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LA LOI DU LÉPREUX — Lévitique 13 et 14
G. C. WILLIS — Illustrations de C. T. TANG — Février 1953
Table des matières :
2 1° partie — Le lépreux et sa plaie — Lévitique 13
2.1.2 «On l’amènera à Aaron le sacrificateur»
2.1.4 Le sacrificateur se prononce
2.1.6 La déclaration du sacrificateur est vraie
2.2.1 Tout couvert — Déclaré net
2.2.2 Chair vive : le péché en activité
3 2° partie — La purification du lépreux — Lévitique 14
3.1 Comment Dieu procède à la purification.
3.1.1 Il sera amené au sacrificateur
3.1.2 Le sacrificateur sortira
3.1.3 Le sacrificateur le verra
3.2 Deux Oiseaux vivants et purs.
3.2.1 On apporte les oiseaux, le bois de cèdre, l’écarlate et l’hysope
3.3 Le nettoiement indispensable.
3.3.1 Rasage et lavage des vêtements
3.5 Nouveau recours à l’eau et au rasoir.
3.7 L’Agneau du Sacrifice pour le délit.
3.7.2 Le sacrifice pour le délit
3.7.3 Le sang sur l’oreille, le pouce et le gros orteil
3.8.1 L’huile répandue devant l’Éternel
3.8.2 L’huile sur le sang (oreille, pouce et gros orteil)
3.8.4 Un sacrifice pour le péché et un holocauste
3.10 «Ma maigreur, ma maigreur».
3.10.1 Que saisissons-nous de ces sujets ?
3.10.2 Revenir sur ces sujets pour les méditer
Ce petit ouvrage vit originairement
le jour en langue chinoise, et fut écrit sur la demande d’un chrétien
indigène ; plusieurs s’étant particulièrement intéressés à l’explication
orale de ce sujet. Le livre parut vers 1938, porteur d’un message de salut et
de joie, et se répandit bientôt dans la plupart des centres évangéliques
disséminés partout dans l’immense pays de Chine, alors grand ouvert à la
diffusion des vérités chrétiennes.
Un mot au sujet des
illustrations ne sera peut-être pas de trop. Elles sont l’oeuvre d’un
dessinateur indigène, C. T. Tang, un chrétien, avec quelques suggestions de
l’auteur. Ce dernier se plaît à reconnaître qu’il a beaucoup appris par leur
préparation. Il espère qu'elles ne seront pas dédaignées par certains qui
pourraient les juger enfantines. On
ne peut guère s’attendre à ce qu’elles soient exactes dans tous les détails,
mais on espère qu’elles peuvent servir à fixer dans l’esprit des traits qui
autrement auraient passé inaperçus.
Enfin, l’auteur, en terminant, exprime le désir que cet ouvrage serve à l’édification du peuple de Dieu en général, et c’est avec le même espoir que l’édition française a été préparée, puisque l’âme humaine, de quelque race et sous quelque latitude que ce soit, est atteinte du même mal, a besoin du même remède, et peut connaître, par la foi, les mêmes félicités présentes et éternelles.
Ce livre répond spécialement aux besoins des âmes récemment réveillées, et avides de meilleure nourriture spirituelle.
Note Bibliquest : Aujourd'hui la lèpre du corps se soigne médicalement, ce qui n'était pas le cas autrefois. La lèpre reste donc une image du péché, et les images bibliques sur la purification du lépreux gardent toute leur valeur pour faire comprendre comment Dieu considère le péché de l'homme et comment Il donne le moyen d'en être purifié, et les applications pratiques qui en découlent pour le croyant aujourd'hui.
Allez... Et quand vous irez, prêchez... Rendez nets les lépreux (Matthieu 10:6, 7, 8).
Allez, Et rapportez... Les lépreux sont rendus nets (Matthieu 11:4, 5).
Et quelques-uns de vous vous étiez tels ; Mais vous avez été lavés, Mais vous avez été sanctifiés. Mais vous avez été justifiés au Nom du SEIGNEUR JÉSUS et par L’ESPRIT DE NOTRE DIEU (1 Cor. 6:11).
La Bible, surtout l’Ancien Testament, comme la plupart de nos lecteurs le savent, abonde en portraits merveilleux de notre Seigneur Jésus Christ et des choses qui le concernent. Dans le Nouveau Testament, ces figures sont appelées «Ombres», ainsi qu’il est dit : «La loi ayant l’ombre des biens à venir».
Quelques-unes de ces «ombres» sont si précises, décrites avec une telle richesse de détails, que lorsque nous les considérons attentivement, nous sommes émerveillés des enseignements qu’elles renferment, des beautés qu’elles suggèrent.
Parmi toutes ces «ombres» il serait difficile d’en trouver une dépeinte avec plus de riches détails, de traits parlant à nos esprits et à nos coeurs que la «Loi du lépreux».
La lèpre est la plus redoutable, la plus répugnante de toutes les maladies. Non seulement elle se termine par la mort, mais plus qu’aucune autre, cette maladie est une image de la mort opérant dans la vie, car les parties du corps qui en sont affectées meurent réellement tandis que le malade continue à vivre.
Le début de la lèpre ressemble au début du péché. Il est petit et insidieux. Rien d’alarmant tout d’abord. Nous lisons qu’elle apparaît parfois comme une tache blanchâtre ou «luisante», tout comme le péché, au début de sa manifestation, n’a rien pour nous effrayer ; bien au contraire, il comporte un certain attrait, un «luisant» alors qu’en réalité, la mort est là. Car «le salaire du péché, c’est la mort» et il est tout aussi certain que la lèpre aboutit à la mort.

