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Être disciple, Faire disciple

 

G. Seauve

 

Table des matières

1       Étymologie

2       Exemples de disciples dans la Parole

3       La différence entre un disciple et un racheté

4       Matthieu 28:19 « Faites discipleS toutes les nations »

5       Exemples de discipleS NON CROYANTS

6       Le disciple en Luc 14:26-27 : Renoncer aux liens familiaux, à soi-même et à sa propre vie, aux biens terrestres

7       Se tenir près de Christ

8       Le disciple sera COMME SON MAITRE

9       Le disciple dans l’Évangile selon Jean

10     Le Seigneur appelle ses disciples ENFANTS, et même AMIS

 

 

1     Étymologie

Du latin 'discipulus' (élève, apprenti) ; 'personne qui reçoit l’enseignement d’un maître, qui apprend d’un maître quelque science ou quelque art ; puis par extension adhère à l’enseignement, aux doctrines, à la manière d’être d’un maître ou d’une école.

 

2     Exemples de disciples dans la Parole

 

2-1. Le côté de l’apprentissage. Le disciple, celui qui apprend apparaît en 1Chroniques 25:8 : « Ils jetèrent les sorts pour leurs charges, le petit comme le grand, l’homme expert avec le disciple» ; puis l’adhÉsion en Ésaïe 8:16 : « Lie le témoignage, scelle la loi parmi mes disciples», où le disciple adhère à quelque chose, ici à la loi.

 

2-2.  Le Nouveau Testament mentionne

les disciples des pharisiens : « ils (les pharisiens) lui envoient leurs disciples avec les hérodiens » (Matt. 22:16) ; « Pourquoi les disciples… des pharisiens jeûnent-ils ? » (Marc 2:18).

les disciples de Jean le Baptiseur : « Les disciples de Jean viennent à lui disant : Pourquoi… jeûnons-nous souvent» ; « Jean ayant entendu parler dans la prison des œuvres du Christ, envoya par ses disciples» (Matt. 9:14 ; 11:2) ; « Le lendemain encore Jean se tint là, et deux de ses disciples» (Jean 1:35).

 

2-3. Il semble que les disciples du Seigneur sont mentionnés pour la première fois aux noces de Cana : « Jésus fut aussi convié à la noce, ainsi que ses disciples » (Jean 2:2). Ils sont ensuite présents avec le Seigneur dans la maison de Lévi : «Beaucoup de publicains et de pécheurs aussi se trouvèrent à table avec Jésus et ses disciples ; car ils étaient nombreux et ils le suivaient» (Marc 2:15) ; puis lors du sermon sur la montagne : « Lorsqu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui» (Matt. 5:1).

Actes 9:36 cite une femme disciple : « Il y avait à Joppé une femme disciple nommée Tabitha… (Dorcas) ; elle était pleine de bonnes œuvres et d’aumônes qu’elle faisait. »

 

3     La différence entre un disciple et un racheté

 

Un disciple est davantage qu’un frère ; tous les disciples sont des frères, mais tous les frères ne sont pas des disciples: un disciple écoute son Maître, reçoit ses enseignements et le suit avec fidélité.

J.N.Darby a écrit : “Le mot disciple va quelquefois plus loin que celui de chrétien. Un disciple est instruit par son maître, tandis que de vrais chrétiens tirent souvent leur instruction du monde, de leur propre sagesse et de leurs pensées. Un homme pourrait ainsi être chrétien sans être disciple; il peut désirer un christianisme honorable parmi le monde, ce qui est le contraire de la pensée de Christ, tandis que le disciple connaît et suit la pensée et l’instruction de son Maître.”

On peut être un enfant de Dieu, posséder la vie éternelle, le pardon de ses péchés, sans être pour autant un disciple de Jésus Christ. Le disciple de Christ est celui qui ayant écouté Ses enseignements, les met en pratique, suit ses traces et lui ressemble. Certes ces conditions devraient être remplies par tout vrai enfant de Dieu. Mais combien de nous se contentent d’être sauvés et se soucient peu des droits que le Seigneur a sur eux, ignorant délibérément qu’ils ne sont plus à eux-mêmes, mais qu’ils appartiennent à Celui qui les a achetés au prix de son sang (1Cor. 6:19, 20). Ils ont accepté Christ pour leur Sauveur, mais non comme le Seigneur de leur vie. Ils sont des rachetés, mais pas des disciples de Jésus.

