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Lévitique 16 — Le Jour des Propitiations
par William Kelly ; Préface de W. J. Hocking
Publié (sans la préface) dans Bible Treasury depuis le vol. N3 p. 179 (déc. 1900) jusqu’à vol. N4 p. 132 (sept. 1902). La préface de 1924 figure dans l’édition tirée à part, publiée par Bible Truth Publishers (sans date).
L’original ne contient que
les titres de chapitres comme divisions.
Les subdivisions des chapitres ont été ajoutées par Bibliquest
Table des matières abrégée :
2 Chapitre 16:1-4 — Exposé sur le Jour des Propitiations — Principe général et résultats
3 Chapitre 16:5-10 — Les deux boucs
4 Chapitre 16:11-19 — L’encens et le taureau
5 Le bouc Azazel, ou le sort pour le peuple.
6 Chapitre 16:23-34 — Remarques finales
7 1° appendice — Le sens du terme « bouc azazel »
8 2° appendice — Vues modernes subversives sur l’expiation
9 3° appendice — Ésaïe 53:4 et 11 — Il a porté nos maladies
Table des matières détaillée :
1.2 Point particuliers du Jour des Propitiations
1.3 Les types du Jour des Propitiations et leurs limites
2 Chapitre 16:1-4 — Exposé sur le Jour des Propitiations — Principe général et résultats
2.1 Les plans de Dieu contenaient l’expiation
2.2 Aspect prophétique du chapitre
2.3 La source de l’expiation est en Dieu
2.5 L’expiation et les saints de l’AT
2.7 La venue du Seigneur ici-bas : une nouvelle appréciation du mal
2.8 La fête en attendant le ciel — avec justice
2.9 Effets présents de la rédemption — Jouissance d’un pardon connu
2.11 Au-delà de l’épître aux Hébreux — Paix et repos
2.12 Dieu glorifié dans la mort de Christ
2.13 Hébreux 2:17 — Propitiation dans le ciel ?
2.14 Expiation et fautes journalières
2.15 Propitiation et purgatoire
3 Chapitre 16:5-10 — Les deux boucs
3.1 Un sacrifice choisi par l’Éternel
3.2 La position unique du souverain sacrificateur — Ses vêtements
3.3 Jugement du péché au Jour des Propitiations
3.4 Le premier bouc : Propitiation
3.5 Le second bouc et la substitution
3.6 Romains 3:22 — « envers tous et sur tous ceux qui croient »
4 Chapitre 16:11-19 — L’encens et le taureau
4.2 Sur l’interprétation de l’Écriture (méthodes)
4.4.1 L’encens ne représente pas les prières
4.4.2 Ce que l’encens représente
4.5 Le sang du bouc et du taureau
4.5.1 Deux applications distinctes du sang
4.5.2 Jean 11 et les divers buts de la mort de Christ
4.6 Ce que dit l’épître aux Hébreux
4.6.1 À qui s’adresse l’épître aux Hébreux
4.6.2 Critiques malveillantes contre l’épître aux Hébreux
4.6.3 Les habitudes religieuses gênent la compréhension de l’épître aux Hébreux
4.6.4 Le type du taureau s’applique aux croyants d’aujourd’hui — Le type des deux boucs
4.7 La position chrétienne devrait être connue par chaque croyant
4.7.1 Qui est sacrificateur aujourd’hui ?
4.7.2 Une pleine liberté d’accès à la présence de Dieu — pour tout chrétien
4.7.3 Une doctrine qui est dans toute la Parole — Le croyant en Christ et approché de Dieu
4.7.5 Le chrétien bien plus qu’un disciple — Privilèges représentés par le taureau et l’encens
4.7.6 Le Baptême, signe du privilège chrétien
4.7.7 Des privilèges plus grand que dans l’Ancien Testament
4.7.8 Jean 16:8-11 — Le Saint Esprit convainquant de péché, justice et jugement
4.8 Purification des choses célestes
5 Le bouc Azazel, ou le sort pour le peuple.
5.1 Rappels sur le premier bouc
5.2 Le second bouc et le pécheur
5.2.1 Colossiens 1:20 et la réconciliation de toutes choses
5.2.2 Pas de confession avec le premier bouc : Dieu d’abord
5.2.3 La vraie source du repos de l’âme
5.2.4 Un parfait médiateur et un parfait substitut
5.2.5 Un sens accentué des péchés
5.2.6 Plus aucune conscience de péché
5.2.7 La spécificité de l’épître aux Hébreux
5.2.8 Le sens du second bouc envoyé au désert
5.3 Les deux boucs — Expiation et portée de l’évangile
5.3.1 Le premier bouc : l’évangile n’est pas limité à Israël ou aux élus
5.3.2 Ce qu’on peut annoncer au croyant et au non-croyant
5.3.3 Quand il y a foi ou repentance, on peut s’approprier la propitiation
5.4 Le NT et la promesse des péchés ôtés
5.4.8 Ce qu’est la foi et ce qu’elle procure
5.4.11 Les heures de ténèbres sur la croix : Christ n’a pas porté les péchés durant sa vie
5.5 Le sens du bouc azazel : des interprétations erronées
5.6 Valeur de la mort de Christ pour le chrétien
5.6.1 Apprécier ce que Dieu déclare
5.6.2 Le sang du taureau par rapport au bouc azazel
5.6.3 L’efficacité du sang connue maintenant
6 Chapitre 16:23-34 — Remarques finales
6.1 Chapitre 16:23-24 — Changement de vêtements
6.1.1 Fonctions ordinaires et fonctions exceptionnelles du Souverain Sacrificateur
6.1.2 Une humanité sans tache — En ressemblance de chair de péché
6.1.3 Le Seigneur sacrificateur au ciel — La propitiation faite avant
6.1.4 La propitiation glorifie Dieu plus que le jugement
6.1.5 Sacrifices ordinaires après l’expiation — 16:24
6.2 Chapitre 16:25 — Des sacrifices pour le péché parfaitement acceptables
6.3 Chapitre 16:26-28 — Entrer dans le sanctuaire et sortir vers Christ — Hébreux 13:11-13
6.4 Chapitre 16:29 — S’affliger dans son âme — Joie à la conversion ?
6.5 Chapitre 16:29 — Ne faire aucune œuvre
6.5.1 Affliction et conversion
6.5.2 Importance des enseignements de l’Ancien Testament
6.5.3 Contre le légalisme ou la frayeur du jugement
6.5.4 Bien comprendre l’expiation
6.5.5 Appel évangélique — Raconter ce que Dieu a fait
7 1° appendice — Le sens du terme « bouc azazel »
8 2° appendice — Vues modernes subversives sur l’expiation
8.1 Christ, un simple exemple d’amour et de fidélité ?
8.3 Expiation en dehors du sang ?
8.4 Une souffrance résultant seulement du conflit avec le monde ?
8.5 Un sacrifice humain ? un sacrifice sans expiation ?
8.6 Expiation par la puissance morale ?
8.7 L’Ancien et le Nouveau Testament annoncent le même sacrifice
8.8 Des péchés réellement portés comme châtiment
8.9 Une propitiation achevée après la mort de Christ ?
9 3° appendice — Ésaïe 53:4 et 11 — Il a porté nos maladies
Note Bibliquest : l’auteur utilise (en anglais) le plus fréquemment le terme « atonement », et accessoirement le terme « propitiation ». « Atonement » a été traduit le plus souvent par « expiation » ; « propitiation » par « propitiation ». Par contre pour le nom de la fête, c’est l’expression « Jour des propitiations » qui a été retenu le plus souvent. Cette distinction de mots en anglais ou français ne se retrouve pas dans les textes bibliques originaux.
W. J. Hocking ; 5 octobre 1924
On ne saurait trop insister sur l’importance du fait historique de l’expiation elle-même, et sur la révélation de sa signification doctrinale qu’en donnent les Écritures. En dehors de l’œuvre expiatoire de Jésus Christ, aucune des précieuses bénédictions de Dieu ne pouvait être accordée à la race coupable d’Adam.
La présentation de cette grande vérité dans les livres saints est faite d’une manière caractéristique de la majeure partie de l’enseignement divin dès les temps les plus primitifs ; c’est une manière étrangère aux méthodes humaines d’enseignement. Dieu révèle Ses vérités fondamentales à la manière du lever de l’aurore, et non pas comme l’éclair soudain d’un grand phare qu’on allume.
