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Les premiers chapitres de la Genèse

 

 

par William Kelly

Bible Treasury vol. 19 p. 1-3, janvier 1892

 

Tables des matières :

1     Genèse 2:4

 

 

1                    Genèse 2:4

Avec ce verset 2 du chapitre 4, c’est manifestement une nouvelle section qui commence, bien qu’il y ait une référence indéniable au chapitre précédent qu’elle résume sous forme d’une introduction à un nouveau point de vue dont la portée s’étend jusqu’à la fin du chapitre 3. Certains qui nient tant Moïse que l’inspiration divine, déduisent de ces paroles d’introduction, que Moïse a réuni et mêlé des documents distincts préservés par les chefs de la race sémite, et que ce fait est l’un des témoignages internes les plus forts montrant que nous avons à faire à des récits historiques authentiques. Aucun croyant n’a besoin d’en nier le principe si l’inspiration de Dieu est vraiment maintenue. Moïse peut avoir été inspiré à incorporer des récits anciens dans la mesure où ils étaient authentiques : Luc nous en donne l’exemple par la lettre confidentielle de Claude Lysias à Félix. Seulement, il est difficile, voire tout à fait impossible de concilier l’existence de quelques onze documents de la sorte avec la parfaite unité qui imprègne la Genèse, spécialement en tant que type divinement ordonné, c’est-à-dire en tant que type prophétique du futur. Mais la grande vérité passée sous silence est la réalité de l’inspiration divine, ainsi que son caractère et sa profondeur incomparables. Or ce point est certain, qu’il y ait ou non des documents antérieurs. Et de toute manière, quel document aurait-il pu y avoir sur la création ? Dieu seul est en mesure de nous en avoir donné le récit. Prenez aussi la première de ces «générations» ; qui aurait jamais rien pu donner de tel ? même pas Adam !

«Ce sont ici les générations des cieux et de la terre lorsqu’ils furent créés, au jour que l’Éternel Dieu fit la terre et les cieux» [2:4].

Le changement de manière de désigner Dieu n’est pas moins en harmonie avec le changement de sujet, et fait appel à une phraséologie particulière pour s’adapter à ce changement. Il ne s’agit plus seulement de «Dieu» (Élohim) comme au chapitre 1, mais de «l’Éternel Dieu» (Jéhovah Élohim). Ici, comme ailleurs, on voit la sagesse du propos divin, et combien il est digne de Dieu ; car l’instrument humain utilisé peut même ne pas avoir compris la pleine force de ce qui lui était donné d’écrire. D’un côté il y a des différences, mais non pas des désaccords ; d’un autre côté il est fait appel à l’exercice de la foi et à l’intelligence spirituelle. «Par la foi nous comprenons» (Héb. 11:3).

Parmi toutes les tentatives de résoudre les questions qui se posent, aucune n’est aussi faible et grossière que d’imaginer des restes distincts d’auteurs indépendants qu’on aurait combinés, pour ne pas dire découpés ou mutilés. Il n’y a pas de récit de la création si ce n’est celui que nous avons déjà eu au chapitre 1. Il nous est parlé maintenant de relations établies, qui introduisent le titre caractéristique du gouvernement divin, c’est-à-dire l’Éternel [Jéhovah], et qui l’identifient avec Celui qui a tout créé. Peut-on rien concevoir de plus à sa place, de plus juste et de plus opportun ? Il est honnêtement impossible d’appeler la nouvelle section «Jéhoviste», car tout au long de cette section, le terme Jéhovah [l’Éternel] n’est jamais utilisé sans Élohim [Dieu], sous réserve de quelques exceptions, faciles à expliquer, où Élohim figure seul, sans être associé à Jéhovah. Comment l’intervention d’un écrivain distinct rend-il compte en aucune manière de cet usage des mots Jéhovah et Élohim ? Dans le meilleur des cas, la réponse serait du niveau de ce qu’un enfant devinerait, et cela ne peut qu’induire en erreur. Voir l’absurdité de cette supposition en 1 Rois 18:36, 39 et Jonas ch. 1, 3 et 4, etc.

