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NOTES SUR L’ÉPÎTRE AUX GALATES
William KELLY
Bible Treasury vol. 4, p. 21 et suiv.; réédité en livre à part en 1983 par Bible Truth Publishers
Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest
Table des matières :
1.2.1 Mal doctrinal et mal moral — Corinthiens par rapport aux Galates
1.2.2 ch. 1:2 — Adresse d’envoi de la lettre : froideur
1.2.3 ch. 1:1 — Le ministère de Paul n’est pas d’origine humaine
1.2.4 Charge d’ancien et ministère ; pas de poste attitré
1.2.5 Commencement d’un ministère — Actes 13:1-3
1.2.6 Contre la succession apostolique ou cléricale
1.3 ch. 1:4 — Pas du monde ; retirés du présent siècle mauvais
1.4 ch. 1:5-6 — Passer promptement à un évangile différent
1.5 ch. 1:7-9 — un évangile différent qui n’en est pas un autre
1.5.1 Le mélange avec la loi est un danger général
1.5.3 Faut-il distinguer entre loi cérémonielle et loi morale ? La délivrance de cette influence
1.5.4 Rien outre ce qui est écrit
1.6.1 1:10-12, 15 — Union du croyant avec Christ
1.6.2 ch. 1:11 — Évangile de Paul, évangile de la gloire
1.6.3 ch. 1:12-16 — Comment Dieu forme Ses serviteurs
2.1 La grâce, une puissance efficace, une énergie de vie
2.2 Rom. 14 et l’épître aux Galates — Sabbat et Jour du Seigneur
2.3.1 ch. 2:1-3 — Différences entre Actes 15 et Gal. 2 ; Tite avec Paul
2.3.2 Prudence de Paul dans l’apport de la vérité
2.3.3 ch. 2:4-5 — Les faux-frères et le manque de droiture
2.3.4 ch. 2:6-9 — Relations de Paul avec les principaux apôtres
2.4 2:11-16 — La conflit avec Pierre
2.4.1 Pierre cessant de manger avec les Gentils
2.4.2 Causes et enjeu du conflit
2.4.3 ch. 2:14-16 — Pas de justification par aucune loi
2.5 2:17-21 — Résultats du retour à la loi
2.5.1 Position de pécheur ou de saint
2.5.3 ch. 2:18 — La loi fait retourner à l’état de transgresseur
3.1 Retour sur 2:19-21 — Christ, ma vie
3.2.2 Importance de la croix ; ce qu’elle montre
3.2.3 ch. 3:2 — Comment les Galates avaient reçu la bénédiction ; le Saint Esprit
3.2.4 Nouvelle naissance et présence du Saint Esprit — l’état chrétien
3.2.4.1 Connaître l’amour de Christ
3.2.4.3 ch. 3:2-5 — Réception de l’Esprit ; l’Esprit d’adoption
3.2.4.4 Profession extérieure et jouissance de Christ
3.2.5 ch. 3:4-6 — La bénédiction d’Abraham est par la foi
3.2.6 ch. 3:7-9 — La bénédiction de tous les fils d’Abraham est par la foi
3.2.7 ch. 3:10-12 — Maudit ceux qui sont sous la loi
3.2.8 ch. 3:13-14 — Toutes les bénédictions sont en Christ fait péché pour nous
3.3.2 ch. 3:17-18 — La loi bien distincte de la promesse : 430 ans entre les deux
3.3.3 ch. 3:19 — Pourquoi la loi ? Pour manifester l’état de l’homme
3.3.4 ch. 3:19-21 — Pas de médiateur pour la promesse
3.3.5 ch. 3:21-25 — La loi conducteur jusqu’à Christ
3.3.6 ch. 3:26-29 — Le croyant ressuscité avec Christ et mort vis-à-vis de la loi
4.2 ch. 4:1-5 — L’héritier en bas âge — La condition sous la loi ; délivrance et rédemption
4.3 ch. 4:6 — Laposition de fils et la position d’Israël
4.4 ch. 4:7 — Héritier de Dieu par Christ
4.5 ch. 4:8-9 — Le retour à des formes légales est une idolâtrie
4.6 ch. 4:10-11 — Gravité des rites religieux
4.7 ch. 4:12 — Les rapports entre l’apôtre Paul et les Galates
4.8 ch. 4:13-14 — La honte pour la chair, mais reçu comme un ange de Dieu
4.9 ch. 4:15-18 — État du cœur et son effet sur les relations avec l’apôtre
4.10 ch. 4:19-20 — Un travail à recommencer chez les Galates
4.11 ch. 4:21-25 — Agar comme type de l’ancienne alliance, du principe de la loi
4.12 ch. 4:26-27 — La Jérusalem d’en-haut et ses enfants
4.13 ch. 4:28-31 — La loi même contredit l’usage de la loi fait par les Galates
5.1 Jean 8 — L’homme religieux et la liberté chrétienne
5.2 Gal. 5:1-12 — La circoncision et la loi ne contribuent pas à la justification
5.2.2 ch. 5:3-4 — Tenu d’accomplir toute la loi ou identifié avec Christ mort et ressuscité
5.2.4 ch. 5:5 — L’espérance de la justice
5.2.5 ch. 5:6 — La foi opérante par l’amour —Dans le Christ Jésus, mais pas dans la chair
5.2.6 ch. 5:7-12 — Le levain — les corrupteurs — la circoncision de Timothée mais pas de Tite
5.3 ch. 5:13-26 — La loi ne contribue pas à la sanctification
5.3.1 ch. 5:13-15 — Effet de la présence du Saint Esprit — Puissance agissant sur la nouvelle nature
5.3.2 ch. 5:13-15 — Comment la loi est accomplie
5.3.3 ch. 5:16-17 — Marcher par l’Esprit : Le rempart contre les convoitises de la chair
5.3.5 ch. 5:18 — La conduite par l’Esprit, moyen de sainteté en dehors de la loi
5.3.6 ch. 5:19-21 — Oeuvres de la chair — Travailler à son propre salut (Phil. 2:12)
5.3.7 ch. 5:22-26 — La chair crucifiée
6.2 ch. 6:1 — Vous qui êtes spirituels
6.3 ch. 6:1b et Phil. 2:3 — Estimer son frère supérieur à soi-même
6.4 ch. 6:2 — La loi du Christ
6.5 ch. 6:3 — N’être rien, penser être quelque chose
6.6 ch. 6:4 — Éprouver sa propre oeuvre
6.7 ch. 6:5 — fardeau, condamnation, jugement — Jean 5:24 ; 1 Cor. 11:29-32 ; Héb. 9:27-28
