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Les derniers types du Lévitique
Exposé sur Lévitique ch. 24 à 27
William Kelly
Table des matières :
1.1 24:1-9 — Les devoirs du sanctuaire
1.1.1 Approvisionnement continuel du chandelier et de la table
1.1.2 Christ, lumière par l’Esprit
1.2 La table des pains de proposition — 24 :5-9
1.3 Résumé — Conclusion sur 24 :1-9
1.4 24:10-23 — Le blasphème jugé avec d’autres formes de mal
2 Chapitre 25 — Le pays et le but de l’Éternel quant à la terre
2.1 25:1-7 — L’année sabbatique
2.2 25:8-13 — L’année du jubilé
2.3 25:14-17 — Le Jubilé, critère de valeur
2.4 25:18-24 — Les incitations à l’obéissance dans le pays
2.5 25:25-28 — Le droit de rachat
2.6 25:29-34 — La maison d’habitation
2.7 25:35-38 — Le frère pauvre tombé en décrépitude
2.8 25:39-46 — Le frère pauvre vendu
2.9 25:47-55 — Le frère pauvre se vendant à l’étranger qui s’est enrichi
2.10 25:55 — Conclusion sur le Jubilé
3.1 26:1-13 — L’alliance avec Moïse et celle avec les pères
3.2 26:14-26 — Le châtiment des violations de l’alliance
3.3 26:27-39 — Des maux encore plus rigoureux sur le peuple et sur le pays
3.4 26:40-46 — Israël repentant — l’Éternel se souvient de Son alliance avec leurs pères
4.1 27:1-8 — Les vœux personnels
4.2 27:9-15 — La consécration de bêtes ou de maisons
4.3 27:16-25 — Le champ voué, sanctifié à l’Éternel
4.4 27:26-34 — Ordonnances finales
Après les Fêtes, voici une nouvelle partie de ce troisième livre de Moïse, que nous nous proposons de considérer. C’est un ensemble de questions assez variées non encore traitées dans ce livre.
Les premiers mots traitent de l’approvisionnement continuel du chandelier et de la table devant l’Éternel.
«Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Commande aux fils d’Israël qu’ils t’apportent de l’huile d’olive pure, broyée, pour le luminaire, afin de faire brûler la lampe continuellement. Aaron l’arrangera devant l’Éternel, continuellement, du soir au matin, en dehors du voile du témoignage, dans la tente d’assignation : c’est un statut perpétuel en vos générations ; il arrangera les lampes sur le chandelier pur, devant l’Éternel, continuellement.
Et tu prendras de la fleur de farine, et tu en cuiras douze gâteaux : chaque gâteau sera de deux dixièmes ; et tu les placeras en deux rangées, six par rangée, sur la table pure, devant l’Éternel, et tu mettras de l’encens pur sur chaque rangée ; et ce sera un pain de mémorial, un sacrifice par feu à l’Éternel. Chaque jour de sabbat on les arrangera devant l’Éternel, continuellement, de la part des fils d’Israël : c’est une alliance perpétuelle. Et cela appartiendra à Aaron et à ses fils, et ils le mangeront dans un lieu saint ; car ce lui sera une chose très-sainte d’entre les sacrifices de l’Éternel faits par feu : c’est un statut perpétuel» (24:1-9).
Il est important que nous sentions ce qui incombe, de la part de Dieu, à Ses enfants, et ce qu’Il attend d’eux, car Il ne saurait être indifférent à Son honneur et à leur bénédiction. C’est ce dont il s’agit ici avec Son peuple. Quel privilège et quelle responsabilité pour les fils d’Israël ! Ils ne pouvaient pas entrer dans le lieu saint : les couvertures ou le rideau le leur interdisaient, sauf pour les sacrificateurs. Mais la charge de fournir l’huile d’olive pure, broyée, pour le luminaire du sanctuaire, en dehors du voile du témoignage, reposait sur tous les fils d’Israël, afin de faire brûler la lampe continuellement.
La signification de ce type est évidente. Cette lumière était la manifestation de Dieu en Christ, qui est la vraie Lumière (Jean 1:9). Il était la lumière quand Il est venu dans le monde, qui gisait dans les ténèbres (Matt. 4:10) ; Il était la lumière des hommes ; Il a fait briller Sa lumière sur chaque homme. Sur ce point, les Pères de l’Église sont autant dans les ténèbres que les Quakers (ou : «Amis») ; car rien n’est plus absurde que de prétendre que tout homme est illuminé intérieurement. Au contraire, tous les hommes en tant que tels, sont encore ténèbres : c’est ce que l’apôtre déclare même des élus, dans leur état naturel (Éph. 5:18). Ces ténèbres spirituelles sont même si terribles que la présence de la lumière divine ne les a pas dissipées, contrairement à ce qui se passe dans le domaine de la nature physique où les ténèbres disparaissent devant la lumière : les ténèbres de l’homme n’ont pas compris la lumière (Jean 1:5). Il est important de voir que c’est à Sa venue dans le monde que la lumière a ainsi manifesté tout homme. La traduction de Jean 1:9 par la version autorisée du roi Jacques, est fausse grammaticalement et dogmatiquement. Cette version donne : «C’était la vraie lumière qui éclaire tout homme qui est venu[e] dans le monde» au lieu de «la vraie lumière était celle qui, venant dans le monde, éclaire toute homme» (version JND). Si la version autorisée du roi Jacques de Jean 1:9 est prise telle quelle, il faudrait un autre mot pour dire que c’est la lumière qui est venue ; si on remplace «qui est venu[e] dans le monde» par «en venant dans le monde», ce v. 9 n’a de la valeur que s’il est appliqué à Christ ; appliqué à l’homme, la proposition n’apporte rien sauf la notion étrange que l’homme est illuminé quand il vient dans le monde, ce qui n’a guère de sens.
Dans notre passage de Lév. 24:2, il s’agit de la même lumière, mais non pas pareille à ce qu’Il était — lumière du monde — lorsqu’Il était sur la terre. Il est la lumière brillant dans le sanctuaire, la lumière de Dieu pour ceux qui ont le droit, comme sacrificateurs, d’entrer dans ce sanctuaire pendant que les ténèbres enveloppent le peuple qui a rejeté Christ. Car comme il nous est dit en détail au v. 3 : «Aaron l’arrangera devant l’Éternel, continuellement, du soir au matin… dans la tente d’assignation». C’est la fonction du souverain sacrificateur (et nous savons qui est Celui qui agit ainsi comme tel dans le ciel), non dans les lieux saints faits de main ou dans les figures des lieux saints (Héb. 9:24), mais dans la réalité d’une sacrificature présente. Nous savons aussi ce que signifie l’huile qui fait brûler la lampe. C’était le Saint Esprit donné sans mesure. C’était dans cet Esprit que le Seigneur a rencontré le tentateur ; c’est dans cet Esprit qu’Il fut oint pour Son service de toute nature (Matt. 3:16 ; Actes 10:38) ; c’est dans cet Esprit qu’Il s’est offert Lui-même sans tache à Dieu (Héb. 9:14). Ainsi aussi fut-Il ressuscité d’entre les morts (*). Une fois ressuscité, c’est par Son Esprit qu’il donna des ordres aux apôtres qu’Il avait choisis (Actes 1:2). L’Apocalypse parle de Lui comme ayant les sept esprits de Dieu, non seulement dans ses relations avec les églises (Apoc. 3:1), mais en vue de la crise de jugement qui suivrait, pour introduire et diriger le royaume du monde (Apoc. 4:5). Dans la perfection de Son incarnation, Il n’a jamais parlé ou agi autrement que par l’Esprit, alors que nous, qui pourtant avons le même Esprit, manquons si souvent et si tristement. Ici en Lév. 24:2, nous L’avons sous l’image du chandelier dispensant la lumière d’en haut.
(*) note Bibliquest : dans certaines version, le « à cause de son Esprit » de Rom. 8 :11 est traduit par « par son Esprit »
Ici encore, la table pure avec ses douze pains de fine fleur de farine représente Christ comme la nourriture céleste des sacrificateurs, Lui qui était aussi la manne descendue pour le peuple sur la terre. Et comme la plénitude spirituelle était bien représentée par les sept lampes du chandelier, ainsi les douze pains indiquent la plénitude humaine ou administrative de Christ. Il est facile de voir le même principe en Israël, dans les douze apôtres, et dans les résidus d’Israël et de Juda dans l’Apocalypse (ch. 7 et 14), et dans les portes de la sainte cité de Jérusalem descendant du ciel d’auprès de Dieu (Apoc. 21). Jésus était aussi le pain de vie comme homme (Jean 6) ; et si Israël ne le voit pas encore ainsi, pas plus qu’il ne le voit comme la lumière du ciel, nous qui, par grâce, avons été faits sacrificateurs, nous jouissons des deux, du pain de vie et de la lumière du ciel. Car quelle nourriture ne trouvons-nous pas dans cet Homme glorifié que nous connaissons maintenant et dont nous nous nourrissons (2 Cor. 5:16, 17) ?
N’oublions pas non plus de tenir compte de l’encens pur (24:7), maintenant sur la terre, qui sert de mémorial, de rappel que nous sommes agréés dans toute la grâce de Christ, et de parfum devant Dieu.
Le sabbat est également introduit ici (24:8) comme il l’était en Exode 16 juste après la manne (présentation historique). C’est de Christ que dépend le repos pour nous, non pas de l’Esprit habitant en nous, qui est notre aide et notre puissance ; mais Lui, Christ, est notre paix devant Dieu. Seuls les sacrificateurs se nourrissent ainsi de Lui, et eux seuls le font dans un lieu saint. «Car ce lui sera une chose très-sainte d’entre les sacrifices de l’Éternel faits par feu» (24:9) : un statut perpétuel, comme l’était l’ordonnance touchant le chandelier, tous deux figures de Christ dans la présence de Dieu.
Si nous croyons au témoignage de Dieu, nous ne manquerons pas de voir combien la provision de Sa grâce en Christ est riche aussi bien qu’adaptée à nos besoins et à notre condition. Quand nous étions dehors, dans la folie et la misère du péché, la miséricorde nous a rencontrés, s’adaptant à une indigence aussi extrême que la notre ; et en vérité, nous avons besoin de tout ce qui est bon, étant méchants et prenant plaisir au mal, mais ayant honte, componction et remords. La bonté de Dieu nous a conduit à la repentance (Rom. 2:4). La grâce de Christ, tout en nous montrant notre état ruiné et coupable, nous attire et nous gagne pour Dieu, par Sa souffrance pour nos péchés.
Ainsi introduits dans la paix de la lumière céleste, nous apprenons tout d’abord, à notre émerveillement, que nous sommes faits sacrificateurs pour Dieu (1 Pierre 2), et considérant ce que Christ est et ce que nous sommes, ceci est plus merveilleux que d’être faits rois, ce qui est aussi notre part. C’est là que, rendus libres dans le vrai Sanctuaire, nous avons la joie et la bénédiction de Christ comme sa lumière dans toute sa plénitude. C’est là aussi qu’il est pourvu en grâce à la nourriture et au rafraîchissement du nouvel homme : la table d’or, qui représente Christ, est garnie d’une plénitude de réserve de nourriture céleste ; voilà ce qui est fourni à ceux que la grâce a appelés dans cette place de proximité devant Lui. Ce n’est pas ce qui est appelé «le mystère concernant Christ et concernant l’Assemblée» (Éph. 5:32) ; mais c’est une part précieuse du privilège chrétien qui l’accompagne, et que nous fait connaître l’épître aux Hébreux et la première épître de Pierre.
En contraste frappant avec ce que Dieu a pourvu pour que la pleine lumière de Christ brille sans interruption dans le sanctuaire durant la nuit, jusqu’au matin sans nuages, et en rapport avec la promesse de la bénédiction pour tout Israël, voici l’insulte publique à l’Éternel, qui est rapportée avec Son jugement à son égard.
«Et le fils d’une femme israélite (mais il était fils d’un homme égyptien), sortit parmi les fils d’Israël ; et le fils de la femme israélite et un homme israélite se battirent dans le camp ; et le fils de la femme israélite blasphéma le Nom et le maudit ; et on l’amena à Moïse. Or le nom de sa mère était Shelomith, fille de Dibri, de la tribu de Dan. Et on le mit sous garde, afin de décider de son sort, selon la parole de l’Éternel. Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Fais sortir hors du camp celui qui a maudit ; et que tous ceux qui l’ont entendu posent leurs mains sur sa tête, et que toute l’assemblée le lapide. Et tu parleras aux fils d’Israël, en disant : Tout homme qui aura maudit son Dieu, portera son péché ; et celui qui blasphémera le nom de l’Éternel sera certainement mis à mort : toute l’assemblée ne manquera pas de le lapider ; on mettra à mort tant l’étranger que l’Israélite de naissance, lorsqu’il aura blasphémé le Nom. Et si quelqu’un a frappé à mort un homme, il sera certainement mis à mort. Et celui qui aura frappé à mort une bête, fera compensation, vie pour vie. Et si un homme a causé quelque mal corporel à son prochain, il lui sera fait comme il a fait : fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent ; selon le mal corporel qu’il aura causé à un homme, ainsi il lui sera fait. Celui qui frappera [à mort] une bête, fera compensation pour elle, et celui qui aura frappé [à mort] un homme, sera mis à mort. Il y aura une même loi pour vous : il en sera de l’étranger comme de l’Israélite de naissance ; car moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Et Moïse parla aux fils d’Israël, et ils firent sortir hors du camp celui qui avait maudit, et le lapidèrent avec des pierres. Et les fils d’Israël firent comme l’Éternel avait commandé à Moïse» (24:10-23).
