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Exposé des épîtres de l’apôtre Jean
William Kelly
Publié en anglais en 1905 et réimprimé en 1970 par Bible Truth Publishers
Les sous-titres et sous-divisions du texte ont été ajoutés par Bibliquest
Table des matières abrégée :
3 Première méditation publique — 1 Jean 1:1-4 — La communion avec le Père et le Fils
4 Deuxième méditation publique — 1 Jean 1:5-10 — Dieu est lumière, et les « si nous disons »
5 Troisième méditation publique — 1 Jean 2:1-2 — Restauration de la communion
6 Quatrième méditation publique — 1 Jean 2:3-6 — Les deux tests de la vie
7 Cinquième méditation publique — 1 Jean 2:7-11 — Le commandement ancien et le commandement nouveau
8 Sixième méditation publique — 1 Jean 2:12-13
9 Septième méditation publique — 1 Jean 2:14-27
10 Huitième méditation publique — 1 Jean 2:28 à 3:6
11 Neuvième méditation publique — 1 Jean 3:7-10
Table des matières complète :
2.2 Deuxième et Troisième Épître
3 Première méditation publique — 1 Jean 1:1-4 — La communion avec le Père et le Fils
3.1 Similitudes avec l’épître aux Hébreux
3.2 Ch. 1:1 — Dès le commencement
3.3 Ch. 1:1 — La Parole de vie
3.4.2 Ce qui est spécifique à Jean par rapport à Pierre, Jacques et Paul
3.5 La Personne du Seigneur Jésus, non pas Christ dans la gloire
3.6 Application à des hérésies récentes
3.7 Ch. 1:1 — Christ vrai homme
3.7.3 La Parole de vie pour tous — Ch. 1:2
3.8.2 Identité de « la vie », « la vie éternelle », « la Parole »
3.8.3 Manifestation de la vie éternelle quand le Fils de Dieu est devenu homme
3.8.4 Tirer profit aujourd’hui des communications de l’apôtre
3.9.1 La communion des apôtres demeure
3.9.2 Une communication pour remplir de joie tous les croyants
3.9.3 Des mesures variables de réalisation
3.9.4 Importance de savoir ce qu’est notre vie, la vie de Christ, la vie éternelle
3.9.5 Celui qui a le Fils a la vie — La communion avec le Père et le Fils
4 Deuxième méditation publique — 1 Jean 1:5-10 — Dieu est lumière, et les « si nous disons »
4.1.1 Rappel du contenu du début de l’épître
4.1.2 Un message lié à la manifestation de Dieu
4.1.3 Absence de tout bien dans l’homme (Juifs et Gentils), et grâce de Dieu
4.2.1 Le message de la part de Christ, que Dieu est lumière
4.2.2 Le christianisme fait connaître Dieu comme lumière. Ce que cela signifie
4.3 Ch. 1:6 — Le premier « si nous disons »… communion et marche dans les ténèbres
4.3.1 Un écart flagrant du christianisme. Sens du mot « nous »
4.3.3 La vie éternelle, une réalité vivante à la base de la communion
4.3.4 Signification de marcher dans la lumière et marcher dans les ténèbres
4.3.5 Une relation implique une responsabilité
4.3.5.1 Les professants. Marcher selon ou dans la lumière
4.3.5.2 Dieu prive-t-Il de lumière si on a manqué ?
4.4 Ch. 1:7 — Les trois marques essentielles du chrétien
4.4.1 Le premier privilège chrétien : la marche dans la lumière
4.4.2 Deuxième privilège chrétien : la communion les uns avec les autres
