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La sacrificature ses privilèges et ses devoirs

 

 

Exposé de Lév. 8 à 15

 

(*) note Bibliquest : Les mots sacrificature ou sacrificateur utilisés ici sont traduits dans d’autres versions par prêtrise ou prêtre

Table des matières abrégée :

1     Introduction : la sacrificature de Christ et du chrétien dans le Nouveau Testament

2     Lévitique 8

3     Lévitique 9

4     Lévitique 10

5     Lévitique 11

6     Lévitique 12 — L’impureté de naissance

7     Lévitique 13 — La lèpre identifiée

8     Lévitique 14 — La purification du lépreux

9     Lévitique 15

 

 

Tables des matières détaillée :

1     Introduction : la sacrificature de Christ et du chrétien dans le Nouveau Testament

2     Lévitique 8

2.1      8:1-12 — Lavage, habillage d’Aaron, onction du Tabernacle et d’Aaron

2.2      8:13-21 — Habillage des fils d’Aaron, sacrifice pour le péché et holocauste

2.3      8:22-30 — Sacrifice de consécration, offrandes tournoyées

2.4      Exode 28 — Les saints vêtements

2.5      8:31-36 — Onction des fils d’Aaron, les sept jours de consécration

3     Lévitique 9

3.1      9:1-6 — Les sacrificateurs consacrés

3.2      9:7-21 — Inauguration de la sacrificature, les sacrifices pour les sacrificateurs et pour le peuple

3.3      9:22-24 — Résultats glorieux

4     Lévitique 10

4.1      10:1-3 — La faute et le jugement de la sacrificature

4.1.1       L’homme aboutit à la ruine

4.1.2       Christ l’homme parfait

4.1.3       10:1-2 — le feu étranger

4.1.4       10:3 — Dieu défend sa sainteté

4.2      10:4-7 — Le sacrificateur dominant son chagrin

4.3      10:8-11 — Le Sacrificateur doit être au-dessus de toutes ses émotions

4.4      10:12-15 — Ce qui revient aux sacrificateurs

4.5      10:16-20 — Ne pas manger du sacrifice pour le péché.

5     Lévitique 11

5.1      11:1-8 — La loi sur les bêtes qui sont sur la terre : les pures et les impures

5.2      11:9-12 — La loi sur les créatures qui sont dans les eaux.

5.3      11:13-19 — Les oiseaux impurs

5.4      11:20-25 — Les reptiles ailés

5.5      11:26-31 — La souillure par contact et les reptiles

5.6      11:32-40 — Souillure par les créatures mortes

5.7      11:41-47 — Les reptiles qui ne doivent pas être mangés

6     Lévitique 12 — L’impureté de naissance

7     Lévitique 13 — La lèpre identifiée

7.1      13:1-8 — La lèpre, généralités

7.2      13:9-17 — La lèpre mise à l’épreuve et la lèpre couvrant tout

7.3      13:18-28 — Les occasions de lèpre

7.4      13:29-44 — La lèpre dans la tête ou dans la barbe

7.5      13:45-46 — La lèpre à l’extérieur

7.6      13:47-59 — La lèpre dans le vêtement

8     Lévitique 14 — La purification du lépreux

8.1      14:1-7 — Le lépreux déclaré pur

8.2      14:8, 9 — Le lépreux se lave

8.3      14:10-20 — Le lépreux au huitième jour

8.4      14:21-32 — Le lépreux pauvre

8.5      14:33-53 — La lèpre dans la maison et sa purification

8.6      14:54-57 — Résumé sur la lèpre

9     Lévitique 15

9.1      15:1-12 — Le flux chez l’homme, et sa souillure

9.2      15:13-15 — L’expiation pour le flux

9.3      15:16-33 — Autres impuretés

 

 

 

1                        Introduction : la sacrificature de Christ et du chrétien dans le Nouveau Testament

Avant d’entrer dans les détails des types de Lév. 8 et 9, il parait opportun de considérer la sacrificature (ou prêtrise) en général, spécialement en rapport avec le christianisme.

Le sacrificateur (ou prêtre) offrait des dons et des sacrifices à Dieu. Au temps des patriarches, cette tâche revenait au chef de famille, et même aux membres de la famille comme on le voit dans le tout premier récit de sacrifice, celui de Caïn et d’Abel. Mais quand la loi vint, la sacrificature fut limitée à une famille particulière de la tribu choisie pour le service divin ; cette tribu ne partageait pas avec les autres tribus d’Israël l’héritage du pays qui revenait à ces dernières. Mais les Lévites avaient les dîmes des enfants d’Israël données comme offrandes élevées à l’Éternel, et ils étaient eux-mêmes tenus de donner la dîme de ces dîmes aux sacrificateurs, lesquels avaient à leur tour leurs revenus propres, par commandement de l’Éternel.

L’Épître aux Hébreux traite de la sacrificature lévitique, du sanctuaire et des sacrifices, d’une manière plus formelle et plus complète qu’aucune autre partie du Nouveau Testament, quoiqu’on en trouve le principe tout le long des Épîtres et même de l’Apocalypse. Mais c’est pour les Hébreux que le plus grand soin est pris pour poser le fondement de tout ce qui a trait à la Personne de Christ, le Fils de Dieu au chapitre 1, le Fils de l’homme au chapitre 2, Celui dont la gloire a une supériorité incontestable sous tout rapport, quelle que soit la place d’humiliation qu’Il ait prise en grâce pour nous : Sa gloire est plus grande que celle de toute autre créature, même des anges. Tel est l’Apôtre et le Souverain Sacrificateur de notre confession (Héb. 3:1). Tous les autres, que ce soit Moïse, Aaron ou Josué, tiraient leur dignité de la fonction à laquelle ils étaient appelés de Dieu ; Lui avait une gloire et une excellence intrinsèques qui faisaient briller tout ce qu’Il faisait, et pourtant Il restait parfaitement assujetti à Dieu à tous égards. Comme le péché avait ruiné toute la création, Sa mort a été la seule porte de délivrance pour «tout» (Héb. 2:9) et en particulier pour «plusieurs fils» amenés à la gloire (Héb. 2:10), pour rendre impuissant le diable (Héb. 2:14) et pour secourir dans la tentation et sympathiser avec ceux qui souffrent, ayant fait la propitiation pour les péchés (Héb. 2:17-18).

L’épître présente donc, d’une part ceux qui sont participants de l’appel céleste tout en traversant le désert (Héb. 3:1), et d’autre part Jésus le Fils de Dieu, ayant comme Aaron reçu un appel, mais reconnu par Dieu comme Son Fils, et salué comme sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec (Héb. 1:5 ; 5:5, 6). Tel est Christ, et Lui seul ; selon l’interprétation du nom de Melchisédec, Il a été le premier à être roi de justice, et ensuite, roi de paix (Héb. 7:2). L’exercice de Sa sacrificature est selon le modèle d’Aaron (l’intercession est basée sur le sang répandu lors d’un sacrifice), et l’ordre de sa sacrificature est selon celui de Melchisédec en ce qu’il y a un seul sacrificateur toujours vivant au lieu d’une succession de sacrificateurs (Héb. 7:3, 25). Le Ps. 110 est cité comme l’autorité divine soutenant une sacrificature perpétuelle et intransmissible (Héb. 7:17) remplaçant celle d’Aaron. «Car un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux, qui n’est pas journellement dans la nécessité, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple ; car cela, il l’a fait une fois pour toutes, s’étant offert lui-même. Car la loi établit pour souverains sacrificateurs des hommes qui sont dans l’infirmité, mais la parole du serment, qui est après la loi, établit un Fils qui est consommé pour l’éternité» (Héb. 7:26-28).

C’est pourquoi la doctrine de l’épître aux Hébreux est sans le moindre doute celle du seul Souverain Sacrificateur qui s’est assis à la droite du trône de la majesté dans les cieux, ministre des lieux saints et du vrai tabernacle que le Seigneur a dressé, non pas l’homme (Héb. 8:1-2). La rédemption aussi est éternelle (Héb. 9:12), comme l’héritage (Héb. 9:15). L’offrande de Lui-même n’a eu lieu qu’une fois pour toutes (Héb. 10:10), mais a rendu parfait à perpétuité — non seulement pour toujours, mais sans interruption — ceux qui sont sanctifiés (Héb. 10:14). Il n’y a qu’une sacrificature en faveur des saints, comme il n’y a qu’un sacrifice pour nos péchés : cela est certain et clair dans les deux cas.

Néanmoins, ce même chapitre 10 qui récapitule tout cela, exhorte l’ensemble des chrétiens, purifiés par le lavage et l’aspersion, à s’approcher avec un coeur vrai, en pleine assurance de foi, ayant pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’Il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair, et ayant un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu (Héb. 10:19-22). L’écrivain inspiré prend sa place comme tout autre saint aujourd’hui, ayant le droit de s’approcher comme aucun fils d’Aaron ne le pouvait, pas même Aaron ; car ce dernier n’avait nullement une «pleine liberté» d’entrer, ne le faisant qu’au jour des propitiations et en gardant la crainte de la mort (Héb. 2:15 — voir aussi Héb. 13:10, 15, 16). L’apôtre Pierre enseigne la même vérité : les croyants sont «une sainte sacrificature» pour offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu, par Jésus-Christ» (1 Pier. 2:5) ; et ils sont «une sacrificature royale… pour annoncer les vertus de celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière» (1 Pier. 2:9). L’Apocalypse enseigne la même vérité (Apoc. 1:6).

Sous le système Lévitique, le chemin des lieux saints n’avait pas encore été manifesté (Héb. 9:8). Mais par la mort de Christ, le voile a été déchiré, en sorte que le chemin est maintenant ouvert non seulement par grâce, mais en justice. Les sacrifices terrestres ont disparu, tout comme la sacrificature et le sanctuaire terrestres ; nous qui croyons, nous avons le privilège de nous approcher de Dieu. Comparer aussi Rom. 5:2 ; 2 Cor. 3:18 ; Éph. 2:13-18 ; 3:12 ; Col. 1:12, 13). Dans le Nouveau Testament, un sacrificateur officiel est ou juif ou païen, jamais chrétien : ce ne serait qu’une imposture coupable.

En dehors de Christ le grand sacrificateur — le seul à exercer une sacrificature efficace en notre faveur — l’Écriture ne reconnaît aucune sacrificature (ou prêtrise) si ce n’est celle de tous les chrétiens. Prétendre à l’existence d’une classe sacerdotale parmi les chrétiens, c’est nier que nous pouvons offrir nos sacrifices spirituels à Dieu ; c’est effacer en pratique le résultat propre du sacrifice de Christ tel qu’il nous a été révélé ; c’est gommer l’évangile et restaurer le judaïsme. Non seulement c’est une fausseté superstitieuse, mais une contradiction de la foi en ce qui a eu lieu «une fois pour toutes» (Héb. 10:10) depuis la rédemption. Pis même, affirmer une classe sacerdotale particulière s’oppose fondamentalement et systématiquement à la révélation complète et définitive de la Parole de Dieu, qui veut que le chrétien marche dans la lumière et la grâce de Dieu parfaitement révélé en Christ, non pas dans l’éloignement et les ténèbres de la loi : Dieu révélé en Christ est Son Père et notre Père, Son Dieu et notre Dieu. Une classe sacerdotale particulière parmi les chrétiens ne s’accorde pas avec le grand mystère de Christ et de l’Église (Éph. 5:32). Car nous formons le seul corps de Christ, Son épouse, et nous sommes membres les uns des autres, chacun étant un seul esprit avec le Seigneur (Rom. 12:5 ; 1 Cor. 6:17). C’est pourquoi une telle relation est incompatible avec l’existence d’une caste de prêtres qui serait plus proche de Dieu que les autres chrétiens, lesquels ne pourraient s’approcher de Dieu que par l’intermédiaire de ceux de cette caste. En bref, une telle caste, c’est de l’apostasie, non pas par rapport à la personne de Christ, mais par rapport à la vérité de l’oeuvre de Christ, et par rapport à la réalité de la présence du Saint Esprit qui fait de tous les saints l’habitation présente de Dieu (Éph. 2:22) et le seul corps de Christ (1 Cor. 12:27 ; Éph. 1:22-23).