La première partie de ce chapitre est un type évident de Christ, non seulement comme lumière des lieux célestes, pendant la nuit sombre pour Israël sur la terre, mais aussi la garantie de la perfection des douze tribus, par la grâce de Christ. Dans ces v. 10 à 23, nous n’avons pas l’ombre des choses bénies à venir, mais le triste fait que, pendant ce temps, le nom de l’Éternel est blasphémé sur la terre, précisément là où il y avait la responsabilité d’être un témoignage en révérence, justice et vérité. L’exemple vient là, hélas ! d’un homme d’Israël selon la chair, fils d’une mère israélite et d’un père égyptien : une union profane, dont le fruit avilit le saint Nom. Sans doute, toute chair est comme l’herbe ; mais Israël devait être saint à l’Éternel, et certainement, l’union du mariage est le pas le plus lourd de conséquences qu’une femme (symbole d’un état) prend dans la vie, selon la nature. Or Shelomith s’était mariée à un Égyptien, membre de ce monde oppresseur d’où Israël avait été tiré à main forte par l’Éternel.
Il ne s’agit pas de ce péché de l’idolâtrie, pour lequel ils ont été chassés de leur pays et transportés en Assyrie, ou à Babylone dans le cas de la tribu royale devenue apostate. Ici, c’est un défi, une malédiction contre le vrai Dieu, un blasphème contre l’Éternel. Ceci s’est répété dans toute sa force quand, sevré entre-temps des idoles, le peuple a méprisé et blasphémé le Nom de leur Messie, Lui-même étant aussi l’Éternel, leur Dieu. En conséquence de quoi ils ont été livrés, comme nation, à une captivité pire que celle de Babylone. Ils sont sous le jugement de Celui qu’ils ont avili, et la colère est venue sur eux au dernier terme (1 Thess. 2:16).
C’est pourquoi, comme ils ont méprisé Celui qui a souffert pour les péchés, tous leurs autres péchés, comme dans les versets 17 à 22, se lèveront contre eux. Ils n’ont pas même le remède temporaire du sang de veaux et de boucs (Héb. 9:12-13) offerts pour leurs transgressions. Ils n’ont, au regard du juste jugement de Dieu, ni roi ni prince, ni sacrifice ni statue, ni éphod ni théraphim (Osée 3:4). Mais la réalité céleste, Christ mort mais maintenant ressuscité, entré dans le tabernacle qui n’est pas fait de mains (Héb. 9:11), est le gage certain qu’ils retrouveront bien plus que tout ce qu’ils ont perdu : cela leur sera fourni par l’Éternel selon Sa bonté qui demeure à toujours, quand ils diront : Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur (Matt. 23:39). Car ils se repentiront certainement, selon la promesse de la grâce divine, et ils se retourneront, pour que leurs péchés soient effacés ; pour que viennent les temps de rafraîchissement de devant la face du Seigneur (Actes 3:19), et qu’Il envoie le Messie qui a été préordonné pour eux (Actes 3:20). Il est maintenant dans le Sanctuaire en-haut ; les cieux L’ont reçu après l’achèvement de Son œuvre expiatoire, jusqu’aux temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par Ses prophètes depuis le commencement du monde (Actes 3:21). La sécurité est en haut, où seul l’œil de la foi peut aller ; et elle ne défaille point devant Dieu, et attend le moment où sera achevé le rassemblement de toutes les nations, et aussi d’Israël, pour rejoindre le Seigneur en l’air. Puis les relations renouvelées reprendront pour former un résidu pieux parmi les Juifs, Ses missionnaires pour prêcher l’évangile du royaume à toutes les nations avant que la fin n’arrive ; alors le jour du Seigneur viendra pour le jugement des vivants par toute la terre habitée, et Il régnera sur Israël en la montagne de Sion, pour toujours, c’est-à-dire tant que la terre subsistera.
Les Fêtes ont exposé le cycle complet du propos divin et des voies de Dieu menant à son accomplissement, etc. (ch. 23). Le chapitre 24 présente, en deux volets remarquables et concis, la lumière sacerdotale brillant en permanence dans le Sanctuaire, quelles que soient les ténèbres enveloppant temporairement Israël, à sa honte, à cause de sa rébellion et de ses blasphèmes à l’égard de Son Nom. Ceci est illustré de façon vivante, dans le même chapitre, par le fruit d’un mariage mixte et le châtiment impitoyable qui l’a atteint. Avec le ch. 25 et l’année sabbatique au bout de sept ans, et le jubilé au bout de sept fois sept ans, nous avons le gage de l’Éternel que Sa bonté demeure à toujours, tant pour Son pays que pour Son peuple, comme il est écrit en Deut. 32:43 : «Car il vengera le sang de ses serviteurs, et il rendra la vengeance à ses adversaires, et il pardonnera à sa terre, à son peuple».
La pensée de l’Éternel est de bénir toutes les familles de la terre en Abraham et en sa semence, le vrai Fils (non l’image) mort et ressuscité ; c’est ainsi que l’apôtre pouvait justifier, par la première proposition, l’évangile annoncé à toute créature (Gal. 3), ceux qui croient d’entre les Gentils se réjouissant avec l’Israël de Dieu, et toutes ces distinctions charnelles ayant disparu dans l’Église. Mais pour arriver à l’accomplissement de ce propos de l’Éternel envers Israël et les nations comme un tout, il faut encore attendre le jour de l’Éternel (ou jour du Seigneur) ; après que les jugements inexorables auront atteints Israël et les nations, et par-dessus tout la Chrétienté apostate, alors le Crucifié, Jah le Sauveur, régnera sur toute la terre. En ce jour, il y aura un seul Éternel, et Son nom sera un (Zach. 14:9), toutes les idoles étant jetées aux rats et aux chauves-souris (És. 2:20). De plus, bien que la grâce ne manquera pas de bénir les nations, y compris l’Égypte (l’ancien oppresseur) et l’Assyrie (instrument du châtiment de son idolâtrie), Israël sera encore l’héritage particulier de l’Éternel (És. 20:24-25). Aucun autre peuple n’est saint et agréable ici-bas. Pendant le temps de la nuit pour Israël, ce sont les chrétiens qui, comme les fidèles anciens d’autrefois (Juges 2:7), peuvent voir un pays meilleur, c’est-à-dire céleste ; et ils ne le voient pas comme quelque chose de lointain, mais eux-mêmes sont approchés et illuminés de la lumière de Christ, leur vie, connu bien plus complètement par la grâce souveraine. Quelqu’un en douterait-il un seul instant, en présence du Nouveau Testament et avec l’Esprit Saint qui nous a été donné ? Il ne faut pas s’étonner que les enfants de Dieu soient tristes lorsqu’ils ont des notions si déficientes (pour ne pas dire plus), et qu’ils sont occupés outre mesure du mal de la créature, perdant par là la jouissance du bien spirituel ; car quels que soient l’opprobre et la souffrance, nous sommes plus que vainqueurs en Celui qui nous a aimés (Rom. 8:37).
Les Juifs sont dans leur second exil, beaucoup plus long à cause de leur haine aveugle pour leur Messie, celui de l’Éternel. Mais ils chanteront encore : «La fondation qu’il a posée est dans les montagnes de sainteté. L’Éternel aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob. Des choses glorieuses sont dites de toi, cité de Dieu» (Ps. 81:1-3). À ce moment-là, Dieu aura jugé la cause des saints, des apôtres et des prophètes (Apoc. 18:20) en exerçant ses jugements sur la cité corrompue et livré à la confusion (*), qui a si longtemps ébloui les yeux des superstitieux comme étant faussement la ville éternelle ; cette cité sera ainsi réservée pour le feu de Dieu, et sa fumée montera aux siècles des siècles, et la terre et les cieux s’en réjouiront (Apoc. 18:20 ; 19:2-3). Ni Londres ni Paris, ni Berlin ni Vienne, ni même Moscou, n’ont en aucune manière revendiqué un titre sacré. Il est assez facile de comprendre que les marchands prospères, les soldats, et les scientifiques, pensent autrement ; mais que valent les opinions de l’homme ? L’herbe flétrit, la fleur se fane ; mais la parole de notre Dieu demeure à toujours (1 Pierre 1:24-25). Et le chrétien peut le dire avec un accent et une joie encore inconnus des Juifs — pour autant qu’il connaisse son appel céleste — dans l’attente que le Seigneur le reçoive vers Lui pour la gloire céleste et pour régner sur la terre dans ce jour-là.
(*) Note Bibliquest : il s’agit de Babylone / Rome
«Et l’Éternel parla à Moïse, sur la montagne de Sinaï, disant : Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, le pays célébrera un sabbat à l’Éternel. Pendant six ans tu sèmeras ton champ, et pendant six ans tu tailleras ta vigne, et tu en recueilleras le rapport ; et la septième année, il y aura un sabbat de repos pour le pays, un sabbat [consacré] à l’Éternel : tu ne sèmeras pas ton champ, et tu ne tailleras pas ta vigne. Tu ne moissonneras pas ce qui vient de soi-même de ta moisson [précédente], et tu ne vendangeras pas les grappes de ta vigne non taillée : ce sera une année de repos pour le pays. Et le sabbat du pays vous servira de nourriture, à toi, et à ton serviteur, et à ta servante, et à ton homme à gages et à ton hôte qui séjournent chez toi, et à ton bétail et aux animaux qui seront dans ton pays : tout son rapport servira de nourriture» (25:1-7).
Voici maintenant l’édit le plus étrange que le monde ait jamais vu imposer à un peuple. Tout despote qu’il ait été, Nébucadnetsar n’aurait jamais osé l’imposer, pas plus que Cyrus le Perse, ni Alexandre. Jules César et son neveu, l’empereur Auguste, l’auraient considéré comme de la folie furieuse. L’Éternel l’établit comme une chose naturelle pour un peuple mis à part pour Lui, et Il l’a prononcé au tout début de leur voyage dans le désert. Il est en effet indiqué que cette instruction fut donnée à Moïse au mont Sinaï, d’où ils partirent au début de la seconde année ; c’est alors qu’Il leur parla de leur arrivée dans le pays promis, bien qu’auparavant, à cause de leur folie pécheresse, il fallait l’écoulement de tant d’années jusqu’au remplacement complet de la génération rebelle par une autre génération (cf. Nombres 15:2 et 14:32-35). Dieu connaissait la fin depuis le commencement, et Il avait communiqué aux Siens ce qu’il était bon pour eux de savoir (laissons la «haute critique» — si mal nommée — mépriser ces passages comme elle veut). L’Éternel n’a jamais non plus manqué de fournir effectivement les moyens extraordinaires mis à leur disposition selon les versets 21, 22. Il leur donnait — tandis qu’Israël obéissait — le produit de trois ans au bout de six ans, pour traverser non seulement la sixième année, mais l’année sabbatique et la huitième année, jusqu’à ce qu’ils sèment et attendent la moisson. C’était donc l’exercice constant de la puissance et de la bonté divines envers le peuple qu’Il encourageait ainsi à Lui faire confiance et à L’honorer. Mais sous Sa direction et Son autorité, Israël devint vite rétif, et arrangea tout pour être «comme toutes les nations», s’entichant à la folie de dieux étrangers, pire que tout autre. Ils rétrogradèrent, violèrent l’alliance et ainsi empêchèrent que l’Éternel n’accomplisse les merveilles à Sa charge dans ces instructions ; s’Il l’avait fait, Il se serait déshonoré.
Le sabbat était d’un profond et saint intérêt, dès le début. C’était le repos de Dieu à l’achèvement de la création ; mais l’homme a péché et n’a pu entrer dans ce repos. Le sabbat a réapparu dans les relations de Dieu en grâce avec Israël avant le Sinaï, où il fut signalé juste après le don de la manne, comme un type du repos suivant le pain vivant descendu du ciel (Exode 16:23-31). Mais Israël n’apprécia pas ce pain de Dieu, convoita pour avoir de la chair à manger, se confia dans sa capacité humaine (Exode 19:8) à garder la loi qui incorporait le sabbat sous forme de commandement divin (Exode 20:8-11). Le sabbat devint un signe pour Israël, un signe de Dieu, celui du repos pour la foi, chaque fois que Dieu introduisait un principe nouveau dans le grand livre de la rédemption, l’Exode. Mais Israël méprisa et ignora Ses sabbats, bien que chaque semaine se terminât par un sabbat, et que le premier mois en eût un de plus auquel la mort du Messie donnait une importance des plus solennelles ; il y avait sept sabbats jusqu’à la Pentecôte ; et le septième mois parlait encore plus ouvertement de sabbat, avec son Jour des Propitiations, sa fête des Tabernacles, et ses premier et huitième jours si extraordinaires. L’année sabbatique était comme une grande déclaration continuant ce qui précède, assez grande pour être lue et vue par tous les hommes. Elle mettait l’accent sur le pays : c’était «une année de repos pour le pays» (25:5), dont l’Éternel était le propriétaire, et Israël les locataires selon Sa volonté à Lui seul.