4.4.3 Troisième privilège chrétien : le sang de Jésus Christ purifie de tout péché
4.4.3.1 Efficacité du sang de Christ
4.4.3.2 Égoïsme de l’homme. Communion, gardée et maintenue par la mort de Christ
4.4.3.3 Lavage par l’eau et application du sang
4.4.3.4 Unicité du sacrifice de Christ
4.4.3.5 Purification par le sang
4.5 Ch. 1:8 — Le deuxième « si nous disons »… pas de péché
4.7 Ch. 1:10 — Le troisième « si nous disons »… « nous n’avons pas péché »
4.7.2 L’éthique, ou la morale sans Dieu
4.7.5 « Sa Parole n’est pas en nous »
4.7.6 Ce que veut dire marcher dans les ténèbres sans avoir de lumière — És. 50:10
4.7.7 Le vrai chrétien marche toujours dans la lumière, pas dans les ténèbres
4.7.8 La marche dans la lumière selon le v. 7
5 Troisième méditation publique — 1 Jean 2:1-2 — Restauration de la communion
5.1.1 Les v. 1-2 se rattachent au ch. 1. Le sujet change au v. 3
5.1.2 Rappel du contenu du ch. 1
5.1.3 1 Jean : Faire face à la préparation de l’apostasie
5.2 Ch. 2:1 concerne des manifestations de la chair dans le croyant
5.3 Bien comprendre ch. 1:7. Marcher dans et selon la lumière
5.4.1 Son acharnement contre l’homme. Importance de l’homme pour Dieu
5.4.2 Où mène l’incrédulité quant à la Parole de Dieu
5.5 Dieu est actif. Le Père a des pensées et des affections à partager
5.5.1 Dieu a achevé Sa révélation. Le Saint Esprit demeure
5.5.2 Le plaisir de Dieu dans le Fils est placé devant nous
5.5.3 Les pensées de communion vont au-delà de notre salut personnel
5.6 Ch. 2:1 — Restauration de la communion interrompue
5.6.1 Le chrétien a droit à une joie accomplie
5.6.1.1 Actes 16. La prison de Philippes
5.6.1.2 Tous les saints sont concernés
5.6.2 « … afin que vous ne péchiez pas »
5.6.2.1 Le péché : une offense à la nature de Dieu, non pas une simple infraction à la loi
5.6.2.2 Le péché est plus grave pour un chrétien qu’en Israël
5.6.3.2 Le péché comme un bête sauvage à enchaîner
5.6.3.3 Travail de l’avocat avant même toute repentance
5.6.4 Un avocat en haut, un avocat sur la terre : Le Saint Esprit
5.6.5 Différence entre avocat et sacrificateur
5.6.5.1 L’épître aux Hébreux par rapport à 1 Jean
5.6.5.2 Il n’y a pas d’application répétée du sang
5.6.5.3 Ne pas confondre le lavage d’eau par la Parole et l’application du sang
5.6.5.4 La purification continuelle
5.6.5.5 Le rôle de la sacrificature est de secourir et sympathiser
5.7 Jésus Christ : le Juste et (ch. 2:2) la propitiation pour nos péchés
5.7.2 Ch. 2:2 — La propitiation pour nos péchés
5.7.3 Les deux boucs de Lév. 16
5.7.4 Autres passages sur propitiation et substitution
5.7.5 Propitiation pour le monde entier
5.7.6 Rédemption ou rachat — et achat
5.7.7 Héb. 2:9, 10 — Christ a goûté la mort pour tout
6 Quatrième méditation publique — 1 Jean 2:3-6 — Les deux tests de la vie
6.1 Le chrétien a la même vie que Christ
6.1.1 1 Pierre 1:2 — Sanctifiés pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ
6.1.2 La vie éternelle n’est pas sous condition d’obéissance
6.1.3 Participer dès maintenant aux choses éternelles
6.2 1 Jean 2:3-4 — le premier test de la vie : l’obéissance
6.2.1 L’obéissance premier signe de la vie
6.2.1.1 L’exemple de Paul (Actes 9)
6.2.1.3 L’obéissance de Christ
6.2.1.4 Le cas de Judas et ses miracles
6.2.1.6 Le principe d’obéissance a une très vaste application
6.2.1.7 La place de l’obéissance comme premier test est appropriée
6.2.1.8 Qu’est-ce que garder les commandements ?
6.2.1.9 Obéir est la première étape pour ouvrir l’esprit
6.2.1.10 Garder les commandements, ce n’est pas garder la loi de Moïse
6.2.1.11 Pourquoi Dieu parle avec autorité
6.2.1.12 Commandement de croire et de se repentir
6.2.1.13 La première étape quand on aime, c’est de se plaire à obéir
6.3 1 Jean 2:5 — Garder la Parole
6.3.1 La Cène et la Baptême sont-ils un commandement ?
6.3.2 Une image illustrant ce qu’est garder la Parole
6.3.3 La Parole permet de comprendre ce qu’est la volonté de Dieu
6.3.4 Ch. 2:4 — Garder les commandements est la toute première étape
6.3.5 Ch. 2:5 — L’amour de Dieu pratiqué par l’obéissance
6.3.6 L’exemple du Seigneur selon Ps. 40 et Héb. 10
6.4 Savoir que nous sommes en Lui (2:5b)
6.4.1 Être en Christ : Jean 14:20
6.4.1.1 Le Seigneur dans le Père
6.4.1.2 Les disciples en Christ
6.5 1 Jean 2:6 — Deuxième test. Profession de demeurer en Christ
7 Cinquième méditation publique — 1 Jean 2:7-11 — Le commandement ancien et le commandement nouveau
7.1 L’obéissance est le premier test de la vie nouvelle
7.2 Christ est la vie du chrétien. La vie est donnée par Dieu
7.2.1 Christ est la vie du chrétien
7.2.2 Distinction d’avec la vie naturelle, celle des animaux
7.2.3 Immortalité de l’âme. Pas de non-existence pour l’homme. Le suicide
7.2.4 Le croyant reçoit la vie éternelle de Christ Lui-même
7.2.5 La vie nouvelle est source d’amour
7.2.8 2:7. Précisions sur la traduction
7.3 Le commandement ancien (2:7) en Jean 13:34-35
7.3.1 Le commandement de Jean 13
7.3.2 « Dès le commencement » en 2:7
7.3.3 Différence avec aimer son prochain
7.3.4 Un commandement ancien, avant la mort et la résurrection de Christ
7.4 Ch. 2:8 — Le commandement nouveau
7.4.1 Comment le commandement ancien peut-il être nouveau ?
7.4.2 Le commandement est nouveau parce que désormais vrai dans les Siens
7.4.3 Le commandement ancien était sans puissance, contrairement au commandement nouveau
7.5 Ch. 2:8 — Les ténèbres s’en vont, et la vraie lumière luit déjà
7.5.1 Les ténèbres ne sont pas encore passées
7.5.2 Les ténèbres s’en vont dans les saints
7.5.3 La vraie lumière luit déjà
7.6 1 Jean 2:9-10 — Pas de haine des frères quand on est dans la lumière
7.7 1 Jean 2:11— La marche dans les ténèbres et l’aveuglement
7.7.1 Seul celui qui croit vraiment a le droit d’être enfant de Dieu
7.7.2 Pas de doute en Christ ou dans Sa Parole — L’opposé de l’aveuglement
7.8 Sur l’aveuglement ôté : Encore les deux tests de la vie
7.8.1 L’obéissance vient en premier
7.8.3 Obéissance extérieure et loi de la liberté
7.8.4 Obéir en souffrant : Différence d’avec la résistance passive (Actes 5)
7.8.5 L’amour, une énergie qui s’épanche à l’extérieur
7.8.6 Abonder en amour comme les Thessaloniciens
8 Sixième méditation publique — 1 Jean 2:12-13
8.1 Privilèges communs aux enfants de Dieu et gradation spirituelle — 2:12
8.1.1 Certitude du plein pardon actuel des péchés
8.1.3 Le pardon des péchés chez l’apôtre Jean
8.1.4 Le pardon des péchés chez les apôtres Pierre et Paul
8.1.6 Connaissance du pardon des péchés — 2:12
8.2 2:13 — Les différents degrés
9 Septième méditation publique — 1 Jean 2:14-27
9.2 Ch. 2:14b — Les jeunes gens
9.2.1 La Parole de Dieu demeurant en eux
9.2.2.1 La justice de Dieu en Christ
9.2.4.2 Qu’est-ce que le monde
9.2.4.3 Le commencement du monde
9.2.4.4 Un danger surtout pour les jeunes gens
9.2.4.5 … ni les choses qui sont dans le monde
9.2.5 Ch. 2:16 — Ce qui est dans le monde
9.2.6 Ch. 2:17 — Le monde s’en va, celui qui fait la volonté de Dieu demeure
9.3.1.1 Davantage d’instructions
