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Enracinés et édifiés en
Lui
Colossiens 2:7
Marc Tapernoux
Table des matières :
2.3 La position du croyant en Christ
5.2 Le ministère du Saint Esprit
Avant-propos
Au cours de mes lectures, j’ai pris l’habitude, depuis quelques années, de noter les pensées me paraissant particulièrement édifiantes, afin de pouvoir les méditer de nouveau ultérieurement. J’en ai recueilli une telle bénédiction qu’il m’a paru utile, après en avoir référé à plusieurs frères expérimentés, de publier ces notes, dans l’idée qu’elles pourraient être utiles à d’autres personnes.
Afin de rendre la lecture de ces pensées aussi profitables que possible, je les ai groupées par sujet. Puisse ce recueil contribuer à affermir la foi du lecteur et l’aider à croître dans la grâce et dans la connaissance de notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ !
Berne, septembre 1964
L’on ne peut avoir en Jésus une foi réelle, sans aimer sa Personne, parce qu’il est la pleine expression de l’amour de Dieu, amour dont la perfection ne se trouve nulle autre part.
Christ s’est abaissé au plus bas, afin qu’il n’y eût aucun être humain, fût-ce le plus misérable, qui ne sentît que Dieu était près de lui en bonté, entièrement accessible pour lui, venu jusqu’à lui. L’amour de Dieu a ainsi trouvé dans la misère de l’homme l’occasion de son parfait exercice, l’occasion de montrer qu’il n’y a aucun besoin où il ne se trouve pas présent et auquel il ne puisse répondre.
Nous avons besoin d’être constamment renouvelés, sinon l’énergie spirituelle ne se maintient pas. Ce n’est pas le progrès dans la connaissance qui opère ce résultat ; ce qui importe, c’est que nous demeurions près de Dieu. C’est là que l’amour, son amour agissant dans nos âmes, se maintient et se développe.
Si nous connaissions un peu plus la consolation et la joie qu’il y a à nous désaltérer à la plénitude de l’amour de Dieu, nous sentirions que les circonstances sont le néant même.
Il y a, dans l’essence divine, deux perfections infinies que l’Esprit Saint résume de la manière suivante : Dieu est amour, Dieu est lumière. Ces deux côtés de sa gloire ne doivent pas être confondus et sont aussi importants l’un que l’autre. Chacun d’eux a sa manifestation dans les actes et les voies de Dieu envers l’homme. L’amour de Dieu prend envers lui le caractère de grâce, à cause de son état de péché qui rend nécessaire le déploiement de cette grâce. La lumière se manifeste dans une sainteté infinie qui repousse le mal et le juge. La croix a été la manifestation parfaite de ces deux aspects de la gloire de Dieu ; elle a permis à Dieu de sauver le pécheur, en ôtant le péché par la mort expiatoire du Rédempteur. Reçue par la foi, la vie nouvelle communiquée par le Saint Esprit au croyant a les caractères de sa source. Elle vient de Dieu ; elle aime, prouvant ainsi son origine divine : « Quiconque aime est né de Dieu » (1 Jean 4:7). L’amour est donc le fruit et la manifestation de la nature divine qui, en nous, a les mêmes caractères qu’en Celui qui en a été ici-bas l’expression parfaite. L’autre caractère fondamental de la nature divine, la lumière, fait des rachetés des « enfants de lumière » appelés à manifester cette lumière dans les fruits qu’elle produit : « Or le fruit de la lumière consiste en toute bonté, et justice, et vérité » (Éph. 5:9).
« Mon fils… était perdu, et il est retrouvé » — voilà le cœur de la parabole de Luc 15. Il n’est pas question de ce que le fils a souffert, mais de ce que le père a perdu. C’est lui qui souffre ; c’est lui qui perd. Une brebis est perdue : Qui en supporte la perte ? Le berger. Une pièce d’argent est perdue : Qui en supporte la perte ? La femme. Un fils est perdu : Qui en supporte la perte ? Le père.
Le Fils de l’homme est un titre d’une signification très étendue. Il exprime l’homme dans sa perfection, un homme selon Dieu. Il nous dit, en quelque sorte, que l’homme se tient comme un être nouveau en Jésus, et qu’en Lui, se voit la beauté humaine et morale dans toute sa plénitude. Mais ce n’est pas seulement toute cette perfection morale qui est exprimée dans ce titre de « Fils de l’homme », ce sont toutes ses souffrances et toutes ses gloires se rapportant à lui comme tel. Comme Fils de l’homme, il fut humilié (Ps. 8), mais comme tel il est aussi exalté à la droite de la Majesté dans le ciel (Ps. 80). Comme tel, il n’avait pas un lieu où reposer sa tête (Luc 9:58), mais comme tel aussi, il vient à l’Ancien des jours pour prendre le royaume (Dan. 7:13). Le jugement lui est donné comme tel (Jean 5). Il est prophète, sacrificateur et roi comme tel, héritier et Seigneur de toute chose, Tête et Époux de l’Église. Comme Fils de l’homme, il a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés (Mat. 9:6) et il est le Seigneur du sabbat (Marc 2:28), bien qu’il doive rester trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (Mat. 12:40). Comme Fils de l’homme, il était le semeur fatigué, et il sera comme tel le glorieux moissonneur de la moisson. Il a été crucifié et ressuscité comme tel (Mat. 17:9, 22, 23). Mais comme Fils de l’homme, il avait constamment sa propre place dans le ciel (Jean 3:13-14). Et comme le Fils de l’Homme, il est le centre de toutes choses, célestes et terrestres (Jean 1:52).
Ainsi ce titre du Seigneur a une portée très étendue et très élevée ; il se lie étroitement à sa personne avec toutes ses douleurs, mais aussi avec toutes ses dignités, excepté naturellement ce qu’il possède en lui-même comme étant « Dieu sur toutes choses béni éternellement ». Il est l’Homme oint, le temple humain sans souillure, élevé au commencement par le Saint Esprit, puis rempli par lui (Luc 1:35 ; 4:1). Il est l’Homme abaissé qui chemina dans la douleur ici-bas jusqu’à la mort de la croix (Phil. 2). Il est l’Homme exalté, couronné maintenant de gloire et d’honneur et qui bientôt aura tout pouvoir (Héb. 2).
« Le chef du monde vient, et il n’a rien en moi ». Homme parfait, descendu du ciel pour accomplir la volonté de Dieu, Christ a marché au milieu de la souillure de ce monde sans en être atteint ; il a subi tous les assauts de l’ennemi et la haine des hommes ; il est arrivé au terme de sa course dans ses perfections absolues, aussi propre pour rentrer dans la gloire que lorsqu’il la quitta, sans avoir besoin de passer par la mort.
Le Seigneur Jésus est en lui-même le résumé de toutes les beautés et de toutes les perfections possibles.
Dans quelque relation que notre bien-aimé Seigneur nous soit présenté, quelque office qu’il remplisse, quelque œuvre qu’il accomplisse, quelque position qu’il occupe, ses gloires personnelles rayonnent de tout leur éclat divin.
Le Seigneur Jésus ne fut jamais plus visiblement présenté comme « le saint de Dieu » que lorsqu’il fut fait péché sur le bois maudit. L’odieux et la noirceur de ce avec quoi il était identifié sur la croix, ne servait qu’à faire ressortir plus clairement qu’il était « très saint ». Quoique portant le péché, il était sans péché. Quoique endurant la colère de Dieu, il était les délices du Père. Quoi que privé de la clarté de Dieu, il habitait dans le sein du Père.
La vision de Jésus crucifié, la vision de Jésus ressuscité et glorifié, voilà ce qu’il nous faut. Voilà ce qui produira dans notre vie des fruits bénis, des œuvres bénies. C’est en contemplant Christ que nous sommes transformés, de gloire en gloire, à son image. Que cette vision nous soit donnée, et que nous puissions refléter quelque chose de sa lumière !
Au ciel, tout regard sera fixé sur Jésus, tout cœur sera occupé de Jésus, le seul cri éternel, universel et unanime sera : « Tu es digne ».
Dans le Christ Jésus, « autant il y a de promesses de Dieu, en lui est le oui et en lui l’amen, à la gloire de Dieu par nous » (2 Cor. 1:20). Il n’y a pas de non quand il s’agit de Christ. Tout est « oui », tout est divinement établi et fixé.
La prérogative de la foi chrétienne consiste en ceci, que tout ce qu’elle a et tout ce qu’elle offre est concentré dans une Personne. C’est ce qui fait sa force, alors que tant d’autres choses ont prouvé leur faiblesse. Elle n’a pas simplement une délivrance, mais un Sauveur ; non la rédemption seulement, mais un Rédempteur. Et quelle différence entre nous soumettre à un ensemble de règles et nous jeter sur un cœur qui bat, entre accepter un système et nous attacher à une Personne ! Notre bénédiction consiste en ce que nos trésors sont amassés dans une Personne qui n’a pas été seulement pour une génération, dans un Docteur présent et un Seigneur vivant pour toutes les générations successives, Celui qui a été mort, mais qui est présent et vivant pour tous.
Dans les relations du Seigneur Jésus avec le monde qui l’entourait, nous le voyons à la fois comme un Victorieux, un Souffrant, et un Bienfaiteur. Quelles gloires morales brillent dans un tel ensemble ! Il a vaincu le monde, refusant toutes ses séductions. Il a souffert de sa part, rendant témoignage contre sa manière de faire. Il lui faisait du bien, en dispensant incessamment le fruit de sa grâce et de sa puissance. Les tentations de ce monde firent de lui un Vainqueur, ses souillures et ses inimitiés en firent celui qui souffrait, ses misères en firent un Bienfaiteur. Quel concours merveilleux !
