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Exposé sur l’évangile de Luc — Extraits

 

William Kelly

Traduit de l’anglais à partir de l’édition de 1914 par E.E.Whitfield

 

La traduction complète figure dans un autre document.

 

Table des matières :

1     Luc 17:20-21

2     Luc 24:44-49

3     Luc 24:50-53

 

1                    Luc 17:20-21

Le royaume de Dieu était l’espérance nationale d’Israël. Il était devant les yeux de tous ceux qui attendaient du bien de la part de Dieu. Il se rattachait à la présence du Messie. Telle est la manière dont le Royaume est présenté dans l’Ancien Testament. Le Nouveau Testament ne met nullement cela de côté, mais confirme cette attente : seulement il déclare que le Royaume aura une autre forme avant d’être introduit en puissance au retour du Seigneur en gloire.

Or les pharisiens ne savaient rien de cela. Ils Lui demandent quand le royaume de Dieu viendrait, ne pensant qu’à ce qui serait manifeste quand les Juifs seraient ramenés de leur dispersion, et restaurés pleinement an tant que nation dans leur pays, sous le Messie et sous la nouvelle alliance. Comme partout dans Luc, le Seigneur montre quelque chose de plus et de plus profond, quelque chose qui demande de la foi, avant que le Royaume soit établi en puissance. Il leur répond donc : « Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à attirer l’attention ». C’était ce qu’il était important moralement de savoir à ce moment-là. Le Royaume viendrait sûrement en son temps de la manière dont ils l’attendaient, et le Seigneur le fait nettement voir dans ce qui suit. Mais avant tout, le Seigneur insiste, comme sur presque tout ce qui était selon Dieu, sur ce qu’ils ne savaient pas et qu’ils avaient tant besoin de savoir : « Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à attirer l’attention ; et on ne dira pas : Voici, il est ici ; ou voici, il est là ; car le royaume de Dieu est au milieu de vous ». C’est ce qu’ils ignoraient totalement, et cette ignorance leur était fatale : car elle montrait qu’on ne connaissait par le roi de Dieu, alors qu’Il manifestait la vraie puissance du Royaume en victoire sur Satan, et sur tous les résultats de l’assujettissement de l’homme à l’infirmité dans ce monde — alors qu’Il manifestait positivement ce royaume en justice et paix et joie dans l’Esprit Saint, Lui l’homme dépendant et obéissant, mais qu’Il le manifestait dans la puissance infaillible de Dieu qui opérait en Lui. Ils étaient aveugles vis-à-vis de tout cela ; ils n’y attribuaient aucune valeur, parce qu’ils n’en attribuaient pas à Dieu. Ce qu’ils désiraient, c’était ce qui les élèverait en tant que nation, et qui renverserait leurs ennemis ; ils ne désiraient pas ce qui exaltait Dieu et qui humiliait l’homme.

C’est pourquoi le Seigneur, dans Sa réponse, traite d’abord du besoin moral des Pharisiens, et Il montre, que dans le sens moral le plus important maintenant, depuis le temps de Son rejet jusqu’à Son retour en gloire, il n’était pas question de « voici, il est ici ; ou, voici, il est là », mais ce qui comptait était la foi pour reconnaître la gloire de Sa personne, et pour reconnaître que la puissance qui opérait était de Dieu. « Le royaume de Dieu est au milieu de vous ». Il était au milieu d’eux et ils ne le voyaient pas, parce qu’ils ne Le voyaient pas, Lui. Jésus était peu de chose dans leurs pensées. C’est là la ruine de toute âme qui entend le témoignage, mais le refuse.

On notera qu’il s’agit du royaume de Dieu, non pas du royaume des cieux. Il n’est jamais dit, tant que Jésus était ici-bas, que le royaume des cieux fût venu ; Matthieu confirme le récit de Luc, si tant est que cela fût nécessaire, et montre (Matt. 12:28) le Seigneur disant : « Si moi je chasse les démons par l’Esprit de Dieu, alors le royaume de Dieu est parvenu jusqu’à vous ». Ce caractère de la puissance proclamait le royaume de Dieu. Lui était victorieux de Satan, et Il chassait ses émissaires : personne ne pouvait le faire, sinon Celui qui était la Semence de la femme, le Fils de David. Cela Lui était réservé (Matt. 28:18). D’autres le pouvaient, en tant que serviteurs de Dieu, mais Lui en tant que le Bien-aimé, en qui Son âme trouvait Son délice. Ceux qui chassaient les démons par l’effet de la grâce de Dieu qui se servait d’eux, étaient leurs juges (Matt. 12:27). Satan n’est pas contre Satan, sinon son royaume s’écroulerait. Mais le Messie était là, le Roi du royaume de Dieu, et pourtant les Juifs ne le reconnaissaient pas. Ils Le rejetaient, et Lui acceptait Son rejet, mais Il est exalté dans les cieux. C’est par là que commence le royaume des cieux, la domination des cieux dessus la terre, connue maintenant en réalité seulement par la foi, la responsabilité pour ceux qui sont baptisés de marcher en conséquence. En effet, c’est ainsi qu’arrive ce qui appelé communément la chrétienté, le grand champ où poussent ensemble non seulement le froment, mais aussi l’ivraie. Bien sûr, c’est aussi appelé le royaume de Dieu, comme toujours dans Luc. Seul Matthieu parle du royaume des cieux, mais il ne parle jamais du royaume des cieux autrement que comme prêché ou promis, avant que le Seigneur quitte la terre. En bref, le royaume de Dieu était là quand Christ était là, le vainqueur de Satan, manifestant moralement dans toutes les directions la puissance de l’Esprit. Mais le royaume des cieux n’était pas là avant que, depuis les cieux, Il introduise Sa domination dessus la terre. Quand Il reviendra en gloire, ce sera encore le royaume des cieux : la domination des cieux ne sera jamais perdue, en tout cas pas quand le Roi viendra en puissance et en gloire.

