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Les Sacrifices du Lévitique

 

 

par William Kelly

 

Table des matières :

1     Chapitre 1    Holocauste

1.1      Chapitre 1 v. 1 à 9

1.2      Chapitre 1 v. 10 à 13

1.3      Chapitre 1 v. 14 à 17

2     Chapitre 2    Offrande de gâteau

2.1      Chapitre 2 v. 1 à 3

2.2      Chapitre 2 v. 4 à 10    Variantes de l’offrande de gâteau

2.3      Chapitre 2 v. 11 à 13    Instructions particulières pour l’offrande de gâteau

2.4      Chapitre 2 v. 14 à 16    L’offrande de gâteau des premiers fruits

3     Chapitre 3    Sacrifice de prospérités

3.1      Chapitre 3 v. 1 à 5    Le sacrifice de prospérités avec du gros bétail

3.2      Chapitre 3 v. 6 à 11    Le sacrifice de prospérités de menu bétail (agneau)

3.3      Chapitre 3 v. 12 à 17    Le sacrifice de prospérités d’une chèvre

4     Chapitres 4 et 5    Les sacrifices pour le péché et pour le délit

4.1      Chapitre 4 v. 3-12    Le sacrifice pour le péché du Souverain Sacrificateur

4.2      Chapitre 4 v. 13-21    Le sacrifice pour le péché pour l’assemblée [ou : congrégation] d’Israël

4.3      Chapitre 4 v. 22-26    Le sacrifice pour le péché d’un chef du peuple

4.4      Chapitre 4 v. 27-35    Le sacrifice pour le péché pour quelqu’un du peuple

4.5      Chapitre 5    Le sacrifice pour le péché/délit

4.6      Chapitre 5 v. 14-19    Le sacrifice pour le délit proprement dit.

4.7      Chapitre 5 v. 20-26    Encore le sacrifice pour le délit

5     Chapitre 6 à 7    Les lois des sacrifices

5.1      Chapitre 6 v. 1-6    La loi de l’holocauste

5.2      Chapitre 6 v. 7-11    La loi de l’offrande de gâteau

5.3      Chapitre 6 v. 12-16    La loi de l’offrande de gâteau d’Aaron et ses fils [au jour de leur consécration]

5.4      Chapitre 6 v. 17-23    La loi du sacrifice pour le péché

5.5      Chapitre 7 v. 1-7    La loi du sacrifice pour le délit

5.6      Chapitre 7 v. 8-10    La portion du sacrificateur en général

5.7      Chapitre 7 v. 11-21    La loi du sacrifice de prospérités

6     Chapitre 7 v. 22-27    L’interdiction de la graisse et du sang

7     Chapitre 7 v. 28-36    Complément au sacrifice de prospérités

8     Chapitre 7 v. 37-38    Résumé final des sacrifices

 

1                        Chapitre 1    Holocauste

Note Bibliquest : 1) Le mot anglais pour Holocauste signifie littéralement offrande brûlée ; 2) Le mot anglais «offering» a été rendu le plus souvent par le mot «sacrifice», sauf pour l’offrande de gâteau et pour les cas génériques où le mot «offrande» paraissait plus approprié.

1.1   Chapitre 1 v. 1 à 9

Bible Treasury vol. N1, p. 210

Notons que les chapitres 1 à 3 sont un seul oracle de l’Éternel. Ce sont les trois sacrifices qui Lui sont d’agréable odeur, malgré leurs différences par ailleurs. Ils représentent le côté positif de Christ comme sacrifice par feu, une odeur de repos (*) pour l’Éternel. Ces sacrifices ne sont pas donnés pour le péché par erreur contre l’un de Ses commandements, ni pour la culpabilité en relation avec Son nom ou avec le rituel, ni pour la réparation à l’égard des choses saintes ou des torts causés au prochain. Les premiers sacrifices étaient la base désignée par Dieu et les moyens de s’approcher de Celui qui était venu demeurer au milieu d’eux, mais dans Son sanctuaire, la tente d’assignation pour son peuple. Du chapitre 4 au chapitre 6 v. 7, on a les sacrifices pour le péché et pour le délit, destinés à ôter les obstacles ou restaurer la communion interrompue avec Celui qui, au jour des propitiations, établissait le droit de Son peuple à s’approcher de Lui.

(*) Note Bibliquest : Lors du premier holocauste de l’Écriture, celui offert par Noé juste après le déluge, l’odeur montée vers l’Éternel est qualifiée d’odeur agréable, selon la version Darby, le sens littéral donné en note de Gen. 8:21 étant odeur de repos.

 

Le plus important des dons ou des présentations de bonne odeur était l’holocauste. C’est avec ce olah, ou holocauste, que l’Éternel commence.

«(1:1) Et l’Éternel appela Moïse, et lui parla, de la tente d’assignation, disant : (1:2) Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Quand un homme d’entre vous présentera une offrande (*) à l’Éternel, vous présenterez votre offrande de bétail, du gros ou du menu bétail. (1:3) Si son offrande est un holocauste de gros bétail, il la présentera, — un mâle parfait (**) ; il la présentera à l’entrée de la tente d’assignation, pour être agréé devant l’Éternel. (1:4) Et il posera sa main sur la tête de l’holocauste, et il sera agréé pour lui, pour faire propitiation pour lui. (1:5) Et il égorgera le jeune taureau devant l’Éternel ; et les fils d’Aaron, les sacrificateurs, présenteront le sang, et ils feront aspersion du sang tout autour sur l’autel qui est à l’entrée de la tente d’assignation ; (1:6) et il écorchera l’holocauste et le coupera en morceaux. (1:7) Et les fils d’Aaron, le sacrificateur, mettront du feu sur l’autel, et arrangeront du bois sur le feu ; (1:8) et les fils d’Aaron, les sacrificateurs, arrangeront les morceaux, la tête et la graisse, sur le bois qui est sur le feu qui est sur l’autel. (1:9) Et il lavera avec de l’eau l’intérieur et les jambes, et le sacrificateur fera fumer le tout sur l’autel ; [c’est] un holocauste, un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel».

(*) Note de la Bible JND : dans tous ces passages, le mot hébreu pour «offrande» est «corban» dérivé du verbe traduit par «présenter».

(**) Note Bibliquest : traduit «sans défaut» dans la version JND

 

S’il n’y avait pas eu de péché dans l’homme, ni de mort introduite par le péché, on ne pourrait guère concevoir l’holocauste. Pourtant ce n’est un sacrifice ni pour le péché ni pour la culpabilité, mais c’est Dieu glorifié là où il y avait le péché, par le moyen d’une victime, dont le sang couvrait ce péché aux yeux de Dieu, tandis que le feu la consumait et ne faisait monter qu’une odeur agréable. Le jeune taureau offert en sacrifice présentait en type la perfection de Christ se livrant Lui-même à la mort en amour et pour la gloire de Dieu, abandonnant sans réserve Sa vie, restant pourtant dans l’obéissance, en contraste total avec Adam qui a perdu sa vie par la désobéissance. Ce jeune taureau permettait que soit agréé celui qui offrait, et il faisait propitiation pour lui, ce qui était impossible sans la mort, et le sang versé, et l’épreuve par le feu du jugement divin consumant tout, sans autre résultat qu’une odeur de repos pour Dieu.

Un homme pécheur ne peut s’approcher de Dieu que sur cette seule base. Elle préfigure Christ, qui par l’Esprit éternel s’est offert sans tache à Dieu [Héb. 9:14], ou comme Il a pu dire à l’avance : «À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie afin que je la reprenne. Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre: j’ai reçu ce commandement de mon Père (Jean 10:17-18). Et encore en Hébreux 10 citant le Psaume 40: Il dit : Voici, je viens, ô Dieu pour faire ta volonté. C’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ faite une fois pour toute [Héb. 10:9-10]. Il est venu pour rétablir ce en quoi le premier homme avait déshonoré Dieu, en se livrant Lui-même, en perfection, à la mort et au jugement afin que Dieu soit glorifié en Lui, un homme maintenant, et puisse conférer Sa propre acceptation [le fait d’agréer] à ceux croient en Lui. Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en Lui [Jean 13:31]. Le péché d’Adam a été grand, mais l’obéissance du Second homme jusqu’à la mort a été infiniment plus grande; et qui peut en compter les résultats immenses et innombrables pour la foi, maintenant et pour l’éternité et pour l’univers, quand le pouvoir agira publiquement pour la gloire de Dieu.

Présenter la victime à l’entrée de la tente d’assignation ou à l’autel d’airain était la part de celui qui offrait, non pas celle du sacrificateur [1:3]. C’est encore celui qui offrait qui posait sa main sur la tête de l’holocauste (1:4). La signification en était l’identification par grâce avec le sacrifice. Le fait que l’holocauste soit agréé était transféré sur celui qui offrait. Comme le Fils s’est anéanti Lui-même pour devenir non seulement un homme mais un esclave, et, étant ainsi trouvé, s’est abaissé Lui-même jusqu’à la mort de la croix [Phil. 2:7-8], Dieu a répondu, non seulement par la réconciliation et le pardon, mais en établissant, dans Sa personne et par son oeuvre, l’homme dans Sa gloire. Personne ne partage la bénédiction sinon ceux qui croient, certainement pas ceux qui, par incrédulité, Le méprisent, Lui et l’appel de Dieu. Après que l’animal était égorgé, l’oeuvre proprement sacerdotale commençait par l’aspersion du sang autour et dessus l’autel (1:5); c’était aussi aux sacrificateurs à mettre le feu et à arranger le bois pour l’alimenter (1:7-8). Le lavage à l’eau du sacrifice, à l’intérieur et à l’extérieur, accomplissait la pureté, qui n’était vraiment intrinsèque que pour Christ. Et sous l’effet de l’épreuve absolue du jugement de Dieu, ce sacrifice montait vers Dieu en odeur de repos (1:9). Il a été justement remarqué que le mot «fumait» ici, n’est pas utilisé pour le sacrifice pour le péché ou pour le délit, mais par contre, c’est le même mot utilisé quand il s’agit de faire fumer l’encens : c’est un point de détail, mais une preuve frappante de la différence essentielle entre ces sacrifices, bien que les deux [holocauste, et sacrifice pour le péché ou le délit] se rejoignent en établissant pleinement l’oeuvre merveilleuse de la mort de Christ.

 

1.2   Chapitre 1 v. 10 à 13

Bible Treasury vol. N1, p. 227

On peut observer qu’une certaine latitude, dans des limites prescrites, était accordée à celui qui offrait un sacrifice, non seulement pour l’holocauste, mais aussi pour tous les sacrifices de bonne odeur. Il n’en était pas ainsi pour les sacrifices pour le péché : le sacrifice était fixé par l’ordonnance de l’Éternel, sauf une variante mineure permise à quelqu’un du peuple du pays (ch. 4). Là où le péché n’est pas la question urgente, la grâce exerçait le coeur à donner selon ses moyens. Il y avait des égards spéciaux pour le pauvre, afin qu’il ne soit pas privé d’un sacrifice présenté à Dieu de manière acceptable, et cela était l’ombre de l’excellence infinie que, en son temps, Dieu se pourvoirait et trouverait dans le Fils se livrant Lui-même à la mort pour Sa gloire. Car il s’agissait de s’approcher de Lui dans le lieu et la race où le péché régnait par la mort, et cela n’a pu avoir lieu que dans un sacrifice tel que celui présenté par Christ dans Sa mort, — la mort de quelqu’un qui se livrait lui-même entièrement et qui pouvait être agréé.

Les deux choses étaient ainsi rendues évidentes, et les deux étaient précieuses. Si les diverses formes du sacrifice représentent différents degrés de la foi chez celui qui offrait, comme on peut le supposer, l’Éternel agréait la moindre mesure d’holocauste aussi réellement que la plus grande ; Son oeil contemplait le même sacrifice parfait, en chacune de ces formes. Le fait que celui qui offrait soit agréé, ne changeait pas, et cela parce que le sacrifice typifiait Christ. L’offrande du corps de Christ était une et avait la même valeur parfaite pour tous ceux qui sont siens.

«(1:10) Et si son offrande pour l’holocauste est de menu bétail, d’entre les moutons ou d’entre les chèvres, il la présentera, — un mâle sans défaut ; (1:11) et il l’égorgera à côté de l’autel, vers le nord, devant l’Éternel ; et les fils d’Aaron, les sacrificateurs, feront aspersion du sang sur l’autel, tout autour ; (1:12) et il le coupera en morceaux, avec sa tête et sa graisse, et le sacrificateur les arrangera sur le bois qui est sur le feu qui est sur l’autel ; (1:13) et il lavera avec de l’eau l’intérieur et les jambes ; et le sacrificateur présentera le tout et le fera fumer sur l’autel : c’est un holocauste, un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel».

La foi, là où elle est réelle, n’a pas le même niveau de simplicité et de force chez tous ceux qui croient. Et notre estimation de Christ correspond à notre foi. Elle varie chez les saints, selon leur foi. Heureux ceux qui se reposent sur l’estimation que Dieu fait de Christ et de Son oeuvre.

Là où une telle estimation est la conviction enfantine et inébranlable, par la Parole de Dieu et par l’Esprit, il s’ensuit repos et liberté, et une jouissance des plus profondes. Nous savons, comme l’apôtre Pierre l’écrit, que nous avons été rachetés, non par des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ comme d’un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps pour vous qui, par Lui, croyez en Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance fussent en Dieu [1 Pier. 1:18-21]. L’Écriture est claire et concluante, et l’apôtre Paul le prêchait sans réserve, savoir qu’en Christ (ou en vertu de Christ) tout croyant est justifié de toutes les choses dont il n’a pu être justifié par la loi de Moïse [Actes 13:39].

Mais la faiblesse de la foi a néanmoins un effet proportionnellement négatif sur la jouissance présente de l’âme et sur la puissance. Combien de saints qui, au lieu de chercher la paix en dehors d’eux-mêmes, en Christ et dans Son oeuvre pour eux, sont occupés d’eux-mêmes pour chercher là des signes de l’oeuvre du Saint Esprit en eux en tant que nés de nouveau ! La paix est alors impossible car elle n’a été faite que par le sang de Christ à la croix. Ainsi nous n’avons la paix avec Dieu qu’en tant que nous sommes justifiés par la foi. Par contraste, si quelqu’un passe par la nouvelle naissance, l’Esprit lui donne de voir et d’avoir en horreur, non seulement ses péchés passés, mais aussi cette nature mauvaise et volontaire, le vieil homme, qui leur donne corps.

Sans doute le chrétien est appelé à s’éprouver soi-même, et ainsi à participer à la Cène du Seigneur ; si nous nous scrutons nous-mêmes, nous ne devrions pas marcher dans le relâchement, et tomber sous Sa fidèle discipline, pour ne pas être condamné avec le monde (1 Cor. 11:28-32). Mais la paix avec Dieu par la foi en Christ doit renforcer un salutaire jugement de soi-même, lequel, en soi-même, s’il était exercé à fond, ne pourrait produire que misère et désespoir. En effet il reposerait sur la fausse base de notre état, et ne pourrait que fluctuer selon que nous voyons, ou pas, les fruits de l’Esprit. Plus il y a de la droiture, moins nous pouvons être satisfait de ce que nous trouvons, et plus nous sommes exposés à des remèdes illusoires favorisant l’autosatisfaction sous couvert de sainteté.

Dans les 2° et 3° formes d’holocaustes (1:10-13 et 1:14-17), il est évident qu’il n’y a pas une telle déclaration du caractère «agréé devant l’Éternel», ni de la propitiation faite pour celui qui offrait, comme dans les versets 3 et 4. Le reste est à peu près semblable. Dans tous les cas, la foi est bénie ; mais la pleine connaissance du résultat dépend de la pleine estimation de Christ et de Son oeuvre.

1.3   Chapitre 1 v. 14 à 17

Bible Treasury vol. N1, p. 242

 

La forme mineure de l’holocauste est naturellement mentionnée en dernier. Quelle grâce de Dieu de l’agréer aussi expressément que la forme la plus avancée d’holocauste ; et encore plus, quelle grâce de donner à celui qui offre l’assurance positive qu’il en est ainsi.

«(1:14) Et si son offrande à l’Éternel est un holocauste d’oiseaux, il présentera son offrande de tourterelles ou de jeunes pigeons. (1:15) Et le sacrificateur l’apportera à l’autel, et lui détachera la tête avec l’ongle, et la fera fumer sur l’autel ; et il en épreindra le sang contre la paroi de l’autel ; (1:16) et il ôtera son jabot (*) avec ses plumes [ou, son ordure], et les jettera à côté de l’autel, vers l’orient, au lieu où sont les cendres ; (1:17) et il fendra l’oiseau entre les ailes, il ne le divisera pas ; et le sacrificateur le fera fumer sur l’autel, sur le bois qui est sur le feu : c’est un holocauste, un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel».

(*) version JND : gésier

 

L’Éternel voulait donner au plus pauvre de Son peuple les moyens de Lui présenter l’ombre de ce qui est le plus précieux dans l’offrande de Christ s’offrant Lui-même à Dieu. Car parmi les sacrifices ordinaires, l’holocauste a une place sans égal. Tous les autres sont plus ou moins partagés par l’homme ; l’offrande de gâteau était essentiellement pour l’usage des sacrificateurs ; le sacrifice de prospérités aussi, et il était, par excellence, l’expression du privilège de la communion ; et, même les sacrifices pour le péché et pour le délit, — sauf sous la forme spéciale où le sang était mis à l’intérieur du voile, — tout mâle d’entre les sacrificateurs devait en manger dans un lieu saint, alors qu’ils mangeaient de l’offrande de gâteau. Mais en aucun cas une âme d’homme, pas même le souverain sacrificateur, ne mangeait de l’holocauste. Il était offert à Dieu et à Dieu seul, quoique de la part de Son peuple pour être agréé.

Mais si d’un côté, l’offrande de tourterelles ou de jeunes pigeons mettait sous les yeux de l’Éternel la mort efficace de Son Fils aussi bien que l’offrande d’un taureau ou d’un mouton, il est d’autant plus remarquable qu’une partie était jetée : une partie du plus petit holocauste, non pas du plus gros. Il devait être fendu, non pas divisé ; mais celui qui offrait devait ôter son jabot avec les plumes, ou ordure, [version JND : son gésier avec son ordure] et le jeter à côté de l’autel, vers l’orient, au lieu où sont les cendres.

On est ainsi loin de l’idée complète de l’holocauste où tout monte à Dieu en odeur de repos. La pauvreté de la foi a toujours des conséquences, maintenant. Christ est le même Sauveur parfait de tous les Siens. Le fait que chacun d’eux soit agréé dépend de tout ce que Dieu apprécie dans ce Sauveur et dans Son oeuvre. Tous ont été sanctifiés, et ne le sont pas seulement comme un fait accompli au moyen de l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes, mais Lui a rendu parfait ceux qui sont sanctifiés sans aucune interruption, non pas simplement pour toujours [à perpétuité] mais continuellement [Héb. 10:10, 14].

Comment se fait-il donc que ce peu de foi opère ? Il ne parvient pas à donner la gloire qui convient à Dieu. Il détourne l’âme de la pleine jouissance de Christ et de Son oeuvre. Une partie des oiseaux était «jetée», «au lieu où sont les cendres». Une foi faible n’ôte pas la perfection des saints devant Dieu. Le fait que le croyant soit agréé par l’effet de l’oeuvre de Christ demeure intangible. Dieu voit tous ceux qui sont Siens selon Christ, qui est Sa référence ; mais plus la foi est faible, plus le croyant fait la confusion entre, d’une part le sentiment qu’il a du résultat néfaste de ses manquements, et d’autre part sa position de bénédiction à laquelle le Saint Esprit rend témoignage. Et alors, les points caractéristiques du sens de l’holocauste sont altérés. Dans ce que l’âme comprend, l’holocauste se rapproche du sacrifice pour le péché. Une telle personne n’entre que peu, voire pas du tout, dans le fait que Dieu soit glorifié dans la mort de Christ et dans le fait que nous soyons identifiés avec Christ dans cette mort. On se satisfait de regarder à Christ portant nos péchés en son corps sur le bois [1 Pier. 2:24], sans aller plus loin : en soi c’est bien la bénédiction la plus nécessaire, mais on est loin alors, de s’approprier la vérité caractéristique de l’holocauste.

Un déclin dans la nature, aussi bien que des différences de degrés apparaissent aussi dans d’autres de ces sacrifices, comme nous le verrons en son temps. Cela tend à confirmer la pensée que nous avons trouvée ici. Mais, quoi qu’on en pense, le fait est certain parmi les croyants : ne pas entrer dans les aspects variés et les relations variées du sacrifice de Christ, fait perdre aux âmes beaucoup de clarté et de netteté de perception de la vérité, et donc des bénédictions qui leur sont propres. D’où l’importance de tenir compte de toutes les indications divines de ce que nous révèle les pensées qui étaient celles de Christ, afin que nous croissions dans et par la connaissance de Dieu.

 

2                        Chapitre 2    Offrande de gâteau

2.1   Chapitre 2 v. 1 à 3

Bible Treasury N1 p. 258-9

L’offrande de farine ou de gâteau était étroitement associée à l’holocauste. Ils avaient en commun le fait de n’être jamais offerts pour libérer une âme de son péché ; mais l’holocauste faisait propitiation, ce que ne faisait pas l’offrande de gâteau : elle y faisait suite. L’holocauste était un animal vivant mis à mort, tandis que l’offrande de farine était toujours de nature végétale et il n’y était donc pas question de sang. L’holocauste et l’offrande de gâteau étaient soumis pareillement à l’épreuve du feu du jugement divin qui faisait monter une odeur agréable [= odeur de repos ; Gen. 8:21]. «Et quand quelqu’un présentera en offrande une offrande de gâteau à l’Éternel, son offrande sera de fleur de farine, et il versera de l’huile sur elle, et mettra de l’encens dessus : et il l’apportera aux fils d’Aaron, les sacrificateurs ; et le sacrificateur prendra une pleine poignée de la fleur de farine et de l’huile, avec tout l’encens, et il en fera fumer le mémorial sur l’autel : c’est un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel ; et le reste de l’offrande de gâteau sera pour Aaron et pour ses fils : c’est une chose très sainte entre les sacrifices de l’Éternel faits par feu» (2:1-3).

Qu’est-ce qui pouvait mieux faire ressortir l’excellence de la personne du Seigneur, non pas dans sa mort comme sacrifice, mais dans le complet dévouement de sa vie ? L’un et l’autre étaient pareillement purs et saints. En effet, le taureau ou le mouton pour l’holocauste devait être un mâle sans défaut, et de son côté, l’offrande de gâteau est qualifiée de «très sainte entre les sacrifices de l’Éternel faits par feu». Ainsi le Seigneur Jésus, Lui seul, était «la sainte chose qui naîtra» (Luc 1:35). De tels mots ne sont employés pour personne d’autre, ni ne pouvaient l’être, pas même pour Jean-Baptiste, alors que celui-ci était pourtant rempli du Saint Esprit dès le ventre de sa mère. En Jésus, il n’y avait aucun péché. Même en ayant part au sang et à la chair comme les enfants de Dieu (Héb. 2:14), Il devait être appelé de son titre éternel de Fils de Dieu. Il est le seul à qui il aurait été blasphématoire d’attribuer ces paroles, parfaitement valables pour les autres enfants d’Adam : «Voici, j’ai été enfanté dans l’iniquité et dans le péché ma mère m’a conçu» (Ps. 5:5). Lui, et lui seul, était né ici-bas sans tache, le Saint de Dieu ; et Il garda toujours ce caractère dans la puissance du Saint Esprit, et le présenta comme une offrande de gâteau à Dieu.

Il est sûr que l’esprit de l’homme aurait mis la Minchah, ou offrande de gâteau, avant le Olah, ou holocauste, selon l’ordre naturel historique. Mais l’Écriture manifeste la sagesse divine d’une manière incomparable, et la foi s’incline devant cette sagesse et s’approprie la vérité : comme l’apôtre le dit en Colossiens 1, nous croissons par la vraie connaissance de Dieu. Ces figures de Christ et de Son oeuvre sont intervenues après la chute, et c’est pourquoi le besoin d’holocauste vient en premier quand l’Éternel faisait connaître à son peuple les ressources de sa grâce en Christ, et que (c’est une vérité de base) Lui-même était entièrement glorifié selon sa nature. À sa suite vient l’offrande de gâteau, et cela est beau et sa place. Le Fils de l’homme qui a glorifié Dieu par sa mort, a aussi glorifié le Père sur la terre, et achevé l’oeuvre qu’Il Lui avait donnée à faire.

Tout en Christ avait la même perfection, aussi bien ses activités comme homme vivant, que ses souffrances dans l’abandon de soi sans limite, les deux dans une obéissance inébranlable. Mais comme on l’a vu au chapitre 1, la mort était un élément essentiel et manifeste de l’holocauste, tandis qu’elle était absente de l’offrande de gâteau. Il était l’homme obéissant par excellence, éprouvé et démontré tel chaque jour, aussi bien dans les circonstances de chaque instant de la vie, que dans les grandes tentations au désert. Jésus, et Jésus seul, a toujours été «le même», hier, aujourd’hui et éternellement, et s’il n’y avait aucune fluctuation dans sa gloire personnelle, il n’y en avait pas non plus dans son obéissance sans faille dans tous les détails. Aucun saint sur la terre a-t-il jamais approché un tel niveau de qualités ? Inutile de parler d’Abraham, d’Isaac ou de Jacob, si bénis fussent-ils. Prenez Jean, Pierre et Paul, qui ont marché dans la puissance de l’Esprit comme personne d’autre. Pourtant, les mêmes Écritures qui montrent clairement leur service saint et dévoué, ne nous cachent pas non plus les leçons profitables à tirer de leurs manquements, même dans des occasions critiques. Christ n’a jamais eu un mot ou une action à reprendre, ni même un regard ou un sentiment condamnable. Il pouvait dire à ses ennemis : «Qui d’entre vous me convainc de péché» ? (Jean 8:46) sans que personne ne lui réponde, mais sans pour autant échapper aux reproches et aux insultes les plus vils. Il marchait dans l’Esprit sans fléchir, non pas sur la base de droits, mais par obéissance. Sa nourriture était de faire la volonté de Celui qui L’avait envoyé, et d’accomplir son oeuvre : cela, Il l’a fait en perfection, une offrande à Dieu de bonne odeur, tout en étant entièrement rejeté par l’homme, spécialement par l’ancien peuple — son propre peuple.