Illustration 1 : Une tumeur, une dartre, ou une tache luisante.
La lèpre peut se déclarer dans presque toutes les parties du corps. Ce n’était pas ce que le lépreux pouvait avoir fait qui le rendait impur, mais ce qu’il était, non ses actes, mais son état. Nous pouvons tous dire avec David : «J’ai été enfanté dans l’iniquité, et dans le péché ma mère m’a conçu» (Psaume 51:5). C’est notre état, autant que nos actions, qui nous constituent impurs. C’est pourquoi le lépreux devait s’adresser au sacrificateur — et non pas au médecin — pour être purifié. Ainsi donc nous devons conclure que la lèpre est une saisissante image du péché.
Et de même que, nous pouvons le constater, le péché, et sa purification est le thème de la Bible depuis la Genèse jusqu’à la fin de l’Apocalypse, c’est ce thème que nous trouvons dès les chapitres treize et quatorze du livre du Lévitique, mais traité avec une telle puissance, une telle pénétration que nous sommes contraints à nous incliner avec adoration et de reconnaître qu’aucune main, sauf celle de Dieu, ne pouvait peindre un tableau pareil, et qu’aucun amour, sauf l’amour de Dieu, ne pouvait concevoir un moyen pareil de purification. Et non seulement nous voyons dans ces chapitres la lèpre décrite comme image du péché, mais nous y découvrirons d’autres merveilleux traits, si seulement nous avons des yeux pour les voir.
En abordant ensemble la lecture de ces textes, nous chercherons, avec l’aide de Dieu, à mettre en relief quelques-uns des magnifiques détails de ce tableau.
Remarquons premièrement, et ne perdons jamais de vue, que c’est Dieu — et non pas l’homme — qui nous a tracé ces merveilleuses esquisses. L’introduction du sujet tout entier se trouve au premier verset du chapitre 13 : «Et l’Éternel parla à Moïse et à Aaron, disant...
Souvenons-nous, en lisant, que nous entendons les paroles mêmes du Dieu vivant et vrai.
Au chapitre 13, et au verset 2, nous lisons : «Si un homme a dans la peau de sa chair une tumeur, ou une dartre, ou une tache blanchâtre, et qu’elle soit devenue dans la peau de sa chair une plaie comme de lèpre, on l’amènera à Aaron le sacrificateur, ou à l’un de ses fils les sacrificateurs…».
«Une tumeur, une dartre, une tache blanchâtre» ou luisante. Que ces mots sont significatifs ! Une «tumeur» ou une boursouflure, cela ne nous parle-t-il pas de l’orgueil, lequel enfle chacun de nous ? De l’orgueil qui cause les dissensions, de l’orgueil qui est la racine et le siège de tant de péchés et de maux ? Nous sommes probablement tous atteints par ce mal, ces enflures tuméfiées, et souvent, ceux qui s’en considèrent exempts, et se croient les plus humbles, en réalité s’enorgueillissent de leur humilité...
La parole de Dieu dit : «La connaissance enfle (1 Cor. 8:1). Qu’il est frappant de constater que la connaissance dont il est parlé ici est celle de la Parole et des voies de Dieu ! Cela ne devrait-il pas nous contraindre à nous arrêter et à réfléchir, quand nous voyons que même une connaissance de la Bible peut nous enfler et produire une de ces boursouflures qui cache la lèpre ?
Quelqu’un a défini quatre sortes de tendances orgueilleuses : l’orgueil de race, l’orgueil de place, l’orgueil de face, mais la pire est l’orgueil de la grâce. Il y a donc plusieurs sortes de «tumeurs» mais, certainement, une des plus à craindre est celle qui est produite par notre connaissance même de la Parole de Dieu. C’est aussi l’une des plus répandues. Le pharisien de Luc 18 était affligé d’une tumeur de cette espèce particulièrement maligne. Pharaon l’oppresseur, Nebucadnetsar le roi, et bien d’autres souffraient de cette enflure tuméfiée, quoique d’un genre différent, et nos lecteurs peuvent facilement se représenter d’autres cas de cette sorte de lèpre, eux-mêmes y compris ; peut-être,
Une «dartre» ?
Ces sortes de croûtes peuvent recouvrir quelque ancienne plaie ou blessure. Nombreux sont ceux d’entre nous qui en souffrent. Quelqu’un nous a autrefois causé du tort. La chose nous est restée sur le coeur ; nous n’avons jamais réellement pardonné, quoique nous ayons essayé de couvrir la vieille blessure. Telle la racine d’amertume (Héb. 12:15) cachée dans la terre et recouverte par elle, mais tendant à sortir et à troubler, à «souiller» plusieurs. Ah ! prenez garde à ces croûtes, elles sont des plus dangereuses. Le roi Saül nous offre l’exemple d’un homme atteint de ces «dartres» à un terrible degré.
«Tache blanchâtre ou luisante».
Il est parlé, en Hébreux 11, des «délices du péchés». Car le péché a ses plaisirs et parait souvent avoir un brillant attrait ; mais le même livre mentionne «la séduction du péché» (ch. 3:13) et cela est toujours vrai. Le péché séduit. Le péché voudrait détourner nos yeux du danger du péché et nous le montrer sous un jour profitable, «luisant». Vous souvenez-vous comment le premier péché est entré dans le monde ? Satan l’a présenté à la femme comme la «tache luisante». Elle vit l’arbre défendu de la connaissance du bien et du mal. Elle vit qu’il était «bon à manger, qu’il était un plaisir pour les yeux, et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent» (Genèse 3:6). puissants attraits ! Ève les subit et y succomba. Elle prit du fruit défendu et en mangea.
Depuis ce jour, Satan s’acharne à produire de ces taches luisantes, sachant qu’elles aboutissent à la lèpre. Les plus brillants quartiers nocturnes de la ville de Shanghaï sont généralement les plus mal famés. Ce sont des repaires d’immoralité, saturés de lèpre. Attention aux taches luisantes ici-bas ! La demeure de lumière du Sauveur attend les Siens au bout de la course et ils peuvent bien facilement se passer des taches luisantes et attrayantes du péché. Elles portent toutes les germes de la lèpre hideuse.
Je voudrais spécialement attirer votre attention sur ces paroles :
«On l’amènera à Aaron le sacrificateur».
Elles sont très importantes. Et nous trouvons presque les mêmes en Lévitique 14:2, en rapport avec la purification. Ainsi, qu’il s’agisse de décider si un homme est oui ou non atteint de la lèpre, ou si un homme est oui ou non en état d’être purifié de sa lèpre, tout dépend du verdict du sacrificateur.

Illustration 2 : «On l’amènera à Aaron le sacrificateur»
L’homme et ses amis n’avaient pas voix au chapitre. Celui en qui pouvait se voir une tumeur, une dartre, ou une tache luisante aurait pu dire : «Je crois ces symptômes-là sans importance ; d’après mes opinions et celles de tous les grands savants, ces taches ne signifient rien».
Ami, la première chose que cet homme doit apprendre, c’est que ses opinions propres, et celles de n’importe quel être vivant excepté le sacrificateur, n’ont pas de valeur, d’importance, ni le moindre intérêt. Toute la question se résume en ceci : «Que dit le sacrificateur ?» Le malade n’était peut-être pas désireux de se rendre vers lui, peut-être pensait-il pouvoir décider lui-même ce qui en était de ce mal, mais c’est la Parole de Dieu qui importe : «On l’amènera au sacrificateur». Il n’est pas dit non plus qu’il doive se rendre lui-même devant lui, mais : «On l’amènera au sacrificateur».
D’où l’importance de ces paroles.

Illustration 3 : «Le Sacrificateur le verra»
Lecteur, avez-vous été amené au Seigneur Jésus Christ le grand Sacrificateur ? Avez-vous jamais soumis votre vie au regard de Ses yeux «qui sont comme une flamme de feu» ?
Il peut y avoir dans votre vie des choses que vous savez n’être pas louables. Qu’en est-il ? Le Sacrificateur les a-t-Il regardées, les a-t-Il vues de près ? Alors vous savez qu’Il doit les déclarer «impures». Vos amis, peut-être, vous ont-ils bien des fois apporté par la prière, au Seigneur Jésus ? Mais si l’on ne vous avait jamais amené à ce Sacrificateur, Dieu veuille que ce petit livre soit le moyen de vous conduire à Lui aujourd’hui.
Peut-être, dites-vous : «Oh, ces choses ne méritent pas qu’on y attache autant d’importance, c’est seulement une enflure». Oui, mais serait-ce une enflure d’orgueil ? Le péché est-il à la racine de ce mal ? Le Sacrificateur seul est compétent pour décider la chose.
Allez à Lui, ami, allez-y sans tarder, pendant qu’il y a encore du temps et de l’espoir. Il vaut mille fois mieux que vous connaissiez la vérité maintenant que d’être précipité en enfer sans même savoir que vous en êtes sur le chemin.
N’ayez aucune crainte de trouver le Sacrificateur dur ou impatient ; au contraire, vous ferez l’expérience qu’Il est plein d’amour et de sympathie. Il regardera ces tumeurs ou enflures, cette dartre qui recouvre quelque ancien mal, peut-être une vieille querelle ou un mauvais sentiment. Il verra ces taches luisantes que vous regardez avec complaisance mais qui parlent de quelque mal caché au profond de votre être, quelque vice égoïste que vous chérissez. lI ne mettra aucune hâte dans son examen ; son oeil ne se trompera jamais, et si quoique doute persiste, Il enfermera celui en qui se trouvent ces symptômes pendant sept jours et si cela ne suffisait pas, pendant une seconde période de sept jours (voyez versets 4:7).
Mais poursuivons notre application de cette remarquable phase du diagnostic.
Notre Sacrificateur, le Seigneur Jésus Christ, n’a-t-Il pas déjà «enfermé» l’homme, et ne lui a-t-Il pas déjà donné toute possibilité de se justifier quant à l’accusation d’être un lépreux ? Certainement Il l’a fait.
Il a mis Adam à l’épreuve, Adam innocent dans le jardin d’Eden. Mais la lèpre éclata bientôt : le péché entra dans le monde. Il mit encore l’homme à l’épreuve, avant le déluge, l’homme muni alors d’une conscience pour guide ; et quand Dieu le «regarda», Il trouva une lèpre si horrible que l’humanité d’alors fut détruite, sauf huit personnes. Il n’y avait pas d’autre alternative en face d’un tel mal.
Il mit Noé et ses fils à l’épreuve, mais de nouveau le péché apparut. Alors, Il choisit Abraham et ses descendants, les enferma à l’écart des autres nations, mais le péché apparut encore. Alors Il leur donna la Loi, mais cela ne fut d’aucun secours.
Enfin, Il envoya Son Fils bien-aimé, et l’homme le mit à mort. Dès lors, que dit Dieu ? Il dit que l’épreuve est terminée maintenant, les résultats concluants. Inutile d’enfermer plus longtemps l’homme.
Lisez Romains 3 et arrêtez-vous au verset 10 : «Il n’y a pas de juste, non pas même un seul» ; et au verset 12 : «Il n’y en a aucun qui exerce la bonté, non pas même un seul». Un peu plus loin : «Il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu» (*). Toute bouche a été fermée. Le Sacrificateur a déjà déclaré impurs tous les membres de la race humaine, vous compris.
(*) Voyez encore Romains 11:32 ; Galates 3:2 ; Rom. 3:19
Oui, le Sacrificateur vous regarde, ami, et voilà ce qu’Il vous dit. Il déclare que vous êtes un pécheur, que vous n’êtes pas juste. Votre bouche est fermée et le mieux que vous puissiez faire, c’est de la couvrir et de crier : «Impur ! Impur !»