Nos sentiments ne sont pas à la mesure de ce que Dieu est envers nous ; tout est absolument accompli ; nous ne pouvons rien ajouter par notre joie ou notre affliction à l’œuvre parfaite de Christ. Ce n’est pas ce que nous pensons de l’œuvre de Christ, mais ce que Dieu en pense, qui sauve ; et notre connaissance, par la foi, de ce que Dieu en pense, nous donne la paix. Dieu dit aux Israélites en Égypte, non pas : Lorsque vous verrez le sang, je passerai par-dessus vous, mais : « Quand je verrai le sang ». C’est lui qui a été offensé, c’est lui qui juge et c’est lui qui a accepté la rançon en justice comme il l’a donnée en amour. Il est fidèle et juste pour nous pardonner. Christ a fait la paix par le sang de sa croix. Il a tout fait et ne nous a rien laissé à faire, sinon à lui rendre grâces et à le louer. Afin que tout puisse être grâce, Dieu a voulu que ce soit par la foi que nous saisissions le salut, et quoique la foi produise d’immenses effets, elle n’ajoute rien à la chose qu’elle croit. Christ et l’efficacité de son œuvre doivent être et sont devant Dieu tout ce que je suis appelé à croire qu’ils sont, avant que je le croie.
Tout ce que la mort peut nous faire, c’est de nous retirer de la scène où elle exerce sa puissance, pour nous faire entrer dans celle où elle n’a aucune puissance. Au lieu de craindre la mort, nous rendons grâces à Celui qui nous a donné la victoire par Jésus.
La puissance de Dieu lui-même, telle qu’elle a agi en Christ lors de sa résurrection, opère en nous pour nous donner la nouvelle position dans la vie. Cette vie implique, par le fait même que nous la recevons, que nous sommes pardonnés parfaitement et pour toujours. Nous étions sous le poids de nos péchés, et morts dans nos péchés : Christ s’est placé sous ce poids, et il est mort pour nous. En ressuscitant, Christ a laissé derrière lui la mort et le poids de la condamnation sous laquelle nous étions ; nous aussi, nous avons été ressuscités avec Lui. Nous avons donc, comme Lui et avec Lui, laissé tout ce poids de péchés et de condamnation derrière nous, avec la mort dont nous avons été délivrés. Ainsi, Dieu nous fait sortir de la mort et de la condamnation, avec Christ qui les a subies pour nous.
Quelle valeur a, pour Dieu, le sang de l’Agneau ! Qui, sur la terre, pourrait décrire la puissance sanctifiante et rédemptrice du sang de Jésus ? Il délivre le pécheur de l’esclavage du monde et du péché, et justifie Dieu quand il fait miséricorde. Il est le fondement de toutes nos bénédictions terrestres et nous donne droit aux plus riches bénédictions célestes. Il nous a ouvert l’accès au trône du Père et nous rend propres pour y paraître comme des enfants bien-aimés. Il a déchiré le voile et ouvert à l’adorateur le lieu très saint. Il répond aux exigences les plus élevées de Dieu, comme aux besoins les plus profonds de l’homme.
Seul un homme altéré connaît la valeur de l’eau, et seule une âme altérée connaît la valeur de l’eau vive.
Tout ce qu’il y avait à faire, Dieu lui-même l’a fait ; et assurément il ne condamnera pas sa propre œuvre. La justice qui était requise, Dieu lui-même l’a fournie ; lui, certainement, n’y trouvera aucun défaut. Voir, des yeux de la foi, Jésus cloué à la croix et assis sur le trône, est quelque chose qui doit donner à la conscience une paix solide, et au cœur une parfaite liberté. Nous pouvons regarder dans la tombe et la voir vide, nous pouvons regarder le trône en haut et le voir occupé, et continuer notre chemin tout joyeux. Un Christ ressuscité est la preuve éternelle d’une rédemption accomplie ; et si la rédemption est un fait accompli, la paix du croyant est une vraie et stable réalité.
Nous n’aurions qu’une idée bien incomplète du mystère de la croix, si nous n’y voyions que ce qui répond aux besoins de l’homme comme pécheur. Il y a, dans la mort de Christ, des profondeurs qui sont hors de la portée de l’homme et que Dieu seul a pu sonder.
Aucun homme, ni aucun ange ne peut sonder jusqu’au fond le mystère de la mort de Christ ; mais nous pouvons en discerner au moins quelques caractères qui, à eux seuls, rendent déjà cette mort précieuse, au-delà de toute expression, pour le cœur de Dieu. C’est de la croix que Dieu recueille sa plus riche moisson de gloire. Il n’aurait pu, d’aucune autre manière, être glorifié comme il l’a été par la mort de Christ. C’est dans l’abandon volontaire que Christ fait de lui-même à Dieu, que la gloire divine reluit dans tout son éclat ; et c’est dans cette offrande que Christ a faite de lui-même que fut posé le solide fondement de tous les conseils divins : la création était insuffisante pour cela.
Christ a tellement pris la place du croyant sur la croix — celui-ci était si entièrement identifié avec lui — tous les péchés du croyant lui ont été alors si complètement imputés, que toute question de culpabilité du croyant, toute idée de jugement ou de colère, auxquels il serait exposé, est éternellement mise de côté. Tout a été réglé sur le bois maudit, entre la Justice divine et la Victime sans tache. Et maintenant le croyant est aussi absolument identifié avec Christ sur le trône, que Christ fut identifié avec lui sur la croix. La justice n’a plus aucun grief à élever contre le croyant, parce qu’elle n’a aucun grief à élever contre Christ. Il en est ainsi à jamais.
Le sang de Christ est la base de tout. C’est le principe de la justice de Dieu en justifiant un pécheur impie qui croit au nom du Fils de Dieu, et c’est le principe de la confiance du pécheur pour s’approcher d’un Dieu saint, dont les yeux sont trop purs pour voir le mal. Dieu serait juste en condamnant le pécheur ; mais, par la mort de Christ, il peut être juste et justifier ceux qui croient — un Dieu juste et sauveur.
C’est par le sang, et rien que par le sang, que nous obtenons le pardon, la paix, la vie, la justice.
En tant que dernier Adam, Christ est la somme totale de l’humanité ; en tant que second Homme, il est la Tête d’une nouvelle race. Nous trouvons donc ici une double union — l’une est liée à sa mort, et l’autre à sa résurrection. En premier lieu, son union avec la race, en tant que « dernier Adam, a commencé historiquement à Bethléem, pour se terminer à la croix et au tombeau. Par elle, il a englobé en lui-même tout ce qui était en Adam pour l’apporter au jugement et à la mort. En second lieu, notre union avec lui, en tant que « second Homme », commence à la résurrection pour se terminer dans l’éternité — ce qui signifie pour ne jamais se terminer — car ayant dans sa mort mis de côté le premier homme en qui le dessein de Dieu avait été frustré, il est ressuscité comme la Tête, le Chef, d’une nouvelle race d’hommes, en qui ce dessein sera pleinement réalisé.
Ainsi, lorsque le Seigneur Jésus fut crucifié sur la croix, il fut crucifié comme le dernier Adam. Tout ce qui était dans le premier Adam fut rassemblé et mis de côté, en Lui. Nous y étions compris. En tant que dernier Adam, il a effacé la vieille race ; en tant que second Homme, il introduit la race nouvelle. C’est dans sa résurrection qu’il s’avance comme le second Homme, et là aussi, nous y sommes compris. « Car si nous avons été identifiés avec lui dans la ressemblance de sa mort (c’est-à-dire par la conformité à sa mort), nous le serons donc aussi dans la ressemblance de sa résurrection (c’est-à-dire par la conformité à sa résurrection) » (Rom. 6:5). Nous sommes morts en lui, le dernier Adam ; nous vivons en lui, le second Homme. La croix est ainsi la puissance de Dieu, qui nous fait passer d’Adam en Christ.
C’est le Juge lui-même qui a pris sur lui nos péchés et a subi à notre place le châtiment que nous avions mérité. Comment pourrait-il anéantir sa propre œuvre expiatoire ? Nous avons donc toute assurance pour le temps présent et pour le jour où nous serons manifestés devant le tribunal de Christ. Celui même qui siégera sur le trône reconnaîtra, en ces heureux élus, sa propre image et ses propres perfections.
À la croix, toutes les exigences de la sainteté divine ont été parfaitement satisfaites ; en sorte que, mieux nous comprenons cette sainteté, mieux aussi nous apprécions la croix. Plus nous estimons la sainteté, plus aussi nous estimerons l’œuvre de la croix.
Christ, ayant la vie en lui-même, est descendu ici-bas et a satisfait à toutes les conséquences du péché de l’homme, quelles qu’elles fussent ; en se soumettant à la mort, il détruisit celui qui en avait l’empire et devint, en résurrection, la vie et la justice de tous ceux qui croient en son nom. Il est impossible désormais que Satan porte atteinte à cette vie, soit dans sa source, soit dans son canal, soit dans sa puissance, soit dans sa sphère, soit dans sa durée. Dieu en est la source ; Christ ressuscité, le canal ; le Saint Esprit, la puissance ; le ciel, la sphère, et l’éternité, la durée.
Là où le Christ ressuscité introduit son peuple, la mort n’existe pas. Ne l’a-t-il pas abolie ? La Parole de Dieu nous le déclare ! Christ a fait disparaître la mort de dessus la scène et y a introduit la vie ; ce n’est donc pas la mort, mais la gloire, que le chrétien a devant lui. La mort est derrière lui pour toujours ; quant à l’avenir, tout est gloire, gloire sans nuages.
La Parole nous enseigne que Dieu a fait le premier pas vers l’homme, que ce premier pas a conduit le Seigneur à la croix, que par elle seule l’homme commence à lui être agréable. Tel est donc notre point de départ pour venir après lui.
En Christ, tout est infailliblement assuré pour la gloire de Dieu et la bénédiction éternelle de l’homme. Le dessein éternel de Dieu est « d’établir Christ comme chef sur toutes choses ». Il n’y a pas une seule chose dans laquelle le premier homme a manqué, que le second ne restaure. Tout est établi sur une base nouvelle en Christ. Il est le chef de la nouvelle création, héritier de toutes les promesses faites à Abraham, à Isaac et à Jacob au sujet du pays, héritier de toutes les promesses faites à David concernant le trône.
L’empire sera posé sur son épaule. Il revêtira ces gloires. Il est Prophète, Sacrificateur et Roi. En un mot, Christ restaure tout ce qu’Adam a perdu, et il apporte beaucoup plus que tout ce qu’Adam a jamais possédé.
