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Que dit l’ÉCRITURE ? (Rom. 4:3)

 

 

Réponse à 150 questions touchant divers sujets bibliques ou de la vie chrétienne, posées par les lecteurs du périodique «le Salut de Dieu» entre 1873 et 1917 (par W.J.Lowe puis Élie Périer)

 

 

 «Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi» Jean 5:39

 

«Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre» 2 Timothée 3:16, 17

 

«Et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» Actes 17:11

 

Sommaire

1 .           Gen. 2:17. La mort, salaire du péché

2.            Gen. 3:15. La semence du serpent

3.            Gen. 14 ; Héb. 7. Melchisédec

4.            Gen. 24:47. Anneau et bracelets de Rébecca

5.            Exode 3:2. Vision de Moïse à Horeb

6.            Exode 18. Moïse et Jéthro. Dépendance de Dieu

7.            Lév. 14. Purification du lépreux. Symbolisme des éléments employés

8,            Deut. 10. L’arche de l’alliance de l’Eternel

9.            Deut. 15. Relâche de la septième année

10.          2 Chron. 20. Leçon à tirer des navires de Tarsis

11.          Ps. 22 ; Matt. 27:46. Caractères de l’abandon de Christ

12.          Ps. 102:4, Le coeur frappé et desséché comme l’herbe

13.          Prov. 8. Qui est la sagesse dans ce chapitre ?

14.          Éccl. 3:19-21. Différence entre l’homme et la bête ?

15.          Éccl. 7:15. La part du juste et celle du méchant

16.          Jér. 1:17. Le jugement dont le prophète est menacé

17.          Lam. 3:27 ; Matt. 11:29-30. Porter le joug

18.          Dan. 11:35. Pourquoi Dieu permet-il que des justes tombent ?

19.          Mal. 3 ; Apoc. 22. Le soleil de justice et l’étoile du matin

20.          Matt. 5:13 ; Marc 9:50. Signification du sel

21.          Matt. 5:25-26. Se mettre en règle avec sa partie adverse

22.          Matt. 11:3, 11 . Jean le baptiseur. Sa question au Seigneur

23.          Matt. 11:12. Le royaume pris par violence

24.          Matt. 12:32. Le péché qui ne sera jamais pardonné

25.          Matt. 16:18. Les portes du hadès ne peuvent pas prévaloir contre l’Assemblée

26.          Matt. 16:24 ; Luc 9:23. Prendre sa croix

27.          Matt. 16:28. Voir le Fils de l’homme venant dans son royaume

28.          Matt. 17:3. Pierre reconnaît Moïse et Élie

29.          Matt. 18:12-14 ; Luc 15:1-7. S’agit-il des mêmes paraboles ?

30.          Matt. 19:23-24. Le royaume de Dieu et le royaume des cieux

31.          Matt. 24. La grande tribulation et le jugement des nations

32.          Matt. 24:21 ; Apoc. 7:14. S’agit-il de la même grande tribulation ?

33.          Matt. 25. Le jugement des nations est-il final ?

34.          Marc 14:40-42. Dormez dorénavant et reposez-vous

35.          Luc 5:36 ; Matt. 9:16. Le drap neuf et le vieil habit

36.          Luc 10:5. Comment pouvons-nous être des fils de paix ?

37.          Luc 11:13. Faut-il demander à recevoir le Saint Esprit ?

38.          Luc 11:47-48. Les pharisiens bâtissant les tombeaux des prophètes

39.          Luc 12:10-12. Confesser Christ et le péché contre le Saint Esprit

40.          Luc 14:26 ; Marc 10:29, 30 ; Éphés. 6:1-4 ; Col. 3:20. Faut-il vraiment haïr son père, sa mère, sa propre vie ?

41.          Luc 15. Pourquoi le fils prodigue est-il revêtu par le père ?

42,          Luc 16:9. Se faire des amis avec les richesses injustes

43.          Luc 16:19-31 : Jean 5:24-29. La joie ou les tourments aussitôt après la mort ou seulement après la résurrection ?

44.          Luc 17:35. Pris pour la bénédiction ou pour le jugement ?

45.          Luc 20:34-36. S’agit-il des Juifs ou du monde entier ?

46.          Luc 22:20. Portée de la nouvelle alliance

47.          Luc 22:35-36 ; Luc 9:3. Prendre ou ne pas prendre une bourse ou un sac ?

48.          Luc 22:36-38. Peut-on résister par la force ?

49.          Ésaïe 6:5 ; Jean 1:18 ; 1 Jean 4:12. Voir Dieu ?

50.          Jean 3:5. Être né d’eau et de l’Esprit

51.          Jean 3:16. Dieu aime-t-il encore le monde ?

52.          Jean 10:34. Comment comprendre l’expression : «Vous êtes des dieux» ?

53.          Jean 14:2. Signification des «plusieurs demeures»

54.          Jean 14:2. À quel moment le Seigneur a-t-il préparé notre place ?

55.          Jean 14:12. Quelles sont les oeuvres plus grandes ?

56.          Jean 16:33. Sens des paroles du Seigneur : «J’ai vaincu le monde»

57.          Jean 17:9. Ne faut-il pas prier pour le monde ?

58.          Jean 17:11. Quel est le nom que le Père a donné à Christ ?

59.          Jean 20:17. Pourquoi Marie de Magdala ne devait-elle pas toucher le Seigneur ?

60.          Act. 7:56 ; Héb. 1:3, 13 ; 10:12 ; 12:2. Le Fils de l’homme debout et assis

61.          Act. 16:37 ; 22:25. La conduite de l’apôtre Paul

62.          Act. 21:20-26. Le voeu de l’apôtre Paul dans le temple

63.          Rom. 4:25. Signification de la justification dans ce passage.

64.          Rom. 5:14. Adam, figure de Christ.

65.          Rom. 6:7 ; Gal. 3:4. Doctrine touchant la loi et la grâce

66.          Rom. 8:3. Quel est le sens de cette expression : «a condamné le péché dans la chair». Différence entre le péché et la chair. Le péché du croyant a-t-il été aussi porté à la croix ?

67.          Rom. 8:16. Que signifie : «L’Esprit rend lui-même témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu» ?

68.          Rom. 9:16 et Matt. 7:7-8. Y a-t-il contradiction ?

69.          1 Cor. 3:9. Collaborateurs de Dieu

70.          1 Cor. 3:17. Dieu le détruira

71.          1 Cor. 8:11. Le frère périra par ta connaissance

72.          1 Cor. 10:23. Toutes choses me sont permises

73.          1 Cor. 11:10-13. La femme qui prie doit-elle se couvrir la tête ?

74.          1 Cor. 9:24-27 ; 11:30-32. Achever la course, remporter le prix

75.          1 Cor. 14:34-35. Exercice du don de prophète chez la femme.

76.          1 Cor. 15:8. Pourquoi l’apôtre se compare-t-il à un avorton ?

77.          1 Cor. 15:29. Baptême pour les morts

78.          2 Cor. 5:3. Que signifie : «être trouvés nus» ?

79.          2 Cor. 5:10. Comment notre pleine délivrance et notre manifestation devant le tribunal de Christ sont-ils compatibles ?

80.          2 Cor. 5:19. Dieu était en Christ

81.          Éphés. 1:4 ; Col. 1:22, 1 Jean 4:17. Comment ces passages s’appliquent-ils à nous ?

82.          Éphés. 4:8. Signification et comparaison avec 1 Pier. 3:19-21

83.          Éphés. 6. Le peuple d’Israël avant et après le Jourdain

84.          Éphés. 6:10-20. Quel est ce combat ?

85.          Éphés. 6:14, 16. La cuirasse de la justice, le bouclier de la foi

86.          Philip. 2:12 ; 3:8-11. Travailler à son propre salut

87.          Philip. 3:11. De quelle résurrection Paul parle-t-il ?

88.          1 Thess. 5:10. S’agit-il ici de la mort ou du sommeil spirituel ?

89.          1 Thess. 5:21. Éprouver toutes choses, retenir ce qui est bon

90.          1 Tim. 2:4 ; Act. 28:26-27. La volonté de Dieu quant au salut et notre responsabilité

91.          1 Tim. 3:1 ; 1 Cor. 14:1, 3, 39. Aspirer à la surveillance, désirer des dons.

92.          1 Tim. 6:12-13. La belle confession

93.          2 Tim. 2:12 ; Jean 10:28. Si nous le renions, il nous reniera

94.          Tite 1:1-2. À qui Dieu a-t-il fait des promesses avant les temps des siècles ?

95.          Tite 2:11. Vivre justement

96.          Tite 3:5. Lavage de la régénération et renouvellement du Saint Esprit

97.          Héb. 4:11. Signification du repos dans ce passage

98.          Héb. 4:12 ; 1 Thess. 5:23. Différence entre l’âme et l’esprit

99.          Héb. 6:4-6 ; 2 Pier. 2:20-22. Quelqu’un qui est scellé du Saint Esprit peut-il perdre son salut ?

100.        Héb. 7:3 ; 2 Chron. 26:16-21. Melchisédec, Ozias

101.        Héb. 9:23. Purification des choses célestes

102.        Héb. 11:39 ; 6:15. Promesses faites à Abraham. Y a-t-il contradiction ?

103.        Héb. 13:17 et Matt. 23:8. Quelle différence faut-il faire entre ces conducteurs ?

104.        Héb. 13:7, 17 et Matt. 23:8. Faut-il reconnaître ou être sur ses gardes vis-à-vis de ces conducteurs ?

105.        Jacq. 5:16. Confession des péchés

106.        Jacq. 5:16. Confession publique des péchés

107.        1 Pier. 3:19-20. Christ prêchant aux esprits en prison

108.        2 Pier. 3:12. Hâter la venue du jour de Dieu

109.        1 Jean 2:6. Marcher comme Lui a marché. Quel est le sens de ce passage ?

110.        1 Jean 2:27. Que signifie ce passage : «Vous n’avez pas besoin que personne vous enseigne» ?

111.        1 Jean 3:20. Si notre coeur nous condamne

112.        1 Jean 5:16. Le péché à la mort

113.        Jude 23. Les arrachant hors du feu, haïssant même le vêtement souillé par la chair

114.        Apoc. 1:5. Le premier-né des morts

115.        Apoc. 3:9. La synagogue de Satan

116.        Apoc. 4:6-8. Les quatre animaux

117.        Apoc. 5:9. Pourquoi le cantique est-il appelé nouveau ?

118.        Apoc. 5:10. Pourquoi est-il dit : «Tu les as faits rois» ?

119.        Apoc. 6:9. Les âmes sous l’autel

120.        Apoc. 7:9-17. Une grande foule. Dans Matt. 20:16 ; 7:14 : Peu d’élus

121.        Apoc. 14:13. Quels sont les morts bienheureux dont parle ce passage ?

122.        Apoc. 20:5-6. La première résurrection

123.        Apoc. 20:5-6. Quand donc la première résurrection sera-t-elle achevée ?

124.        Apoc. 21. Le tableau de l’Église dans ce passage

125.        La maison de Dieu à Silo

126.        Signification morale du miel dans l’Écriture

127.        Le mot chair dans le Nouveau Testament. Sa signification

128.        Y a-t-il une différence entre un pécheur et un pécheur perdu ?

129.        Sommes-nous moins responsables qu’Adam ?

130.        Peut-on marcher avec Dieu sans savoir que le péché est ôté ?

131.        La foi sans oeuvres est-elle concevable ? et l’inverse ?

132.        Les Saints de l’Ancien Testament étaient-ils en Christ ?

133.        Y a-t-il simultanéité entre la conversion et la réception du Saint Esprit ?

134.        Le Saint Esprit peut-il habiter là où se trouve une nature pécheresse ?

135.        Comment savoir que l’on possède le Saint Esprit ?

136.        Y a-t-il pardon pour un professant qui retourne à sa conduite passée ?

137.        Le Seigneur a-t-il porté le péché des incrédules ?

138.        Comment concilier l’amour de Dieu et le péché avec ses conséquences présentes et éternelles ?

139.        La ruine de l’Église atténue-t-elle la responsabilité du chrétien comme membre du corps de Christ ?

140.        Fraction du pain, qui peut y participer ?

141.        Le travail du dimanche

142.        Doit-on s’abstenir du sang ?

143.        La femme peut-elle parler dans l’Assemblée ? Quand et pourquoi doit-elle se couvrir ?

144.        Le chrétien et le travail manuel

145.        Prier pour ou avec quelqu’un

146.        Emploi des collectes

147.        Le retour du Seigneur sera-t-il précédé ou non par des signes ?

148.        Les habitants de la terre pendant le Millénium

149.        Comment les nations entendront-elles parler du Seigneur avant son règne ?

150.        Tous les Juifs ramenés en Palestine croiront-ils ?

151.        Y aura-t-il pendant le règne beaucoup de conversions parmi les nations ?

152.        À quelle résurrection appartiendront les Juifs convertis du Millénium ?

Avant-propos

Il est toujours utile et en bénédiction pour nos âmes d’examiner avec soin chaque mot, chaque détail de la Parole de Dieu. C’est une lecture qu’il faut faire avec prière, en se gardant d’y chercher un appui à des idées préconçues ou de vouloir définir ce que l’Écriture ne définit pas. Ne limitons pas non plus l’application des passages où l’Esprit de Dieu s’exprime en termes propres à agir sur la conscience de chacun. Nous risquons beaucoup de perdre le profit d’une exhortation ou d’un avertissement si nous disons avec légèreté : «ce passage ne me concerne pas»..Car cette Parole nous sonde. Elle est un miroir fidèle, qui révèle notre état réel et nous apprend en même temps quelles sont les richesses de la grâce de Dieu à notre égard.

En lisant ainsi nous éprouverons souvent combien les pensées de Dieu sont profondes (Ps. 92:5). «Comprends-tu ce que tu lis ?» demande Philippe à l’Éthiopien. Question que nous devons souvent nous poser. «Comment donc le pourrais-je, si quelqu’un ne me conduit» répond cet homme (Actes 7:30, 31). Plus nous lisons attentivement l’Écriture et plus nous sentons aussi le besoin d’être aidés pour en saisir le sens. Certes le Saint Esprit communique souvent directement la vérité à celui qui la cherche avec droiture, les croyants de tous les temps en ont fait l’expérience. Mais n’était-ce pas le Saint Esprit qui avait veillé à ce que cet Éthiopien soit instruit, alors qu’il lisait le livre d’Ésaïe ? Il avait commandé à Philippe : «Approche-toi et joins-toi à ce char» (v. 29). Ainsi emploie-t-il tels ou tels de ceux auxquels il a déjà enseigné la vérité, comme des instruments «capables d’instruire aussi les autres» (2 Tim. 2:2). Leur ministère oral ou écrit doit donc avoir du prix pour nos coeurs. Combien est profitable l’explication dans toutes les Écritures des choses qui rendent témoignage au Seigneur Jésus Christ lui-même !

D’où ce recueil qui n’a rien d’un dictionnaire ou d’un répertoire biblique, encore moins d’un exposé méthodique des vérités ou des doctrines de l’Écriture. La diversité des sujets abordés résulte des questions posées pendant environ une quarantaine d’années (entre 1873 et 1917) par les lecteurs du périodique d’évangélisation le Salut de Dieu à son rédacteur, W.J. Lowe, aidé et continué dans cette tâche par Élie Perier. Mais chacun pourra remarquer l’unité de pensée dans ces réponses, à la fois judicieuses et spirituelles. Notre prière est que cet ouvrage rende, avec le secours de l’Esprit, la vivante et permanente Parole de Dieu plus précieuse à un grand nombre de ses lecteurs. Affermis dans la vérité, nous pourrons porter plus de fruit à la gloire de notre Seigneur.

 

Les questions n° 1 à 124 se rapportent à des passages de l’Écriture. Les questions n° 125 à 152 traitent de questions diverses.

1.         Quelle est la portée de la parole : «Au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement» (Genèse 2:17) ? Comment la mort est-elle ici envisagée ?

Deux remarques nous aideront à saisir ce dont il est ici question : d’une part, la nature de la vie dont Adam jouissait, et, d’autre part, la responsabilité sous laquelle il était placé et qui correspondait à sa relation avec Dieu. L’homme n’a pas été créé comme les animaux : au lieu de surgir de la terre comme être vivant, à la seule parole créatrice de Dieu, il a été formé de la poussière du sol et il «devint une âme vivante» par la respiration de vie que Dieu souffla dans ses narines (Genèse 2:7). Or ce «souffle de vie» constitue l’existence éternelle de l’âme. Quant au corps, on voit au chapitre 3, verset 22, que Dieu intervint pour empêcher que l’homme ne mangeât de l’arbre de vie et n’entretînt ainsi à jamais, après sa chute, une existence d’inimitié contre Dieu.

En ce qui concerne l’état d’Adam innocent, je cite quelques lignes des Études sur la Parole (J.N. Darby) :

«Dans le jardin, la connaissance du bien et du mal n’existait pas encore pour notre premier père : l’obéissance (en s’abstenant d’un acte qui n’aurait pas été péché, s’il n’avait pas été défendu) constituait, à elle seule, l’épreuve qui lui était imposée. Ce n’était pas une prohibition du péché, ni l’obligation imposée du bien comme en Sinaï, alors que le bien et le mal étaient connus».

Ce point est très important. On voit que la défense faite de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ne supposait pas le péché, qui, de fait, n’existait pas encore. En cela, la défense fait contraste avec la loi de Moïse. L’homme fut mis à l’épreuve au point de vue de l’obéissance seulement ; son bonheur se trouvait dans la dépendance de Dieu qui l’avait créé et qui l’avait entouré de tous biens. En écoutant le serpent, qui éveilla dans son coeur un doute quant à la suprême bonté de Dieu, il se laissa aller à la désobéissance, et le péché entra dans le monde, et, avec le péché, la mort (Voyez Romains 5). Les rapports de l’homme avec Dieu furent dès lors rompus. Il ne pouvait plus connaître Dieu que par la foi, par le moyen de la conscience (acquise en mangeant de l’arbre défendu), aussitôt que celle-ci serait réveillée par la grâce divine. D’abord, en prononçant le jugement sur le serpent, Dieu fit entrevoir à Adam qu’il y aurait un libérateur suscité de la postérité de la femme, qui était tombée la première dans la transgression. Ensuite, en le chassant du jardin, Dieu le revêtit de vêtements de peau, qui rendaient témoignage à la mort, figure de la délivrance de son état de péché, à laquelle la grâce de Dieu a pourvu pour lui, par la mort d’un substitut.

Mais le jugement prononcé sur Adam fut d’abord un jugement relatif à la terre (Genèse 3:17-19). Il devait la travailler péniblement, mangeant son pain à la sueur de son front, jusqu’à ce qu’il retournât au sol d’où il avait été pris ; «car», lui est-il dit, «tu es poussière, et tu retourneras à la poussière». Dieu ne dit rien là quant à un jugement de l’âme.

Du reste, tout en donnant dans tous les temps par sa Parole les indications nécessaires pour former et entretenir la foi, Dieu a réservé la pleine révélation touchant la mort et le jugement pour la venue dans ce monde de «la semence de la femme», dont Dieu avant parlé, notre Seigneur Jésus Christ. Il «a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile» (2 Timothée 1:10). Il a parlé aussi du jugement et des peines éternelles réservés à ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui n’obéissent pas à l’évangile.

Dans les épîtres, la mort est présentée soit comme les gages du péché (voyez, par exemple, l’épître aux Romains 6:23), soit comme caractérisant notre état moral vis-à-vis de Dieu (Éphésiens 2, Colossiens 2), où il est dit que Dieu nous a fait parvenir son salut lorsque nous étions «morts dans nos fautes et dans nos péchés».

Dans l’Apocalypse, ceux qui se tiennent devant le grand trône blanc pour être jugés, sont envisagés comme «morts» ; et le terrible jugement qui les atteint, est appelé «la seconde mort».

2.         Quelle est «la semence du serpent» dont il est parlé dans Genèse 3:15 ?

La question ne porte que sur la phrase centrale du verset, car dès qu’il est parlé de ce qui doit arriver au Christ, nous trouvons la mention du serpent lui-même et non de sa «semence» : «Tu lui briseras le talon», en même temps qu’il est dit que la semence de la femme (Christ) devait briser la tête du serpent.

Il est écrit de Caïn qu’il était «du méchant» et tua son frère (1 Jean 3:12). Un peu plus haut, dans le même chapitre, nous lisons que le Fils de Dieu a été manifesté pour détruire les oeuvres du diable, ainsi que pour mettre en pleine lumière la distinction entre les deux familles, celle de Dieu et celle de Satan. De plus, le Seigneur Jésus, en parlant aux pharisiens qui ne voulaient ni de Lui, ni de son enseignement, dit qu’ils avaient pour père le diable, et cherchaient à accomplir ses convoitises, à savoir le mensonge et le meurtre. En vain les pharisiens prétendaient-ils être la postérité d’Abraham, Jésus leur répond que s’il en était ainsi, ils auraient fait les oeuvres d’Abraham (Jean 8:39-44).

Il est donc évident que par la semence du serpent, il faut entendre ceux qui l’écoutent et qui suivent ses voies, fruit d’une inimitié implacable contre Dieu. Le serpent, pour arriver à ses fins, avait cherché à établir une entente entre lui et la femme, faisant d’elle sa complice et sa dupe, afin de déshonorer Dieu par le moyen du chef-d’oeuvre de sa création. Mais Dieu a voulu mettre l’inimitié entre lui et la femme, ainsi qu’entre leurs «semences» respectives. Les deux familles se dessinent dans ce monde, partout où la vérité trouve une entrée. Le monde entier «gît dans le méchant» ; il a haï Jésus, l’a rejeté et l’a crucifié. Christ et les siens ne sont pas du monde ; c’est pourquoi, dit le Seigneur : «le monde vous hait» (Jean 15:19 ; 17:16). Le monde aime ce qui est sien, mais Jésus est venu pour que nous soyons délivrés du pouvoir des ténèbres et transportés dans son royaume (Colossiens 1:13). Puissions-nous manifester par notre marche que nous sommes de Lui !

3.         Doit-on considérer Melchisédec qui vient à la rencontre d’Abraham comme une apparition du Seigneur, ou seulement comme une figure ou un type de Christ ?

Tout le chapitre 7 de l’épître aux Hébreux, pris en rapport avec la citation du Psaume 110, montre que le récit contenu dans le chapitre 14 du livre de la Genèse se rapporte à une personne qui vivait sur la terre du temps d’Abraham. Une seule remarque entre autres, suffirait pour établir le caractère exceptionnel de ce temps-là : c’est que trois ou quatre des descendants immédiats de Noé vivaient encore. Héber a même survécu à Abraham. Toutefois, quelque intéressants que soient ces détails, nous n’avons pas à nous y arrêter. Le Saint Esprit, dans l’épître aux Hébreux, se sert non pas de certains faits avérés au sujet du roi de Salem, mais du récit inspiré, qui présente un type des plus remarquables de Celui qui devait venir. Il est écrit que Melchisédec fut «assimilé au Fils de Dieu» (Hébreux 7:3). Or, l’expression «assimilé» s’adapte évidemment au récit de Moïse. Dieu a donné par le Saint Esprit les mots précis par lesquels Il voulait que la rencontre avec Abraham fût décrite. Ces mots fournissent donc l’explication du passage des Psaumes : «Tu es sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec». L’auteur de l’épître n’en sort pas, ni ne cherche, en puisant dans la tradition ou ailleurs, à compléter la courte histoire de cet homme extraordinaire. Tout ce que nous connaissons de lui est contenu dans trois versets de la Genèse ; mais ils suffisent pour présenter clairement ce qu’est la sacrificature actuelle de Christ. Ils vont même plus loin, et indiquent ce que sera cette sacrificature, lorsque son royaume sera établi en gloire sur la terre. Mais pour nous, la vérité importante est que Jésus, assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux, est dès à présent sacrificateur pour nous. Celui qui a dit : «Assieds-toi à ma droite», a dit aussi : «Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédec» (Psaume 110:1:4). L’explication donnée dans le chapitre 7 de l’épître aux Hébreux nous fait comprendre, sous beaucoup de rapports, et l’importance du récit inspiré de la Genèse, et le caractère de la sacrificature valable pour nous pendant la durée de notre course terrestre.

4.         Que représentent l’anneau mis au nez de Rebecca et les bracelets à ses mains ? (Genèse 24:47).

L’anneau au nez et les bracelets aux mains faisaient et font encore partie des ornements des femmes en Orient. Il faut remarquer que c’étaient surtout les femmes mariées qui les portaient. Le serviteur d’Abraham en les donnant à Rebecca montrait qu’il la considérait comme la fiancée d’Isaac. Il l’ornait par avance des dons de son époux.

Or Isaac est une figure de Christ en résurrection. Par conséquent, Rebecca serait un type de l’Église que l’Esprit Saint, représenté par le serviteur, forme et orne des dons célestes, la conduisant à travers le désert jusqu’à la rencontre de son époux.

Les ornements donnés à Rebecca représentent donc ces grâces, ces bénédictions, dont l’Église jouit comme arrhes de ce qu’elle possédera avec Christ quand il héritera de toutes choses.

