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SIMPLES ENTRETIENS sur le livre des

 

 

Actes des Apôtres

 

 

par Samuel Prod’hom

 

Table des matières :

1     Introduction

2     Chapitre 1

2.1      Ch. 1 v. 1-5 — Les disciples et Jésus ressuscité

2.2      Ch. 1 v. 6-9 — Ascension du Seigneur

2.3      Ch. 1 v. 10-14 — Les messagers célestes

2.4      Ch. 1 v. 15-26 — Remplacement de Judas

3     Chapitre 2

3.1      Ch. 2 v. 1-4 — La venue du Saint Esprit

3.2      Ch. 2 v. 1-36 — Premiers effets du don des langues

3.3      Ch. 2 v. 37-41 — Résultats du discours de Pierre

3.4      Ch. 2 v. 42-47 — Heureux débuts de l’Église

4     Chapitre 3

4.1      Ch. 3 v. 1-11 — Guérison d’un infirme

4.2      Ch. 3 v. 11-16 — Témoignage de Pierre au peuple

4.3      Ch. 3 v. 17-26 — Pierre appelle le peuple à la repentance

5     Chapitre 4

5.1      Ch. 4 v. 1-4 — Intervention des chefs religieux

5.2      Ch. 4 v. 5-12 — Comparution de Pierre et de Jean

5.3      Ch. 4 v. 13-22 — Embarras du Sanhédrin

5.4      Ch. 4 v. 23-31 — Prière des disciples

5.5      Ch. 4 v. 32-37 — Effets de la Parole

6     Chapitre 5

6.1      Ch. 5 v. 1-11 — Ananias et Sapphira

6.2      Ch. 5 v. 12-16 — Puissance miraculeuse des apôtres

6.3      Ch. 5 v. 17-32 — Délivrance miraculeuse des apôtres

6.4      Ch. 5 v. 33-42 — Un sage conseil

7     Chapitre 6

7.1      Ch. 6 v. 1-7 — Murmures des Hellénistes

7.2      Ch. 6 v. 8-15 — Étienne

8     Chapitre 7— Discours d’Étienne

8.1      Ch. 7 v. 1-19 — De l’appel d’Abraham à Moïse

8.2      Ch. 7 v. 20-53 — De Moïse à Christ

8.3      Ch. 7 v. 54-60 — Mort d’Étienne

9     Chapitre 8

9.1      Ch. 8 v. 1-3 — Première persécution de l’assemblée

9.2      Ch. 8 v. 4-13 — La Samarie est évangélisée

9.3      Ch. 8 v. 14-25 — Pierre et Jean viennent à Samarie

9.4      Ch. 8 v. 26-40 — Conversion de l’eunuque d’Éthiopie

10       Chapitre 9

10.1     Ch. 9 v. 1-9 — Saul de Tarse sur le chemin de Damas

10.2     Ch. 9 v. 10-16 — Vision d’Ananias

10.3     Ch. 9 v. 17-22 — Ananias chez Saul

10.4     Ch. 9 v. 23-31 — Arrivée de Saul à Jérusalem

10.5     Ch. 9 v. 36-43 — Résurrection de Dorcas

11       Chapitre 10

11.1     Ch. 10 v. 1-8 — Vision de Corneille

11.2     Ch. 10 v. 9-24 — Vision de Pierre

11.3     Ch. 10 v. 25-33 — Arrivée de Pierre chez Corneille

11.4     Ch. 10 v. 34-43 — Prédication de Pierre

12       Chapitre 11

12.1     Ch. 11 v. 1-18 — Pierre à Jérusalem

12.2     Ch. 11 v. 19-26 — L’évangile est annoncé à Antioche

12.3     Ch. 11 v. 27-30 — Libéralité des disciples d’Antioche

13       Chapitre 12

13.1     Ch. 12 v. 1-6 — Emprisonnement de Pierre

13.2     Ch. 12 v. 7-17 — Délivrance de Pierre

13.3     Ch. 12 v. 18-25 — Mort d’Hérode

14       Chapitre 13

14.1     Résumé des douze premiers chapitres

14.2     Ch. 13 v. 1-3 — Appel de Saul et Barnabas

14.3     Ch. 13 v. 4-12 — L’évangile dans l’île de Chypre

14.4     Ch. 13 v. 13-41 — Discours de Paul à Antioche de Pisidie

14.5     Ch. 13 v. 42-52 — Nouveau discours de Paul

15       Chapitre 14

15.1     Ch. 14 v. 1-7 — Paul et Barnabas à Iconium

15.2     Ch. 14 v. 8-19 — Les apôtres à Lystre

15.3     Ch. 14 v. 20-28 — L’œuvre à Derbe

16       Chapitre 15

16.1     Ch. 15 v. 1-21 — Une conférence à Jérusalem

16.2     Ch. 15 v. 22-35 — Lettre adressée aux assemblées des nations

16.3     Ch. 15 v. 36-41 — Départ de Paul pour son second voyage

17       Chapitre 16

17.1     Ch. 16 v. 1-5 — Appel de Timothée

17.2     Ch. 16 v. 6-12 — Paul se rend en Macédoine

17.3     Ch. 16 v. 13-15 — Au bord du fleuve

17.4     Ch. 16 v. 16-24 — L’œuvre de l’ennemi

17.5     Ch. 16 v. 25-34 — L’œuvre de Dieu

17.6     Ch. 16 v. 35-40 — Paul et Silas en liberté

18       Chapitre 17

18.1     Ch. 17 v. 1-19 — Paul à Thessalonique

18.2     Ch. 17 v. 10-15 — Paul à Bérée

18.3     Ch. 17 v. 16-34 — Paul à Athènes

19       Chapitre 18

19.1     Ch. 18 v. 1-4 — Arrivée de Paul à Corinthe

19.2     Ch. 18 v. 5-17 — Travail de Paul à Corinthe

19.3     Ch. 18 v. 22, 23 — Troisième voyage de Paul

20       Chapitre 19

20.1     Ch. 19 v. 8-22 — Travail de Paul à Éphèse

20.2     Ch. 19 v. 23-41 — Grand tumulte à Éphèse

21       Chapitre 20

21.1     Ch. 20 v. 1-6 — Paul quitte Éphèse

21.2     Ch. 20 v. 7-12 — Un dimanche en Troade

21.3     Ch. 20 v. 13-16 — Départ de la Troade

21.4     Ch. 20 v. 17-38 — Discours de Paul à Milet

22       Chapitre 21

22.1     Ch. 21 v. 1-14

22.2     Ch. 21 v. 15-26 — Arrivée de Paul à Jérusalem

22.3     Ch. 21 v. 27-40 — Paul est saisi dans le temple

23       Chapitre 22

23.1     Ch. 22 v. 1-21 — Discours de Paul sur les degrés de la forteresse

23.2     Ch. 22 v. 22-30 — Paul dans la forteresse

24       Chapitre 23

24.1     Ch. 23 v. 1-11 — Devant le sanhédrin

24.2     Ch. 23 v. 12-22 — Un complot des Juifs

24.3     Ch. 23 v. 23-25 — Paul conduit à Césarée

25       Chapitre 24

25.1     Ch. 24 v. 1-21 — Apologie de Paul devant Félix

25.2     Ch. 24 v. 22-27 — Paul et Félix

26       Chapitre 25

26.1     Ch. 25 v. 1-12 — Festus et les Juifs

26.2     Ch. 25 v. 13-22 — Festus renseigne Agrippa

26.3     Ch. 25 v. 23-27 — Festus présente Paul à Agrippa

27       Chapitre 26

27.1     Ch. 26 v. 1 à 32 — Apologie de Paul devant Agrippa

28       Chapitre 27

28.1     Ch. 27 v. 1-8 — Départ pour Rome

28.2     Ch. 27 v. 9-44 — De l’île de Crète à Malte

29       Chapitre 28

29.1     Ch. 28 v. 1-10 — Arrivée à Malte

29.2     Ch. 28 v. 11-16 — De Malte à Rome

29.3     Ch. 28 v. 17-31 — Paul et les Juifs de Rome

 

 

 

1                        Introduction

Le livre des Actes des Apôtres suit tout naturellement les Évangiles.

Dans les quatre récits évangéliques, nous voyons quelque chose des gloires du Seigneur, présentées dans ses actes et ses paroles, sous les caractères de Messie, Serviteur, Fils de l’homme et Fils de Dieu, puis sa mort, nécessaire pour que Dieu fût glorifié en sauvant le pécheur, et, le troisième jour, sa résurrection.

Les Actes des Apôtres font suite à l’évangile selon Luc ; ils sont du même auteur et s’adressent à la même personne, appelée dans l’évangile « très excellent Théophile », probablement un fonctionnaire romain devenu chrétien (*). Dans les Actes il n’est plus appelé « très excellent », soit qu’il eût renoncé à ses fonctions, soit que, dans l’intimité fraternelle, ce titre ne fût plus employé.

 

(*) Le titre de « très excellent » est donné à Félix et à Festus, chap. 23:26 ; 24:3 et 26:25.

 

À la fin de l’évangile selon Luc, le Seigneur dit à ses disciples : « Il est ainsi écrit ; et ainsi il fallait que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Et vous, vous êtes témoins de ces choses ; et voici, moi, j’envoie sur vous la promesse de mon Père. Mais vous, demeurez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de puissance d’en haut » (chap. 24:46-49). L’Esprit de Dieu reprend ce sujet en Actes 1 avec des détails omis dans l’évangile.

