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Poignées d’épis

 

Ruth 2:16

 

W. T. P. Wolston

 

Table des matières :

0     PRÉFACE    Ruth 2:16

1     Chapitre 1    DAVID ou l’expérience de la foi    1 Samuel 21 ; Psaume 34

2     Chapitre 2    Le Roi dans sa beauté    Psaume 45

3     Chapitre 3    Affection réciproque    Cantiques des Cantiques ch. 4

4     Chapitre 4    La Victoire de Josaphat ou : Prière, Jeûne et Louange    2 Chroniques 20:1-30

5     Chapitre 5    NÉHÉMIE et ses compagnons de travail  — Néhémie 1 à 8

5.1      [Un petit groupe cherchant à plaire au Seigneur]

5.2      [Chapitres 1 et 2]

5.3      [Chapitre 3]

5.4      [Chapitre 4]

5.5      [Chapitre 5]

5.6      [Chapitre 6]

5.7      [Chapitre 7]

5.8      [Chapitre 8]

6     Chapitre 6    Daniel, ou la piété en des jours difficiles    Daniel 1

6.1      Un homme séparé

6.2      Un homme éclairé

6.3      Un homme de prière

6.4      Un homme de louange

6.5      Un homme prospère

6.6      Un homme fidèle

6.7      Un homme haï

6.8      Un homme préservé

6.9      Un homme qui s’identifie avec le peuple de Dieu.

6.10      Un homme bien-aimé.

7     Chapitre 7    Le secret de la victoire    Matthieu 4:1-11 ; 1 Jean 2:12-29

8     Chapitre 8    Les Béatitudes (= Bienheureux… ; Matthieu 5:1-16)

8.1      Bienheureux les pauvres en esprit

8.2      Bienheureux ceux qui mènent deuil

8.3      Bienheureux les débonnaires

8.4      Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice

8.5      Bienheureux les miséricordieux

8.6      Bienheureux ceux qui sont purs de coeur

8.7      Bienheureux ceux qui procurent la paix

8.8      Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice

8.9      Bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de Christ

9     Chapitre 9 — Attachement personnel (Jean 1:35-42, 12:1-8, 20:10-18)

10     Chapitre 10 — La conduite    1 et 2 Pierre

10.1      Une «vaine conduite»

10.2      Une «conduite honnête»

10.3      Une conduite pure

10.4      Une bonne conduite

10.5      «Une conduite débauchée»

10.6      Une sainte conduite

11     Chapitre 11    L’évangile, l’Assemblée, et le serviteur    Éphésiens 4:1-16 et Actes 8 à 15

12     Chapitre 12    Afin que l’Assemblée reçoive de l’édification    1 Cor. 12:28-31 ; 14:1-5, 29-40

13     Chapitre 13    Dons et charges locales    1 Timothée 3

14     Chapitre 14    Un «homme en Christ» et un «homme de Dieu»    2 Cor. 12 ; 1 Tim. 6:6-12 ; 2 Tim. 3:14-17 ; 4:1-8

15     Chapitre 15    Les encouragements de la foi aux mauvais jours    Jude 17:25

16     Chapitre 16    Attendre et Veiller    Luc 12:1-48

 

 

 

0       PRÉFACE    Ruth 2:16

Le titre de ce petit volume nous a été suggéré par cet ordre que Boaz donna jadis à ses moissonneurs, à Bethléem, à l’égard de Ruth, cette jeune glaneuse pleine de zèle : «Vous tirerez aussi pour elle quelques épis des poignées, et vous les laisserez ; et elles glanera et vous ne l’en reprendrez pas» (Ruth 2:16)

De Ruth, il est ensuite écrit : «Et elle glana dans le champs jusqu’au soir, et elle battit ce qu’elle avait glané, et il y eut environ un épha d’orge». Cette jeune glaneuse était sage. Elle n’emportait avec elle que le grain précieux, laissant la paille au champ. Je voudrais demander à mes lecteurs de l’imiter !

Ces entretiens, adressés il y a plus ou moins longtemps à des groupes de chrétiens, en des circonstances très diverses, furent recueillis brièvement par quelque auditeur dont les notes furent ensuite révisées.

Qu’il y ait beaucoup de paille dans chacune de ces «poignées d’épis», l’auteur en a bien conscience, mais s’il s’y trouve assez de bon grain de la précieuse vérité de Dieu pour aider quelque âme troublée qui s’interroge, pour restaurer quelque malheureux pécheur, pour fortifier un croyant défaillant, ou encourager un frère dans son service, alors il aura atteint son but.

C’est aux tendres soins du «Seigneur de la moisson», avec prières, que nous confions ce recueil.

 

 

W.T.P.W. — 46 Charlotte Square, ÉDIMBOURG, 16 décembre 1898

 

 

1       Chapitre 1    DAVID ou l’expérience de la foi    1 Samuel 21 ; Psaume 34

On a souvent remarqué que le livre des Psaumes était essentiellement fondé sur l’expérience. Cela ne veut pas dire, bien sûr, que dans ce livre nous atteignions les sommets du christianisme, mais Celui que nous connaissons maintenant, pleinement révélé dans le Fils, est Celui que connaissait le psalmiste, et les exercices par lesquels est passé celui-ci ressemblent beaucoup à ceux par lesquels passent les saints de Dieu aujourd’hui. Nous y trouvons donc un grand secours pour nos âmes. Je suis certain qu’à travers les âges, de nombreux croyants ont trouvé du réconfort dans beaucoup de ces psaumes. David était un homme selon le coeur de Dieu. Bien-aimés, quelle chose merveilleuse d’être un homme selon le coeur de Dieu !

Il est important de remarquer dans quelles circonstances fut écrit le Psaume 34. Ce que je vous ai lu de 1 Samuel 21 nous dit à quel moment David l’écrivit — du moins selon l’en-tête du psaume. Or, je ne pense pas que personne puisse dire que l’expérience de David relatée en 1 Samuel 21 soit très à l’honneur d’un saint ! David s’enfuyait loin de Saül. Il se procura du pain et une épée, mais pas aussi droitement qu’il aurait pu le faire. Il est très important de se procurer son pain et son épée justement, à défaut de pouvoir les obtenir d’une manière divine.

Arrivés à la fin du chapitre, nous voyons David parmi les Philistins, puis cherchant refuge auprès de leur roi — Akish — qui était ennemi du peuple de Dieu. Mais Dieu n’est pas avec lui : «Et les serviteurs d’Akish lui dirent : N’est-ce pas là David, le roi du pays ?» (1 Sam. 21:11). Oui, c’était bien lui, qui s’enfuyait et cherchait refuge chez les ennemis de l’Éternel ! Alors David «se contrefit devant eux, et fit l’insensé entre leurs mains ; il marquait les battants de la porte, et laissait couler sa salive sur sa barbe» (v. 13). Tout cela n’était pas très beau de la part d’un saint. Alors le roi Akish dit : «Voici, vous voyez que cet homme est fou. Pourquoi me l’avez-vous amené ? Manqué-je de fous, moi, que vous m’ayez amené celui-ci pour faire le fou devant moi ?» (1 Sam. 21:14-15). Cette parole du roi toucha manifestement David, car nous lisons : «Et David partit de là, et se sauva dans la caverne d’Adullam» (22:1).

Dans la caverne d’Adullam, David était à sa place, et c’est-là, pensons-nous, qu’il fait l’expérience qui nous est rapportée. Tous les croyants font des expériences. Celui qui n’en a jamais fait n’est pas un chrétien. Je ne dis pas que vous et moi devrions faire des expériences semblables à celle de David, mais si quelqu’un a fait tant soit peu le mal, quelle bénédiction si, lorsqu’il revient à lui, il exprime son rétablissement dans les termes du psaume 34 ! C’est un langage très simple, très pratique, très salutaire, et certainement bien connu de la plupart d’entre nous. C’est un psaume qui me touche profondément chaque fois que je le lis. Peut-être n’en avez-vous pas besoin, mais ce n’est pas mon cas, et j’en suis bien reconnaissant.

Nous allons voir que ce psaume se divise en cinq parties. La note dominante, c’est «en tout temps». «Je bénirai l’Éternel en tout temps ; sa louange sera continuellement dans ma bouche» (Ps. 34:1). Cela nous rappelle un serviteur du Nouveau Testament, privé de liberté, qui ne s’enfuyait pas loin de l’ennemi, ni ne se réfugiait volontairement chez celui-ci ; un serviteur captif entre les murs d’une prison où retentit soudain le son d’une trompette annonçant la liberté et la joie du Saint-Esprit : «Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous». C’est ce que dit Paul dans l’épître aux Philippiens (4:4). Et maintenant, voici David disant : «Je bénirai l’Éternel en tout temps». Soyez sûrs que son âme était en parfait état lorsqu’il écrivit ses mots. Avez-vous toujours été en bon état ? L’ai-je été moi-même ? Nous savons bien que non, vous et moi, parce que vous et moi sommes exactement pareils, puisque «comme dans l’eau le visage répond au visage, ainsi le coeur de l’homme répond à l’homme» (Prov. 27:19).

Les quatre premiers versets, qui forment la première partie du psaume, célèbrent ce qu’est l’Éternel — Jéhovah. Bien sûr, mes frères, lorsque tout va uniformément bien pour nous, il se peut que nous chantions à pleine voix. Quel peuple heureux nous formons alors ! Mais que l’orage éclate, que des difficultés surgissent et que des obstacles se dressent sur notre route, alors nous cessons de chanter, n’est-ce pas ? «Je bénirai l’Éternel en tout temps» : quel bel état d’âme expriment ces paroles ! «Rendant toujours grâces pour toutes choses» (Éph. 5:20) est l’écho que nous en avons dans le Nouveau Testament. «Quelqu’un est-il joyeux, qu’il chante des cantiques», dit l’apôtre Jacques (5:13). Quelles que soient les circonstances, il sera toujours vrai si un saint est en bon état devant Dieu, que «je bénirai l’Éternel en tout temps».

Si nous suivons le Seigneur parcourant son chemin, nous l’entendons dire, un des jours les plus sombres de son pèlerinage : «Je te loue, ô Père, … car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi» (Matt. 11:25-27). Considérons Celui qui fut, sans contredit, parfait comme Fils et Serviteur. En tant qu’homme, il fut notre modèle. Il est passé par le chemin qui est le nôtre, «vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces» (1 Pier. 2:21). Comme cela est beau ! Il pouvait dire, en vérité, «je bénirai l’Éternel en tout temps ; sa louange sera continuellement dans ma bouche». Il n’y a rien d’aussi rafraîchissant que de rencontrer un croyant louant Dieu. Un croyant qui mène deuil, ou qui murmure, ne vous fait aucun bien ; mais un croyant qui loue le Seigneur, rempli du sentiment de sa bonté — si toutefois vous rencontrez un tel saint — vous ne l’oublierez jamais.

«Mon âme se glorifiera en l’Éternel», poursuit le verset 2. Voilà un saint de l’Ancien Testament qui anticipe cette injonction du Nouveau Testament : «Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur» (1 Cor. 1:31). «Mon âme se glorifiera en l’Éternel». Quelles paroles merveilleuses ! Voyez l’effet qu’elles produisent ! C’est très impressionnant. Rien n’impressionne plus les gens que cela. Peut-être ce témoignage produira-t-il de la haine, mais il n’y en a pas de plus puissant. Lisez Actes 16. Vous y verrez deux serviteurs de Christ enfermés dans une horrible prison romaine, les pieds fixés dans le bois, le dos ensanglanté, souffrant du froid et de la faim, mais qui, «en priant chantaient les louanges de Dieu ; et les prisonniers les écoutaient» (Actes 16:25). Un témoignage merveilleux fut rendu dans cette prison, cette nuit-là. Comment ces hommes pouvaient-ils être si heureux dans des circonstances aussi déprimantes ? Quel était leur secret ? C’était leur joie dans le Seigneur.

«Les débonnaires l’entendront, et se réjouiront» poursuit encore le verset 2. Seuls les débonnaires comprennent pleinement la portée de ce «mon âme se glorifiera». Si je suis capable de me glorifier ainsi, j’en trouverai sûrement d’autres pour se joindre à moi avec reconnaissance, et avec joie. Qui sont ceux-là ? Non pas les grands de ce monde, ni les orgueilleux, mais les humbles. Cela produira de la joie, une profonde joie dans le coeur des autres, si votre âme demeure aussi immuablement dans la joie du Seigneur, se glorifiant en Lui.