Sans aucun doute, les subtils adversaires de la foi opposent Ex 19:5 à l’enseignement dogmatique du Nouveau Testament. Mais l’argument ne vaut rien du tout ; la promesse faite à Israël d’être un royaume de sacrificateurs (ou prêtres) était strictement conditionnelle, et dépendait de leur obéissance, comme tout ce qui se rattache à la loi : il ne peut en être autrement ; à l’opposé, notre position de sacrificateurs, tout comme nos autres privilèges, dépendent de Christ et de son oeuvre achevée à la gloire de Dieu. Les ritualistes sont, selon l’expression de l’apôtre, «déchus de la grâce» (Gal. 5:4), et tombés bien plus bas que les Galates ; ils ont perdu la vérité fondamentale du christianisme et ils sont bien plus coupables que tous ceux qui n’ont jamais entendu le nom du Seigneur. Le principe à la base de tout cela, s’il n’est pas anti-Christ, est au moins anti-chrétien.

C’est par une regrettable bévue que les protestants anglais ont permis l’usage du mot «prêtre» au lieu d’«ancien», et que les Réformés en général ont appelé «temples» leurs bâtiments ecclésiastiques. Un mot équivoque est déjà un compromis, et l’erreur en tire toujours avantage quand la puissance de la vérité perd de sa fraîcheur et s’estompe. Mais si le Nouveau Testament évite soigneusement les mots «temple» et «église» pour le lieu de rassemblement des fidèles, il ressort explicitement de l’enseignement des apôtres que les croyants sont maintenant prêtres (ou sacrificateurs), et ils sont désormais plus libres que ne l’était Aaron lui-même pour entrer en pleine liberté dans le vrai sanctuaire où est le Seigneur dans les lieux célestes.

Il est vrai, bien sûr, qu’il n’y a pas sur la terre de prêtre ou sacrificateur intermédiaire entre Dieu et les saints. Mais le résultat de l’oeuvre de Christ annoncée dans l’évangile va bien plus loin, et chaque chrétien est constitué prêtre ou sacrificateur, et il reçoit l’exhortation journalière de s’approcher à travers le voile déchiré : «Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus (un chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair), et ayant un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un coeur vrai, en pleine assurance de foi» (Héb. 10:19-22). Un petit prêtre ici-bas est une tromperie, une barrière, un outrage à la gloire officielle de Christ, et à la proximité où Dieu nous a déjà mis, en vertu du sang de Jésus (Éph. 2:13-18 ; Héb. 10:18-22). Ne nous bornons pas à abjurer et dénoncer les impostures, mais approprions-nous ce que la grâce divine a fait de nous.

2                        Lévitique 8

2.1   8:1-12 — Lavage, habillage d’Aaron, onction du Tabernacle et d’Aaron

Les chapitres précédents du Lévitique ayant établi les offrandes, les sacrifices et leurs lois, c’est maintenant le moment de montrer et établir la sacrificature. Nous allons voir que dans ces ombres, — celles du chapitre 8 comme celle des chapitres précédents — c’est le Seigneur Jésus qui est en vue par l’Esprit de Dieu qui a inspiré ces textes. Il y a un ordre divin, rien n’est hors de sa place, sauf si l’on en juge par ce qu’on voit, mais dans l’Écriture ce n’est guère une source de sain jugement. Ici comme ailleurs, l’Éternel règle tout ; nous serons bénis dans la mesure où nous apprendrons de Lui.

«Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Prends Aaron et ses fils avec lui, et les vêtements, et l’huile de l’onction, et le jeune taureau du sacrifice pour le péché, et les deux béliers, et la corbeille des pains sans levain ; et convoque toute l’assemblée à l’entrée de la tente d’assignation. Et Moïse fit comme l’Éternel lui avait commandé, et l’assemblée fut convoquée à l’entrée de la tente d’assignation. Et Moïse dit à l’assemblée : C’est ici ce que l’Éternel a commandé de faire. Et Moïse fit approcher Aaron et ses fils, et les lava avec de l’eau ; et il mit sur lui la tunique, et le ceignit avec la ceinture, et le revêtit de la robe, et mit sur lui l’éphod, et le ceignit avec la ceinture de l’éphod curieusement ouvragée (*), qu’il lia par elle sur lui ; et il plaça sur lui le pectoral, et mit dans le pectoral les Urim et les Thummim ; et il plaça la tiare sur sa tête, et, sur la tiare, sur le devant, il plaça la lame d’or, le saint diadème, comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse. Et Moïse prit l’huile de l’onction, et oignit le tabernacle et toutes les choses qui y étaient, et les sanctifia ; et il en fit aspersion sur l’autel sept fois, et il oignit l’autel, et tous ses ustensiles, et la cuve et son soubassement, pour les sanctifier ; et il versa de l’huile de l’onction sur la tête d’Aaron, et l’oignit pour le sanctifier» (8:1-12).

(*) note Bibliquest : ces deux derniers mots ne figurent pas dans la traduction JND

L’importance immense et personnelle de la sacrificature était soulignée par la convocation de toute l’assemblée d’Israël (8:4) pour être témoin de cette inauguration. Car c’était cette sacrificature qui assurait la communion entre l’Israélite et l’Éternel dans le sanctuaire, et le souverain sacrificateur avait la partie la plus solennelle de cette activité, dans le lieu très saint. Quand Moïse reçut l’instruction de prendre Aaron et ses fils avec lui, et les vêtements, l’huile, les victimes, et le pain sans levain, toute l’assemblée dut se rassembler à l’entrée de la tente d’assignation pour regarder cette scène extraordinaire (8:1-5). Elle était très importante, tant pour l’Éternel que pour chaque membre du peuple.

Le premier acte fut de laver tout le corps d’Aaron et ses fils (8:6). Pour l’homme mortel et pécheur, la purification est indispensable : c’est ce que l’apôtre appelle «le lavage d’eau par la Parole» (Éph. 5:26), non pas un rite, aussi impressionnant et nécessaire soit-il, mais selon la parole du Seigneur aux onze : «vous vous êtes nets à cause de la parole que je vous ai dite» (Jean 15:3). Ils avaient été engendrés par la parole de la vérité (Jacq. 1:18). C’était le don de la vie éternelle ; aucun type, ni Aaron ni personne d’autre, ne pouvait exprimer la vérité de Christ, qui était et est cette vie éternellement. Mais ceux qui sont de Christ reçoivent la vie éternelle en recevant Christ (Jean 3:16 ; 5:24) ; c’est pourquoi, Aaron, tout comme ses fils, était lavé en tout son corps. Christ seul est la vie, et nous l’avons en L’ayant Lui. C’est pourquoi le Seigneur dit : «Celui qui a tout le corps lavé, n’a besoin que de se laver les pieds» (Jean 13:10). Ce lavage initial et absolu de la personne ne se répète pas. Si les pieds se salissent en marchant dans la boue de ce monde, la souillure doit être ôtée, car elle empêche la communion avec Lui. Même s’il n’y a qu’un péché, Lui le voit car il est avocat auprès du Père (1 Jean 2:1). Il est la propitiation, car Il est le juste. Le solide fondement de Dieu demeure (2 Tim. 2:19), et notre position ne change pas ; mais si nous souillons nos pieds, Lui s’occupe de nous, par Sa Parole et Son Esprit, et il restaure ainsi la communion interrompue. Car s’Il ne me lave pas lorsque je suis souillé, je n’ai pas de part avec Lui (Jean 13:8) : c’est à cela que s’applique son service d’avocat, maintenant, Lui étant au ciel.

Les vêtements comprenaient la tunique et sa ceinture, la robe et l’éphod avec sa ceinture en ouvrage d’art liant les deux solidement, le pectoral avec les Urim et les Thummin, et le turban ou mitre avec la lame d’or. Ce n’étaient pas les vêtements du grand jour des propitiations où il n’y avait que du lin (16:4), mais c’était les vêtements «pour gloire et pour ornement» (Ex. 28:2). Ils exprimaient ce que Christ est et fait pour nous en tant que Souverain Sacrificateur paraissant devant Dieu (Héb. 9:24). Christ est donc le représentant des siens. L’éphod était le vêtement sacerdotal par excellence ; sur ses épaulières, il y avait deux pierres d’onyx (ou béril) sur lesquelles étaient gravés les noms des fils d’Israël, six par pierre : tous étaient portés devant l’Éternel en mémorial (Ex. 28:12). Le pectoral de jugement était sur son coeur, en mémorial continuel : douze pierres précieuses et rares en étaient le signe encore plus précieux, et sur chacune était gravé un nom des fils d’Israël (Ex. 28:29, 30, 21). C’est là [WK : dedans ; JND : dessus] que Moïse mit les Urim et les Thummim, les lumières et les perfections, pour Aaron quand il entrait devant l’Éternel, pour porter continuellement leur jugement sur son coeur devant l’Éternel.

Dans cette scène préliminaire, les deux points principaux, le lavage et l’habillage, ont lieu alors qu’encore aucun sang n’a été ni versé ni aspergé : c’est un témoignage très frappant rendu à Christ, et contraire à ce qui avait lieu lorsqu’il s’agissait, en type, de remédier à l’état de péché, comme dans la purification du lépreux (ch. 14). Cette particularité remarquable se poursuit en ce que l’onction d’huile était faite librement aux v. 10-12. Quand il s’agit de faire approcher les fils d’Aaron, selon ce qui suit, le sacrifice pour le péché est introduit, et il y a l’imposition des mains de tous sur la tête du taureau ; et une fois égorgé, son sang est utilisé de manière bien remarquable. Mais l’absence de pareilles dispositions dans les versets 1 à 12 rend témoignage à l’excellence de Christ. Le tabernacle et tout ce qui était dedans était oint, et l’onction nous parle de Celui qui est Le Saint. L’autel était aspergé d’huile sept fois pour son onction, et tous ses ustensiles avec, ainsi que la cuve et son soubassement ; et il y a encore une autre confirmation du but exceptionnel de ce type en ce que l’onction était versée sur la tête d’Aaron (8:11-12). Il ne s’agissait pas de l’action purificatrice du Saint Esprit, mais de son énergie, témoignant des droits de Christ à avoir la puissance de Dieu, et à en remplir tout. Mais ce n’est pas tout : S’il était le Seul sans péché — il ne faut pas l’oublier — Il est venu pour ôter le péché par le sacrifice de lui-même (Héb. 9:26) : c’est ce qui devait être attesté à sa place.

