypte bloqua l’accès au port d’Eilat, dans le golfe d’Aqaba. Ces mesures s’accompagnèrent d’une intense propagande destinée à entretenir la haine du monde arabe envers Israël. Coups de main, actes de sabotage, assassinats se multiplièrent. Pour finir, l’Égypte, la Syrie et l’Arabie Saoudite conclurent un pacte militaire, auquel la Jordanie adhéra en mai 1956. Armées et instruites par l’URSS, les troupes égyptiennes se concentrèrent dans la presqu’île du Sinaï, avec l’intention d’envahir de nouveau Israël par le sud-ouest du pays.

(*) Violant ainsi la convention de Constantinople de 1888, qui garantit le libre passage du canal à tous les navires, en temps de paix comme en temps de guerre. L’accès au canal fut rétabli après la guerre des 6 jours (1967) et garanti par l’Égypte en vertu des accords dits de Camp-David du 26 mars 1979.

 

Mais l’armée israélienne déjoua à temps ces desseins en fonçant à l’improviste, le 29 octobre 1956, contre les positions égyptiennes. En une semaine, elle anéantit ses adversaires, s’emparant d’un matériel considérable, occupant le territoire de Gaza et la péninsule de Sinaï, et mettant fin au blocus du golfe d’Aqaba. Au bout de quelques mois, elle retira ses troupes, à la demande des Nations Unies dont les contingents militaires occupèrent la frontière égypto-israélienne occidentale. Il en résulta une diminution des raids meurtriers des Arabes contre la population israélienne ; d’autre part, la navigation fut rétablie dans le golfe d’Aqaba, ce qui permit de développer considérablement le trafic du port d’Eilat. En revanche, le canal de Suez resta fermé à Israël et les pays arabes continuèrent à proférer les plus graves menaces contre le jeune État.

Encouragés par l’URSS, ils se livrèrent à des incursions de plus en plus meurtrières à partir de la Syrie, du Liban et de la Jordanie. En 1967, l’Égypte concentra ses troupes dans le