«Magnifiez l’Éternel avec moi, et exaltons ensemble son nom» (Ps. 34:3). C’est la communion qui est recherchée maintenant, mais pour la réaliser, il ne faut pas être seul. Le dernier verset de cette première partie donne, pour ainsi dire, la raison de tout cela. En voici le fondement : «J’ai cherché l’Éternel et il m’a répondu, et il m’a délivré de toutes mes frayeurs». Vous allez voir quelques versets plus loin, que celui qui parle est délivré lui-même, mais ici, c’est de toutes ses frayeurs qu’il est délivré. Je crois que souvent le Seigneur travaille à nous délivrer de nos frayeurs avant de nous délivrer de nos ennemis. Voici un homme qui a été délivré de la crainte des difficultés, avant de l’être de ces difficultés elles-mêmes. C’est la découverte de ce que Dieu est. C’est l’âme qui approfondit sa connaissance de Dieu, quelle que soit la nature des difficultés.

Dans les quelques versets qui suivent (Ps. 34:5-10), nous voyons ce qu’est réellement le salut. Nous apprenons ce qu’est le salut que Dieu dispense à l’âme qui se tourne ainsi véritablement vers lui. C’est l’énoncé d’un vaste principe universel qui s’applique à tous les hommes : «Ils ont regardé vers lui, et ils ont été illuminés, et leurs faces n’ont pas été confuses» (Ps 34:5). Lorsqu’une âme a affaire à Dieu, elle en est infailliblement illuminée. Je ne parle pas ici de conversion. Il est vrai qu’une âme est illuminée lorsqu’elle se convertit, mais ici il est plutôt question du chemin. C’est un principe de la plus haute importance. Si vous et moi regardons au Seigneur, quel sera l’effet produit ? Il nous donnera la lumière. Pourquoi ? Parce que Dieu est lumière. Et ce qu’il aime par-dessus tout, c’est conduire une âme dans la lumière, afin que votre face ne soit jamais confuse. Je suis persuadé que David eut honte en se rappelant les circonstances douloureuses de 1 Samuel 21. Et nous courbons la tête, nous aussi, en repensant à bien des moments de notre vie. C’est ce qu’il nous convient de faire. Mais vous ne courberez jamais la tête si vous regardez à lui, car alors vous avez conscience de la bénédiction qu’il y a à avoir affaire à Dieu.

Et maintenant, remarquez bien ce qui suit : «Cet affligé a crié ; et l’Éternel l’a entendu, et l’a sauvé de toutes ses détresses» (Ps. 34:6). Qui était cet affligé ? C’est David, bien sûr, qui a écrit ce psaume, mais je suis convaincu que cet affligé, c’était Christ. Vous verrez que sur son chemin ici-bas, il criait constamment à Dieu. Cela ne veut pas dire que l’on soit toujours délivré des circonstances. Il ne s’agit pas de cela. Dans un monde où règne le mal, nous ne devons pas oublier que les justes peuvent souffrir, mais c’est Dieu qui gouverne. Dans ces six versets (5-11), nous avons vraiment un résumé du chemin du Seigneur Jésus. La place qu’il occupe maintenant, exalté dans la gloire, est la réponse divine au cri qui monta de son âme sainte tout au long de son chemin ici-bas.

«L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent et les délivre» (Ps. 34:7). Quelle déclaration remarquable, bien-aimés, et quel immense réconfort pour l’âme de se sentir entourée, pour ainsi dire, de murailles angéliques ! Si vous avez la crainte de l’Éternel, vous êtes derrière les barrières de protection d’un lieu sûr. C’est ce qu’illustrent de nombreux passages du Nouveau Testament autant que de l’Ancien. Voyez les Apôtres au chapitre 5 des Actes : «Et le souverain sacrificateur se leva, lui et tous ceux qui étaient avec lui, savoir la secte des sadducéens ; et ils furent remplis de jalousie, et mirent les mains sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique. Mais un ange du Seigneur ouvrit de nuit les portes de la prison, et les conduisit dehors…» (Actes 5:17-19). Voyez aussi Pierre au chapitre 12 du même livre : «Mais lorsque Hérode allait le produire cette nuit là, Pierre dormait entre deux soldats, lié de chaînes ; et des gardes, devant la porte, gardaient la prison. Et voici, un ange du Seigneur survint, et une lumière resplendit dans la prison ; et frappant le côté de Pierre, il le réveilla, disant : Lève-toi promptement. Et les chaînes tombèrent de ses mains. Et l’ange lui dit : Ceins-toi et chausse tes sandales. Et il fit ainsi. Et il lui dit : Jette ton vêtement sur toi et suis-moi. Et sortant, il le suivit ; et il ne savait pas que ce qui se faisait par l’ange était réel, mais il croyait avoir une vision. Et ayant passé la première et la seconde garde, ils vinrent à la porte de fer qui conduit à la ville, et elle s’ouvrit à eux d’elle-même ; et, étant sortis, ils allèrent jusqu’au bout d’une rue ; et aussitôt l’ange se retira d’avec lui. Et Pierre, étant revenu à lui, dit : Je connais à présent certainement que le Seigneur a envoyé son ange, et m’a délivré de la main d’Hérode et de toute l’attente du peuple des Juifs» (v. 6-11). De quelle manière remarquable Dieu intervient, s’il le juge bon, pour délivrer ses saints ! Mais ce sont toujours «ceux qui le craignent» qu’il délivre.

Et maintenant, voici un appel : «Goûtez et voyez que l’Éternel est bon ! Bienheureux l’homme qui se confie en lui !» (Ps. 34:8). Le mot hébreu, traduit ici par homme est très frappant : Il signifie homme puissant. Ce n’est pas le mot qui désigne un pauvre homme faible, mais un homme puissant. Et quel est le secret de sa puissance ? C’est qu’il se confie en Dieu. Toutes ses sources sont en Dieu. Vous allez voir qu’il y a ici trois choses : la crainte de l’Éternel, la confiance en l’Éternel, et la recherche de l’Éternel. Au verset 8, c’est «bienheureux l’homme qui se confie en lui» ; au verset 9 «rien ne manque à ceux qui le craignent» ; et au verset 10, «ceux qui cherchent l’Éternel ne manquent d’aucun bien». C’est là un ensemble moral de saints principes qui gardent constamment le coeur en contact avec Dieu pour sa propre bénédiction. L’âme, exhortée à goûter ce qu’est la bonté de l’Éternel, la goûtera si ces principes sont mis en pratique.

Par contraste avec ce qui précède, le psalmiste dit : «Les lionceaux souffrent disette, et ont faim ; mais ceux qui cherchent l’Éternel ne manquent d’aucun bien» (Ps. 34:10). L’Éternel est Celui qui vient au-devant de l’âme en toutes circonstances. Il se sert des lions pour illustrer ce fait, parce que le lion est le roi de la création : «Le lion, le fort parmi les bêtes, et qui ne se détourne devant qui que ce soit» (Prov. 30:30). Cependant, même les lions peuvent avoir faim, alors que «ceux qui cherchent l’Éternel ne manquent d’aucun bien». Mais il y a peut-être là une petite difficulté pour certains. J’ai recherché beaucoup de choses, dites-vous, mais je ne les ai pas obtenues. Mais, il n’est pas question, dans notre psaume, de ceux qui cherchent des choses, mais de ceux qui cherchent l’Éternel ! Nous souhaiterions tous avoir beaucoup de choses que nous considérons comme bonnes pour nous, mais nous ne tarderions pas à être reconnaissants de ne pas les avoir reçues. Le plus grand malheur, dans la vie de bien des croyants fut d’avoir obtenu ce qu’ils avaient un jour ardemment désiré. L’objet de leur convoitise n’était pas bon, mais ils l’avaient voulu à tout prix. «Il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité» (Ps. 84:11). Retenez bien cela, cher ami, et si quelque chose que vous avez désiré vous est refusé, soyez certain que cela n’était pas bon pour vous. Si vous acceptez cela, vous lui direz du fond du coeur : «Béni soit ton nom, Seigneur, je suis sûr que cela n’était pas bon pour moi». Quelle douceur dans ces paroles : «Ceux qui cherchent l’Éternel ne manquent d’aucun bien» !

Tel est le principe général selon lequel le Seigneur agit envers nous. L’âme est consciente de la lumière de sa présence. Vous avez le sentiment que le Seigneur vous sauve, et que l’ange de l’Éternel campe autour de vous. Vous avez alors cette conviction de regarder à lui, de compter sur lui. Si vous n’obtenez pas ce que vous avez désiré, au bout de quelque temps vous direz certainement : «Ô Seigneur, quel bonheur que tu n’aies pas permis que je l’obtienne» !

Nous arrivons maintenant à une nouvelle partie de notre psaume. Des versets 11 à 16, je crois que le psalmiste nous apprend de la manière la plus merveilleuse quel est le secret d’une vie heureuse et bénie, au développement harmonieux. Il dit : «Venez, fils, écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte de l’Éternel» (Ps. 34:11). Il a été beaucoup de question de la crainte de l’Éternel dans la première partie du psaume, mais maintenant il nous l’explique en détail. Il y a, dans un psaume précédent, un verset très instructif à ce sujet : «La crainte de l’Éternel est pure, subsistant pour toujours» (Ps. 19:9). Je pense que nous avons ici la clef de ce passage touchant la crainte de l’Éternel. Sans cela, il est impossible de progresser en sainteté pratique ou en sanctification. Je crois que David nous en enseigne le vrai secret. C’est bien loin, bien-aimés, de la condition morale et de l’état du coeur qui retiennent loin du Seigneur ! C’est au contraire le chemin sur lequel on avance au lieu de reculer. Un autre écrivain, Salomon, dit : «Bienheureux l’homme qui craint continuellement» (Prov. 28:14). Il ne s’agit pas de la crainte du jugement et du courroux de Dieu, mais de cette crainte sainte et bénie de l’âme, que l’Esprit de Dieu produit toujours, crainte de ne pas marcher en toutes choses de manière à Lui plaire.

Si vous ouvrez le livre des Proverbes, vous constaterez avec intérêt comme il y est fréquemment question de «la crainte de l’Éternel». Dans les Proverbes, je crois que Dieu répond aux besoins de notre intelligence. Si vous en avez le temps, lisez-en un chapitre chaque jour de votre vie. Cela vous mettra à l’abri de bien des douleurs et des difficultés sur votre chemin ici-bas. Je désire faire remarquer de quelle manière ce livre, dans la structure de la Bible, est en relation avec les autres. Les deux livres suivants — L’Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques s’adressent au coeur. Vous avez donc la conscience dans les Psaumes, l’intelligence dans les Proverbes, et le coeur dans les deux livres suivants. Ils se complètent mutuellement. Dans l’Ecclésiaste, Salomon parle du coeur seulement pour en tirer la conclusion qu’il est vide, alors que dans le Cantique des Cantiques il déborde. Dans l’un, le coeur est trop grand pour son objet — c’est-à-dire le monde et tout ce qui est sous le soleil — et dans l’autre, l’objet — Christ — est trop grand pour le coeur. Le premier traite de la souffrance du coeur, le second de son bonheur. Le secret de la paix et de la joie divines se trouve dans le Cantique des Cantiques. Il consiste à être occupé de l’amour et de la Personne de Christ.

Considérons maintenant les Proverbes. Vous trouverez sept fois déclaré dans ce livre ce qu’est la crainte de l’Éternel. «La crainte de l’Éternel est le commencement de la connaissance ; les fous méprisent la sagesse et l’instruction» (Prov. 1:7). La crainte de l’Éternel est le premier pas sur le chemin de la connaissance et du progrès. Passons maintenant au chapitre 8. «La crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal. Je hais l’orgueil et la hauteur, et la voie d’iniquité, et la bouche perverse» (Prov. 8:13). Les choses qu’Il déteste, nous devons les détester aussi, ou sa crainte n’est pas en nous. Nous lisons ensuite : «La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse, et la connaissance du Saint est l’intelligence» (Prov. 9:10). Il y a une grande différence entre la connaissance et la sagesse. La connaissance peut enfler (1 Cor. 8:1), mais non pas la sagesse. La connaissance, c’est le fait de saisir la vérité, mais la sagesse, c’est la capacité de faire bon usage de cette vérité. C’est la manière dont l’âme, conduite par Dieu, sait se servir, justement et divinement, de ce qu’elle possède. Nous lisons encore : «La crainte de l’Éternel ajoute des jours, mais les années des méchants seront raccourcies» (Prov. 10:27). Cela ressemble beaucoup à ce que nous trouverons dans notre psaume. Plus loin encore, nous lisons : «La crainte de l’Éternel est une fontaine de vie, pour faire éviter les pièges de la mort» (Prov. 14:27). Une telle manière d’échapper aux pièges de Satan est sûre, et est d’une valeur inestimable. Sixièmement, nous lisons : «La crainte de l’Éternel est la discipline de la sagesse, et l’abaissement va devant la gloire» (Prov. 15:33). Le sage est toujours disposé à s’instruire ; seuls, les sots n’en éprouvent pas le besoin. Et, pour finir : «La crainte de l’Éternel mène à la vie, et l’on reposera rassasié, sans être visité par le mal» (Prov. 19:23). Une satisfaction permanente est un fruit précieux de cette sainte crainte. Vous allez voir maintenant que ce verset s’accorde merveilleusement avec notre psaume. Si vous voulez des exemples illustrant ces différents points, vous les trouverez tous dans l’histoire du brigand mourant sur la croix (Luc 23:40-43).

