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ACTES

 

Introduction à l’étude du livre des Actes

 

 

William Kelly

 

Traduit de Introductory Lectures, vol. 3 (Actes, épîtres dites catholiques, Apocalypse)
Méditations publiques prononcées à Londres en 1869

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières abrégée :

1     Ch. 8 à 12

1.1      Ch. 8

1.2      Ch. 9

 

 

Table des matières détaillée :

1     Ch. 8 à 12

1.1      Ch. 8

1.1.1       Ch. 8:1-3

1.1.2       Ch. 8:4-5 — Évangéliste par appel direct du Seigneur

1.1.3       Ch. 8:6-13 — Foi vraie et foi fausse

1.1.4       Ch. 8:14-17 — Le don du Saint Esprit (comme personne divine) et les dons du Saint Esprit — L’imposition des mains

1.1.5       Ch. 8:18-24 — La simonie

1.1.6       Ch. 8:25

1.1.7       Ch. 8:26-38 – L’eunuque éthiopien

1.1.8       Ch. 8:37

1.1.9       Ch. 8:39-40

1.2      Ch. 9

 

 

1                        Ch. 8 à 12

Nous arrivons maintenant à un tournant dans l’histoire, pas seulement de l’Église, mais du déploiement de la vérité de Dieu, et de la manifestation de Ses voies. À plusieurs points de vue, la mort d’Étienne a donc une grande importance, ce qui n’est pas étonnant. Son esprit a été le premier à déloger pour être avec Christ (Phil. 1:23) après que le Saint Esprit ait été donné. Mais ce n’était pas simplement quelqu’un qui délogeait pour être avec le Seigneur, ce qui est de beaucoup meilleur ; c’était l’effet de l’action des Juifs dans la fureur de l’esprit de persécution. Ceux qui l’avaient fait étaient justement les mêmes personnes qui, si peu avant et par une faveur extrême, avaient reçu — non pas la vérité, ni la grâce de Dieu, qui est inséparable de Sa vérité, mais — cette puissante marque distinctive de la grâce et de la vérité, qui avait produit [avec Étienne] une largeur de cœur exceptionnelle, un esprit dépourvu d’égoïsme, avec la joie et la liberté, toutes choses frappantes pour les esprits des Juifs habitués à la froideur de mort de leur système.

Mais maintenant tout était changé. Ce qui avait été très doux devenait amer, comme souvent dans les choses de Dieu. Quand ils comprirent la portée de ce que Dieu avait opéré ici-bas, — que cela jugeait l’homme, que cela ne laissait aucune place à la religiosité dont ils se vantaient ; que cela prouvait de façon si convaincante (et d’autant plus amère que c’était convainquant) ce que Dieu avait expressément indiqué au travers de tout Son témoignage à leur égard, par les prophètes et par les types de la loi elle-même, qu’Il avait des desseins plus profonds ; que rien sur la terre ne pouvait Le satisfaire ; que sur la base de la ruine démontrée d’Israël, Sa pensée était d’introduire le ciel et les choses célestes pour un peuple céleste encore ici-bas ; — maintenant que tout cela était par excellence rendu manifeste dans le témoignage qu’Étienne avait rendu à l’homme même qu’ils avaient rejeté et crucifié, et qu’il avait vu en gloire à la droite de Dieu, — tout cela était dès lors insupportable. Pouvait-il en être autrement quand, malgré l’orgueil de l’incrédulité et de la satisfaction qu’ils trouvaient dans leurs privilèges, ils étaient forcés de sentir en dépit de tout qu’ils étaient ceux qui résistaient toujours à l’Esprit Saint comme leurs pères, lesquels avaient été eux-mêmes coupables et avaient souffert les conséquences de leur culpabilité dans l’assujettissement aux Gentils ? et outre cela, ils étaient forcés maintenant de sentir qu’eux-mêmes n’étaient pas meilleurs, mais plutôt pire ; qu’il y avait en eux la même incrédulité produisant des effets encore plus terribles ; qu’ils étaient coupables du sang de leur propre Messie, lequel était maintenant ressuscité et exalté au plus haut des cieux ? Étienne avait fait peser toutes ces choses à fond sur eux ; il est vrai que je n’ai fait qu’aborder une petite partie de son discours si parlant.