6.7.1 Il ne s’agit pas du salut
6.7.2 Traduction des mots fardeau et jugement
6.7.3 «Fardeau» est en rapport avec les difficultés de la vie
6.8 ch. 6:6 — Aide matérielle aux serviteurs de Dieu
6.9 ch. 6:7-10 — Moissonner la vie téernelle
6.10 ch. 6:11 — 1 Cor. 7:12, 25 ; 14:30 — 2 Tim. 3:16
6.10.1 Inspiration, révélation — 1 Cor. 14:30
6.10.3 Froideur de l’épître : manque d’affection de Paul ou état des Galates ?
6.11 ch. 6:12 — Une belle apparence dans la chair
6.11.1 Une belle apparence dans la chair, ou être passé de lamort à la vie
6.11.2 Ceux qui veulent réconcilier la religion avec le monde
6.11.3 Sabbat et jour du Seigneur — Respect ou non respect de la loi
6.12 ch. 6:13 — Ceux qui tiennent à la loi méprisent le vrai christianisme
6.13 ch. 6:14 — la croix de Christ — Mort à la loi, à la chair, au monde — Être occupé de Christ
6.14 ch. 6:15 — Une nouvelle création
6.15 ch. 6:16 — L’Israël de Dieu
6.16 ch. 6:17 — Les marques du Seigneur Jésus dans le corps
6.17 ch. 6:18 — Besoin de la grâce
Note de traduction : On rappelle que le terme les Gentils désigne les non-juifs et est équivalent au terme les nations
Les titres et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest
En considérant l’épître aux Galates, j’espère pouvoir montrer que cette portion de la Parole est rédigée avec la même sagesse parfaite que les autres livres de l’Ancien et du Nouveau Testament (il ne peut être autrement pour une révélation donnée de Dieu) ; on y verra pareillement apparaître la preuve d’un but divin ; et à partir de cet objectif bien déterminé, le Saint Esprit modèle tous les détails selon la grande pensée et la grande tâche entreprise.
Un coup d’oeil même très rapide fait voir que le but de l’épître n’était pas tant d’affirmer la vérité de la justification par la foi en contraste avec des oeuvres de loi, que de la défendre plutôt contre les efforts de l’ennemi tendant à la mélanger avec des ordonnances et sous une autorité humaine ; en d’autres termes, elle est l’antidote contre le poison de tous ceux qui judaïsent tout en confessant le nom du Seigneur.
Dans l’épître aux Romains, il s’agit plutôt de faire ressortir la vérité positive ; dans celle aux Galates, il s’agit de retrouver la vérité déjà enseignée et reçue, mais que l’ennemi cherchait à noyer en y introduisant la loi comme moyen auxiliaire de justification. Le Saint Esprit, par l’apôtre Paul, s’applique à anéantir entièrement tout cet effort de Satan ; c’est là ce qui donne un ton particulier à cette épître.
Comme d’habitude, les premiers versets portent la marque de l’ensemble de l’épître ; ils montrent ce que le Saint Esprit allait faire ressortir dans chacune de ses parties. Nous trouvons, naturellement, une série d’expressions extrêmement bien choisies, évitant les éléments hors-sujet, de manière à révéler de façon condensée la pensée de Dieu quant à l’état de choses au milieu des églises de Galatie. C’est ce qui explique la relative froideur du ton de l’épître — la réserve, pouvons-nous dire, avec laquelle l’apôtre leur parle. Je crois qu’il n’y en a aucun autre exemple, où que ce soit, dans le Nouveau Testament. La raison en est la suivante : le mauvais état où les Galates étaient tombés, n’avait pas sa source dans l’ignorance, mais plutôt dans l’infidélité. Or, cela fait une grande différence. Dieu montre une très grande patience envers un simple manque de lumière ; mais Il ne tolère pas que ses saints agissent légèrement à l’égard de la lumière qu’Il leur a donnée. L’apôtre était pénétré de la pensée de Dieu, et nous l’a donnée sous forme écrite sans le moindre mélange d’erreur humaine. Il nous a donné non seulement la pensée, mais les sentiments de Dieu. Or l’homme réserve la rigueur de sa censure pour ce qui est immoral —tromperie ou ivrognerie, ou autres choses grossières : toute personne correcte est sensible à ces choses. Mais les mêmes personnes qui s’émeuvent devant un scandale moral, peuvent rester entièrement indifférentes à un mal mille fois pire aux yeux de Dieu. La plupart des gens ressentent l’immoralité, en particulier parce qu’ils sont touchés eux-mêmes ; tandis que dans ce qui touche le Seigneur, il leur faut toujours des exhortations énergiques, et l’éclairage de la lumière de Dieu focalisé sur le point en question. Satan n’a pas tendance à mettre sur le tapis l’erreur sans voile ; au contraire il l’habille en général avec une certaine mesure de vérité, pour attirer l’esprit. C’est ainsi qu’il séduit et amène les gens à refuser ce qui est bon et à choisir ce qui est mal.
C’est Dieu qui nous apprend les sentiments que nous devons éprouver à l’égard du mal doctrinal. Comme preuve de ce que j’affirme, prenez l’épître aux Galates en comparaison avec celle aux Corinthiens. Si vous étiez entré dans une réunion à Corinthe, vous y auriez vu une foule de gens très fiers de leurs dons. Ils étaient charnels, et faisaient étalage de la puissance dont l’Esprit de Dieu les avait doués. Car on peut avoir un don réel de Dieu et l’employer tout à fait charnellement. À Corinthe, il y avait beaucoup de choses ouvertement scandaleuses. Au début du Christianisme, on avait l’habitude d’avoir des agapes (ou : repas d’amour), qui était un repas, ou un souper, pris en commun quand les hommes étaient libres de se réunir, après ou avant leur travail. À Corinthe, et ailleurs peut-être, ils associaient cette agape à la Cène du Seigneur. On peut bien comprendre qu’il y avait facilement de l’excitation : rappelons-nous que ces croyants venaient juste de sortir de la corruption et des ténèbres du paganisme. L’ivrognerie était très commune parmi les païens : ils se faisaient même un point d’honneur de s’enivrer en l’honneur de leurs dieux. Il ne faut pas juger ces saints à Corinthe selon la lumière reçue depuis, d’autant plus que c’est en grande partie par les fautes des premiers chrétiens, que nous avons appris ce qu’est la moralité chrétienne ou ce qu’elle devrait être. Ils étaient comme des petits enfants sortant des mains de leur nourrice, leurs pas étaient faibles et chancelants. Il y avait trop souvent parmi eux des débordement de la nature comme ceux des païens. Il y avait, en outre, des partis parmi les saints ; les uns se rangeaient sous une bannière, les autres sous une autre ; ils suivaient des favoris. Certains étaient tombés dans des péchés notoires ; d’autres se levaient pour revendiquer et défendre leurs droits, et avaient des procès entre eux. Il y avait toutes sortes de relâchement dans leur marche. Tout cela se manifestait au milieu d’eux. L’état de choses moral était bien bas. Si nous n’avions pas l’écrit d’un apôtre à de telles personnes, nous aurions estimé absolument impossible qu’ils soient chrétiens. Tout au long de cette épître, le ton reste à un haut niveau de sainteté, avec une sainte condamnation de leur péché, et pourtant l’apôtre commence d’une manière très frappante, d’autant plus si l’on se rappelle l’état de ces croyants de Corinthe. Il commence par leur dire qu’ils étaient «sanctifiés dans le Christ Jésus» et «saints appelés». Il leur parle aussi de la fidélité de Dieu, qui les avaient «appelé à la communion de son Fils Jésus Christ, notre Seigneur». Quel contraste avec l’impulsion naturelle de nos esprits ! Nous aurions été disposés à douter qu’aucun d’entre eux soit converti, sauf un tout petit nombre.