Jean Astruc en 1753 semble avoir été le premier à suggérer cette chimère d’auteurs distincts dans ses «Conjectures sur les mémoires originaux dont il paraît que Moïse s’était servi pour composer le livre de la Genèse» [en français] paru simultanément à Bruxelles et Paris. C’était un membre du corps médical ; il avait beaucoup lu, sa mémoire était grande et son esprit fort actif, mais totalement dépourvu de profondeur ou largeur de vues, même dans la science de son domaine professionnel. Pourtant cette supposition, aussi creuse que facile à réfuter, et incapable tant d’expliquer les faits réels en cause que de susciter une pensée spirituelle ou des sentiments de piété, — voilà que cette pensée a attiré un bon nombre d’allemands ingénieux et érudits, avec leurs admirateurs anglais et américains. Ceci est dû à une seule circonstance : l’esprit de scepticisme précédant et accompagnant le dernier siècle révolutionnaire [avant 1800]. Astruc imagina deux séries de documents plus longs, issus d’auteurs qualifiés respectivement d’Elohistes et de Jéhovistes, avec neuf ou dix autres documents plus courts, tous indépendants. Même le simple fait de donner une unité à de tels documents disparates n’était pas une mince tâche. Certains ont attribué cette oeuvre à Moïse, d’autres se sont plu à introduire le «rédacteur inconnu», ou «condenseur», aussi tardivement que possible pour rester plausible avec leurs arguments spécieux. Quant à la vérité et au conseil divin, ces spéculateurs osés n’en ont aucune notion : Dieu n’est en rien dans leurs pensées. C’est une bagatelle à leurs yeux d’attribuer le mensonge au Seigneur ou à l’un des douze apôtres ou à l’apôtre Paul. C’est là où leur «haute critique» les entraîne rapidement. C’est un piège de l’ennemi.

Quant à l’usage de l’Écriture, les faits sont simples, et le principe clair. Élohim exprime l’Être divin, l’Originateur de tous les autres êtres, avec la plénitude de puissance manifestée en sagesse et en bonté, formant donc contraste avec la faiblesse de l’homme et de la créature. C’est pourquoi le mot «Dieu» est généralement utilisé là où aucune manifestation particulière n’est envisagée ni requise ; et le terme est applicable aux juges qui représentent Dieu dans son autorité déléguée sur la terre [Jean 10:34-35 ; Ps. 82:1], et aux anges qui exécutent Sa volonté des cieux [Ps. 8:5 ; 103:20], ou même à ces «beaucoup de dieux» dont parle l’apôtre à propos du culte païen [1 Cor. 8:5]. La forme au singulier, Eloah, ne figure pas seulement en Deut. 32:15, 17 mais fréquemment en Job ch. 3 à 40, et plus rarement dans les Psaumes et dans les prophètes. On trouve plus communément la forme apparentée El, le Fort, non seulement dans le Pentateuque (sauf le Lévitique, et cela convient parfaitement), mais surtout en Job, aussi bien que dans les Psaumes et dans les prophètes, souvent avec un adjectif et même sous forme de nom composé.

Jéhovah est Son nom personnel, «Le Nom», et ceci en relation avec l’homme sur la terre, spécialement avec Son peuple ; Celui qui existe par Lui-même et Éternel, toujours le nom propre du vrai Dieu pour ceux qui sont sur la terre, et en son temps Le Nom par lequel il s’est fait connaître comme le Dieu de l’alliance pour Israël et dans la présence duquel ils avaient à marcher — non pas El-Shaddaï, le Dieu Tout-Puissant de leurs pères [Genèse 17:1], mais le Seigneur Dieu de leur fils, Son peuple. Ehyeh (JE SUIS, Exode 3:14) et Jah (Seigneur, Exode 15:2 ; 17:10, etc. ) sont apparentés à Jéhovah, mais chacun de ces mots est utilisé de manière spécifique dans des passages où soutenir que l’auteur n’est pas le même, est indéfendable et une pure illusion. Mais Jéhovah-Dieu n’est pas tout à fait le Gouverneur (*) de l’homme ; mais comme Jah est Celui qui existe de manière absolue, ainsi Ehyeh exprime Son existence comme Éternel, connu et affirmé de manière consciente Maintenant ; Ehyeh est donc subjectif, tandis que Jah est objectif.

(*) Adonaï est simplement le Souverain, ou le Seigneur dans ce sens là. C’est le titre qu’Abraham a utilisé quand l’Éternel est venu, sous une apparence humaine, visiter son ami en Gen. 18. On le trouve aussi souvent ailleurs.