Oh, si Son peuple avait prêté l’oreille, et si Israël avait marché dans Ses voies ! Mais ils n’ont rien voulu de Lui, et cela a été leur ruine, aujourd’hui pire que jamais, mais pas pour toujours. Non : le pays est à Lui, et Il le leur redonnera, non plus sous condition de leur fidélité envers Lui, mais sur la base de Sa fidélité envers eux en grâce, — quand ils seront vraiment brisés, et qu’ils sentiront que seule la miséricorde peut répondre à leur péché et à leur ruine, et peut convenir à Sa grâce et à Sa vérité comme leur Dieu Sauveur. Les droits de Dieu demeurent pour la foi quand l’homme, le peuple choisi lui-même, a perdu par le péché toute prétention à avoir un droit quelconque. Il est vrai que le dernier chapitre de l’histoire des Juifs loin du vrai Dieu et de Son Oint doit être une tribulation sans pareille ; hélas ! ils seront alors assujettis à l’Antichrist, l’homme de péché, et ce temps sera celui de «la détresse de Jacob ; mais il en sera sauvé» (Jér. 30:7). Oui, l’Éternel sera miséricordieux envers Son pays, envers Son peuple.
L’année sabbatique était aussi marquée par la libération d’un frère devenu serviteur d’un Israélite : combien d’anomalies qui n’auront leur fin que lorsque le Messie viendra et règnera ! Or, pendant les jours mauvais où les uns sont faibles et fautifs, et les autres en profitent par égoïsme, voilà justement dans ce pays-là, le signe du temps favorable à venir, le signe de Celui qui est compétent pour abattre tous les ennemis. Mais sans attendre ce temps-là, l’Éternel insistait auprès de tous ceux qui tenaient compte de cette loi, qu’après six ans de service, l’esclave hébreu puisse revendiquer la liberté. «Dans la septième année, tu le laisseras aller libre» (Ex. 21:2 ; Deut. 15:12) ; de plus, quand on le libérait, il ne fallait pas le «renvoyer à vide». La loi n’a rien amené à la perfection (Héb. 7:19) ; mais elle était un contrôle juste, bon et saint, sur l’homme. Ce n’était pas Christ avec la rédemption, ni l’Esprit avec le nouvel homme ; les néo-critiques qui se plaignent que les choses d’alors n’étaient pas au niveau chrétien, ne font que trahir leurs mauvaises intentions et leur ignorance.
La septième année, ou année sabbatique, était aussi la relâche (ou rémission) de l’Éternel pour les Hébreux insolvables (Deut. 15:1-15). Il est beau et touchant de voir le législateur inspiré faire un appel aux cœurs de ceux qui avaient, en faveur du frère pauvre qui n’avait pas. Cet effacement généreux des dettes de l’année manifestait tellement la libéralité de l’Éternel envers Son peuple en dépit de ses tristes et fréquents manquements : c’était une expression claire de la pensée divine.
Le peuple de Dieu faisait l’objet d’encore un autre soin de la sagesse divine : «au bout de sept ans, au temps fixé de l’année de relâche, à la fête des tabernacles, quand tout Israël viendra pour paraître devant l’Éternel, ton Dieu, au lieu qu’il aura choisi, tu liras cette loi devant tout Israël, à leurs oreilles» (Deut. 31:10, 11). Il était donc pourvu, de façon admirable, à ce que (sauf empêchement dû à la méchanceté rebelle) tout Israélite, hommes, femmes, et enfants, «et l’étranger qui est dans tes portes», entende et observe, pour faire toutes les paroles de cette loi.
Mais de même que l’incrédulité conduisait à l’idolâtrie, ainsi aussi l’idolâtrie conduisait à profaner les sabbats de toutes sortes, sabbats de jours et sabbats d’années : c’est ce qui est prédit en Lév. 26:14, 15, et qui suscita le châtiment de la déportation à Babylone pour 70 ans (2 Chron. 36:20, 21). Hélas ! C’est la vieille, si vieille histoire de l’échec de l’homme dans chacune de ses obligations dès le commencement ; n’est-ce pas là le sens de la fabrication du veau d’or par Aaron à la demande du peuple, avant même que les tables de la loi écrites par l’Éternel aient été descendues de la montagne par Moïse ? Ce n’étaient que les voies de méchanceté de l’homme. Des jours viennent, où tout sera recouvré par un peuple pauvre et affligé et repentant, sous le Messie et avec la nouvelle alliance. Alors seront pleinement réalisés tous les gages du futur que donnaient l’année sabbatique et, bien mieux encore, toutes les promesses et les prédictions de ce qui arriverait à la gloire de Dieu et pour la bénédiction d’Israël et de toutes les nations ; les saints célestes jouiront de bénédictions plus élevées et plus riches, avec Christ en-haut.
Là encore, notez le témoignage de la libéralité de l’Éternel envers les plus humbles, les nécessiteux et l’étranger qui séjournait parmi les Israélites, envers leur bétail, et même toutes les bêtes du pays : aucun n’est oublié, il est pourvu à tous les besoins, alors même que, dans l’année sabbatique, aucun champ n’était semé ni la vigne taillée, ni les champs moissonnés ni les raisins vendangés. Quel témoignage pour Dieu, si Israël avait obéi ! Mais ils ont désobéi, en ceci comme pour le reste ; et si ce n’avait été l’Éternel qui ne change pas, les fils de Jacob auraient été anéantis sans espoir. Mais Lui regardait à l’avance vers le Messie et vers Son œuvre expiatoire, attendant en grâce leur repentance au dernier jour. Alors Il effacera leurs transgressions, à cause de Lui-même, et Il ne se souviendra plus de leurs péchés (És. 43:25). Alors le sourd entendra, et l’aveugle verra. Alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue chantera ; car, des eaux jailliront dans le désert, et des rivières dans le lieu stérile. Et le mirage deviendra un étang, et la terre aride, des sources d’eau ; dans l’habitation des chacals où ils couchaient, il y aura un parc à roseaux et à joncs (És. 35:5-7). En bref, la douleur et les soupirs disparaîtront.
De l’autre côté, il doit être clair pour tout chrétien qui réfléchit, que le type de l’année sabbatique de relâche sans cesse répétée ne peut être appliqué, sauf à tordre l’Écriture, à l’Église ni à aucun de ses membres individuellement. Nous avons la rédemption en Christ par Son sang, la rémission des péchés (Éph. 1:7). C’est un privilège permanent de l’évangile. Certes il faut confesser absolument chaque péché, tous ces péchés dans lesquels nous tombons par manque de vigilance ou de dépendance de Dieu. Mais la rédemption que nous avons reçue au départ, demeure irrévocable et intacte durant toute la course du croyant, pour tout croyant ; et la grâce qui l’a alors donnée souverainement, demeure, dans Sa bonté fidèle, jusqu’à la fin ; elle fait intervenir le service d’avocat de Christ auprès du Père produisant notre humiliation et le jugement de nous-mêmes pour la restauration de nos âmes.
Notre relation avec le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ est donc très différente de celle d’Israël telle que retracée ici. C’est d’autant plus important à saisir, que nous avons toujours tendance à glisser loin du caractère céleste et éternel de nos privilèges, pour retomber dans la nature terrestre et temporelle des privilèges d’Israël. Les confondre a été le fléau de la chrétienté ; et le résultat en est la perte des «choses meilleures» (Héb. 6:9) que Dieu nous a données, et la négation des espérances propres d’Israël en leur lieu et en leur temps.
Déjà que l’année sabbatique au début de ce chapitre était profondément impressionnante, le jubilé, avec ses sept sabbats d’années, ou quarante-neuf ans, est encore plus imposant et profond, y compris dans ses aspects extérieurs. C’est ce qui figure d’une manière générale et en détails jusqu’à la fin du chapitre.
«Et tu compteras sept sabbats d’années, sept fois sept ans ; et les jours de ces sept sabbats d’années te feront quarante-neuf ans. Et au septième mois, le dixième [jour] du mois, tu feras passer le son bruyant de la trompette ; le jour des propitiations, vous ferez passer la trompette par tout votre pays ; et vous sanctifierez l’année de l’an cinquantième, et vous publierez la liberté dans le pays à tous ses habitants : ce sera pour vous un jubilé ; vous retournerez chacun dans sa possession, et vous retournerez chacun à sa famille. Cette année de l’an cinquantième sera pour vous un jubilé : vous ne sèmerez pas, et vous ne moissonnerez pas ce qui vient de soi-même, et vous ne vendangerez pas la vigne non taillée ; car c’est le Jubilé : il vous sera saint ; vous mangerez en l’y prenant ce que le champ rapportera. En cette année du Jubilé, vous retournerez chacun dans sa possession» (25:8-13).
Comme il y avait un jour et un mois du sabbat, ainsi aussi il y avait une année sabbatique, et une autre année spéciale après sept fois cette année sabbatique : c’était le Jubilé, quand le cycle de sept années sabbatiques était achevé. Les jours et le mois du sabbat se rapportent au peuple en relation avec l’Éternel ; l’année sabbatique et le jubilé se rapportent au pays. De même pour nous chrétiens, l’Esprit de Dieu prend soin de développer la vraie et pleine relation de l’individu avec Dieu, avant de déployer nos privilèges collectifs, comme on le voit dans l’épître aux Éphésiens. Pareillement ici, après des jours de péché, de misère et de ruine, voilà le jour dont notre chapitre donne le gage et l’anticipation, et la manière dont l’Éternel, qui a choisi Israël, se souviendra de Son peuple, pour la joie même des nations si longtemps envieuses et méprisantes envers lui ; alors Il vengera le sang de Ses serviteurs, et rendra la vengeance à Ses adversaires, et sera clément envers Son pays et Son peuple. C’est sur le pays que l’année sabbatique met l’accent, et le Jubilé le fait encore plus complètement.
On comprend donc le soin pour baser expressément le Jubilé sur le sacrifice et l’acceptation du Jour des Propitiations, le sacrifice le plus solennel de l’année. C’était non pas le premier jour du septième mois, mais le dixième jour que devait sonner bruyamment la trompette (ou cor) pour proclamer la liberté par tout le pays à tous les habitants. Le premier jour du septième mois était aussi un sabbat, distingué par un mémorial de sonnerie de trompette (ou cor). C’était aussi une sainte convocation : aucune œuvre de service ne devait être faite, et un sacrifice par feu devait être offert à l’Éternel. Mais le dixième jour était le jeûne, pendant lequel on ne devait faire aucune œuvre quelconque, avec l’avertissement le plus péremptoire que toute âme qui ne s’affligerait pas ce jour-là serait retranchée de ses peuples, et que toute âme qui ferait une œuvre quelconque ce jour-là, l’Éternel la détruirait du milieu de Son peuple. L’expiation de Christ est la seule explication de tout cela, mais aussi de la repentance dans la poussière et dans la cendre, et également de l’interdiction de toute œuvre quelle qu’elle soit. L’œuvre de Christ, Sa souffrance pour le péché, expliquent tout cela.
La «liberté» qui vient juste après, est la réponse à ce travail d’expiation achevé et accepté. C’est une liberté bien différente de la délivrance de la loi du péché et de la mort que le chrétien connaît selon Rom. 8 et 2 Cor. 3 et Gal. 5. Le Jubilé n’est en aucune manière le type de ce qui se rapporte au chrétien ou à l’Église, mais seulement d’Israël et de son pays, quand le peuple de l’Éternel sera introduit dans la plénitude de la bénédiction promise. La Pentecôte typifie ce dont nous jouissons maintenant par le don du Saint Esprit, résultant de Christ, notre pâque, sacrifié pour nous (1 Cor. 5:7), et de Sa résurrection selon les types de la gerbe tournoyée et des pains tournoyés, jusqu’au moment de date inconnue où les saints célestes seront changés et enlevés pour rencontrer le Seigneur et aller avec Lui dans la maison du Père. Seulement, ceci était un mystère non encore révélé dans l’Écriture, mais caché en Dieu. Ensuite, au septième mois, quand le temps recommencera d’être compté, vient une nouvelle série d’opérations divines pour appliquer à Israël l’œuvre d’expiation déjà accomplie : le peuple est réveillé de son long sommeil de mort au premier jour du mois, puis est amené, par le jugement de soi-même et l’humiliation, au bénéfice du sacrifice expiatoire, dans la puissance de la vérité, et cela se termine par la fête de gloire, pour le temps et même l’éternité.