9.3.1.3 La venue de beaucoup d’antichrists
9.3.2.1 Sortis du milieu de nous
9.3.2.2 Ils n’étaient pas des nôtres
9.3.3.1 L’onction de la part du Saint
9.3.3.2 Vous connaissez toutes choses
9.3.3.3 Connaissance du pardon des péchés
9.3.4 Ch. 2:21 — Connaître la vérité (par le Saint Esprit), connaître toutes choses
9.3.5 Ch. 2:22 — Le menteur, l’antichrist, qui nie que Jésus et le Christ
9.3.6 Ch. 2:23 — Le test de la vérité est le Fils
9.3.7 Ch. 2:24-25 — Ne pas ajouter à la Parole de Dieu
9.3.7.1 Sur les nouveautés. L’église n’enseigne pas
9.3.7.2 La vérité inséparable de Christ
9.3.8 Ch. 2:26 — Ceux qui vous égarent
9.3.9 Ch. 2:27 — Pas besoin que personne vous enseigne
10 Huitième méditation publique — 1 Jean 2:28 à 3:6
10.1 Le christianisme révèle Dieu manifesté dans le Fils
10.2 1 Jean 2:28a — Demeurez en Lui
10.2.1 La Personne en qui nous avons à demeurer est unique
10.2.2 Le christianisme, c’est Dieu révélé dans Son Fils
10.3 1 Jean 2:28c — Venue et présence du Seigneur
10.4 1 Jean 2:28b — Manifesté : « si » ou « quand »
10.8.1 L’assurance d’être enfants de Dieu
10.8.2 « Si » et non pas « quand »
10.8.3 Changement présent, changement futur
11 Neuvième méditation publique — 1 Jean 3:7-10
11.1 Retour sur les versets déjà considérés, 1 Jean 2:29 à 3:6
11.1.1 1 Jean 2:29 et le sujet de la justice
11.1.4 1 Jean 3:3 (les v. 1 à 3 sont une parenthèse)
Le lecteur chrétien supportera, je l’espère, quelques mots d’ordre plutôt personnel. Personne aujourd’hui n’a plus de raisons de louer Dieu pour ces épîtres que celui qui présente cet exposé. La première de ces trois épîtres a été extrêmement bénie pour son âme il y a plus de 60 ans. Il avait été converti à Dieu sans intermédiaire humain, mais restait abattu sous le sentiment du péché qui était en lui. Un ami chrétien suggéra que le témoignage de Dieu en 1 Jean 5:9, 10 était Sa réponse aux questions qui me tourmentaient ; le Saint Esprit s’en servit pour donner désormais le repos dans le Fils de Dieu et dans Son œuvre expiatoire.
Depuis lors, cela a été une grande joie, d’abord d’apprendre, puis après avoir appris, d’enseigner d’autres chrétiens selon ma petite mesure. Car presque tous les croyants que j’ai connus ont trouvé particulièrement difficile de s’approprier cette précieuse portion des Écritures. Cela ne vient pourtant pas d’une quelconque difficulté de langage, qui est tout simple, mais en partie de leur propre carence spirituelle, et en partie de la profondeur de la vérité lorsqu’elle développe la dignité personnelle du Sauveur, et la plénitude de Sa grâce envers les enfants de Dieu. Ces croyants donc, étaient déjà lents à comprendre la communion que l’apôtre invite à avoir avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ, et ils étaient encore plus lents à en jouir.
Après des années de travail, un peu partout en Grande Bretagne, et quelque peu aussi à l’étranger, où j’ai aidé les âmes à sonder spécialement ces épîtres par l’Esprit de grâce, je suis reconnaissant de publier ce volume, même s’il ne couvre pas tout ce qu’on serait en droit d’attendre. Toutefois, Celui qui a inspiré cette Parole écrite ne manquera pas de guider dans la vérité ceux qui s’attendent à Lui pour elle. Puisse le lecteur compter sur l’amour divin en Christ, et avoir sa joie accomplie : ce que Jean a écrit a été expressément donné dans ce but.
Londres, le 20 avril 1905
Le plan ou la structure de cette épître courte mais importante, est simple. Son fondement est posé dans les quatre premiers versets du ch. 1, la Parole de vie incarnée. Car la vie éternelle, la vie qui était auprès du Père, a été manifestée à des témoins choisis de la manière la plus complète possible ; et ce qu’ils ont vu et entendu, ils l’ont rapporté aux croyants, pour qu’ils puissent avoir la même communion que les apôtres (Actes 2:42). C’était en effet une communion sans pareille : la communion avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ. Et ces choses, « nous » (comme si c’était au nom de tous) vous les écrivons afin que votre joie soit accomplie.