C’est pourquoi, d’un bout à l’autre de la description de la création en Gen. 1 à 2:3, Dieu (Élohim) est la seule désignation convenable pour Celui qui donne l’existence à toutes choses, c’est-à-dire les cieux, la terre et tout ce qu’ils contiennent. C’est de cette manière non moins appropriée que Jéhovah Élohim apparaît subitement quand Il établit des relations morales ici-bas. C’est pourquoi ce n’est qu’au chapitre 2 que l’homme est non pas seulement vu comme une créature (quel que soit l’honneur personnel qui lui revient en tant que chef et seigneur de tout, sur la terre), mais associé en contact direct avec Lui-même, bien que son corps soit tiré de la poussière. Ce n’est qu’au chapitre 2 que nous entendons parler du jardin de délices, avec ses deux arbres mystérieux, la scène de sa mise à l’épreuve. C’est ici que les créatures inférieures sont «nommées» selon que l’homme l’a jugé bon, ce dernier étant qualifié par l’Éternel Dieu pour leur donner des noms. Ce n’est qu’ici que nous apprenons que la femme a été tirée d’Adam et divinement construite — elle aussi étant «nommée» par son mari, comme une partie de lui-même. Nous n’avons ici aucune cosmogonie comme les hommes disent, mais Dieu et la créature dûment en relation. Tout ce qui s’est passé au chapitre 1 est clairement reconnu, mais il y a des informations nouvelles et spéciales, de la plus haute importance morale, particulières au chapitre 2 et préparatoires au chapitre 3. Il n’y a aucune incohérence : seule l’ignorance nourrie de préjugés le prétend. Et encore moins y a-t-il de contradictions, sauf dans l’esprit et la bouche des ennemis de la révélation divine. Les faits solennels de la chute sont la continuation de ce qui précède, et le même nom de Dieu continue à être employé.

C’est exactement ce qui doit être, si un écrivain unique a été inspiré pour écrire ces trois chapitres. Il était de toute importance de savoir que le seul vrai Dieu, le Créateur, est le Juge vivant de toute la terre ; et c’est ce que le titre combiné [d’Éternel Dieu] communique de manière simple et frappante. Il le fait ainsi beaucoup mieux et de manière beaucoup plus digne que par un argument humain élaboré cherchant à le prouver ! En son temps (ch. 17) Jéhovah apparaîtra à Abram, le dépositaire de la promesse et le principal patriarche d’Israël, en disant : Je suis El-Shaddaï (Dieu tout-Puissant) etc… Et Dieu [Élohim] parla avec lui — non pas un homme, ni un ange, mais le vrai Dieu, dont le nom est Jéhovah [l’Éternel]. Pourtant ce n’était pas ce nom de Jéhovah [l’Éternel], mais celui de «Dieu Tout-Puissant» (*) qui était le titre révélé de Celui devant lequel le patriarche et ses fils devaient marcher. Toute la force et la beauté de la vérité sont perdues par les conjectures irrespectueuses et de bas niveau, ces rêveries qui prétendent à autant d’auteurs que de noms différents de Dieu, y ajoutant encore d’autres points qu’ils n’ont pas mieux compris. Eh oui ! c’est cela de la «haute critique», comme on dit ! En réalité c’est de la critique de ciseaux qui n’est bonne que pour la poubelle de la connaissance dépourvue de sens. Plus tard, Israël devait recevoir Jéhovah comme leur Dieu à eux, l’objet du culte national, et la base révélée de la dépendance ; mais c’était encore le même Dieu que Celui qui avait créé l’univers. Quelle protection contre l’idolâtrie, si l’homme n’avait pas été un rebelle et un pécheur faible et pervers ! «Celui qui était, qui est et qui vient» accomplira quand même Ses promesses dans le royaume. Bien sûr cela a failli sous le premier homme et l’ancienne alliance, comme tout le reste ; mais cela sera établi et demeurera à toujours sous le Second homme, le Messie, et la nouvelle alliance quand Il apparaîtra dans Sa gloire.

(*) Ce nom abonde dans toute la discussion des patriarches dans le livre de Job.