Peut-être pourrait-on dire que l’anneau qui brille sur le visage de Rebecca est une figure du témoignage que l’Église, comme fiancée à Christ, doit rendre à son Seigneur. Le devoir de tout chrétien est de reconnaître qu’il est à lui, d’annoncer ses vertus. Les bracelets aux mains font penser au dévouement dans «tout ce que la main trouve à faire» (Écclésiaste 9:10). Tout le service de l’Église est pour Christ, puisqu’il vient de lui. Lui-même a donné tous les dons (voyez Éphésiens 4:7-13). Mais il ne faut pas trop insister sur les détails ; nous avons à être sobres en toutes choses. Retenons le sens général des dons faits par le serviteur à Rebecca.

5.         Quelle instruction pouvons-nous tirer de la vision que Moïse vit à Horeb ? (Exode 3:2).

Les circonstances spéciales dans lesquelles Moïse se trouvait et le service auquel Dieu l’avait destiné nous aident à saisir un peu les pensées de Dieu. Dieu allait l’envoyer pour retirer le peuple d’Israël du cruel esclavage sous lequel il gémissait en Égypte. L’Éternel n’avait pas oublié l’empressement de Moïse à intervenir pour le soulagement de ses frères, quarante ans auparavant, alors qu’il possédait, au point de vue humain, tous les avantages possibles pour rendre efficace son intervention. La faveur dont il jouissait à la cour du Pharaon, — ayant été élevé par sa fille, — son grand savoir, sa force physique, sa droiture, l’élévation de son esprit, tout le désignait comme un homme de qui l’on pouvait attendre de grandes choses. Peut-être Moïse avait-il aussi lui-même la pensée que sa propre capacité et des aptitudes spéciales le rendaient propre à être le libérateur. En tout cas la droiture de ses intentions le met au-dessus de toute suspicion, bien que ses frères ne l’aient pas compris. Dieu lui tient compte de son dévouement, et du choix qu’il avait fait de s’identifier avec ses frères opprimés plutôt que de s’attacher aux grandeurs de la cour du Pharaon. Il est écrit de lui : «Par la foi, Moïse, étant devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte» (Hébreux 11 :24-26). Mais Moïse dut faire l’expérience que le seul nom de l’Éternel vaut plus que toutes les prétentions et que tous les avantages humains. Ses premiers efforts n’aboutirent qu’à une fuite honteuse, et, pendant quarante ans, il dut mener la vie d’un simple berger dans les pâturages de Sinaï, inconnu et oublié. Ainsi il pouvait sembler que tous les avantages exceptionnels qu’il avait possédés ne porteraient jamais le moindre fruit. Moïse avait surtout besoin d’être délivré de lui-même, et de comprendre ce que c’était que de se confier en Dieu.

 

Lorsqu’enfin vient le moment où Dieu l’envoie en Égypte, on ne retrouve plus chez lui l’empressement de sa jeunesse. Au contraire, il fait toutes sortes de difficultés, au point même de demander que Dieu se serve plutôt de quelque autre instrument pour accomplir une si grande oeuvre. Hélas ! comme on l’a fait remarquer, l’obéissance n’a pas un grand prix pour nos faibles coeurs lorsqu’elle n’est pas mélangée avec l’énergie charnelle, dont Dieu ne veut pas. Moïse à dû apprendre sa leçon et marcher dans le chemin que Dieu lui traçait. Ce n’était pas un bras de chair mais Dieu lui-même qui devait opérer la délivrance du peuple d’Israël, et Moïse allait être en Égypte le messager de Dieu auprès du grand roi. L’Éternel lui dit : «J’ai vu, j’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu le cri qu’il a jeté à cause de ses exacteurs ; car je connais ses douleurs. Et je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens» (Exode 3:7:8).

Moïse avait donc besoin d’apprendre ce qui convenait à la présence de Dieu, et en même temps quels devaient être les rapports entre un Dieu saint et un peuple chargé d’iniquité, — rebelle dès le jour où Moïse l’avait connu (Deutéronome 9:6, 7, 24). Ces deux choses il les a apprises dans le buisson ardent de feu, qui toutefois n’était pas consumé. Dieu était là, le Dieu du père de Moïse, le Dieu de ses ancêtres avec lesquels l’alliance avait été faite. C’était bien la grâce qui se manifestait en faveur du peuple opprimé ; mais Dieu est un Dieu de sainteté, et dans sa présence Moïse dut ôter ses sandales, comme il dut aussi cacher son visage. Dieu était là comme un feu consumant, ayant «les yeux trop purs pour voir le mal et contempler l’oppression» (Hab. 1:1-3) ; mais, en même temps, un Dieu sauveur qui, nullement indifférent aux afflictions de son peuple, voulait au contraire accomplir en sa faveur les promesses qu’il avait faites à ses pères. Aussi cette double leçon de la grâce et de la sainteté divines fut-elle désormais pour Moïse le mobile de sa vie et sa force dans les moments pénibles qu’il eut à traverser dans la suite. Puissions-nous l’apprendre aussi dans son accomplissement parfait, à la croix de notre Seigneur Jésus Christ.

6.         Dans les circonstances racontées au chapitre 18 de l’Exode, Moïse n’aurait-il pas dû demander conseil à Dieu au sujet de la recommandation que lui fit son beau-père Jéthro, sacrificateur de Madian ?

Nous avons certainement des leçons à apprendre quant à la dépendance continuelle de Dieu qui convient à tout croyant. Il a plu à Dieu de nous donner des récits qui font voir les serviteurs de Dieu tels qu’ils étaient. Les hommes en auraient fait des héros qui seraient presque devenus des objets de culte, comme cela est arrivé. Mais Dieu qui voit tout et connaît tout, veut que toute conscience chrétienne soit exercée par le moyen de ce qui est écrit. Toutefois, pour le cas qui nous occupe, il ne faut pas confondre le chapitre 18 de l’Exode avec Nombres 11:10-29, où Moïse éprouvait péniblement la charge du peuple trop grande pour lui. Les circonstances étaient toutes différentes.

Rappelons-nous aussi ce que dit l’apôtre : «Aucune prophétie de l’Écriture ne s’interprète elle-même» (2 Pierre 1:20). C’est dire qu’il faut l’envisager comme faisant partie de la révélation complète que Dieu nous a donnée, laquelle s’étend bien au-delà des circonstances spéciales dont il est question. On peut lire tel ou tel passage au point de vue moral ; ou bien, on peut le considérer au point de vue prophétique, comme un exposé des pensées de Dieu quand à l’avenir où tout sera accompli pour la gloire de Christ. Envisagé ainsi, Exode 18 a trait au millénium.

7.         Quelle est la signification des deux oiseaux, du bois de cèdre, de l’écarlate et de l’hysope, employés dans la purification du lépreux (Lévitique 14:3-7, 49-53) ?

La lèpre, comme type, représente cette activité de notre nature déchue qui manifeste un homme pécheur, devant Dieu, mais aussi dans une mesure aux yeux des autres. Dieu voit le coeur, les hommes ne peuvent juger que des actes extérieurs, fruits des intentions du coeur. Le lépreux était tenu de rester en dehors du camp jusqu’au moment où le sacrificateur pouvait constater sa guérison. La guérison correspond au jugement du péché, qui nous prépare pour le relèvement et la jouissance de notre relation avec Dieu découlant de l’oeuvre parfaite du Sauveur. Mais il convient que ce jugement de nous-mêmes soit profond et bien senti, et que l’âme soit saisie par la valeur du sang de Christ, qui seul purifie de tout péché. C’est ce qui est représenté par l’oiseau vivant trempé dans le sang de l’autre oiseau mis à mort. Les deux oiseaux pris ensemble indiquent la mort et la résurrection du Christ. L’eau vive fait penser à l’énergie du Saint Esprit selon laquelle Christ s’est présenté à Dieu comme sacrifice pour le péché (Hébreux 9:14). Le cèdre et l’hysope sont ce qu’il y a de plus grand et ce qu’il y a de plus petit dans la création envisagée comme une chose qui attire les regards ou l’admiration de l’homme (1 Rois 4:33). L’écarlate, employée souvent comme signe de la royauté, fait penser à la gloire de l’homme. Ainsi tout ce qui est propre à élever le coeur du pécheur et à le détourner de la vraie humilité et de la repentance selon Dieu doit être jugé en même temps, — trempé dans le sang versé pour la purification du pécheur et dont celui-ci est aspergé.

8.         Quelle est la portée de l’expression : «L’arche de l’alliance de l’Éternel» ?

Dans le chapitre 10 du livre du Deutéronome, vers. 1, 2, 5, Moïse montre au peuple d’Israël que l’arche devait servir à abriter les deux tables de pierre, «les tables de l’alliance que l’Éternel a faite avec vous» chap. 9:9. Nous trouvons l’expression pour la première fois au moment où les enfants d’Israël se mettent en marche pour quitter la montagne de Sinaï (Nombres 10:33) et où commence l’histoire de leurs voyages dans le désert pour aller au pays de Canaan. Avant ce moment-là, l’expression habituelle est «arche du témoignage». Mais le mot «témoignage» se rapporte également aux deux tables de pierre sur lesquelles étaient écrits les dix commandements. Voyez Exode 31:18 ; 32:15 ; 34:29 ; et comparez 25:16, 21, 22, et 40:20.

Il y a un seul exemple mémorable de l’emploi du terme «l’arche du témoignage» après le chapitre 10 des Nombres. C’est en Josué 4:16, lorsque les sacrificateurs la transportent à travers le Jourdain. À cette exception près, nous trouvons régulièrement «l’arche de l’alliance de l’Éternel», ou des expressions analogues.

Le mot «témoignage» se rapporte à Dieu et à son intention en donnant la loi ; le mot «alliance», au peuple et à leur responsabilité, responsabilité qu’il avait du reste pleinement acceptée (Exode 24:3).

9.         Comment doit-on comprendre «le relâche» à la septième année ? (Deutéronome 15).

Tout ce chapitre semble être un développement d’un verset des Proverbes (19:17) : «Qui use de grâce envers le pauvre prête à l’Éternel, et il lui rendra son bienfait». Et le principe est consacré par le Seigneur lorsqu’il insiste sur l’état de coeur qui convient à tous ceux qui demandent à Dieu le pardon de leurs péchés : «Remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs... Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi à vous ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos fautes» (Matthieu 6:12, 14, 15). On peut donc en tirer la conclusion que le principe émis dans le chapitre 15 du Deutéronome a une grande portée morale. De plus, les détails fournis quant à la mise en pratique de cette loi, nous aident beaucoup à en saisir l’application, en démontrant la part qu’a la sagesse dans l’exercice de la compassion.

Dieu voulait sans doute rendre la vie de son peuple Israël conforme à ses propres pensées en rapport avec le sabbat de repos institué dès la création, alors qu’il «vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon».

Le sabbat était donc pour les Israélites, de la part de Dieu, non seulement une garantie qu’il les introduirait et les garderait dans le bon pays qu’il leur avait préparé, mais encore qu’il voulait les voir jouir de sa communion dans tous les détails de leur vie. S’ils jouissaient pour eux-mêmes de sa grâce, ils devaient agir selon cette grâce dans tous leurs rapports les uns avec les autres. Voilà la raison d’être du «relâche» de la septième année.

On proclamait «le relâche de l’Éternel». L’abondante bénédiction de l’Éternel reposant alors sur son peuple, chacun devait s’évertuer à en faire profiter tous ceux, d’entre ses frères, qui lui étaient redevables. On pouvait exiger les dettes des étrangers, mais non pas de ceux qui appartenaient par naissance au peuple choisi. Dans le cas où «il n’y aura point de pauvre au milieu de toi», les dettes proprement dites n’auraient guère leur raison d’être.

Le prêt fait au pauvre, devait être proportionné au besoin dans lequel il se trouvait (v. 8). Nous voyons ainsi la nécessité d’agir avec soin et avec sagesse afin que le secours offert soit approprié aux circonstances. Le prêt était «sur gage», pour que la conscience du débiteur fût tenue en éveil quant à sa responsabilité. On devait se faire donner un «gage» même si l’année de relâche approchait, et malgré le fait que le relâche ferait du prêt un don, dont on ne pourrait exiger le remboursement (Voyez Néhémie 10:31). Le «gage» est nécessaire pour que l’on n’oublie pas l’importance qu’il y a à payer ses dettes (Romains 13:8).

10.       Que faut-il entendre par les navires de Tarsis que l’on construisit à Etsion-Guéber ? Et quelle leçon avons-nous à tirer de cette histoire ? (2 Chroniques 20:35-37).

Considérons d’abord les faits. «Les navires» sont ici des instruments servant à faire le commerce ; «Etsion-Guéber» était un port, au nord d’un bras de la mer Rouge, où ils se construisaient et d’où ils partaient ; Tarsis était la contrée éloignée où ils allaient chercher des choses rares et précieuses (2 Chroniques 9 :21) (*). Tout cela nous représente l’activité du monde en quête de richesses et de jouissances.

(*) L’expression «navires de Tarsis» semble une appellation technique, désignant des bâtiments importants, propres aux longs voyages et portant de lourdes cargaisons (Voyez entre autres Ésaïe 2:16 ; Psaume 48:7 ; Ézéchiel 27:25). (Ed).

Le roi d’Israël et Josaphat, le roi de Juda, se sont associés pour une entreprise commerciale, tout comme ils l’avaient été précédemment pour la guerre contre les Syriens. À cette occasion, le roi Josaphat aurait payé cette association de sa vie, si Dieu n’avait pas interposé sa main protectrice. Josaphat est un serviteur de Dieu, et Achazia un homme qui ne sert pas Dieu et agit méchamment. S’associer avec lui était de la part de Josaphat retomber dans le même péché. Dieu le lui fait comprendre par le message du prophète ; de plus, il le châtie par la destruction de sa flotte. Dieu arrête ainsi, dès le début, l’exécution d’une entreprise qui n’était pas pour sa gloire et qui aurait été une cause de confusion pour Josaphat. Josaphat a compris la leçon ; car lorsque Achazia, fils d’Achab, lui proposa de renouveler l’entreprise, Josaphat «ne le voulut pas» (1 Rois 22:50).

L’enseignement qui en ressort est évident. Le fidèle ne doit point s’associer avec le monde. «Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules... Soyez séparés», dit la Parole (2 Corinthiens 6:14, 17). Puisse chaque chrétien saisir la portée de cette exhortation !

11        Est-ce comme Dieu ou comme homme que Christ a été abandonné, lorsque sur la croix il a crié : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» (Matthieu 27:46 ; Psaume 22:1). Dans le Psaume 22:5, il dit : «Moi, je suis un ver, et non point un homme».

Il est évident, d’après les Écritures, que le Seigneur Jésus Christ «s’est anéanti, étant fait à la ressemblance des hommes», et cela afin de mourir (Philippiens 2:6-8 ; Hébreux 2:9). La mort est entrée par un homme qui a péché, de même la résurrection des morts est introduite par un homme, par Christ, qui est appelé «le second homme» (1 Corinthiens 15:21, 47). Or on ne peut pas ressusciter sans avoir passé par la mort. Nous avons donc là un témoignage bien clair, relativement à l’humanité de Christ en rapport avec la mort, et il y en a d’autres, par exemple Romains 8:3.

Mais, d’un autre côté, il faut se garder de perdre de vue la divinité du Seigneur. Il était la Parole «faite chair» qui habita au milieu de nous, «et la Parole était Dieu» (Jean 1:1, 14). En devenant homme, Il n’a pas mis de côté sa divinité. «Avant qu’Abraham fût, Je suis», dit-il, et les Juifs comprirent si bien que par ces paroles il affirmait sa divinité de la manière la plus positive, qu’ils prirent des pierres pour le lapider. Ce fut la même chose, lorsqu’il a dit : «Moi et le Père, nous sommes un» (Jean 8:58, 59 ; 10:30, 31, 33).

Il est donc impossible de séparer en Christ l’humanité et la divinité. Dans sa nature, il était Dieu, et il est devenu homme en entrant dans ce monde. On comprend donc que dans sa mort il puisse être vu sous différents aspects, ainsi que nous le voyons dans les quatre évangiles. Dans les deux premiers, Matthieu et Marc, Il nous est montré comme «abandonné» sur la croix. Là il est donc question de l’expiation. Dans Matthieu, Christ est présenté comme «fils de David, fils d’Abraham» (Matthieu 1:1), par conséquent, il s’agit plutôt de son humanité.

Mais dans Marc, il est «Fils de Dieu» (Marc 1:1), le parfait serviteur de Dieu, son Fils bien-aimé en qui il trouvait son plaisir (vers. 11). Nous trouvons donc là davantage sa divinité, et ainsi nous avons une réponse à la question.

Les Écritures sont encore plus explicites sur ce point : Matthieu et Marc, les deux seuls évangélistes qui rapportent les paroles de Christ : «Pourquoi m’as-tu abandonné ?» sont aussi les seuls qui donnent le témoignage du centurion au sujet de la mort de Jésus : «Certainement celui-ci était Fils de Dieu» (Matthieu 27:54 ; Marc 15:39). De plus, Marc appuie davantage sur l’expression : «Certainement, cet homme était Fils de Dieu», et il fait ressortir très clairement que la mort du Seigneur était un acte délibéré, et non l’effet de l’assujettissement de notre race déchue au péché et à la mort. Le Seigneur avait pris volontairement sur lui nos péchés, aussi remet-il son esprit au Père de sa propre volonté ; il laissa sa vie de lui-même (Marc 15:37-39 ; comparez Jean 10:17-18). «Ayant jeté un grand cri, il expira». C’est là ce qui frappe tellement le centurion et lui fait rendre ce témoignage : «Cet homme était Fils de Dieu».

Enfin n’oublions pas que la rédemption obtenue par le Seigneur est une «rédemption éternelle», infinie dans sa valeur. Il fallait donc un sacrifice à la hauteur de cette rédemption, celui de l’Agneau de Dieu, préconnu dès avant la fondation du monde (1 Pierre 1:18-20). C’est par le sang de son propre Fils que Dieu a acquis l’Assemblée (Actes 20:28). Et c’est ainsi que la vie et l’incorruptibilité ont pu être mises en lumière par l’évangile (2 Timothée 1:10).

L’expression : «Je suis un ver, et non point un homme», montre le profond degré d’abaissement auquel le Seigneur de gloire avait bien voulu descendre.

12.       Psaume 102:4 : «Mon coeur est frappé, et est desséché comme l’herbe ; car j’ai oublié de manger mon pain». À qui cela s’applique-t-il ?

Nous avons, dans les onze premiers versets de ce psaume, comme aussi au verset 23 et dans la première moitié du 24, l’expression saisissante des plaintes d’un homme accablé d’une profonde douleur. On voit que cette douleur ne provient pas d’un sentiment de péché. C’est la détresse provenant de l’abandon, de la solitude morale, sans personne qui sympathise. Celui qui l’éprouve, dans son humiliation profonde, se voit poursuivi par la haine implacable de ses ennemis, qui prennent occasion de son abaissement pour l’outrager. C’est l’angoisse de quelqu’un qui rencontre devant lui la colère et l’indignation de Dieu (bien qu’il ne soit pas question de péché). C’est la douleur d’un homme qui, ayant été «élevé haut», a été «jeté en bas» (vers. 10), réduit au plus profond abaissement, retranché au milieu de sa carrière.

Or, à qui seul ce passage peut-il s’appliquer, si ce n’est à Jésus, au Christ, au Seigneur envisagé comme homme ? Il était venu au milieu des siens pour être leur Messie, le Roi, et il est rejeté et méprisé. Il anticipe ici, dans ce Psaume, les souffrances et la mort, comme nous voyons dans Jean 12:27 qu’il le fit durant sa vie sur la terre. C’est lui qui fut dans la détresse et l’abandon quand, durant les jours de sa chair, il offrit, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort (Hébreux 5:7). Ce Psaume est l’expression divine des pensées et des sentiments de Christ. En disant : «Ne me cache pas ta face», il voyait d’avance le douloureux moment où il s’écrierait : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» Près de la mort, son coeur était frappé par la douleur ; nul rafraîchissement ne lui était offert ; il était comme l’herbe desséchée par un brûlant soleil, de sorte qu’il en oubliait les besoins de son corps. Tel il était en Gethsémané dans la solitude, emmenant avec lui ses amis, mais ne trouvant auprès d’eux aucun soulagement. Il veillait, il était dans l’angoisse du combat, et eux dormaient. Et bientôt ses ennemis s’approchent avec leurs outrages, en attendant l’indignation et la colère et la dernière humiliation, l’abaissement de la mort sur la croix : «Elevé haut» (il était le Messie), et «jeté en bas». Ce n’est qu’à Christ que tout cela peut s’appliquer.

Un autre trait, qui le montre d’une manière touchante, nous est fourni par la seconde partie du Psaume (v. 12-22). Dans sa détresse, sa douleur, son abandon, nous voyons Christ s’adressant à Dieu, s’attendant à lui, et trouvant sa consolation dans la fermeté immuable des promesses de Dieu pour son peuple. Qu’il soit abandonné, retranché, rejeté, lui le Messie, l’Éternel n’en sera pas moins glorifié dans le rétablissement de son peuple et de Sion à la face des nations. N’est-ce pas là la même pensée qu’en Jean 12:27, 28 : «Maintenant mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton nom». Il abandonne tout, il se livre lui-même pour que son Père soit glorifié.

Mais la troisième partie du Psaume nous montre d’une manière tout à fait évidente qu’il s’agit de Christ (seconde moitié du verset 24 à la fin). C’est la réponse glorieuse et admirable que Dieu fait lui-même et que l’épître aux Hébreux (1:10- 12) cite comme s’appliquant au Fils, à celui qui s’est abaissé et est devenu un homme pour souffrir et mourir. Il est lui-même le créateur des cieux et de la terre ; il est toujours le même, éternel, permanent, subsistant quand les cieux et la terre disparaîtront. Lui Christ, le rejeté, le méprisé, est l’Éternel, le Créateur. Contraste merveilleux et d’une beauté divine ! le comble de l’humiliation et de l’abaissement, d’une part, comme homme, et, de l’autre, sa grandeur comme Dieu immuable !

13.       À qui le terme «la sagesse» s’applique-t-il, et à qui est attribuée l’oeuvre de la création, dans le chapitre 8 des Proverbes ?

Dans tout ce beau passage, «la sagesse» se rapporte évidemment à Christ, qui est «la Puissance de Dieu et la sagesse de Dieu» (1 Corinthiens 1:24). C’est lui qui est l’auteur immédiat de la création (Jean 1:1-3). Le mot «sagesse» l’implique ; voyez Proverbes 3:19 ; Jérémie 10:12 ; 51:15, Remarquons aussi que le mot traduit «nourrisson», au verset 30 du chapitre 8 des Proverbes, a aussi le sens de «ouvrier» ou «artisan». Les mots à double sens sont fréquents dans les livres poétiques, et donnent une grande force aux passages où ils se trouvent. Voyez par exemple combien les deux sens du mot en question répondent admirablement au «pour lui» et «par lui» de Colossiens 1:16. Christ, «la sagesse» (ou «la Parole» selon Jean 1:1), était auprès de Dieu, dès l’éternité, avant le commencement de la création. (Voyez Prov. 8:22-26). Les cinq versets qui suivent parlent de l’oeuvre du deuxième et du troisième jour de la création, alors que Dieu prépara la terre en vue des hommes qui devaient l’habiter ; et dans ces hommes Christ trouvait d’avance ses délices, lui qui était toujours les délices de l’Éternel. Quel bonheur pour nous de l’apprendre !

14.       Comment faut-il comprendre le passage du livre de l’Écclésiaste qui semble rabaisser l’homme au niveau de la bête ? Nous y lisons, chap. 3:19 à 21 : «Car ce qui arrive aux fils des hommes est aussi ce qui arrive aux bêtes ; il y a pour tous un même sort : comme celle-ci meurt, ainsi meurt celui-là ; et ils ont tous un même souffle, et l’homme n’a point d’avantage sur la bête, car tout est vanité. Tout va dans un même lieu, tout est de poussière et tout retourne à la poussière. Qui est-ce qui connaît l’esprit des fils des hommes ? Celui-ci monte-t-il en haut, et l’esprit de la bête descend-il en bas dans la terre ?»

Le livre de l’Écclésiaste s’occupe de ce qui existe «sous le soleil», selon l’expression maintes fois répétée. Son but est de découvrir, par le moyen de l’observation et de l’expérience, où le bonheur se trouve, et de quelle manière on pourrait en jouir. Le prédicateur, qui n’est autre que le roi Salomon, possédait tout ce qu’il fallait pour faire les recherches propres à conduire à ce but et pour en tirer les conclusions les plus justes. Il avait toutes les occasions possibles d’éprouver toutes choses, et il était, plus que nul autre, doué de sagesse et d’intelligence. Il ne faudrait donc pas s’attendre à trouver dans ce livre une révélation divine au sujet de l’état de l’homme ou de sa destinée ; mais la conscience n’y est nullement ignorée, ni le grand fait — toujours propre à exercer la conscience — que «Dieu amènera toute oeuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal» (Chap. 11 :9 ; 12:14). C’est par cette déclaration que se termine l’examen entrepris par l’auteur.

