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SIMON PIERRE
SA VIE ET SES ÉPITRES
W. T. P. Wolston
D’après l’anglais (19ème siècle). Traduction française publiée
par
Éditions de Bibles et Traités Chrétiens, Vevey, 1950
Table des matières abrégée :
3 En compagnie de Christ — Marc 1:28-37 ; 3:13-19
4 Marchant sur les eaux — Matthieu 14
5 Un modèle de prière — Matthieu 15:1-20
6 La double confession — Jean 6:23-71 ; Matthieu 16:13-28
7 La transfiguration et le tribut — Matthieu 17
8 Le lavage des pieds — Jean 13
9 Les questions de Pierre — Luc 12 ; Matthieu 18, 19, etc.
10 Criblé comme le blé — Luc 22:31-34, 54-62
11 Restauration et un nouveau mandat — Jean 20:21
12 La Pentecôte et sa première prédication — Actes 1:2
13 Le boiteux — Actes 3 ; 4:1-22
14 L’Esprit du Seigneur tenté — Actes 4:23-37 ; 5:1-16
15 Signes et miracles — Actes 5:12-8
16 Quinze jours avec Paul — Actes 9 ; Galates 1
17 Corneille et sa maison — Actes 10-11:1-18
18 Il sort de prison — Actes 12
19 Résistance à Antioche — Actes 15 ; Galates 2
20 Épitres : 1 Pierre 1 — Notre appel céleste
21 Épitres : 1 Pierre 2 — Notre sacrificature sainte et royale
22 Épitres : 1 Pierre 3 — Notre chemin de souffrance
23 Épitres : 1 Pierre 4 — Notre administration
24 Épitres : 1 Pierre 5 — Exhortations
25 Épitres : 2 Pierre 1 — Participants de la nature divine
26 Épitres : 2 Pierre 2 — Reniant le Maître qui les a achetés
27 Épitres : 2 Pierre 3 — Où est la promesse de sa venue ?
Table des matières détaillée :
3 En compagnie de Christ — Marc 1:28-37 ; 3:13-19
4 Marchant sur les eaux — Matthieu 14
5 Un modèle de prière — Matthieu 15:1-20
6 La double confession — Jean 6:23-71 ; Matthieu 16:13-28
7 La transfiguration et le tribut — Matthieu 17
8 Le lavage des pieds — Jean 13
9 Les questions de Pierre — Luc 12 ; Matthieu 18, 19, etc.
9.1 Question 1 — Responsabilité et récompense
9.2 Question 2 — Comment pardonner
9.3 Question 3 — Dévouement et récompense
9.4 Question 4 — Prière et pardon
9.5 Question 5 — Veille et travail
9.6 Question 6 — Intimité et ses résultats
9.7 Question 7 — Confiance en soi et son issue
10 Criblé comme le blé — Luc 22:31-34, 54-62
11 Restauration et un nouveau mandat — Jean 20:21
12 La Pentecôte et sa première prédication — Actes 1:2
13 Le boiteux — Actes 3 ; 4:1-22
14 L’Esprit du Seigneur tenté — Actes 4:23-37 ; 5:1-16
15 Signes et miracles — Actes 5:12-8
16 Quinze jours avec Paul — Actes 9 ; Galates 1
17 Corneille et sa maison — Actes 10-11:1-18
18 Il sort de prison — Actes 12
19 Résistance à Antioche — Actes 15 ; Galates 2
20 Épitres : 1 Pierre 1 — Notre appel céleste
21 Épitres : 1 Pierre 2 — Notre sacrificature sainte et royale
22 Épitres : 1 Pierre 3 — Notre chemin de souffrance
23 Épitres : 1 Pierre 4 — Notre administration
24 Épitres : 1 Pierre 5 — Exhortations
25 Épitres : 2 Pierre 1 — Participants de la nature divine
26 Épitres : 2 Pierre 2 — Reniant le Maître qui les a achetés
27 Épitres : 2 Pierre 3 — Où est la promesse de sa venue ?
Ce passage du quatrième Évangile nous présente sans doute le moment où Simon Pierre, le pêcheur de Bethsaïda, vit le Seigneur Jésus pour la première fois et apprit à le connaître. Aucun événement dans la vie d’un homme n’offre une plus grande importance — le moment où il entre en contact personnel avec son Sauveur. Aussi chacun de nos cœurs devrait-il se poser cette question et y répondre devant Dieu : ai-je à faire avec ce Sauveur vivant ? Quelle joie dut éprouver André, ce jour-là, en amenant son frère à Jésus, en lui faisant rencontrer son Sauveur !
Voyons maintenant comment cet homme au cœur si chaud — Simon, le fils de Jonas — connut le Seigneur, car les anneaux de la chaîne qui conduisent à la conversion, que ce soient les siens, les vôtres ou les miens, sont toujours très intéressants.
À cette époque, Dieu avait envoyé un serviteur à Israël, afin de réveiller le peuple dans le pays tout entier. Ce n’était pas un prophète au doux langage que Jean-Baptiste : il dévoilait à ses auditeurs leurs péchés et leur misère ; et pourtant des multitudes se rassemblaient autour de lui (voir Matt. 3:1-12) jusqu’à ce qu’il pût les abandonner au Sauveur. Jean prêchait la repentance : « Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché », paroles incisives, propres à atteindre les consciences. Ainsi éveillés à la perspective du jugement à venir, ils interrogent : « Que faut-il que nous fassions ? » (voir Luc 3:1-14), et la réponse leur parvient énergique, sans ambages.
Aux publicains, Jean Baptiste recommandait : « Ne percevez rien au-delà de ce qui vous est ordonné » ; aux soldats, il disait : « Ne commettez pas d’extorsions, ni n’accusez faussement personne, et contentez-vous de vos gages » ; et encore : « Déjà même la cognée est mise à la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu ». Dans un sens, Jean prédisait ainsi la ruine de la nation. Si la cognée était mise à la racine de l’arbre, elle dévoilerait l’état intérieur, et peut-être même la pourriture du cœur de l’arbre. Si la cognée de la Parole de Dieu ouvre — ainsi qu’elle le fait — le cœur de l’homme, elle prouve qu’il est corrompu jusqu’à la moelle (voir Marc 7:20, 23).
Jean usait d’un langage sévère quand les multitudes s’assemblaient autour de lui. « Race de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère qui vient ? » Cette admonestation ne tombait pas seulement dans les oreilles de gens simples, mais aussi dans celles de « plusieurs des pharisiens et des sadducéens qui venaient à son baptême », qui cherchaient avidement à échapper à la condamnation de l’enfer.
Jean ne pouvait pas donner le pardon à ses auditeurs, ni leur parler de la grâce, mais il les engageait à se repentir sincèrement, et à être baptisés dans les eaux du Jourdain, tout en confessant leurs péchés. Pendant qu’il baptisait, vint à lui un homme, que Jean connaissait pour être celui qui n’avait pas de péché. Le seul homme pur de tout péché qui fût jamais en ce monde demanda à Jean de le baptiser ; bien que sans souillure, il prit sa place avec le résidu qui se confiait en Dieu. Au moment où il sortait de l’eau, l’Esprit de Dieu descendit sur lui comme une colombe, et une voix venant des cieux, proclama : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matt. 3:17).