C’est ici-bas que nous avons péché ; c’est ici-bas que Christ a été envoyé pour mourir comme propitiation pour nos péchés (1 Jean 2:2), quoique la valeur de cette propitiation se soit étendue immédiatement à tous les cieux (Héb. 9:23) comme en témoigne le voile déchiré, le tremblement de terre et les sépulcres ouverts (Matt. 27:51-53). C’est aussi ici-bas que l’efficace du sacrifice a été donnée à connaître par ceux qui ont évangélisé par le Saint Esprit envoyé des cieux. Sur la base de Son sacrifice qui a rendu parfaits ceux qui sont mis à part pour Dieu — les sanctifiés (Héb. 10:14) — Christ exerce sa sacrificature pour nous dans les cieux. Nous sommes Sa maison, participant de l’appel céleste (Héb. 3:1, 6), — en contraste avec Israël dont l’appel était terrestre et qui avait besoin d’une sacrificature charnelle, et dont les ordonnances n’étaient pas capables de rendre parfaite la conscience de l’adorateur (Héb. 9:9), et dont le sanctuaire était de ce monde-ci. Dieu était caché, Son peuple était exclu de Sa présence. C’était un système provisoire, imposé jusqu’au temps du redressement (Héb. 9:10). Venant en grâce et avec une justice basée sur Sa rédemption, Christ a introduit les choses éternelles : un salut éternel (Héb. 5:9), une sacrificature qui ne change pas (Héb. 7:24), une rédemption éternelle (Héb. 9:12), un héritage éternel (Héb. 9:15), une alliance éternelle (Héb. 13:20) ; et il n’y a pas lieu de s’étonner de tout cela si l’on considère que Celui qui a fait la volonté de Dieu par laquelle nous avons été sanctifiés, c’est Lui qui a été établi Souverain Sacrificateur selon la puissance d’une vie impérissable (Héb. 7:16), et que l’Esprit qui a opéré en Lui et en nous est l’Esprit éternel (Héb. 9:14).

C’est pourquoi il est écrit qu’il «convenait pour Lui, à cause de qui sont toutes choses et par qui sont toutes choses, que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât le chef de leur salut par des souffrances…. Car, en ce qu’il a souffert lui-même, étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés» (Héb. 2:10, 18). Mais ce n’est pas tout, «car un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux» (Héb. 7:26), un Fils consommé pour l’éternité (Héb. 7:28).

Comme chrétiens, l’exercice de notre sacrificature consiste à louer, rendre grâces, supplier, prier et intercéder (1 Tim. 2:1 ; Héb. 13:15 ; 1 Pier. 2:5-9).

 

2.2   8:13-21 — Habillage des fils d’Aaron, sacrifice pour le péché et holocauste

Au verset 6 nous lisons que Moïse fit approcher Aaron et ses fils, et les lava avec de l’eau. Le vrai Souverain Sacrificateur était Le Saint de Dieu. La Sainte chose née de la vierge par la puissance du Saint Esprit n’a pas connu le péché (Luc 1:35 ; 2 Cor. 5:21) ; car en Lui il n’y avait pas de péché (1 Jean 3:5). Le pécheur a besoin de naître de nouveau, mais non pas le Sauveur, car Lui est né saint comme nul autre ne l’a été. Il était donc aussi pur dans son humanité que, bien sûr, dans sa déité ; mais nous, nous avons besoin d’être purifiés par grâce. Tous étaient bien lavés ensemble, dans le type, celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés (Héb. 2:11), mais il en était ainsi pour souligner le résultat, alors que l’origine de la sainteté était tout à fait différente. Mais Lui était la vie, et Il a donné sa vie aux siens pour qu’elle soit leur vie.

Nous arrivons maintenant au moment où les fils d’Aaron sont revêtus de vêtements comme leur père l’avait été, selon le commandement de l’Éternel. Non seulement l’homme n’était pas laissé nu, mais la grâce le revêtait comme il plaisait à l’Éternel pour Sa présence dans le sanctuaire.

«Et Moïse fit approcher les fils d’Aaron, et les revêtit de tuniques, et les ceignit de la ceinture, et leur attacha les bonnets (ou : coiffes hautes), comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse. Et il fit approcher le taureau du sacrifice pour le péché, et Aaron et ses fils posèrent leurs mains sur la tête du taureau du sacrifice pour le péché ; et on l’égorgea, et Moïse prit le sang, et en mit avec son doigt sur les cornes de l’autel, tout autour, et il purifia l’autel du péché ; et il versa le sang au pied de l’autel et le sanctifia, faisant propitiation pour lui. Et il prit toute la graisse qui était sur l’intérieur, et le foie, et les deux rognons, et leur graisse, et Moïse les fit fumer sur l’autel. Et le taureau, et sa peau, et sa chair, et sa fiente, il les brûla au feu, hors du camp, comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse. Et il fit approcher le bélier de l’holocauste, et Aaron et ses fils posèrent leurs mains sur la tête du bélier ; et on l’égorgea, et Moïse fit aspersion du sang sur l’autel, tout autour ; et on coupa le bélier en morceaux, et Moïse en fit fumer la tête, et les morceaux, et la graisse ; et on lava avec de l’eau l’intérieur et les jambes, et Moïse fit fumer tout le bélier sur l’autel : ce fut un holocauste en odeur agréable, ce fut un sacrifice par feu à l’Éternel, comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse (8:13-21).

Quel précieux privilège d’avoir Christ comme notre vie, notre justice et notre propitiation ! Mais Dieu fait bien plus en notre faveur, déjà maintenant, aussi bien que dans la gloire à venir. Comme la nuit est fort avancée et que le jour s’est approché, nous sommes exhortés à rejeter les oeuvres des ténèbres et à revêtir les armes de la lumière (Rom. 13:12). En nous approchant de Dieu, ce n’est pas des armes qu’il nous faut, comme si nous étions en situation conflictuelle avec un ennemi. Mais c’est Christ qu’il nous faut encore revêtir (Rom. 13:14), même si nous l’avons revêtu dans la mesure où nous avons été baptisé pour Lui (Gal. 3:27). Mais si nous l’avons Lui, qu’avons-nous plus à faire avec ce que nous étions dans la chair ou dans le monde ? Christ n’est-il pas incomparablement meilleur que tout ? Manifester Christ est la seule manifestation dont nous avons la charge, car nous sommes en Lui. C’est représenté ici par les sacrificateurs revêtus selon le commandement de l’Éternel à Moïse. Ils reçurent leurs tuniques et leur robe, leur ceinture et leur éphod. Sans aucun doute, l’accent est surtout mis sur les habits du souverain sacrificateur. Ses vêtements étaient en effet de saints vêtements, pour gloire et pour ornement (Ex. 28:2, 40) ; ses fils avaient aussi leurs vêtements, de leur côté.

C’est ce qui est indiqué ici où les fils d’Aaron étaient approchés et revêtus de leurs habits sacerdotaux (8:13). Immédiatement après vient le taureau du sacrifice pour le péché qui était aussi approché et sur lequel Aaron et ses fils posaient leur main (8:14). Bien que Christ n’eut point besoin de pareil sacrifice pour lui-même, Il a été fait péché pour ceux qui sont sacrificateurs, une fois pour toutes (Héb. 7:27). Toute notion de sacrifice continu ou répété est strictement exclue par la Parole de Dieu, car l’efficacité de Sa mort, selon qu’elle nous est révélée, en serait bien sûr discréditée et annulée. Toutefois, le sang était mis ici sur les cornes de l’autel, — non pas à l’intérieur du lieu très saint comme au grand jour des expiations, — et le reste du sang était versé au pied de l’autel pour sanctifier ce qui avait à faire au péché et à la réconciliation par son moyen (8:15). Toute la graisse intérieure devait fumer sur l’autel, témoin parfaitement éloquent de l’excellence intrinsèque du sacrifice pour le péché, comme Christ seul l’a mise entièrement en évidence (8:16). Lui qui n’a même pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous (2 Cor. 5:21) : ceci était d’autant plus manifeste que le taureau était brûlé hors du camp, avec sa peau, sa chair et sa fiente, comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse (8:17).

Mais Christ assure l’acceptation des personnes devant Dieu, tout autant qu’il ôte le péché et ses conséquences ; c’est ce qu’on trouve au verset 18 avec le bélier offert en holocauste. Lors de la consécration des sacrificateurs, aucun choix n’était laissé libre contrairement aux holocaustes ordinaires. Un bélier était alors requis (on le trouve aussi dans quelques autres cas), comme déjà remarqué. Sur la tête de ce bélier, Aaron et ses fils posaient leur main, non pour ôter le mal qui était dans l’homme, mais pour transférer la bonne odeur de Christ sur eux. Ainsi le sang du bélier égorgé faisait l’objet d’une aspersion, tout autour de l’autel (8:19), et son corps était coupé en morceaux et fait fumer, avec la graisse et tout le reste, l’intérieur ayant été lavé ; car tout animal ainsi offert en sacrifice devait être lavé pour être une figure de la pureté de Christ (8:20, 21).

Le sacrificateur et ses fils étaient revêtus de manière convenable pour paraître dans le sanctuaire : cela faisait l’objet d’un commandement spécial de l’Éternel. C’est Christ qui était pur dans son être même ; pour nous qui croyons, tout est conféré par Sa grâce. Non seulement nous sommes en Lui (Rom. 8:1), mais Il nous a été fait, de la part de Dieu, tout ce qui manquait pour pouvoir nous tenir en Sa sainte présence (cf. 1 Cor. 1:30). De sa plénitude, nous avons reçu et grâce sur grâce (Jean 1:16).

Bien qu’Aaron fut un type, il n’en avait pas moins besoin d’un sacrifice pour le péché, lui autant que ses fils ; aucun homme pécheur ne pouvait se tenir devant l’Éternel sur aucune autre base. C’est pourquoi au verset 14 on voit Aaron et ses fils poser les mains sur la tête du taureau de sacrifice pour le péché, qui est ensuite égorgé et dont le sang est appliqué par Moïse, lequel représente alors Christ. Il fallait une expiation pour les sacrificateurs encore plus que pour tout Israélite : comment auraient-ils pu autrement s’approcher de l’Éternel sans souiller son sanctuaire ?

Mais cette juste nécessité ne fait que mettre d’autant plus en relief l’onction selon le verset 12. L’huile de l’onction était appliquée au tabernacle et à tout ce qu’il y avait dedans ; il en était fait sept fois aspersion sur l’autel, et on oignait l’autel et ses ustensiles, la cuve et son soubassement, pour les sanctifier (8:10, 11) ; mais outre tout cela, Moïse versa de l’huile de l’onction sur la tête d’Aaron, et l’oignit pour le sanctifier (8:12). Dans cette onction d’Aaron tout seul, sans ses fils — mais avec le tabernacle, l’autel et la cuve — il y a Christ placé sans équivoque devant nous, autant que le type peut le montrer. En toute révérence, nous nous permettons de dire que l’Éternel ne pouvait pas cacher ce très grand témoignage de Sa satisfaction et de son délice ; cela ne nous est-il pas donné dans l’énergie de l’Esprit Saint ? Cela a été accompli littéralement dans notre Seigneur sans que son sang ait été versé — alors que c’est indispensable pour tout autre que Lui. Car le Saint Esprit est descendu sur Lui, sous une forme corporelle, comme une colombe, tandis que la voix du Père vint des cieux disant : Tu es mon Fils Bien-Aimé, en toi j’ai trouvé mon plaisir. Cela a eu lieu à ce moment précis de sa vie ici-bas où les hommes auraient pu être tentés d’avoir des pensées profanes à son égard. Car Il était en train d’être baptisé comme d’autres l’étaient, et il priait (Luc 3:21-22). Mais cela ne fait qu’exprimer réellement toute sa parfaite beauté morale.