Mais comment se fait-il qu’il y ait de si fortes expressions d’affection envers les Corinthiens vivant dans un tel désordre, alors qu’il n’y en a aucune envers les Galates ? Écrivant aux premiers, il les appelle «l’assemblée de Dieu». «Paul, apôtre appelé de Jésus Christ... à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le Christ Jésus, saints appelés... Je rends toujours grâces à mon Dieu pour vous, à cause de la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus, de ce qu’en toutes choses vous avez été enrichis en lui en toute parole et toute connaissance... de sorte que vous ne manquez d’aucun don de grâce pendant que vous attendez la révélation de notre Seigneur Jésus Christ» etc. . Puis il aborde la question de ce qui était mal, et la poursuit tout au long de l’épître. En écrivant aux Galates, au contraire, il dit : «Paul, apôtre (non de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ, et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts), et tous les frères qui sont avec moi, aux assemblées de la Galatie : Grâce et paix à vous, de la part de Dieu le Père, et de notre Seigneur Jésus Christ» (v. 1-3). Pas un mot qui exprime leur position en Christ ou en Dieu le Père ! Pas un mot qui les qualifie de saints dans le Christ Jésus ou de frères fidèles. Il reste au niveau du strict minimum possible quand on s’adresse collectivement à des chrétiens ici-bas. Il parle d’eux comme les «assemblées de la Galatie», il ne les associe pas à personne d’autres, mais il les prend, pour ainsi dire, comme quelque chose ne valant rien. Inversement, l’apôtre prend soin de dire : «tous les frères qui sont avec moi, aux assemblées de la Galatie». S’il ne parle pas des saints en général, il parle universellement des frères qui étaient alors avec lui, ses compagnons de service, qu’il s’associe en écrivant aux Galates. Il avait une raison pour le faire. Il n’était pas seul dans son témoignage, malgré toutes les insinuations des faux docteurs. C’est comme si tous les frères qui étaient avec lui, s’identifiaient avec ce qu’il était en train de leur écrire.
Dans la manière dont il parle de lui-même, Il y a aussi quelque chose de bien remarquable. «Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ, et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts», etc. Il commence d’emblée la controverse. Les premières paroles sont déjà un coup porté à leurs notions judaïques dans leur racine. Ils trouvaient à redire à l’apôtre parce qu’il n’avait pas été avec le Seigneur Jésus, lorsqu’Il était sur la terre. Quelle est la réponse de Paul ? J’accepte, dit-il, ce que vous m’exprimez sous forme de reproche : je ne suis pas apôtre de la part des hommes, ni par l’homme. Il exclut complètement toute opération humaine quelconque tendant à le nommer ou à l’établir. Son apostolat n’était ni «de la part des hommes» quant à sa source, ni «par l’homme» comme agent intermédiaire, en aucune manière. Rien n’aurait été plus aisé pour Dieu que de convertir Paul à Jérusalem : c’est là qu’il avait été élevé aux pieds de Gamaliel ; c’est là qu’avait commencé à éclater sa violence contre les chrétiens. Mais quand Dieu le rencontra, il était loin de Jérusalem, toujours acharné à persécuter les saints : et là, aux environs de Damas, en plein jour, le Seigneur, invisible pour les autres, se révèle depuis le ciel à Saul de Tarse, pour son plus grand étonnement. Il n’était pas seulement un saint par appel, mais un apôtre par appel ; «apôtre, non de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ, et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts». Et, pour rendre la chose plus frappante encore, à son baptême, qui fut choisi par le Seigneur pour le baptiser ? Un disciple dont il ne nous est jamais parlé autrement, et dont il est dit ici qu’il était pieux et résidait à Damas. Dieu mit un soin particulier à montrer que l’apôtre, appelé à une position éminente et importante — la plus importante fonction jamais occupée par aucun homme appelé à servir le Seigneur Jésus Christ dans l’évangile — de montrer, dis-je, que Paul avait été ainsi appelé sans intervention ni autorisation ni reconnaissance formelle de l’homme, sous quelque forme que ce soit. Son baptême n’avait rien à faire avec sa qualité d’apôtre. On est baptisé comme chrétien, jamais comme apôtre. Paul était aussitôt allé en Arabie ; il y avait prêché l’évangile, et Dieu l’avait reconnu sur-le-champ comme serviteur de Christ dans l’évangile, sans aucune interférence humaine. Tel est, en réalité, le vrai principe du ministère, pleinement illustré dans l’appel et l’oeuvre de Saul de Tarse, désormais l’esclave de Jésus.
Certains pourraient néanmoins objecter qu’il est expressément parlé ailleurs dans le Nouveau Testament de personnes mises à part par des hommes, et ayant reçu l’imposition des mains. Nous le reconnaissons pleinement. Mais dans certains cas, il s’agit d’une personne qui s’était déjà montrée qualifiée pour l’oeuvre, et elle était mise à part d’une manière formelle par l’autorité apostolique pour assumer une charge locale, et elle était revêtue d’une certaine dignité aux yeux des saints, peut-être parce que le don était modeste. Remarquons à propos de l’ancien qu’il n’est pas dit qu’il doit être un «docteur», mais simplement «propre à enseigner» (1 Tim. 3:2). Une fonction officielle n’est pas aussi nécessaire, lorsqu’il y a un haut degré de puissance. La puissance se fait sentir. À la longue les saints de Dieu seront toujours obligés de la reconnaître. Dès lors, quand un homme a reçu un don du Seigneur, il ne devrait point s’en faire du souci dans son propre intérêt : Dieu sait comment faire respecter le don, si les hommes ne le voient ni ne l’écoutent. Mais quand des hommes ont des qualités de sérieux et de piété, sans puissance manifeste pour tous, ils ont besoin d’être investis d’autorité, s’ils doivent avoir du poids auprès de gens non spirituels. C’est pour cela, semble-t-il, que nous voyons un apôtre, ou un délégué apostolique faire une tournée, prendre la direction en gouvernant, nommant, conseillant partout où quelque chose allait de travers ou manquait parmi les saints.