Il y a un contraste frappant entre les méthodes d’enseignement humaines et divines. Dans les écoles théologiques des hommes, les sujets, y compris les sujets profonds, sont définis, résumés et condensés en une série de propositions formulées en termes aussi concis que possible. De telles affirmations, une fois purgées de tout ce qui y est étranger, et formulées de manière appropriée à la mémoire et à l’intelligence de l’individu moyen, constituent les articles de foi ayant l’approbation générale. L’existence des nombreux et divers credos de la chrétienté prouve cette disposition de l’esprit humain à mettre l’enseignement biblique à l’intérieur d’un cadre bien défini, que tous sont préparés à accepter même si tous ne le comprennent pas.
Les Saintes Écritures mettent en œuvre un plan d’enseignement entièrement différent. Dieu éduque avant d’instruire. Les vérités ont été révélées progressivement à Noé, à Abraham, à Moïse et à tous les autres dans les siècles successifs depuis Eden, tandis que le récit lui-même de cette révélation est formulé sous des formes assez variées. Il s’ensuit que seule une étude comparative patiente de tout le champ de la révélation d’un bout à l’autre permet de discerner la vue générale et les aspects particuliers d’un sujet donné. Quand on la discerne véritablement, on s’aperçoit que la vérité divine, comme l’espace interstellaire, est complètement au-delà de la compréhension de l’esprit humain, bien que, comme pour la lumière naturelle du soleil et des étoiles, la grâce de l’expiation apporte la vie et la beauté avec une plénitude divine, à un monde qui autrement ne serait qu’obscurité et froideur.
Ce mode d’instruction spirituelle est illustré par la manière dont l’Écriture traite le sujet de l’expiation. Aucune partie de la Bible n’est consacrée à l’exposé de la doctrine de l’expiation à la manière des traités purement humains. Néanmoins, d’une manière ou d’une autre, ce sujet forme une partie importante des nombreuses pages de la révélation divine. On trouve des promesses brèves, mais riches de signification, des oracles voilés relatifs au dessein divin final, des événements historiques vivants, des psaumes et des prières, des métaphores et des paraboles, des prophéties obscures, des services sacerdotaux et des sacrifices, — par toutes ces manières-là et beaucoup d’autres encore, il était montré à l’homme pieux des jours de l’Ancien Testament que le Messie, l’Oint, allait venir au temps convenable « pour clore la transgression et pour en finir avec les péchés et pour faire propitiation pour l’iniquité » (Dan. 9:24).
Le Nouveau Testament donne l’accomplissement dans les faits de ce qui avait été promis et prédit auparavant en rapport avec l’expiation ; le récit de cet accomplissement y est donné bien que les pleins effets de la croix et de la mort du Seigneur Jésus n’aient pas encore été achevés à ce jour, attendant le temps de l’accomplissement final encore futur.
Même quand la lumière de l’Écriture brille pleinement, les sujets théologiques ne sont pas présentés sous forme de tableaux, pas plus qu’il n’y a de traitement analytique de l’expiation. Au contraire, la manière d’enseigner des docteurs apostoliques est de discuter les diverses doctrines en rapport avec leurs implications sur les erreurs et les difficultés de la vie pratique chrétienne, selon que ces problèmes se présentaient. Il y a une exception, qui n’est qu’apparente en réalité, car elle n’en est pas une au sens strict : c’est l’épître aux Hébreux qui est consacrée à élucider les différentes manières dans lesquelles le Seigneur Jésus Christ, dans Sa personne et par Son œuvre, dépasse le cérémonial juif qu’Il mettait de côté.
On ne peut rien apprendre de la vérité majeure de l’expiation sans mettre en regard l’un de l’autre les différents passages pertinents de l’Ancien et du Nouveau Testament, et sans les considérer avec le plus grand soin, dans leur contexte et dans leurs relations mutuelles. L’épître inspirée aux Hébreux est de la plus grande valeur dans ce but, car elle enseigne et illustre la signification propre des types, fournissant en même temps l’application de leur clef infaillible et invariable — Christ lui-même.
Dans l’étude de tous les sujets comprenant des illustrations par type de l’Ancien Testament, il est de toute importance d’avoir une imagination sobre, soumise et obéissante, de peur que par des divagations ou des rêveries exubérantes, on impute, peut-être inconsciemment, au Seigneur Jésus tel aspect de ces types qui ne Lui est pas applicable, d’où il résulterait du déshonneur sur la plénitude de Son être et de Sa personne.
Parmi les nombreuses figures ou ombres de l’acte d’expiation — il est absolument incomparable — ordonné parmi les cérémonies de la loi de Moïse, la série prescrite au 10° jour du 7° mois de l’année juive est tout à fait particulière. Les plus importantes sont peut-être les suivantes :
1) Les cérémonies du Jour des Propitiations n’avaient lieu qu’une fois par an en contraste avec tous les autres sacrifices ou offrandes, sauf l’agneau pascal qui avait aussi lieu « continuellement chaque année » (Héb. 10:1).
2) Ce n’est qu’au Jour des Propitiations que le sang des sacrifices était porté dans le lieu Très Saint et qu’il en était fait aspersion sur et devant le propitiatoire.
3) L’ensemble du rituel de ce jour-là dans le tabernacle était exécuté par Aaron lui-même, qui, pour exercer cette fonction, n’était pas habillé des robes officielles propres à la dignité de son office de souverain sacrificateur, mais il était revêtu de vêtements de lin blanc semblables à ceux portés par tout les autres membres de la maison sacerdotale.
4) Les offrandes faites au Jour des Propitiations embrassaient dans leur efficacité et dans leur portée :
4.1. le souverain sacrificateur lui-même et sa maison
4.2. toute la congrégation d’Israël
4.3. le lieu saint
4.4. le tabernacle de la congrégation
4.5. l’autel devant l’Éternel (16:5-33).
5) On ne trouve la description détaillée des cérémonies du Jour des Propitiations que dans Lévitique 16, quoi que d’autres sacrifices qui s’y rapportent soient nommés en Nomb. 29:7-11.
6) Dans l’histoire subséquente du peuple d’Israël on ne trouve jamais aucune référence à ce que ce Jour ait été effectivement observé, bien que l’épître aux Hébreux nous apprenne qu’on l’observait chaque année (Héb. 9:25).
7) Des deux boucs constituant le sacrifice pour le péché pour le peuple, l’un d’entre eux n’était pas égorgé. On ne trouve aucun cas analogue sinon celui des deux oiseaux pour la purification du lépreux guéri en Lév. 14:1-7 : l’un d’entre eux n’était pas tué.
Ces caractéristiques spéciales font ressortir l’importance exceptionnelle attribuée au Jour des Propitiations dans le code divin des sacrifices, et cette pré-éminence est ensuite confirmée par les nombreuses allusions qui y sont faites dans l’épître aux Hébreux.
Dans les pages suivantes l’auteur (W. Kelly) apporte la lumière du Nouveau Testament pour éclairer les cérémonies typiques du Jour des Propitiations, et il fournit par là une aide précieuse à l’étudiant de la Bible. « Comment donc pourrais-je comprendre, si quelqu’un ne me conduit » disait l’eunuque d’Éthiopie (Actes 8:31). Beaucoup d’entre nous ressentent le même besoin d’être guidés dans la lecture des prescriptions compliquées données aux sacrificateurs et aux lévites.
Beaucoup de commentateurs se sont égarés dans leurs explications des types, oubliant l’avertissement inspiré que les ombres de la loi ne sont pas l’image même des choses (Héb. 10:1) et ils ont, en conséquence, attribué au Seigneur Jésus des détails de temps, de place, de sortes, de degrés qui sont inséparables des types, mais rabaissent sérieusement Celui qui est l’Antitype. Le chapitre 1 de l’épître aux Hébreux commence par annoncer qu’en ces temps-là le porte-parole de Dieu a été Son Fils éternel dans l’éclat de Sa gloire, devant laquelle les sacrificateurs et sacrifices d’autrefois palissent pour se fondre dans l’obscurité. Imputer au Seigneur Jésus et à Son œuvre les limitations des types va plus loin que répandre de fausses interprétations de l’Écriture : c’est tenir des propos inconvenants contre le Fils de Dieu.