Cette manifestation de Dieu en Christ est inséparable du message de responsabilité chrétienne des v. 5 à 10. Ce message met en lumière le caractère de Dieu pour influer sur la marche de ceux qui invoquent le nom du Seigneur, et il montre l’inconséquence absolue de ceux qui disent sans faire.
Un supplément est ajouté en 2:1-2 où réapparaît le nom de Père omis dans la partie du ch. 1 relative aux tests. Car bien que tous aient la responsabilité de ne pas pécher, si quelqu’un le fait quand même, l’amour divin opère pour restaurer ; et nous avons un Avocat auprès du Père, Jésus Christ non seulement le Juste, mais la propitiation pour nos péchés, et d’une manière plus générale, pour le monde entier.
Comment alors la réalité dans le chrétien est-elle prouvée ? Les v. 3 à 11 le montrent. D’abord par l’obéissance (2:3-6), mais aussi nécessairement par l’amour (2:7-11) — ce qui est authentique est mis en évidence positivement, et ce qui est faux est mis en évidence négativement.
Ensuite (2:12-28) nous avons un développement sur les différents degrés de maturité dans la famille de Dieu. Vus comme ensemble, ils sont les chers enfants (τεκνια) — comme en 2:1, 12, 28 et 3:7, 18 et 5:21 — auxquels l’apôtre écrit parce que leur péchés leur ont été pardonnés par le nom de Christ. Mais dans cette parenthèse instructive, la famille comprend 1) des « pères », parce qu’ils connaissaient Celui qui est dès le commencement, la Parole éternelle manifestée en chair ; 2) des « jeunes gens » parce qu’ils étaient forts, avec la Parole de Dieu demeurant en eux, et qu’ils avaient vaincu le méchant ; et 3) « les petits enfants » parce qu’ils connaissaient le Père. L’apôtre repasse tout en revue, répétant la même chose pour les pères, allant plus loin pour les jeunes gens, et encore plus pour les petits enfants qui sont spécialement visés par les antichrists et leurs efforts pour égarer ; les petits enfants sont donc spécialement prémunis.
Puis à partir de 2:28, le sujet général est repris sous forme d’une exhortation aux « chers enfants » vus dans leur ensemble, cette exhortation étant de demeurer en Christ, afin que, s’Il est manifesté comme Il le sera sûrement, les ouvriers parmi lesquels se met l’apôtre aient de l’assurance au lieu d’être honteux de leur défection. Puis il passe (2:29) à la justice pratique comme témoin de ce qu’on est né de Dieu. Une nouvelle fois ici, l’apôtre bifurque vers une digression courte, mais bien à propos, en 3:1-3 sur l’amour du Père, qui est le motif et la puissance nécessaires pour fortifier et encourager l’âme dans le chemin étroit de la justice pratique. Alors en 3:4-7, viennent bien à leur place la personne et l’œuvre de Christ dans une séparation absolue du mal, et son efficace pour ôter nos péchés, — tout cela pour inculquer que quiconque demeure en Lui ne pèche pas, et que quiconque pèche ne l’a pas vu, ni ne l’a pas connu. Le reste du chapitre est consacré au contraste de ceux qui sont du diable, d’abord avec la justice des enfants de Dieu, en principe et en pratique, ensuite à partir de 3:11, avec l’amour mutuel des enfants de Dieu, contrairement à Caïn et au monde où règne la haine. Il n’y a que Dieu pour regarder à la réalité jusqu’au fond, dans les petites choses comme dans les grandes, tandis que nous devons assurer nos cœurs devant Lui, ce qui ne peut avoir lieu que dans l’obéissance et la foi au nom de Son Fils Jésus Christ. Or celui qui obéit ainsi, demeure en Dieu et Dieu en lui, et l’Esprit qui a été donné en est la puissance.
Ici cependant, il faut un discernement spécial, et la vérité est essentielle pour ne pas être égaré. Le moyen de protection est donc fourni en 4:1-6. Le premier test contre l’erreur est Jésus Christ venu en chair que le Saint Esprit glorifie toujours, tandis que l’esprit qui ne le confesse pas n’est pas de Dieu. Le second test n’est pas la loi et les prophètes (pourtant parfaitement inspirés), mais le nouveau témoignage de Christ rendu par les apôtres et prophètes. Celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas. Le Nouveau Testament aussi est indispensable pour préserver de l’esprit d’erreur.