Or ce n’est pas ce que le Seigneur attend des siens. Il désire que nous tous soyons non seulement ses rachetés, mais aussi ses disciples, ses serviteurs, ses témoins. «Il est mort pour tous afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité» (2Cor. 5:15). Il veut que sa vie soit vue en nous à la gloire de son nom.

 

 

4     Matthieu 28:19 « Faites discipleS toutes les nations »

« Jésus s’approchant, leur parla disant : Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre.  Allez donc, et faites disciples toutes les nations, les baptisant pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur enseignant à garder toutes les choses que je vous ai commandées» (Matthieu 28:18-20).

 

4-1. Nous citons W. Kelly : “Le Seigneur rejeté comme Messie juif dévoile de nouvelles manières d’agir de Dieu vis-à-vis des hommes. Auparavant les disciples ne devaient même pas aller auprès des Samaritains (Matt. 10:5, 6), mais ici c’est une sphère toute nouvelle qui s’ouvre… « Allez donc et faites disciples toutes les nations, les baptisant pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (28:19). Le baptême est ici en contraste avec la circoncision, et la pleine révélation de la Déité est en contraste avec le nom de l’Éternel (Jéhovah) par lequel Dieu était connu en Israël.

Ainsi celui qui ici est appelé disciple adhère à la doctrine chrétienne (comme un Crédo), il reconnaît Jésus Christ comme Seigneur (en opposition aux idoles), et concrétise sa position par le baptême. Comme Israël a été baptisé pour Moïse son conducteur (1Cor. 10:2), le disciple est baptisé pour Christ ressuscité, venant ainsi se placer sous son autorité. Le baptême chrétien nous introduit ainsi dans la chrétienté professante, composée de ceux qui possèdent la vie éternelle, mais aussi de ceux qui professent extérieurement appartenir au Seigneur mais sans avoir cette vie divine.

 

4-2.  Nous ne savons pas ici en Matthieu 28:19 si l’adhésion des disciples est réelle, authentique, ou seulement formelle (une simple adhésion intellectuelle aux enseignements du Seigneur, par exemple). L’injonction du Seigneur au verset 19 « faites disciples toutes les nations » fait suite à sa déclaration : « Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre» (v. 18). Il n’est pas question ici de vie divine obtenue par la nouvelle naissance ; il s’agit de l’autorité de Christ dans le Royaume des cieux sous sa forme actuelle (c’est-à-dire une forme mystérieuse, pendant que le Roi rejeté est caché dans les cieux). Ses disciples ont la mission de le faire reconnaître comme Seigneur des cieux et de la terre, en fondant leur doctrine sur la réception du Père, du Fils et du Saint Esprit – pleine révélation de Dieu en grâce qui donne, en contraste avec l’Éternel le Dieu d’Israël qui exige une sanctification de l’homme responsable.

Matthieu 28:19 ne parle pas de repentance, ni de croire, ni d’être sauvé. Ce n’était pas encore le moment de révéler pleinement la mission chrétienne, qui consiste à tirer d’entre les nations un peuple pour Son nom. Pour l’instant, le Seigneur leur dit simplement que ses témoins doivent faire disciples toutes les nations en les baptisant et les enseignant. Cette mission est réalisée dans le temps présent de l’Évangile de la grâce (Marc 16:20) ; c’est un mandat que le résidu pieux d’Israël reprendra après l’enlèvement de l’Église, avec la présentation de l’Évangile du Royaume (Matt. 24:14), dont le contenu est indiqué en Apocalypse 14:7 : «Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ; et rendez hommage à celui qui a fait le ciel et la terre et la mer et les fontaines d’eaux.»

 

4-3. Généralement dans le Nouveau Testament, cette adhésion accompagne la nouvelle naissance, qui est démontrée par ses fruits. Ainsi les passages d’Actes 9:10 et 22:12 nous présentent un disciple qui porte des fruits : «un disciple nommé Ananiashomme pieux selon la loi, et qui avait un bon témoignage de tous les Juifs qui demeuraient là». « Ce fut à Antioche premièrement que les disciples furent nommés chrétiens» (Actes 11:26). « Les disciples étaient remplis de joie et de l’Esprit Saint» (Actes 13:52).