La conclusion qui caractérise le livre d’un bout à l’autre est que «tout est vanité». Les événements terrestres sont envisagés au point de vue des hommes et de ce qu’ils poursuivent, recherchant toujours le bonheur. Avec tous ses efforts et toute sa persévérance, l’homme ne peut atteindre ce but ; de plus, il n’a aucun pouvoir sur l’esprit pour emprisonner l’esprit, ou pour empêcher que la mort n’arrive lorsque son jour est venu de mourir. Il n’y a pas de dispense dans une telle guerre (chap. 8:8), et certes, en présence de la mort, l’homme, si intelligent qu’il soit, n’a pas plus de pouvoir que la bête : «tout est de poussière, et tout retourne à la poussière». (Comparez Psaume 49:7-13). Puis, chose triste à dire, mais que l’on ne saurait taire, l’homme, laissé à lui-même, sans le secours d’une révélation divine, ne sait pas ce qui va lui arriver après la mort. Le sentiment de la responsabilité, ou la conscience, lui dit que tout n’est pas fini, car Dieu amènera tout en jugement ; mais il ne peut pas deviner, ni trouver par son intelligence, quel sera son avenir. Les divagations des philosophes de tous les âges sont là comme une triste preuve de ce fait. Mais le prédicateur ne voulait ni ne pouvait clore son livre sans faire un tableau des plus saisissants de ce qu’est le dépérissement du corps humain, description qui se termine ainsi : la poussière retourne à la terre, comme elle y avait été, et l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné (chap. 12:7). Nous l’apprenons par la révélation, et nous le croyons parce que Dieu nous l’a dit. «L’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante» (Genèse 2:7). Voilà le secret de la différence entre l’homme et les animaux. Ce souffle de vie ne peut être anéanti. L’homme a une existence éternelle, et il est responsable envers Dieu, son Créateur.

Dans les Écritures, l’expression «âme vivante», ou «être vivant» est appliquée aux animaux aussi bien qu’à l’homme (Genèse 1:20, 24, etc.). Ainsi, on n’avance pas nos recherches en insistant sur une modification de sens de cette expression, ou dans son application. Pour saisir la différence entre l’homme et les animaux, il ne s’agit pas de s’en tenir aux apparences extérieures. D’après celles-ci, le même couteau qui saignerait une bête, ôterait la vie à un homme absolument de la même manière. Si nous nous bornons aux apparences, limitant notre pensée à ce qui est «sous le soleil», nous arriverons nécessairement à la conclusion signalée dans notre texte. Par nous-mêmes, nous ne pouvons pas démontrer que l’esprit de l’homme monte en haut, ou que l’esprit de la bête descend en bas dans la terre (v. 21). Mais la révélation divine nous apprend que les animaux sont devenus «âmes vivantes» par la parole qui les appela à l’existence. Pour eux, il n’en fallait pas davantage, tandis que pour l’homme il fallait autre chose. Après avoir été «formé» de la poussière de la terre, il fut animé par le souffle de Dieu. C’est ce qui explique l’affirmation de l’Écclésiaste (12:7) citée plus haut. De ce souffle divin vient et son existence éternelle et sa responsabilité.

15.       «Il y a tel juste qui périt dans sa justice, et il y a tel méchant qui prolonge ses jours par sa méchanceté» (Écclésiaste 7:15). Le mot «juste» désigne-t-il un croyant ? Ou bien un homme à propre justice comme dans Ésaie 29:14 : «La sagesse de ses sages périra».

Un petit mot qui se retrouve vingt-neuf fois dans les dix premiers chapitres de l’Écclésiaste, imprime un cachet singulier sur l’écrit tout entier, c’est «sous le soleil». Ce livre décrit les expériences de l’homme dans toutes les circonstances diverses de la vie présente. Ces expériences sont racontées avec exactitude par un homme auquel Dieu avait accordé la sagesse pour tout voir selon la vérité ; elles sont résumées par cette parole accablante : «tout est vanité et rongement d’esprit».

Le verset 15 du chap. 7, décrit une de ces expériences pratiques. Le terme «juste» y est relatif : il est en contraste avec le «méchant». Quelques versets plus bas, le mot est employé dans un autre sens, un sens absolu : envisagé ainsi, il n’y a pas d’homme «juste» sur la terre, qui ne pèche pas (chap. 7:20). Au verset 15, c’est relatif et peut s’appliquer à toute sorte de justice. C’est un fait que la justice ne nous garantit pas la vie du corps et les avantages temporels dans un monde où règne le péché. Cette vérité peut admettre toutes sortes d’applications pratiques ; elle se borne ici à ce qui se voit sous le soleil c’est-à-dire dans ce monde-ci, sans qu’il soit question de l’autre.

Le passage d’Ésaïe 29:14, traite du jugement de Dieu sur le peuple d’Israël.

16.       Quel est le caractère du jugement dont est menacé le prophète qui faillirait à ses devoirs vis-à-vis du peuple ? (Jérémie 1:17).

Il nous semble que la pensée de l’Esprit dans le passage cité, relève le fait d’un jugement plutôt que son caractère, celui-ci étant déterminé par la souveraine sagesse de Dieu, suivant ce que les circonstances pourraient exiger. Le serviteur de Dieu est responsable envers Celui qui l’a envoyé. Il doit annoncer sans crainte la parole, ou le message divin qu’il a reçu. Ce n’est pas à lui de raisonner sur le message comme le fit Jonas lorsqu’il s’enfuit à Tarsis. Le message est entièrement entre les mains de Dieu. Le messager doit le transmettre fidèlement, un point, c’est tout. On trouve le même principe établi en Ézéchiel, chap. 33:1-9.

17.       Dans le chapitre 3 des Lamentations, verset 27, quelle différence y a-t-il avec le «.joug» du chap. 11:29-30 de Matthieu ?

Les grands principes des voies de Dieu envers l’homme, que nous trouvons dans l’Ancien Testament, sont vrais, quelle que soit la forme spéciale de la «dispensation» sous laquelle on vit. Bien loin de perdre leur valeur sous la dispensation chrétienne où nous sommes, ils ont une double application : d’abord ils nous font comprendre comment Dieu agit dans son gouvernement ; ensuite ils nous donnent l’intelligence du sentier dans lequel a toujours marché, en homme divinement parfait, celui qui est à la fois notre modèle et notre Seigneur, savoir Jésus Christ. Toute la parole de Dieu se rapporte à lui (Luc 24:27, 44).

«Il est bon à l’homme de porter le joug dans sa jeunesse». Voilà le grand principe moral. «La jeunesse» est, en effet, le moment propice et ordonné de Dieu pour apprendre l’obéissance. (Comparez le livre des Proverbes, surtout ch. 1 à 4, 8, 10:1, etc.). Que de peines, que d’expériences pénibles sont évitées lorsqu’on apprend jeune encore cette précieuse leçon ! Si l’on a été habitué «au joug» dans sa jeunesse combien plus faciles deviennent les leçons de la vie, et soi-même plus apte à en profiter !

Voyez, ensuite, dans l’évangile de Luc, la gloire morale de Celui qui, par sa sagesse à l’âge de douze ans, étonnait les docteurs dans le temple à Jérusalem, mais qui était pourtant «soumis» à ses parents (chap. 2:41-52). Contemplez le «joug» que portait de si bon gré celui qui est venu pour faire la volonté de Dieu, Celui qui, «étant en forme de Dieu», n’avait pas été dans la position d’obéir, mais qui «s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave», afin de se trouver dans la plénitude de sa grâce tout près de nous dans ce monde de souffrance et de misère, et nous apprendre à être parfaits en tout, dans le sentier de l’obéissance. «Il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes» ; il a souffert, étant tenté : par conséquent il est à même de secourir ceux qui sont tentés. Dans le sentier de l’obéissance, le chrétien n’est pas seul ; il y trouve, pendant toute la durée de sa course, la force et l’encouragement que donne la sympathie de Jésus. Paul désirait connaître Christ en souffrant avec Lui dans son sentier à travers la terre (Philippiens 3). Nous aussi, nous avons à apprendre de Celui qui a toujours été débonnaire et humble de coeur, en portant son joug dans les détails journaliers d’une vie dévouée au Seigneur, lui étant soumis en toutes choses. Nous jouirons ainsi de ce repos de l’âme que l’on ne trouve qu’en suivant de près Celui qui faisait toujours ce qui était agréable à son Père. On possède ainsi une joie céleste qui inonde le coeur et fait éprouver en pratique que son joug est aisé et son fardeau léger.

18.       Pourquoi Dieu permet-il que des «sages» tombent ?(Daniel 11:35).

Le passage dit que c’est «pour les purifier, et pour les blanchir, jusqu’au temps de la fin». Il s’agit d’un moment dans l’histoire du peuple juif où la puissance du mal est telle que le culte habituel de ce peuple est interrompu, et que le lieu saint même est souillé par la présence de l’abomination (l’idole) «qui cause la désolation». Cela a eu lieu du temps d’Antiochus Épiphane, et se renouvellera «à la fin», comme le Seigneur le montre (Matthieu 24:10-15).

Dieu permet quelquefois de terribles épreuves de ce genre pour manifester ceux qui sont à lui. Les fidèles sont forcés de se déclarer, malgré la persécution suscitée contre eux, persécution qui peut devenir impitoyable au point qu’ils sont «estimés comme des brebis de tuerie», et que leurs ennemis se moquent d’eux, en disant : Où est leur Dieu ? (Psaume 42:2-5 ; Michée 7:1 -10 ; Romains 8:35-37). Il est de ces moments ou l’âme ne trouve de secours qu’en Dieu, toutes les circonstances extérieures étant contraires, et le pouvoir, selon toute apparence, étant entre les mains de Satan. Il en a été ainsi lors de la crucifixion du Seigneur, et cela s’est souvent reproduit dans les persécutions de l’Église. La récompense viendra plus tard ; malgré tout ce que les hommes disent ou font en s’opposant à la vérité, celle-ci triomphera à la fin (Ésaïe 65:1-16 ; Matthieu 16:24-27). On comprendra alors, comme Job, «la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux» (Jacques 5:11).

19.       Quelle est la différence entre «le soleil de justice» et «l’étoile du matin», qui l’un et l’autre sont, si je ne me trompe, des types de Christ ?

En effet, c’est Christ qui est représenté sous ces deux images.

La première se trouve dans le dernier chapitre du prophète Malachie qui annonce la seconde venue du Seigneur en gloire, et pour le jugement. Nous disons «seconde» venue, bien que, dans l’Ancien Testament, il ne s’agisse que d’une venue, le Messie étant toujours présenté d’une manière personnelle, sans qu’il soit question de distinguer entre les deux avènements. Mais lorsqu’il est venu la première fois, il a dit : «Je ne suis pas venu afin de juger le monde, mais afin de sauver le monde» (Jean 12:47). De plus, après avoir parlé ouvertement, pour la première fois, de sa mort et de sa résurrection, il dit clairement que le Fils de l’homme devait venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite (Matthieu 16:21-27). C’est donc à cet avènement en gloire que se rapporte le passage de Malachie. Le «soleil de justice» brillera, et ceux qui craignent son nom se réjouiront et trouveront la santé dans ses ailes, tandis que pour les méchants «le jour» sera révélé en feu (comparez 1 Corinthiens 3:13), et tout ce qui ne supportera pas l’épreuve de la sainteté de Dieu sera brûlé. D’autre part, de même que le soleil, quand il se lève, répand partout ses rayons bienfaisants, sa lumière et sa chaleur, ainsi «la terre sera pleine de la connaissance de la gloire de l’Éternel comme les eaux couvrent le fond de la mer» (Ésaïe 11:9, Habakuk 2:14),

Ces prophéties se rapportent donc à l’établissement du règne du Seigneur Jésus Christ en gloire et en justice sur cette terre. D’après l’Apocalypse (20:6) nous savons que ce règne durera mille ans.

Mais dans le dernier chapitre de l’Apocalypse, le Seigneur, s’adressant à ceux qui le connaissent actuellement, savoir, aux «assemblées» chrétiennes, présente sa venue comme prochaine, en se servant d’une nouvelle figure, celle de «l’étoile brillante du matin» (vers. 16). L’Esprit et l’épouse comprennent cette parole et répondent immédiatement : «Viens». L’étoile du matin se lève avant le soleil ; elle est souvent visible longtemps avant que la moindre lueur de l’aurore ait commencé à poindre à l’orient. Sa pure lumière, brillant dans le ciel, attire les pensées en haut. Elle est ainsi l’emblème — 1° de ce que Christ est pour «l’assemblée», l’Église, qui est son corps, son «épouse» — 2° et de cette espérance céleste qui appartient à l’Église et qui la caractérise.

Le mystère de l’Église, caché dans les temps anciens, n’est jamais présenté ni comme doctrine, ni comme sujet de prophétie dans l’Ancien Testament. Il se discerne dans quelques types dont l’explication était réservée pour le moment où le Saint Esprit, étant descendu ici-bas après la glorification du Seigneur Jésus, formerait cette Église sur la terre. Tel est, par exemple, le type d’Ève, femme d’Adam, appliqué spirituellement en Éphésiens 5:31, 32. Mais la révélation de ce mystère fut confiée à l’apôtre Paul (Éphésiens 3 ; Colossiens 1).

L’Église - formée de tous les véritables croyants vivifiés par le Saint Esprit et devenus sa demeure — est unie à Christ comme les membres de son corps, en sorte que toute distinction de nationalité a disparu (Colossiens 3:11). La vocation du chrétien est toute céleste. Sa vie est maintenant cachée avec Christ en Dieu ; quand Christ sera manifesté, alors nous aussi nous serons manifestés avec Lui en gloire (Colossiens 3:1-4). Lorsqu’il régnera, nous régnerons, c’est-à-dire, qu’avant de manifester sa gloire sur toute la terre comme «soleil de justice», Christ viendra chercher son Église et la fera entrer dans la gloire qu’il a préparée (1 Thessaloniciens 4:15-18). Or cela n’a jamais été un sujet de prophétie. Comparez Apocalypse 19:13, où les noces de l’Agneau sont célébrées avant que le Seigneur, comme la Parole de Dieu, sorte du ciel pour juger le monde.

Que Dieu, dans sa bonté, attache toujours plus nos coeurs à la personne de Christ, afin que nous soyons dirigés en toutes choses par le Saint Esprit qui forme en nous des affections célestes, contents de faire le sacrifice de tout avantage terrestre, souffrant avec Christ maintenant, chérissant dans nos coeurs «l’étoile du matin» (2 Pierre 1:19).

20.       Que représente le «sel» dans les passages Matthieu 5:13, et Marc 9:50 ?

D’une manière générale, le «sel» présente un contraste avec la corruption. Il est un agent conservateur contre la corruption, pour le maintien efficace de la pureté. En outre, il a de la «saveur», et il en donne. Voyez Job 6:6. On comprend donc pourquoi, dans les directions données pour les sacrifices, il est mentionné en rapport avec l’alliance de Dieu. Toute offrande devait être «assaisonnée de sel» (Lévitique 2:13). Cela rappelait au coeur du fidèle Israélite que les sacrifices n’étaient pas une simple formalité à laquelle tout homme, pur ou impur, pouvait prendre part. Dieu, qui sonde le coeur, veut la vérité dans l’homme intérieur (Psaume 51:6). Il demande la droiture, la pureté des intentions et des affections chez tous ceux qui s’approchent de lui en vertu de cette alliance, laquelle, du côté de Dieu, ne peut jamais faire défaut.

Le Seigneur, dans le chap. 9 de Marc, à la fin du passage solennel qui met devant nous l’alternative entre «la vie» et les tourments de la géhenne, fait allusion, non seulement aux injonctions citées ci-dessus au sujet des sacrifices, mais aussi à «la saveur» du sel, mentionnée également dans l’Évangile de Luc, chap. 14. «Tout sacrifice», dit-il, «sera salé de sel». Le mot «sacrifice» ici doit évidemment être compris dans le sens que l’apôtre lui donne dans l’épître aux Romains (chap. 12:1 ; 15:16) ; en un mot, c’est un croyant véritable, qui appartient à Dieu en vertu de la grâce dont il est l’objet, et qui doit être maintenu dans un état de pureté répondant à ses relations établies avec Dieu. C’est donc à cela que le croyant doit faire attention, veillant à ce que rien ne contrevienne à ces relations, soit par les agissements d’un coeur charnel, soit dans ses rapports avec autrui. «Ayez du sel en vous-mêmes», dit le Seigneur, «et soyez en paix entre vous».

Si l’on ne fait pas attention à garder une conscience sensible et délicate, le «sel» peut «perdre sa saveur». Et dans ce cas-là, qu’est-ce qui agira sur nous pour redresser des affections déréglées, ou pour nous rendre attentifs quand nous avons manqué à nos devoirs ? Le Saint Esprit, par le moyen de la parole de Dieu, occupe nos coeurs de Christ, et nous sommes ainsi gardés dans le jugement de nous-mêmes qui convient à un chrétien marchant dans la présence de Dieu. Mais il faut de la vigilance ; il faut du courage pour obéir ; il faut persévérer dans la prière, en attendant le retour de Christ. (Voyez Jude 20:21).

Dans le passage de Matthieu 5:13, le Seigneur dit que les chrétiens sont «le sel de la terre», — précieux privilège, en effet, qui réveille les affections implantées dans le croyant, et les exerce en faveur d’un monde qui «gît dans le méchant». Si la patience de Dieu s’exerce constamment envers les pécheurs pendant ce jour de grâce, les chrétiens doivent comprendre leur responsabilité de «prier pour tous les hommes», afin que Dieu, dans sa bonté, suspende le jugement jusqu’à ce que les pécheurs soient convertis (1 Timothée 2:1-6). Le Seigneur a trouvé un trésor dans le «champ» de ce monde, et il l’y a caché ; mais il nous dit qu’il a acheté le champ à cause du trésor (Matthieu 13:44). Il convient donc que nous soyons pénétrés de cette pensée, et que notre attitude vis-à-vis du monde soit caractérisée par la grâce du Seigneur qui est venu pour le sauver et qui, dans ce but, a laissé sa vie. C’est dans ce sens que les croyants sont le sel de la terre, car c’est à cause d’eux que Dieu a patience envers la terre et qu’il ne la détruit pas à cause de sa corruption. Raison de plus pour que le chrétien veille à ce que le sel ne perde pas sa saveur,

21.       Comment faut-il comprendre le passage, Matthieu 5:25, 26 ?

En premier lieu, le Seigneur faisait sans doute allusion à sa présence au milieu du peuple, présence qui caractérisait son appel à la repentance, car «le royaume des cieux s’était approché» (chap. 4:17). Il fallait se mettre en règle avec Dieu pendant que l’occasion était offerte pour le faire, avant de comparaître devant Celui qui jugera chacun d’après les principes de Sa justice, sans faire acception de personnes. C’était un moment de grâce, dont on ne devait pas abuser. Les pauvres en esprit, les débonnaires, ceux qui menaient deuil, étaient bienheureux. Bientôt le jugement serait établi, et alors l’invitation à profiter de la grâce cesserait. Avant toute chose, il fallait se placer en vérité devant Dieu, qui connaît et sonde tous les coeurs, selon leur état actuel, et non pas quant à ce qu’on aurait désiré être ou faire.

C’est là ce que nous avons tous à faire ; car le jour de la grâce dure encore. Nous sommes «en chemin avec la partie adverse», avec Dieu qui nous condamnera sûrement, si nous ne profitons pas de la grâce qui nous est offerte.

22.       1) Dans le chapitre 11 de Matthieu, Jean le baptiseur manifeste-t-il un doute au sujet de la personne du Messie quand il envoie ses disciples à Jésus pour lui demander s’il est celui qui doit venir ?

2) Comment le plus petit dans le royaume des cieux est-il plus grand que Jean ?

Il ne faut pas oublier la position dans laquelle se trouvait alors Jean le baptiseur. Le témoignage public qu’il avait eu à rendre au Messie se trouvait terminé du fait de son emprisonnement. Il semblait abandonné et oublié de Celui qu’il avait annoncé, et qui, cependant, montrait sa puissance divine par les miracles dont Jean entendait parler. Mais au moment où l’espérance des fidèles, nourrie par toutes les prophéties, semblait sur le point d’être réalisée, Jean s’aperçoit qu’au lieu d’établir la gloire du royaume et de faire valoir son autorité en puissance sur la nation, Jésus se borne à accomplir des oeuvres de grâce au milieu des pauvres de la terre, et laisse en prison celui qui avait été envoyé devant sa face comme son ambassadeur.

En présence de cette profonde épreuve pour son coeur et pour sa foi, la question de Jean paraît toute naturelle : «Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ?» Dans un sens, il y a donc doute et trouble chez Jean. Mais remarquons combien la vraie foi diffère essentiellement de l’intelligence humaine : elle ne raisonne pas, elle attend un éclaircissement de celui qui seul peut le donner. Jean sentait que Jésus, et Jésus seul, pouvait répondre à sa question, calmer son inquiétude et dissiper ses doutes. Il s’adresse donc à Jésus. S’il y a défaillance et preuve de l’infirmité humaine chez celui qui était «le plus grand parmi ceux qui sont nés de femme», il n’y a pas moins chez lui une foi toute simple en celui vers qui il envoie ses disciples.

Citons quelques lignes des Etudes sur la Parole : «Dieu a permis cette question pour mettre chaque chose à sa place. Christ étant la parole de Dieu, dut être son propre témoin. Il dut rendre témoignage à lui-même, aussi bien qu’à Jean, et ne pas recevoir témoignage de Jean ; c’est ce qu’il fit en présence des disciples de Jean. Il guérissait toutes les maladies des hommes et prêchait l’Évangile aux pauvres, et les envoyés de Jean devaient porter à leur maître ce vrai témoignage de ce que Jésus était. Jean devait le recevoir...»

Ayant placé Jean sous la responsabilité de la réception du témoignage qui mettait tout Israël à l’épreuve, et qui distinguait le résidu de la nation en général, le Seigneur rend témoignage à Jean. En s’adressant à la foule et en rappelant à cette foule de quelle manière elle avait écouté les discours de Jean, il fait voir le point précis où Israël était arrivé dans les voies de Dieu. L’introduction du royaume faisait la différence entre ce qui précédait et ce qui suivait. Personne n’a été aussi près du Seigneur, ne lui a rendu un témoignage plus précis, plus complet que Jean le baptiseur. Il a été séparé de tout mal, par la puissance de l’Esprit de Dieu, et sa séparation était telle qu’elle le rendait propre à l’accomplissement d’une pareille mission au milieu du peuple de Dieu. Mais Jean n’avait pas été dans le royaume ; le royaume n’était pas encore établi. Or, être dans la présence de Christ, dans son royaume, jouissant de l’effet de l’établissement de sa gloire, valait mieux qu’aucun office de prophète témoignant et annonçant que ce royaume allait arriver. Cet établissement de la gloire du royaume n’est pas l’établissement de l’Église, mais des droits du roi, tels qu’ils se manifesteront dans la gloire. Les bases de ce royaume étant posées, les chrétiens sont dans le royaume, quoique d’une manière toute particulière et exceptionnelle. En effet, ils ont part au royaume et à la patience de Jésus Christ, glorifié, mais caché en Dieu. Ils partagent ici-bas le sort du roi absent ; ils souffrent avec lui, et ils régneront avec lui dans la gloire quand il apparaîtra (voyez Apocalypse 1:9 ; 2 Timothée 2:12 ; Romains 8:17).

Comme chrétiens, nous sommes donc dans une position plus excellente que celle de Jean ; mais être dans cette position et y être fidèle, ce sont deux choses bien différentes : rappelons-nous cela. Ayons l’intelligence spirituelle de nos hauts privilèges et des saintes responsabilités qui en découlent, pour que nous y marchions à la gloire du Seigneur qui s’est donné lui-même pour nous racheter.

23.       Comment faut-il entendre le verset 12 du chapitre 11 de Matthieu ? «Depuis les jours de Jean le baptiseur jusqu’à maintenant, le royaume des cieux est pris par violence, et les violents le ravissent».

Au moment où le Seigneur Jésus, parlant aux foules, rendait son témoignage à Jean comme étant «le plus grand de ceux qui sont nés de femme», celui-ci était dans la prison d’où il ne sortit plus vivant, et il ne se passa pas longtemps avant que le «roi», dont Jean avait annoncé la venue, fût également mis à mort. Une prophétie du Seigneur a eu ainsi son accomplissement. Répondant à ses disciples qui l’interrogeaient au sujet de la prophétie de Malachie (chap. 4:5), Jésus leur dit : «En effet, Élie vient premièrement, et il rétablira toutes choses ; mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu ; mais ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu ; ainsi aussi le Fils de l’homme va souffrir de leur part». Les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean le baptiseur, qui était en effet le précurseur du Seigneur (Matthieu 17:9-13).