À partir de 4:7 le sujet de l’amour mutuel est repris et largement développé ; il est montré que cet amour mutuel est de Dieu et est inséparable du fait de L’aimer et Le connaître Lui. Ceci introduit la manifestation de l’amour de Dieu à notre égard, parce qu’Il a envoyé Son Fils unique afin que nous vivions par Lui, car nous étions morts, et plus encore, afin qu’Il meure comme propitiation pour nos péchés, car nous étions des coupables. Dès lors que Dieu nous a tant aimé, nous devons assurément nous aimer l’un l’autre ; et si nous le faisons, Dieu demeure en nous et Son amour est consommé [rendu parfait] en nous, au lieu d’être entravé. Si Christ au commencement a fait connaître Dieu que personne n’a jamais vu, c’est ce à quoi nous sommes aussi appelés maintenant. Or il y a une puissance suffisante en ce qu’Il nous a donné de Son Esprit ; et ceci est vrai de tous ceux qui confessent que Jésus est le Fils de Dieu, selon le témoignage que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde : Son amour en nous que nous avons connu et cru. Mais ceci n’est pas encore son niveau maximum. Car l’amour est consommé [rendu parfait] en nous afin que nous ayons toute hardiesse au jour du jugement, par ce que tel qu’Il est Lui, ainsi nous sommes aussi dans ce monde — déclaration d’autant plus surprenante quand on la compare à 3:2. La crainte est ainsi chassée par l’amour parfait, et l’on peut affirmer pleinement : Nous, nous aimons parce que Lui nous a aimés le premier. Ce chapitre se termine par l’exposé des fausses prétentions à aimer Dieu sans aimer son frère : les deux choses vont nécessairement ensemble.
5:1-5 suppose la question suivante, et y répond : Qui est notre frère ? « Quiconque croit que Jésus est le Christ est engendré de Dieu ». Ainsi l’apôtre souligne le côté élevé de la relation, mais il n’est pas moins explicite qu’aimer le Père implique qu’on aime l’enfant, et que la preuve qu’on aime Ses enfants est quand on L’aime Lui et qu’on garde Ses commandements. L’aimer c’est obéir ; et ses commandements ne sont pas pénibles, mais bons et remplis de bénédiction et de consolation. Ce n’est pas étonnant, car quiconque est engendré de Dieu est victorieux du monde ; et c’est la foi qui a acquis cette victoire. Voulez-vous plus de précision ? « Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? »
En 5:6-12, nous avons les trois témoins avec un seul témoignage à Jésus et à la vérité qui est en Lui — l’Esprit, l’eau et le sang : non pas seulement la purification et l’expiation, mais le Saint Esprit comme puissance de réalisation. Dans le premier homme, il y avait le péché et la mort ; la vie éternelle est dans le Second Homme pour jouir en Esprit du Père et du Fils, ce qui ne peut être que parce qu’Il a donné cette vie éternelle et que nous l’avons dans Son Fils.
À partir de 5:13, nous avons la conclusion. Comme l’apôtre avait commencé avec le Fils incarné comme objet de la foi, et avec les moyens de cette communion merveilleuse jusqu’à une plénitude de joie, ainsi il termine en disant qu’il a écrit ces choses afin que nous sachions dans notre conscience intérieure que, comme croyants, nous avons la vie éternelle. Il parle à nouveau de la hardiesse qu’une telle grâce inspire lorsqu’elle demande ce qui est en accord avec la volonté de Dieu ; la seule exception qu’il fasse est le cas d’un croyant qui est sous la discipline de Dieu pour avoir péché dans des circonstances spéciales, et qui, à cause de cela, n’est plus laissé ici-bas. Dans les dernières paroles à partir de 5:18, l’apôtre répond aux brumes naissantes du Gnosticisme, qui apprend toujours sans jamais parvenir à la connaissance de la vérité (2 Tim. 3:7), par le moyen de la conscience intérieure des saints, profonde et éclatante, d’abord d’une manière abstraite dans le fait que celui qui est né de Dieu est préservé du péché et de Satan ; deuxièmement dans la connaissance personnelle que nous sommes de Dieu, faisant ainsi contraste avec le monde entier qui est sous la puissance du méchant ; et troisièmement, dans la même connaissance personnelle du grand objet de la foi, le Fils, avec l’intelligence qu’Il a donné pour connaître le Véritable, et pour être en Lui, dans Son Fils Jésus Christ : Lui est le Dieu véritable et la vie éternelle. Il est aussi le moyen d’être gardé des idoles.