Mais la fin nous montre plus encore que cela. Il y avait maintenant la révélation de Christ comme un objet dans le ciel pour le chrétien, une révélation de Christ d’une manière totalement hors des limites étroites du judaïsme. Étienne parle de Lui comme du Fils de l’homme. C’est un aspect essentiel du christianisme, et contrairement à la loi, il s’adresse à tous ; il n’y a pas d’étroitesse dans un Christ rejeté et céleste. Par le Saint Esprit, il s’y rajoute toute la fermeté d’un lien divin, et toute l’intimité d’une relation réelle et vivante de la plus grande proximité. En même temps, il y a une universalité en ce que la vérité et la grâce de Dieu vont au dehors, ce qui était étranger à la loi. Même si le caractère du christianisme devait être encore plus développé par un autre témoin des choses célestes, un témoin bien plus grand et qui était encore dans l’aveuglement de l’incrédulité juive — et en ce moment même, il prenait sa part misérable à la mort d’Étienne, bien qu’avec une bonne conscience naturelle — tout cela parlait puissamment aux Juifs, mais les lacérait à l’extrême dans leurs sentiments.

 

1.1   Ch. 8

1.1.1        Ch. 8:1-3

J’ai déjà abordé les effets pratiques, et je n’irai pas plus loin maintenant. Mon but bien sûr, est de donner simplement un tableau de ce livre important, en m’efforçant de relier le futur avec le passé (ce chapitre fait justement et évidemment la liaison). Saul consentait à la mort d’Étienne, et Saul était l’expression du sentiment juif sous son meilleur jour. Il était maintenant coupable de résister jusqu’au sang, non pas simplement comme avaient fait leurs pères, mais contre le témoignage céleste de Jésus. Néanmoins le Dieu qui défendait l’honneur de Jésus crucifié, n’oubliait pas le martyr Étienne, et malgré une explosion de la persécution qui dispersait à travers toute la Judée et la Samarie les croyants de Jérusalem sauf les apôtres, des hommes pieux ne manquèrent pas d’emporter Étienne pour l’ensevelir. Ce n’était clairement pas des chrétiens, mais Dieu garde le contrôle de tous les cœurs. « Et ils menèrent un grand deuil sur Lui ». Cela leur convenait tout à fait. Ils n’avaient pas la joie qui porte ses regards dans la présence de Dieu. Ils sentaient un peu et justement que l’acte commis était terrible. Et comme leurs sentiments avaient de la réalité, ils menèrent deuil comme il fallait. Mais « Saul ravageait l’assemblée, entrant dans les maisons, et traînant hommes et femmes, il les livrait en prison ». La persécution religieuse est toujours impitoyable et aveugle même à l’égard des sentiments d’humanité les plus ordinaires.

 

1.1.2        Ch. 8:4-5 — Évangéliste par appel direct du Seigneur

« Ceux donc qui avaient été dispersé allaient ça et là , annonçant la Parole ». Car le Dieu qui non seulement dispose des cœurs, mais contrôle toutes les circonstances allait maintenant accomplir ce qu’Il avait toujours eu à cœur, en faisant des disciples les témoins de Jésus jusqu’aux bouts de la terre, en commençant par la Judée et la Samarie (1:8). Selon ce que nous voyons, le témoignage avait au moins parcouru tout Jérusalem, en sorte que l’ancienne rivale de Jérusalem entrait maintenant dans le champ d’action de Dieu. Philippe, qui avait été nommé (6:5-6) par les apôtres à la suite du choix de la multitude des disciples pour veiller à ce qui était distribué aux pauvres, descend dans les villes de Samarie en prêchant Christ. Cela ne découlait nullement d’une ordination. Il avait été nommé pour veiller aux tables. Sa prédication de Christ était le fruit de l’appel du Seigneur. Quand l’homme choisit en vue de choses humaines, le Seigneur le reconnaît. Il veut que Son peuple, lorsqu’il donne, ait son mot à dire. Il s’occupe d’eux en grâce, arrêtant les plaintes, et montre qu’Il honore leur choix et a confiance qu’il est bon. Mais il n’en est pas ainsi dans le ministère de la Parole et le témoignage du Seigneur. Dans ce domaine, le Seigneur est seul à donner, seul à appeler, seul à envoyer. Outre qu’il faisait partie des sept, Philippe était un « évangéliste » comme le dit une autre portion de ce livre (21:8). Il est important de distinguer entre ces deux choses, d’une part la charge à laquelle il a été nommé par l’homme, et d’autre part le don que le Seigneur lui a conféré (Éph. 4). Je me borne à faire la remarque en passant ; bien que ce ne soit pas nécessaire pour la plupart ici, ça peut l’être pour certains.