Jésus a daigné faire voir aux disciples pour quelques instants la gloire de son avènement futur «dans son royaume», mais le royaume n’était pas encore établi et ne pouvait l’être avant que Jésus eût accompli l’oeuvre de la rédemption en subissant la croix. Lorsque le Seigneur était sur le point d’entrer dans Jérusalem, peu de jours avant sa mort, la foule qui l’accompagnait pensait «que le royaume de Dieu allait immédiatement paraître». C’est alors qu’il leur montra par une parabole que, pour recevoir le royaume, il devait aller d’abord «dans un pays éloigné», c’est-à-dire au ciel, et ensuite «revenir» (Luc 19:11, 12). Sans cela, la prophétie de Daniel ne pouvait être accomplie, car il y est dit expressément que le Fils de l’homme viendra «avec les nuées des cieux», au moment où il lui sera donné une domination éternelle et un royaume qui ne sera pas détruit, pour que tous les peuples, les peuplades et les langues le servent (Daniel 7:13, 14).

En vue de l’établissement du royaume des cieux, le Seigneur, de même que Jean, avait prêché la repentance. Jean n’avait fait aucun miracle, mais Jésus avait accompagné sa prédication de beaucoup de miracles de grâce et de bonté, qui cependant ne firent pas une impression durable sur le peuple incrédule. Il le compara à de petits enfants assis dans les marchés et criant à leurs compagnons : «Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous vous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés». Ils n’avaient pas prêté l’oreille à l’austère prédication de Jean pour venir à la repentance, et ils ne s’étaient pas laissés attendrir par l’intervention puissante du Dieu de toute grâce, pour chercher auprès de lui le pardon et la paix.

La foule, la nation en général, était indifférente ; les chefs tenaient déjà conseil contre Jésus pour le faire périr, et il fallait peu de chose pour engager la foule à se ranger du côté des chefs et à crier : «Crucifie-le». Tel était le moment solennel où Jésus parlait de Jean, le plus grand et le dernier des prophètes d’Israël. Le royaume était annoncé, mais pas encore établi, et pour y prendre part, en s’associant au roi rejeté, il fallait aller à l’encontre du monde qui ne voulait nullement la gloire et la sainteté de Dieu.

Selon les paroles d’un autre : «L’énergie de l’Esprit poussait l’homme à faire son chemin à travers toutes les difficultés et toute l’opposition des chefs de la nation et d’un peuple aveugle, pour jouir coûte que coûte du royaume d’un roi rejeté par l’aveugle incrédulité de ceux qui auraient dû le recevoir. Il fallait, puisque le roi était venu dans l’humiliation et qu’il avait été rejeté, il fallait cette «violence» pour y entrer... Si le royaume avait paru dans la gloire et dans la puissance de son chef, la violence n’aurait pas été nécessaire pour y entrer ; les enfants du royaume en auraient joui, comme de l’effet assuré de cette puissance ; mais Dieu voulait qu’ils fussent mis à l’épreuve moralement». (Études sur la Parole).

24.       Quel est le péché qui ne sera jamais pardonné aux hommes «ni dans ce siècle, ni dans celui qui est à venir» ? (Matthieu 12:32).

Le passage parallèle, dans l’évangile de Marc, ne laisse substituer aucun doute sur ce sujet ; car nous y trouvons l’explication des «paroles injurieuses contre l’Esprit Saint» auxquelles le Seigneur faisait allusion. Il y est ajouté : «C’était parce qu’ils disaient : Il a un esprit immonde».

Attribuer ouvertement à Satan les oeuvres miraculeuses par lesquelles le Seigneur démontrait sa puissance divine, c’était fermer la dernière porte que la grâce de Dieu avait ouverte en faveur de son peuple incrédule et rebelle, c’était aller au devant d’un jugement inévitable en portant à son comble la haine du coeur naturel contre Dieu et contre son Fils bien-aimé. Personne ne pouvait nier les miracles que Jésus faisait. Les reconnaître comme venant de Dieu, c’était reconnaître Jésus comme le Messie. C’est ce que les scribes de Jérusalem ne voulaient pas faire. Pour maintenir leur autorité, ils ne voyaient qu’une chose à faire, déclarer que le Christ chassait les démons par Béelzébul, le chef des démons. Leur folie fut mise en évidence par le Seigneur, et en même temps leur jugement.

25.       Dans le chapitre 16 de Matthieu, le Seigneur dit que les portes du hadès ne prévaudront pas contre son Église. Comment faut-il comprendre ce passage ? Est-ce que la ruine actuelle de l’Église professante a tellement changé les choses que ce passage n’a plus son application ?

La confession de Pierre d’après la révélation qu’il avait reçue du Père, déclarait la vérité quant à la personne du Sauveur, sûr fondement de l’Église. Jésus est lui-même le roc sur lequel il bâtit son assemblée. C’est lui-même révélé, non seulement comme le Christ, dépositaire et garant de toutes les promesses, mais encore comme le Fils du Dieu vivant, qui était dès l’éternité dans le sein du Père, existant avant toute promesse et indépendamment de tout ce qui a été fait. D’ailleurs tout ce qui a été fait était son oeuvre, créé par lui et pour lui. L’Église, étant bâtie sur ce fondement, partage ce caractère de vie impérissable, contre laquelle le pouvoir de Satan ne saurait prévaloir. Car c’est dans ce sens qu’il faut envisager «les portes du hadès». Les «portes» étaient le siège de l’autorité. Il s’agit donc du pouvoir de la mort et de celui qui a ce pouvoir, c’est-à-dire de Satan (voyez Hébreux 2:14).

Par conséquent, il n’est nullement question ici des manquements des hommes, des erreurs de toute espèce qui se sont glissées dans l’Église, et de leurs suites funestes, suites rendues toujours plus désastreuses à cause de la faiblesse des hommes et de leur insoumission à Christ. Il s’agit de ce que Christ fait lui-même, par sa propre puissance et d’après ce qu’il est en lui-même. Il ne se trompe jamais, ni ne peut se tromper ; et, au milieu de toute la confusion extérieure, demeure pour les fidèles cette précieuse consolation appelée le «sceau» du «solide fondement de Dieu» : «Le Seigneur connaît ceux qui sont siens» (2 Timothée 2:19). Celui qui a commencé cette oeuvre merveilleuse l’achèvera en son temps, car elle n’est pas encore terminée. Une fois complète, l’Église, après avoir été enlevée pour être avec le Christ dans le ciel, sera manifestée «descendant du ciel, d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu» (Apocalypse 21:10).

Il est bien vrai que les hommes ont eu leur part dans la construction de l’Église, et que tout ce qui a été fait par les hommes sera soumis au jugement. L’apôtre le démontre clairement dans le chapitre 3 de la 1° Épître aux Corinthiens. Mais dans ce passage de Matthieu il ne s’agit que de l’oeuvre de Christ, oeuvre qu’il garde entre ses mains seules, et qu’il achève pour le Père, selon ses propres perfections. Ce sera l’accomplissement le plus élevé de cette parole : «Lui bâtira une maison à mon nom» (2 Samuel 7:13). Tout vrai croyant est une «pierre vivante» dans cet édifice (voyez 1 Pierre 2:4-5). Une fois placé par le Seigneur sur le fondement inébranlable, il y reste ; sa mort, si elle survient, n’infirme en rien sa position dans l’Église de Dieu.

26.       Comment faut-il comprendre l’expression dont le Seigneur se sert, en parlant d’un «disciple» : «Qu’il prenne sa croix» ? (Matthieu 16:24 ; Luc 9:23).

Le Seigneur venait de parler pour la première fois de sa mort ; c’était au moment où il devait quitter la Galilée pour se rendre à Jérusalem où le supplice de la croix l’attendait. Personne sauf lui, ne le comprenait ; mais la circonstance était bien propre à faire peser sur la conscience de ses disciples le caractère du chemin qu’il suivait en accomplissant la volonté du Père. La croix était nécessaire pour qu’une expiation fût faite. Sans la propitiation, nos péchés auraient barré pour toujours tout accès auprès de Dieu. Sans la mort de Jésus, personne n’aurait pu avoir part avec lui (Jean 12:24). Tout le témoignage du Seigneur, tout son service devait avoir cet aboutissement ; et, étant appelés à le suivre, nous devons comprendre quel est le chemin où il a marché. Il n’y en a pas d’autre, où, en nous attachant à ses pas, nous puissions porter le caractère d’un «disciple». Ce fait, qui éprouve le coeur humain plus que toute autre chose, est exprimé par la figure de «prendre la croix». Si nous trouvons à la croix de Jésus la délivrance de tout le fardeau de nos péchés, nous devons aussi accepter la croix comme caractérisant le chemin que Christ a parcouru en traversant le monde qui n’a pas voulu de lui. Son chemin devient ainsi notre chemin, sa croix, notre croix. L’apôtre Paul l’a envisagé de cette façon, comme on peut le voir facilement dans l’épître aux Galates (5:11, 24 ; 6:14). Par conséquent chaque disciple doit apprendre à se charger de sa croix en suivant son maître, et en l’attendant. Luc ajoute «chaque jour».

27.       Comment faut-il comprendre le dernier verset du chapitre 16 de l’évangile de Matthieu : «Il y en a quelques-uns de ceux qui sont ici présents, qui ne goûteront point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le Fils de l’homme venant dans son royaume» (v. 28) ?

Pour la première fois, le Seigneur, venait d’entretenir ses disciples de sa mort prochaine et de sa résurrection. Il allait bientôt quitter définitivement la Galilée, se rendant à Jérusalem pour subir la croix. L’occasion était favorable pour insister sur le caractère de son chemin qui ne pouvait qu’imprimer son cachet sur celui de ses disciples. Jésus, inconnu du monde, rejeté des siens, devait mourir. C’est pourquoi tout disciple fidèle avait à se renoncer lui-même et à prendre sa croix, en suivant son Seigneur. Comment le faire ? La chair n’aime pas à s’avancer vers la mort. À vues humaines, c’était difficile, pour ne pas dire impossible.

Toutefois, Jésus veut fortifier le coeur des siens, en leur montrant la gloire où ce chemin aboutissait, afin qu’ils soient à même de choisir, en connaissance de cause, entre «le monde» et le salut de leur âme. Il leur dit que quelques-uns étaient là qui ne goûteraient point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le Fils de l’homme venant dans son royaume. Puis, à une semaine d’intervalle, il prend avec lui trois de ses disciples sur la montagne, et là il est transfiguré devant eux. C’est alors qu’ils entendent cette voix «de la gloire magnifique» qui reconnaissait Jésus comme le Fils bien-aimé. Nous comprenons l’importance de cette déclaration par le témoignage de l’apôtre Pierre, dans sa seconde épître.

L’espérance de voir Jésus dans sa gloire plutôt que d’attendre la mort est aujourd’hui celle du chrétien. Du reste, nous savons que les croyants vivants sur la terre, lorsque le Seigneur reviendra, seront ravis à sa rencontre sans passer par la mort. Voyez Jean 21:23 ; 1 Corinthiens 15:51 ; 1 Thessaloniciens 4:17, et d’autres passages. La même espérance encouragera le résidu fidèle et persécuté parmi les Juifs aux derniers jours (Psaumes 102:16 ; Ésaïe 33:17 ; etc.).

28.       Comment se fait-il que Pierre ait pu reconnaître Moïse et Élie sur la montagne de la transfiguration ? (Matthieu 17:3).

Est-ce que la grande bénédiction de ce passage, pour nous, ne se trouve pas précisément dans le fait qu’une révélation n’a pas été alors nécessaire pour Pierre, comme précédemment lorsqu’il s’agissait de dire qui le Seigneur était ? Dans sa deuxième épître, l’apôtre appelle la nuée lumineuse : «le ciel». C’était en effet, pour un petit moment, le ciel sur la terre. Dans le ciel il n’y a pas besoin d’une révélation spéciale pour connaître quoi et qui que ce soit. Nous connaîtrons comme nous avons été connus (1 Corinthiens 13:12). Sur la terre il faut la révélation du Père pour discerner le Fils (Matth. 16:16, 17). Cette révélation nous l’avons dans sa Parole, et la connaissance qui en résulte, c’est «la vie éternelle» (Jean 17:3).

29.       La parabole de Matthieu 18:12 à 14, est-elle la même que celle de Luc 15:1 à 7 ? Est-ce que «les quatre-vingt-dix -neuf» brebis «qui ne se sont pas égarées» doivent être considérées comme des «justes» qui n’ont pas besoin de repentance ?

Les deux Paraboles nous paraissent essentiellement différentes, non seulement à cause du caractère différent des évangiles de Matthieu et de Luc, mais aussi à cause des termes dans lesquels elles sont présentées. En Matthieu, il est particulièrement question des petits enfants, et pas un mot n’est dit de «la repentance». Dans l’évangile de Luc, au contraire, du commencement à la fin, la nécessité de la repentance forme l’un de ses grands traits. Par conséquent, on ne peut pas rapprocher ces deux paraboles, bien que dans les deux le Seigneur se serve de la même figure.

Il est à noter qu’en parlant de son oeuvre, le Sauveur ne dit pas en Matthieu qu’il est venu «chercher» ce qui est perdu. Cette expression est à sa place cependant dans Luc 19:10, où un «pécheur» Zachée, qui ne connaît pas encore ce que Christ est venu faire, s’efforce de faire valoir sa justice devant lui, — chose qu’un petit enfant ne fait pas ; et pour la simple raison qu’il n’est pas encore arrivé à l’état de connaissance qui, pour satisfaire à notre orgueil, exige de tels efforts. En Matthieu 18:11, le Seigneur dit que «le Fils de l’homme est venu pour sauver ce qui était perdu». Chacun, quant à sa nature, est né «perdu» dans ce monde, et puisque Dieu n’a pas voulu, à cause de cela, faire sévir son jugement sur toute la race, il a envoyé son Fils pour opérer le salut. Jésus est devenu le Sauveur dans ce but. C’est ce qui nous donne l’assurance que les petits enfants qui meurent avant d’avoir atteint l’âge de la connaissance, sont sauvés.

Un autre trait précieux du passage de Matthieu, c’est que l’idée qui domine est celle de maintenir l’intégrité du troupeau. L’homme qui possédait les cent brebis ne veut pas se contenter de quatre-vingt-dix-neuf : il veut les avoir toutes, quelle que soit la peine que cela lui coûte.

En Luc, la pensée se porte simplement sur la brebis égarée, comme figure du pécheur qui a suivi un chemin de propre volonté, en abandonnant le sentier de la soumission et de l’obéissance. Celui-là a besoin de repentance ; puis pour l’amener à ce point, le Sauveur lui manifeste l’amour qui va à sa recherche, le prend, le met sur ses propres épaules, et ne le laisse pas avant de l’avoir porté jusque dans sa propre maison. Le brigand sur la croix en est l’exemple divinement fourni, comme l’atteste la promesse du Seigneur : «Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis».

30.       Dans le chapitre 19 de Matthieu, versets 23 et 24, il semble que le Seigneur fait une différence entre le «royaume de Dieu» et le «royaume des cieux». Quelle est cette différence ? Qui sont ceux qui ont part au royaume des cieux, et comment y parviennent-ils ?

En premier lieu, il convient de rappeler que l’expression «royaume des cieux» ne se trouve que dans l’évangile de Matthieu. Une comparaison des passages parallèles des trois premiers évangiles suffit pour faire comprendre que, dans bien des cas, on peut se servir indifféremment de l’une ou de l’autre de ces expressions ; mais, suivant la forme employée, la pensée se reporte, ou bien sur celui dont l’autorité est reconnue, c’est-à-dire Dieu, ou bien sur le centre d’où l’autorité est exercée, c’est-à-dire les cieux. La lecture du chapitre 7 de Daniel rend cette pensée très claire.

Dieu avait établi son royaume au milieu de son peuple d’Israël en lui donnant le roi qu’il avait choisi, et qui devait exercer l’autorité de la part de Dieu pour le bien du peuple sur lequel il régnait. David fut le premier roi qui répondit à la pensée de Dieu, car Saül avait bientôt été mis de côté à cause de sa désobéissance. Or, le trône était assuré aux fils de David à condition qu’ils fussent trouvés fidèles (Psaume 89:19-37). Nous savons ce qui est arrivé. À la mort de Salomon, dix tribus se séparèrent de la famille de David, et formèrent un royaume à part, qui fut plus tard détruit par les Assyriens ; elles furent alors toutes emmenées en captivité. Les tribus de Juda et de Benjamin, qui restèrent fidèles à leur roi légitime, suivirent cependant la même marche d’infidélité à l’Éternel, et la captivité à Babylone fut le châtiment qu’elles eurent à subir. Dès lors, Dieu mit l’autorité sur la terre entre les mains des Gentils (ou nations), mais le caractère véritable des rois de ces nations est dépeint par le prophète sous la figure de «bêtes». Puis il annonce le jugement qui va tomber sur ces royaumes au moment où le temps de la patience de Dieu sera terminé. Au même moment le pouvoir sera placé entre les mains du Fils de l’homme qui viendra avec les nuées des cieux (Daniel 7:13-14). Ce sera, on le comprend, le «royaume des cieux» en contraste avec tout royaume, quel qu’en soit le caractère, qui aurait pour siège de son autorité un lieu sur la terre, comme Jérusalem, Babylone, Suse ou Rome. En un mot, le «royaume des cieux» est l’autorité de Dieu exercée depuis le ciel sur la terre par le Fils de l’homme, et il comprend une partie céleste et une partie terrestre.

Or le Fils de l’homme est venu, non pas pour régner, mais pour accomplir l’oeuvre du salut. Avant qu’il montât en haut, toute autorité lui a été donnée dans le ciel et sur la terre. Il est assis à la droite de Dieu (Matthieu 28:18 ; Marc 16:19 ; Luc 19:12). «Nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties», mais nous savons que c’est Jésus notre Sauveur qui va régner et qui va revenir bientôt «sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire» (Hébreux 2:8 ; Matthieu 24:30). En attendant, «le royaume des cieux» revêt le caractère mystérieux qui est développé et expliqué par le Seigneur dans plusieurs paraboles de l’évangile de Matthieu. Les croyants, instruits dans ces choses, en jouissent, et attendent avec patience le retour de leur Seigneur. Mais le monde est contre eux, comme il a été contre Christ, et ils doivent résister à ses pièges même en souffrant s’il le faut (Matthieu 19:12). Les riches entrent difficilement dans le royaume des cieux, parce qu’ils jouissent des biens de la terre (v. 23). Mais s’il s’agit du royaume de Dieu, c’est-à-dire de reconnaître l’autorité de Dieu dans le coeur, il faut évidemment une oeuvre de Dieu qui produise cela dans l’âme, il faut «être né de nouveau» (Jean 3:3-5), chose qu’un homme ne peut faire pour lui-même. C’est ce qui fait sentir la différence entre les deux expressions «royaume des cieux» et «royaume de Dieu».

31.       Quand aura lieu «la grande tribulation» et le jugement des nations dont il est parlé dans le chapitre 24 de Matthieu ?

Avant d’entrer dans les détails, il convient de remarquer que nous avons un point nettement fixé par l’Écriture, savoir que l’un et l’autre de ces événements précéderont le règne millénaire du Christ sur la terre. Voyez Jérémie 30, surtout le verset 7 : «Hélas ! que cette journée est grande ! Il n’y en a point de semblable ; et c’est le temps de la détresse pour Jacob, mais il en sera sauvé». Quant au jugement des nations, il est écrit qu’il aura lieu «quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui». Comparez Matthieu 25:31, 32. La «grande tribulation» est mentionnée dans le verset 21 du même chapitre 24 en rapport direct avec la Judée, ce qui confirme le passage de Jérémie cité plus haut. Il y a sans doute, dans ce verset, une allusion au commencement du chapitre 12 du prophète Daniel, où nous lisons ensuite : «Et en ce temps-là ton peuple sera délivré». Voyez aussi Luc 21:23 à 28. La promesse faite à ceux qui garderont «la parole de la patience» du Seigneur se rapporte à la même époque (Apocalypse 3:10). Seulement, il faut bien observer que ceux-ci seront gardés de cette heure d’épreuve, c’est-à-dire qu’ils n’y entreront pas. En d’autres termes, ils seront enlevés pour être avec le Seigneur avant que «la grande tribulation» commence. Voyez aussi 1 Thessaloniciens 4:14-18 ; 5:1-5 ; 2 Thessaloniciens 2:7-8. L’iniquité n’atteindra pas son comble avant que les vrais croyants ne soient retirés de ce monde. En attendant, elle conservera le caractère de «mystère», terme qui indique qu’elle travaillera d’une manière cachée, ne se montrant pas sous son vrai jour. La manifestation de «l’inique» appellera les jugements de Dieu, et c’est à ce moment-là qu’aura lieu la «grande tribulation». Elle atteindra un monde ouvertement incrédule et apostat (Apocalypse 13:1, 6 ; 16:9, 11, 21) ; et les Juifs, qui sont coupables d’avoir crucifié le Fils de Dieu, auront leur part spéciale dans ces détresses qui tomberont sur la terre.

Les jugements qui sont décrits dans l’Apocalypse sont de trois espèces : 1° les jugements providentiels, opérés par le moyen des hommes eux-mêmes, ou par les éléments comme la famine, les guerres, les pestes, les tremblements de terre ; 2° le jugement guerrier, mentionné dans le chapitre 19, où le Seigneur, suivi par les armées célestes, anéantira les rois de la terre et leurs armées assemblées pour lui livrer combat ; 3° le jugement opéré par le Roi assis sur le trône de sa gloire, et qui atteindra les nations, au moment où il inaugurera son règne sur la terre.

32.       Quelle est «la grande tribulation» dont il est question dans l’Apocalypse, chapitre 7:14 ? Est-ce la même dont parle le Seigneur dans Matthieu 24:21 ?

Nous voyons en effet que dans les deux passages il s’agit d’une grande et terrible «épreuve» qui doit venir sur la terre habitée tout entière, comme nous le lisons dans Apocalypse 3:10. Plusieurs passages dans les prophètes en parlent ainsi, comme par exemple, Ésaïe 28:22.

Quel bonheur de savoir que tous ceux qui reçoivent aujourd’hui la parole de la grâce, et qui persévèrent dans la fidélité jusqu’à la venue du Seigneur, seront recueillis auprès de lui avant que ce jour d’épreuve arrive.

Voici en quelques mots, d’après plusieurs passages, l’ordre des événements qui vont se succéder.

1) Subitement, sans que rien n’annonce préalablement la venue du Seigneur «dans les nuées», tous ceux qui croient en lui seront ravis à sa rencontre «en l’air» (1 Thessaloniciens 4:17). Ceux-là, ayant reçu l’évangile de sa grâce et de son prochain retour (deux choses qui sont intimement liées dans les Écritures), jouiront alors, auprès du Seigneur, de l’accomplissement de l’espérance dans laquelle le chrétien est censé abonder (Romains 15:13). Les morts en Christ ressusciteront, les vivants seront transmués, et tous ensemble, «en un clin d’oeil», quitteront la terre, afin d’être pour toujours «avec le Seigneur» (1 Corinthiens 15:51-54).

2) Dès lors, le monde — étant privé des prières de ceux qui reconnaissent que «toute autorité dans le ciel et sur la terre» a été donnée au Seigneur Jésus — sera abandonné à sa propre volonté et ne tardera pas à faire la triste expérience de la méchanceté qui se cache dans le coeur de l’homme. Cette méchanceté qui est plus ou moins bridée tant qu’un gouvernement bien intentionné maintient son autorité, n’aura plus de frein ; et en même temps Dieu enverra une énergie d’erreur, prélude des derniers jugements, sur ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés (2 Thessaloniciens 2:10).

3) La «tribulation» qui suivra se divise en deux parties ; la première, dont la durée n’est pas indiquée d’une manière précise, atteindra tout particulièrement les nations ; c’est probablement, celle dont il est question dans Apocalypse 3:10 et 7:14. La seconde suppose que le pouvoir de l’Antichrist est établi, et la persécution sera dirigée spécialement contre le peuple juif (Jérémie 16:17-19 ; 30:7 ; Apocalypse 12:15-17). Ceux qui auront espéré un certain soulagement dans l’état de choses sur la terre seront amèrement déçus, car Satan, chassé des lieux célestes se mêlera plus activement que jamais aux affaires du monde. Par la bonté de Dieu, les événements terribles qui auront pour point culminant l’apparition personnelle du Fils de l’homme, se succéderont avec une rapidité sans précédent ; leur temps sera limité à 1260 jours, ou trois ans et demi, comme le chapitre 12 de Daniel le montre, confirmé par Apocalypse 11:2-3 ; 12:6, 14. Le Seigneur en parle dans la partie du chapitre 24 de Matthieu qui traite particulièrement des Juifs, c’est-à-dire jusqu’au verset 31. Il dit qu’à cause des élus «ces jours-là seront abrégés». (v. 22).

4) L’avènement personnel du Seigneur apparaissant en gloire «avec ses anges» amènera le jugement des nations assemblées alors contre Jérusalem, et achèvera la délivrance de son peuple (Zacharie 14). L’Antichrist aura été détruit «par le souffle de sa bouche» (Ésaïe 11:4 ; 2 Thessaloniciens 2:8) ; et les nations comparaîtront ensuite devant le Seigneur pour être jugées d’après la manière dont elles auront reçu ses messagers pendant ces temps de détresse (Matthieu 25:31-46).