C’est ce que typifiait l’offrande de gâteau : la fleur de farine, l’huile versée dessus, et l’encens (2:1). La fleur de farine était un symbole approprié de Son humanité sans péché, en harmonie avec Dieu. L’huile est la figure connue de la puissance du Saint Esprit, non pas Son action purifiante requise par l’impureté de l’homme, mais Son énergie vis-à-vis de la volonté de l’homme pécheur et égoïste. L’encens représente ce parfum que seul Dieu le Père appréciait parfaitement dans le Fils de l’homme sur la terre, l’objet ineffable de ses délices. La bonne odeur pouvait «remplir la maison» (Jean 12:3) ; mais l’encens était brûlé pour Dieu, comme Lui appartenant. Tout l’encens était mis avec la poignée de farine que le sacrificateur officiant faisait fumer sur l’autel (2:2). Le feu, qui éprouve plus que toute autre chose, ne faisait que faire monter de l’offrande une odeur de repos à l’Éternel.

Le reste de l’offrande était pour Aaron et pour ses fils (2:3). C’est là une différence-clé d’avec l’holocauste. Dans ce dernier, tout était consumé et montait à Dieu de manière agréable, et pour rendre agréable celui qui offrait. On ne faisait fumer qu’une poignée, mais tout l’encens était mis à fumer. Le reste de la farine était pour le souverain Sacrificateur et la famille sacerdotale (les chrétiens). Aucune vérité du Nouveau Testament n’est plus claire. Christ n’est-Il pas la nourriture de tous ceux qui sont siens ? Jean 6 ne le prouve-t-il pas, et encore bien plus ? L’offrande était «très sainte» (2:3), et à cause de cela, elle était donnée à Christ et aux siens pour en jouir (ce caractère très saint n’empêchait pas cette jouissance). Voilà la nourriture sacerdotale vivante que ceux qui ont accès dans les lieux saints trouvent en Christ, Christ ici-bas tel que les évangiles nous le montrent. C’est à ceci que nous avons tous le droit d’avoir part, et à d’autres choses avec ; mais ne peuvent en jouir réellement que ceux qui ont la foi en cette nourriture, et marchent par l’Esprit dans cette foi.

 

2.2   Chapitre 2 v. 4 à 10    Variantes de l’offrande de gâteau

Bible Treasury vol. N 1, p. 274

Les premiers versets présentent le caractère général de la minchah, ou offrande de gâteau, distincte du olah, ou holocauste. C’est l’épreuve complète par le feu, mais non pas le sang versé ni l’aspersion du sang. Il n’y avait donc pas d’expiation en vue de la gloire de Dieu, celui qui offrait étant pécheur ; pas plus que d’expiation associée à la perfection de Christ se livrant Lui-même à la mort, le tout montant en odeur agréable à Dieu. L’offrande de gâteau n’expie rien, mais après que l’Éternel ait eu sa pleine poignée de fleur de farine, le reste était pour Aaron et ses fils, pour qu’ils le mangent : Christ et ses disciples en jouissent ensemble. Ce n’était pourtant pas moins une offrande par feu, et il est dit expressément qu’elle était «très sainte» : ceci exclut les pensées profanes des gens qui parlent des limitations de Christ, abaissant ainsi Sa dignité personnelle infinie. Il n’est aucune personne de la divinité dont l’Écriture ne soit plus jalouse. En effet, bien qu’attestant pleinement que le Fils a réellement assumé l’humanité dans Sa personne, et qu’Il a pris en grâce la place d’esclave, le Saint Esprit maintient Sa gloire de Fils de l’homme afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père, et même qu’ils honorent tout spécialement le Fils car tout jugement lui a été donné. De même qu’Il vivifie tous ceux qui croient, ainsi Il jugera tous ceux qui ne croient pas, pour leur ruine éternelle, et cette ruine sera aussi éternelle que la bénédiction dont la foi jouit par grâce.

Après l’introduction donnant des généralités sur les constituants de l’offrande de gâteau nous arrivons aux diverses formes de détail.

«Et quand tu présenteras en offrande une offrande de gâteau cuit au four, ce sera de la fleur de farine, des gâteaux sans levain, pétris à l’huile, et des galettes sans levain, ointes d’huile. Et si ton offrande est une offrande de gâteau cuit sur la plaque, elle sera de fleur de farine pétrie à l’huile, sans levain. Tu la briseras en morceaux, et tu verseras de l’huile dessus : c’est une offrande de gâteau. Et si ton offrande est une offrande de gâteau cuit dans la poêle, elle sera faite de fleur de farine, avec de l’huile. Et tu apporteras à l’Éternel l’offrande de gâteau qui est faite de ces choses, et on la présentera au sacrificateur, et il l’apportera à l’autel. Et le sacrificateur lèvera de l’offrande de gâteau son mémorial, et le fera fumer sur l’autel : c’est un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel. Et le reste de l’offrande de gâteau sera pour Aaron et pour ses fils : c’est une chose très sainte entre les sacrifices de l’Éternel faits par feu» (2:4-10).

Dans tous les cas, la farine utilisée était de la fleur de farine de froment, dûment criblée et tamisée ; les trois formes d’offrande de gâteau se distinguaient par le type de cuisson, soit son intensité, soit son exposition, soit sa composition. L’humanité parfaite et sans péché de Christ était là, dans la puissance de l’Esprit Saint, et dans une grâce dont l’odeur convenait à l’Éternel, qui était seul à l’apprécier pleinement. Mais elle a aussi été mise à l’épreuve ici-bas de diverses manières, avant qu’on la fasse finalement fumer sur l’autel, comme offrande par feu à l’Éternel.

On peut voir le principe général, appliqué à l’Antitype, dans notre Seigneur, lorsque, venant d’être baptisé par Jean et priant, le ciel s’ouvrit et l’Esprit Saint descendit sur Lui sous une forme corporelle comme une colombe, et une voix vint du ciel, disant : Tu es mon Fils bien-aimé ; en Toi j’ai trouvé mon plaisir (Luc 3:21, 22). C’était là le Second homme, le dernier Adam, pas encore ressuscité ni glorifié comme l’Homme des conseils divins, mais né de femme, et n’étant pas moins Saint et agréable à Dieu le Père pour autant. Il n’y avait pas de péché en Lui. Non seulement, Il n’a jamais péché, mais Il fut absolument sans péché dans sa nature humaine. C’est ce que la minchah présente partout en type et, que le Nouveau Testament déclare et démontre dans les faits. Dès le moment où la Parole fut faite chair, ceci fit partie de l’essence de sa personne, tout comme sa déité l’a été et l’est éternellement. C’est Lui, le Fils de l’homme, que «le Père, Dieu, a scellé» (Jean 6:27).

Mais il a fallu qu’Il soit mis à l’épreuve dans ce monde ; et ceci est montré ici en type, selon ce que les évangiles présentent aux jours de sa chair (comparer Héb. 2:10).

La première de ces offrandes de gâteau était celle cuite au four, ou dans un grand récipient. La chaleur qu’elle avait à supporter était aussi concentrée et extrême que possible pour des gâteaux sans levain, de fleur de farine pétrie à l’huile, ou de galettes ointes d’huile. Dans les deux cas il est précisé qu’il n’y avait pas de levain, et 1 Cor. 5 ne laisse aucun doute quant à la signification de cette caractéristique. C’est la négation de toute corruption. Parmi tous ceux qui sont nés de femme, Christ, et Christ seul, pouvait être ainsi visé. Mais ici, nous avons deux fois le fait exprimant positivement le Saint Esprit : l’action de pétrir à l’huile et l’onction d’huile ; l’action de pétrir était plus intrinsèque et plus caractéristique que l’onction. Cela ne s’applique absolument à personne d’autre, qu’au Seigneur Jésus en sa génération ici-bas. La contrepartie de ce type apparaît clairement en Luc 1:35, l’onction ayant elle, sa contrepartie en Luc 3, et Actes 10:38 y fait aussi référence. En tout chrétien, il y en a aussi une certaine analogie ; il est d’abord né de l’Esprit quand il se convertit à Dieu, puis, quand il se repose sur la rédemption en Christ, l’Esprit Saint lui est donné pour demeurer en lui. Mais ce n’est que de Christ seul qu’il peut être dit «la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu». L’humanité de Sa personne a été aussi sainte et véritable que sa divinité. Bien que cette humanité vint de sa mère, elle était par l’opération de la puissance du Saint Esprit, entièrement à part du mal. Une telle humanité était indispensable à Sa personne comme Fils, tout autant qu’à l’offrande de Lui-même sans tache à Dieu (Héb. 9:14), au temps convenable. Lui, et Lui seul, a été incarné ; Lui, et Lui seul, a été la propitiation pour nos péchés. Peut-être pouvons nous faire une comparaison entre le four et la tentation, à l’abri des regards humains bien qu’Il l’ait subie plus sévèrement qu’Adam ou aucun de ses fils, de la part du grand ennemi.

La seconde offrande (le second type de cuisson) était l’inverse de la première : c’était la mise à l’épreuve devant les yeux des hommes. Cette offrande typifie un caractère d’épreuves qui nous est bien familier dans les évangiles, et les prophètes l’avaient aussi prédit : c’est la cuisson dite à la plaque, ou sur une couronne plate en fer. Ici, l’épreuve était non seulement dans le mépris, l’opposition, le dénigrement, la haine, outre le manque du nécessaire et l’absence de chez-soi, mais il y a encore d’autres détails. C’était bien, comme précédemment la fine fleur, sans levain, pétrie à l’huile ; mais quand elle était brisée en morceaux, l’huile était versée dessus : La puissance du Saint Esprit brillait d’autant plus constamment dans les petites choses comme dans les grandes.

La troisième offrande était cuite dans une poêle en terre ou un chaudron, qui semble un terme plus général que pour les autres types de cuisson : ceci s’accorde avec le caractère plus général de l’expression «avec de l’huile» (2:7), sans que soit défini son mode d’application, et sans répéter la pureté absolue, bien qu’évidemment, elle y soit implicitement. La figure paraît faire la combinaison de l’épreuve publique et de l’épreuve intérieure. Le chrétien intelligent dans l’Écriture ne manquera guère de reconnaître là ce que le Seigneur a enduré dans Son rejet. Car de toutes manières et par dessus tout, il a été «l’homme de douleurs sachant ce que c’est que la langueur» (És. 53:3), restant pourtant obéissant sans fléchir, quelle que soit la puissance qui était la sienne. Il avait aussi cette sainte nature de l’homme qui ne cherchait que la volonté et la gloire de Dieu, la perfection d’un Fils, et ce Fils était homme sur une terre remplie de tout le mal dont est capable une race dont Satan est le chef.

Quelle que soit la forme de l’offrande de gâteau, quand elle était présentée par le sacrificateur, son mémorial était pris et on le faisait fumer sur l’autel, un sacrifice par feu en odeur agréable à l’Éternel. Bien sûr, c’était là l’épreuve la plus sévère de toutes ; car c’est Lui qui a été ainsi consumé en jugement, et il n’en est ressorti pourtant que de l’odeur agréable devant Dieu. Aucune créature ne pouvait tenir devant une telle épreuve, encore moins une créature déchue. Nous sommes agréables en Lui, et parfaitement agréables. Sans Lui, la grâce dans laquelle nous sommes (1 Pier. 5:12) ne pourrait exister. Nous sommes à la fois dans le Christ Jésus, et justifié par Lui (Rom 8:1 ; 5:1). Toutes choses sont à nous, pouvons-nous répéter avec joie (1 Cor. 3:23) ; là où nous le voyons vérifié de manière évidente, c’est dans notre position (à nous chrétiens) de sacrificateurs (et de rois) à qui il revient de manger le «reste» de l’offrande en communion avec Christ, le Souverain Sacrificateur. Ce reste était pour Aaron et ses fils (2:10). Quel privilège de manger de ce qui a été offert à Dieu ! C’était une chose «très sainte» entre les sacrifices de l’Éternel faits par feu (Lév. 2:10) ; et malgré cela, après que Dieu ait eu sa portion avec tout l’encens, il nous revient de nous nourrir de la perfection de Christ ici-bas, là où par excellence, et seulement là, elle a été mise à l’épreuve jusqu’à l’extrême. Pour jouir d’une telle nourriture, nous avons besoin d’apprécier notre proximité de Dieu comme sacrificateurs. Hélas, dans ces jours dégénérés où les pensées sont orientées vers la terre, bien peu nombreux sont ceux qui ont même une pensée vers leur relation effective avec Dieu dans le vrai sanctuaire. Une telle incrédulité a ouvert très tôt (nous le voyons déjà dans les pères de l’Église) la porte à une caste humaine formant une sacrificature terrestre : on le voit aussi se glisser maintenant dans la chrétienté.

 

2.3   Chapitre 2 v. 11 à 13    Instructions particulières pour l’offrande de gâteau

Bible Treasury vol. N1, p. 290-2

À la suite, nous avons des instructions fort intéressantes et de haute valeur spirituelle. D’un côté le levain et le miel étaient proscrits dans les offrandes par feu à l’Éternel ; d’un autre côté, le sel ne devait pas manquer : il devait même y en avoir sur tous les sacrifices, l’huile devant être utilisée de manières variées, comme nous l’avons vu.

«Aucune offrande de gâteau que vous présenterez à l’Éternel ne sera faite avec du levain ; car du levain et du miel, vous n’en ferez point fumer comme sacrifice par feu à l’Éternel. Pour l’offrande des prémices, vous les présenterez à l’Éternel ; mais ils ne seront point brûlés sur l’autel en odeur agréable. Et toute offrande de ton offrande de gâteau tu la saleras de sel, et tu ne laisseras point manquer sur ton offrande de gâteau le sel de l’alliance de ton Dieu ; sur toutes tes offrandes tu présenteras du sel» (2:11-13).

Il n’y a pas l’ombre d’un doute sur la force symbolique du levain. Il représente la corruption qui s’étend et contamine tout, sauf si le contexte en modifie le sens. Ce sens est clair dans le premier type de l’Ancien Testament, d’autant plus que c’est un type qui se répète : ce type est l’exclusion obligatoire du levain à la Pâque et à la fête des pains sans levain qui s’y rattache. Dès le premier jour, ils devaient éliminer tout levain de leurs maisons ; pendant 7 jours on ne devait point en trouver. Aucun levain ne devait être mangé sous peine d’être retranché d’Israël. En 1 Cor. 5, il y a une référence expresse à l’absence de levain à la Pâque et le sens de l’antitype est certain. Le levain, corrompt toute la pâte, même à faible dose ; c’est ce que fait le péché s’il est toléré dans l’assemblée chrétienne. Ça ne sert à rien de plaider que c’est le vieil homme. Car Christ, notre pâque, n’a-t-il pas été sacrifié ? Et comme Lui est sans levain, n’est ce pas notre obligation d’ôter le vieux levain (1 Cor. 5:6-8) en sorte que nous puissions être une nouvelle pâte ? Le levain est caractérisé ici comme mauvais en lui-même, et méchant dans ses effets. Pareillement, Gal. 5:9 applique l’image du levain au caractère mauvais de la doctrine soutenant les ordonnances sur les rites, car elles renversent la grâce qui justifie par la foi en Christ. Ces deux aspects du levain sont haïssables à Dieu, et incompatibles avec notre appel : si l’un ou l’autre s’infiltre, nous sommes tenus de nous en purifier à tout prix.

Certes, nous savons, comme un fait bien établi, que l’église ou le chrétien diffère essentiellement de Christ en ce que Lui était le Saint de Dieu, absolument et dès sa naissance, tandis que nous ne sommes saints qu’en tant que nés de nouveau et en vertu de Son sacrifice. C’est pourquoi, dans le type de la gerbe tournoyée (23:10-14) qui Le représente, celle-ci était tournoyée devant l’Éternel avec un holocauste, une offrande de gâteau et une libation ; tandis que les deux pains offerts en offrande tournoyée (23:17), lesquels nous représentent, étaient cuits avec du levain. Le péché de notre nature est clairement pris en compte, et un sacrifice pour le péché était requis pour accompagner le sacrifice de prospérité, ainsi que l’offrande de gâteau et l’holocauste. On trouve le même principe avec le sacrifice de prospérité offert comme action de grâces. Nulle part l’impureté n’est dénoncée plus solennellement (7:19, 20) ; mais la présence de levain est reconnue, quoi que non actif, et les gâteaux de pain levé sont donc prescrits (7:13 ; Amos 4:5).

Le miel représente la douceur de la nature. Il était bon à sa place, et son usage permis, mais pas trop (Prov. 24:13 ; 25:27). Cependant il était interdit dans les offrandes à Dieu, bien qu’il soit sain et agréable au goût pour l’homme. Personne n’a approché la perfection de Jésus, tant comme enfant que comme adulte. S’Il a grandi et est devenu fort, Il a été rempli de sagesse et la grâce de Dieu a été sur Lui. Même jeune, Il dit à ses parents (mis à l’épreuve par le fait qu’Il était resté au temple) : «Ne savez-vous pas qu’il me fallait être aux affaires de mon Père» ? Et quand sa mère fit appel à Lui aux noces de Cana, lui signalant le manque de vin, sa réponse fut : «Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi ? Mon heure n’est pas encore venue». Certainement il n’y avait pas un atome de manque de respect ; mais ce n’était pas ce qui correspond au miel. C’était plutôt le sel de l’alliance qui ne doit pas faire défaut dans le sacrifice par feu à l’Éternel. À ce moment-là, comme en tout temps, Christ faisait toujours les choses qui plaisaient au Père. Il ne voulait pas agir sur la base d’un motif humain, même si c’était pour écouter sa mère. Il était venu pour faire la volonté de Dieu. C’est à Lui que tout devait être une odeur agréable.

Nous avons déjà noté la vérité profondément importante que l’huile nous enseigne, selon qu’elle était mélangée à la farine dans la composition des gâteaux, ou versée dessus. Là aussi la signification en rapport avec Christ est claire. À sa naissance, dans son incarnation, le mélange huile-farine a été constaté comme nulle part ailleurs. Il était le vrai Fils unique de Dieu ici-bas, tout autant que le Fils de Dieu éternellement. Il y a une analogie avec le croyant en tant que né de Dieu. Il est vivifié par la puissance du Saint Esprit, né d’eau et d’Esprit ; mais ceci laisse sa vieille nature où elle est et telle qu’elle est. Au contraire, Christ n’avait pas de «vieil homme» (Rom. 6:6). Par la puissance du Saint Esprit son humanité n’avait ni souillure ni mal. Non seulement Il ne péchait pas, mais il n’y avait pas de péché en Lui (1 Jean 3:5). Son onction ou sceau a eu lieu à son baptême, une réception de l’Esprit en puissance pour le service ; et ici en vertu de son oeuvre de rédemption, il y a une étroite analogie avec notre situation, bien qu’il faille toujours nous rappeler que Christ a reçu le Saint Esprit comme étant Lui-même le saint Fils de l’homme tandis que nous, nous le recevons après que Lui ait versé son sang, et par la foi en cette oeuvre.

L’huile peut être vue en contraste avec le miel, pareillement le sel : le Seigneur a dit que le sel était «bon» (Marc 9:50) en contraste avec le levain type du mal corrupteur. Son usage parmi les hommes pour préserver la pureté sans usage de la force, correspond bien à une telle application. Notre Seigneur dit : «Chacun sera salé de feu ; et tout sacrifice sera salé de sel» (Marc 9:49). Ainsi l’apôtre donne une exhortation pour que notre parole soit toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel (Col. 4:6). Comme le sel de l’alliance était un gage de la part de Dieu d’une saveur persistante, il est nécessaire que, de notre part, il y ait une sainte énergie de séparation pour Dieu pour nous garder de la corruption, tant dans nos paroles que dans nos voies. La seule base pour un tel gage et pour sa pérennité, c’est Christ, et Christ se livrant Lui-même à Dieu pour nous. Mais qu’il est merveilleux qu’une telle figure de Christ s’offrant lui-même puisse aussi être appliquée aux paroles que nous disons au moment opportun ! Par ailleurs, il y a l’exhortation de notre Seigneur à la fin de Marc 9 : «Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous». La puissance de séparation s’applique ici à nous-mêmes, et l’esprit de grâce s’applique aux relations avec les autres. Sans sainteté, la paix mutuelle serait une illusion.

Le verset 12 semble être l’offrande de gâteau nouvelle (décrite en détail en Lév. 23:15-20) qui comportait du levain dans une circonstance exceptionnelle ; on en a déjà parlé. Le levain était nécessaire pour exprimer la vérité ; mais il était amplement pourvu à ce que cette offrande reste exceptionnelle. Mais même dans ces conditions, ces prémices pouvaient seulement être présentées à l’Éternel : elles ne pouvaient pas faire monter une odeur agréable au-dessus de l’autel.

 

2.4   Chapitre 2 v. 14 à 16    L’offrande de gâteau des premiers fruits

Bible Treasury vol. N1, p. 306-307

Dans ces derniers versets (Lév. 2:14-16) nous avons quelque chose plutôt lié à la gerbe (des prémices) tournoyée, et tout à fait distinct de l’offrande de gâteau des pains tournoyés au jour de la Pentecôte dans laquelle on mettait du levain comme type de la nature déchue de l’homme (elle était accompagnée d’un sacrifice pour le péché).

«Et si tu présentes à l’Éternel une offrande de gâteau des premiers fruits, tu présenteras, pour l’offrande de gâteau de tes premiers fruits, des épis nouveaux rôtis au feu, les grains broyés d’épis grenus ; et tu mettras de l’huile dessus, et tu placeras de l’encens dessus : c’est une offrande de gâteau. Et le sacrificateur en fera fumer le mémorial, une portion de ses grains broyés et de son huile, avec tout son encens : c’est un sacrifice par feu à l’Éternel».

C’est encore une ombre représentant Christ, mais de Christ comme homme sur la terre, sous un point de vue distinct de ce que nous avons déjà vu dans ce chapitre, et distinct aussi de la gerbe tournoyée qui, dans toutes les fêtes, était la seule à présenter Christ ressuscité le lendemain du sabbat de la semaine pascale, lors du grand premier jour de la semaine suivant le grand sabbat où Il est resté couché dans le tombeau.

Cela semble une faute de compréhension de penser que l’une ou l’autre de ces fêtes représente Christ glorifié (en dehors de cette gerbe tournoyée). C’est une erreur pareillement de voir dans le feu desséchant, l’action de la colère qu’Il porta en expiant nos péchés. En effet, que l’offrande de gâteau soit offerte à titre principal (comme dans les fêtes, etc…) ou à titre accessoire de l’holocauste, son but et son caractère sont entièrement différents : elle présente notre Seigneur, non pas portant nos péchés mais dans la perfection de ses activités ici-bas, et c’est pourquoi il n’est jamais parlé d’expiation comme dans l’holocauste, ou comme dans le sacrifice pour le péché, même avec leurs modalités différentes. Mais si notre Seigneur n’a pas été oublié de Dieu jusqu’à ce qu’Il soit fait péché pour nous à la croix, Il a néanmoins été mis à l’épreuve jusqu’à l’extrême, tout au long de sa vie, et toujours plus intensément ; ainsi le criblage divin n’a servi qu’à faire ressortir son entière sujétion, son entier dévouement, son entière obéissance en face de difficultés et de souffrances telles que nul n’en a jamais connu.

 

C’est ce que présente particulièrement l’offrande de gâteau. Un résumé des constituants de Son humanité, si on peut parler ainsi en toute révérence, a été donné dans les premiers versets du chapitre ; ensuite l’homme, concrètement, Christ tel qu’Il était sur la terre ; ensuite les diverses formes de sa mise à l’épreuve ici-bas, dans les versets centraux ; puis, outre ces mises à l’épreuve divine, nous voyons Christ typifié sous la forme des premiers fruits offerts à Dieu, auquel pourtant aucune épreuve n’a été épargnée, et dont la vie terrestre a été prise, et les jours raccourcis. Il a pu être dit aux saints, faibles et laissés à la miséricorde de Dieu, qu’aucune tentation ne leur est survenue qui ne soit humaine (1 Cor. 10:13). Notre Seigneur a subi bien plus, tous les cribles possibles, mais cela n’a rien fait ressortir d’autre que la perfection ainsi démontrée, et ceci dans la dépendance et l’obéissance, comme il convenait à Celui qui a daigné devenir un homme pour pouvoir être l’esclave de Dieu.

Nous voyons donc clairement la particularité de l’offrande des premiers fruits distincte de la gerbe tournoyée qui présente Christ comme ressuscité d’entre les morts. De la gerbe tournoyée, il n’est rien dit d’autre sinon qu’elle était tournoyée devant l’Éternel, avec son holocauste et son offrande de gâteau et sa libation. De l’offrande des premiers fruits, il nous est dit qu’il y avait des épis nouveaux rôtis ou grillés au feu, les grains broyés d’épis nouveaux ou les grains issus du battage d’épis pleins. Mais c’est Christ et seulement Christ ; Christ ici-bas, non pas Christ régnant en justice sans fin et pour l’éternité, dans le bonheur de la joie de la présence de l’Éternel, et faisant de ses ennemis une fournaise de feu au temps de sa présence (Matt. 13:42, 50 ; Mal. 4:1). Ici, au contraire, c’est le mauvais jour, comme au jour de la tentation dans le désert (Héb. 3:8), et c’est une épreuve brûlante qui est venue sur Christ, comme le grain nouveau et précoce, et encore plus comme le grain frotté hors des épis pleins. Il était le Saint de Dieu, Il était homme dans un monde ennemi de Dieu, et au milieu d’un peuple Le haïssant avec d’autant plus de rancoeur qu’il se complaisait aveuglément dans le titre de peuple de Dieu, dont il revendiquait l’exclusivité, alors que Dieu avait, depuis longtemps, écrit sur lui : Lo-Ammi (pas Mon peuple). C’est pourquoi, ici aussi, l’huile et l’encens étaient versés sur ces premiers fruits ce qui n’est pas dit de la gerbe tournoyée, quoi qu’il en soit de l’offrande de gâteau l’accompagnant. La différence entre l’offrande de gâteau des premiers fruits et la gerbe des prémices est donc assez claire si on examine la Parole soigneusement.