Ces épîtres sont si simples dans leur objet et dans leur structure, — même si elles sont très importantes pour la vérité et ceux qui l’aiment — que quelques mots suffiront.
La sœur, une dame qui n’est pas nommée, est avertie solennellement de ne pas recevoir quelqu’un qui n’est pas vrai quant à la doctrine de Christ, c’est-à-dire la doctrine de Sa personne, fondement et substance de toute vérité.
Le frère, qui est bien sûr nommé, se trouvait en face de l’opposition d’une personne ou d’un parti ; il est exhorté à persévérer dans l’amour qui l’a caractérisé, et à recevoir les âmes fidèles sorties pour le Nom, même s’il s’agit d’étrangers.
La sagesse, tout comme la valeur, de ces lettres sont grandes. Les femmes en particulier peuvent éprouver une grande difficulté à refuser des hommes de bonne apparence et apparemment zélés pour l’œuvre du Seigneur. Ce peut être un évangéliste, béni en son temps pour gagner des âmes, ou un ancien comme certains d’Éphèse, que Paul signale comme allant s’écarter. Mais quand l’esprit d’erreur est répandu, la vérité décide, et non pas le service simplement. Par ailleurs le bon frère n’a pas à s’inquiéter de la colère d’un Diotrèphe, mais à accueillir ceux qui vont de l’avant vraiment pour le nom du Seigneur ; c’est ainsi qu’il encourage un Démétrius qui aurait pu autrement être mis au silence avec sévérité. Combien le Saint Esprit est admirable pour donner des conseils pour nous guider au mauvais jour !
La Première Épître de Jean
Le lecteur qui n’est pas un érudit peut être tranquille que les meilleurs et les plus anciens manuscrits n’ont aucune variante de quelque importance doctrinale [note Bibliquest : le reste de la note n’a pas été traduit, et ne traite que de variantes mineures du texte]
Aucune autre épître ne commence de manière plus NOBLE, — quoique l’épître aux Hébreux soutienne bien la comparaison, — mais son style est différent de celui de toutes les autres épîtres, avec de bonnes raisons pour cela. Ces deux épîtres, sans aucune préface d’aucune sorte, introduisent d’emblée le Fils incarné, la Parole faite chair : l’une le fait pour fixer l’œil de la foi chez les Juifs qui confessaient Jésus comme le Christ, sur Sa personne glorieuse et Son office dans le ciel, fondé sur Son œuvre rédemptrice ; l’autre épître le fait pour préserver partout les croyants de toute innovation doctrinale ou pratique en leur rappelant « Ce qui était dès les commencement » dans la grâce et la gloire immuables de Sa personne tel qu’Il s’est manifesté sur la terre, réellement Dieu et homme unis en Lui pour toujours. La caractéristique de ces épîtres, c’est l’Homme monté au ciel pour l’une, et Dieu descendu en Christ donnant la vie éternelle, pour l’autre. Néanmoins, l’épître aux Hébreux donne aussi un riche déploiement de Sa personne, et cette première épître de Jean présente pleinement Son œuvre expiatoire tout du long.
Il est à noter aussi que ces deux épîtres [Hébreux et 1 Jean] omettent à la fois le nom de l’auteur et l’identité des destinataires. Comme raisons principales de cette particularité — même si d’autres raisons peuvent s’y être rajoutées — il y a la suprématie de Christ mise devant les cœurs, et le désir de la graver le plus possible sur les lecteurs selon la volonté de Dieu le Père. Dans la sphère directe de son ministère parmi les nations, l’apôtre s’adressant aux Gentils n’avait pas manqué de dire — ni d’agir en conséquence, — que l’évangile est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit, au Juif premièrement et au Grec (Rom. 1:16) ; et vers la fin, dans l’épître aux Hébreux, il envoie son dernier message aux croyants en s’effaçant lui-même d’une manière précieuse. En effet, tandis qu’il présente le Seigneur comme l’Apôtre et le Souverain Sacrificateur de la confession chrétienne (combinant les types de Moïse et d’Aaron, tout en étant bien au-dessus d’eux), il n’applique ces titres ni aux Douze ni à lui-même ; et tout du long de l’épître, il écrit plutôt comme un docteur chrétien le ferait en expliquant l’Ancien Testament (quoique seul un homme inspiré le pouvait), que comme quelqu’un qui révélait des vérités nouvelles avec l’autorité d’un apôtre et prophète.