Le Seigneur Jésus était le Fils unique, et en tant qu’unique, il n’avait pas de frères. Mais le Père envoya le Fils, afin que l’Unique devienne le Premier-né, et que le Fils bien-aimé ait beaucoup de frères. Nous avons là toute l’histoire de l’incarnation et de la croix ; et là, nous trouvons enfin l’accomplissement du dessein de Dieu, qui est d’amener plusieurs fils à la gloire (Héb. 2:10). Il a fait tout ce qui était nécessaire pour que le ciel soit rempli de fils glorifiés. Tel était son dessein dans la rédemption.
La croix est la mesure de la haine de Dieu contre le péché, tout comme elle est la mesure de son amour pour le pécheur.
Quand le Saint Esprit déploie devant nos cœurs quelque chose de la profonde bénédiction, du prix et de l’efficace de la mort de notre Seigneur Jésus Christ, il nous amène à méditer sur le mystère de ses souffrances, à repasser dans nos cœurs tout ce par quoi il a dû passer pour nous, tout ce qu’il lui en a coûté pour nous sauver des conséquences éternelles du péché auquel, hélas ! nous nous laissons aller si souvent avec légèreté. Or c’est là un travail très profond et saint, qui conduit l’âme à ces exercices dont les « pains d’affliction » dans la fête des pains sans levain, étaient l’image. Il y a une grande différence entre les sentiments que nous éprouvons en nous occupant de nos péchés, et ceux qui proviennent de la vue des souffrances de Christ pour ôter ces péchés.
Christ est là, au ciel, agréé de Dieu, à cause de l’œuvre qu’il a accomplie, et c’est là ce qu’il me faut. La justice a été montrée en ceci, savoir que Christ est assis à la droite de Dieu. Dieu l’a pris hors du monde, il m’en sort aussi, et me dit : La justice est là à ma droite. Là est ma justice.
Ensemble avec Christ, sur la croix, dans le tombeau et dans les lieux célestes ! Ainsi, le Seigneur glorifié peut partager avec tous les croyants la victoire de sa croix, la puissance de sa résurrection et la plénitude de sa vie glorieuse.
Être en Christ, c’est être là où Christ se trouve, c’est être ce qu’il est, c’est partager ce qu’il possède.
Être en Christ, c’est être dans les lieux célestes ; ce n’est donc que dans les lieux célestes que le chrétien est vraiment chez lui. Il est pèlerin sur la terre ; sa patrie est le ciel.
Être en Christ, c’est être ce qu’il est. Christ est la tête, le chrétien est l’un des membres du corps ; tête et corps ont une seule et même vie. Ainsi la même vie anime Christ dans les lieux célestes et le chrétien sur la terre.
Être en Christ, c’est avoir part aux richesse de Christ. Tout ce qu’il possède, nous le possédons aussi. Toutes les bénédictions spirituelles, la joie, la paix, la victoire, la puissance, la sainteté sont à nous, en Christ, dès cet instant. Enfants de Dieu, nous sommes ses héritiers, cohéritiers de Christ, de sorte que tout ce que le Père a donné au Fils, le Fils le partage avec nous. « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ (Éph. 1:3). « Celui même qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec lui ? » (Rom. 8:32).
Nous sommes élus en Christ, avant la fondation du monde. Nous appartenons, dans les conseils de Dieu, à un système établi par lui en Christ avant que le monde existât, système qui n’est pas du monde quand celui-ci existe, et qui subsistera après que la figure de ce monde aura passé. Notre place en Christ nous a été donnée avant que le monde existât. « Dieu... nous a sauvés et nous a appelés d’un saint appel, non selon nos œuvres, mais selon son propre dessein et sa propre grâce qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles, mais qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus Christ (2 Tim. 1:9-10). « L’espérance de la vie éternelle que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant les temps des siècles » (Tite 1:2).
Nous avons une vie, mais c’est en Christ ; cette vie est cachée avec Lui, en Dieu, en sûreté dans son éternelle source. Elle a le sort de Christ en qui nous la possédons. Il est caché en Dieu, ainsi aussi est notre vie : quand Christ apparaîtra, nous apparaîtrons aussi avec Lui. Compter sur le Seigneur toujours présent, c’est la sainteté. Cette grâce de la foi est la chaîne qui lie l’âme à Christ et fait que le Sauveur et le racheté font un. Un canal est alors ouvert par lequel la plénitude de Christ est répandue abondamment en nous. Le sarment stérile devient une portion du cep fécond. Une seule et même vie circule dans la plante entière.
Ne cherchons rien hors de Christ, mais réjouissons-nous d’être nous-mêmes en lui, un avec lui et par conséquent, un avec toute sa plénitude. N’attendons pas que la foi produise la sainteté, mais réjouissons-nous de la parfaite sainteté en Christ comme d’un fait ; réalisons qu’étant un avec lui, d’une manière inséparable, cette sainteté est la nôtre et, acceptant ce fait, nous en constaterons la réalité.
Je n’ai pas à faire de moi un sarment. Je le suis, du moment que Jésus me le dit. Je suis une partie de lui-même ; à moi de le croire et d’agir en conséquence. Je suis un membre de Christ, et je puis prendre de sa plénitude tout ce dont j’ai besoin.
Quelle chose merveilleuse d’être réellement un avec un Sauveur ressuscité et glorieux, d’être un membre de Christ ! Pensons à ce que cela implique. Christ peut-il être riche et moi, pauvre ? La Tête peut-elle être bien nourrie et le corps, mourir de faim ?
Toutes les choses qui nous rendront heureux dans le ciel, nous les possédons dès maintenant. Si vous désirez savoir ce qui rend un chrétien heureux dans la vie et dans la mort, c’est le fait que le Christ qu’il possède aujourd’hui est le même Christ qu’il aura dans le ciel. Il est chez lui là où Celui qu’il aime et connaît le mieux, se trouve déjà.
Il n’est pas possible que le Chef et les membres soient acceptables dans des mesures différentes. La Tête et les membres sont un. Dieu les tient pour un ; par conséquent, ils sont un. Cette vérité est à la fois le fondement de la confiance la plus haute et de l’humilité la plus profonde : elle donne la plus entière certitude, « toute assurance au jour du jugement » (1 Jean 4:17), attendu qu’il est impossible qu’il soit mis quoi que ce soit à la charge de CELUI auquel nous sommes unis ; et elle nous donne un profond sentiment de notre néant, attendu que notre union avec Christ est fondée sur la mort de la nature humaine et sur l’abolition complète de tous ses droits et de toutes ses prétentions.
Il y a dans notre cœur une tendance continuelle à faire reposer notre paix et notre acceptation sur quelque chose qui est en nous ou qui vient de nous, bien que nous admettions que ce « quelque chose soit un fruit du Saint Esprit. De là vient que nous regardons constamment en nous-mêmes, tandis que le Saint Esprit voudrait toujours nous faire regarder en dehors de nous. La position du croyant ne dépend pas de ce que lui est, mais de ce que Christ est. S’étant approché de Dieu « au nom de Jésus », il est identifié avec lui et accepté en son nom, et il ne peut pas plus être rejeté que Celui au nom duquel il s’est approché de Dieu. C’est notre heureux privilège de pouvoir, dans la confiance de la foi, renvoyer toute accusation et tout accusateur à Christ et à l’expiation qu’il a accomplie. Tout, pour nous, découle de lui. Nous nous glorifions en lui continuellement. Nous n’avons aucune confiance en nous-mêmes, mais en Celui qui a accompli toutes choses pour nous. Nous nous attachons à son nom ; nous nous confions en son œuvre ; nos regards sont arrêtés sur sa personne, et nous attendons son retour.
Inséparablement uni à Christ, le croyant partage nécessairement son acceptation auprès de Dieu et son rejet par le monde. Ces deux choses vont ensemble : la première nous constitue adorateurs et citoyens du ciel ; la seconde nous constitue témoins et étrangers sur la terre ; la première nous introduit au-dedans du voile ; la seconde nous fait sortir hors du camp ; et l’une est aussi parfaite que l’autre.
La connaissance de notre position, absolument parfaite et établie en Christ, est la chose même dont le Saint Esprit se sert pour nous exciter à tendre vers la perfection pratique. Nous ne devons jamais mesurer notre position par notre état ; mais, au contraire, toujours juger notre état par notre position. Abaisser la position à cause de l’état, c’est donner le coup de mort à tout progrès dans le christianisme pratique.
Le croyant est « mort au péché ». Comment ? Il est mort en Christ. Par nature, il était mort dans le péché. Par grâce, il est mort au péché. Quels droits peut-on avoir sur un homme mort ? Aucun. « Christ est mort une fois pour toutes au péché » et le croyant est mort en lui. « Or si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que Christ ayant été ressuscité d’entre les morts, ne meurt plus ; la mort ne domine plus sur lui. Car en ce qu’il est mort, il est mort une fois pour toutes au péché, mais en ce qu’il vit, il vit à Dieu » (Rom. 6:8-10). Que résulte-t-il de tout cela pour les croyants ? « De même, vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus (v. 11). Telle est, devant Dieu, la position inaltérable du croyant, de sorte qu’il a le saint privilège de jouir de la délivrance du péché, en tant que dominateur sur lui, quoique le péché habite encore en lui.
Le chrétien possède la nouvelle nature, qui ne peut aucunement produire les fruits de la vieille nature. Christ ne pèche pas ; sa vie en nous ne peut pécher. Celui qui demeure en lui ne pèche pas. « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu » (1 Jean 3:9).
Comment Jésus nous donnerait-il ce commandement : « Demeurez en moi » sans nous assurer la grâce et la puissance de le faire ?
La vie en Christ est une source inépuisable de bonheur. À mesure que Christ prend plus pleinement possession de l’âme, elle entre dans la joie de son Sauveur qui devient la sienne à toujours. La joie est un trait caractéristique de celui qui vit en Christ, et nous savons tous en apprécier la valeur ; elle est la meilleure preuve que le cœur est réellement satisfait. Aussi n’y a-t-il pas, chez le chrétien, d’attrait plus irrésistible, de prédication plus persuasive et qui manifeste mieux au monde la réalité de l’amour divin, que le rayonnement de cette joie, triomphant des épreuves de la vie. Pour le bien même du croyant, elle est un élément indispensable ; car la joie du Seigneur est sa force. En elle se retrempent sa confiance, son courage et sa patience. Avec un cœur joyeux, aucun travail ne lasse, aucun fardeau n’accable, et Dieu lui-même est notre force et notre chant de victoire.