Illustration 4 : «Le sacrificateur le déclarera impur».
Vous avez maintenant été amené au Sacrificateur. Il vous a regardé. Il voit que la plaie dans la peau de votre chair est la lèpre. Il voit que le poil est devenu blanc. Qu’est-ce à dire ? C’est un signe de pourriture et de mort. Il vous déclare que déjà l’infection est dans votre sang, et, qu’à Ses yeux, il y a déjà en vous les signes de la mort, que suivra le jugement, et, après cela, «la seconde mort».
Ami, la plaie est plus profonde que la peau (Lév. 13:3). Ce n’est pas seulement d’un mal superficiel que vous êtes atteint. Non, le vrai mal est bien plus profond. Il est dans notre coeur, et ce coeur, le Sacrificateur l’a déclaré : «Trompeur par-dessus tout et incurable» (Jér. 17:9). Et Il ajoute : «Qui le connaît ?» Lui sait bien que vous n’êtes pas disposé à croire que votre cas est si désespéré ! Il sait bien que vous ne pouvez ni comprendre, ni admettre que votre lèpre est si avancée ; qu’elle est «incurable». Mais telle est la vérité, telle est votre condition.

Illustration 5 : «Il l’enfermera, c’est une lèpre invétérée».
Nous lisons dans la Bible que Dieu a les yeux sur ce monde et sur les hommes qui le peuplent. Après la création, il est dit, en Genèse 1 : «Dieu vit tout ce qu’Il avait fait, et voici, cela était très bon». Ainsi put-Il décrire Son oeuvre avant que le péché y apparût ; mais, hélas ! le péché entra bientôt, et nous lisons : «Dieu vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre et que toute l’imagination des pensées de son coeur n’était que méchanceté en tout temps. Et Dieu regarda la terre et voici elle était corrompue...» Nous lisons encore : «L’Éternel a regardé des cieux sur les fils des hommes, pour voir s’il y a quelqu’un qui soit intelligent, qui recherche Dieu : ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble corrompus, il n’y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul» (Ps. 14:2-3). Nous sommes donc fondés à dire que notre Sacrificateur «a regardé» et a vu que tout homme, ici-bas, est atteint de la lèpre.
Lecteur, le Sacrificateur vous a regardé et vous a déclaré impur. Ce Sacrificateur ne peut jamais se tromper et Il vous aime beaucoup trop aussi pour prononcer de si terribles paroles s’il y avait eu un seul moyen de faire autrement.
Je dînais, il y a quelques années, avec un docteur qui était une autorité pour tout ce qui se rapporte à la lèpre. Il me raconta qu’un jeune homme était venu le consulter quelques jours avant, et lui avait montré une petite plaie «qui ne voulait pas guérir». Le docteur le questionna, examina la main, et constata une plaie de lèpre. Droit et apparemment en bonne santé, ayant une femme et des enfants en bas âge, le jeune homme était à cent lieues de se douter qu’il était atteint de la lèpre ; et je vois encore les larmes couler sur les joues du docteur tandis qu’il me racontait cette histoire, tant était intense son chagrin et grande sa sympathie pour le malheureux garçon qu’il dut déclarer impur.
Et que dire de notre grand souverain Sacrificateur qui a pleuré sur les hommes souillés parce qu’ils ne veulent pas venir à lui pour être rendus nets ?
Croyez bien, lecteur, que la déclaration du Sacrificateur sur votre état correspond à la vérité, et que cette déclaration reste la même, à moins que ce même Sacrificateur vous ait déjà purifié.
Vous pouvez ne pas avoir la moindre idée que vous êtes perdu, ruiné, impur, sur le chemin de l’enfer. Vous pouvez peut-être dire : «Mais je n’ai pas du tout le sentiment d’être impur». Tout cela est à côté de la question. Vous avez peut-être lu l’histoire du P. Damien qui, au siècle dernier, s’en alla travailler parmi les lépreux de Molokai, dans les îles Hawaï. Pendant de longues années il se dévoua à sa tâche, restant en très bonne santé. Mais un soir qu’il prenait un bain de pieds, de l’eau bouillante lui tomba sur les orteils. Il n’en ressentit aucune douleur, mais ne tarda pas à voir des cloques se former sur le pied ébouillanté. Il comprit alors immédiatement qu’il avait contracté la lèpre, car l’un des premiers symptômes en est la perte de sensation dans les parties affectées. Il mourut, quelques années après, son pauvre corps complètement envahi par le mal redoutable.
De même, vous, pauvre pécheur, vous devez être privé de sensation, sinon vous sauriez que vous êtes atteint de ce mal. On peut plonger une aiguille dans une partie du corps affectée par la lèpre, mais le malade ne sent rien. C’est ainsi que l’homme qui continue dans le péché ne sait pas qu’il est pécheur. À la déclaration du sacrificateur, le lépreux, peut-être, pourra répondre : «Mais je me considère en excellente santé, en fait, je ne me suis jamais senti si bien dans ma vie».
«Je le regrette, répond le sacrificateur, mais c’est mon pénible devoir de vous déclarer impur».
Les opinions ou les sensations du malade n’ont rien à voir avec le cas. Tout dépend de la parole du sacrificateur. «Le sacrificateur le verra et le déclarera impur». Toute opinion personnelle, ou celle d’un ami, est mise de côté. L’homme savait qu’il était impur parce que le sacrificateur l’avait dit.
Quand les autorités locales décidèrent d’isoler les lépreux des îles Hawaï, sur un terrain montueux triangulaire connu sous le nom de Kalawao, dans l’île de Molokai (où travaillait le P. Damien), on édicta que «toute personne jeune ou âgée, riche ou pauvre, de rang princier ou de classe paysanne, en qui la moindre trace de lèpre serait découverte, devra être déportée d’office». La loi fut exécutée avec la dernière rigueur. Dans toutes les îles de l’archipel hawaïen, les lépreux ou ceux qui étaient suspectés de l’être, furent pourchassés par la police, arrachés à leurs foyers, et si le certificat médical portait la mention d’une lèpre, s’il n’y en avait même qu’un soupçon, ils étaient sur-le-champ transportés en bateau à la colonie de lépreux, comme dans une prison d’État. Les enfants furent arrachés à leurs parents, et les parents aux enfants, maris et femmes furent séparés pour toujours. En aucun cas une faveur ne fut permise, et un proche parent de la reine des Hawaïens fut parmi les premiers saisis et déportés» (*).
(*) Héros missionnaires en Océanie.
Voilà justement ce que le péché nous réserve. Maris et femmes, parents et enfants, les ~plus chers amis doivent être séparés pour toujours si le péché n’est pas ôté.
Passons maintenant aux versets 12 et 13. Nous nous trouvons là en présence d’une déclaration des plus extraordinaires :
«Et si la lèpre fait éruption sur la peau, et que la lèpre couvre toute la peau de celui qui a la plaie, de la tête aux pieds, autant qu’en pourra voir le sacrificateur, le sacrificateur le verra : et voici, la lèpre a couvert toute sa chair ; alors il déclarera pur celui qui a la plaie : il est tout entier devenu blanc ; il est pur».
Voilà qui est étrange ! Lorsqu’il y a quelques mois, quelques années, il avait été amené au sacrificateur n’ayant qu’une petite boursouflure, une dartre ou une tache blanchâtre, celui-ci l’avait déclaré impur. Il dut alors sortir du camp et habiter dans la solitude. Aujourd’hui il est tout couvert, et que dit le sacrificateur ? :
«Vous êtes net».
Qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Ah ! cela nous parle d’un pauvre pécheur qui n’a pas un mot à dire pour sa défense. Nous pouvons voir, dans la Bible, bien des lépreux entièrement couverts de lèpre et qui tous furent rendus nets.