Peu après, Jean vit Jésus venir un jour à lui, et il lui rendit ce merveilleux témoignage : « Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! C’est de celui-ci que moi, je disais : Après moi vient un homme qui prend place avant moi, car il était avant moi… Et Jean rendit témoignage, disant : J’ai vu l’Esprit descendant du ciel comme une colombe, et il demeura sur lui. Et pour moi, je ne le connaissais pas ; mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là me dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre, et demeurer sur lui, c’est celui-là qui baptise de l’Esprit Saint. Et moi, j’ai vu et j’ai rendu témoignage que celui-ci est le Fils de Dieu » (Jean 1:29-34). Jean avait compris : celui-là seul pouvait bénir l’homme. Acceptons d’abord l’œuvre expiatoire de l’Agneau de Dieu, et nous recevrons ensuite celui qui baptise de l’Esprit Saint ; Jésus est celui qui peut ôter nos péchés, il est aussi celui qui donne le Saint Esprit et qui bénit. Il enlève le péché de deux façons : pour les siens, il annule leurs péchés en mourant sur la croix ; quant à ceux qui, hélas ! le refusent, il les baptise du feu, c’est-à-dire, le jugement viendra sur eux.
Le premier témoignage de Jean à l’égard de Jésus semble avoir produit peu d’effet — personne ne suivit le Seigneur — c’est pourquoi de nouveau sa voix s’élève, le lendemain, et il répète : « Voilà l’agneau de Dieu ! » Jean ne prêche pas ici ; il aimait son Maître et considérait sa beauté morale ; en prononçant ces mots : « Voilà l’agneau de Dieu », il devient le moyen de présenter à l’Époux le germe de l’Épouse future, symbolisée par le fait que deux de ses propres disciples le quittèrent pour suivre Jésus. L’Église ne sera formée que plus tard. L’un des deux qui entendirent parler Jean était André, et l’autre, peut-être l’auteur de cet évangile, celui qui se nomme seulement sous le nom de : « le disciple que Jésus aimait », Jean, le fils de Zébédée.
Jean Baptiste parlait avec tendresse pendant que ses yeux se reposaient sur l’Homme incomparable qu’il connaissait pour être l’Éternel, celui qui venait prendre sur lui toute la question du péché. À l’ouïe de ces mots : « Voilà l’agneau de Dieu », les deux disciples quittèrent Jean pour suivre Jésus ; désormais Jean disparaît et Jésus occupe toute la scène.
Jésus se retourne, voit les deux disciples qui le suivent, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Pouvons-nous répondre comme eux : « Maître, où demeures-tu ? » C’est-à-dire, nous te désirons, toi, nous désirons savoir où nous pouvons être sûrs de toujours te trouver. « Ils allèrent donc, et virent où il demeurait ». Capernaüm, appelée « sa propre ville » (Matt. 9:1), est la localité où il accomplit ses œuvres les plus puissantes, mais c’est aussi celle dont il dut dire à la fin : « Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusque dans le hadès ; car si les miracles qui ont été faits au milieu de toi eussent été faits dans Sodome, elle serait demeurée jusqu’à aujourd’hui. Mais je vous dis que le sort du pays de Sodome sera plus supportable au jour du jugement que le tien » (Matt. 11:23-24). Plus le privilège est élevé, plus sera terrible le jugement pour ceux qui n’y auront pas répondu.
« Ils allèrent donc, et virent où il demeurait ; et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là : c’était environ la dixième heure », autrement dit, il restait encore deux heures de la journée. Oh ! deux heures avec Jésus ! Avons-nous essayé de passer deux heures avec Jésus ? Si tel est le cas, nous ferons comme les disciples : ils cherchent à partager leur joie, et rendent témoignage aussitôt. André, cet homme tranquille, dont nous ne savons plus rien, sinon qu’il accompagna le Seigneur jusqu’à la fin, devient le moyen de conversion d’un des hommes les plus éminents parmi les douze, un homme dont la vie et le ministère occupent une si large place dans les Écritures, et qui fut, lui-même, à la Pentecôte, le moyen de la conversion de trois mille personnes en un jour.
Quel témoignage magnifique que celui d’André : il commence par sa famille : « Celui-ci trouve d’abord son propre frère Simon » ; il débute au centre pour continuer dans son entourage. Non seulement, il « trouve » Simon, mais « il le mena à Jésus ». Heureux service ! Il me semble entendre ce courageux pêcheur dire à son frère : « Nous avons trouvé le Messie (ce qui signifie Christ) ; viens à lui, Simon », et il vient.
Point n’était besoin d’avoir beaucoup d’intelligence, il s’agissait de connaître une Personne, à qui André amène son frère. « Jésus, l’ayant regardé, dit : Tu es Simon, le fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (qui est interprété Pierre) ». Moment solennel dans l’histoire de Pierre ; il arrive dans la présence du Seigneur, et qu’apprend-il ? Il apprend que celui qu’il n’avait jamais vu encore, et qui ne l’avait jamais vu lui non plus, n’ignorait rien de tout ce qui le concernait. Jésus savait ce qu’était Pierre, un pécheur. Mais pourquoi le Seigneur, en s’adressant au nouveau venu, change-t-il son nom ? Dans l’Ancien Testament, les changements de nom sont fréquents ; Dieu changea le nom d’Abram, de Saraï, de Jacob ; Pharaon celui de Joseph, Nébucadnetsar celui de Daniel, et le roi d’Égypte celui du dernier roi de Juda. Le changement de nom suppose que l’on devient le vassal, la propriété de celui qui le fait. Le Seigneur semble dire par là à Simon : « Tu es mien, esprit, corps et âme, et je ferai de toi ce que je veux ». « L’heure vient, et elle est maintenant, que les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront » ; ces paroles s’accomplirent dans l’histoire du pêcheur galiléen. Simon entendit la voix du Fils de Dieu ; peut-être bien qu’au moment même, il ne comprit pas toute la portée de ces mots, mais, plus tard, dans sa première épître, il put écrire : « Duquel vous approchant comme d’une pierre vivante… vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle ». Qu’est-ce qu’une pierre ? Une parcelle de rocher. Qu’est un chrétien ? Une parcelle de Christ, car il est membre du corps de Christ.
Les croyants dans le Seigneur Jésus Christ sont liés, unis à lui. Pierre apprit cette vérité, peu à peu, il est vrai, mais, plus tard, il en réalisa toute la nécessité et toute la bénédiction. Dans ce passage, il veut dire que Christ nous communique cette vie qui est la sienne, nous faisons ainsi partie intégrante de cette maison que Dieu construit. Être une pierre vivante, n’est-ce pas une chose très différente que d’être un pécheur mort ? Comment obtenir cette vie ? En demeurant en contact personnel avec Jésus. André amena Pierre à Jésus, et Jésus lui dit : « Tu es Céphas, c’est-à-dire Pierre ». Tu es une pierre vivante, et, depuis cet instant, tu m’appartiens.
