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Lévitique 17 à 22 — Israël saint à l’Éternel

 

 

Kelly William

 

Bible Treasury vol. N4, p. 119 à 371, août 1902 à décembre 1903 ; réédité en fin de 20° siècle par Bible Truth Publishers

Le texte biblique utilisé est essentiellement celui de la version JN Darby, sauf là où il était nécessaire d’utiliser la traduction propre de WK à cause du commentaire correspondant. La traduction de WK est de toute manière très proche de celle de JND.

Les sous-titres de dernier rang ont été ajoutés par Bibliquest.

 

Table des matières abrégée :

1     Chapitre 17

2     Chapitre 18

3     Chapitre 19

4     Chapitre 20

5     Chapitre 21

6     Chapitre 22

 

Table des matières complète :

1     Chapitre 17

1.1      Ch. 17:1-9 — Israël Saint à l’Éternel

1.1.1       Ch. 17:1-6 — Les viandes et le sang : le principe remonte à Noé

1.1.2       Ch. 17:7 — Un garde-fou contre l’idolâtrie

1.1.3       Ch. 17:8-9 — Les étrangers et le maintien de l’unité

1.2      Ch. 17:10-16 — Interdiction de manger le sang

1.2.1       L’origine de la défense du sang en Genèse 9

1.2.2       La confirmation d’Actes 15 pour les chrétiens non Juifs

1.2.3       Ch. 17:10-14 — L’ordonnance pour Israël

1.2.4       Ch. 17:15-16

1.2.5       Boire le sang en Jean 6

2     Chapitre 18

2.1      Ch. 18:1-5 — Le devoir d’Israël dans les relations naturelles

2.1.1       L’état du peuple sous la loi

2.1.2       La loi source de malédiction : la justice de Dieu est par la foi

2.1.3       La responsabilité du chrétien sous la grâce

2.1.4       Ch. 18:1-5

2.2      Ch. 18:6-18— Mélange abominable dans les parentés

2.3      Ch. 18:19-30 — Autres abominations interdites

3     Chapitre 19

3.1      Ch. 19:1-13 — Justice pratique d’Israël

3.1.1       Ch. 19:1-4

3.1.2       Ch. 19:5-13

3.2      Ch. 19:14-18 — La sainteté pratique d’Israël

3.2.1       Aimer son prochain

3.2.2       Israël par rapport à l’état de choses qui précédait

3.2.3       L’apport nouveau du christianisme, la marche des croyants, la grâce, Israël et l’Eglise

3.3      Ch. 19:19-37 — Sainteté d’Israël

3.3.1       Ch. 19:19-25

3.3.2       Ch. 19:26-37

3.3.3       Différences entre l’appel d’Israël et l’appel des chrétiens

4     Chapitre 20

4.1      Ch. 20:1-8 — Sanctification pratique d’Israël

4.2      Ch. 20:9-21 — Sanctification pratique d’Israël

4.2.1       Ch. 20:9-21

4.2.2       La sanctification pratique chez le chrétien

4.3      Ch. 20:22-27 — Sanctification pratique d’Israël

4.3.1       Chassés à cause de la désobéissance — Restauration finale par grâce

4.3.2       Ch. 20:22-27 — L’obéissance à la volonté de Dieu, pour Israël et pour le chrétien

5     Chapitre 21

5.1      Ch. 21:1-9 — La sainteté chez les sacrificateurs

5.1.1       Pas de contact avec la mort, et autres obligations de pureté

5.1.2       Les sacrificateurs dans le christianisme

5.2      Ch. 21:10-15 — La sainteté du souverain sacrificateur

5.3      Ch. 21:16-24 — Le sacrificateur défectueux

5.3.1       Ch. 21:16-24

5.3.2       Le Seigneur, un parfait sacrificateur

5.3.3       Les croyants comme sacrificateurs

5.3.4       La sacrificature selon les épîtres de Pierre, Paul et Jean

6     Chapitre 22

6.1      Ch. 22:1-16 — Privilège et responsabilité du sacrificateur

6.1.1       Ch. 22:1-2

6.1.2       Ch. 22:3-8

6.1.3       Ch. 22:9-11

6.1.4       Ch. 22:12-14

6.1.5       Ch. 22:15-16

6.2      Ch. 22:17-25 — La sanctification requise pour les sacrificateurs et le peuple

6.3      Ch. 22:26-33 — Sanctification d’Israël

6.3.1       Ch. 22:26

6.3.2       Ch. 22:27

6.3.3       Ch. 22:28

6.3.4       Ch. 22:29-30

6.3.5       Ch. 22:31-33

 

 

1                        Chapitre 17

1.1   Ch. 17:1-9 — Israël Saint à l’Éternel

Le grand jour des Propitiations a occupé tout le chapitre 16 de ce livre. Sa relation avec les fêtes de l’Éternel se trouve au ch. 23:26-32. Mais il avait aussi une place à part, comme il ressort du fait que l’Éternel a donné à son sujet une révélation spéciale avec beaucoup de détails, à cause de son importance particulière : ce ch. 16 est un chapitre central, à la fois dans le livre du Lévitique et dans les voies de Dieu, car il est une figure de l’œuvre de Christ dont dépend toute bénédiction tant pour le monde perdu que pour le peuple d’Israël, pour les Juifs comme pour les Grecs ou pour l’Église de Dieu, pour la terre et pour les cieux, pour le temps et pour l’éternité.

Nous avons donc cherché à expliquer ce chapitre 16 par lui-même, bien imparfaitement, mais en simplicité et en vue des applications pratiques. Je peux maintenant passer à l’Écriture suivante jusqu’au chapitre 23 qui mérite d’être traité à part. Chacun de ces six chapitres (17 à 22) est consacré à des ordonnances données de Dieu pour préserver les sacrificateurs et le peuple d’Israël des souillures auxquelles ils étaient exposés. Il ne s’agit pas de sacrifices comme aux ch. 1 à 7, ni de la consécration des sacrificateurs, suivie de leur chute, comme dans les ch. 8 à 10, ni de l’exécution des obligations relatives à la nourriture, et aux souillures naturelles et à la purification (ch. 11 à 15), tout ceci se terminant par le Jour des Propitiations (ch. 16). Ici il s’agit de mettre en garde les sacrificateurs et le peuple contre d’autres sources de souillure.

Voyons maintenant le passage qui est devant nous :

« Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle à Aaron et à ses fils, et à tous les fils d’Israël, et dis-leur : C’est ici ce que l’Éternel a commandé, disant : Quiconque de la maison d’Israël aura égorgé un bœuf ou un mouton ou une chèvre, dans le camp, ou qui l’aura égorgé hors du camp, et ne l’aura pas amené à l’entrée de la tente d’assignation pour le présenter comme offrande à l’Éternel devant le tabernacle de l’Éternel, le sang sera imputé à cet homme-là : il a versé du sang ; cet homme-là sera retranché du milieu de son peuple ; — afin que les fils d’Israël amènent leurs sacrifices qu’ils sacrifient dans les champs, qu’ils les amènent à l’Éternel, à l’entrée de la tente d’assignation, vers le sacrificateur, et qu’ils les sacrifient en sacrifices de prospérités à l’Éternel. Et le sacrificateur fera aspersion du sang sur l’autel de l’Éternel, à l’entrée de la tente d’assignation, et en fera fumer la graisse en odeur agréable à l’Éternel ; et ils ne sacrifieront plus leurs sacrifices aux démons après lesquels ils se prostituent. Ceci sera pour eux un statut perpétuel, en leurs générations. Et tu leur diras : Quiconque de la maison d’Israël, ou des étrangers qui séjournent au milieu d’eux, offrira un holocauste ou un sacrifice et ne l’amènera pas à l’entrée de la tente d’assignation pour le sacrifier à l’Éternel, cet homme-là sera retranché de ses peuples » (Lév. 17:1-9).

 

1.1.1        Ch. 17:1-6 — Les viandes et le sang : le principe remonte à Noé

Quand, après le déluge, Dieu a établi le monde qui est le notre, sous la condition nouvelle de gouvernement responsable remis entre les mains de l’homme, il y eut au préalable un sacrifice ; et la bonne odeur en a été si agréable que l’Éternel a dit dans Son cœur qu’il ne maudirait plus de nouveau le sol à cause de l’homme, car l’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse (Gen. 8:21). Le mal même de l’homme a été l’occasion pour Dieu de montrer Sa grâce, Lui le Dieu immuable, qui s’était servi du mal de l’homme pour manifester ce qu’Il est en Lui-même, et Il est donc incompréhensible sauf pour la foi. Là-dessus Dieu établit le principe que la vie appartient à Dieu, et que l’homme était tenu de reconnaître ce qu’Il réclamait pour Lui en ne mangeant pas le sang (Gen. 9:4). Ce principe a été reconnu par les apôtres, les anciens et les frères à Jérusalem, dans l’assemblée même qui a défendu la liberté des croyants Gentils, tout en insistant sur la restriction imposée au temps de Noé (Actes 15:20 ; 21:25).

Toutefois il ne s’agit pas ici de Dieu s’occupant de l’homme, mais de l’Éternel instruisant Ses sacrificateurs et Son peuple dans leur relation particulière avec Lui. Il s’agissait de ce que l’Éternel commandait à tout homme de la maison d’Israël, et non pas à d’autres ; et ceci leur était imposé en relation avec leur état dans le désert. Quiconque égorgeait un animal pour en faire sa nourriture hors du camp devait l’apporter à l’entrée de la tente d’assignation pour l’offrir en sacrifice à l’Éternel devant Son tabernacle. S’il ne le faisait pas, le sang lui était imputé, et parce qu’il avait versé le sang sans reconnaître Éternel, sa propre vie était là pour payer : « cet homme-là sera retranché de ses peuples » (17:9). C’était un abandon de l’Éternel, et la négation du terrain sur lequel cet homme se tenait devant Lui. S’il prenait sa part de la nourriture animale, il était tenu de reconnaître que la vie appartient à l’Éternel — ce que les Gentils qui ne connaissaient pas Dieu avaient oublié. L’Éternel demandait que cette vérité soit confessée chaque fois que quelqu’un prenait de la chair d’un animal pour sa nourriture. Et non seulement ceci, mais Il prescrivait de le faire solennellement devant le tabernacle. Bien que ce fût pour se nourrir, ils avaient le devoir de l’apporter à l’Éternel et au sacrificateur, en tant que sacrifice, — non pas bien sûr en sacrifice pour le péché, mais en expression de la communion avec Lui, en sacrifices de prospérités à l’Éternel.

Le sacrificateur ne devait pas non plus commettre de faute de son côté, mais il devait faire l’aspersion du sang sur l’autel de l’Éternel, à l’endroit prescrit, et il devait faire fumer la graisse en odeur agréable à l’Éternel. Ceci fait ressortir la méchanceté profane et égoïste des fils d’Éli à une époque ultérieure dans le pays, non pas seulement moralement, mais au mépris de la loi, dans les sacrifices officiels eux-mêmes, et dans ce qui était le droit exclusif de l’Éternel (1 Sam. 2:12-25). D’un côté le peuple ne devait pas prendre leur part avec ingratitude, mais comme un privilège du peuple de l’Éternel, et de l’autre côté les sacrificateurs étaient appelés à faire de bon cœur l’aspersion du sang et à faire fumer la graisse sur l’autel. Combien tout cela Lui était dû ! Combien cela était heureux et bon pour Son peuple !

 

1.1.2        Ch. 17:7 — Un garde-fou contre l’idolâtrie

C’était aussi un garde-fou bien nécessaire contre l’idolâtrie. Car le piège de se détourner vers les dieux étrangers est si invétéré chez l’homme, qu’ici l’Éternel daigne même noter le danger pour Son peuple errant. « Et il ne sacrifieront plus leurs sacrifices aux démons [ou boucs, ou satyres] après lesquels ils se prostituent. Ceci sera pour eux un statut perpétuel, en leurs générations » (17:7). De la même manière que maintenant, pour nous chrétiens qui nous nous reposons sur le seul sacrifice parfaitement accompli de Christ, si nous mangeons ou buvons, ou quoi que nous fassions, c’est notre place et notre joie de faire tout à la gloire de Dieu et au nom du Seigneur Jésus, rendant grâce au Père par Lui (1 Cor. 10:31 ; Col. 3:17 ; Éph. 5:20). Il ne s’agit pas seulement d’offrir un sacrifice de louanges à Dieu, mais aussi de ne pas oublier de faire du bien et de le communiquer (c’est-à-dire de partager nos biens avec d’autres), car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices (Héb. 13:15-16).

 

1.1.3        Ch. 17:8-9 — Les étrangers et le maintien de l’unité

Les versets 8 et 9 prennent en compte les étrangers qui séjournaient parmi les fils d’Israël, et ils dénoncent le mal qu’il y avait à offrir un holocauste ou un sacrifice ailleurs qu’au lieu divinement assigné pour rencontrer l’Éternel. Pour tous ceux qui professent honorer l’Éternel avec un sacrifice, qu’il est triste de mépriser la bonté par laquelle Il a donné une place (mais une seule) pour s’approcher extérieurement de Lui ! Notre adversaire invisible est si actif et si rusé en toute chose, spécialement contre l’adoration publique de Dieu, cherchant à mettre du déshonneur sur la volonté de Dieu, bonne agréable et parfaite ! Il en était ainsi en Israël, et cela a toujours été, avec trop de succès dans l’Église, depuis le commencement jusqu’à nos jours.

Car s’il était urgent de maintenir l’unité de la nation élue — unité faible et distante quand l’Éternel les introduisait dans le pays promis, et unité plus marquée une fois le temple édifié —combien il est beaucoup plus insisté sur l’unité de la famille de Dieu dans l’évangile de Jean, et l’unité du seul corps, l’Église, dans les épîtres de l’apôtre Paul ! Et qu’il est triste et humiliant de voir des chrétiens se dérober à leurs privilèges et à leurs obligations, en demandant si cette unité est nécessaire au salut. Or il s’agit de la volonté de Dieu et de la gloire de Christ. Cela serait-il peu de chose pour celui pour qui Dieu a donné son Fils ? et qu’Il a sanctifié par son Esprit pour l’obéissance (1 Pier. 1:2) ? N’est ce pas un péché de propre volonté ? et n’est ce pas d’autant plus grave sachant l’immensité de la grâce de Dieu envers nous ? Si nous sommes Ses enfants, nés de Lui, Ses enfants par la foi en Christ, il nous convient certainement de ne considérer comme pénible aucun de Ses appels à la soumission. Rappelons-nous que, par le don du Saint Esprit, nous avons déjà une relation individuelle avec Dieu, et nous sommes déjà introduits dans le seul corps de Christ. Que la foi opérante par l’amour puisse agir à cet égard comme une réalité vivante et présente. Dieu nous a établis dans nos places respectives dans l’Église. Notre devoir est de le reconnaître avec action de grâce, et d’agir en rapport, sans crainte et sans doute. « Et nous sommes Sa maison [celle de Dieu], si du moins nous retenons ferme jusqu’au bout la confiance et la gloire de l’espérance » (Héb. 3:6).

 

1.2   Ch. 17:10-16 — Interdiction de manger le sang

Ce que nous venons de voir ne s’appliquait pleinement qu’au désert et au tabernacle qui s’y trouvait ; en outre cela s’appliquait partiellement aux étrangers qui séjournaient parmi eux, et entièrement aux fils d’Israël comme étant le peuple de l’héritage de l’Éternel. Les interdictions principales des versets suivants (17:10-16) ont une portée beaucoup plus large comme nous le montre le Nouveau Testament.

« Et quiconque de la maison d’Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d’eux, aura mangé de quelque sang que ce soit, je mettrai ma face contre celui qui aura mangé du sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple ; car l’âme de la chair est dans le sang ; et moi je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation pour vos âmes ; car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme. C’est pourquoi j’ai dit aux fils d’Israël : Personne d’entre vous ne mangera du sang, et l’étranger qui séjourne au milieu de vous ne mangera pas de sang. Et quiconque des fils d’Israël et des étrangers qui séjournent au milieu d’eux prendra, à la chasse, une bête ou un oiseau qui se mange, en versera le sang et le recouvrira de poussière ; car, quant à la vie de toute chair, son sang est sa vie en elle ; et j’ai dit aux fils d’Israël : Vous ne mangerez le sang d’aucune chair ; car l’âme de toute chair est son sang ; quiconque en mangera sera retranché. Et toute personne tant l’Israélite de naissance que l’étranger, qui mangera du corps d’une bête morte d’elle-même ou déchirée, lavera ses vêtements et se lavera dans l’eau, et sera impure jusqu’au soir : alors elle sera pure. Et si elle ne lave pas ses vêtements et ne lave pas sa chair, elle portera son iniquité » (17:10-16).

 

1.2.1        L’origine de la défense du sang en Genèse 9

C’est ainsi que l’Éternel voulait marquer sur le cœur insouciant de l’homme que, comme la vie humaine a été perdue par le péché par confiscation de Dieu, ainsi Lui-même interdisait la légèreté profane consistant à avoir pour nourriture le sang qui est la vie naturelle des créatures terrestres. C’est ce qu’il avait déjà ordonné après le déluge quand il y eut pour la première fois la liberté de se nourrir de viande (Gen. 9:3-4). Le sang Lui était strictement réservé. Même avec les animaux de la nature, nés pour être pris et détruits (2 Pier. 2:12), et bons pour servir de nourriture, les droits de Dieu devaient être maintenus. Ceci était la règle bien avant la loi, et même bien avant les pères qui ont reçu les promesses (Rom. 15:8). Cela s’adressait à ceux qui avaient été sauvés de la destruction, et qui se trouvaient sur le fondement de ce que l’Éternel avait vu dans l’holocauste offert par Noé sur l’autel. Mais quand, à la suite de cela, Dieu a béni Noé et ses fils au commencement du monde de maintenant, quand tout ce qui est vivant et qui se meut sur la terre et dans les mers, a été donné en nourriture, comme précédemment l’herbe verte (Gen. 1:30), il est dit « vous ne mangerez pas la chair avec sa vie, [c’est-à-dire] son sang » (Gen. 9:4). La vie de l’homme a une valeur qui lui est attachée et qui n’avait jamais été affirmée auparavant ; la valeur de la vie était d’autant plus affirmée maintenant que, pour la première fois, c’était à un gouvernement responsable devant Dieu de la défendre. « Et certes, je redemanderai le sang de vos vies » (Gen. 9:5). Même si une créature humaine était mise à mort par un simple animal sans âme raisonnable, ce n’était pas une raison pour fermer les yeux. « De la main de tout animal je le redemanderai, et de la main de l’homme ; de la main de chacun, de son frère, je redemanderai la vie de l’homme. Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ; car à l’image de Dieu, il a fait l’homme » (Gen. 9:5-6).