Ensuite sera établi le règne millénaire de Christ.

33.       Le jugement des nations vivantes que nous trouvons dans le chapitre 25 de Matthieu, est-il un jugement final ?

Nous pensons bien que le jugement dont il est ici question est un jugement définitif, mais non pas dans le sens où on l’interprète souvent. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un jugement général, comme de celui des païens, par exemple, qui n’ont pas eu l’occasion de recevoir les messagers du royaume, mais uniquement du jugement de ceux qui auront eu l’avantage de les entendre et qui les ont ou accueillis, ou rejetés. La «vie éternelle» dont il est question pour les premiers, est la vie sur la terre sous le règne du Messie, s’étendant jusque dans l’état éternel qui succédera à ce règne. Ceux qui sont condamnés s’en vont, eux, dans les tourments éternels.

Le jugement des morts se trouve dans le chapitre 20 de l’Apocalypse, et aura lieu mille ans plus tard que le jugement dont parle le chapitre 25 de Matthieu, où il s’agit de ceux qui seront sur la terre quand le Seigneur viendra avec les anges de sa gloire.

On trouvera quelques développements complémentaires sur ce sujet dans les Notes sur Matthieu, de J.N. D.

34.       Pourquoi le Seigneur, après avoir deux fois reproché à ses disciples de n’avoir pu veiller avec lui, leur dit-il ensuite : «Dormez dorénavant et reposez-vous» ? Et comment faut-il entendre l’expression «Leurs yeux étaient appesantis» (Marc 14:40-42) ?

Le Seigneur Jésus, dans son immense grâce, emmena avec lui trois de ses disciples afin qu’ils prennent part à ce que l’homme pouvait connaître des souffrances qui étaient devant Lui. Le moment était des plus solennels. Le Seigneur lui-même allait être abandonné de Dieu, portant les péchés et les expiant par sa mort. Avant cela, il devait être livré entre les mains des pécheurs, et les disciples, laissés à eux-mêmes pour un peu de temps, et exposés à être criblés par Satan, seraient atteints par les flots de l’iniquité qui s’élevaient contre leur Seigneur et Maître. C’était bien le moment de veiller, et Jésus, tout en s’isolant pour prier, les prend avec lui, afin qu’ils veillent de leur côté et apprennent ainsi à veiller et à prier avec lui. Remarquons que c’étaient les trois mêmes disciples qui avaient été témoins de la puissance du Seigneur pour ressusciter les morts, et qui avaient vu sa gloire sur la montagne où il fut transfiguré (Marc 5:37 ; 9:2). Tout cela, s’ils avaient su en profiter, aurait été pour eux une préparation morale à connaître la communion des souffrances de Christ, comme nous le voyons dans Philippiens 3:10 ; mais ils avaient été accablés de sommeil sur la montagne (Luc 9:32) et «épouvantés» (Marc 9:6), et dans le jardin de Gethsémané ils dorment, montrant ainsi leur incapacité à veiller avec Jésus. Ils ne peuvent pas entrer dans les pensées de Jésus quant à l’importance de ce moment solennel ; et cependant l’un d’eux, Pierre, plein de confiance en lui-même malgré les avertissements du Seigneur, avait la prétention de le suivre dans des circonstances où Jésus seul pouvait se tenir debout.

Le Seigneur, selon sa tendresse habituelle, cherche une excuse pour ses disciples en disant : «L’esprit est prompt, mais la chair est faible», ce qui montre bien que ce sont leurs yeux naturels qui étaient appesantis : ils étaient «endormis de tristesse» (Luc 22:45) ; leur douleur était trop grande pour leurs forces physiques, et il n’y avait pas chez eux la puissance et l’énergie spirituelles qui auraient pu dominer le corps. Et le moment passe sans qu’ils en profitent, ce court moment où ils auraient pu jouir de la communion avec Jésus et puiser avec lui des forces pour résister à l’heure de la tentation qui allait survenir. Ce moment une fois passé, il n’était plus temps de veiller, et Jésus leur dit : «Dormez dorénavant». Dès lors il fallait entrer seul dans la lutte, et, comme nous le voyons dans le cas de Pierre, — succomber. Quel avertissement solennel pour nous tous ! Et combien ces paroles et cet exemple du Seigneur Jésus nous engagent à mettre à profit les courts moments de tranquillité qui se présentent, selon la bonté de Dieu, avant l’orage ! Jésus leur avait annoncé ce qui devait arriver ; ils n’y font pas attention, mais lui-même ne laisse pas passer l’occasion de prier. Parfait en toutes choses, il ne pouvait le faire.

Comme quelqu’un le dit : «Nous voyons ici l’âme de Jésus sous le poids de la mort — en pensée, — comme lui seul pouvait la connaître, et nous savons qui en a l’empire. Mais Jésus veille, et il prie, homme soumis par son amour à cet assaut, en présence de la plus puissante tentation à laquelle il pouvait être exposé. D’un côté il veille, et, de l’autre, il présente sa détresse à son Père. Sa communion avec le Père n’était pas interrompue, quelle que fût sa détresse ; le sujet de cette communion était cette détresse même qui le poussait davantage en toute soumission et en toute confiance vers son Père. Mais si nous devions être sauvés, si Dieu devait être glorifié en celui qui s’était chargé de notre cause, la coupe ne devait pas passer loin de lui : la soumission de Jésus est parfaite. Il rappelle avec tendresse à Pierre sa fausse confiance, en lui faisant sentir sa faiblesse (v. 37) ; mais Pierre était trop plein de lui-même pour en profiter ; il lui fallait une expérience plus triste pour le guérir de cette confiance-là. Pierre se réveille bien de son sommeil, mais sa fausse confiance n’est pas ébranlée.

Jésus a donc dû boire la coupe, mais il la prend de la main de son Père, car la volonté de son Père est qu’il la boive. S’abandonnant ainsi parfaitement à son Père, ce n’est ni de la main de ses ennemis, ni de celle de Satan qu’il prend cette coupe ; il la reçoit de la main seule de son Père, selon la perfection avec laquelle il s’est soumis à la volonté de Dieu à cet égard en lui remettant tout entre les mains : c’était sa volonté ! Ainsi, en ne cherchant que la volonté de Dieu qui dirige tout, on échappe aux causes secondes et aux tentations de l’Ennemi, et c’est de Dieu qu’on reçoit l’affliction et l’épreuve si elle survient,

Mais désormais il n’est plus besoin que les disciples veillent. L’heure est venue et Jésus va être livré entre les mains des hommes».

35.       Pourquoi l’évangile de Luc et celui de Matthieu diffèrent-ils dans le passage qui signale la folie de se servir de drap neuf pour raccommoder un vieil habit. ? (Luc 5:36 ; Matthieu 9:16). Et quel est l’enseignement que nous pouvons en retirer ?

L’enseignement du Seigneur ne pouvait nullement s’adapter au formalisme des pharisiens. Ceux-ci croyaient pouvoir établir leur propre justice aux yeux des hommes par des pratiques extérieures fondées en partie sur la foi, en partie sur la tradition. Jésus annonçait une justice toute différente fondée sur la rédemption, justice qui était de Dieu seul. Le péché étant expié, Dieu est juste en justifiant le pécheur qui croit en Jésus. Comment concilier la justice humaine qui est comme un vêtement usé, toujours en défaut, et la justice de Dieu qui ressort de ce qu’il est en lui-même et qui est le fruit de l’oeuvre parfaite d’expiation accomplie par le Seigneur ? Voilà l’idée générale dans les deux passages.

Luc, qui fournit habituellement des développements au point de vue moral propres à agir sur la conscience, montre en outre que celui qui veut la loi en même temps que la grâce, non seulement perd la jouissance de celle-ci, mais par la lumière acquise, se trouve dans l’impossibilité de satisfaire sa conscience par ses efforts légaux. Il a fait une déchirure dans le nouveau vêtement en cherchant à raccommoder son vieil habit ; il n’ose pas paraître dans le nouveau qui est déchiré et gâté, et il sent que l’état misérable du vieux a été davantage mis en évidence.

36.       Comment pouvons-nous être de ces fils de paix dont le Seigneur parle en Luc 10:5 ?

Les instructions que le Seigneur donne à ses messagers sont précises : «Dans quelque maison que vous entriez, dites premièrement : «Paix sur cette maison !». La paix était la première chose que l’on devait annoncer de sa part. Nous avons tous besoin de la paix. Mais aucun homme ne peut se la procurer. Elle vient de Dieu. Dieu est le «Dieu de paix» (Romains 15:33 ; Philippiens 4:9) qui va bientôt briser Satan sous les pieds des siens (Romains 16:20). Aucun homme ne pourra s’affranchir des chaînes qu’il s’est forgées lui-même en se livrant à l’Adversaire. Voyez Ésaïe 49:24-25. L’homme s’est détourné de Dieu en écoutant Satan, dès lors il est l’esclave de celui-ci ; ses propres efforts ne suffisent pas pour que le joug soit brisé. Mais le Seigneur Jésus est venu pour lier l’homme fort, et pour piller ses biens (Matthieu 12:28-29). Il a pu le faire selon la justice, en maintenant les droits de Dieu qui exigent que le péché soit puni, car lui-même a porté nos péchés en son propre corps sur le bois. Il est mort à notre place comme sacrifice pour le péché, et Dieu est juste en offrant la paix, en pardonnant à tous ceux qui reçoivent son témoignage au sujet de son Fils. Il est le «Seigneur de paix» (2 Thessaloniciens 3:16). Il est notre paix, et il a fait la paix. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix aux Juifs et aux Gentils (Éphésiens 2:14-15, 17). Ne vaut-il pas la peine de mettre de côté toute idée de pouvoir faire quelque chose par nos propres efforts ? Sinon nous resterons ignorants de tout ce que le Vainqueur de Satan et de la mort a fait pour nous, selon les richesses de sa grâce ! Ne vaudrait-il pas mieux prendre place comme Marie, aux pieds du Sauveur pour écouter sa parole ? Car il est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

La difficulté qui se présente sur notre chemin vient donc de nos propres coeurs. Si l’on est, comme un pharisien, content de soi, on ne croira pas que l’on a besoin de la paix, on n’en sentira pas la nécessité, on ne la cherchera pas.

Celui qui se confie dans ses bonnes oeuvres s’éloigne du Sauveur, tout comme celui qui ne se sent pas malade ne cherche pas à trouver un médecin. Mais lorsque nous recevons le témoignage de Dieu qu’il n’y a point de juste, pas même un seul (Romains 3:10), notre conscience réveillée nous fait sentir que le Dieu juste doit nécessairement nous juger. Quel bonheur d’apprendre alors que Dieu veut être Sauveur, tout en restant juste, et que c’est pour cela qu’Il a envoyé son Fils bien-aimé souffrir et mourir à notre place ! C’est comme pécheur perdu sans ressource et méritant le jugement, que chacun doit s’adresser au Sauveur. Un tel homme, son cas fût-il aussi désespéré que celui du brigand crucifié pour ses crimes, fera la douce expérience que jamais le Seigneur n’a repoussé quelqu’un qui vient à Lui. Au contraire Il a dit : «Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» (Jean 6:37).

Un fils de paix est donc quelqu’un qui est venu auprès du Sauveur comme un pécheur perdu, et qui, en écoutant sa parole, a reçu de sa part l’assurance de la paix avec Dieu et du pardon de ses péchés, — paix et pardon fondés sur le précieux sang qui purifie de tout péché. Nous sommes justifiés par son sang (Romains 5:9). Étant justifiés, nous avons la paix avec Dieu.

La vie chrétienne est une marche poursuivie dans la communion de Dieu et l’énergie du Saint Esprit. Une vie de paix et de joie, dont le Seigneur Jésus lui-même a été à tous égards la parfaite expression, une vie de relation actuelle avec le Père (Jean 1:12, 13), dans l’attente du retour du Seigneur qui va bientôt prendre les siens auprès de lui dans la gloire (Jean 14:1-3 ; 17:24). Jésus a dit : «Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et ou je suis, moi, là aussi sera mon serviteur : si quelqu’un me sert, le Père l’honorera» (Jean 12:26). Et encore : «Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de coeur ; et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est aisé et mon fardeau est léger» (Matthieu 11:28-30).

À ceux qui font ainsi Il dit : «Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne. Que votre coeur ne soit pas troublé, ni craintif» (Jean 14:27).

37.       Sommes-nous autorisés par Luc 11:13, à demander l’Esprit Saint ?

Il ne faut pas oublier que, lorsque le Seigneur prononça cette parole, il n’avait pas été glorifié et que le Saint Esprit n’était pas encore venu (Jean 7:37-39). Dans la période actuelle, la foi individuelle peut s’approprier Galates 4:6. Dieu connaît le véritable état de chacun, il veut la réalité, et il veut aussi que nous nous habituions à lui demander toutes choses librement, en nous adressant à lui comme Père.

Le christianisme est caractérisé par la présence du Saint Esprit sur la terre. Il habite dans chaque croyant (1 Corinthiens 6:19), et dans l’Assemblée (Éphésiens 2:22). Celui-ci fut donné en réponse à la prière du Seigneur (Jean 14:16), prière à laquelle les apôtres s’associaient sans doute après son ascension (Actes 1:14). Demander maintenant que le Saint Esprit soit envoyé comme au commencement, ne serait que de l’incrédulité.

38.       Comment le fait de bâtir les tombeaux des prophètes est-il une preuve que les pharisiens prenaient plaisir aux oeuvres de leurs pères qui les avaient tués ? Voyez Luc 11 :47-48.

Les pharisiens pensaient peut-être honorer les prophètes qui n’étaient plus au milieu d’eux ; mais c’était plutôt en fait dans le but de s’attirer l’estime de leurs compatriotes. Tout en prétendant enseigner les Écritures, ils ne les mettaient pas en pratique, et ils s’efforçaient de garder le peuple dans l’ignorance de ce que les prophètes avaient dit. Ils les honoraient comme morts, tandis qu’ils n’écoutaient pas les paroles de Dieu proclamées par le plus grand des prophètes (Jean le baptiseur), ni celles du Fils de Dieu qui leur parlait dans ce moment même. Chacun peut comprendre que la vraie manière d’honorer un serviteur de Dieu, est d’obéir à la parole qu’il apporte de la part de Dieu. Pour le croyant, les prophètes sont ainsi toujours vivants (Hébreux 11:4). Ceux qui bâtissent leurs sépulcres les veulent morts : ils ne les écoutent pas.

39.       Que doit-on entendre par le passage suivant du chapitre 12 de l’évangile de Luc, verset 10 : «Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné : mais à celui qui aura proféré des paroles injurieuses contre le Saint Esprit, il ne sera pas pardonné» ? Ce passage semble en contradiction avec le verset 7 du 1° chapitre de l’épître de Jean, où il est dit que le sang de Jésus Christ nous purifie de tout péché.

De nombreuses âmes sont exercées par ces paroles du Seigneur, telles qu’elles sont présentées par Luc, l’explication y étant moins évidente que dans l’évangile de Marc (*). En Luc, il s’agit de confesser le Seigneur avec courage devant les hommes qui l’avaient méprisé et qui, comme plus tard Saul de Tarse, étaient prêts à jeter en prison et à livrer à la mort ceux qui suivaient Christ. Pour pouvoir le confesser on devait nécessairement le connaître, et pour le connaître on avait ses paroles et ses oeuvres.

(*) Voir question 24.

Si l’on croyait avec simplicité ses paroles, on pouvait répondre, comme Simon Pierre dans le chapitre 6 de l’évangile de Jean : «Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle». À de tels croyants le Saint Esprit donnait le pouvoir de confesser hardiment Christ devant les chefs du peuple qui voulaient se défaire d’eux, il leur enseignait à l’heure même ce qu’il fallait dire. Le livre des Actes en fournit bien des exemples. Le Seigneur leur avait promis cette grâce dans le passage en question (Luc 12:12). Les apôtres qui faisaient l’expérience personnelle du secours du Saint Esprit, n’étaient donc pas en danger de proférer des paroles injurieuses contre lui.

D’autres, qui n’avaient pas entendu, ou qui n’avaient pas compris les enseignements du Seigneur, auraient pu s’accorder avec les pharisiens zélés pour leur religion, qui disaient : «Cet homme n’est pas de Dieu, car il ne garde pas le sabbat» (Jean 9:16). Voilà un propos injurieux contre le Fils de l’homme qui mettait en question sa divinité. La réponse simple, était le témoignage rendu par les oeuvres de Jésus (Jean 5:36). Elles étaient d’une évidence incontestable pour tout coeur honnête, sans préjugés. Si l’on se rendait à cette évidence, on confessait son nom comme l’aveugle-né qui ne l’avait jamais vu, et n’avait entendu de sa part qu’une seule parole, mais à laquelle il avait obéi. Si l’on s’obstinait à refuser ce témoignage, on était obligé d’attribuer ces oeuvres miraculeuses à une puissance autre que celle de Dieu ; c’est ce que faisaient les scribes lorsqu’ils disaient : «Il a Béelzébul, et par le chef des démons, il chasse les démons». Ceux-là récusaient le dernier témoignage qui aurait pu agir sur leurs consciences, et pour eux, il n’y avait pas de pardon. C’était un blasphème contre l’Esprit de Dieu par lequel Jésus agissait. (Voyez Matthieu 12:28, 32 ; Marc 3:29-30). Dans une autre occasion le Seigneur leur disait : «Si vous ne croyez pas que c’est moi, vous mourrez dans vos péchés» (Jean 8:24).

Au fond, la chose importante est toujours de savoir quelle est la réponse spontanée qui sort du coeur, lorsqu’il entend la demande : «Que vous semble-t-il du Christ ? — de qui est-il fils ?» (Matthieu 22:42). Celui qui confesse, comme Pierre, que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, est «né de Dieu», et de plus «il est victorieux du monde» (1 Jean 5:1, 5). Un tel homme n’a pas besoin de craindre ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent rien faire de plus. Il n’est pas non plus en danger de dire des paroles injurieuses contre le Saint Esprit, car c’est par le Saint Esprit qu’on appelle Jésus son Seigneur (1 Corinthiens 12:3). Mais si l’on attribue la puissance et les oeuvres de Jésus à une énergie satanique, on rejette le Sauveur et on parle contre l’Esprit Saint. Pour ce péché-là il n’y a point de pardon.

40.       Comment faut-il comprendre le passage : «Si quelqu’un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses soeurs, et même aussi sa propre vie, il ne peut être mon disciple» (Luc 14:26), et les passages parallèles dans Matthieu et dans Marc ? Doit-on voir quelque modification de ces paroles dans les directions apostoliques à l’adresse des parents et des enfants (Éphésiens 6:1-4 ; Colossiens 3:20) ?

A — Les Écritures étant toutes inspirées de Dieu (2 Timothée 3:16), il n’y a en elles aucune contradiction. Nous ne devons pas voir non plus dans les passages indiqués des épîtres de Paul, une modification de ce que le Seigneur dit dans les évangiles. Si l’on examine les chapitres 19 de Matthieu, 10 de Marc, on voit que les relations entre mari et femme sont clairement établies par le Seigneur, avant que la question de Pierre l’amène à faire ressortir le privilège de consentir à des sacrifices «pour son nom». De même il insiste sur la bénédiction préparée pour les enfants, montrant combien son coeur était tourné vers eux, et avertissant chacun de ne rien faire qui pût les empêcher de venir à lui. Dans l’évangile de Matthieu surtout, on découvre la large place qu’ont les enfants dans les pensées du Père ; ils sont au bénéfice de l’oeuvre du Fils qui est venu accomplir la volonté du Père en sauvant ce qui était perdu (chapitre 18:1-14). Il ne s’agit nullement d’être indifférent quant aux enfants ou de négliger de les élever dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur, bien au contraire. Et les enfants sont tenus d’obéir à leurs parents : leur obéir en toutes choses est «agréable dans le Seigneur».

Il faut donc chercher ailleurs l’explication des passages en question. Le Seigneur venait de montrer l’influence qu’ont les richesses sur le coeur de l’homme et il veut que rien ne nous empêche de le suivre. Le coeur ne fait pas tout naturellement l’abandon des choses qu’il aime. Il faut pour cela l’intervention divine ; ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. Dans sa bonté il ne nous laisse pas à nous-mêmes. Des cieux il a considéré la terre (Psaume 102:19), et il a envoyé son Fils bien-aimé pour nous sauver. De plus, il nous attire à Christ (Jean 6:44). En même temps, le Seigneur nous avertit des obstacles qui s’opposent à la marche de la foi, des barrières élevées soit par notre propre coeur, soit par l’Ennemi de nos âmes, et il veut que nous pesions ces choses dans sa présence dès le début de notre carrière chrétienne. En Matthieu, le motif que le Seigneur place devant nous est «son nom». Dans l’évangile de Marc, le sujet est un peu développé du côté du service de la Parole, en ce que «l’évangile» y a sa place, aussi bien que sa personne. Le Seigneur déclare : «En vérité, je vous dis : il n’y a personne qui ait quitté maison, ou frères, ou soeurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de moi et pour l’amour de l’évangile, qui n’en reçoive maintenant, en ce temps-ci, cent fois autant, maisons, et frères, et soeurs, et mères, et enfants, et champs, avec des persécutions, et dans le siècle qui vient, la vie éternelle» (Marc 10:29, 30). On comprend qu’il ne s’agit pas de se soustraire à sa responsabilité, mais bien de faire des sacrifices, de faire comme pendant les temps de persécution. On entre alors pleinement dans le sens de cette écriture pour y puiser la force et la consolation dont on a besoin. Le principe moral demeure et a son application pour tous les temps, et l’âme pieuse qui suit le Seigneur dans un monde qui l’a rejeté, éprouve la réalité de ses paroles, et peut ajouter son témoignage à celui de tant d’autres à la gloire de Christ. Ce que l’on perd ici-bas, on le retrouve d’une manière plus excellente en communion avec un Christ souffrant et rejeté, et la récompense sera infiniment augmentée dans la gloire de son règne.

Luc, comme toujours, insiste sur le principe au point de vue de la conscience, dans des termes incisifs. Il ajoute : «Et même aussi sa propre vie» (Luc 14:26), faisant ainsi ressortir qu’il ne faut rien permettre au coeur qui l’empêcherait de suivre le Seigneur. Il faut porter la croix, en suivant Christ, si l’on veut être son disciple.

B — Il est évident que l’on ne doit nullement chercher à diminuer la force de ces paroles du Seigneur. Ce n’est que dans l’évangile de Luc que nous trouvons le mot «haïr» introduit en rapport avec les relations naturelles ; Luc va plus loin que les autres évangélistes en montrant comment Dieu met fin à tout ce qui tient au «vieil homme». Il s’agit de le dépouiller, car il se corrompt selon les convoitises trompeuses (Éphésiens 4:22). Il faut un renoncement complet : la vérité qui est en Jésus suppose un changement radical, un renouvellement de l’esprit de notre entendement. Les vieilles choses passent, toutes choses deviennent nouvelles. Ce qui retenait le coeur et dominait les affections doit être soumis à une puissance supérieure où tout se règle selon Dieu et selon son amour parfait. Pour opérer ce changement en nous, il faut nécessairement que Dieu intervienne. Nous sommes par nature ténèbres ; et les ténèbres ne peuvent produire la lumière. Mais le chrétien est «lumière dans le Seigneur» (Éphésiens 5:8). Chez le vieil homme, le «moi» domine et règle tout ; chez le nouvel homme, le «moi» est mis de côté et remplacé par Christ (voyez Galates 2:20, 21). Or, nous avons beaucoup de peine à saisir la nécessité absolue pour nous de ce changement moral. Les foules croyaient qu’elles pouvaient suivre Jésus, jouissant de tous les bienfaits dont sa grâce les comblait sans que leur coeur fût changé. Voilà pourquoi le Seigneur montre toute la gravité de ce qu’elles avaient si légèrement entrepris. Il est facile de dire : «Seigneur, je te suivrai» ; mais plusieurs se retirent dès qu’ils commencent à s’apercevoir des difficultés de la course (Jean 6:66) ; ou bien on veut poser des conditions ; et lorsque Jésus dit : «suis-moi», on trouve des difficultés imprévues dans le chemin (Luc 9:57-62). L’homme croit qu’il peut se rendre agréable à Dieu et s’approcher de Lui : c’était la pensée de Caïn, qui apporta à Dieu les fruits de la terre maudite. Le Seigneur nous fait voir que le coeur est entièrement mauvais, en sorte qu’il faut haïr même sa propre vie : «Quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il a, ne peut être mon disciple» (14:33). Il n’est pas question ici de remplacer une affection et une responsabilité par une autre qui est plus forte, comme dans le cas du mariage (Matthieu 19:5). Il s’agit d’entrer dans une sphère nouvelle où tout est de Dieu et non pas de l’homme. On aime alors non pas pour la satisfaction personnelle qu’on tire de l’affection, mais selon la révélation que Dieu a faite de lui-même en Christ, puisant à la source intarissable de l’amour parfait dans la lumière de sa présence, et trouvant un objet divin et éternel pour le coeur dans la personne du Sauveur. Le Saint Esprit est le mobile de cet amour dans le coeur : toutes les relations naturelles se trouvent introduites dans cette sphère divine, car elles sont établies de Dieu ; mais elles sont assises sur une base nouvelle : le coeur y entre selon Dieu et ses pensées, et non pas d’une manière volontaire et charnelle.

