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POUR MIEUX COMPRENDRE quelques termes bibliques

 

Pierre ROSSEL

1980-1988

 

PRÉFACE

L’apôtre Paul invite son enfant Timothée, et à travers lui tous les croyants, à découper droit la parole de la vérité (2 Tim. 2:15). Or la lecture de cette Parole, même assidue, peut s’achopper à une terminologie qui lui paraît obscure et conduire à une compréhension superficielle ou à des interprétations fautives ; la révélation divine n’est plus reçue alors dans la plénitude de la vérité, et perd sa valeur sanctifiante (Jean 17:17).

Ce traité contient des articles parus dans le mensuel «La Bonne Nouvelle» (Éditions Bibles et traités chrétiens, Vevey) de 1980 à 1988. Il s’efforce d’expliquer des termes bibliques dont le sens spirituel est difficile à percevoir d’emblée et qui recouvrent pourtant des vérités fondamentales. Il est une invitation à pénétrer toujours plus, toujours mieux, dans la connaissance et l’intelligence des choses excellentes (Phil. 1:9).

«Nous devons porter une plus grande attention aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne nous écartions» (litt. : que nous glissions loin) (Héb. 2:1).

 

(37) PARABOLE

Le mot parabole est un mot grec qui signifie similitude, comparaison. La parabole, a-t-on écrit, est un bref récit dont les traits divers représentent, par comparaison, des réalités d’un ordre supérieur. N’est-il pas frappant qu’au cours des siècles ce mot parabole ait donné le mot parole ? Qu’est-ce à dire sinon que les paraboles font ressortir l’excellence des paroles de notre Seigneur ?

Dans l’Ancien Testament déjà des hommes de Dieu se sont exprimés en paraboles. Le prophète Ézéchiel, par exemple, a reçu la mission d’en exposer plusieurs. Ainsi l’Éternel lui dit : «Fils d’homme... présente une parabole à la maison d’Israël», et le prophète énonce la parabole des deux grands aigles et du cèdre (17:1-10). Plus tard, quand il présente la parabole de la forêt incendiée, on dit parmi le peuple : « Celui-ci ne parle-t-il pas en paraboles ?» (21:1-5). L’Éternel lui dit enfin : «Propose une parabole à la maison rebelle», et le prophète énonce la parabole de la marmite rouillée, image de la ville impure de Jérusalem (24:3-14).

Deux cents ans plus tôt l’Éternel avait déjà rappelé que, par ses prophètes, il avait parlé en similitudes, en paraboles (Osée 12:11).

Il est encore écrit au Psaume 78:2: «J’ouvrirai ma bouche en paraboles». C’est une prophétie que le Seigneur Jésus a réalisée, lorsqu’il proposa aux foules les paraboles du royaume des cieux. Ce passage est en effet cité dans l’Évangile : Il «dit toutes ces choses aux foules en paraboles... en sorte que fût accompli ce qui a été dit par le prophète... J’ouvrirai ma bouche en paraboles» (Matt. 13:34, 35).

Les paraboles du Nouveau Testament ont un auteur unique : le Seigneur Jésus lui-même. Les paraboles proprement dites sont au nombre de vingt-huit.

En dehors des évangiles le terme parabole ne se rencontre que dans l’épître aux Hébreux, deux fois, où il est traduit par le mot figure :

1. le premier tabernacle est une figure (ou : parabole) pour le temps présent (9:9).

2. Dieu pouvait ressusciter Isaac même d’entre les morts, d’où aussi, en figure (ou : parabole), Abraham le reçut (11:19).

L’enseignement parabolique du Seigneur a eu un double but : l’enseignement des foules et l’enseignement des disciples. Il enseignait les foules : il leur disait «beaucoup de choses par des paraboles... Pour ceux qui sont dehors, toutes choses se traitent par des paraboles» (Marc 4:2, 11). Il enseignait ses disciples : «en particulier il interprétait tout à ses disciples» (Marc 4:34). « Ceux qui reçoivent Christ ont seuls l’intelligence des pensées de Dieu, aujourd’hui comme alors» (S.P.).

Nous notons enfin qu’il n’a pas été donné aux apôtres d’exposer des paraboles. Ils avaient eu pourtant l’exemple de leur divin Maître. Qu’est-ce à dire, sinon que, pour composer des récits paraboliques, si clairs et si vivants, il fallait une aptitude admirable. Seul le Seigneur la possédait, lui en qui se trouvent tout pouvoir et toute perfection. En outre, ces récits étaient souvent improvisés. À la question par exemple qui lui est faite : «Qui est mon prochain ?», il répond sur-le-champ par la parabole du bon Samaritain, pleine d’harmonie et de précision dans la succession des faits depuis le départ de Jérusalem jusqu’à l’arrivée dans l’hôtellerie. L’harmonie est telle que, pour tout autre que Jésus, il eût fallu un long temps de réflexion pour exposer cette parabole.

Avec Élihu, constatant la puissance de son Dieu, nous disons : « Qui enseigne comme lui ? » (Job 36:22).