Toute la question du péché a été résolue par la mort de Christ, car, par sa mort, il a annulé le péché et détruit celui qui avait le pouvoir de la mort. Et maintenant, assis à la droite de Dieu, il nous dit : « Regardez à moi, venez à moi ». Si nous allons à lui, non seulement il nous donnera la vie éternelle, mais encore il fera de nous des pierres vivantes. Pierre, ce jour-là, reçut la vie que lui communiqua le Fils de Dieu. Il « passa de la mort la vie » pendant qu’il se tenait devant le Fils de Dieu ; et dès cet instant, son âme fut pour toujours liée au Seigneur. Il ne nous est pas dit qu’il suivit le Seigneur sitôt converti ; mais il fut animé le la vie même de Jésus et devint une « pierre vivante ». Tel est le récit de sa conversion.
Les événements, rapportés dans notre premier chapitre, précédaient évidemment d’un certain temps ce qui nous est relaté ici. Bien que converti, l’homme ne commence pas toujours par suivre le Seigneur. Tel fut, semble-t-il, le cas de Simon. Nous ne savons pas s’il accompagna le Seigneur dans ses pérégrinations entre Jean 1 et Luc 5 ; en tout cas, même s’il le fit, il dut reprendre ses anciennes habitudes et la vie de pêcheur qu’il menait avant sa rencontre avec le Seigneur.
Puis, nous n’entendons plus parler de Pierre, jusqu’à ce jour mémorable de son histoire, où nous le voyons s’apprêter à suivre Jésus et à tout abandonner dans ce but ; c’est ce que nous appellerons sa consécration. Le pêcheur est en plein travail quand survient le Seigneur ; poursuivant son œuvre de grâce et de miséricorde, il utilise la nacelle de Simon pour enseigner les foules avec plus d’aisance. Qu’on se représente cette scène bénie, telle que nous la décrit le Saint Esprit : « Il arriva, comme la foule se jetait sur lui pour entendre la parole de Dieu, qu’il se tenait sur le bord du lac de Génésareth ». Une foule, à cet endroit, peut facilement s’expliquer, car c’était une des régions les plus populeuses de la Palestine. En regardant à droite depuis le lac, on voyait au loin Capernaüm, « sa propre ville », tandis que Chorazin, Bethsaïda, Magdala et Tiberias, proches les unes des autres, se succédaient sur la rive ouest du lac bleu, dont les eaux profondes étincelaient sous les rayons du soleil du matin. La flotille rentrait à Bethsaïda (mot qui signifie : la maison du poisson), son port d’attache (?). Pierre, avec l’aide de Jacques et de Jean, et probablement aussi de son frère André, travaillait dans une entreprise importante, puisque des « gens à gages » restaient au service de Zébédée, après que ces quatre furent appelés à suivre le Seigneur (voir Marc 1:16-20). Tout est trouble et agitation en ce qui concerne la vie humaine quand le Seigneur apparaît.
Le récit de Luc se rapporte-t-il aux mêmes faits que celui mentionné par Matthieu 13:2 : « Et de grandes foules étaient rassemblées auprès de lui, de sorte que, montant dans une nacelle, il s’assit ; et toute la foule se tenait sur le rivage » ? Quoi qu’il en soit, l’action du Seigneur est significative, lorsque « montant dans l’une des nacelles qui était à Simon, il le pria de s’éloigner un peu de terre ; et, s’étant assis, il enseignait les foules de dessus la nacelle » (Luc 5:3). Le but du Seigneur, dans ce geste, est clair : il désirait que ceux auxquels il s’adressait pussent l’entendre facilement. Pour chaque petit détail, nous pouvons prendre modèle sur lui.
Luc ne nous rend pas compte du sujet traité par le Seigneur dans son discours ; mais, en supposant que Matt. 13 se rapporte aux mêmes événements, nous puiserons dans cet Évangile nos renseignements complémentaires. Les paroles entendues ce matin-là — Pierre avait lâché le raccommodage de ses filets pour écouter le Seigneur — durent certainement exercer sur lui une grande influence pour la suite de sa vie. Le Fils de Dieu, tel le semeur, répandait libéralement la semence : « La semence est la parole de Dieu ». Le cœur de l’homme est le terrain. Ainsi, la graine tomba, ce jour-là, dans le cœur du disciple et produisit du fruit au centuple. Les effets de la Parole de Dieu sont toujours à longue portée, quoique le fruit soit parfois lent à paraître.
Son discours terminé, le Seigneur se tourne vers Simon avec l’intention de le bénir abondamment. En Jean 1, il avait cherché à lui donner une leçon, en lui faisant comprendre ceci : « Pierre, tu m’appartiens », mais le pêcheur ne dut pas l’avoir entièrement saisie. Aujourd’hui, il reçoit un autre enseignement : « Pierre, toi et tout ce que tu possèdes, vous m’appartenez ». Jésus était monté dans la nacelle de Pierre, sans rien demander, parce qu’elle lui appartenait ; maintenant, il commande : « Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche » ; à quoi Pierre répond : « Maître, nous avons travaillé toute la nuit, et nous n’avons rien pris ; mais sur ta parole, je lâcherai le filet ». Simon obéit, il connaît un peu celui qui lui parle, et découvre pour finir que, jamais encore, il n’avait fait une pêche aussi fructueuse.
Sa réponse révèle en même temps sa faiblesse et sa foi : faiblesse en ce qui concerne ses propres efforts, et sa foi en celui qui l’invite à lâcher les filets. On n’attrape pas de poisson à la lumière du jour, c’est pourquoi les pêcheurs tendent leurs filets la nuit. La raison aurait jugé que, n’ayant rien trouvé la nuit précédente, on ne prendrait certainement rien en plein jour. Mais la raison ne joue aucun rôle devant Dieu ; la foi seule le comprend ; et « l’obéissance de la foi », aussi bien que sa confiance, se manifeste par ces mots : « Sur ta parole je lâcherai le filet ».
Tout de suite, il se remplit à se rompre, et Simon doit avoir recours à ses compagnons pour le tirer, si bien que « les deux nacelles enfonçaient ». Surpris et effrayé par ce miracle, persuadé en même temps de son état de péché, Pierre « se jeta aux genoux de Jésus, disant : Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ». Il ne voyait pas, en cet instant, deux nacelles pleines de poissons, mais il distinguait la gloire de Dieu dans le Fils de l’homme, le Messie, le Fils de Dieu ; l’obéissance des poissons au Seigneur devait lui rappeler les versets du Psaume 8:4-8. Il est convaincu de sa culpabilité, jamais encore son état de péché ne s’était présenté à lui dans toute sa vérité, et il réalisait enfin qui il était. En Jean 1, il avait compris quelque chose touchant la personne même de Jésus, ici il fait un pas de plus dans cette connaissance ; mais il devait encore apprendre que, par lui-même, il ne pouvait rien et n’était bon à rien. Sentant son incapacité totale, il s’approche de Jésus autant qu’il peut, et s’écrie : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ».