Le récit des Actes se divise en deux parties : 1° chapitres 1 à 12 ; 2° chapitres 13 à 28. Dans la première partie nous trouvons l’ascension du Seigneur, la descente du Saint Esprit le jour de la Pentecôte, le ministère de Pierre et de Jean au milieu des Juifs, la conversion de Saul de Tarse, devenu l’apôtre Paul, la diffusion de l’évangile en dehors de la Judée et la mort de Jacques.

La seconde partie raconte le ministère de Paul au milieu des gentils. En prêchant le salut par la foi, aux Juifs premièrement, et aux Grecs, il fait connaître à tous les vérités relatives à l’Église, savoir son caractère céleste en union avec Christ glorifié, tête de son corps, dont tout croyant est membre ; en même temps que, habitation de Dieu par l’Esprit, elle remplace Israël comme témoignage de Dieu sur la terre.

Toute l’activité du grand apôtre des gentils est présentée dans quatre voyages missionnaires jusqu’à son emprisonnement à Rome, au cours desquels il écrivit ses épîtres.

 

2                        Chapitre 1

2.1   Ch. 1 v. 1-5 — Les disciples et Jésus ressuscité

« J’ai composé le premier traité, ô Théophile, sur toutes les choses que Jésus commença de faire et d’enseigner, jusqu’au jour où il fut élevé au ciel, après avoir donné, par l’Esprit Saint, des ordres aux apôtres qu’il avait choisis » (v. 1, 2). Ce premier traité, l’évangile selon Luc, comprend les choses que « Jésus commença de faire et d’enseigner ».  Toute l’activité du Seigneur ici-bas était le commencement de la grande œuvre qu’il allait continuer par la puissance du Saint Esprit et au moyen de ses serviteurs, jusqu’à l’accomplissement des conseils de Dieu pour le ciel et la terre. Dans le livre des Actes, nous voyons la part que les apôtres ont prise à cette œuvre. À la fin de l’évangile selon Marc, nous lisons : « le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant la parole par les signes qui l’accompagnaient » (Marc 16:20). Que pourraient faire les serviteurs de Dieu, si le Seigneur n’opérait pas lui-même en eux et par leur moyen ? L’œuvre est celle du Seigneur, le serviteur n’est qu’un instrument. Il l’a commencée lui-même sur la terre, et elle sera entièrement achevée lorsque la terre actuelle aura fait place à une nouvelle terre, sous des cieux nouveaux.

Le Seigneur donna des ordres aux apôtres qu’il avait choisis, par l’Esprit Saint, son agent, par lequel il a toujours tout accompli. Le Seigneur le reçut comme homme au début de son ministère, pour son service, et c’est encore par le même Esprit qu’il agit après sa résurrection.

L’Esprit de Dieu rappelle que le Seigneur s’est présenté vivant aux apôtres : « Après avoir souffert, il se présenta lui-même vivant, avec plusieurs preuves assurées, étant vu par eux durant quarante jours, et parlant des choses qui regardent le royaume de Dieu » (v. 3). Cette déclaration a une très grande importance dans nos jours, parce qu’elle affirme la vérité capitale de la résurrection du Seigneur. Après avoir souffert, il est mort, mais il s’est présenté vivant, en donnant toutes les preuves qu’il était le même ; les apôtres le virent pendant quarante jours ; il mangea et but avec eux, dit Pierre au chap. 10:41, et il leur parla des choses qui concernaient le royaume de Dieu. Nous trouvons, dans le dernier chapitre de Luc, les détails de ce que dit ce verset 3, car en Luc l’Esprit de Dieu fait ressortir l’importante vérité que le Seigneur était le même après sa résurrection qu’avant, quoique son corps fût un corps spirituel, tout en étant visible et tangible, ce que n’est pas un esprit. Lorsqu’il se trouva au milieu des disciples, il leur fit toucher ses mains et ses pieds pour les assurer qu’il était toujours le même, et il mangea devant eux, quoique son corps, devenu spirituel, n’eût plus besoin de nourriture. Ce n’est pas dans une apparition soudaine et passagère que les disciples virent Jésus ressuscité, mais durant quarante jours. Dans la Parole, le nombre quarante représente le temps nécessaire à une épreuve. Il fallut quarante ans pour éprouver le peuple d’Israël dans le désert. Moïse resta quarante jours sur la montagne avec Dieu ; pendant ce temps le peuple montra ce qu’il était en faisant le veau d’or. L’épreuve de l’homme dura quarante siècles, jusqu’à la venue de Christ. Le Seigneur demeura sur la terre le temps voulu de Dieu pour que la grande vérité de sa résurrection fût établie d’une manière irréfutable, car c’est par elle que l’œuvre de Christ acquiert toute sa valeur. Elle fournit la preuve que Dieu a été parfaitement glorifié par la mort de son Fils, et que tous nos péchés, qu’il avait pris sur lui à la croix, ont été expiés, car, s’ils ne l’avaient pas été, Dieu ne l’aurait pas ressuscité : « Si Christ n’a pas été ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés » (1 Cor. 15:17).

Nous verrons, dans ce livre, l’importance de la résurrection dans la prédication de l’Évangile au milieu d’un peuple qui, après avoir mis à mort le Seigneur, avait cru au mensonge de ses chefs qui disaient que ses disciples étaient venus de nuit et avaient dérobé son corps. Il est facile de comprendre que, si le Seigneur n’était pas ressuscité, tout ce qu’il a fait et dit durant son ministère aurait été de nulle valeur, puisque son œuvre et sa personne auraient pris fin dans la mort. En conséquence, la mort éternelle aurait été la part de tous les hommes, Satan aurait eu la victoire, puisqu’il aurait détruit toute l’œuvre de Dieu, ce qui était impossible. Des hommes pécheurs et perdus, Dieu voulait faire les habitants heureux et glorieux d’une terre nouvelle sous des cieux nouveaux ; mais, pour cela, il fallait un Sauveur qui prît sur lui toutes les conséquences du péché, et, après avoir tout accompli, sortît de la mort triomphant et vainqueur.

Nous nous sommes arrêtés sur ce v. 3, à cause de l’importance de la résurrection du Seigneur, sur laquelle repose tout le christianisme, mais que méconnaissent aujourd’hui ceux qui enseignent que Jésus ne ressuscita qu’en esprit. Il n’est pas plus ressuscité en esprit qu’il n’est mort en esprit. Par la grâce de Dieu, il est bien mort : il souffrit à notre place le jugement que nous avions mérité, et Dieu le ressuscita et le glorifia pour montrer sa parfaite satisfaction de l’œuvre accomplie, quand il mourut sur la croix. C’est un homme véritable mais un homme divin, qui vécut dans ce monde, qui mourut, qui ressuscita, qui est maintenant dans le ciel et qui reviendra en gloire avec tous les saints glorifiés pour régner mille ans sur cette terre ; pendant ce temps ceux qui n’ont pas cru à sa mort expiatoire et à sa résurrection seront dans le hadès en attendant de paraître devant lui en jugement, lorsqu’il siégera sur le grand trône blanc (Apoc. 20:11-15).

« Et étant assemblé avec eux, il leur commanda de ne pas partir de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père, laquelle dit-il, vous avez ouïe de moi : car Jean a baptisé avec de l’eau ; mais vous, vous serez baptisés de l’Esprit Saint, dans peu de jours, (v. 4, 5). Nous avons vu (Jean, chap. 14 à 16) que le Seigneur avait annoncé plusieurs fois la venue du Saint Esprit, appelé la promesse du Père, parce qu’il était promis dans l’Ancien Testament (entre autres Ésaïe 32:15 ; Ézéchiel 36:27 ; Joël 2:29). En attendant qu’il accomplisse, en faveur du peuple terrestre, les prédictions des prophètes, il est venu comme Consolateur de ceux que le Seigneur laissait ici-bas, comme puissance pour accomplir leur service, comme sceau de la foi chez ceux qui croient, et comme habitation de Dieu au milieu des siens sur la terre. Avant la venue et la glorification du Seigneur, le Saint Esprit n’avait jamais habité personnellement sur la terre. Il avait agi momentanément chez les prophètes, chez des croyants et même chez des non-croyants, comme dans le cas de Saül (l Samuel 10:10 et 19:24) ; mais il ne demeurait pas en eux.

 

2.2   Ch. 1 v. 6-9 — Ascension du Seigneur

Nous voyons les disciples dans une liberté et une intimité parfaites avec le Seigneur ressuscité. Au v. 4, il est « assemblé avec eux », de même qu’au v. 6 où ils l’interrogent. Il ne pouvait « s’assembler » avec le monde qui l’avait rejeté. En dehors des disciples, personne ne le vit ressuscité. Il avait dit aux Juifs : « Vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Matt. 23:39). Il en est de même aujourd’hui ; le Seigneur a promis sa présence, non à tout le monde, mais aux deux ou trois réunis à son nom.

Les apôtres dirent au Seigneur : « Est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël ? » Ils conservaient leurs pensées juives quant au royaume, croyant qu’il n’était que pour Israël. Le royaume de Dieu dont le Seigneur leur a parlé au v. 3 est un ordre de choses divin dans lequel on entre par la foi, que l’on soit Juif ou gentil. Le Seigneur répond : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité ; mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre » (v. 7, 8).