C’est ici que le Jubilé trouve sa juste place et sa vraie application ; sa place pour Israël est tellement particulière, qu’il est traité à part du grand cycle des fêtes du Lévitique. Il n’a absolument rien à voir avec notre joie, à la résurrection, quand la dernière trompette sonnera, et que nous rejoindrons Christ en haut pour être avec Lui. Il ne concerne que le peuple d’Israël et son pays ; car Christ doit être glorifié partout, et avoir un peuple à Lui, sur la terre aussi bien que dans les cieux. Les théologiens s’égarent tristement sur ces questions, bien loin de la vérité. Pourtant le Nouveau Testament est aussi clair à ce sujet, que l’Ancien Testament en est rempli. Les Israélites devaient sanctifier la cinquantième année, et la proclamer dans le pays pour tous ses habitants. C’est aussi le temps où tout Israël sera sauvé (Rom. 11:26), quand tous les enfants de Sion seront enseignés de l’Éternel, et que leur paix sera grande (És. 54:13). Ils seront tous justes, et posséderont le pays à toujours comme un rejeton planté par l’Éternel, l’oeuvre de Ses mains pour Le glorifier (És. 60:21). Le type n’était que l’ombre d’un antitype plus grand. Il s’agit bien ici de la bénédiction d’Israël ici-bas, lors du règne du Messie.
«Ce sera pour vous un jubilé ; vous retournerez chacun dans sa possession, et vous retournerez chacun à sa famille». Combien une telle consolation est appropriée pour le pauvre Israël en détresse ! Ils avaient là un droit acquis, de la part de l’Éternel, mais à cause de leur confiance à eux en eux-mêmes, ce droit dépendait de la loi, c’est-à-dire de leur justice à eux. Hélas ! Ils ont violé leur loi de toutes manières. Ils étaient aussi entichés à la folie de leurs idoles que l’était Babylone, et les Juifs furent exilés à Babylone, comme le reste du peuple était allé en Assyrie. Quand un résidu des Juifs est revenu, par la bonté de Dieu, pour être là lors de la venue du Messie au temps propre, ç’a été pour Le rejeter et Le crucifier par des mains iniques ; puis ils ont aussi refusé l’appel du Saint Esprit par l’évangile, et se sont spécialement dressés contre l’offre de cet évangile aux Gentils. Pour tout cela, l’Éternel attend de pouvoir agir en grâce ; et quand les Gentils, au lieu de demeurer dans la foi et de persévérer dans la bonté (Rom. 11:22), revendiqueront par orgueil tout pour eux-mêmes, reniant tout à Israël, eux aussi deviendront des objets de jugement. Alors la grâce de Dieu coulera comme un fleuve (És. 48:18) sur Israël repentant et croyant ; et le jubilé retentira pour les éloignés et les sourds, le sacrifice expiatoire sera reçu par la foi, avec une vraie affliction de cœur, dans le renoncement de soi et de ses œuvres quelles qu’elles soient. La liberté sera proclamée, et tout homme aura droit au retour, le retour de tout homme vers sa famille. Le pays mènera deuil, chaque famille à part et leurs femmes à part, dans le jugement de soi-même (Zach. 12:10-14), en sorte que tous pourront être unis dans la joie quand le moment de la restitution de toutes choses sera là. «Cette année de l’an cinquantième sera pour vous un jubilé».
Un tel langage a une force pour Israël qu’il n’a pour aucun autre peuple, car l’Éternel leur a donné à eux le pays de Son choix, et à aucun autre. Ces paroles s’appliquent encore bien moins au chrétien ou à l’Église, qui sont choisis d’entre toutes les familles, et unis à Christ, en sorte que désormais, comme chrétiens, nous ne connaissons personne selon la chair (2 Cor. 5:16). Nous appartenons déjà maintenant à un Christ mort et ressuscité, et sommes une famille nouvelle et céleste, non pas une famille d’homme, mais de Dieu, pour la gloire d’en haut. À quelle possession pourrait-on faire retourner les chrétiens ? La notion même en est absurde. Dans notre état naturel, nous sommes enfants de colère, et nous n’avons rien, sinon les péchés et le péché. Il n’y a plus de paradis terrestre où l’homme tombé pourrait retourner, ni aucune possession dans le pays d’Israël pour un Gentil. Pour nous tous, en tant que chrétiens, notre part est au-dessus de la nature et céleste ; c’est ce que la grâce souveraine nous donne en Christ et avec Christ : voilà comment — et non pas autrement — nous pouvons avoir part à la gloire céleste, et nous pouvons jouir de nos privilèges comme membres de Son corps, et nous hériterons dans ce jour-là.
Il en est de même pour la disposition suivante aux versets 11 et 12, semblable à celle de l’année sabbatique : «Vous ne sèmerez pas, et vous ne moissonnerez pas ce qui vient de soi-même, et vous ne vendangerez pas la vigne non taillée ; car c’est le Jubilé : il vous sera saint ; vous mangerez en l’y prenant ce que le champ rapportera». C’est un petit témoignage rendu au grand changement qui aura lieu quand le pays ne sera plus stérile ni résistant, mais produira son accroissement dans toute sa plénitude, pour honorer le grand Roi et saluer Son peuple, un peuple qui ne sera plus désormais petit, mais puissant et exalté et béni. «Au lieu de l’épine croîtra le cyprès ; au lieu de l’ortie croîtra le myrte ; et ce sera pour l’Éternel un nom, un signe à toujours, qui ne sera pas retranché» (És. 55:13). Comment pourrait-on appliquer de telles paroles aux chrétiens et à l’Église, sauf à nous rabaisser du ciel vers la terre, et à nier les espérances d’Israël sous le Messie et la nouvelle alliance ! Non, ce n’est pas pour nous mais pour eux, que nous lisons : «Dans cette année du jubilé, tout homme retournera dans sa possession» (25:13), et aussi dans le Psaume 72 :
«Ô Dieu ! donne tes jugements au roi, et ta justice au fils du roi.
Il jugera ton peuple en justice, et tes affligés avec droiture.
Les montagnes porteront la paix au peuple, et les coteaux, — par la justice.
Il fera justice aux affligés du peuple, il sauvera les fils du pauvre, et il brisera l’oppresseur.
Ils te craindront, de génération en génération, tant que dureront le soleil et la lune.
Il descendra comme la pluie sur un pré fauché, comme les gouttes d’une ondée sur la terre.
En ses jours le juste fleurira, et il y aura abondance de paix, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de lune.
Et il dominera d’une mer à l’autre mer, et depuis le fleuve jusqu’aux bouts de la terre.
Les habitants du désert se courberont devant lui, et ses ennemis lécheront la poussière.
Les rois de Tarsis et des îles lui apporteront des présents, les rois de Sheba et de Seba lui présenteront des dons.
Oui, tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront.
Car il délivrera le pauvre qui crie à lui, et l’affligé qui n’a pas de secours.
Il aura compassion du misérable et du pauvre, et il sauvera les âmes des pauvres.
Il rachètera leur âme de l’oppression et de la violence, et leur sang sera précieux à ses yeux.
Et il vivra, et on lui donnera de l’or de Sheba, et on priera pour lui continuellement ; et on le bénira tout le jour.
Il y aura abondance de froment sur la terre, sur le sommet des montagnes ; son fruit bruira comme le Liban ; et les hommes de la ville fleuriront comme l’herbe de la terre.
Son nom sera pour toujours ; son nom se perpétuera devant le soleil, et on se bénira en lui : toutes les nations le diront bienheureux.
Béni soit l’Éternel, Dieu, le Dieu d’Israël, qui seul fait des choses merveilleuses !
Et béni soit le nom de sa gloire, à toujours ; et que toute la terre soit pleine de sa gloire ! Amen ! oui, amen !
Les prières de David, fils d’Isaï, sont finies».
La position d’Israël sur la terre était unique. C’était le seul peuple sur lequel le nom de l’Éternel était invoqué. «Vous êtes mes témoins, dit l’Éternel, vous et mon serviteur que j’ai choisi, afin que vous connaissiez, et que vous me croyiez, et que vous compreniez que moi je suis le Même : avant moi aucun Dieu n’a été formé, et après moi il n’y en aura pas» (És. 43:10). Ainsi l’apôtre, au lieu de déprécier leurs privilèges, dit, en Rom. 9:4 : «auxquels sont l’adoption, et la gloire, et les alliances, et le don de la loi, et le service divin, et les promesses ; auxquels sont les pères, et desquels, selon la chair, est issu le Christ, qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement». Ceux dont il s’agit dans ce verset sont ceux qui, dans leur incrédulité aveugle, ont trébuché sur la pierre d’achoppement : la grâce infinie de Son humiliation, et Son obéissance jusqu’à la mort — la mort de la croix, qui ferma les yeux de leur cœur sur la grandeur de Sa gloire qui dépassait de beaucoup celle du Messie (cf 2 Cor. 4:6).
Même dans la question des terrains revenant à chaque Israélite, il y avait un critère d’évaluation destiné à garder devant eux la relation particulière avec l’Éternel qui était la leur, aussi bien que l’avenir brillant qui les attend, quelles que soient les défaillances ou les châtiments entre temps, quels que soient les changements, allant même jusqu’à l’exil. C’est une restitution de toutes choses qui les attend sur la terre sous la domination du Messie : Lui est la base de toutes leurs bénédictions.
«Et si vous vendez quelque chose à votre prochain, ou si vous achetez de la main de votre prochain, que nul ne fasse tort à son frère. Tu achèteras de ton prochain d’après le nombre des années depuis le Jubilé ; il te vendra d’après le nombre des années de rapport. À proportion que le nombre des années sera grand, tu augmenteras le prix ; et à proportion que le nombre des années sera petit, tu diminueras le prix, car c’est le nombre des récoltes qu’il te vend. Et nul de vous ne fera tort à son prochain, et tu craindras ton Dieu, car moi, je suis l’Éternel, votre Dieu» (25:14-17).
Comme tout ce qui est confié ici-bas à la responsabilité de l’homme, le régime théocratique a disparu par la rébellion d’Israël. Ceux qui avaient été mis à part comme nation pour l’Éternel ont cherché à être comme les nations, non seulement pour avoir un roi (1 Sam. 8:5, 20), mais aussi d’autres dieux, des faux. Les avertissements donnés dans Ses ordonnances ont été foulés aux pieds. La parole de l’Éternel a-t-elle manqué ? Loin de là ! Israël, s’étant égaré, a subi le châtiment, et doit encore en supporter plus et pire, avant que vienne le temps de la bénédiction. La parole de Dieu demeure à toujours : même dans la ruine complète, et avant la manifestation de la bénédiction sur Israël et le pays, cette parole est là pour que nous en profitions par la foi.
Les Juifs auraient dû trouver une précieuse ressource en ce que le principe sous-jacent à de telles ordonnances demeurait, à savoir que le pays appartenait à l’Éternel. Ceci assure à Israël un titre inaliénable, pour le long terme. Les Gentils ont foulé aux pieds le pays et sa capitale pendant de nombreux siècles ; mais leurs temps vont bientôt être accomplis (Luc 21:24). Le dernier empire va sans aucun doute réapparaître d’une manière extraordinaire, et sera détruit, non par un envahisseur ni par son propre déclin, mais par le jugement divin. De la même manière seront détruits l’Antichrist, le roi inique dans le pays ; l’Assyrien, ou Roi du Nord, et plus tard la superpuissance qui se trouve derrière, Gog, prince de Rosh, de Méshec et de Tubal : ceux-ci, avec leurs alliés et leurs partisans, regrouperont toutes les nations de la terre. Leur chute, dans le jour de l’Éternel, laissera la place à Israël pour prendre racine. Israël fleurira et poussera ; et ils rempliront de fruit la face du monde (És. 27:6). En ce jour-là, il y aura une racine de Jessé (Rom. 15:12), se tenant là comme une bannière des peuples : les nations la rechercheront ; et Son repos sera gloire (És. 11:10).
Quel réconfort évident pour l’Israélite croyant, qui pouvait jouir de l’assurance bénie de tout l’intérêt d’amour de l’Éternel envers Son peuple ! C’est Lui qui garantit la restauration de la propriété attribuée, malgré toutes leurs erreurs et leur imprudence, ou les abus des tiers entre-temps. Nous savons que parmi les Gentils qui ne connaissent pas Dieu, on se fait toujours beaucoup de soucis quant aux personnes et aux biens. Seul Israël avait une pareille garantie divine, tous les demi-siècles. Mais qu’en sera-t-il quand ces gages généreux de l’avenir seront surpassés sans mesure lors du grand Jubilé ! Alors «Voici, ceux-ci viendront de loin ; et voici, ceux-là, du nord et de l’ouest, et ceux-ci, du pays de Sinim. Exultez, cieux, et égaye-toi, terre ! Montagnes, éclatez en chants de triomphe ! Car l’Éternel console son peuple et fera miséricorde à ses affligés» (És. 49:12-13). Finies les pertes de liberté ou de territoire ; «car, comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre que je fais, subsisteront devant moi, dit l’Éternel, ainsi subsisteront votre semence et votre nom» (És. 66:22).