Et maintenant, revenons à notre psaume. «Venez, fils, écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte de l’Éternel» (Ps. 34:11). La chose est présentée comme une pratique journalière. «Qui est l’homme qui prenne plaisir à la vie et qui aime les jours pour voir du bien» ? (34:12). Cette question interpelle chacun d’entre nous. Aimez-vous la vie ? Désirez-vous avoir de longs jours, et voir du bien ? Est-ce le bien que vous recherchez ? Voici ce qu’il convient de faire pour s’assurer de ces bénédictions : «Garde ta langue du mal, et tes lèvres de proférer la tromperie» (34:13). Il n’est pas d’abord question de mon coeur, mais de ma langue ! Mais combien cela est difficile ! Qu’en pensez-vous ? Nous savons tous comme il est malaisé de garder sa langue. C’est pourtant ce que nous avons ici. Êtes-vous décidé à «voir du bien» ? Tout est là. J’en connais qui désirent le bien, mais qui finissent toujours par lâcher la bride à leur langue !

Mais pourquoi veiller ainsi sur sa langue ? Eh bien, je crois que le chapitre 6 de Luc répond à cette question. «L’homme bon, du bon trésor de son coeur produit ce qui est bon, et l’homme mauvais, du mauvais produit ce qui est mauvais : car de l’abondance du coeur sa bouche parle» (Luc 6:45). Ce qui remplit réellement mon coeur, ma langue l’exprimera bientôt. C’est pourquoi, à cause de ma langue, vous pouvez toujours dire de quoi mon coeur est occupé. Je ne puis vous tromper longtemps.

Quand nous ouvrons l’épître de Jacques, nous trouvons beaucoup de choses à propos de la langue. Chose étrange, cette épître n’est pas lue très souvent, bien qu’elle soit des plus importantes. Un croyant qui a peur de Jacques n’est pas en bon état. «Car nous faillissons tous à plusieurs égards. Si quelqu’un ne faillit pas en paroles, celui-là est un homme parfait, capable de tenir aussi tout le corps en bride. Voici, nous mettons les mors des chevaux dans leurs bouches, pour qu’ils nous obéissent, et nous dirigeons çà et là leur corps tout entier. Voici, les navires aussi, qui sont si grands et qui sont poussés par des vents violents, sont dirigés çà et là par un très petit gouvernail, où que ce soit que le veuille l’impulsion de celui qui les gouverne. Ainsi aussi la langue est un petit membre et elle se vante de grandes choses. Voici, un petit feu, quelle grande forêt allume-t-il ! Et la langue est un feu. La langue, un monde d’iniquité, est établie parmi nos membres ; c’est elle qui souille tout le corps, et enflamme tout le cours de la nature, et est enflammée par la géhenne. Car toute espèce de bêtes sauvages et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins, se dompte et a été domptée par l’espèce humaine ; mais pour la langue, aucun des hommes ne peut la dompter. : c’est un mal désordonné, plein d’un venin mortel. Par elle nous bénissons le Seigneur et Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à la ressemblance de Dieu ; de la même bouche procède la bénédiction et la malédiction. Mes frères, il ne devrait pas en être ainsi. Une fontaine fait-elle jaillir par une même ouverture le doux et l’amer ? Mes frères, un figuier peut-il produire des olives, ou une vigne, des figues ? De l’eau salée ne peut pas non plus faire de l’eau douce. Qui est sage et intelligent parmi vous ? Que par une bonne conduite il montre ses oeuvres avec la douceur de la sagesse» (Jacques 3:2-13). Oui, il est tout à fait vrai que «nous faillissons tous à plusieurs égards», et que «si quelqu’un ne faillit pas en paroles, celui-là est un homme parfait». Assurément, je ne suis pas celui-là, mais je pense qu’il est merveilleux de trouver un tel homme ! Le connaissez vous ? Non, et je n’ai pas l’espoir, moi non plus, de le rencontrer. À moins que ce ne soit en vous-même ! Un fils se plaignait un jour à son père du mal qui règne dans le monde. «Améliore déjà une seule personne dans ce monde, Jean», répondit le vieillard, comme pour dire «commence par te corriger toi-même». Quelle sagesse chez ce vieil homme !

Et maintenant, passons à la première épître de Pierre où l’apôtre cite des passages de ce psaume 34. Il nous exhorte à être «compatissants, humbles, ne rendant pas mal pour mal, ou outrage pour outrage, mais au contraire bénissant, parce que vous avez été appelés à ceci, c’est que vous héritiez de la bénédiction» (1 Pier. 3:9) Nous devons apporter aux autres la bénédiction. Si ma langue n’apporte pas aux autres la bénédiction, c’est bien dommage, car le chrétien a été béni par Dieu infiniment, et si Dieu le laisse dans ce monde, c’est pour être en bénédiction à d’autres. Certaines personnes me disent : «tous ces psaumes s’adressent aux Juifs». Mais Pierre ne les restreint pas tous aux Juifs. Il était plus avisé que cela. Il sera certainement très utile à nos âmes de tenir compte de ce qu’il dit. C’est ainsi qu’il cite : «car celui qui veut aimer la vie et voir d’heureux jours, qu’il garde sa langue du mal, et ses lèvres de proférer la fraude ; qu’il se détourne du mal et qu’il fasse le bien ; qu’il recherche la paix et qu’il la poursuive ; car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont tournées vers leurs supplications ; mais la face du Seigneur est contre ceux qui font le mal» (1 Pier. 3:10-12). L’apôtre s’arrête là. Il sait citer l’Écriture. Il omet la fin du verset 16 du psaume qui ajoute «... pour retrancher de la terre leur mémoire». Il ne cite pas la suite du psaume, parce que ces choses n’arriveront que plus tard, lorsque le Seigneur Jésus Christ régnera en tant que roi de justice, et que tout mal sera jugé sur le champ. Celui qui, en ce jour-là, ne contrôlera pas sa langue sera retranché.

Mais aujourd’hui déjà, sous le gouvernement de Dieu, si je ne veille pas sur ma langue, je peux être l’objet de sa discipline. Un jour ou l’autre, la semence que je sème produira sûrement la moisson qui lui correspond, et il en sera de même pour ce que vous semez. Je parle franchement, car je côtoie beaucoup d’enfants de Dieu, et je ne saurais vous dire tout le mal causé par ceux qui, ne gardant par leur langue, tiennent des propos qui ne profitent à personne. Bien-aimés, Dieu veuille nous donner à tous d’être davantage sur nos gardes !

En tant que saint, je ne dois pas permettre à des propos oiseux de franchir le seuil de mes lèvres. «Qu’aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche, mais celle-là qui est bonne, propre à l’édification selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent» (Éph. 4:29). Toute conversation vous apporte soit la grâce, soit la corruption. Je ne pense pas que nous devions minimiser ce que déclare la Parole de Dieu à ce sujet.

Mais revenons à notre psaume. À celui qui est à l’école de la sagesse, il est dit : «Retire-toi du mal, et fais le bien» (Ps. 34:14), ce qui est en parfaite harmonie avec Hébreux 13:16 : «Mais n’oubliez pas la bienfaisance, et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices». Pensons à Jésus «qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien» (Actes 10:38). Ce que le psalmiste inspiré veut ici nous faire remarquer, c’est ce dont notre bien-aimé Seigneur lui-même a donné l’exemple tout au long de son chemin de dévouement ici-bas.

«Cherche la paix, et poursuis-la» (Ps. 34:14), nous est-il ensuite ordonné de faire. Combien cela nous rappelle ces paroles du Seigneur : «Bienheureux ceux qui procurent la paix, car c’est eux qui seront appelé fils de Dieu» (Matt. 5:9) ! Et encore : «... ayant chaussé vos pieds de la préparation de l’évangile de paix» (Éph. 6:15). Celui qui ne procure pas la paix, au plus profond de son âme, la détruit. Pourquoi ? Parce qu’il ne marche soigneusement devant Dieu.

Si nous revenons à l’épître de Jacques, nous trouvons que «le fruit de la justice, dans la paix, se sème pour ceux qui procurent la paix (Jacq. 3:8). Nous sommes appelés à marcher dans la paix (3:18). Bien-aimés, quelle bénédiction il y a à procurer la paix !

L’apôtre Paul, au chapitre 4 de l’épître aux Philippiens, nous exhorte à mettre nos pas dans ceux de Christ, disant : «Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées dans le Christ Jésus. — Au reste mes frères, toutes les choses qui sont vraies, toutes les choses qui sont vénérables, toutes les choses qui sont justes, toutes les choses qui sont pures, toutes les choses qui sont aimables, toutes les choses qui sont de bonne renommée, — s’il y a quelque vertu et quelque louange, — que ces choses occupent vos pensées : ce que vous avez et appris, et reçu, et entendu, et vu en moi, — faites ces choses, et le Dieu de paix sera avec vous» (Phil.4:6-9). Ce n’est pas seulement que, si vous priez et rendez grâces, la paix de Dieu gardera votre coeur, mais, si vous êtes vous-même occupé de Christ, vous répandrez autour de vous la bonne odeur de la présence du Dieu de paix. Or, bien-aimés, il est merveilleux pour un croyant de traverser ce monde en manifestant ce caractère.

Mais un peu plus loin dans notre psaume, il nous est dit : «Les yeux de l’Éternel regardent vers les justes, et ses oreilles sont ouvertes à leur cri» (Ps. 34:15). Combien cela est à la fois réconfortant, frappant, et encourageant ! Toutefois, remarquons bien que ce n’est que des justes qu’il prend un soin pareil. Le sort des injustes est décrit au verset suivant : «La face de l’Éternel est contre ceux qui font le mal, pour retrancher de la terre leur mémoire». Ce verset 16 fait clairement allusion au jugement des impies dans un temps à venir.

Nous arrivons maintenant à la quatrième partie de notre psaume, dont le thème est une expérience certainement bien connue de notre bien-aimé Seigneur Jésus : «Les justes crient, et l’Éternel entend, et il les délivre de toutes leurs détresses. L’Éternel est près de ceux qui ont le coeur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit abattu» (Ps. 34:17-18). Avec quelle sorte d’homme Dieu pouvait-il marcher ? Avec celui qui a l’esprit abattu. Si l’on veut s’assurer la présence du Seigneur, que faut-il avoir ? Un coeur brisé et abattu. Il est donc clair qu’il existe un état moral qui prédispose à ce que Christ nous accompagne.

Du verset 19 à la fin du chapitre, nous avons la dernière partie de notre psaume. «Les maux du juste sont en grand nombre, mais l’Éternel le délivre de tous» (Ps. 34:19). Tel est le principe. Il délivre à sa manière à lui, au moment voulu, parce que ses yeux sont constamment sur les siens. «Il garde tous ses os, pas un d’eux n’est cassé» (34:20) Qui a bien pu être celui-là, sinon notre bien-aimé Seigneur lui-même à l’heure de la croix ? Qui pourrait nier que ce passage s’applique à lui ? Ces paroles sont absolument prophétiques, et l’apôtre prend soin de dire : «Car ces choses sont arrivées afin que l’écriture fût accomplie : «Pas un de ses os ne sera cassé» (Jean 19:36). Comme Dieu l’a préservé ! Bien-aimés, combien nous devrions être pénétrés du sentiment que la main protectrice de notre Seigneur est sur nous !

Puis, dans les deux derniers versets, nous avons un contraste : «Le mal fera mourir le méchant ; et ceux qui haïssent le juste en porteront la peine» (Ps. 34:21). C’est là une déclaration frappante, qu’illustre l’Écriture d’un bout à l’autre. Le mal se retourne contre l’homme qui s’y adonne, et le fait mourir. C’est un principe général : «Ceux qui haïssent le juste en porteront la peine». Cela montre la juste rétribution que Dieu doit administrer. Mais le Psalmiste ajoute : «L’Éternel rachète l’âme de ses serviteurs ; et aucun de ceux qui se confient en lui ne sera tenu pour coupable». C’est la même parole.

De quelle manière merveilleuse l’Esprit nous enseigne ici, par la plume et par la bouche de cet homme pleinement restauré, à trouver en Dieu toutes les sources de nos âmes ! Puissions-nous par sa grâce, en vérité, marcher toujours plus avec lui, et traverser la scène de ce monde d’une manière qui soit en bénédiction pour d’autres, en attendant des cieux son Fils.