Il y a deux parties dans la réponse du Seigneur. Dans la première, il ne leur dit pas que le royaume pour Israël ne sera pas rétabli, mais que le moment n’est connu que de son Père. Les temps et les saisons se rapportent à l’établissement du règne de Christ sur la terre, et ne concernent pas l’Église qui a sa part dans le ciel, où il n’y a pas de temps ni de saisons. Ces termes indiquent les temps qui doivent s’écouler avant que le Roi prenne en main sa grande puissance pour régner ; pour ce moment-là, il attend la volonté de son Père. Le Seigneur dit en Marc 13:32 : « Mais quant à ce jour-là, ou à l’heure, personne n’en a connaissance, pas même les anges qui sont dans le ciel, ni même le Fils, mais le Père ».  En 1 Thess. 5:1, Paul dit : « Mais pour ce qui est des temps et des saisons, frères, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive ; car vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit ».  Il s’agit toujours de sa venue pour juger et régner. Dans le chap. 4, l’apôtre avait parlé de la venue du Seigneur pour ressusciter les morts en Christ et transmuer les vivants ; cette venue peut se produire d’un instant à l’autre ; chaque croyant l’attend journellement pour être introduit, non dans le royaume terrestre, mais dans le ciel où sont ses bénédictions éternelles. S’il s’agit de la venue du Seigneur en gloire avec tous les saints, elle est en rapport avec les temps et les saisons ; elle surprendra, comme un voleur dans la nuit, ceux qui auront été laissés lors de l’enlèvement des saints.

Dans la seconde partie de sa réponse, le Seigneur indique aux disciples leur part en attendant le rétablissement du royaume. Laissés dans le monde qui avait rejeté le Seigneur et qui lui était toujours hostile, ils seraient ses témoins à Jérusalem, dans la Judée et la Samarie, jusqu’au bout de la terre. Partout on devait porter le témoignage de ce qu’est le Seigneur et le Sauveur du monde. Pour être les témoins de celui que les hommes ont crucifié et que hait le cœur naturel, il leur fallait de la puissance. Le Saint Esprit viendrait sur eux et les rendrait capables d’accomplir leur service. Ils auraient ainsi à leur disposition la même puissance que le Seigneur a eue pour accomplir son œuvre ici-bas ; lui que « Dieu a oint de l’Esprit Saint et de puissance, qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance, » dit Pierre, au chap. 10:38. Nous verrons, dans les récits de ce livre, de quelle manière l’Esprit de Dieu opéra en eux et les rendit capables de faire ce que le Seigneur leur disait en Jean 14:12 : « Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que moi je fais, et il en fera de plus grandes que celles-ci ; parce que moi, je m’en vais au Père » (v. 12).

« Et ayant dit ces choses, il fut élevé de la terre, comme ils regardaient, et une nuée le reçut et l’emporta de devant leurs yeux » (v. 9). Quel fait étrange et merveilleux, de voir un homme élevé au ciel du milieu de ceux qui l’entouraient ! C’est ce qui aura lieu lorsque le Seigneur viendra ; des enfants de Dieu pourront se trouver au milieu de non-croyants, à leur travail, en voyage ou ailleurs, et disparaîtront à la rencontre du Seigneur en l’air, lorsque le cri du commandement et la trompette de Dieu se feront entendre : beau moment pour ceux qui sont prêts, mais angoisse terrible pour ceux qui seront laissés, pour autant qu’ils pourront se rendre compte de leur situation ; ensuite le jour du Seigneur les surprendra comme un voleur dans la nuit. Nous aimons à croire qu’aucun de nos lecteurs ne sera du nombre de ceux-là.

L’Ancien Testament nous parle de deux hommes qui montèrent au ciel sans passer par la mort : Enoch, figure de l’Église enlevée avant les jugements, l’a été avant le déluge, et Élie après avoir achevé son ministère. Mais on remarquera la différence des expressions que l’Esprit de Dieu emploie à propos de l’enlèvement du Seigneur et de ces deux hommes de Dieu. Du Seigneur il est dit qu’il fut élevé : une nuée le reçut et l’emporta de devant leurs yeux, mais d’Enoch qu’il fut enlevé (Hébreux 11:5), d’Élie aussi (2 Rois 2:3 et 5). Le Seigneur fut élevé dans le ciel où il avait le droit d’entrer avec toute la gloire qui lui était due. Les portails éternels se sont élevés pour laisser entrer le roi de gloire (Psaume 24:7-10). Comme les apôtres regardaient, une nuée le reçut et l’emporta de devant leurs yeux. La nuée est le signe de la demeure de Jéhovah ; Jésus y entrait de plein droit. Lorsque cette nuée remplit le tabernacle au désert et, plus tard, le temple de Salomon (Exode 40:34, 35 et 1 Rois 8:11, 12), personne ne put y entrer, car la présence de Dieu est inaccessible à l’homme naturel. Il n’est pas dit qu’une nuée reçut Élie. Un char de feu et des chevaux de feu le séparèrent d’Élisée, et il monta au ciel dans un tourbillon (2 Rois 2:11). Les chars et les chevaux de feu sont des anges. Le feu figure le jugement qui avait caractérisé le ministère d’Élie. Lorsque le Seigneur reviendra du ciel pour exercer la vengeance, ce sera avec les anges de sa puissance en flammes de feu, est-il dit en 2 Thess. 1:8. Les anges exécutent les jugements de Dieu. Les anges n’étaient pas nécessaires pour que le Seigneur montât au ciel. Venu du Père, il s’en allait au Père après avoir accompli toute l’œuvre que le Père lui avait donnée à faire.

 

2.3   Ch. 1 v. 10-14 — Les messagers célestes

« Et comme ils regardaient fixement vers le ciel, tandis qu’il s’en allait, voici, deux hommes en vêtements blancs, se tinrent là à côté d’eux, qui aussi dirent : Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d’avec vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel » (v. 10, 11). On se représente aisément la surprise des disciples qui, ayant retrouvé le Seigneur après sa résurrection, n’avaient pas encore compris qu’il devait remonter au ciel, puisqu’ils espéraient qu’il rétablirait le royaume pour Israël. Ils croyaient, avec raison, qu’il accomplirait ce que les prophètes avaient annoncé quant à son règne ; mais le rejet du Roi différait l’établissement du royaume. Dieu dans sa bonté, leur envoya deux anges pour les rassurer en leur disant que Jésus reviendrait de la même manière qu’ils l’avaient vu monter au ciel. Le fait qu’il était rejeté n’annulait pas l’accomplissement des promesses. La foi des disciples reçut un précieux encouragement, et au lieu de regarder vers le ciel comme si tout était perdu, « ils s’en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie », est-il dit en Luc 24:52, puisqu’ils savaient que Jésus reviendrait.

Le retour du Seigneur, annoncé par les anges, n’est pas sa venue que nous attendons aujourd’hui pour ressusciter les morts et transmuer les vivants. Il s’agit de son apparition glorieuse dont les prophètes ont parlé. C’est de la montagne des Oliviers que Jésus est monté au ciel, et nous lisons en Zacharie 14:4 : « Ses pieds se tiendront, en ce jour-là, sur la montagne des Oliviers, qui est en face de Jérusalem, vers l’orient... ». Il s’y tiendra aussi pour délivrer le résidu pieux et Jérusalem tombée entre les mains des nations. Tous ceux qui leur auront fait la guerre seront détruits et le Seigneur établira son règne de paix et de justice, non seulement pour Israël, comme les disciples le pensaient, mais sur toutes les nations. Le temps qui s’écoule entre l’ascension et le retour du Seigneur est nécessaire pour que l’évangile de la grâce soit annoncé au monde en vue de former l’Église, l’Épouse du Roi, qui apparaîtra avec lui en gloire. C’est pourquoi il la prendra auprès de lui, en même temps qu’il ressuscitera tous les saints endormis, avant de venir pour régner : « Si nous croyons que Jésus mourut et qu’il est ressuscité, de même aussi, avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus » (1 Thess. 4:14). Il les amènera glorifiés, sans qu’il en manque aucun : « Et l’Éternel, mon Dieu, viendra, et tous les saints avec toi » (Zach. 14:5).