 

1.2.2        La confirmation d’Actes 15 pour les chrétiens non Juifs

Ces prescriptions données à Noé ont été reprises pour ses descendants sous la loi, mais elles ont été données à connaître au monde après le déluge. Quand le parti judaïsant des premiers temps de l’Église s’est efforcé de mettre les Gentils sous la loi, Dieu a pris soin de maintenir leur liberté vis-à-vis de la loi de Moïse. C’est à Antioche que cela eut lieu, là où, pour la première fois, le nom de chrétien avait été entendu (Actes 11:26), et les fautifs étaient certains hommes descendus de Judée, qui enseignaient qu’on ne pouvait pas être sauvé s’il l’on n’était pas circoncis (Actes 15:1). Paul et Barnabas, après une grande discussion, n’arrivèrent pas à régler la question ; on ramena alors celle-ci à l’origine de la dispute, et tout fut soumis aux apôtres et anciens à Jérusalem. Alors Pierre donna un témoignage incisif, et demanda pourquoi ils tentaient Dieu en mettant sur les disciples un joug « que nous ni nos pères n’avons pu porter. Car nous croyons que nous sommes sauvés par la grâce du Seigneur de la même manière qu’eux aussi » ; ce n’était pas seulement eux, les Gentils, qui seraient sauvés de la même manière que nous, les Juifs (Actes 15:10-11). Alors Barnabas et Paul rappelèrent les signes et prodiges que Dieu avait opérés parmi les Gentils par leur moyen ; et Jacques résuma le tout par ce qui est devenu le décret des apôtres et des anciens, avec toute l’assemblée, et même le Saint Esprit, disant de ne pas mettre sur les Gentils aucun autre fardeau que ces choses-ci qui sont nécessaires : « qu’on s’abstienne des choses sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. Si vous vous gardez de ces choses, vous ferez bien » (Actes 15:28-29).

Beaucoup sont surpris que l’abstention des idoles et la pureté personnelle soient mises au même rang que s’abstenir de manger le sang et ce qui est étouffé. L’apôtre ne raisonne pas sur une base de conscience humaine. Certes la conscience est une source de direction solennelle, mais elle était alors, et est souvent encore, obscurcie par des opinions et habitudes publiques qui, parmi les Gentils, faisaient peu cas de l’idolâtrie, de la pureté personnelle, aussi bien que de l’usage du sang et des choses étouffées comme nourriture. La volonté révélée de Dieu est absolue pour le croyant ; et Dieu met vraiment sa face contre tout laxisme vis-à-vis de telles pratiques, de façon entièrement indépendante des institutions spéciales données à Israël. Cela a tout le poids de l’autorité apostolique affirmant « ces choses nécessaires » : qui peut abroger ce qui est ainsi exprimé expressément pour les Gentils croyants ? — alors que cela est bien dissocié des ordonnances lévitiques. L’honneur de Dieu est maintenu non violé, aussi bien que son approbation du mariage, — non pas de la fornication. Dieu insiste qu’on reconnaisse que la vie lui appartient, en sorte que, en même temps qu’Il donne la chair à manger, Il se réserve le sang, et Il interdit de manger des choses étouffées. Le chrétien ne doit être aucunement indifférent à de telles ordonnances, mais il est tenu de L’honorer dans chacune d’elles.

 

1.2.3        Ch. 17:10-14 — L’ordonnance pour Israël

En Israël, comme nous voyons dans ces versets, manger le sang c’était provoquer la jalousie de l’Éternel jusqu’au retranchement du contrevenant : il n’y avait pas de différence à cet égard entre les Israélites et les étrangers séjournant parmi eux. Manger le sang, c’était nier l’obligation de reconnaître que la vie était perdue par confiscation de Dieu : vis-à-vis de Dieu, il fallait le reconnaître solennellement, si ce n’est sur l’autel, au moins en versant le sang par terre, comme quelque chose qui Lui était dû, au lieu de se l’approprier pour son propre avantage. La mort est une chose sérieuse, et l’Éternel ne permettait pas que l’on passe légèrement dessus, même quand il permettait à son peuple de se nourrir de la chair qui avait été tuée. Mais il voulait que, sous peine de mort, ils honorent son droit sur le sang comme signe de la vie livrée à Dieu, et en aucune manière pour que l’homme en fasse sa nourriture.

 

1.2.4        Ch. 17:15-16

Au verset 15 une distinction est faite entre manger ce qui est mort de soi-même, et ce qui a été déchiré par des bêtes : « Et toute personne, tant l’Israélite de naissance que l’étranger, qui mangera du corps d’une bête morte d’elle-même ou déchirée, lavera ses vêtements et se lavera dans l’eau, et sera impure jusqu’au soir : alors elle sera pure » (17:15). Il ne s’agissait pas ici de mépris des droits de l’Éternel, comme dans le cas de vouloir délibérément manger le sang interdit ; c’était quand même manquer de zèle pour la Parole de Dieu, et ne pas apprécier correctement la relation avec Dieu. L’impureté s’ensuivait, et il fallait s’en purifier soi-même et son entourage, devant Dieu, de la manière prescrite. Si l’âme souillée était indifférente à ces expressions modérées d’humiliation, on ne se moque pas de l’Éternel, et l’âme L’ayant ainsi méprisé, porterait son iniquité (17:16).

 

1.2.5        Boire le sang en Jean 6

Si l’on pèse ces expressions, on peut réaliser le choc que pouvaient ressentir les Juifs en entendant les paroles de notre Seigneur en Jean 6:53-55 : « Si nous ne mangez la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est en vérité un aliment, et mon sang est en vérité un breuvage ». J’accepte que ces paroles sont symboliques, comme souvent dans cet Évangile. Mais y avait-il un symbole plus renversant ? Sa personne, Son œuvre sont la clef de la vérité. Manger le sang sous la loi, c’était se rebeller contre la place qu’on avait perdue, et faire un usage de la vie qui ne revient et n’appartient qu’à Dieu. Maintenant Dieu donne la vie éternelle dans son Fils à tout croyant, et Il L’a envoyé pour mourir comme propitiation pour nos péchés. La grâce change tout, et nous méprisons aussi la vérité si nous ne nous approprions pas Sa mort comme la nourriture de la foi pour nos âmes. Mais ceci n’abroge en aucune manière le fait que, dans tout l’éclat du Nouveau Testament, les apôtres guidés par le Saint Esprit ont appelé à respecter ce signe extérieur que la vie livrée n’appartient qu’à Dieu.

 

2                        Chapitre 18

2.1   Ch. 18:1-5 — Le devoir d’Israël dans les relations naturelles

2.1.1        L’état du peuple sous la loi

On voit apparaître ici Aaron et ses fils. L’Éternel communiquait à Moïse ce qu’il imposait au peuple en général. Ils avaient laissé la maison de servitude derrière eux avec ses idoles et ses impuretés, et ils allaient entrer en Canaan, car l’iniquité des Amoréens était venue à son comble (Gen. 15:16). C’était un peuple racheté, au moins extérieurement, déjà mis à l’abri du jugement divin en Égypte par le sang de l’agneau pascal, puis délivré par la puissance divine à travers la Mer Rouge qui avait englouti toute la force adverse du monde. Pourtant ils n’étaient encore que dans le désert, avec l’Éternel comme conducteur de leur marche, et demeurant au milieu d’eux partout où ils séjournaient.

La manière dont Il s’était occupé d’eux jusqu’au Sinaï avait été en grâce pure, malgré leur incrédulité et leurs plaintes perpétuelles. S’ils avaient murmuré aux eaux amères après trois jours de soif, l’Éternel n’avait frappé aucun d’eux, mais avait montré à Moïse le moyen de les rendre douces (Ex. 15:25). Quand ils avaient murmuré parce qu’ils avaient faim, l’Éternel leur avait donné le pain du ciel, et en double mesure au sixième jour pour bien marquer le sabbat de repos (Ex. 16). Quand ils avaient une nouvelle fois murmuré à cause de l’eau, Moïse, sur les indications de l’Éternel, avait frappé le rocher en Horeb, et l’eau en était découlée abondamment (Ex. 17:6). Alors Amalek était venu et Josué avait combattu, mais même si la victoire était assurée, Israël ne pouvait prévaloir que si les mains de Moise restaient élevées (Ex. 17:11). Un beau gage du Royaume termine cet ordre divin (Ex. 18). Puis tout change en Exode 19, car, au lieu de reconnaître leur entière faiblesse et de supplier sur la base des promesses de la grâce, Israël entreprend hardiment de se tenir sur le terrain d’obéissance de la loi, c’est-à-dire de leur propre justice : c’était la preuve certaine qu’ils ne connaissaient correctement ni Dieu ni eux-mêmes, et c’était le triste gage d’une ruine qui irait toujours de mal en pis.

Pourtant ils restaient encore le peuple de Dieu, comme aucune nation ne l’était. Son élection et leur rédemption étaient des faits tout aussi certains que le jugement qu’Il avait exécuté pour les délivrer du plus grand des royaumes de la terre de l’époque. L’Éternel avait amené Israël tel quel à Lui-même ; mais se confiant en eux-mêmes, ils avaient accepté la condition de garder Son alliance comme base de leur position et de leur bénédiction. Cela devint la base de leurs obligations. Ils étaient en relation avec Lui comme Son peuple sur la terre, avec Sa loi comme règle à laquelle ils étaient tenus à tous égards. L’obéissance est un devoir, mais faire reposer la vie ou la bénédiction sur l’obéissance est fatal. C’est pourquoi la loi devint pour l’homme pécheur un ministère de mort et de condamnation (2 Cor. 3:7-9).

 

2.1.2        La loi source de malédiction : la justice de Dieu est par la foi

« Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Vous ne ferez pas ce qui se fait dans le pays d’Égypte où vous avez habité, et vous ne ferez pas ce qui se fait dans le pays de Canaan où je vous fais entrer, et vous ne marcherez pas selon leurs coutumes. Vous pratiquerez mes ordonnances, et vous garderez mes statuts pour y marcher. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Et vous garderez mes statuts et mes ordonnances, par lesquels, s’il les pratique, un homme vivra. Moi, je suis l’Éternel » (18:1-5).

C’est de toute importance de saisir que sur un tel fondement aucun pécheur ne peut vivre : il a besoin d’être justifié par la foi en Jésus le seul Sauveur. C’est pour cette raison que l’apôtre en Gal. 3:11-12 cite le dernier de ces versets pour établir le contraste qu’il y a entre la position sous la loi et par la foi. « Or que par la loi personne ne soit justifié devant Dieu, cela est évident, parce que : Le juste vivra de foi. Mais la loi n’est pas sur le principe de la foi, mais : Celui qui aura fait ces choses vivra par [ou en vertu de] elles » (Gal. 3:11-12). Au verset 10 il avait en effet déjà posé le principe beaucoup plus vaste que « tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction », en se fondant sur Deut. 27:26. Que le lecteur pèse ce fait frappant tel qu’il se trouve dans l’Écriture. Le silence est gardé quant aux bénédictions prononcées sur le mont Garizim car elles étaient toutes en vain (Deut. 27:12 ; Jos. 8:34). Mais les malédictions du mont Ébal sont énoncées dans toute leur solennité (Deut. 27:15-26).

La loi était donnée non pas à l’homme pécheur pour avoir la vie par elle, mais pour apprendre que c’était impossible de cette manière. La loi ne peut que maudire les pécheurs, et Israël comme tous les hommes sont pécheurs. C’est par la foi que les anciens, comme nous mêmes ont reçu témoignage d’être justes (Héb. 11:2) ; car la foi repose toujours, non pas sur soi-même, mais sur Christ, comme l’a fait Abel et tous les saints qui l’ont suivi. Avant la loi Dieu avait donné des promesses de faveur inconditionnelle aux pères ; mais les fils les ont oubliées et ont entrepris hardiment de vivre dans l’obéissance à la loi, encourant d’autant plus la malédiction, à mesure qu’ils transgressaient et se rebellaient. Ceux qui regardaient au Messie à venir, renonçant à la confiance en soi-même et reconnaissant leurs péchés, étaient justifiés par la grâce de Dieu, comme aussi leurs pères. Quand l’homme est tombé, Dieu a révélé que la Semence de la femme serait le destructeur de Satan, ce qui est déjà la ressource et l’objet de la foi (Gen. 3:15).

La loi était absolument juste, et l’homme entièrement mauvais, comme aussi Israël. Sur la base de la loi, l’homme pécheur ne pouvait que trouver la mort et la condamnation. Mais l’homme est aveugle tant vis-à-vis de Dieu que vis-à-vis de lui-même, et n’ayant aucune confiance dans Sa grâce, il accepte volontiers de recevoir la vie par ses bonnes œuvres. Comme il ne croit pas, il doit apprendre à ses dépens que, dans les choses de Dieu, il est aussi faible qu’impie (Rom. 5:9). Par la loi, on n’acquiert pas la justice, mais la connaissance du péché (Rom. 3:20). La loi produit aussi la colère (Rom. 3:15), et par là la faute abonde (Rom. 5:20). Comme l’aiguillon de la mort est la loi, ainsi la loi est la puissance du péché. Mais Christ seul est le Sauveur que Dieu a fait péché pour nous dans Sa mort expiatoire, laquelle a glorifié Dieu même à l’égard du péché et L’a laissé libre de déployer Sa grâce sans limite pour tous ceux qui croient en Son Fils.

C’est pourquoi le chrétien se repose sur une justice nouvelle, non pas la justice de l’homme comme celle à laquelle Israël prétendait, et dont ils souffrent maintenant les conséquences d’y avoir manqué, tout en souffrant encore plus pour le rejet de leur Messie. Il y a maintenant une justice de Dieu en dehors de la loi, une justice qui est manifestée, la justice de Dieu par la foi de Jésus Christ envers tous (les Gentils tout autant que le Juifs), et sur tous ceux qui croient (quiconque, et quel qu’ait été leur état) ; car il n’y a pas de différence, quoique l’orgueil incrédule de l’homme puisse concevoir ce qu’il veut quant à lui. Car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu, ― étant justifiés gratuitement par Sa grâce par la rédemption qui est dans le Christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang, afin de montrer sa justice à cause du support des péchés précédents dans la patience de Dieu, afin de montrer, dis-je, sa justice dans le temps présent, en sorte qu’il soit juste et justifiant celui qui est de la foi de Jésus (Rom. 3:21-26). Ainsi toute vanterie est exclue (Rom. 3:27). Le chrétien confesse la ruine qui lui est survenue par le péché et par ses péchés, mais il a la foi en Celui qui a souffert une fois pour les péchés, afin de nous amener à Dieu (1 Pier. 3:18).

 

2.1.3        La responsabilité du chrétien sous la grâce

C’est pourquoi aussi, la responsabilité chrétienne n’est pas moins réelle que celle des Israélites, mais de nature entièrement différente. Il a la vie éternelle en Christ qui la lui donne ; il ne vient pas en jugement car Christ l’a porté ; et il est passé de la mort à la vie (Jean 5:24). Le sang de Christ l’a purifié de tout péché (1 Jean 1:7), en sorte qu’il sait être lui-même blanc comme la neige aux yeux de Dieu (Ésaïe 1:18). Il est fils de Dieu par la foi en Jésus Christ, et il est scellé du Saint Esprit, qui lui a été donné et qui crie : Abba Père (Éph. 1:13 ; Rom. 5:5 ; Gal. 4:4). Il est membre du corps de Christ en union avec la tête céleste. Tout ceci, et plus encore, génère une responsabilité non seulement entièrement distincte de celle d’Israël, mais allant bien plus loin que celle des saints avant la rédemption de Christ et avant le don du Saint Esprit comme habitation dans le croyant. Car les devoirs dépendent de la relation ; et comme le chrétien est introduit par grâce dans une position entièrement nouvelle en Christ, ainsi nous sommes expressément vus comme créés en Lui pour les bonnes œuvres qui ont été préparées afin que nous marchions en elles (Éph. 2:10). La mesure et le caractère de la position d’Israël, si excellent étaient-ils, n’atteignent pas les nôtres, et en étaient bien différents.

 

2.1.4        Ch. 18:1-5

Nous pouvons noter, dans ces versets introductifs de notre chapitre, combien Israël était mis en garde contre ce qui se faisait tant en Égypte qu’en Canaan. Ils étaient loin de tirer la moindre institution bonne de ce qu’ils laissaient, comme de là où ils entraient. C’était les ordonnances et les statuts de l’Éternel, qu’ils avaient à observer et dans lesquels ils avaient à marcher : l’homme qui faisait ces choses vivrait. Quand ils se sont détournés, en fait, de Lui dans la désobéissance, les mauvaises voies tant d’Égypte que de Canaan ont été leur ruine complète.

 

2.2   Ch. 18:6-18— Mélange abominable dans les parentés

 

Dans cette partie de notre chapitre, l’interdiction divine porte sur les proches parents, et est basée simplement sur la volonté et l’autorité divines : « Je suis l’Éternel ». Hormis au commencement [de la Genèse], le mariage ne devait pas unir « sa propre chair », qui était déjà naturellement unie ou proche.