Le tabernacle, l’autel et la cuve étaient des types des fonctions que Christ remplit en rapport avec la création, et n’avaient pas de mal moral en eux-mêmes, comme Israël ou l’humanité ; c’est pour cela que le tabernacle et l’autel et la cuve étaient, en type, associés avec Christ dans la puissance du Saint Esprit. Tout lui appartient sur tous les plans ; Il a le droit, personnellement, de tout remplir avec la puissance de bénédiction divine. Quand il était question de sacrificateurs, le sang devait être versé, car ils étaient pécheurs comme tout un chacun. C’est en effet le message que l’épître aux Hébreux cherche à faire passer à propos d’Aaron (5:1-3 ; 7:27, 28). Mais quand il s’agit de types de Christ, Exode 29 et Lévitique 8 prennent bien soin de représenter le souverain sacrificateur comme seul oint de l’huile sainte avant que ne soit offert le sacrifice pour le péché et les sacrifices suivants. Il nous faut bien tenir compte, soigneusement et constamment, de ce fait unique et merveilleux : c’est extrêmement important, tant pour Sa gloire personnelle, et son excellence sans défaut, que pour notre foi et pour l’honneur et la révérence dues au Fils de Dieu. La confession de sa vraie déité et de sa sainte humanité en une seule personne, voilà le roc sur lequel Christ allait bâtir son église, la meilleure sauvegarde contre l’inimitié mortelle de Satan, travaillant sans relâche à actionner l’incrédulité de l’homme déchu.

 

2.3   8:22-30 — Sacrifice de consécration, offrandes tournoyées

L’excellence de la personne et des voies de notre Sauveur est tellement grande et débordante qu’Il a le droit de remplir la création de la puissance de l’Esprit, aussi bien que de jouir Lui-même de la plénitude de cette puissance. Un témoignage frappant en est donné au niveau du type, et la réalité a eu lieu aux jours de Sa chair, quand Il marchait ici-bas.

Il était bien vrai que l’homme, le chef de cette création, était entièrement déchu ; Israël aussi bien que la sacrificature n’y ont pas fait exception. L’indication en est clairement donnée aux versets 13 à 21 qui traitent de la famille sacerdotale. Mais il y a plus encore.

«Et il fit approcher le second bélier, le bélier de consécration ; et Aaron et ses fils posèrent leurs mains sur la tête du bélier ; et on l’égorgea, et Moïse prit de son sang, et le mit sur le lobe de l’oreille droite d’Aaron, et sur le pouce de sa main droite, et sur le gros orteil de son pied droit ; et il fit approcher les fils d’Aaron, et Moïse mit du sang sur le lobe de leur oreille droite, et sur le pouce de leur main droite, et sur le gros orteil de leur pied droit ; et Moïse fit aspersion du sang sur l’autel, tout autour. Et il prit la graisse, et la queue grasse (*), et toute la graisse qui était sur l’intérieur, et le réseau du foie, et les deux rognons et leur graisse, et l’épaule (ou : la cuisse) droite ; et il prit, de la corbeille des pains sans levain qui était devant l’Éternel, un gâteau sans levain, et un gâteau de pain à l’huile, et une galette, et les plaça sur les graisses et sur l’épaule droite ; et il mit le tout sur les paumes des mains d’Aaron et sur les paumes de mains de ses fils, et les tournoya comme offrande tournoyée devant l’Éternel. Et Moïse les prit des paumes de leurs mains, et les fit fumer sur l’autel sur l’holocauste : ce fut une consécration (ou : un remplissage de mains – (**)), en odeur agréable ; ce fut un sacrifice par feu à l’Éternel. Et Moïse prit la poitrine, et la tournoya comme offrande tournoyée devant l’Éternel ; ce fut — du bélier de consécration, — la part de Moïse, comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse Et Moïse prit de l’huile de l’onction et du sang qui était sur l’autel, et il en fit aspersion sur Aaron, sur ses vêtements, et sur ses fils et sur les vêtements de ses fils avec lui : il sanctifia Aaron, ses vêtements, et ses fils et les vêtements de ses fils avec lui» (8:22-30).

(*) Note Bibliquest : JND traduit : «et la queue»

(**) Note Bibliquest : Là où WK traduit «ce fut une consécration», JND traduit : «ce fut un sacrifice de consécration»

Nous avons vu Aaron être oint d’huile, tout seul, en témoignage à Christ le vrai Sacrificateur et à sa perfection personnelle. Nous voyons maintenant le sang du bélier de consécration, sur la tête duquel Aaron et ses fils posaient les mains, appliqué d’abord sur l’oreille droite d’Aaron, son pouce droit, et son gros orteil droit, puis pareillement aux mêmes parties du corps des fils d’Aaron, et enfin ce sang du bélier était aspergé sur l’autel tout autour. C’est en effet Christ qui est entré, par son propre sang, une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle (Héb. 9:12). Sinon, il restait seul ; mais maintenant qu’Il est mort, le grain porte beaucoup de fruits (Jean 12:24) : c’est Christ sur sa maison, et nous sommes sa maison si nous retenons ferme jusqu’au bout la confiance et la gloire de l’espérance (Héb. 3:6). Ce n’est pas seulement qu’il nous aime et nous a lavé de nos péchés dans son sang (Apoc. 1:5), mais Il nous a fait rois et sacrificateurs pour Son Dieu et Père : À lui soit la gloire et la puissance aux siècles des siècles, Amen (Apoc. 1:6 ; 5:10). C’est ainsi que dans ce type, les fils d’Aaron étaient consacrés par le sang de bélier, qui, bien sûr, portait leurs péchés, mais qui allait bien plus loin jusqu’à la glorification de Dieu dans Sa propre nature, selon ce que nous dit Jean 13:31. Dieu a été tellement glorifié dans la mort du Fils de l’homme pour le péché, que c’était une question de justice que de faire asseoir Christ à Sa droite dans la gloire céleste, et de nous associer, nous qui croyons, dans la même bénédiction et finalement dans la même gloire. «Comme Il est lui, nous sommes aussi dans ce monde» (1 Jean 4:17) ; et bientôt il va venir nous prendre afin que, là où Il est, nous nous soyons aussi (Jean 14:2, 3).

Le sang mis sur les sacrificateurs nous parle de la vertu du sacrifice de Christ les consacrant pour tout ce qu’ils entendaient, tout ce qu’ils faisaient et toute leur marche. La totalité de leur être pratique allait désormais être déterminée en vertu de Sa mort pour Dieu. Christ n’avait besoin de rien pour lui-même, et Il n’avait pas la moindre tache à ôter ; mais tout dans Son obéissance jusqu’à la mort, et à la mort de la croix, pour la gloire de Dieu, s’est retourné en notre faveur ; Son obéissance était sans réserve, et à tout prix, du commencement à la fin. «Tu m’as formé un corps» selon la traduction des Septante reprise dans la citation de Héb. 10:5, se lit en hébreu au Ps. 40 : «Tu m’as creusé des oreilles». En tout autre que Christ, les oreilles étaient assourdies et fermées à cause du péché. Mais voilà que les paroles mêmes que le Père lui a données, Il nous les a données (Jean 17:8), afin que notre service et notre marche soient formés par ces communications divines de la plus haute intimité.

Ensuite vient l’offrande tournoyée de toute la graisse du bélier (8:25), et un gâteau sans levain et un gâteau de pain à l’huile, et une galette, représentant l’énergie intérieure du sacrifice de Christ, et son excellence, vivante et sans défaut, dans la puissance de l’Esprit (8:26) : tout cela était mis sur les paumes des mains d’Aaron et ses fils, et était tournoyé devant l’Éternel (8:27). Ensuite, Moïse le reprenait de leurs mains «remplies» (car telle est l’idée essentielle de la consécration) et le faisait fumer sur l’autel sur l’holocauste. Que de bénédiction dans cette qualification à s’approcher de Dieu, et cette offrande de louange continuelle à Dieu, le fruit des lèvres qui confessent Son nom ! (Héb. 13:15).

Pour Aaron et ses fils, il y avait non seulement le plus grand des sacrifices pour le péché, mais ils avaient aussi l’holocauste dans sa forme spéciale du bélier : tout cela montrait la plénitude et la précision de la consécration selon ce qui était dû à la fonction sacerdotale et selon les ordonnances de grâce de l’Éternel, à quoi s’ajoutait le sacrifice de prospérités, pour que la sacrificature soit inaugurée par la plénitude de l’offrande et du sacrifice de Christ. Tout cela est la portion présente du chrétien, — mais ce n’est pas tout — déjà maintenant une sainte sacrificature pour offrir des sacrifices spirituels qui sont certainement bien plus acceptables à Dieu par Jésus Christ, que tous les sacrifices matériels du passé (1 Pier. 2:5). Et, en réponse à Apoc. 1:5, nous sommes une sacrificature royale pour montrer l’excellence de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière, selon ce que nous lisons en 1 Pier. 2:9.

La poitrine du bélier de consécration était la part de Moïse : c’est significatif du profond intérêt que Christ porte à leur consécration et à la Sienne propre, et de la profonde satisfaction qu’Il y trouve.

Sans aucun doute, c’est une position de très grande proximité de Dieu par la foi, non pas par apparition directe selon le type de la sacrificature. Et cela ne fait qu’accroître la bénédiction aux yeux de Dieu et pour nos coeurs si nous sommes en communion avec Lui. Dans tout ce qui s’attache au chrétien, ce qui est visible est ce qu’il possède de moins précieux. Toutes les bénédictions spirituelles dont nous sommes bénis dans les lieux célestes en Christ (Éph. 1:3) s’élèvent bien au-dessus de tout ce que l’homme peut voir ou estimer.

Ne négligeons pas l’action médiatoriale remarquable qui suit avec le verset 30 : «Et Moïse prit de l’huile de l’onction et du sang qui était sur l’autel, et il en fit aspersion sur Aaron, sur ses vêtements, et sur ses fils et sur les vêtements de ses fils avec lui : il sanctifia Aaron, ses vêtements, et ses fils et les vêtements de ses fils avec lui» (8:30). C’est l’onction de l’Esprit, aussi bien que la mort de Christ en puissance. Nous en avons la contrepartie frappante en Rom. 8:2-4 «car la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort ; car ce qui était impossible à la loi, en ce qu’elle était faible par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair, afin que la juste exigence de la loi fut accomplie en nous qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit». La vie de l’Esprit est donc une vie de délivrance, et pareillement, Christ fait péché est pour nous une libération de tout le mal attaché à cette chair ; cette libération manifeste la puissance de l’Esprit dans nos voies ; il semble que c’est ce qui est représenté par les vêtements.