Cette expérience est des plus importantes pour chacun de nous. Jean 1 n’avait pas soulevé la question du péché chez Pierre ; là tout est grâce. Ici, le Seigneur permet que cette question soit formulée afin d’atteindre la conscience de Simon. En Jean 1, la grâce, se dégageant de la personne même du Seigneur, a attiré le cœur ; ici, c’est un rayon de la gloire divine qui en illumine les plus profonds recoins. L’effet est immédiat ; la vie de l’homme tombe dans l’ombre la plus profonde. « Pécheur », c’est ainsi qu’il se juge lui-même, d’autant plus parce qu’il n’a pas suivi le Seigneur depuis le jour où il lui parla pour la première fois.
Telle est l’œuvre de la grâce. Pierre est convaincu spirituellement, humilié moralement, amené ainsi au jugement de lui-même devant le Seigneur, comme Job quand il s’écriait : « Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu : c’est pourquoi j’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre » (Job 42:5-6) ; et comme Ésaïe : « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées » (Ésaïe 6:5). L’intrépide pêcheur de Galilée rejoint le patriarche et le prophète dans le chemin de l’humilité et du jugement de soi-même ; d’un cœur brisé, il s’écrie : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ».
On ne saurait assez apprécier l’importance d’un tel travail dans une âme ; le défaut du jugement de nous-mêmes explique la faiblesse de notre témoignage. La graine ne peut pas pousser de racines dans un terrain non labouré. Plus sera profond le sillon formé par le sentiment de sa propre culpabilité, plus seront profondes les racines, et plus abondera le fruit produit dans les jours à venir. On voudrait discerner davantage ce travail, là où l’Évangile est annoncé. Si une repentance véritable et sincère se produit grâce au travail de l’Esprit Saint, seulement alors pourra-t-on récolter une moisson au centuple, telle celle que le Seigneur se réjouit d’amasser.
Pierre se sentait tout à fait indigne de rester près de Jésus, et pourtant il ne pouvait pas faire sans lui. Ses actions et ses paroles se contredisent étrangement. « Il se jeta aux genoux de Jésus » — c’est-à-dire qu’il vint aussi près de lui que possible — puis il dit : « Seigneur, retire-toi de moi ». Il ne supposait pas que le Seigneur s’éloignerait de lui, néanmoins il avait moralement raison. Il se savait profondément indigne de Jésus, mais ne pouvait pas vivre sans lui ; ainsi en est-il toujours pour celui qui prend conscience de la présence du Seigneur.
Jésus calme doucement ce cœur troublé en lui disant : « Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes ». Il apaise d’une façon bénie cette âme inquiète : « Ne crains pas » ; maintenant encore, il dit à tous ceux qui sont tourmentés : « Ne crains pas ».
« Et ayant mené les nacelles à terre, ils quittèrent tout et le suivirent ». Sans doute, pourrait-on juger Pierre extrêmement imprévoyant et même négligent d’abandonner une aussi riche pêche ; une seule chose compte pour lui, et il répond immédiatement à l’appel du Seigneur : « Venez après moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Matt. 4:19 ; Marc 1:17), il laisse tout ce qu’il avait apprécié jusqu’alors. Son cœur désirait être avec le Seigneur, et avec le Seigneur seulement. Christ éclipse toute autre chose dans son âme ; il quitte tout pour être près de ce Sauveur, pour être son compagnon et son serviteur. Quel choix heureux, quelle soumission bénie de la foi et quelle réponse dictée par l’affection !
Nous ne sommes pas tous appelés, comme Pierre, à laisser une vocation terrestre pour suivre le Seigneur, mais le principe subsiste. La grâce une fois connue, la paix et la joie remplissent le cœur ; la parole divine se fait entendre à nos oreilles : « Ne crains pas », après une confession sincère ; alors suivre le Seigneur est le seul chemin sûr et droit pour l’âme née de nouveau. Nous devons briser tout lien avec le monde, si nous désirons jouir de la faveur du Seigneur. Se décider fermement pour Christ est de toute importance. Pierre tourna le dos au monde, au moment où le monde devenait le plus attrayant, et où lui-même aurait pu réussir mieux que jamais. C’est particulièrement remarquable. En général, les hommes s’adressent au Seigneur quand tout leur fait défaut, et quand leur vie devient, pour ainsi dire, une faillite. Pierre se consacre au Seigneur et à son service quand ses affaires sont le plus florissantes, et que tout paraît contribuer à le faire rester là où il avait trouvé sa joie jusqu’à maintenant. Une éclipse s’est produite ; il est introduit effectivement auprès du Seigneur de gloire, et, dès lors, toutes autres choses disparaissent à ses yeux, et deviennent insignifiantes, comparées à la bénédiction qu’il y a à s’approcher et à vivre dans la compagnie de celui qui a dit : « Suis-moi ».
L’Évangile poursuit l’histoire de Pierre, et nous conduit avec le Seigneur dans la maison même de Simon, lors d’une circonstance tout à fait opportune. Il sort de la synagogue où il vient de chasser un esprit immonde hors d’un homme, et aussitôt (un mot caractéristique de Marc) il entre chez Pierre ; « la belle-mère de Simon était là couchée, ayant la fièvre ; et aussitôt ils lui parlent d’elle ». Quoi de plus naturel que de parler au Seigneur d’une femme malade ? D’un mot il la guérit.
On entend souvent dire, et on enseigne qu’un homme ne doit pas se marier s’il veut suivre le Seigneur. En peu de mots, nous apprenons que Simon était marié, et qu’il était même un homme aux affections assez largement ouvertes pour prendre la mère de sa femme chez lui, dans sa propre maison. À notre époque où les belles-mères sont si souvent peu appréciées, Dieu nous présente ici un témoignage contraire, et ne nous le rappelle certainement pas pour rien.
Comme la femme de Pierre devait trembler ! Sa mère, ce qu’elle avait peut-être de plus cher à part son mari (car il ne nous est pas parlé d’enfants) était malade, avec une forte fièvre (Luc 4:38). Mais Jésus « s’approchant, il la fit lever en la prenant par la main ; et aussitôt la fièvre la quitta ; et elle les servit », au lieu d’être servie.
Est-ce par hasard que le Seigneur se rendit dans cette maison à ce moment-là ? Certainement pas. Quelques jours auparavant, Pierre avait tout quitté pour suivre le Seigneur. Voyant son mari abandonner son métier, sa femme pouvait — considération très plausible — éprouver de l’anxiété quant à leurs moyens d’existence. Même si elle ne disait rien, elle se demandait peut-être : « Comment allons-nous subvenir à nos besoins ? » Le Seigneur vient chez elle, dans sa maison ; il prend sa mère par la main et d’un mot la guérit. Ce geste dut suffire pour rassurer sa fille et lui montrer combien Pierre avait raison de suivre le Seigneur sans arrière-pensée.
Scène bien typique : le Seigneur se plaît à faire reposer ses serviteurs, mais il aime leur donner aussi la liberté de le suivre. Il est doux de penser que son regard s’abaisse sur la femme, souvent solitaire à la maison, avec ses charges et ses soucis, pendant que son mari, appelé à agir en public, se trouve nécessairement absent. Femmes d’évangélistes, et vous autres servantes du Seigneur, n’oubliez pas qu’il pense à vous.