Dans la pensée de Dieu, Christ et le chrétien sont tellement unis que Christ est à la fois dans les lieux célestes et sur la terre, et que le chrétien est à la fois sur la terre et dans les lieux célestes. Le chrétien sur la terre, c’est Christ rendu visible. Nous devons donc avoir une telle plénitude de la vie de Christ que ceux qui le discernent en nous se sentent attirés à lui.
Christ est en moi. D’abord « j’ai été crucifié avec Christ » ; ensuite « Christ vit en moi ». C’est sur un trône dont le « moi » a été chassé que le Christ veut monter.
Être chrétien, c’est faire de Christ le centre de sa vie. C’est être transformé à l’image de Christ, de gloire en gloire et de jour en jour. Être chrétien signifie que Christ anime notre esprit, notre cœur, notre volonté, de telle sorte qu’il pense par notre esprit, qu’il aime par notre cœur, qu’il exprime sa volonté par la nôtre. C’est laisser Christ occuper tant de place en nous, que nous n’ayons plus aucune vie en dehors de lui.
Christ qui est la source de notre vie, qui est notre vie, en est aussi l’objet. C’est ce qui caractérise toujours la vie de Christ en nous ; lui-même en est l’objet, lui seul. Christ est personnellement l’objet dont la vie se nourrit. Il est tout revêtu à nos yeux de l’amour qu’il nous a montré dans sa mort. Nous vivons par la foi au Fils de Dieu qui nous a aimés et s’est donné pour nous.
La conscience de notre relation avec Christ s’applique à tout : rien ne se fait sans lui. Il est présent comme le premier mobile de nos actes et ce qui leur imprime leur vrai caractère, et le cœur est occupé de lui en les accomplissant. Tout se rapporte à lui : nous ne mangeons pas sans lui, nous ne buvons pas sans lui ; ce que nous disons, ce que nous faisons, est dit et fait au nom du Seigneur Jésus. La conscience de sa présence, le sentiment que tout se rapporte à lui, qu’on ne peut rien faire, sinon charnellement, sans lui, parce que la vie que nous avons de lui, agit avec lui et en lui, ne se sépare pas de lui et l’a lui-même pour objet en tout, de même que l’eau s’élève à la hauteur d’où elle est descendue — voilà le vrai caractère de la vie du chrétien.
La nature se confond souvent avec la grâce aux yeux inexpérimentés des hommes, mais la conscience intelligente qu’on a de Christ comme objet du cœur, la conscience de sa présence, du sceau de son approbation quand on pense à lui, ne se confond avec rien : rien n’y ressemble, aucune belle apparence n’en peut prendre la place. Quand il se révèle au cœur et que le cœur marche avec lui et s’entretient avec lui, ne cherchant que le regard de sa face, le sceau de sa faveur sur l’âme en toutes choses : alors Christ est connu, bien connu. Il n’y a que lui qui se communique ainsi en grâce à l’âme qui marche dans les voies de sa volonté exprimée dans sa Parole.
Ceux qui sentent le plus profondément qu’ils sont morts en Christ et qu’ils ont subi en sa Personne le châtiment du péché, atteignent les plus hauts sommets de la vie divine. Celui-là est le plus saint, qui possède le mieux Christ au-dedans de lui et qui se réjouit le plus complètement dans son œuvre accomplie. C’est l’imperfection de la foi qui entrave la marche et est la cause de beaucoup de chutes.
Dieu ne me donnera pas l’humilité, ou la patience, ou la sainteté, ou l’amour, comme des dons de sa grâce isolés. Il ne détaille pas sa grâce, pour nous la distribuer par petites doses, accordant une mesure de patience à celui qui est impatient, un peu d’amour à celui qui n’aime pas, un peu d’humilité à celui qui est orgueilleux, en quantités que nous pourrions recevoir, et sur la base desquelles nous pourrions opérer comme avec une sorte de capital. Il nous a fait un seul Don qui répond à tous nos besoins — son Fils Jésus Christ (*). Et lorsque je regarde à lui, pour qu’il vive sa vie en moi, il sera humble et patient, et plein d’amour, et tout ce dont j’ai besoin — à ma place. Il est tout ce que je ne puis, et dois, être. « Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie est dans son Fils : celui qui a le Fils, a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu, n’a pas la vies (1 Jean 5:11-12). La vie de Dieu ne nous est pas donnée comme un objet séparé ; la vie de Dieu nous est donnée dans le Fils. C’est « la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 6:23). Notre relation avec Christ est notre relation avec la vie.
(*) « De sa plénitude, nous tous nous avons reçu, et grâce sur grâce » (Jean 1:16).
Je refuse d’agir de ma propre volonté ; je dépends de lui pour qu’il agisse, et j’entre ensuite pleinement et joyeusement dans l’action qu’il a commencée. Ce n’est pas de la passivité, c’est une des vies les plus actives que de se confier au Seigneur de cette manière ; de tirer de lui la vie, de le prendre pour qu’il soit ma vie même, de le laisser vivre sa vie en moi.
Ce qui occupe Christ et ce à quoi il pense, c’est ce qui devrait nous occuper et ce à quoi nous devrions penser. Si Christ est notre vie et, par l’Esprit, la source de nos pensées, nous aurons ses pensées en toute chose. Nous devons être au milieu des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons comme Christ y serait ; c’est cela, la vie chrétienne. Il n’est jamais nécessaire que nous fassions un mal quelconque, que nous agissions selon la chair. Bien qu’elle soit là, nous n’agirons pas sous son impulsion si nous sommes pleins de Christ, car c’est lui qui nous suggère nos pensées.
Devenir la possession de Christ signifie bien plus que nous ne pensons au premier abord. Christ possède-t-il mon corps, mes yeux, mes oreilles, ma langue, mes mains et mes pieds ? Possède-t-il toutes mes facultés, ma mémoire, mon imagination, mon intelligence ? Possède-t-il mes pensées ? Mon être entier est-il vraiment à sa disposition pour accomplir sa volonté ?
Seigneur, pénètre partout où tu voudras dans mon cœur, fais ce qu’il te plaira. Tu es ici chez toi.
Tout ce qui est indigne de Christ est indigne d’un chrétien.
Nous sommes en Christ devant Dieu ; Christ est en nous devant le monde. Ces deux choses sont inséparables. C’est l’union avec Christ par le Saint Esprit, mais envisagé du côté de Dieu, d’une part, du côté du monde, de l’autre. « Christ en vous, l’espérance de la gloire » (Col. 1:27) : il a plu à Christ de nous unir à lui par le Saint Esprit, nous remplissant de l’espérance d’une chose, non encore atteinte, la gloire, que lui-même a atteinte, mais dont l’union avec lui nous donne la certitude absolue.
Les qualités dominantes de la nouvelle nature sont la dépendance et la soumission ; et les circonstances par lesquelles nous passons dans ce monde, les difficultés, les épreuves et les tentations de la route, sont autant d’occasions où ces qualités sont mises à l’épreuve et peuvent se manifester et s’exercer. Il y a de la bénédiction dans l’épreuve pour celui qui est dépendant et soumis. « Estimez-le comme une parfaite joie, mes frères, quand vous serez en butte à diverses tentations » (Jacques 1:2).
Nous ne devons pas laisser tomber le mot « commandement » parce que le commandement exprime l’autorité, et que lors même que nous ferions extérieurement toutes choses bien, rien n’est bien qui n’est pas fait dans une esprit d’obéissance.
L’obéissance chrétienne, c’est une nouvelle vie qui trouve son plaisir à faire la volonté de Christ, en reconnaissant l’entière autorité de Christ sur elle. Nous nous tenons pour morts à tout le reste ; nous sommes vivants à Dieu ; nous ne sommes pas à nous-mêmes. Nous ne connaissons Christ qu’autant que nous sommes vivants de sa vie. Or cette vie est l’obéissance.
Celui qui a perçu les premiers rayons du soleil d’En haut n’a qu’un seul désir : marcher toujours plus à sa seule clarté.
La tâche la plus difficile du Saint Esprit est peut-être d’amener le croyant à acquiescer entièrement à la volonté de Dieu. La volonté propre subsiste en chacun de nous, toujours prête à la rébellion. Le remède est dans la résolution délibérée de faire la volonté de Dieu à tout prix, en toutes choses, en tout temps. Il s’agit d’avoir, comme règle absolue, de faire la volonté de Dieu, sans souffrir aucune exception.
C’est une des séductions du cœur que, lorsque nous connaissons parfaitement la volonté de Dieu, nous allions demander avis à quelqu’un qui n’est pas plus spirituel que nous. Sans doute un esprit plus spirituel peut m’aider à discerner la volonté de Dieu ; mais Dieu a lié la connaissance du sentier qui est selon sa volonté, de son sentier à lui, avec l’état intérieur de l’âme, et il nous fait traverser des circonstances — la vie humaine ici-bas — afin de mettre cet état à l’épreuve, de nous révéler à nous-mêmes quel est cet état et de nous y exercer.
Le chrétien doit, par son état spirituel, connaître les voies de Dieu. Le moyen à employer, c’est la Parole.
On ne peut manifester son amour pour le Seigneur qu’en obéissant à ses commandements. Pourquoi employer de belles expressions pour témoigner son amour envers lui, si l’on marche contrairement à ses pensées, en se laissant diriger par sa propre volonté ? Les commandements du Seigneur sont exprimés par sa vie entière, par tout ce qu’il a dit et fait. Il sert de modèle à ceux qui, par la foi, le possèdent comme leur vie. Pour eux, toute sa vie, ses actes, ses paroles font autorité. L’amour pour le Seigneur est le mobile d’action du croyant. Il est alimenté par la connaissance de sa Personne, de sa marche, de son dévouement jusqu’à la mort, de ses souffrances. Si le croyant ne s’occupe pas du Seigneur, s’il ne vit pas de lui, il ne peut marcher sur ses traces.
La grande bénédiction du croyant consiste à connaître toujours mieux la Personne du Seigneur ; cette connaissance ne peut se réaliser que dans une vie d’obéissance.
Seule l’obéissance permet de réaliser toutes les bénédictions propres à la position dans laquelle la grâce nous a placés. Aimer le Seigneur, c’est garder ses commandements. Celui qui garde ses commandements demeure dans son amour, participe à sa joie, comme à sa paix.