L’interprétation des Puritains, comme dans le commentaire de M. Henry, vaut bien celle des Pères de l’Église ou celle des Réformateurs ; mais elles sont toutes inexactes, car elles s’arrêtent au niveau de l’homme, ou même ramènent Christ à ce niveau là. C’est pourquoi Henry parle de ne pas attendre de la part des épis nouveaux (ou verts) ce qu’on peut attendre des épis laissés pour croître à pleine maturité ; Henry dit aussi que l’huile et l’encens sont ajoutés pour que la sagesse et l’humanité assouplissent et adoucissent les esprits et les services des jeunes gens, en sorte que leurs épis verts seront alors agréables. Quand Christ est ainsi mis de côté, quel rabaissement et quelles pertes déplorables n’a-t-on pas ! Mais il y a longtemps que cette humanisation des types opère de manière affligeante pour empêcher la joie de la foi ; combien plus y a-t-il de danger et de mal maintenant que l’orgueil de l’homme s’enfle bien plus démesurément !

 

3                        Chapitre 3    Sacrifice de prospérités

Bible Treasury N1 p. 322

C’est le dernier des sacrifices volontaires. Comme l’holocauste, c’était un sacrifice avec un animal comme victime ; comme l’offrande de gâteau ou Minchah, il était en partie mangé. Comme pour l’holocauste, celui qui offrait posait sa main sur la tête de son sacrifice, et l’égorgeait à l’entrée de la tente d’assignation ; et les sacrificateurs fils d’Aaron dispersaient plutôt qu’aspergeaient le sang sur l’autel, tout autour. Comme l’holocauste, il était, bien sûr, présenté devant l’Éternel ; mais pour le faire fumer sur l’autel, on ne prenait rien de plus que la graisse qui couvre l’intérieur, et la graisse qui est sur l’intérieur, et les deux rognons, et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau (ou coiffe), qui est sur le foie, qu’on ôtait jusque sur les rognons. La particularité de ce sacrifice, le Shelein, était de compléter selon le sens du verbe de même racine. Le but était d’exprimer la communion, et il le faisait bien complètement, même si nous ne connaissions pas qui est Celui qui a inspiré ces communications par Son serviteur Moïse et que nous ne soyons pas ainsi convaincu d’avance de la perfection de ce qui est exprimé.

Dans la loi du sacrifice de prospérités (7:11-21) nous trouvons une distinction quant au caractère et au motif du sacrifice. Il pouvait être offert en action de grâces avec les gâteaux sans levain appropriés, pétris à l’huile, et des galettes sans levain ointes d’huile, et de la fleur de farine mêlée avec de l’huile en gâteaux pétris à l’huile ; or il s’y rajoutait des gâteaux de pain levé — car la corruption de l’homme se traduit dans son action de grâces. Dans ce cas la chair du sacrifice devait être mangée le jour où on l’offrait, et il fallait n’en rien laisser jusqu'au matin. Mais si le sacrifice de prospérités provenait d’un voeu ou d’une offrande volontaire, on pouvait manger la chair non seulement le jour où on présentait le sacrifice, mais le reste pouvait aussi être mangé le lendemain ; par contre, s’il en restait encore le troisième jour, il fallait le brûler. Si on en mangeait le troisième jour, bien loin d’être agréable, ce sacrifice devait être imputé comme une abomination à celui qui offrait ; et celui qui en mangeait si tardivement devait porter son iniquité (7:18), tout comme celui qui en mangeait ayant sur soi son impureté devait être retranché de ses peuples (7:20, 21). L’action de grâces est toute simple, on peut l’attendre de la part du plus simple des croyants ; mais elle n’est pas accompagnée d’une puissance intérieure comme il s’en trouve lorsque la consécration de coeur fait mieux connaître Christ, Son sacrifice, et la grâce de Dieu. Il n’y a pas de réelle communion en dehors de la foi au sacrifice de Christ et de l’action de grâces qu’elle amène. Séparée de Christ et de la foi qui reconnaît Son oeuvre, la prétention à la communion devient charnelle, abominable pour Dieu et amène la ruine de l’homme ; mais l’énergie de l’Esprit qui remplit le coeur de Christ et forme le dévouement, est plus durable, et produit plus de vigilance contre ce qui souille, quoi que ceci soit vrai, en principe, de tous ceux qui sont nés de Dieu, aussi faibles soient-ils.

En appendice de ce même chapitre 7 (v. 28-34), on trouve la communion particulière appartenant au sacrifice de prospérités. La première partie du sacrifice revenant à l’Éternel, devait d’abord Lui être apportée des propres mains de celui qui offrait. La poitrine, destinée à Aaron et ses fils, devait être tournoyée devant l’Éternel tandis qu’on faisait fumer la graisse sur l’autel. L’épaule droite était pour le sacrificateur officiant, en tant que sacrifice de prospérités. Le reste du sacrifice était pour celui qui offrait, sa famille ou ses amis. Ainsi tous entraient dans la communion de l’oeuvre de Christ et en jouissaient : l’Éternel avait Sa portion, mais aussi Christ représenté par le sacrificateur présentant le sang et la graisse, Christ avec Sa maison («nous sommes Sa maison» Héb. 3:6), et les croyants les uns avec les autres. Mais toute impureté est déclarée péremptoirement incompatible avec la fête liée à ce sacrifice. Si la communion de l’homme est le point important de ce sacrifice, il faut d’autant plus veiller à ne pas oublier ce qui est dû à Dieu et à Sa sainteté.

 

3.1   Chapitre 3 v. 1 à 5    Le sacrifice de prospérités avec du gros bétail

Bible Treasury N1 p. 338

Parmi tous les sacrifices, le sacrifice de prospérités est par excellence celui qui exprime la communion. Au ch. 3, c’est toutefois l’aspect le plus élevé du sacrifice qui est mis en avant ; c’est seulement dans «la loi» des sacrifices (Lév. 7) qu’on trouve la communion présentée sous ses divers aspects. «Et si son offrande est un sacrifice de prospérités, si c’est du gros bétail qu’il présente, soit mâle, soit femelle, il le présentera sans défaut devant l’Éternel ; et il posera sa main sur la tête de son offrande, et il l’égorgera à l’entrée de la tente d’assignation ; et les fils d’Aaron, les sacrificateurs, feront aspersion du sang sur l’autel, tout autour. Et il présentera, du sacrifice de prospérités, un sacrifice fait par feu à l’Éternel : la graisse qui couvre l’intérieur, et toute la graisse qui est sur l’intérieur, et les deux rognons, et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau qui est sur le foie, qu’on ôtera jusque sur les rognons ; et les fils d’Aaron feront fumer cela sur l’autel, sur l’holocauste qui est sur le bois qui est sur le feu : c’est un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel» (3:1-5)

Comme d’habitude le sacrifice le plus abondant occupe la première place. Il représente le fait d’entrer pleinement selon la pensée de Dieu dans ce que Christ a été — non pour la propitiation comme en Lév. 1, encore moins pour le péché ou le délit comme aux chapitres 4 et 5, — et pourtant Christ immolé et son sang aspergé ou dispersé sur l’autel tout autour : ceci fait la distinction d’avec l’offrande de gâteau, quelle qu’en soit la forme. La foi simple est toujours forte et intelligente ; soumise à la parole écrite, elle se repose par grâce sur la justice divine ; la foi reconnaît, selon le témoignage du Saint Esprit, l’homme comme entièrement mauvais, coupable et perdu, mais elle ne reconnaît pas moins le croyant comme pardonné et sauvé selon l’estimation de Dieu pour l’oeuvre de Christ, en sorte que le doute est traité comme du péché, et l’évangile est reçu en pleine assurance de foi (Héb. 10:22). C’est là une présentation renouvelée de la grâce de Dieu, et, dans sa forme la plus riche, elle fait apprécier Christ et — pour la joie de la foi — elle met en avant la jouissance de l’excellence de la mort du Sauveur comme la base la plus profonde de communion. C’est à ceci, aussi bien qu’à l’holocauste, que correspond de façon très belle ce que dit notre Seigneur de sa mort en Jean 10:17, 18 : «À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne. Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre ; j’ai reçu ce commandement de mon Père». Sous ce point de vue, les objets de la compassion divine et leur purification par la propitiation s’estompent pour laisser place au dévouement absolu de Christ pour la seule gloire divine ; et c’est ce qui fournit le motif le plus élevé à l’amour du Père, indépendamment du mal à juger et des résultats en justice qui découlent de cette mort. Quelle merveille que des créatures autrefois coupables et égoïstes telles que nous, soient amenées à partager de telles délices divines et y trouvent déjà maintenant la source de leur plus profonde adoration.

Dans le sacrifice de prospérités, celui qui offrait gardait ordinairement une certaine latitude, en comparaison de l’holocauste ; il pouvait présenter un mâle ou une femelle, car l’homme avait sa participation aussi bien que Dieu. Mais il devait être «sans défaut», car c’était un type de Christ. Dans les deux cas, celui qui offrait posait sa main sur la tête de son sacrifice, en témoignage de son identification à l’efficace de la victime, quoique dans un but autre que celui des sacrifices pour le péché. L’holocauste, l’offrande de gâteau et le sacrifice de prospérités étaient tous des sacrifices par feu, et une odeur agréable à l’Éternel. Mais ce qui était pour l’Éternel seul, c’était la graisse, toute la graisse intérieure, exprimant, pas moins que le sang, le bon état et l’énergie intrinsèque de la victime. Abel a été ainsi conduit par la foi à honorer Dieu par un sacrifice acceptable, alors que l’incrédulité de Caïn a péché contre Lui.

Ce sacrifice de prospérités est bien à sa place et montrait l’hommage convenable par lequel Dieu devait être publiquement honoré. Même si il allait être donné ensuite, avec beaucoup de soin et de minutie, les enseignements sur la communion avec les autres, avec tous ceux qui sont Siens, ici au ch. 3, le type ne porte que sur la part de Dieu. Le sang était pour Lui seul ; la graisse était Sa part exclusive. Quelle excellence a-t-Il trouvé dans ce qui était la portée et la valeur et l’objet final de ces ombres ! Le sang, la vie laissée, était totalement prohibé à tout homme, de même que la graisse, qui représente ailleurs l’autosatisfaction, orgueilleuse et rebelle, s’opposant à la volonté de Dieu et à Sa gloire. En Jésus, dans ce qui correspond à ces deux types, quelle bonne odeur de saint et gracieux dévouement à Son nom, intérieurement et extérieurement jusqu’à la mort, la mort même de la croix ! Quel motif nouveau et puissant pour l’amour infini qui a trouvé là un objet digne de Lui et Son constant délice dans «la mort du Seigneur» (1 Cor. 11:26). Quelle source intarissable, sujet éternel d’adoration pour les siens qui par la foi goûtent Sa joie, la joie en Dieu !

Selon le ch. 17, lorsque quelqu’un de la maison d’Israël, au désert, tuait un boeuf, un agneau ou une chèvre dans le camp ou hors du camp, il était tenu de l’apporter à la porte de la tente d’assignation, et de le présenter en offrande à l’Éternel : Lui avait droit au sang et à la graisse sur son autel. De telles viandes avant d’être mangées, devaient être sacrifiées en sacrifices de prospérités à l’Éternel. C’est ainsi qu’Israël avait à marcher, témoignant, même dans leur nourriture quotidienne, de la communion avec Celui qui la leur donnait, ainsi que toutes choses. Et nous, chrétiens, faisons-nous moins qu’Israël ? N’avons-nous pas des choses meilleures ? (Héb. 6:9 ; 9:23 ; 10:34 ; 11:40).

 

3.2   Chapitre 3 v. 6 à 11    Le sacrifice de prospérités de menu bétail (agneau)

Bible Treasury N1 p 355-356

Une certaine latitude était laissée pour le sacrifice de prospérités par rapport à l’holocauste. Dans ce dernier, il fallait un mâle ; dans le premier on avait le choix entre un mâle et une femelle. Quand la victime était consumée en entier sur l’autel, sauf la peau qui revenait au sacrificateur officiant, la forme la plus élevée de l’animal était requise, soit pour le gros bétail, soit pour le menu bétail. Il s’agissait de faire propitiation, car celui qui offrait était un pécheur, quoi qu’aucune offense spécifique ne soit alors en cause, pour laquelle il aurait fallu un sacrifice pour le péché ou pour le délit. Mais la particularité du sacrifice de prospérités était qu’il n’était pas seulement offert à Dieu, mais que l’homme y avait aussi sa part. Il était donc normal que les exigences soient moindre que lorsque Dieu seul était en vue.

 

«Et si son offrande pour le sacrifice de prospérités à l’Éternel est de menu bétail, mâle ou femelle, il le présentera sans défaut. Si c’est un agneau qu’il présente pour son offrande, il le présentera devant l’Éternel ; et il posera sa main sur la tête de son offrande, et il l’égorgera devant la tente d’assignation ; et les fils d’Aaron feront aspersion du sang sur l’autel, tout autour. Et il présentera, du sacrifice de prospérités, un sacrifice fait par feu à l’Éternel : sa graisse, toute la queue grasse (*) qu’on ôtera entière jusque contre l’échine, et la graisse qui couvre l’intérieur, et toute la graisse qui est sur l’intérieur, et les deux rognons, et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau qui est sur le foie, qu’on ôtera jusque sur les rognons ; et le sacrificateur fera fumer cela sur l’autel : c’est un pain de sacrifice par feu à l’Éternel».

(*) JND traduit «la queue» alors que WK traduit «toute la queue grasse».

 

C’est aussi pour cette raison qu’il n’y a pas un mot sur le fait d’être agréé pour celui qui offrait, et encore moins de propitiation, malgré toutes les autres similitudes avec l’holocauste : celui qui offrait posait sa main sur la tête de la victime — le sacrifice était offert à l’entrée de la tente d’assignation — on l’égorgeait là — les sacrificateurs fils d’Aaron faisaient l’aspersion du sang sur l’autel tout autour. Pour le sacrifice de prospérités contrairement à l’holocauste, il n’est pas parlé d’écorcher la victime (lui ôter la peau), ni de la couper en morceaux comme lorsqu’il s’agissait de la brûler complètement sur l’autel. Néanmoins le sacrifice de prospérités était tout autant offert à l’Éternel en sacrifice par feu. Quel que soit le privilège dont on jouit, il est inséparable du sacrifice, et l’honneur rendu à Dieu a la première place. Comment ce sacrifice pourrait-il être un type de Christ sans un tel honneur ? C’est ce qui est exprimé et commandé expressément, ici.

Mais c’est à propos de la graisse que des dispositions inhabituelles sont prises. Pour l’holocauste on a l’emploi d’un terme qui se trouve ailleurs également. Ici c’est une expression plus générale, mais avec une certaine insistance et un soin spécial pour les détails : «la graisse qui couvre l’intérieur, et toute la graisse qui est sur l’intérieur, et les deux rognons, et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau qui est sur le foie, qu’on ôtera jusque sur les rognons» (3:9, 10). Quand un agneau était offert, toute la graisse ainsi que la queue sont mentionnées à part et devaient être ôtées jusque contre l’échine (3:9), et on les faisait fumer sur l’autel (3:11). La graisse représente, non pas la vie livrée à Dieu, comme le sang de l’animal, mais elle représente l’énergie intérieure. La part la plus riche est revendiquée ici pour le sacrifice sur l’autel.

Dans le sacrifice de gros bétail, il est formellement déclaré qu’on devait faire fumer la graisse ou les autres organes intérieurs sur l’autel, sur l’holocauste qui est sur le bois qui est sur le feu (3:5). C’était la meilleure garantie de l’acceptation divine. Dans le sacrifice de menu bétail, l’expression est plus brève ; mais il est ajouté une autre phrase, bien bénie : c’est un «pain» de sacrifice par feu à l’Éternel. Qu’il est merveilleux, pour Dieu et pour nous, de se réjouir dans la même offrande ! Pour ce sacrifice également, certains auteurs ont utilisé des expressions qui sont une vraie déchéance de la vérité quant à Christ ; je cite «l’offrande de nos bonnes affections à Dieu, dans toutes nos prières et nos louanges» ou, encore pire, «la mortification de nos affections corrompues et de nos convoitises, et leur consomption par le feu de la grâce divine». Cette citation n’est ni de St Augustin, ni de St Chrysostome, ni de Bossuet, ni de Pusey, mais de Matthieu Henry ; et Scott n’est pas meilleur. Imaginez l’une ou l’autre de ces images représentant «le pain de sacrifice par feu à l’Éternel, en odeur agréable» ! Non, il ne s’agissait ni de l’offrande de nos bonnes intentions, ni de la mortification de nos mauvaises intentions, mais de l’énergie intérieure de Christ Lui-même, le fondement parfait et immuable de la communion entre Dieu et Sa famille. Car la grâce de Dieu voulait que Ses enfants jouissent d’une part commune avec Lui-même ; et c’est l’objet spécial du sacrifice de prospérités de montrer comment le sacrifice de Christ nous assure cette communion bénie. Christ offert à Dieu était seul à même de le fournir en Lui-même. Ce que Dieu produit en nous, et encore plus ce dont Il nous délivre, tout cela n’a rien à voir avec le «pain» de sacrifice par feu à l’Éternel du sacrifice de prospérités.

Dans ce chapitre 3, nous réalisons que la partie du sacrifice brûlée sur l’autel était relativement faible. Ce qu’on faisait fumer était le plus intime, et le morceau de choix ; mais à côté de cela, nous verrons au ch. 7 une part donnée à Aaron et à ses fils en général, et une part revenant au sacrificateur officiant en particulier ; et la part la plus grande restait pour celui qui offrait, sa famille et ses amis. La caractéristique du sacrifice de prospérités était cette communion remarquable de l’Éternel, de la famille sacerdotale, du vrai Sacrificateur et des fidèles en général. C’est ce qui est mis en avant avec force par l’apôtre en 1 Cor. 10 quand il insiste sur la communion de Christ pour que nous soyons gardés de tout ce qui serait incompatible avec elle. «Considérez l’Israël selon la chair : ceux qui mangent les sacrifices n’ont-ils pas communion avec l’autel» ? En mangeant de ces sacrifices, ils avaient communion avec l’autel. C’était leur communion, et c’est ce qui rendait moralement impossible d’être en communion avec les païens et les idoles derrières lesquelles se cachaient les démons. Combien plus haïssable et inconvenant pour nous qui buvons à la coupe du Seigneur et participons à Sa table ! Car la Cène du Seigneur est l’acte solennel et permanent de communion pour l’église de Dieu. C’est la communion du sang de Christ et du corps de Christ ; de même que là, nous nous souvenons de Lui dans la mort, et même plus que la mort pour nous, ainsi Christ voulait d’autant plus renforcer en nous la pensée du jugement de nous-mêmes et l’horreur pour tout ce qui offense Dieu et donne une approbation à l’ennemi.

Sans doute, dans tout ce que nous mangeons ou buvons ou faisons chaque jour, nous sommes appelés à l’obéissance et à la sainteté, faisant tout pour la gloire de Dieu (1 Cor. 10:31). Mais il y a un acte spécial dans la fraction du pain, qui est constamment devant nous chaque premier jour de la semaine, au jour du Seigneur. Cela correspond spirituellement à manger du sacrifice de prospérités — quoi que la Cène du Seigneur aille plus loin, comme le christianisme va bien au-delà de la loi, la victime étant Christ Lui-même, selon plusieurs aspects du type.

 

3.3   Chapitre 3 v. 12 à 17    Le sacrifice de prospérités d’une chèvre

Bible Treasury N1 p. 370-371

Pour ce sacrifice, il n’était pas accordé de latitude comme pour l’holocauste ou l’offrande de gâteau. On ne pouvait offrir moins qu’une chèvre. C’est donc la troisième possibilité qui réclame notre attention.

 

«Et si son offrande est une chèvre, il la présentera devant l’Éternel ; et il posera sa main sur sa tête, et il l’égorgera devant la tente d’assignation ; et les fils d’Aaron feront aspersion du sang sur l’autel, tout autour ; et il en présentera son offrande, un sacrifice par feu à l’Éternel : la graisse qui couvre l’intérieur, et toute la graisse qui est sur l’intérieur, et les deux rognons, et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau qui est sur le foie, qu’on ôtera jusque sur les rognons ; et le sacrificateur les fera fumer sur l’autel : c’est un pain de sacrifice par feu, en odeur agréable. Toute graisse appartient à l’Éternel. C’est un statut perpétuel, en vos générations, dans toutes vos habitations : vous ne mangerez aucune graisse ni aucun sang» (3:12-17)

Bien que la valeur d’une chèvre ne puisse pas être comparée à celle d’un taureau ou même d’un agneau sans défaut — type convenant si bien pour représenter Celui qui a souffert patiemment et sans faille, — l’Éternel consolait le Juif qui ne pouvait apporter ni l’un ni l’autre, mais qui voulait néanmoins lui rendre grâces ou payer un voeu. Une chèvre était un sacrifice parfaitement valable et assurément acceptable. Il fallait la présenter devant l’Éternel, poser sa main sur sa tête et l’égorger devant la tente d’assignation ; et c’est avec non moins de zèle et de soin que les fils d’Aaron devaient faire l’aspersion de son sang sur l’autel tout autour. Il y avait l’instruction de présenter la partie suivante de l’offrande en sacrifice par feu à l’Éternel : toute la graisse qui couvre l’intérieur, etc… précisément la même chose que celui qui offrait la graisse couvrant l’intérieur d’un taureau.

Dans le cas d’un agneau, il y avait une prescription particulière et nécessaire à ce type de sacrifice : «la queue grasse on l’ôtera jusqu’à l’échine». Dans un mouton en Syrie, il n’y a pas de portion plus appréciée et plus précieuse, tant par la taille que par la qualité, que la graisse avec la moelle. C’est pourquoi c’était la portion revendiquée pour l’Éternel, et donnée de bon coeur «jusque contre l’échine». Il est bien certain que celui qui a été l’Antitype a consacré toutes ses énergies à Son Père, pas seulement sa vie. Il n’est pas étonnant, dans le cas de l’agneau, qu’un tel type en souligne la reconnaissance avec tant de beauté : «C’est un pain de sacrifice par feu à l’Éternel» (3:11). Ce point est d’autant plus frappant, dans le cas de la chèvre qui n’a pas une telle queue grasse ; il n’est donc point demandé à cet égard de réserver une telle portion à l’Éternel. Cependant la grâce souveraine consolait celui qui offrait la chèvre : «C’est un pain de sacrifice par feu, en odeur agréable» (3:16). C’était Son pain, et une odeur agréable pour Lui.

Combien plus ne pouvons-nous pas nous réjouir dans la joie de Dieu, lui qui connaît ce qui correspond à la réalité infinie du sacrifice de Jésus, avec Son sang, Sa mort, et Ses énergies intérieures consacrées sans réserve à Sa gloire ! Quel délice pour le Père dans Celui qui s’est livré Lui-même pour nous comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur ! (Éph. 5:2). Si toute la graisse, la richesse intérieure de la victime, appartenait à l’Éternel (Lév. 3:16), si aucune graisse pareille ne devait être mangée par les Israélites, pas plus que le sang (3:17), combien Christ a réalisé pratiquement toute la portée de cela pour nous, comme étant la base de notre communion avec notre Dieu et Père ! La loi du sacrifice (Lév. 7) en dit encore plus sur ces sujets de si haute valeur. Mais n’allongeons pas pour le moment.

 

 

4                        Chapitres 4 et 5    Les sacrifices pour le péché et pour le délit

Bible Treasury N2 p. 4

Nous arrivons maintenant à une nouvelle classe de sacrifices bien nécessaires. Contrairement aux précédents, ceux-ci n’étaient ni volontaires ni d’odeur agréable. Ils étaient obligatoires, pour purifier la conscience, réparer les torts et défendre l’honneur de Dieu bafoué par les fautes de son peuple contre Dieu ou contre les hommes. C’était le moyen d’obtenir le pardon recherché. Les sacrifices étaient requis de tous, depuis le rang le plus bas jusqu’au plus élevé ; impératifs pour toute faute individuelle, ces sacrifices l’étaient aussi pour l’assemblée d’Israël prise dans son ensemble, lorsqu’ils avaient péché collectivement.

Le caractère de sacrifice était préservé au moins aussi soigneusement dans ces sacrifices pour le péché et le délit, que dans l’holocauste et les offrandes d’action de grâces. Le principe de transfert entre le sacrifice et celui qui offre était maintenu dans chacune de ces catégories de sacrifice. C’était une ressource de la part de Dieu pour ceux qui, autrement, n’en auraient eu aucune. La grâce a donné Christ aussi bien pour les saints que pour les pécheurs ; l’amour de Dieu se déverse tant sur les uns que sur les autres, même si c’est différemment quant à la forme, comme il se doit. Ils sont tous des types de l’oeuvre expiatoire du Seigneur Jésus ; tous attestent que par la foi en Sa mort, l’homme peut s’approcher de Dieu et être agréable, sa culpabilité étant effacée. Mais le transfert opéré, était fort différent. Pour les sacrifices d’odeur agréable, il s’agit de transférer l’acceptation du sacrifice vers celui qui offre ; avec les sacrifices pour le péché ou pour le délit, c’est l’inverse : le mal de celui qui offre était transféré sur le sacrifice. Effectivement Christ a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois (1 Pier. 2:24 ; Éph. 5:2).

Combien la miséricorde divine brille dans tous les cas ! Chacun de ces sacrifices est tout à fait admirable, et chacun est nécessaire pour faire entrer dans tel aspect particulier de l’oeuvre de Christ. Certes ce ne sont que des ombres, non l’image même des choses, dont beaucoup restent non exprimées ; d’ailleurs Christ lui-même en a encore laissé au Saint Esprit pour qu’Il y conduise les disciples, une fois l’oeuvre de rédemption achevée sur la terre : cette oeuvre, avec Sa séance dans la gloire céleste, devait les préparer à recevoir toute la vérité (Jean 16:13). Mais à quoi en est la chrétienté maintenant ? Où sont ceux qui se vantent eux-mêmes et mettent de côté la parole inspirée de Dieu ?

 

La portée de l’Évangile selon la Parole de Dieu est loin de se borner à simplement assurer les moyens d’être sauvé ; certains évangéliques y ajoutent la «certitude» du salut, d’autre «la jouissance» du salut, mais tous font un système à but utilitaire variant selon leur propre méthodes. Ils prennent les désirs des hommes pour horizon de leur foi, et ne peuvent guère voir le «salut de Dieu» selon la pensée de Dieu telle que présentée ordinairement dans l’Écriture, car ce salut est rempli de la gloire de Dieu en Christ. Ce salut va bien plus loin que les pensées humaines d’assurer une sécurité personnelle.