Passant au chapitre 3 de Marc, examinons l’appel spécial que Pierre reçut du Seigneur. Après une nuit passée en prière (Luc 6:12), Jésus choisit ceux qui devaient être ses disciples. Nous lisons : « Il en établit douze pour être avec lui ».
Bien des gens estiment une chose merveilleuse que d’être sauvé, d’échapper à la condamnation de l’enfer, d’aller au ciel ; c’est incontestable. Mais dans l’Écriture, aller au ciel signifie toujours : être avec une personne. « Absents du corps, présents avec le Seigneur » — « Déloger et être avec Christ, cela est de beaucoup meilleur », tel est le langage des Écritures. Être avec lui, jouir de la présence du Seigneur Jésus Christ, voilà à quoi Dieu nous appelle ; les disciples, d’une façon toute spéciale, furent appelés à être avec lui.
Ici (Marc 3:16), comme dans tous les Évangiles, le nouveau nom de Simon vient en tête de liste, pour que notre attention se porte sur lui (voir Matt. 10:2 ; Luc 6:14 ; Jean 21:2). Non qu’il fût revêtu d’une autorité ou d’une sorte de primauté quelconque sur ses compagnons, mais son ardeur naturelle, son zèle impulsif et très dévoué le mettaient toujours au premier rang. Une question se pose-t-elle, Pierre généralement la formule ; s’il s’agit de rendre témoignage au Seigneur, Pierre est le porte-parole. Sa spontanéité le met bien souvent en danger, et finira même par lui faire renier son Seigneur ; néanmoins, l’histoire de Pierre est un magnifique exemple de dévouement au Seigneur ; s’il fait un faux pas, le Seigneur, dans sa fidélité et dans sa sagesse infinies, nous en parle, et le place devant nous comme un signal d’avertissement, de crainte que nous aussi nous n’échouions contre les mêmes écueils. Seul un cœur entièrement dévoué à la personne de Christ nous indiquera le chemin à suivre ; une simple foi ne suffit pas. S’il n’y a pas une véritable affection qui nous rapproche de lui, et qui nous ramène à lui rapidement, si nous nous éloignons, notre témoignage est sans valeur pour nous, et ne saurait lui plaire. Apprenons la même leçon que Pierre, c’est-à-dire : le Seigneur désire m’avoir avec lui, il désire ma compagnie.
Mais le Seigneur poursuit un autre but encore en réunissant les douze autour de lui. Luc nous le rapporte en ces termes : « Or il arriva, en ces jours-là, qu’il s’en alla sur une montagne pour prier. Et il passa toute la nuit à prier Dieu. Et quand le jour fut venu, il appela ses disciples. Et en ayant choisi douze d’entre eux, lesquels il nomma aussi apôtres : Simon, qu’il nomma aussi Pierre », etc. (6:12-14). Marc dit ceci : « Et il en établit douze pour être avec lui, et pour les envoyer prêcher, et pour avoir autorité de guérir les maladies et de chasser les démons ; et il surnomma Simon, Pierre » (3:14-16). Remarquons ce qui précède le choix. Lui, le Seigneur de tous, et qui connaissait toutes choses, « passa toute la nuit à prier Dieu », avant de choisir ses compagnons et de les nommer apôtres. Pour nous, quelle leçon de dépendance de Dieu ! Luc seul le mentionne, lui qui fait ressortir le chemin de l’homme parfaitement dépendant. Aussi, ne sommes-nous pas surpris de trouver le Seigneur sept fois en prière dans cet évangile (3:21 ; 5:16 ; 6:12 ; 9:18-29 ; 11:1 ; 22:41). Chaque occasion présente une leçon particulière pour nos cœurs.
Le nouveau nom de Simon (Pierre) est confirmé, et sa vocation apostolique s’affirme, en même temps que nous sommes renseignés sur la signification du terme « apôtre ». Jésus nomme ainsi les douze, nous dit Luc ; et Marc ajoute cette explication : « Pour les envoyer prêcher, et pour avoir autorité de guérir les maladies et de chasser les démons ». Le travail apostolique est parfaitement clair — annoncer Dieu, guérir l’homme et vaincre le diable. Rien d’étonnant à ce que Satan ait cherché à faire trébucher le plus marquant de tous et qu’il ait trouvé son plaisir à entrer dans le plus faible, un « voleur » et un « diable » ; l’un devenant ainsi un instrument pour déshonorer leur Maître, et l’autre l’agent de sa mort.
Matthieu 10 et Luc 9 situent le moment précis où le Seigneur reporta sur Pierre et les onze le pouvoir dont nous avons parlé, et les envoie accomplir leur mission ; de là revenons à Marc 6:30 où « les apôtres se rassemblent auprès de Jésus ; et ils lui racontèrent tout : et tout ce qu’ils avaient fait, et tout ce qu’ils avaient enseigné ». Combien le Seigneur apprécie, et combien il sympathise aux fatigues endurées pendant ce service, le verset suivant nous le prouve : « Venez à l’écart vous-mêmes dans un lieu désert, et reposez-vous un peu ». Le Maître donne à ses serviteurs tout le nécessaire pour accomplir leur tâche, il sait où les envoyer ; mais, à leur retour, il prend soin d’eux et les restaure, que ce soit, comme ici, dans la réussite de l’action, ou dans l’abattement des difficultés rencontrées.
Passons maintenant au chapitre 8 de Luc. Voici de nouveau Pierre au premier plan (Luc 8:40-56). Le Seigneur répond d’une façon merveilleuse à chaque appel et à chaque besoin, les récits de cet évangile semblent résoudre nos moindres difficultés. Jaïrus, premièrement, vient à la rencontre de Jésus pour lui parler de sa fille mourante ; il reçoit une réponse immédiate. Puis les foules l’entourent et le pressent ; une femme, qui avait dépensé tout son avoir en consultant des médecins, sans parvenir à se guérir, vient et touche le bord de son vêtement. Exactement comme aujourd’hui. Les gens passent leur vie à écouter toutes sortes de docteurs spirituels, au lieu de venir simplement à Christ. La religion ne peut pas leur assurer le salut, elle les condamnera plutôt, il faut avoir à faire à un Sauveur personnel pour être sauvé. La femme entend parler de Jésus et s’approche ; sitôt qu’elle l’a touché, elle en ressent du bien, alors elle peut s’avancer et rendre témoignage. Elle avait obtenu ce qu’elle désirait : elle avait été guérie aussitôt mise en contact avec le Sauveur. Jésus dit : « Qui est-ce qui m’a touché ? » Notre pauvre Pierre, étourdi, ne peut s’empêcher de s’écrier : « Maître, les foules te serrent et te pressent, et tu dis : Qui est-ce qui m’a touché ? Et Jésus dit : Quelqu’un m’a touché, car je sais qu’il est sorti de moi de la puissance ». Tel est le chemin ; si nous parvenons assez près de lui pour toucher le bord de son vêtement, il use de sa puissance pour nous soulager et nous donner tout ce dont nous avons besoin. Le Seigneur ne nous repousse jamais ; il nous encourage à venir à lui, car toujours il apaise l’âme qui s’approche de lui par la foi.