Il y a beaucoup de détails dans les opérations des sacrifices ordonnés pour le Jour des Propitiations, mais tous dirigent les regards sans hésitation vers le « seul sacrifice » (Héb. 10:12) de Jésus Christ.
· Ce qui, dans le type du Jour des Propitiations, était répété « plusieurs fois » (Héb. 9:25), le Seigneur Jésus l’a opéré « une fois pour toutes » (Héb. 10:10).
· Le taureau et le bouc de l’Éternel étaient égorgés (1) à l’autel des holocaustes dans le parvis du tabernacle, mais (2) le sang était porté dans le lieu Très Saint à l’intérieur du voile, tandis que (3) les corps étaient ensuite brûlés hors du camp. Dans le type ces trois événements étaient successifs et opérés à trois endroits différents, mais dans l’Antitype, selon ce que le Nouveau Testament révèle, l’accomplissement n’a lieu que dans une Personne, à un moment donné, et en un seul lieu.
· L’opération (3) de brûler hors du camp est interprétée comme type de Christ ayant souffert hors de la porte avant sa mort ou lors de sa mort (Héb. 13:11, 12). Quant à la seconde opération (2), — celle de l’aspersion du sang sur et devant le propitiatoire, — elle prend place en type entre (1) l’égorgement du sacrifice et (3) le fait de brûler le corps : comment peut-on soutenir que cela a été accompli par notre Seigneur dans le ciel et après sa mort ?
Soutient-on cela parce que c’est un type qui préfigure ? Si oui, cette interprétation de Lév. 16 est incohérente, parce qu’il y avait un événement (3) ultérieur du type qui prenait place en dehors du camp, ce qui, selon l’épître aux Hébreux, dirige les regards vers les souffrances sur la croix.
Soutient-on cela à cause de la nécessité de transporter le sang depuis l’autel jusqu’au propitiatoire ? Si oui, c’est un manque d’égard déshonorant à l’égard de la Personne et du sacrifice du Seigneur Jésus Christ. Il y avait une nécessité physique que le sang du taureau et du bouc sacrifiés soit porté par Aaron depuis l’entrée du parvis du tabernacle jusque dans le lieu Très Saint — la place secrète du Très Haut (Ps. 91:1). Il y avait donc un intervalle de temps entre le sang versé à l’autel sous les yeux du peuple et son aspersion au propitiatoire à l’intérieur du voile, cet acte n’étant pas vu par des yeux humains.
Mais si l’on se reporte maintenant à l’Antitype, il n’est point nécessaire d’avoir de pareils actes successifs, ni de les mettre l’un sur la terre l’autre dans le ciel : ce serait même faire violence à l’enseignement du Nouveau Testament que d’attribuer ces particularités à « Jésus le Fils de Dieu » (Héb. 4:14) qui « par l’Esprit éternel s’est offert lui-même à Dieu sans tache » (Héb. 9:14). L’Écriture se plait à insister sur l’unité du sacrifice de Christ. Il a été offert une fois (Héb. 10:10) ; Il a offert un seul sacrifice pour les péchés (Héb. 10:12) ; et c’est « par une seule offrande » (Héb. 10:14) qu’Il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés.
En outre l’opération de l’œuvre expiatoire de Christ est associée par l’apôtre avec le corps (Héb. 13:11), sans aucune indication qu’une partie de l’œuvre ait été accomplie dans le corps et une autre partie hors du corps : c’est « par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes… que nous avons été sanctifiés » (Héb. 10:10). Or l’offrande de ce corps a été évidemment faite sur la croix (voir aussi Col. 1:21, 22).
Même dans ce qui est pour nous le manuel officiel de procédures du Jour des Propitiations, il est spécifié que les deux boucs constituent un seul sacrifice pour le péché (Lév. 16:5), bien qu’un seul des deux animaux fût égorgé, et le cérémonial associé tant avec le bouc mort qu’avec le bouc vivant trouve son accomplissement complet dans « le seul sacrifice » de Jésus Christ.
Le déroulement des événements prescrits par l’Éternel pour le Jour des Propitiations montre que c’est après l’aspersion au propitiatoire du sang du taureau et du bouc, qu’une partie de ce sang était mis sur les cornes de l’autel de l’holocauste, sept fois (Lév. 16:18, 19). Si l’on soutenait qu’à cause de la séquence chronologique, l’aspersion du sang dans les lieux saints typifie ce que Christ a fait à titre d’expiation dans le ciel après sa mort, ne serait-on pareillement obligé pour les mêmes raisons de soutenir que l’application ultérieure du sang à l’autel dans le parvis du tabernacle typifie un acte ultérieur de Christ sur la terre ? Nous ne croyons pas qu’il y ait la moindre trace dans le Nouveau Testament pour supporter ceci qui n’est que le fruit d’une imagination débridée.
C’est l’erreur qui délocalise les choses, non pas la vérité, et nous voyons du désordre dans une telle interprétation. Car imaginer une œuvre propitiatoire de Jésus Christ dans le ciel introduit de la confusion dans les types de l’ordonnance divine, et cela déprécie la Personne infinie de l’Antitype, de Celui qui est Lui-même le propitiatoire, et qui est présenté par Dieu comme la propitiation par la foi en Son sang (Rom. 3:25 ; 1 Jean 2:2 ; 4:10). Car Paul déclare que le Seigneur Jésus est le propitiatoire lui-même en se servant du même mot qu’en Héb. 9:5 tandis que Jean utilise un mot apparenté pour montrer que Christ est le sacrifice de propitiation. Il est Tout en tous, béni soit Son Nom.
Tous les détails de la propitiation sont réunis et consolidés en un seul acte de Sa part. Nous croyons et adorons Celui qui, sur la croix, sachant que toutes choses étaient accomplies, a dit : « c’est accompli » (Jean 19:28-30). Celui qui autrefois a parlé et les choses furent faites (Gen. 1), c’est Lui-même qui a souffert, et cela a été accompli. Supposer que Son œuvre était finie sur la terre mais non pas dans le ciel, et qu’il fallait un service spirituel complémentaire pour faire propitiation dans les lieux célestes après qu’Il ait été « mis à mort en chair » (1 Pier. 3:18) est une vaine spéculation n’ayant pas plus de fondement que celle qui suppose qu’avant Sa résurrection, Christ est allé prêcher aux âmes perdues en hadès.
Il y aurait encore beaucoup d’autres choses à dire sur le grand thème de l’expiation, mais il est d’autant moins nécessaire de continuer que le lecteur trouvera dans l’exposé suivant de Lév. 16 par Mr. Kelly une introduction admirable et approfondie du sujet sous ses aspects variés.
« Et l’Éternel parla à Moïse, après la mort des deux fils d’Aaron, lorsque, s’étant approchés de l’Éternel, ils moururent ; et l’Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron, ton frère, qu’il n’entre pas en tout temps dans le lieu saint, au-dedans du voile, devant le propitiatoire qui est sur l’arche, afin qu’il ne meure pas ; car j’apparais dans la nuée sur le propitiatoire. Aaron entrera de cette manière dans le lieu saint : avec un jeune taureau pour sacrifice pour le péché, et un bélier pour holocauste ; il se revêtira d’une sainte tunique de lin, et des caleçons de lin seront sur sa chair, et il se ceindra d’une ceinture de lin, et il s’enveloppera la tête d’une tiare de lin : ce sont de saints vêtements ; et il lavera sa chair dans l’eau ; puis il s’en vêtira » (16:1-4).
Les premiers versets de Lévitique 16 forment l’introduction au Jour des Propitiations. C’est un chapitre fort instructif dans toutes ses prescriptions, et qui montre l’importance véritable de l’expiation grâce à la lumière du Nouveau Testament — cette lumière est celle de Christ Lui-même et de l’œuvre puissante qu’Il a accomplie. Mais la distance de l’Ancien Testament par rapport au Nouveau subsiste.