 

1.1.3        Ch. 8:6-13 — Foi vraie et foi fausse

Philippe descend et prêche Christ. « Et les foules d’un commun accord, étaient attentives aux choses que Philippe disait, l’entendant, et voyant les miracles qu’il faisait » (8:6). Mais le témoignage de miracles est susceptible d’agir sur la chair. Ils sont en effet un signe aux incroyants, et l’Esprit de Dieu nous montre ce résultat dans notre chapitre. S’ils sont donnés en grâce par le Seigneur comme un échantillon pour attirer les âmes négligentes, d’un autre côté ils sont dangereux quand ils deviennent le lieu de repos ou l’objet chéri des pensées ; c’est l’erreur fatale qui a été faite à ce moment-là, mais aussi par beaucoup de millions d’âmes dans la suite. La foi ne se repose jamais sur autre chose que sur la Parole de Dieu. Tout le reste est vain, et n’est susceptible que d’accréditer l’homme et de le séduire. Il y a eu à cette occasion une action indiscutable de l’Esprit de Dieu — la puissance qui chassait les esprits impurs, et guérissait les malades, tout en répandant la joie dans toute la ville pour les âmes. C’est évidemment ce déploiement extérieur de puissance, si richement manifesté, qui a agi sur l’esprit charnel de Simon, lui-même ayant la réputation d’être un grand personnage, et auparavant le vase de quelque puissance démoniaque — la misérable puissance de Satan avec laquelle il étonnait les yeux humains. Se trouvant maintenant éclipsé, et comme il était rusé, son objectif fut d’acquérir pour lui autant que possible cette énergie supérieure. Son but n’était pas Christ ; c’était tout pour lui-même. Il souhaitait regagner son influence, sans perdre l’ancienne : pourquoi ne pas tourner les choses à son propre avantage par cette nouvelle méthode si c’était possible ?

On trouve donc Simon dans la série de ceux qui ont reçu l’évangile et ont été baptisés. Philippe n’a pas eu le discernement pour voir dans son intérieur : les évangélistes sont portés à l’optimisme. Le Seigneur n’a peut-être pas permis que le vrai caractère de Simon soit manifesté tout de suite aux yeux de tous. Mais peu après cela n’a pas échappé à l’œil scrutateur de Pierre. Comme il nous est dit, « quand ils eurent cru Philippe qui leur annonçait les bonnes nouvelles touchant le royaume de Dieu et le nom de Jésus Christ, tant les hommes que les femmes furent baptisés ; et Simon lui-même crut aussi » (8:12). L’Écriture montre une foi fondée sur des évidences, sans la qualifier de divine. Il continue d’en être ainsi. Jean en parle souvent ; et celui-là même qui nous dit le plus que le caractère de la vraie foi est d’être un don de Dieu, — qui nous fait entrer le plus dans sa puissance secrète et son caractère béni, et même la vie éternelle qui s’y attache, — ce même Jean est celui qui, plus que tous, donne des exemples de foi produite de manière purement humaine. Telle était la foi de Simon. L’évangile de Luc montre aussi quelque chose de similaire ; c’est-à-dire une foi dont on ne peut pas dire qu’elle ne soit pas sincère, mais qui est humaine, qui n’est pas opérée par l’Esprit, mais se fonde sur l’esprit qui s’incline devant des raisonnements, des preuves, des évidences plus forts que lui. Or il n’y a rien de Dieu dans tout cela : l’âme ne s’y rencontre pas avec Dieu. Sans ceci, la foi n’est bonne à rien, et Dieu n’est pas honoré dans Sa Parole. La puissance, c’est ce qui a frappé l’esprit de Simon, — lui-même étant un adepte de la puissance, qui dans le passé était tombé bien bas, jusqu’à l’ennemi de Dieu et des hommes afin d’être un vase de puissance surhumaine, quelle qu’en soit la source. Il ne pouvait pas nier la puissance qui, sans effort, se démontrait supérieure à tout ce qu’il avait jamais exercé. C’est ce qui l’attirait, et comme il est dit, « il se tenait toujours auprès de Philippe » (sans qu’il y eût aucun autre lien entre eux), « et voyant les prodiges et les grands miracles qui se faisaient, il était dans l’étonnement » (8:13). Un croyant se serait plutôt étonné de la grâce de Dieu, se serait courbé dans l’adoration devant Lui. La conscience aurait été travaillée par la vérité de Dieu, et le cœur aurait été rempli de louange vis-à-vis de la grâce de Dieu. Rien de tout cela n’entra jamais dans les pensées et les sentiments de Simon.