Mais avant ce jour-là, aussi longtemps ou aussi loin qu’il y avait fidélité à l’Éternel et à Sa parole, l’achat ou la vente de la terre — ou plutôt sa location — devaient respecter le Jubilé institué par le commandement divin. L’équité personnelle ne suffisait pas, mais ce qui comptait était l’estimation de l’Éternel de la valeur de la production jusqu’au Jubilé. La soumission à Sa loi était accompagnée d’un miracle qui se répétait régulièrement. Ce n’était pas, comme pour le chrétien et l’Église, l’espérance constante de la venue de Christ pour le peuple céleste ; mais le peuple terrestre avait ses temps et ses saisons, et la valeur de ses ventes dépendait de la distance ou de la proximité du Jubilé. Nous ne sommes pas du monde, et devrions toujours rester dans une attente éveillée.
Les Israélites ne devaient pas abuser l’un de l’autre. S’ils obéissaient, ils avaient une assurance gratuite de vie, de liberté, et de possession du pays, de la part de l’Éternel : «Tu craindras ton Dieu ; car moi, je suis l’Éternel, votre Dieu». Quoi de plus simple et de plus sûr pour un peuple terrestre ? Mais s’ils étaient rebelles, comment pouvaient-ils compter là-dessus ? On ne se moque pas de Dieu.
L’Éternel n’a pas manqué d’encourager Son peuple à Lui être soumis car Il était leur Dieu, et Il les a encouragés d’une manière appropriée à leur position dans le pays qu’Il allait leur donner. De leur propre fait, leur jouissance du pays dépendait de leur fidélité ; mais l’Éternel a épuisé tous les moyens pour leur expliquer, les stimuler, les fortifier et les encourager. Oui, il voulait agir dans leur intérêt, en grâce et en jugement ; et ils le célébreront bientôt dans un cantique éternel, quand ils reconnaîtront leur roi rejeté.
«Et vous pratiquerez mes statuts, et vous garderez mes ordonnances, et vous les pratiquerez, et ainsi vous habiterez dans le pays en sécurité ; et le pays vous donnera son fruit, et vous mangerez à rassasiement, et vous l’habiterez en sécurité. Et si vous dites : Que mangerons-nous la septième année ; voici, nous ne semons pas, et nous ne recueillons pas nos produits ? je commanderai que ma bénédiction soit sur vous en la sixième année, et elle donnera le produit de trois ans. Et vous sèmerez la huitième année et vous mangerez du vieux produit, jusqu’à la neuvième année ; jusqu’à ce que le produit soit venu, vous mangerez le vieux. Et le pays ne se vendra pas à perpétuité, car le pays est à moi ; car vous, vous êtes chez moi comme des étrangers et comme des hôtes. Et dans tout le pays de votre possession, vous donnerez le droit de rachat pour la terre» (25:18-24).
L’obéissance est en effet l’exigence essentielle de Dieu sur Sa créature, et le devoir inaliénable de celle-ci. Mais même l’homme innocent, sans péché, n’a jamais pu y demeurer : il a manqué, très tôt même, dès qu’il a été mis à l’épreuve, comme les premiers faits de l’histoire inspirée en apportent la preuve à toute âme qui craint Dieu et tremble à Sa parole. Combien moins l’homme tombé pourrait-il retrouver l’équilibre pour se tenir devant Dieu ? Une seule exception parfaite est enfin apparue, et l’espérance de Celui-ci a agi puissamment en tous ceux qui s’attendaient à Lui par la foi ; mais tous les autres se sont éloignés de Dieu de plus en plus tristement, et se sont endurcis dans la désobéissance et la propre volonté, et leur incrédulité montrait de plus en plus d’audace.
L’exception dont nous venons de parler était le Créateur devenu homme ; il a fait la démonstration du mal incurable dans l’homme tombé, qui ne fait qu’aggraver son cas en corrompant et bravant tous les remèdes mis à sa disposition par Dieu. Pis que tout, Il a démontré la haine de l’homme privilégié contre Dieu venu seulement en bonté : Dieu était en effet aussi loin que possible de juger et de publier l’iniquité de l’homme, mais Il se révélait Lui-même en grâce souveraine. La réponse de l’homme a été l’inimitié contre Dieu qui était en Christ réconciliant le monde avec Lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes (2 Cor. 5:19). À la suite de cela, Dieu a voulu agir et agit maintenant en Christ pour Sa propre gloire, par l’introduction de l’évangile de Sa grâce, et de l’Église, corps de Christ. Alors l’obéissance a pris son caractère le plus complet en ceux qui sont Ses élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ (1 Pierre 1:2). Le chrétien, par la grâce, obéit à Dieu comme un fils selon le modèle de Christ, quoiqu’il reçoive l’aspersion de Son sang pour le faire. C’est un contraste total avec Israël qui était sous la plus solennelle menace de mort en cas de violation de la loi (Exode 24:7, 8), et ils la violèrent effectivement peu après et complètement. Mais que pouvons-nous dire de notre obéissance individuelle ou collective ? Sa véritable nature est ignorée. La ruine complète de la chrétienté est démontrée en ce qu’elle se glorifie honteusement et doublement à tort, d’une part des ordonnances juives, et d’autre part de la philosophie gentile.
Mais le pays lui-même atteste tout autant la ruine des Juifs. Israël y habite-t-il en sécurité ? Le pays produit-il déjà tout son fruit ? Le peuple de Dieu mange-t-il à sa faim, et demeure-t-il là dans la paix, l’honneur, la bénédiction et la gloire ? Cela sera réalisé sans aucun doute au temps où le peuple sera sous l’autorité du Messie et sous la nouvelle alliance. Ils ne diront plus : Que mangerons-nous la septième année ? L’Éternel les bénira chaque année, mais ce ne sera pas quand les Juifs penseront être devenus un raisin mûr, avant la moisson et après la floraison, grâce à l’aide politique de nations amies. Voilà au contraire ce qui arrivera : les pousses seront coupées, et les sarments ôtés et retranchés (És. 18:5). Ils ne sont pas encore un peuple préparé pour l’Éternel (Amos 4:12). Le voile demeure toujours sur leur cœur, qui ne s’est pas encore tourné vers Lui en vérité (2 Cor. 3:15-16). Ils ne se sont pas encore repentis aux pieds du Messie crucifié ; et ils seront abandonnés ensemble aux oiseaux de proie des montagnes et aux bêtes de la terre, qui passeront l’été et l’hiver sur eux (És. 18:6). Pourtant le même prophète inspiré déclare, juste après leur déception amère : «En ce temps-là, un présent sera apporté à l’Éternel des armées» de la part de ce peuple si affligé ; ce ne sera pas un présent constitué grâce à une aide mondaine sans foi, ni apporté sur un territoire provisoire à mi-chemin du pays promis, mais au lieu appelé de Son nom, la montagne de Sion. Ils seront alors répartis en ordre dans le pays, mais un ordre tout différent de celui sous Josué, régulier du nord au sud, selon des lignes parallèles d’est en ouest : Éz. 48 le décrit ; ce n’est qu’alors qu’ils seront pour tout le monde la nation des douze tribus d’Israël.
Les Juifs sont encore sous l’effet d’une rétribution, non seulement en rapport avec la loi violée de toutes manières, mais pour le rejet du Messie. C’est le sujet d’avertissements du prophète Ésaïe dans sa seconde partie qui est plus mûre et plus profonde que la première (et que les esprits dépravés attribuent à un écrivain inconnu). Jérusalem est foulée aux pieds par les Gentils jusqu’à ce que leurs temps soient accomplis (Luc 21:24). Les Juifs devront faire face à une page encore plus sombre de péché et de malheur, quand la grande masse d’entre eux, dans le pays, reconnaîtra l’Antichrist comme Roi, comme leurs pères ont rejeté le véritable Oint. Et alors on verra le Fils de l’homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire (Luc 21:27). Quand ces choses commenceront à arriver, un résidu juif pieux regardera en haut et lèvera la tête, parce que sa rédemption approche (Luc 21:28).
L’Éternel fera valoir Ses droits en ce jour-là. «Le pays ne sera pas vendu à perpétuité», quoi qu’en dise l’orgueil prétentieux des Gentils. «Car le pays est à Moi». Les hommes d’Israël avaient été des étrangers, des hôtes chez Lui. Mais désormais, Il ne leur cachera plus Sa face ; «car j’aurai répandu mon Esprit sur la maison d’Israël, dit le Seigneur l’Éternel» (Ézé. 39:29). Le droit de rachat, qu’ils étaient responsables d’accorder dans tout le pays de leur possession, c’est Lui qui le garde pour le moment convenable, et Il en fera la proclamation triomphale pour leur joie éternelle. Quelle joie désintéressée sera en ce jour-là celle de l’Église glorifiée ! Elle regardera du haut des lieux célestes, louant Celui qui est le donateur de tout ce qui est bon et de tout don parfait (Jacq. 1:17) ; Celui qui a donné Son Fils par qui tout est donné en justice ; Celui qui a donné Son Esprit en vertu duquel on connaît les choses et on peut en jouir.
Mais la chrétienté est aussi infidèle vis-à-vis de la grâce de Dieu qu’indifférente à la gloire céleste de Christ, et c’est pourquoi elle a recherché à dominer sur la terre alors que c’est la part propre d’Israël, qui lui est réservée pour le moment où le Fils de l’homme régnera sur toutes les nations et les langues sous les cieux. Repentants et restaurés dans leur pays, le pouvoir sur la terre leur appartiendra en ce jour-là en justice comme étant Son peuple. Entre-temps, nous croyons et confessons Christ comme le Messie rejeté, exalté sur le trône de Son Père, mais ne siégeant pas encore sur Son propre trône ; ici-bas nous partageons Ses souffrances, inconnus du monde et refusant son alliance et ses honneurs, attendant d’être reçus par Lui pour être avec Lui dans la maison du Père, et d’être manifestés avec Lui quand Il sera manifesté en gloire (Col. 3:4).
L’ignorance de l’évangile et de la relation céleste de l’Église a amené à la convoitise des choses terrestres et de l’honneur du monde peu après le départ des apôtres. Ce dévoiement a laissé le champ libre à la rivalité entre l’Occident et l’Orient, comme, plus tard encore, il a donné naissance aux Croisades qui sont la démonstration la plus évidente que la grâce et la vérité venues par notre Seigneur Jésus (Jean 1:17) étaient en pratique non seulement dépravées, mais éliminées. C’était ce qui a frappé (Apoc. 17:6) l’apôtre Jean dans ses visions, lui laissant un étonnement mêlé d’horreur, quand il vit, non la vierge chaste épousée par Christ et souffrant avec Lui ici-bas, mais la grande prostituée, magnifiquement vêtue, attisant la convoitise des rois, enivrant les peuples, et chevauchant la Bête ou l’Empire romain, puis destinée à être l’objet des plus sévères jugements de Dieu à cause de sa corruption, de sa cruauté envers les saints, et de son idolâtrie abominable. Mais la fin n’est pas encore pour maintenant, et l’orgueil s’élève beaucoup avant la chute irrémédiable.
Ici comme ailleurs, le manquement du peuple à sa responsabilité n’est pas dissimulé. Chacun aurait certainement sa portion dans le pays de l’Éternel. Chacun jouirait de l’année sabbatique du pays de l’Éternel. Chacun à travers tout le pays entendrait résonner le joyeux son du Jubilé au bout de 49 ans, proclamant la liberté et le retour de chacun dans sa possession. Toutefois, ce n’était pas parce qu’ils étaient plus nombreux ou capables, ni parce qu’ils étaient plus justes que les autres, qu’ils avaient été choisis, mais, parce que l’Éternel avait aimé Israël ; et parce qu’Il gardait le serment juré à leurs pères, Il les avait fait sortir à main forte (Deut. 4:7-8) du plus grand royaume de la terre d’alors, qui les oppressait ; Il les avait rachetés de la maison de servitude, leur donnant ces gages d’un repos futur absolument certain et d’une délivrance du jour où le jugement tomberait sur la terre habitée. Mais Israël aura le royaume sous tous les cieux, sous la domination du Fils de l’homme : une domination éternelle, qui ne passera pas, et Son royaume, un royaume qui ne sera pas détruit (Dan. 7:14, 27).
C’est une grande erreur de confondre ce jour à venir de bénédiction pour Son peuple terrestre avec le mystère caché en Dieu, dès les siècles et les générations (Col. 1:26 ; Éph. 3:9) ; ce dernier est pour la gloire de Christ dans les cieux et pour ses cohéritiers avec Lui (Éph. 3:6), Son épouse céleste. La restitution de tout ce qui est maintenant ruiné ici-bas est quelque chose de tout différent de cette gloire au-dessus du monde, où toute distinction entre Juif et Gentil disparaît ; car Christ est «tout» en tous en haut (Col. 3:11), et c’est dans cette certitude par la foi que les chrétiens et l’Église sont maintenant appelés à marcher. Dans le monde à venir, quelle que soit la bénédiction de toutes les familles de la terre, la fille de Sion aura la domination principale ; car le Saint d’Israël sera grand au milieu d’elle (És. 12:6). Ceux qui sont glorifiés en haut, étant unis à Christ, partageront l’univers avec Lui. Il est donné comme tête sur toutes choses à l’Église, qui est Son corps (Éph. 1:22, 23).