« Nul homme ne s’approchera de sa proche parente, pour découvrir sa nudité. Moi, je suis l’Éternel. Tu ne découvriras point la nudité de ton père, ni la nudité de ta mère : c’est ta mère ; tu ne découvriras point sa nudité. Tu ne découvriras point la nudité de la femme de ton père : c’est la nudité de ton père. La nudité de ta sœur, fille de ton père ou fille de ta mère, née dans la maison ou née au dehors, — sa nudité, tu ne la découvriras point. La nudité de la fille de ton fils ou de la fille de ta fille, — sa nudité, tu ne la découvriras point ; car c’es ta nudité. La nudité de la fille de la femme de ton père, née de ton père, — c’est ta sœur tu ne découvriras point sa nudité. Tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ton père ; elle est propre chair de ton père. Tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ta mère ; car elle est propre chair de ta mère. Tu ne découvriras point la nudité du frère de ton père ; tu ne t’approcheras point de sa femme : elle est ta tante. Tu ne découvriras point la nudité de ta belle-fille : elle est la femme de ton fils ; tu ne découvriras point sa nudité. Tu ne découvriras point la nudité de la femme de ton frère ; c’est la nudité de ton frère. Tu ne découvriras point la nudité d’une femme et de sa fille ; tu ne prendras point la fille de son fils, ni la fille de sa fille, pour découvrir sa nudité ; elles sont sa propre chair : c’est un crime. Et tu ne prendras point une femme auprès de sa sœur pour l’affliger en découvrant sa nudité à côté d’elle, de son vivant. Et tu ne t’approcheras point d’une femme durant la séparation de son impureté, pour découvrir sa nudité. Et tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te rendre impur avec elle » (18:6-20).

Le commencement de ces versets est tout particulièrement solennel : « Nul homme… ». La version des Septante a suivi ceci étroitement. L’attention de l’homme est attirée. Le mariage n’est tenu en honneur que là où la volonté de Dieu est observée. Héb. 13:4 n’est pas une approbation ou une sanctification d’union réprouvée. Le vrai sens de Héb. 13:4, c’est : « Que le mariage soit tenu en honneur à tous égards » (et non pas « parmi tous » comme disent les réviseurs de la version autorisée du Roi Jacques), « et le lit sans souillure ». La construction de la phrase est la même dans les versets qui précèdent et qui suivent. C’est un commandement et non pas une affirmation, comme l’on traduit la version autorisée du Roi Jacques, ainsi que Wiclif, Cranmer et la version de Genève. La version de Reims est une échappatoire contraire à la grammaire, qui se veut proche de la Vulgate, qui semblerait prendre le Grec comme la Peschito, Wiclif et d’autres. Seul Tyndale a traduit correctement. L’Éternel met sa face contre les unions ou les licences, telles que celles indiquées ici. D’un bout à l’autre du chapitre, c’est Son nom qui est la seule justification contre toutes ces unions. Si un Israélite se laissait emporter par la passion, c’était une rébellion contre l’Éternel, à ses risques et périls.

Dans ces parentés proches, le mariage n’était pas naturel, et il était source d’un déshonneur d’autant plus grand que la parenté était plus proche. Les relations charnelles, qui avaient leur place dans le lien du mariage, et étaient interdites dans tout autre cas en dehors du mariage — elles étaient ici un péché et une honte au plus haut degré, que ce soit au niveau supérieur du père ou de la mère, ou des plus proches des deux cotés, ou au niveau égal d’une sœur quelle que soit sa ligne de descendance, ou au niveau inférieur d’une belle fille. Qui oserait nier que les parentés analogues, même non spécifiées ici, ne sont pas réellement incluses implicitement ? L’interdiction était prononcée à l’égard de l’homme, mais elle visait sûrement tout autant la femme. En outre l’interdiction va au-delà des parentés par le sang et s’étend au même degré pour les parentés par mariage. Il est de la plus grande importance de cultiver des affections très chaleureuses entre tous ceux qui sont dans une parenté ou une relation proche. Mais il est encore plus essentiel que l’amour mutuel reste dans l’ordre en toute pureté.

Il y avait une exception remarquable quand il était nécessaire de garder l’héritage d’une tribu en Israël (bien que cette exception existe ailleurs, elle ne s’appliquait à aucun autre peuple, et encore moins au chrétien) : c’est le lévirat ou mariage du beau-frère (Deut. 25). La situation était la suivante : quand un homme mourrait sans enfant, son frère ou le parent le plus proche était appelé à donner une descendance au décédé, dans le but de maintenir la lignée familiale et l’héritage ; cela allait si loin que si le plus proche parent refusait, la veuve avait le droit de délacer publiquement son soulier et de lui cracher à la figure.

Le verset 17 montre des interdictions s’étendant plus loin, et couvrant les relations charnelles déplacées et contraires à la nature avec une femme et sa fille, ou la petite-fille, — par le fils ou par la fille, — bien qu’elles soient toutes étrangères à l’homme. Au verset 18, il y a l’interdiction d’un Israélite d’avoir deux sœurs en même temps, pour la raison donnée. Le christianisme va à la racine des choses en rappelant, comme notre Seigneur l’a fait, ce qui était au commencement quand Dieu a fait un homme et une femme. Si un homme perdait sa femme par la mort, il était non seulement libre d’en épouser une autre, mais il pouvait considérer que c’était son devoir pour le bien des enfants ou pour son propre bien.

 

2.3   Ch. 18:19-30 — Autres abominations interdites

Il existe encore des impuretés ayant d’autres origines, et des abominations plus viles contraires à la nature, et l’Éternel donne des avertissements à leur sujet. C’est pénible à lire, mais c’est salutaire d’apprendre jusqu’où est tombée la nature humaine chez des races païennes si civilisées comme celles d’Égypte et de Canaan. Dieu savait que Son peuple, s’il s’écartait de Sa parole, pouvait suivre de pareilles voies.

« Et tu ne t’approcheras point d’une femme durant la séparation de son impureté, pour découvrir sa nudité. Et tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te rendre impur avec elle. Et tu ne donneras point de tes enfants pour les faire passer par le feu à Moloc, et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu. Moi, je suis l’Éternel. Tu ne coucheras point avec un mâle, comme on couche avec une femme : c’est une abomination. Tu ne coucheras point avec une bête pour te rendre impur ave elle ; et une femme ne se tiendra pas devant une bête, pour se prostituer à elle : c’est une confusion. Vous ne vous rendrez point impurs par aucune de ces choses, car c’est par toutes ces choses que les nations que je chasse devant vous se sont rendues impures ; et le pays s’est rendu impur ; et je punis sur lui son iniquité, et le pays vomit ses habitants. Mais vous, vous garderez mes statuts et mes ordonnances, et vous ne ferez aucune de toutes ces abominations, ni l’Israélite de naissance, ni l’étranger qui séjourne au milieu de vous ; car les hommes du pays, qui y ont été avant vous, ont pratiqué toutes ces abominations, et le pays en a été rendu impur ; afin que le pays ne vous vomisse pas, quand vous l’aurez rendu impur, comme il a vomi la nation qui y a été avant vous. Car quiconque fera aucune de toutes ces abominations,… les âmes qui les pratiqueront, seront retranchées du milieu de leur peuple. Et vous garderez ce que j’ai ordonné de garder, en sorte que vous ne pratiquiez pas les coutumes abominables qui se sont pratiquées avant vous ; et vous ne vous rendrez point impurs par elles. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu » (18:19-30).

On a ici un caractère de souillure quelque peu différent, mais conduisant à des abominations encore plus viles, sur lesquelles il n’y a pas besoin de s’appesantir, quoiqu’on soit assuré que c’est la sagesse et la sainteté de Dieu qui les a fait écrire à chaque mot. En effet, l’épître aux Hébreux (13:4) appelle les Juifs chrétiens, et en principe tous ceux qui sont concernés, a tenir compte de cela dans des termes qui reprennent les versets 19 et 20 de notre chapitre. Le mariage doit être tenu en honneur à tous égards, aussi bien que parmi tous, bien sûr. La lumière et l’amour chrétiens doivent pénétrer les relations les plus intimes, et les purifier de toute souillure de chair et d’esprit (2 Cor. 7:1). Juifs ou Gentils, nous avons besoin qu’on nous rappelle que le Seigneur est le vengeur de toutes ces actions mauvaises (1 Thes. 4:6).

Nous passons ensuite des questions en rapport avec les femmes vers celles sur les enfants, et ces rites tellement inhumains où des parents étaient aveuglés par Satan au point de consacrer leur progéniture en sacrifices à Molech ou Moloc, probablement la divinité Malcham ou Milcom. C’était le dieu protecteur des fils d’Ammon ; Kemosh, la divinité des moabites n’en différait guère. Fürst pense que le nom signifie « feu », et que Moloch et les noms analogues signifient « Roi ». Il ressort de Jérémie 19:5 que Baal était adoré de la même manière. Cela était répandu dans les zones d’influence de diverses idoles à la surface de la terre, et combien il est terrible que Salomon ait cédé à ses femmes païennes, et soit allé après Ashtoreth, la divinité débauchée des Sidoniens, et après Milcom ou Moloc l’abomination des Ammonites, et ait bâti un haut lieu pour Kemosh, l’abomination de Moab ! (1 Rois 11:4-8). La science et la connaissance les plus grandes, la civilisation et le luxe les plus évolués n’empêchent rien de ces choses, voire même les accentuent. Le jour approche où les Juifs, apparemment si résolus pour le moment contre toute idole, retomberont sous les dieux étrangers, et établiront comme Dieu un homme dans Son temple, attirant la chrétienté apostate dans cette révolte fatale, d’autant plus coupables de la part de ceux qui sont appelés à adorer le Père et le Fils en Esprit.

Le verset 21 n’est qu’une des nombreuses interdictions solennelles de ces horreurs qui prévalaient au jour de Josias, et dont Achaz avait été l’instigateur notoire longtemps auparavant. Certains ont raisonné sur l’expression « passer par le feu » ici et ailleurs, pour nier que les enfants étaient brûlés ; mais il semble que c’est simplement un effort aimable pour amoindrir la réalité de la méchanceté. Il s’agissait de la plus complète profanation du nom du Dieu d’Israël, même si ce n’était pas la seule. L’Éternel acceptait une brebis ou un bœuf, ou même des sacrifices plus petits, tandis que Satan, sous ces différents noms d’idoles, demandaient leur fils.

Les abrutissements contre nature des versets 22 et 23 sont assez clairs ; mais il n’est peut être pas connu à quel point elles étaient commises sans honte parmi les païens, même les Grecs et les Romains. Quelle abomination ! C’est de la confusion dit l’Éternel. Israël ne devait pas se rendre impur en aucune de ces choses, pas plus que dans tout ce que commettaient les nations de Canaan que Dieu avait chassées devant eux. Combien plus coupable serait Israël, s’il les commettait ! Le pays même en serait rendu impur. C’est pourquoi Il punirait son iniquité sur lui, et la terre vomirait ses habitants. Israël devait donc prendre garde, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour l’étranger séjournant parmi eux, de peur que le pays ne les vomisse, comme il avait vomi les nations qui y habitaient avant Israël. Car de tels péchés étaient intolérables à Ses yeux, et bien plus outrageants chez Son peuple que chez les autres : c’est une vérité qui a bientôt été oubliée parmi les Juifs, et plus tard dans la chrétienté. « Et vous garderez ce que j’ai ordonné de garder, en sorte que vous ne pratiquiez pas les coutumes abominables qui se sont pratiquées avant vous ; et vous ne vous rendrez point impurs par elles. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu » (18:30). Le moyen pour que les âmes soient gardées du mal, c’est de recevoir le bien qui est de Dieu, sa Parole et par-dessus tout Son Christ.

 

3                        Chapitre 19

3.1   Ch. 19:1-13 — Justice pratique d’Israël

Notre chapitre commence par des applications variées de la loi d’Israël, à la fois envers Dieu et envers l’homme. C’était la sagesse divine. C’était excellent d’avoir Sa volonté à l’égard du peuple terrestre globalement ou en forme de sommaire ; et il était tout aussi précieux pour eux de l’avoir dans chacune de ses parties en relation avec le reste. Il n’y a nulle part aucune vaine répétition, contrairement à ce que pensent ceux qui se considèrent comme capables de juger la Parole de Dieu, et qui sont forcément incapables d’entrer dans la vérité. Car l’homme n’apprend qu’à travers ses besoins, et dans un esprit de foi, de dépendance et d’obéissance. En effet, ce serait renier Dieu et sa majesté s’il pouvait en être autrement.

« Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël, et dis-leur : Vous serez saints, car moi, l’Éternel votre Dieu, je suis saint. Vous craindrez chacun sa mère et son père ; et vous garderez mes sabbats. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Vous ne vous tournerez point vers les idoles, et vous ne vous ferez point de dieux de fonte. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Et si vous sacrifiez un sacrifice de prospérités à l’Éternel, vous le sacrifierez pour être agréés. Il sera mangé le jour où vous l’aurez sacrifié, et le lendemain ; et ce qui restera le troisième jour, sera brûlé au feu. Et si on en mange aucunement le troisième jour, ce sera une chose impure ; il ne sera point agréé. Et celui qui en mangera portera son iniquité, car il a profané ce qui est consacré à l’Éternel ; et cette âme-là sera retranchée de ses peuples. Et quand vous ferez la moisson de votre terre, tu n’achèveras pas de moissonner les coins de ton champ et tu ne glaneras pas la glanure de ta moisson. Et tu ne grappilleras pas ta vigne, ni ne recueilleras les grains tombés de ta vigne ; tu les laisseras pour le pauvre et pour l’étranger. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Vous ne volerez pas, et vous ne vous tromperez pas l’un l’autre, et vous ne vous mentirez pas l’un à l’autre. Et vous ne jurerez pas par mon nom, en mentant ; et tu ne profaneras pas le nom de ton Dieu. Moi, je suis l’Éternel. Tu n’opprimeras pas ton prochain, et tu ne le pilleras pas. Le salaire de ton homme à gages ne passera pas la nuit chez toi jusqu’au matin » (19:1-13).

 

3.1.1        Ch. 19:1-4

Il ne s’agit pas ici de choses abominables contre lesquelles ils étaient mis en garde, mais il leur était inculqué le bien à cause de leurs relations avec l’Éternel : ce qu’ils devaient faire plutôt que ce qu’ils ne devaient pas faire, bien qu’ici ou là les interdictions aient encore leur place. Ainsi ce chapitre commence par une parole et un principe appliqués par l’apôtre Pierre aux chrétiens juifs auxquels il s’adressait, et qui est encore bien plus vrai sous le christianisme : « Soyez saints, car moi je suis saint » (1 Pier. 1:16-17). Alors que la femme figurait largement parmi les objets de convoitises corrompues de la nature déchue au chapitre précédent, allant même jusqu’à l’abject contre nature, il est frappant que le premier sujet abordé ici soit en rapport avec la femme : « Vous craindrez chacun sa mère et son père ; et vous garderez mes sabbats. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu » (19:3). La mère avait la première place, en contraste singulier avec l’absence de considération pour la femme et l’orgueil de l’homme qui caractérisent le Talmud du judaïsme moderne. Bien sûr, le père n’est nullement oublié, et quand on s’en souvient, il a sa juste place d’autorité. Il vaut la peine de noter que l’Éternel ajoute ici « et vous garderez mes sabbats ». Le sabbat n’était pas un devoir moral, mais un devoir émanant de l’autorité divine ; c’est pourquoi le sabbat était de toute importance, dans la mesure où il était question de relation avec l’Éternel, et en conséquence de signe marquant son peuple Israël. Si nous les chrétiens nous reconnaissons le Jour du Seigneur, Israël honorera en vérité le sabbat dans le siècle à venir, quand l’Éternel règnera. Quel mépris incisif le verset 4 déverse sur les « dieux de fonte » !

 

3.1.2        Ch. 19:5-13

La chose suivante à garder était les sacrifices de prospérités ; car l’homme y a une grande place, et le danger guettait. C’est une bonne chose quand la sainteté protège notre joie, mais cela disparaît facilement. C’est pourquoi il ne fallait pas manger ces sacrifices le troisième jour sous peine d’iniquité et de profanation (19:5-8). Même le fait de manger d’un cœur reconnaissant doit rester proche du sacrifice à Dieu.

L’Éternel voulait aussi exercer Son peuple à avoir des sentiments de grâce. S’Il voulait bénir leurs récoltes et leurs vendanges, Il leur inculque la bonté envers le nécessiteux, et Il les instruit à laisser un bord des bonnes récoltes et des grappes dispersées ou tombées, en faveur du pauvre et de l’étranger. C’est ce qui avait été leur part en son temps dans le pays d’Égypte, mais le fondement de ce commandement, c’est Lui-même, l’Éternel leur Dieu (19:9-10).

La malhonnêteté et le mensonge étaient interdits, spécialement s’il se joignaient à la profanation de Son nom. Il dénonce l’oppression de son prochain, ne serait-ce qu’en différant d’une seule nuit le paiement du salaire dû à l’ouvrier pauvre. Les Juifs riches étaient coupables de cette manière, mais est-ce limité aux hommes d’Israël ? Les versets 11 à 13 ont une grande importance. Utiliser le travail conduit souvent à un esprit dur, pressurant les pauvres. Aux yeux de Dieu, il n’y a pas compensation, mais plutôt aggravation, si les maîtres donnent libéralement pour des buts soit-disant chrétiens ou philanthropiques, ce qui a été arraché au moyen de larmes et de malédictions. Et quelle n’est pas la responsabilité du commerce et des affaires dans le désir tyrannique de devenir riche !