Après avoir reçu le message des anges, les disciples retournèrent à Jérusalem, dans la chambre haute où demeuraient les onze apôtres dont les noms sont donnés au v. 13. Là ils « persévéraient d’un commun accord dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères » (v. 14). La chambre haute est souvent mentionnée. C’est là, dans ce lieu retiré, en dehors du monde et de son agitation, dégagés de son influence, que les disciples pouvaient librement faire monter à Dieu leurs prières. Aujourd’hui nous avons aussi le privilège de nous réunir, pour chercher la présence du Seigneur, dans un lieu qui correspond à la chambre haute, hors du monde agité et de toutes ses formes religieuses. Là le Seigneur a promis sa présence, là où deux ou trois sont assemblés en son nom. Nous trouvons encore la chambre haute dans les Actes, au chap. 9:37 et 20:8. En réalité cette pièce était située au haut des maisons en Orient, et même bâtie sur les toits qui, dans ces pays, sont plats. Mais c’est la situation figurée de cette chambre qui est significative pour nous. C’est dans la chambre haute qu’Élisée, après avoir fermé la porte sur lui seul, supplia l’Éternel pour la résurrection du fils de la Sunamite (2 Rois 4). Pierre veut aussi être seul pour prier, lors de la résurrection de Dorcas (Actes 9:40). Le Seigneur lui-même rechercha cet isolement pour ressusciter la fille de Jaïrus (Luc 8:54). Cette chambre était tout indiquée aux disciples pour y habiter et persévérer dans la prière, car ils sentaient leur isolement au milieu de la ville coupable, meurtrière des prophètes et de son Roi. Ils se souvenaient des exhortations du Seigneur à la prière, en vue de son départ. Jean 14:13, 14 ; 15:7, 16 ; 16:23, 24, 26 ; c’était là leur unique ressource, celle du croyant dans tous les temps et toutes ses circonstances. C’est pourquoi la prière est si importante ; le Seigneur écoute celle des petits enfants comme celle des grandes personnes. La position des disciples était tout à fait spéciale. Selon la promesse du Seigneur, ils attendaient à Jérusalem la venue du Saint Esprit, en persévérant dans la prière avec les femmes, parmi lesquelles se trouvait la mère du Seigneur ; elle s’unissait de cœur aux prières des disciples. L’Esprit de Dieu a soin de mentionner ce fait pour montrer combien grande est l’erreur de ceux qui s’adressent à elle sous le titre de Vierge Marie, afin qu’elle intercède pour eux auprès de son Fils. Malgré le grand honneur qu’elle eut de communiquer l’humanité au Fils de Dieu, c’était par nature une pécheresse, sauvée par l’œuvre de la croix, dépendante de Dieu, comme une autre disciple. Les frères de Jésus étaient devenus croyants depuis qu’il était dit d’eux qu’ils « ne croyaient pas en lui » (Jean 7:5).

 

2.4   Ch. 1 v. 15-26 — Remplacement de Judas

Pendant les jours qui s’écoulèrent entre l’ascension du Seigneur et la descente du Saint Esprit, Pierre se leva au milieu des disciples, réunis au nombre d’environ cent vingt, et leur démontra que ce qui était arrivé à Judas marquait l’accomplissement des Écritures, comme l’Esprit Saint l’avait annoncé par la bouche de David. Il rappelle que l’argent rapporté par Judas aux chefs des Juifs, lorsqu’il vit Jésus condamné, avait servi à acheter le champ sur lequel le traître s’était ôté la vie et appelé Aceldama ou champ du sang. Il cite un passage du Psaume 69:25, relatif à ce lieu-là : « Que sa demeure soit déserte, et qu’il n’y ait personne qui y habite » et un autre (Psaume 109:8) indiquant que Judas devait être remplacé : « Qu’un autre prenne sa charge de surveillant ».  Avec l’autorité de cette écriture, Pierre dit : « Il faut donc que d’entre les hommes qui se sont rassemblés avec nous pendant tout le temps que le Seigneur Jésus entrait et sortait au milieu de nous, en commençant depuis le baptême de Jean, jusqu’au jour auquel il a été élevé au ciel d’avec nous, quelqu’un d’entre eux soit témoin avec nous de sa résurrection » (v. 21, 22). Nous voyons de nouveau l’importance de la résurrection dans le témoignage que les apôtres avaient à rendre du Seigneur. Remarquons aussi, dans ce discours de Pierre, que c’est la Parole écrite qui dirige les croyants. Le Seigneur avait ouvert l’intelligence des disciples pour qu’ils comprissent les Écritures (Luc 24:45), en sorte qu’ils n’avaient pas besoin d’une autre direction pour remplacer Judas. Aujourd’hui la révélation de Dieu, tout à fait complète, contient tout ce qui est nécessaire au croyant pour le guider dans sa marche et l’instruire à tous égards. Tout enseignement qui n’est pas en accord avec les Écritures ou qui provient d’une autre source, de prétendues révélations de l’Esprit ou des esprits, est faux. L’Esprit de Dieu dirige au moyen de la Parole écrite.

Les apôtres mirent deux disciples sur les rangs, « Joseph, appelé Barsabbas, qui était surnommé Juste, et Matthias. Et priant, ils dirent : Toi, Seigneur, qui connais les cœurs de tous, montre lequel de ces deux tu as choisi, afin qu’il reçoive en partage ce service et cet apostolat, duquel Judas est déchu pour s’en aller en son propre lieu » (v. 24, 25). Il importait d’avoir la direction de Dieu pour choisir cet apôtre. On voit le Seigneur passer la nuit en prières avant d’appeler ses disciples (Luc 6:12-16). Les apôtres, dès le début, font usage de la Parole et de la prière, ces précieuses ressources encore à notre disposition jusqu’à la venue du Seigneur. Si nous en faisons usage, nous serons gardés d’agir d’après notre propre volonté et de tout ce que Satan emploie pour nous nuire et nous empêcher d’honorer le Seigneur par une marche d’obéissance.

Les apôtres jetèrent le sort sur ces deux disciples et le Seigneur le fit tomber sur Matthias. Peut-être auraient-ils choisi Joseph, puisqu’ils le nomment en premier lieu.

Nous n’avons plus besoin d’employer le sort, coutume juive, parce que la Parole de Dieu est complète et que le Saint Esprit dirige le croyant avec intelligence pour qu’il se conforme aux Écritures et en faisant usage de la prière.

 

3                        Chapitre 2

3.1   Ch. 2 v. 1-4 — La venue du Saint Esprit

Les disciples demeuraient à Jérusalem selon l’ordre du Seigneur, en attendant la venue du Saint Esprit promis. Le jour de la Pentecôte ils étaient tous ensemble en un même lieu. « Et il se fit tout à coup du ciel un son, comme d’un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu ; et elles se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint, et commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer » (v. 2-4). Cet événement est d’une importance capitale ; car il ne s’agit rien de moins que de la venue du ciel de la troisième personne de la Trinité pour demeurer sur la terre avec les croyants et en eux. Lorsque le Seigneur Jésus vint dans ce monde, seconde personne de la Trinité, il prit un corps, parce qu’il devait être un homme, l’homme des conseils de Dieu, pour accomplir l’œuvre de la rédemption. Le Saint Esprit, personne divine aussi, n’avait pas besoin d’un corps. Il descendit directement du ciel sur les disciples, rendus propres à le recevoir par l’œuvre de Christ à la croix. Comme le Seigneur le leur avait dit au chapitre précédent, il serait en eux la puissance dont ils auraient besoin pour leur activité comme ses témoins dans ce monde, où ils rencontreraient l’opposition de Satan agissant chez les Juifs, ennemis de Christ, et chez les gentils dans les ténèbres du paganisme. C’est par les disciples, absolument impuissants en eux-mêmes, que le Seigneur allait accomplir une grande œuvre sur la terre, grâce à la prédication de l’Évangile.

Le Seigneur Jésus, homme parfait, reçut aussi le Saint Esprit au début de son ministère : « Jésus qui était de Nazareth... Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance, lui qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien » (Actes 10:38). Sur lui, le Saint Esprit descendit sous la forme d’une colombe, symbole de la grâce, de la bonté, de la douceur qui ont caractérisé tout le ministère de Jésus, lui dont on n’entendrait pas la voix dans les rues et qui n’éteindrait pas le lumignon qui fume (voir Matt. 12:19, 20). Venant sur les disciples, il apparaît en langues divisées, comme de feu, emblème du jugement ; chez le Seigneur il n’y avait rien à juger et son ministère ne portait pas le caractère de jugement, bien au contraire, tandis que l’œuvre du Saint Esprit, au milieu d’un monde opposé à Dieu, jugerait tout ce qui n’était pas selon Dieu. C’est pourquoi un souffle impétueux se fit entendre, qui remplit toute la maison. Rien de semblable n’eut lieu lorsque le Saint Esprit descendit sur Jésus.

Une autre différence dans cet événement merveilleux, c’est que l’Esprit Saint vint sur les disciples « sous forme de langues », Dieu montrant ainsi qu’il les rendrait capables d’annoncer le message de la grâce dans tous les dialectes parlés alors. Le langage des hommes avait été différencié par jugement de Dieu, lorsqu’ils voulurent construire la tour de Babel ; maintenant l’Évangile pourra être porté à tous les peuples dans leur propre langage. Ainsi « la miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement » (Jacques 2:13).

Il est intéressant de remarquer un fait analogue, qui nous montre comment Dieu a veillé à ce que, dans tous les temps, l’Évangile parvienne à tous les hommes. Par la Réformation, Dieu remit en lumière sa Parole qui, durant des siècles, resta voilée dans les ténèbres du papisme et fut remplacée par les enseignements des hommes égarés par Satan. Mais il était difficile de se procurer des exemplaires de la Bible ; on ne l’avait qu’en manuscrits et dans les langues anciennes, inconnues au peuple. Dieu voulait qu’elle fût lue et mise à la portée de tous. Pour cela, il fit précéder la Réformation de la découverte de l’imprimerie. Dès lors, on traduisit la Bible et on l’imprima en langues connues de tous, ce qui en facilita la diffusion, malgré la violente opposition du clergé romain. Au siècle passé il se produisit un réveil général dans le protestantisme et l’évangélisation prit un nouvel essor. Dieu favorisa l’extension de l’Évangile dans le monde entier, non par une nouvelle Pentecôte, comme quelques-uns le prétendent, mais en facilitant la traduction de la Bible dans une quantité de langues. Actuellement elle est publiée en tout ou en partie, en plus de 1000 langues et idiomes dans les cinq continents. On voit comment Dieu a pourvu à tout pour que la bonne nouvelle du salut puisse être répandue dans le monde entier. C’est pourquoi la responsabilité de ceux qui n’en profitent pas est grande et les conséquences terribles.