Illustration 6 : à gauche : «Quelques taches de lèpre» qu’il peut aisément cacher — à droite : «Tout couvert»
Remarquons le cas de Simon Pierre dans le chapitre 5 de Luc. Il découvre pour la première fois qu’il est couvert de lèpre. Écoutons-le dire au Seigneur : «Retire-toi de moi car je suis un homme pécheur» (ou plein de péché). Dans un vase plein d’eau, il n’y a pas de place pour ajouter quoi que ce soit ; s’il s’agit d’un homme plein de péché, il n’y a pas de place pour aucun bien en lui. Tel était l’apôtre Pierre.
Voyez un peu plus loin, au verset 12 du même chapitre : «Et il arriva, comme il était dans une des villes que voici un homme plein de lèpre ; et voyant Jésus, il se jeta sur sa face et le supplia disant : «Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net». Et, étendant la main, il le toucha disant : «Je veux, sois net».
Aucun homme plein de péché, ni aucun homme plein de lèpre, n’a besoin d’attendre plus longtemps pour être rendu net. Le Sacrificateur, notre Sauveur, se tient précisément là pour remédier à cette condition.
Écoutez le brigand sur la croix : «Nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises». Et voici que, le jour même, il entrait au Paradis avec son Sauveur et Seigneur (Luc 23).
Et qu’arrive-t-il au fils prodigue de Luc 15 ? «J’ai péché contre le ciel et devant toi», confesse-t-il, et à l’instant même les bras du père sont autour de son cou et «il le couvre de baisers».
Écoutez le publicain de Luc 18:13 : «Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur». Et il rentra dans sa maison justifié.
Que dit encore, sur ce même sujet, l’apôtre Paul : «Je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite aucun bien» (Romains 7:18).
Et le patriarche Job déclare : «Voici je suis une créature de rien, que te répliquerai-je ? Je mettrai ma main sur ma bouche» (39:37). Plus loin il ajoute encore : «J’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre» (42:6). Justifié sur-le-champ !
Toujours dans la même note est la remarquable expérience d’Ésaïe : «Malheur à moi, car je suis un homme aux lèvres impures (6:5) et instantanément la réponse angélique se fait entendre : «Ton iniquité est ôtée et propitiation est faite pour ton péché».
Oui, ami, tous ceux-là, pour obtenir la guérison, suivirent le même chemin. Tous découvrirent, non seulement qu’ils étaient lépreux, mais encore pleins de lèpre, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête. Pas un d’entre eux ne sera au ciel à cause de ses bonnes oeuvres. Tous rendent témoignage qu’ «il n’y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul». Et, cher lecteur, là où tous ceux-là ont échoué, pouvez-vous espérer réussir ? Ils étaient tous perdus, ruinés, face à l’enfer et ils le reconnurent, prenant la place de pécheurs perdus ; et là seulement, ils obtinrent le pardon et furent rendus nets. C’est en prenant cette même place que vous aussi obtiendrez le pardon.

Illustration 7 : «... Il est tout entier devenu blanc ; il est pur».
Heureux le juste qui peut s’écrier : «Je chanterai devant les hommes et je dirai : J’ai péché et j’ai perverti la droiture, et il ne me l’a pas rendu ; Il a délivré mon âme, pour qu elle n’allât pas dans la fosse, et ma vie verra la lumière» (Job 33:27). Dans la phalange des rachetés qui peupleront le ciel, il sera impossible de trouver une seule personne qui pourrait chanter : «Je n’ai jamais péché et suis venu ici par mes propres moyens». Le cantique, là-haut, parle de notre ruine complète mais exalte la grâce merveilleuse de Dieu.
Venez donc ! Venez maintenant ! Venez tel que vous êtes à ce Sacrificateur plein de grâce. Il attend. Bien plus, Il dit : «Venez, et plaidons ensemble... : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme l’écarlate, ils seront comme la laine» (Ésaïe 1:18).
Il sait que vous êtes plein de lèpre — plein de péché — mais c’est à vous de croire Son témoignage à votre égard et de prendre la place du pécheur perdu. Le voulez-vous ? Si oui, vous serez nettoyé, pardonné ; paix et bénédiction seront votre partage.
Un mot, encore, pendant que nous considérons ces versets. Nous lisons : «Et le jour où l’on verra en lui de la chair vive, il sera impur. Et le sacrificateur regardera la chair vive et le déclarera impur : la chair vive est impure, c’est de la lèpre» (v. 14, 15). Cela nous parle de l’homme qui continue dans le péché tout en se reconnaissant pécheur. Il est tout couvert de lèpre, mais il y a «la chair vive», le péché en activité dans sa chair. On est frappé de voir dans l’Écriture bien des hommes prendre la place de pécheurs, admettre : «J’ai péché» et pourtant ne pas être pardonnés.
Ceux que nous venons de citer et d’autres encore comme Daniel (9:5), Jérémie (14), Michée (7:9), tous ont pris la place de pécheurs devant Dieu et tous obtinrent pardon et bénédiction.
Mais si nous considérons le cas d’hommes tels que Pharaon, Balaam, Acan, Saül, Shimi, Judas, nous voyons que tous ceux-ci avaient confessé le péché, et pourtant leur fin fut la perdition. Ils admettent la lèpre mais la chair vive se voit. Ils n’éprouvent pas de haine pour le péché ; il n’y avait aucun désir de l’abandonner ; il n’y avait pas de vraie repentance, mais le péché à l’état d’activité travaillait encore dans leur chair.
C’est solennellement instructif de constater les alternatives de haine et de remords chez Saül. Mais le remords n’est pas la repentance, laquelle a toujours la foi comme corrélatif. La repentance se détourne du péché ; la foi se tourne vers Dieu : les deux vont ensemble.
Si je connais la merveilleuse grâce de Dieu qui me prend, moi, pauvre pécheur plein de péché, et dans cette triste condition, me purifie, me pardonne et m’amène à Dieu — cette grâce, dis-je, me fait désirer ardemment de vivre dans une sainte conduite, et que le péché n’ait plus la domination sur moi (Rom. 6:4). Mais si je laisse le péché agir librement en moi, je professe que je suis étranger à la grâce de Dieu qui purifie et pardonne. L’apôtre Jean écrit : «Celui qui pratique le péché est du diable» (1 Jean 3:8).
Cela ne veut pas dire qu’après avoir été sauvés nous ne pécherons jamais plus. Le même apôtre nous écrit clairement au sujet de personnes qui pourraient tenir ce langage : «Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes». Remarquez que ce n’est pas Dieu que nous trompons, ni non plus nos semblables, mais seulement nous-mêmes.
D’autre part, ce verset du Lévitique ne signifie pas que si nous péchons c’est une preuve que nous n’avons jamais été convertis. Bien souvent le diable a tourmenté de jeunes chrétiens avec une crainte semblable. Une brebis peut tomber dans le fossé et se salir beaucoup, mais elle n’en a pas pour autant cessé d’être une brebis, au contraire, elle sera une brebis malheureuse jusqu’à ce qu’elle en sorte et que sa toison soit nettoyée. Tandis qu’une truie se délecte dans la saleté et la boue du fossé. L’une pratique la souillure, l’autre, au contraire, l’a en aversion. Une truie lavée retournera toujours se vautrer dans la boue : elle a toujours été une truie et n’est jamais devenue une brebis (voyez 2 Pierre 2:22).
Celui que le Seigneur Jésus a rendu net est transformé, non seulement au dehors, mais au dedans, par la nouvelle naissance. Il lui est donné un coeur pur, une nouvelle nature que dégoûte le péché, qui l’a en horreur et si celui en qui habite cette nouvelle nature a glissé dans le mal, il ne peut être heureux jusqu’à ce qu’il soit restauré.
Arrêtons-nous maintenant sur les versets 42 à 44. Ils sont des plus solennels et devraient parler à beaucoup dans les temps où nous vivons : «Et s’il y a, dans la partie chauve du haut ou de devant, une plaie blanche roussâtre, c’est une lèpre qui a fait éruption dans la partie chauve du haut ou de devant ; et le sacrificateur le verra : et voici la tumeur de la plaie est d’un blanc roussâtre dans la partie chauve du haut ou de devant, comme une apparence de lèpre dans la peau de la chair ; c’est un homme lépreux, il est impur ; le sacrificateur le déclarera entièrement impur : sa plaie est en sa tête».
Il est assez commun de voir apparaître la lèpre sur le front. Et, de nos jours, combien ils sont nombreux ceux dont la tète porte une plaie de lèpre ! Pourtant, ils sont bien loin de se douter qu’ils sont «entièrement impurs». Remarquez l’expression renforcée, par le mot «entièrement» que le Saint Esprit emploie ici et pas ailleurs. Ces hommes ont leurs opinions propres au lieu de la Parole de Dieu qu’ils ignorent volontairement. Ils ne se fient qu’à leur cerveau, à leur tête, à leur esprit. L’orgueil, et surtout l’orgueil de l’intelligence est à la racine du mal quand la lèpre éclate sur la tête. Combien d’»hommes de science», ainsi qu’ils se désignent, sont en réalité des hommes qui ont la lèpre à la tête.