Pour réaliser tout cela, il faut avant tout la nouvelle naissance ; puis, il faut être délivré de soi-même, afin de servir Dieu en nouveauté d’esprit (Romains 7:6) ; il faut ensuite de la vigilance afin de rester dans la dépendance de Dieu et résister aux séductions de l’adversaire : nous avons à revêtir l’armure complète de Dieu, à nous servir de l’épée de l’Esprit, à prier sans cesse. Dans l’évangile de Luc, il est précisé que l’on doit prendre sa croix chaque jour (9:23).

41.       Dans la parabole de Luc 15, pourquoi le père ordonne-t-il qu’on revête le prodigue d’une belle robe, et qu’on lui mette un anneau au doigt et des sandales aux pieds ?

Une fois dans l’habitation de son père, il fallait que l’apparence du prodigue fût conforme au caractère de la maison. Plus de pieds nus, plus de haillons, plus de signes de sa dégradation ! Désormais, il devait présenter dans sa personne et dans son maintien, non pas ce qu’il avait été dans la folie de son éloignement, mais ce que son père était pour lui et la joie de sa réception dans la maison.

Remarquons à cet égard que l’accueil paternel a fait époque dans la vie du prodigue, même après le réveil nécessaire de sa conscience. Jusqu’à l’instant où il se trouva dans les bras de son père, ses pensées se portaient sur ce qu’il avait été dans le passé et sur ce qu’il devait faire à l’avenir. Dès le moment où son père l’embrassa, l’amour qui pardonne remplit la scène. Il en est ainsi pour nous. Aussitôt que l’évangile dans sa plénitude a saisi notre coeur, nous comprenons que nos justices même sont des haillons souillés ; il ne s’agit plus que de savoir ce que Dieu est, et quelles sont les pensées de sa grâce. Tout ce qui est dans sa maison parle de lui et de ce qu’il est pour nous.

42.       Quelle est la signification du verset 9 du chapitre 16 de Luc , qui semble résumer la parabole de «l’économe injuste» : «Faites-vous des amis avec les richesses injustes, afin que, quand vous viendrez à manquer, vous soyez reçus dans les tabernacles éternels» ?

Le but de la parabole est évidemment de nous faire comprendre ce que nous avons à faire des biens que nous possédons sur la terre, où l’homme cherche habituellement sa propre satisfaction, sans penser à Dieu. Ces biens ne sont pas à nous, ils nous sont simplement confiés pour un temps. L’homme, dans la personne d’Adam, fut établi au commencement comme l’économe de Dieu ; mais, ayant manqué à son devoir, il fut renvoyé de son administration et chassé du paradis, étant déjà sous la sentence de la mort. Toutefois Dieu, voulant agir en grâce à son égard, n’exécuta pas immédiatement la sentence ; Il lui donna du temps avant de lui retirer son souffle. Tous ses descendants sont dans une position analogue, n’ayant plus droit à rien ici-bas, mais possédant pour un temps des biens qu’ils ne peuvent pas emporter avec eux lorsqu’ils quittent ce monde (Job 1:21 ; voyez aussi Psaume 49:17 ; Écclésiaste 5:15 ; Luc 12:20 ; 1 Timothée 6:7). La question est donc de savoir comment employer les biens dont nous disposons pendant le peu de temps que nous vivons ici-bas. Si nous nous en servons pour nous-mêmes, qu’en restera-t-il lorsque nous ne serons plus ? Mais si dans un esprit d’amour chrétien, nous cherchons à faire du bien autour de nous, agissant en vue de la vie à venir, où nous serons reçus dans notre demeure éternelle, nous ne perdons pas notre temps, ne laissant pas échapper l’occasion qui nous est offerte. C’est ici-bas que nous pouvons être à même de «nous faire des amis» pour avoir une «riche entrée» dans les tabernacles éternels. Dans le ciel, tous y seront au même titre, et par pure grâce ; il n’y aura plus des riches et des pauvres. Ici-bas, comme a dit le Seigneur, il y aura toujours des pauvres, toujours des besoins à satisfaire, des lacunes à combler, toujours des occasions de manifester envers ceux qui nous entourent la grâce dont nous sommes nous-mêmes les objets de la part de Dieu.

Le chrétien sait qu’il n’a droit à rien. L’homme n’a droit à rien parce qu’il est pécheur, et c’est seulement la grâce de Dieu qui empêche que la juste sentence de mort ne soit pas immédiatement exécutée. À ce point de vue, l’homme est «renvoyé de son administration», et les richesses dont il pourra disposer sont «injustes». Mais celui qui agit en vue de l’éternité peut avoir l’oeil sur les besoins qu’il connaît et employer ses ressources pour «les bonnes oeuvres». Ce que fait le chrétien pour le nom de Christ ne sera pas oublié dans l’éternité.

43.       Nous voyons dans Luc 16:19-31, Lazare, mourant, s’en aller dans la joie et le repos, et l’homme riche s’en aller aussi en enfer dès qu’il est mort. Jean (5:24-29) nous dit que tous ceux qui sont dans les sépulcres sortiront, les uns pour la vie, les autres pour le jugement. Il semble, d’après ce dernier passage, que ce n’est qu’à la résurrection, c’est-à-dire, à la venue du Seigneur, que les uns vont dans la joie et les autres dans les tourments, tandis que, d’après Luc 16, c’est aussitôt après la mort ; comment accorder ces deux passages ?

 Avant de répondre à la difficulté proposée, nous dirons quelques mots sur le but et la portée de la parabole de Luc 16. D’abord il faut bien se garder de la pensée erronée que l’un va en enfer parce qu’il était riche, et l’autre, Lazare, dans le sein d’Abraham parce qu’il était pauvre. Ce n’est pas de la position terrestre que dépend le salut ou la perdition, mais du fait que l’on reçoit Christ ou qu’on le rejette ; mais ce point n’est pas touché directement ici. Le Seigneur a pour but de détruire les fausses idées et les prétentions des Juifs, et surtout des pharisiens. Ceux-ci estimaient que les richesses étaient une preuve manifeste de la faveur de Dieu. Il est bien vrai que, sous l’économie judaïque, les justes avaient la promesse de bénédictions terrestres. Mais d’abord les Juifs avaient manqué en ce que Dieu leur avait confié, comme l’économe infidèle (voyez le commencement du chapitre), et les pharisiens, qui prétendaient avoir droit aux faveurs de Dieu, étaient avares (vers. 14) et égoïstes, ils jouissaient injustement de leurs richesses (vers. 9) sans en faire part, et méprisaient les pauvres. Il en était de même pour les privilèges religieux. Ils repoussaient les publicains (chap. 15:2 ; 19:7), et n’auraient pas voulu avoir affaire avec un Gentil, et eux-mêmes n’écoutaient pas Moïse et les prophètes, puisqu’ils rejetaient le Messie. Ils avaient choisi la terre pour leur portion et voulaient, quoique n’y ayant aucun droit, en jouir en se parant de beaux dehors religieux.

Mais le Seigneur lève le voile qui couvre le monde invisible, et leur fait voir le vrai résultat de leur conduite. Un Juif riche, mais égoïste, qui a vécu pour lui-même et qui n’a pas écouté Moïse et les prophètes, se trouve dans les tourments ; le pauvre, méprisé, souffrant, va dans le sein d’Abraham, dont il a sans nul doute partagé la foi. C’est ainsi que, dans une autre occasion, les enfants du royaume, incrédules, sont jetés dehors, et les croyants des nations introduits dans le royaume avec Abraham, Isaac et Jacob (Matthieu 8:11-12 ; voyez encore 15:21-28). Jésus lui-même, pauvre, méprisé et rejeté, entre dans la gloire. Tout ceci nous montre donc que Jésus voulait faire sentir le contraste entre les fausses idées des Juifs et la réalité selon Dieu ; en même temps il montre pourquoi les Juifs sont rejetés.

Maintenant, pour répondre à la question, remarquons qu’il ne s’agit nullement ici de l’état de l’homme après la résurrection, mais après la mort, c’est-à-dire quand l’esprit est séparé du corps, avant la résurrection. Deux choses nous le prouvent. D’abord, c’est qu’après la résurrection des méchants, le «hadès» est jeté dans l’étang de feu ; il est détruit (Apocalypse 20:14). Or ce hadès est l’état ou le lieu où se trouvent les esprits qui ont quitté le corps (*), (Actes 2:27), et c’est là que se trouve le riche dans les tourments. En second lieu, pour que Lazare puisse aller vers la famille du riche, il faut qu’il ressuscite ; il n’était donc pas ressuscité (vers. 31).

(*) Quand la résurrection a lieu, l’âme quitte le hadès (Actes 2:31)

Nous trouvons donc ici cette vérité solennelle, c’est qu’après la mort, l’esprit existe et que son état est fixé en attendant la résurrection. Les uns vont dans le hadès et les tourments ; ils sont en prison (1 Pierre 3:19) ; ils ne dorment ni ne sont anéantis. Les autres sont dans le paradis (Luc 23:43), avec le Seigneur (Philippiens 1:23 ; 2 Corinthiens 5:8), ne dormant pas non plus. Que veut donc dire «s’endormir» (Actes 7:60 ; 1 Thessaloniciens 4:13, 15) ? Remarquons, en passant, que, dans le Nouveau Testament, ce mot ne s’applique qu’aux croyants ; c’est une image qui se rapporte à l’état du corps de ceux qui sont délogés en contraste avec ceux qui demeurent sur la terre, qui veillent (1 Thessaloniciens 4:15-17). Chez celui qui dort, l’activité des sens est suspendue, mais non l’activité de l’esprit, qui veille dans une sphère où nous ne pénétrons pas. Il en est ainsi de la mort ; et l’image même prouve que l’esprit vit et veille. De plus, cette image se rapporte à l’espérance du croyant qui est le réveil, la résurrection.

Une autre vérité qui ressort de ce récit, c’est que le sort des esprits délogés est fixé d’une manière irrévocable. On peut maintenant, par grâce, en croyant, passer de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière, de Satan à Dieu (Jean 5:24 ; 1 Pierre 2:9 ; Actes 26:18). Mais alors, on ne passe pas du lieu des tourments au lieu du bonheur (Luc 16:26) : l’état des âmes est arrêté et scellé à jamais.

Ainsi le passage de Luc parle des esprits séparés du corps ; celui de Jean parle de la résurrection, et l’enseignement qu’il renferme est aussi d’une haute importance. Nous en dirons quelques mots.

La résurrection ainsi que le jugement sont par le Fils de Dieu, qui est aussi le Fils de l’homme (Jean 5:25 et 27). Ainsi, celui que les Juifs méconnaissaient et méprisaient a été revêtu par le Père lui-même de ces deux attributs de Dieu : donner la vie et juger (vers. 21, 22). Il doit être honoré comme le Père (vers. 23).

Deux époques sont indiquées, caractérisées par ces mots «l’heure vient». L’une avait déjà commencé quand Jésus était sur la terre, et elle dure encore ; elle s’étend jusqu’à l’autre heure. C’est l’époque où le Fils vivifie les âmes et les sauve par le moyen de sa voix qu’il leur fait entendre. C’est l’heure présente, le temps de la grâce. Qui a entendu cette voix de Jésus, a la vie éternelle ; il vit, et ne viendra pas en jugement.

L’autre «heure» est à venir. C’est l’heure (ou l’époque) de la résurrection et aussi du jugement. Ceux qui, comme Lazare, auront attendu dans le paradis, près du Seigneur, jouiront alors de la résurrection de vie, appelée aussi résurrection des justes (Luc 14:14) et première résurrection (Apocalypse 20:6) ; la seconde mort n’a pas de puissance sur eux. C’est le complément glorieux de leur salut. Ceux qui, de même que le riche, auront attendu dans le hadès, déjà dans les tourments, hélas ! ressusciteront aussi, mais pour le jugement devant le grand trône blanc (Apocalypse 20:11-15). C’est la résurrection des injustes (Actes 24:15) ; c’est, pour ainsi dire, le complément de leur condamnation et de leur ruine. En effet, l’homme est un être complexe, composé d’esprit, d’âme et de corps, et c’est à tout son être que s’applique salut ou perdition.

Enfin, n’oublions pas que, pour le racheté, il n’est pas nécessaire de passer par la mort, mais bien par un changement dans lequel ce qui est mortel est absorbé par la vie, et où le corruptible revêt l’incorruptibilité, car «la chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu, et la corruption non plus n’hérite pas de l’incorruptibilité» (2 Corinthiens 5 ; 1 Corinthiens 15:53, 50).

44.       «Deux femmes moudront ensemble, l’une sera prise et l’autre laissée» (Luc 17:35). Est-ce pour la bénédiction ou pour le jugement que l’on sera «pris» ?

Tout le passage montre qu’il est question du jugement qui va atteindre le monde au moment où le Fils de l’homme reviendra en gloire (*). «Si, par infidélité, on avait échappé à ceux qui, avant le jugement, n’épargnaient pas les fidèles, et cherché à sauver sa vie, — le jugement, étant celui de Dieu, saurait atteindre les gens dans leur lit et distinguer entre deux qui s’y trouvaient, comme entre deux femmes broyant leur grain à la même meule. Le caractère de ce jugement montre qu’il ne s’agit pas de la destruction de Jérusalem par Titus ; on y voit la main de Dieu qui sait discerner, prendre et épargner. Aussi n’est-ce pas un jugement de morts, mais un jugement sur la terre... À qui s’enquérait du lieu du jugement, la réponse était qu’il aurait lieu «là où est le corps» : le jugement descendrait là comme un vautour que l’on ne voit pas, mais auquel sa proie n’échappe pas». (J. N. D). Il n’est pas question dans ce passage, de décrire la nature ou les détails de ce jugement. Mais le fait solennel qu’il va arriver est présenté comme un avertissement de la part de Dieu, propre à agir sur la conscience de chacun, et à nous faire comprendre que chacun a affaire à Dieu devant qui rien n’est caché. Dans son gouvernement, il a la haute main sur toutes choses, et sait trouver celui qui est indifférent à ses appels aussi bien que celui qui se cache aux hommes.

(*) Il reviendra pour établir son royaume. Ses ennemis, et en particulier les apostats du peuple juif, seront «pris» pour être jugés. Ceux qui seront «laissés» entreront dans la joie du royaume (Ed).

45.       Dans les versets 34-36 du chapitre 20 de l’évangile de Luc, est-il question des Juifs ou du monde en général ?

 Luc présente habituellement les choses au point de vue moral. L’expression «fils de ce siècle» le dit assez ; elle signifie ceux qui ont leur part dans les choses d’ici-bas, et ne saurait être limitée aux Juifs. Ceux qui seront estimés dignes de la résurrection d’entre les morts sont reconnus «enfants de Dieu» en tant qu’ils participent à cette résurrection, qui du reste, aura lieu avant le règne millénaire du Christ. Voyez dans l’Apocalypse, chapitre 20:6.

46.       Quelle est la portée des paroles du Seigneur : «Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang» (Luc 22:20), en rapport avec la promesse faite à la maison d’Israël et à la maison de Juda, citée dans l’épître aux Hébreux ?

Le passage de Jérémie 31:31-34, cité dans l’épître aux Hébreux (Chap. 8:8-12), prouve qu’on ne peut pas prendre Israël dans un sens spirituel, en l’appliquant comme on l’a souvent fait aux croyants de la dispensation actuelle ; car dans ce sens-là, que ferait-on de l’expression «maison de Juda» ? Les deux «maisons» étant mentionnées séparément et distinctement, il est évident qu’on doit prendre le passage dans son sens littéral. La division des descendants d’Israël a eu lieu aussitôt après le règne de Salomon, et les deux «maisons» resteront séparées jusqu’à ce que s’accomplisse la prophétie d’Ézéchiel (chap. 37:15-28), dans les jours auxquels se rapporte également le passage de Jérémie.

La «nouvelle alliance», comme l’ancienne, est faite avec le peuple d’Israël ; c’est une chose essentiellement terrestre, ainsi que le montre clairement la suite du passage de Jérémie 31, qui parle du rétablissement de l’ancienne ville de Jérusalem (vers. 38-40).

Selon les termes de la nouvelle alliance, la loi de Dieu sera écrite dans le coeur du peuple ; ils connaîtront tous le Seigneur, et Dieu effacera complètement leurs péchés. Or cela ne peut avoir lieu sans qu’il y ait eu une expiation faite pour les péchés selon la justice de Dieu. C’est le sang de Christ seul qui est efficace pour accomplir cela, comme l’épître aux Hébreux le montre, surtout au chapitre 10. C’est pour cela que le passage est cité, ainsi que pour faire voir au peuple d’Israël que leur héritage dans le Messie (le Christ) dépasse de toute manière la position et les bénédictions dont ils ont pu jouir sous le régime de la loi. Ces deux époques sont désignées respectivement comme «le siècle présent» et «le siècle à venir», ou bien le «temps d’alors» et le «temps du redressement» (voyez les chapitres 2 et 9). Or le fondement divin de toute cette bénédiction future, qui constitue l’attente de tout âme fidèle en Israël, c’est le sang de Christ, et rien d’autre. C’est ce que le Seigneur voulait dire à ses disciples, en leur donnant «la coupe de la nouvelle alliance en son sang».

Mais il ne faut pas en tirer la conclusion que les chrétiens, les croyants d’aujourd’hui, remplacent le peuple d’Israël pour ce qui regarde «la nouvelle alliance». Aucune alliance n’est faite avec les chrétiens. La position chrétienne est d’une nature telle que l’idée même d’une «alliance» ne cadre pas avec elle : le chrétien est uni par le Saint Esprit au Christ glorifié. Par conséquent il possède, dès à présent, toutes les bénédictions spirituelles dont il est question dans «la nouvelle alliance» ; et en outre le Saint Esprit le fait jouir de toutes les choses qui se rattachent à la place actuelle de Christ dans le ciel, choses dont «la nouvelle alliance» ne dit absolument rien. En d’autres termes, la position chrétienne est céleste, parce que Christ est dans le ciel, et que le Saint Esprit unit le croyant à Christ là où il est.

Pour jouir des bénédictions terrestres, dans la communion de Dieu, il faut la nouvelle naissance, il faut un coeur purifié par la foi, il faut la rémission absolue des péchés. C’est ce que le Seigneur expliquait à Nicodème, en parlant des «choses terrestres» dont il est question dans le chapitre 36 d’Ézéchiel et ailleurs ; pour en jouir, il faut être né d’eau (de la Parole de Dieu), et de l’Esprit. Mais les «choses célestes» n’ont été révélées qu’après que le Seigneur Jésus eut pris sa place comme homme dans le ciel ; dès lors les choses autrefois cachées ont été annoncées par les apôtres, qui prêchaient «par l’Esprit Saint envoyé du ciel» (1 Pierre 1:12). Dans ces choses-là, «des anges désirent de regarder de près».

La nouvelle alliance se rapporte donc aux choses terrestres, aux bénédictions futures dont Israël jouira dans le pays de Canaan, pendant le règne glorieux du Messie. La base divine sur laquelle elle est établie est le précieux sang de Christ. En même temps, il est vrai que celui qui croit en Jésus possède dès à présent les bénédictions spirituelles que renferme la nouvelle alliance : il a la rémission complète de ses péchés ; il connaît le Seigneur ; Dieu, le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, est son Dieu ; et les commandements de Dieu sont écrits dans son coeur, dans le sens qu’il trouve ses délices à marcher dans l’obéissance, cherchant à plaire au Seigneur à tous égards. C’est le Saint Esprit qui opère ces choses en nous, par la parole de Dieu.

47.       Pendant son ministère en Galilée, le Seigneur dit à ses disciples : Ne prenez rien pour le chemin, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent, etc. (Luc 9:3) ; mais au chapitre 22:35-36, lors du dernier souper, il dit : «Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac et sans sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? Et ils dirent : De rien. Il leur dit donc : Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, et de même celui qui a un sac». — Pourquoi cette différence ?

Remarquez le mot «maintenant», qui est comme la clé du passage. Il y a un contraste entre la position actuelle du Seigneur, et celle qu’il avait lorsque d’abord il envoya les apôtres. Il était alors au milieu d’Israël comme le Messie, comme Emmanuel, «Dieu avec nous». Il les envoyait selon cette autorité qui lui appartenait, et ils devaient, pour leurs besoins, se confier entièrement à ses soins. Il veillait sur eux durant leur mission ; il inclinait les coeurs pour qu’ils soient reçus, et que rien ne leur manque.

Mais maintenant la position du Seigneur a changé. Il a été rejeté, il va être mis à mort et prendre ensuite sa place dans le ciel. Les apôtres allaient donc être laissés seuls, livrés à eux-mêmes, et, humainement parlant, ils auraient à prendre soin de ce qui les concernait. Voilà ce que Jésus avait voulu leur faire comprendre. Une chose était de dépendre du Seigneur lorsqu’il était dans ce monde, une autre chose de vivre dans le monde lorsque le Seigneur n’y était pas. Du reste, le rejet de Jésus manifestait l’état du monde et scellait sa condamnation. Cela n’empêchait pas l’oeuvre de la grâce qui se poursuivait toujours ; mais il est écrit de ceux qui étaient sortis comme prédicateurs pour le nom de Jésus qu’ils ne recevaient rien des gens des nations (3 Jean 7). C’était à leurs frères qui aimaient le Seigneur de pourvoir à leurs besoins. L’apôtre Paul recherchait ce «fruit» de l’amour chrétien qui abonderait pour le compte des fidèles (Voyez Philippiens 4:15-19 ; 2 Corinthiens 11:7-12).

48.       Les verset 36-38 du chapitre 22 de l’évangile de Luc autorisent-ils la résistance par la force ?

Nullement ; le Seigneur ne peut contredire ses propres enseignements ; jamais la Parole de Dieu n’est en opposition avec elle-même. Jésus a dit : «Ne résistez pas au mal ; mais si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre». — «Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent»(Matthieu 5:39, 44) ; et lui-même en a donné l’exemple et a repris Pierre (Matthieu 26:51-53 ; Jean 18:10-11). Ainsi les disciples en présentant deux épées, Pierre en frappant le serviteur du souverain sacrificateur, ont montré qu’ils n’avaient pas saisi la pensée du Seigneur. Ils la comprirent mieux plus tard (1 Pierre 2:13-20).

Quelle est donc la signification des paroles de Jésus ?

Le Seigneur met ici en contraste la condition de ses disciples durant le temps de son ministère, et ce qu’elle allait être maintenant que, rejeté des hommes, il n’attendait plus que la mort. C’était un changement immense pour eux comme pour lui.

Quand il les envoya d’abord (Luc 9 et 10), c’était sous sa protection puissante qu’il étendait sur eux comme étant le vrai Messie en Israël, Emmanuel sur la terre ; ils pouvaient compter sur sa puissance pour leur préparer les ressources nécessaires et les défendre contre leurs ennemis, car ils étaient comme des agneaux au milieu des loups. Une puissance miraculeuse les avait ainsi gardés tandis qu’ils parcouraient le pays dans sa longueur et sa largeur, portant partout leur témoignage, et aucun coup ne leur avait été porté, aucune prison ne s’était fermée sur eux.

Mais maintenant tout change : les choses qui le concernent vont avoir leur fin ; après avoir été crucifié, il va monter en haut et laissera ses disciples dans ce monde, exposés, comme lui l’avait été, à son inimitié ; ils devront à certains égards prendre soin d’eux-mêmes, sans plus compter sur des ressources miraculeuses, mais usant à l’avenir, selon la mesure de leur foi personnelle, de ce que Dieu leur dispenserait. Ils devaient s’armer de sagesse et de courage, ce qui d’ailleurs ne devait pas les empêcher de s’attendre à lui, bien au contraire.

Ainsi le Seigneur, en parlant de prendre une bourse et une épée, se sert de ces expressions comme d’une figure. Les disciples ne comprennent pas sa pensée à ce moment-là, voilà pourquoi, sans insister, il ajoute simplement : «C’est assez». Le Saint Esprit devait venir plus tard et les conduire dans toute la vérité.

49.       N’y a-t-il pas une apparence de désaccord entre des passages tels que Ésaie 6:5 : «Mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées» , et d’autres, comme Jean 1:18 ; 1 Jean 4:12 : «Personne ne vit jamais Dieu» ?

D’abord, nous savons que, dans la Parole de Dieu, il ne peut y avoir aucune contradiction : des difficultés de ce genre proviennent de l’étroitesse de notre esprit, et souvent de notre peu d’aptitude spirituelle pour saisir les révélations de Dieu. Elles demandent toutefois un examen patient sous le regard de Dieu ; car il faut l’Esprit de Dieu pour comprendre les Écritures, comme c’est par l’Esprit qu’elles sont communiquées (1 Corinthiens 2:10-16).