 

 

2                    Luc 24:44-49

Ce n’était pas nouveau pour le Seigneur d’annoncer Sa mort et Sa résurrection. Il l’avait indiqué déjà avant la transfiguration, et de plus en plus clairement dans la suite ; mais ils n’avaient guère tenu compte d’une vérité dont ils n’avaient pas ressenti le besoin pour eux-mêmes et dont ils ne pouvaient pas voir la gloire morale pour Dieu. Ce n’était évidemment pas une surprise pour Jésus, et on ne pouvait pas dire en vérité que la loi, les psaumes et les prophètes n’en avaient pas parlé, car c’est de cette vérité de Sa mort et de Sa résurrection que dépendent tous les types dans leur ensemble, et elles sont la base des accusations les plus sévères des prophètes et des psalmistes. Mais maintenant, le Christ souffrant était ressuscité d’entre les morts, et la repentance et la rémission des péchés devaient être prêchées en Son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Quelle grâce merveilleuse! Les nations L’avaient mis à mort à l’instigation de Jérusalem, mais Dieu est actif dans Son amour au-dessus de tout le mal de l’homme et de Son propre peuple.

 

Il vaut la peine de remarquer que la repentance est prêchée avec la rémission des péchés, et on ne peut pas en exagérer l’importance, sans pour autant aller jusqu’à en faire un mauvais usage dépréciant l’oeuvre de la grâce de Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. Certes beaucoup en font un mauvais usage, et plus même, la comprennent de travers. Or la repentance demeure une nécessité pour toute âme qui recherche un Sauveur à cause de ses péchés. Lui a achevé l’oeuvre par laquelle le croyant obtient la rémission des péchés ; mais on n’est pas en présence de la foi des élus de Dieu (Tite 1:1) quand l’âme méconnaît son état de péché, et quand le Saint Esprit ne produit pas le jugement de soi-même par la Parole de Dieu appliquée à la conscience. Lorsqu’il n’y a pas une telle reconnaissance et une telle horreur de soi-même, la foi n’est qu’intellectuelle, et elle nous abandonne à la douleur au moment où nous avons le plus besoin d’une base solide pour la paix avec Dieu. D’un autre côté, la repentance n’est pas une préparation à la foi, mais elle l’accompagne, et elle n’est réelle que lorsque la foi est de Dieu. En outre, la repentance s’accentue à mesure que la foi voit plus clair.

 

Il est aussi bon de noter que la promesse du Père est distincte de la repentance et de la rémission des péchés, ainsi que de l’ouverture de l’intelligence pour comprendre les Écritures. Les disciples avaient déjà tout cela, mais il leur fallait encore attendre la promesse du Père. Tant que la descente du Saint Esprit n’avait pas eu lieu, ils n’étaient pas revêtus de la puissance d’en-haut. C’est alors que le Saint Esprit envoyé du ciel a opéré de manières diverses et variées pour la gloire du Seigneur.

 

3                    Luc 24:50-53

Ils étaient souvent allés à ce lieu [Béthanie] peu éloigné de Jérusalem. C’est là qu’était la famille qu’Il aimait, et c’est là qu’Il conduisit Ses disciples pour Ses derniers moments sur la terre, et c’est de là qu’en élevant les mains en acte de bénédiction, il fut séparé d’eux et élevé dans le ciel — l’Homme ressuscité, le Seigneur du ciel. Quel contraste avec le premier homme, celui qui est tombé et toute la terre à cause de lui, transmettant la malédiction à ses misérables descendants! Ici ce n’est pas le premier Adam, mais le dernier Adam; et «tel qu’est le céleste, tels aussi sont les célestes» (1 Cor. 15:48). Remplis de paix et de joie, que pouvaient-ils faire d’autre que de louer et bénir Dieu continuellement, Lui dont la volonté avait été accomplie dans le second Homme (certes à un prix infini), et qui les avait rendus parfaits afin d’être sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes (Héb. 10:10,14). Ils étaient et ils sont rendus parfaits à perpétuité: il ne fallait pas un résultat moindre que celui-là pour satisfaire l’estimation de Dieu du sacrifice de Son Fils. Or assurément, la promesse du Père, une fois accomplie, n’allait pas diminuer ni réduire la joie et la louange. Car Il n’est pas seulement une puissance pour le témoignage, mais aussi pour l’âme, Lui qui nous donne le plein goût de la communion, et qui fait monter la louange vers notre Dieu et Père en esprit et en vérité. Mais c’est le récit du livre des Actes (de Luc) qui en est le témoignage.