La femme autrefois pécheresse, mais repentante était tout autant en sécurité quand elle est entrée dans la maison du pharisien que quand elle en est ressortie (Luc 7) (c’est sa foi qui l’y a amenée pour y pleurer, derrière le Seigneur en train de se reposer un peu à un repas, et pour lui prodiguer des marques de douleur, d’amour et de révérence sur Ses pieds bénis). Mais c’est avant même de quitter cette maison qu’elle apprit du Seigneur le pardon de ses nombreux péchés ; et quand des incrédules ont mis en doute Son droit à pardonner, le Seigneur a rajouté : «ta foi t’a sauvée, va-t’en en paix». N’est-ce pas beaucoup plus que de pourvoir à la sécurité ? Oui, et tel est le salut selon Dieu.

Ayant ce passage de Luc 7 à l’esprit, regardons l’enseignement du Seigneur en Luc 15. Le fils prodigue habillé de guenilles était déjà sain et sauf quand son père est sorti en courant pour se jeter à son cou et l’embrasser. Mais le salut selon l’évangile de Dieu, c’est quand le père l’a revêtu de la plus belle robe, et que le veau gras a été tué et mangé avec des coeurs joyeux ; or la joie de cette fête était beaucoup plus profonde pour Celui qui avait pourvu à tout que pour le fils prodigue et son entourage. Le Fils a été justement Celui qui nous a fait connaître l’amour du Père. Combien les credos, catéchismes et «articles de foi [anglicans]» des hommes sont lamentablement loin d’un tel salut ! C’est qu’en eux, Christ n’est pas tout.

 

Dans ces sacrifices, il nous est d’abord rendu témoignage à l’oeuvre de Christ parfaitement acceptable et agréable à Dieu, et à son excellence positive, surabondant dès maintenant et pour toujours en faveur du croyant. Ce témoignage était donné selon ce qui était alors possible. Si l’homme s’était chargé d’une telle révélation, il aurait au contraire commencé par décrire ses propres besoins issus de sa misère et de sa culpabilité. Cet ordre selon Dieu est d’autant plus frappant que le livre du Lévitique doit ainsi commencer par le côté de Dieu, alors qu’en pratique c’est bien par l’offrande pour le péché et pour le délit que l’homme, souillé et coupable, devait commencer.

Si la culpabilité n’avait pas été ôtée par ces sacrifices prescrits, la conscience de l’homme n’aurait pas été libérée, et il y aurait eu faute contre Dieu, au lieu que l’honneur Lui soit rendu. Quand tout était ainsi purifié en justice, celui qui offrait était libre d’épancher son coeur vers Dieu par des sacrifices d’odeur agréable, et il était encouragé à le faire. C’est un pareil épanchement dont on trouve la haute expression dans les premiers versets d’Éphésiens 1.

Ce début d’Éphésiens 1 commence en effet par le Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus Christ et son propos éternel, le chrétien étant béni de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ; ensuite ce passage descend au niveau de la possession de la rédemption en Lui par son sang, et la rémission des fautes. C’est un ordre inverse qui figure en Rom. 3 et 5, où l’on commence par la rémission des fautes par le sang de Christ, puis on s’élève jusqu’au triomphe éclatant d’une foi qui s’appuie sur la grâce qui demeure, et l’on va jusqu’à l’espérance de la gloire de Dieu, et on se glorifie en Dieu lui-même.

 

Une autre remarque préliminaire mérite d’être faite en rapport avec les sacrifices pour le péché : aucun autre n’exige une sainteté aussi rigoureuse. On aurait pu penser que, tant les sacrifices pour le péché, que le Minchah ou offrande de gâteau, étaient bien faibles pour représenter soit la personne même de notre Seigneur dans sa vie, soit son identification avec les conséquences de nos péchés sous le jugement divin. Mais ces deux classes de sacrifices, et eux seulement, sont appelés «très saint» (2:3 et 6:10 et comparer avec 6:18, 22 et 7:1, 6). Ainsi même quand le corps des victimes était porté hors du camp, pour y être brûlé, toute la graisse intérieure était brûlée sur l’autel d’airain. Combien cette séparation pour Dieu à tout prix a été constatée en Christ souffrant pour nos péchés, bien que toute sa vie et son travail aient porté la marque immuable de la sainteté ! C’est bien là que le Fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en Lui, d’une telle manière et à un tel degré que rien de pareil n’avait jamais eu lieu auparavant, ni n’aura jamais lieu, bien que tout le cours de la vie de Christ ait été à la gloire de son Père. Rien d’étonnant qu’en conséquence, Dieu ait glorifié Jésus en Lui-même, immédiatement (Jean 13:31, 32), sans attendre qu’Il reçoive le royaume et revienne établir son pouvoir royal aux yeux de tous.

 

4.1   Chapitre 4 v. 3-12    Le sacrifice pour le péché du Souverain Sacrificateur

Bible Treasury N2 p. 19

Dans ce chapitre, il y a quatre cas exigeant un sacrifice pour le péché. Les deux premiers avaient des conséquences illimitées : tout était fini pour le peuple de Dieu si le sacrifice n’était pas offert, et la communion était interrompue avec l’ensemble du camp d’Israël. Dans le second cas, c’était parce que toute l’assemblée d’Israël avait péché et était coupable ; dans le premier cas, c’était parce que le souverain sacrificateur avait péché, et le résultat était alors le même, tant pour lui que pour l’ensemble des Israélites. Nous allons voir comment la grâce avait pourvu à l’égard de ce qui, en soi, aurait pu mener à la ruine. Dans les deux derniers cas du chapitre, le triste résultat ne dépassait pas l’individu concerné.

«(4:1) Et l’Éternel parla à Moïse, disant : (4:2) Parle aux fils d’Israël, en disant : Si quelqu’un a péché par erreur contre quelqu’un des commandements de l’Éternel dans les choses qui ne doivent pas se faire, et a commis quelqu’une de ces choses : (4:3) si c’est le sacrificateur oint qui a péché selon quelque faute du peuple (*), alors il présentera à l’Éternel, pour son péché qu’il aura commis, un jeune taureau sans défaut, en sacrifice pour le péché. (4:4) Et il amènera le taureau à l’entrée de la tente d’assignation, devant l’Éternel ; et il posera sa main sur la tête du taureau, et égorgera le taureau devant l’Éternel ; (4:5) et le sacrificateur oint prendra du sang du taureau, et il l’apportera dans la tente d’assignation ; (4:6) et le sacrificateur trempera son doigt dans le sang, et fera aspersion du sang sept fois, devant l’Éternel, par devant le voile du lieu saint ; (4:7) et le sacrificateur mettra du sang sur les cornes de l’autel de l’encens des drogues odoriférantes qui est dans la tente d’assignation, devant l’Éternel ; et il versera tout le sang du taureau au pied de l’autel de l’holocauste qui est à l’entrée de la tente d’assignation. (4:8) Et toute la graisse du taureau du sacrifice pour le péché, il la lèvera : la graisse qui couvre l’intérieur, et toute la graisse qui est sur l’intérieur, (4:9) et les deux rognons, et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau qui est sur le foie, qu’on ôtera jusque sur les rognons, (4:10) comme on les lève du boeuf du sacrifice de prospérités : et le sacrificateur les fera fumer sur l’autel de l’holocauste. (4:11) Et la peau du taureau et toute sa chair, avec sa tête, et ses jambes, et son intérieur, et sa fiente, (4:12) tout le taureau, il l’emportera hors du camp, dans un lieu net, là où l’on verse les cendres, et il le brûlera sur le bois au feu ; il sera brûlé au lieu où l’on verse les cendres» (4:1-12).

(*) WK traduit : «si le sacrificateur oint pèche jusqu’à un péché (ou une culpabilité) du peuple».

 

La loi, nous dit l’Écriture (Héb. 7:12), n’a rien amené à la perfection, et elle ne parlait donc pas de rendre parfait le plus coupable. C’était un ministère de mort et de condamnation (2 Cor. 3:7, 9). La grâce et la vérité vinrent par Jésus-Christ (Jean 1:17). La loi était un système de justice humaine, et ne pouvait qu’être partielle. C’était un test pour l’homme déchu, non pas la manifestation écrite de Dieu, et encore moins la règle de la nouvelle création. Elle ne fournissait un remède que pour le péché involontaire ou par erreur. Si l’évangile n’allait pas plus loin, qui pourrait être sauvé ? Rien de plus n’est ici en vue (4:2).

Au verset 3 on a donc le cas du sacrificateur oint, ou souverain sacrificateur. S’il péchait «à rendre le peuple coupable» — [c’est la vraie force de la phrase, et l’effet réel du péché dans les voies de l’Éternel ; l’expression «selon quelque faute du peuple» de la KJV, ou version autorisée anglaise, et de la version JND, parait doublement défectueuse, et en fait difficile à comprendre, sauf si on estime qu’elle veut dire que la faute du souverain sacrificateur équivaut à la faute, ou plutôt à la culpabilité, de tout le peuple ; ceci est vrai en soi, mais ne paraît pas être ici la portée du texte. La version anglaise révisée (R.V.) donne le sens. Si le sacrificateur oint «pèche de manière à amener la culpabilité sur le peuple», c’est-à-dire sans que ce peuple ait effectivement péché lui-même].

Comme le souverain sacrificateur représentait le peuple, ses actes ne leur apportaient pas seulement la bénédiction, mais aussi la culpabilité de son péché. Quel merveilleux contraste avec le Souverain Sacrificateur de notre confession, un grand Souverain Sacrificateur, qui a traversé les cieux, Jésus le Fils de Dieu ! (Héb. 3:1 ; 4:14). Bien qu’Il ait été tenté comme nous en toutes choses, cela a eu lieu à part le péché (Héb. 4:15), non pas simplement sans avoir péché. Le péché était totalement absent. En Lui il n’y avait pas de péché ; au contraire Il était saint (mais en grâce), innocent, sans souillure, séparé des pécheurs et élevé plus haut que les cieux (Héb. 7:26).

Mais si le sacrificateur oint péchait, et le cas ne devait pas être si rare, il devait offrir «pour son péché qu’il a commis un jeune taureau sans défaut, à l’Éternel, en sacrifice pour le péché». Il fallait que le sacrifice soit le plus grand possible. Il n’y avait pas le choix. C’était cette victime qu’il devait apporter, non pas une autre. «Et il amènera le taureau à l’entrée de la tente d’assignation, devant l’Éternel ; et il posera sa main sur la tête du taureau, et égorgera le taureau devant l’Éternel». Le commandement de l’Éternel avait été enfreint, le souverain sacrificateur devait apporter l’animal prescrit devant l’Éternel, au lieu prescrit, et il fallait qu’il l’égorge là, devant Lui, la main posée sur la tête de la victime : c’était le gage de transmission de sa culpabilité vers et sur la victime — combien ceci est précieux pour le pécheur !

«Et le sacrificateur oint prendra du sang du taureau, et il l’apportera dans la tente d’assignation ; et le sacrificateur trempera son doigt dans le sang, et fera aspersion du sang sept fois, devant l’Éternel, par devant le voile du lieu saint ; et le sacrificateur mettra du sang sur les cornes de l’autel de l’encens des drogues odoriférantes qui est dans la tente d’assignation, devant l’Éternel ; et il versera tout le sang du taureau au pied de l’autel de l’holocauste qui est à l’entrée de la tente d’assignation» (4:5-7). Hors du sanctuaire, ou dedans, ce qui est fait l’est devant l’Éternel. C’est Lui dont il faut faire valoir les droits. Le sang n’est pas porté seulement vers la tente d’assignation, mais dans cette tente, et il est aspergé devant le voile du sanctuaire. Ce n’est que lors du jour unique et solennel des propitiations [Lév. 16 ; Yom Kippour] que le souverain sacrificateur entrait avec l’encens dans le lieu très saint et aspergeait le sang sur et devant le propitiatoire. Ici ce n’est que dans le lieu saint qu’il mettait le sang, et il le faisait sur les cornes de l’autel d’or ; et tout le reste du sang était versé dehors au pied de l’autel d’airain.

«Et toute la graisse du taureau pour le sacrifice pour le péché, il la lèvera» etc. C’est la même chose que ce qui avait été fait avec le taureau du sacrifice de prospérités (4:8-10 à comparer avec 3:3-5), et le sacrificateur faisait pareillement fumer cette graisse sur l’autel d’airain : c’était un témoignage béni, rendu non seulement par le sang mais aussi par la graisse, à l’acceptation intrinsèque de Christ sacrifié pour nous et pour nos péchés. Ces ombres sont instructives au plus haut point : Son sacrifice est celui qui est seul infiniment agréable à Dieu, éternellement efficace pour nous qui croyons en Lui.

Il y a en outre un autre témoignage, non moins clair, qu’il s’agissait d’un sacrifice pour le péché : aux versets 11 et 12 nous trouvons une différence par rapport au sacrifice de prospérités. «Et la peau du taureau, et toute sa chair, avec sa tête, et ses jambes, et son intérieur, et sa fiente, tout le taureau, il l’emportera hors du camp, dans un lieu net, là où l’on verse les cendres, et il le brûlera sur du bois, au feu ; il sera brûlé au lieu où l’on verse les cendres» (4:11-12). Ceci diffère aussi de l’holocauste qui était brûlé à l’intérieur du parvis sur l’autel d’airain. Le sacrifice pour le péché devait être brûlé hors du camp : il était saint, très saint, mais complètement identifié avec le péché qui était confessé sur lui. Combien cela a été encore bien plus constaté en Celui qui a souffert pour nos péchés — et cela l’a été d’une manière beaucoup plus marquée, à tous égards et au plus haut degré !

 

4.2   Chapitre 4 v. 13-21    Le sacrifice pour le péché pour l’assemblée [ou : congrégation] d’Israël

Bible Treasury N2 p. 34

Le premier de ces sacrifices obligatoires attestait de la place toute particulière du sacrificateur oint comme représentant du peuple. Son péché impliquait toute la congrégation d’Israël. La communion était interrompue pour tous, d’un coup. Dans le second cas de sacrifice pour le péché, nous apprenons que le souverain sacrificateur était identifié avec la congrégation dans sa souillure collective. Ce n’était pas aussi commun que le péché d’un individu, quel que soit son rang, quoique les péchés de ce dernier type aient aussi des conséquences, comme nous allons le voir. Mais dans les deux premiers cas, il y avait suspension de la communion pour tous, et il fallait un sacrifice pour le péché convenable pour qu’il y ait restauration.

«(4:13) Et si toute l’assemblée d’Israël a péché par erreur [ou a erré] et que la chose soit restée cachée aux yeux de la congrégation, et qu’ils aient fait, à l’égard de l’un de tous les commandements de l’Éternel, ce qui ne doit pas se faire, et se soient rendus coupables, (4:14) et que le péché qu’ils ont commis contre le commandement vienne à être connu, alors la congrégation présentera un jeune taureau en sacrifice pour le péché, et on l’amènera devant la tente d’assignation ; (4:15) et les anciens de l’assemblée poseront leurs mains sur la tête du taureau, devant l’Éternel ; et on égorgera le taureau devant l’Éternel. (4:16) Et le sacrificateur oint apportera du sang du taureau dans la tente d’assignation ; (4:17) et le sacrificateur trempera son doigt dans ce sang, et en fera aspersion sept fois, devant l’Éternel, par devant le voile ; (4:18) et il mettra du sang sur les cornes de l’autel qui est devant l’Éternel dans la tente d’assignation ; et il versera tout le sang au pied de l’autel de l’holocauste qui est à l’entrée de la tente d’assignation. (4:19) Et il lèvera toute la graisse, et la fera fumer sur l’autel : (4:20) il fera du taureau comme il a fait du taureau pour le péché ; il fera ainsi de lui. Et le sacrificateur fera propitiation pour eux, et il leur sera pardonné. (4:21) Et on emportera le taureau hors du camp, et on le brûlera comme on a brûlé le premier taureau : c’est un sacrifice pour le péché pour la congrégation» (4:13-21)

L’Éternel voulait que le péché soit jugé dans tous les cas ; mais dans tous les cas, il était aussi pourvu à ce que ce péché soit ôté de devant Lui. Il n’y avait, ni ne pouvait y avoir, acception de personne pour Lui (Jacq. 2:9). Pourtant Dieu lui-même fait une différence selon la position des personnes, spécialement quand il s’agissait d’une personne ointe représentant tous les autres. Celui qui a porté nos péchés en Son corps avant d’entrer dans les lieux saints pour nous, y est maintenant non seulement pour nous soutenir dans nos faiblesses et nous représenter dans Sa perfection, mais aussi comme Avocat pour nous auprès du Père si quelqu’un a péché (1 Jean 2:1). Combien cela est béni pour nous ! C’est Lui qui lorsqu’Il a été tenté, l’a été en toutes choses à par le péché. «Un tel sacrificateur nous convenait» (Héb. 7:26) selon ce que dit la merveilleuse parole de Dieu, «saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux» : Il n’avait plus besoin comme les souverains sacrificateurs, qui le représentaient en type, d’offrir des sacrifices pour ses propres péchés (Héb. 7:27). Cela le rendait d’autant plus compétent, et seul compétent, pour agir efficacement pour les péchés des autres ; et ceci, Il l’a fait une fois pour toutes, s’étant offert Lui-même, un Fils consommé pour l’éternité (Héb. 7:27-28). Mais s’agissant de l’assemblée d’Israël, c’était une toute autre question. Ils pouvaient bien pécher, et pécher collectivement. Or Il en a fait l’expiation, comme nous le voyons dans ce qui est l’ombre, afin qu’il puisse leur être pardonné. Notez que dans le paragraphe relatif au péché du souverain sacrificateur, cette assurance de pardon est omise. Que le péché expié lui soit pardonné, nous n’en doutons pas, bien sûr ; mais cette omission met en relief le Seul qui n’avait pas de péchés ayant besoin d’être pardonnés, bien qu’Il soit Celui qui a fait la propitiation pour tous.

Mais l’Éternel voulait que Son peuple ait la conscience exercée pour chacun de leurs péchés lorsqu’ils venaient à être connus ; ainsi la congrégation devait présenter un jeune taureau pour le sacrifice pour le péché et l’apporter devant la tente d’assignation (4:14). Comme tous ne pouvaient pas poser leurs mains sur la tête de la victime, il revenait aux anciens de le faire en figure pour tous (4:15). Quand la victime était égorgée devant l’Éternel (le péché se réfère toujours à Dieu), le sacrificateur oint était appelé à agir de la part de la congrégation comme il devait le faire quand il s’agissait de lui-même, et non pas comme dans les cas suivants où n’importe quel sacrificateur était compétent ; dans le cas, du péché de la congrégation, seul le souverain sacrificateur était compétent. Il devait apporter le sang du taureau dans la tente d’assignation (4:16), y tremper son doigt et asperger sept fois devant l’Éternel, devant le voile, comme pour son propre péché (4:17). Il devait pareillement mettre le sang sur les cornes de l’autel d’or qui est devant l’Éternel (4:18)  ; car, c’était la communion de tous qui devait être restaurée. C’est une distinction d’autant plus frappante d’avec les sacrifices pour les cas individuels, que dans tous ceux-ci le sang qui restait du sacrifice pour le péché était versé en totalité au pied de l’autel d’airain (4:18, 25, 30) (*). Quant à la graisse, il fallait la faire fumer toute, non pas hors du camp, mais sur l’autel (4:19), selon les mêmes particularités que le sacrifice pour le péché pour le sacrificateur oint (4:20). Il y avait donc un témoignage complet rendu à la sainteté intrinsèque de la victime ; par contre le verset 21 montre combien la victime était entièrement identifiée avec le péché de la congrégation, étant brûlée hors du camp dans un lieu net, où on portait tout l’animal. Le mot pour dire «brûler» est différent du mot «faire fumer» utilisé précédemment, et cela convient parfaitement à deux aspects de la vérité.

(*) outre du sang mis sur les cornes de l’autel des holocaustes, ou autel d’airain (4:25, 30)

 

Quel merveilleux propos ressort de telles différences de détail ! Quelle jalousie pour l’honneur du Grand Sacrificateur — si longtemps avant Sa manifestation — et pour l’honneur du sacrifice incomparable de Lui-même, parfaitement acceptable à Dieu et parfaitement efficace pour les pécheurs ! Non seulement ce livre du Lévitique est un écrit authentique de Moïse, mais il se montre comme étant l’oeuvre de Dieu par Moïse. Qui, sinon Lui, aurait pu prévoir tous ces détails ?

 

4.3   Chapitre 4 v. 22-26    Le sacrifice pour le péché d’un chef du peuple

Bible Treasury N2 p. 51

Une différence importante d’avec ce qui précède : La culpabilité ne touche que la personne concernée ; les autres ne sont pas impliquées. Le premier cas est celui d’un chef du peuple.

«(4:22) Si un chef a péché, et a fait par erreur, à l’égard de l’un de tous les commandements de l’Éternel, son Dieu, ce qui ne doit pas se faire, et s’est rendu coupable, (4:23) si on lui a fait connaître son péché qu’il a commis, alors il amènera pour son offrande un bouc, un mâle sans défaut ; (4:24) et il posera sa main sur la tête du bouc, et il l’égorgera au lieu où l’on égorge l’holocauste devant l’Éternel : c’est un sacrifice pour le péché. (4:25) Et le sacrificateur prendra avec son doigt du sang du sacrifice pour le péché, et le mettra sur les cornes de l’autel de l’holocauste, et il versera le sang au pied de l’autel pour l’holocauste ; (4:26) et il fera fumer toute la graisse sur l’autel, comme la graisse du sacrifice de prospérités ; et le sacrificateur fera propitiation pour lui [pour le purifier] de son péché, et il lui sera pardonné» (4:22-26).

Un soin spécial est mis pour que le chef pèse sa responsabilité. Ce n’est que dans ce seul cas qu’il est parlé de l’Éternel son Dieu. Sa position honorable et publique rendait son offense d’autant plus grave. Israël était tenu de reconnaître publiquement Dieu dans ces chefs au milieu du monde (Jean 10:34, 35), et à faire la différence d’avec un chef des nations, comme jamais ces nations n’y ont même pensé (Éph. 2:12). Dans sa mesure, un chef avait à dominer autant qu’à marcher dans la crainte de Dieu.

Pourtant les conséquences d’un péché n’allaient pas si loin que lors du péché d’un souverain sacrificateur ou de toute la congrégation, ces cas nécessitant le sacrifice d’un taureau. Pour un chef, il suffisait d’un bouc, pourvu que ce soit un mâle sans défaut. Aucun choix n’était laissé à celui qui sacrifiait, à aucun égard ni aucun degré : sur ce point, il y avait la même rigueur que dans les cas précédents, pourtant plus graves. Rien n’empêchait de se plier à cette ordonnance, et Dieu voulait que le péché fut ressenti et jugé, quand il venait à être connu.

Le chef apportait son sacrifice, posait sa main sur sa tête, et l’égorgeait au lieu où on égorgeait l’holocauste devant l’Éternel. C’était un sacrifice pour le péché : seule la mort pouvait expier le péché, celle de la victime sur la tête de laquelle était transférée la culpabilité de celui qui posait la main dessus, avant qu’elle soit égorgée. Sur ce point, tous les sacrifices concordaient, quelles que soient les différences de forme par ailleurs ; et tous dirigeaient les regards vers Celui qui n’a pas connu le péché, mais que Dieu a pourtant fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en Lui (2 Cor. 5:21).

Notons que le sacrificateur devait prendre du sang avec son doigt, et le mettre sur les cornes de l’autel d’airain, et verser le reste au pied de cet autel. Tout ce qu’il fallait, c’était de répondre aux besoins de l’individu, fut-il un prince, à l’autel qui était le moyen pour l’individu de s’approcher de l’Éternel. Seule la communion de cet individu avait été interrompue et était maintenant restaurée. S’agissant du péché du souverain sacrificateur ou de la congrégation, l’autel d’or était souillé et le sang devait y être aspergé sur les cornes. Ici il n’est question que de l’autel d’airain, le sang y était mis, et l’Israélite, même s’il était un chef, retrouvait la jouissance de ses privilèges.

Il est de toute importance d’apprécier le contraste que l’épître aux Hébreux établit par rapport à l’oeuvre de Christ. Cette oeuvre a été faite une fois pour toutes. Elle n’est jamais répétée. Non seulement le croyant est maintenant sanctifié par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes (Héb. 10:10), mais il est rendu parfait à perpétuité, c’est-à-dire sans interruption (Héb. 10:14). C’est ce qui est dû à l’efficacité absolue et éternelle du sacrifice de Christ. Un résultat moindre déshonorerait Christ, ce que Dieu ne saurait tolérer. Puissent les croyants connaître maintenant la position dans laquelle le sang de Christ les a établis.

C’est pourquoi les ressources en cas de chute ne sont pas dans l’épître aux Hébreux, mais dans l’évangile de Jean (ch. 13) et en 1 Jean 2:1. Il ne s’agit pas d’une nouvelle aspersion du sang de Christ, ou d’un recours répété à ce sang ; mais, selon la figure donnée par Christ, la ressource est de laver les pieds souillés à l’aide de l’eau de la Parole, — et selon la doctrine du rôle de Christ comme Avocat, l’autre ressource c’est Jésus Christ, Lui qui est le juste et la propitiation pour nos péchés (1 Jean 2:1, 2). Il plaide pour nous et, par l’Esprit et la Parole de Dieu, Il opère en nous le jugement de soi-même nécessaire à la restauration de la communion interrompue par le péché ; c’est ce que nous voyons pratiquement en Simon Pierre, et en détail, avec toutes les richesses de consolation et de bénédiction qui en ressortent, en grâce.

Comme chrétiens, nous avons besoin de bien maintenir intégralement ces deux vérités, sans sacrifier l’une à l’autre. Si nous ne nous appuyons pas sur le sacrifice unique de Christ dans toute son efficace éternelle et ininterrompue, nous ne pouvons rien connaître de la purification parfaite devant Dieu que l’épître aux Hébreux garantit à la foi. Si nous ne nous courbons pas devant la doctrine de 1 Jean 2:1 en rapport avec Jean 13, comment goûterons-nous la grâce qui nous restaure dans la jouissance de la communion, lorsqu’elle a été interrompue par un péché ? Notre Dieu voudrait que nous entrions dans ce qui est notre portion comme adorateurs, une fois lavés et purifiés, mais comme Père, Il nous aime trop pour permettre quoi que ce soit dans notre marche qui soit indigne de la grâce dans laquelle nous sommes. Et c’est là que s’applique le rôle d’Avocat du Sauveur, pour purifier les souillures contractées dans le chemin, tandis qu’Il demeure notre justice et notre propitiation dans toute sa valeur.