 

1.1.4        Ch. 8:14-17 — Le don du Saint Esprit (comme personne divine) et les dons du Saint Esprit — L’imposition des mains

« Or les apôtres qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, leur envoyèrent Pierre et Jean » (8:14). Il était de la plus grande importance que l’unité soit gardée pratiquement, — non pas simplement qu’on proclame la vérité qu’il y a unité, mais que cette vérité soit maintenue en pratique. Pierre et Jean, deux des principaux parmi les apôtres, descendirent donc de Jérusalem. Mais il y avait aussi une autre raison à cela. Dieu voulait que l’Esprit Saint ne soit pas toute de suite conféré aux disciples de Samarie : je ne veux pas dire simplement qu’il ne fût pas conféré à des gens comme Simon ou à des faux frères, mais même aux vrais croyants. Sans doute ils ne pouvaient pas avoir cru sans l’opération vivifiante du Saint Esprit, mais il nous faut distinguer entre l’Esprit Saint donnant la vie et le Saint Esprit donné Lui-même.

Il y a une autre chose à remarquer que je veux dire et redire : le don du Saint Esprit ne signifie jamais ces grands prodiges de puissance qui avaient impressionné la cupidité et l’ambition de Simon le magicien. Le don du Saint Esprit n’est pas du tout la même chose que les dons. Ces dons, au moins ceux qui étaient de nature extraordinaire, étaient les signes extérieurs de ce don dans les jours du commencement ; car il était très important qu’il y fût rendu un témoignage déterminant et concret. La présence du Saint Esprit était quelque chose de nouveau, de jamais vu, même parmi les croyants. De là vient que de grands pouvoirs furent mis en œuvre par ceux qui furent employés par l’Esprit Saint ; par exemple par Philippe lui-même, après cela par les disciples eux-mêmes, quand Pierre et Jean furent descendus et leur eurent imposé les mains avec prière. Le Saint Esprit vint sur eux : observons bien que c’est le Saint Esprit Lui-même, non pas certains pouvoirs spirituels. Ils n’avaient pas seulement ces pouvoirs, mais cette personne divine leur fut donnée. L’Écriture est claire et sans équivoque quant à la vérité de ce fait. Je peux comprendre les difficultés éprouvées par certains croyants, et on ne veut pas forcer ni accélérer les convictions de quiconque ; il est sans aucune valeur de recevoir même une vérité sans la foi qui est produite exercée et rendue claire par la Parole de Dieu. Mais en même temps, j’estime ne faire que rendre hommage à la Parole de Dieu en affirmant positivement ce dont je suis sûr.