La femme confesse ce qu’elle a fait, et pourquoi elle l’a fait, et ce qu’il en est résulté. Elle a foi en sa bonté, en sa miséricorde ; écoutons la réponse du Seigneur : « Aie bon courage, ma fille ; ta foi t’a guérie ; va-t’en en paix ». Pierre apprit ce jour-là qu’une foule pouvait enserrer son Seigneur, sans que personne ne le touchât réellement, tandis que le moindre contact, par la foi, assure une pleine bénédiction.
Puis, dans la maison de Jaïrus, Pierre reçoit un autre enseignement, alors que le Seigneur annule le pouvoir de la mort. Il avait assisté à la guérison de sa belle-mère, il avait vu la foi agissante pour recevoir la bénédiction, et maintenant il reconnaît celui qui seul peut vaincre la mort, car la mort ne peut exister en sa présence. Jésus seul a pouvoir sur la mort, car il est Prince de la vie. Les brigands, crucifiés avec lui, ne purent mourir avant qu’il ne fût mort ; en mourant, il brisa les liens de la mort, et il sortit victorieux du tombeau.
Dans cette même maison le Seigneur déploie toute sa puissance et sa gloire morale, lorsque, après avoir chassé les moqueurs et les incrédules, il prend la jeune fille par la main en lui disant : « Jeune fille, lève-toi ». « Et il commanda qu’on lui donnât à manger ».
Cette scène symbolise les choses encore à venir. Le jour approche rapidement où le Seigneur, comme chez Jaïrus, aura vaincu la mort et pour toujours. « Le dernier ennemi qui sera aboli, c’est la mort » ; Apoc. 21:1-8 nous décrit cette réalisation. Heureux ceux qui seront les témoins du triomphe final de leur Sauveur ! Aucun de ceux qui l’ont méprisé ne le verra, car ceux-là seront tous jugés, et « jetés dehors » après le jugement du grand trône blanc (Apoc. 20). Pierre, avec tous les croyants, sera témoin de cette victoire finale sur la mort.
Dans ce chapitre, Pierre marche sur les eaux ; cherchons pourquoi. Hérode avait fait décapiter Jean Baptiste, « et ses disciples vinrent et enlevèrent le corps et l’ensevelirent ; et s’en allant, ils rapportèrent à Jésus ce qui était arrivé ». Il me semble voir là deux groupes de personnes ; l’un, les disciples de Jean, attristés d’avoir perdu leur maître ; l’autre les disciples de Jésus revenant de leur première mission, heureux de leur succès (voir Marc 6:30-31). Les deux groupes se rejoignent en la présence du Seigneur, qui les apaise par ces mots : « Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu ». Quelle grâce dans cet appel ! Il s’adresse aussi bien aux travailleurs satisfaits qu’aux disciples découragés ; tous en avaient besoin, mais le désert avec Jésus ne peut pas être un désert.
Voici ensuite la multiplication des pains. Nous assistons à la manière dont le Seigneur renvoie les foules, manière de faire très différente de celle des disciples. Eux avaient l’intention de congédier tout ce monde afin qu’ils achètent eux-mêmes leur pain — des milliers d’affamés qui, inévitablement, seraient devenus des témoins contre Christ ; Jésus les renvoie, heureux, satisfaits, tous témoins de la tendresse de son cœur et de la gloire divine de sa personne. Après quoi, le Seigneur contraint les douze à monter dans une nacelle et à passer sur l’autre rive.
Remarquons la sagesse merveilleuse du Seigneur : en éloignant ses disciples, il désirait les mettre à l’écart du mal, car Jean, au chapitre 6:14-15, nous avertit que les hommes désiraient le faire roi, et que même les apôtres auraient, semble-t-il, souhaité voir leur Maître établi sur un trône terrestre (voir Matt. 20:20-23 ; Actes 1:6). Le Seigneur ne pouvait accepter un royaume, pas plus qu’il ne pouvait régner tant que subsiste le péché. Les disciples envisageaient constamment le royaume terrestre, mais le Seigneur savait qu’il devait mourir pour expier nos péchés avant de l’établir. C’est pourquoi il juge bon d’éloigner ses disciples de la tentation.
Lui, pendant ce temps, monte sur la montagne pour prier. Pour nous, nous le trouvons encore là maintenant, intercédant pour nous, car l’Écriture dit : « Étant toujours vivant pour intercéder pour eux » (Héb. 7:25). Les apôtres, renvoyés dans la soirée, faisaient route vers Capernaüm ; mais « la nacelle était battue par les vagues », et eux « se tourmentaient à ramer », ainsi que nous informe Marc 6:48. Le Seigneur vient vers eux « à la quatrième veille de la nuit ». La distance qu’ils avaient à parcourir n’était guère plus de dix-sept kilomètres ; or, neuf heures s’étaient écoulées depuis leur départ, et ils ne s’étaient éloignés que de « vingt-cinq ou trente stades », c’est-à-dire, environ cinq kilomètres. Nous faisons bien peu de progrès si le Seigneur n’est pas avec nous.
Le lac de Tibériade est connu pour ses orages soudains et violents. La gravité de la situation et la difficulté pour les disciples d’avancer est très compréhensible, si nous nous représentons leur position et les environs. On constate fréquemment sur des lacs intérieurs des tempêtes soudaines et furieuses. Je me souviens d’avoir traversé le lac de Côme un après-midi d’été lumineux, la surface était plane comme du verre. En une heure un orage éclata ; les vagues furent soudainement si violentes qu’aucun petit bateau ne pouvait résister, si bien que nous dûmes attendre jusque tard dans la soirée pour regagner notre but par bateau à vapeur.
Les voyageurs en Palestine semblent avoir fait les mêmes observations ; le Dr Thomson, dans son ouvrage bien connu, donne un compte-rendu pittoresque de ses expériences sur le lac de Tibérias : « Le soleil venait à peine de se coucher quand le vent commença à souffler sur le lac ; il continua toute la nuit toujours plus violemment, si bien que, lorsque nous abordâmes le lendemain matin, la surface du lac était comme un immense chaudron en ébullition… Pour comprendre les causes de ces tempêtes soudaines et violentes, rappelons-nous que le lac est à basse altitude — deux cents mètres environ au-dessous de l’océan ; les vastes plateaux nus du Jaulan, très élevés, s’étendent à l’est jusqu’aux contrées solitaires du Hauran (*), et au nord jusqu’au neigeux Hermon ; les cours d’eau ont creusé des gorges profondes et sauvages, convergeant au bout du lac, et constituant ainsi comme de gigantesques entonnoirs où s’engouffrent les vents froids des montagnes. Lors de la circonstance dont nous venons de parler, nous dressâmes par la suite nos tentes sur le rivage, et restâmes trois jours et trois nuits exposés à ce vent furieux. Nous dûmes fixer la tente avec des doubles cordes, et nous y suspendre fréquemment de tout notre poids, pour empêcher qu’elle ne fût projetée en l’air. Rien d’étonnant à ce que les disciples se fatiguèrent à ramer péniblement toute la nuit » (The Land and the Book, p. 374).