En fait, les gens confondent la charge d’ancien avec le ministère. Les anciens étaient établis par ceux qui détenaient eux-mêmes une autorité plus élevée directement de la part de Christ, mais il n’y a jamais rien eu qui ressemblât à l’ordination d’un homme pour prêcher l’évangile. Dans l’Écriture, c’est le Seigneur, et le Seigneur seul, qui appelle des hommes à prêcher. Dans tout le Nouveau Testament, il n’y a aucun exemple du contraire. Chercher à détenir une mission humaine pour prêcher l’évangile, ou pour avoir une place de docteur (enseignant) dans les assemblées chrétiennes, c’est un désordre positif en contradiction avec la parole de Dieu. Aux temps apostoliques, il n’y a jamais eu rien qui ressemblât à une personne ayant un poste attitré de docteur, pas plus que de prophète. Parmi les anciens, il pouvait y en avoir qui étaient évangélistes, docteurs, etc. ; c’est pourquoi il est dit : «Que les anciens qui président dûment soient estimés dignes d’un double honneur, spécialement ceux qui travaillent dans la parole et dans l’enseignement» (1 Tim. 5:17). Les anciens, dont l’affaire était de présider, même s’ils n’étaient pas docteurs, étaient en danger d’être méprisés ; or ils devaient être «estimés dignes d’un double honneur», s’ils présidaient dûment [ou présidaient bien]. Il fallait les honorer en tant que classe de personnes, «spécialement ceux qui travaillent dans la parole et dans l’enseignement». Plusieurs d’entre eux, outre leur activité d’anciens, pouvaient aussi être docteurs, et ceux-là avaient encore plus droit à l’estime des saints. Je ne désire nullement mettre de côté le fait qu’il y avait des personnes mises à part par l’homme ; mais ce que je nie c’est que ce fut le cas pour les classes ordinaires du ministère — pasteurs, docteurs, etc. Ceux-ci ne furent jamais établis par l’homme, en quelque manière que ce soit. Le corps entier de ceux qui sont ministres selon l’Écriture, est indépendant de toute ordination. Le choix de l’assemblée intervenait pour les diacres, qui veillaient aux choses extérieures : ils étaient établis avec la sanction apostolique — du moins, c’est ce qui fut mis en pratique en établissant les sept hommes sur l’affaire des tables à Jérusalem. Il en est de même encore à l’égard des administrateurs de la libéralité des assemblées d’entre les nations, dont il est parlé en 2 Corinthiens 8:19 à 23. Ils furent choisis pour cette oeuvre par les diverses assemblées qui leur confiaient leurs contributions. Les anciens étaient plutôt appelés à conduire et à gouverner localement, quoique la pensée d’un élection par l’assemblée ne soit jamais suggérée. Néanmoins, ils étaient formellement choisis par des apôtres ou des délégués apostoliques ; et le poids de ceux qui les choisissaient était sans doute destiné à leur donner une juste importance dans l’esprit des saints en général.
Le cas de Timothée est sans doute particulier. Il avait été désigné par prophétie pour une certaine oeuvre bien spéciale, celle de maintenir la saine doctrine ; puis l’apôtre et le corps des anciens lui imposèrent les mains, par quoi un don spirituel lui fut communiqué, qu’il ne possédait pas auparavant (1 Tim. 4:14 ; 2 Tim. 1:6). Il est évident qu’aucun homme vivant actuellement n’a été doué, et appelé à une telle œuvre, d’une telle manière.
On pourrait dire que, dans le cas de Paul, il y a eu imposition des mains, comme nous le lisons dans Actes 13. Qu’est-ce que cela montre ? Non pas, certainement, qu’il était un apôtre choisi par l’homme, car le Saint Esprit déclare ici qu’il était «apôtre, non de la part des hommes, ni par l’homme». Ce qui eut lieu à Antioche n’était, en aucune manière, une ordination de Paul pour être apôtre. Il est évident, d’après bien des portions de l’Écriture, qu’il avait déjà été occupé à prêcher bien des années avant qu’on lui impose les mains, et qu’il était l’un de ceux reconnus comme prophètes et docteurs à Antioche (Actes 13:1). Je crois qu’il s’agissait alors de mettre à part Paul et Barnabas pour la mission spéciale pour laquelle ils étaient sur le point de partir — pour implanter l’évangile dans de nouvelles contrées. Assurément, quand le Saint Esprit dit : «Mettez-moi... à part Barnabas et Saul, pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés», cela ne signifie pas que l’un et l’autre avaient, jusqu’alors, prêché de leur propre volonté, sans l’autorité du Seigneur ; et cela signifie encore moins que le grand apôtre des nations ait été alors constitué tel par ceux qui étaient moindre que lui. Il s’agissait, purement et simplement, d’une recommandation à la grâce de Dieu, pour l’œuvre nouvelle dans laquelle ils s’engageaient. Quelque chose de semblable pourrait encore avoir lieu de nos jours. Supposons qu’un homme ayant déjà prêché l’évangile en Angleterre, se sente pressé dans son coeur d’aller visiter les États-Unis d’Amérique, et que ses frères sentent qu’il est précisément l’homme pour cette œuvre, ceux-ci pourraient, afin de montrer leur accord et leur sympathie, se réunir, avec prière et jeûne, pour imposer leurs mains sur le frère qui va partir. Cette manière de procéder serait à mon avis tout à fait scripturaire. On l’a fait dans des cas pareils. Mais ce n’est pas une ordination ; on recommande simplement à la grâce de Dieu des personnes déjà douées pour l’oeuvre et qui ont devant elles une nouvelle piste.
Mais ce que je tiens comme antiscripturaire, et même comme un péché positif, c’est d’insister sur une certaine cérémonie qui serait un passage obligé pour être effectivement reconnu comme ministre de Christ. Même si c’est fort répandu, c’est une imposture de la tradition, qui ne peut s’abriter derrière la moindre parcelle de l’Écriture. C’est uniquement quelque chose d’introduit par l’homme, tiré principalement de la sacrificature juive. Celui qui appartenait à la famille des sacrificateurs, ne pouvait entrer dans ses fonctions sacerdotales avant d’avoir passé par un bon nombre de cérémonies. C’est ce que les catholiques romains ont imité dans leur mesure, plus que tous les autres. L’étonnant, c’est que les gens qui s’élèvent contre le papisme dans leurs propos, ont continué à en imiter la plus mauvaise part ; car je crois que c’est justement sur ce point que le Saint Esprit est le plus attristé. L’effet en est d’accréditer un bon nombre d’hommes qui ne sont pas ministres de Christ et de discréditer un bon nombre d’hommes qui sont ses ministres, au motif qu’ils ne sont pas passé pas par cette innovation particulière. Cela a pour effet de faire tout le mal possible et d’empêcher tout le bien possible. Ce mal tire son origine du cœur même du Judaïsme, et est le plus grand frein imaginable à l’action du Saint Esprit dans l’assemblée, aujourd’hui comme en tout temps. Certains prendront des airs graves devant ces remarques, et diront que c’est un manque de charité de parler ainsi ; mais ils ne savent pas ce que charité veut dire. Ils la confondent avec l’indifférence, laquelle n’est que la mort de la charité. Si vous voyiez votre enfant avec les mains sur des charbons ardents, vous ne vous laisseriez pas empêcher de crier bien vigoureusement, ni d’agir avec énergie pour le secourir, sans écouter ceux qui vous diraient qu’il est laid pour un chrétien d’élever la voix ou d’agir brutalement. Pareillement, dans le sujet qui nous occupe, nous sommes devant ce qui tient à la bénédiction de l’Église d’une part, à la malédiction de la chrétienté de l’autre. Que d’horreurs en sont sorties ! Le pape lui-même en est un produit : car si vous avez des sacrificateurs, il vous faut naturellement un souverain sacrificateur ; si vous avez les fils d’Aaron, vous avez aussi besoin qu’Aaron soit représenté. Le pape fut établi justement sur ce fondement, et tout le système du papisme en dépend. Hélas ! c’est un démon que le protestantisme lui-même n’a pas réussi à exorciser.
«Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par l’homme» : cela exclut entièrement l’homme, tant comme source de son ministère, que comme agent intermédiaire qui s’y rattache en quelque manière. Le grand point dont il faut nous rappeler en rapport avec le ministère, c’est que sa source est dans les mains de Christ ; c’est ce que Paul dit ici : «par Jésus Christ». Il ne dit pas «de la part de Jésus Christ». Dans ce contexte particulier, je considère l’expression «par Jésus Christ», comme beaucoup plus forte — pour la raison suivante : les docteurs judaïsants auraient pu dire : nous admettons pleinement que c’est de la part de Jésus Christ, mais il faut que la chose ait lieu par ceux qui ont été choisis et établis par le Seigneur lui-même lorsqu’il était sur la terre ; il faut que les apôtres soient le canal. — Mais Dieu portait un coup de mort à la notion de succession apostolique. Dans sa grande bonté, il excluait, pour tout homme spirituel, un prétexte quelconque pour un pareil mal. Les Galates étaient probablement troublés et perplexes, de ce que, de l’aveu de tous, Paul était un apôtre entièrement en dehors des douze. Pourquoi n’avait-on pas tiré au sort au sujet de Paul, si Paul devait être l’un des apôtres dans le sens le plus élevé du terme ? C’est à cela qu’il répond ici. Il lie son apostolat non seulement avec Dieu et notre Seigneur en tant que source, mais encore quant au moyen de transmission — «par Jésus Christ, et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts». Voilà encore un autre coup porté aux partisans des successions. Ils avaient établi un contraste entre Paul et les douze autres apôtres, au désavantage de Paul. Mais l’apôtre montre que, s’il y avait une différence quelconque entre lui et eux, c’était que lui était apôtre par Celui qui avait ressuscité Christ d’entre les morts. Les autres avaient été appelés à être apôtre seulement quand notre Seigneur était sur la terre, prenant Sa place comme homme ici-bas. Paul avait été appelé par Jésus Christ ressuscité d’entre les morts. Dans le cas de l’appel de Paul pour être apôtre, il y avait une plus grande puissance, une plus grande gloire, une plus grande distinction, que pour les autres apôtres, pour autant qu’il ait des différences. L’apôtre met toutes leurs théories en déroute, et introduit sa propre place avec une grande force. Paul est le modèle des serviteurs [ou : ministres] jusqu’à aujourd’hui. En parlant du ministère, il aime à le placer sur ce terrain, le terrain sur lequel reposait son propre appel. Lorsqu’il est question de sa prédication, il dit : «nous... croyons, c’est pourquoi aussi nous parlons» (2 Cor. 4:13) ; il prend la chose sur la base la plus simple et la meilleure : si quelqu’un connaît la vérité, qu’il en parle. Inutile d’attendre quoi que ce soit. C’est en vue de cela que le Seigneur opère dans l’Église. Par exemple, quel est le fondement des dons relatifs aux ministères quand Paul en parle dans l’épître aux Éphésiens — c’est là que le sujet nous est présenté sous la forme la plus élevée ? Le fondement est sur Christ monté en haut, et donnant des dons aux hommes : «Et lui, a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs ; en vue du perfectionnement des saints, pour l’oeuvre du service, pour l’édification du corps de Christ ; jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ» (Éph. 4:13). Le ministère tout entier, depuis ses fonctions les plus élevées jusqu’aux plus basses, est placé sur le même principe. Si on insiste en disant : Tout ce que vous avez dit à l’égard de Paul est très bien, mais ne s’applique pas aux ministres ordinaires, je réponds que cela s’applique ; parce qu’au travers de l’exemple de l’apôtre Paul, le Saint Esprit nous enseigne que depuis les apôtres et prophètes, jusqu’aux pasteurs, docteurs ou évangélistes, tous sont placés sur cette seule et même base ; ils sont tous des dons venant du même Seigneur, sans intervention de l’homme sous aucune forme et à aucun degré quelconque.
Certains répondront alors : «Qu’en est-il des anciens ? Sur ce point, vous avez tort, car vous n’en avez pas». Je réponds : Nous n’avons pas des anciens d’une manière formelle, parce que nous n’avons pas d’apôtres, et ne sommes pas des apôtres. À cet égard nous ne sommes certes pas plus mal lotis que tout ce qu’on appelle église ou secte, car aucune n’a d’apôtres, que je sache. La véritable différence entre ceux qui se réunissent autour du nom du Seigneur Jésus Christ et d’autres, c’est que nous ne prétendons pas avoir ce que nous n’avons pas reçu, tandis que c’est ce que font ceux qui prétendent nommer des anciens. Vous ne pouvez pas nommer des anciens si vous n’avez pas d’apôtres ; il est vrai que nous pouvons avoir certaines personnes ayant les qualités requises des anciens, et il faut les reconnaître ; mais imiter la nomination d’anciens, maintenant qu’il n’y a plus d’apôtres, c’est péché. Je n’en dirai pas plus sur le sujet du ministère.
Qu’en était-il des Galates ? Dans quel but introduisaient-ils la loi parmi les chrétiens ? Si le Seigneur s’est déjà «donné Lui-même pour nos péchés» (1:4), et a réglé cette question-là, supposer qu’il aurait dû se donner Lui-même pour nos péchés» en laissant nos péchés non effacés, c’est nier l’efficace de Son oeuvre, sinon la gloire de Sa personne. Il leur montre la vérité la plus élémentaire de l’évangile, savoir que Christ «s’est donné lui-même pour nos péchés». Il ne s’agit donc pas du tout de l’homme cherchant à acquérir une certaine justice, mais de Christ, qui «s’est donné Lui-même pour nos péchés», alors que nous n’avions rien, sinon des péchés. Il ne l’a pas fait dans le but de replacer les gens sous la loi, en en faisant le modèle à suivre pour les chrétiens, mais il «s’est donné Lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais» (1:4). Quel est l’effet produit sur les hommes quand ils adoptent la loi comme chrétiens ? Cela les rend mondains ; sans exception. On ne peut pas être séparé du monde quand on est sous la loi. Nous ne sommes pas dans la chair, mais dans l’Esprit. Voilà la norme du croyant : non pas de certains croyants seulement, mais de tous. Nous ne sommes «pas dans la chair» (Rom. 8:9). Il y a ce qui est de la chair en nous, mais nous ne sommes pas dans la chair. Ce que l’apôtre veut dire par là, c’est que Dieu ne nous regarde plus comme de simples hommes mortels chargés de leurs péchés, ni ne nous traite comme tels ; mais Dieu nous regarde d’après ce qu’est Christ, en qui il n’y a point de péché : si nous considérons notre position comme chrétiens, il n’y a pas de péché en nous ; car notre nature a déjà été condamnée en la croix, et Dieu n’entend pas prononcer deux fois la sentence sur elle. Ce que nous avons à faire maintenant, c’est de vivre de Christ, d’entrer dans la bénédiction de cette vérité que Lui «s’est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais». La loi s’adressait à des citoyens du monde. Christ s’est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous rachetât, ou nous retirât du monde, alors même que nous y sommes encore. «Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde» (Jean 17:14). Nous sommes vu comme séparés du monde par la mort de Christ, mais envoyés dans ce même monde par Sa résurrection (Jean 17:18) ; toutefois nous y sommes envoyés sans en être, n’appartenant pas plus au monde que les anges. La mort de Christ nous place entièrement hors du monde. La résurrection de Christ nous y envoie de nouveau, comme de nouvelles créatures, des messagers de la paix qu’Il donne, entièrement à part de ce qui se passe dans le monde. Notre Seigneur dit : «Et je ne suis plus dans le monde, et ceux-ci sont dans le monde... ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde... Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde» (Jean 17). Il donne la même mesure et pour Lui et pour eux ; en conséquence, après avoir été ressuscité d’entre les morts, Il dit : «comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie» (Jean 20:21).