Je dois donc dire qu’ici, à mon avis, le don du Saint Esprit est clairement distinct de tout ce qui est soit un don spirituel pour les âmes soit une puissance miraculeuse, comme on dit. Il y a eu ensuite de tels signes, ou pouvoirs extérieurs ; mais le Saint Esprit fut donné Lui-même, selon la Parole de Dieu — la promesse du Père (1:5), une promesse qui, comme chacun sait, a d’abord été assurée à ceux qui étaient déjà des croyants, et qui a été rendue effective chez eux parce qu’ils étaient croyants, et non pour les rendre croyants. Une fois la rédemption accomplie, cela a été le sceau de la foi et de la vie qu’ils avaient déjà. Il n’y a pas de doute que ce qui s’est passé à Samarie était analogue ; mais le point remarquable à noter est que le Saint Esprit fut conféré ici par l’imposition des mains des apôtres, et non pas comme à Jérusalem indépendamment de cette imposition des mains. Il n’est pas parlé d’imposition des mains au jour de la Pentecôte selon le récit divin. Je pense que l’Écriture abonde en indications claires qu’il n’a rien pu y avoir de ce genre ce jour-là et en ce lieu. D’abord les apôtres et les disciples eux-mêmes le reçurent alors qu’ils étaient en train d’attendre. Le Saint Esprit descendit sur eux subitement, sans aucun signe précurseur, hormis ce qui convenait au Saint Esprit envoyé du ciel — un vent violent et impétueux, et alors les gages de Sa présence sur chacun d’eux furent manifestés. Il n’a pas été exigé d’imposition des mains comme moyen de transmission. Par contre, il semble que des raisons spéciales ont rendu cette imposition nécessaire à Samarie. Il était de toute importance de maintenir les liens pratiques avec une œuvre que beaucoup auraient pu considérer comme passablement contraire aux règles, comme on le fait maintenant. Elle n’était pas opérée par ceux qui auparavant avaient toujours été les grands témoins spirituels ; car il n’est parlé de personne exerçant un ministère, si ce n’est les apôtres, et même pas tous les apôtres, quoi qu’il n’est pas impossible qu’ils y aient participé. Mais ici, nous avons clairement un homme qui avait été choisi par l’église pour une autre tâche, à caractère extérieur, et voilà que le Seigneur l’utilise ailleurs dans un but nouveau et plus élevé, pour lequel Il l’avait qualifié par le Saint Esprit.

Néanmoins il est pris soin d’empêcher toute apparence d’indépendance ou d’indifférence à l’égard de l’unité. Il y a eu l’action très libre du Saint Esprit, — souverainement libre — et on ne pouvait pas maintenir ce point trop rigoureusement. Il y a eu aussi le soin extrême de laisser toute liberté au Saint Esprit d’agir selon Sa propre volonté, non seulement à l’intérieur de l’Église, mais aussi à l’extérieur pour évangéliser. Pour toutes ces raisons, Dieu prit soin de lier ensemble l’œuvre à Samarie avec celle qu’Il avait opérée à Jérusalem. C’est pourquoi, bien que Philippe ait prêché et qu’ils aient reçu l’évangile, les apôtres descendirent, et leur imposèrent les mains avec prière, et c’est alors qu’ils reçurent l’Esprit Saint. Pour un croyant qui réfléchi, il est clair que les raisons pour cela n’ont plus cours actuellement. Je fais simplement cette remarque pour que personne ne tire de ceci la conclusion qu’il est nécessaire d’avoir des hommes ayant mission de Dieu pour imposer les mains maintenant pour conférer une telle bénédiction spirituelle.