 

4.4   Chapitre 4 v. 27-35    Le sacrifice pour le péché pour quelqu’un du peuple

Bible Treasury N2 p. 66

Il est plein d’intérêt de voir le soin pris par l’Éternel à l’égard du sacrifice pour le péché pour un Israélite ordinaire. Il fait une différence d’avec un chef du peuple en demandant un mâle sans défaut pour un chef, et une femelle sans défaut pour un Israélite ordinaire. C’était une chèvre qu’il fallait apporter, mais en faisant cette distinction mâle/femelle indiquée par l’Éternel. Dans sa bonté, Il donnait une ressource dans les deux cas, mais sans ne laisser aucune liberté de choix.

«(4:27) Et si quelqu’un du peuple du pays a péché par erreur, en faisant, à l’égard de l’un des commandements de l’Éternel, ce qui ne doit pas se faire, et s’est rendu coupable, (4:28) si on lui a fait connaître son péché qu’il a commis, alors il amènera son offrande, une chèvre, une femelle sans défaut, pour son péché qu’il a commis ; (4:29) et il posera sa main sur la tête du sacrifice pour le péché, et égorgera le sacrifice pour le péché au lieu où l’on égorge l’holocauste. (4:30) Et le sacrificateur prendra du sang de la chèvre avec son doigt, et le mettra sur les cornes de l’autel de l’holocauste, et il versera tout le sang au pied de l’autel. (4:31) Et il ôtera toute la graisse, comme la graisse a été ôtée de dessus le sacrifice de prospérités ; et le sacrificateur la fera fumer sur l’autel, en odeur agréable à l’Éternel ; et le sacrificateur fera propitiation pour lui, et il lui sera pardonné» (4:27-31).

 

L’Éternel voulait que le moindre de son peuple ressente que Lui entrait dans l’exercice spirituel que l’âme avait pour son péché, commis involontairement, mais qui la troublait maintenant qu’il était connu. C’est pourquoi, quand celui qui avait péché apportait la chèvre femelle sans défaut, Il voulait mettre la marque de cet intérêt sur l’âme par l’insistance mise sur son péché qu’il a commis et sur le fait que le sacrifice était un sacrifice pour le péché ; car le résultat en grâce du sacrifice est d’autant plus ressenti que le péché lui-même est senti. Pour un chef du peuple au v. 23 — comme au v. 28 pour l’Israélite ordinaire (= quelqu’un du peuple du pays), — on trouve simplement «si on lui fait connaître son péché qu’il a commis», tandis que pour l’Israélite ordinaire le v. 28 indique qu’il «amènera son offrande, une chèvre, une femelle sans défaut pour son péché qu’il a commis» ce qui ne figure pas au v. 23. Pareillement, pour un chef du peuple, il est simplement dit (v. 23-24) qu’il «posera sa main sur la tête du bouc, et il l’égorgera au lieu où on égorge l’holocauste», tandis que pour quelqu’un du peuple (v. 29) il est dit qu’il «posera sa main sur la tête du sacrifice pour le péché, et égorgera le sacrifice pour le péché au lieu où on égorge l’holocauste».

Il est même encore plus frappant de voir la consolation donnée au pauvre Israélite au v. 31 : ce n’est qu’à lui qu’est donnée l’assurance que la graisse que le sacrificateur faisait fumer sur l’autel serait en odeur agréable à l’Éternel. Dans le cas du péché d’un chef du peuple, l’expression «devant l’Éternel» est utilisée au v. 24, lorsqu’il lui fallait égorger le bouc, et elle est utilisée avec encore plus d’insistance pour le péché de l’assemblée d’Israël lors de l’imposition des mains (v. 15), et lors de l’égorgement (v. 15) et lors de l’application du sang (v. 17, 18). Mais pour une personne de basse condition, l’Éternel daignait la distinguer par une expression positive marquant la communion en faisant fumer la graisse à l’occasion de son sacrifice pour le péché.

Mais ce n’est pas tout. C’est pour l’homme pauvre, et lui seulement, qu’un choix était laissé. Il pouvait avoir quelque difficulté à se procurer une chèvre, et avoir un accès plus facile à un mouton ou un agneau. Pour lui seul, un tel sacrifice était autorisé : «(4:32) Et s’il amène un agneau pour son offrande de sacrifice pour le péché, ce sera une femelle sans défaut qu’il amènera ; (4:33) et il posera la main sur la tête du sacrifice pour le péché, et l’égorgera en sacrifice pour le péché au lieu où l’on égorge l’holocauste. (4:34) Et le sacrificateur prendra, avec son doigt du sang du sacrifice pour le péché et le mettra sur les cornes de l’autel de l’holocauste, et il versera tout le sang au pied de l’autel. (4:35) Et il ôtera toute la graisse, comme la graisse de l’agneau a été ôtée du sacrifice de prospérités ; et le sacrificateur la fera fumer sur l’autel, sur les sacrifices de l’Éternel faits par feu ; et le sacrificateur fera propitiation pour lui pour son péché qu’il a commis ; et il lui sera pardonné» (4:32-35).

Ne passons pas trop vite sur la tendresse de l’Éternel lorsqu’il donne ses consolations. Le sang de l’agneau était tout aussi efficace, en figure, que celui d’une chèvre. Ce changement de victime ne causait aucune perte. Mais à propos de la graisse fumant sur l’autel, il est mentionné spécialement que c’était sur les sacrifices de l’Éternel faits par feu, comme en Lév. 3:5 (en 3:5 il s’agit de sacrifices de prospérités, mais ici de sacrifices pour le péché). Cette expression montrait une acceptation pleine de grâce, pas seulement le péché ôté et pardonné.

 

4.5   Chapitre 5    Le sacrifice pour le péché/délit

Bible Treasury N2 p. 82

 

Cette section est une sorte d’appendice au chapitre 4, et de transition vers les sacrifices pour le délit qui ne commencent proprement qu’au chapitre 5 verset 14. C’est pourquoi, bien qu’elle fasse partie de la même révélation de l’Éternel à Moïse que le chapitre 4 (*), le sacrifice est appelé à la fois sacrifice pour le péché et sacrifice pour le délit dans le verset 6 du chapitre 5.

(*) note Bibliquest :  L’expression «l’Éternel parla à Moïse» se trouve en 1:1 ; 4:1 ; 5:14, 20 ; 6:1, 12, 17 ; 7:22, 28. Elle dénote chaque fois l’introduction d’une nouvelle section dans l’ordre des sujets, autrement dit, le commencement d’une nouvelle révélation.

 

Dans les v. 1 à 4, il est distingué quatre sortes de circonstances nécessitant un sacrifice. Il s’agissait de souillures contractées par des manquements involontaires aux ordonnances de l’Éternel. Au chapitre 4, il était pourvu en général aux péchés par inadvertance qui violaient la conscience.

«(5:1) Et si quelqu’un a péché en ce que, étant témoin et ayant entendu la voix d’adjuration, ayant vu ou su, il ne déclare pas [la chose], alors il portera son iniquité ; — (5:2) ou si quelqu’un a touché une chose impure quelconque, soit le corps mort d’une bête sauvage impure, ou le corps mort d’une bête domestique impure, ou le corps mort d’un reptile impur, et que cela lui soit resté caché, alors il est impur et coupable ; — (5:3) ou s’il a touché l’impureté de l’homme, quelle que soit l’impureté par laquelle il se rend impur, et que cela lui soit resté caché, quand il le sait, alors il est coupable ; — (5:4) ou si quelqu’un, parlant légèrement de ses lèvres, a juré de faire du mal ou du bien, selon tout ce que l’homme profère légèrement en jurant, et que cela lui soit resté caché, quand il le sait, alors il est coupable en l’un de ces points-là. (5:5) Et il arrivera, s’il est coupable en l’un de ces points-là, qu’il confessera ce en quoi il aura péché ; (5:6) et il amènera à l’Éternel son sacrifice pour le délit, pour son péché qu’il a commis, une femelle du menu bétail, soit brebis, soit chèvre, en sacrifice pour le péché ; et le sacrificateur fera propitiation pour lui pour le purifier de son péché» (5:1-6).

L’adjuration était d’autant plus solennelle pour un Israélite que l’Éternel demeurait au milieu d’eux pour juger. Il ne s’agissait pas d’une providence secrète ou provisoire en attendant des assises ultérieures. L’Éternel était là pour agir selon Sa loi et selon leurs relations, eux étant Son peuple. Même dans un jour de ruine complète, au cours d’un procès faisant fi de toute justice, nous entendons notre Seigneur répondre immédiatement à la parole d’adjuration du méchant souverain sacrificateur, bien qu’Il sût parfaitement que Sa réponse scellait sa condamnation à mort, et alors qu’il était resté jusque-là silencieux devant les faux témoins et la profonde hypocrisie des hommes. Si quelqu’un se dérobait, ou retenait ou altérait la vérité, il portait son iniquité, s’il en restait là.

Il y avait ensuite les cas de souillure par contact avec des corps morts d’animaux sauvages ou de bétail ou de reptiles, ou par contact avec l’impureté de l’homme quelle qu’en soit la forme. Finalement, sans qu’il y ait lieu de tenir compte s’il s’agissait d’un engagement à faire du mal ou du bien, il y avait souillure quand un voeu prononcé à la légère n’était pas accompli (5:4) : on s’était soustrait au voeu après avoir réfléchi, craignant de faire ou de ne pas faire (pensons au voeu de Jephté en Juges 11 !)

Que devait éprouver celui qui craignait Dieu, dans de telles circonstances quand la chose venait à la connaissance de son âme ? N’était-il pas coupable ? Dans tous ces cas, il était souillé et était appelé à confesser ce en quoi il avait péché, et non pas seulement une confession vague et générale. C’est la première fois que nous entendons parler de confession. N’était-ce pas dû à de la légèreté devant l’Éternel ? Mais il fallait plus que la confession : seul un sacrifice pouvait ôter la souillure. «Et il amènera à l’Éternel son sacrifice pour le délit, pour son péché qu’il a commis». Rien de plus clair pour remédier à sa culpabilité. Ici, comme pour le sacrifice pour le péché de quelqu’un du peuple, une femelle suffisait, qu’elle soit prise d’entre les brebis ou d’entre les chèvres, et elle était qualifiée de sacrifice pour le délit pour le péché ; et le sacrificateur faisait propitiation pour lui pour le purifier de son péché (5:6)

Les tendres égards en faveur du pauvre (pour nous il s’agit d’un jeune dans la foi ou d’un faible en foi) sont soulignés par la possibilité offerte dans le paragraphe suivant :

«(5:7) Et si ses moyens ne peuvent atteindre à un agneau, il apportera à l’Éternel, pour son délit qu’il a commis, deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l’un pour le sacrifice pour le péché, et l’autre pour l’holocauste. (5:8) Et il les apportera au sacrificateur, et le sacrificateur présentera celui qui est pour le sacrifice pour le péché, premièrement, et lui détachera la tête avec l’ongle près du cou, mais il ne le divisera pas ; (5:9) et il fera aspersion du sang du sacrifice pour le péché sur la paroi de l’autel, et le reste du sang, il l’épreindra au pied de l’autel : c’est un sacrifice pour le péché. (5:10) Et du second, il en fera un holocauste selon l’ordonnance. Et le sacrificateur fera propitiation pour lui pour le purifier de son péché qu’il a commis, et il lui sera pardonné» (5:7-10)

L’Éternel était encore beaucoup plus minutieux dans ses égards envers celui qui ne pouvait pas apporter une brebis ou une chèvre. Le sang de la victime était aspergé de façon inhabituelle, ou au moins c’est ce qui est exprimé avec plus de détails. Le sacrifice était de moindre valeur pécuniaire, mais l’Éternel l’appréciait pour l’âme consciencieuse, et Il donnait un témoignage de l’acceptation aussi bien que de ce que le péché était jugé et ôté.

Le même principe figure de façon encore plus frappante dans le troisième cas.

«(5:11) Et si ses moyens ne peuvent atteindre à deux tourterelles ou à deux jeunes pigeons, alors celui qui a péché apportera pour son offrande la dixième partie d’un épha de fleur de farine en sacrifice pour le péché ; il ne mettra pas d’huile dessus, et il ne mettra pas d’encens dessus ; car c’est un sacrifice pour le péché. (5:12) Et il l’apportera au sacrificateur, et le sacrificateur en prendra une pleine poignée pour mémorial, et la fera fumer sur l’autel sur les sacrifices faits par feu à l’Éternel : c’est un sacrifice pour le péché. (5:13) Et le sacrificateur fera propitiation pour lui, pour son péché qu’il a commis en l’une de ces choses-là, et il lui sera pardonné ; et le [reste] sera pour le sacrificateur, comme l’offrande de gâteau» (5:11-13)

Nous avons ici le besoin le plus misérable de tous : même des pigeons dépassent les moyens du pécheur. Mais la grâce a des ressources pour la plus faible des conditions de foi. Sa pitié est montrée non pas en dispensant la personne d’offrir un sacrifice, mais en adaptant le sacrifice au besoin. Aucune partie de ce qui était offert ne pouvait avoir le caractère d’holocauste comme le second oiseau du cas précédent, et voilà que l’Éternel acceptait un sacrifice à base de fleur de farine. Mais contrairement à l’offrande de gâteau, on n’y mettait ni huile ni encens. C’était pour le péché. La quantité était celle de la manne pour la nourriture d’un jour. Le sacrificateur en prenait une pleine poignée pour la faire fumer comme les sacrifices faits par feu à l’Éternel, bien que ce soit pour une personne impure selon les ordonnances ; ceci était valide comme moyen de propitiation, et le reste était à la disposition du sacrificateur comme dans l’offrande de gâteau ordinaire. Véritablement Dieu était bon pour Israël, même pour ceux qui reconnaissaient leur impureté de la manière la plus humble qui soit.

Comme déjà vu ailleurs, la forme inférieure d’un sacrifice est assimilée aux autres sacrifices de niveau supérieur : dans le cas de l’holocauste au sacrifice de la 2° forme, dans le cas de l’offrande de gâteau à l’offrande de la 3° forme. Plus la foi est forte, moins on se repose sur une appréciation vague de l’oeuvre de Christ : on recherche et on chérit et on trouve sa joie dans le côté de Dieu autant que dans le nôtre, selon la plénitude de ce qui nous est divinement révélé. Inversement, plus la foi est faible, plus on est porté à se satisfaire d’idées fumeuses ; il en résulte que les différences si merveilleuses et si instructives dans les relations variées que montrent l’Écriture, se fondent dans une pensée générale, mais floue, sur l’efficacité des sacrifices. La valeur de Christ est la même pour Dieu, quelle que soit la forme de sacrifice qu’Il permet dans Sa condescendance. L’absence de sang versé dans le dernier cas n’est que l’exception qui confirme la règle. L’Éternel rend témoignage à l’intérêt qu’Il portait pour une pauvreté telle qu’elle n’avait aucun animal à égorger, malgré un souci réel du délit commis, et la reconnaissance du besoin d’un sacrifice, et le désir d’y répondre.

 

4.6   Chapitre 5 v. 14-19    Le sacrifice pour le délit proprement dit.

Bible Treasury N2 p. 99

Voici la nouvelle déclaration de l’Éternel sur le sacrifice pour le délit proprement dit :

«(5:14) Et l’Éternel parla à Moïse, disant : (5:15) Si quelqu’un a commis une infidélité (*) et a péché par erreur dans les choses saintes de l’Éternel, il amènera son sacrifice pour le délit à l’Éternel, un bélier sans défaut, pris du menu bétail, selon ton estimation en sicles d’argent, selon le sicle du sanctuaire, en sacrifice pour le délit. (5:16) Et ce en quoi il a péché [en prenant] de la chose sainte, il le restituera, et y ajoutera par-dessus un cinquième, et le donnera au sacrificateur ; et le sacrificateur fera propitiation pour lui avec le bélier du sacrifice pour le délit ; et il lui sera pardonné» (5:14-16)

(*) ce mot, qui figure aux v. 15 et 21, est en réalité traduit par perfidie par WK ; nous avons gardé infidélité selon JND

 

Nous discernons une nouvelle nuance de mal dans le sacrifice pour le délit par rapport au cas plus général et public du sacrifice pour le péché. Le mot hébreu pour péché est chata, qui signifie littéralement «écart par rapport à ce qui est droit» ; tandis que le mot asham que nous traduisons par délit contient l’idée de culpabilité. Il s’agissait d’un acte d’infidélité (mal) dans les choses saintes de l’Éternel, même si c’était par erreur et non par présomption. Et même si ce n’était pas une faute morale aux yeux des tiers, c’était pourtant une perfidie (infidélité) secrète contre Celui avec qui ils avaient une sainte relation : c’est pourquoi il y avait culpabilité.

Pour quelqu’un ayant ainsi failli quant à sa responsabilité, c’était un bélier sans défaut qui était requis dans tous les cas. Comparer Lév. 19:20-22 où le délit (bien que ce soit une faute morale) est vu comme une culpabilité contre l’Éternel, et le bélier de propitiation y est requis comme ici et comme en Nomb. 5:5-10, alors qu’il fallait un agneau dans le cas voisin de Nomb. 6:12.

Une disposition complémentaire à ce premier cas est ajoutée dans les v. 17 à 19 ; mais aucune variation n’est permise dans la victime exigée par l’Éternel. Une nouvelle ordonnance suit (5:20-26, conformément au texte hébreu ; mais joint au chapitre 6 dans la version anglaise du Roi Jacques) : elle a trait aux infidélités faites contre son prochain, un manquement à la responsabilité que l’Éternel compte comme une infidélité envers Lui-même ; là aussi c’est un bélier sans défaut que le coupable doit apporter. Il faut se demander pourquoi cet animal, et non pas un autre, était convenable pour un tel cas.

Or nous savons que dans la mise à part d’Aaron et de ses fils pour l’Éternel dans leur position et leur fonction sacerdotales, il y avait un bélier de consécration, particulièrement important. Il y en avait même deux, dont l’un était pour un olah, ou holocauste, et il était suivi par un taureau égorgé en sacrifice pour le péché. Mais la particularité de cette cérémonie résidait dans le second bélier, le bélier de consécration, et dans l’application de son sang : ce sang était d’une part aspergé comme celui du premier bélier sur l’autel, tout autour, et d’autre part Moïse devait en mettre d’abord sur le lobe de l’oreille droite d’Aaron, et sur le pouce de sa main droite, et sur le gros orteil du pied droit, et sur ceux de ses fils pareillement.

Le bélier était donc l’animal qui convenait dans la situation inverse de perte de consécration, de désacralisation : c’était justement l’aspect du mal auquel remédiait le sacrifice pour le délit. Il ne s’agissait pas simplement d’une faute à laquelle il était pourvu par le sacrifice pour le péché, mais c’était une infidélité à l’Éternel. Ceci est confirmé (v. 15) par «l’estimation de Moïse», «en sicles d’argent, selon le sicle du sanctuaire». Comme l’or typifie la justice divine en la présence de Dieu, l’argent figure plutôt sa grâce comme on peut le voir dans l’argent de propitiation (Ex. 30:16) pour les fils d’Israël et partout ailleurs.

Le sacrifice pour le délit avait une autre caractéristique : «il restituera ce en quoi il a péché en prenant de la chose sainte», et en plus encore, comme amende du sacrifice pour le délit, il fallait rajouter un cinquième, ou double dîme, qu’on peut comparer à la simple dîme du revenu que l’Éternel commandait à Israël en rapport avec la bénédiction qu’Il leur donnait. C’était le sacrificateur qui recevait tout cela (5:16), ce qui répétait le caractère relatif à l’Éternel. «Et le sacrificateur fera propitiation pour lui avec le bélier du sacrifice pour le délit ; et il lui sera pardonné».

L’appendice qui suit est encore plus précis au sujet de l’ignorance, et il mérite toute notre attention.

«(5:17) Et si quelqu’un a péché, et a fait, à l’égard de l’un de tous les commandements de l’Éternel, ce qui ne doit pas se faire, et ne l’a pas su, il sera coupable et portera son iniquité. (5:18) Et il amènera au sacrificateur un bélier sans défaut, pris du menu bétail, selon ton estimation, en sacrifice pour le délit ; et le sacrificateur fera propitiation pour lui, pour son erreur qu’il a commise sans le savoir ; et il lui sera pardonné. (5:19) C’est un sacrifice pour le délit ; certainement il s’est rendu coupable envers l’Éternel» (5:17-19).

Bien qu’ici l’erreur soit mentionnée nommément, le cas va beaucoup plus loin. Le bélier était encore la victime normalement requise pour ce type de mal, mais ce qui était demandé variait selon la faute. Ainsi pour la purification du lépreux en Lév. 14, un agneau devait être offert en sacrifice pour le délit (14:12), et le sacrificateur mettait son sang sur la personne qu’on purifiait de la même manière qu’au jour de la consécration d’Aaron et de ses fils, l’application d’huile suivant l’application du sang (14:12-18) ; puis suivait le sacrifice pour le péché, et après lui l’holocauste (14:19). La distinction entre le sacrifice pour le délit et pour le péché est faite clairement, quelle que soit la «grande controverse» régnant à ce sujet parmi les théologiens, et l’incertitude de leurs discours jusqu’à aujourd’hui. On comprend bien, pourquoi, lors de la consécration des sacrificateurs, c’était un sacrifice pour le péché qui était apporté (taureau ou veau selon 8:14 et 9:2), mais non pas un sacrifice pour le délit, et pareillement au grand jour des propitiations, le dixième jour du septième mois (ch. 16).

Dans les visions d’Ézéchiel quant au royaume à venir sur la terre, il y a aussi des dispositions pour l’holocauste, le sacrifice pour le péché, le sacrifice pour le délit et les offrandes de gâteau (Éz. 40:38, 42 ; 42:13 ; 44:29). L’épître aux Hébreux n’est pas un problème car elle traite de l’abolition de ces ombres pour le chrétien seulement. Nier les espérances futures d’Israël dans la miséricorde de l’Éternel n’est qu’une vaine auto-suffisance ; c’est se prétendre les seuls objets de la grâce, rechercher une exaltation qui appartient en propre à Israël, et c’est perdre le privilège spécial du chrétien de souffrir avec Christ dans l’attente de la gloire céleste.

Il est bien spécifié que la personne en question ne l’avait pas su mais était coupable (5:17). L’Éternel voulait exercer son peuple à avoir le sens de ce qui était dû au fait d’être en relation avec Lui et d’avoir le signe de Sa présence au milieu d’eux. Il voulait qu’ils lisent ou écoutent sa parole avec un esprit sérieux et un coeur soumis. Ce n’était pas une affaire de conscience, ou d’immoralité ouverte, comme lorsqu’un sacrifice pour le péché était prescrit ; mais il s’agissait d’infidélité à l’égard de l’un des commandements de l’Éternel touchant la position privilégiée dans laquelle ils étaient placés en relation avec Lui.

C’est pourquoi il était bien nécessaire de tenir soigneusement compte des statuts et jugements de l’Éternel. L’ignorance n’était pas admise comme excuse. Ils étaient Israélites, et l’Éternel leur avait imposé des commandements auxquels ils étaient obligés de se conformer. Quelqu’un les ignorait-il ? Il était quand même coupable ; l’indifférence à Ses exigences était l’état antérieur. Mais qu’était-ce à Ses yeux ; qu’est-ce que cela manifestait dans l’Israélite ? Fallait-il que l’Éternel soit aveugle parce que l’individu avait négligé de savoir ce qui était expressément écrit dans Sa loi, même si ce n’était pas dans les dix commandements ? Il était coupable et devait porter son iniquité (avon) (5:17). C’est pourquoi il devait amener au sacrificateur un bélier sans défaut, pris du menu bétail, selon l’estimation de Moïse, en sacrifice pour le délit. Ni erreur ni ignorance ne mettait à l’abri de la culpabilité et ne rendait facultatif le sacrifice indispensable pour un tel cas. Il y avait besoin d’être pardonné pour celui qui offrait ainsi. Nous avons même ici un langage très énergique : «c’est un sacrifice pour le délit : certainement il s’est rendu coupable envers l’Éternel». Sinon l’homme se serait empressé de trouver des excuses.

 

4.7   Chapitre 5 v. 20-26    Encore le sacrifice pour le délit

Bible Treasury N2 p. 115

Il y a encore une autre forme de sacrifice pour le délit, pour la tromperie contre le prochain, ou le mensonge sur une chose perdue. L’Éternel comptait cela comme une atteinte indirecte contre Lui-même, le cas précédent étant une atteinte directe. S’agissant d’une relation avec un prochain, il n’était pas supposé que l’affaire puisse être ignorée, comme cela pouvait l’être que trop facilement, hélas, dans les affaires touchant les commandements de l’Éternel. Il est évident que ces 7 versets sont la conclusion convenable du chapitre 5, comme dans la Bible hébraïque, bien que ce soit une nouvelle instruction commençant par «L’Éternel parla à Moïse». Ce n’est pas le point de départ d’un nouveau chapitre (ch. 6) comme dans la Bible anglaise. Il est surprenant que la version anglaise révisée (R.V.) n’ait pas rectifié cette erreur ; cela montre combien ses auteurs ont été entravés par des préjugés ou des contraintes. Car une telle séparation de chapitre casse le caractère vraiment complémentaire du lien avec 5:14-19 et elle interfère avec l’ordre dû aux lois des sacrifices.

«(5:20) Et l’Éternel parla à Moïse, disant : (5:21) Si quelqu’un a péché, et a commis une infidélité envers l’Éternel, et a menti à son prochain pour une chose qu’on lui a confiée, ou qu’on a déposée entre ses mains, ou qu’il a volée, ou extorquée à son prochain ; (5:22) ou s’il a trouvé une chose perdue, et qu’il mente à ce sujet, et qu’il jure en mentant à l’égard de l’une de toutes les choses qu’un homme fait de manière à pécher en les faisant ; (5:23) alors, s’il a péché et qu’il soit coupable, il arrivera qu’il rendra l’objet qu’il a volé, ou la chose qu’il a extorquée, ou le dépôt qui lui a été confié, ou la chose perdue qu’il a trouvée, (5:24) ou tout ce à l’égard de quoi il a juré en mentant ; et il restituera le principal, et ajoutera un cinquième par-dessus ; il le donnera à celui à qui cela appartient, le jour de son sacrifice pour le délit. (5:25) Et il amènera, pour l’Éternel, au sacrificateur, son sacrifice pour le délit, un bélier sans défaut, pris du menu bétail, selon ton estimation, en sacrifice pour le délit. (5:26) Et le sacrificateur fera propitiation pour lui devant l’Éternel ; et il lui sera pardonné, quelle que soit la faute qu’il ait faite en laquelle il s’est rendu coupable» (5:20-26).