L’apôtre se place lui-même avec eux devant Christ, «qui s’est donné lui-même pour nos péchés». C’est la bénédiction commune à tous les croyants, «en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père». La chose remarquable, c’est que, quand Dieu se révèle comme Celui qui donne la loi — comme l’Éternel — Il n’entreprend pas de séparer des hommes du monde. On ne peut pas dire que les Juifs étaient séparés du monde. Ils étaient séparés des nations, mais ils étaient le peuple le plus important dans le monde ; et ils avaient été faits tels en vue de maintenir les droits de Dieu dans le monde. Ils n’étaient point appelés à être hors du monde, mais comme un peuple dans le monde. C’est pourquoi les Juifs avaient à combattre les Cananéens ; et c’est aussi pour cela qu’ils avaient un temple magnifique. Parce qu’ils étaient un peuple du monde, ils avaient un sanctuaire du monde. Mais rien de tout cela n’est vrai pour les chrétiens, parce que Christ «s’est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père». C’est un état de choses totalement différent qui entre en scène lorsque Dieu fait connaître Sa volonté, — non plus Sa loi seulement — et qu’Il se révèle comme «le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ», lequel a été donné pour mourir pour nos péchés. Nous entrons dans la relation consciente d’enfants avec Dieu notre Père et notre affaire maintenant, c’est d’honorer Christ selon la position qu’Il a prise à la droite de Dieu. Les gens oublient que Christ «s’est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais». Ils s’enfoncent dans le monde dont la rédemption devrait les avoir délivrer ; et cela arrive parce qu’ils se mettent eux-mêmes sous la loi. Si j’ai à faire avec la volonté de Dieu mon Père, mon privilège est de souffrir comme Christ a souffert. La loi met une épée dans les mains de l’homme, tandis que la volonté de Dieu fait que le chrétien est prêt à aller au bûcher, ou à souffrir par l’épée à cause de Christ : «Selon qu’il est écrit : Pour l’amour de toi, nous sommes mis à mort tout le jour ; nous avons été estimés comme des brebis de tuerie. Au contraire, dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés» (Rom. 8:36), mais on est vainqueur par les souffrances, non pas par les choses dans lesquelles le monde se glorifie. Dieu est glorifié en Christ selon le modèle de la croix : voilà notre modèle, non pas Israël, ni la loi, mais la croix de Christ. C’est comme si Dieu disait : J’ai Christ dans le ciel, je suis occupé de Celui qui est le seul à m’avoir jamais glorifié, et c’est Celui dont vous avez à être occupés.
Rien n’est plus exact, plus complet et plus approprié pour faire face aux dangers actuels, où l’on cherche à faire revivre le principe de la succession cléricale ou apostolique, et les ordonnances religieuses comme moyen d’honorer Dieu. L’Écriture traite de tous les cas, et cette parole divine et bénie donne toujours le remède. Notre sagesse consiste à chercher à s’en servir en totalité, afin d’être «simples quant au mal et sages quant au bien» (Rom. 16:19).
La manière abrupte dont l’apôtre aborde son sujet est remarquable. Il venait de leur rappeler que le Seigneur s’est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais (1:4) ; et ceci avait fait jaillir une brève actions de grâces à «notre Dieu et Père, auquel soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen» (1:5). Mais le voilà maintenant qui en vient immédiatement au grand objet qu’il avait en vue. Son coeur en était, pour ainsi dire, trop plein pour user de plus de paroles que nécessaire. Il ne pouvait pas tarder devant ce qui était si funeste pour les fondements mêmes sur lesquels doit se tenir l’assemblée, ou plutôt les chrétiens individuellement, devant Dieu. «Je m’étonne de ce que vous passez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, à un évangile différent» (1:6). Les mots «vous passez», non pas «vous avez passé» indiquent qu’ils étaient en train de passer. Ils étaient en train de changer de position, s’éloignant «de celui qui les avait appelés par la grâce de Christ». Le mal et le danger n’étaient pas encore définitifs au point de ne plus pouvoir regarder à Dieu à leur sujet. Quand nous pensons que c’était l’apôtre Paul qui avait évangélisé ces âmes, et qu’il leur avait encore prêché peu de temps auparavant, il n’y a pas de preuve plus triste de la facilité avec laquelle Satan trouve moyen d’égarer les âmes. Prenez même des enfants de Dieu ayant reçu les meilleurs enseignements, et vous verrez malgré tout des symptômes qui ne manquent presque jamais d’apparaître : un penchant vers ce qui est faible et faux, une promptitude à suivre des sentiments humains dans les choses de Dieu, des sentiments détournés de la vérité par des apparences sans réalité. Voilà ce que vous trouverez, à moins d’une puissance extraordinaire du Saint Esprit pour arrêter les opérations de Satan. Les choses sans valeur qui peuvent être introduites avec le fondement, dont l’apôtre parle en 1 Corinthiens 3 — «du bois, du foin, du chaume» — tout cela nous montre comment il peut arriver que, quoique ce soit Dieu qui ait formé l’assemblée, il y a un autre côté de l’assemblée dont il faut tenir compte : c’est l’homme. Paul parle de lui-même comme d’un «sage architecte». Sous un certain point de vue, c’est Dieu qui bâtit l’assemblée, et là, rien ne peut faillir. Ce que le Seigneur tient directement dans sa main, Il le maintient infailliblement par sa propre puissance. Mais la responsabilité humaine entre dans cette grande oeuvre, comme elle le fait presqu’en toutes choses, sauf la création et la rédemption où Dieu est seul, et ne peut qu’être seul. Mais pour tout le reste, dans tout ce qui est précieux, que ce soit l’appel des âmes par l’évangile, ou l’orientation des âmes après qu’elles aient connu le Seigneur, ou le rassemblement des enfants de Dieu en un seul corps (l’Église), dans toutes ces choses l’homme a sa part, et il n’est que trop vrai qu’il y apporte la faiblesse de sa nature. L’histoire que Dieu nous donne dans la Bible est qu’en tout ce qu’Il a confié aux mains de l’homme, celui-ci montre sa faiblesse et sa défaillance. «Je m’étonne de ce que vous