Il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus (Rom. 8:1). La première raison qui en est donnée est que la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus nous a affranchis de la loi du péché et de la mort. Dieu ne veut donc pas condamner les siens animés de cette vie qui est tant agréable à Ses yeux, cette vie que le chrétien a dans la puissance de la résurrection et de l’Esprit. Mais il y a une autre raison, non moins pertinente pour laquelle il n’y a pas de condamnation pour nous : si nous avons une vieille nature bien différente de Christ qui est notre vie, Dieu, ayant envoyé son Fils en ressemblance de chair de péché et pour le péché, a condamné le péché dans la chair (c’est-à-dire sur la croix de Christ), afin que la juste exigence de la loi fut accomplie en nous qui ne marchons pas selon la chair mais selon l’Esprit. Combien cela correspond à Moïse prenant de l’huile et du sang et en faisait aspersion sur Aaron et ses fils et sur leurs vêtements !

 

2.4   Exode 28 — Les saints vêtements

C’est le moment ici de dire quelque chose des vêtements des sacrificateurs, spécialement du souverain sacrificateur, même si cela dépasse le cadre des expressions générales de notre chapitre.

L’éphod était le vêtement proprement sacerdotal, et était simplement en lin (1 Sam. 2:18 ; 22:18) pour un sacrificateur ordinaire. Pour Aaron il était d’or, de bleu, de pourpre, d’écarlate et de fin coton retors selon Ex. 28 ; sa ceinture, ou bande tissée, était des mêmes matières. À l’éphod était attaché le pectoral de jugement dans lequel (*) étaient les Urim et les Thummim (ou, lumières et perfections). Il avait deux épaulières jointes aux deux bouts de l’éphod ; deux pierres d’onyx y étaient agrafées, enchâssées dans des chatons d’or chacune avec six noms des fils d’Israël. Le pectoral était des mêmes matériaux que l’éphod, mais carré et double, garni de quatre rangées de pierres précieuses enchâssées dans de l’or, chacune des douze pierres ayant, gravé sur elle, un nom de l’une des tribus d’Israël (chaque tribu d’Israël avait donc sa gravure à elle). Deux anneaux et deux chaînettes d’or torsadées y étaient attachées, et il y avait un cordon de bleu pour attacher le pectoral aux anneaux de l’éphod sur la ceinture (ou bande), en sorte que le pectoral ne bouge pas de dessus l’éphod. Il y avait une robe, distincte de la tunique intérieure brodée ; elle était de bleu avec, sur ses bords, des grenades de bleu, de pourpre et d’écarlate, et des clochettes d’or qui s’alternaient une à une avec les grenades, tout autour. Sur une lame d’or était gravé SAINTETÉ À L’ÉTERNEL et cette lame était sur un cordon de bleu sur la tiare (ou turban) sur le front d’Aaron qui portait l’iniquité des choses saintes d’Israël. La tiare, comme la tunique, était de fin coton (**).

(*) Note Bibliquest : Les Urim et les Thummim étaient sur le pectoral selon la version JND, et dans le pectoral selon WK

(**) Du fin coton comme en Apoc. 19:8, 14, non pas réellement du lin comme les anges qui avaient les sept coupes en Apoc. 15:6

L’éphod était constitué des mêmes matériaux que le voile (Ex. 25:31), avec une différence notable : il n’y avait pas de chérubin sur l’éphod, et pas d’or sur le voile, alors que l’or avait la première place sur l’éphod. L’or représente la justice divine, et le voile représente la chair de Christ (c’est l’Écriture qui l’affirme : Héb. 10:20). Les chérubins symbolisent l’autorité de Dieu en jugement qui a été donnée à Christ parce qu’Il est le Fils de l’homme (Jean 5:27). Si le voile le représentait comme exécuteur du jugement, l’absence de ce caractère sur l’éphod convenait au caractère sacerdotal de Celui qui est assis sur le trône de son Père. Ici c’est la justice divine en grâce qui prédomine, mais dans l’homme, et avec du bleu qui est la couleur céleste. Il y avait aussi les titres et les gloires royaux et impériaux, avec toutes les formes de la justice pratique. Il était né «roi» (Jean 18:37), et à ses souffrances avait répondu un accroissement de son autorité, bien qu’Il ne fasse pas usage de ce pouvoir — et ne veut pas en faire usage — tant qu’Il n’est pas assis sur Son propre trône (comparer Ps. 110).

Le peuple de Dieu était représenté par le souverain sacrificateur, non seulement sur un plan général, mais expressément, et d’une manière précise et frappante. Car les épaulières de l’éphod avaient chacune six noms de fils d’Israël gravés sur l’onyx à chaque épaule. Aaron portait leurs noms devant l’Éternel sur ses deux épaules, les soutenant devant l’Éternel. Le pectoral les présentait de manière encore plus frappante, car il y avait douze pierres avec chacune sa gloire propre. «Et Aaron portera les noms des fils d’Israël au pectoral de jugement sur son coeur, lorsqu’il entrera dans le lieu saint, comme mémorial devant l’Éternel, continuellement. — Et tu mettras sur le pectoral de jugement les Urim et les Thummim, et ils seront sur le coeur d’Aaron, quand il entrera devant l’Éternel ; et Aaron portera le jugement des fils d’Israël sur son coeur, devant l’Éternel, continuellement» (Ex. 28:29, 30). S’il est vrai que tout, du côté d’Israël, a failli à cause du péché (chez les sacrificateurs comme chez les gens du peuple), quelle bénédiction cela nous présente, à nous qui croyons en Celui vers qui tous ces types dirigent infailliblement les regards ! Quelle immense faveur qu’Il soit mort pour expier nos fautes, et qu’Il vive pour nous devant Dieu dans les lieux célestes, portant notre jugement sur Son coeur glorieusement et continuellement, sans avoir honte de nous.

Sous l’éphod, il y avait la longue robe de l’éphod, «toute de bleu». C’était la couleur la plus caractéristique de Christ. La foi pouvait même dire : «Le Fils de l’homme qui est dans le ciel» (Jean 3:13), et elle peut le dire encore bien plus maintenant qu’Il a traversé les cieux et est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle ! (Héb. 4:14 ; 9:12). C’est pourquoi le «bleu» prévaut dans tous ces types, même s’il y a d’autres gloires. Mais si le bleu prévaut, ce n’est pas pour autant que le pourpre et l’écarlate s’estompent. Il est Roi, et Roi des rois, même s’Il agit selon d’autres relations.

Disons en passant, qu’il est assez remarquable de voir l’écrivain juif Josèphe ne pas pouvoir imaginer d’autres interprétations pour les clochettes et les grenades que «du tonnerre et des éclairs» ! Il était ignorant de Celui qui est la Vraie Lumière (Jean 1:9) et qui manifeste clairement que le témoignage et le fruit de l’Esprit font partie du cortège de la grâce sacerdotale. Car on peut observer que le son des clochettes se faisait entendre quand il entrait ou sortait du sanctuaire ; de la même manière le Saint Esprit a été répandu à sa première venue, et le sera à nouveau à sa seconde venue. Et le fruit agréable par Jésus-Christ, à la louange et à la gloire de Dieu, a déjà abondé et il abonde et abondera encore (Phil. 1:11 ; 4:17).

Mais si ces signes remplis de signification étaient comme un prolongement au bord de Son vêtement, en faveur de ceux qui sont à Christ, combien il est précieux de trouver sur l’une des pièces les plus intérieures du vêtement (la robe de l’éphod), le gage de ce qu’est notre Souverain Sacrificateur, Jésus Christ le juste, notre avocat et notre propitiation invariable (1 Jean 2:1-2). Et il est non moins précieux de trouver sur Sa tête, en suivant le type, la plaque d’or fixée par un cordon de bleu, avec la gravure «Sainteté à l’Éternel», notre Souverain Sacrificateur portant l’iniquité de nos choses saintes ! En vérité, Christ est toujours tout pour nous en tant que saints et sacrificateurs, comme il a déjà été tout pour nous quand nous étions pécheurs perdus. Mais n’oublions pas que tous les types ne sont que des ombres, et ne suffisent pas pour faire connaître la plénitude de grâce et de gloire qui est en Christ. Le second homme est du ciel en contraste avec le premier qui est de la poussière. C’est de qu’Il est venu, bien qu’Il soit véritablement né de femme sur la terre, et c’est qu’Il s’en est allé lorsqu’Il est ressuscité, et c’est qu’Il exerce son office de sacrificateur pour nous dans les cieux, ministre des lieux saints et du vrai tabernacle que le Seigneur a dressé, non pas l’homme (Héb. 8:1).

Notons que dans les vêtements du Souverain Sacrificateur il n’y avait pas de caleçon de lin : ceux-ci servaient expressément à couvrir la nudité de la chair (Ex. 28:42), ce qui fait comprendre leur omission quand Christ est en vue. Mais comme Aaron lui-même était pécheur, et ses fils tout autant, on comprend également que, dans la description des vêtements de ses fils, ces pièces bien nécessaires pour se couvrir, soient soigneusement prescrites. Et il est même alors ajouté qu’«ils seront sur Aaron et sur ses fils lorsqu’ils entreront dans la tente d’assignation ou lorsqu’ils s’approcheront de l’autel pour faire le service dans le lieu saint, afin qu’ils ne portent pas d’iniquité et ne meurent pas. C’est un statut perpétuel, pour lui et pour sa semence après lui» (Ex. 28:43).

L’Écriture établit clairement la vérité générale que le chrétien a aussi maintenant un vêtement donné de Dieu, convenant à la nouvelle relation dans laquelle il est placé. Ainsi c’est quand le fils prodigue se tourne vers Dieu et trouve en Lui le Père dans un sens plus vrai et plus complet qu’avant son départ pour le pays éloigné, qu’il est revêtu pour la première fois de la «plus belle robe», une robe entièrement ornée d’honneurs. Nous sommes exhortés en pratique, non pas seulement à rejeter les oeuvres des ténèbres, mais à revêtir les armes de la lumière, et plus généralement à revêtir le Seigneur Jésus Christ (Rom. 13:12-14), et, comme principe, tous ceux qui sont baptisés sont considérés comme ayant revêtu Christ (Gal. 3:27). En Éph. 4 nous sommes vus comme ayant dépouillé le vieil homme et revêtu le nouvel homme (4:23-24), tandis que Col. 3 nous exhorte à renoncer aux actions viles de violence et de corruption du fait que nous avons dépouillé le vieil homme et revêtu le nouvel homme (3:8-10). La vérité du Nouveau Testament va, bien sûr, plus à fond dans nos besoins et notre bénédiction. Néanmoins, les images de vêtements de l’Ancien Testament sont conservées.

Et il en va de même en rapport avec le jour de gloire. Nous revêtirons notre domicile qui est du ciel (2 Cor. 5:2-4), et nous ne serons pas trouvés nus, sauf pour ceux qui n’ont pas Christ et qui, plus tard, n’auront plus que la honte éternelle (Apoc. 16:15). Le mortel sera absorbé par la vie (1 Cor. 15:54). Comme individus nous marcherons avec Christ en vêtements blancs (Apoc. 3:4) ; comme l’Épouse de Christ nous serons revêtus de fin lin éclatant et pur, car le fin lin ce sont les justices des saints (Apoc. 19:8).