Illustration 8 : «Entièrement impur ; sa plaie est en sa tête».
Nous pouvons constater un triste exemple de ce mal en la personne du roi Ozias que son orgueil poussa à prendre la place appartenant aux sacrificateurs seuls. Il est écrit de lui : «son coeur s’éleva jusqu’à le perdre, et il pécha contre l’Éternel, son Dieu, et entra dans le temple de l’Éternel pour faire fumer l’encens sur l’autel de l’encens...» Et comme il résistait aux sacrificateurs, persistant dans sa décision, la lèpre éclata sur son front devant les sacrificateurs, dans la maison de l’Éternel. «Et Azaria, le principal sacrificateur et tous les sacrificateurs le regardèrent et voici, il était lépreux au front ; et ils le chassèrent de là» (2 Chron. 26:16-20).
«Et le lépreux en qui sera la plaie aura ses vêtements déchirés et sa tête découverte, et il se couvrira la barbe, et il criera : Impur ! Impur ! Tout le temps que la plaie sera en lui, il sera impur ; il est impur ; il habitera seul, son habitation sera hors du camp» (versets 45, 46).

Illustration 9 : «Vêtements déchirés, tête découverte, avertissement plaintif»
Ces tristes paroles nous peignent une image vivante du pécheur. Il est possible qu’il ait pu, naguère, se servir de ses vêtements pour cacher les taches de lèpre. Mais, à présent, ces vêtements doivent être déchirés ; plus rien pour dissimuler sa souillure. «Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui à qui nous avons à faire» (Héb. 4:13). Adam essaya bien de se couvrir avec des feuilles de figuier, mais combien ce fut inutile ! Quand Dieu vient à sa recherche, il est obligé de confesser : «J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché» (Gen. 3:10).
Pauvre pécheur, aux yeux de Dieu vos vêtements sont déchirés, Il vous voit nu. Chaque tache de péché, la moindre souillure s’étale clairement devant Son regard. Entre vous et les hauts cieux, il n’y a rien pour vous abriter. Toute la colère d’un Dieu qui hait le péché demeure sur votre tête nue et exposée (Jean 3:36). Le sacrificateur devait autrefois découvrir la tête de la femme infidèle. Aucun voile pour la cacher (Nomb. 5:18).
Tandis qu’un heureux racheté des anciens jours pouvait s’écrier, ainsi que nous le lisons au Psaume 140 : «Tu as couvert ma tête», le pauvre lépreux, lui, doit enlever tout ce qui peut le couvrir. «Sa tête découverte», dit le texte, implique une des vérités les plus solennelles que l’esprit de l’homme soit capable de concevoir.
Cher lecteur, votre tête est-elle couverte ? Ou bien l’oeil de Dieu ne voit-il que souillure sans rien qui puisse vous cacher ?
«Et il se couvrira la barbe, et criera : Impur ! Impur !» Sa tête doit bien être nue, mais, par contre, il faut qu’il se couvre la bouche. Le souffle même du lépreux ne peut que contaminer ses semblables. Pas l’ombre d’une suggestion, ici, que s’il fait tous ses efforts, il peut être rendu propre pour la présence de Dieu. Non, il n’est pas même convenable pour la compagnie des hommes non affectés du même mal. Il n’a qu’un seul cri, ce cri plaintif et douloureux qu’il lance en manière d’avertissement : «Impur ! Impur !» Quelle folie de s’imaginer qu’un pécheur peut se purifier lui-même alors qu’il est dans un état tel que son souffle même est souillé et contaminant.
Le reste du chapitre nous parle de la lèpre dans un vêtement ou une peau. Nous pourrons peut-être considérer ce sujet une autre fois, mais à présent, tenons-nous encore sur le chemin du pauvre lépreux, suivons-le, et voyons le moyen que Dieu va employer pour le rendre net alors qu’il est sans ressource et sans espoir.
«Quand, bannis loin de Toi, plongés dans la misère,
Nous gisions dans la nuit, sans espoir de secours,
Soudain devant nos yeux resplendit la lumière...»
«Bienheureux celui que tu as choisi et que tu fais approcher : il habitera tes parvis» (Psaume 65:4).
Le Seigneur Jésus nous a dit Lui-même : «Il y avait plusieurs lépreux en Israël du temps d’Élisée le prophète ; et aucun n’a été rendu net, sauf Naaman, le Syrien» (Luc 4:27).
«Et pourtant, alors qu’aucun de ces lépreux israélites n’avait été rendu net, pendant tout ce temps-là, il y avait un long chapitre de l’Ancien Testament donnant des instructions très précises et détaillées quant au moyen, au seul moyen, par lequel la lèpre pouvait être purifiée. Pourquoi n’avaient-ils pas été à même d’en profiter ?
Répondre à cette question, n’est-ce pas en soulever une autre ? Pourquoi, à notre époque, des millions de pécheurs qui tous pourraient être sauvés, si seulement ils voulaient se soumettre au seul moyen que Dieu a préparé, et restent-ils des pécheurs perdus ?
Dieu introduit le sujet de la purification avec des paroles presque identiques, nous l’avons vu, à celles qu’Il emploie pour le diagnostic de la lèpre : «L’Éternel parla à Moïse, disant» :
Ces paroles, qui font connaître le moyen de la purification, sont les paroles mêmes du Dieu vivant, elles sont fidèles et véritables. Écoutons-les de tout notre coeur : «C’est ici la loi du lépreux, au jour de sa purification il sera amené au sacrificateur» (Lév. 14:2).