Ce chapitre présente la venue du Saint Esprit au point de vue de la puissance et des capacités dont les disciples avaient besoin pour accomplir leur service. En même temps (nous l’apprenons par d’autres portions de la Parole) ils le recevaient individuellement comme Esprit d’adoption, par lequel ils avaient la conscience qu’ils étaient enfants de Dieu (Romains 8:14-17). C’est aussi par la venue de l’Esprit Saint que Dieu est venu habiter dans sa maison, composée de tous les croyants qui sont sur la terre. « Vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éphésiens 2:22). C’est encore à ce moment-là que les disciples furent baptisés ensemble d’un seul Esprit pour être un seul corps, le corps de Christ, dont lui est la tête glorifiée dans le ciel. « Nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres ; et nous avons tous été abreuvés pour l’unité d’un seul Esprit » (1 Cor. 12:13). En un mot, c’est par la descente du Saint Esprit que l’Église, ou l’Assemblée, a été formée sur la terre. Par le même Esprit le croyant devient capable de comprendre les Écritures. Il est les arrhes de l’héritage céleste, c’est-à-dire que, par lui, nous avons déjà une partie de ce que nous espérons. Dans la gloire toute sa puissance, sans entraves, nous fera jouir de toutes nos bénédictions en Christ. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le Saint Esprit, mais ceci suffit pour faire comprendre l’importance du merveilleux événement de la Pentecôte.

Ce même Esprit demeurera sur la terre tant que l’Église y sera. Nous n’avons donc pas besoin de demander une seconde venue du Saint Esprit, comme quelques-uns l’enseignent. Il suffit de marcher dans l’obéissance à la Parole de Dieu pour qu’il puisse accomplir son œuvre : celle d’occuper nos cœurs de la personne du Seigneur, et il l’accomplira dans sa plénitude lorsque nous serons tous arrivés dans la gloire.

L’Esprit vint du ciel à la Pentecôte, pour accomplir ce que cette fête typifiait. La Pâque, première des fêtes juives, avait eu son accomplissement à la mort de Christ. Après la Pâque (Lévitique 23), le sacrificateur présentait à l’Éternel, le lendemain du sabbat, une gerbe des prémices de la moisson. L’accomplissement de ce type eut lieu à la résurrection du Seigneur, premier fruit de la victoire qu’il venait de remporter sur la mort et la puissance de Satan et prémices de la grande moisson des rachetés. Cinquante jours après, avait lieu la fête de la Pentecôte, type du rassemblement des croyants, fruits de l’œuvre de Christ à la croix. Voilà pourquoi l’Esprit Saint vint sur les disciples ce jour-là.

Une fois l’œuvre de Christ accomplie, nous voyons que tout répond pleinement à ce que les types préfiguraient.

 

3.2   Ch. 2 v. 1-36 — Premiers effets du don des langues

La fête de la Pentecôte avait attiré à Jérusalem beaucoup de Juifs pieux qui habitaient dans les pays nommés aux versets 9 à 11. Dieu voulut les rendre témoins des résultats merveilleux de la venue du Saint Esprit. « Le bruit de ceci », est-il dit, « s’étant répandu, la multitude s’assembla, et fut confondue de ce que chacun les entendait parler dans son propre langage. Et ils étaient tous hors d’eux-mêmes, et s’étonnaient, disant : Voici, tous ceux-ci qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens ? Et comment les entendons-nous, chacun dans son propre langage, celui du pays dans lequel nous sommes nés ?... Nous les entendons annoncer dans nos langues les choses magnifiques de Dieu » (v. 6-12).

C’est la contrepartie de la confusion des langues qui eut lieu à la tour de Babel.

Après le déluge, les hommes voulurent se faire un nom, avoir une puissance qui empêchât leur dispersion sur la terre, contrairement à la pensée de Dieu qui avait dit à Noé et à ses fils : « Fructifiez et multipliez et remplissez la terre » (Genèse 9:1). Dieu les obligea à se disperser en confondant leur langage. Ceux qui parlaient la même langue se groupèrent et habitèrent dans un même lieu : ainsi se formèrent les nations. Bientôt elles s’adonnèrent à l’idolâtrie et, alors, Dieu appela Abraham à sortir de son pays et de sa parenté, en vue de se former un peuple qui gardât la connaissance du vrai Dieu. Dès lors les nations furent abandonnées à leurs propres convoitises. Le peuple d’Israël s’adonna à l’idolâtrie comme les gentils et subit la captivité. Un résidu revint sous Néhémie et Esdras, pour recevoir le Messie promis, qui fut rejeté et mis à mort. Dieu ayant épuisé tous les moyens de rendre les hommes heureux sur le pied de leur propre responsabilité et n’ayant obtenu que la révolte et le péché, il ne lui restait plus qu’à exécuter sur eux les jugements mérités. Alors il manifesta son amour en donnant son Fils, son unique, pour subir, sur la croix, le jugement à la place des coupables. La justice de Dieu contre le péché étant ainsi satisfaite, l’évangile de la grâce pouvait être proclamé à tous et en tous lieux.

Les disciples chargés d’annoncer ce message d’amour, en prêchant la repentance et la rémission des péchés « à toutes les nations, en commençant par Jérusalem » (Luc 24:47), étaient des Galiléens illettrés, qui ne connaissaient que leur langue. Mais comme les ressources étaient en Dieu seul pour sauver les pécheurs, elles se trouvaient aussi en lui seul pour leur faire connaître ce grand salut. Il envoya, du ciel, l’Esprit Saint pour rendre ses faibles serviteurs capables de proclamer l’Évangile à tous les peuples dans leur propre langage. Ainsi, le jour même de la Pentecôte, ces Juifs, nés dans ces divers pays, les entendirent annoncer, dans leurs langues, « les choses magnifiques de Dieu », le message d’un Dieu qui n’exige rien du pécheur, qui lui offre, au contraire gratuitement, la rémission des péchés, un salut éternel. Quelles choses magnifiques sortent du trésor infini de l’amour de Dieu, manifesté dans la personne et l’œuvre de son Fils bien-aimé, grand sujet de l’Évangile ! Il y avait de quoi mettre ces gens « hors d’eux-mêmes et en perplexité, disant l’un à l’autre : Que veut dire ceci ? » (v. 12). Mais l’opposition du cœur naturel, insensible à la grâce, se manifeste aussitôt. « D’autres, se moquant, disaient : Ils sont pleins de vin doux ». C’est au travers de la haine et de la dureté du cœur de l’homme influencé par Satan que la puissance de l’Esprit Saint, agissant chez les disciples, se frayera un chemin pour porter au monde entier la grâce merveilleuse de Dieu en commençant par Jérusalem, la ville la plus coupable qui eût jamais existé.

En attendant le Saint Esprit est venu sur les croyants, comme il viendra sur le résidu à venir, parce qu’ils se sont repentis et ont reçu le Seigneur. À ceux qui disaient : « Que ferons-nous, frères ? » Pierre répondit (v. 38) : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit ». Dès lors tous ceux qui se sont repentis en croyant au Seigneur Jésus, ont reçu le Saint Esprit. Mais la prophétie de Joël ne s’accomplira pour les Juifs qu’après l’enlèvement de l’Église et avant que vienne le grand jour des jugements sur les ennemis du peuple et de Christ : « Vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes hommes verront des visions, et vos vieillards songeront en songes ; et sur mes serviteurs et sur mes servantes, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit, et ils prophétiseront ; et je montrerai des prodiges dans le ciel en haut, et des signes sur la terre en bas, du sang et du feu, et une vapeur de fumée ; le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne la grande et éclatante journée du Seigneur. Et il arrivera que quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (v. 17-21). En attendant ce jour-là, le Saint Esprit donne aux disciples la capacité de rendre témoignage au Seigneur Jésus glorifié en annonçant l’Évangile en tous lieux, et il demeurera dans l’Église jusqu’à la venue du Seigneur.

Soit maintenant, au temps de la grâce, soit dans celui qui précédera la grande et éclatante journée du Seigneur, « quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé ». C’est le grand sujet de l’Évangile, le seul moyen d’avoir part aux bénédictions présentes et futures, puisque du côté de l’homme, il n’y a aucune ressource.

Le discours de Pierre se divise en plusieurs parties. Jusqu’ici il a réfuté l’absurde accusation des Juifs en établissant, par la Parole, que ce qu’ils prenaient pour les effets du vin, marque l’accomplissement d’une prophétie de Joël. Dans ce qui suit, jusqu’au v. 36, Pierre parle aux Juifs de Jésus qu’ils ont fait mourir, mais que Dieu a ressuscité et fait asseoir à sa droite ; le Saint Esprit a produit les effets dont ils étaient témoins. « Hommes Israélites », leur dit-il, « écoutez ces paroles : Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez, ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu, — lui, vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques » (v. 22, 23). L’apôtre rappelle ici trois grands faits relatifs au Seigneur.

1° Il était « un homme approuvé de Dieu ». Pierre ne craint pas de nuire à la gloire de sa personne en l’appelant Jésus le Nazaréen, un homme, comme tous le virent au cours de son ministère ici-bas. Cet homme était approuvé de Dieu, qui accomplit, par lui, toute l’œuvre merveilleuse dont ils furent les témoins.