Entre-temps, du côté de l’homme, la faillite est anticipée, et il y est pourvu ; nous voyons en effet ici le premier cas de perte par pauvreté, qui est la forme prise dans ce type par les manquements de l’homme ; nous la connaissons de manière encore plus profonde.
«Si ton frère est devenu pauvre, et vend une partie de sa possession, alors que celui qui a le droit de rachat, son plus proche parent, vienne et rachète la chose vendue par son frère. Mais si un homme n’a personne qui ait le droit de rachat, et que sa main ait acquis et trouvé suffisamment de quoi faire son rachat, il comptera les années depuis sa vente, et restituera le surplus à celui à qui il avait vendu, et il retournera dans sa possession. Et si sa main n’a pas trouvé suffisamment de quoi lui rendre, la chose vendue restera en la main de celui qui l’aura achetée, jusqu’à l’année du Jubilé : la chose vendue sera libérée au Jubilé, et le vendeur rentrera dans sa possession».
«Si» est un mot sérieux, pour l’homme. Sans doute il est juste ; mais le fait est que le premier homme est tombé et a manqué quant à sa responsabilité. Il est tombé, et pécheur ; c’est ce dont Israël, dans le passé, est un témoignage constant. Toute l’aide que pouvait fournir la grâce sous le régime de la loi, Israël en a bénéficié : la sacrificature, les offrandes, les sacrifices. Mais les manquements se sont accumulés ; et devant le rejet de leur propre Messie, ajouté à leur idolâtrie précédente, il est devenu impossible qu’ils continuent à jouir du pays de l’Éternel, à être ses hôtes ; ils ont donc été dispersés sur toute la terre, jusqu’à ce qu’un résidu pieux se repente et retourne de cœur vers leur Messie. Ce sera l’effet de la bonté de l’Éternel qui demeure à toujours, et de l’expiation appliquée par la grâce à Israël dans ce grand jour. Car Jésus sera alors reconnu comme le proche parent Rédempteur. Il viendra effectivement pour racheter. C’est Son droit, et Il ne manquera pas de le reconnaître et de le faire valoir dans une bonté éternelle.
Mais Israël doit être animé de franche volonté (Ps. 110:3). Cela aura lieu au jour de la puissance de Christ. Orgueilleux et aveugles, ils L’ont refusé au jour de Son humiliation, et c’est là leur péché, leur honte et leur perte ; tel est souvent l’homme : orgueilleux dans la pauvreté, et aveugle à son besoin de grâce. Toute autre parenté proche aura manqué, et leur propre main n’aura pas atteint le nécessaire pour le rachat. Mais la grâce fera le compte que le temps de souffrances est accompli (És. 40:2), et que l’iniquité est pardonnée par Celui qui a aimé Son peuple et a souffert pour ses péchés. Il est complètement faux de penser qu’il s’agit ici de l’humanité, même si l’appel de l’évangile a été largement répandu. La rédemption, que ce soit pour le pardon des péchés ou pour la délivrance du corps, n’est que pour les croyants. Les théologiens oublient la relation, ou l’appliquent confusément. Nous avons entendu parler d’un frère qui avait perdu tout son avoir par une malhonnêteté, et qui a été restauré par la grâce triomphant de toutes les difficultés. Israël sera le témoignage public et vivant, tant de la perte amenée par le mal, que du gain obtenu par la grâce. Toutefois, le mérite ne leur en reviendra aucunement, mais uniquement à Jésus, car ici comme toujours, la grâce est celle de Dieu prenant son plaisir dans le bien de Sa propre nature et de Sa propre volonté, s’élevant au-dessus de la faiblesse et de l’indignité de la créature, quels que soient les fruits produits en elle par Son Esprit.
L’Éternel rattache le rachat avec le peuple et la terre. Tous deux étaient les objets de Son choix de grâce. Tous deux étaient déchus suite au grand changement résultant du mépris de Sa bonté par l’homme, et de l’opposition à Sa volonté, allant jusqu’à la rébellion et à l’apostasie. Mais l’Éternel triomphera, pour le peuple et pour le pays, mais seulement par Sa propre miséricorde manifestée en Christ le Rédempteur (= Celui qui rachète) ; et alors Israël chantera : Non point à nous, ô Éternel, mais à Ton nom donne gloire, à cause de Ta bonté, à cause de Ta vérité (Ps. 115:1). Le racheté de l’Éternel, qu’Il a racheté de la main de l’oppresseur, et rassemblé des pays de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, rendra grâces à l’Éternel, et dira qu’Il est bon, car Sa bonté demeure à toujours (Ps. 107:1-3). Quel contraste avec le chemin de l’homme qui débute dans la confiance, et dont les espoirs semblent une histoire trop belle ; puis, ne regardant pas plus à Dieu que les bêtes qui périssent, ce qu’il récolte de Sa main est de se coucher dans la douleur (És. 50:11). Personne ne le ressentira plus amèrement et plus manifestement qu’Israël qui aura trop présumé de son nom et de ses privilèges en tant que peuple de Dieu, tandis que leur cœur était éloigné de Lui et sous le pouvoir de l’ennemi. Mais tous ceux-là sont bénis qui mettent leur confiance dans le Fils — en l’Éternel Lui-même. Et Sion se revêtira de force, et Jérusalem de ses vêtements de parure (És. 52:1) ; et ses lieux déserts exulteront, car l’Éternel consolera Son peuple, et rachètera Jérusalem en plus d’eux-mêmes (És. 52:9).
La vérité est rendue plus grandiose dans le type quand il fait une exception pour ce qui est bâti par l’homme, une maison d’habitation dans une cité murée. «Et si quelqu’un a vendu une maison d’habitation dans une ville murée, il aura son droit de rachat jusqu’à la fin de l’année de sa vente : son droit de rachat subsistera une année entière ; mais si elle n’est pas rachetée avant que l’année entière soit accomplie, la maison qui est dans la ville murée restera définitivement à l’acheteur, en ses générations ; elle ne sera pas libérée au Jubilé. Mais les maisons des villages qui n’ont pas de murs tout autour, seront considérées comme des champs du pays ; il y aura droit de rachat pour elles, et elles seront libérées au Jubilé. Et quant aux villes des Lévites et aux maisons des villes de leur possession, les Lévites auront un droit perpétuel de rachat. Et si quelqu’un a racheté d’un des Lévites (ou, un des Lévites rachète quelque chose), la maison vendue dans la ville de sa possession sera libérée au Jubilé ; car les maisons des villes des Lévites sont leur possession au milieu des fils d’Israël. Et les champs des banlieues de leurs villes ne seront pas vendus, car c’est leur possession à perpétuité» (25:29-34).
C’était la maison d’habitation dans une ville murée qui perdait ainsi son droit au rachat au Jubilé. Le vendeur avait le droit de la reprendre pendant une année entière après la vente ; ensuite, si elle n’avait pas été rachetée, elle devenait la possession de l’acheteur pour toujours. Bien que bâtie dans le pays donné par Dieu aux Israélites, son privilège donné par Dieu était annulé par la chute de l’homme qui prévalait : un double témoignage nous le montre. «Car toute maison est bâtie par quelqu’un» (Héb. 3:4) : c’est seulement un homme qui l’a bâtie. Mais Dieu qui a bâti toutes choses (Héb. 3:4) revendiquait le pays comme Lui appartenant, et c’est comme propriétaire qu’Il le remettait à Son peuple, et Il rendra cette revendication des plus certaines dans le futur, le prouvant au grand Jubilé, au temps où tous les envahisseurs disparaîtront, et qu’Il rétablira Son peuple, alors qu’entre-temps celui-ci a tout perdu à plusieurs reprises par son éloignement de Lui. Le pays sera libéré pour l’Israélite en ce jour, par la vengeance de l’Éternel sur leurs ennemis méchants, et par Sa bonté envers eux — eux qui, enfin, se repentiront dans la poussière et dans la cendre, et se reposeront sur le sang expiatoire de Celui qu’ils rejettent et méprisent maintenant. Mais le lieu d’habitation que chacun construit ou prend du Cananéen n’était pas un don de Dieu comme le pays de la promesse.
Ceci était encore précisé par l’ajout de la caractéristique d’être «dans une ville murée». Il ne s’agissait plus là de la main de l’homme omniprésente dans une maison d’habitation, mais sa situation dans une «ville murée» soulignait encore beaucoup plus la présence, voire la prépondérance de la puissance de l’ennemi. Il y avait donc recours à une telle mesure humaine de protection, qui nous dit combien peu les Israélites jouissaient de la plénitude du privilège que Dieu leur accordera quand chacun s’assiéra sous sa vigne et sous son figuier, sans que personne ne les effraye : car la bouche de l’Éternel a parlé (Michée 4:4). Sans doute, ce sera parce qu’un Roi régnera en justice, bien au-delà de David et de Salomon qui n’en sont que des types. L’homme qui est Dieu, le compagnon de l’Éternel, sera comme une protection contre le vent et un abri contre l’orage, comme des ruisseaux d’eau dans un lieu sec, comme l’ombre d’un grand rocher dans un pays aride (És. 32:2). Et alors l’Esprit sera répandu d’en haut, et le désert deviendra un champ fertile, et le champ fertile sera réputé une forêt. Et Son peuple habitera une demeure de paix et des habitations sûres, et des lieux de repos tranquilles (És. 32:15, 18).
Alors, tandis que le travail pour en finir avec les ennemis d’Israël suivra son cours, sans être encore achevé, Éz. 38 nous dit qu’Israël sera alors rassemblé du milieu de beaucoup de peuples et ramené dans le pays délivré de l’épée (Ézé. 38:8). Mais le chef de Rosh, de Méshec et de Tubal, insensible tant à la chute du chef des puissances occidentales liguées avec l’Antichrist, qu’à la destruction des hordes orientales opposées à l’occident, persistera dans son dessein malfaisant de s’agrandir, et espèrera devenir le maître de la terre en fondant sur Israël apparemment dépourvu de protection. «Tu diras : Je monterai dans un pays de villes ouvertes, je viendrai vers ceux qui sont tranquilles, qui habitent en sécurité, qui tous habitent là où il n’y a pas de murailles et chez qui il n’y a pas ni barres ni portes, pour emporter un butin et faire un pillage, pour tourner ta main sur des lieux désolés de nouveau habités, et sur un peuple rassemblé d’entre les nations, qui a acquis du bétail et des biens, et habite le centre du pays» (Ézé. 38:11, 12). Mais l’Éternel se montrera le vrai et glorieux rempart de Son peuple, et fera pleuvoir une pluie torrentielle et des pierres de grêle, du feu et du soufre, sur ce dernier ennemi et tous ses alliés, avant que commence véritablement le règne de paix sur la terre (Ézé. 38:22). Il en sera ainsi sur les montagnes d’Israël ; mais ce châtiment exemplaire ne suffira pas. Car l’Éternel enverra un feu sur Magog, et parmi ceux qui habitent les îles en sécurité. Leurs villes murées, leurs fortifications, leurs formidables flottes, seront de vaines défenses, car ce sera le jour où le Seigneur ressuscité jugera la terre habitée ; et ils connaîtront qu’Il est l’Éternel (Éz. 39:6).
Par contre, la maison dans une partie du pays non protégée par les murs d’une ville, tombait sous le principe régissant la terre : le droit de rachat était conservé, et il y avait libération au Jubilé. La force et le bouclier de l’homme devront tomber en ce jour-là — celui qui triomphera sera l’homme sans défense mais se confiant en l’Éternel — quand Il renversera les hautes défenses des murailles de l’homme et toute leur solidité, et qu’Il les abattra, les rasera, les mettra en poussière.
C’est selon un principe similaire que la maison des Lévites tombait sous Sa protection, Lui qui les appelait à être Ses serviteurs ; une telle maison était couverte par un droit de rachat perpétuel. Même vendue dans la cité de sa possession, elle devait être libérée au Jubilé. D’un autre côté, leurs champs des banlieues de leurs villes ne pouvaient être vendus. Ils devaient demeurer leur possession perpétuelle, comme un don sacré de Dieu en leur faveur ; quand Il viendra, Il s’en occupera Lui qui a le droit de réparer tous les manquements et les défaillances au profit des Siens qui L’attendent.