Dans les chapitres qui suivent, l’un ou l’autre des noms est en général utilisé seul, et cela suffit ; ces noms sont toujours utilisés à bon escient, non seulement dans toute la Genèse, mais dans le reste du Pentateuque et les autres livres historiques, les Psaumes et les Prophètes. Nulle-part on ne peut montrer une confusion dans l’usage de ces noms ; partout où le nom générique «Dieu» n’est pas utilisé, il y a des raisons spéciales pour l’usage du nom «Jéhovah» [l’Éternel] ; mais ce n’est pas tout quant aux désignations utilisées. El-Elion (le Dieu Très-Haut) nous apparaît en Gen. 14, puis à nouveau dans les Psaumes et dans les Prophètes, chaque fois de manière fort appropriée. C’est le nom de Dieu qui supporte Son titre de «Possesseur des cieux et de la terre», renversant tous ses rivaux en haut ou en bas, quand le vrai Melchisédec apparaît dans l’exercice de Sa sacrificature royale lors de la défaite finale des ennemis, avant même le jugement dernier et éternel. Voir Psaume 91:1 et Nombres 24 et Daniel 4.

Ainsi Jéhovah était un nom familier dès le début, mais auparavant, il n’avait jamais été révélé à Israël, et encore moins à d’autres, comme la base spécifique de l’assurance qui leur était donnée et donc du fait qu’ils étaient appelés à Lui. Le Dieu Tout-Puissant était le nom communiqué aux pères et sur lequel ils se confiaient comme héritiers de la promesse, et il ne fit jamais défaut. Dans la suite, les fils d’Israël (dans le grand cycle de changements qu’ils ont subi plus que tout autre peuple) devaient être la preuve que Lui est fidèle, selon la perpétuité de Son être, Lui qui accomplira certainement Sa promesse en son temps ; car Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Hélas ! ils devinrent de faux témoins envers Jéhovah, et ils ont même rejetés l’Objet de toutes les promesses, Jéhovah le Messie (*). C’est pourquoi Dieu a caché Sa face d’Israel pour un temps, et maintenant Il se fait connaître comme Père, par l’Esprit, par l’évangile, à tous ceux qui croient, Juifs ou Grecs (2 Cor. 6:18) ; ce nom de Père est plus élevé et plus proche que celui de Jéhovah ; ce nom de Jéhovah était pour la terre comme le nom de Père est dans et pour le ciel. Le mot «Père», comme celui de Jéhovah [l’Éternel], était connu depuis longtemps, mais il ne l’a jamais été comme nom donné pour une relation reconnue, jusqu’à ce que le Seigneur Jésus, qui connaissait ce nom éternellement comme le Fils dans le sein du Père, ait déclaré ce Nom tout au long de Son ministère pendant Sa vie, puis l’ait formellement envoyé à Ses frères après sa résurrection d’entre les morts, ayant accompli l’oeuvre de la rédemption (Jean 20:17) ; et le Saint Esprit leur a été donné ensuite, criant Abba Père.

(*) En accord avec cela, c’est avec le nom de «Jéhovah» que le prophète Esaïe arrive au point culminant de sa première inculpation d’Israël pour cause d’idolâtrie (És. 48:22) ; et c’est avec le nom de «Élohim» qu’il fait culminer sa seconde inculpation pour cause du rejet de Christ (És. 57:21), et il termine avec l’appel des Gentils quand le résidu pieux est justifié et béni tandis que la masse des Juifs est jugée ; Jéhovah revient en gloire avec ces deux objectifs.

Le même principe court clairement à travers le Nouveau Testament aussi bien que l’Ancien. Le nom spécifique de Dieu lui est donné expressément, et il est l’expression d’une relation dans laquelle Il se plait à être connu : en outre, on ne goûte pas moins, mais plus de joie en «Dieu» lui-même comme tel. «L’heure vient, et elle est maintenant» dit notre Seigneur «que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité» … «Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité» (Jean 4:23, 24). Ces deux affirmations sont profondément vraies et fortes, mais elles sont loin d’être identiques. Aucune clé de compréhension n’est aussi fausse et sotte que d’attribuer la différence à des auteurs différents. Mais telle est la théologie moderne.