Rappelons-nous que, si nous sommes dans une entière dépendance du Seigneur, la tentation ne nous atteindra pas du tout. L’épreuve peut survenir ; mais, comme Jésus, nous pouvons dire de celle-ci : « La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? » (Jean 18:11). Si nous sommes près de Dieu, toute épreuve devient une occasion précieuse de manifester une obéissance plus grande, sinon c’est une tentation de sortir du chemin de la dépendance.
La libre volonté n’est que l’esclavage du diable.
Ne pas avoir d’autre motif que la volonté de notre Père, quelle simplification dans nos circonstances ! Si nous pensions à ne jamais rien faire que parce que c’est la volonté expresse de Dieu, combien de choses disparaîtraient immédiatement de notre vie ! Nous ne lutterions pas sans cesse contre ceci ou cela, mais nous serions gardés dans la conviction paisible que la grâce de Dieu a pourvu à tout et que nous n’avons pas à faire un pas sans que son amour y ait pourvu d’avance.
Nous trouvons dans la Parole la règle de la conduite du chrétien. Elle est très simple, très catégorique et parfaitement satisfaisante pour le cœur qui désire réellement faire la volonté de Dieu : « Quelque chose que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au nom du seigneur Jésus » (Col. 3:17).
Si nous sommes assez près de Dieu, nous ne serons pas embarrassés pour connaître sa volonté.
Là où il y a du discernement spirituel, les choses deviennent aussi simples et claires que la lumière du jour. « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25:14). Là où est la crainte du Seigneur, il y aura l’intelligence de sa Parole et de sa pensée ; mais la Parole de Dieu ne sera pas simple, si l’on ne se soumet pas à lui.
Le signe caractéristique de ceux qui aiment le Seigneur est l’obéissance. Lorsque nous jouissons d’une relation intime avec lui, notre amour se manifeste en ce que nous cherchons à connaître les désirs de son cœur. Si Christ nous est précieux, nous serons attentifs à sa Parole.
Aimez-vous la volonté de Dieu ? Il nous faut arriver bien des fois à la place où nous sommes prêts à abandonner les choses que nous pensons être bonnes et précieuses, afin que sa volonté s’accomplisse. Quand l’esprit est pur, libre de ce mélange de sentiments de l’âme, nous reconnaîtrons la volonté de Dieu, et nous trouverons que c’est en elle seule que notre cœur peut se réjouir. Nous ne verserons même plus une larme par sympathie pour la chair. Oui, l’action de la croix pénètre profondément et il importe qu’elle soit réelle à l’égard de l’âme.
L’activité de la nature divine en nous se manifeste toujours dans l’obéissance. Ce qui n’est pas obéissance, n’est pas Christ.
Reconnaître la seigneurie de Christ est un des grands secrets de notre vie chrétienne. C’est mettre de côté notre propre volonté pour n’obéir qu’à celle du Maître.
Chaque pas dans le chemin de l’obéissance est accompagné de bénédictions réelles, parce que l’obéissance est le fruit de la foi, et que la foi nous associe avec Dieu et nous introduit dans une communion vivante avec lui.
Seigneur, délivre-nous de cette légèreté d’esprit qui consiste à ne pas prendre le temps et la peine de considérer en toutes choses ta volonté !
Le critère du croyant dans toute sa marche doit être : « ce qui satisfait le cœur de Christ », et non pas : « quel mal y a-t-il en ceci ou en cela ».
Comme Jésus était entièrement dépendant du Père pour toutes ses paroles et ses œuvres, de même le croyant ne peut rien faire de lui-même.
Nous nous tourmentons souvent pour des choses que Dieu ne nous demande pas du tout. Notre état d’âme joue un grand rôle. Ce sont « les débonnaires qu’il fera marcher dans la voie de la justice et auxquels il enseignera sa voie ». Si nous sommes humbles et méfiants de nous-mêmes, si nous comptons sur Dieu en simplicité de cœur, il nous dirigera sûrement. Mais c’est un manque fatal de droiture que de demander conseil à Dieu, lorsque nous avons un parti pris et que notre volonté est en jeu.
C’est une grande chose de pouvoir dire au diable et au monde, non des lèvres seulement, mais en vérité et par toute notre vie : « Je suis parfaitement satisfait de la volonté de Dieu ».
L’amour n’est ni aveugle ni faible. Seulement, au contraire de notre cœur naturel, il ne se plaît jamais à découvrir le mal et à le publier ; il ne le suppose pas ; quand il le trouve sur son chemin, il en est affligé et, au lieu de l’exposer à la malignité publique, il en cherche le remède. Mais il ne le traite jamais avec indifférence. Il en supporte les conséquences qui l’atteignent personnellement sans se plaindre ni se venger. En aucun cas, il ne s’y associe.
L’amour sert, l’amour s’humilie, prend volontairement la position la plus vile (la plus vile selon l’orgueil de l’homme), pour servir, et y trouver ses délices. Christ a agi par amour, Christ a voulu servir, Christ a voulu prendre la place la plus basse — Lui qui pouvait s’humilier ; — et nous ?
Étant le déploiement de la nature divine en nous et ce qui maintient le cœur dans la communion de Dieu lui-même, l’amour est le lien de la perfection, le vrai moyen de sainteté. Le cœur est, par lui, retenu loin de la chair et de ses pensées, dans la pure lumière de la présence de Dieu.
L’amour fait surmonter les difficultés, les persécutions, la frayeur que l’ennemi cherche à produire dans nos cœurs. Si nous sommes occupés de Dieu, heureux en lui, le poids des afflictions ne se fait pas sentir. La force de Dieu est dans le cœur et nos peines ne sont « qu’une légère tribulation d’un moment ».
La récompense d’aimer, c’est d’aimer encore davantage. Celui qui aime, s’enrichit de ce qu’il donne.
Dieu respecte l’amour qu’il obtient : car l’amour de ses créatures est son plus beau titre de gloire.
Le choix de la seule chose nécessaire est aussi le fruit de notre amour pour Christ. Parce que nous l’aimons, rien ne vaut pour nous autant que sa présence, et nous choisissons sa présence. C’est à lui de décider quelles sont les autres choses qu’il choisit de nous donner.
Plus encore que notre service, il désire notre amour.
Si nous aimons Christ véritablement, nous discernons ce qui lui plaît, sa volonté, ce qui à ses yeux a le plus d’importance, et cet amour doit nous aider à toujours choisir le meilleur, à renoncer aux biens secondaires ou à les placer au second plan.
L’amour est la conformité à la nature de Dieu, l’expression vivante de ce que Dieu est, la manifestation d’une participation à sa nature : on agit, on sent d’après la nature de Dieu. L’amour a sa source au-dedans de celui en qui il agit ; sa force est indépendante des objets dont il s’occupe, et c’est ainsi qu’il peut agir là où les circonstances pourraient produire dans le cœur de l’homme l’irritation ou la jalousie.
Quel objet difforme qu’un chrétien égoïste ! Il est une contradiction constante, un mensonge vivant.
Pierre n’est pas le seul pour qui le coq a dû chanter deux fois.
Il est d’un grand profit pour notre âme que nous ayons le jugement de Dieu présent à nos pensées, et que le sentiment de l’immuable majesté de Dieu soit maintenu dans notre conscience par ce moyen. La conscience que nous devrons tous être manifestés devant le tribunal de Christ engage le cœur du croyant accepté de Dieu à chercher à plaire au Seigneur à tous égards. Celui qui marche maintenant dans la lumière, celui dont la conscience réfléchit cette lumière, ne la craindra pas au jour où elle paraîtra dans la gloire. Affranchi de toute crainte, dans la parfaite lumière et avec la consolation de l’amour parfait et, en même temps, avec le sentiment de l’autorité et du gouvernement divin pleinement démontré dans l’âme, tout est jugé par l’âme elle-même comme Dieu le juge, et en communion avec lui. Cela est extrêmement précieux.
Prenons garde, dans les choses ordinaires de la vie, au premier pas qui nous éloignerait de la sainteté intérieure et de cette séparation de cœur pour lui qui nous donne son secret, savoir la lumière d’En haut, sur tout ce qui nous entoure ; car « le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25:14).
Dieu ne nous demande d’être fidèles qu’un jour à la fois. Nous voyons par là le prix que nous devons attacher à chacune de nos journées. Nous sommes facilement portés à considérer la vie comme un tout et à négliger le court espace d’un jour ; nous oublions que les jours font les années, que la valeur d’un jour dépend de son influence sur tout l’ensemble de la vie. Un jour perdu est un anneau brisé de la chaîne et en demande souvent plus d’un pour être réparé ; il déteint sur le suivant et le rend plus difficile à passer ; il peut même rendre inutile le travail de mois et d’années.
Dieu hait l’orgueil par-dessus tout, parce que l’orgueil donne à l’homme la place qui appartient à Celui qui est dans les cieux, exalté au-dessus de tout.
La vraie humilité ne consiste pas tellement à penser du mal de nous-mêmes qu’à n’y pas penser du tout. Je suis trop mauvais pour mériter qu’on pense à moi. Ce dont j’ai besoin, c’est de m’oublier moi-même et de regarder à Dieu qui est digne de toutes mes pensées.
Que Dieu nous accorde d’être n’importe quoi ou de n’être rien du tout, afin que le Seigneur Jésus Christ soit tout.
L’humilité qui découle du pardon de nos péchés, sera toujours plus profonde que celle qui découle de la découverte de ces péchés. La première nous met en rapport avec Dieu ; la seconde a affaire avec le « moi ». Pour être vraiment humble, il faut marcher avec Dieu dans l’intelligence et la puissance de la relation où il nous a placés. Il nous a faits ses enfants ; et pourvu que nous marchions comme tels, nous serons humbles.
Nous ne devons pas nous comparer aux autres pour nous justifier. Considérons plutôt notre parfait modèle, Christ ; alors, au lieu de nous justifier, nous nous condamnerons.
Rien n’indique un état de cœur plus déplorable, et rien ne peut être un plus grand obstacle à la bénédiction, qu’un esprit de censure et de critique.
S’occuper de soi d’une manière quelconque, est une chose des plus pernicieuses ; c’est le coup de mort de la communion. Tout ce qui tend à placer le « moi » devant l’âme doit être jugé et rejeté d’une manière décisive, car la faiblesse et la stérilité en sont la conséquence.