Dans l’Exode, chapitre 24:9-11, il est dit que Moïse et Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix des anciens d’Israël, virent le Dieu d’Israël et ne moururent pas. Au chapitre 33 du même livre, versets 20-22, l’Éternel dit à Moïse : «Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre ; ... et il arrivera, quand ma gloire passera, que je te mettrai dans la fente du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que je sois passé ; puis je retirerai ma main, et tu me verras par derrière ; mais ma face ne se verra pas». Ces deux passages nous paraissent suffisants pour établir une distinction qui peut servir à faire comprendre tous les autres ; c’est qu’il y a deux manières de «voir Dieu» : il y a une partie de sa gloire que les hommes peuvent être admis à contempler ; mais il y en a une autre qu’aucun homme, pas même un Moïse, ne peut voir ; et n’oublions pas ce que Dieu dit à son égard dans un passage qui distingue entre les visions et la révélation de Dieu : «S’il y a un prophète parmi vous, moi l’Éternel, je me ferai connaître à lui en vision, je lui parlerai en songe. Il n’en est pas ainsi de mon serviteur Moïse, qui est fidèle dans toute ma maison ; je parle avec lui bouche à bouche, et en me révélant clairement et non en énigmes ; et il voit la ressemblance de l’Éternel» (Nombres 12:6-8). Il est évident que les anciens d’Israël n’ont pas vu ce que vit Moïse, et qui fit resplendir son visage, de sorte qu’il a dû mettre un voile lorsque, après être descendu de la montagne, il s’approchait d’Aaron et du peuple ; et c’est précisément dans le cas de Moïse que Dieu a établi la distinction entre «sa face» et la gloire que Moïse pouvait voir «par derrière». Plus tard aussi Moïse dit au peuple, en parlant de la proclamation de la loi du haut du mont Sinaï : «Vous ne vîtes aucune forme, seulement vous entendiez une voix» (Deutéronome 4:12).

Quant à Ésaïe, Jean dit expressément qu’il vit la gloire du Seigneur (Jean 12:42). Nous savons aussi que Jésus montra sa gloire, pour un instant, à trois de ses disciples sur la montagne de la transfiguration. C’était un cas spécial, sans doute, parce que c’est dans la personne de son Fils que Dieu se révèle, comme dit Jean 1:18. Toutefois, pour ce qui regarde la gloire, le principe est le même. Ce que Dieu révèle est pour nous ; les choses cachées sont à lui (Deutéronome 29:29). Les choses que Paul a entendues dans le troisième ciel n’étaient pas telles qu’il put les communiquer. Il n’est pas permis à l’homme de les exprimer (2 Corinthiens 12:4).

Le bonheur de savoir que nous verrons Jésus tel qu’il est n’est pas diminué par le fait que Dieu habite la lumière inaccessible et qu’aucun des hommes ne l’a vu, ni ne peut le voir. Pour se tenir devant lui, il faut avoir une bonne conscience, sachant que tous nos péchés sont ôtés. Ésaïe en sentait le besoin lorsqu’il vit sa gloire, et le Seigneur répondit aussitôt à ce besoin du coeur du prophète (voyez chap. 6:5-7). Or Dieu nous a donné, dès à présent, cette bonne conscience par l’oeuvre parfaite de notre Seigneur Jésus, qui paraît déjà pour nous devant la face de Dieu (Hébreux 9:24 ; 1 Pierre 3:21, 22).

50.       Quelle est la signification de ces paroles «Né d’eau et de l’Esprit» (Jean 3:5) ?

Dans le chapitre 3 de l’évangile de Jean, le Seigneur Jésus présente à Nicodème, le docteur d’Israël, comme seul moyen de «voir» ou «d’entrer» dans le royaume de Dieu, ce qui contrastait le plus complètement possible avec son savoir. Exposer à Nicodème des doctrines et lui donner ainsi un surcroît de connaissances aurait flatté son orgueil ; que fait donc le Seigneur Jésus ? Il met à nu le fond de la vérité quant à l’état de l’homme et par conséquent de Nicodème ; il s’adresse à sa conscience en lui montrant que l’homme, avec toute l’instruction possible, est par lui-même incapable de connaître Dieu et les choses de Dieu ; qu’il n’est que chair (Jean 3:6) et que, par conséquent, il lui faut un changement radical, complet, vital, un renouvellement dans la source même de son être moral, une «nouvelle naissance», en un mot, expression qui met en évidence à la fois le caractère de l’oeuvre qui doit s’opérer, et l’incapacité absolue où se trouve l’homme de l’accomplir, car on ne peut pas se faire naître.

C’est donc une oeuvre divine, une oeuvre nouvelle aussi, puisqu’elle nous introduit, à l’égard de Dieu, dans une condition où nous n’étions pas auparavant. Or le Seigneur la décrit comme s’opérant par l’eau et par l’Esprit, et les paroles qu’il emploie montrent en même temps que les écrits des prophètes doivent fournir l’explication des figures dont il se sert. Il dit à Nicodème : «Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais par ces choses ?» Comme docteur d’Israël, Nicodème avait pour mission d’instruire le peuple dans les Écritures ; par conséquent il aurait dù les connaître.

Nous y lisons en effet : «Je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purs : je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Et je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau ; et j’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair ; et je mettrai mon Esprit au-dedans de vous, et je ferai que vous marchiez dans mes statuts, et que vous gardiez mes ordonnances et les pratiquiez» (Ézéchiel 36:25-27). Ainsi par l’action de l’Esprit et de la Parole de Dieu («mes statuts», «mes ordonnances»), le peuple doit être entièrement changé et délivré de l’idolâtrie. (Comparez Ézéchiel 11:19-20).

Dans Ésaïe, nous trouvons : «Comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas, mais arrosent la terre et la font produire et germer, ... ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet» (Ésaïe 55:10, 11). Au même chapitre, versets 1-3, nous lisons : «Ho ! quiconque a soif, venez aux eaux ; ... Inclinez votre oreille et venez à moi ; écoutez, et votre âme vivra». Voilà donc une vie nouvelle, — votre âme vivra, est-il dit, une vie qui provient d’avoir écouté la Parole de Dieu. Comparons encore avec ces passages Ésaïe 44:3 : «Car je verserai de l’eau sur celui qui a soif, et des ruisseaux d’eau sur la terre sèche ; je verserai mon Esprit sur ta semence, et ma bénédiction sur ceux qui sortent de toi». Et dans le même prophète (59:21) : «Mon esprit qui est sur toi, et mes paroles que j’ai mises dans ta bouche, ne se retireront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta semence».

Tous ces passages nous montrent clairement que l’eau désigne la parole de Dieu dans sa puissance sur la conscience pour purifier le coeur, les pensées, les affections, la vie entière.

Nous trouvons la même chose dans le Nouveau Testament. Jacques dit : «Il nous a engendrés par la parole de la vérité» (1:18) ; et plus loin : «Recevez avec douceur la parole implantée, qui a la puissance de sauver vos âmes» (vers. 21). De même l’apôtre Pierre : «Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, ... Vous qui êtes régénérés non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu» (1 Pierre 1:22, 23).

N’est-il donc pas évident que, dans les Écritures, du Nouveau Testament comme de l’Ancien, l’eau est une figure employée pour représenter la Parole de Dieu agissant dans nos coeurs pour les purifier du moment que nous lui obéissons ? Cela est mis hors de doute par ce passage de l’épître aux Éphésiens : «Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle, afin qu’il la sanctifiât en la purifiant par le lavage d’eau par la parole» (5:26). Non pas, comme quelques versions le portent, «par le lavage d’eau et par la parole», mais par le lavage d’eau par la parole, montrant ainsi l’identité de l’eau et de la parole.

Sans doute il faut l’opération de l’Esprit de Dieu pour que la parole devienne efficace dans l’âme et que l’obéissance à cette parole puisse avoir lieu ; en d’autres termes, on est «né d’eau et de l’Esprit». C’est une chose vitale, car, sans cette nouvelle naissance, le Seigneur dit que l’on ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu.

On a cherché à détourner ce passage de son vrai sens en prétendant que «l’eau» désigne le baptême. Mais remarquez, en premier lieu, qu’il n’est pas question du baptême dans l’Ancien Testament, de sorte que le reproche adressé par le Seigneur à Nicodème, de ce qu’il ne comprenait pas ces choses, n’aurait eu aucun fondement si l’eau avait désigné le baptême, secondement, si l’on était régénéré par l’eau du baptême, on recevrait la vie éternelle par une ordonnance, ce qui rendrait inutile le sang de Christ et contredirait le témoignage unanime des Écritures qui disent que la vie est reçue, par la foi et non par le baptême. (Comparez 1 Jean 5:6-13 avec Jean 19:34).

51.       Il est écrit que «Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16). Peut-on se servir de ce passage pour dire que Dieu aime le monde encore maintenant, et que, tout en haïssant le péché, il aime le pécheur ?

Dans toute question de ce genre, il s’agit de préciser le terrain sur lequel on se place. Si l’on reste sur le terrain de Dieu, il n’y a pas de difficulté. «Tout ce que Dieu fait subsiste à toujours ; il n’y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher ; et Dieu le fait afin que, devant lui, on craigne» (Écclésiaste 3:14). L’amour de Dieu pour le monde a été constaté dans le fait qu’il a envoyé Jésus ici-bas pour être le Sauveur et «en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous». (Romains 5:8 ; 1 Jean 4:9, 10). Christ a dit à propos de son entrée dans le monde : «Voici je viens, il est écrit de moi dans le rouleau du livre, pour faire, Ô Dieu, ta volonté» (Hébreux 10:5-7). Voilà Pourquoi l’évangile peut être présenté à tous les hommes sans distinction ; car tous sont pécheurs, et Christ a fait la propitiation, glorifiant Dieu à tous égards dans l’oeuvre de la rédemption. Son sang purifie de tout péché. Malheur donc à celui qui refuse d’obéir à l’évangile ! il n’a que le jugement à attendre. Le nombre ou la gravité des péchés déjà commis n’exclut personne du salut que Dieu proclame ; mais, du moment qu’on rejette la grâce, on foule aux pieds le Fils de Dieu et il n’y a plus d’abri contre la juste vengeance de Dieu. «C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant !» (Héb. 10:31).

D’un autre côté, si l’on veut se servir de l’amour de Dieu comme d’une excuse ou d’un prétexte pour continuer à vivre dans le péché, c’est traiter le Dieu Tout-Puissant comme s’il était un homme tel que nous, et mépriser à la fois sa grâce infinie et sa justice. Le Psaume 50 répond à de telles pensées (versets 15 à 23).

52.       Comment faut-il entendre l’expression : «J’ai dit : Vous êtes des dieux» (Jean 10:34) ?

Le Seigneur, répondant aux Juifs qui voulaient le lapider, insiste sur l’importance du langage des Écritures, en sorte que, même si nous n’en comprenons pas toute la portée, il faut cependant prendre la sainte Parole comme elle est écrite, car elle vient de Dieu. Car «l’Écriture ne peut être anéantie». Comme le dit Jésus : ceux à qui la parole de Dieu était venue, étaient appelés «dieux», en tant que dépositaires des pensées divines ; à plus forte raison celui qui était venu de la part du Père et qui faisait les oeuvres du Père devait-il être reconnu comme le Fils de Dieu. Mais les Juifs ne voulaient pas se soumettre aux Écritures qu’ils se vantaient de posséder et ils rejetaient celui auquel elles rendaient témoignage. Le Psaume 82, d’où la citation est tirée, décrit l’état moral que le témoignage et la vie de Jésus au milieu du peuple ont mis pleinement en évidence.

Le mot hébreu traduit par «juges» à la fin du premier verset est le même qui est traduit par «dieux» au verset 6, et il est ailleurs employé ainsi, comme par exemple, Exode 21:6 ; 22:8, 9, 28. — Les «juges» en Israël étaient censés connaître la pensée de Dieu comme elle était révélée dans les Écritures, et leur devoir était d’agir selon cette pensée et de la faire connaître au peuple. Ils étaient en quelque sorte les représentants de Dieu à cet égard ; le psaume les envisage ainsi, montrant en même temps combien ils avaient de fait manqué, ayant agi d’après leurs convoitises charnelles et marché comme des gens qui n’avaient aucune connaissance des vérités divines. En outre, la fin du verset cité par le Seigneur montre clairement à qui la parole s’appliquait : «Vous êtes tous fils du Très-Haut». Evidemment ceux à qui la révélation avait été confiée auraient dû être dans leur mesure les imitateurs de celui qui gouverne l’univers d’après les règles invariables de sa sainteté et de sa justice.

Comparez dans le Psaume 49, les versets 16 à 20 avec le verset 7. La mort est le salaire du péché. Le moment viendra où Dieu amènera toutes choses en jugement. Le péché a renversé tout ce que Dieu avait établi sous la main de l’homme sur la terre. Ailleurs, il est écrit . «J’ai encore vu sous le soleil que, dans le lieu du jugement, là il y avait la méchanceté, et que, dans le lieu de la justice, là il y avait la méchanceté. J’ai dit en mon coeur : Dieu jugera le juste et le méchant ; car il y a un temps pour toute affaire et pour toute oeuvre» (Écclésiaste 3:16, 17). Qu’il est précieux pour nous de savoir que Dieu a mis tout jugement entre les mains de son Fils, «parce qu’il est fils de l’homme !» Et c’est lui en effet qui va recevoir en héritage toutes les nations. C’est lui qui a donné sa vie pour nous (Jean 5:22-27 ; Psaume 2:7-12 ; Jean 10:11 - 15).

53.       Dans quel sens faut-il comprendre l’expression «plusieurs demeures» dans Jean 14:2 ? Les inégalités terrestres, religieuses ou autres, seraient-elles en quelque sorte reproduites dans la maison du Père par les «demeures» multiples qui s’y trouvent ?

L’idée présentée dans la question qui a été posée, est absolument sans fondement. Il est bien possible que, par l’expression «plusieurs demeures», le Seigneur ait fait allusion au temple et aux chambres latérales, pratiquées dans le mur qui entourait de trois côtés les lieux saints. Ces chambres seront reproduites dans le temple d’Ézéchiel (comparez Ézéchiel 41:5-71 avec 1 Rois 6:5, 6). Il est à noter cependant que, dans le livre des Chroniques qui présente habituellement le côté spirituel des types, aucune mention n’est faite de ces chambres, l’attention étant davantage arrêtée sur le caractère de l’intérieur de la maison, sur l’autel d’airain et les ordonnances du culte. Et ce fait peut, nous semble-t-il, fournir une clé pour saisir l’importance relative des «chambres». Il y en avait assez pour subvenir à toutes les nécessités du service (voyez 2 Chroniques 31:11-13 ; Néhémie 12:44) ; mais la pensée qui domine est que toutes ces chambres faisaient partie de la «maison de l’Éternel», là où le culte devait être célébré. C’était là que Dieu était «assis entre les chérubins» sur son trône de miséricorde. Toute idée d’une séparation de classe, de privilège, ou de proximité relative dans les chambres est exclue par la forme de leur construction. Il n’y avait aucune différence sous ce rapport. Tous les sacrificateurs en avaient l’entrée assurée selon le service qui leur était assigné ; et tous les services contribuaient à un seul et même but, distingué et caractérisé par la présence de l’Éternel au milieu de son peuple.

Si donc nous devons nous servir de ce type pour avoir une conception juste des «demeures» dont le Seigneur parle, la pensée dominante est celle de l’unité de la maison et de tout ce qui s’y rapporte, jointe au fait qu’il y avait beaucoup de place pour tout ce qui servait à mettre en relief les richesses de la grâce de Dieu en faveur de son peuple, cette «bonté» qui demeure à toujours et qui est le thème de leurs chants (1 Chroniques 16:34).

Plus nous considérons le chapitre en question (Jean 14), plus la même pensée nous saisit. Le Seigneur ne fait pas la moindre allusion ici à des degrés différents de relation ou de proximité. D’après d’autres passages, il y aura sans doute des différences dans les récompenses décernées aux serviteurs, mais il n’est nullement question de cela ici. Tout le chapitre parle d’une relation établie entre le croyant et le Père, relation dont le Fils de Dieu est l’expression parfaite. Il veut que tous ses disciples en jouissent avec lui, et ceux qui pleurent son absence actuelle seront avec lui au moment de son retour. Il reviendra pour les prendre auprès de lui. Le Saint Esprit envoyé dans nos coeurs nous fait crier : «Abba, Père». Il n’y a pas deux esprits différents pour crier une chose dans un coeur et une autre chose dans un autre.

54.       Il est écrit (Jean 14:2) : «Je vais vous préparer une place». Est-ce à la croix que le Seigneur Jésus nous a préparé la place, ou bien est-ce maintenant qu’il nous la prépare, depuis qu’il s’est assis à la droite de Dieu ?

L’entrée du Seigneur Jésus Christ, comme homme, dans la maison du Père a de fait préparé la place pour ceux qui sont à lui. Nous ajoutons sur cette précieuse vérité quelques paroles d’un serviteur de Dieu qui est maintenant dans le repos.

Dans le chapitre 13 de l’évangile de Jean, le Seigneur nous purifie, nous lave les pieds, en vue des relations avec Dieu son Père, dans lesquelles il nous a placés en entrant au ciel. Dans le chapitre 14, il s’agit de préparer la place pour les disciples, et le Seigneur les console en vue de son prochain départ. Il allait où les disciples ne pouvaient venir ; ceux-ci resteraient, à vue humaine, seuls sur la terre. En présence de cette situation en apparence désolante, le Seigneur s’adresse à eux, leur montrant qu’il devait être pour eux un objet de foi, comme Dieu l’était. Il ne parle pas ici de son oeuvre, mais de leur position comme conséquence de cette oeuvre, position dont sa personne aurait dû être la clé pour eux, et le serait dorénavant. Il ne les abandonnait pas pour s’en aller et jouir seul de la gloire et du repos célestes, comme s’il n’y avait place que pour lui dans la maison de son Père : il y en avait pour eux tous ; leur place serait avec lui. Ceci supposait la rédemption ; si Jésus ne se présentait pas à Dieu comme nouvel homme selon la puissance de cette rédemption, il ne pouvait y avoir de place préparée là-haut pour eux.

Au lieu du royaume d’un Messie terrestre, les disciples auraient la gloire éternelle et divine du Fils de l’homme dans le ciel. Son entrée là comme homme, et la présence de leur précurseur, là où il s’en allait, leur préparait la place pour eux aussi. Le sang faisait la paix selon la justice divine, l’eau (chap. 13) les préparait pour jouir de la maison du Père ; l’entrée de Christ ne laissait rien à faire pour qu’ils y entrent.

55.       Quelles sont les oeuvres «plus grandes» auxquelles le Seigneur fait allusion, dans Jean 14:12 ? Est-ce par exemple, à la conversion de 3000 personnes dans un seul jour (Actes 2:41 ;4:4) ?

Nous ne doutons pas qu’il en soit ainsi. Peut-être aussi le Seigneur fait-il allusion à la présence du Saint Esprit ici-bas, et à ses conséquences : l’intelligence de la relation avec le Père qui devait caractériser la prédication des apôtres, et la connaissance du «mystère» qui ne pouvait être révélé avant que le Fils de l’homme eût été glorifié.

N’y a-t-il pas aussi une autre réflexion à faire quant aux circonstances au sein desquelles cette puissance divine a été déployée ? Les miracles du Seigneur Jésus, à quelques exceptions près, furent faits en dehors de la ville de Jérusalem, et la plupart en Galilée ; tandis que ceux des apôtres, après le départ du Sauveur, furent opérés dans la capitale, sous les yeux des chefs incrédules qui avaient tout intérêt à discréditer la puissance qu’ils ne pouvaient nier (Actes 4:16).

56.       Jésus dit à ses disciples : «Ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde» (Jean 16:33). Le sens est-il : J’ai vaincu le monde, vous n’avez pas à le vaincre, ou : J’ai vaincu le monde, vous pouvez le vaincre à votre tour ?

La victoire sur le monde est effective et complète pour celui qui a traversé le Jourdain en Christ ressuscité. Jésus a vaincu le monde par sa mort, alors que le chef de ce monde sera jeté dehors, et rendu impuissant (Jean 12:31 ; Hébreux 2:14). Le chrétien aura nécessairement des tribulations ici-bas ; il ne doit pas s’étonner si le monde le hait, car le monde a haï Christ (Jean 15:18-19 ; 1 Jean 3:13) ; mais il reste toujours victorieux, parce que, dans les choses pénibles qu’il subit de la part du monde, dans la mort même (s’il le faut), il est «plus que vainqueur par celui qui nous a aimés» (Romains 8:37). «Tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde ; et c’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi. Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?» (1 Jean 5:4-5 ; et comparez Galates 2:20).

57.       Peut-on se servir du verset 9 de Jean 17 pour se justifier de ne pas prier pour le monde ?

1 Timothée 2:1-4, nous fournit la réponse : «J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâces pour tous les hommes, — pour les rois et pour tous ceux qui sont haut placés, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté ; car cela est bon et agréable devant notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité».

Dans le chapitre 17 de l’évangile de Jean, le Seigneur Jésus, prêt à quitter la terre, recommande les siens aux tendres soins de son Père. C’était là une prière spéciale. Lui-même, un peu plus tard, pria pour ceux qui l’avaient exposé à toutes sortes d’ignominies, qui l’avaient cloué sur la croix infâme entre deux malfaiteurs : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font» (Luc 23:34). Il nous a ainsi fourni un modèle de la manière dont il faut mettre en pratique sa propre injonction : «Priez pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent» (Matthieu 5:44 ; Luc 6:28).

 

Il faut saisir la relation selon laquelle le Seigneur parle et agit. Dans cet entretien (Jean 17), le monde est vu en tant qu’organisation de la terre par les hommes, sans Dieu ; il a affaire avec le Père juste, qu’il n’a pas connu et dont il rejette l’envoyé. Quand il est écrit que Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, il s’agit de l’ensemble de l’humanité. Le racheté aime tout ce qu’aiment le Père et le Fils (1 Jean 4:7), avec lesquels sa nature divine le met en communion et en relation de famille et d’intimité. Mais le monde, que Jésus venait pour sauver, n’a pas voulu être sauvé, et il a été définitivement jugé dans la croix de Christ. Toutefois Dieu agit en grâce pour choisir et séparer du monde tous ceux qui reçoivent son Fils. «La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes...» (Tite 2:11). «Dieu... ordonne... maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent» (Actes 17:30).

Que Dieu nous accorde de ne pas oublier que nous sommes, en tant que rachetés, une sacrificature royale ; et que notre haut privilège est de connaître la volonté de notre Père, et de lui exprimer librement tous les désirs que la connaissance de sa volonté produit dans nos coeurs.

58.       Quel est le nom que le Père a donné à Christ et dans lequel Christ prie le Père de garder ses disciples ? (Jean 17:11).

C’est le nom du Père, — ce nom merveilleux qui est la source de la relation dans laquelle Dieu nous fait entrer auprès de lui-même, relation qui caractérise la vie éternelle. — «C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ» (verset 3).

Cette révélation est le grand sujet de l’évangile de Jean. Dieu se fait connaître à nous dans sa nature ; il est lumière et il est amour. Il se révèle dans la personne de son Fils, qui est non seulement le Fils unique, mais encore «dans le sein du Père», ou tout l’amour du Père se déverse sur lui sans interruption et sans limite. La gloire que Jésus a manifestée ici-bas a été la gloire «d’un fils unique de la part du Père» (chap. 1:14, 18). Et c’est dans cet amour, l’amour dont il a été l’objet comme homme dans ce monde, que le Seigneur Jésus nous introduit (chap. 15:9 ; 17:23 ; 1 Jean 3:1-3).

Or, notez bien que dans ce chapitre 17 de Jean, le Seigneur attribue tout à son Père, recevant tout directement de lui en don : l’autorité, ceux auxquels il donne la vie éternelle selon le commandement du Père, les paroles de la vérité, le nom béni par lequel Dieu se révèle, la gloire, sa gloire, tout est «donné» du Père. Il dit encore (chap. 15:15) : «Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père». Combien cela nous est précieux.

L’amour du Père garde du monde (1 Jean 2:14-15). Le premier effet de cette révélation est de nous placer dans la présence du Dieu de toute grâce et, par la foi, dans la relation même qui est exprimée dans la personne de notre bien-aimé Sauveur dans la gloire, et qui, pour nous, est le résultat de son oeuvre accomplie sur la croix. Il est le Fils du Père ; et Dieu envoie dans le coeur du croyant «l’Esprit de son Fils» (Galates 4:6). Voyez aussi le premier message de Jésus à ses disciples après sa résurrection (Jean 20:17).

59.       Pourquoi (ainsi que nous le lisons dans Jean 20) le Seigneur ne permet-il pas à Marie de Magdala de le toucher, tandis que nous voyons dans Matthieu 28:9, que les femmes, s’approchant, saisirent ses pieds, sans que Jésus les repoussât ?