 

5     Exemples de discipleS NON CROYANTS

 

5-1. Le contre exemple le plus sérieux reste Judas Iscariote. Judas fait partie des douze disciples, ceux que le Seigneur a lui-même choisis et a établis (Jean 15:16) : « L’un de ses disciples, Judas Iscariote, fils de Simon, qui allait le livrer» (Jean 12:4). Cependant le Seigneur l’appelle « le fils de perdition», titre donné à l’Antichrist en 2Thessaloniciens 2:3b. Pierre déclare à son sujet en Actes 1:16-20 : « il était compté parmi nous, et il avait reçu en partage ce service… Il est écrit dans le livre des Psaumes : «Que sa demeure soit déserte, et qu’il n’y ait personne qui y habite», et : «Qu’un autre prenne sa charge de surveillant».

5-2. En Actes 8:13, 20, 21 « Simon crut aussi lui-même, et après avoir été baptisé il se tenait toujours auprès de Philippe… Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, parce que tu as pensé acquérir avec de l’argent le don de Dieu. Tu n’as ni part ni portion dans cette affaire ; car ton cœur n’est pas droit devant Dieu.»

 

5-3. L’apôtre Paul en Tite 1:16 doit dénoncer avec grande tristesse ceux qui «professent de connaître Dieu, mais par leurs œuvres ils le renient, étant abominables et désobéissants, et à l’égard de toute bonne œuvre, réprouvés.»

 

5-4.  En Jean 2:23-25 nous lisons: « Plusieurs crurent en son Nom, contemplant les miracles qu’ils faisaient. Mais Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il connaissait tous les hommes, et qu’il n’avait pas besoin que quelqu’un rende témoignage au sujet de l’homme ; car lui-même connaissait ce qui était dans l’homme.»

Plus loin dans le même ordre d’idée, Jean 6:60-66 montre que quelques disciples qui suivaient le Seigneur n’étaient pas sauvés : « Plusieurs de ses disciples l’ayant entendu, dirent : Cette parole est dure, qui peut l’entendre (= la recevoir et la comprendre) ? Jésus sachant en lui-même que ses disciples murmuraient là-dessus, leur dit : Ceci vous scandalise-t-il ? … Mais il y en a quelques-uns d’entre vous qui ne croient pas ; car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait… Dès lors plusieurs de ses disciples se retirèrent ; et ils ne marchaient plus avec lui.»

Beacon a écrit : “Pour un certain temps ils avaient suivi Jésus, puis avaient apparemment tout abandonné ; étant sans réalité, ces prétendus disciples se tournèrent de nouveau vers le monde, qu’en vérité ils n’avaient jamais quitté. Ils avaient vu des miracles, avaient mangé le pain miraculeusement fourni, ils étaient prêts à être nourris par le Seigneur en ce qui concerne le simple pain, mais pas à Le recevoir comme le vrai pain du ciel – Christ le pain qui donne la vie en contraste avec la manne autrefois donnée aux pères.”

 

Notre ardent désir est que vous ne soyez pas de ceux-là.

« Nous supplions pour Christ : Soyez réconciliés avec Dieu » (2Cor. 5:20).

« Le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur» (Rom. 6:23).

« Aujourd’hui, si (puisque) vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs» (Hébreux 3:15).

 

Jésus-Christ nous apporte

Le salut par la foi ;

Il dit : «Je suis la porte,

Il faut entrer par moi».

Pour nous conduire au Père,

Il est mort sur la croix,

Et déjà sur la terre

Nous connaissons sa voix.

Hymnes et cantiques 227

 

6     Le disciple en Luc 14:26-27 : Renoncer aux liens familiaux, à soi-même et à sa propre vie, aux biens terrestres

« Si quelqu’un vient à moi, et ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même aussi sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas après moi, ne peut pas être mon disciple » (Luc 14:26-27).