 

3.2   Ch. 19:14-18 — La sainteté pratique d’Israël

3.2.1        Aimer son prochain

Il est insisté ici sur un autre devoir : avoir des égards pour ceux qui, en raison d’infirmités naturelles, risquent de s’égarer, ou dont les malins et les méchants peuvent profiter. D’autres avertissements sont donnés pour que l’Israélite se comporte vis-à-vis de son frère comme il convient au peuple de l’Éternel. La crainte de l’Éternel devait gouverner toute la vie, individuelle ou collective. Il est insisté sur la justice dans le jugement, indépendamment de la condition basse ou haute. La médisance est considérée sévèrement : qui peut dire tout le mal qu’elle a produit ? La haine dans le cœur est un tort profond contre son frère ; mais il est insisté immédiatement pour qu’on reprenne sérieusement son prochain, pour ne pas porter de péché à cause de lui (ou : ne pas apporter du péché sur eux). En bref il n’était permis ni d’avoir de la rancune, ni de se venger soi-même, mais il fallait aimer son prochain comme soi-même.

« Tu ne maudiras pas le sourd, et tu ne mettras pas d’achoppement devant l’aveugle, mais tu craindras ton Dieu. Moi, je suis l’Éternel. Vous ne ferez pas d’injustice dans le jugement : tu n’auras pas égard à la personne du pauvre, et tu n’honoreras pas la personne du riche ; tu jugeras ton prochain avec justice. Tu n’iras point çà et là médisant parmi ton peuple. Tu ne t’élèveras pas contre la vie de ton prochain. Moi, je suis l’Éternel. Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur. Tu ne manqueras pas à reprendre ton prochain, et tu ne porteras pas de péché à cause de lui. Tu ne te vengeras pas, et tu ne garderas pas rancune aux fils de ton peuple ; mais tu aimeras ton prochain comme toi-même. Moi, je suis l’Éternel » (19:14-18).

On peut bien considérer ces ordonnances comme formant une même catégorie, déjà depuis le verset 11. Mais il est bon d’observer que le coté moral et le coté cérémoniel vont expressément de pair, les deux étant fondés sur le nom de l’Éternel qui était révélé, Lui dont l’honneur comptait par dessus tout, et dont le déshonneur était plus mortel et détestable qu’aucun autre péché. Il fallait absolument qu’il en soit ainsi dès l’instant où Lui, le Dieu vivant, avait choisi Israël pour être Son peuple, et qu’Israël reconnaissait de bon cœur l’Éternel comme leur Dieu, le seul vrai Dieu. Il est beau de noter combien Dieu daignait les guider dans tous les détails de la vie, civile et religieuse, comme leur Gouverneur moral : car c’est bien ainsi qu’il en était.

 

3.2.2        Israël par rapport à l’état de choses qui précédait

Cette situation d’Israël guidé par l’Éternel formait un contraste évident avec le temps si vaste qui s’est étendu depuis que l’homme a été chassé du paradis jusqu’au déluge envoyé sur une race laissée à elle-même, jusqu’à ce que son soi-disant libre arbitre [= liberté de volonté] se termine dans la corruption et la violence, grandement aggravées par les anges déchus, comme nous le dit Genèse 6, interprété à l’aide de 2 Pierre et Jude pour autant que cela soit nécessaire. On était maintenant en Israël, mis à part des autres nations, tiré d’Égypte, conduit au travers du désert, et établi en Canaan sous un gouvernement divin qui embrassait l’ensemble du peuple en relation avec l’Éternel, et chaque Israélite l’un avec l’autre, y compris les étrangers, le tout étant traité avec la plus grande minutie. L’amour prend son plaisir à voir cela, comme une démonstration du profond intérêt de l’Éternel pour eux ; la connaissance de soi-même fait reconnaître avec gratitude Sa sagesse et ses propres besoins. L’insoumission vis-à-vis de Dieu, lorsqu’elle est nette et non jugée, n’aboutit qu’à la mort, et inversement l’obéissance n’échappe pas aux bénédictions manifestes de Dieu.

 

3.2.3        L’apport nouveau du christianisme, la marche des croyants, la grâce, Israël et l’Eglise

N’oublions pas que tout cela diffère nécessairement et entièrement du christianisme, qui a jailli de la souveraine grâce de Dieu en l’honneur de Son Fils, après que les Juifs l’aient refusé avec mépris et haine ― mettant ainsi fin à leur histoire affreuse comme peuple responsable. Ésaïe l’avait prophétisé, en annonçant d’abord leur captivité à Babylone à cause de leur idolâtrie (ch. 40 à 48) ; puis leur ruine irrémédiable en rapport avec leur rejet de leur Messie (ch. 49 à 57). Mais les derniers chapitres d’Ésaïe (58 à 66) prouvent de manière non moins certaine que la grâce divine les restaurera pour une bénédiction infiniment meilleure en faveur du résidu élu, qui deviendra Son peuple, fort, honoré et saint, quand le Seigneur apparaîtra en puissance et en gloire pour son royaume du monde (Apo. 11:15)

Le christianisme, et l’Église dont Christ est la tête glorifiée, ont été introduits après la croix et l’ascension, et avant que Christ vienne recevoir les saints destinés aux lieux célestes. Christ tel qu’Il est révélé dans la Parole écrite est leur règle de vie, et le Saint Esprit qui leur a été envoyé est leur puissance, dans la foi opérante par l’amour, sur la base de la rédemption de Christ et de leur délivrance par Sa mort et Sa résurrection. C’est pourquoi, bien que nous soyons enseignés à apprécier la foi et la marche, le service et le culte des saints depuis Abel et tout le long de l’Ancien Testament, il y a en Christ un modèle de marche et de culte entièrement nouveau. Nous sommes aussi appelés à souffrir pour la justice et pour le nom de Christ, à aimer nos ennemis, à donner nos vies pour les frères, — rien de tout cela n’était demandé aux Juifs. C’est pourquoi le Nouveau Testament, non seulement confirme l’Ancien, mais révèle les secrets de Dieu, qui n’avaient pas encore été révélés aux pères ni à leurs enfants, comme ils le sont maintenant par l’Esprit, à la gloire du Père et du Fils.

La croix de Christ et Son exaltation fournirent la bonne occasion de faire connaître aux enfants de Dieu Ses conseils merveilleux ; or ceux-ci allaient inévitablement introduire des voies entièrement nouvelles, tant pour le chrétien individuellement que pour l’Église dans son ensemble. Hélas ! comme ces conseils de Dieu étaient les derniers à être révélés, ils ont été les premiers à disparaître dans l’oubli après le départ des apôtres pour être avec Christ. Les pères de l’église, comme on les appelle, les pères venant immédiatement après les apôtres, pour ce qui nous en reste, sont la preuve la plus claire qu’à l’époque, on était alors déchu de la grâce et de la vérité qui sont venues par notre Seigneur Jésus Christ (Jean 1:17 ; Gal. 5:4). Il en résultait que les choses célestes étaient éclipsées. La justice même de Dieu telle que révélée dans l’évangile était ignorée, obscurcie ou sortie de ses fondements. Que peut-on attendre de leur connaissance du mystère de Christ et de l’Église ? ou de sa position et de son espérance ?

Il apparaît ici que le temps est une vaste parenthèse entre l’éternité qui précède et l’éternité qui suit, dans laquelle la terre et Israël et les autres nations remplissent la scène comme dans l’Ancien Testament. À l’intérieur de cette parenthèse vient une seconde parenthèse, ouverte par le rejet de Christ et Son exaltation en haut et la révélation du grand mystère concernant Christ, et concernant l’Église déjà unie à Lui par le Saint Esprit, mais attendant Sa venue pour être introduite dans la gloire céleste et régner avec Lui sur la terre. Israël restauré sera béni, à la tête de toutes les nations ici-bas, sous la nouvelle alliance et sous le Messie, jusqu’à ce que l’éternité commence.

C’est une époque nouvelle, qui n’a pas été reconnue par les guides accrédités de la chrétienté, lesquels sont tombés dans l’erreur qu’Israël avait perdu sa place pour toujours au profit des Gentils pour que ceux-ci poursuivent et reprennent la conquête du monde entier jusqu’à l’amener sous l’autorité de Christ par l’évangile et par l’Église. Mais ce sont des idées totalement fausses sur les pensées révélées de Dieu. L’apôtre Paul avait averti formellement contre ces notions en Rom. 11. Non seulement il y est bien établi que ce qui a été confié aux Gentils repose sur une responsabilité similaire à celle d’Israël, soumise à la condition de demeurer dans la bonté, mais il est déclaré catégoriquement qu’en cas d’échec les Gentils seront retranchés comme les Juifs l’ont été auparavant. La prophétie est citée en Rom. 11 pour prouver que quand la plénitude des nations sera entrée, tout Israël sera sauvé « selon ce qui est écrit, le Libérateur viendra de Sion ; il détournera de Jacob l’impiété. Et c’est là l’alliance de ma part pour eux, lorsque j’ôterai leurs péchés » (Rom. 11:26-27). À la suite de cela, l’apôtre explique qu’en ce qui concerne l’évangile, les Juifs sont ennemis à cause de nous les Gentils qui croyons maintenant, mais en ce qui concerne l’élection, ils sont bien-aimés à cause des pères, les patriarches ; la raison incontestable qui en est donnée est que « les dons et l’appel de Dieu sont sans repentir ». Car comme vous aussi vous avez été autrefois désobéissants à Dieu et que maintenant vous êtes devenus des objets de miséricorde par la désobéissance de ceux-ci, de même ceux-ci aussi ont été maintenant désobéissants à votre miséricorde, afin qu’eux aussi deviennent des objets de miséricorde. Car Dieu a renfermé tous, Juifs et nations, dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous » (Rom. 11:30-33).

Cette merveilleuse manifestation de la miséricorde à la gloire de Dieu (pour ne rien dire de la portion des saints glorifiés dans le ciel) est nécessaire pour accomplir les prophètes, et établir Son royaume universel ici-bas dans un âge nouveau, après que le présent siècle mauvais (Gal. 1:4) se sera achevé par les jugements divins, et avant le commencement de l’éternité. Si on ne croit pas cela, il reste un trou qu’on cherche en vain à camoufler en forçant l’Écriture par une contraction qui lui est contraire, et qui intègre cette période de cet âge nouveau, soit dans l’époque actuelle pour certains, soit dans la scène éternelle pour d’autres.

 

3.3   Ch. 19:19-37 — Sainteté d’Israël

Il est remarquable que l’appel à observer les statuts de l’Éternel est adressé en même temps que trois interdictions d’importance apparemment mineure imposées à Israël, qui ne relèvent pas du domaine moral comme les prescriptions qui suivent.

« Vous garderez mes statuts. Tu n’accoupleras pas, parmi ton bétail, deux espèces différentes. Tu ne sèmeras pas ton champ de deux espèces de semence ; et tu ne mettras pas sur toi un vêtement d’un tissu mélangé de deux espèces de fil. Et si un homme couche et a commerce avec une femme, et qu’elle soit servante, fiancée à un homme, et qu’elle n’ait aucunement été rachetée ni mise en liberté, ils seront châtiés ; on ne les mettra pas à mort, car elle n’avait pas été mise en liberté. Et l’homme amènera à l’Éternel, à l’entrée de la tente d’assignation, son sacrifice pour le délit, un bélier en sacrifice pour le délit. Et le sacrificateur fera propitiation pour lui devant l’Éternel, avec le bélier du sacrifice pour le délit, à cause de son péché qu’il a commis ; et son péché qu’il a commis lui sera pardonné. Et quand vous serez entrés dans le pays, et que vous y aurez planté toute sorte d’arbres dont on mange, vous en regarderez le fruit comme incirconcis ; il sera incirconcis pour vous pendant trois ans : on n’en mangera point. Et la quatrième année tout leur fruit sera une chose sainte à la louange de l’Éternel. Et la cinquième année vous mangerez leur fruit, afin qu’ils vous multiplient leur rapport. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu.

Vous ne mangerez rien avec le sang. — Vous ne pratiquerez ni enchantements, ni pronostics. — Vous n’arrondirez point les coins de votre chevelure, et vous ne gâterez pas les coins de votre barbe. Et vous ne ferez point d’incisions dans votre chair pour un mort, et vous ne vous ferez pas de tatouages. Moi, je suis l’Éternel. — Tu ne profaneras point ta fille, pour la faire se prostituer, afin que le pays ne se prostitue pas et que le pays ne se remplisse pas d’infamie. — Vous garderez mes sabbats, et vous révérerez mon sanctuaire. Moi, je suis l’Éternel. — Ne vous tournez pas vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les diseurs de bonne aventure ; n’ayez pas recours à eux pour vous rendre impurs. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Tu te lèveras devant les cheveux blancs, et tu honoreras la personne du vieillard, et tu craindras ton Dieu. Moi, je suis l’Éternel. Si quelque étranger séjourne avec toi dans votre pays, vous ne l’opprimerez pas. L’étranger qui séjourne parmi vous sera pour vous comme l’Israélite de naissance, et tu l’aimeras comme toi-même ; car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Et vous ne ferez pas d’injustice dans le jugement, ni dans la mesure de longueur, ni dans le poids, ni dans la mesure de capacité. Vous aurez des balances justes, des poids juste, l’épha juste, et le hin juste. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte. Et vous garderez tous mes statuts et toutes mes ordonnances, et vous les ferez. Moi, je suis l’Éternel » (19:19-37).

 

3.3.1        Ch. 19:19-25

D’une manière péremptoire, mais sage, il était insisté sur l’ordre divin, et le mélange d’espèces différentes était interdit. Il est un fidèle Créateur, et a donné à chaque créature son espèce. C’est pourquoi, comme c’était un péché de séparer ce qu’Il a uni (Marc 10:9), ce n’en était pas moins un d’unir ce qu’Il a séparé. Leur bétail devait engendrer selon leurs espèces respectives ; leurs champs ne devaient pas être semés de semences de sortes différentes ; et Israélite ne devait pas porter de vêtement tissé de deux espèces de fil. Pour le chrétien ces paroles sont pleines d’importance. C’est Satan qui a semé l’ivraie avec le blé (Matt. 13:25) ; et l’Esprit met en garde contre toute communion déplacée (2 Cor. 6). Il ne faut pas de joug mal assorti avec les incroyants ; ni toucher à ce qui est impur, ni faire de compromis avec la vérité selon des principes mélangés. Dans les choses de la vie, le compromis est quelque chose d’aimable et juste, mais quand il est question de la volonté de Dieu, c’est une ruse du diable.

Le cas envisagé ensuite (19:20-22) suppose qu’on est dans l’état imparfait envisagé par la loi ; car si la femme avait été libre, la mort était le châtiment. Mais s’agissant d’une servante fiancée, elle était châtiée, et l’homme apportait un sacrifice pour le délit ; c’était un bélier avec lequel le sacrificateur faisait propitiation, et le péché était pardonné. Aujourd’hui toutes les différences de ce genre ont disparu, qu’il s’agisse de Juifs ou de Grecs, d’hommes libres ou d’esclaves : Pour la foi, seul Christ compte (Gal. 3:28).

Encore une fois, c’était le temps des choses terrestres ; mais l’Éternel voulait que son peuple garde présent à l’esprit l’état de ruine de la terre issu du péché de l’homme. Une période de temps complète devait s’écouler durant laquelle le fruit des arbres plantés leur était comme incirconcis ; la quatrième année tout le fruit était saint, à la louange de l’Éternel ; après quoi ils étaient libres d’en manger, « afin qu’ils vous multiplient leur rapport ». C’est le principe juste des premiers fruits à l’Éternel (19:23-25). Les droits de Dieu ont la première place.

 

3.3.2        Ch. 19:26-37

Non seulement manger quelque chose avec du sang était interdit, mais les enchantements, les augures et les manières païennes d’arranger la tête ou la barbe, de faire des incisions dans la chair ou de se tatouer, étaient tout autant contraires à l’Éternel. Consacrer sa fille à la prostitution était non pas immoral seulement, mais profane. Il fallait aussi garder Ses sabbats, honorer Son sanctuaire, fuir les nécromanciens et les diseurs de bonne aventure, lesquels rendent impurs (19:26-31). La même autorité de l’Éternel qui proscrivait ces énormités païennes, appelait à honorer les cheveux blancs et la personne du vieillard, liant cela à la crainte de « ton Dieu » (19:32). Ensuite venait une ordonnance qui coupait court par anticipation, et de manière frappante, à l’orgueil étroit et indigne du Talmud : « l’étranger » séjournant dans leur pays, devait non seulement pouvoir rester sans qu’on lui fasse du mal, mais il devait être aimé comme quelqu’un né parmi eux. « Tu l’aimeras comme toi-même car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte : moi je suis l’Éternel votre Dieu » (19:33-34). Qu’il est touchant de se rappeler leur oppression en Égypte, non pas pour générer de la rancune, mais de la compassion !

Enfin l’honnêteté rigoureuse était ordonnée dans toutes les opérations de commerce et d’affaires : « Vous aurez des balances justes, des poids justes, l’épha juste, et le hin juste. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte » (19:36). Quand les poids et mesures ne sont pas honnêtes, quand les liquides et les solides ont des moyens d’évaluation falsifiés, c’était une faute fortement aggravée parce que le tort n’était pas passager, mais délibéré. « Et vous garderez tous mes statuts et toutes mes ordonnances, et vous les ferez. Moi, je suis l’Éternel » (19:37). Les moindres détails de la vie journalière étaient devant Ses yeux.

 

3.3.3        Différences entre l’appel d’Israël et l’appel des chrétiens

Une des erreurs fort répandue dans la chrétienté est de confondre le but divin de l’appel d’Israël avec le but de l’appel par l’Évangile et dans l’Église. Le but de l’appel d’Israël était Son royaume, régi par la loi, — l’échec a été total à cause de la désobéissance et finalement l’apostasie du peuple. Mais maintenant que Christ est rejeté et glorifié dans le ciel, le centre qui est en Christ est transféré de la terre au ciel, l’homme tel qu’il est, est traité comme perdu, en sorte que si quelqu’un est en Christ — c’est le cas de tous les saints maintenant — c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles ; et toutes sont du Dieu qui nous a réconciliés avec Lui-même par Christ, et qui nous a donné le service de la réconciliation (2 Cor. 5:17-18).