passez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, à un évangile différent». Après tout, c’est là l’histoire, non seulement de l’Ancien Testament et des différentes voies dans lesquelles Dieu a éprouvé l’homme, mais aussi du temps où l’on a le sujet infiniment plus béni du Nouveau Testament — ce que Dieu est dans son Fils, et dans Ses voies envers les hommes par son Fils, depuis que le Seigneur est monté au ciel, et que le Saint Esprit a été envoyé ici-bas, — même par rapport à ces choses, la faiblesse de l’homme se montre immanquablement. Ce n’est pas seulement dû à des hommes incroyants ayant trouvé moyen de se glisser dans l’Église, mais les enfants de Dieu ont aussi la chair en eux. Ceux-ci ont leurs sentiments humains, leurs infirmités humaines, et ce que Satan peut trouver dans tout chrétien pour empêcher ou obscurcir la puissance de Dieu. C’était par de tels moyens que les saints de la Galatie avaient été égarés, et que tous sont en danger de l’être, en tout temps. Je retire de là deux importantes leçons. La première, c’est de ne pas être surpris s’il y a des déviations parmi les saints de Dieu. Je ne dois pas me permettre de penser un seul instant que c’est un indice d’une quelconque faiblesse dans la vérité elle-même ou dans le témoignage qui nous a été confié, ni que cela jette le discrédit sur ce qui est de Dieu, car Dieu peut tolérer ce qui est contraire à Sa propre nature, et permettre pour un temps à l’homme de montrer ce qu’il est. Mais ce qui est selon Dieu demeure, et Dieu se justifiera en cela, et permettra que ce qui n’est pas de Lui montre son vrai caractère. La seconde chose que nous apprenons, c’est l’appel à veiller et au jugement de nous-mêmes. À ces Galates, autrefois si zélés qu’ils auraient arraché leurs yeux par amour pour Paul, ce même apôtre doit maintenant écrire : «Je m’étonne de ce que vous passez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ». Remarquez le choix d’expressions : «La grâce de Christ». Satan employait un mélange de la loi et de la grâce, de légalisme et de Christ. Or ce qui avait caractérisé leur appel, c’était simplement et uniquement «la grâce de Christ».
Dieu avait fait connaître aux Galates qu’ils étaient des pauvres pécheurs d’entre les nations, qu’il n’y avait rien pour eux sinon la miséricorde, et que la miséricorde était venue jusqu’à eux dans la personne de Christ. C’est bien là la seule chose à laquelle il invite les âmes : accepter la miséricorde que Dieu leur donne en Christ, ce qui suppose qu’elle sentent le besoin de miséricorde, et qu’elles sont prêtes à regarder à Christ, et à nul autre. Il n’en demeure pas moins vrai que c’était uniquement la grâce de Christ qui avait agi sur ces croyants de la Galatie ; l’apôtre le leur rappelle. Vers quoi se tournaient-ils maintenant ? «Vers un évangile différent, qui n’en est pas un autre» (1:7). Si la grâce de Christ était la source et la puissance de leur appel, l’évangile en était le moyen. Mais ils avaient maintenant abandonné cet évangile pour quelque chose de différent. Remarquez qu’il ne dit pas «quelque chose de contraire à l’évangile», mais «un évangile différent» et pour cette raison même, il dit qu’il «n’en est pas un autre» : c’était indigne d’être appelé un autre évangile. Dieu n’en reconnaît qu’un ; Il ne permet aucun compromis au sujet de l’évangile, et nous n’avons pas non plus à en faire.
Certain trouveront cela étrange, voire excessif ; mais je suis absolument convaincu que le même mal qui opérait alors parmi les Galates, est maintenant à l’œuvre dans la chrétienté universellement. Il peut varier dans la forme d’un endroit à l’autre, mais où qu’on se tourne, on trouve d’une manière ou d’une autre, la loi mêlée avec la grâce de Christ, aussi bien dans ce qui est prêché que dans la profession extérieure de Christ telle que maintenue par les institutions chrétiennes. Peu importe la dénomination, c’est partout pareil. Il y a toutefois des différences de degré dans ce domaine : les uns sont plus ouverts, d’autres plus intelligents, d’autres plus systématiques ; mais on trouve partout le même poison, ici délayé, là concentré ; c’en est au point que la vérité sur ce sujet résonne étrangement aux oreilles des hommes. Pour en donner une preuve, prenons une expression simple et fréquente dans les épîtres de Paul : «la justice de Dieu», à l’égard de laquelle règnent les idées les plus erronées. On se réjouit quand on apprend que des personnes prêchent Christ, ou même la loi, parce que Dieu se sert de la prédication de la loi pour convaincre bien des pécheurs. Mais le fait que Dieu opère même par le moyen de la prédication d’un évangile perverti, ne nous autorise pas à supposer que les enfants de Dieu peuvent traiter l’erreur légèrement. C’est une chose de reconnaître que Dieu opère d’une manière souveraine ; c’en est une autre de savoir quel est pour nous Son véritable témoignage. Nous sommes tenus en conscience de ne jamais rien admettre d’autre, pour nos propres âmes, que la simple et complète vérité de Dieu. On ne devrait jamais rien écouter qui se tienne en retrait de cela, et la vérité peut éviter d’entendre l’erreur. Je ne parle pas ici de fautes dans ce qui est dit au cours de la prédication. Un écart de langage ou de l’ignorance, ce n’est pas pervertir l’évangile. C’est une chose d’écouter une faute ; mais aller là où l’on sait d’avance qu’il y a le mélange de la loi et de Christ, c’est péché.
On dira peut-être que ce que je dis est excessif et injustifiable. Mais la question est celle-ci : vais-je m’ériger en juge du Saint Esprit ? Rappelons en effet que l’apôtre n’écrivait pas comme un simple particulier, mais il écrivait ce que le Saint Esprit écrivait pour notre instruction. Or il nous dit ceci : «Il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent pervertir l’évangile du Christ. Mais quand nous-mêmes, ou quand un ange venu du ciel vous évangéliserait outre ce que nous vous avons évangélisé, qu’il soit anathème» (1:7, 8). Pesons impartialement de telles paroles, et alors nous pourrons juger si j’ai trop insisté dans mes propos sur le devoir de tout chrétien en face d’une perversion du témoignage de l’évangile. Car c’est là ce qui s’introduisait parmi les Galates.