Au cours de l’étude de ce chapitre, on verra, dans ce type, des preuves que non seulement Dieu avait déjà tout dans ses pensées (tous ceux qui Le connaissent le devinent), mais qu’en outre il Lui a plu de le dévoiler entièrement devant nous. Avec une sagesse démontrant son caractère divin, d’une manière merveilleuse, Il s’est arrangé pour fournir à son peuple terrestre des sacrifices provisoires et des purifications extérieures (ce qui est appelé ailleurs « la pureté de la chair » ; Héb. 9:13) ; mais la grâce et la vérité se trouvaient cachées dans ces rites eux-mêmes, jusqu’à ce que la lumière de Christ brille pour les faire apparaître. On pouvait dès lors apercevoir, sinon l’image même des choses, tout au moins l’ombre des biens à venir (Héb. 10:1) ; certains éléments sont déjà accomplis, d’autres ne le sont pas encore, mais le seront non moins certainement selon la Parole et les desseins de Dieu.
Dans la mesure où Dieu a encore des plans qui n’ont pas encore été entièrement menés à l’achèvement, comme ce chapitre lui-même en témoigne, celui-ci a un caractère prophétique — ce qui est le cas de l’Écriture en général. N’est-ce pas un des meilleurs témoignages pour Dieu, que sa Parole ait ainsi une telle richesse en germe ? La prophétie n’est-elle pas un témoignage plus profond et plus durable que les miracles ? Pendant que le monde va son train comme d’habitude, un signe miraculeux manifeste la puissance et la volonté de Dieu, mais la prophétie donne une preuve vivante de Sa vérité. Il faut être dépourvu de pensées tout court, ou au moins de pensées élevées, pour supposer que la puissance équivaut à la pensée. Il y a plus que ceci dans la prophétie : il y a une manifestation de la lumière morale et de l’amour, le maintien du caractère de Dieu, et de Sa volonté et de Sa grâce ; tout cela est évidemment bien au-delà non seulement de la matière mais aussi de la pensée. Comme un grand français l’a dit, la moindre pensée est au-dessus de tout ce qui est matériel, et tout ce qui est pensée est en-dessous de la charité et de l’amour divins.
Nous trouvons ici la source véritable de l’expiation. L’amour de Dieu y a pourvu de manière à concilier Sa grâce et Sa justice, la culpabilité de l’homme et la sainteté de Dieu, — c’est de cette manière seulement que Sa miséricorde peut se glorifier vis-à-vis du jugement (Jacq. 2:13). Nulle part Dieu est pareillement exalté, nulle part l’homme est pareillement humilié. Qu’est-ce qui parle aussi simplement, si complètement et si profondément du péché que le sang de Christ ? Ce sang est appliqué à l’indignité complète qui est la nôtre ; il répond aux besoins de l’homme tel qu’il est, et le tire de toutes ses iniquités pour l’amener à Dieu tel qu’Il est. Car tel est le dessein de l’expiation, et rien moins que cela. La justice divine basée sur l’œuvre de Christ, quand l’homme a été démontré injuste, voilà ce qui caractérise l’expiation ; l’expiation est selon la grâce de Dieu, tout comme la foi ; elle est donc accessible à tout croyant juif ou grec.
Mais le Jour des Propitiations avait nécessairement, et avant tout, un caractère temporel et imparfait : « la loi n’a rien amené à la perfection » (Héb. 7:19). Indiscutablement, c’était le rite le plus solennel de toute l’année juive ; mais comme l’épître aux Hébreux le déclare, sa répétition d’année en année était une preuve déterminante de son inefficacité tant pour la conscience de l’homme que pour le jugement de Dieu en rapport avec l’éternité. C’était une mesure provisoire, comme toutes les institutions de la loi. Dire cela, est-ce dénigrer la loi de Dieu ? Au contraire c’est reprendre ce qu’affirme Sa propre parole ; si c’est Sa parole, ne contestez pas que Dieu est meilleur juge que vous et moi, et que tous les hommes. Quand Dieu déclare que la loi n’a rien amené à la perfection — c’est ce qu’Il affirme de manière expresse et irrévocable — ira-t-on le mettre en doute un seul instant, si on a la moindre révérence envers Dieu ? La répétition annuelle de l’expiation pour Israël, était en soi une démonstration publique qu’elle n’atteignait pas à la perfection de la nature et des pensées de Dieu. Au mieux, elle pouvait être un type de la grâce et de la vérité venues par Jésus Christ. On comprend facilement que seule la venue d’un être parfait peut amener la perfection.
Adam, comme homme innocent sur une terre non déchue, a été une créature admirable, si nous croyons les Écritures. Néanmoins les faits sont clairs : le premier récit de ses œuvres, quand il a été mis à l’épreuve, met son péché en relief. On peut bien s’acharner violemment et continuellement pour tenter d’échapper à ce que cela implique moralement ; mais honnêtement on ne peut pas nier le péché de l’homme. C’est un fait éclatant et visible, dès le commencement. Le péché doit-il être toléré et ignoré parce qu’il est universel ?
La grâce de Dieu a tout de suite donné l’assurance que, dans la Semence de la femme, il y aurait un Vainqueur, meurtri, du serpent. Ceci a vite différencié de façon décisive les deux fils d’Adam. L’Éternel a eu égard à Abel et à son sacrifice ; mais pourquoi Abel plutôt que Caïn ? Parce que « par la foi », Abel a offert un sacrifice plus excellent (Héb. 11:4). La foi se soumet à la Parole de Dieu, elle la reçoit et lui fait confiance. Ce n’était pas une simple question de fait ou de sentiment humain ; la question n’a pas été de savoir laquelle des deux offrandes avait le plus de valeur. C’est par la foi qu’Abel a offert un sacrifice plus excellent que Caïn. Qu’est-ce qui l’a rendu plus excellent ? En Caïn il n’y avait rien d’autre que la religion naturelle : il n’a pas tenu compte du péché ; en hommage à l’Éternel, il a offert du fruit du sol, — ce sol sous la malédiction. C’était l’expression d’un hommage d’incrédulité, absolument dépourvu de toute sensibilité tant au péché, qu’à la grâce. La foi tient toujours compte du péché dans l’homme, et elle s’élève plus ou moins toujours jusqu’à la grâce en Dieu. Quel que soit le péché de l’homme, la grâce de Dieu va plus loin. Un des effets de l’incrédulité est de produire le désespoir ; un autre effet est le rejet ouvert de Sa parole : c’est peut-être la forme la plus effrontée de la rébellion contre Dieu. Mais on peut ne pas aller jusqu’à ce niveau d’impiété, et être malgré tout coupable de douter de la grâce de Dieu et de sa capacité à pardonner le péché, aussi détestable soit-il. La foi reconnaît vraiment le péché, mais elle s’appuie sur la miséricorde que Dieu révèle.
Les artifices de l’homme pour couvrir son mal échouent toujours. Dieu a revêtu Adam et Ève déchus avec des vêtements de peau. En présence du péché, c’était une ressource qui parlait de mort, mais aussi de grâce envers l’homme par la mort. Jamais rien de pareil ne serait entré dans les pensées de l’homme. Selon les apparences naturelles, le sacrifice de Caïn était plus raisonnable. Mais comment l’homme dans son incrédulité pourrait-il avoir la pensée de ce que Dieu peut agréer comme sacrifice ? Abel apporta des premiers nés de son troupeau avec leur graisse. Puisque des bêtes égorgées avaient fourni le vêtement donné par Dieu à ses parents, Abel égorge aussi un agneau en sacrifice à Dieu. C’était une offrande basée sur la foi ; l’accès à Dieu pour le pécheur ne peut être que par la mort. Il est vrai que derrière tout cela, il y avait quelque chose de plus, de plus profond que ce que connaissaient Abel et tous les saints d’autrefois. On ne peut pas dire qu’Abel contemplait le sacrifice de la Semence de la femme, mais il était néanmoins dans les pensées de Dieu, et la foi en récoltait la bénédiction. C’est par là qu’Abel a reçu le témoignage d’être juste, « Dieu rendant témoignage à ses dons, et par lui, étant mort, il parle encore » (Héb. 11:4). Abel regardait vers Celui qui écraserait la puissance du mal ici-bas ; c’est ainsi que, contre nature et au-dessus de la nature, par la foi, il a offert à Dieu un sacrifice avec « la graisse » qui en exprimait l’excellence. Dieu bénit selon ce que Lui voit dans le sacrifice ; c’est un principe qui ressort clairement dans le sang de l’agneau pascal (Ex. 12:13).