Il ne s’agit donc pas de faire d’effort pour opérer une amélioration morale de l’humanité, et encore moins d’espérer l’incorporation de toutes les nations en un seul corps, — ce qui serait une contradiction tant dans la lettre que dans l’esprit, — mais tout est assujetti à Christ en tant que chef sur toutes choses, et Christ est donné à l’Assemblée qui est Son corps (Éph. 1:22), déjà unie à Christ par le Saint Esprit, et sur le point de Le rejoindre en haut à Sa venue pour prendre en charge l’administration de la plénitude des temps — alors toutes choses seront réunies en Christ, ou auront Christ pour chef (Éph. 1:10), les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, et notre portion nous est attribuée en Lui, car nous ne sommes pas simplement l’héritage, mais nous sommes héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ. L’Église va partager avec Lui Ses gloires célestes et terrestres.

Israël sur la terre sous l’autorité du Messie et de la nouvelle alliance, manifestera la loi écrite sur leurs cœurs (Héb. 8:10). Israël ne sera plus sous la loi ni sous la culpabilité profonde d’avoir rejeté leur Messie, aboutissant à ce si long rejet ; en tant que Sa nation terrestre et bénie, ils seront ici-bas la scène où toutes les familles verront la manifestation du bonheur d’un peuple qui est dans une telle situation, le peuple heureux dont Dieu est l’Éternel (Ps. 144:15). Ainsi la terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer (És. 11:9).

Mais notre appel, comme chrétiens, est d’être délivrés du présent siècle mauvais, et d’être bénis de toutes bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ (Éph. 1:3), tandis que nous partageons Son opprobre et Sa honte sur la terre, attendant qu’Il vienne nous recevoir pour Lui dans la maison du Père.

 

4                        Chapitre 20

4.1   Ch. 20:1-8 — Sanctification pratique d’Israël

Comme le chapitre précédent insistait sur ce qui est bon et bienséant selon ce qui convenait au peuple de l’Éternel et à son Nom, — ce qui est l’autorité solennelle et suffisante pour toute exigence — ainsi dans notre chapitre on a surtout une mise en garde contre les maux souvent énormes et contre nature auxquels Israël était exposé par contact avec ses voisins idolâtres. Les rites cruels d’infanticide sont les premiers à être dénoncés ; ils étaient pratiqués par les Ammonites de ce côté, et par les Phéniciens de l’autre, et aussi par les Carthaginois, et d’autres encore, qui se vantaient très fort de leur civilisation.

« Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Tu diras aussi aux fils d’Israël : Quiconque d’entre les fils d’Israël, ou d’entre les étrangers qui séjournent en Israël, donnera de ses enfants à Moloc, sera certainement mis à mort ; le peuple du pays le lapidera avec des pierres. Et moi, je mettrai ma face contre cet homme-là, et je le retrancherai du milieu de son peuple, parce qu’il a donné de ses enfants à Moloc, pour rendre impur mon sanctuaire et pour profaner mon saint nom. Et si le peuple du pays ferme les yeux, en quelque manière, sur cet homme, quand il donne de ses enfants à Moloc, pour ne pas le faire mourir, moi, je mettrai ma face contre cet homme et contre sa famille, et je le retrancherai du milieu de son peuple, lui et tous ceux qui se prostituent après lui, se prostituant après Moloc. — Et l’âme qui se tournera vers ceux qui évoquent les esprits, et vers les diseurs de bonne aventure, se prostituant après eux, je mettrai ma face contre cette âme-là, et je la retrancherai du milieu de son peuple. Et vous vous sanctifierez et vous serez saints, car moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Et vous garderez mes statuts, et vous les ferez. Moi, je suis l’Éternel qui vous sanctifie » (20:1-8).

Rien ne marque plus profondément la différence entre la Parole de Dieu et les pensées des hommes dans tous les âges que leur légèreté vis-à-vis des idoles et des dieux étrangers, et l’horreur de Dieu à leur égard, spécialement quand il s’agit de Son peuple. Ce peut ne pas être une intention délibérée d’abandonner Son culte ; ce peut être seulement quelque chose d’estimé mineur, une conformité occasionnelle à l’idolâtrie tandis qu’on continue à professer Son nom. Mais Dieu rejette absolument tout compromis profane de la sorte, en dehors de toute question de danger de révolte ouverte contre Lui pour ceux qui y céderaient. De telles choses portent atteinte à Sa majesté, à Sa sainteté et à Sa vérité, et sont intolérables à ses yeux.

L’Israélite aurait dû savoir que c’était en dehors de cette abomination qu’Abraham avait été choisi et appelé, lui et sa semence, comme un témoin, mis à part, du seul vrai Dieu, le Dieu vivant (Jos. 24:3). Tout enfant d’Abraham était tenu à tout prix d’être fidèle, sous peine de perdre non seulement tous ses privilèges, mais aussi sa vie. Ce n’est pas seulement Israël qui y était tenu : l’étranger qui séjournait au milieu d’eux était aussi sous la même obligation. Quiconque vouait sa descendance à Moloc devait mourir de la mort infamante de la lapidation ; ceci avait pour but que le peuple du pays prenne une part personnelle active dans l’exécution de la sentence. C’était de cette manière, et non pas d’une autre, que l’idolâtre devait être mis à mort, et que tout l’entourage devait partager l’horreur de l’Éternel et se purifier eux-mêmes du mal.

Il est encore plus impressionnant de voir aux v. 3 et 5 ces indications répétées selon lesquelles l’Éternel mettrait Sa face contre cet homme et le retrancherait, parce qu’une telle méchanceté souille Son sanctuaire et profane Son saint Nom. Ce n’était pas à cause de la barbarie cruelle envers leurs enfants, ou les enfants des autres, dans laquelle Satan se plaisait à entraîner les adorateurs des faux dieux, qui ne sont pas Dieu. Ce serait en effet obliger Dieu à abdiquer Sa gloire et Son essence, s’il était possible de passer par-dessus un tel péché sans qu’Il venge l’insulte par les mains d’Israël. Même ceux qui fermaient les yeux pour épargner le coupable s’exposaient à pareille sentence (20:4-5)

Sans aucun doute, le chrétien est entièrement à part du système légal, et est appelé à une relation de fils avec le Père, dans une totale séparation du monde. Il appartient au Seigneur Jésus qui a posé le fondement du christianisme sur la croix, sur laquelle Il a porté nos péchés et a souffert, Lui le juste pour les injustes. Le chrétien est uni à Lui, qui a été rejeté par les Juifs et les Gentils, et glorifié dans le ciel sur le trône du Père ; le chrétien a ainsi la marque caractéristique de la grâce céleste pendant qu’il attend Sa venue pour le prendre auprès de Lui. Mais quand le Seigneur reviendra (et tous Ses saints avec Lui en puissance et en gloire — 1 Thes. 3:13 ; Luc 21:27) pour être Roi sur toute la terre, Il exécutera le jugement sur tout mal, et détruira le méchant de devant Lui ; tandis que l’homme jettera partout ses idoles au rats et aux chauve-souris (És. 2:20). Elles seront complètement abolies, et les faux dieux (en réalité de vrais démons) ne les égareront plus jamais, même si Satan subsistera encore pour être finalement puni à la fin, tout en étant empêché de mal faire pendant mille ans. Mais Jésus régnera en justice et en paix, et nous régnerons avec Lui sur la terre où nous avons souffert avec Lui.

Les énormités en rapport avec Moloc ne sont pas les seules. Se tourner vers les nécromanciens ou les évocateurs d’esprit, vers les devins ou magiciens, tout cela tombait sous le même jugement impitoyable de l’Éternel (20:6). « Je mettrai ma face contre cette âme-là, et je la retrancherai du milieu de son peuple ». Qu’il est terrible pour des chrétiens professants de toucher à des choses aussi profanes ! Si Israël comme peuple terrestre devait ainsi se sanctifier et être saint parce qu’ils étaient sous la loi, combien plus ont à obéir et à plaire à leur Dieu et Père, les chrétiens qui sont sous la grâce, qui ont pour modèle Christ et Sa parole écrite, et qui ont l’Esprit Saint demeurant en eux !

 

4.2   Ch. 20:9-21 — Sanctification pratique d’Israël

4.2.1        Ch. 20:9-21

La première place a été donnée, nous l’avons vu, à la rébellion abominable contre l’Éternel, aussi bien chez un Israélite que chez celui qui séjournait parmi eux. Ceci est suivi d’une liste terriblement sombre de méchancetés énormes, qui commence par les insultes contre son père ou sa mère. Dresser sa propre volonté contre l’autorité parentale, c’est semblable, sur un niveau inférieur, à renoncer au vrai Dieu au profit d’un faux dieu. C’est pourquoi beaucoup lient le verset 9 avec le paragraphe précédent plutôt qu’avec le suivant. En effet le mot « car » par lequel commence ce v. 9 — s’il faut traduire de cette manière — supporte ce point de vue. D’un autre côté, la révolte contre l’Éternel marque bien une division.

« Car tout homme qui maudira son père et sa mère sera certainement mis à mort ; il a maudit son père et sa mère, son sang est sur lui. Et un homme qui commet adultère avec la femme d’un autre, — qui commet adultère avec la femme de son prochain… : l’homme et la femme adultères seront certainement mis à mort. Et l’homme qui couchera avec la femme de son père, découvre la nudité de son père ; ils seront certainement mis à mort, tous deux : leur sang est sur eux. Et si un homme couche avec sa belle-fille, ils seront certainement mis à mort, tous deux : ils ont fait une confusion : leur sang est sur eux. Et si un homme couche avec un mâle, comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront certainement mis à mort : leur sang est sur eux. Et si un homme prend une femme et sa mère, c’est une infamie ; on les brûlera au feu, lui et elles, et il n’y aura point d’infamie au milieu de vous. Et si un homme couche avec une bête, il sera certainement mis à mort ; et vous tuerez la bête. Et si une femme s’approche d’une bête, quelle qu’elle soit, pour se prostituer à elle, tu tueras la femme et la bête ; elles seront certainement mises à mort : leur sang est sur elles. Et si un homme prend sa sœur, fille de son père, ou fille de sa mère, et voit sa nudité, et qu’elle voie sa nudité à lui, c’est une honte : ils seront retranchés devant les yeux des fils de leur peuple ; il a découvert la nudité de sa sœur, il portera son iniquité. Et si un homme couche avec une femme qui a son infirmité, et découvre sa nudité, il met à découvert son flux, et elle découvre le flux de son sang : ils seront tous deux retranchés du milieu de leur peuple. Et tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ta mère, ni de la sœur de ton père ; car celui qui fait cela met à nu sa propre chair : ils porteront leur iniquité. Et si un homme couche avec sa tante, il découvre la nudité de son oncle ; ils porteront leur péché : ils mourront sans enfants. Et si un homme prend la femme de son frère, c’est une impureté ; il découvre la nudité de son frère : ils n’auront pas d’enfants » (20:9-21).

Ici nous commençons avec un déshonneur public et vil contre ses propres parents : cela était puni de mort. La même sentence est prononcée à propos de la blessure plus intime et plus profonde qu’un homme peut infliger à un autre, un péché qui n’est pas seulement un tort ignoble, mais qui est fait au mépris de l’Éternel qui a institué l’union du mariage dès le commencement. Sa loi est aussi extrême contre de tels péchés que contre le reniement de Lui-même.

Or une impureté plus grande prévalait parmi les païens, spécialement ceux qui occupaient la terre promise. Les fils d’Israël allaient bientôt être exposés à leur exemple éhonté. Celui qui leur donnait Canaan connaissait leur cœur bien mieux qu’eux-mêmes. D’où ces dénonciations solennelles et douloureuses de l’inceste et autres. La chair a la même racine ignoble chez le Juif que chez le Gentil. La contrainte peut empêcher qu’elle ne se montre au jour, mais les convoitises mauvaises sont là, prêtes à entraîner les impulsifs et les obstinés au-delà de toute limite.

 

4.2.2        La sanctification pratique chez le chrétien

Le Seigneur Jésus est le Sauveur à tous égards, non seulement quant au châtiment divin, mais aussi quant aux péchés. En Lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de la grâce de Dieu (Éph. 1:7). En Lui nous avons aussi la vie, la vie éternelle, car Il est le Fils, et ne donne rien moins que cette vie à tous ceux qui croient en Lui. Or la vie en Christ est la base indispensable de la nouvelle nature, ainsi que de nos nouvelles relations, obligations, affections et privilèges, le tout étant couronné, depuis la rédemption, par l’habitation de l’Esprit dans le chrétien et dans l’Église, afin que chacun ait un lien direct avec Dieu et la puissance venant de Lui.

La chair a-t-elle disparu en fait ? Pas du tout ; mais pour la foi elle n’est plus là, étant condamnée par Dieu à la croix de Christ, où notre vieil homme a été crucifié avec Lui, afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne servions plus le péché (Rom. 6:6). Nous avons par conséquent le droit de dire que désormais nous sommes morts avec Lui, non seulement morts au péché et vis-à-vis du péché, mais morts vis-à-vis des éléments religieux du monde et de sa philosophie (Col. 2:8, 20) ; et notre vie est cachée avec Christ en Dieu (Col. 3:3). Nous ne sommes pas du monde comme Lui n’en était pas (Jean 17:14-15) ; et nous attendons Sa venue, non pas pour être dépouillés, comme nous le sommes lors de la mort, mais pour être revêtus de notre domicile éternel qui est du ciel (2 Cor. 5:2-4), quand le mortel sera englouti par la vie (1 Cor. 15:53-54). Entre temps nous sommes exhortés à mortifier nos membres qui sont sur la terre, et nous sommes tenus de le faire (Col. 3:5), au lieu de satisfaire aux convoitises et aux passions impures (Rom. 13:14 ; Gal. 5:24) ; et nous avons aussi à nous dépouiller de la violence et à ne pas mentir l’un à l’autre (Col. 3:8-9). Nous avons dépouillé le vieil homme avec ses actions, et nous avons revêtu le nouvel homme qui est renouvelé en connaissance, selon l’image de Celui qui l’a créé. Ainsi Christ est tout et en tous (Col. 3:9-11)

Mais en ce qui concerne la pratique, tout tourne autour de notre dépendance par la foi en Christ, chaque jour et tout le long du jour (cf Rom. 14:23). Rien n’est plus dangereux et source de ruine que de posséder une vérité très élevée sans cette dépendance. En dehors de Lui, nous ne pouvons rien faire (Jean 15:5). D’un autre côté, si vous demeurez en Moi, et Moi en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait (Jean 15:7). C’est ainsi que même aux saints d’Éphèse auxquels a été adressée la plus élevée des épîtres de l’apôtre Paul, il leur était dit que les voleurs devaient cessent de voler, qu’aucune parole déshonnête ne devait sortir de leur bouche (Éph. 4:28-29), qu’il ne fallait pas s’enivrer pas de vin, en quoi il y a de la dissolution » (Éph. 5:18). Quel déshonneur pour le Seigneur et quel plaisir pour Satan s’ils se faisaient piéger dans de tels maux, ou pire ! Combien nous avons besoin d’être gardés par Dieu ! car ces paroles de l’apôtre étaient adressées à des saints qui étaient déjà amenés aux privilèges les plus élevés, et dont il était dit qu’ils étaient bénis de toutes bénédictions spirituelles en Christ, et cela dans les lieux célestes.

Une pareille bénédiction est le fruit de la grâce souveraine dans son plein exercice. C’est ainsi que le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ a revêtu d’honneur le Fils et Son œuvre de rédemption, juste après que Son peuple terrestre ait cherché Sa honte, même jusqu’à la mort de la croix. Ensuite, du fait que les Juifs s’étaient séparés eux-mêmes de leur propre Messie en ajoutant à leur ancienne idolâtrie la culpabilité encore plus grande de L’avoir rejeté, c’est selon la sagesse divine que Dieu a manifesté le mystère caché dès les siècles et dès les générations. Si Satan unissait Juifs et Gentils incrédules pour crucifier ensemble le Seigneur de gloire, Dieu unissait, comme une nouvelle merveille, les Juifs et les Gentils croyants en un seul corps par l’Esprit, le corps de Christ ici-bas, Christ étant la tête céleste à la droite de Dieu.

Mais dans chacun des membres la chair demeure incurablement mauvaise. La grâce ne l’améliore pas, mais fait de nous une nouvelle création en Christ, comme Dieu a condamné le péché dans la chair quand Jésus qui ne connaissait pas le péché a été fait péché pour nous sur le bois. Nous pouvons ainsi dire que nous sommes morts au péché avec Lui, et que nous sommes maintenant en Lui qui a été ressuscité et glorifié. C’est pourquoi nous sommes appelés à notre nouvelle vie par la foi en Lui, et nous avons à traiter chaque mouvement de péché dans nos membres comme étant vil, et incompatible avec notre nouvelle relation comme chrétiens.

 

4.3   Ch. 20:22-27 — Sanctification pratique d’Israël

4.3.1        Chassés à cause de la désobéissance — Restauration finale par grâce

Le paragraphe qui termine ce chapitre est de caractère plus général, et commence par l’obéissance à laquelle Israël était appelé. La loi donnée par Moïse définissait cette obéissance. Si l’Éternel appelait un peuple pour être à Lui, ils devaient se conformer à Sa parole. Ils avaient à apprendre qu’étant pécheurs, ils n’avaient aucune puissance pour Lui plaire, mais manquaient continuellement. S’ils ne gardaient pas Son alliance et refusaient de marcher dans sa loi, s’ils oubliaient Ses actes et Ses œuvres merveilleuses qu’Il leur avait montrés en Égypte, dans le désert, et dans le pays de Canaan, encore bien moins allaient-ils se juger eux-mêmes et se rappeler Ses promesses et regarder au Messie avec foi. Ainsi leur incrédulité a amené sur eux le triste sort d’être chassés du bon pays tout comme les Amoréens l’avaient été avant eux. Pouvaient-ils nier la justice d’un tel sort ? Il ne s’agissait pas seulement d’Israël qui se livrait avec avidité à l’idolâtrie aussi vivement que les Gentils, mais même du résidu favorisé de Juda de retour dans sa terre grâce à Cyrus et selon les prophètes, et coupable de rejeter leur propre Messie, — et aussi des principaux sacrificateurs qui professaient l’apostasie du peuple sous la forme de cette phrase de renégat : « Nous n’avons pas d’autre roi que César » (Jean 19:15). Qu’est-ce que Dieu pouvait leur faire d’autre comme juste rétribution que d’envoyer les Romains pour les ôter de leur place et chasser leur nation (Jean 11:48-50) ?