(*) Hauran (Ézéch. 47:16-18), appelé dans la Bible, pays de Basan, grande plaine au nord-ouest de la Palestine, d’une fertilité extraordinaire, s’élève jusqu’aux montagnes du même nom qui la séparent du désert. Elle est coupée de ravines profondes où les vents s’engouffrent avec violence (Note du traducteur).
Mais quels que fussent leurs difficultés et leurs dangers, le Seigneur veillait sur les siens. Sur la montagne, il intercédait, et à la quatrième veille il vient à eux. Jamais il n’oublie les siens dans la peine. « Tenté en toutes choses comme nous », « il est à même de secourir » (Héb. 2:18), « il peut sympathiser » (Héb. 4:15), et « il peut sauver entièrement » (Héb. 7:25). Il opère ces trois choses dans cette scène. Capable de « secourir », il le prouve en « marchant sur la mer » grâce à sa divine puissance ; sa « sympathie », il la témoigne par ces mots : « Ayez bon courage ; c’est moi, n’ayez point de peur » ; tandis que son pouvoir de « sauver » se manifeste envers Pierre, lorsqu’il crie : « Seigneur, sauve-moi ! » Tel est Jésus, notre Jésus, assis maintenant à la droite de Dieu ; ces incidents terrestres nous permettent d’apercevoir quelques reflets bénis de ce qu’il est.
Dans la première partie de ce chapitre (Matt. 14), se manifeste la sympathie de son cœur, et, lors de la multiplication des pains, la puissance de sa main. Et maintenant, tandis que les apôtres se fatiguent et qu’ils sont misérablement ballottés par les vagues, une voix se fait entendre par-dessus la violence du vent et des vagues : « C’est moi, n’ayez point de peur ». À l’ouïe de ces paroles, Pierre, toujours actif, courageux et le cœur débordant d’affection, dit : « Seigneur, si c’est toi, commande-moi d’aller à toi sur les eaux ». Considérons l’énergie et l’amour de cet homme ; le Maître arrive sur la mer démontée, puis, en réponse au mot : « Viens », le disciple imite son Maître, et Pierre, soutenu par la puissance divine, « marcha sur les eaux pour aller à Jésus ». Seuls, l’amour et la foi agiront ainsi, et le Seigneur en est tout réjoui.
L’acte de Pierre, dans cette scène si touchante, a soulevé bien des questions. Au point de vue spirituel, seule existe l’appréciation du Seigneur, lorsqu’il quitte le bateau ; quels que soient les motifs qui l’aient fait agir, ils étaient tout à son crédit. Il désirait être près du Seigneur, il avait raison ; la prudence et le souci de sa propre personne l’auraient fait rester dans la nacelle ; l’affection et la foi le poussent à quitter tout ce sur quoi repose la nature. Quelqu’un, avec moins de zèle et moins d’énergie, se serait épargné semblable défaite, et aurait attendu que le Seigneur entrât dans la barque. Pierre ne doute pas une minute qu’il avait son Maître bien-aimé devant lui — car ce « si c’est toi » n’implique aucun doute — heureux de le voir marcher avec puissance sur les éléments déchaînés ; il compte également sur l’amour du Seigneur qui désire avoir son serviteur auprès de lui. Étourdi et emporté, Pierre, conséquent avec lui-même, car il n’est pas hypocrite, laisse échapper ces mots : « Seigneur, si c’est toi, commande-moi d’aller à toi sur les eaux ». À ce seul mot de réponse : « Viens », il obéit. Ne pas le faire aurait été désobéir. « Et Pierre, étant descendu de la nacelle, marcha sur les eaux pour aller à Jésus ». Il en avait reçu l’autorisation divine par le mot : « Viens » ; la puissance divine, il le savait, ne lui manquerait pas, puisque, maintenant, il était en la présence de celui qui devait être Dieu pour pouvoir ainsi marcher sur les eaux.
Il enfonça, direz-vous. Certainement, mais pourquoi ? parce qu’il quitta la nacelle ? Non, il est dit : « Il marcha sur les eaux pour aller à Jésus ». Pour un instant, il fut comme son Maître ; mais alors, que se passa-t-il ? Aussi longtemps qu’il tint les yeux sur le Seigneur, tout alla bien ; mais, au moment où « il vit que le vent était fort », il enfonça. Le vent était aussi violent, les vagues aussi houleuses que l’instant d’avant ; s’il quittait le bateau, il savait que Christ le soutiendrait, sinon il se noierait. S’il avait gardé les yeux fixés, comme au premier moment, sur la personne du Seigneur, tout serait bien allé ; mais sitôt que les circonstances extérieures interviennent entre lui et le Seigneur, il commence à enfoncer. Il en est toujours ainsi. Aussi longtemps que j’ai Dieu entre mes circonstances et moi, tout va bien ; mais du moment que je laisse intervenir mes circonstances entre Dieu et mon cœur, tout va mal, et « commencer à enfoncer » semble bien décrire la situation. La foi peut marcher sur les eaux les plus houleuses si nos regards demeurent fixés sur le Seigneur. « Fixant les yeux sur Jésus » devrait être notre devise, car nous devrions être à même de suivre ce sentier béni, qui nous permet de nous élever au-dessus de tous les événements de notre vie. La chute de Pierre comporte un enseignement pour nous aussi : le Seigneur estime très haut l’amour qui le poussa à agir ainsi ; ce que nous devons remarquer dans ce passage n’est pas tant sa chute, que son identité avec le Seigneur jusqu’à ce qu’il tombe. « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie », dira un autre serviteur plus tard.
Mais « voyant que le vent était fort, il eut peur ; et comme il commençait à enfoncer, il s’écria, disant : Seigneur, sauve-moi ! » Pourquoi enfonçait-il ? L’eau était-elle plus instable que par temps calme ? Certainement pas. Nous ne pouvons pas marcher plus facilement sur l’eau tranquille d’un étang que sur la vague houleuse, sans l’aide de la puissance divine. La puissance de Christ nous soutient, les uns et les autres, au travers des circonstances les plus difficiles tout comme dans les plus faciles, la puissance et la grâce de Christ nous suffisent. Quand Pierre crie, le Seigneur « étendant la main, le prit et lui dit : Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? » Pierre avait la foi, bien qu’elle fût petite.
La grâce de Christ, dans ce passage, est incomparable. Pierre n’atteignit pas le Seigneur, mais le Seigneur ne manqua jamais de le secourir, en plus d’une occasion. Une chute déjà l’avait amené aux pieds de son Sauveur, et au moment d’une profonde détresse, il se retrouve dans les bras de son Seigneur. Son cri : « Seigneur, sauve-moi » a été entendu, et il reçoit aussitôt la réponse.
Dès que le Seigneur fut entré dans la nacelle, le vent cessa, et Jean 6:21 ajoute : « Aussitôt la nacelle prit terre au lieu où ils allaient ». Quelle beauté, quel calme se dégagent sitôt que nous sommes en présence du Seigneur ! Alors ils « lui rendirent hommage disant : « Véritablement tu es le Fils de Dieu ! » En Jean 1, Pierre avait reconnu en lui le Messie ; en Luc 5, le Fils de l’homme et Seigneur sur les poissons de la mer ; et ici, en considérant les gloires morales de sa personne, il le reconnaît comme Fils de Dieu.