 

2       Chapitre 2    Le Roi dans sa beauté    Psaume 45

Il est très important pour nous de chercher à cultiver dans notre âme ce qui ressort de ce psaume. Ce qu’est le roi lui-même, voilà ce dont la reine est occupée. De la même manière, nous devrions être occupés de ce qu’est Christ. Nous sommes très prompts à abaisser notre niveau et à ne nous occuper que des bénédictions que, dans sa grâce, Il répand sur nous. Mais dans ce psaume, l’accent est mis non pas sur ce que le roi fait, mais sur ce qu’il est. Ce que le Seigneur apprécie, c’est un coeur qui trouve en lui ses délices.

«Mon coeur bouillonne d’une bonne parole». Je crains que ce ne soit pas souvent notre cas. Qu’il est beau d’avoir un coeur qui bouillonne d’amour pour Christ ! Au lieu de cela, notre coeur est plus souvent de glace que bouillant, en ce qui concerne notre consécration pour Christ. Ce qu’est cette «bonne parole», le verset l’explique : «Je dis ce que j’ai composé au sujet du roi» ; c’est-à-dire ce que je sais de lui, non pas ce que j’ai reçu de lui, mais ce qu’il est pour moi. Il s’agit de la place que sa Personne bénie occupe dans mon âme. Marie de Béthanie avait choisi d’être avec lui. Elle était assise à ses pieds, écoutant ses paroles. Être près de lui, avec lui, tel était le désir de son âme. L’affection pour le Seigneur, voilà ce qui la caractérisait, et sa place était à ses pieds. Elle était absorbée par la personne de Christ. Manquait-elle d’intelligence ? Nullement, mais ce n’est pas ce qu’elle recherchait. Marie brisa son vase plein de nard pur, oignant les pieds du Seigneur, et Jésus dit : «Elle a gardé ceci pour le jour de ma sépulture». Elle craignait de ne pas retrouver l’occasion de le faire. D’autres firent un festin en l’honneur de Jésus. Mais normalement on ne prépare pas un festin pour quelqu’un dont on sait qu’il va mourir ? L’acte de Marie était en harmonie avec les circonstances de son Seigneur. Le festin ne l’était pas. Marie y assistait, toutefois ses pensées n’étaient pas au festin mais à Celui qu’il voulait honorer. Son coeur bouillonnait d’amour pour Lui. Elle était la seule personne présente dont les pensées fussent à l’unisson avec les siennes. Dieu veuille, par son Esprit, faire bouillonner nos coeurs d’un véritable amour pour Christ ! Seul, l’amour peut satisfaire l’amour. Christ nous a aimés jusqu’à la mort, et ce qu’il veut en retour, ce sont des coeurs remplis d’amour sincère pour lui. Il en est digne, frères bien-aimés !

«Ma langue est le style d’un écrivain habile». Il est facile de parler de Christ, et de le louer, lorsque le coeur bouillonne d’amour pour lui. «De l’abondance du coeur, la bouche parle». Si nous gardons le silence dans l’adoration et la louange, c’est que notre coeur doit être vide. Christ n’est pas l’objet de toutes nos affections. Peut-être dites-vous que l’Esprit doit nous pousser à adorer. Or, s’il n’y a pas adoration, il est évident que vous n’y avez pas été poussé. Il est tout à fait vrai que lorsque nous adorons en assemblée, nous devons être soumis uniquement à la direction du Seigneur. C’est ce que nous enseigne la première épître aux Corinthiens. Mais dans ce psaume, il y a soumission à l’Esprit de Dieu en même temps qu’un coeur débordant de ce qu’il sait au sujet du Roi. Combien j’ai envie d’un tel état d’âme ! Écoutez ce langage : «Tu es plus beau que le fils des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres». Elle s’adresse à Lui-même. Elle est si proche qu’elle peut lui parler directement. Elle va plus loin que la fiancée du Cantique des Cantiques ne soit jamais allée ! Cette dernière parle beaucoup au sujet de son bien-aimé, sans lui en dire grand chose directement. Il est pour elle «un porte-bannière entre dix mille… et toute sa personne est désirable» (5:10, 16). Mais la bien-aimée de notre psaume est si près du Roi qu’elle peut lui parler. Les mots jaillissent sans effort : «C’est pourquoi Dieu t’a béni à toujours». Dans cette proximité et cette intimité, lui est communiquée la pensée de Dieu touchant son propos quant à Celui qu’il se plaît à honorer.

«Ceins ton épée sur ton côté, homme vaillant, dans ta majesté et ta magnificence ; et, prospérant dans ta magnificence, mène en avant ton char, à cause de la vérité et de la débonnaireté et de la justice». Il y a une juste appréhension de la majesté de sa Personne. Il a été outragé par l’homme, qui a levé contre Lui son bras à la fois chétif et coupable, à l’heure de la trahison et du mensonge. Mais le jour viendrait où, «prospérant dans sa magnificence, Il mènerait son char à cause de la vérité. Il a été «débonnaire et humble de coeur», mais «celui qui s’abaisse sera élevé», et le résultat de sa grâce et de son humilité serait son exaltation. «Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité ; c’est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne. Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté ; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons». Il est salué ici comme Dieu, et au psaume 2, par Dieu lui-même, comme son Fils. Il est oint au-dessus de ses compagnons. Il est prééminent parmi eux. Qui sont ces compagnons ? Hébreux 2 montre que c’est nous-mêmes : «Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un ; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères». C’est lui qui conduit la louange au milieu d’eux (Héb. 2:11-13). Nous lisons encore : «Car nous sommes devenus les compagnons du Christ, si du moins nous retenons ferme jusqu’au bout le commencement de notre assurance» (Héb. 3:14). Il est oint de l’huile de joie, et cette huile précieuse coule de sa tête jusqu’au bord de ses vêtements. Au jour de la gloire de Christ, lorsqu’il mènera en avant son char, nous serons avec lui, partageant sa gloire. L’huile de sa joie descendra sur nous.

«Tous tes vêtements sont myrrhe, aloès et casse, quand tu sors des palais d’ivoire d’où ils t’ont réjoui». Il y a en Christ une bonne odeur qui devrait aussi émaner de nous, «car nous sommes la bonne odeur de Christ pour Dieu» (2 Cor. 2:15).

«Des filles de rois ont été parmi tes dames d’honneur ; la reine est à ta droite, parée d’or d’Ophir». Lorsqu’il est question du roi, l’épouse est Jérusalem. Ce psaume a donc trait au Millénium. Israël regardera vers Celui qu’il a rejeté et percé, et il se lamentera (Zach. 12). L’Éternel sauvera son peuple de ses péchés, et, selon sa justice divine, Il lui accordera une place en sa présence. «La reine est à ta droite, parée d’or d’Ophir». Alors, elle verra, et inclinera son oreille vers Lui. Elle doit oublier son peuple, ainsi que la maison de son père. Mais qu’est-ce que cela nous enseigne ? Que dans notre âme nous devons considérer toute chose à travers Christ, ici-bas. Les choses naturelles doivent passer après Lui. Je dois les oublier. Christ doit occuper pour moi la première place. Est-il la première de nos préoccupations, ou bien est-ce nous-mêmes, nos maisons et le soin que nous en prenons, la famille, les amis, ou la maison de notre père ? L’Esprit de Dieu dit ici : «Oublie ton peuple et la maison de ton père» et Jésus a dit : «Celui qui aime père ou mère plus que moi, n’est pas digne de moi» (Matt. 10:37).

«Et le roi désirera ta beauté». Alors seulement, il verra cette beauté en toi. Tu seras alors pour Christ ce qu’Ève a été pour Adam. Et il y a cet autre côté : «Il est ton Seigneur : adore-le». Les droits du Seigneur ont du poids pour ceux dont les affections ont Christ pour objet. Quelle joie pour nos âmes lorsque nous réalisons cela tant soit peu ! Christ éclipsant tout, et l’adoration jaillissant librement vers lui. Et, à propos de la beauté de la fille du roi, nous lisons qu’elle «est tout gloire». Ses ornements moraux sont rehaussés par les vertus de Christ. Sa beauté à lui est celle dont elle brille, et, à cause de cette beauté, c’est lui qui reçoit la louange : «c’est pourquoi les peuples te célébreront».

Que fait Dieu maintenant ? S’occupe-t-il de nos bénédictions, de notre confort ? Ou n’est-ce pas plutôt de la gloire de Celui qu’il se plaît à honorer — Christ, qu’il placera au centre de toutes choses, Chef de tout et de tous ? Dieu cherche pour lui la louange, et cela à cause de ce que nous sommes maintenant moralement, en esprit et dans notre conduite, semblables à Christ, parés de ses vertus à Lui ; et, dans un temps à venir, à cause de ce que nous serons, lorsque, dans des corps de gloire semblables à son propre corps glorieux, nous serons manifestés comme les «fils de Dieu», les compagnons de Christ. Une gloire sans fin sera alors notre lot béni. Dieu veuille, par son Esprit, garder chacun de nos coeurs dans la présence de son cher Fils, afin que nous sentions qu’il est toujours près de nous, et avec nous. Puissions-nous marcher avec lui et ne jamais oublier cette parole : «Il est ton seigneur : adore-le».

3       Chapitre 3    Affection réciproque    Cantiques des Cantiques ch. 4

C’est une chose bénie de cultiver dans nos coeurs, non seulement le sentiment de ce que Dieu a fait pour nous, mais aussi de ce que, dans sa grâce, Il a fait de nous pour Lui-même. Il est particulièrement béni de sortir de nous-mêmes et d’entrer dans le secret de la présence de Dieu, pour y apprendre quels sont ces sentiments qui remplissent son coeur. L’Esprit de Dieu fait se réjouir d’une joie ineffable et glorieuse ceux qui croient en Christ, comme le dit l’apôtre Pierre dans sa première épître (1 Pier. 1:8). C’est là notre part de cette joie, mais «faire bonne chère et se réjouir» (Luc 15:32) est celle du Père, car Lui aussi a sa joie, une joie infinie. Il se réjouit d’avoir des enfants près de Lui, des enfants capables de trouver en Lui leur joie. «Christ a souffert, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu» (1 Pier. 3:18), et «nous nous glorifions en Dieu par notre seigneur Jésus Christ, par lequel nous avons maintenant reçu la réconciliation» (Rom. 5:11).

C’est afin que nous nous réjouissions en Lui que nous avons été approchés par le précieux sang de Christ. Ce n’est pas seulement ce qu’Il nous donne, mais Lui-même, qui doit être la portion de nos âmes, et cela est le fruit de la nouvelle naissance. Parce que nous sommes nés de nouveau, nous trouvons notre joie en Dieu Lui-même. «Nous nous glorifions en Dieu par notre seigneur Jésus Christ». Mais qu’est-ce que cette nouvelle naissance ? C’est le fait d’acquérir une nouvelle nature capable de se réjouir en Dieu, de le comprendre et de le connaître. L’âme la reçoit comme fruit de la grâce de Dieu. Elle nous permet de nous réjouir en Dieu, mais Lui aussi a sa part. Sa joie à Lui est d’avoir ses enfants tout près de Lui, et la nôtre de sentir que rien ne s’interpose entre nos coeurs et Lui-même. Il y a donc la joie du Père, de même que celle des enfants.

Au chapitre 4 du Cantique des Cantiques, nous voyons la part de Christ dans cette joie. La relation qui y est présentée n’est pas une relation de père à enfants. L’accent est mis sur la relation qui unit l’époux à l’épouse, et sur leur joie respective (*). Nous avons tendance à lire ce livre dans le but d’y trouver Christ, et nos coeurs sont transportés en le découvrant dans les diverses scènes qui le composent. Mais il est très doux de nous arrêter un moment pour apprendre ce que l’épouse est pour Christ. Y a-t-il de plus doux langage que celui dans lequel Il s’adresse à elle ? Écoutons-le ! «Voici, tu es belle… Tu es belle, mon amie, et en toi il n’y a point de défaut» (1:7). Et pourtant, plus nous connaissons Christ, plus nous nous connaissons nous-même ; et, tandis que nous marchons avec Dieu et que le temps passe, l’opinion que nous avons de nous-mêmes est de plus en plus médiocre ! Chaque année, nous nous tenons en moindre estime que l’année précédente, tant et si bien que le coeur a tendance à devenir légaliste. L’extrême indignité que nous découvrons en nous-mêmes s’impose à nous. Il n’en est que plus béni, malgré tout cela, d’entendre Christ nous dire : «Tu es belle, mon amie, et en toi il n’y a point de défaut !» (v. 7).

(*) Comme nos lecteurs le savent, il s’agit, dans ce livre, de l’épouse terrestre — Jérusalem. Cependant, le coeur de Christ est le même dans toutes ses relations. Nous pouvons donc assurément faire une application de ces choses à l’Église.