L’Écriture n’en est pas moins claire que, si Dieu nous raconte la triste histoire de leur ruine issue de leur confiance en eux-mêmes et de leur incrédulité vis-à-vis de Sa grâce, néanmoins Il va bientôt et sûrement opérer pour Sa propre gloire dans le Messie ressuscité et exalté pour démontrer qu’il est Lui-même leur Dieu Sauveur, miséricordieux et fidèle. Car il restaurera Son peuple malgré la multitude de leurs iniquités, et Il les guérira leurs plaies pourtant bien méritées (Jér. 30:14-15). Les hommes les appelleront-ils « La chassée », et prétendront-ils que personne ne soucie de Sion ? (Jér. 30:17). Ainsi dit l’Éternel : Voici je rétablirai les captifs des tentes de Jacob et j’aurai compassion de ses demeures (Jér. 30:18), et la ville et le palais et le temple s’élèveront pour ne plus jamais tomber, aussi longtemps que la terre durera. Une joie éternelle (És. 35:10 ; 51:11) sera leur part sous le règne de l’Éternel-Jésus. Ils ne seront pas petits, mais exaltés plus que toutes les nations, et leurs oppresseurs seront punis par l’Éternel. Non seulement les Juifs, mais toutes les familles d’Israël seront Son peuple, comme elles ne l’ont jamais été, et Lui sera leur Dieu quand la grâce souveraine se glorifiera vis-à-vis du jugement (Jacq. 2:13).

Mais nous avons ici l’histoire humiliante de leur responsabilité avant qu’ils soient amenés à dire : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Matt. 23:39). Aucun croyant ne s’étonne que ce que « cette génération » ne soit réduite à rien ― ni qu’un tel figuier ne porte pas de fruit, seulement des feuilles (Matt. 21:19). La grâce créera une génération à venir (Ps. 78:4 ; 22:31). Il est hors de doute que la grâce souveraine nous ait fait entrer, nous des croyants Gentils, tandis que les Juifs ont été tenus dehors dans leur incrédulité. Mais c’est la même grâce qui les bénira, en commençant par un résidu lorsque nous serons enlevés, et, après les terribles jugements qui retrancheront les méchants, en terminant par Son peuple, enfin juste et puissant, les jours de leur deuil étant achevés pour toujours.

 

4.3.2        Ch. 20:22-27 — L’obéissance à la volonté de Dieu, pour Israël et pour le chrétien

« Et vous garderez tous mes statuts et toutes mes ordonnances, et vous les ferez ; afin que le pays où je vous fais entrer pour y habiter ne vous vomisse pas. Et vous ne marcherez point dans les statuts de la nation que je chasse devant vous ; car ils ont fait toutes ces choses-là, et je les ai eus en abomination ; et je vous ai dit : C’est vous qui posséderez leur terre, et je vous la donnerai pour la posséder, un pays ruisselant de lait et de miel. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai séparés des peuples. Et vous discernerez entre la bête pure et l’impure, et entre l’oiseau impur et le pur, et vous ne vous rendrez point abominables par des bêtes, ou par des oiseaux, ou par tout ce qui rampe sur la terre, que j’ai séparé, le déclarant impur. Et vous me serez saints, car je suis saint, moi, l’Éternel ; et je vous ai séparés des peuples, pour être à moi. Et si un homme ou une femme sont évocateurs d’esprits, ou diseurs de bonne aventure, ils seront certainement mis à mort ; on les lapidera avec des pierres : leur sang sera sur eux » (20:22-27).

L’histoire d’Israël dans ses négligences flagrantes, est écrite ici de manière indélébile, malgré la patience de l’Éternel, aussi admirable que touchante. Ils sont tombés dans leur chemin comme Adam dans le sien (Osée 6:7), et la chrétienté a suivi, non pas moins, mais plus que l’homme ou qu’Israël. Heureux ceux qui trouvent dans le Second Homme le seul abri, le seul salut, et le seul repos, pour le coupable et le perdu. « C’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi. Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu » ? (1 Jean 5:4-5)

Ceux qui n’attendaient que Sa venue, cherchaient à plaire à Dieu en tenant compte de Ses statuts et en les pratiquant. Ils détestaient les horreurs contre nature de Canaan. Ils éprouvaient la bonté de Dieu qui leur donnait le pays ruisselant de lait et de miel. Ils se courbaient à chacune des marques journalières par lesquelles Il les avait séparés de leurs voisins païens, et ils reconnaissaient qu’ils étaient tenus d’être saints à l’Éternel, parce que Lui était Saint et qu’Il les séparait d’entre tous les peuples pour être Son peuple. Leur cœur partageait Sa colère ardente contre ceux qui, au vu et au su de tous, prêtaient leur concours à l’ancien ennemi dans l’évocation des esprits et la divination, les estimant indignes de vivre dans Son pays.

La grande erreur commise par les ennemis, et même les amis quelquefois, c’est d’estimer que tout cela pose un problème pour les chrétiens. Cela en posait un en Israël. Les chrétiens sont un peuple céleste, avec un appel céleste, que le Nouveau Testament définit et expose. Leur responsabilité est entièrement distincte, étant sous la grâce, et non pas sous la loi comme Israël, — selon ce que nous apprenons par l’autorité de l’apôtre des Gentils. Cependant c’est notre privilège de profiter de l’enseignement de l’Ancien Testament, et d’en tirer les principes divins sous-jacents, même dans la moindre des figures ou ombres de la dispensation lévitique.

Mais nous ne sommes pas sur le même terrain qu’Israël. La venue du Fils de Dieu et l’accomplissement de la rédemption ont ouvert une nouvelle voie. Le voile déchiré a fermé pour le moment le système Mosaïque, et a ouvert la porte pour une meilleure espérance par laquelle nous nous approchons de Dieu (Héb. 7:19) comme aucun Juif ne le pouvait. Nous avons maintenant toute liberté d’entrer dans le sanctuaire par le sang de Jésus, et nous sommes exhortés à le faire (Héb. 10:19-22). Jésus est devenu le garant d’une meilleure alliance (Héb. 7:22). Il y a des vérités morales qui demeurent à toujours, comme la foi en Dieu et l’obéissance à Sa volonté. Mais de même qu’Israël avait des particularités évidentes, ainsi l’Église a ce qui s’élève incomparablement plus haut, et qui se distingue même de ce qu’aura Israël au jour de la gloire millénaire. Même s’ils seront extrêmement et richement bénis, ils ne cesseront pas d’être un peuple terrestre, en ce jour-là. Nous sommes déjà maintenant un peuple céleste selon 1 Cor. 15:48 ; et nous porterons l’image du Céleste, au lieu de souffrir avec Lui ici jusqu’à ce qu’Il revienne.

L’épître aux Hébreux est tout à fait formelle sur ce changement, dont elle parle à cause de la lenteur qu’avaient les saints autrefois Juifs pour apprécier le « vin nouveau ». Ce genre d’aversion n’est pas du tout limité aux Israélites ; il est naturel au cœur humain, alors que la grâce ne l’est pas. Car comme le Seigneur Lui-même le dit : « Il n’y a personne qui ait bu du vieux, qui veuille aussitôt du nouveau ; car il dit : Le vieux est meilleur » (Luc 5:39). Ceux qui ont l’habitude d’une religion d’origine divine, comme les Juifs, trouvent spécialement difficile de recevoir une vérité plus élevée. C’est pourquoi cette épître prend un soin extrême à montrer d’un bout à l’autre la supériorité de ce qui est présenté à notre foi en Christ, le Fils assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux, après avoir fait la purification des péchés (Héb. 1:3). Dieu a préparé (ou : prévu) des choses meilleures pour nous (Héb. 11:40)

 

5                        Chapitre 21

5.1   Ch. 21:1-9 — La sainteté chez les sacrificateurs

Nous avons ici des ordonnances pour assurer la sainteté au milieu de la sacrificature selon l’ordre d’Aaron. Bien sûr ce sont des ordonnances de caractère charnel (Héb. 9:10), comme les sacrificateurs l’étaient eux-mêmes ; mais comme d’habitude, elles sont la figure et l’ombre de choses meilleures (Héb. 8:5), quand Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir (Héb. 9:11). Alors la sacrificature ayant été changée, il était nécessaire qu’il y eut aussi un changement de la loi (Héb. 7:12).

« Et l’Éternel dit à Moïse : Parle aux sacrificateurs, fils d’Aaron, et dis-leur : Que le sacrificateur ne se rende pas impur parmi ses peuples pour un mort, excepté pour son proche parent, pour sa mère, et pour son père, et pour son fils, et pour sa fille, et pour son frère ; et pour sa sœur vierge qui lui est proche, et qui n’aura pas été mariée, pour elle il se rendra impur. Il ne se rendra pas impur comme chef parmi son peuple, pour se profaner. Ils ne se feront point de place chauve sur leur tête, et ils ne raseront pas les coins de leur barbe ni ne se feront d’incisions dans leur chair. Ils seront saints, consacrés à leur Dieu, et ils ne profaneront pas le nom de leur Dieu, car ils présentent les sacrifices de l’Éternel faits par feu, le pain de leur Dieu ; et ils seront saints. Ils ne prendront point pour femme une prostituée ou une femme déshonorée ; et ils ne prendront pas une femme répudiée par son mari, car le sacrificateur est saint, consacré à son Dieu. Et tu le tiendras pour saint, car il présente le pain de ton Dieu. Il te sera saint, car je suis saint, moi, l’Éternel qui vous sanctifie. Et si la fille d’un sacrificateur se profane en se prostituant, elle profane son père ; elle sera brûlée au feu » (21:1-9).

Comme les devoirs découlent des relations, ainsi les devoirs croissent quand les relations sont plus élevées. C’est parce que les fils d’Aaron étaient des sacrificateurs et qu’ils entraient dans le sanctuaire comme aucun Israélite ordinaire ne le pouvait, que ces ordonnances étaient imposées à la famille sacerdotale. Car la première de toutes les obligations est envers Dieu, ce qui donne un poids supplémentaire à tout le reste. C’est pourquoi comme Dieu n’était pas connu des païens, leur éthique (c’est le code moral des philosophes jusqu’à aujourd’hui) était fondamentalement défectueuse. Israël aussi, étant sous la loi, poursuivait un but qu’ils ne pouvaient atteindre, justement parce que ce qu’il poursuivait était « une loi » de justice. C’était une loi d’œuvres, non pas de foi. La loi produit la colère, non pas l’amour (Rom. 4:15). C’est pourquoi l’apôtre dit que contrairement à ceux qui sont sur le principe de la foi, tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction, au lieu d’être bénis avec le croyant Abraham (Gal. 3:10). Mais les chrétiens maintenant (et c’est le même apôtre qui le dit en Rom. 4) ont un grand avantage même par rapport à Abraham, parce que lui n’allait pas au-delà de la promesse, parce qu’il ne pouvait rien y avoir d’autre alors. Il était pleinement persuadé que ce que Dieu avait promis, Il était capable de l’accomplir ; c’est pourquoi cela lui a été compté à justice (Rom. 4:21-22). Nous, nous croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les mort Jésus notre Seigneur, qui a été livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification (Rom. 4:25). L’évangile n’est pas une simple promesse, mais un accomplissement, ce qui accroît beaucoup la grâce dont on jouit maintenant par la foi.

 

5.1.1        Pas de contact avec la mort, et autres obligations de pureté

Nous voyons que le sacrificateur ne devait pas se souiller en approchant de la mort, sauf pour un proche parent dans des conditions très définies. D’autres pouvaient subir les effets de la proximité de la mort, mais ce n’était pas compatible avec ceux qui s’approchaient de la présence de Dieu, le Dieu vivant. Pour un proche direct, il pouvait se souiller, la loi l’acceptait (21:2-4), car la loi n’a rien amené à la perfection (Héb. 7:19). Mais il ne devait pas faire comme les païens, en se faisant des tonsures sur la tête, ou en se rasant les coins de la barbe, ou en se faisant des incisions dans la chair, comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Dieu n’était pas dans les pensées de ceux qui était gouvernés par les démons, et les excès de ceux-ci étaient interdits aux Israélites en général. Ils profanaient le nom de leur Dieu, et étaient intolérables chez ceux qui présentaient les sacrifices par feu à l’Éternel, le pain de leur Dieu, selon le nom que Lui leur donne en grâce.

Certaines personnes vivantes étaient aussi interdites aux sacrificateurs : une prostituée, une femme déshonorée ou une femme répudiée. Quelles que soient les femmes que pouvaient prendre les autres, le sacrificateur était saint à son Dieu. Moïse était responsable de le sanctifier en tant qu’autorité suprême en Israël : c’est ainsi que son estimation [celle de Moïse] était requise en Lév. 27:2, 4. Ses compagnons auraient pu être trop souples dans de telles exigences.

Il y avait une autre possibilité contre laquelle une ordonnance est donnée : la fille d’un sacrificateur qui se prostituait ne se profanait pas seulement elle-même, mais aussi son père. Cela attirait le terrible jugement de la brûler au feu. On ne moque pas de l’Éternel, mais il est sanctifié dans tous ceux qui s’approchent de Lui. Tel était le gouvernement divin pour ceux qui étaient sous la loi.

 

5.1.2        Les sacrificateurs dans le christianisme

Aujourd’hui les seuls sacrificateurs que le christianisme reconnaît sont ceux qui confessent Christ. Ils sont une sacrificature sainte et royale (1 Pier. 2:5, 9). L’épître aux Hébreux les exhorte en rapport avec leurs privilèges, — qui sont supérieurs à ceux d’Aaron, — comme le font les apôtres Jean et Pierre. C’est l’orgueil incrédule de la théologie d’appliquer la sacrificature aux dons de Christ et aux charges locales comme les anciens. Nous ne trouvons pas ceci une seule fois dans le Nouveau Testament qui, dans la lettre comme dans l’esprit, applique le terme de sacrificateur pour désigner tout chrétien. On ne peut pas non plus en faire usage pour les ministres de la Parole. La fonction de ces derniers est une fonction de la part de Dieu, de prêcher au monde, ou d’enseigner les saints. Les sacrificateurs ont une place entièrement à part pour s’approcher de Dieu dans la prière et la louange, et pour offrir « des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2:5). Ils sont par conséquent tenus de se tenir à distance de la mort spirituelle, et ils doivent laisser les morts ensevelir leurs morts (Matt. 8:22 ; Luc 9:60). Ils doivent se reconnaître comme morts aux péchés mais comme vivants à Dieu dans le Christ Jésus (Rom. 6:11), leur conscience étant purifiée des œuvres mortes pour servir le Dieu vivant (Héb. 9:14). Christ est maintenant leur vie, et Il leur donne la victoire par Sa mort et Sa résurrection. Toutes choses sont à eux, non pas seulement la vie, mais aussi la mort, les choses présentes et les choses à venir (1 Cor. 3:21-22). Même le tribunal de Christ n’est pas un sujet de terreur pour eux, mais il réveille un zèle et une miséricorde profonde pour persuader ceux qui périssent et pour lesquels ils savent combien ce tribunal sera terrible s’ils ne se repentent pas et ne croient pas à l’évangile.

Mais les sacrificateurs Juifs de l’Ancien Testament, les fils d’Aaron ont été les ennemis de l’Éternel plus que ne l’a été le peuple qui avait perdu la tête ; ce sont eux et la voix des principaux sacrificateurs qui ont prévalu contre le païen Pilate qui était moins endurci. Ils sont maintenant retranché du figuier, et ils ont perdu leur position jusqu’au moment où la grâce les réveillera à la fin. C’est pourquoi comme le commandement est mis de côté à cause de sa faiblesse et de son inutilité, la voie est ouvertes pour l’introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous nous approchons de Dieu (Héb. 7:18-19). Il n’y a que les chrétiens qui soient sacrificateurs en vertu de l’œuvre de Christ et de l’appel de Dieu. Faire sacrificateurs les ministres de la Parole, ou leur donner un grade supérieur, rappelle de manière inquiétante la contradiction de Coré (Jude 11) : c’était la prétention du Lévite à prendre la place non pas seulement du souverain sacrificateur, mais de tous les sacrificateurs. Comme sacrificateurs, nous sommes appelés de Dieu, non pas à l’impureté en aucune manière et à aucun degré, mais dans la sainteté (1 Thes. 4:7), comme condition caractéristique de ceux qui sont participants de l’appel céleste (Héb. 3:1).

On peut noter ici combien l’évangélisme est aussi insuffisant. La plupart de ceux qui sont formés à cette école ne dépassent guère la négation de toute sacrificature, sauf celle de Christ. Mais il est important d’insister sur la vérité positive que tout chrétien est un sacrificateur de Dieu maintenant. On dira qu’il est un sacrificateur spirituellement : c’est vrai. Il n’y a pas de sacrificateur maintenant sauf de nature spirituelle. Le christianisme ne connaît pas de sacrificateur de façon formelle ou charnelle. Tout chrétien a le droit inaltérable de s’approcher du seul sanctuaire, par le seul sacrifice efficace que Dieu reconnaisse. Et tous sont appelés à exercer de manière habituelle ce droit qui est le seul existant réellement sur la terre. En Héb. 10:19 et autres, cela est développé en termes très clairs.

 

5.2   Ch. 21:10-15 — La sainteté du souverain sacrificateur

Ici il ne s’agit pas de la sainteté générale de la lignée d’Aaron, mais du caractère de sainteté qui incombe à leur chef en raison de l’onction de son Dieu.