En outre, son amour pour ses frères selon la chair pouvait bien suggérer, au moins au commencement, de laisser son nom en retrait, car il connaissait leurs préjugés contre quelqu’un de si jaloux envers tout ce qui enfreignait la liberté des Gentils ; tandis que son allusion à Timothée à la fin de l’épître (Héb. 13:23) désignait le grand ami de Timothée, auteur de l’épître, une fois le terrain préparé par celle-ci, et les cœurs remplis, par le moyen de la vérité, de Celui qui leur parlait des cieux (Héb. 12:25).
Une autre considération peut avoir joué : c’est le principe figurant dans la recommandation de notre Seigneur (aux Douze en Luc 9, non pas aux soixante-dix en Luc 10:4) de ne saluer personne en chemin. C’était une mission finale. Les temps de danger grave et de ruine imminente requièrent d’agir en urgence, et la déférence montrée par une salutation en chemin devait céder le pas à la solennité d’un message accompagné d’une malédiction terrible sur ceux qui le méprisaient. Ceci peut avoir aussi compté pour ces serviteurs de Dieu inspirés. Car l’un apportait ses dernières paroles à ses frères Juifs avant la destruction de la ville et du temple, pour qu’ils aient désormais leurs cœurs fixés sur le sanctuaire céleste, et qu’ils sortent vers Lui hors du camp, portant Son opprobre, avant que la crise de jugement ne les y contraigne. L’autre serviteur écrivait à la famille de Dieu de manière toute aussi pressante, en face non pas simplement du mal en train de s’infiltrer, mais devant le caractère encore bien plus terrible de la « dernière heure » arrivée pour les chrétiens, et à cause de « plusieurs antichrists » sortis du milieu d’eux en opposition ouverte, mais « ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils eussent été des nôtres, ils fussent demeurés avec nous » (2:18, 19).
Quoi qu’il en soit, tout croyant a la certitude que le Saint Esprit avait les meilleures raisons pour guider ces deux apôtres à écrire de cette manière si inhabituelle consistant à cacher leur nom. Passons maintenant au début de cette première épître de Jean.
Le premier verset implique que l’évangile de Jean était déjà écrit et connu des lecteurs. Sinon comment pouvait-on comprendre la Parole de Vie ? Une telle phraséologie serait incompréhensible si nous n’avions pas Jean 1 qui nous révèle beaucoup au sujet de Celui qui est cette Parole de Vie. Mais si l’évangile tout seul prépare la voie pour les paroles introductives de cette épître, il y a pourtant une différence notable, qui est non seulement du plus haut intérêt, mais d’une immense valeur comme témoignage à la vérité.
Dans cet évangile nous lisons : « Au commencement était la Parole, et la Parole était auprès de Dieu et la Parole était Dieu ». Ce déploiement unique de grâce et de vérité était dû à Celui dont la gloire n’avait jamais été révélée si simplement, et pourtant si profondément, et il était bien digne de Lui. Il y a un contraste frappant avec le mysticisme philosophique de Philon, le Juif d’Alexandrie, partiellement contemporain de l’apôtre, mais le croyant voit bien qu’il en est totalement différent. Aucun des évangiles n’a une introduction telle que celle des 18 premiers versets de ce chapitre. Le premier titre de Christ qu’on y trouve est « la Parole ». « Au commencement » (Jean 1:1, 2) signifie avant la création : la preuve en est clairement donnée au v. 3 qui attribue à la Parole l’existence de tout l’univers. Il a donné à toutes choses leur existence de manière si absolue que rien n’a existé en dehors de Lui. Mais remontez dans le temps aussi loin que vous pouvez en pensée, Il était en essence auprès de Dieu, ayant pourtant son existence personnelle comme Dieu, en contraste avec toutes les créatures. Il n’est pas question de durée qu’on pourrait isoler dans l’éternité avant la création ; mais Lui était « au commencement ». L’absence d’article en grec [litt.: « en commencement »] est une belle manière de faire passer une vérité que notre langue n’arrive pas à exprimer ici. S’il y avait eu l’article en grec, cela aurait fixé l’attention sur un point d