Quelle grâce de la part de l’Éternel de regarder les torts contre le prochain également comme des torts contre Lui-même, et de demander à la fois une réparation du tort et un sacrifice pour répondre à la culpabilité. Il était nécessaire à Sa gloire et aux besoins de l’homme qu’il y eut une ordonnance spéciale traçant la ligne de démarcation entre ce qui revient à l’un et à l’autre. Le délit contre un prochain donne lieu à une nouvelle déclaration de l’Éternel à Moïse, au lieu d’un simple appendice, comme les versets 5:17-19 le sont vis-à-vis des versets 5:14-16, cet appendice refusant l’excuse d’ignorance dans les choses saintes à l’Éternel.

 

Comme on pouvait s’y attendre, il y avait passablement de variété dans les fautes nécessitant un sacrifice pour le délit. La première forme de culpabilité dénoncée apparaît être un manquement à la confiance faite en matière privée. Quelque chose ayant une valeur ou un document utile avait été donné à garder à un ami ; ce pouvait être un animal ou un livre prêtés, ou une hache empruntée, ou de l’argent confié, même pas beaucoup. Mais l’Éternel le savait, et liait les droits de l’Israélite confiant avec Son propre Nom.

Le cas suivant prévu, semblerait avoir un caractère plus public, de troc ou une association virtuelle, peut-être en affaire, et le mal commis n’était pas vu comme une faute directe mais comme un manquement à une responsabilité, malgré de bonnes apparences. La distinction entre les différents cas est la suivante (elle suit les meilleures autorités juives, et non pas les Septante ou la KJV) : le premier cas est un dépôt confié pour mise en garde ; le second est un prêt ; puis on a l’exercice violent de la puissance, puis la tromperie en retenant un gage ; tout cela pouvait être fort commun et viser beaucoup de fautes offensant l’Éternel. Ensuite on a quelqu’un qui trouve un objet perdu par le prochain, et qui ment à cet égard, ou même fait un faux serment.

Dans tous les cas, l’Éternel demandait un sacrifice pour le délit aussi rigoureusement que dans les infidélités en rapport avec Ses choses saintes. Non seulement il fallait restituer le principal, mais il fallait y ajouter une double dîme, ou un cinquième, à titre d’amende. Et comme Son honneur lui-même était en cause, qu’il s’agissait d’un manquement à la sainte relation d’Israël avec son Dieu, un bélier sans défaut était prescrit : il n’y avait aucune variation permise pour les sacrifices pour le délit. C’est ça et rien d’autre qui permettait au sacrificateur de faire propitiation pour celui qui offrait, «et il lui sera pardonné» ; et il est ajouté de façon bien frappante «quelle que soit la faute qu’il ait faite en laquelle il s’est rendu coupable».

Mais notons bien la différence dans l’ordre prescrit pour la culpabilité à l’égard des choses saintes de l’Éternel (5:14-19) et celle à l’égard des affaires du prochain (5:20-26). Dans le premier, le sacrifice venait d’abord, dans le second c’est la réparation qu’on trouve en premier. Il fallait les deux : dans les deux cas il y avait déshonneur pour l’Éternel ce qui nécessitait à la fois le bélier et la réparation complété par un cinquième. Mais la différence dans l’ordre était là pour faire ressentir au coeur de l’Israélite ce qui touchait directement l’Éternel par rapport à ce qui ne le touchait qu’indirectement (cas des torts au prochain). Qui, si ce n’est Dieu, était capable de fournir à son peuple des distinctions si belles et profitables, dans la sainteté ? Ni Moïse, ni Aaron, ni Samuel, ni David et encore moins leurs successeurs aux jours de ténèbres et de ruine et de laisser-aller. Seul l’Éternel le pouvait, et dès le commencement.

Ce n’est pas la loi qui pouvait proclamer la rémission absolue et éternelle des péchés de tout croyant. Il fallait attendre pour cela, le Seigneur Jésus et Son oeuvre accomplie de rédemption dans l’évangile. Car «le sang de Jésus Christ, le Fils de Dieu, nous purifie de tout péché» (1 Jean 1:7). Mais pour l’Israélite repentant, conscient d’avoir péché honteusement, et d’avoir porté atteinte au caractère sacré de la sainte position du peuple de l’Éternel, ces ordonnances de la loi n’étaient pas une maigre consolation donnée ainsi par l’Éternel juste.

 

5                        Chapitre 6 à 7    Les lois des sacrifices

5.1   Chapitre 6 v. 1-6    La loi de l’holocauste

Bible Treasury N2 p. 130

Ces lois des sacrifices ajoutent des particularités supplémentaires importantes, soulignant les caractères propres des sacrifices, et déterminant spécialement où la communion était permise et prescrite. La première, celle de l’holocauste, est une exception, quoique même là, la peau de la victime était attribuée de droit au sacrificateur. La portion de celui qui offrait, où et combien, est indiquée soigneusement.

«(6:1) Et l’Éternel parla à Moïse, disant : (6:2) Commande à Aaron et à ses fils, en disant : C’est ici la loi de l’holocauste. C’est l’holocauste : il sera sur le foyer sur l’autel toute la nuit jusqu’au matin ; et le feu de l’autel brûlera sur lui. (6:3) Et le sacrificateur revêtira sa tunique de lin, et mettra sur sa chair ses caleçons de lin, et il lèvera la cendre de l’holocauste que le feu a consumé sur l’autel, et la mettra à côté de l’autel ; (6:4) et il ôtera ses vêtements, et revêtira d’autres vêtements, et il emportera la cendre hors du camp en un lieu pur. (6:5) Et le feu qui est sur l’autel y brûlera ; on ne le laissera pas s’éteindre. Et le sacrificateur allumera du bois sur ce feu chaque matin, et y arrangera l’holocauste, et y fera fumer les graisses des sacrifices de prospérités. (6:6) Le feu brûlera continuellement sur l’autel, on ne le laissera pas s’éteindre» (6:1-6).

Communiqué à Moïse, c’était un commandement pour toute la maison sacerdotale. Tous ceux qui en faisaient partie étaient concernés, et ils étaient un type de Christ et des siens, Christ comme Fils sur sa maison, et nous sommes sa maison (Héb. 3:6). La loi de l’holocauste est établie ici clairement. Il devait être sur le foyer sur l’autel toute la nuit jusqu’au matin. Sans cette prescription, on aurait pu penser que le sacrifice ne devait être offert sur l’autel que pendant la journée, de façon que celui qui l’offrait puisse se réjouir en voyant ce qui le rendait agréable. L’accent est mis ici au contraire sur le fait que l’holocauste devait fumer «toute la nuit jusqu’au matin, et le feu de l’autel brûlera sur lui».

Ici, comme ailleurs nous discernons la portée de ces types, sauf cas exceptionnel. C’est pour le soulagement de la foi maintenant au jour de la tentation dans le désert (Héb. 3:8). Le matin sans nuage (2 Sam. 23:4) n’est pas encore apparu. C’est encore la nuit pour Christ rejeté par les hommes, bien que la nuit soit fort avancée et que le jour soit proche (Rom. 13:12). Mais pendant tout ce temps de ténèbres, il est rendu témoignage à ce que nous sommes agréés. La propitiation est faite pour chacun, individuellement, qui s’associe par la foi avec l’holocauste. L’homme peut sommeiller, le monde peut être enveloppé de ténèbres, mais celui qui offrait avait la satisfaction de savoir que le feu était entretenu continuellement sur l’autel et consumait son sacrifice par feu qu’il avait offert, une odeur de repos à l’Éternel.

Ce qui était si soigneusement commandé, n’apparaît guère au chapitre 1 qui traite en entier des instructions générales sur l’holocauste, ses différentes formes, la pureté sans défaut requise pour chacune de ces formes, la présentation de la victime, l’aspersion du sang, le découpage en morceaux de la victime et son lavage. Le chapitre 6 passe par-dessus tout cela sauf le fait de tout mettre sur le bois sur le feu de l’autel. C’est au chapitre 6 et non pas au chapitre 1 qu’il est insisté sur le fait que le sacrifice brûle continuellement toute la nuit jusqu’au matin. Tandis qu’Israël dormait dans la nuit, l’odeur agréable du sacrifice montait pour celui qui l’avait offert, immanquablement efficace : même Israël toujours aussi impénitent, est gardé pour la bénédiction qui ne manquera pas de venir, quand ils diront : «Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur».

Les versets 3 et 4 donnent des détails précis sur l’habillement du sacrificateur officiant : il devait avoir soin de mettre des vêtements de lin, qui nous parlent de justice sans tache. C’était les vêtements que le souverain sacrificateur portait quand il entrait dans le lieu très-saint au jour des propitiations (ch. 16) et c’est aussi ces mêmes vêtements que le sacrificateur devait revêtir pour prendre les cendres de l’holocauste brûlé au feu sur l’autel, et les mettre à côté de l’autel (6:3). Mais il devait se changer et mettre d’autres vêtements s’il s’agissait d’emporter finalement les cendres en un lieu pur hors du camp (6:4).

Aux versets 5 et 6, le feu et son maintien continuel sont à nouveau mentionnés avec insistance. Non seulement le sacrificateur devait allumer du bois sur le feu chaque matin, et y arranger l’holocauste, mais il devait faire fumer dessus les graisses des sacrifices de prospérités. Et la loi du sacrifice s’achève avec le feu brûlant continuellement sur l’autel ; il ne devait jamais s’éteindre. Quel type pourrait mieux rendre combien l’Éternel agréait ce qui était offert et ceux qui offraient et quelle odeur de repos immuable était devant Lui ?

Je ne pense pas que ce feu continuel pendant la nuit soit un type exprimant la vérité de la fumée du tourment des perdus montant aux siècles des siècles (Apoc. 14:11 ; 19:3). C’est beaucoup plutôt un témoignage rendu à ce merveilleux lieu de rencontre entre Dieu et le pécheur apportant l’holocauste. Mais l’incrédule, ou bien se passe d’holocauste ou bien foule au pied le Fils de Dieu estimant Son sang comme profane (Héb. 10:29). C’est ainsi que l’épître aux Hébreux parle de «notre Dieu» (non pas simplement Dieu de façon abstraite), comme étant «un feu consumant». C’était un sacrifice brûlant continuellement pour être agréé. Il préfigurait Christ se donnant Lui-même absolument à Dieu, pour nous, même jusqu’à la mort ; il n’en ressortait qu’une odeur agréable, même dans une pareille épreuve allant jusqu’à toute extrémité. Là, Dieu a été glorifié quant au péché en Celui qui n’avait pas connu le péché (2 Cor. 5:21) ; le résultat pour le croyant est une efficacité parfaite et éternelle.

Ainsi en sera-t-il à la fin, pour Israël, pour le siècle à venir, quand ils se réveilleront de leur long sommeil dans la poussière de la terre. Ils contempleront, comme au matin, l’holocauste méprisé pendant la nuit sombre. Ils se repentiront en reconnaissant leur honteuse incrédulité, quand ils regarderont au Messie, frappé, battu de Dieu, et affligé ; tandis qu’ils reconnaîtront avec actions de grâce qu’Il avait été percé pour leurs transgressions et meurtri pour leurs iniquités — de sorte que le châtiment de leur paix a été sur Lui et que par ses meurtrissures, ils peuvent être guéris (És. 53:4-5). Le feu brûlant continuellement sur l’autel fait contraste avec la fumée de Babylone ou des adorateurs de la Bête (Apoc. 14:11 ; 18:8-10 ; 19:3). C’est Christ qui est l’holocauste à Dieu pour tous ceux qui croient.

 

5.2   Chapitre 6 v. 7-11    La loi de l’offrande de gâteau

Bible Treasury N2 p. 146

Sous cette loi, ce qui est mis tout spécialement en relief, c’est le fait, pour Aaron et ses fils, de manger la Minchah, ou offrande de gâteau. Tous les mâles d’entre les descendants d’Aaron devaient en manger. Ce point est en contraste complet avec l’Olah, ou holocauste, dont rien ne pouvait être mangé, mais tout devait monter vers Dieu. Cependant, quelle que soit l’importance propre de l’offrande de gâteau, celle-ci devait seulement accompagner l’holocauste ; et ainsi il n’y a pas d’introduction distincte d’un nouveau discours de l’Éternel [par l’expression et l’Éternel parla à Moïse], mais les versets de 6:7-11 sur l’offrande de gâteau s’enchaînent directement à la suite de 6:1-6 comme le chapitre 2 faisait une suite directe au chapitre 1.

«(6:7) Et c’est ici la loi de l’offrande de gâteau : les fils d’Aaron la présenteront devant l’Éternel, devant l’autel. (6:8) Et il lèvera une poignée de la fleur de farine du gâteau et de son huile, et tout l’encens qui est sur le gâteau, et il fera fumer cela sur l’autel : une odeur agréable de mémorial à l’Éternel. (6:9) Et ce qui en restera, Aaron et ses fils le mangeront ; on le mangera sans levain, dans un lieu saint ; ils le mangeront dans le parvis de la tente d’assignation. (6:10) On ne le cuira pas avec du levain. C’est leur portion, que je leur ai donnée, de mes sacrifices faits par feu. C’est une chose très-sainte, comme le sacrifice pour le péché et comme le sacrifice pour le délit. (6:11) Tout mâle d’entre les enfants d’Aaron en mangera : c’est un statut perpétuel en vos générations, [leur part] des sacrifices faits par feu à l’Éternel ; ce qui [ou : quiconque] les touchera sera saint» (6:7-11).

Les variétés de forme de l’offrande de gâteau qu’on avait vues au chapitre 2 sont entièrement omises ici. De cette loi du sacrifice on ne peut rien tirer à l’égard de ces formes variées, sinon une grande vérité générale : le type, ou ombre (Héb. 8:5 ; 10:1) de Christ — non pas se livrant Lui-même à l’Éternel par une mort expiatoire, sans défaut et sans réserve — mais plutôt Christ, dans la perfection de sa vie sur la terre, entièrement pur et dans la puissance de l’Esprit, le feu n’ayant d’autre effet que de faire monter une odeur sans pareil, l’un comme l’autre [avant et après l’effet du feu] étant un sacrifice par feu à l’Éternel en odeur de repos (= odeur agréable). Les chapitres 1 à 3 nous donnent pourtant ce qui distingue l’offrande de gâteau d’avec l’holocauste. Pour l’offrande de gâteau, ce qui était pris et fait fumer en mémorial sur l’autel, n’était que ce que le sacrificateur prenait, une poignée de fleur de farine de cette offrande de gâteau et son huile avec l’encens : tout le reste de l’offrande de gâteau allait à Aaron et ses fils.

Mais la loi de l’offrande de gâteau commence par «les fils d’Aaron» l’offrant «devant l’Éternel, devant l’autel». Il pouvait n’y avoir qu’un seul sacrificateur officiant pour lever le mémorial (6:8) pourtant tous les fils d’Aaron étaient concernés (*). C’était une nourriture sacerdotale, non pas proprement une nourriture de l’homme, quoi que ce soit vrai du blé et de l’huile en général. C’était la Minchah ou offrande de gâteau à l’Éternel, suivant l’holocauste et non pas l’inverse. Dans les deux cas celui qui offrait était un Israélite, un homme pécheur ; pourtant, l’offrande n’était pas en vue de son péché ou de sa culpabilité comme les sacrifices pour le péché ou pour le délit, mais l’offrande était la disposition divine prise pour qu’il soit agréable quand il s’approchait. Il n’y en avait qu’Un qui pouvait prétendre être absolument approprié à être offert devant l’Éternel devant son autel. Tout autre avait d’abord besoin d’un sacrifice pour le péché. Dans l’holocauste, la mort était, plutôt et seulement, la glorification de Dieu dans le Fils de l’homme souffrant, Lui-même étant en cela moralement glorifié comme Dieu l’était. Encore une fois, le feu de Dieu ne faisait rien ressortir de toute son activité ici-bas, depuis la moindre jusqu’à la plus élevée, sinon une odeur parfaite devant Dieu. Lui seul était en mesure de l’apprécier correctement ; et c’est ainsi que «tout l’encens» avec un échantillon de tout le reste était fait fumer à l’Éternel.

(*) note Bibliquest : La version JND traduit 6:7 «… l’offrande de gâteau : [l’un] des fils d’Aaron la présentera», la présence de crochets montrant que «l’un» n’est pas dans le texte original ; WK traduit «les fils d’Aaron la présenteront»].

 

Mais ici, l’accent est mis sur ce qui restait : «Et ce qui en restera, Aaron et ses fils le mangeront», non pas les fils d’Aaron seulement, mais Aaron avec eux (6:9). C’est la maison sacerdotale dans son entier, Christ et les siens : car nous sommes sa maison, nous qui participons à l’appel céleste (Héb. 3:1-6 ; cf. 2:11-13). La manne est une figure du Seigneur donné du ciel pour la nourriture d’Israël : et en Jean 6, le Seigneur déclare qu’Il est lui-même le pain de vie pour quiconque voit le Fils et croit en lui ; le pain vivant descendu du ciel, et il l’est si pleinement et si librement que quiconque (pas seulement les Juifs) mange de ce pain vivra éternellement. Croire en Christ donne la vie éternelle pour le pécheur. Mais, en outre, par la grâce et par la même foi, nous devenons une sainte sacrificature (1 Pier. 2) et, approchés ainsi de Dieu, nous mangeons la nourriture qui est le propre de la famille (les filles mangeaient comme les fils), l’offrande des choses saintes, les premiers fruits d’un très beau pays.

À côté de cette nourriture sainte, il y avait un privilège plus restreint qui était seulement la part des mâles, c’est-à-dire des fils d’Aaron non pas des filles. Ces types trouvent aujourd’hui leur contrepartie dans ceux qui sont du Christ, et pour lesquels se nourrir de Christ appartient au fait de se tenir dans le sanctuaire, et de s’approprier ses privilèges selon la mesure où le croyant réalise sa proximité avec Dieu. Plus nous nous approprions la place en Sa présence par l’oeuvre de Christ, plus nous jouissons de Lui comme la nourriture de nos âmes, pas seulement l’indispensable pour avoir la vie, — mais cette jouissance passe par la communion et l’appréciation dans l’Esprit de toute la perfection que Dieu a trouvé en Christ lorsqu’il était éprouvé jusqu’au fond dans Son chemin ici-bas. C’est ce qu’on a quand les Évangiles procurent aux pensées spirituelles du croyant, un délice particulier et une joie divine dans ce qu’ils révèlent de Christ ici-bas. Ceux qui n’entrent pas dans la proximité présente de Dieu à laquelle ils ont droit par l’oeuvre expiatoire, ceux là trouvent plutôt leur consolation dans les Épîtres, notamment celles aux Romains, aux Galates et aux Hébreux, outre la première épître de Pierre. Ceci est bien et c’est de Dieu, mais en tant que sacrificateurs nous avons droit à avoir beaucoup plus de Christ.

Le sens exact du verset 9 n’est pas «on le mangera avec du pain sans levain dans le lieu saint», mais «on le mangera sans levain dans un lieu saint», c’est-à-dire plutôt dans le parvis que dans l’habitation réservée à l’usage exclusif de l’Éternel ; d’ailleurs c’est ce que précise la dernière phrase du verset 9.

Au verset 10 le bannissement de toute corruption est soigneusement répété, selon ce qu’on avait déjà vu au chapitre 2. C’est ainsi que l’Écriture dit de Christ que, non seulement, il n’y avait pas de péché en Lui (1 Jean 3:5), mais qu’Il n’a pas connu le péché (2 Cor. 5:21). Quel contraste avec tous les autres hommes ! Il est pourtant devenu si proche, et il a connu l’humanité incomparablement mieux que le premier homme au temps de sa création, — lequel a été créé directement adulte, alors que Christ, le Second homme, est né de femme (Gal. 4:4) : Il a été bébé, jeune, homme, et a été testé comme aucun autre ne l’a été, et encore moins Adam avant la chute. Pourtant, devenu chair, et éprouvé au-delà de tout dans un monde où règne le mal, Il a toujours été le Saint de Dieu, comme le criaient les démons, et comme la voix du Père a proclamé : «Celui-ci est mon Fils Bien Aimé en qui j’ai trouvé mon délice». Si l’holocauste rendait témoignage à la perfection de Son oeuvre dans la mort, l’offrande de gâteau nous montre une perfection non moindre dans ce qu’Il a été ici-bas dans toutes les épreuves imaginables. Quel privilège de se nourrir de Lui, donné ainsi de Dieu comme notre part de Ses sacrifices par feu ! Il s’agit assurément d’une chose très sainte (6:10), comme les sacrifices pour le péché et pour le délit, où une absence totale de trace de corruption était requise : comment aurait-on pu autrement faire propitiation devant Dieu ? Comment le fautif aurait-il pu être pardonné ? Seul Christ a rendu cela possible, Lui que l’incrédulité se complait à rabaisser pour rehausser le moi méchant et pour déshonorer Dieu : en démolissant la personne de Christ et son oeuvre, elle tente d’empêcher la gloire de Dieu autant que la délivrance de l’homme.

Le dernier verset (6:11) répète solennellement le privilège extraordinaire que l’Éternel assure pour toujours à «tout mâle d’entre les enfants d’Aaron», le laissant avoir part à l’offrande de gâteau (en communion avec Lui-même au sujet de Christ). Comme homme, Il a été le délice de Dieu sur la terre, apprécié seulement par ceux ayant libre accès en Sa présence ; car même Israël converti reconnaîtra plus tard, comme étant leur très grand péché, que, lorsqu’ils l’ont vu autrefois, il n’y avait pas d’apparence en Lui pour le leur faire désirer. Il a été méprisé et délaissé des hommes, non pas en raison d’aucun défaut en Lui qui était entièrement parfait, mais parce que l’homme était autant aveugle que méchant, et même ennemi de Dieu. Mais Christ étant ce qu’Il est et ayant, par ses souffrances, fait la propitiation, tout est maintenant changé pour le croyant. «Quiconque [ou quoi que ce soit] les touchera [les sacrifices par feu à l’Éternel] sera saint». Non seulement l’offrande de gâteau était «très sainte», mais tout ce qui venait à son contact était retiré de l’usage commun et séparé pour l’Éternel.

 

5.3   Chapitre 6 v. 12-16    La loi de l’offrande de gâteau d’Aaron et ses fils [au jour de leur consécration]

Bible Treasury N2 p. 182

La loi suivante fait l’objet d’une nouvelle communication divine. C’était un cas spécial, particulier à Aaron et ses fils, et limité au jour de leur onction. L’ordonnance générale de la loi sur l’offrande de gâteau était au contraire rattachée à celle de l’holocauste, dont elle était un complément ordinaire. Il n’y avait pas plus de loi séparée pour l’offrande de gâteau, que pour l’institution de base aux chapitres 1 et 2, du fait que l’offrande de gâteau n’était pas offerte séparément. Au début et à la fin, l’holocauste et l’offrande de gâteau étaient liés ensemble. C’est ainsi que nous honorons le Seigneur Jésus dans notre foi : non seulement Son dévouement en se livrant Lui-même à la mort en sacrifice, mais dans toutes les saintes activités de Sa vie, toujours marquées par l’obéissance. Le Père a trouvé en Lui Son délice et Sa voix l’a proclamé. Mais n’est-ce pas très instructif que dans la révélation de ces tableaux divins, ce qui vient en premier c’est l’holocauste, non pas l’offrande de gâteau ? Celle-ci suit simplement, et toujours, comme un ajout, même si Christ, dans sa vie et dans son oeuvre, a vécu cela dans l’ordre inverse. Quelle différence de langage chez tous ceux qui s’appesantissent sur l’Incarnation pour déprécier l’Expiation ! Dieu met de côté ce que nous aurions estimé être l’ordre naturel, même pour Christ et son oeuvre.

«(6:12) Et l’Éternel parla à Moïse, disant : (6:13) C’est ici l’offrande d’Aaron et de ses fils, qu’ils présenteront à l’Éternel, le jour de son onction : un dixième d’épha de fleur de farine, en offrande de gâteau continuelle, une moitié le matin, et une moitié le soir. (6:14) Elle sera apprêtée sur une plaque avec de l’huile : tu l’apporteras mêlée [avec de l’huile] ; tu présenteras les morceaux cuits du gâteau en odeur agréable à l’Éternel. (6:15) Et le sacrificateur d’entre ses fils qui sera oint à sa place, fera [ou : offrira] cela ; [c’est] un statut perpétuel : on le fera fumer tout entier à l’Éternel. (6:16) Et tout gâteau de sacrificateur sera [brûlé] tout entier ; il ne sera pas mangé» (6:12-16).

Dans une offrande de gâteau ordinaire, d’un Israélite à l’Éternel, après que le sacrificateur officiant ait pris sa portion et l’ait fait fumer sur l’autel, le reste était pour Aaron et ses fils. Cela représentait Christ, une offrande continuelle à Dieu tout au long de ses jours ici-bas, et entièrement séparé pour faire la volonté de Dieu et pour sa gloire. Seuls ceux qui s’approchaient de Dieu, la classe sacerdotale, pouvaient apprécier Christ de cette manière ; non pas l’Israélite ordinaire, mais seulement ceux qui avaient libre accès au sanctuaire. C’était à eux à se nourrir de Christ vivant ainsi à cause du Père. Telle était la part des pères dans la famille chrétienne selon la première épître de Jean (les pères étant bien différenciés des jeunes gens ou des petits enfants, les paidia, ces derniers ne devant pas être confondus avec les teknia, les enfants, terme qui embrasse les trois catégories) : leur caractéristique est de connaître Celui qui est dès le commencement, c’est-à-dire Christ tel qu’Il était ici-bas, faisant connaître Dieu (Jean 1:18) et manifestant le Père (Jean 14:9-10).