 

2.5   8:31-36 — Onction des fils d’Aaron, les sept jours de consécration

La fin de ce chapitre est importante comme tout le reste. Nous avons vu le lavage d’Aaron et ses fils, et l’habillage d’Aaron ; l’onction du tabernacle et de tout ce qui s’y trouvait, de l’autel et de tous ses ustensiles ; et l’onction de la tête du Souverain Sacrificateur avant que ses fils revêtent leurs vêtements officiels (8:1-13). Il y a eu ensuite le taureau du sacrifice pour le péché sur lequel Aaron et ses fils posaient les mains avant qu’il soit égorgé ; puis le bélier de l’holocauste ; puis l’autre bélier, le bélier de consécration, dont le sang était mis sur l’oreille droite, le pouce droit et le gros orteil droit ; puis l’épaule droite, et son accompagnement, avec la poitrine, qui était la part de Moïse, tournoyés devant l’Éternel (8:14-30). Mais il reste à manger la chair comme un rite à part, essentiel.

«Et Moïse dit à Aaron et à ses fils : Cuisez la chair à l’entrée de la tente d’assignation, et vous la mangerez là, ainsi que le pain qui est dans la corbeille de consécration, comme j’ai commandé, en disant : Aaron et ses fils les mangeront. Et le reste de la chair et du pain, vous le brûlerez au feu. Et vous ne sortirez pas de l’entrée de la tente d’assignation pendant sept jours, jusqu’au jour de l’accomplissement des jours de votre consécration ; car on mettra sept jours à vous consacrer. L’Éternel a commandé de faire comme on a fait aujourd’hui, pour faire propitiation pour vous. Et vous demeurerez pendant sept jours à l’entrée de la tente d’assignation, jour et nuit, et vous garderez ce que l’Éternel vous a donné à garder, afin que vous ne mouriez pas ; car il m’a été ainsi commandé. Et Aaron et ses fils firent toutes les choses que l’Éternel avait commandées par Moïse» (8:31-36).

La communion avec Christ qui s’est livré Lui-même pour nous est le précieux privilège que présente le fait de manger la chair. Elle était cuite à l’entrée de la tente d’assignation, et on la mangeait avec le pain qui était dans la corbeille de consécration. Tout devait être bien séparé de la nourriture commune de l’homme. Mais les sacrificateurs devaient partager le pain du sacrifice par feu à l’Éternel tout autant que la chair. C’était l’expression de la communion, en dehors de toutes les associations de la nature, mais paisible et intime aussi bien que sainte. Cela venait à point comme le dernier point présenté avant le huitième jour. Commencer par une telle fête aurait été bien étranger aux pensées divines !

L’Éternel avait exprimé sa volonté souveraine en séparant une famille pour l’approcher de Lui. Ils étaient lavés, sanctifiés, justifiés au nom du Seigneur Jésus et par l’Esprit de notre Dieu ; car c’est bien de cette manière que nous pouvons justement interpréter et appliquer les formes typiques de ce chapitre. Il est absolument impératif d’avoir une nature nouvelle et sainte. Christ l’avait dans Sa personne, et elle a été manifestée en perfection dans un monde mauvais, et Il l’a donnée à tous ceux qui croient. Mais ils avaient aussi besoin de Sa mort dans toute son efficacité expiatoire, non seulement pour effacer leurs péchés, mais pour endosser toute son acceptation positive. C’est ce que notre chapitre fait ressortir de manière complète et précise. Le sacrifice pour le péché et l’holocauste étaient dûment égorgés et consumés. Dieu était ainsi glorifié à tous égards quant au péché. Voilà de belles ombres de ce qu’on trouve parfaitement dans la mort du Fils de l’homme, le Fils de Dieu — et seulement là.

Mais la caractéristique du second bélier de consécration était de mettre à part pour Dieu par son sang la famille sacerdotale toute entière : comme on l’a déjà vu, leur service dans l’homme intérieur comme dans l’homme extérieur était dorénavant selon le sang de Christ. Dieu ne pouvait pas en exiger moins de ceux qui avaient le privilège d’avoir accès à Lui dans le sanctuaire. La consécration signifie les mains pleines, non pas pleines du désir de l’homme ou de son dessein ou de ses efforts, mais pleines de l’énergie intérieure de Christ s’offrant en sacrifice à l’Éternel, et pleines de Sa vie active dans la puissance de l’Esprit : tout cela était mis sur les mains d’Aaron et de ses fils (Christ et Sa maison — Héb. 3:6), et était tournoyé devant l’Éternel.

La chair du bélier (ce qui restait après ce qui en avait été retiré) devait être mangée là où elle était cuite, à l’entrée de la tente d’assignation, avec le pain de consécration. C’est Christ dans sa mort comme dans sa vie, non pas notre délivrance du jugement, ni comme le moyen ou la mesure de notre acceptation devant Dieu, mais comme l’objet donné à nos âmes pour en jouir et nous en nourrir ensemble. C’est Christ et les Siens partageant cette joie en commun, et Dieu y ayant aussi part. Car notre communion est avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ (1 Jean 1:3). Et Sa volonté n’est ni cachée ni douteuse. Ces choses ont été écrites par Dieu dans la Parole inspirée pour que notre joie soit accomplie (1 Jean 1:4).

Ensuite, la famille sacerdotale ne devait pas sortir pendant les sept jours de leur consécration. C’est le cycle de la marche de l’homme ici-bas, et il s’applique tout aussi bien aux sacrificateurs. Ils devaient demeurer nuit et jour à l’entrée de la tente, et garder ce que l’Éternel leur avait donné à garder, afin qu’ils ne meurent pas ; «car il m’a ainsi été commandé» ajoute Moïse, afin que personne ne lui impute quelque chose d’aussi solennel, totalement accaparant et péremptoire. Et c’est ce qui fut fait.

Attribuer la position sacerdotale à des prédicateurs ministres de la Parole — déniant par là la proximité de Dieu tant à l’Église collectivement qu’à chaque chrétien individuellement, — voilà une erreur qui vide l’évangile de sa substance. C’est la ruine de ceux qui prétendent à quelque chose d’aussi dénué de fondement, arrogant et antiscripturaire. Le ministère est l’exercice d’un don divin, chez quelques-uns uns, mais en vue du bien de tous. La sacrificature appartient à tous les saints pour entrer dans les lieux saints. Il n’y a pas d’autre sacrificature, si ce n’est celle de Christ seul grand souverain sacrificateur pour toute Sa maison. Sur ce point le puritain Matthew Henry a confondu des choses essentiellement différentes, quoiqu’avec un peu moins de démesure que les Puseyites, — c’est ce qu’on voit dans son Commentaire sur ce passage. Les Ritualistes modernes ont été encore plus osés : ils sont coupables de la contradiction de Coré (Jude 11, Nomb. 16). La vérité est que tout fidèle, maintenant, a à la fois la sainte sacrificature et la sacrificature royale (1 Pier. 2:5, 9).

 

3                        Lévitique 9

3.1   9:1-6 — Les sacrificateurs consacrés

Nous trouvons ici un «huitième jour», comme pour la purification du lépreux au chapitre 14:10-20. C’était aussi le jour de la circoncision. Ces cas suffisent à montrer qu’il n’y a pas lieu d’attendre le jour millénaire ou même le jour de notre résurrection en gloire pour jouir des privilèges exprimés par chacun de ces divers «huitième jour». Ces privilèges sont nôtres en vertu de Christ ressuscité et glorifié qui a envoyé l’Esprit d’en haut, à la fois pour notre communion et pour être communiqué en témoignage de Sa grâce. Sans aucun doute, dans ce jour de résurrection en gloire, ce qui est parfait sera venu, et nous connaîtrons comme nous avons été connus (1 Cor. 13:10, 12).

«Et il arriva, le huitième jour, que Moïse appela Aaron et ses fils, et les anciens d’Israël ; et il dit à Aaron : Prends un jeune veau pour le sacrifice pour le péché, et un bélier pour l’holocauste, sans défaut, et présente-les devant l’Éternel. Et tu parleras aux fils d’Israël, en disant : Prenez un bouc pour le sacrifice pour le péché ; et un veau, et un agneau, âgés d’un an, sans défaut, pour l’holocauste ; et un taureau et un bélier pour le sacrifice de prospérités, pour sacrifier devant l’Éternel, et une offrande de gâteau pétri à l’huile, car aujourd’hui l’Éternel vous apparaîtra. Et ils amenèrent devant la tente d’assignation ce que Moïse avait commandé ; et toute l’assemblée s’approcha, et ils se tinrent devant l’Éternel. Et Moïse dit : C’est ici ce que l’Éternel a commandé ; faites-le, et la gloire de l’Éternel vous apparaîtra» (Lév. 9:1-6).

Ce huitième jour inaugurait un nouvel ordre de choses à caractère céleste, et il annonçait l’apparition de la gloire. Mais notre Seigneur nous a enseigné en Jean 7:37-39 la portée qu’il peut avoir pour nous maintenant, même s’il s’agissait du dernier et grand jour de la fête des Tabernacles, la scène terminale de l’année religieuse juive. Le Seigneur Lui-même, rejeté ici-bas, était sur le point d’être glorifié, et le Saint Esprit allait être ici-bas comme il ne l’avait jamais été et ne pouvait l’être, pour agir en vertu de la mort de Christ parfaitement et éternellement efficace. C’est pourquoi toutes choses sont à nous, — nous qui croyons en Lui et avons reçu l’Esprit, — non pas seulement les choses présentes mais aussi celles qui sont à venir (1 Cor. 3: 21-23). Or au commencement (8:3, 4) toute l’assemblée était là, aussi bien Aaron que ses fils, et les anciens d’Israël. Mais c’est d’abord à Aaron que Moïse donna l’instruction de prendre un sacrifice pour le péché et un holocauste, sans défaut, et de les offrir devant l’Éternel. Ce n’est qu’ensuite que les fils d’Israël étaient invités à apporter leurs sacrifices pour le péché, leurs holocaustes et leurs sacrifices de prospérités, selon ce qui convenait, en sacrifice devant l’Éternel.

Les sacrifices et offrandes étaient donc nécessaires non pas seulement pour les jours ordinaires et leurs nécessités variées. C’est en vue de ce jour-là (le huitième) et de la gloire qui suivait qu’ils étaient présentés avec tout le soin et la solennité nécessaires. Tout était fait pour que tous, sacrificateurs et le peuple, sentent qu’ils étaient enfin dans la condition requise en ce qui concerne la gloire à venir, aussi bien ceux qui avaient accès au sanctuaire que ceux qui restaient dehors. C’est de cette base de la justice divine reposant sur un sacrifice, que dépend toute jouissance de Dieu, pour le ciel et pour la terre, dans le temps présent et pour toujours. Sans Christ et Son oeuvre, aucun homme pécheur ne peut subsister, et encore moins se tenir devant la gloire de Dieu. Car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu (Rom. 3:23). Quand l’homme a été déchu de l’innocence par le péché, la terre a été perdue et la question restait de savoir comment être propre pour la gloire de Dieu. La rédemption qui est dans le Christ Jésus peut seule rendre propre pour une pareille place, et seule la grâce justifie gratuitement par la foi en Lui. C’est ce qui donne à la foi le droit de se glorifier dans l’espérance de la gloire de Dieu (Rom. 5:2). Et pour les Siens, la jouissance, n’en fera ressortir que joie, actions de grâces et louange.