En réalité, l’idée que l’imposition des mains est un moyen universel de communiquer l’Esprit Saint est certainement une erreur. Dans les plus grandes occasions où l’Esprit Saint a été donné, nous n’avons pas de raison de croire qu’il y ait eu aucune imposition des mains. Il y a eu deux occasions exceptionnelles où un ou plusieurs apôtres l’ont fait ; mais en des temps d’intérêt ou d’importance plus généraux, nous n’entendons parler de rien de la sorte. Prenez le jour de la Pentecôte, comme la plus importante et la plus solennelle de toutes ces occasions. Quelqu’un qui honore l’Écriture peut-il prétendre qu’il y ait eu imposition des mains à qui que ce soit ce jour-là ? Pourtant l’Esprit Saint a été donné ce jour-là avec une puissance exceptionnelle. Et dans l’occasion qui nous concerne plus, nous les Gentils, quand Corneille et sa maison ont été introduits, non seulement on ne voit pas la moindre apparence d’imposition des mains, mais il y a même la preuve positive du contraire. Pierre était présent, mais il n’a certainement imposé ses mains à aucune personne ce jour-là avant que le Saint Esprit soit donné. Bien loin de cela, comme nous allons bientôt le voir au ch. 10, le Saint Esprit fut donné alors qu’ils étaient en train de parler, avant même qu’ils soient baptisés. Au jour de la Pentecôte, ils furent d’abord baptisés et reçurent alors le don du Saint Esprit (2:38, 41). À Samarie, ils avaient été baptisés depuis un certain temps, comme nous le savons. Ayant cru, ils furent baptisés, comme il est dit en Actes 8 ; mais ils reçurent le Saint Esprit après un certain intervalle de temps, par l’action des apôtres.

Je souligne ces points pour montrer combien l’Écriture est loin d’appuyer les idées ancrées des gens, et que le seul chemin vers la vérité est de croire toute la Parole de Dieu, en recherchant dans les différents caractères de ce que Dieu fait le principe particulier par lequel Il nous instruit. Sûrement, Il est toujours sage et cohérent avec Lui-même. C’est nous qui en confondant les choses, perdons la bénédiction et la beauté de la vérité de Dieu.

La raison, me semble-t-il, pour laquelle la sagesse divine a amené cette différence si frappante à Samarie, c’est la nécessité d’empêcher cette indépendance à laquelle les chrétiens sont si enclins. Il y avait un risque spécial de ce mal à Samarie, et cela demandait d’autant plus d’être sur ses gardes. Combien il aurait été douloureux pour l’Esprit de Dieu si le vieil orgueil de Samarie s’était dressé contre Jérusalem ! Dieu voulait en retrancher la moindre apparence. Il y avait eu la libre action de Son Esprit envers Samarie sans les apôtres, mais le Saint Esprit fut donné par l’imposition de leurs mains. Cet acte solennel n’était pas seulement un ancien signe de bénédiction divine, mais aussi un signe d’identification. Voilà donc, je pense, le principe qui est à la base de la différence d’action divine dans ces deux occasions.

 

1.1.5        Ch. 8:18-24 — La simonie

Nous trouvons alors que Simon a été frappé, non pas tellement par le fait que certains individus ont été dotés d’une puissance miraculeuse, mais plutôt parce que les autres l’ont reçue par l’imposition des mains des apôtres. Son instinct charnel lui a fait voir immédiatement une bonne opportunité pour lui, et jugeant du cœur des autres selon son propre cœur, il offrit de l’argent pour acquérir ce pouvoir qu’il convoitait. Or c’est là que l’homme se détecte. Combien nos paroles montrent souvent ce que nous sommes ! et cela continuellement, au moment où nous y pensons le moins ! Ce n’est pas seulement lorsque nous exprimons un jugement (car rien ne juge si souvent un homme que son propre jugement sur les autres) ; mais aussi quand le désir s’oriente vers ce que nous n’avons pas. Combien il est de toute importance pour nos âmes d’avoir Christ devant nous, et de ne rien désirer d’autre que ce qui est pour Sa gloire ! Aucun rayon de la lumière de Christ n’avait pénétré le cœur de Simon, et c’est ainsi que Pierre détecta immédiatement le cœur faux. Avec l’énergie qui le caractérise, il déclare « Que ton argent périsse avec toi, parce que tu as pensé acquérir avec de l’argent le don de Dieu. Tu n’as ni part ni portion dans cette affaire ; car ton cœur n’est pas droit devant Dieu » (8:20, 21). En même temps il y a la pitié de quelqu’un qui connaît la grâce de Dieu, et qui voit la fin de tout dans Son jugement. « Repens-toi donc de cette méchanceté, et supplie le Seigneur, afin que, si faire se peut, la pensée de ton cœur te soit pardonnée ; car je vois que tu es dans un fiel d’amertume et dans un lien d’iniquité » (8:22, 23). Dieu ne prend pas plaisir à la mort du pécheur (Éz. 18:23). Simon répond simplement : « Vous, priez le Seigneur pour moi ». Il n’avait lui-même aucune confiance dans le Seigneur, pas même un atome. À l’inverse de ceux qui, ayant confiance dans le Seigneur, n’ont pas la moindre confiance en l’homme, sa seule espérance de bénédiction pour son âme reposait dans l’influence d’un autre homme, et non pas dans la grâce de Christ. « Vous, suppliez le Seigneur pour moi, en sorte que rien ne vienne sur moi de ce dont vous avez parlé » (8:24).