C’est une chose bénie de méditer sur les pensées du Seigneur à l’égard des siens, sur sa miséricorde et sa compassion, bien que ce ne soit pas de cet amour-là, mais de l’amour pur, qu’il est question dans le Cantique des Cantiques. Le Bien-aimé se réjouit en sa fiancée. Il parle de sa beauté et de son charme. Mais comment le Seigneur peut-Il trouver en nous de quoi le réjouir ? Il y trouve ce qui fait la joie de son coeur, mais non pas à cause de ce que nous sommes en nous-mêmes. Tout vient de ce dont Il nous a Lui-même revêtus. Jacob trouvait en Rachel ce qui répondait aux désirs de son coeur ; nous trouvons en Christ ce qui nous comble, et Christ trouve en son épouse — l’Église — ce qui réjouit son coeur. Peut-être pensez-vous qu’il n’en sera ainsi que lorsqu’Il nous aura présentés à Lui-même comme son assemblée, «glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable» (Éph. 5:27). Alors, l’Église sera sainte, irréprochable. Elle aura dépouillé tout ce qui est sans valeur, et seul demeurera le parfait ouvrage du Seigneur.

Mais ce n’est pas à ce temps-là que notre chapitre fait allusion. Ce jour de gloire et de joie indicible viendra, mais ce que nous trouvons ici est encore plus merveilleux que ce qui sera alors manifesté. Ici, nous apprenons que dès maintenant, tandis que nous cheminons dans le désert, en route vers la gloire qui attend l’épouse et l’Époux, Celui-ci trouve dans l’Église ce qui fait la joie de son coeur. Au ciel, à la droite du Père, il attend le jour des noces. Tandis qu’Il est la portion de nos coeurs, Il trouve en nous la sienne. Écoutez ce qu’Il dit. Tandis que le Bien-aimé parle de sa bien-aimée, les expressions de son amour et de son appréciation sont de plus en plus profondes : «Tu m’as ravi le coeur,… tu m’as ravi le coeur par l’un de tes yeux». Réalisons-nous cela ? Croyons-nous, bien-aimés, que nous sommes une joie pour Lui ? Peut-être pourrions-nous dire de Lui qu’Il a ravi nos coeurs, mais l’entendre dire que nous avons ravi son coeur, n’est-ce pas absolument merveilleux ? Sa joie se trouve en nous — qu’il appelle sa fiancée !

Ce n’est pas du croyant individuel qu’il est ici question, mais de l’ensemble des croyants. C’est toujours du corps des croyants qu’il s’agit lorsqu’il est fait allusion aux affections de Christ pour l’Épouse. Mais afin que nos âmes puissent marcher collectivement dans la puissance de cette vérité merveilleuse, nous devons en jouir chacun individuellement. Chaque saint doit chercher à bien comprendre ce que Christ attend de l’assemblée de ses saints. Inutile de dire que c’est seulement par grâce que n’importe lequel d’entre nous peut comprendre cette joie de Christ dans les siens. Mais, répétons-le, à moins que chacun n’en jouisse individuellement pour lui-même, nous ne pourrons pas répondre collectivement à ce que Christ désire que nous soyons pour Lui-même. Il faut qu’il y ait, dans votre âme comme dans la mienne, le juste sentiment de ce que nous sommes pour Christ. Quand on sait cela, et que le coeur l’a quelque peu goûté, on désire ardemment en savoir encore davantage.

Voyons maintenant la réponse que Lui fait la bien-aimée. Au chapitre 1, nous l’entendons dire : «Tes amours sont meilleurs que le vin» (1:2). Elle connaît son amour, et pour elle il n’est rien de meilleur. Mais Il la surpasse encore par ses paroles. Écoutez ce que l’Époux lui dit : «Que tes amours sont meilleures que le vin» ! (4:10) Quelle grâce de la part de Christ de parler ainsi de pauvres créatures sans coeur comme vous et moi ! Et pourtant, c’est ainsi que Christ estime la moindre étincelle d’amour qu’Il trouve qu’aujourd’hui pour Lui dans nos âmes. «Tes lèvres, ma fiancée, distillent le miel ; sous ta langue il y a du miel et du lait», poursuit-il au verset 11. Toute parole de notre bouche, tout ce qui est le fruit de la grâce dans l’âme, est pour Lui comme les gouttes découlant d’un rayon de miel. Dans l’Écriture, le miel est ce qui nourrit et rafraîchit tout ensemble. Combien un tel passage nous juge ! Quelle a été notre conduite ? A-t-elle pu nourrir ou rafraîchir le coeur de notre bien-aimé Seigneur ? «Tu es un jardin clos, ma soeur, ma fiancée», dit-il, «une source fermée, une fontaine scellée». Tout cela signifie qu’elle n’appartient qu’à Lui, rien qu’à l’Époux. Bien-aimés, comme c’est beau quand l’âme en arrive à dire : «Tout ce que je suis, tout ce que j’ai, lui appartient à Lui, à Jésus seul ! Je dois être à Lui dès ici-bas, et Lui-même déclare que je lui appartiens. Il me veut tout à Lui». N’est-ce pas assez de ce désir pour que toute âme se donne à Lui sans réserve ? «Il est mort…, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité» (2 Cor. 5:15).

Mais l’Époux s’étend longuement sur ce que sa fiancée est pour lui. «Tes plants sont un paradis de grenadiers et de fruits exquis, de henné et de nard, de nard et de safran, de roseau odorant et de cinnamome, avec tous les arbres à encens ; de myrrhe et d’aloès, avec tous les principaux aromates ; une fontaine dans les jardins, un puits d’eaux vives, qui coulent du Liban» ! C’est ainsi que Christ apprécie les «siens», et nos âmes devraient être remplies du sentiment de ce que nous sommes à ses yeux. Si la pensée de ce que nous sommes pour Christ occupait davantage nos coeurs, Il nous serait plus cher. Nos regards seraient moins fixés sur nous-mêmes et sur les autres. Nous le contemplerions constamment, et la joie de nos âmes serait plus tranquille et plus sainte. Alors nous serions plus jaloux de tout ce qui pourrait éloigner nos âmes de Christ. Nous serions à l’affût de ce danger et pourrions le fuir dès qu’il approcherait.

Mais Il veille sur sa gloire, et nous garde pour Lui-même. Aussi lisons-nous, au v. 16 : «Réveille-toi, nord…». Il envoie son vent du Nord, et tout son cortège de maux, pour réveiller l’insouciant. Nous n’aimons pas le vent du Nord, mais il convient aux aromates de son jardin. Il les secoue, il souffle entre les rameaux et en dégage le parfum. Les difficultés nous contrarient, mais elles nous rejettent sur Dieu et révèlent ce qui en nous est de Christ. Nous apprenons ainsi ce qu’Il voulait nous enseigner. Il peut alors changer ses voies à notre égard, et faire tourner le vent : «Viens, midi ; souffle dans mon jardin, pour que ses aromates s’exhalent» (4:16). Il nous donne de jouir profondément de Lui-même. Il fait briller dans nos âmes le soleil de sa présence, et le coeur se tourne vers Lui : «Que mon bien-aimé vienne dans son jardin». Nous connaissons alors la joie de la communion, et nous en jouissons. Le coeur peut alors dire : «Je suis à mon bien-aimé, et son désir se porte vers moi… Que mon bien-aimé vienne dans son jardin, et qu’il mange ses fruits exquis» (7:10 et 4:16). L’âme entre dans sa pensée touchant sa fiancée. Et voici comment Il répond à son désir de l’avoir près d’elle : «Je suis venu dans mon jardin, ma soeur, ma fiancée !» Il apprécie ce qui lui est consacré. C’est comme s’il disait que tout est à lui : «J’ai cueilli ma myrrhe avec mes aromates, j’ai mangé mon rayon de miel avec mon miel, j’ai bu mon vin avec mon lait». Tandis que l’âme entre dans cette communion et prend conscience qu’Il s’approche, le coeur s’émeut de plus en plus à l’égard du bien-aimé. «Buvez, buvez abondamment, bien-aimés».

Mais en méditant sur cette bienheureuse communion entre le bien-aimé et sa fiancée, nous pouvons nous humilier et baisser la tête, réalisant combien nous l’avons peu connue nous-mêmes, et combien peu nous avons fait la joie de Son coeur ! Cela n’est que trop vrai. Cependant, la foi s’empare de cette divine estimation des choses.

Considérons un moment 2 Corinthiens 11:2, et voyons comment l’apôtre résume cela. «Je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste». Le Cantique des Cantiques ne va pas au-delà du jour des fiançailles, mais Paul fait allusion au jour des noces, lorsque l’épouse sera présentée à Christ comme une vierge chaste. Qu’entend-il par «vierge chaste» ? C’est une vierge véritable, qui ne mérite pas l’ombre d’un reproche, d’où cet avertissement de l’apôtre aux Corinthiens : «Je crains que, en quelque manière, comme le serpent séduisit Ève par sa ruse, ainsi vos pensées ne soient corrompues et détournées de la simplicité quant au Christ». Nous avons besoin d’une plus grande mesure de cette simplicité, mes frères, «la simplicité quant au Christ». Réveillons-nous ! Et puissions-nous dire, en vérité : «Il est tout pour moi, et je suis tout pour Lui».

4       Chapitre 4    La Victoire de Josaphat ou : Prière, Jeûne et Louange    2 Chroniques 20:1-30

Je demande parfois à de jeunes convertis comment ils peuvent le mieux plaire au Seigneur. Comment peut-on le mieux plaire au Seigneur ? J’aimerais beaucoup entendre votre réponse. J’en ai reçu de toutes sortes. L’un d’eux m’a dit : «en travaillant pour Lui». C’est un privilège particulièrement béni de travailler pour Lui, et il est très doux de le servir. Mais il y a quelque chose de meilleur que le service, quelque chose qu’il est encore beaucoup plus important pour le saint d’avoir à coeur, que la pensée du service.

J’ai été très frappé un jour, lorsqu’un bien-aimé frère, aujourd’hui auprès du Seigneur, m’a dit : «Comment pouvez-vous le mieux plaire au Seigneur» ? Je me suis mis à réfléchir, lorsqu’il me dit : «Écoutez ce que dit le Psaume 69:30-31 : Je louerai le nom de Dieu dans un cantique, et je le magnifierai par ma louange ; et cela plaira plus à l’Éternel qu’un taureau, un boeuf qui a des cornes et l’ongle divisé». Je compris évidemment sa pensée.

Mais que cela est beau : «Je louerai le nom de Dieu dans un cantique». Il est évident que le boeuf et le taureau évoquent simplement l’idée du service. Mais il y a quelque chose que le Seigneur aime mieux que le service. Comment puis-je plaire le mieux au Seigneur ? «Je louerai le nom de Dieu dans un cantique» : voilà la réponse divine ! Nous avons souvent des réunions de prière, mais je souhaiterais que nous ayons plus souvent des réunions de louange !

Josaphat en convoqua une, dans le chapitre frappant que nous avons lu, et cela dans des circonstances très particulières.

C’était un moment critique dans son histoire. Il nous arrive à tous d’être confrontés à de telles crises, individuellement, et collectivement aussi, je pense. Josaphat et tous ceux qui l’entouraient se trouvaient alors en face d’une très grande difficulté : «Et il arriva après ces choses, que les fils de Moab et les fils d’Ammom, et avec eux une partie des Maonites, vinrent contre Josaphat pour faire la guerre. Et on vint et on rapporta à Josaphat, en disant : Il est venu contre toi une grande multitude, de l’autre côté de la mer, de la Syrie ; et voici, ils sont à Hatsatson-Thamar, qui est En-Guédi» (2 Chr. 20:1-2). Et bien, que firent-ils ? «Et Josaphat craignit, et tourna sa face pour rechercher l’Éternel, et proclama un jeûne par tout Juda» (2 Chr. 20:3). Ah ! Il n’y a point de véritable réunion consacrée à la louange tant que nous n’avons pas craint, puis jeûné, tout en recherchant le Seigneur. Tout est là, mes frères ! Êtes-vous fermement décidé à rechercher le Seigneur ; je suis un instrument bien inutile si je ne m’attache pas à servir le Seigneur. Comment pouvons-nous avancer sans sa puissance et sa grâce ? Avez-vous parfois des réunions de jeûne ? Je vous recommande d’en avoir. Je vais vous dire ce que vous en retirerez. Vous en retirerez d’être beaucoup plus près du ciel après qu’avant !