Tous les disciples croyaient qu’Il était le Christ et ils étaient nés de Dieu (1 Jean 5:1) ; seuls les pères Le connaissaient comme Celui qui était dès le commencement ; eux seuls trouvaient leur délice et leur nourriture dans Sa personne tel qu’Il était lorsqu’Il marchait sur la terre, parfaitement Dieu et parfaitement homme en un seule Personne, résolvant les questions selon qu’elles se posaient jour après jour — Dieu seul pouvait faire cela, — étant Dieu manifesté en chair et dans ses voies tout autant qu’en paroles. Personne, pas même des douze, ne pouvait être ainsi caractérisé comme «pères» quand Christ était ici-bas. Ce n’est que quand le Saint Esprit a été donné qu’une telle catégorie de personnes a commencé à exister ; et grâces à Dieu, ce ne sont pas seulement des apôtres ou des prophètes, ou des évangélistes ou des pasteurs ou des docteurs qui ont pu être pères. Cela ne dépendait nullement des dons reçus, mais de la manière dont on entrait, enseigné de l’Esprit, en Christ tel que manifesté ici-bas, et tel que présenté dans les évangiles. C’est avec ce Christ-là que les pères ont communion. Combien peu y en a-t-il jamais eu ! Les biographies et autobiographies, les écrits et les lettres, même ce qui émane des meilleurs serviteurs de Dieu, tout prouve abondamment cette rareté, et l’expérience de la vie le confirme.

Mais la différence essentielle de l’offrande de gâteau selon 6:12-16 est qu’on la faisait fumer tout entière à l’Éternel. La mesure d’un dixième d’épha, ou d’omer, de fleur de farine selon ce qui est prescrit ici, c’est la même quantité que la ration journalière de manne de l’Israélite (Ex. 16). Rien n’était gardé pour la nourriture des sacrificateurs. Pour l’offrande de gâteau continuelle, on en utilisait la moitié le matin et la moitié le soir, mais rien n’en était mangé : tout devait être fait fumer sur l’autel. La raison est simple. Il s’agissait de l’offrande des sacrificateurs, et tout montait vers l’Éternel. Quand un Israélite offrait pour lui-même, les sacrificateurs — tous les mâles — avaient le privilège de manger de l’offrande de gâteau, dans un lieu saint ; mais leur offrande au jour de l’onction était toute pour l’Éternel, comme un holocauste. Il n’était pas question de communion avec d’autres, mais il s’agissait de Christ entièrement offert en odeur agréable à l’Éternel, de leur part.

 

5.4   Chapitre 6 v. 17-23    La loi du sacrifice pour le péché

Bible Treasury N2 p. 178

La division en chapitre est fautive. Lév. 6:17-23 ne devrait pas être séparé de 7:1-21 car Lév. 6:17-23 est proprement le commencement de cette section, et l’ensemble ne constitue qu’une seule communication de la part de l’Éternel.

«(6:17) Et l’Éternel parla à Moïse, disant : (6:18) Parle à Aaron et à ses fils, en disant : C’est ici la loi du sacrifice pour le péché : au lieu ou l’holocauste sera égorgé, le sacrifice pour le péché sera égorgé devant l’Éternel : c’est une chose très sainte. Le sacrificateur qui l’offre pour le péché le mangera ; on le mangera dans un lieu saint, dans le parvis de la tente d’assignation. (6:20) Quiconque en touchera la chair sera saint ; et s’il en rejaillit du sang sur un vêtement, ce sur quoi le sang aura rejailli, tu le laveras dans un lieu saint ; (6:21) et le vase de terre dans lequel il a été cuit sera cassé ; et s’il a été cuit dans un vase d’airain, il sera écuré et lavé dans l’eau. (6:22) Tout mâle d’entre les sacrificateurs en mangera : c’est une chose très sainte. (6:23) Nul sacrifice pour le péché dont le sang sera porté dans la tente d’assignation pour faire propitiation dans le lieu saint, ne sera mangé ; il sera brûlé au feu» (6:17-23)

Aucun manque de considération, fusse-t-il limité aux apparences, ne pouvait être toléré dans le sacrifice pour le péché. Sans doute son caractère est fort éloigné de l’holocauste puisque celui-ci devait rendre agréable tandis que le sacrifice pour le péché devait décharger d’un péché positif. Mais le sacrifice pour le péché devait être égorgé devant l’Éternel au lieu où l’holocauste était égorgé. Ainsi Christ seul a pu être l’accomplissement convenable de l’un et l’autre de ces sacrifices, par Sa mort sur la croix. Pourtant c’était le dernier de tout l’univers auquel on aurait pu penser pour cela : c’est la grâce seule qui l’a donné, Lui qui était un avec le Père et était son plus cher objet de toute éternité. Sur la terre, Il est devenu chair. Il était le Saint de Dieu. Or jamais la sainteté n’a été pareillement prouvée et manifestée que lorsque Dieu Le faisait péché pour nous, Lui qui n’avait pas connu le péché (2 Cor. 5:21). Toujours et entièrement séparé pour Dieu de tout mal, et ne faisant rien que les choses qui plaisaient au Père (Jean 8:29), Il s’est livré Lui-même sur la croix, sans réserve à Dieu et pour sa gloire, pour souffrir le jugement du péché, quel qu’en soit le prix ; et cela lui a tout coûté, même ce qui était la pire horreur pour une personne comme Lui, Fils Bien-Aimé du Père, devenu son Serviteur Juste (És. 53:11), le Témoin fidèle et véritable (Apoc. 3:14). Abandonné par les disciples, rejeté par Israël, crucifié par les Gentils, que voulait dire ce cri : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné» ? (Ps. 22:1). C’est qu’Il était fait péché pour nous. C’est ce qu’Il nous laisse confesser, à nous croyants, comme réponse à son cri. Ne nous étonnons donc pas qu’au niveau du type, le terme le décrivant soit «très saint» (6:18, 22).

«Le sacrificateur qui l’offre pour le péché, le mangera» (6:19). Cette particularité unique ne dirige nos regards que vers Christ ; dans ce fait qu’Il a mangé le sacrifice pour le péché, il ne s’agissait pas, bien sûr, de Son oeuvre lorsqu’il souffrait pour le péché, mais il s’agissait de Son identification avec celui pour qui le sacrifice était offert. On voyait à l’évidence la sainteté de la victime et la justice du jugement exécuté, mais qu’était la grâce en Christ qui lui faisait reconnaître comme sien le péché de celui qui offrait ? C’est là que nous connaissons son service d’avocat auprès du Père, «si quelqu’un a péché» (1 Jean 2:1). Il y a plus que seulement sa mort expiatoire. C’est comme «vivant aux siècles des siècles» (Apoc. 1:18) que Christ réalise cette action du sacrificateur officiant de manger le sacrifice pour le péché. Il fallait le manger dans un lieu saint, dans le parvis de la tente d’assignation (6:19).

La puissance sanctifiante de ce sacrifice est attestée de manière frappante dans les versets 20 et 21. «Quiconque en touchera la chair sera saint ; et s’il en rejaillit du sang sur un vêtement, ce sur quoi le sang aura rejailli, tu le laveras dans un lieu saint ; et le vase de terre dans lequel il a été cuit sera cassé ; et s’il a été cuit dans un vase d’airain, il sera écuré et lavé dans l’eau» (6:20-21). Le sacrifice pour le péché était pour Dieu de la part des pécheurs ; il ne devait servir à rien d’autre, ni à aucun usage commun. Il ne devait plus y avoir de trace du sacrifice, ni sur les vases de terre, ni sur les vases d’airain, mais pour celui qui offrait, le sacrifice apportait le pardon du péché.

Le verset 22 nous introduit dans une vérité de portée bien plus étendue que le verset 19, bien qu’on ne puisse en comparer la profondeur. «Tout mâle d’entre les sacrificateurs en mangera». Ce n’était pas restreint au sacrificateur officiant. Tous les sacrificateurs mâles en mangeaient. Ceux qui ont accès à Dieu sont appelés à s’identifier avec le péché de leur frère. Christ l’a fait par excellence ; ceux qui ont accès à Dieu ont à prendre sa suite dans ce rôle, affermis dans la grâce qui est en Lui, et confessant le péché d’un autre comme étant le leur. Car si Christ les a aimés, ne les a-t-Il pas lavés de leurs péchés dans son sang et ne les a-t-Il pas faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ? (Apoc. 1:5-6). Notons la répétition de l’expression «c’est une chose très sainte», combien elle est belle et opportune. Car bien des sacrificateurs mâles pouvaient soit oublier de manger comme Éléazar et Ithamar (10:16-18), soit manger de manière profane comme les fils d’Éli (1 Sam. 2:12-17), amenant les gens à mépriser l’offrande de l’Éternel. En effet, c’est bien «une chose très sainte» à ne manger que dans un lieu saint.

Le verset 23 départage les sacrifices pour le péché ordinaires auxquels les sacrificateurs avaient part, d’avec les cas plus solennels où la victime était brûlée dans un lieu net hors du camp, le sang étant alors porté dans le sanctuaire pour faire propitiation. C’était le cas du sacrifice pour le péché du sacrificateur oint ou de toute congrégation selon les deux premiers cas du chapitre 4. Les sacrificateurs ne mangeaient ni de l’un ni de l’autre ; dans les deux cas la communion était interrompue pour tous et devait être restaurée pour tous. Et le contraste est encore plus marqué au grand jour des propitiations (ch. 16) où le fondement des relations avec Dieu était établi pour un an pour tous, les sacrificateurs et le peuple. Tous jeûnaient ce jour-là, personne ne mangeait. Il y avait une autre exception, caractéristique du désert et ne figurant pour cela qu’en Nombres 19, — l’institution qui est la bête noire des rationalistes, et est à l’origine d’abus fielleux de la parole de Dieu, justement parce que ce passage les rend perplexes par-dessus tout. Car leur principe d’incrédulité, qu’ils appellent de la critique scientifique, les aveugle et les empêche de voir aussi bien la vérité en elle-même que sa parfaite relation avec les passages voisins. La génisse rousse était donc entièrement brûlée (sauf un peu de sang préalablement aspergé sept fois devant la tente d’assignation) hors du camp, et les cendres étaient gardées pour la purification du péché. Ce type a ses caractère propres, pleins d’instruction spirituelle pour nous dont la vocation est céleste et qui sommes exposés à la souillure du désert de ce monde que nous traversons en allant vers le repos de Dieu.

Quand il était donc question du sang de propitiation apporté dans le sanctuaire, les sacrificateurs ne mangeaient rien du sacrifice. La victime était brûlée hors du camp. Combien cela a été accompli avec éclat en Christ, sous les deux aspects du sang porté dans le sanctuaire et de la victime brûlée hors du camp ! Christ glorifié à l’intérieur, crucifié à l’extérieur ! Notre place est avec Lui sous ces deux aspects. Ce n’est que lorsqu’il y a restauration d’un individu que les sacrificateurs étaient appelés à manger le sacrifice pour le péché : nous avons ainsi à exercer la sympathie dans l’intercession d’amour.

 

5.5   Chapitre 7 v. 1-7    La loi du sacrifice pour le délit

Bible Treasury N2 p. 194

Il n’est pas étonnant que la même parole introductive de l’Éternel (6:17) regroupe la loi du sacrifice pour le délit avec celle du sacrifice pour le péché, car les deux sont étroitement liés. Mais la loi du sacrifice pour le délit inclut d’autres règles plus larges comme nous allons le voir.

«(7:1) Et c’est ici la loi du sacrifice pour le délit ; c’est une chose très sainte. (7:2) Au lieu où l’on égorge l’holocauste, on égorgera le sacrifice pour le délit, et on fera aspersion de son sang sur l’autel, tout autour. (7:3) Et on en présentera toute la graisse, la queue grasse (*), et la graisse qui couvre l’intérieur, (7:4) et les deux rognons et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau qui est sur le foie, qu’on ôtera jusque sur les rognons. (7:5) Et le sacrificateur les fera fumer sur l’autel, comme sacrifice par feu à l’Éternel : c’est un sacrifice pour le délit. (7:6) Tout mâle d’entre les sacrificateurs en mangera ; il sera mangé dans un lieu saint : c’est une chose très-sainte. (7:7) Comme le sacrifice pour le péché, ainsi est le sacrifice pour le délit ; il y a une seule loi pour eux : il appartient au sacrificateur qui a fait propitiation par lui» (7:1-7).

(*) Note Bibliquest : La traduction JND met simplement la «queue» au lieu de la «queue grasse selon WK».

 

On a défendu — et l’idée s’est assez largement répandue par écrit — que le sacrifice pour le péché était pour le péché dans la chair, et le sacrifice pour le délit pour des actes mauvais. Ce n’est pas du tout soutenable. Aucune distinction pareille n’est suggérée, et cela était impossible du temps de l’Ancien Testament : c’est Christ qui a manifesté cette différence. Comme on l’a déjà vu, le sacrifice pour le péché visait le mal moral en général ; le sacrifice pour le délit visait les torts faits à l’Éternel dans les choses saintes, ou ceux faits à un voisin, — la violation de confiance se traduisant en un tort fait contre l’Éternel — et il y avait la réparation qui s’y rattachait.

Ici dans la loi du sacrifice, le sacrifice pour le délit est qualifié de «chose très sainte». Ce sacrifice était destiné à un type spécial de délit, soit contre Dieu soit contre l’homme, non pas une simple faute morale, mais le manquement dans une relation devant l’Éternel ; il était donc d’autant plus impératif que le sacrifice pour le délit soit une chose très sainte : même dans les choses humaines, le délit était «contre l’Éternel» ; et il nécessitait une contre-partie adéquate sous les deux aspect [vis-à-vis des hommes et vis-à-vis de l’Éternel]. C’est ce qu’on trouve parfaitement et seulement en Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié ; et les résultats produits par ce sacrifice ont effet maintenant tant à l’égard des hommes qu’à l’égard de Dieu. Voyez Saul le persécuteur devenu Paul souffrant ; voyez l’homme excessivement orgueilleux devenu un humble serviteur de Dieu et des hommes pour l’amour de Jésus. La sainteté de Dieu n’a jamais été autant affirmée et n’a reçu de preuve aussi incomparable que lorsque Dieu a fait péché pour nous Celui qui n’avait pas connu le péché, et qu’Il l’a fait malédiction pour des maudits (Gal. 3:13), en sorte que ceux qui croient en Lui sont acquittés pour toujours.

C’est pourquoi on trouve ici les détails de l’égorgement, et de l’aspersion du sang sur l’autel tout autour. Dans l’institution du sacrifice (5:15), le choix d’un bélier était spécifié pour la raison qu’on avait vu, et le médiateur faisait son estimation en sicles d’argent selon le sicle du sanctuaire, et l’amende était déterminée par ajout d’un cinquième donné au sacrificateur ; mais tout cela n’est pas répété au chapitre 7. «La loi» de ce sacrifice pour le délit insiste, en détail et minutieusement, sur ce qui concernait l’Éternel directement, quant au sacrifice : que ce soit pour le péché ou pour le délit, le sacrifice était une «chose très sainte». Si Jésus était le Saint de Dieu, nulle part cela n’a été pareillement démontré que lorsqu’Il a été abandonné de Dieu sur la croix ; nulle part Il n’a glorifié Dieu de manière aussi manifeste, profonde et absolue. C’est aussi pourquoi Dieu L’a glorifié en Lui-même, immédiatement (Jean 13:31-32). L’holocauste rendait témoignage à la parfaite acceptation de Sa mort. ; mais là où l’holocauste était égorgé, c’est là aussi qu’étaient égorgés les sacrifices pour le péché et pour le délit. C’est ici — non pas dans l’institution du sacrifice au chapitre 5 — que nous trouvons le soin pris pour revendiquer pour Dieu toute la graisse, la queue grasse, et la graisse qui couvre l’intérieur, et les deux rognons, et la graisse qui est dessus (7:3-4) : tout cela n’exprimait pas la vie livrée, mais l’énergie intérieure qui plaisait parfaitement à Dieu, et qui ne dégageait que de l’odeur agréable quand elle était éprouvée par tout Son jugement. Quant au sacrificateur (7:5) il est dit qu’il avait à faire fumer ces graisses sur l’autel, comme sacrifice par feu à l’Éternel, alors que d’autres actions sont indiquées ailleurs, soit manger en tant que sacrificateur dans le cas ordinaire (6:19), soit porter hors du camp l’animal tout entier et l’y brûler, dans les cas majeurs.

Un autre point est exposé avec soin (7:6) «Tout mâle d’entre les sacrificateurs en mangera ; il sera mangé dans un lieu très saint». Rien n’était dit à cet égard en 5:14-26. Ces lois des sacrifices ajoutent des règles qu’on ne saurait accuser de répétition inutile. Seule la famille d’Aaron pouvait manger de ces sacrifices pour le péché ou pour le délit. Tout mâle — seulement eux — était appelé à en manger, mais seulement dans un lieu saint. Ici encore (7:6) le sacrifice est désigné comme étant une chose très sainte ; on aurait bien pu l’oublier dans le rituel commandé par l’Éternel, et bien plus encore, dans l’application spirituelle que nous faisons maintenant de ces sacrifices. Car les «saints frères, participants à l’appel céleste» selon Héb. 3:1 ne sont-ils pas l’antitype des fils d’Aaron ? N’avons-nous pas le privilège et la responsabilité de manger non seulement l’offrande de gâteau, et notre portion des sacrifices de prospérités, mais aussi ces sacrifices pour le péché et pour le délit ?

Mais comme Éléazar et Ithamar brûlèrent le bouc (10:16) au lieu de le manger dans un lieu saint, nous pouvons pareillement manquer à faire nôtre les péchés d’un frère, portant le péché et la honte devant Dieu comme si nous étions, nous, les coupables. Condamner son frère, c’est facile et naturel ; s’identifier à lui dans la confession et le deuil mené pour la faute, c’est le privilège manifeste de la famille sacerdotale, au moins pour «tout mâle», c’est-à-dire pour tous ceux qui sont forts en foi, homme ou femme, car dans le Christ Jésus, il n’y a plus de distinction selon la nature dans la chair (Gal. 3:28).

 

5.6   Chapitre 7 v. 8-10    La portion du sacrificateur en général

Bible Treasury N2 p. 211

On trouve ici (7:8-10) des règles supplémentaires sur le revenu du sacrificateur dans l’holocauste et dans l’offrande de gâteau. L’Éternel s’est plu à les ajouter ici, avant de passer à la loi du sacrifice de prospérités, où le sacrificateur officiant avait sa part prescrite, tandis que le souverain sacrificateur et ses fils avaient aussi leur part propre, et d’autres encore, avec une largeur de participants inhabituelle, selon ce que nous verrons plus loin.

«(7:8) Et quant au sacrificateur qui présentera l’holocauste de quelqu’un, la peau de l’holocauste qu’il aura présenté sera pour le sacrificateur : elle lui appartient. (7:9) Et toute offrande de gâteau qui sera cuit au four ou qui sera apprêté dans la poêle ou sur la plaque, sera pour le sacrificateur qui le présente : elle lui appartient. (7:10) Et toute offrande de gâteau pétri à l’huile et sec sera pour tous les fils d’Aaron, pour l’un comme pour l’autre» (7:8-10).

Il est notoire que les commentateurs sur ce sujet sont remarquablement silencieux ; ou bien, s’ils disent quelque chose, ils se réfèrent à l’Éternel Dieu revêtant Adam et Ève de vêtements de peau qu’il leur avait fait (Gen. 3:21). Certains ajoutent Jacob simulant Ésaü avec les peaux de chevreaux faites par Rebecca et disposées sur ses mains et sa nuque afin de tromper le père malvoyant (Gen. 27). De telles applications ne tiennent pas debout, d’autant plus qu’il n’est point ici question de pourvoir au besoin ou à la nudité de celui qui offrait, mais il s’agit ici du sacrificateur officiant, qui représente Christ comme d’habitude — Christ dans sa capacité officielle de sacrificateur — si nous voulons, comme il faut, être cohérents dans la lecture et l’interprétation du type.

Quel sens peut-on donc attribuer, selon les analogies de la loi, à Christ comme sacrificateur recevant pour Lui-même la peau de l’holocauste qu’Il a offert ? Il faut être prudent quand l’Écriture du Nouveau Testament laisse la question au simple jugement spirituel ; mais on peut suggérer que le Sacrificateur a pour Lui-même le mémorial et la manifestation sensible de ce qui fait ressortir, plus que tout autre sacrifice, l’offrande de Lui-même se livrant à Dieu sans réserve. Ce souvenir concret est en rapport avec l’holocauste dont rien ne pouvait être mangé, contrairement à tous les autres sacrifices. Il semble que la peau de l’holocauste ne revenait au sacrificateur que pour l’holocauste «de quelqu’un», autrement dit dans le cas ordinaire. Mais il n’y a pas la moindre suggestion que le sacrificateur se revête de cette peau : il n’était point nu. C’était ainsi son privilège, un échantillon qui restait, un souvenir durable pour Lui de l’offrande Lui-même en sacrifice d’odeur agréable.

Mais l’offrande de gâteau dénotait Christ dans Sa vie, non pas versant son sang ou mourant, mais néanmoins éprouvé par le jugement suprême de Dieu par le moyen du feu consumant qui ne produisait rien d’autre qu’une odeur de repos. Ici (7:9) toutes les offrandes de gâteau revenaient au sacrificateur officiant, qu’elles soient cuites au four, ou apprêtées dans la poêle ou sur la plaque. Ce qui répond à ce type, c’est Christ mis à l’épreuve de toutes les manières ici-bas, et ces offrandes n’étaient pas tant gardées, que mangées. Il y a des épreuves qu’a subies Christ et dans lesquelles Lui seul peut entrer, et que Lui seul est capable d’apprécier. De la grande tentation au désert, aucun détail ne nous est révélé. Mais combien Lui les a bien connues ! Un autre exemple : les disciples endormis ont-ils connu quelque chose de ce qui s’est passé au jardin de Gethsamané ?

L’effort final de Satan au bout de 40 jours de tentation au désert nous est révélé en Matt. 4 et Luc 4. En rapport avec cela, nous lisons en 7:10 «toute offrande de gâteau pétri à l’huile et sec, sera pour tous les fils d’Aaron, pour l’un comme pour l’autre» : Christ et les Siens jouissent ensemble du sacrifice de toute Sa vie ici-bas en offrande à l’Éternel .

 

5.7   Chapitre 7 v. 11-21    La loi du sacrifice de prospérités

Bible Treasury N2 p. 226

L’institution du sacrifice au chapitre 3 traitait de la nature du sacrifice, qu’il soit de gros ou de menu bétail, mâle ou femelle, agneau ou chèvre. Ici au chapitre 7 nous avons d’autres particularités importantes, spécialement les règles pour manger le sacrifice, ce qui est le signe de la communion.

«(7:11) Et c’est ici la loi du sacrifice de prospérités qu’on présentera à l’Éternel : (7:12) si quelqu’un le présente comme action de grâces, il présentera, avec le sacrifice d’action de grâces, des gâteaux sans levain pétris à l’huile, et des galettes sans levain ointes d’huile, et de la fleur de farine mêlée [avec de l’huile], en gâteaux pétris à l’huile. (7:13) Il présentera pour son offrande, avec les gâteaux, du pain levé avec son sacrifice d’action de grâces de prospérités ; (7:14) et de l’offrande entière, il en présentera un en offrande élevée à l’Éternel : il sera pour le sacrificateur qui aura fait aspersion du sang du sacrifice de prospérités ; il lui appartient. (7:15) Et la chair de son sacrifice d’action de grâces de prospérités sera mangée le jour où elle sera présentée ; on n’en laissera rien jusqu’au matin. (7:16) Et si le sacrifice de son offrande est un voeu, ou [une offrande] volontaire, son sacrifice sera mangé le jour où il l’aura présenté ; et ce qui en restera sera mangé le lendemain ; (7:17) et ce qui restera de la chair du sacrifice sera brûlé au feu le troisième jour. (7:18) Et si quelqu’un mange de la chair de son sacrifice de prospérités le troisième jour, [le sacrifice] ne sera pas agréé ; il ne sera pas imputé à celui qui l’aura présenté : ce sera une chose impure ; et l’âme qui en mangera portera son iniquité. (7:19) Et la chair qui aura touché quelque chose d’impur ne sera point mangée : elle sera brûlée au feu. Quant à la chair, quiconque est pur mangera la chair. (7:20) Et l’âme qui, ayant sur soi son impureté, mangera de la chair du sacrifice de prospérités qui appartient à l’Éternel, cette âme-là sera retranchée de ses peuples. (7:21) Et si une âme touche quoi que ce soit d’impur, impureté d’homme, ou bête impure, ou toute autre chose abominable et impure, et qu’elle mange de la chair du sacrifice de prospérités qui appartient à l’Éternel, cette âme-là sera retranchée de ses peuples» (7:11-21).

En premier lieu vient une distinction propre à ce type de sacrifice. Les uns étaient de simples actions de grâces ; les autres correspondaient à un voeu, marquant un dévouement spécial, ou bien c’était des offrandes volontaires, figures puissantes représentant avec autant de puissance l’amour et le délice, sans qu’une circonstance particulière en soit la source . Dans ces deux derniers cas, il y avait donc une profondeur plus grande que pour une action de grâces ; nous y reviendrons plus loin.

On voit ensuite qu’il fallait joindre au sacrifice des gâteaux sans levain pétris à l’huile, et des galettes sans levain ointes d’huile, et de la fleur de farine mêlée avec de l’huile, en gâteaux pétris à l’huile (7:12). De fait, c’était une offrande de gâteau. Christ est devant le coeur, non seulement offert en sacrifice pour nous (sans cela pas de communion), mais aussi dans toute la perfection de ce qu’Il était ici-bas, comme le Seul absolument agréable au Père, faisant toujours les choses qui lui plaisaient (Jean 8:29). Sa mort a eu un caractère et un résultat que rien d’autre ne pouvait produire ; mais Lui-même était l’objet de la parfaite et continuelle satisfaction du Père ; or le Père n’avait jamais trouvé cela auparavant dans aucun homme sur la terre ; c’est tout ceci, où le Saint Esprit agissait en plénitude intérieurement et extérieurement, que représente l’offrande de gâteau offerte à Dieu et accompagnant le sacrifice de prospérités. Nous n’en dirons pas plus ici sur ce sujet, car nous avons déjà vu le type au chapitre 2.