 

1.1.6        Ch. 8:25

Après avoir prêché dans divers villages des Samaritains, les apôtres retournent alors à Jérusalem. Mais il n’en est pas ainsi pour la Parole de Dieu. L’évangile continue à se répondre ailleurs ; il n’est nullement lié à Jérusalem. Au contraire, le grand sujet de ce chapitre est la vague de bénédiction qui se répand à partir de Jérusalem. La sainte cité a rejeté l’évangile. Cela ne leur suffisait pas d’avoir rejeté le Messie, même quand Celui-ci avait été fait Seigneur et Christ dans le ciel (ch. 2-5). Ils refusent entièrement le témoignage du Saint Esprit rendu au Fils de l’homme glorifié dans le ciel, et ils tuent ou dispersent les témoins. Qui fut alors utilisé spécialement comme instrument de la libre action du Saint Esprit ailleurs, sans plan d’action, sans pensée de l’homme, et apparemment comme résultat d’un simple concours de circonstances, alors qu’en vérité c’est la main de Dieu qui dirige tout ? C’est Philippe, à qui un ange dit d’aller vers le sud, vers « Gaza, qui est désert ». « Et il se leva et alla ». Il est beau et frappant de voir la simplicité dévouée avec laquelle il répond à l’appel du Maître. Je ne prétendrai pas que cela lui a rien coûté, et je suis sûr que ç’aurait été une lourde épreuve pour bien des hommes de Dieu de quitter ce qui était si brillant, où Dieu avait opéré puissamment en se servant de lui pour Sa gloire. Mais il est véritablement un esclave, prêt à aller immédiatement au commandement du Seigneur qui lui a donné de moissonner avec joie là où Lui-même avait goûté les premiers-fruits aux jours de Son ministère ici-bas (Jean 4:35-38). Samarie qui s’était opposée à la vérité, fournissait maintenant la récolte qu’un plus grand que Philippe avait semée ; et il y avait de la joie dans cette Samarie où des œuvres plus grandes étaient maintenant opérées selon Sa parole (Jean 14:12).

 