Sans aucun doute tous les croyants du temps de l’Ancien Testament regardaient vers le rédempteur-proche parent (nous en avons l’assurance en Job 19:25-29 ; Ruth 2:20 ; Lév. 25:49), le destructeur de la mort et de celui qui avait le pouvoir de la mort (Héb. 2:14). Ils ne mettaient pas en doute qu’au temps convenable le Messie répondrait en perfection à ce qui était nécessaire pour Dieu comme pour l’homme ; mais c’est aller au-delà de l’Écriture que de supposer qu’ils comprenaient comment cela aurait lieu. Même les disciples aux jours du Seigneur n’arrivaient pas à faire concorder ces deux choses avec intelligence. Les apôtres, — ces envoyés personnels de Christ qui ont accompagné leur Maître depuis le baptême de Jean jusqu’à Son ascension, — n’en savaient-ils pas autant que leurs prédécesseurs ? En douter serait irrespectueux à l’égard de l’enseignement du Serviteur juste de l’Éternel (És. 53:11). Ses ennemis même jugeaient « que jamais homme ne parla comme cet homme » (Jean 7:46) ; jamais personne sur la terre ne reçut une instruction aussi sainte et parfaite que les douze de la part du Fils de Dieu.
La grande question n’est pas ce que les saints de l’Ancien Testament comprenaient, mais maintenant que Christ est venu et a achevé l’œuvre qui Lui avait été donnée à faire, qu’est-ce que Dieu a établi en paroles et en actes, et quelle en est la portée en rapport avec l’expiation ? Ce dont il s’agit c’est la vraie signification de l’expiation, et là-dessus le Nouveau Testament nous vient puissamment en aide. Y a-t-il quelque chose de plus clair que le commentaire divin donné dans l’épître aux Hébreux (les Juifs chrétiens), eux qui en avaient tant besoin et devaient le mieux l’apprécier ? On entend quelquefois des commentaires et des commentateurs dont les meilleurs font preuve de présupposés et de préjugés. C’est dommage de ne pas plus se servir de l’épître aux Hébreux, ni à de meilleures fins. C’est le plus grand de tous les commentaires, le plus directement pertinent au sujet de la vérité qui nous occupe. Non seulement nous avons en Lévitique 16 un texte inspiré sur l’expiation, mais nous en avons l’exégèse inspirée dans l’épître aux Hébreux. À la lecture d’Hébreux 9, aucun croyant ne peut en douter. Qu’est-ce que ce chapitre nous fait connaître ? Qu’Aaron le souverain sacrificateur représente Christ, et que l’œuvre qu’Il a accomplie n’était pas en vue d’un but transitoire, mais pour une « rédemption éternelle » (Héb. 9:13).
Les ordonnances d’autrefois n’étaient que des ordonnances charnelles « imposées jusqu’au temps du redressement. Mais Christ étant venu, souverain sacrificateur des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle » (Héb. 9:10-12). Son sacrifice a une efficacité éternelle au sens strict le plus absolu. Le mot éternel apparaît fréquemment dans l’épître aux Hébreux avec une insistance particulière. Pourquoi des choses éternelles ? C’était en contraste avec le caractère temporel de ce à quoi les fils d’Israël étaient habitués. C’est pourquoi nous ne trouvons pas seulement une rédemption éternelle, mais un salut éternel, un héritage éternel, une alliance éternelle : tous ces mots avaient un objectif commun, celui d’élever les pensées des Hébreux croyants pour les rendre familiers avec ce qui était au-delà des choses temporelles. Christ mort et ressuscité, et monté dans les cieux met le croyant en présence des choses invisibles et éternelles. Comme Juifs ils avaient l’habitude de ce qui était visible sur la terre, et c’est justement pourquoi ils avaient besoin d’avoir les yeux élevés en haut pour voir, à l’intérieur du voile, ce qui demeure à toujours. Si les croyants retombaient dans leurs anciennes pensées, ils rabaissaient l’évangile, peut-être irrémédiablement selon l’avertissement du chapitre 6 et autres.
Les Hébreux n’étaient pas les seuls à avoir ce besoin, nous aussi. La Parole inspirée a l’autorité suprême de Dieu, et la plus grande valeur pour nous tous qui croyons. La foi ne se borne pas à lire la loi pour en conclure simplement qu’elle traite du temporel, tandis que le Nouveau Testament se rapporte aux choses éternelles. Ce n’est pas ainsi qu’on lit la Bible, ni qu’on en tire profit pour nos âmes. Ce que Dieu a en vue par Sa précieuse parole est de nous élever au-dessus des nuages du tumulte, du doute et des difficultés, spécialement dans les périodes perturbées que nous traversons ; son but est de nous établir, déjà maintenant, dans la certitude d’une relation nouvelle, éternelle et céleste, avec Dieu par l’œuvre et le sacrifice de notre Seigneur Jésus Christ.
Le but premier du Jour des Propitiations était de donner une ressource aux fils d’Israël pour tous leurs péchés, transgressions et iniquités. Quel était l’objectif de l’œuvre de Christ ? Non seulement d’ôter de devant Dieu toutes nos iniquités, entièrement, pour le temps présent et pour l’éternité, mais de Le glorifier même en rapport avec le péché, en vertu de la mort expiatoire de Christ. Tel était bien le besoin, et rien moins que cette mort ne pouvait y répondre. Dieu n’affaiblira bien sûr jamais la valeur des souffrances de Son Fils, et Il n’oubliera jamais que c’est à Sa croix qu’Il est redevable d’avoir été parfaitement glorifié. Même en se plaçant sur un terrain moins élevé quoique juste, quelle serait la valeur d’une expiation omettant d’effacer un seul péché ? Imaginons, si cela était possible, un homme auquel 999 péchés seraient pardonnés, mais pas le millième ; un tel homme serait autant perdu que si aucun de ses péchés n’était pardonné : le seul péché non pardonné le rend complètement impropre à la présence de Dieu. Aucun péché ne peut entrer dans cette présence ; si nous n’avons pas notre portion en Haut, où irons-nous ?
L’expiation ne se borne pas non plus à trouver une solution pour nos besoins lors de la mort, ou pour notre comparution devant le trône de jugement de Christ. Le lecteur de Lévitique 16 admettra bien que les Juifs avaient raison de regarder vers l’application effective du sacrifice de ce jour-là en rapport avec leurs besoins du moment, leur besoin urgent, ces iniquités qui chargeaient leur esprit et les remplissaient d’inquiétude quant au jugement. Mais l’effet de ce sacrifice n’était que temporaire.
Quel a été l’effet de la venue de notre Seigneur ? N’a-t-elle pas apporté la vie, l’amour et la lumière dans le monde ? Cette venue a révélé Dieu dans la présence effective de Son propre Fils, mais en forme d’homme, Celui qui a souffert pour les péchés une fois pour toutes, le Juste pour les injustes, pour nous amener à Dieu (1 Pier. 3:18). Pour le croyant c’est un salut d’âme (1 Pier. 1:9), tandis que le salut du corps attend le retour de Christ (Rom. 8:23). Certaines imperfections étaient permises autrefois, personne ne le niera. Notre Seigneur a déclaré qu’il en était ainsi « à cause de la dureté de leur cœur » (Matt. 19:8). On voit David, Salomon et d’autres commettre des choses qu’aucun chrétien n’imaginerait. Comment se fait-il que ces licences notoires sous la loi, soient devenues maintenant intolérables ? Parce que Christ est venu, « la vraie lumière qui luit déjà » (1 Jean 2:8). Certes l’homme l’a rejetée autant qu’il a pu, mais il n’a pas pu s’en débarrasser. Christ rejeté est dans les cieux, mais bien loin d’être retirée, la lumière brille de manière plus éclatante que jamais. La 1° épître de Jean prend bien soin d’affirmer que les ténèbres s’en vont et que la vraie lumière luit déjà (1 Jean 2:8). Quand Il était sur la terre, les ténèbres n’ont pas compris la lumière, bien qu’elle luisait dans les ténèbres (Jean 1:5). Maintenant qu’Il est ressuscité et est dans le ciel, les ténèbres s’en vont. Ce n’est pas exactement que les ténèbres « sont passées » selon le texte trop fort de la version autorisée du roi Jacques. Les ténèbres n’ont pas absolument disparu ; plus exactement elles s’en vont au fur et à mesure que chaque croyant reçoit la lumière. Maintenant que la rédemption est effectuée, celui qui reçoit la lumière est fait lui-même lumière dans le Seigneur (Éph. 5:8), et tous ceux pour lesquels Christ n’est pas seulement la lumière mais aussi la vie, sont rendus nets par Son sang, étant affranchis du péché pour vivre pour Dieu (Rom. 6:10 ; Gal. 2:19).