 

6-1.  La première phrase s’explique par Matthieu 10:37 : « Celui qui aime père ou mère plus que moi n’est pas digne de moi ; et celui qui aime fils ou fille plus que moi n’est pas digne de moi.» Le Seigneur n’exige pas de ses disciples des sentiments de haine envers les membres de leur famille. Au contraire plusieurs passages de la Parole nous exhortent à nous appliquer à ce qui convient envers eux (Matt. 15:4 ; Éph. 6:2). Mais l’accomplissement de ces devoirs doit en toute circonstance demeurer subordonné à la fidélité au Seigneur, et en cas de conflit entre l’obéissance qui lui est due et les sentiments naturels à l’égard de ceux que nous aimons, le disciple de Christ n’hésite pas: il donne la première place au Seigneur (Col. 1:18).

 

6-2.  Renoncer À soi-mÊme ; voir aussi Matthieu 16:24, 25 et Luc 9:23, 24 (« Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après Moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix et me suive »).

Le fait que le Seigneur présente deux fois cette injonction dans l’évangile selon Luc (9 et 14) en montre l’importance.

Paul dit : «Portant toujours partout la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps. Car nous qui vivons, nous sommes toujours livrés à la mort pour l’amour de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre chair mortelle» (2 Cor. 4:10, 11). Renoncer à soi-même, c’est ne plus faire du moi le centre de sa vie, parce que c’est Christ qui en est le nouveau centre (ce qui est impossible à réaliser pour l’homme sans la vie divine). On a dit que le christianisme, c’est Christ remplaçant le moi.

Renoncer à soi, c’est laisser de côté tout ce qui est de l’homme, toute la prétention du moi. Paul avait été spécialement doué par Dieu pour démontrer l’indignité de l’homme ou du « moi », même dans ce qu’il a de meilleur. Si quelqu’un pouvait trouver en lui-même des raisons de croire que son « moi » était bon ou honorable, lui davantage (Philippiens 3

: 4-9). Il y renonce, il en montre toute la vanité, lui qui avait obtenu de grandes gloires au sein du système juif. Jusqu’à ce que nous venions à Dieu, ce qu’il y a de meilleur en nous ne fait que nous tenir plus éloignés de Lui. C’est le zèle de Paul (une bonne chose pour la chair) qui le conduisit à persécuter l’assemblée ! La sagesse des princes de ce monde les conduisit dans les ténèbres et l’ignorance du mystère de Dieu (1Cor. 2: 7, 8). Ils étaient bien des princes et les plus élevés de leur génération, mais leur qualité de princes ne fit que les animer plus fortement contre le Seigneur de gloire qu’ils ont crucifié.

Tout disciple de Christ doit «renoncer à soi-même» et «prendre sa croix», c’est-à-dire cesser de vivre pour soi, remplacer le «moi» et ses exigences par Christ et ses droits.

 

6-3.  L’abandon de nos aises pour marcher À sa suite (Luc 24:27).

Venir après Christ : «Celui qui affectionne sa vie la perdra; et celui qui hait sa vie dans ce monde-ci la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive; et où je suis moi, là aussi sera mon serviteur: si quelqu’un me sert, le Père l’honorera» (Jean 12:25, 26). Celui qui affectionne sa vie d’homme terrestre au point d’en oublier les intérêts du Maître, qui «prend soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises» (Romains 13:14) ne peut pas être disciple du Seigneur.

Suivre Christ implique l’abandon de notre volonté personnelle, une séparation délibérée et volontaire de ce qui empêcherait de Le suivre. Mais ce renoncement à soi-même et au monde ne peut pas être le fruit de notre effort personnel. Il faut que nos cœurs soient étreints par l’amour du Christ (2Cor. 5:14) : seul l’amour du Seigneur pour nous peut nous engager à le suivre dans le sentier du renoncement !

Quiconque tente d’être un disciple par sa propre force, par l’action de sa propre volonté, serait comme un homme commençant à construire une tour sans en compter le coût, ou comme un roi allant à la guerre avec dix mille contre un autre roi qui vient avec vingt mille (Luc 14:28-35). Le prix à payer pour être un disciple dépasse les ressources de l’homme.