Peut-être direz-vous que cela allait plus loin, et que chez les Galates, il y avait le mélange de la loi cérémonielle avec la grâce, tandis qu’aujourd’hui c’est à la loi morale qu’on tient. Je ne puis que dire que c’est encore pire et plus mortel, parce qu’on peut présenter la loi cérémonielle comme type de Christ, mais la loi morale introduit ce que l’homme fait, sous une forme ou sous une autre, — les formes ou cérémonies judaïques n’avaient de sens, au contraire, que dans leur relation avec Christ. Dans les institutions chrétiennes, il n’y a aucune vertu ni dans l’eau du baptême, ni dans le pain et le vin de la cène, sinon dans ce qu’ils représentent. Dès l’instant où l’on introduit quelque chose d’autre que Christ pour la justification de l’homme, le fondement a disparu ; Christ doit m’être plus cher que toute autre chose — plus cher même que ces institutions. Avoir Christ à coeur, c’est la meilleure preuve qu’une âme est sauvée. Ce n’est avoir aucun égard vivant pour Christ, que de connaître Sa volonté sur tel ou tel point, et ne pas y attribuer une importance majeure. Quand des saints de Dieu ont appris la vérité avec simplicité, et sont devenus capables de la retenir fermement, alors vient le temps de l’épreuve. Peut-être y a-t-il beaucoup de faiblesse et d’infidélité parmi ceux qui possèdent la vérité, et les gens disent : «Je ne vois pas que ceux qui possèdent cette vérité valent tellement mieux que leurs voisins» ; mais il faut distinguer entre la faiblesse de conduite chez ceux qui possèdent la vérité (il peut y être remédier) et chez ceux qui ne la possèdent pas (on ne peut changer le mensonge en vérité). Aucune puissance sur la terre ne peut extirper le légalisme de l’état de choses dans la chrétienté : pour abandonner la loi, il faudrait d’abord que les systèmes religieux établis cessent d’être des systèmes terrestres. Vous ne pouvez réformer ce qui a des fondements totalement défectueux. On peut enlever ce qui a été construit dessus ; mais si les fondements sont sans valeur et faux, il n’y aura jamais de remède. Il n’y a qu’une seule bonne marche à suivre : c’est de tout quitter. Ceux qui se rendent compte de ces choses, doivent à notre Seigneur et Maître — à la vérité et aux saints de Dieu — de montrer une séparation entière et sans concession d’avec tout ce qui détruit la pleine vérité de la grâce de Christ. Mais il faut avoir du support envers les individus qui ne connaissent pas mieux.
D’un autre côté, si vous voyez une personne franchement mondaine au sein d’un corps religieux, je crois que ce n’est pas la peine de s’en prendre aux individus et de reprendre leurs abus, comme un prêtre qui va à la chasse ou la manière dont il entonne. Nous avons beaucoup mieux à faire que de faire des remarques sur des membres du clergé qui vont dans les danses ; laissons le monde se charger de telles remarques. Mais c’est très différent quand on prêche des choses fausses : nous devons alors chercher à délivrer les enfants de Dieu des mauvaises influences. Qu’il est pénible de penser que certains sont tenus de prêcher la loi, à un tel point qu’ils seraient considérés comme malhonnêtes s’ils ne le faisaient pas ! Ce que Dieu donne par rapport à un tel état de choses, ce n’est pas simplement un remède, mais une délivrance. Ceux qui croient la parole de Dieu, et ce que le Saint Esprit dit si solennellement à l’égard de ces choses, devraient en avoir fini entièrement avec ; il est vrai que des hommes vraiment pieux peuvent être enchaînés. Nous parlons du danger de mêler la loi avec l’évangile : c’était le mal chez les Galates.
Considérons l’avertissement que le Saint Esprit adresse aux âmes prises dans ce piège. Les gens peuvent vous dire qu’ils savent séparer le bon du mauvais ; mais Dieu est plus sage que les hommes ; un homme spirituel discernerait le recul des âmes là où de telles choses sont admises. C’est ce qui explique la vigueur inhabituelle de l’avertissement de l’apôtre. Ils étaient ses propres enfants dans la foi, et il était en perplexité à leur sujet à cause de ceux qui les bouleversaient et les troublaient. Voici ce qu’il dit — peu importe à qui cela s’applique : «Si quelqu’un vous évangélise outre ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème. Quand nous-mêmes, ou quand un ange venu du ciel vous évangéliserait outre ce que nous vous avons évangélisé, qu’il soit anathème» (1:8, 9). Les Galates cherchaient probablement à s’abriter derrière des prétextes comme : «on sait très bien ce que Paul prêchait, mais nous, nous avons des vérités additionnelles, outre ce que Paul a donné». Mais la sentence est formelle : «Si quelqu’un vous évangélise outre ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème». Ce n’est pas seulement : «ce que j’ai prêché», mais «ce que vous avez reçu». Ce n’est pas seulement qu’il ne devait y avoir aucun mélange dans ce qu’il prêchait, mais il ne fallait rien ajouter à ce qu’ils avaient reçu. Nous avons ce que l’apôtre Paul a écrit, aussi clairement que les Galates avaient ce qu’il avait prêché. Il n’y a aucune différence, sauf que ce qui est écrit a même une plus grande autorité, en tant que moyen de communication, que ce qui est oral. Dans ce qui est oral, il pourrait s’y introduire ce qui est de la nature. L’apôtre a dû confesser qu’en certaines occasions il avait parlé avec précipitation, mais jamais en rapport avec ce qu’il avait écrit. Le problème ne venait pas de ce qu’on ôtait l’évangile, mais qu’on ajoutait à l’évangile ce qui était de la loi.
«Car maintenant, est-ce que je m’applique à satisfaire des hommes, ou Dieu ?» (1:10). Autrement dit, cherchait-il à les gagner à sa cause, ou à gagner Dieu ? «Ou est-ce que je cherche à complaire à des hommes ? Si je complaisais encore à des hommes, je ne serais pas esclave de Christ». Il savait bien que ce genre de témoignage sans compromis, le rendait particulièrement désagréable aux hommes, et produisait même de l’hostilité parmi de véritables saints de Dieu. Aujourd’hui encore, on appellerait l’attitude de Paul du manque de charité. Or ce n’est pas du manque de charité de parler sans compromis, mais c’est juger ceux qui font des compromis. Il dit que ce n’est pas le chemin pour plaire aux hommes, mais à Dieu. C’est précisément le chemin où Christ avait appelé Paul à être serviteur. «Or je vous fais savoir, frères, que l’évangile qui a été annoncé par moi, n’est pas selon l’homme. Car moi, je ne l’ai pas reçu de l’homme non plus, ni appris, mais par la révélation de Jésus Christ» (1:11, 12). Il y avait, sans doute, quelque chose d’extraordinaire dans la manière dont l’évangile avait été communiqué à l’apôtre Paul. Il n’avait pas été converti par la prédication de l’évangile, comme dans le cas général. Le cas de Pierre était du même ordre. La chair et le sang ne lui avaient pas révélé cela, mais le Père qui est dans les cieux (Matt. 16:17). Pierre fut la première personne à qui fut annoncée la gloire de la personne de Christ — non pas cette gloire comme simplement liée aux prophéties juives, mais la gloire plus profonde de Christ comme les chrétiens devraient Le connaître maintenant, Sa gloire comme le Fils du Dieu vivant, non pas une gloire en relation exclusive avec la terre. Pierre fut le premier à qui le Saint Esprit révéla la grande vérité que Jésus était non seulement le Mess