Illustration 10 : Amené au sacrificateur
Vous rappelez-vous le jour où cette tumeur, cette enflure ou tache blanchâtre apparut sur votre corps et où vous fûtes amené au sacrificateur ? Vous n’avez pas oublié, non plus, son triste verdict : «Vous êtes impur» ? Et ce jour où vous avez découvert que vous étiez un pécheur, vous ne l’avez pas oublié non plus. Vous pensiez, sans doute, comme beaucoup d’autres pécheurs : «Je ne suis pas du tout aussi mauvais qu’un tel, ou un tel», mais vous saviez, cependant, que vous portiez en vous la plaie cachée qui conduit à la mort.
Puis les choses se sont aggravées, le mal s’est étendu. Au début des symptômes vous pouviez encore couvrir ce mal de vos vêtements, mais vous dûtes quand même sortir du camp (*), les vêtements déchirés, la tête découverte, et crier : «Impur ! Impur !»
(*) Le lépreux était hors du camp, placé en dehors de toute relation avec Dieu, et avec le lieu où Sa présence se manifestait.
Puis le mal s’étend encore, il vous couvre le visage, la tête, le corps, les membres ; tout, tout est envahi. «Il est tout entier devenu blanc» : terrible état quand il ne se trouve pas un point où l’on puisse plonger une épingle sans trouver la lèpre...
Qu’arrive-t-il à présent ? Peut-être un ami vous rencontre-t-il hors de l’enceinte du camp, triste, découragé, sans espoir. Votre ami vous toise du regard, ébauche un sourire et dit : «Viens, je te conduirai au sacrificateur ; tu es tout couvert de lèpre, tu peux être rendu net».
Vous répondez :
— Non, il n’y a pas d’espoir pour moi, je suis pire que je n’ai jamais été. Il n’y a pas un lépreux qui soit atteint aussi complètement que moi. Regarde, je suis tout couvert.
— Mais c’est bien ce que je vois, répond votre ami, et c’est justement pourquoi tu es maintenant en état d’être purifié. Viens, allons tout de suite au sacrificateur».
Et vous, cher lecteur chrétien, avez-vous des parents ou des amis qui ne soient pas encore sauvés ? Les Lui avez-vous amenés par la prière, et les avez-vous conduits entendre l’Évangile quand l’occasion s’est présentée ? Tels sont les privilèges bénis que nous avons et dont vous et moi ne profitons que trop peu. Que le Seigneur nous accorde à chacun d’être plus fidèles envers nos amis inconvertis qui, en réalité, ne sont que de pauvres lépreux bannis du camp.
En rapport avec ce sujet, je ne puis résister au désir d’évoquer la délicieuse petite scène que nous trouvons en Jean 1:42 et où nous voyons un homme employé exactement à ce service. Il fait la connaissance du Seigneur, un soir, et que s’ensuit-il ? «Il trouve d’abord son propre frère Simon... ». Que j’aime ce petit mot «d’abord» ! C’était longtemps après la dixième heure, la journée était finie. Mais André ne s’attarde pas pour aller prendre de la nourriture, ni pour boire, ou se reposer, ou quoi que ce soit d’autre, mais il part à la recherche de «son propre frère». Et quand il l’a trouvé, que fait-il ? «Il le mena à Jésus». Nous n’entendons pas beaucoup parler d’André, mais «son propre frère» était Simon Pierre, ce disciple qui a fait tant de bien à chacun de nous. Quelle dette nous avons tous envers André pour le travail de cette soirée !
Et s’il est vrai que les Évangiles nous rapportent peu de chose sur André, que ce peu a de charme ! Il s’était semble-t-il, spécialisé dans cette ligne d’activité. Lorsque nous le retrouvons en Jean 6:8, il introduit un jeune garçon auprès de Jésus. Et plus tard, nous le trouvons encore engagé de la même manière, présentant à Jésus les Grecs qui avaient désiré Le voir (Jean 12). Heureux travail ! Que le Seigneur nous enseigne à Lui amener les âmes, une à une. Avant de dessiner les gravures de ce livre, nous n’avions pas réalisé l’importance de l’ami qui amène le lépreux au sacrificateur. Puissions-nous lui ressembler davantage. Inconnu, anonyme, à peine mentionné, mais cependant l’anneau d’une chaîne sans lequel le pauvre lépreux n’aurait pu être rendu net.
Nous venons de voir le lépreux et son ami se hâtant sur le chemin qui doit les conduire auprès du sacrificateur. Mais arrêtons-nous là un instant. Le pauvre lépreux ne peut pas entrer dans le camp : il est souillé ; comment peut-il s’approcher de la demeure du sacrificateur qui est dans la maison de Dieu, au centre même du camp ?
Ô bonheur ! le sacrificateur lui-même a trouvé un moyen. Et nous lisons :
«Le sacrificateur sortira hors du camp» (verset 3).

Illustration 11 : Le sacrificateur sortira...
Le grand Sacrificateur, le Seigneur Jésus Christ, sortit du sein de Sa gloire il y a plus de 2000 ans. Il descendit dans ce triste monde de péché, et dans ce lieu même «IL sortit portant sa croix, et s’en alla au lieu appelé lieu du Crâne» (Jean 19:17). Oui, le Sacrificateur est déjà sorti hors de la porte (Hébr. 13:12). Il vous voit pauvre pécheur souillé venant à Lui et Il s’est déjà rendu là où vous êtes. En grâce, Il vous attend pour vous rendre net (Luc 10:33). Écoutez la question qui importe maintenant : «Veux-tu être guéri ?» (Jean 5:6).
Oh ! pauvre pécheur, répondez-Lui vite : «Oui, de tout mon coeur je désire l’être».
Esclaves du péché, nous marchions dans ce monde,
Perdus et malheureux, sans espoir et sans Dieu,
Mais tu nous vis plongés dans cette nuit profonde,
Et pour nous secourir tu quittas le Saint Lieu.
«Et le sacrificateur le verra : et voici le lépreux est guéri de la plaie de la lèpre» (Lév. 14:3). Ces yeux de flamme vous scrutent de nouveau. La première fois, ce regard vous fouillait pour découvrir s’il y avait sur vous une tache de lèpre, et cela confirmé, il avait dû vous déclarer impur ; maintenant il veut s’assurer qu’il n’y a pas un point sans lèpre ; et, s’il en est ainsi, il peut vous déclarer pur. Alors il s’agissait de découvrir si vous étiez entièrement exempt du terrible mal, maintenant il doit s’assurer que vous en êtes entièrement couvert.

Illustration 12 : Le sacrificateur le verra
De même notre Sacrificateur, le Seigneur Jésus Christ, sonde celui qui s’approche de Lui. Vient-il réellement comme un pauvre pécheur coupable, perdu, ruiné ? N’a-t-il rien de bien à dire pour sa défense ? Est-il plein de péché ? Le sacrificateur le verra et s’il est bien dans cet état, il peut être rendu net. C’est un pécheur repentant (*) et il y a de la joie pour lui dans la présence des anges de Dieu (Luc 15:10).
(*) Il est guéri dès l’instant où il est convaincu d’être tout couvert de lèpre ; pour jouir maintenant de cette guérison, il faudra les divers actes de la purification.
Ainsi pour le pécheur, le travail divin de la repentance aboutit à la conviction de péché. C’est la guérison. Le fils prodigue est sauvé quand il se jette en sanglotant dans les bras de son père et dit : «J’ai péché». Mais le père l’introduit dans sa maison, et pour cela les haillons sont ôtés et remplacés par la belle robe. Dieu veut que le pécheur sauvé se réjouisse dans sa communion. Tel est le sens de cette «purification» qui ne peut avoir lieu qu’après la guérison.
Mais s’il y a encore sur son corps une petite place de chair vive, sans lèpre, si le lépreux peut encore se tourner vers ses compagnons d’infortune et leur dire : «Je suis meilleur que vous, je suis moins couvert de lèpre que vous», s’il peut encore se glorifier de quelque bien en lui, alors la question est tranchée, il n’a qu’à retourner d’où il est venu et à rester hors du camp. Il n’est pas propre à profiter des services du sacrificateur pour sa purification ; il n’est pas guéri.
L’apôtre Paul pouvait dire : «Qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ» (Galates 6:14).
Voici donc le lépreux, qui est réellement tout couvert de lèpre, en présence du sacrificateur. Celui-ci le regarde pour constater s’il est guéri. Et voilà qu’il ne trouve pas un point sans lèpre sur son corps. Joie, oh joie ! Il est guéri ; maintenant il peut être purifié.
Ami, qui avez suivi jusqu’ici le chemin du lépreux, voulez-vous à présent porter toute votre attention sur ce qu’il doit faire pour sa purification ? Un autre l’a amené au sacrificateur. Le sacrificateur sort du camp, il le voit et décide que l’homme est dans l’état requis pour être purifié.
Écoutez maintenant. Le sacrificateur parle !
Il commande qu’on prenne pour celui qui doit être purifié deux oiseaux vivants et purs, et du bois de cèdre, et de l’hysope, et de l’écarlate (verset 4).