Le Seigneur Jésus est mort pour nous sur la croix non seulement pour nous sauver et nous rendre propres pour le ciel, mais aussi pour avoir des disciples dans ce monde, qui marchent à sa suite, qui soient ses témoins et ses serviteurs. Cela requiert de l’énergie, une dépendance constante du Seigneur, la conscience de notre totale incapacité, mais aussi celle de la parfaite suffisance de Christ et de sa grâce. «Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité» (2Cor. 12:9). Gardons-nous aussi de regarder en arrière, car «nul qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière, n’est propre pour le royaume de Dieu» (Luc 9:62). N’imitons pas Démas qui abandonna l’apôtre, après l’avoir accompagné, «ayant aimé le présent siècle» (2Tim. 4:10).

 

Ainsi ta grâce, ô mon Seigneur !

M’apprend ton aimable service.

Ah ! Viens soumettre tout mon cœur !

Viens consommer le sacrifice !

Oui, mon Seigneur, enseigne-moi.

À ne plus vivre que pour Toi !

              Chants de Sion 1831, César Malan

 

7     Se tenir près de Christ

«Il va devant elles (ses propres brebis) ; et les brebis le suivent car elles connaissent sa voix… Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent» (Jean 10:4, 27).

 

En Marc 3:14 Jésus «en établit douze pour être avec lui, et pour les envoyer prêcher» (Il s’agit de disciples : Marc 3:31 et Matt. 10:1-6) . Puis en Marc 6:31 «il leur dit: Venez (avec moi) à l’écart vous-mêmes dans un lieu désert, et reposez-vous un peu.» Pour « apprendre le Christ » (Éph. 4:20), pour « apprendre de lui » (Matt. 11:28, 29), nous devons « venir à lui ». L’enseignement divin n’a pas lieu à distance, mais dans une proximité, une intimité de communion avec le Seigneur. Il nous dit : d’abord « avec moi », puis ensuite « pour moi ». Dans le lieu désert il nous enseigne dans le secret ce que nous ne pouvons pas apprendre dans une activité débordante ; l’heure de silence passée dans sa présence rétablit notre équilibre spirituel ; là nous apprenons la vraie valeur de toute chose.

« Je regarde même aussi toutes choses comme étant une perte, à cause de l’excellence de la connaissance du christ Jésus mon Seigneur, à cause duquel j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ… Pour le connaître lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, étant rendu conforme à sa mort » (Philippiens 3:8, 10).

Le disciple «doit lui-même aussi marcher comme Lui a marché» (1Jean 2:6).

«Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces» (1Pierre 2:21).

« Dans toutes tes voies connais-le, et il dirigera tes sentiers» (Proverbes 3:6).

 

8     Le disciple sera COMME SON MAITRE

«Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni l’esclave au-dessus de son seigneur. Il suffit au disciple qu’il soit COMME son maître, et à l’esclave qu’il soit COMME son seigneur» (Matt. 10:24, 25).

«Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, mais tout homme accompli sera COMME son maître» (Luc 6:40).

Pas au-dessus de son maître, mais comme son maître.

 

8-1. Le disciple n’est pas du monde.

Le disciple est citoyen du ciel : « Notre bourgeoisie (ou notre cité) est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ» (Phil. 3:20). « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde» (Jean 17:16).

Le disciple reste attentif aux circonstances qui l’entourent et à ceux qu’il côtoie, sans s’ingérer dans la gouvernance publique, «comme forains et étrangers» (1Pierre 2:11), deux images parlantes puisque le forain n’a pas de domicile fixe, et que l’étranger n’a pas le droit de vote.

 

8-2. Le disciple est mÉprisÉ du monde.

«D’autres furent éprouvés par des moqueries et par des coups, et encore par des liens et par la prison» (Hébreux 11:36). Le Seigneur avait averti ses disciples: «Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous… L’esclave n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi» (Jean 15:18, 20 ; aussi 13:16).

 

8-3.  Le disciple reflÈte les caractères du MaÎtre.

 « Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché» (1Jean 2:6).

« Bien-aimé, n’imite pas le mal mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu» (3 Jean 11).

Regardons quelques exhortations qui correspondent.

 

8-4.  Le disciple se caractérise par son humilitÉ et obÉIssance :

«Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, lequel étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et étant trouvé en figure comme un homme il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix» (Philippiens 2:5-8).

« Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est aisé et mon fardeau est léger» (Matthieu 11:29, 30).

 

8-5. Le disciple manifeste de la dÉpendance :

«Que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre, et croissant par la connaissance de Dieu» (Colossiens 1:9, 10).

«Le Dieu de paix… vous rende accomplis en toute bonne œuvre pour faire sa volonté, faisant en vous ce qui est agréable devant lui, par Jésus Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen» (Hébreux 13:21).

 

8-6.  Le disciple est plein de compassion :

« Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné» (Éphésiens 4:32).

«Soyez tous d’un même sentiment, sympathisants, fraternels, compatissants, humbles, ne rendant pas mal pour mal ou outrage pour outrage, mais au contraire bénissant» (1Pierre 3:8, 9).

 

8-7.  Le disciple manifeste de l’amour : Voir § 9-2

 

9     Le disciple dans l’Évangile selon Jean

 

9-1. Le disciple est exhorté à persÉvÉrer dans la Parole.

« Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment MES DISCIPLES ; et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira» (Jean 8:31, 32).

 

Persévérer signifie : Persister, s’acharner, user de patience pour poursuivre une action malgré les difficultés ; demeurer ferme et constant dans une manière d’être ou d’agir, dans une résolution.

Le Seigneur nous donne l’illustration suivante : « Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, et qui entend mes paroles et les met en pratique : il est semblable à un homme qui bâtit une maison, qui a creusé et fouillé profondément, et a mis un fondement sur le roc: mais une inondation étant survenue, le fleuve s’est jeté avec violence contre cette maison, et il n’a pas pu l’ébranler, car elle avait été fondée sur le roc» (Luc 6:47, 48).

Jacques confirme : « Mettez la parole en pratique et ne l’écoutez pas seulement, vous séduisant vous-mêmes. Car si quelqu’un écoute la Parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui considère sa face naturelle dans un miroir ; car il s’est considéré lui-même et s’en est allé, et aussitôt il a oublié quel il était. Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite, celle de la liberté, et qui aura persévéré n’étant pas un auditeur oublieux mais un faiseur d’œuvre, celui-là sera bienheureux dans son faire» (Jacques 1:22-25).

Nous avons donc besoin de lire la Parole avec attention, de la méditer. Ne nous contentons pas d’une lecture occasionnelle de quelques versets ou quelques chapitres. Soyons-en nourris et recherchons les enseignements et les exhortations pour une vie qui plaise à Dieu.

« Que la parole du Christ habite en vous richement» (Colossiens 3:16).

L’attitude des fils d’Israël dont parle l’Éternel à Ézéchiel est un contre-exemple pour celui qui veut être le disciple du Seigneur (Ézéchiel 33:30-32) : «Ils parlent l’un avec l’autre, chacun avec son frère disant : Venez donc, et écoutez quelle est la parole qui est sortie de la part de l’Éternel. Et ils viennent vers toi comme vient un peuple, et ils s’asseyent devant toi comme étant mon peuple ; et ils entendent tes paroles, mais ils ne les pratiquent pas ; car de leur bouche ils disent des choses agréables, mais leur cœur va après leur gain déshonnête. Et voici tu es pour eux comme un chant agréable, une belle voix, et quelqu’un qui joue bien ; et ils entendent tes paroles mais ils ne les pratiquent nullement. »

 

9-2.  Les disciples sont appelés à s’aimer les uns les autres, comme témoignage aux yeux de tous.

«Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous» (Jean 13:34, 35).

 

«Quant à l’amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres ; quant à l’honneur étant les premiers à le rendre aux autres… Ayant les uns envers les autres un même sentiment ; ne pensant pas aux choses élevées mais vous associant aux humbles. Ne soyez pas sages à vos propres yeux» (Romains 12:10, 16).

« Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un cœur pur» (1Pierre 1:22).

Nous citons Marc Tapernoux : “Si nous reproduisons l’amour de Jésus dans nos rapports mutuels, nous montrons que nous sommes ses disciples. Cet amour fraternel, fruit de l’Esprit, rend un témoignage à la réalité de la vie divine en nous, plus éloquent que des paroles. «Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons les frères; celui qui n’aime pas son frère demeure dans la mort… Enfants, n’aimons pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité» (1Jean 3:14, 18). «Bien-aimés aimons-nous l’un l’autre, car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour» (1Jean 4:7, 8. Voir aussi les versets 11, 20, 21).”