« Et le grand sacrificateur d’entre ses frères, sur la tête duquel l’huile de l’onction aura été versée et qui aura été consacré pour revêtir les saints vêtements, ne découvrira pas sa tête et ne déchirera pas ses vêtements. Il n’ira vers aucune personne morte ; il ne se rendra impur ni pour son père, ni pour sa mère ; et il ne sortira pas du sanctuaire, et ne profanera pas le sanctuaire de son Dieu ; car la consécration de l’huile de l’onction de son Dieu est sur lui. Moi, je suis l’Éternel. Et il prendra pour femme une vierge. Une veuve, ou une répudiée, ou une femme déshonorée, une prostituée, il ne les prendra point ; mais il prendra pour femme une vierge d’entre ses peuples. Et il ne profanera pas sa semence parmi ses peuples, car moi, je suis l’Éternel qui le sanctifie » (21:10-15).

Les ordonnances qu’on trouve ici ne provenaient pas seulement de ce que le plus haut niveau sacerdotal était concerné. L’Esprit de Dieu ne manque pas de garder présent devant nous, même dans l’Ancien Testament, qu’Il avait toujours en vue le Second Homme, même quand il s’agissait de mises à l’épreuve du premier homme. C’est pourquoi le lecteur croyant, qui croit en esprit tandis qu’il voit la lettre, est aussi enseigné à regarder à Lui. C’est ce que nous avons vu dans le début de Lévitique 4 par comparaison avec le reste du chapitre. Un principe similaire s’observe aussi au ch. 8, dans l’onction elle-même, mais d’une façon plus positive, non pas négative. En outre, bien que ce soit d’une manière encore plus différente, on peut discerner ce principe dans la place toute particulière que tenait le souverain sacrificateur au Jours des Propitiations (ch. 16). C’est ce qu’on retrouve ici aussi.

Littéralement le sacrificateur oint ne devait pas céder aux exigences de deuil ou de souillure par rapport à un mort, même pas pour son père ou pour sa mère, alors que l’honneur à l’égard de ceux-ci est tellement maintenu dans les dix commandements. En Christ comme Sacrificateur, la supériorité par rapport à la mort est rendue particulièrement visible. Il ne s’agit pas seulement du type frappant de Melchisédec, et son « ordre », comme Héb. 7 l’applique en prenant occasion de la manière dont est présenté le sacrificateur royal de Salem : « sans père, sans mère, sans généalogie n’ayant ni commencement de jour ni fin de vie » (Héb. 7:3). Même quand l’exercice de la sacrificature est introduit selon le modèle d’Aaron, il est insisté sur le fait que la sacrificature intransmissible rendait le Seigneur capable de sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par Lui, du fait qu’Il est toujours vivant pour intercéder pour eux (Héb. 7:24-25) : c’est un élément aussi étranger à Melchisédec que d’offrir des sacrifices ou brûler de l’encens.

Ensuite il ne devait pas sortir du sanctuaire ni profaner le sanctuaire de son Dieu. Ceci était absolument vrai du Seigneur à tous égards et cela ne pouvait pas être vrai d’aucune autre personne. Car Il était celui qui est céleste même sur la terre ; Il pouvait se décrire et Il se décrivait Lui-même comme le Fils de l’Homme qui est dans le ciel ; « était » ou « sera » ne décrirait pas convenablement la réalité d’une personne divine. Il était en effet le Saint de Dieu : tellement les esprits impurs étaient contraints de Le reconnaître que ceci était pour eux la source de l’effroi le plus profond et de la panique.

Le souverain sacrificateur était restreint quant au choix d’une femme. Une veuve ou une divorcée ou une femme déshonorée ou une prostituée était formellement interdites. Il devait prendre comme femme une vierge d’entre ses peuples. Faut-il redire comment Dieu a fait le nécessaire pour l’Église qu’Il a aimée en vue des noces de l’Agneau dans le ciel ? Il se la présentera à Lui-même glorieuse n’ayant ni taches ni rides ni rien de semblable. Il est vrai qu’elle n’avait que des péchés. Mais Il s’est donné lui-même pour elle pour la sanctifier et la purifier par le lavage d’eau par la Parole (Éph. 5:25-27). Il y a eu toute Sa souffrance, tout ce qu’Il a opéré et donné, dans Son amour incomparable. Ce qu’Il a fait est aussi assuré par Son œuvre de rédemption, que la valeur de Son sang est infinie aux yeux de Dieu — Lui qui avait ce propos de grâce dès avant la fondation du monde, — et Christ a accompli la partie la plus profonde et la plus merveilleuse de ce travail, et Il l’a fait savoir, pour la bénédiction et la joie de la foi, et Il va accomplir ce qui reste à accomplir pour le corps, et pour l’héritage en temps voulu, un temps qui s’approche bientôt. « Car un tel sacrificateur nous convenait, saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux, qui n’est pas journellement dans la nécessité, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple ; car cela, il l’a fait une fois pour toutes, s’étant offert lui-même. Car la loi établit pour souverains sacrificateurs des hommes qui sont dans l’infirmité, mais la parole du serment, qui est après la loi, établit un Fils qui est consommé pour l’éternité » (Héb. 7:26-28).

 

5.3   Ch. 21:16-24 — Le sacrificateur défectueux

5.3.1        Ch. 21:16-24

La loi n’a rien amené à la perfection. Il y avait toutes sortes de tares parmi les sacrificateurs et le peuple. C’est pourquoi même dans la lignée d’Aaron, de telles choses étaient interdites pour le service du sanctuaire.

« Et l’Éternel parla à Moïse disant : Parle à Aaron, en disant : Aucun homme de ta semence, en ses générations, qui a quelque défaut corporel, ne s’approchera pour présenter le pain de son Dieu ; car quiconque a un défaut corporel ne s’approchera pas : l’homme aveugle, ou boiteux, ou camus, ou qui a l’un de ses membres plus long que l’autre ; ou l’homme qui a une fracture au pied ou une fracture à la main ; ou celui qui est bossu, ou grêle, ou qui a une tache à l’œil, ou qui a une gale, ou une dartre, ou qui a les testicules écrasés. Nul homme de la semence d’Aaron, le sacrificateur, en qui il y aura quelque défaut corporel, ne s’approchera pour présenter les sacrifices de l’Éternel faits par le feu ; il y a en lui un défaut corporel : il ne s’approchera pas pour présenter le pain de son Dieu. Il mangera du pain de son Dieu, des choses très-saintes et des choses saintes ; seulement il n’entrera pas vers le voile, et ne s’approchera pas de l’autel, car il y a en lui un défaut corporel, et il ne profanera pas mes sanctuaires ; car moi, je suis l’Éternel qui les sanctifie. Moïse parla ainsi à Aaron et à ses fils, et à tous les fils d’Israël » (21:16-24)

Les fils d’Aaron étaient ainsi contraints de prendre note de ce qui convenait pour la présence et le service de leur Dieu. Il n’y avait pas d’immunité à l’égard des effets du péché dans un monde ruiné et sur une race ruinée. Le fait qu’ils descendaient d’Aaron ou d’Abraham ne leur était d’aucun profit en face des droits de l’Éternel. Ils avaient part aux conséquences de la chute avec les Gentils, même les plus égarés et idolâtres. Certains défauts étaient à vie, d’autres seulement temporaires, mais tant que ces défauts étaient là, ils étaient tenus de ne pas s’approcher, et leurs frères ne devaient pas le tolérer, à moins d’être assez impies pour l’oser.

 

5.3.2        Le Seigneur, un parfait sacrificateur

Le Nouveau Testament place devant nous un modèle incomparablement plus élevé. Même si Aaron n’avait aucun des défauts spécifiés, et en supposant qu’il ne se soit pas compromis dans le veau d’or qu’il avait fabriqué avec un burin à partir de l’or que le peuple lui avait donné pour en faire un dieu, — même si Aaron n’avait jamais été coupable d’aucune faute, il restait bien en dessous du Sacrificateur Oint que Dieu avait en vue, le grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus le Fils de Dieu, qui est assis sur le trône de la grâce et duquel nous nous approchons en toute liberté pour recevoir miséricorde et trouver grâce au moment opportun (Héb. 4:14-16). En Héb. 5 la distinction est soulignée d’une manière précise et nette : « Car tout souverain sacrificateur pris d’entre les hommes est établi pour les hommes dans les choses qui concernent Dieu, afin qu’il offre et des dons et des sacrifices pour les péchés, étant capable d’avoir de l’indulgence pour les ignorants et les errants, puisqu’il est aussi lui-même enveloppé d’infirmité ; et, à cause de cette infirmité, il doit offrir pour les péchés, comme pour le peuple, ainsi aussi pour lui-même. Or nul ne s’arroge cet honneur ; mais seulement s’il est appelé de Dieu, ainsi que le fut aussi Aaron » (Héb. 5:1-5)

Certains chrétiens réputés pour avoir une grande connaissance et une grande capacité, appliquent ce passage au Seigneur Jésus : ce n’est que de la témérité aveugle, car ils devraient se rendre compte que ce qui est présenté est le contraste avec le souverain sacrificateur juif, qui n’était qu’un homme et avait besoin d’offrir des sacrifices pour le péché pour lui-même autant que pour le peuple. Quelle que soit l’analogie, ici comme ailleurs, le but principal est de faire ressortir Sa supériorité bénie. Même s’Il ne s’est pas glorifié lui-même pour être fait souverain sacrificateur, c’est selon Sa dignité qu’il a été salué par Dieu en tant que sacrificateur pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec (Héb. 5:5, 10 ; Ps. 110:4), et qu’Il a été reconnu comme Son Fils quand il a été engendré dans le temps (Ps. 2:7, 12), alors qu’Il était éternellement Fils dans la déité, comme le montrent l’Évangile et les épîtres de Jean. Sa sacrificature est fondée sur Sa personne, née ici-bas, le Fils de Dieu ; tandis que le Ps. 110 déclare Sa fonction, affirmée avec le serment de Dieu et en relation avec Sa séance à la droite de Dieu. On peut observer ici, comme auparavant au ch. 2:17, 18, que le fait d’être un homme est introduit de manière touchante pour montrer combien, à cause de Son expérience dans les jours de Sa chair, Il est tellement prêt à ressentir de la sympathie pour ceux qui sont éprouvés et dans le besoin, et qu’Il n’a pas honte d’appeler Ses frères. Personne ne peut sonder l’angoisse de Celui qui ne s’est jamais épargné Lui-même, mais a glorifié Dieu à tout prix. Lui qui, comme personne divine, parlait et la chose s’accomplissait, qui commandait et la chose était établie fermement, — Lui a appris (quelle chose nouvelle pour lui !) l’obéissance, et de la manière la plus profonde, à travers les choses qu’Il a souffertes, et ayant été consommé, Il est devenu l’auteur du salut éternel pour tous ceux qui Lui obéissent.

 

5.3.3        Les croyants comme sacrificateurs

Il n’en va pas autrement maintenant avec ceux qui sont Siens, malgré leur vieille nature d’inimitié contre Dieu, aggravée d’œuvres mauvaises, et ayant encore le vieil homme qui ne s’améliore jamais, et qui a besoin d’être mortifié comme il a déjà été crucifié avec Lui. Pourtant la même épître rend témoignage que, et Celui qui sanctifie (Christ) et ceux qui sont sanctifiés (les chrétiens) sont tous d’un ; comme d’autres épîtres le développent, avec des expressions qui varient selon la portée de chacune d’elles, la grâce abondante dans laquelle nous nous tenons devant Lui — nous l’avons eue par la foi, et nous l’avons encore. Car nous n’avons pas reçu un esprit de servitude pour être de nouveau dans la crainte, mais nous avons reçu l’esprit d’adoption, par lequel nous crions Abba, Père (Rom. 8:15). L’Esprit lui-même, qui nous convainc de culpabilité et du péché qui habite en nous, rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu ; et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ, si du moins nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui » (Rom. 8:16-17).

C’est pourquoi, par Sa rédemption et une nouvelle création en Lui, nous avons le droit de dire que « les chose vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles ; et toutes sont du Dieu qui nous a réconciliés avec Lui-même par Christ » (2 Cor. 5:17-18). La même mort de Christ a déchiré le voile qui, au lieu de nous maintenir dehors, est pour le chrétien un chemin nouveau et vivant pour entrer. Nous avons donc toute liberté pour entrer dans le sanctuaire, en parfaite paix (Héb. 10:19-22), ce que Aaron n’a jamais possédé même en type, car il ne pouvait entrer dans le sanctuaire qu’avec les plus grandes précautions, de peur de mourir.

 

5.3.4        La sacrificature selon les épîtres de Pierre, Paul et Jean

Il n’y pas que l’épître aux Hébreux pour affirmer que Christ a une sacrificature incomparablement meilleure, et pour donner à entendre que nous avons notre propre accès sacerdotal (ch. 10). L’apôtre Pierre aussi, dans le second chapitre de sa première épître, dit bien, qu’étant venus au Seigneur, la Pierre vivante et vraie, nous, comme des pierres vivantes, nous sommes édifiés une maison spirituelle une sainte sacrificature pour offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ (1 Pier. 2:4-5). En effet le Nouveau Testament ne reconnaît pas actuellement d’autre sacrificature que celle-là. La sacrificature Gentile n’a jamais eu une approbation divine, et la sacrificature juive maintenant est positivement sous la malédiction, car elle a méprisé le sang qui a effacé nos nombreuses tares. Car quoi qu’il en soit de nous (nous étions tous tournés vers notre propre chemin, tous loin de Dieu, haïssables nous haïssant l’un l’autre, faux et impurs), nous sommes maintenant lavés, sanctifiés, justifiés au nom du Seigneur Jésus et par l’Esprit de notre Dieu (1 Cor. 6:11).

Les épîtres de Paul dans leur ensemble, des Romains jusqu’aux Hébreux, disent explicitement que tout chrétien a bien plus le droit de s’approcher de Dieu que les fils d’Aaron, ou même Aaron lui-même. Si c’est un droit spirituel, il n’en est pas moins tout à fait réel, tandis que la proximité des Juifs n’était qu’un type et qu’une ombre, et cela a maintenant perdu toute valeur aux yeux de Dieu. L’ignorance et l’incrédulité ont mis en place une vaine imitation dans la chrétienté.

Le dernier des apôtres survivants atteste le même privilège sacerdotal pour le chrétien maintenant. « À celui qui nous aime et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ; — et il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ; — à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » (Apo. 1:5-6). Christ est le souverain sacrificateur ; les chrétiens sont les sacrificateurs. Toute sacrificature en dehors de cela est un péché grave, et une pure imposture. Par une seule offrande Christ a rendu parfait ceux qui sont sanctifiés (Héb. 10:14). Il n’y a pas de personnes avec des tares ou des défauts dans la sacrificature chrétienne. Lui était toujours parfait moralement ; nous sommes rendus parfaits par Son seul sacrifice. Ce n’est pas une question de défaillances dans la marche.

 

6                        Chapitre 22

6.1   Ch. 22:1-16 — Privilège et responsabilité du sacrificateur

Ce chapitre continue, comme le précédent, le même genre de sanctification obligatoire à l’Éternel dans la famille sacerdotale. Ici il ne s’agit pas de disqualifications indélébiles, comme dans la précédente section, mais de souillures passagères. Aucune souillure n’était à traiter à la légère. La révérence est due à Celui qui est un feu consumant (Héb. 12:29). Sa volonté et Sa parole règlent tout, spécialement pour ceux qui s’approchent de Lui.

« Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle à Aaron et à ses fils, afin qu’ils se séparent des choses saintes des fils d’Israël, et qu’ils ne profanent pas mon saint nom dans les choses que ceux-ci me sanctifient. Moi, je suis l’Éternel. Dis-leur : Tout homme de toute votre semence, en vos générations, qui, ayant son impureté sur lui, s’approchera des choses saintes que les fils d’Israël ont sanctifiées à l’Éternel, cette âme-là sera retranchée de devant moi. Moi, je suis l’Éternel. Aucun homme de la semence d’Aaron, qui est lépreux ou qui a un flux, ne mangera des choses saintes, jusqu’à ce qu’il soit purifié ; et celui qui aura touché quelqu’un qui est impur par un mort, ou celui de qui est sorti de la semence, ou celui qui a touché un reptile quelconque qui le rende impur, ou un homme qui le rende impur de quelque impureté dont il soit affecté, ― l’homme qui aura touché cela, sera impur jusqu’au soir, et ne mangera pas des choses saintes, s’il n’a pas lavé sa chair dans l’eau ; et après le coucher du soleil il sera pur ; et ensuite, il mangera des choses saintes, car c’est son pain. Aucun d’eux ne mangera d’une bête morte d’elle-même ou déchirée, pour se rendre impur par elle. Moi, je suis l’Éternel. Et ils garderont ce que j’ai ordonné de garder, afin qu’ils ne portent pas de péché sur eux, et qu’ils ne meurent pas, pour avoir profané mon ordonnance. Moi, je suis l’Éternel qui les sanctifie. Et aucun étranger ne mangera de ce qui est saint ; celui qui demeure chez un sacrificateur, et l’homme à gages, ne mangeront pas de ce qui est saint. Mais si le sacrificateur a acheté de son argent un esclave, celui-ci en mangera, ainsi que celui qui est né dans sa maison : ceux-là mangeront de son pain. Et une fille de sacrificateur, si elle est mariée, à un étranger, ne mangera pas des offrandes élevées des choses saintes. Mais si une fille de sacrificateur est veuve ou répudiée, et n’a pas d’enfants, et est retournée dans la maison de son père, comme dans sa jeunesse, elle mangera du pain de son père ; mais aucun étranger n’en mangera. Et si un homme, par ignorance, mange d’une chose sainte, il donnera au sacrificateur la chose sainte, et y ajoutera un cinquième par-dessus. Et on ne profanera pas les choses saintes des fils d’Israël, qu’ils offrent en offrande élevée à l’Éternel, et on ne leur fera pas porter l’iniquité du délit quand ils mangeront de leurs choses saintes, car moi je suis l’Éternel qui les sanctifie » (22:1-16)

 

6.1.1        Ch. 22:1-2

On est bien frappé par le soin avec lequel ces obligations sont données à Moïse par l’Éternel, et aux fils d’Aaron par son moyen (22:1-2). Le compromis dans les choses divines est haïssable pour Dieu. Les hommes s’en vantent, spécialement dans les jours actuels où le libéralisme est l’idole populaire, par opposition à l’idole précédente qu’était la tradition humaine et le cléricalisme, qui théoriquement sont inflexibles, mais qui en pratique sont suffisamment accommodants pour taxer les péchés par le moyen d’un tarif. Les sacrificateurs de l’Éternel étaient tenus à l’obligation stricte de ne pas profaner son saint Nom dans les choses saintes d’Israël.

