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POUR MIEUX COMPRENDRE quelques termes bibliques

 

Pierre ROSSEL

1980-1988

 

(3) AFFRANCHISSEMENT

Qu’est-ce donc que cet affranchissement dont on parle souvent, sinon la libération de ce qu’un chrétien est dans son état naturel : actes, paroles, pensées, sentiments, attitudes, qui ne sont pas à la gloire de Dieu ? Un tel affranchissement ne peut se réaliser que sur la base de la vérité de notre mort avec Christ. Sans cette vérité il n’y a pas de réel affranchissement. Si le croyant regarde à la croix, il voit d’une part que Christ est mort pour ses péchés, d’autre part que lui-même est mort avec Christ. Ayant part à la mort de Christ, il prend par conséquent dans ce monde la place d’un homme mort (E.D.).

Selon les enseignements de l’Écriture, l’affranchissement comporte quatre délivrances :

1. L’affranchissement du péché. Notre vieil homme a été crucifié avec Christ, afin que nous ne servions plus le péché, que nous n’en soyons plus les esclaves (Rom. 6:6). Il n’est pas parlé des péchés, mais du péché, c’est-à-dire de la puissance du péché. Le chrétien en a fini avec sa domination.

2. L’affranchissement de la loi. Nous avons été «mis à mort à la loi par le corps du Christ», dit l’apôtre (Rom. 7:4). «Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous» (Gal. 3:13). Le chrétien dès lors n’a plus rien affaire avec la loi.

3. L’affranchissement du monde. L’apôtre pouvait dire qu’il était crucifié au monde et que le monde lui était crucifié (Gal. 6:14). La croix était comme une barrière infranchissable entre lui et le monde. Il était affranchi de cet ordre de choses dont l’homme est le centre et Satan, le chef. Il était mort à tout ce que le monde aime, veut et recherche. Un chrétien, a-t-on écrit, qui est retenu dans les liens d’un monde politique, religieux, artistique ou scientifique, ne sera jamais un chrétien affranchi (H.R.).

4. L’affranchissement du moi. L’apôtre a pu écrire : «Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; — et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi» (Gal. 2:20). L’apôtre était devenu une personnalité nouvelle, un nouvel homme. Tout en ayant la chair en lui, il la tenait en la seule place qui lui revint : la mort.

Il est certes aisé de parler de l’affranchissement. On peut l’expliquer clairement à d’autres et ne pas le réaliser soi-même. L’affranchissement n’est pas une affaire d’intelligence ou de connaissance. C’est une question d’expérience pratique, réalisée humblement, chaque jour. L’apôtre Paul le réalisait pleinement. Et c’est cela qui a donné tant de puissance à son ministère (H.R. : Entretiens sur 2 Corinthiens, page 9).

En effet, pour que le croyant puisse apprécier de telles vérités, il est quatre leçons qu’il doit avoir apprises expérimentalement :

1. ce qu’est la chair, inaméliorable, incurable. je sais qu’en moi, dit l’apôtre, «il n’habite point de bien» (Rom. 7:18). Il n’attend de la chair rien d’autre que le mal ;

2. ce que sont nos efforts, vains dans notre lutte contre la chair. Nous sommes sans force, rendus captifs «de la loi du péché» (Rom. 7:23) ;

3. ce que sont les deux natures. Le croyant a deux natures : l’une qui lui vient d’Adam et que l’Écriture appelle la chair, le vieil homme, le péché. Et l’autre qui lui vient de Dieu par la nouvelle naissance. «Quiconque est né de Dieu, dit l’apôtre, ne pratique pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu» (1 Jean 3:9). C’est un grand gain d’apprendre qu’il y a deux natures en nous, et une bénédiction plus grande encore d’avoir appris que nous en avons fini avec la première, c’est-à-dire avec nous-mêmes (E.D.) ;

4. ce qu’est la victoire : l’âme qui, jusqu’alors, a lutté par sa propre force, a cessé de regarder à elle-même. Elle regarde au-dehors, disant : «Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?» (Rom. 7:24). Elle ne regarde plus au-dedans, apprenant que la délivrance n’est pas par elle-même, mais par Christ et par Christ seulement. Aussi entendons-nous de suite les accents de reconnaissance : «Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur» (Rom. 7:25). Et, dans le chapitre suivant, sont exposées les bénédictions qui sont dorénavant la part de celui qui, par la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, a été «affranchi de la loi du péché et de la mort» (Rom. 8:2).