 

9-3.  Le disciple porte du fruit.

«En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit ; et vous serez MES DISCIPLES» (Jean 15:8).

 

9-3-1  Le disciple doit demeurer attachÉ au Cep.

En Jean 15, le Seigneur se présente comme le Cep, dont nous sommes les sarments. Notre seul rôle est ainsi de porter du fruit, et c’est ce fruit produit qui distinguera un vrai disciple possédant la vie divine du professant sans vie, donc perdu : «Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il sèche ; et on les amasse et on les met au feu et ils brûlent» (Jean 15:6).

Nous devons donc être attaché, et demeurer attaché au Cep duquel vient la sève : « Demeurez en moi et moi en vous. Comme le sarment ne peut pas porter de fruit de lui-même, à moins qu’il ne demeure dans le cep, de même vous non plus vous ne le pouvez pas, à moins que vous ne demeuriez en moi. Moi je suis le cep, vous les sarments. Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car séparés de moi vous ne pouvez rien faire» (Jean 15:4, 5).

Une énergie morale est nécessaire au croyant (formé et éduqué par la discipline du Père) pour rester profondément attaché au Seigneur. Pour porter du fruit, il nous faut être absolument unis à Christ par une relation vivante : «Séparés de moi vous ne pouvez rien faire» (15:5). La vie divine doit pouvoir couler dans le sarment sans entraves. «Demeurez en moi» implique une marche dans une grande intimité de Christ, telle que l’âme trouve ses délices dans ses perfections morales. «Demeurer en Christ» suppose un cœur en communion avec lui, un cœur qui se plaît à se confier en lui et à apprendre de lui. C’est vivre sous l’influence de sa présence, réalisée par la foi.

Le but est clair : porter du fruit (Jean 15:2), porter plus de fruit (15:2b), porter beaucoup de fruit (15:5, 8).

 

9-3-2  Le disciple est l’objet des soins du Cultivateur

Pour que du fruit soit produit, le Père (présenté ici comme le cultivateur) nettoie et émonde le sarment. Ses soins parfois douloureux (Hébreux 12:11) font partie de la formation du disciple. Par l’action de sa Parole en nous, il ôte tout ce qui empêche la production du fruit. La Parole opère en nous un travail de purification, de sanctification et elle apporte à la vie divine l’aliment dont elle a besoin pour se développer et se manifester.

Nous citons Ph. Laügt : “Sans taille il n’y aurait que peu de fruit. Soyons certains que rien n’est coupé sans raison. Il est parfois nécessaire que Dieu brise nos plans, ruine nos espérances, s’oppose à nos ambitions. Toutefois le cultivateur divin n’est jamais si près de sa vigne qu’au moment où il la taille (Ésaïe 43:2), faisant en nous ce qui est agréable devant lui.”

 

10   Le Seigneur appelle ses disciples ENFANTS, et même AMIS

 

10-1 Enfants

Par trois fois dans les Évangiles le Seigneur appelle ses disciples «enfants» (Marc 10:24 ; Jean 13:33 ; 21:5). C’est ainsi que habituellement le maître d’une école philosophique appelait affectueusement ses disciples : terme affectueux et réservé aux disciples, à ceux qui suivent. Que ce titre nous soit cher, et nous encourage à rester bien près de Lui !

 

10-2 Amis

De même par trois fois le Seigneur appelle ses disciples « amis » (Luc 12:4 ; Jean 13:14, 15).

Ce titre se mérite : « Vous êtes mes amis si vous faites tout ce que moi je vous commande» (Jean 15:14).

Alors le Seigneur se plaît à nous introduire dans son intimité : « Je ne vous appelle plus esclaves car l’esclave ne sait pas ce que son maître fait ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père» (Jean 15:15).

Goûtons, en la présence

Du souverain Berger

La vie en abondance

Qu’il nous fait partager ;

Et dans sa dépendance,

Marchant en liberté,

Gardons la jouissance

De son intimité.

              Hymnes et Cantiques 227