2° « Il a été livré par le conseil défini et la préconnaissance de Dieu ». C’est le côté de Dieu dans l’œuvre que le Seigneur a accomplie sur la croix. Il mourut selon les conseils divins. Si Dieu voulait sauver des pécheurs et remporter la victoire sur toute l’œuvre du diable, il fallait que son Bien-aimé, devenu homme, fût livré.

3° Les hommes sont coupables de l’avoir cloué à une croix. Le fait que le Seigneur ne pouvait mourir, s’il ne se livrait lui-même pour accomplir les conseils de Dieu, n’enlève rien à la culpabilité des hommes. Ils le haïssaient et ne pouvaient le supporter plus longtemps au milieu d’eux ; ils le firent mourir volontairement.

Mais s’ils donnèrent libre cours à leur haine, Dieu intervient pour ressusciter le Seigneur d’entre les morts. Pierre continue en disant : « Lequel Dieu a ressuscité, ayant délié les douleurs de la mort, puisqu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle » (v. 24). La mort fut obligée, pour ainsi dire, de laisser sortir le Seigneur. Il y était entré par grâce, pour ouvrir au pécheur repentant le passage au travers de cette terrible conséquence du péché. Il n’avait rien fait qui méritât la mort ; c’est pour nous en délivrer qu’il y est entré ; elle n’avait aucun pouvoir sur lui. Par la résurrection Dieu montra aussi combien il était pleinement satisfait et glorifié par l’œuvre de Jésus.

Pierre cite ensuite les v. 8 à 11 du Psaume 16 qui expriment la confiance du Seigneur, homme ici-bas, en face de la mort : il savait que son Dieu ne le laisserait pas dans le tombeau, c’est-à-dire dans l’état où l’âme est séparée du corps

« Car David dit de lui : « Je contemplais toujours le Seigneur devant moi ; car il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé. C’est pourquoi mon cœur s’est réjoui, et ma langue a tressailli de joie ; et plus encore, ma chair aussi reposera en espérance ; car tu ne laisseras pas mon âme en hadès, et tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption. Tu m’as fait connaître les chemins de la vie, tu me rempliras de joie par le regard de ta face ».  L’apôtre se sert des textes familiers aux Juifs, pour leur prouver que Jésus était bien celui dont David avait parlé dans les Psaumes. Dieu avait promis à David qu’il susciterait, après lui, un de ses fils dont le trône serait établi pour toujours (voir 1 Chroniques 17:11-14). Ce fils est Jésus, né selon la chair, de Marie qui appartenait à la famille de David. Lorsque les mages d’Orient vinrent lui rendre hommage, parce qu’ils avaient appris la naissance du roi des Juifs, les principaux sacrificateurs surent très bien dire à Hérode que le Christ devait naître à Bethléhem, selon une prophétie de Michée. Au lieu de se réjouir, ils cherchèrent à mettre à mort le petit enfant et consommèrent leur désir à la croix. Mais le rejet de Christ n’annulait pas les promesses faites à son sujet, car ce roi était non seulement le fils de David, mais aussi le fils de Dieu ; il devait ressusciter. David, comme prophète, a parlé de sa résurrection dans le Psaume 16, dont Pierre donne l’explication dans les v. 29-31, en ajoutant : « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins. Ayant donc été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père l’Esprit Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez » (v. 32, 33). Ainsi, ces malheureux Juifs avaient devant eux, par les effets de la puissance du Saint Esprit, les preuves de la résurrection de Jésus. Puisque Dieu l’avait exalté par sa droite, sa puissance, il était bien le Christ qu’ils avaient mis à mort. Pierre cite encore une parole de David au Psaume 110:1 : « Le Seigneur a dit à mon seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds ».  En disant cela, le Seigneur, ou l’Éternel, ne parlait pas de David dont le tombeau était toujours à Jérusalem, contenant sa dépouille ; donc David n’était pas monté au ciel ; il n’est pas encore ressuscité. Il parlait évidemment du Christ. Aussi Pierre conclut en disant : « Que toute la maison d’Israël sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié » (v. 36). Terrible démonstration de la gravité de leur culpabilité ! Quel contraste, comme nous l’avons souvent remarqué, entre l’appréciation des hommes et celle de Dieu, au sujet de son Fils, comme à l’égard de toutes choses ! Les hommes mettent à mort Jésus, Dieu le ressuscite et le glorifie en l’établissant Seigneur de tout.

 

3.3   Ch. 2 v. 37-41 — Résultats du discours de Pierre

La grâce de Dieu se servit de la prédication de Pierre pour agir sur la conscience d’un grand nombre de ses auditeurs ; leur cœur fut saisi de componction, quand ils comprirent de quelle manière outrageante ils avaient offensé Dieu en crucifiant celui qu’il a fait Seigneur et Christ. Ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : « Que ferons-nous, frères ? Et Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé... et vous recevrez le don du Saint Esprit : car à vous est la promesse et à vos enfants, et à tous ceux qui sont loin, autant que le Seigneur notre Dieu en appellera à lui. Et par plusieurs autres paroles, il conjurait et exhortait, disant : Sauvez-vous de cette génération perverse » (v. 38-40). Une fois la conscience réveillée au sujet de la culpabilité, la première chose à faire consiste à se repentir. La repentance n’est pas seulement le regret d’avoir mal fait, comme on le pense souvent ; elle veut un retour sur soi et sur sa manière d’agir. Par exemple, on entend un homme très satisfait de lui-même qui dit : « Je n’ai fait de mal à personne ; je n’ai ni tué, ni volé ». Mais, quelque temps après, il ajoute : « Je suis un misérable pécheur, je n’ai mérité que le jugement ; je suis perdu ». Il s’est repenti ; il ne regrette pas seulement ce qu’il a fait, mais il porte sur lui-même un jugement absolument opposé à celui qu’il portait auparavant. À cet homme-là, on peut annoncer l’Évangile, lui dire que le sang de Jésus Christ purifie de tout péché. La prédication de Pierre avait produit chez un grand nombre la profonde douleur d’avoir offensé Dieu en mettant à mort son Fils. Que faire maintenant pour se soustraire aux conséquences inévitables d’un si grave péché ? Premièrement, se repentir, reconnaître sincèrement devant Dieu que la voie qu’ils avaient suivie était mauvaise, changer complètement de pensée à leur égard et à l’égard de celui qu’ils avaient rejeté. Puisqu’ils s’étaient repentis, ils devaient passer par le baptême, reconnaître dans la mort de Christ le seul moyen d’obtenir la rémission des péchés ; par le baptême, figure de cette mort, ils entraient dans le nouvel état de choses chrétien qui remplaçait Israël comme témoignage de Dieu sur la terre. Une fois là, ils recevraient le don du Saint Esprit, promis par Dieu, dans l’Ancien Testament et appelé « la promesse », qui appartenait au peuple terrestre de Dieu, à leurs enfants et aussi à tous ceux que le Seigneur appellerait à lui en dehors d’Israël. C’est ce qui eut lieu lorsque le Saint Esprit tomba sur Corneille et les siens qui étaient des gentils (chap. 10). En Ésaïe 57:19, nous lisons : « Paix, paix à celui qui est loin, et à celui qui est près ! dit l’Éternel ; et je le guérirai ». Nous qui n’étions pas Juifs, sommes du nombre de ceux qui étaient loin, loin d’Israël et par conséquent loin de Dieu, mais appelés par lui pour nous faire grâce. « Ceux donc qui reçurent sa parole, furent baptisés ; et en ce jour-là furent ajoutées environ trois mille âmes » (v. 41). Merveilleux résultat de cette première prédication de l’Évangile ! Ce nombre fut ajouté à celui des disciples réunis après l’ascension du Seigneur et dont le nombre s’élevait à environ cent vingt. Ils formaient l’Église, ou Assemblée, témoignage de Dieu sur la terre, habitation de Dieu par l’Esprit. Il ne pouvait habiter au milieu des Juifs, puisqu’ils l’avaient rejeté dans la personne de son Fils.

 

3.4   Ch. 2 v. 42-47 — Heureux débuts de l’Église

Aux versets 42 à 47, nous voyons ce qui caractérisait cette Assemblée de croyants dans toute la fraîcheur de leur début et où le Saint Esprit agissait avec puissance. Rien ne l’attristait, comme c’est le cas aujourd’hui à cause du triste état de l’Église qui a bientôt abandonné son premier amour (Apocalypse 2:4). Il est dit qu’ils « persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières ». Après avoir reçu la vérité, il faut y persévérer, car en dehors, tout est en œuvre pour nous en détourner. Malgré la ruine actuelle, nous pouvons réaliser toutes les précieuses vérités contenues dans ce passage ; choses qui demeurent et dont la foi s’empare dans tous les temps. Quand on les a reçues, on doit y persévérer et ne pas écouter toutes les voix qui se font entendre, pour détourner de la bénédiction qui découle de l’obéissance à la Parole. Les apôtres communiquent alors leur doctrine oralement ; aujourd’hui nous la possédons en entier dans la Parole de Dieu, à laquelle nous devons une entière soumission, afin de ne pas faire valoir nos propres pensées et nos opinions. Soumis à la Parole, nous réaliserons la communion des apôtres et la communion les uns avec les autres. Avoir communion, c’est avoir une même part en commun. Tous avaient communion avec les apôtres dans les choses qu’ils présentaient. L’apôtre Jean dit : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi vous ayez communion avec nous : or notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1 Jean 1:3). Rien n’est plus grand et précieux, en attendant la gloire, que d’avoir des choses en commun avec le Père, avec le Fils, et les uns avec les autres, puisque nous possédons la même vie.