La prière et le jeûne sont souvent mentionnés ensemble dans l’Écriture, et leur importance est très claire. Quand les disciples demandèrent pourquoi ils n’avaient pu chasser un démon, notre Seigneur répondit : «Cette sorte ne sort que par la prière et par le jeûne» (Matt. 17:21). Et encore, lorsque le Saint Esprit dit : «Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saül, pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés», l’assemblée de Dieu à Antioche, saisissant la gravité de cet appel, fut entièrement d’accord, si l’on peut dire, et, «ayant jeûné et prié, et leur ayant imposé les mains, ils les laissèrent aller» (Actes 13:2, 3). L’assemblée s’était pleinement identifiée à leur mission par le jeûne, la prière, et l’imposition des mains. Je crois que lorsque l’Écriture parle de «jeûne», c’est au sens littéral du mot. On entend souvent dire que c’est au sens moral. Croyez-vous qu’il s’agissait seulement d’un état moral à Antioche ? L’état moral existait bien, et il se manifestait par un véritable jeûne, qui n’avait pas été imposé, d’après ce que nous lisons. J’ai bien peur que ce mot «moral» ne soit notre perte ! Si nous disions que nous allons avoir demain une réunion de jeûne, je me demande combien d’entre nous y assisteraient ? Y serions-nous, vous et moi ? Je n’oublierai jamais ce jour où, à Londres, beaucoup de chers jeunes frères, troublés dans leurs coeurs par le manque de dévouement, et désirant ardemment un renouveau d’intérêt pour l’évangile, proposèrent de se réunir devant Dieu pour observer un jour de jeûne et de prière. Il en fut ainsi, et je passai cette journée avec eux. Ce fut sans doute la plus belle journée que j’aie jamais passé sur la terre !

Josaphat proclama un jeûne, et Juda s’assembla, conscient, je pense, de la gravité des circonstances. D’un commun accord, ils s’assemblèrent pour chercher secours de la part de l’Éternel. Et ils dirent : «Éternel, que devons-nous faire» ? Le coeur de Dieu fut fort réjoui ce jour-là, car Il ne désire rien tant que de voir les siens compter sur Lui et se confier en Lui. «Et Juda s’assembla pour chercher secours de la part de l’Éternel : et on vint aussi de toutes les villes de Juda pour rechercher l’Éternel» (2 Chr. 20:4). Remarquez bien qu’ils vinrent de toutes les villes de Juda pour rechercher l’Éternel. Montrez-moi quelque part un seul frère fidèle, dévoué, plein de zèle et de ferveur : vous verrez qu’il aura une heureuse influence sur ceux qui l’entourent. Josaphat tourna sa face pour rechercher l’Éternel, et alors tout Juda se mit à rechercher l’Éternel. Tel fut l’effet produit ! Nous voyons ici un homme en entraîner beaucoup d’autres, mais vous verrez que Dieu a toujours eu de ses serviteurs dans toute la lignée du témoignage. Il les a préparés. Il leur a communiqué sa pensée, puis Il les a utilisés pour en toucher d’autres. Nous avons donc ici la crainte, le jeûne et la prière — trio invincible, car l’Écriture dit bien : «Deux valent mieux qu’un… et la corde triple ne se rompt pas vite» (Eccl. 4:9-12). Ne négligeons aucune de ces trois choses.

«Et Josaphat se tint debout dans la congrégation de Juda et de Jérusalem, dans la maison de l’Éternel, devant le nouveau parvis ; et il dit : Éternel, Dieu de nos pères ! N’es-tu pas le Dieu qui est dans les cieux, et n’est-ce pas toi qui domines sur tous les royaumes des nations ? Et en ta main est la puissance et la force, et nul ne peut te résister. N’est-ce pas toi, notre Dieu, qui as dépossédé les habitants de ce pays devant ton peuple Israël, et qui l’as donné à toujours à la semence d’Abraham, ton ami» ? (2 Chron. 20:5-7). Josaphat se tourne vers Dieu d’une manière très simple. Oh ! frères bien-aimés ! Saisissez l’occasion de Dieu, appuyez-vous simplement sur Lui. Nous nous appuyons beaucoup trop sur les hommes aujourd’hui, pas assez sur Dieu seul. Cet homme s’appuie sur Dieu en toute confiance, dans sa prière : «N’est-ce pas toi, notre Dieu, qui as dépossédé les habitants de ce pays devant ton peuple Israël, et qui l’as donné à toujours à la semence d’Abraham, ton ami» ? Il saisit admirablement les desseins de Dieu, en se référant à Abraham. Josaphat était plein de hardiesse. Personne n’avait encore jamais dit qu’Abraham était l’ami de Dieu. S’il avait dit que Dieu était l’ami d’Abraham, il n’aurait fait qu’énoncer une vérité bénie, mais affirmer l’inverse, c’était vraiment de la foi.

Mais Josaphat se rappelait qu’au jour où Dieu allait faire pleuvoir du soufre et du feu sur les villes impies de la plaine de Sodome (Genèse 18 et 19), Il avait annoncé son dessein à Abraham. Nous faisons tous part à nos amis de nos pensées et de nos projets. Lorsque Abraham apprit que le jugement de Sodome était imminent, il commença à intercéder pour Lot, croyant établi dans une ville mondaine et inique, et dont la famille s’était gravement compromise avec le monde. Le jugement plane aussi sur la scène de ce monde, et nous devrions remplir ce beau rôle d’intercesseurs pour un monde condamné. Je me demande si le Saint Esprit pourrait écrire de vous et de moi que nous sommes les amis de Dieu ! Ce qui montre qu’Abraham était l’ami de Dieu, c’est que son coeur était entièrement consacré aux intérêts de l’Éternel, et cela se manifestait par son intercession pour le peuple de Dieu. Combien je souhaite, mes chers amis qu’il en soit de même pour vous, pour moi-même, et pour tous les enfants de Dieu !

Josaphat rappelle à Dieu la piété d’Abraham. Il lui dit en quelque sorte : tu avais autrefois un ami ici-bas. Nous disons volontiers que Dieu est notre ami : Alleluia ! Mais Abraham était l’ami de Dieu. Cela est manifeste, car près de deux cents ans plus tard, par la plume de son prophète dans un appel lancé à son peuple, Dieu confirme cette déclaration de Josaphat, disant : «Et toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, semence d’Abraham mon ami…» (És. 41:8). «Ton ami» dit Josaphat ! Oui, «mon ami» répond Dieu ! C’est la foi qui valut à Abraham ce titre magnifique. «Abraham, notre père, n’a-t-il pas été justifié par des oeuvres, ayant offert son fils Isaac sur l’autel ? Tu vois que la foi agissait avec ses oeuvres ; et par les oeuvres la foi fut rendue parfaite. Et l’Écriture a été accomplie qui dit : «Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice» ; et il a été appelé Ami de Dieu» (Jacques 2:21, 23). Aucun titre terrestre ne peut éclipser cet honneur céleste d’être «l’Ami de Dieu». Que ce soit notre but à tous ! C’est une grande chose d’être un «homme de Dieu», ainsi que «l’ami de Dieu», en un temps de déclin comme le nôtre.

Continuons la prière de Josaphat. Il rappelle à Dieu qu’Il avait donné le pays de la Palestine à son peuple Israël : «Et ils y ont habité, et t’y ont bâti un sanctuaire pour ton nom, disant : s’il nous arrive du mal, épée, jugement, ou peste, ou famine, et que nous nous tenions devant cette maison et devant toi, car ton nom est dans cette maison, et que nous criions à toi à cause de notre angoisse, tu écouteras, et tu sauveras. Et maintenant, voici, les fils d’Ammon et de Moab, et ceux de la montagne de Séhir, chez lesquels tu ne permis pas à Israël d’entrer lorsqu’ils venaient du pays d’Égypte (car ils se détournèrent d’eux, et ne les détruisirent pas), les voici qui nous récompensent en venant pour nous chasser de ton héritage que tu nous as fait posséder. Ô notre Dieu, ne les jugeras-tu pas ? car il n’y a point de force en nous devant cette grande multitude qui vient contre nous, et nous ne savons ce que nous devons faire, mais nos yeux sont sur toi ! Et tout Juda se tenait devant l’Éternel, avec leurs petits enfants, leurs femmes et leurs fils» (2 Chron. 8:13). La maison de Dieu à Jérusalem était alors le lieu de rassemblement de son peuple, et c’est là qu’on devait prier aux jours difficiles. Maintenant, la Maison de Dieu est l’Assemblée, dont le centre est le nom du Seigneur Jésus Christ. Vous et moi, nous avons aujourd’hui le merveilleux privilège d’apporter devant Dieu tout ce qui le concerne, au nom de son propre Fils bien-aimé, avec l’assurance qu’il nous entendra et nous aidera. Dieu est un Dieu d’encouragement, et ce qu’il prend plaisir à faire pour nos âmes, c’est de nous encourager.

Ah ! mes amis, c’est une chose merveilleuse d’avoir le Nom du Seigneur comme centre de rassemblement, et de goûter la joie du Seigneur au milieu de nous. Pour nous assurer de cela, ce que Dieu veut, c’est la simplicité. Il veut que vous soyez simplement ce que vous êtes. Mais qu’est-ce que vous êtes ? Si vous croyez en Jésus, vous êtes un enfant de Dieu, héritier de la gloire, et vous faites partie du troupeau des sanctifiés. Vous appartenez à notre bien-aimé Seigneur qui est dans les lieux célestes. Vous êtes à Lui et il est à vous. Et tout son coeur, toute sa force et tout ce qu’il est sont à vous, «car lui-même a dit : je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point ; en sorte que, pleins de confiance, nous disions : Le Seigneur est mon aide et je ne craindrai point : que me fera l’homme» ? (Héb. 13:5-6). C’est un fait qu’un saint qui marche avec Dieu traverse ce monde de ténèbres tel un ver-luisant éclairant la nuit. En traversant cette scène, on avance avec ce sentiment exaltant de n’avoir aucune puissance si ce n’est celle de Dieu, qui est infinie. Vous possédez toutes les ressources divines, et vous pouvez compter sur elles au jour de la bataille. Quelle chose merveilleuse d’être un saint de Dieu pendant la nuit de l’absence du Christ !

Considérez maintenant les nombreux ennemis de Josaphat, sans perdre de vue qu’ils lui étaient apparentés. Très souvent, nos plus graves difficultés surgissent de nos propres familles selon la chair. Les fils d’Ammon, de Moab et de la Montagne de Séhir, étaient de la famille de Juda selon la chair, en tant que descendants de Lot et d’Ésaü. La difficulté, c’était de savoir comment se conduire avec eux. La prière de Josaphat est touchante : «Il n’y a point de force en nous devant cette grande multitude qui vient contre nous, et nous ne savons ce que nous devons faire, mais nos yeux sont sur toi» (2 Chron. 20:12). Comme cela est beau : «nos yeux sont sur toi» ! Le Seigneur veuille nous aider, vous et moi, frères bien-aimés, à tourner davantage nos regards vers Lui ! Quels étaient les regards tournés vers Dieu ce jour-là ? «Et tout Juda se tenait devant l’Éternel, avec leurs petits enfants, leurs femmes et leurs fils» (2 Chron. 20:13). Amenez-vous vos enfants à la réunion de prière ? «Oh ! non», dites-vous, «nous les laissons à la maison». Il y avait plus de sagesse au jour de Josaphat. «Mais nous ne pouvons les faire tenir tranquilles». Si cela est vrai, c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond à la maison, il y a quelque relâchement. Il n’est pas selon l’ordre divin que les hommes viennent à la réunion, laissant les petits enfants avec leurs femmes à la maison. Mais, direz-vous, il s’agissait d’un temps de crise. D’accord, mais le «toi et ta maison» est un principe capital dans toute l’Écriture, et dans la mesure où nous le négligeons, je crois que nous retenons le bras de Dieu.

«Et l’Esprit de l’Éternel vint, au milieu de la congrégation, sur Jakhaziel, fils de Zacharie, fils de Benaïa, fils de Jehiel, fils de Matthania, lévite entre les fils d’Asaph. Et il dit : Soyez attentifs, vous, tout Juda, et vous, habitants de Jérusalem, et toi, roi Josaphat. Ainsi vous dit l’Éternel : Ne craignez point, et ne soyez point effrayés à cause de cette grande multitude ; car cette guerre n’est pas la vôtre, mais celle de Dieu. Demain, descendez contre eux : voici, ils vont monter par la montée de Tsits, et vous les trouverez au bout de la vallée, devant le désert de Jeruel. Ce n’est point à vous de combattre en cette affaire ; présentez-vous et tenez-vous là, et voyez la délivrance de l’Éternel qui est avec vous. Juda et Jérusalem, ne craignez pas et ne soyez pas effrayés ; demain, sortez à leur rencontre, et l’Éternel sera avec vous» (2 Chron. 20:14-17). Remarquez que Jakhaziel était un lévite, d’entre les fils d’Asaph. Il était chantre. J’aime rencontrer un saint qui chante, un saint que l’on reconnaît à ce qu’il loue constamment le nom de Dieu dans un cantique ! C’est un de ces chantres qui sortit ce jour-là. C’était en quelque sorte, un simple frère de l’assemblée, mais qui était rempli ce jour-là de la pensée de l’Éternel, tandis qu’il proclamait à la congrégation en prière : «Ainsi vous dit l’Éternel : Ne craignez point, et ne soyez point effrayés à cause de cette grande multitude ; car cette guerre n’est pas la vôtre, mais celle de Dieu». Comme c’est beau ! Le travail est de Dieu. Le témoignage tout entier est de Dieu. Or il est très important de laisser Dieu accomplir son propre travail dans sa propre Maison.