« Expose-nous cette parabole ! » C’est Pierre qui parle en entendant les discours du Seigneur qui dépassaient sa compréhension. Prenons cette courte phrase comme modèle de prière. Quelqu’un a dit : « Une prière est le désir sincère de toute âme, qu’il soit exprimé ou sous-entendu ». L’apôtre souhaitait sincèrement comprendre la parabole, et il en cherchait la signification dans le langage le plus simple. Cette demande si concise nous en rappelle une autre qui, comme celle-ci, va droit au but : « Éternel, je te prie, ouvre ses yeux, afin qu’il voie » (2 Rois 6:17). Élisée et Pierre, tous les deux, se rappellent à qui ils parlent, et n’usent pas de vaines paroles. Ils savent exactement ce qu’ils veulent, ils le disent au Seigneur, puis se taisent. Ainsi doit être toute vraie prière ; plus longue elle ne serait que verbiage, on ne pourrait que le déplorer. Quelle immense bénédiction ce serait, si tous ceux qui prient voulaient bien y prendre garde, que ce soit à la maison, dans l’assemblée ou dans une réunion de prières ! Les longues prières sont une erreur et un signe de faiblesse. En son particulier, là où personne ne voit ni n’entend, sinon Dieu seul, l’Écriture ne semble indiquer aucune restriction ; mais, en public, on devrait éviter les longues prières. Veillons à ce que dit Salomon : « Prends garde à ton pied, quand tu vas dans la maison de Dieu… Ne te presse point de ta bouche, et que ton cœur ne se hâte point de proférer une parole devant Dieu ; car Dieu est dans les cieux, et toi sur la terre : c’est pourquoi, que tes paroles soient peu nombreuses » (Eccl. 5:1-2). Pierre observait ce conseil en disant simplement au Seigneur : « Expose-nous cette parabole » ; aussi reçoit-il une réponse directe et immédiate.
Ce qui le poussa à formuler cette demande est instructif. Les pharisiens venaient d’accuser les disciples de manger avec des mains non lavées. Jésus répond que Dieu regarde au cœur, et non aux mains — à ce qui est intérieur et non à l’extérieur. Les Juifs, préoccupés des formes et des traditions — comme tous les hommes — employaient le nom de Dieu, et, sous le couvert de la piété, l’employaient en vain. Écoutons le Seigneur. « Dieu a commandé, disant : « Honore ton père et ta mère » ; et : « que celui qui médira de père ou de mère, meure de mort » ; mais vous, vous dites : Quiconque dira à son père ou à sa mère : Tout ce dont tu pourrais tirer profit de ma part est un don, — et il n’honorera point son père ou sa mère. Et vous avez annulé le commandement de Dieu à cause de votre tradition » (v. 4-6). Si un enfant négligeait ses parents, prétendant se dévouer à Dieu — par un sacrifice au profit du sacrificateur, je suppose — ou s’il négligeait ce qui leur était dû, on admettait qu’il avait raison. Il n’avait qu’à crier : « Corban », c’est-à-dire : « c’est un don », et les parents pouvaient être oubliés. Le Seigneur les appelle : « Hypocrites », et cite les paroles solennelles d’Ésaïe : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi ».
Ensuite, le Seigneur appelle la foule et leur dit : « Écoutez et comprenez : ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, c’est là ce qui souille l’homme ». Il en avait fini avec le judaïsme, et faisait entendre la vérité que l’homme est perdu.
Les pharisiens s’en montrent grandement offensés, mais le Seigneur ajoute : « Toute plante que mon Père céleste n’a pas plantée sera déracinée ». Il faut une vie nouvelle, donnée par Dieu, et ne pas chercher à améliorer l’ancienne ; ce jour est passé. « Laissez-les ; ce sont des aveugles, conducteurs d’aveugles : et si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse ». Tel était l’état des conducteurs d’Israël à cette époque. Entièrement aveugles, ils ne connaissaient pas Jésus, ni leurs propres besoins ; leur condition et leur fin sont nettement décrites : « Aveugles, conducteurs d’aveugles ». De nos jours, nous faisons les mêmes observations quand le catholicisme et le ritualisme, par leurs conducteurs aveugles, conduisent leurs adeptes dans une fosse, leurs moyens et leur formalisme n’étant qu’une copie de ceux du défunt judaïsme : celui dont le Seigneur sonna le glas dans ce chapitre, et que Dieu abattit définitivement lors de la mort de Christ à la croix.
Le christianisme est un système d’un tout autre ordre. Sa source est dans le dernier Adam, non dans le premier ; son centre et son tout, c’est Christ lui-même ; son amour, son œuvre, son sang, son sacrifice, sa personne même, tout ce qu’il possède sont son alpha et son oméga ; aussi ce n’est plus l’aveugle conduisant l’aveugle, ni même le voyant conduisant l’aveugle, mais c’est le clairvoyant conduisant le clairvoyant.
Cette lumière n’avait pas encore complètement brillé, c’est pourquoi nous entendons Pierre dire : « Expose-nous cette parabole ». Qu’il puisse nommer une vérité : « parabole », c’est-à-dire « parole obscure » paraît étrange ; mais pour lui, qui avait encore confiance dans le vieil homme, l’enseignement du Seigneur devait être extraordinaire, et même insaisissable. La réponse du Seigneur lui révèle son aveuglement : « Et vous aussi, êtes-vous encore sans intelligence ? » etc. Tout le problème réside dans ce que l’homme est en lui-même : la source, le cœur est désespérément corrompu, donc ce qui s’en échappe doit être du même ordre. « Du cœur viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les fornications, les vols, les faux témoignages, les injures : ce sont ces choses qui souillent l’homme ; mais de manger avec des mains non lavées ne souille pas l’homme ». L’homme doit être né de nouveau de l’eau et de l’Esprit ; jusqu’à la nouvelle naissance, tout est vain.
Ce qui scandalisait le pharisien propre juste, et semblait inintelligible aux disciples, n’était que la vérité, la simple vérité, en ce qui concerne le cœur de l’homme, puisque Dieu connaît ce cœur dans lequel il lit.
C’est une chose immense que de connaître la vérité, donc le pire au sujet de soi-même ; rien de plus simple, ni de plus satisfaisant que la vérité, car elle nous place dans une relation exacte avec Dieu. Jésus est la vérité, il le prouve ici très solennellement, mais ne s’arrête pas là. Il est plein de grâce, et plus tard il mourra à cause de la ruine qu’il dévoile ici. L’époque des formes extérieures est passée, l’homme, irrémédiablement perdu, a besoin d’une vie nouvelle. Comment il la reçoit, nous est révélé ailleurs.
Ces deux passages nous apportent deux témoignages rendus par Pierre au Seigneur Jésus. Il est très important de confesser Christ courageusement, car le Saint Esprit a dit : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé ». Le récit de Jean 6 doit être antérieur à Matt.