C’est une grande chose que nous soyons réduits à rien ; et si nous ne savons pas comment n’être rien, il faut que Dieu nous y amène ; un homme humble n’a pas besoin d’être humilié.
La grande affaire pour nous est d’être près de Christ et d’y demeurer constamment ; car c’est là que l’âme est gardée en paix dans le sentiment profond de son amour. Ainsi notre service découle du fait que nous demeurons auprès de lui, et il en porte l’empreinte.
Se livrer, c’est la cession volontaire et définitive de l’être tout entier, esprit, âme et corps, du « moi » à Christ, à qui il appartient de droit parce qu’il l’a créé et racheté. Désormais, Christ a le droit d’employer et de contrôler cet être qui lui appartient entièrement. Ce n’est pas pour être à lui, mais parce que nous sommes à lui que nous lui livrons notre vie. Sur la croix, au prix de son sang, Jésus a acquis le titre de propriété sur notre vie. Elle est sienne par droit d’achat. Lui avez-vous jamais livré ce qui lui appartient ? Christ a le droit de prendre de force ce qui est à lui, car il est le Seigneur. Mais il préfère nous contraindre par amour. Il nous sollicite de cette manière : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ». La consécration s’étend à tous les membres de notre corps. Tout est compris ; rien n’est omis. Comprenons bien que nous ne devons faire aucune réserve en ce qui concerne ce don de nous mêmes. La plus petite réserve serait considérée par Dieu comme un acte de rébellion. Si Christ doit être notre maître, il doit être le maître de tout.
La seule puissance pour la délivrance du péché ou pour le vrai service, c’est Christ.
C’est l’amour pour Jésus qui nous pousse à l’œuvre : il ne saurait y avoir d’autre motif. Toute activité extérieure qui n’est pas le fruit de la vie intérieure, tend à nous faire agir sans Christ et à lui substituer le « moi ». J’ai peur d’une grande activité sans grande communion.
À moins que l’activité ne se renouvelle dans la communion avec le Seigneur, toute sincère qu’elle est, elle dégénérera en routine et deviendra même dangereuse, car par son moyen l’âme s’éloigne de Dieu sans le savoir.
Le temps viendra bientôt où nous dirons de tout ce qui, dans nos vies et nos voies, n’a pas été Christ : « Tout cela fut du temps perdu ».
Puissent l’amour et l’approbation du Seigneur, et non les choses qui vont disparaître, être les motifs qui nous gouvernent.
Heureux qui s’oublie et dont le regard, attiré par Christ, est détourné de sa propre contemplation. Heureux qui pense aux autres, et qui aime et qui sert, qui sort de soi en portant du fruit. Heureux qui se donne pour sauver. Pour qui sert, tout est joie.
Nous ne sommes pas souples entre les mains du Seigneur. Il doit donc briser en nous la volonté propre et ses manifestations, afin de nous amener à faire une chose parce qu’il la désire, et non parce que nous l’aimons. Il veut nous amener à la place où il n’a plus qu’un désir à exprimer pour que nous y répondions instantanément. C’est là l’esprit du serviteur. Mais un tel esprit ne se produira naturellement en aucun de nous. Il se manifestera seulement lorsque notre âme, le siège de notre énergie, de notre volonté, de nos sentiments naturels, aura connu le douceur de la croix. Tout vrai serviteur de Dieu doit connaître, à un moment donné, cette expérience. Il faut que soit produite en nous une véritable crainte de nous-mêmes. Nous redouterons de faire quelque chose par nous-mêmes. Mais lorsque nous en arrivons à vivre notre vie dans l’Esprit et par l’Esprit, bien que nous employions encore les facultés de notre âme comme nos forces physiques, elles sont désormais les servantes de l’Esprit ; et lorsque nous en sommes là, Dieu peut réellement nous employer.
Un jour doit arriver dans notre vie, aussi précis que le jour de notre conversion, où nous abandonnons tout droit sur nous-mêmes pour nous soumettre à la souveraineté absolue de Jésus Christ. Les conséquences pratiques peuvent être suscitées par Dieu, pour éprouver la réalité de notre consécration, mais qu’il en soit ainsi ou non, il doit y avoir un jour où, sans réserve, nous lui abandonnons tout — nous-mêmes, nos familles, nos biens, nos intérêts et notre temps. Tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons est désormais à lui, pour être entièrement à sa disposition. À partir de ce jour, nous ne sommes plus nos propres maîtres, mais uniquement ses administrateurs. Tant que la souveraineté de Jésus Christ n’est pas établie dans nos cœurs, l’Esprit ne peut agir efficacement en nous. Il ne peut réellement diriger nos vies, tant que nous n’en avons pas remis le contrôle entre ses mains. Si nous ne lui donnons pas l’autorité absolue dans nos vies, il peut y être présent, mais il ne peut y être puissant. La puissance de l’Esprit est paralysée.
Lorsqu’il approuva, à Béthanie, l’action de Marie, le Seigneur Jésus établit le principe fondamental de tout service : c’est que nous lui donnions, à lui, tout ce que nous possédons, tout ce que nous sommes. Et si c’était là tout ce qu’il nous demande, cela lui suffirait. Il n’est pas question de savoir tout d’abord si « les pauvres » ont été secourus ou non. La première question est : le Seigneur a-t-il été satisfait ?
Celui qui ne commence pas par se mettre à l’école de la sagesse, ne sera jamais un vrai serviteur.
Dieu, dans sa grâce, trace à chacun de nous le chemin qu’il doit suivre, donnant à chacun une sphère d’action et des devoirs à remplir ; et nous sommes tenus de connaître quelle est notre vocation et quels sont les devoirs qui se rattachent à cette vocation, afin que, par la grâce qui nous est donnée chaque jour, nous puissions travailler efficacement à la gloire de Dieu. Il importe peu quelle est notre mesure, pourvu qu’elle nous ait été départie de Dieu. Nous pouvons avoir « cinq talents », ou n’en avoir reçu « qu’un seul » ; mais si nous faisons valoir ce « seul » talent, les yeux arrêtés sur notre Maître, nous entendrons aussi certainement de sa part ces paroles : « cela va bien », que si nous avions fait valoir les « cinq talents ».
Que de fois lorsque Dieu nous confie une activité pour son service, nous avons la manière d’agir et les décisions de l’homme selon la chair, et notre travail reste stérile. Il est important de comprendre que dans le ministère tout, absolument tout, doit être de Dieu, et rien de l’homme.
Les œuvres expriment la foi et la nourrissent.
Le vrai service ne consiste pas dans l’activité qui s’y déploie, mais dans la profonde soumission à la volonté du Seigneur, dont cette activité est l’expression.
Oh ! que les croyants cessent de regarder à eux-mêmes pour se plaindre de leur faiblesse, comme si Dieu les appelait à une œuvre pour laquelle il ne les a pas préparés ! Qu’ils acceptent joyeusement et avec foi le fait merveilleux qu’en les unissant à Christ, Dieu se charge de leur développement spirituel et des fruits qui en découlent ! Alors, toute paresse, toute hésitation malsaine disparaîtront. Sous l’influence bénie de la foi en la fidélité de Celui par qui ils sont en Christ, ils se lèveront pour accomplir leur glorieuse destinée.
Prenons garde de ne pas nous laisser aller à l’influence desséchante d’un fatalisme pernicieux qui, avec un certain air de vérité, est complètement faux, en tant qu’il renie la responsabilité de l’homme, et paralyse toute énergie divine pour la cause de Christ. Nous devons nous rappeler que Celui qui, dans ses conseils éternels, a décrété la fin, est aussi Celui qui a déterminé les moyens ; et si, par incrédulité, ou si, influencés par une vérité partielle, nous nous croisons les bras et négligeons les moyens, il nous mettra de côté et fera accomplir son œuvre par d’autres. Il agira, mais nous perdrons l’honneur, le privilège et la bénédiction d’être ses instruments.
Ce n’est que par une mortification complète du « moi » que les forces merveilleuses que Dieu nous a dispensées pour le servir, nos dons, nos talents, tout en nous, peut lui être entièrement consacré.
Se dire chrétien, c’est affirmer qu’on a dépouillé le vieil homme et revêtu le nouveau ; c’est dire que Christ est notre vie.
Mais dire est une chose, vivre en est une autre. Vivre en chrétien, c’est exprimer Christ, prouver ce nouvel homme en le montrant à l’œuvre dans un bienheureux renouvellement à l’image de Celui vers lequel les regards du fidèle sont tournés.
L’opprobre de Christ est un trésor pour le croyant fidèle, car c’est le sceau attestant que nous lui appartenons.
Quiconque croit en Jésus est appelé à laisser couler les fleuves bienfaisants dont il est le canal, en faveur de tous ceux qui l’entourent. Le chrétien doit se considérer comme le canal des grâces diversifiées de Christ, en faveur d’un monde pauvre et misérable ; et plus il sèmera libéralement, plus aussi il recevra libéralement : « Tel disperse, et augmente encore ; et tel retient plus qu’il ne faut, mais n’en a que disette » (Prov. 11:24). Le chrétien est ainsi placé dans une position, où à la fois il jouit des privilèges les plus doux, et où il est sous la responsabilité la plus solennelle. Il est appelé à être un témoin constant de la grâce de Celui en qui il croit, et à manifester cette grâce incessamment.
Or mieux il comprendra ses privilèges, mieux aussi il s’acquittera de sa responsabilité. Plus il se nourrira habituellement de Christ, plus son regard sera arrêté sur Jésus, plus aussi son cœur sera occupé de la personne adorable du Sauveur ; et sa vie et son caractère rendront un témoignage vrai et non équivoque à la grâce qui lui a été révélée et qu’il goûte.
C’est beaucoup que de ne jamais perdre de vue le but céleste, de ne jamais avoir le cœur partagé, de ne penser qu’à une chose, d’agir et de penser toujours selon l’énergie positive qu’opère le Saint Esprit dans le nouvel homme en le dirigeant vers ce seul et céleste but.
Une fois que nous sommes fils de Dieu, la vie du Fils de Dieu comme homme ici-bas devient notre règle de vie.
« Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés » (Éph. 5:2).
« Afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (Éph. 3:19). Il n’y a pas de limites à notre développement spirituel, sinon celles que nous établissons nous-mêmes par notre résistance et notre incrédulité.
La vie chrétienne n’est pas caractérisée seulement par certaines qualités subjectives qui découlent de Christ, mais par le fait qu’elle a Christ lui même pour but et pour objet du cœur et de la pensée, dans tout ce qu’elle fait à tous égards. Christ domine personnellement et est présent au cœur en toutes choses.
Tout ce qui, en nous brisant, nous délivre de nos propres voies et nous amène dans celles du Seigneur, nous est salutaire. Tout ce qui a pour effet de nous faire apprécier Christ, aussi bien à la fin qu’au commencement du voyage, un Christ connu comme la portion dont nos âmes se nourrissent, comme nous l’avons connu pour le pardon de nos péchés, tout ce qui produit de tels fruits, nous est bon.
On parle de sacrifices à faire : ce n’est pas un grand sacrifice d’abandonner des ordures. Si nos yeux étaient assez fixés sur Christ pour que ces choses prennent un tel caractère, nous n’aurions pas de peine à les abandonner. Le caractère des choses dépend de l’objet que le cœur poursuit.
Pour courir, on jette les poids qui alourdissent ; tout ce qui m’occupait naguère est entrave et perte pour moi. Il ne vaut pas la peine de m’y arrêter, ce sont des ordures. Si, ayant quitté les choses du monde, je pense que j’ai fait un grand sacrifice, cela prouve que j’estime encore le monde, tandis que je ne puis trouver qu’il y ait un sacrifice quelconque à quitter des ordures. Au contraire, je suis débarrassé ; c’est la liberté. Ce qui me possède, c’est l’amour de la justice, c’est la contemplation de la gloire de Jésus à la droite de Dieu. Cela délivre le cœur de toute entrave.
Aucune épreuve ne peut atteindre celui qui a Christ pour son tout. Il peut avoir perdu telle chose ou telle autre, mais s’il a Christ, il possède ce qu’il ne peut perdre.
Lorsque nos yeux on été ouverts sur l’excellence de notre Seigneur, rien n’est trop bon pour lui.
Le secret d’un progrès réel est l’attachement personnel à Christ lui-même.
Il faut que le Seigneur ouvre nos yeux sur sa valeur à lui, sur ce dont il est digne.
La perfection actuelle, c’est la condition d’un homme qui réalise par l’Esprit cette vérité qu’il est ressuscité avec Christ et glorifié en lui dans le ciel, et qu’il sera parfait tel que lui. La perfection n’est pas un état que nous atteignions ici-bas. « Non que … je sois déjà parvenu à la perfection » (Phil. 3:12).
Celui qui pratique le péché est du diable, il a moralement la même nature que le diable ; car le diable pèche dès le commencement. C’est son caractère originel comme diable. Or Christ a été manifesté, afin qu’il détruisît les œuvres du diable ; comment donc celui qui partage le caractère de cet ennemi des âmes, peut-il être avec Christ ? Celui qui est né de Dieu ne pratique point le péché. La raison en est évidente : il est rendu participant de la nature de Dieu ; il tire sa vie de lui. Ce principe de la vie divine est en lui. La semence de Dieu demeure en lui ; il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu. Comment se pourrait-il que la nature divine péchât ?
Le croyant, entre les bras de son Sauveur, est à l’abri de toute la puissance de Satan, et Satan le sait très bien. Aussi tous ses efforts tendent-ils à nous séparer de Christ, ne fût-ce qu’un instant. Lorsque par ruse, il nous aura attirés hors de la forteresse de l’amour de Dieu, il nous aura totalement à sa merci. Malheur à qui cède, par lâcheté, par faiblesse, ou peut-être par amour du péché !
Nous pensons parfois qu’une bonne bataille livrée à Satan nous suffira, mais il n’en est rien. Nous avons la sécurité en Christ et la certitude de la victoire, mais aucune promesse que le combat prendra fin.
Les tentations de Satan n’ont pas pour premier but de nous faire commettre un péché particulier, mais simplement de nous amener à agir dans notre propre énergie ; et dès que nous sortons de notre refuge pour agir sur cette base, il a remporté la victoire sur nous. Tant que nous ne bougeons pas, tant que nous ne sortons pas de l’abri de Christ pour revenir dans le domaine de la chair, il ne peut pas nous atteindre.
Jésus n’a pas dit à Satan : Je suis Dieu, va-t-en ! Cela n’aurait été pour nous ni un secours, ni un exemple. Il a cité la Parole donnée à l’homme, en Homme obéissant, et l’homme fort a été vaincu.
Nous avons à nous rappeler que Christ a lié Satan, en sorte que maintenant il peut piller ses biens. Il permet peut-être que Satan jette quelques-uns en prison pour qu’ils soient éprouvés, mais Satan n’y gagne rien ; quand il se trouve devant une personne qui marche avec Christ, il n’a absolument aucune puissance contre elle. Que les eaux soient agitées ou calmes, il sera toujours vrai que nous y enfoncerons si Christ n’est pas avec nous, et que nous marcherons sur elles, s’il est avec nous.
Au lieu de mettre Dieu entre nos soucis et nous, ce sont nos soucis que nous plaçons entre Dieu et nous, de telle sorte qu’au lieu d’être gardés dans sa paix, nous demeurons dans l’inquiétude. L’ennemi ne réussit que trop à nous occuper de tous nos soucis, afin de nous empêcher de jouir de ce que nous avons en Christ.
Nulle part la lutte avec l’ennemi n’est sentie plus intensément que dans la prière ; c’est là que Satan désire intervenir.
Tout ce que je n’ai pas reçu par la nouvelle naissance, mais que j’ai hérité par ma naissance naturelle, est chair et ne peut apporter de gloire qu’à l’homme, et jamais à Dieu. Cette déclaration peut nous paraître amère, mais elle est vraie.
L’origine d’une chose détermine sa destinée, et ce qui est « de la chair » à l’origine ne pourra jamais devenir spirituel par aucun « perfectionnement ». Ce qui est né de la chair est chair, et ne sera jamais autre chose. Tout ce que nous pouvons accomplir par nous-mêmes, n’est « rien » aux yeux de Dieu, et il nous faut accepter l’appréciation de Dieu, et reconnaître que ce n’est rien ! « La chair ne profite de rien » (Jean 6:63). Seul ce qui vient d’En haut peut demeurer.
Dieu nous demande de nous considérer comme morts, non pour que nous mourions en le faisant, mais parce que nous sommes morts. Il ne nous a jamais demandé de reconnaître une chose qui ne serait pas un fait.
Tandis que Romains 6 parle du « corps du péché » (v. 6), Romains 7 parle de « ce corps de mort » (v. 24). Dans le ch. 6, c’est tout le problème du péché qui est devant nous ; dans le ch. 7, c’est le problème de la mort. Quelle est la différence entre le corps du péché et le corps de mort ? Par rapport au péché (savoir tout ce qui déplaît à Dieu), j’ai un corps de péché, c’est-à-dire un corps engagé activement dans le péché. Mais par rapport à la loi de Dieu (savoir tout ce gui exprime la volonté de Dieu), j’ai un corps de mort. Toute mon activité à l’égard du péché fait de mon corps, un corps de péché ; mon impuissance à l’égard de la volonté de Dieu fait de mon corps, un corps de mort. Par ma propre nature, j’accepte tout ce qui est mal, tout ce qui est du monde et de Satan, et je refuse tout ce qui appartient à la sainteté, au ciel, et à Dieu.
Avons-nous découvert que nous sommes encombrés du fardeau d’un corps sans vie à l’égard de la volonté de Dieu ? La mort signifie faiblesse absolue ; elle signifie qu’on est faible au point de ne pouvoir l’être davantage. Le fait que j’ai un corps de mort à l’égard de la volonté de Dieu, signifie que je suis si faible, que je suis plongé dans la détresse la plus terrible. « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Rom. 7:24).
Le « moi » ne nous laisse pas de repos. Orgueilleux, il n’aime pas à être mis de côté ; susceptible, il ne peut accepter une parole dure ou injuste, il ressent la moindre offense. Il est facilement découragé, prompt à s’irriter, difficile à contenter, présomptueux et à la fois craintif.
Ce « moi » égoïste, si fatigant par ses exigences, ses susceptibilités, ses œuvres propres, a été cloué à la croix.
Le « moi » doit être, tôt ou tard, connu et jugé. Si l’on n’apprend pas à le connaître dans la communion de Dieu, il faut qu’on l’apprenne par l’expérience amère de quelque chute : « En sorte que nulle chair ne se glorifie devant Dieu ». Dieu veut avoir des vases vides.
La chair est en nous comme une nature ennemie et condamnée, et n’est que cela.
Dieu n’a pas pardonné, mais il a condamné le péché dans la chair, et cela dans la Personne de Christ, sacrifice pour le péché. Uni avec lui dans le ciel, le chrétien doit marcher comme lui a marché sur la terre.
Un royaume ne peut avoir deux rois. Si le Seigneur règne sur notre cœur, le vieil homme doit abdiquer.
Par la crucifixion du vieil homme, le pécheur est délivré de la puissance et de l’empire du péché ; par la grâce, cette libération est un fait accompli ; par la foi, elle devient une expérience. Par la grâce, le vieil homme a été mis au tombeau ; par la foi, il y restera. Quand le chrétien se regarde comme « mort au péché », le Saint Esprit fait de cette mort une réalité.
La chair ne supporte pas d’être condamnée au néant, non par des efforts pour s’annuler elle-même, ce qui la rétablirait dans toute son importance, mais par une œuvre qui la laisse dans sa vraie nullité, et qui a prononcé sur elle le jugement absolu de la mort, de sorte que, convaincue de n’être rien que péché, elle n’a plus qu’à se taire. Sa place est d’être morte, et non pas de devenir meilleure. Nous avons le droit et le pouvoir de tenir la chair pour morte, parce que Christ est mort et que nous vivons sa vie de résurrection ; il est devenu lui-même notre vie.
Notre propre volonté et le fait que nous faisons du « moi » notre centre, sont la source de toute notre misère ; car les circonstances extérieures peuvent nous éprouver et causer de la douleur, mais non de la misère morale ; celle-ci découle de la propre volonté agitée et mécontente.