Il en est de même avec les autres titres faisant l’objet d’une contestation, dans la Genèse, où l’Esprit a conduit Moïse à employer chacun de ces titres en accord avec le sujet du passage. Même ce qui peut paraître une exception, trouve une solution simple. Le serpent est présenté comme disant : «Quoi, Dieu a dit» (Gen. 3:1) et la femme répond «Dieu a dit» (3:3), et le serpent ajoute : «Dieu sait» (3:5) ; aucun d’eux ne dit jamais Jéhovah Élohim [l’Éternel Dieu]. Les droits du divin Gouverneur étaient mis en veilleuse par les ruses du malin. Depuis longtemps, Jéhovah Élohim [l’Éternel Dieu] n’était plus devant la femme séduite. En dehors de ces versets, le chapitre proclame invariablement le double nom, et cela est parfaitement approprié. Or, si cela avait été écrit par plusieurs mains successives, ou si cela était un écrit non inspiré, de Moïse lui-même ou de quelque autre, est-il croyable que le texte puisse contenir une différence d’une pareille convenance et aussi expressive, si on y regarde de près, sans parler, en outre, de la sagesse morale montrée dans les Élohim [Dieu] du chapitre 1 et les Jéhovah Élohim [l’Éternel Dieu] des chapitres 2  et 3 ? Suggérer des auteurs indépendants n’a aucune base, il n’y a donc rien pour supporter cette hypothèse ; et si on l’admettait simplement comme hypothèse de discussion, cela ne parviendrait pas à expliquer le nom unique d’un côté, et le nom combiné de l’autre côté, et encore moins l’exception entre les deux. Tout est rendu simple si on regarde à l’intention de Celui qui a inspiré l’écrivain, et tout spécialement quand le lecteur apprend à comprendre en quoi tel terme est approprié pour tel cas.

Dans un sens général, on verra que Élohim [Dieu] aurait suffi, et dans certains cas ce terme a une force et une convenance toute particulière ; mais l’addition de Jéhovah [l’Éternel] introduit une qualité de relation particulière, et confère au contexte une beauté d’autant plus marquée qu’on admet que l’écrivain est resté le même. Ce n’est pas la nature ni l’évolution qui ont généré les cieux et la terre avec leur armée. Élohim [Dieu] a tout créé, et l’a fait en vue de l’homme ; Jéhovah Élohim [l’Éternel Dieu] a mis l’homme à l’épreuve, mais celui-ci faillit pour chacun des privilèges qui lui sont conférés. Il aurait été tout à fait incongru d’utiliser le terme Jéhovah dans la description de l’oeuvre de la création, tout comme d’utiliser le terme Élohim dans l’établissement d’un système de relations. Mais une fois la création attribuée à Élohim [Dieu], il était essentiel d’identifier le Créateur avec Celui qui ordonne tout moralement et qui gouverne l’homme ; et c’est la combinaison des termes, Jéhovah Élohim [l’Éternel Dieu], qui l’exprime le mieux, non pas par un usage occasionnel, mais par un usage systématique jusqu’à la fin misérable du couple humain chassé en exil, non pas sans que Celui qui a prononcé le jugement sur le serpent, ne leur ait laissé une perspective bénie.

La «haute critique», si prompte à se vanter, équivaut à la destruction de tout ce qui fait le profond intérêt et le profit spirituel qu’on tire de l’usage inspiré des titres divins, comme de tout le reste dans l’Écriture. La vérité est qu’il n’y a jamais eu une plus triste nullité, ou une nuisance plus palpable de la connaissance faussement ainsi nommée [1 Tim. 6:20]. Qui s’en étonnerait dès l’instant où on détache ainsi Dieu des Écritures ? Ils les découpent en dehors de toute crainte de Dieu comme fit autrefois un roi profane de Juda avec le rouleau qui le gênait [Jér. 36:23]. Vaine et méchante illusion des temps modernes comme des temps d’autrefois ! On ne se moque pas de Dieu. On aura d’autres occasions pour dévoiler dans les détails l’hypothèse des fragments d’origine variées, et aussi pour faire disparaître les prétendues contradictions, et pour réfuter ce que des prétentions mal intentionnées considèrent comme des preuves corroborantes. Mais l’argument principal initial a été démontré comme étant aussi creux qu’inintelligent, autant qu’il est possible de le faire dans un article court comme celui-ci. Il y a un but divin dans tous les changements de nom de Dieu, comme d’ailleurs de tout autre mot que le Saint Esprit a donné à écrire aux instruments qu’il a choisi.