Mais voici une différence bien remarquable : «Il présentera pour son offrande, avec les gâteaux, du pain levé avec son sacrifice d’actions de grâces de prospérités …» (7:13). C’est d’autant plus frappant que tout Israélite commençait l’année sainte par la Pâque où le levain était proscrit sous toutes ses formes ; cette interdiction s’étendait expressément à l’offrande de gâteau comme on l’a bien vu au chapitre 2. Et voilà que dans ce sacrifice de prospérités pour une action de grâces où — pareillement aux deux pains de la fête des semaines (23:17) — le levain était non seulement permis mais prescrit ; or la raison en était la même dans ces deux cas. La sagesse divine pourvoyait aux besoins de l’homme et de sa communion : celui qui offrait était un homme croyant, et il était saint, mais sa nature était prise en compte. Il y avait en lui ce qui n’était pas en Christ. Le levain n’était pas et ne pouvait pas être dans ce qui représentait Christ. Par contre, dans ce qui représentait les saints et leur communion, il fallait la présence de ce qui exprimait la corruption de la nature pour que le type ait la marque de la vérité. Mais même en pareil cas, le levain était inactif, car cuit : c’est pourquoi en 7:13 le pain était levé et en 23:17 il était cuit avec du levain. De toute manière, ce n’est que là qu’il y avait du levain. De l’offrande tout entière (7:14) un gâteau devait être présenté en offrande élevée à l’Éternel, et revenait au sacrificateur qui avait fait l’aspersion du sang. Christ a sa part, et aime avoir sa part dans nos actions de grâces : sans Lui, nous n’aurions aucune action de grâces à offrir.

Ensuite (v. 15 et suivants), nous apprenons la puissance supérieure qui existe dans un voeu ou une offrande volontaire, ce qu’ils y représentent de dévouement de coeur chez celui qui offre, au-delà de la simple action de grâces rendue pour des bénédictions reçues, si bonne et juste soit-elle à sa place. Dans le cas de l’action de grâces, la chair devait être mangée le jour même où le sacrifice était offert : ce n’était que ce jour-là que la communion était acceptable et vraie. S’il y avait du dévouement et de la spontanéité (cas du vœu ou de l’offrande volontaire), il y avait alors une puissance qui maintenait durablement. La chair devait être mangée ce jour-là, mais le reste pouvait l’être aussi le lendemain (7:16). Après ça, plus rien ne devait être mangé (7:17) : «Ce qui restera de la chair du sacrifice sera brûlé au feu le 3° jour». La séparation entre le fait de manger et le fait d’offrir le sacrifice ne pouvait dépasser deux jours. La communion dans la paix et la joie est encouragée, spécialement quand Christ attire le coeur et le remplit dans la puissance de Son sacrifice ; mais la fête ne peut pas être séparée trop longtemps de sa source. Pour être gardé de tomber dans le domaine profane, ce qui restait après le 2° jour devait être brûlé ; le manger le 3° jour était intolérable.

Les versets 7:18-21 donnent des avertissements particulièrement solennels en rapport avec le grand danger d’abuser de la sainte communion. Essayer de prolonger l’apparence de communion était dangereux, et celle-ci ne pouvait alors ni être acceptée ni être imputée à celui qui offrait : «ce sera une chose impure ; et l’âme qui en mangera portera son iniquité». C’était quelque chose d’analogue à ce que le Seigneur faisait à Corinthe (1 Cor. 11) où Sa Cène était prise sans distinguer le corps et sans jugement de soi-même (1 Cor. 11:29, 31). Sa main pesait durement en châtiment d’un tel manque de révérence envers Son corps et Son sang. Ce châtiment n’était pas une damnation selon une superstition ignorante de la grâce, mais seulement un châtiment temporel, pouvant aller jusqu’à la mort : il était exercé pour que les croyants ne soient pas condamnés avec le monde, c’est-à-dire damnés avec le monde.

La sainteté tempère donc la joie de la communion, elle la préserve et la gouverne. «Et la chair qui aura touché quelque chose d’impur ne sera point mangée : elle sera brûlée au feu» (7:19). Une familiarité intempestive est une offense à l’expression de la louange et de la bénédiction. À quoi correspond le fait de chanter à Dieu ce que nous savons n’être ni vrai ni bienséant ? Comme nous sommes solennellement tenus de faire disparaître de telles choses !

Même si tout Israélite pouvait être invité et participer à la fête, il y avait néanmoins une condition impérative (7:19) : il devait être pur. «Quant à la chair, quiconque est pur mangera la chair». «Et l’âme qui, ayant sur soi son impureté, mangera de la chair du sacrifice de prospérités qui appartient à l’Éternel, cette âme-là sera retranchée de ses peuples. Et si une âme touche quoi que ce soit d’impur, impureté d’homme, ou bête impure, ou toute autre chose abominable et impure, et qu’elle mange de la chair du sacrifice de prospérités qui appartient à l’Éternel, cette âme-là sera retranchée de ses peuples» (7:20-21). Si la grâce nous rend libre de jouir de la communion de l’Éternel, et de la communion de Christ notre Souverain Sacrificateur, et de la communion de Ses sacrificateurs pris comme un ensemble, et de la communion du moindre de Son peuple, il n’en reste pas moins que nous sommes tenus de refuser toute irrévérence et toute iniquité. Si nous associons cette communion avec ce qui est une offense contre la nature et la volonté de Dieu, nous le faisons à nos risques et périls devant Celui qui ne manquera pas de revendiquer ce qui est dû à Lui-même et à Sa parole. Être un chrétien, même un vrai, ne suffit pas, même si c’est indispensable. En 1 Cor. 11:27, l’apôtre ne parle pas de communiants indignes quant à eux-mêmes, ou inconvertis, mais il évoque le fait de manger ou boire la Cène «indignement».

 

6                        Chapitre 7 v. 22-27    L’interdiction de la graisse et du sang

 

Bible Treasury N2 p. 242

C’est une nouvelle parole de l’Éternel à Moïse qui traite de la question de la graisse et du sang. Il était absolument interdit à l’Israélite de manger du sang, mais également la graisse dans le cas des sacrifices par feu à l’Éternel, semble-t-il.

«(7:22) Et l’Éternel parla à Moïse, disant : (7:23) Parle aux fils d’Israël, en disant : Vous ne mangerez aucune graisse de boeuf ou de mouton ou de chèvre. (7:24) La graisse d’un corps mort, ou la graisse d’une bête déchirée pourra être employée à tout autre usage, mais vous n’en mangerez point ; (7:25) car quiconque mangera de la graisse d’une bête dont on présente à l’Éternel un sacrifice fait par feu, l’âme qui en aura mangé sera retranchée de ses peuples. (7:26) Et vous ne mangerez aucun sang, dans aucune de vos habitations, soit d’oiseaux, soit de bétail. (7:27) Toute âme qui aura mangé de quelque sang que ce soit, cette âme-là sera retranchée de ses peuples» (7:22-27).

Cette interdiction est évidemment bien à sa place ici. Elle suit la loi du sacrifice de prospérités où les règles pour manger ou ne pas manger avaient été soigneusement établies. Dans ce sacrifice, comme pour le sacrifice pour le péché, il avait été beaucoup insisté sur la graisse, spécialement la graisse intérieure, que les fils d’Aaron devaient brûler sur l’autel, un pain de sacrifice par feu en odeur agréable à l’Éternel (3:11, 16). La graisse représente l’excellence intrinsèque et l’énergie de ce qui était offert en sacrifice à l’Éternel. Ce n’était donc pas aux sacrificateurs à en disposer, mais c’était une odeur de repos à Celui qui seul pouvait en évaluer pleinement la valeur en Christ, l’Antitype.

Lors de certaines fêtes, et de toute manière à la fête des Tabernacles, on enseigna au peuple qu’il s’agissait d’un jour saint à l’Éternel leur Dieu, et qu’il ne fallait ni mener deuil ni pleurer comme ils le faisaient à l’ouïe des paroles de la loi (Néh. 8:9). La joie a ses privilèges par Sa grâce, aussi bien que l’affliction qui convient à nos insuffisances et à ce qui est plus grave, nos manquements. Il leur fut dit alors la parole suivante : «Allez, mangez de ce qui est gras et buvez de ce qui est doux, et envoyez des portions à ceux qui n’ont rien de préparé, car ce jour est saint, consacré à l’Éternel. Et ne vous affligez pas car la joie de l’Éternel est votre force» (Néh. 8:10). Mais la graisse alors permise n’était certainement pas celle exclusivement réservée à l’Éternel dans les sacrifices. Il était convenable que, Lui, ait son délice propre dans ce qui Le glorifiait en Christ ; c’était une grâce merveilleuse que nous n’ayons pas seulement pardon ou justification, mais que nous exprimions la communion dans le même Christ, quoique ce ne puisse pas être dans la même mesure et de la même manière. Si Dieu partage Sa joie avec nous dans le sacrifice de Christ, il est d’autant plus nécessaire que les Siens tiennent compte de Ses appels à la révérence et à la sainte crainte.

Ce dernier point n’est pas non plus oublié dans la permission d’utiliser la graisse en dehors de tout sacrifice : «La graisse d’un corps mort ou la graisse d’une bête déchirée pourra être employée à tout autre usage, mais vous n’en mangerez point» (7:24). Ce qui était mort de soi-même, ou par la violence d’un autre animal, était déjà globalement interdit selon Exode 22:31, et il fallait le jeter aux chiens ; a fortiori, sa graisse était-elle défendue aux Israélites, car ils étaient saints à l’Éternel. Mais un usage autre que manger était permis : «car quiconque mangera de la graisse d’une bête dont on présente à l’Éternel un sacrifice fait par feu, l’âme qui en aura mangé sera retranchée de ses peuples» (7:25).

Le sang était universellement interdit au peuple qui savait, comme aucun autre, que la vie appartient à Dieu. Peu importe la sorte d’animal, oiseaux ou bétail : tout était absolument interdit «Et vous ne mangerez aucun sang, dans aucune de vos habitations, soit d’oiseaux, soit de bétail. Toute âme qui aura mangé de quelque sang que ce soit, cette âme-là sera retranchée de ses peuples» (7:26-27). Manger le sang était nier les droits de Dieu, le Créateur ; et si l’homme avait démérité par le péché, l’Éternel maintenait Ses droits sans altération. Il avait institué le gouvernement par l’homme premièrement pour traiter le cas de l’homicide volontaire (Gen. 9). Verser le sang en est le signe, et il appartient à Dieu exclusivement ; l’homme n’a aucune droit de se l’approprier. Et c’est ainsi que, longtemps après que le Saint Esprit ait été donné, et que les nations aient été expressément libérées de la circoncision, l’interdiction de manger le sang fut répétée (Actes 15:29) en même temps que fut donnée l’injonction de la pureté personnelle [absence de fornication]. Le chrétien devrait être le dernier à faire peu de cas de Celui qui est un «fidèle Créateur» (1 Pier. 4:19). Les principes établis pour Noé ne sont pas des lois juives, et ils subsistent : c’est ce qu’ont décidé les apôtres en Actes 15.

 

7                        Chapitre 7 v. 28-36    Complément au sacrifice de prospérités

Bible Treasury N2 p. 258

Il ne s’agit point d’un récapitulé. C’est au contraire une nouvelle communication de l’Éternel, importante pour tout le corps des sacrificateurs, et aussi pour le sacrificateur officiant à chacun de ces sacrifices de prospérités. La leçon que nous chrétiens en tirons a un intérêt tout particulier.

«(7:28) Et l’Éternel parla à Moïse, disant : (7:29) Parle aux fils d’Israël, en disant : Celui qui présentera son sacrifice de prospérités à l’Éternel apportera à l’Éternel son offrande, prise de son sacrifice de prospérités. (7:30) Ses mains apporteront les sacrifices faits par feu à l’Éternel ; il apportera la graisse avec la poitrine : la poitrine, pour la tournoyer comme offrande tournoyée devant l’Éternel. (7:31) Et le sacrificateur fera fumer la graisse sur l’autel ; et la poitrine sera pour Aaron et pour ses fils. (7:32) Et vous donnerez au sacrificateur, comme offrande élevée, l’épaule droite de vos sacrifices de prospérités. (7:33) Celui des fils d’Aaron qui présentera le sang et la graisse des sacrifices de prospérités aura pour sa part l’épaule droite. (7:34) Car j’ai pris des fils d’Israël la poitrine tournoyée et l’épaule élevée de leurs sacrifices de prospérités, et je les ai données à Aaron, le sacrificateur, et à ses fils, par statut perpétuel, de la part des fils d’Israël. (7:35) C’est là le droit de l’onction d’Aaron et de l’onction de ses fils dans les sacrifices de l’Éternel faits par feu, du jour qu’on les aura fait approcher pour exercer la sacrificature devant l’Éternel, (7:36) ce que l’Éternel a commandé de leur donner, de la part des fils d’Israël, du jour qu’il les aura oints ; c’est un statut perpétuel en leurs générations» (7:28-36).

Il vaut la peine de noter que, tandis que les trois sacrifices d’odeur agréable avaient fait l’objet d’une seule communication de l’Éternel dans les chapitres 1 à 3, c’est par «la loi» du sacrifice de prospérités que se termine la parole de l’Éternel sur les sacrifices pour le péché et pour le délit. On peut comprendre une raison simple du changement de l’ordre de succession des sacrifices avec cette «loi» du sacrifice de prospérités ; en effet, c’est dans cette «loi», et non pas dans l’institution de base, que figure le point important de la présence de gâteaux de pain levé (7:13), à côté des gâteaux sans levain pétris à l’huile et des galettes sans levain ointes d’huile (7:12) qui typifiaient la sainte humanité du Seigneur, né de l’Esprit et rempli de Sa puissance ; ces gâteaux de pains levés ne se retrouvent que là (7:13) et dans l’offrande de gâteau nouvelle lors de la fête des semaines (23:16-19). Dans cette dernière circonstance, les deux pains en offrande tournoyée n’étaient pas seulement faits de fleur de farine, mais ils étaient cuits avec du levain, et devaient être accompagnés d’un sacrifice pour le péché. Dans les deux cas, c’est l’homme qui était figuré ; certes l’homme rendu saint, mais ayant encore la vieille nature, et nécessitant par conséquent le sang qui fait propitiation pour le péché. En Christ, il n’y avait pas cette vieille nature : en nous, même dans nos actions de grâces, elle est là, même si elle n’agit pas ; la foi ressent et reconnaît le fait humiliant qu’elle n’est annulée que par la mort de Christ. Dans cette «loi» du sacrifice de prospérités est aussi reconnue l’abomination [ou chose impure 7:18] qu’il y a à séparer le sacrifice d’avec le fait de manger, c’est-à-dire d’avec la communion du sacrifice. Le sacrifice de prospérités devait être mangé le même jour ; même la plus grande énergie figurant dans le voeu ou dans l’offrande volontaire ne pouvait pas durer plus longtemps que le jour suivant : au-delà le restant devait être brûlé dans tous les cas. Telle est notre sainte communion étroitement liée à la nourriture de l’Éternel — [le pain de sacrifice à l’Éternel] — dans le sacrifice de prospérités : quelque chose de plus que simplement Christ sacrifié pour nous. Bien qu’il fût laissé beaucoup de latitude dans ce sacrifice de prospérités, il était exigé l’indispensable pureté. Manger quand on est souillé est dénoncé péremptoirement pour toute âme (7:19-21).

Cette dernière vérité justifie aussi la communication distincte qui suit, au chapitre 7:22-27. Parmi tous ces sacrifices, le sacrifice de prospérités était le seul où le peuple de l’Éternel était autorisé à manger du sacrifice. C’est pourquoi il était nécessaire d’avoir une règle rigide interdisant tout abus de ce privilège. La prohibition du sang et de la graisse s’adressait à tous sans exception : La parole de l’Éternel à Moïse, commençant en 6:17-18 et s’étendant jusqu’en 7:21, était adressée à Aaron et à ses fils, tandis qu’en 7:22-23 Moïse reçoit l’ordre de parler à tous les fils d’Israël. Aucune graisse d’animal des sacrifices ne devait être mangé, ni de ce qui était mort de soi-même ou avait été déchiré. Le sang était entièrement prohibé : non seulement l’énergie intérieure, mais la vie aussi était sacrée pour l’Éternel ; Il ne tolérait pas qu’on se mêle en rien avec Son droit et Son titre.

C’est selon un principe similaire qu’en 7:28-36, une nouvelle communication de l’Éternel revendique un droit particulier sur la poitrine tournoyée et l’épaule élevée. La poitrine était pour toute la famille sacerdotale, Aaron et ses fils ; l’épaule était pour le sacrificateur officiant : voilà les deux portions réservées pour toujours d’auprès des fils d’Israël. Ainsi l’Éternel avait sa part, et l’Israélite était libre de jouir du sacrifice, lui, sa famille et tout invité, pourvu qu’ils soient tous purs. Dans cette dernière communication, nous avons avec un langage particulièrement solennel, que l’Éternel réservait une portion spéciale, non pas pour affaiblir la communion, mais l’approfondir. Nous avons vu que Aaron et ses fils représentent Christ et les siens. Pour nous, une communion qui n’embrasserait pas la tête (Christ) et le corps, et même tous les saints ce serait une communion tout à fait déficiente. C’est ainsi que dans l’épître aux Corinthiens, l’apôtre écrit à l’église de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le Christ Jésus, saints appelés, et il ajoute «avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, et leur seigneur et le nôtre» (1 Cor. 1:2). Et pour les saints et fidèles dans le Christ Jésus qui sont à Éphèse (Éph. 1:1), l’apôtre prie que le Christ habite par la foi, dans leurs coeurs, et qu’ils soient enracinés et fondés dans l’amour, afin d’être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur et la profondeur et la hauteur, et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance afin qu’ils soient remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu (Éph. 3:17-19).

L’offrande élevée était plus absolue que l’offrande tournoyée, quoique la même offrande puisse être appelée «élevée» ou «tournoyée» selon l’aspect respectif. L’offrande élevée n’était pas la totalité de ce qui était offert à l’Éternel, mais seulement une partie. La poitrine était tournoyée en entier, l’épaule droite était élevée ; la poitrine était un symbole des affections comme un tout ; l’épaule droite était un symbole de la force qui est le plus capable de porter un fardeau. Christ et les Siens jouissent de l’amour ensemble, dans la proximité de Dieu ; Lui comme Sacrificateur officiant a Sa joie spéciale dans ce qui représente le soutien au faible. Mais la graisse ou énergie intérieure, comme le sang était la portion de l’Éternel. Ainsi, bien que tous aient leur communion en Christ, chacun avait son dû sur des bases immuables et permanentes. La communion des saints en Israël ne pouvait pas aller jusqu’à ce dont on jouit dans l’église de Dieu depuis la rédemption ; mais ce type était une belle anticipation dans sa mesure.

 

8                        Chapitre 7 v. 37-38    Résumé final des sacrifices

Bible Treasury N2 p. 274

L’institution des sacrifices ou plutôt «la loi» des sacrifices s’achève avec les versets 37 et 38.

«(7:37) Telle est la loi de l’holocauste, de l’offrande de gâteau, et du sacrifice pour le péché, et du sacrifice pour le délit, et du sacrifice de consécration, et du sacrifice de prospérités, (7:38) laquelle l’Éternel commanda à Moïse sur la montagne du Sinaï, le jour où il commanda aux fils d’Israël de présenter leurs offrandes à l’Éternel, dans le désert du Sinaï» (7:37,38)

Christ, le sacrifice de Christ, est la réalité qui correspond à toutes ces ombres (Héb. 8:4-5 ; 10:1). Les nuances variées de chacune, comme des couleurs, se combinent en formant cette parfaite lumière dans laquelle Dieu a son délice, car elle manifeste Sa propre nature dans Son fils, qui est devenu homme pour l’homme, en grâce et en vérité (Jean 1:14) ; or l’homme n’avait ni la grâce, ni la vérité, mais maintenant, par la foi, nous recevons tous les deux, et nous les recevons dans un sacrifice qui non seulement a porté les péchés du premier homme, mais a transféré sur lui l’acceptation du second homme en odeur de repos devant Dieu.

Sans aucun doute, la riche grâce qui est dans l’oeuvre de Christ, a son réel et permanent effet spirituel sur le croyant, effet qui devrait être aussi profond. Nous L’aimons parce que Lui nous a aimé le premier ; nous haïssons les péchés, les nôtres et ceux des autres, et, par la foi, nous en contemplons le jugement opéré par Dieu à la croix, jugement qui n’a rien épargné, et est au-delà de toute idée que peut s’en faire la créature. Mais c’est une erreur et une perversion de l’Écriture de voir notre propre dévouement dans l’holocauste, l’offrande de gâteau et le sacrifice de prospérités, même si la vraie interprétation de ces sacrifices peut susciter un tel mouvement dans nos âmes. Nous sommes beaucoup plus appelés à reconnaître par la foi non seulement notre complet dénuement, mais l’opposition radicale de notre nature déchue, à ce que Christ est, dans sa vie et dans sa mort, selon ce que nous L’avons vu éprouvé par le feu comme ni Adam ni aucun de ses descendants ne l’a jamais été. Car dans tous les moindres détails de sa vie, Il a été parfait, comme lorsqu’Il s’est livré Lui-même à la mort (Éph. 5:2), en obéissance et pour la gloire de Dieu, autant que pour porter nos péchés en Son corps sur le bois (1 Pier. 2:24) ; le résultat a été qu’Il nous a amenés à jouir de la communion avec Dieu et avec Christ comme sacrificateur, et avec tous les saints ; ceci ne dépend pas de ce que nous entrons effectivement dans la sainte proximité de Dieu, ou que nous restons dans le vague comme tant de fidèles.

Ainsi nous avons appris le Christ, l’ayant entendu et ayant été instruits en Lui, selon que la vérité est en Jésus, qui est Lui-même la vérité (Éph. 4:20-21 ; Jean 14:6). Sans doute l’apôtre pouvait ajouter beaucoup plus, considérant qu’Il n’était pas seulement le Premier-né ou le Chef de toute la création, mais qu’Il est aussi le Commencement, le Premier-né des morts, et la tête du Corps, l’Église (Col. 1:15-18). Lui a pu nous apporter, en ce qui concerne notre première manière de vivre, le fait d’avoir dépouillé le vieil homme qui se corrompt selon les convoitises trompeuses, et d’être renouvelé dans l’esprit de notre entendement, et d’avoir revêtu le nouvel homme créé selon Dieu, en justice et en sainteté de la vérité (Éph. 4:22-24). De tels privilèges surpassent de très loin ce qui est impliqué dans les sacrifices ; mais ce qui se trouve en ceux-ci brille avec éclat pour la foi, pour autant, qu’on l’interprète correctement à la lumière de Christ.

Par comparaison, les sacrifices pour le péché et pour le délit étaient négatifs, et occupés essentiellement d’une misérable variété de péchés en général et de culpabilité en relation avec l’Éternel. Ces sacrifices ne pouvaient proclamer une pleine rémission, car le sang de Jésus, Son Fils, n’était pas encore versé pour nous purifier de tout péché (1 Jean 1:7). Néanmoins, ils nous parlent de Celui qui est plein de compassion et de grâce (Jacq. 5:11), lent à la colère et grand en bonté et en vérité, gardant la bonté envers des milliers, pardonnant l’iniquité et la transgression et le péché (Ex. 34:6-7). Mais de même que les sacrifices d’odeur agréable démontraient l’amour divin en Christ par une bonté positive et surabondante, parallèlement les sacrifices pour le péché et pour le délit rendaient aussi témoignage à cette bonté en rencontrant l’homme dans son péché abject, sa misère et sa ruine. Sans aucun doute ils impliquent qu’il y ait de la foi et du jugement de soi-même ; mais l’efficacité réelle n’est qu’en Christ préfiguré par ces sacrifices. Ceux qui se reposaient sur des formes ou la lettre de la loi n’allaient pas plus loin qu’une pureté de la chair ; mais ceux qui, dans leur coeur, regardaient au Messie, trouvaient la bénédiction spirituelle, et marchaient dans tous les commandements et ordonnances du Seigneur, sans reproche (Luc 1:6).

La vérité dominante qui apparaît partout, — quelles que soient les différences de forme dans l’ombre des choses, est que le corps ou la substance sont de Christ. C’est le Saint Esprit qui opère (1 Cor. 12:11) et le Père qui tire les âmes (Jean 6:44). Mais à ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, Christ est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu (1 Cor. 1:24). Le monde estime Christ crucifié une folie ; mais la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu plus forte que les hommes (1 Cor. 1:23, 25). Et comme Christ est mort pour nos péchés, ainsi nous sommes dans le Christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption, afin que celui qui se glorifie, se glorifie seulement dans le Seigneur (1 Cor. 1:29-31).

Devant tout ceci, l’âme est travaillée par la conscience de son indignité et l’échec de tous ses efforts, et elle est alors rejetée sur Christ et son oeuvre. C’est là que l’Esprit nous dirige pour que nous ayons la paix (Éph. 2:14) ; Christ l’a faite par Le sang de sa croix (Col. 1:20). Le croyant a ainsi le droit de jouir de la paix ; il se repose sur l’appréciation que Dieu en fait, laquelle ne change jamais, et la paix ne devrait donc pas plus changer. L’Esprit rend témoignage, non seulement qu’aucune oeuvre ne peut être comparée à celle de Christ, ni ne peut partager sa valeur, mais que Dieu ne se souviendra plus des péchés et des iniquités des croyants (Héb. 10:17). Leurs pieds souillés par les chemins boueux de ce monde ont besoin d’être lavés (Jean 13), ce qui ne manque jamais d’être fait grâce à l’action de Jésus comme Avocat auprès du Père (1 Jean 2:1). Mais la propitiation garde une valeur constante ; le lavage des pieds par la parole est appliqué quand le besoin se fait sentir, pour restaurer la communion lorsqu’elle a été interrompue par le péché ; il ne s’agit pas, pour l’adorateur, de reprendre une relation avec Dieu et une proximité avec Lui qu’il aurait perdues après avoir été purifié une première fois. Le seul sacrifice demeure immuable quant à ses effets (Héb. 10:14) ; mais le travail d’Avocat de Christ opère par la parole et par l’Esprit de Dieu pour concilier les manquements du croyant avec sa position et sa relation résultant du parfait sacrifice de Christ. En effet, Dieu est fidèle ; et nous avons en Christ un Sauveur vivant, pas seulement Sa mort, si précieuse qu’elle soit, et immense dans sa portée : Lui est tout (l’objet complet), et en tous (Col. 3:11).