Quel est l’effet de la rédemption même extérieurement ? L’effet est que les hommes ont maintenant honte de choses qui, avant la venue de Christ, étaient considérées comme tout à fait naturelles et devant être supportées. Peu nombreux sont ceux qui savent tout ce qu’ils doivent à la lumière de Christ dans l’évangile, une lumière qui dévoile tout, et qui, par là, dissuade les hommes d’iniquités effrontées dont on n’ose même pas parler. C’est aussi pour cette même raison que les péchés de ceux dont la conscience est réveillée par la Parole devant Dieu sont maintenant haïssables au plus haut point et plongent dans la consternation. Le premier effet de la lumière de Dieu en Christ est que le mal est considéré pire que jamais.
C’est pourquoi, toutes les fois que la Parole de Dieu opère d’une façon vivante dans une âme, on trouve la repentance envers Dieu, bien qu’il faille la foi pour que la repentance ait tant soit peu un caractère divin. Quand la Parole commence à produire ses effets, l’âme n’a pas encore de consolation qui demeure, ni de paix stable, ni de soulagement réel. On peut même dire que sous l’effet de l’action du Saint Esprit, le fardeau devient plus pesant et oppressant, mais il faut rendre grâces à Dieu pour cela ! Rien n’est plus dangereux que d’escamoter nos péchés parce que Christ est prêché. L’âme finit par s’affaiblir si elle reste, pour ainsi dire, rivée au tombeau de ses péchés, au lieu d’y ramener régulièrement ses regards pour se juger elle-même à cause de ce qu’ils sont ! Si dans un premier temps on a passé trop légèrement sur le mal, on est surpris de le retrouver ultérieurement ; il y a alors le danger de commencer à douter que Christ et Sa grâce soient quelque chose pour nous. Si dès le début, on avait regardé son propre mal en face, on se serait mieux connu soi-même, et on aurait mieux connu combien le Sauveur a tout pris sur Lui et a purifié de tout péché, par Son sang, celui qui croit.
Selon le témoignage clair du Nouveau Testament, la venue de Christ a dévoilé le péché dans tout ce qu’il a d’opposé à Dieu et de mauvais contre l’homme, et dans toutes ses profondeurs secrètes, comme jamais il n’avait été connu jusqu’alors. Sans aucun doute, la loi agissait dans ce sens d’une manière admirable, car le commandement est saint, juste et bon (Rom. 7:12). Mais après tout, la loi n’est pas Christ, et Christ a révélé Dieu dans Sa grâce, au lieu de se borner à poursuivre des rites faisant appel à l’homme déchu. Dans la loi, Dieu avait bien déjà devant Lui l’état mauvais de l’homme. Au Sinaï, Il avait commandé « tu ne feras pas ce mal, tu ne feras pas cela », mais il était inutile de demander de la part des fils d’Israël ce qui ne pouvait être trouvé qu’en Christ. La loi a juste fait ce dont l’homme avait alors besoin ; elle interdisait de faire le mal qui était là, elle condamnait ce que le cœur mauvais désirait. Mais l’homme était un pécheur avant même que la loi fut donnée. Adam avait une loi ; mais c’est tout autre chose que la loi. Car la loi suppose que l’homme est déchu, et qu’il est constamment enclin à faire les choses mauvaises qu’elle interdit et dénonce. C’est pourquoi aux « dix paroles » (Deut. 10:4) était jointe l’institution si solennelle du Jour des Propitiations, parmi d’autres ressources de grâce ajoutées ultérieurement.
Mais maintenant que Christ est venu, il a introduit une mesure incomparablement plus profonde et plus vaste de ce qu’est le péché. Le mal et la condition misérable de l’homme sont montrés de manière bien plus complète et plus profonde, et rien ne le montre autant que la valeur de la rédemption de Christ. Rien d’étonnant que le Saint Esprit utilise des paroles grandioses, car il ne fallait rien moins que cela pour déployer vraiment le caractère de ce que l’épître aux Hébreux nous révèle. La loi demandait des œuvres de la part de l’homme. Christ a accompli la volonté de Dieu dans le sens le plus élevé. « Voici je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Héb. 10:7). L’expiation, c’est Dieu lui-même, en Christ et par Christ, se chargeant de la question du péché et la réglant dans Sa propre grâce et pour Sa propre gloire, afin que les croyants soient pleinement bénis dès maintenant et pour toujours. L’association présente des croyants avec le ciel est dévoilée ouvertement, car l’objet immédiat de l’épître était de sevrer les Hébreux de leurs aspirations et espérances terrestres. Le futur n’est pas pour autant oublié ; pour le chrétien, il est sans le moindre doute « éternel », quels que soient les accomplissements prochains des promesses terrestres. Mais il y a plus à prendre en compte. La puissance du Saint Esprit donne une jouissance présente de ce caractère éternel. Son but est d’introduire le croyant dès maintenant dans la présence de Dieu, avec une conscience purifiée, ou selon l’expression de Pierre, de « nous amener à Dieu » (1 Pierre 3:18), tel qu’Il est et qu’Il sera connu dans la lumière pour toujours.
Quelle réalité bénie que tout cela ! L’avez-vous fait vôtre, oui ou non ? Le Seigneur le montre même dans l’évangile de Luc. Le fils prodigue n’est pas seulement revenu « à lui-même », mais au père ; et le père ne le rencontre pas seulement avec de l’affection, mais avec beaucoup plus. Il le revêt de la plus belle robe, non pas quand il l’a méritée (si cela avait été possible), mais avant même que la moindre question soit soulevée sur quoi que ce soit, sauf la question de son sens du péché dans un esprit de repentance. Voilà l’amour de son père. Dieu agit sur la base de ce qu’Il est Lui-même, et en vue tant de ce qu’Il est que de ce qu’Il peut faire en justice pour le pire des pécheurs par la rédemption qui est en Christ. C’est un amour de cette nature et de cette efficacité, qui s’est déployé dans l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus. Comme d’habitude Luc a été conduit à présenter la grâce de Dieu en Christ et par Sa mort, s’appliquant aux plus indignes qui se repentent. Matthieu (Matt. 22:2-14) présente la grâce de manière dispensationnelle dans la parabole bien connue du royaume des cieux ; le professant qui a méprisé la grâce est jugé comme individu.
Malheureusement même ceux qui aiment Son nom mettent de côté la fête dont le Père voudrait que nous jouissions ici-bas en attendant le ciel. Ils pensent qu’une telle joie et un tel bonheur ne peuvent pas être connus au milieu des manquements terrestres, et que le rassemblement ensemble des croyants pour se réjouir doit attendre la scène céleste finale, « quand nous serons pour toujours avec le Seigneur » (1 Thes. 4:17). Inconsciemment ils font une grave injustice à la grâce de Dieu, et ils se privent maintenant d’une joie surabondante dans l’Esprit. Ils perdent la douceur et la puissance de Sa joie qui est leur force déjà ici-bas. Il y a plus que la rencontre du fils autrefois coupable avec son père, plus que la rencontre du père avec son fils en amour, et rien qu’en amour, sans même un reproche — combien cela est propre à susciter du remords sur la conduite passée (ô la perte immense de l’âme qui se juge légèrement devant Dieu !) ; mais outre tout cela, il y a la mise en état du fils, consciemment, pour le rendre propre à la présence de son père dans une communion effectivement goûtée. Il est revêtu de la plus belle robe. Jamais il n’avait porté de pareille robe avant que la légèreté et la propre volonté ne l’aient conduit à abandonner la maison de son père. La grâce va beaucoup plus loin qu’une restauration.