Ils persévéraient aussi dans la fraction du pain et les prières, ce que nous avons le grand privilège de faire encore maintenant. De bonne heure, les chrétiens cessèrent de persévérer dans la fraction du pain. Au lieu de le faire chaque premier jour de la semaine, comme la Parole nous l’enseigne, ils le firent à de longs intervalles, et beaucoup de croyants ne le font jamais, refusant ainsi le mémorial du Seigneur mort pour ôter nos péchés. L’ennemi fait de grands efforts pour priver nombre d’enfants de Dieu de ce grand privilège.

Il faut aussi une grande énergie pour persévérer dans la prière, soit individuellement, soit en famille, soit dans l’Assemblée. Satan sait que le croyant sera affaibli spirituellement s’il ne persévère pas dans la lecture de la Parole et dans la prière ; ses efforts tendent à le priver de cette source de puissance et de joie. Persévérer dans la doctrine, ce n’est pas seulement s’occuper de la Parole qui renferme la doctrine des apôtres, c’est mettre en pratique ce qu’elle enseigne quant à l’Assemblée aussi bien qu’individuellement.

Si tant de choses ont changé dans l’Église au cours des siècles écoulés depuis sa formation, cela ne vient que de l’infidélité de l’homme. Mais ce qui est de Dieu est resté intact dès le commencement et ne peut changer. Sa Parole, son Esprit, demeurent avec nous. La même Parole enseignait les saints au commencement ; le même Esprit les occupait du Seigneur. Dieu ne change pas, le Seigneur non plus. Nous pouvons user librement de la prière ; ce moyen béni par lequel nous plaçons tous nos besoins devant Dieu, le faisant intervenir en toute circonstance pour recevoir la sagesse, l’intelligence, la force nécessaire pour le servir fidèlement et l’honorer dans toute notre vie. Dieu écoute le plus jeune enfant comme le chrétien le plus avancé.

En présence de tous les effets merveilleux de la puissance de l’Esprit Saint, « toute âme avait de la crainte ».  Cette crainte, quoique dans une plus faible mesure, peut encore se produire chez les témoins de la marche fidèle d’un croyant, car le monde remarque une manifestation quelconque de la vie divine, quoiqu’il ne veuille pas toujours en convenir.

« Beaucoup de prodiges et de miracles se faisaient par les apôtres ». Nous n’avons plus les apôtres pour faire des miracles, nécessaires pour l’établissement du christianisme, mais qui ne nourrissaient pas, ni n’édifiaient les assemblées. Ils s’adressaient aux gens du dehors ; ils accompagnaient la prédication de la Parole, frappaient le monde d’étonnement ; mais par eux-mêmes ne communiquaient la vie à personne. Toute l’œuvre de Dieu chez les inconvertis, chez les croyants et dans l’Assemblée, se fait au moyen de la Parole de Dieu, appliquée par le Saint Esprit. Le christianisme existe depuis dix-neuf siècles. Les miracles, destinés à son établissement au milieu de Juifs hostiles et de païens superstitieux, n’ont donc plus leur raison d’être. Il est vrai que Dieu travaille pour sauver des pécheurs au milieu de nations qui professent le christianisme, mais sa Parole suffit. « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10:17). L’homme riche dans les tourments (Luc 16) aurait voulu qu’un miracle s’accomplît pour que ses frères ne vinssent pas dans le lieu où il était. Mais il lui est répondu : « Ils ont Moïse et les prophètes — savoir les Écritures — qu’ils les écoutent... S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts ». Le Seigneur prouve par cela que la Parole de Dieu seule opère le salut dans les cœurs. La puissance miraculeuse, que l’on réclame tant dans certains milieux, n’est absolument pas nécessaire, ni pour convertir, ni pour édifier les croyants. Tout ce qu’il faut pour opérer de la part de Dieu est demeuré intact dès le commencement, comme nous l’avons vu au v. 42. Le croyant n’a qu’à persévérer dans la vérité, à obéir à la Parole de Dieu. Il ne sert à rien de dire que Dieu peut toujours faire des miracles quand il le trouve à propos ; mais c’est tout autre chose que la prétention d’en faire dans le triste état où se trouve la chrétienté.

Les versets 44 et 45 nous décrivent les effets merveilleux de la vie divine dans sa fraîcheur première : « Tous les croyants étaient en un même lieu, et ils avaient toutes choses communes ; et ils vendaient leurs possessions et leurs biens, et les distribuaient à tous, selon que quelqu’un pouvait en avoir besoin ». La vie éternelle, vie divine et céleste, manifestait nettement ses caractères propres.

Premièrement, c’est l’amour actif, qui se montre par le besoin de se trouver ensemble : « Tous les croyants étaient en un même lieu ». Ce besoin se fait sentir encore aujourd’hui partout où la vie de Dieu est quelque peu libre et active. Dieu est amour et veut rassembler un jour tous ses rachetés autour du Seigneur dans la gloire. Ceux qui possèdent la vie divine désirent donc naturellement se rassembler déjà ici-bas, mais ne sauraient se rencontrer tous en un même lieu, puisque, par la grâce de Dieu, il y a des rachetés dans le monde entier. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom », dit le Seigneur, « je suis là au milieu d’eux ». Là ils jouissent de sa présence et peuvent s’entretenir de leurs bénédictions en attendant son retour pour les rassembler tous autour de lui dans la maison du Père.

Ensuite ces premiers chrétiens avaient compris que leurs biens étaient célestes et que le Seigneur allait venir ; aussi mettaient-ils leurs biens matériels au service de l’amour ; ils n’avaient de valeur que pour subvenir aux besoins des frères nécessiteux. Ceux qui en possédaient les vendaient. Actuellement on ne peut agir de même ; mais lorsque la vie divine agit, elle s’affiche avec les mêmes caractères. Les croyants dont le cœur est rempli de l’amour de Dieu et qui apprécient à leur valeur leurs bénédictions spirituelles, savent se servir de leurs biens matériels pour aider à leurs frères nécessiteux et pour servir les intérêts du Seigneur. Ils ne les vendent pas, mais les considèrent comme la propriété du Seigneur, dont ils sont les administrateurs.

Cette manière d’agir selon la pensée de Dieu est loin de ressembler au communisme dont on parle tant maintenant et qui exige de ceux qui possèdent des biens qu’ils les partagent. C’est l’amour de Dieu actif dans le cœur qui fait penser aux autres, et non à soi-même ; il n’exige rien de personne, mais trouve son bonheur à faire le bien. L’amour donne et ne demande rien.

« Et tous les jours ils persévéraient d’un commun accord dans le temple ; et, rompant le pain dans leurs maisons, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et ayant la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait tous les jours à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés » (v. 46, 47). Ces chrétiens juifs reconnaissaient encore le temple comme la maison de l’Éternel et le considéraient avec tous les sentiments religieux dus à cet édifice. Mais pour rompre le pain, ils se retiraient dans leurs maisons, à part du peuple et du temple, car ils ne pouvaient se souvenir là du Seigneur mort, rejeté par le peuple et les chefs religieux. L’acte de rompre le pain appartenait au nouvel ordre de choses, à l’assemblée, dont ils faisaient partie, et ne pouvait se mélanger au judaïsme. Plus tard les croyants juifs apprirent à rompre entièrement avec tout ce qui constituait le culte lévitique.

Ces croyants prenaient aussi leur nourriture avec joie et simplicité de cœur et louaient Dieu. Ils excluaient de leur vie tout avantage charnel. Ils ne trouvaient pas davantage leur plaisir dans la bonne chère que dans la possession de leurs biens matériels. L’amour, la joie, la louange caractérisaient leur existence ; ils jouissaient de la faveur de tout le peuple, témoin de cette vie merveilleuse.

Il est dit que le Seigneur « ajoutait tous les jours à l’Assemblée ceux qui devaient être sauvés ». Pourquoi n’est-il pas dit : tous ceux qui étaient sauvés ? Ce passage parle de ceux qui sont sauvés des jugements qui allaient tomber sur la nation juive pour avoir crucifié son Roi. Dans l’Assemblée, nouveau témoignage de Dieu au milieu des hommes, les croyants se trouvaient en sécurité. Aujourd’hui, nous savons que les jugements atteindront la chrétienté et le monde entier. Comme autrefois, le Seigneur ajoute à l’Assemblée ceux qui doivent en être épargnés, non pas grâce à la protection du monde, mais parce qu’ils seront ravis à la rencontre du Seigneur en l’air, pour être avec lui. Nous avons été tournés « des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (1 Thess. 1:9, 10).

Que le Seigneur donne à tous, jeunes et vieux, de mettre à profit les enseignements de ce merveilleux chapitre. Soyons fidèles en attendant qu’il vienne chercher tous les siens ! Alors nous serons tous ensemble dans un même lieu, la maison du Père ; là le bonheur de tous sera parfait et surtout le sien. Nous le verrons face à face ; nous n’aurons plus besoin de nous souvenir de lui par la fraction du pain. La vie divine, que nous possédons déjà ici-bas se déploiera en plein ; nous devons la montrer à ceux qui nous entourent.

Tous mes lecteurs ont-ils cette vie ? Le Seigneur vient ! Que tous ceux qui ne la possèdent pas s’empressent non pas de la rechercher, mais de l’accepter : elle est offerte à tous gratuitement. « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3:36). Pour celui qui croit et qui doute s’il la possède, le même apôtre dit : « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu (l Jean 5:13).