En rapport avec ce sujet, il vaut la peine de s’arrêter sur les paroles de Pierre (2 Pier. 1:3, 4) «Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui regarde la vie et la piété, par la pleine connaissance de celui qui nous a appelés par gloire [ou : par sa propre gloire] et par vertu, par lesquelles il nous a donné les très grandes et précieuses promesses…». Ce n’est pas par des choses présentes que Dieu agit dans l’âme, mais par la gloire, dont la foi s’empare et sur laquelle elle forme le courage moral qui refuse les séductions de l’ennemi, lequel cherche à s’opposer à la foi par le moyen de la vue, des sens, de la convoitise et de la passion. Dieu est révélé dans l’évangile, ainsi que Jésus notre Seigneur, peu avant d’être appelé «notre Dieu et Sauveur Jésus Christ» (Tite 2:13). D’un côté sa divine puissance nous a donné tout ce qui regarde la vie et la piété ; d’un autre côté, par le moyen des très grandes et précieuses promesses (bien au-dessus de la grandeur terrestre garantie à Israël) qui sont aussi pour nous, nous devenons participants de la nature divine (cette vie accompagne la piété qui lui est liée) ayant échappé à la corruption qui est dans le monde par la convoitise.

C’est ainsi que la foi répond à l’appel de Dieu, armée par la puissance divine (comparer 1 Pier. 1:5). Sa gloire est le but placé devant nous, et la vertu est le moyen d’être gardé le long du chemin ; les deux ont été manifestées parfaitement en Christ. C’est aussi, au niveau des principes, ce qui a animé Abel, Énoch, Noé et tous les anciens qui ont reçu témoignage par la foi (Héb. 11:39). Mais dans l’évangile cela est mis en pleine lumière pour que nous ayons une pleine connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur. C’est ainsi que la lumière céleste brille sur nous avant que nous allions au ciel. C’est le jour qui commence à luire et l’étoile du matin qui se lève dans nos coeurs, distincte de la lampe prophétique et supérieure à elle (2 Pier. 1:19), bien que celle-ci soit déjà excellente par rapport à notre place misérable sur terre.

 

3.2   9:7-21 — Inauguration de la sacrificature, les sacrifices pour les sacrificateurs et pour le peuple

Ce n’est plus maintenant Moïse qui agit ou donne les directives, mais c’est Aaron exerçant son ministère de souverain sacrificateur de la confession juive. C’est l’inauguration de la sacrificature dans toute sa force.

«Et Moïse dit à Aaron : Approche-toi de l’autel, et offre ton sacrifice pour le péché, et ton holocauste, et fais propitiation pour toi et pour le peuple ; et offre l’offrande du peuple, et fais propitiation pour eux, comme l’Éternel a commandé. Et Aaron s’approcha de l’autel, et égorgea le veau du sacrifice pour le péché, qui était pour lui ; et les fils d’Aaron lui présentèrent le sang, et il trempa son doigt dans le sang, et le mit sur les cornes de l’autel, et versa le sang au pied de l’autel. Et il fit fumer sur l’autel la graisse, et les rognons, et le réseau pris du foie du sacrifice pour le péché, comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse. Et la chair et la peau, il les brûla au feu, hors du camp. Et il égorgea l’holocauste, et les fils d’Aaron lui présentèrent le sang, et il en fit aspersion sur l’autel tout autour. Et ils lui présentèrent l’holocauste coupé en morceaux, et la tête, et il les fit fumer sur l’autel ; et il lava l’intérieur et les jambes, et il les fit fumer sur l’holocauste sur l’autel (9:7-14).

Aaron et ses fils offrirent donc le veau du sacrifice pour le péché pour lui-même, mettant de son sang, que lui présentaient ses fils, sur les cornes de l’autel, et ils versèrent le reste au pied de l’autel, et brûlèrent la graisse et les rognons et le réseau sur le foie sur l’autel ; mais la chair et la peau furent brûlées hors du camp selon l’ordonnance. Mais il n’est nullement parlé comme en 8:14, de poser les mains sur la tête de la victime, quoiqu’on ait le même témoignage rendu au sacrifice de Christ dans l’acceptation des parties intérieures sur l’autel, comme saintes et précieuses ; mais le corps réduit en cendre à l’extérieur témoignait de l’identification de Christ avec le péché. L’oeuvre de Christ explique cette incohérence apparente entre les chapitres 8 et 9, qui n’est rien d’autre qu’un témoignage lumineux au fait que Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous.

Notons pareillement que l’expiation n’était pas complète selon Dieu sans l’holocauste en plus du sacrifice pour le péché. L’holocauste suivit immédiatement après (10:13) et Aaron fit également l’aspersion du sang, que ses fils lui présentaient, sur l’autel tout autour, et il fit tout fumer, pièce par pièce, avec la tête, sur l’autel ; même l’intérieur et les jambes, on les fit fumer sur l’holocauste après les avoir lavés (9:14). C’était en vue de l’acceptation des personnes, non pas seulement pour couvrir leur péché. Le mot «faire fumer» du verset 10 n’est pas le même que «brûla» du verset 11 comme cela a été souvent remarqué.

«Et il présenta l’offrande du peuple : il prit le bouc du sacrifice pour le péché qui était pour le peuple, et l’égorgea, et l’offrit pour le péché, comme précédemment le veau. Et il présenta l’holocauste, et le fit selon l’ordonnance. Et il présenta l’offrande de gâteau, et il en remplit la paume de sa main et la fit fumer sur l’autel, outre l’holocauste du matin. Et il égorgea le taureau et le bélier du sacrifice de prospérités qui était pour le peuple, et les fils d’Aaron lui présentèrent le sang, et il en fit aspersion sur l’autel, tout autour. Et ils présentèrent les graisses du taureau et du bélier, la queue grasse, et ce qui couvre l’intérieur, et les rognons, et le réseau du foie ; et ils mirent les graisses sur les poitrines, et il fit fumer les graisses sur l’autel. Et Aaron tournoya en offrande tournoyée devant l’Éternel les poitrines et l’épaule droite, comme Moïse l’avait commandé» (9:15-21).

Ensuite, Aaron présentait l’offrande pour le peuple, le jeune bouc pour le péché, puis un taureau en holocauste, un bélier en sacrifice de prospérités avec une offrande de gâteau pétri à l’huile. Chaque catégorie de sacrifices lévitiques est ici représentée de la part du peuple. Cela représente Christ dans la plénitude de son oeuvre et de sa personne, aussi bien que de sa grâce.

Les remarques du Dr. Chr. Wordsworth sur ce chapitre, sont lamentables à lire, alors qu’il est pourtant un savant et un homme de bien : «Alors que même Moïse qui avait pourtant servi à consacrer Aaron, ne s’est pas permis d’exercer aucune fonction sacerdotale après cette consécration, il est évident que personne d’autre ne le peut», citant Héb. 5:4, Act. 19:15, Jude 11, Ex. 29:11, Nomb. 16:1-43. Il ne nierait pourtant pas que tous les chrétiens ont libre accès dans les lieux saints par le sang de Jésus, et que tous les saints peuvent maintenant, par Christ, offrir continuellement à Dieu un sacrifice de louange, le fruit des lèvres qui confesse son nom (Héb. 10:19 ; 13:15) ; mais que pourrait-on faire de plus sacerdotal que cela ? Prêcher ou enseigner est une toute autre question, et ne sont ni l’un ni l’autre de l’adoration ou de la sacrificature.

Quand est-ce que les gens laisseront leurs idées préconçues et apprendront que, par la foi de l’évangile et en vertu de la mort de Christ, il y a abrogation du commandement qui a précédé à cause de sa faiblesse et de son inutilité (car la loi n’a rien amené à la perfection) et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu ? (Héb. 7:18-19). Qui, sur la terre, peut s’approcher aussi près de Dieu que le chrétien ? Il y avait autrefois deux barrières en bloquant l’accès : la relative proximité du Juif, extérieurement, et l’éloignement infini de Dieu du pécheur, qu’il soit Juif ou Gentil. Mais par notre Seigneur Jésus Christ, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père par (en) un seul Esprit (Éph. 2:18). Affirmer l’existence d’un sacrificateur terrestre, c’est renier ce privilège riche et essentiel du christianisme, mais tenu pour rien par ceux qui sont séduits par l’idée d’une sacrificature terrestre. «Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur» disait l’apôtre prisonnier. Comment est-ce possible si ce n’est en réalisant que nous avons accès par la foi à cette faveur dans laquelle nous sommes, et que nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu ? (Rom. 5:1-2). Cette faveur est la part de tout chrétien, et dépasse infiniment les privilèges mêmes d’Aaron, et ne laisse plus aucune place pour une sacrificature terrestre intermédiaire entre Dieu et nous.

 

3.3   9:22-24 — Résultats glorieux

Les versets de la fin de ce chapitre 9 ont leur intérêt particulier, après qu’il ait été montré combien la bénédiction du jour à venir et sa manifestation de gloire dépendent du sacrifice de Christ. Mais dans cette occasion, personne n’entrait au dedans du voile, et le sang n’était pas mis dans le lieu très saint, comme au jour des propitiations. Le sang n’était pas porté au-delà de l’autel d’airain. Quand nous arrivons au grand type central de Lévitique 16, c’est le même sang, et son efficacité est la même, mais d’une manière bien plus élevée.

«Et Aaron éleva ses mains vers le peuple et les bénit ; et il descendit après avoir offert le sacrifice pour le péché, et l’holocauste, et le sacrifice de prospérités. Et Moïse et Aaron entrèrent dans la tente d’assignation ; puis ils sortirent et bénirent le peuple : et la gloire de l’Éternel apparut à tout le peuple ; et le feu sortit de devant l’Éternel, et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses ; et tout le peuple le vit, et ils poussèrent des cris de joie, et tombèrent sur leurs faces» (9:22-24).

Au jour des propitiations, il y avait la manifestation de la base du sacrifice avec une solennité toute spéciale. C’était le seul grand jeûne de l’année sainte, un sabbat de repos, où tous en Israël s’abstenaient de toute oeuvre et affligeaient leurs âmes sous peine d’être retranchés. C’était le seul jour de l’année où le souverain sacrificateur entrait dans le lieu très saint, et y mettait le sang du taureau pour lui-même et pour sa maison, et le sang du bouc pour le peuple ; il faisait en même temps propitiation pour le sanctuaire et pour la tente d’assignation. Ensuite venait sa confession des péchés d’Israël sur la tête du bouc vivant, avant de l’envoyer porter ces péchés dans le désert. Le taureau et le bouc égorgés étaient transportés hors du camp, et brûlés au feu.

Dans la première activité sacerdotale d’Aaron après la consécration, selon le récit de notre chapitre, il y avait cette différence remarquable que le sang du sacrifice pour le péché — que ce soit pour le sacrificateur ou pour le peuple — n’était pas porté au-dedans du voile, mais était mis sur les cornes de l’autel (d’airain), et versé à son pied, et on faisait fumer normalement la graisse et le reste, comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse (9:9-10). C’est donc une différence remarquable, non seulement d’avec les ordonnances du jour des propitiations de Lév. 16, mais aussi de celles de Lév. 4 lors du péché du sacrificateur oint (ou souverain sacrificateur) ou de toute l’assemblée. Dans ces autres cas, le sang était aspergé sept fois devant le voile, et était aussi mis sur les cornes de l’autel de l’encens, tandis que le reste du sang était versé au pied de l’autel d’airain.