Quand il marchait dans le jardin d’Eden avant la chute, Adam n’avait pas la magnifique robe de Christ. La rédemption n’est pas un simple rétablissement de l’homme déchu, comme on le dit quelquefois à tort. Le croyant revêt Christ, et est rendu plus blanc que la neige par Son sang (Ps. 51:7). Le Sauveur ne fait rien moins que de rendre propre à la présence du Père. Il n’est pas du tout question de revenir à l’état d’innocence. Le dernier Adam décide tout ; Jésus fournit tout et donne le ton à tout. Dieu le Père est la source ; Jésus le moyen et le canal de l’amour ; et le Saint Esprit a sa part bénie en rendant la Parole écrite vivante et efficace dans l’âme. C’est pourquoi la robe doit être la plus belle robe ; le veau qu’on mange doit être le veau gras ; les sandales, l’anneau, la fête, tous les détails sont en accord avec la personne de Christ et avec Son œuvre. Finalement et par-dessus tout, il y a la communion de la joie ; car Dieu lui-même doit avoir Sa propre joie profonde dans la fête, car il ne peut rien y avoir de bon sans Lui.
Les chrétiens savent-ils en général ce que tout cela signifie ? C’est exactement ce que Dieu veut opérer maintenant dans la chrétienté. Espérons que vous avez maintenant au moins un petit peu de cette divine source de communion dans la joie et la liberté. Personne ne doute de la plénitude de joie que nous allons bientôt goûter, là haut, pour toujours en toute perfection. Mais c’est une erreur flagrante que de penser que la scène décrite par le Seigneur doive être différée jusque dans le ciel. Faut-il vraiment le démontrer ? Dans le ciel il n’y aura pas de fils aîné, ni de père sortant pour lui dire d’entrer. Y aurait-il des murmurateurs dépourvus de la grâce dans le ciel ? Non, bien sûr, alors qu’il y en a tant maintenant sur la terre. C’est pourquoi tout cela doit être réalisé maintenant et ici, bien que toutes les sources de la joie soient célestes et divines.
La raison pour laquelle les gens relèguent cette jouissance et cette atmosphère pour le ciel, c’est peut-être qu’ils n’ont pas pour eux-mêmes le secret de cette joie. Il y a un sentiment naturel même chez des hommes justes, c’est de ne pas aimer que les autres aient ce qu’on n’a pas soi-même. Ah ! si le manque de jouissance des bénédictions avait plutôt pour effet d’éveiller un sérieux travail de cœur pour s’en enquérir. « Comment se fait-il que mon âme n’est pas dans l’amour, la joie et la liberté décrits ici ? Comment se fait-il que je n’ai pas encore réalisé la plus belle robe ? ni le veau gras ? Comment se fait-il qu’on a passé à côté de la communion de la joie de Dieu Lui-même en amour avec les Siens ? ». « Le Fils de l’homme est venu pour sauver ce qui était perdu » (Luc 19:10) ; mais c’est par cette œuvre que Dieu a été glorifié en Lui, comme Dieu L’a immédiatement glorifié en Lui-même (Jean 13:31, 32), et Il voudrait que nous en goûtions maintenant le fruit.
Le pardon n’est pas tout ce que l’évangile annonce, et ce n’est pas tout pour nous de connaître ou faire connaître la rémission des péchés. Le salut est entièrement incompris quand on restreint son sens au fait que nous sommes pardonnés. L’objet de Dieu n’est pas, et ne peut pas être, moindre que de nous amener dans la connaissance du Père et du Fils, dans la joie et la liberté de la grâce déjà maintenant, tandis que nous attendons la gloire de Dieu dans l’espérance de laquelle nous nous glorifions (Rom. 5:2). C’est dans la connaissance de notre Dieu et Père que réside la puissance la plus efficace contre tous les pièges du monde qui nous assaillent de tous côtés. Ce n’est jamais l’ordre selon l’évangile de nous rendre saints pour que nous puissions être heureux devant Dieu ; on fait souvent des efforts dans ce sens, mais toujours en vain. Pour être saints en pratique, la grâce commence par vous rendre heureux. Le seul qui était Le Saint est mort pour vous alors que vous étiez impies et dans le mal, afin de vous donner la paix et la joie en croyant (Rom. 5:8 ; 15:13). Christ l’a mérité pour vous par Sa mort, et la grâce de Dieu vous bénit en justice par la foi en Lui. Tout ceci est en parfait accord avec le cœur, les pensées et la parole de Dieu ; car Sa parole a été écrite pour nous qui croyons afin que nous puissions participer à Sa joie dans l’amour.
Avons-nous dévié du sujet et du commentaire de notre texte ? Pas du tout. Lévitique 16 nous dresse le tableau de l’expiation. Hébreux 9 déclare que, comme Christ est venu et que Son sang a été versé pour l’expiation, la bénédiction est maintenant par la foi, et éternelle. Ce qui était interdit à Aaron, sauf un petit peu un jour par an, est maintenant assuré en permanence à tout chrétien. « Le chemin des lieux saints a été et est manifesté » (Héb. 9:8). C’est pour cela qu’en Héb. 10:19 il est écrit : « Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair, et ayant un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi » (Héb. 10:19-22). L’accueil nous est grand ouvert, là, et de cette manière.
Mais il y a un autre fruit de l’œuvre de Christ. Son sang est aussi efficace pour purifier notre conscience des œuvres mortes pour que nous puissions servir le Dieu vivant (servir religieusement, ou : adorer ; Héb. 9:14). Les deux privilèges vont ensemble ; si le chemin a été manifesté pour entrer dans le sanctuaire où Christ est, les Siens sont invités à s’approcher maintenant pour rendre culte au Dieu vivant, mais seulement avec des consciences purifiées, — purifiées non seulement des œuvres mauvaises, mais aussi des œuvres mortes. Combien notre privilège est supérieur à celui d’Israël, et des fils d’Aaron, et même d’Aaron lui-même ! Ce n’est pas seulement un chemin ouvert et des péchés portés, mais la conscience est purifiée par le sang même de Christ qui a opéré tout le reste de l’œuvre. Ainsi la lumière de Dieu ne fait que rendre d’autant plus clair ce que le sang a opéré.
Plus rien ne trouble la conscience du croyant : il est établi dans l’amour et la liberté pour servir le Dieu vivant. L’œuvre de Christ qui met de côté les œuvres mortes de l’homme demeure à toujours notre fondement pour nous tenir devant Dieu, et sa valeur est immuable. Le sacrifice de Christ a été efficace pour produire l’ensemble de ces bénédictions inestimables. Tant que le tabernacle juif avait encore sa place, il n’y avait pas de rémission des péchés pour toujours, mais seulement un acte remémoratif de péchés (Héb. 9:8 ; 10:3), et la conscience n’était pas purifiée devant Dieu ; il restait une barrière entre Dieu et l’homme. Le sang de Christ a tout changé pour nous qui croyons. Rien d’étonnant à cela. La loi avait pour but de renfermer ceux qui lui sont assujettis jusqu’à ce que la foi vienne (Gal. 3:22) ; mais l’accomplissement de la volonté de Dieu par Christ a mis de côté tout ce que l’homme s’efforçait vainement de faire, et tous les substituts sans vie qu’il cherchait à s’acquérir. Le croyant est maintenant purifié de ses péchés dans sa conscience, et il entre librement vers Dieu dans Son sanctuaire.