 

4                        Chapitre 3

4.1   Ch. 3 v. 1-11 — Guérison d’un infirme

Pierre et Jean montaient au temple à l’heure de la prière, la neuvième de la journée (soit 15 heures chez nous). Les disciples juifs reconnaissaient encore le temple comme la maison de Dieu, une maison de prières, ainsi que le Seigneur le rappelle en Luc 19:46, jusqu’à ce qu’ils eussent compris toute la vérité concernant l’Église (ou Assemblée) dont on a vu la formation au chapitre précédent. Elle remplaçait Israël comme témoignage de Dieu sur la terre. Plus tard, le Seigneur leur enseigna à quitter Jérusalem et le temple, avant leur destruction par les Romains. Comme Pierre et Jean arrivaient, on portait au temple un homme, boiteux dès sa naissance, que l’on plaçait à la porte du temple, dite la Belle, pour y mendier. Au moment où les apôtres allaient entrer, cet infirme leur adressa sa demande. « Et Pierre ayant, avec Jean, arrêté ses yeux sur lui, dit : Regarde-nous. Et il les regardait attentivement, s’attendant à recevoir quelque chose d’eux. Mais Pierre dit : Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne : Au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. Et l’ayant pris par la main droite, il le leva ; et à l’instant les plantes et les chevilles de ses pieds devinrent fermes ; et faisant un saut, il se tint debout et marcha ; et il entra avec eux au temple, marchant, et sautant, et louant Dieu » (v. 4-8). Cette guérison rendait un témoignage public à la valeur et à la puissance du nom de Jésus Christ le Nazaréen, devant ceux qui l’avaient méprisé durant sa vie ici-bas, en le traitant de Nazaréen, l’avaient rejeté et mis à mort. Au milieu du peuple, Jésus avait accompli de grands miracles qui auraient dû convaincre les Juifs qu’il était réellement le Messie promis. Maintenant que Dieu l’a ressuscité et glorifié, et fait Seigneur et Christ, comme Pierre le dit au v. 36 du chapitre précédent, son nom a la même puissance au moyen des apôtres qui en sont simplement le canal. Tous les témoins de ce miracle étaient remplis d’étonnement.

Avec cette guérison, nous voyons se produire les mêmes effets que ceux de la conversion. Ce qui caractérisait cet homme, c’était la pauvreté et l’incapacité de marcher. Il était assis et mendiait. Après sa guérison, il marchait, sautait et louait Dieu. Son cœur était plein de reconnaissance envers le Seigneur qui l’avait si merveilleusement délivré. Dans son état naturel, tout homme ressemble moralement à cet infirme, sans ressources et incapable de suivre la pensée de Dieu. Mais par la puissance du nom de Jésus, toujours à la disposition de la foi, il peut marcher d’une manière qui glorifie Dieu, le cœur rempli de reconnaissance, de louanges et d’adoration. Si nous sommes au nombre de ceux qui possèdent le salut, n’oublions pas, qu’en effet, c’est pour marcher d’une manière digne de Dieu et pour le louer dès ici-bas, que Dieu nous a délivrés du triste état dans lequel le péché nous avait tous plongés.

« Et comme il tenait par la main Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux au portique appelé de Salomon » (v. 11). Si ce peuple avait pu demeurer dans ces sentiments d’admiration, et se repentir en reconnaissant dans ce miracle la puissance et la grâce de celui qu’ils avaient crucifié, quelles bénédictions il en aurait reçues ! Hélas ! nous verrons, déjà dans ce chapitre, qu’il n’en fut rien, et qu’il persévéra dans son refus de croire en Jésus et de le recevoir.

 

4.2   Ch. 3 v. 11-16 — Témoignage de Pierre au peuple

Profitant de la présence de la foule attirée par le miracle accompli, Pierre annonça devant tous comment la guérison s’était opérée et les invita à croire en celui qu’ils avaient crucifié, afin qu’ils reçussent les bénédictions promises par les prophètes.

« Et Pierre, voyant cela, répondit au peuple : Hommes israélites, pourquoi vous étonnez-vous de ceci ? Ou pourquoi avez-vous les yeux fixés sur nous, comme si nous avions fait marcher cet homme par notre propre puissance ou par notre piété ? » (v. 12). Le monde cherche toujours à attribuer à l’homme ce qui lui donne du renom et l’homme vise à s’attribuer ce qui revient à Dieu. Mais les apôtres se savaient les simples instruments de la puissance du Seigneur. Un instrument n’a de valeur que s’il se laisse manier par celui qui l’emploie. Pour Pierre et Jean, il n’y avait rien d’étonnant à ce miracle ; ils connaissaient la puissance de celui en qui ils avaient cru et que Dieu avait glorifié, toujours le même. C’est ce que Pierre va leur dire : « Le Dieu d’Abraham et d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous, vous avez livré, et que vous avez renié devant Pilate, lorsqu’il avait décidé de le relâcher. Mais vous, vous avez renié le saint et le juste, et vous avez demandé qu’on vous accordât un meurtrier ; et vous avez mis à mort le prince de la vie, lequel Dieu a ressuscité d’entre les morts, ce dont nous, nous sommes témoins » (v. 13-15). Le Dieu de leurs pères avait fait des promesses et il avait envoyé Jésus pour les accomplir ; mais eux l’avaient mis à mort. Tout était-il perdu pour cela ? Absolument pas. Dieu accomplirait ce qu’il avait promis au moyen de son Fils, sur qui reposaient toutes ses pensées. Aussi Dieu l’a ressuscité et glorifié ; les apôtres en étaient témoins ; il l’a fait asseoir à sa droite, jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour le marchepied de ses pieds (Ps. 110:1). Quoique rejeté par son peuple, rien ne pouvait empêcher la manifestation de la puissance de ce Jésus glorifié, sauf l’incrédulité des Juifs qui les prive, pour un temps, de toutes les bénédictions à eux destinées. De même aujourd’hui les résultats glorieux et éternels de la venue du Seigneur en grâce dans ce monde s’adressent à chacun et tous ceux qui croient se les approprient ; seule l’incrédulité de ceux qui repoussent le message de la grâce les en prive.

Pierre place devant les Juifs quatre grands chefs d’accusation qui font ressortir leur terrible culpabilité au sujet du rejet de Jésus. 1° Ils l’ont livré. 2° Ils l’ont renié devant Ponce Pilate, alors que celui-ci voulait le relâcher. 3° Ils lui ont préféré un meurtrier. 4° Ils l’ont mis à mort. Appelé le saint et le juste, le Seigneur était reconnu pour être tel ; mais dans leur haine, ils lui préfèrent un meurtrier. Lui, le prince de la vie, ils le mirent à mort ; mais Dieu le ressuscita, ce dont les disciples étaient témoins. Il est impossible de trouver une contradiction plus grande dans l’histoire de l’humanité, ainsi qu’une pareille culpabilité. Ces faits inouïs montrent l’abîme moral qui sépare l’homme de Dieu, son incapacité de juger de toutes choses selon Dieu. La présentation de son Fils l’a prouvé. Mais cette constatation si humiliante pour l’homme fait ressortir la grâce de Dieu qui, après une pareille expérience, lui offre son pardon et le bonheur éternel.

Pierre continue en disant : « Et, par la foi en son nom, son nom a raffermi cet homme que vous voyez et que vous connaissez ; et la foi qui est par lui a donné à celui-ci cette entière disposition de tous ses membres, en la présence de vous tous » (v. 16). Le nom est l’expression de la personne ; c’est ce nom-là, le Seigneur lui-même, mis à mort par les Juifs et ressuscité par Dieu, qui a accompli ce miracle. Il suffit d’avoir la foi pour profiter de sa puissance. La preuve, incontestable, était sous les yeux de tous ; qu’en feront-ils ? Nous le voyons au chap. 4:16, 17.

 

4.3   Ch. 3 v. 17-26 — Pierre appelle le peuple à la repentance

Ce que Pierre présente dans la suite de son discours avait une importance capitale pour le peuple. De son acceptation ou de son refus dépendait sa bénédiction ou sa ruine. Il a choisi la ruine. L’homme ne sait faire autre chose si Dieu le laisse à sa responsabilité. La ruine des Juifs dépendait du rejet du Christ ; mais Dieu voulait encore user de grâce envers eux. Sur la croix, le Seigneur avait intercédé pour ceux qui le mettaient à mort, disant : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34). En vertu de cette prière, Dieu, par la bouche de Pierre, leur offre de se repentir afin que le Seigneur revienne du ciel et leur apporte les bénédictions dont ils s’étaient privés en le mettant à mort : « Et maintenant, frères, je sais que vous l’avez fait par ignorance, de même que vos chefs aussi ; mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait prédit par la bouche de tous les prophètes, savoir que son Christ devait souffrir » (v. 17, 18). La grâce de Dieu veut bien admettre que le peuple avait agi par ignorance en faisant mourir le Seigneur. C’est ainsi que Dieu pouvait considérer leur acte jusqu’à ce qu’ils eussent rejeté le témoignage que le Saint Esprit rendait par les apôtres à Christ glorifié, et cela en réponse à l’intercession du Seigneur sur la croix. Par le rejet de Jésus, Dieu avait accompli ce que ses prophètes avaient prédit, savoir que son Christ, ou son Oint, devait souffrir. Mais il ne faudrait pas conclure de cela que les hommes sont moins coupables de l’avoir mis à mort. I