Tout cela nous enseigne le caractère externe de ce qui était fait au jour où l’Éternel apparut à Israël. C’était fondé sur le sacrifice — il ne pouvait en être autrement. Mais rien ne se passait dans le lieu très saint, comme poser la base de l’expiation, ni dans le lieu saint, comme restaurer la communion interrompue. Il s’agissait simplement de l’acceptation des sacrificateurs et du peuple, sur la base de quoi «Aaron éleva ses mains vers le peuple et le bénit ; et il descendit après avoir offert le sacrifice pour le péché, et l’holocauste, et le sacrifice de prospérités» (9:22). Ces sacrifices sont donc énumérés ici, non pas dans l’ordre selon le point de vue de l’Éternel, en regardant à Christ (comme dans Lév. 1 et suivants), mais selon les besoins de l’homme où le sacrifice pour le péché vient nécessairement en premier, suivi de l’holocauste, avec son offrande de gâteau, et le sacrifice de prospérités achève le rituel (9:8-18, 22). Les deux derniers sacrifices étaient expressément pour le peuple, car Dieu a spécialement égard à ce qui est du domaine plus faible. C’est peut-être pour la même raison que la même phrase insistante de Lév. 6:19 dans la loi du sacrifice pour le péché [«qui l’offre pour le péché»] est employée à la fin du verset 15 [«il l’offrit pour le péché»]. «Il le fit péché».

C’est après cela que «Moïse et Aaron entrèrent dans la tente d’assignation ; puis ils sortirent et bénirent le peuple : et la gloire de l’Éternel apparut à tout le peuple» (9:23). On a ici l’union des dignités royale et sacerdotale, car Moïse a été «roi en Jeshurun» (Deut. 33:5). Ceci eut lieu à l’intérieur de la tente d’assignation, puis fut manifesté à tous. Ce n’était pas comme dans ce jour désastreux où l’homme demanda que Saül fut choisi comme roi selon le coeur de l’homme et l’apparence extérieure (1 Sam. 10:23-24). On n’a pas non plus réellement retrouvé une telle réunion des dignités royale et sacerdotale avant bien longtemps. Mais ici elle était assurée en type par l’Éternel, et attendait son accomplissement en Christ pour la terre dans un jour qui approche rapidement. «Et tu lui parleras, disant : Ainsi parle l’Éternel des armées, disant : Voici un homme dont le nom est Germe, et il germera de son propre lieu, et il bâtira le temple de l’Éternel. Lui, il bâtira le temple de l’Éternel, et il portera la gloire, et il s’assiéra, et dominera sur son trône, et il sera sacrificateur sur son trône ; et le conseil de paix sera entre eux deux» (Zach. 6:12-13).

Combien il était bien opportun qu’à ce moment-là «le feu sortit de devant l’Éternel, et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses» (9:24). «L’Éternel, c’est Lui qui est Dieu, l’Éternel, c’est Lui qui est Dieu» (1 Rois 18:39) s’écria le peuple au jour de leur apostasie idolâtre quand Dieu répondit par le feu, selon le même signe qu’en Lév. 9. Christ est le vrai Melchisédec et régnera sur la terre en justice et paix. La jalousie de l’Éternel des armées fera cela (2 Rois 19:31 ; Ésaïe 9:7 ; 37:32), car le conseil de paix est entre Eux deux (Zach. 6:13).

Ce que les sacrificateurs de Baal ne réussirent pas à faire au jour d’Élie, la seconde Bête, ou Antichrist, pourra le faire, au moins «devant les hommes» (Apoc. 13:13) ; ce feu descendu du ciel sera l’un des signes fait devant la première Bête (Apoc. 13:12), la Bête impériale séduisant tous ceux qui habitent la terre ! Ce sera la période brève de la grande colère du diable, quand il n’y aura plus ni ce qui retient ni celui qui retient (2 Thes. 2:6, 7).

 

 

4                        Lévitique 10

4.1   10:1-3 — La faute et le jugement de la sacrificature

4.1.1        L’homme aboutit à la ruine

Nous arrivons maintenant à une crise majeure en Israël, la ruine complète de la sacrificature devant Dieu, même si, dans sa longanimité, Dieu les supportera encore longtemps, comme par exemple en Exode 32 où on voit la ruine du peuple avec, en tête, Aaron lui-même.

Voilà hélas, l’histoire humiliante de l’homme faillissant partout dès le départ. C’est ce qui a lieu au Paradis d’Éden avec Adam et Ève, dans l’innocence et placés dans un environnement entièrement bon. Mais le serpent les tenta par le moyen du vase plus faible (1 Pierre 3:7), et les deux tombèrent par incrédulité à l’égard de Dieu et de Sa parole.

Par un autre chemin de honte, Noé tomba malgré toute la miséricorde qui lui avait été manifestée à travers le déluge, ainsi qu’à sa famille. Gouverneur d’une terre renouvelée par le sacrifice, il manqua à se gouverner lui-même, et devint un objet de honte et de pitié pour les uns, de moquerie pour d’autres — en l’occurrence son proche parent, ignoble et abject.

Faut-il encore mentionner les fautes des patriarches, ou des fils d’Israël ? L’Écriture ne met-elle pas en lumière la triste négligence des rois, non seulement le premier déjà, mais aussi les plus honorables, David et Salomon ? La patience divine continua à montrer son support jusqu’à ce qu’il n’y eût «plus de remède» (2 Chr. 36:16). Si le pouvoir mondial fut retiré au peuple de Dieu quand il cessa pour un temps d’être reconnu comme tel, et qu’il fut donné aux Gentils, que devinrent la tête d’or, la poitrine d’argent, le ventre et les cuisses d’airain, les jambes de fer avec les pieds de fer et d’argile ? (Dan. 2). Moralement n’ont-ils pas été considérés comme «quatre grandes bêtes» (Dan. 7:3), comme des empires sans intelligence de Dieu ni dépendance de Lui ?

 

4.1.2        Christ l’homme parfait

Le Second Homme [Christ ; 1 Cor. 15:17] forme un heureux contraste avec eux tous et à tous égards. À la fois Fils de l’homme et Ancien des jours (Dan. 7:9, 13) comme le montre Apoc. 1, Il aura plus tard la domination et la gloire et le royaume, pour que tous les peuples, nations et langues Le servent comme jamais aucun dirigeant mondial ne l’a été, et cette domination éternelle ne passera pas (Dan. 7:13-14). C’est Lui que l’Éternel établira roi sur Sa sainte montagne de Sion (Ps. 2:6, 7), le fils de David plus grand que le grand David (Matt. 22:43-45) ; Il n’a jamais agi avec fausseté envers l’Éternel, en aucune chose, petite ou grande, et Il jugera avec droiture, abattant les cornes des méchants et élevant les cornes des justes (Ps. 75:2, 10). C’est encore Lui qui bâtira le temple de l’Éternel et sera sacrificateur sur son trône, et le conseil de paix sera entre Eux deux (Zach. 6:12-13). Le gouvernement sera sur son épaule (És. 9:6), car Il n’a fait aucune violence et il n’y a pas eu de fraude dans sa bouche (És. 53:9). Contrairement à Adam dans son péché, Il a entièrement vaincu le Serpent au désert alors qu’Il était sans nourriture depuis quarante jours. Il a commencé et achevé Son service public sans faute, sans souillure, sans écart, quelle que soit sa souffrance, même la plus extrême sous le jugement de Dieu contre nos péchés à la croix : tout a été pour la gloire de Dieu, une manifestation parfaite de l’amour divin et son résultat infini pour des perdus tels que nous.

Laissons maintenant notre adorable Seigneur, et revenons aux sacrificateurs juste après leur consécration.

 

4.1.3        10:1-2 — le feu étranger

«Et les fils d’Aaron, Nadab et Abihu, prirent chacun leur encensoir, et y mirent du feu, et placèrent de l’encens dessus, et présentèrent devant l’Éternel un feu étranger, ce qu’il ne leur avait pas commandé. Et le feu sortit de devant l’Éternel, et les dévora, et ils moururent devant l’Éternel. Et Moïse dit à Aaron : C’est là ce que l’Éternel prononça, en disant : Je serai sanctifié en ceux qui s’approchent de moi, et devant tout le peuple je serai glorifié. Et Aaron se tut» (10:1-3).

La grâce venait juste d’opérer merveilleusement par la justice (Rom. 5:21). Aucune marque d’acceptation du sacrifice ne pouvait se comparer à ce que l’Éternel avait donné : il n’y avait pas seulement eu la gloire de l’Éternel apparaissant à tout le peuple, mais du feu était descendu de devant l’Éternel et avait consumé l’holocauste et la graisse sur l’autel ; tous ceux qui l’avaient vu avaient poussé des cris de joie et étaient tombés sur leurs faces. Qui devait, plus que tout autre, être sensible à une pareille marque de la grâce de l’Éternel ? Les sacrificateurs, bien sûr ! Or à ce moment-là, c’est justement eux qui firent la preuve de l’incrédulité et de l’ingratitude de leurs coeurs. Les fils aînés d’Aaron prirent chacun leur encensoir, et y mirent du feu, et placèrent de l’encens dessus, «ce qu’il ne leur avait pas commandé». Quel mépris du feu de Dieu lui-même ! C’était une insulte à ce que Dieu avait accordé et au sacrifice consumé par ce feu. Un feu étranger, du feu de nature ordinaire, pouvait-il suffire pour l’encens dans le sanctuaire ? C’était une insouciance profane, et de l’indifférence sans coeur à l’égard de la faveur et de la gloire de l’Éternel.

Caïn a été le premier dans ce «chemin» mauvais, objet du solennel avertissement de Jude (v. 11) dans le «malheur» qu’il a prononcé contre la chrétienté. Mais Caïn agissait dans un état naturel. Les sacrificateurs de Lév. 10, eux, n’étaient pas proprement sous la loi, mais plutôt sous la grâce à cause du caractère du sacrifice qui venait d’être offert, au moins en type ; et les circonstances étaient bien propres à inspirer la plus grande frayeur. Pourtant, Nadab et Abihu tournèrent le dos à l’holocauste en train d’être consumé par le feu de l’Éternel, et prirent la liberté de faire fumer l’encens sans liaison avec les ressources que l’Éternel venait de fournir, ni avec le sacrifice qui seul peut permettre à l’homme d’être agréé par expiation. Si les lèvres des sacrificateurs devaient garder la connaissance (Mal. 2:7), combien plus devaient-ils s’approcher avec révérence et avec crainte ! (Héb. 12:28). Était-ce cela la sacrificature de l’Éternel, son commencement, sa portée et sa signification ? Or le Dieu d’Israël, notre Dieu, est un feu consumant (Héb. 12:29). «Il sortit du feu de devant l’Éternel et les dévora, et ils moururent devant l’Éternel» (10:2). Leur jugement a été immédiat et définitif ; toute cette scène était d’autant plus redoutable qu’elle avait lieu en face de Sa grâce régnant par la justice (Rom. 5:21) manifestée par un signe opéré devant tout le peuple.

La grâce n’a jamais été un moyen de