 

6.1.2        Ch. 22:3-8

Il pourrait y avoir de l’impureté de jour en jour qui ne soit connue que de chacun des sacrificateurs individuellement. La conscience était ainsi testée, ainsi que la crainte de Dieu. On pouvait facilement cacher son impureté à ses collègues et aux fils d’Israël, mais c’était au risque d’être retranché de la présence de l’Éternel (22:3). Le fait de faire partie de la descendance d’Aaron ne donnait pas de droit d’asile dans le sanctuaire, bien au contraire et quelque soit le cas, — si on souffrait de lèpre, ou d’un flux de ses reins, ou même d’avoir eu contact avec un mort, ou si l’on avait une infirmité impure, ou si l’on avait touché un reptile qui rende impur, ou autres choses semblables. La nature ou le degré de la souillure pouvait varier ; mais l’Éternel ne tolérait aucune impureté chez ceux qui s’approchaient. Ils étaient au minimum impurs jusqu’au soir, et ne devaient pas manger des choses saintes jusqu’à ce qu’ils aient lavé leur chair à l’eau. Après cela ils étaient libres d’en manger car le Saint est plein de grâce et miséricordieux (22: 4-8).

 

6.1.3        Ch. 22:9-11

L’Éternel est le Dieu vivant. La mort est le salaire du péché ; mais ce n’est pas tout, car il reste le jugement, comme tout chrétien devrait le savoir (Christ révélant toute la vérité). C’est pourquoi toucher un mort souillait n’importe qui, et encore bien plus le sacrificateur. Aucun Israélite n’était libre de manger ce qui avait été déchiré des bêtes des champs, mais il fallait le jeter aux chiens (Ex. 22:31). « Je suis l’Éternel » pesait sur les fils d’Aaron plus que tous. C’est pourquoi ils avaient à garder Son ordonnance de peur qu’il y ait du péché sur eux, et qu’ils meurent dans leur profanation. Il les sanctifiait extraordinairement (22: 9).

Mais l’inverse était aussi une obligation formulée expressément. Aucun étranger ne devait manger des choses saintes. Celui qui séparait Israël pour Lui-même séparait le sacrificateur d’une séparation encore plus stricte. Quelqu’un séjournant chez le sacrificateur n’avait aucun droit, pas plus qu’un serviteur salarié même s’il servait à la maison ou était apprécié. Mais quelqu’un qui appartenait au sacrificateur, acheté ou né dans sa maison, avait droit à ce privilège : il pouvait manger de sa nourriture (22:10-11).

 

6.1.4        Ch. 22:12-14

Nous avons ensuite des cas particuliers ne suivant pas la règle générale, et qui sont formulés avec précision. Si la fille du sacrificateur se mariait à un étranger (c’est-à-dire en dehors de la famille d’Aaron) elle perdait pour le moment son droit à manger les sacrifices des choses saintes. Mais si elle devenait veuve, ou divorcée, sans enfants, et était de retour dans la maison de son père comme dans sa jeunesse, elle reprenait son droit, et pouvait manger de la nourriture de son père. Elle n’était plus une étrangère sous interdiction (22:12-13).

De même (22:14), un homme pouvait manger les choses saintes involontairement, et dans ce cas il lui était ordonné d’ajouter le cinquième par-dessus, et de le donner au sacrificateur avec la chose sainte : c’était une double dîme du délit. Il n’y avait pas de superstition, ni d’exagération humaine. Le vrai Dieu est nécessairement un Dieu jaloux, mais Il pèse tout avec beaucoup de considération.

 

6.1.5        Ch. 22:15-16

Cette partie du chapitre se termine comme le début — par la responsabilité des sacrificateurs. En particulier, ils ne devaient pas profaner les choses saintes des fils d’Israël qu’ils sacrifiaient à l’Éternel, ni se charger eux-mêmes de l’iniquité du délit en mangeant les choses saintes, se souvenant que c’était l’Éternel qui les sanctifiaient. Hélas ! c’est justement là où ils ont manqué, non seulement comme nous l’avons vu avant que leur consécration soit complète, mais de plus en plus au cours du temps, jusqu’à être à la tête de la profanation, et pire même, à la tête de l’impureté grossière (1 Sam. 2:12-22). Une parole prophétique est donc venue, par un homme de Dieu, selon laquelle les fils du souverain sacrificateur mourraient en un seul jour, et que l’Éternel se susciterait un sacrificateur fidèle pour faire ce qui était selon Son cœur et selon Ses pensées, et auquel Il bâtirait une maison stable, Lui-même étant Roi devant Son oint pour toujours. Le Messie est la seule réponse complète à la fois comme sacrificateur et comme roi (1 Sam. 2:34-35 ; Zach. 6:13).

Comme chrétiens nous Le connaissons dans une position encore bien plus glorieuse, non seulement dans le ciel, mais à la droite de Dieu sur Son trône. Et nous Le connaissons comme le Fils Éternel, — non pas seulement comme Son Fils dans le temps — et comme Fils de l’homme couronné de gloire et d’honneur. Il ne s’agit pas il est vrai des nombreux diadèmes du monde à venir, mais il s’agit d’une guirlande de la victoire plus profonde et plus élevée que toutes celles qui doivent être obtenues et manifestées au jour où la terre sera remplie de la gloire de l’Éternel comme les eaux couvrent la mer (Nomb. 14:21 ; Hab. 2:14). Car c’est à nous de nous approcher avec confiance du trône de la grâce pour recevoir miséricorde et trouver grâce au moment opportun (Héb. 4:16). Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair, et ayant un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi, ayant les cœurs par aspersion purifiés d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’eau pure » (Héb. 10:19-22)

 

6.2   Ch. 22:17-25 — La sanctification requise pour les sacrificateurs et le peuple

Ces versets regroupent les fils d’Aaron avec les fils d’Israël dans les ordonnances de l’Éternel le Médiateur.

« Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle à Aaron et à ses fils, et à tous les fils d’Israël, et dis-leur : Quiconque de la maison d’Israël ou de ceux qui séjournent en Israël, présentera son offrande, selon tous leurs vœux et selon toutes leurs offrandes volontaires qu’ils présentent en holocauste à l’Éternel, ― pour être agréé offrira un mâle sans tare, de gros bétail, de moutons, ou de chèvres. Vous ne présenterez aucune chose qui ait quelque défaut corporel, car elle ne sera point agréée pour vous. Et si un homme présente un sacrifice de prospérités à l’Éternel, pour s’acquitter d’un vœu, ou en offrande volontaire, soit de gros bétail, soit de menu bétail, son offrande sera sans tare, pour être agréée ; il n’y aura en elle aucun défaut corporel. Vous ne présenterez point à l’Éternel ce qui est aveugle, ou qui a une fracture ou qui est mutilé, ou qui a des ulcères, ou une gale, ou une dartre, et vous n’en ferez pas un sacrifice fait par feu sur l’autel, à l’Éternel. Tu pourras faire un sacrifice volontaire d’un bœuf ou d’un agneau ayant quelque membre trop long ou trop court ; mais pour un vœu, ils ne seront pas agréés. Et vous ne présenterez pas à l’Éternel ce qui sera froissé, ou écrasé, ou arraché, ou coupé ; vous ne ferez point cela dans votre pays. Et de la main d’un étranger, vous ne présenterez aucune de ces choses comme le pain de votre Dieu ; car leur corruption est en elles, il y a un défaut en elles ; elles ne seront pas agréées pour vous » (22:17-25).

Nous pouvons comprendre facilement combien le peuple était enclin à oublier l’honneur de l’Éternel, et le fait qu’Il voit tout quand on présente en sacrifice sur Son autel ce qui est endommagé ou défectueux ; et combien le sacrificateur était disposé à fermer les yeux devant de telles ruses. C’était réellement une transgression haïssable, et un reniement pratique de ce qu’Il est le Dieu vivant. Le Dieu d’Israël ressemblait-Il à Ses adorateurs égoïstes, ou tout au moins de tels qui se prétendaient adorateurs ? En effet, c’est ce qu’implique ce péché, spécialement dans les choses divines.

Mais rappelons nous combien c’est encore bien plus mauvais quand cela se passe chez un chrétien, car le propre de sa profession est qu’il marche dans la lumière comme Dieu est dans la lumière (1 Jean 1:7). La vraie lumière luit déjà (1 Jean 2:8). Bien que nous ne soyons pas sous la loi comme Israël, nous étions autrefois ténèbres, et nous avons été fait lumière dans le Seigneur (Éph. 5:8), et nous sommes appelés à reluire comme des luminaires dans un monde misérable et à y présenter la Parole de vie (Phil. 2:15-16). Il est évident que nous ne devrions pas être moins soigneux dans ce qui touche notre relation que ne l’était un Juif dans la sienne : la moindre des choses, c’est bien d’être honnête devant Dieu et les hommes ; sinon il vaut mieux s’abstenir de parler de la grâce ; rien ne condamne plus le laxisme que la vraie grâce de Dieu.

Pourtant même la loi tolérait un moindre niveau d’exigence dans le cas des sacrifices de prospérités volontaire (22:23) parce qu’une place inhabituelle était alors accordée à l’homme. Avec le sacrifice de prospérités d’actions de grâce, on présentait du pain levé avec les gâteaux sans levain mêlés avec de l’huile. Pour un vœu cela était interdit (*), comme étant strictement à l’Éternel. Ni le désert, ni dans le pays promis, rien qui fût en quoi que ce soit anormal ne pouvait être agréé ni permis. Un mâle sans défaut était impératif, comme représentant le Saint de Dieu. L’étranger n’avait pas plus de liberté qu’un Israélite.

 

(*) note Bibliquest : cette affirmation est déduite de l’interdiction générale du levain en Lév. 2 et de son autorisation spécifique dans le seul cas particulier de Lév. 7:13.

Combien il est clair que, de toute manière, la perfection n’était pas dans la sacrificature lévitique, ni par elle. Elle était donné de Dieu provisoirement pour un peuple terrestre, une sacrificature qui mourait pour un peuple qui mourait ; car la loi donnée au peuple était basée sur elle. S’il y avait eu la perfection par cette sacrificature, quel était le besoin qu’un autre sacrificateur se lève selon l’ordre de Melchisédec, et qui ne fût pas nommé selon l’ordre d’Aaron ? car la sacrificature étant changée il y a aussi nécessité d’un changement de loi… Et cela est encore bien plus évident, si, à la ressemblance de Melchisédec, un autre sacrificateur se lève, qui n’a pas été établi selon la loi d’un commandement charnel, mais selon la puissance d’une vie impérissable. Car ce témoignage lui est rendu : Tu es sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec. Car il y a abrogation du commandement qui a précédé, à cause de sa faiblesse et de son inutilité (car la loi n’a rien amené à la perfection), et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu » (Héb. 7:11-12, 15-19)

 

6.3   Ch. 22:26-33 — Sanctification d’Israël

6.3.1        Ch. 22:26

Il s’agit de communications de l’Éternel avec un supplément d’ordre général ; c’est pourquoi l’Éternel ne parle qu’à Moïse, et non pas aux fils d’Aaron et à Aaron comme aux versets 1-16, ni à Aaron et à ses fils et aux fils d’Israël comme aux versets 17 à 25. Le souverain sacrificateur et les sacrificateurs devaient être au courant de l’impureté qui était sur eux quand ils s’approchaient des choses saintes, sous peine d’être retranchés de devant l’Éternel, car Il est Celui qui les sanctifie. De leur côté, ceux qui offraient un sacrifice quelconque, que ce soit un vœu ou une offrande volontaire, devaient être au courant des défauts de ce qu’ils présentaient : c’était totalement inacceptable. À ces règles, il est ajouté maintenant une parole finale.

« Et l’Éternel parla à Moïse disant : Un veau, ou un agneau ou un chevreau, lorsqu’il sera né, sera sept jours sous sa mère ; et depuis le huitième jour et après, il sera agrée pour l’offrande du sacrifice fait par feu à l’Éternel. Et vous n’égorgerez pas la vache, ou la brebis, elle et son petit, en un même jour. Et si vous sacrifiez un sacrifice d’action de grâces à l’Éternel, vous le sacrifierez pour être agréé pour vous. Il sera mangé le jour même ; vous n’en laisserez rien jusqu’au matin. Moi, je suis l’Éternel.

Et vous garderez mes commandements et vous les ferez. Moi, je suis l’Éternel. Et vous ne profanerez pas mon saint nom, mais je serai sanctifié au milieu des fils d’Israël : moi, je suis l’Éternel qui vous sanctifie et qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte pour être votre Dieu. Moi, je suis l’Éternel » (22:26-33).

 

6.3.2        Ch. 22:27

« Il y a une saison pour tout, et il y a un temps pour toute affaire sous les cieux » (Éccl. 3:1) L’homme, qu’il soit Israélite ou chrétien, est sujet à commettre des fautes. En outre, sa vraie place est dans la soumission et l’obéissance. Dieu lui-même a un but devant Lui qu’Il place devant nous. Il voudrait glorifier le Second Homme que le premier homme est si enclin à oublier, même quand il a l’intention d’honorer Dieu, qui seul peut juger infailliblement de ce qui Lui plait, et qui nous le fait connaître en grâce pour que nous le sachions.

L’animal, après sa naissance, devait rester sept jours sous sa mère. Il en va autrement dans la nature. Les Juifs disent qu’un sabbat devait passer sur lui. L’Éternel dit qu’à partir du huitième jour et au-delà il serait accepté. Ce n’est pas le critère de la création ou de la loi qui était le point déterminant, si importants soient-ils tous les deux, mais ce qui comptait était le témoignage du jour si important de la résurrection, quand le Seigneur est ressuscité, Lui qui est le commencement, le dernier Adam (et non pas le premier), le Premier né d’entre les morts, afin qu’en toutes choses, Il tienne, Lui, la première place (Col. 1:18). N’est-ce pas Son dû ?

 

6.3.3        Ch. 22:28

Une autre ordonnance suit : « vous n’égorgerez pas la vache, ou la brebis, elle et son petit, en un même jour ». L’Éternel veut cultiver la bienséance chez Son peuple. S’Il ordonne un sacrifice dans des conditions strictes et révérentes, c’était à la fois pour qu’on ressente la culpabilité et la propre volonté, et qu’on les confesse — alors combien plus en rapport avec le seul vrai Sauveur et le seul sacrifice efficace vis-à-vis du péché devant Lui. Mais il voulait aussi de la délicatesse de sentiments, même quand il s’agissait d’une bête muette ou morte ; il interdisait pareillement de cuire le chevreau dans le lait de sa mère. Toute l’Écriture s’oppose à la brutalité grossière habituelle des païens qui ne connaissent pas le vrai Dieu.

 

6.3.4        Ch. 22:29-30

En outre, le sacrifice d’actions de grâce, du fait qu’il implique de bons sentiments et de la sympathie humaine, devait être mangé le même jour ; il ne devait pas être séparé plus longtemps de l’autel, et du sacrifice qui montait, et de l’Éternel lui-même : « Je suis l’Éternel ». C’est le sel qui maintient la pureté. Il faut qu’il y ait de la foi, et bien plus que du sentiment, qui est humain et qui disparaît même dans le meilleur des cas.

 

6.3.5        Ch. 22:31-33

Combien il est solennel, aussi, de voir cette marque : « Je suis l’Éternel » — répétée et imprimée comme un sceau sur l’observation et la pratique des commandements de l’Éternel. L’obéissance est ainsi demandée, de même que la profanation de Son saint Nom est totalement interdite, afin qu’Il soit sanctifié dans son peuple. Car en effet, c’est l’Éternel qui les sanctifiait, lui qui les avait portés hors du pays d’Égypte pour être leur Dieu : « Je suis l’Éternel ». Telle était leur place comme Son peuple ici-bas sur la terre, un témoin vis-à-vis des nations. Y a-t-il rien de plus vide de tout le sens de ces relations que la profession du nom de Dieu sans se référer habituellement à Sa Parole et à l’obéissance à Sa volonté ? Même une loi terrestre implique une sanction si elle est enfreinte, et ce que l’on appelle de la résistance passive, n’est que de la folie et du mal actifs. Les hommes qui professent le vrai Dieu peuvent-ils oublier la solennité du jugement éternel, non pas seulement pour les actes impies, mais aussi pour les paroles impies, comme s’ils étaient indépendants de Dieu, et que leur langue et tout le reste ne leur appartenait qu’à eux ? S’ils marchent dans les voies de leur cœur souillé et qui souille, en suivant leurs yeux qui se détournent de la Parole de Dieu, n’est-il pas de toute évidence juste que Dieu amène les hommes en jugement pour toutes ces choses ? (Éccl. 12:14). Combien plus ceux qui ont méprisé Sa grâce en Christ qui apporte le salut, et qui est apparu à tous les hommes enseignant que tous se repentent et croient à la bonne nouvelle ? (Tite 2:11 ; Actes 17:31).

Mais quel amour pour nous qui, par grâce, croyons déjà ? Notre place est la délivrance de ce présent siècle mauvais pour être associé avec Christ, non pas simplement pour régner avec Lui, mais pour être avec Lui là où Il est dans la maison du Père. C’est céleste. Nous ne sommes pas du monde comme Lui n’en est pas.