1.1.7        Ch. 8:26-38 – L’eunuque éthiopien

Mais cela ne suffisait pas pour Dieu. Un Éthiopien, eunuque de grande autorité sous la reine des Éthiopiens, était sur le chemin de retour après être monté à Jérusalem pour adorer. Il rentrait sans la bénédiction après laquelle son cœur soupirait profondément. Il était monté à la grande ville des fêtes solennelles, mais la bénédiction ne s’y trouvait plus. La maison de l’Éternel avait été laissé doublement désolée ; à ses péchés précédents, Jérusalem avait ajouté celui de ne pas vouloir la bénédiction venue du ciel. Elle méprisait le Saint Esprit comme elle avait méprisé le Messie. Il n’était donc pas étonnant que celui qui était monté adorer à Jérusalem retournât avec les désirs de son cœur encore insatisfaits. Ce n’est pas un ange qui guide maintenant, mais le Saint Esprit. L’ange avait à faire aux circonstances providentielles, mais l’Esprit avec ce qui concerne directement le besoin et la bénédiction spirituels. C’est ainsi que l’Esprit dit à Philippe : « Approche-toi et joins-toi à ce char ». Philippe agit sur le champ, et entend tout de suite l’eunuque qui lit le prophète Ésaïe. Il lui demande s’il comprend ce qu’il lit, à quoi l’eunuque répond : « Comment le pourrais-je si personne ne me guide ? ». Là-dessus Philippe est invité à monter et s’asseoir, Ésaïe 53 étant, comme nous le savons, le passage qu’il lisait. L’eunuque demande de qui parle le prophète, — « de lui-même ou de quelque autre ? », tellement l’obscurité où il se trouvait était grande, même quant au sujet général du chapitre. « Et Philippe, ouvrant sa bouche et commençant par cette écriture, lui annonça Jésus » (8:35). Cela suffisait. Ce seul nom, par la foi en lui, que ne peut-il pas accomplir ? Les faits étaient notoires, mais nous pouvons être sûr qu’ils n’avaient jamais été rassemblés devant l’esprit de l’Éthiopien comme ils le furent alors, et qu’ils n’avaient jamais été rattachés à la Parole vivante et à la grâce de Dieu. Ils étaient maintenant mis en relation avec ses désirs, et tout fut instantanément lumière dans son âme. Oh ! quelle bénédiction d’avoir et de connaître un tel Sauveur ! Quelle joie d’être autorisé à Le proclamer sans restriction, même à une âme aussi enténébrée que l’Éthiopien, qui fut baptisé sur le champ !

 

1.1.8        Ch. 8:37

Il faut se rappeler que le verset 37 (*) n’est qu’un conversation imaginaire entre l’Éthiopien et Philippe. Cet homme si ignorant à l’instant précédent, n’était pas le canal que Dieu allait utiliser pour publier la confession remarquable introduite ici prématurément. Cela était réservé à un autre dont nous allons lire quelque chose au ch. 9. Cette scène montre l’étranger découvrant dans Jésus de Nazareth le Messie annoncé, — le Messie souffrant certes, mais accomplissant l’expiation. Certainement l’Éthiopien a reçu la vérité, mais il vaut mieux ôter le v. 37 de vos esprits, au moins en relation avec cet épisode. Tous ceux qui sont au courant de ces sujets savent que les meilleures autorités rejettent ce verset dans son entier.

 

(*) le verset 37 est absent de la traduction J.N. Darby, mais présent dans la version autorisée du Roi Jacques

 

1.1.9        Ch. 8:39-40

« Il poursuivit son chemin tout joyeux ». Bien que l’Esprit ait enlevé Philippe, son cœur est tellement rempli de la vérité que nous pouvons être sûr que tout ce qui arriva la confirma à ses yeux. Quelque chose pouvait-il paraître trop grand et trop bon à celui dont le cœur venait de faire la connaissance de Jésus ? Ne se sentait-il pas d’autant plus assuré en Jésus qu’il n’y avait maintenant aucun autre objet devant ses yeux ? C’est le Seigneur qui avait amené Philippe et c’est Son Esprit qui l’avait enlevé ; mais c’était Lui aussi qui lui avait donné et laissé Jésus pour toujours. Philippe fut trouvé à Azot, et passant au travers du pays, il évangélisa ailleurs.

 

1.2   Ch. 9

Nous arrivons ici à l’histoire de l’appel d’un autre témoin, encore plus honoré, de la grâce divine et de la gloire de Christ. Saul de Tarse respirait encore menace et meurtre quand le Seigneur accomplissait Son œuvre de grâce parmi les Samaritains et les étrangers. Le trésorier de la reine Candace était un prosélyte des Gentils, je suppose, vivant parmi les Gentils sans être un Gentil lui-même, mais un Juif en pratique, quels que soient son lieu de naissance et de résidence. Au sens strict, le temps pour l’appel des Gentils n’était pas encore venu, même si le chemin se préparait pour. Les Samaritains étaient une race mélangée ; l’étranger pouvait avoir fait partie des prosélytes d’entre les Gentils, mais c’est maintenant que l’apôtre des Gentils va être appelé. Tel est le développement des voies de Dieu à ce moment-là.