Je crois que le secret de beaucoup de nos échecs et de nos défaites, c’est que nous ressemblons plutôt à Uzza (2 Sam. 6:1-8). Nous pensons que Dieu ne peut pas se passer de notre aide, mais cela est faux ! Il sait prendre soin de son Arche à Lui, qui est Christ.

L’essentiel est d’avoir la certitude que Dieu travaille toujours pour la gloire de son Fils bien-aimé. Je pense néanmoins que nous verrions beaucoup plus de preuves de ce travail s’il y avait plus de prière et de jeûne. Lorsque des saints ne sont pas très heureux, ils soupirent. S’ils sont heureux, ils chantent (Jacques 5:13). Si vous marchez avec Dieu, vous prierez avec celui qui est affligé et si vous êtes heureux dans votre âme, vous chanterez avec le frère qui chante. C’est l’Esprit qui produit la joie dans l’âme, et qui s’exprime dans un cantique. Avoir une bonne voix, comme on dit, n’a rien à voir avec cela ! Je me souviens d’un cher frère — un pêcheur — qui se trouvait à l’hôpital d’Édimbourg alors que j’y étais moi-même comme interne en médecine. Il avait la permission de sortir le dimanche matin, pour se réunir avec les frères et se souvenir de la mort du Seigneur. Lorsqu’il revenait, il disait : «Oh ! que c’était beau, la présence du Seigneur…, et les cantiques, c’est si doux !… Vous savez, Docteur, moi, j’ai pas de voix, alors j’peux pas chanter, mais le bruit q’j’fais est quand même de tout mon coeur» ! Son coeur débordait de la grâce du Seigneur. Ah ! mes frères, que le Seigneur nous mette un peu plus à coeur de l’imiter ! Il aime nous entendre chanter.

«Tenez-vous là, et voyez la délivrance de l’Éternel qui est avec vous, Juda et Jérusalem, ne craignez pas et ne soyez pas effrayés ; demain, sortez à leur rencontre, et l’Éternel sera avec vous». Ces paroles durent être bien encourageantes, et bien réconfortantes pour eux en ces jours difficiles. Si le Seigneur est avec nous, tout va bien pour nous. Mais s’Il n’est pas avec nous, c’est quelque chose de terrible. Avoir simplement l’Arche au milieu de nous, comme ce fut le cas pour Israël (1 Sam. 4:1), sans la présence et la puissance de Dieu, cela ne sert à rien. Dieu démasque toujours ce qui n’est que prétention. Il peut prendre soin de son Arche, ou même, s’il le faut, la laisser tomber entre les mains de ses ennemis, pour leur propre malheur ! Dieu veut la vérité, et tout ce que nous avons à faire, c’est d’être ce que nous sommes, c’est-à-dire, avouons-le, rien !

«Et Josaphat s’inclina le visage contre terre, et tout Juda et les habitant de Jérusalem tombèrent sur leurs faces devant l’Éternel, pour adorer l’Éternel» (2 Chron. 20:18). Il y a nettement un pas de plus ici. Le témoignage de Dieu les pousse maintenant, non pas à prier et à jeûner, mais à adorer. Josaphat est un adorateur, et tout Juda avec lui. Le sentiment de la grâce de Dieu répondant à leur cri provoque une réunion d’adoration. C’est quelque chose qui ne s’invente pas, qui ne se prépare pas d’avance ! L’adoration, c’est le débordement d’un coeur rempli du sentiment de ce que Dieu est. Elle ne s’obtient que par la puissance de l’Esprit de Dieu, et à condition que l’âme trouve ses délices en Christ. Lorsque notre âme ne contemple plus que Lui, il y a véritablement adoration.

«Et les lévites d’entre les fils des Kéhatites et d’entre les fils des Corites se levèrent pour louer l’Éternel, le Dieu d’Israël à grande et haute voix. Et ils se levèrent de bonne heure le matin, et sortirent vers le désert de Thekoa ; et comme ils sortaient, Josaphat se tint là et dit : Écoutez-moi, Juda, et vous, habitants de Jérusalem. Croyez à l’Éternel, votre Dieu, et vous serez affermis ; croyez ses prophètes, et vous prospérerez. Et il tint conseil avec le peuple, et il établit des chantres pour l’Éternel, et ceux qui louaient dans la sainte magnificence, et disaient, en sortant devant les troupes équipées : Célébrez l’Éternel, car sa bonté demeure à toujours» (2 Chron. 20:19-21). Maintenant, le chant éclate. Il y a eu le jeûne, la prière et l’adoration, et maintenant c’est le chant ! Tout était très simple, et parfaitement convenable. La foi de Josaphat est en plein exercice lorsqu’il dit : «Croyez à l’Éternel, votre Dieu, et vous serez affermis ; croyez ses prophètes, et vous prospérerez». La confiance en Dieu assurait une pleine délivrance et la foi entonnait son chant de victoire avant même qu’un seul coup eût été porté. «Célébrez l’Éternel, car sa bonté demeure à toujours» : voilà le cri qui retentissait au ciel ! C’était en fait une réunion d’actions de grâces, avant même que la bataille ait commencé.

Les chantres désignés conduisent l’armée, et dès l’instant où le chant commence à monter vers l’Éternel, Celui-ci commence à agir : «Et au moment où ils commençaient le chant de triomphe et la louange, l’Éternel mit des embûches contre les fils d’Ammon et de Moab et ceux de la montagne de Séhir, qui venaient contre Juda, et ils furent battus. Et les fils d’Ammon et de Moab se levèrent contre les habitants de la montagne de Séhir, pour les exterminer et les détruire ; et quand ils en eurent fini avec les habitants de Séhir, ils s’aidèrent l’un l’autre à se détruire. Et Juda vint sur un lieu élevé d’où l’on voyait le désert ; et ils regardèrent du côté de la multitude, et voici, c’étaient des cadavres étendus par terre, et personne n’était échappé» (2 Chron. 20:22-24). Point de bataille, point de combat ! Toutes les difficultés s’évanouissaient, tandis que les ennemis s’entre-détruisaient eux-mêmes. «Et Josaphat et son peuple vinrent pour piller leur butin, et ils trouvèrent parmi eux en abondance des richesses et des cadavres, et des objets précieux, et ils en ramassèrent à ne pouvoir les porter ; et ils furent trois jours à piller le butin, car il était abondant. Et le quatrième jour, ils s’assemblèrent dans la vallée de Beraca, car ils bénirent l’Éternel, c’est pourquoi on a appelé ce lieu-là du nom de la vallée de Beraca, jusqu’à ce jour» (2 Chron. 20:25-26). Quelle victoire ! Leur seul travail avait consisté à piller le butin pendant trois jours, et, le quatrième jour, à se réunir une nouvelle fois pour adorer dans la vallée de Beraca, avant de rentrer chez eux tout joyeux.

Qu’il est beau de voir des saints animés d’un esprit semblable à celui que décrit cette scène ! Cela les amène à se donner corps et âme à l’oeuvre de Dieu, non seulement dans l’évangélisation, mais dans tous les domaines. Le don d’évangéliste est important, mais lorsque l’évangéliste a fait son travail, quel privilège pour tous les saints de prendre soin de ces âmes nouvellement nées, de les nourrir et de les conduire plus avant ! Il en était manifestement ainsi dans l’Église des premiers jours. Chaque serviteur, avec son travail, était intimement associé à l’assemblée. Son coeur était dans l’assemblée, parce que Christ était au milieu d’elle. Inversement, l’assemblée s’intéressait profondément à son travail. Si Dieu vous utilise pour la conversion d’une âme, mon coeur doit s’intéresser à cette personne, la nourrir, et la conduire plus avant.

J’entends souvent des gens qui, sans nier cela, tiennent des propos du genre : «Bien sûr, c’est très bien d’aider, mais comme je ne vois pas ce que je pourrais faire, je trouve cela un peu difficile». Je pense que la difficulté, c’est précisément ce petit mot «Je» ! «Je» est apparemment un tout petit mot, alors qu’en fait, c’est celui qui occupe la plus grande place ! Quelle victoire si nous arrivions à l’éliminer tout à fait et à demander simplement : «Seigneur, que veux-tu que je fasse» ? (Actes 9:6). Tout est là, mon frère ! N’oublions pas que le Seigneur a donné «de l’autorité à ses esclaves, et à chacun son ouvrage», et qu’il a commandé au portier de veiller (Marc 13:34). À chacun d’entre nous, il a confié sa part de service à accomplir pour lui ici-bas.

La victoire de Josaphat fut suivie de beaucoup de louange et de joie (20:26 et suivants). Ce fut un véritable concert de louanges dans la vallée de Beraca — ou «vallée de la bénédiction». Si dans nos coeurs nous sommes fermement décidés aujourd’hui à remporter des victoires pour Christ, nous connaîtrons nous aussi la louange et la joie en voyant des âmes gagnées à Christ. Ce n’est pas tout, car il se peut que nous n’ayons pas toujours le privilège de voir ce fruit de l’évangile. Nous ne sommes pas responsables d’amener le monde entier à Christ, mais je crois que Dieu nous a donné la responsabilité d’apporter Christ au monde entier ! Je répète encore, nous ne sommes pas responsables d’amener tout le monde à Christ, mais je crois que Dieu nous a donné le privilège, aussi bien que la responsabilité d’apporter Christ dans tout le monde ! Comment nous acquittons-nous de cette responsabilité ?

Lorsque le jour de bénédiction et d’actions de grâces fut passé, alors «tous les hommes de Juda et de Jérusalem, et Josaphat à leur tête, s’en retournèrent, revenant à Jérusalem avec joie ; car l’Éternel les avait réjouis au sujet de leurs ennemis. Et ils vinrent à Jérusalem, à la maison de l’Éternel, avec des luths et des harpes et des trompettes» (2 Chron. 20:27-28). Ils reviennent, en quelque sorte, à l’assemblée. Car savez-vous, frères bien-aimés, que tout chrétien devrait faire comme l’abeille ? L’abeille sort, et butine, toute la journée, puis elle revient, chargée, à la ruche. Si vous avez butiné quelque chose, rapportez-le à la ruche. Nous devons aimer l’assemblée, et vivre aussi pour elle, au sens le plus large. Paul parle de «l’amour que vous avez pour tous les saints» (Col. 1:4), pas seulement pour ceux qui nous sont agréables.

Malheureusement, l’assemblée de Dieu est encore sur la terre, et chacun de nous doit vivre sans perdre cela de vue. Vous n’êtes pas l’Assemblée. J’espère que vous êtes bien d’accord là-dessus. Vous qui vous rassemblez dans cette ville au nom du Seigneur Jésus Christ, croyez-vous que vous êtes l’Assemblée ? Certes, vous en faites partie, et, Dieu soit loué, vous êtes réunis sur ce terrain et sur ce fondement, mais n’oublions jamais que nous ne sommes pas toute l’Assemblée. Elle comprend tous les saints de Dieu qui sont sur la terre aujourd’hui. Je n’oublierai jamais ce que notre cher frère, monsieur Darby, dit un jour lors d’une réunion à Torquay, en novembre 1863. Il avait été beaucoup question ce jour-là du fait que nous soyons «le témoignage de Dieu». «Eh ! bien», dit-il, «les frères sont peut-être des témoins de Dieu, mais seulement s’ils gardent la tête basse ; sinon, ils seront des témoins, non pas de Dieu, mais de leur propre folie et de leur faiblesse». Que ces paroles sont salutaires ! Écoutons-les.

Nous avons tendance à être un peu versatiles. Nous avons tous besoin de revenir à l’Écriture. L’Écriture nous corrige, en même temps qu’elle nous dirige. Dieu suppose toujours que nous allons marcher droit. Si ce n’est pas le cas, il intervient par la correction, pour nous aider. Ne croyons pas que nous sommes les seuls hommes et qu’avec nous mourra la sagesse (Job 12:2) ! Il n’en est rien. Dieu nous a donné la lumière et la vérité. Recherchons la grâce d’y répondre en sortant, et en vivant Christ partout où nous allons. Ce qui importe le plus, n’est pas ce que je dis, mais ce que je suis.

À propos de la vérité sur l’assemblée, n’oublions jamais que, bien que nous nous réunissions sur ce terrain-là, nous ne sommes pas l’Assemblée elle-même. Il y a des milliers de saints dans cette ville qui font partie de l’Assemblée de Dieu. Certes ils n’exercent pas leur fonction et ne sont pas en ordre, mais plutôt dans le désordre. Chacun de nous doit s’efforcer de toute son âme de les aider dans l’esprit de Christ, ce que nous ne pouvons faire d’aucune autre manière.