Cette proximité de Dieu est apparue nettement à la mort de Christ, faisant contraste avec la mort des fils d’Aaron qui a été justement l’origine de la restriction d’accès d’Aaron à la présence de Dieu (Lév. 10). Pourquoi cela ? Parce que ses fils s’étaient rendus coupables, en péchant effrontément. Dieu avait fait descendre Son feu du ciel pour consumer l’holocauste, et ces fils l’avaient méprisé en même temps qu’ils méprisaient Dieu. Pour eux, n’importe quel feu pouvait bien être utilisé, et du feu banal pouvait faire fumer l’encens aussi bien que le feu de Dieu. Ô que l’homme est prompt à réduire à néant la faveur si riche de Dieu ! Dieu avait apposé le sceau de son approbation divine sur le sacrifice ; mais pour Nadab et Abihu, ce n’a été que l’occasion de montrer des cœurs entièrement indifférents à la gloire et à la grâce de Dieu. L’Éternel avait daigné dans sa grâce envoyer le feu de devant Lui pour consumer l’holocauste et la graisse. C’est pourquoi il leur revenait de garder ce feu saint. Mais agissant comme des profanes, ces deux fils d’Aaron ont pris du feu ordinaire ; si Dieu avait passé par-dessus cela, Il aurait mis ouvertement Son approbation et Son sceau sur ce qui le déshonorait. Était-ce possible pour Dieu ? Absolument pas. Aussi sont-ils tombés sous le jugement de Dieu. Ils ont péché à la mort. Les péchés des pécheurs ne sont pas tous à la mort. Il y a eu à ce moment-là un péché à la mort, et cela arrive encore (1 Jean 5:16). Un tel péché suppose que les circonstances dans lequel il est arrivé sont spécialement déshonorantes pour Dieu. Dieu venait d’introduire une œuvre de grâce toute particulière ; en cela Il distinguait Israël comme Son peuple ; et voilà les fils d’Aaron couvrant immédiatement de honte Sa faveur. Quelle solennité dans la conséquence, cette mort sur-le-champ et devant tous !
Il était ainsi démontré à Israël l’impossibilité pour le peuple choisi de Dieu de s’approcher de Dieu dans le sanctuaire, même au Jour des Propitiations ! Même un sacrificateur ne pouvait entrer à l’intérieur du voile. Non, il ne le pouvait pas ; quant au souverain sacrificateur, Aaron, il ne pouvait entrer dans le lieu Très Saint que dans ce seul jour de l’année, juste pour quelques brefs moments, et seulement avec de l’encens et du sang. Qu’est-ce que cela indiquait ? Que le chemin des lieux saints n’avait pas encore été manifesté (Héb. 9:7-8). Maintenant il l’est. C’est là le contraste frappant avec la rédemption qui est dans le Christ Jésus (Rom. 3:24). Le chemin des lieux saints a été et est manifesté. Ainsi quand Christ est mort, le voile du temple a été déchiré depuis le haut jusqu’en bas (Matt. 27:51). Pouvait-on imaginer un signe plus parlant ? C’était clair pour ceux dont les yeux étaient ouverts pour voir que l’institution lévitique était caduque, et que quelque chose de nouveau était introduit de la part de Dieu par la mort de Christ. On entre là dans le cœur même du christianisme. Le chemin des lieux saints a été et est manifesté.
Maintenant toi, mon frère, as-tu la paisible jouissance de ces choses ? As-tu la possession consciente et présente de cette proximité de Dieu ? À quoi sert-il de savoir que le chemin des lieux saints a été manifesté si ce n’est pour y entrer personnellement, par la foi, jour après jour, s’appropriant ainsi les immenses richesses de la grâce de Dieu envers nous (Éph. 2:7) ? C’est la part de tous ceux qui sont participants de l’appel céleste (Héb. 3:1). Le voile déchiré par Dieu était l’arrêt de mort du judaïsme. Bien sûr l’homme peut le réparer, mais ce n’est que l’homme sans Dieu. Aucune parole de Dieu n’a remis en place ce voile. Pour le chrétien, ce voile a disparu pour toujours, et avec lui les sacrifices terrestres, l’autel, et les sacrificateurs. Tout cela sert à montrer de la manière la plus évidente la différence essentielle entre l’expiation juive et l’expiation que la mort de Christ donne au chrétien.
Dans l’institution juive la barrière était totalement infranchissable, avec une toute petite exception pour Aaron. Même s’il s’agissait de Samuel, de David, d’Ésaïe ou de Daniel, personne n’avait libre accès dans les lieux saints. La foi ou la sainteté du souverain sacrificateur ne jouaient aucun rôle. L’Éternel apparaissait dans la nuée sur le propitiatoire, et même Aaron ne pouvait entrer en tout temps à l’intérieur du voile, sous peine de mort. Ce n’est qu’au seul Jour des Propitiations, qu’un sacrifice pour le péché spécial était offert pour expiation ; en cette seule occasion, et en observant très strictement les ordonnances de Dieu, il pouvait entrer pour faire propitiation pour lui et sa maison, comme aussi pour le peuple. Autrement, le chemin était toujours fermé.
Que trouvons-nous dans la naissance et la vie de notre précieux Seigneur Jésus ? Dieu venu vers l’homme dans la personne de Christ. — Qu’a-t-on vu dans la mort du Seigneur ? L’homme, le croyant, pouvant maintenant s’approcher de Dieu en toute liberté. L’incrédule est aveugle vis-à-vis de toutes ces bénédictions sans égal. Dieu en Christ est venu vers l’homme, croyant ou non ; mais le non croyant s’est dressé contre Lui, L’a rejeté et crucifié. Pourtant, c’est justement à la croix de notre Seigneur Jésus, qu’un chemin nouveau et vivant a été consacré par Dieu (Héb. 10:20). Celui qui croit maintenant en Son nom est libre de s’approcher de Dieu avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi, à travers le voile déchiré (Héb. 10:22), et il a Christ comme grand souverain sacrificateur sur la maison de Dieu (Héb. 3:1, 2). Nos cœurs ont été purifiés par aspersion d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’eau pure, en accomplissement des types du Lévitique. Le chrétien a la réalité établie et immuable de ce que le Juif n’avait qu’à l’état de forme. La parole de Dieu a purifié son cœur par la foi. Il n’y en a qu’Un dont la mort a pu poser le fondement d’un tel droit d’accès à Dieu ; et ce droit subsiste, de manière vivante, jusqu’à ce que le dernier des croyants dans notre Seigneur soit enlevé pour être avec Lui pour toujours. Nous rencontrerons tous personnellement ce Seigneur là où notre foi pénètre déjà maintenant. Voilà le christianisme et notre sûre espérance.
Comme chrétien, vous reposez-vous intelligemment sur l’œuvre expiatoire de Christ ? Il y a plus en Lui que ce que nous lisons dans l’épître aux Hébreux. Ainsi on ne peut pas croire en Christ sans recevoir la vie en Son nom. Le croyant a besoin de la vie divine pour avoir des affections selon Dieu ; or ces affections haïssent le mal et aiment le bien. Christ est la vie éternelle pour tous ceux qui croient en Lui. Il est leur vie de la même manière qu’Adam était le chef d’une vie naturelle pour l’humanité au sens le plus large. Il vaut la peine de remarquer qu’Adam n’est effectivement devenu chef et source de cette vie que quand il a été pécheur. Parallèlement, Christ n’est devenu Celui qui donne la vie éternelle, une vie de résurrection, qu’après l’achèvement sans faille de son œuvre d’obéissance jusqu’à la mort. La justice était alors un fait accompli, Dieu étant infiniment glorifié en Lui.
Christ forme donc un contraste béni avec Adam. Quand Il a été ressuscité d’entre les morts, le Seigneur a soufflé dans ses disciples une respiration de vie nouvelle en puissance de résurrection, la vie caractéristique du chrétien (Jean 20:22). Mais l’épître aux Hébreux ne traite pas de ce sujet, ni du baptême du Saint Esprit formant le corps de Christ (1 Cor. 12:13). Pourtant chacun peut voir que ces deux choses sont nécessaires, non pas seulement Sa mort, mais la vie qu’Il est Lui-même et qu’Il nous donne. Quelle cohérence y aurait-il à ce que la précieuse vie de Christ, si tant est que cela fût possible, soit donnée à l’homme laissé en train de se débattre contre ses péchés, des péchés qui ne seraient pas ôtés ? Par contre quelle convenance à ce que la vie de résurrection soit là où les péchés ont été effacés par Son sang ! Ces deux privilèges de la grâce sont absolument nécessaires : si l’un est donné au chrétien, l’autre aussi. C’est pourquoi ces deux privilèges sont assurés au croyant qui reçoit Christ par la foi. Quelle grâce que les dons de grâce soient pareillement unis ! Ils sont donnés au plus simple des croyants par la foi en Christ, à celui même qui ne sait ni lire ni écrire, au pauvre vieillard comme au petit enfant, pourvu qu’il y ait l’Esprit de Dieu produisant la soumission de cœur à Christ, le Chemin, la Vérité et la Vie. Peut-être demanderez-vous combien de temps cela dure-t-il&nbs