Illustration 13 : Les oiseaux, le bois de cèdre, l’écarlate et l’hysope
Le lépreux était bien trop pauvre pour se procurer ces oiseaux et les autres choses nécessaires. Le sacrificateur, du reste, ne le lui demande pas. Non, il commande à un autre d’apporter ce qui était requis pour la purification du lépreux.
Cela ne nous rappelle-t-il pas la question d’Isaac autrefois : «Où est l’agneau pour l’holocauste ?» Et la réponse d’Abraham : «Mon fils, Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste» (Genèse 22:8). C’est Dieu qui doit toujours pourvoir à l’offrande. Nous, pauvres pécheurs, devrions mourir dans nos péchés s’il nous fallait nous mettre à la recherche d’un sacrifice convenable, car nous ne le trouverions jamais, jamais. Mais la Parole de Dieu dit : «Le sacrificateur commandera qu’on prenne pour lui...»
Dieu avait procuré ces deux oiseaux vivants et purs. Les deux ensemble forment une seule ravissante image de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. «Et le sacrificateur commandera qu’on égorge l’un des oiseaux sur un vase de terre, sur de l’eau vive» (verset 5).

Illustration 14 : «Le sacrificateur commandera qu’on égorge l’un des oiseaux sur un vase de terre, sur de l’eau vive»
Là encore, le pauvre lépreux ne doit être que spectateur, tandis qu’un autre, non seulement procure l’offrande, mais l’égorge aussi.
Contemplons un moment cette scène :
Un vase de terre, et dans ce vase de terre un oiseau pur et sans défaut. Les cieux sont la sphère, la demeure de cet oiseau, les cieux sont son air natal. — Mais il descend et entre dans un vase de terre. Il quitte sa demeure du ciel pour cette pauvre terre. Et dans le vase de terre il est immolé. Frappante image de notre Sauveur ! Il quitte Sa demeure céleste, Il quitte Son trône de gloire ; Il descend dans ce triste monde et prend un corps terrestre. Car, en réalité, nos corps ne sont que des «vases de terre». Oh ! combien nous aimons à contempler cet Homme céleste allant et venant ici-bas dans Son corps terrestre ! Et dans ce corps même Il est mis à mort. Des hommes iniques clouent ce corps sur une croix, et Son précieux sang est répandu.
Le ciel a visité la terre :
Emmanuel vient jusqu’à nous.
Dieu se fait homme : ô saint mystère !
Que son peuple adore à genoux !
Amour impossible à comprendre,
Le Fils de Dieu, le Créateur,
Vers nous, pécheurs, voulut descendre
Sous les traits du vrai Serviteur.
Ce grand amour qui s’humilie,
Plus bas encore est descendu :
Le Fils de l’homme offre sa vie
Et meurt pour un monde perdu !
Mais l’oiseau égorgé sur un vase de terre, l’était aussi sur de l’eau vive. L’eau vive est celle qui a vie et puissance en contraste avec l’eau stagnante. Quelle puissance stupéfiante dans le courant d’eau vive des chutes du Niagara ! Dans la Bible, l’eau est souvent employée comme symbole de la parole de Dieu (Ps. 119:9 ; Éph. 5:26 ; etc.). Et l’eau jaillissante, ou vive, nous parle de la Parole vivante de Dieu appliquée à nos coeurs par l’Esprit de Dieu. Cette Parole est «vivante et opérante» (Héb. 4:12). Elle prend la mort de Christ et me dit, par la puissance de l’Esprit, que le Seigneur Jésus est mort pour moi, que c’est pour mes péchés qu’Il a souffert.
Vous avez peut-être souvent entendu le récit de Sa mort, vous avez vu, pour ainsi dire, cet oiseau égorgé dans le vase de terre : mais, cher lecteur, avez-vous jamais réalisé que c’était pour vous ? Avez-vous jamais vu le Sauveur mis à mort sur l’eau vive ? «La foi vient de ce que l’on entend... par la Parole de Dieu» (Rom. 10:17). C’est au contact de la Parole vivante que naîtra en vous une foi vivante.
Abandonné pour moi sur le bois du Calvaire,
D’amertume abreuvé, pour mon forfait puni,
Tu subis du péché le châtiment sévère ;
Seigneur, tu m’as sauvé ! — Que ton nom soit béni !
Du côté percé de notre Sauveur, il sortit du sang et de l’eau. De même il y avait dans ce vase de terre du sang et de l’eau, ce qui parle de la vie de cet oiseau mort.
«Quant à l’oiseau vivant, il le prendra, et le bois de cèdre, et l’écarlate et l’hysope, et il les trempera ainsi que l’oiseau vivant dans le sang de l’oiseau égorgé sur l’eau vive» (verset 6).

Illustration 15 : L’oiseau vivant, le cèdre, l’écarlate et l’hysope trempés dans le sang de l’oiseau mort
Nous avons déjà remarqué que les deux oiseaux constituent ensemble une seule image de notre Seigneur Jésus Christ. Nous L’avons vu descendant du ciel et prenant ce corps qui lui avait été préparé ; et dans ce «vase de terre», Il mourut sur la croix pour nous. Mais Il ne demeura pas sur la croix, car, avec les marques de la mort à Ses mains, Ses pieds et Son côté, Il fut couché dans la tombe. Puis, le troisième jour, Il ressuscite portant encore ces mêmes marques. Ainsi nous voyons l’oiseau vivant descendant dans le sang de l’oiseau mort, et en sortir, ses plumes immaculées toutes marquées par la mort. Touchante et lumineuse image de la mort et de la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ ! Mais l’oiseau est encore retenu dans la main du sacrificateur, et n’est pas encore libre de reprendre son vol dans les airs vers sa demeure natale.
Non seulement l’oiseau vivant devait être plongé dans le sang de l’oiseau mort, mais également avec lui du bois de cèdre, de l’écarlate et de l’hysope. Le cèdre nous parle des grandes et nobles choses de la nature, l’hysope, au contraire symbolise les plus basses, les choses viles, les choses les plus amères de la nature. Salomon a parlé des «arbres depuis le cèdre du Liban jusqu’à l’hysope qui sort du mur» (1 Rois 4). L’homme doué des plus hautes qualités de l’intelligence et du coeur, la femme brillante, l’être le plus bienveillant, le plus humain qui soit au monde, le plus honnête et le plus droit, tous également doivent s’abaisser dans ce flot purificateur pour obtenir le salut.
Il en est de même du plus misérable homme de peine, plié aux durs travaux et dont la vie n’est qu’un tissu d’amertumes, lui aussi doit aller sous le sang s’il veut obtenir le salut. Même «celui qui est simple» doit être racheté par le même moyen (Ézéchiel 45:20)
L’écarlate est la couleur royale et nous dit que ce qui est le plus haut placé sur la terre, princes et rois, tout comme les gens du commun, doivent descendre sous le signe du sang.
Mais ces choses nous disent davantage encore. Elles appartiennent à ce monde et quand Christ a été crucifié, le monde m’a été crucifié et moi au monde (Gal. 6:14). Le monde et moi ne pouvons plus jamais être amis. La croix se dresse entre nous, car il est coupable du sang du Fils de Dieu, mon Sauveur. Bien plus, la Parole de Dieu me dit clairement que «quiconque voudra être ami du monde se constitue ennemi de Dieu» (Jacq. 4:4).
Ah ! garde-nous de tourner vers le monde
D’autres regards que ceux du voyageur !