 

5       Chapitre 5    NÉHÉMIE et ses compagnons de travail  — Néhémie 1 à 8

5.1       [Un petit groupe cherchant à plaire au Seigneur]

Frères bien-aimés, je voudrais pendant quelques instants, attirer votre attention sur le chapitre 8 de Néhémie qui nous montre le résultat du dévouement à Dieu. Nous trouvons dans ce chapitre la plus grande bénédiction qu’on puisse imaginer pour une âme. Rien, dans l’histoire du peuple de Dieu d’autrefois, n’offre un tableau aussi admirable de la grâce de Dieu. La bénédiction des fidèles semble y être encore plus merveilleuse qu’aux jours glorieux du roi Salomon. Si j’en parle, c’est afin de pouvoir ensemble fortifier nos coeurs dans le Seigneur, et nous demander en quoi nos circonstances sont comparables à celles du résidu du temps de Néhémie. Ceux dont parle ce chapitre formaient un petit groupe sortant tout juste de captivité. Leur ferme intention était de plaire au Seigneur. Quel objectif béni pour toute âme, bien-aimés !

Jetez un coup d’oeil à 2 Chroniques 1:1. Vous y trouverez quelque chose de très important. À propos du roi Salomon, il est dit que «l’Éternel, son Dieu, fut avec lui», et aux jours de la Pentecôte, ce fait fut vérifié en ce qui concerne l’Assemblée. Il fut reconnu que Dieu était au milieu des siens réunis. Il prouva aussi sa présence en jugeant le mal qui apparaissait parmi eux. Une sainte crainte gouvernait les coeurs des hommes : «Et beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient parmi le peuple, par les mains des apôtres ; et ils étaient tous d’un commun accord aux portiques de Salomon ; mais d’entre les autres, nul n’osait se joindre à eux, mais le peuple les louait hautement ; et des croyants d’autant plus nombreux se joignaient au Seigneur…» (Actes 5:12-14). Au verset 11, nous lisons aussi : «Et une grande crainte s’empara de toute l’assemblée et de tous ceux qui entendaient parler de ces choses», si bien qu’il était connu dans le monde que Dieu était avec ses saints, et parmi les saints eux-mêmes régnait une crainte salutaire de ce qui ne pouvait plaire à Celui qu’ils savaient être avec eux.

Mais les choses avaient changé depuis les jours du roi Salomon. Tous s’étaient détournés, et les fils d’Israël avaient été emmenés en captivité. Dans leur exil, Dieu leur parla par le moyen de ses serviteurs, et Néhémie nous apprend que quelques-uns avaient répondu à l’appel du prophète. En 2 Chroniques 36:22-23, nous lisons que Cyrus, roi de Perse, ratifia l’avertissement du prophète Jérémie et fit aux captifs de Babylone la proclamation suivante : «Ainsi dit Cyrus, rois de Perse : l’Éternel, le Dieu des cieux, m’a donné tous les royaumes de la terre, et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda. Qui d’entre vous, quel qu’il soit, est de son peuple, — que l’Éternel, son Dieu, soit avec lui, et qu’il monte» ! Ce qui avait été la part du roi d’Israël en un temps de magnificence et de puissance, nous le trouvons ici promis à celui qui, en un temps de ruine, s’était proposé de plaire à l’Éternel son Dieu et d’obéir à sa Parole. Quel encouragement merveilleux ! Une petite troupe était donc montée, selon le décret de Cyrus, et, en Néhémie 3:1, nous les voyons au travail sur la terre de Juda.

5.2       [Chapitres 1 et 2]

Dans le livre d’Esdras, nous avons le récit de la construction de la maison. L’édification de l’autel et la construction de la maison au nom de l’Éternel peuvent être considérées comme une image de ce que Dieu a fait, ces derniers temps, par le moyen d’un résidu des siens. La puissance du nom de Jésus a été revendiquée comme centre de rassemblement choisi par Dieu pour ses saints. Nous sommes réunis par l’Esprit de Dieu, aujourd’hui dans ce monde, autour de ce centre divin qu’est le nom du Seigneur Jésus Christ. Le nom de Jésus est pour nous ce que furent l’autel et le temple pour les captifs de Juda de retour à Jérusalem. Il suffit de lire Néhémie 1 pour voir parmi ceux-ci un exemple de profond dévouement pour Dieu. La maison était construite, et l’autel était là, mais l’état du résidu qui cherchait à accomplir l’oeuvre de l’Éternel était loin de ce qu’il aurait dû être. Ce pieux serviteur de Dieu le voyait bien, et que fit-il ? Il se mit à prier ! «Je te prie, que ton oreille soit attentive et que tes yeux soient ouverts, pour écouter la prière de ton serviteur que je fais aujourd’hui devant toi, jour et nuit, pour les fils d’Israël tes serviteurs, et la confession que je fais touchant les péchés des fils d’Israël, que nous avons commis contre toi… Et ils sont tes serviteurs et ton peuple, que tu as rachetés par ta grande puissance…» (1:6-10)

Quelle bénédiction, bien-aimés, quand, par l’Esprit, nos coeurs se posent cette question : «Y a-t-il parmi nous ce qui satisfait le coeur de Dieu ?», et plus spécialement, lorsque le résultat d’un tel exercice de coeur est de nous faire tomber à genoux devant Dieu, ayant horreur de nous-mêmes ! L’état du résidu exerçait profondément Néhémie, et la prière était la ressource que prisait son âme. Il y a dans tout cela quelque chose de personnel, un enseignement pour chacun de nous individuellement, frères bien-aimés. Si l’état du résidu du peuple devait être examiné, le seul moyen était que chacun se jugeât soi-même ; et si nous-mêmes devons être l’objet d’un réveil collectif, il nous faut commencer chacun chez soi. C’est ce que fit Néhémie : «… Je m’assis et je pleurai ; et je menai deuil plusieurs jours, et je jeûnai, et je priai le Dieu des cieux…» (1:4). Sa douleur était réelle, profonde ; son visage trahissait la souffrance qui accablait son esprit. Le roi le remarqua, car Néhémie était triste en sa présence, et il lui dit : «Pourquoi as-tu mauvais visage, et pourtant tu n’es pas malade ? Cela n’est rien que de la tristesse de coeur» (2:2). Alors Néhémie dit au roi la cause de sa tristesse : «… la ville, le lieu des sépulcres de mes pères, est dévastée, et ses portes sont consumées par le feu» (2:3). Le roi l’encouragea à lui faire connaître ses désirs. Mais que fait d’abord Néhémie ? Quelque chose de très beau : «Et je priai le Dieu des cieux» (2:5). Lorsqu’il y a un réel désir de faire la volonté de Dieu, on se tourne beaucoup vers Lui, afin de connaître le désir de son coeur à l’égard de son serviteur. Après avoir prié, Néhémie adressa au roi sa requête. Il lui demanda la permission de s’absenter pendant douze ans, afin d’accomplir l’oeuvre de Dieu et de reconstruire les lieux dévastés de Jérusalem. Il avait prié Dieu avant d’exposer sa requête, et le désir de son coeur fut exaucé ! Le roi lui donna aussi des lettres pour le gouverneur, ainsi qu’une escorte pour l’accompagner.

Ainsi pourvu, Néhémie arriva à Jérusalem. Mais hélas, il n’y trouva personne qui s’intéressât au travail qu’il cherchait à faire. Or, seul, que pouvait-il faire ? Eh bien, il alla de nuit considérer la ville, se rendant compte lui-même de la situation. Puis il essaya d’y intéresser les fils de la captivité : «Venez leur dit-il, et bâtissons la muraille de Jérusalem, afin que nous ne soyons plus dans l’opprobre» (2:17). Il leur parla ensuite de la bonté de Dieu, et de ce que lui avait dit le roi. Et quel effet cela produisit-il sur eux ? «Levons-nous et bâtissons», dirent-ils, «et ils fortifièrent leurs mains pour bien faire (2:18). Tel fut l’effet produit par la piété d’un seul ! L’influence d’un tel homme sur son entourage est extraordinaire. Le Seigneur veuille réveiller chacun de nos coeurs, afin qu’une consécration aussi authentique agisse au milieu de nous.

Mais à peine ce réel dévouement se manifeste-t-il que surgit l’opposition. Qu’est-ce qui peut bien correspondre aujourd’hui à ce dévouement de Néhémie, sinon des âmes se trouvant là où le Saint Esprit veut les réunir, et, une fois là, des coeurs répondant aux droits de Celui au nom duquel ils sont réunis ? Bien-aimés, si c’est à cela que vous vous appliquez, attendez-vous à de l’opposition. Satan se dresse toujours contre ce qui est véritablement pour Dieu. Néhémie et ses frères ne tardèrent pas à s’en apercevoir. Ils furent abreuvés de mépris par Sanballat le Horonite, Tobija le serviteur ammonite, et Guéshem l’Arabe. Comment auriez-vous réagi ? Voyez ce que Néhémie répondit à ses adversaires : «Le Dieu des cieux, lui, nous fera prospérer, et nous, ses serviteurs, nous nous lèverons et nous bâtirons ; mais vous, vous n’avez ni part, ni droit, ni souvenir à Jérusalem» (2:20). Néhémie savait qui l’envoyait faire ce travail, et il avait l’intention de le faire selon la volonté de Dieu. Il adopta une attitude très exclusive. Quel exemple il est pour nous ! Je vous exhorte — et je m’exhorte moi-même — à chercher à accomplir ainsi, sans réserve, la volonté de Dieu. Nous devons chercher à Lui plaire, et Lui nous fera prospérer.

5.3       [Chapitre 3]

Le troisième chapitre de ce livre est très intéressant. Il nous montre comment Dieu observe et enregistre toutes nos actions. Il est parlé de chaque équipe de travailleurs, et de ce que chacun fit individuellement. Remarquez ce qui est dit des Thekohites : ils étaient si dévoués que lorsqu’ils eurent fini leur propre travail, ils s’efforçèrent d’être utiles ailleurs et réparèrent «une seconde portion» (3:27). Mais il est dit autre chose encore de certains Thekohites — car Dieu remarque tout : «mais les principaux d’entre eux ne plièrent pas leur cou au service de leur Seigneur» (3:5). Je considère ce chapitre comme une page type du livre de l’éternité ! Il montre à quel point Dieu prend note des actions de ses saints. C’est dans l’Ancien Testament, la réplique de ce que nous trouvons dans le Nouveau Testament en Romains 16. Là encore, les oeuvres des saints sont consignées et appréciées d’une manière divine. Phoebé est présentée comme une «servante de l’assemblée» qui aussi «a été en aide à plusieurs». Telle était la lettre de recommandation que l’apôtre pouvait envoyer avec elle lorsqu’elle se rendait dans un autre rassemblement de saints. Hélas, il n’est pas fréquent que nous puissions écrire de telles lettres nous concernant les uns les autres. Mais, dira-t-on, toutes les lettres de recommandations ne sont-elles pas semblables ? Celles de l’apôtre ne l’étaient pas, si l’on en juge d’après Romains 16. Il prend soin de reconnaître à chacun le mérite de son propre service. De même, en Néhémie 3, l’Esprit de Dieu remarque le travail particulier que chaque groupe, et même chaque personne, faisait au service de l’Éternel à ce moment-là.

Voyez le verset 10 où est rappelé le travail d’une seule personne : «Et à côté d’eux répara Jedaïa, fils de Harumaph, savoir vis-à-vis de sa maison». Cela est très instructif. Le Seigneur voit et sait ce qu’il y a à faire «vis-à-vis de nos propres maisons». Il prend connaissance du travail des saints même lorsqu’ils accomplissent ce qu’ils jugent être un très petit service. Le travail que l’on fait chez soi n’est pas spectaculaire, mais Dieu le voit très bien. C’est un service très important. Peut-être ne pouvez-vous prier dans l’assemblée, celle-ci n’étant pas l’endroit assigné par Dieu à certains pour le faire. Mais y a-t-il chez vous des inconvertis ? Cherchez-vous à gagner leur âme à Christ ? Vous efforcez-vous de vivre de telle sorte que Christ soit honoré à leurs yeux ? Voilà un service très agréable à Dieu, et, dans son Livre, vous verrez qu’il en est fait mention tout particulièrement : «À côté d’eux répara Jedaïa… vis-à-vis de sa maison».

Mais peut-être y en a-t-il qui n’ont pas de domicile personnel, et qui logent chez d’autres ? Le service d’une telle personne est mentionné au verset 30 : «Après eux, Meshullam, fils de Bérékia, répara vis-à-vis de sa demeure». C’est là qu’il faisait sa part du travail, dont il est aussi tenu compte. Le service des soeurs n’est pas oublié non plus : «Et à côté d’eux rép