Bibliquest d'après Marc Ruel, Israël et l'Église, 2018 p.263-264
Ce qu'est la théologie du Remplacement : Elle enseigne que l'Église a remplacé Israël dans le programme divin. Du fait qu'Israël a rejeté Jésus comme son Messie, Dieu aurait remplacé Israël par l'Église. Dès lors Israël n'aurait plus d'avenir dans le programme divin; les promesses que Dieu a faites à Israël seraient accomplies dans l'Église, à quoi on parvient en général en les «spiritualisant». Augustin (dit "saint"; 354-430) a suivi cette voie et à sa suite Jérôme (dit "saint") et Jean Chrysostome (dit "saint").
Origine : Dans la mesure où l'Église a oublié (après la période apostolique) son espérance céleste et a cherché à s'installer comme une puissance dominatrice sur la terre, elle est forcément entrée en concurrence et en conflit avec les Juifs et Israël, qu'elle a tenu pour des ennemis. Si l'apôtre Paul qualifie les Juifs d'ennemis, c'est quant à l'évangile (que les Juifs rejettent), mais lui-même les qualifie en même temps de bien-aimés à cause des patriarches (Rom. 11:28). L'introduction de cette théologie du Remplacement s'explique de plusieurs manières :
Conséquences de cette idée du Remplacement : Il en a découlé inévitablement une concurrence entre l'église et Israël. Cette théorie (plutôt que théologie !) du Remplacement a fomenté puis développé l'antisémitisme, lequel a abouti au Moyen-âge à des atrocités pendant les croisades et l'Inquisition. Certains propos de Luther sont défavorables aux Juifs pour ce genre de raisons. Le nazisme (qui n'était pas chrétien) s'en est aussi servi.
Faux remèdes : Croyant réduire l'inimitié contre les Juifs, le concile de Vatican II de l'église catholique s'est cru autorisé à déclarer que les Juifs n'étaient pas coupables de la mort du Messie, mais cela méconnait la Parole de Dieu (1 Thes. 2:15; Actes 2:23; 3:15; 5:30, et autres) et ignore les plans et promesses de Dieu. L'épitre aux Romains dans ses chapitres 9 à 11, spécialement 11, montre que le rejet des Juifs est temporaire et dû à leur incrédulité. Non seulement la restauration future d'Israël sur la terre est certaine (il faut cependant qu'un changement moral et spirituel intervienne), mais l'église qui professe être chrétienne, tombant dans l'incrédulité (ce qui est largement amorcé aujourd'hui), sera à son tour «coupée» et «arrachée» (Rom. 11:22). — Autrement dit, si on veut faire qu'il n'y ait pas d'antisémitisme dans l'église, il faut que celle-ci ne s'occupe pas d'avoir une position dans ce monde, mais qu'elle s'occupe de ses affaires, c'est-à-dire son espérance céleste.
On comprend aussi que le seul vrai remède à ces erreurs est de s'en tenir de très près à ce que dit la Bible.