Illustration 16 : Il aspergera sept fois celui qui doit être purifié
Verset 7 : «Et il fera aspersion sept fois sur celui qui doit être purifié de la lèpre, et il le purifiera ; puis il lâchera dans les champs l’oiseau vivant». N’est-ce pas de toute beauté ? Contemplez un moment avec moi cette scène attachante : Le pauvre lépreux a été amené du dehors, le sacrificateur s’est rendu vers lui. Un autre a procuré deux oiseaux vivants et purs ; un autre encore a tué un de ces oiseaux dont le sang est maintenant dans le bassin ; les plumes de l’oiseau vivant, le bois de cèdre, l’écarlate et l’hysope, tout est empreint du sang de l’oiseau mort. Le lépreux a fixé les yeux sur cette scène mais n’a vu aucun changement dans son état. Le sacrificateur, alors, asperge de ce sang le corps du lépreux, une, deux, trois fois et ainsi de suite, six fois, et toujours point de changement ; mais vient la septième aspersion, et l’homme est net ! Le sang l’a purifié. Il n’existait aucun autre moyen. «Sans effusion de sang il n’y a pas de rémission» (Héb. 9:22). Ce sang a la puissance de nettoyer le lépreux de toute trace de souillure ; l’oiseau pur peut purifier le lépreux impur, et «sept fois» indique la perfection de cette purification.
Et maintenant il en est de même pour le pécheur ; le précieux sang de Christ peut laver le plus vil, le plus souillé, le plus répugnant pécheur de toute trace de péché. Ah ! saisissez cela bien clairement, le sang seul rendit net le lépreux ; et le sang seul purifie tout pauvre pécheur aujourd’hui.
Mais ici une question peut se poser. Comment le lépreux pouvait-il connaître que sa purification était accomplie ? Sa plaie s’évanouit-elle soudain à la septième aspersion ? Paraissait-il différent ? Je ne le pense pas ; ni même qu’il se sentît la moindre des choses différent après l’aspersion qu’avant. Comment donc pouvait-il savoir qu’il était purifié ?
Au moment où a lieu la septième aspersion, le sacrificateur le déclare pur. Tandis que vous contemplez cette merveilleuse scène, vous pouvez entendre la voix du sacrificateur faire cette déclaration bénie : «Sois net».
Le sang de l’oiseau l’a rendu net. La parole du sacrificateur lui fait connaître qu’il est purifié. Naguère, il lui avait déclaré son état de souillure, et maintenant le même sacrificateur l’assure de la purification de sa lèpre.

Illustration 17 : Il le déclarera pur
Mais ce n’est pas tout. À ce moment même il prend alors l’oiseau vivant et le lâche dans les airs. L’oeuvre du sacrifice est terminée et il n’est plus rien qui retienne cet oiseau vivant ici-bas.

Illustration 18 : Il lâchera dans les champs l’oiseau vivant
Il en est de même du Seigneur Jésus Christ qui ressuscita d’entre les morts, portant sur Lui les marques de la mort ; après une courte halte au milieu des hommes, Il est remonté dans les cieux portant toujours ces mêmes marques : indication positive que Son oeuvre est accomplie, Sa victoire assurée, nos péchés ôtés de devant la face de Dieu et Lui-même, avec nous, accepté maintenant dans les lieux très hauts.
Au temps propre, Il se présentera son Église à Lui-même, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable (Éph. 5:27).
Les blessures qu’elle aura contractées dans ses conflits et ses combats ici-bas auront toutes disparu, mais quant à son Seigneur, elle Le contemplera à toujours, Ses mains, Ses pieds, Son côté portant les marques de la mort.
Voyez, en gloire il porte encor l’empreinte
De tous les maux qu’il endura pour nous.
Centre éternel de la louange sainte,
Les rachetés l’adorent à genoux.
Si Son oeuvre sur la croix n’avait pas été complète — s’Il n’avait pas fait la propitiation pour nos péchés, si un seul de nos péchés était resté sur Lui — Il n’aurait jamais pu sortir de la tombe et remonter au ciel... Mais grâces soient rendues à Dieu, Son oeuvre est complète, elle a été acceptée En-haut et Il est retourné dans Sa demeure céleste, preuve positive que tout est parfaitement accompli.

Illustration 19 : «Lecteur, contemple-Le s’en allant au ciel».
Supposons à présent qu’un voisin rencontre le lépreux purifié et lui dise :
«Que fais-tu là ? Tu es lépreux ! Va-t’en d’ici !
— Oui, répond-il, j’étais certainement lépreux, mais Dieu soit béni, j’ai été rendu net.
— Toi, rendu net ! poursuit le voisin, tu n’en as pas l’air. Au contraire, tu me parais pire que jamais ! Tu es tout couvert de cet affreux mal.
— C’est vrai, mais le sacrificateur a fait aspersion sur moi du sang de l’oiseau mort et m’a déclaré pur. Je sais que je suis net parce qu’il l’a dit.
— Quelle absurdité ! Tu as sûrement mal compris ses paroles, et il a dû te dire que tu étais impur. Chacun peut voir que tu as la lèpre.
— Non, il est impossible que je l’aie mal compris. Premièrement le sang a été aspergé sur moi, et j’ai moi-même entendu la voix du sacrificateur me dire que j’étais purifié. Et puis ce n’est pas tout ! De mes propres yeux j’ai vu l’oiseau vivant, les plumes couvertes de sang, s’élever vers les cieux. Tu connais la loi, rappelle-toi que l’oiseau vivant ne peut pas s’envoler avant que le sacrificateur m’ait déclaré pur.
— Mais, continue le voisin, veux-tu donc me dire que tu te sens purifié alors que tu admets être tout couvert de lèpre ?
— Ami, là n’est pas la question. Le sacrificateur a dit que je suis net, ainsi tout est réglé. Lui, et lui seul, a l’autorité de faire une telle déclaration. Il m’a déclaré net, et maintenant, que je le sente ou non, je sais que je suis net».
Le voisin a la bouche fermée tandis que l’heureux lépreux, rempli de joie et du triomphe de la délivrance, évoque encore la scène de l’oiseau vivant reprenant son libre vol vers les cieux.
Ainsi en est-il de vous et de moi, pécheurs lavés dans le sang de Jésus. Quand avec les yeux de la foi nous voyons notre Seigneur et Sauveur retourner dans Sa demeure des cieux, nous savons qu’Il est accepté et nous avec Lui (Éph. 1:6).
Mais ce Sauveur vivant reparti dans les cieux nous dit quelque chose de plus que le fait de Son oeuvre de purification complètement accomplie. Sa résurrection et Son ascension nous disent qu’Il est le Conquérant, victorieux de la mort et de la tombe. La plus grande bataille de l’univers a été livrée et gagnée, et maintenant Il peut chanter en triomphe et nous avec Lui : «Où est, ô mort, ton aiguillon ? Où est, ô mort, ta victoire ?» (1 Cor. 15:55).
Tu perds, ô mort, ta suprême puissance ;
Ton aiguillon pour toujours est rompu !
Le Saint de Dieu ressuscite et s’élance
Hors des liens du sépulcre vaincu.

Illustration 20 : Ce que doit faire le lépreux rendu net
Verset 8 : «Et celui qui doit être purifié lavera ses vêtements et rasera tout son poil, et se lavera dans l’eau ; et il sera pur. Et après cela il entrera dans le camp et il habitera sept jours hors de sa tente».
Aux yeux de Dieu le pauvre lépreux est maintenant net et sans tache. Le sacrificateur l’a déclaré pur et cette déclaration est faite avec toute l’autorité et l’assurance de Dieu Lui-même.
Que s’ensuit-il ? L’homme ch