Lorsque nous prêtons l’oreille aux sollicitations de la chair ou si, même, nous entrons en lutte avec elle, nous reconnaissons comme vivant quelque chose que nous devrions tenir pour mort. Ne faire aucun cas des prétentions de la chair, voilà le vrai combat : il mène toujours à la victoire.
Celui qui est né de Dieu est victorieux du monde (1 Jean 5:4). Il a une nature et un principe qui surmontent les difficultés que le monde oppose à sa marche. Sa nature est la nature divine, car il est né de Dieu ; son principe est celui de la foi. La foi est insensible aux attraits que ce monde offre à la chair, et cela parce que cette nature a, complètement en dehors de ce monde, un esprit indépendant, un objet à elle qui la gouverne. La foi dirige ses pas ; or la foi ne voit pas le monde, ni ce qui est présent. Le monde a perdu son empire sur elle. Les affections et la confiance de cette nature sont fixées sur Jésus, qui a été crucifié. Ainsi, le croyant, détaché du monde, a le courage de l’obéissance et fait la volonté de Dieu.
Mettons de côté tout ce qui est une perte pour nous ; il y a toujours un ver rongeur dans les choses de la terre auxquelles nos cœurs s’attachent encore si souvent avec ardeur. Il n’y a pas, pour la foi, d’autre trésor que le Seigneur Jésus dans le ciel. Si nous le négligeons, c’est qu’il n’a pas pris, dans nos cœurs, la place à laquelle il a droit. Demandons instamment à Dieu qu’il nous donne de pouvoir répondre à notre appel céleste. Quand le cœur est ainsi engagé avec le Seigneur en haut, de telle sorte que nos affections trouvent en lui leur objet, il se produit tout naturellement un effet correspondant dans la marche : « Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées » (Luc l2:35). Il faut que nos reins soient ceints afin que, l’homme intérieur étant toujours sous le contrôle et l’autorité de la Parole, nous soyons gardés de la souillure de ce monde.
Les choses célestes et les choses terrestres ne peuvent aller ensemble. Regarder en haut et en bas, avoir nos motifs dans le ciel et sur la terre en même temps, est impossible ; être tenté par les choses terrestres, avoir à les combattre, oui bien ; mais ce n’est pas les avoir pour objet. La raison toutefois de cette abnégation des choses d’ici-bas, se trouve dans notre position : nous sommes morts et notre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Telle est la précieuse et consolante vérité, à l’égard du chrétien, en vertu de ce que Christ est mort pour nous. Nous avons reçu la vie de Christ, et tout ce que Christ a fait pour nous dans cette vie, nous appartient.
Christ et le péché ne peuvent cohabiter, et nous ne pouvons avoir sa présence avec l’amour du monde.
Un chrétien céleste tient pour une honte toute marque du monde sur lui.
Un cœur distrait est un fléau pour le chrétien. Quand le cœur est rempli de Christ, il n’a point de place ni de désir pour les vanités du monde. Si Christ habite dans notre cœur par la foi, nous ne nous poserons pas la question si fréquente : « Quel mal y a-t-il en ceci ou cela ? ». Nous nous demanderons plutôt : « Est-ce que je fais ceci pour Christ ? Peut-il m’approuver en cela ? ». Si nous sommes en communion avec lui, nous découvrirons facilement ce qui n’est pas selon lui. Ne laissons pas le monde intervenir et détourner nos pensées.
Ce qui nous empêche de nous réjouir, ce ne sont pas les difficultés du chemin, mais un cœur partagé. Quand un chrétien marche avec le monde, sa conscience lui fait des reproches, et s’il rencontre des chrétiens spirituels, il est malheureux en leur compagnie : de fait, il n’est heureux nulle part.
Il est une marche aisée, un chemin facile de mondanité, et rien n’est plus triste que de voir un chrétien vivre tranquillement et confortablement, allant de l’avant, jour après jour, sans aucune dépendance du Seigneur.
Tout signe du monde est un opprobre pour celui qui est céleste. Le principe de la mondanité est déraciné chez celui qui est mort et ressuscité avec Christ, et qui vit d’une vie céleste. La vie d’un ressuscité n’est pas de ce monde ; elle n’a pas de lien avec lui.
Si le croyant est sur une croix et le monde sur une autre, la distance morale qui les sépare est considérable. Si la distance est considérable en principe, elle devrait l’être en pratique aussi. Le croyant se montre infidèle à Christ en proportion de la communion qu’il entretient avec le monde. Nous sommes morts au monde et vivants avec Christ. Nous sommes à la fois participants de son rejet sur la terre et de son acceptation dans le ciel ; et la joie de cette acceptation nous fait compter pour rien l’épreuve qui se rattache au rejet.
Qu’est-ce que le monde ? La Parole de Dieu le définit avec une parfaite précision : « ce qui n’est pas du Père » (1 Jean 2:15-16). Ainsi, plus ma communion avec le Père sera profonde, plus aussi sera exercé mon discernement à l’égard de ce qui est du monde. Plus vous vous réjouissez dans l’amour du Père, plus aussi vous rejetez le monde. Mais qui est-ce qui révèle le Père ? C’est le Fils. Et il le fait par la puissance du Saint Esprit. C’est pourquoi plus je sais, dans la puissance d’un Esprit nous contristé, m’abreuver dans la révélation que le Fils fait du Père, plus mon discernement de ce qui est du monde est juste. « Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair » (Gal. 5:16). Marchez avec Dieu et vous ne marcherez pas avec le monde. Quel bonheur ce serait, si tous ceux qui font profession de sortir d’Égypte, s’en éloignaient véritablement et savaient bien reconnaître la croix et la tombe de Christ comme formant la limite entre eux et le monde.
Qu’il est déplorable de voir des chrétiens rechercher les choses du monde ! Cela prouve clairement qu’ils sont « dégoûtés » de la manne céleste et qu’ils l’estiment être un « pain misérable ». Ils servent ce qu’ils devraient mortifier. L’activité de la vie nouvelle est toujours liée au dépouillement du « vieil homme avec ses actions » (Col. 3:9) ; et plus ce dépouillement aura lieu, plus on désirera se nourrir du « pain qui soutient le cœur de l’homme » (Ps. 104:15).
À quoi servons-nous si, dans notre marche, nous nous identifions à un monde qui a rejeté Christ ?
Quand un chrétien a honte de confesser Christ quelque part, la première chose qu’il doit examiner, est s’il ne se trouve pas en un lieu et dans une compagnie où le chrétien devrait avoir honte de se trouver. Paul considérait le monde comme une chose qui devait être clouée à la croix ; et le monde, en crucifiant Christ, avait crucifié tous ceux qui lui appartenaient.
Notre association avec Christ nous ouvre le ciel et nous rejette hors de ce monde ; or, si nous faisons profession d’être du ciel sans que le monde nous rejette, cela prouve qu’il y quelque chose de faux dans la position que nous avons prise.
Il vaut mieux être attiré par les joies du ciel, qu’être poussé en haut par les chagrins de la terre. Le croyant ne devrait pas attendre que le monde l’abandonne pour abandonner le monde ; il devrait laisser les choses de la terre, par la puissance de la communion des choses qui sont En haut. Quand, par la foi, on a saisi Christ, il n’est pas difficile de laisser le monde ; la difficulté alors serait plutôt de rester attaché au monde.
Ce n’est que par la foi que nous pouvons surmonter le monde. L’incrédulité nous place sous la puissance des choses présentes, ou, en d’autres termes, donne au monde la victoire sur nous ; tandis que l’âme qui, par l’enseignement du Saint Esprit, a appris à connaître que Dieu suffit parfaitement, est entièrement indépendante des choses d’ici-bas. « C’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi ».
Les pires et les plus dangereux instruments de Satan sont des croyants possédant la vérité et en jouissant, peut-être, mais craignant l’opprobre et l’inimitié du monde. Reculer devant la croix, c’est renier le christianisme.
La même œuvre qui a pour toujours enlevé nos péchés nous a retirés (littéralement : arrachés avec force) hors de ce présent siècle mauvais. Les deux choses vont ensemble. Christ m’a non seulement délivré des conséquences de mes péchés, mais aussi de la puissance actuelle du péché ou des exigences et des influences de ce système que l’Écriture appelle « le monde ».
Ceux qui professent d’être chrétiens, tout en reniant leur appel et leur caractère célestes, ou en agissant comme s’ils étaient citoyens de ce monde, font un tort considérable à la cause de Dieu et au témoignage de Christ. Ils deviennent des instruments dont Satan sait tirer parti. Un chrétien indécis, partagé, est plus inconséquent qu’un mondain sincère ou qu’un véritable incrédule.
La loi n’a rien amené à la perfection ; elle a été, du reste, mise de côté « à cause de sa faiblesse et de son inutilité » (Héb. 7:18-19). Elle a maudit les coupables et n’a pu en sauver aucun. Notre Sauveur a subi cette malédiction pour ceux qui croient en lui, afin que « la bénédiction nous parvînt dans le Christ Jésus » (Gal. 3:13). La loi est retournée au trône de Dieu, avec toute la gloire qu’elle a reçue, par la sanction que Dieu a fait reposer sur elle, par le jugement de notre divin Substitut, afin qu’au lieu de la malédiction que nous avions encourue, nous recevions la vie et le Saint Esprit, puissance de cette vie. Lorsque Christ a subi le jugement, nous avons été atteints nous-mêmes par ce jugement et devons le réaliser heure par heure, en portant la croix chaque jour. Ainsi la loi qui s’adressait à l’homme pécheur, l’ayant condamné et maudit, n’a plus rien à nous dire, puisque nous sommes morts à la loi, pour être à un autre, au Christ Jésus ressuscité. Notre Sauveur ayant pris notre place sous le jugement, la loi ne s’adresse plus à nous ; nous sommes délivrés de son autorité et de sa malédiction, et vivons d’une vie nouvelle de résurrection en Christ ressuscité, dans laquelle nous n’avons plus rien à faire avec la loi. Ce n’est cependant pas que nous soyons sans loi quant à Dieu, mais nous sommes justement soumis à Christ (1 Cor. 9:21). Ainsi les justes exigences de la loi se trouvent réalisées en ceux qui, sans être placés s