Le chrétien est maintenant dans une position différente, et sa gloire est céleste ; il régnera avec Christ sur la terre. Il possède déjà la rédemption (= rachat) en Lui par Son sang (Éph. 1:7), mais attend Son retour pour la rédemption du corps (Rom. 8:23), et de l’héritage (Éph. 1:14). Il est uni à Christ par l’Esprit qui le fortifie (Col. 1:11 ; Éph. 3:16) pour souffrir joyeusement avec Lui, n’étant pas du monde comme Lui n’en était pas (Jean 17:16).
note Bibliquest : tombé en décrépitude est la traduction de l’anglais in decay (version KJV et JND anglaises) alors que JND traduit en français dont la main est devenue tremblante.
Nous arrivons à une nouvelle prescription tenant à des égards envers le frère pauvre tombé en décrépitude. Ce que ses proches pouvaient faire n’est pas abordé, ni une éventuelle possibilité de s’en sortir tout seul comme aux versets 25 à 28, mais ce passage traite du secours d’amour là où il n’y a pas de ressources ni au-dedans ni au-dehors. L’Éternel encourageait la compassion parmi Son peuple, et eux-mêmes en avaient été si richement les objets de Sa part. Rien n’est plus étranger à Ses pensées, tant pour les Siens que pour les étrangers, que l’esprit d’indépendance dont les Gentils sont fiers dans leur ignorance de Dieu.
«Et si ton frère est devenu pauvre, et qu’il soit tombé en décrépitude [JND : que sa main devienne tremblante] à côté de toi, tu le soutiendras, étranger ou hôte, afin qu’il vive à côté de toi. Tu ne prendras de lui ni intérêt ni usure ; et tu craindras ton Dieu, afin que ton frère vive à côté de toi. Tu ne lui donneras pas ton argent à intérêt, et tu ne lui donneras pas tes vivres à usure. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre Dieu» (25:35-38).
On a ici l’application de trois principes divins aux devoirs des Israélites en relation avec l’Éternel comme le peuple élu ; néanmoins cette relation impliquait une attitude de miséricorde vis-à-vis de l’étranger, car Dieu demeure bon en Lui-même et envers tous, et n’accepte pas que Son peuple l’oublie, même s’il est enclin à le faire comme le montre l’Écriture, sans parler de l’expérience.
La prospérité de l’un ou de l’autre ne vient que de Sa grâce. Seule l’incrédulité est aveugle à l’égard de Sa souveraineté qui compte les cheveux de notre tête, et sans laquelle aucun moineau ne tombe dans l’oubli (Luc 12:6-7). L’homme, tout pécheur qu’il soit, ne Lui est pas indifférent. L’Israélite Lui était alors précieux à cause des pères, et bientôt il Lui sera encore infiniment plus précieux, non pas tant à cause des pères, mais à cause de Celui qu’avec foi et repentance ils reconnaîtront comme leur Messie si longtemps méprisé, leur libérateur plein de grâce et tout-puissant alors qu’ils étaient en train de périr sous l’Antichrist et d’être engloutis par les nations. Mais déjà dans ces jours anciens, Dieu voulait qu’ils soient compatissants envers leurs frères, envers l’étranger et celui qui séjournait à côté d’eux, afin qu’il vive et ne meure pas. C’est la grâce qui avait appelé Abraham d’au-delà du fleuve Euphrate, où ses pères avaient demeuré autrefois et même servi d’autres dieux (Josué 24:2). C’est la grâce qui avait envoyé Moïse pour frapper l’Égypte par des plaies alors qu’elle opprimait les fils d’Israël, et qui les avait tiré de la fournaise de fer (Deut. 4:20) en leur faisant traverser la mer Rouge qui recouvrit ceux qui les réduisaient à l’esclavage. Et dans le temps où la même puissance devait détruire les Amoréens et les Cananéens, et le reste des habitants de la terre promise, il leur fallait se souvenir que tout venait de la grâce de Dieu : Dieu le leur ordonnait dans la mesure requise de ceux qui prospéraient en faveur de leurs frères en décrépitude. C’était une grâce immense qui inaugurait l’émergence, ou plutôt la naissance, de Son peuple, comme engendré et tiré d’Égypte pour recevoir le pays de Canaan, et pour avoir l’Éternel comme Dieu, Celui qui était leur sauveur, leur guide et leur gouverneur.
Nous chrétiens, nous sommes pareillement privilégiés et toujours tenus de regarder en arrière pour chérir notre commencement, la fondation de toute notre bénédiction en Celui qui, pour nous, est mort, et est ressuscité et est monté au plus haut des cieux. Ceci s’élève bien au-dessus de tout ce qui a été donné à Israël, ou était possible pour eux. Nous pouvons dire, et nous devons le savoir par l’enseignement divin, que nous sommes vivifiés et ressuscités ensemble avec Christ, et que nous sommes assis ensemble avec Lui dans les lieux célestes (Éph. 2:5-6). Et comme nous sommes un pareil ouvrage, — Son ouvrage (Éph 2:10), le corps de Celui qui est chef sur toutes choses (Éph. 1:22-23) — nous avons été ainsi créés dans le Christ Jésus (c’est une chose entièrement nouvelle) pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance afin que nous marchions en elles (Éph. 2:10) : c’est une marche nouvelle sous bien des rapports à cause de l’existence d’une telle relation, unique en son genre, et elle convient à une telle marche.
Pour demeurer dans le pays de l’Éternel, Israël devait Le représenter et faire Sa volonté telle qu’elle lui avait été exprimée. Tandis que les dieux étrangers laissaient le champ libre à toutes les passions de l’homme pécheur par l’opération du grand ennemi de Dieu et de l’homme, le Juif, lui, était appelé à pratiquer la miséricorde comme étant le propre de Celui qu’ils confessaient et qui trouve Ses délices dans la grâce. Comment aurait-Il pu maintenir un peuple dans Son pays, le bon pays découlant de lait et de miel, et sur lequel Ses yeux reposent continuellement (Deut. 11:9, 12), s’ils mettaient Sa volonté de côté et L’abandonnaient ? Ils avaient délibérément choisi la position basée sur leur obéissance à la loi de Dieu, et devaient en assumer les conséquences. Quand quelqu’un a été un objet de miséricorde, on s’attend normalement à ce qu’il en montre ; la loi l’imposait au Juif comme nous le voyons ici.
Il y avait aussi la puissante influence de l’espérance qui gouverne les prescriptions de tout ce chapitre. Le Juif était appelé à agir en vue du Jubilé, et il était inexcusable s’il le perdait de vue dans sa conduite. Quand un frère était en décrépitude, il devait garder à l’esprit la délivrance qui allait bientôt venir, et cela devait le fortifier pour porter assistance à ceux qui étaient dans le besoin, au lieu de s’en servir comme une occasion de cupidité égoïste en prêtant l’argent à intérêt ou en faisant profit des vivres pour accroître son propre stock. Car Israël dans son pays ne devait pas être un marchand comme le Cananéen ; c’est en frappant contraste avec les Juifs d’aujourd’hui parmi les nations, qui s’enrichissent de cette manière plus que tous les autres, et sont les maîtres banquiers du monde. Dans le temps présent, ils ont perdu leur vraie place, parce qu’ils sont devenus apostats vis-à-vis de Dieu, d’abord par idolâtrie, puis par le rejet du Christ Jésus ; ils descendront encore plus bas en accueillant l’Antichrist. Même à leur retour de Babylone, qui devait faire voir le Messie dans l’humiliation, ils annulaient le commandement divin par leur tradition, et l’intérêt égoïste prévalait sur la bonté et la miséricorde (Néhémie 5), jusqu’à ce que l’incrédulité fasse son œuvre jusqu’au pire extrême.
Mais qu’est-ce que la chrétienté a en dire ? Oserait-elle faire des reproches au Juif ? La chrétienté a opprimé, pillé et persécuté cruellement le Juif au lieu de servir de ville de refuge au meurtrier jusqu’à la mort du sacrificateur oint (Nombres 35 — c’est-à-dire, dans l’antitype, jusqu’à ce que Christ cesse Sa sacrificature dans les lieux célestes) ! Christ viendra alors pour le jugement, et l’homicide croyant sera rendu net et entrera dans son héritage, tandis que le sang de la culpabilité demeurera sur le meurtrier impénitent qui persistera dans son incrédulité jusqu’à la ruine irrémédiable.
La haine du Juif et le refus de croire en ses espérances d’un jour futur de bénédiction n’a pas été la part du Romanisme seulement, mais l’église grecque l’a haï encore plus ; en ce jour futur, le Juif sera béni d’une manière nouvelle, sous l’effet d’une miséricorde spéciale de l’Éternel, entièrement en dehors de l’église de Dieu. Car l’église a une place céleste d’union avec sa tête glorifiée, tandis qu’Israël a la promesse de la domination sur la terre quand le Seigneur régnera sur toutes les nations. La chrétienté sous toutes ses formes a commencé à convoiter cette domination terrestre quand elle n’a plus voulu partager les souffrances de Christ ici-bas, ni l’espérance céleste de la gloire de Christ au jour où les Siens régneront avec Lui ; c’est en ce jour-là seulement qu’ils régneront avec Lui sur le monde.
Satan trouvera moyen d’amalgamer les Juifs avec d’une part les puissances occidentales dans le culte des idoles, et d’autre part le faux prophète-roi des Juifs dans leur terre (Dan. 11:36-39). Le Seigneur détruira ces deux derniers à Son apparition (2 Thes. 2:3 ; Apoc. 17 et 19), comme Il détruira ultérieurement et pareillement celui qu’Ésaïe et Michée appellent «l’Assyrien» et que Daniel dénomme «roi du nord», leur ennemi extérieur de ce temps-là (Ésaïe 28 à 30 ; Dan. 8:23-25 ; 11:40-45) dont Sankhérib (Ésaïe 36:1) est le type.
Il y a une condition encore plus lamentable que celle de la décrépitude d’un pauvre. L’Israélite pouvait être amené à se vendre lui-même en esclavage, et c’est l’objet des prescriptions divines jusqu’à la fin du chapitre. Commençons par le premier cas.
«Et si ton frère est devenu pauvre à côté de toi, et qu’il se vende à toi, tu ne lui feras pas faire un service d’esclave ; il sera avec toi comme un homme à gages et un hôte ; il te servira jusqu’à l’année du Jubilé : alors il sortira de chez toi, lui et ses fils avec lui, et il retournera à sa famille, et retournera dans la possession de ses pères. Car ils sont mes serviteurs, que j’ai fait sortir du pays d’Égypte ; ils ne seront pas vendus comme on vend les esclaves. Tu ne domineras par sur lui avec dureté, et tu craindras ton Dieu. Mais quant à ton serviteur et à ta servante qui seront à toi… d’entre les nations qui vous environnent, de ceux-là, vous achèterez des serviteurs et des servantes. Et vous en achèterez aussi des fils des étrangers qui séjournent chez vous, et de leurs familles qui sont avec vous, qu’ils engendreront dans votre pays ; et ils seront votre possession. Et vous les laisserez en héritage à vos fils après vous, pour qu’ils en aient la possession ; vous vous servirez d’eux à toujours ; mais quant à vos frères, les fils d’Israël, un homme ne dominera pas avec dureté sur son frère» (25:39-46).
Quels que soient les désordres créés par le péché et les misères en résultant, l’Éternel pourvoyait en grâce en y mettant des freins, spécialement pour le peuple qu’Il avait choisi, en attendant le jour des restitutions dont le Jubilé était la préfiguration, régulièrement répétée. Une véritable détresse pouvait amener l’Israélite à être vendu à l’un de ses frères, mais jamais à perpétuité. Normalement, c’était pour une période de servage limitée à six ans, et la septième il pouvait sortir libre sans rien payer, selon le «jugement» profondément intéressant dont les détails figurent en Exode 21:1-6. Mais si aucune limite de ce genre n’était fixée, selon le cas de notre chapitre, le rétablissement de l’Israélite avait lieu en l’année du Jubilé. Entre temps, l’Éternel imposait à son maître israélite l’obligation de ne pas le traiter comme un serf, mais comme un serviteur salarié, comme un hôte et non pas comme un esclave. Au Jubilé, il devait sortir libre de chez son employeur, lui et ses enfants, sans aucune condition. La vente des esclaves ne s’appliquait pas. Au contraire, il pouvait lever haut la tête, comme un homme libre, lui et les siens, et ils retournaient à sa famille et dans la possession des ses pères.
C’était de tels soins attentifs que l’Éternel accordait à Son peuple, quelle qu’ait pu être leur imprévoyance. Et quelle base touchante et rassurante Il posait : «Car ils sont mes serviteurs que j’ai fait sortir du pays d’Égypte» (25:42) ! En Égypte, la superstition se servait des prêtres pour les maintenir dans un esclavage perpétuel des faux dieux, qui n’étaient que des démons sans vérité et sans pitié. L’Éternel qui avait sauvé Israël de la maison de servitude et de la fournaise de fer (Deut. 4:20), n’empêchait pas que l’Israélite ayant manqué à sa responsabilité ne goûte les fruits amers de ses propres fautes ou de celles d’autrui. Mais Il restreignait le châtiment dans sa durée, et donnait l’assurance d’un rétablissement en grâce : c’était le gage du rétablissement glorieux et définitif, quand le divin Libérateur les sauvera de leurs péchés et de leurs souffrances, tout autant que de leurs ennemis, Lui-même étant le fondement d’une sainte liberté et d’un héritage assuré, selon ce qui est dû à Celui qui est à la fois le Fils de David et le Seigneur de David (Matt. 22:45). Quel son joyeux quand retentira la voix de la trompette du vrai Jubilé, le seul enfin complet ; cette voix n’aura pas besoin d’être répétée, et même exclura par nature toute répétition !
Quand la faveur de l’Éternel ne reposait que sur une nation, la loi laissait libre l’achat d’esclaves selon les versets 44-46. Les Israélites étaient libres d’avoir des esclaves issus des nations environnantes, ou même de ceux qui séjournaient parmi eux. Ni les uns ni les autres ne pouvaient se prévaloir d’une fraternité sainte pour l’Éternel : les Israélites pouvaient acheter des esclaves tant des uns que des autres, en faire leur possession et les laisser en héritage à leurs enfants après eux ; ils restaient esclaves pour toujours. Mais quand la création sera délivrée de ses gémissements et de sa servitude, et que l’Église partagera la gloire de Christ dans les hauts lieux et sur toutes choses, et qu’Israël reconnaîtra son Messie crucifié, mais d’autant plus exalté, Fils de l’homme et Héritier de toutes choses, — alors des rois seront les nourriciers et des princesses les nourrices (És. 49:23) des Juifs ; ceux-ci ne seront plus méprisés ni persécutés. Des étrangers bâtiront les murs de Sion, et des rois seront leurs serviteurs (És. 60:10) en ce jour-là. Des étrangers seront leurs laboureurs et leurs vignerons (És. 61:5). La nation et le royaume qui ne serviront pas Sion périront (És. 60:12) : «Vous serez appelés sacrificateurs de l’Éternel : on dira de vous les serviteurs de notre Dieu. Vous mangerez des richesses des nations et vous vous revêtirez de leur gloire» (És. 61:6). Faut-il citer encore plus de preuves décisives des changements qui auront lieu pour Israël sous la domination du Messie et la nouvelle alliance ? Le temps se hâte : la jalousie de l’Éternel fera cela (És. 9:7 ; 37:32).
Il faut bien l’aveuglement de la théologie des Gentils pour mettre de côté l’une quelconque de ces espérances d’Israël. La vraie foi chrétienne les maintient toutes pour les Juifs, au temps où leur cœur se tournera vers le Seigneur qu’ils ont méprisé dans leur péché, à leur honte et pour leur perte. Mais du côté de Dieu, Ses dons et Son appel demeurent immuables : Il attend et fera paraître leur salut en grâce souveraine. Notre appel est en haut : nous pouvons bien diriger nos pensées sur les choses célestes. La portion des Juifs comprendra toute bénédiction et toute gloire sur la terre, d’abord dans leur pays, ensuite comme joie, fierté et couronnement de tous les pays. La Parole de notre Dieu, le Dieu d’Israël, demeurent à toujours. Dieu a eu en vue de choses meilleures nous concernant, [nous qui croyons alors que les Juifs sont sans repentance], mais les croyants d’autrefois qui n’ont pas reçu les choses promises ne parviendront pas à la perfection sans nous (Héb. 11:39-40). Chacun se réjouira dans sa propre portion, pratiquement en même temps, pour la gloire de Dieu en Christ.
Ce dernier cas est le plus triste de tous pour un vrai Israélite. Il y avait certainement faute si, sous le gouvernement de l’Éternel, une personne devenait pauvre dans Son pays (25:25 et suiv.) au point de devoir vendre sa possession, champs ou maison d’habitation dans une ville murée (25:29 et suiv.). C’était pire, pour un Juif aussi bien que pour un étranger ou un hôte, de tomber dans une décrépitude obligeant à être aidé en argent ou en vivres (25:35-38). C’était encore pire d’être vendu à un frère Israélite, même si l’Éternel interposait Son bouclier de miséricorde (25:39-46). Mais ici, c’est le frère pauvre se vendant lui-même à l’étranger ou à celui qui séjournait là, devenus riches. Pourtant l’Éternel a encore ici quelque chose à dire.
«Et si un étranger ou un homme qui séjourne chez toi s’est enrichi, et que ton frère qui est à côté de lui soit devenu pauvre et se soit vendu à l’étranger qui séjourne chez toi, ou à un homme issu de la famille de l’étranger, — après qu’il se sera vendu, il y aura pour lui droit de rachat ; un de ses frères le rachètera ; ou son oncle, ou le fils de son oncle le rachètera ; ou quelque proche parent de sa famille le rachètera ; ou si sa main y peut atteindre, il se rachètera lui-même. Et il comptera avec celui qui l’a acheté, depuis l’année qu’il s’est vendu à lui jusqu’à l’année du Jubilé ; et l’argent de son prix sera à raison du nombre des années ; il sera chez son maître selon les journées d’un homme à gages. S’il y a encore beaucoup d’années, il restituera le prix de son rachat à raison de celles-ci, sur le prix pour lequel il aura été acheté ; et s’il reste peu d’années jusqu’à l’année du Jubilé, il comptera avec lui ; à raison du nombre des années, il restituera le prix de son rachat. Il sera chez lui comme un homme à gages, d’année en année ; le maître ne dominera pas sur lui avec dureté devant tes yeux. Et s’il n’est pas racheté par un de ces moyens, il sortira l’année du Jubilé, lui et ses fils avec lui. Car les fils d’Israël me sont serviteurs ; ils sont mes serviteurs que j’ai fait sortir du pays d’Égypte. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu» (25:47-55).
Ce chapitre étant consacré à la rédemption par grâce et par puissance, c’est en parfait accord avec ce but de faire savoir à Israël les ressources qu’ils pouvaient attendre s’ils manquaient à leur responsabilité à l’égard de la loi, — cette loi qu’ils avaient accepté comme fondement de leur position devant l’Éternel. La bonté attentionnée de Dieu prenait des mesures en cas de chute extrême d’un Israélite tombé dans une nécessité telle qu’il se vendait volontairement en esclavage à un riche, étranger ou personne séjournant parmi eux, ou héritier d’une telle maison. L’Éternel ne voulait pas empêcher qu’ils ne goûtent les fruits du mal ou de la folie, mais Il faisait attention à établir un droit de rachat après s’être ainsi vendu lui-même. Un de ses frères, ou un oncle, ou le fils d’un oncle, ou un quelconque parent dans sa famille, pouvait racheter : il y avait amplement place pour les affections, ou pour la manifestation d’un intérêt particulier, que Lui-même avait et qu’Il commandait à Son peuple d’avoir.
Une fois appauvri si misérablement, l’homme pouvait d’une manière ou d’une autre trouver de quoi se racheter lui-même et échapper immédiatement à l’esclavage. Du fait qu’il était dans ce pays, aucun étranger, pas plus qu’un frère, ne pouvait soutenir avoir des droits allant à l’encontre des statuts de l’Éternel. Mais la justice devait aussi être maintenue. «Et il comptera avec celui qui l’a acheté, depuis l’année qu’il s’est vendu à lui jusqu’à l’année du Jubilé ; et l’argent de son prix sera à raison du nombre des années ; il sera chez son maître selon les journées d’un homme à gages» (25:50). L’Éternel ne tolérait pas l’esclavage absolu pour un fils d’Abraham. Si l’offre de prix de rachat était équitable, l’étranger devait l’accepter et procéder à la libération. Si beaucoup d’années restaient à courir, le prix de rachat restitué était à raison du prix auquel il avait été racheté (25:51). S’il ne restait que peu d’années, la restitution devait en tenir compte (25:52).
Mais la compassion de l’Éternel allait encore plus loin. Car au v. 53 il était prescrit que, même si l’Israélite asservi n’avait ni moyen ni perspective de rachat avant le Jubilé, il ne devait pas être traité en esclave. «Il sera chez lui comme un homme à gages, d’année en année ; le maître ne dominera pas sur lui avec dureté devant tes yeux [ceux d’Israël]» (25:53). Ainsi la peine devait être allégée entre temps, si Israël avait eu le cœur et la force de mettre effectivement en pratique la volonté de l’Éternel en faveur du pauvre.
Enfin il y avait la suprême ressource quand la trompette du Jubilé sonnait par le pays (25:54). Si tous les autres moyens avaient manqué, il restait une espérance sûre pour Israël. «Et tout homme qui était dans la détresse, et tout homme qui était dans les dettes, et tout homme qui avait de l’amertume dans l’âme» (1 Sam. 22:2) dans une servitude anormale avait le droit de sauter de joie à l’ouïe de la bonne nouvelle de grâce de l’Éternel ; comme il est dit ici : «il sortira l’année du Jubilé, lui et ses fils avec lui». Et Toi, précieux Jésus, Messie véritable, mais rejeté et d’autant plus glorieux, Tu auras la joie de racheter Israël de toutes ses iniquités, de toutes ses détresses et de toutes ses indignités, Toi qui es d’autant plus aimé que Tu as subi les souffrances et la honte de la main des Juifs, lorsqu’ils donnaient la main aux Gentils sans loi, comme actuellement avec l’Antichrist contre l’Éternel et contre Son Oint (Ps. 2:2). Tu reviendras en gloire détruire les destructeurs, délivrer Israël dans son résidu pieux et écraser les nations et le serpent ancien qui les a séduites, et qui séduit la chrétienté aujourd’hui, aussi aveugle que prétentieuse.
Le prélat de Chester Dr John Pearson, homme très instruit, avait des vues d’assez bas niveau sur la gloire personnelle de Christ, et Son œuvre et Ses fonctions. Ses lumières sur les choses divines sont assez sèches en leur genre, comme il plait aux théologiens de type scientifiques. Pourtant dans ce chapitre, bien loin d’y voir le prototype des privilèges chrétiens, il y a plutôt vu quelque chose contrastant fortement avec les «choses meilleures» que Dieu a préparées pour nous (Héb. 11:40). Ainsi même un esprit aussi froid s’est un peu réchauffé quand il a comparé nos privilèges avec ces gages de la bonté divine envers Israël. «Nous étions tous, à l’origine, esclaves du péché, et nous avons été rendus captifs par Satan, et il n’y avait pas moyen d’échapper sinon par la Rédemption. Or selon la loi de Moïse, si quelqu’un était en mesure de se racheter lui-même, il pouvait le faire : mais pour nous, c’était impossible, à cause de l’obéissance absolue due à Dieu dans toutes nos actions ; en conséquence aucun de nos actes ne pouvait ne pouvait compenser convenablement la moindre de nos offenses. Une autre prescription de la loi accordait plus de liberté pour le rachat de celui qui avait été vendu : un de ses frères pouvait le racheter. Mais pour les simples fils des hommes, ceci était impossible car ils étaient tous dans la même captivité. Et ils ne pouvaient racheter d’autres, dans la mesure où ils n’avaient aucun moyen de se racheter eux-mêmes. C’est pourquoi il n’y avait aucun frère capable de racheter, sinon ce Fils de l’homme qui est aussi le Fils de Dieu ; qui a été fait semblable à nous en toutes choses, à part le péché (Héb. 2:17 ; 4:15), afin de pouvoir opérer cette rédemption pour nous. Et ce que Lui seul pouvait, Il l’a fait pour nous, gratuitement» (Exposition du Credo, vol. 1. 119, Oxford 1797).
Oui, nous étions tous perdus bien au-delà de toutes les pires figures illustrant l’état des Israélites ; et nous sommes sauvés comme aucun ne pouvait l’être jusqu’à ce que le Fils de Dieu ait opéré un salut d’âmes pour ceux qui croient, et qui croient plus que ce que le Dr. Pearson a jamais enseigné ou connu. Car le salut de Dieu est venu, et Sa justice a été révélée (Rom. 1:17). Tel est en effet l’évangile pour les Juifs et pour les Grecs, par la foi et sur la foi (Rom. 1:17 ; 3:22). Mais il y a incompatibilité entre la nation favorisée selon Rom. 11 et les faits qu’on peut observer tous les jours «jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée» (Rom. 3:25). Leur état est un aveuglement partiel tandis que l’évangile est annoncé aux Gentils, jusqu’à ce qu’un résidu Juif né de nouveau puisse dire : «Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur» (Matt. 23:39). Alors Jésus viendra délivrer le résidu et détruire ses ennemis. «Et ainsi tout Israël [excepté les apostats] sera sauvé, selon qu’il est écrit : le Libérateur viendra de Sion [après sa sortie des cieux] ; il détournera de Jacob l’impiété. Et c’est là l’alliance de ma part pour eux, lorsque j’ôterai leurs péchés : En ce qui concerne l’évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l’élection, ils sont bien-aimés à cause des pères» (Rom. 11:26-28). Y a-t-il rien de plus manifeste que l’achèvement de la dispensation [époque] actuelle et l’introduction de la nouvelle dispensation [époque] pour la génération à venir ?
Le dernier verse