En premier lieu, quant à la contradiction apparente entre les deux récits, elle n’existe pas. Ce sont deux faits différents ; Marie de Magdala n’était pas avec les femmes dont parle Matthieu 28:9. C’est ce que montre une comparaison attentive des évangiles. Le dimanche matin (*), Marie de Magdala alla seule chez Pierre et Jean, bien que les autres femmes l’aient accompagnée au tombeau, comme le prouvent ses paroles : «Nous ne savons où on l’a mis» (Jean 20:2). Elle retourna au sépulcre avec eux et y resta (vers. 10, 11). C’est alors que Jésus se montra «premièrement» à elle (Marc 16:9). Quant aux autres femmes, d’après le récit de Matthieu, elles ne retournèrent point au sépulcre, parce qu’elles avaient vu le Seigneur en route.

(*) À ce propos, il peut être bon de remarquer qu’il y a un intervalle de temps bien marqué entre les versets 1 et 2 du chapitre 28 de Matthieu. Au verset 1, «sur le tard, le jour du sabbat, au crépuscule du premier jour de la semaine», s’applique évidemment au soir du sabbat ou samedi, et non au dimanche matin, car les Juifs comptaient le jour à partir de six heures du soir. D’après les autres évangiles, on voit que ce qui est rapporté aux versets 2 et suivants a lieu le dimanche et que les femmes vinrent encore le matin, au point du jour (Marc 16:2 ; Luc 24:1 ; Jean 20:1).

Maintenant, pourquoi le Seigneur ne permet-il pas à Marie de Magdala de le toucher, tandis qu’il ne le défend pas aux autres femmes ? Chacun de ces faits fournit un enseignement distinct ; et comme l’Esprit Saint, dans chaque évangile, a un dessein spécial, Jean nous rapporte le fait qui est en rapport avec ce dessein et avec le caractère sous lequel il avait à présenter le Seigneur Jésus ; Matthieu, de son côté, raconte l’autre fait qui est en harmonie avec la pensée divine qui distingue son évangile. Entrons dans quelques détails.

L’évangile de Jean présente Jésus comme le Fils de Dieu, envoyé de la part du Père pour être le Sauveur du monde (1 Jean 4:14 ; Jean 3:16). Ayant expié les péchés par sa mort, il attire à lui tous les hommes, les Gentils aussi bien que les Juifs. Dans cet évangile sont mis en contraste Dieu et l’homme, le ciel et la terre, Christ et Satan (Jean 1:1-5 ; 3:12, 13, 31, 32 ; 14:30, 31). Mais Christ a été rejeté et crucifié ; d’un autre côté, ayant glorifié Dieu, Dieu le glorifie auprès de lui-même (Jean 13:31-32). Sa place n’est plus sur la terre, et ainsi, quant aux siens, ses relations avec eux sont changées. En vertu de la rédemption qu’il avait accomplie, il les introduit dans la même position que lui vis-à-vis de son Dieu et Père (Jean 12:23, 24 ; 20:17), de sorte qu’eux aussi n’ont plus de place sur la terre. Marie de Magdala n’avait pas encore compris cela ; elle aurait voulu saisir et garder le Seigneur ici-bas. Il lui montre que cela n’est pas possible, que sa relation avec lui n’est plus terrestre (comme l’avait été jusqu’alors celle du résidu), mais céleste, et il lui dit : «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père». Il avait déjà auparavant parlé aux siens de son départ et de la place qu’il allait leur préparer dans la maison du Père, une place avec lui dans la gloire céleste. En rapport avec cette gloire, il voulait se manifester à eux par l’Esprit qu’il avait promis d’envoyer, et fortifier leurs coeurs pour traverser ce monde où tout était contre eux, comme tout avait été contre lui. (comparez chapitres 14:1-3, 20 ; 17:24 ; 15:18, 24-26 ; 16:33).

Dans l’évangile selon Matthieu, le Seigneur Jésus est présenté comme le Messie, c’est-à-dire, le Christ, fils de David et fils d’Abraham ; celui qui seul répondait à toutes les promesses faites aux «pères», et qui seul accomplissait toutes les prophéties. (Voyez Hébreux 1:1).

Or ces pères étaient de la nation d’Israël et attendaient l’établissement en gloire du règne du Messie sur la terre (Psaume 72:19 ; Habakuk 2:14). Mais, comme le font voir toutes les écritures de l’Ancien Testament, la nation d’Israël a été infidèle à Dieu dès le commencement (Deutéronome 9:6, 7, 13, 24). Cette infidélité fut portée à son comble par le rejet de leur Messie, du Fils de Dieu qu’ils crucifièrent (Matthieu 21:38, 39).

Cependant, à travers toute cette histoire triste et humiliante pour l’homme, nous voyons que Dieu se conserva toujours un résidu fidèle, ainsi qu’il le dit à Élie : «Je me suis réservé sept mille hommes qui n’ont point fléchi le genou devant Baal» (1 Rois 19:18). L’apôtre Paul, rappelant ces paroles, ajoute : «Ainsi donc, au temps actuel aussi, il y a un résidu selon l’élection de la grâce» (Romains 11:4, 5).

Or l’évangile de Matthieu nous montre le Seigneur Jésus recherchant ce résidu fidèle. C’est dans ce milieu qu’il révéla les pensées de Dieu. Il prit place avec ceux qui écoutaient les paroles de Dieu, et se fit baptiser par Jean dans ce but. Il disait à ses disciples combien grand était leur privilège de voir et d’entendre les choses que plusieurs prophètes et plusieurs justes auraient bien voulu voir et entendre, mais le temps n’était pas encore venu (Matthieu 13:17).

Le Seigneur Jésus ayant été rejeté comme Messie, comme roi, ceux qui s’attendaient à avoir part avec lui dans la gloire de son royaume, en reconnaissant son autorité, ne pouvaient avoir sur la terre d’autre sort que celui que leur Seigneur et Maître y avait eu. Le moment de régner avec lui en gloire est renvoyé à plus tard, et, en attendant, il fallait prendre la croix et le suivre. Le Seigneur envoyait ses disciples «comme des brebis au milieu des loups» (Matthieu 10), mais il leur disait : «Je suis tous les jours avec vous, jusqu’à la consommation du siècle» (28:20). C’est ce dont ils ont besoin pour traverser ce monde en souffrant, comme Christ y a souffert. Plus tard, on régnera avec lui (2 Timothée 2:12 ; Apocalypse 20:6).

Telle est la ligne de vérités que présente Matthieu. En harmonie parfaite avec elles, le Seigneur Jésus, en se montrant aux femmes qui cherchaient son corps, leur permet de lui saisir les pieds. On peut voir dans ce fait la position sur la terre du résidu avec lequel le Seigneur s’identifiait en grâce. En même temps, Jésus leur dit que ses disciples le verraient en Galilée, loin de la ville royale de Jérusalem. En effet, le Roi rejeté ne pouvait plus se manifester au peuple d’Israël, et il ne le fera pas jusqu’à ce qu’ils disent : «Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur» (Matthieu 23:39).

60.       Dans le passage d’Actes 7:56, Etienne dit : «Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu» ; tandis que dans l’épître aux Hébreux le Seigneur est toujours présenté comme étant assis à la droite de Dieu (chap. 1:3, 13 ; 10 ; 12, etc.). Pourquoi cette différence ?

L’épître aux Hébreux fait connaître la position de tous les croyants sur la terre en rapport avec le rejet du Messie et l’accomplissement définitif par lui de l’oeuvre de la rédemption. Jésus est souverain sacrificateur dans le ciel, son oeuvre achevée ; il s’est assis, en attendant que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds, — contraste frappant avec les sacrificateurs lévitiques qui étaient toujours «debout», parce que leur service n’était jamais fini. Le Saint Esprit, dans cette épître, s’adresse premièrement au Juif (au Juif converti, bien entendu), parce que le Juif avait des droits terrestres assurés par les promesses de Dieu faites à ses pères. Le gentil n’en avait pas, en sorte que pour celui-ci la question est plus simple. Mais les Juifs croyants, ainsi que nous le voyons, même chez Pierre et les autres apôtres, au commencement du livre des Actes, avaient beaucoup de peine à accepter la mise de côté de leurs privilèges et des rites mosaïques, en faveur des nations qui jusqu’alors n’y pouvaient participer qu’en se faisant prosélytes. Cependant, par le rejet de leur Messie, les Juifs avaient perdu tout droit à la réalisation des bénédictions que le Messie seul pouvait apporter et devait dispenser. En même temps, par sa mort, l’accès dans les lieux saints était ouvert, le voile étant déchiré ; et c’est «dans le ciel même» que le Christ est entré, «afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu» ; c’est là que les mérites de son précieux sang «qui parle mieux qu’Abel», sont pleinement manifestés en faveur de tous les croyants tant Gentils que Juifs (Hébreux 1:8-10 ; 9:24 ; Actes 13:46-48).

Mais, dans le livre des Actes, et surtout dans les premiers chapitres, l’Esprit Saint nous fait assister aux événements qui ont abouti au changement de position et de relation dont nous avons parlé. Les Juifs avaient crucifié leur Messie, mais Dieu, au lieu de les punir immédiatement, dans sa grâce, les invitait encore à la repentance. Il agissait envers eux et envers le monde entier d’après la valeur qu’avait à ses yeux le sang de son Fils Jésus Christ, qui purifie de tout péché. C’était le premier et le grand résultat de la mort de Christ. Le jugement de ce monde pour avoir crucifié Jésus est remis à un jour à venir (Actes 17:30-31). Par conséquent l’apôtre Pierre présente Jésus comme prêt à revenir du ciel, si les Juifs se tournaient vers Dieu. Il attribue à l’ignorance (*), leur crime national d’avoir mis à mort le prince de la vie, puis il ajoute : «Repentez-vous donc et vous convertissez, pour que vos péchés soient effacés : en sorte que viennent des temps de rafraîchissement de devant la présence du Seigneur, et qu’il envoie Jésus Christ qui vous a été préordonné...» (Actes 3:12-20).

(*) Rappelons que le Seigneur lui-même, et plus tard le Saint Esprit par l’apôtre Paul, ont mis en avant l’ignorance comme un titre à la grâce (Luc 23:34 ; 1 Corinthiens 2:8 ; 1 Timothée 1:13).

Dieu donne à Etienne de voir sa gloire, et Jésus «debout» à sa droite. Il était, pour ainsi dire, prêt à revenir si les Juifs écoutaient l’appel suprême qui leur était adressé. Au lieu de le faire, ils consommèrent leur rébellion en mettant à mort Etienne, et par cet acte ils fermèrent la porte de la grâce que la miséricorde de Dieu leur tenait encore ouverte. Dès ce moment-là, l’évangile fut présenté aux nations. Et par une merveilleuse direction des voies de Dieu, le jeune homme, aux pieds duquel les témoins qui lapidaient Etienne avaient déposé leurs vêtements, devint, bientôt après, le grand apôtre des nations. Les Juifs, comme Etienne le leur montra, n’avaient pas seulement violé la loi, tué les prophètes et crucifié Christ, mais ils résistaient toujours au Saint Esprit, et dorénavant le jugement de Dieu les attendait. Encore quelques années et leur ville serait détruite et la nation dispersée (Matthieu 22:6-7).

61.       La conduite de l’apôtre Paul, racontée dans Actes 16:37 ; 22:25, nous fournit-elle un exemple à suivre ?

Rappelons d’abord que la partie historique de la parole de Dieu raconte des faits tels qu’ils sont arrivés, pour nous faire voir ce qu’est l’homme et quelles sont les voies de Dieu à son égard. Ces faits sont pleins d’instruction, et nous présentent tantôt des types de Christ ou des exemples à suivre, tantôt des contrastes avec le Seigneur Jésus parfait en toutes choses, et des écueils à éviter. Lorsqu’il est question de porter une appréciation sur tel acte, il faut tenir compte des motifs qui l’ont occasionné ; mais on doit toujours distinguer entre un récit historique et une leçon positive.

Dans les cas cités, l’apôtre revendique son droit de citoyen romain. Ses motifs en le faisant ne sont pas indiqués, de sorte que le jugement spirituel doit déterminer s’il y a ici une légère indication de faiblesse humaine en contraste avec la perfection du Seigneur Jésus qui confessa et devant le sanhédrin, et devant Ponce Pilate, ce qui allait être le motif de sa condamnation devant ces tribunaux iniques (Matthieu 24:64 ; 27:12). Quoi qu’il en soit, il est évident que Paul agit avec douceur et nullement avec l’idée de chercher son propre avantage aux dépens d’autrui. Il avait à coeur la réputation de l’évangile avec lequel il s’était identifié ; peut-être aussi, dans le second cas, voulait-il épargner au chiliarque une infraction à la loi. Ses sujets de gloire, lorsqu’il vient à en parler à contrecoeur, ne sont pas d’avoir échappé aux peines, mais plutôt d’y avoir passé, en endurant toutes sortes d’humiliations pour l’amour de Christ et des âmes (2 Corinthiens 11:16-33). Puissions-nous lui ressembler davantage comme imitateurs de Christ.

62.       Quelle est l’instruction que nous devons retirer du voeu auquel l’apôtre Paul s’associe dans le temple, à Jérusalem (Actes 21:20-26), et qui semble peu s’accorder avec l’enseignement de l’épitre aux Galates ?

Dieu a trouvé bon de nous donner, dans sa Parole, non seulement l’enseignement positif de l’Esprit, mais en même temps un tableau de ce qu’est l’homme. La perfection ne se trouve que dans le Seigneur Jésus Christ. Les émotions du coeur de l’apôtre, dans toutes les circonstances de son dernier voyage à Jérusalem, servent à mettre en relief ce dévouement à toute épreuve et cette abnégation complète de lui-même, qui le caractérisaient dans tout son service. Il consentit à suivre le plan qu’on avait imaginé afin d’éviter quelques difficultés qui pouvaient surgir ; mais cette prévoyance humaine a été précisément l’occasion de faire tomber l’apôtre entre les mains de ceux qui voulaient le faire mourir. Dieu l’a permis ainsi, mais il savait tout faire travailler pour le bien de son cher serviteur, et pour faire parvenir les bonnes nouvelles de sa grâce là où elles n’auraient guère pu être portées autrement. Toutefois, la Parole est claire quant aux avertissements donnés d’avance à Paul «par l’Esprit, de ne pas monter à Jérusalem» (Actes 21:4). Son affection profonde pour sa nation le dominait à ce moment-là, en sorte qu’il négligea de se conformer à ces avertissements, et se trouva faible devant les sollicitations qui lui furent faites lors de son arrivée dans le centre traditionnel du culte juif. Il y avait longtemps déjà qu’il avait fait son compte de mourir pour le nom de Jésus. Il savait qu’il allait au-devant des liens et de la tribulation (chap. 20:23), et il désirait glorifier le Seigneur jusqu’à la fin en accomplissant son service. Mais l’ardeur de l’affection et le dévouement qui le distinguaient ont fait ressortir, dans cette circonstance, ce manque d’équilibre moral et spirituel qui se trouve à un moment donné chez l’homme quel qu’il soit, équilibre que le Seigneur seul a pu toujours garder. L’apôtre était un homme comme nous ; et parce qu’il l’était, les qualités précieuses qui en lui nous servent de modèle, sont entremêlées de faiblesses faisant appel à la miséricorde de Dieu, mais celles-ci ne peuvent être des directions à suivre pour celui qui sert fidèlement le Seigneur.

Rappelons-nous que, même dans ces circonstances spéciales, Paul n’agissait pas comme les Galates, si même il en donne l’impression. Les ordonnances de la loi n’étaient pas pour lui une règle de vie. Il pensait aux autres, non pas à lui-même, se faisant tout à tous pour le service du Seigneur ; voyez 1 Corinthiens 9:19-23.

63.       Comment doit-on entendre la «justification» dans Romains 4:25 ?

La résurrection de Jésus notre Seigneur, qui a été livré pour nos fautes, est la preuve incontestable que Dieu a agréé son sacrifice, et que les péchés ne sont plus mis au compte de celui qui a reçu le témoignage de Dieu à cet égard. En ressuscitant Jésus, Dieu a mis son sceau sur l’efficacité de son oeuvre, et nous avons un Sauveur vivant qui nous représente toujours devant la face de Dieu (Hébreux 9:24). Nous sommes ainsi justifiés par sa résurrection, car si Christ n’était pas ressuscité il n’y aurait pour nous aucune preuve que les péchés ont été expiés (1 Corinthiens 15:17).

En outre, par la résurrection du Seigneur Jésus, nous avons la certitude d’être au bénéfice du sacrifice de Christ dès maintenant. Les péchés ne sont plus sur lui ; ils sont donc effacés, laissés pour ainsi dire dans l’oubli de la tombe. Et les croyants jouissent déjà de tout le bénéfice de cette parole : «Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités» (Hébreux 10:15-17). Ils peuvent avec hardiesse et pleine confiance repousser tout effort de l’ennemi pour les replonger dans le doute, en disant : «L’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous» (Ésaïe 53:6). La mort est les gages du péché. C’est le péché qui donne à la mort son aiguillon. Mais Christ étant mort pour nous, la mort a perdu son aiguillon, et en ressuscitant, il devient les «prémices de ceux qui sont endormis», c’est-à-dire de tous ceux qui ont cru en lui, et qui sont morts en attendant la résurrection.

Qu’il est consolant de savoir, dès à présent, que la résurrection du Seigneur Jésus est à la base de l’assurance actuelle du croyant devant Dieu, ainsi que la garantie de son bonheur éternel auprès du Seigneur dans la gloire ! Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi avec lui (2 Corinthiens 4:14).

64.       Comment Adam est-il «la figure de celui qui devait venir» ? (Voyez Romains 5:14).

D’abord, il y a, pour nous, quelque chose de très précieux dans le principe que renferme cette déclaration de la Parole, — abondamment confirmé d’ailleurs par ce qui est dit en plusieurs endroits, — savoir que la création elle-même, et le récit que Dieu nous en a donné, ont une portée spirituelle qui s’étend bien au-delà des choses dont il est question dans le passage. Ainsi que le dit l’apôtre : «Aucune prophétie de l’Écriture ne s’interprète elle-même» (2 Pierre 1:20) ; elle fait partie de la pensée de Dieu qu’il a bien voulu nous communiquer, afin de nous faire jouir de la communion avec lui dans les choses qu’il a révélées, et dont Christ est le centre et le but, comme le montrent le chapitre 8 des Proverbes et le premier chapitre de l’épître aux Colossiens : «Toutes choses ont été créées par lui et pour lui». L’histoire de la création dans le premier chapitre de la Genèse, nous dit comment la terre, sur laquelle nous habitons, a reçu sa forme actuelle (Hébreux 11:3), et quelle a été l’origine de notre race ; mais elle indique, en outre, les principes des voies de Dieu qui sont développés dans bien d’autres parties des saintes Écritures. Ainsi nous lisons, quant au premier homme, que «Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance», et qu’il a été créé «à l’image de Dieu» (Genèse 1:26, 27). Le dessein et l’oeuvre de Dieu sont bien annoncés dans ce passage ; mais toute l’histoire d’Adam et de sa race ne montrent qu’une faillite morale, en sorte que la foi doit s’arrêter sur la personne de Christ seul pour trouver celui qui, comme homme, répond en toutes choses à la pensée complète de Dieu : il est «l’image du Dieu invisible», il est le resplendissement de sa gloire.

Adam désobéit à Dieu, et entraîna dans le péché et ses conséquences le fils qu’il «engendra à sa ressemblance, selon son image», toute sa race se trouvait dès lors sous l’empire du péché et de la mort. Mais Christ, devenu homme pour accomplir toute la volonté de Dieu en accomplissant la rédemption, s’abaissant lui-même dans le chemin de l’obéissance jusqu’à la mort et à la mort de la croix, achève l’oeuvre que Dieu lui avait donnée à faire, et devient, dans la résurrection, le chef d’une nouvelle race qui est distinguée par la foi en Dieu et par la vie dont Christ est lui-même personnellement l’expression.

Christ est celui qui représente Dieu devant nous, — son «image» ; et en lui seul aussi nous trouvons ces affections qui nous font connaître Dieu : Il est «à sa ressemblance», et en cela le chrétien est appelé à l’imiter. «Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur» (Éphésiens 5:1-2).

65.       Comment faut-il comprendre la doctrine touchant la loi et la grâce en Romains 6:7 et Galates 3:4 ? Quel lien y a-t-il avec les deux alliances ?

Premièrement, aucune alliance n’est faite avec les chrétiens. La nouvelle alliance sera faite avec Israël comme l’a été l’ancienne. Mais nous en avons spirituellement toute la bénédiction et bien davantage. Le fondement de la nouvelle alliance a été posé dans le sang de Christ, mais les Juifs n’en ont rien voulu. En esprit nous y participons, c’est-à-dire au pardon de nos péchés et à la connaissance directe de Dieu. Cependant les privilèges de l’église sont bien plus élevés ; ainsi, par exemple, l’union avec Christ et la vocation céleste qui l’accompagne.

La loi exigeait, de la part de Dieu, la justice chez les hommes, — justice que l’homme n’avait pas ; elle est donc très utile pour convaincre de péché et pour produire, non pas le péché — il y était, mais la transgression, la violation de la loi : «La loi est intervenue, afin que la faute abondât». Or Christ en a pris sur lui la malédiction, de sorte qu’il n’en est plus question pour le croyant, ni de ses péchés, car Christ les a portés.

Mais il y a plus que cela, et c’est à quoi Rom. 6 s’applique, savoir la nature qui produit les péchés et qui est mise à découvert par l’opération de la loi, là où Dieu agit (Rom. 7). Cette épître, jusqu’à la fin du 11° verset du chapitre 5, parle de nos offenses, de notre culpabilité et de la propitiation. Depuis le 12° verset, elle traite la question de la nature pécheresse. «Je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien». Or, le remède à cela, c’est la mort ; toutefois, si la mort était venue effectivement sur nous, c’eût été aussi la condamnation ; mais nous sommes morts en Christ. Le péché «dans la chair» a été condamné ; mais puisque c’est sur et par la croix que cela a été accompli, la mort m’appartient. Je suis à cet égard au bénéfice de la mort de Christ. Je fais mon compte que je suis mort, mort au péché ; — la condamnation, Christ l’a prise sur lui (Romains 6 ; 8:3).

La loi n’a d’autorité sur un homme qu’aussi longtemps qu’il vit, — or je suis mort ; par conséquent, la loi n’a plus d’autorité sur moi. Non qu’elle ait perdu en soi son autorité ; — aucune preuve de celle-ci n’est semblable au fait que Christ en a porté la malédiction ; aussi ceux qui ont péché sous la loi seront-ils jugés par la loi ; — mais je ne suis plus sous son empire du fait que je suis mort. Elle ne peut plus m’atteindre ; et je vis pour Dieu, non dans la chair à laquelle la loi s’adressait, mais en Christ. C’est le second mari du chapitre 7.

Galates 2 résume le même enseignement. Par la foi, je suis mort à la loi afin que je vive à Dieu. Je suis crucifié avec Christ, néanmoins je vis, — non plus moi, mais Christ vit en moi.

Galates 3 fait voir qu’un contrat confirmé ne saurait être annulé, et ne permet pas qu’on y ajoute. On ne pouvait donc ajouter la loi à la promesse de la semence (Christ) faite à Abraham. Ce passage montre que la loi avait été introduite en attendant la venue de la semence, pour qu’il y eût des transgressions (*) ; mais une fois la semence venue, il ne s’agissait plus de la loi.

(*) C’est le seul vrai sens des mots. Le péché y était. Dieu ne peut rien faire pour produire du péché ; de toutes manières cela est impossible ; mais la loi tourne le péché en transgression, et le péché devient «excessivement pécheur».

Un médiateur dans la loi montrait que Dieu n’était pas seul dans l’affaire ; là donc tout devait manquer. Dans la promesse faite à Abraham et confirmée à Christ, Dieu était seul ; ici, donc rien ne pouvait manquer.

Galates 4 montre qu’il y avait des héritiers au temps de la loi ; mais c’étaient des enfants encore en bas âge, et dans un état d’esclavage, jusqu’à ce que le Fils de Dieu et la rédemption placent ceux qui avaient été ainsi sous la loi, dans la position de fils — le Saint Esprit étant donné afin qu’ils en aient conscience. C’est là notre état. Ensuite l’apôtre montre qu’on ne peut lier les deux choses, ni concilier les deux états : la postérité d’Agar et la postérité de Sara ne peuvent hériter ensemble. L’un chasse l’autre. L’évangile a bien confirmé l’autorité de la loi ; mais les deux ne peuvent se concilier, ni pour exercer leur autorité ensemble, ni quant à l’état d’âme produit sous cette autorité. On ne peut (Romains 7) avoir deux maris à la fois ; l’enfant d’Agar ne peut hériter avec l’enfant de Sara. La loi et la grâce sont toutes deux parfaitement justes et ont Dieu lui-même pour auteur ; mais elles sont inconciliables dans leurs principes, dans leur raison d’être. L’une exige la justice de l’homme, l’autre révèle en grâce celle de Dieu quand l’homme est pécheur et perdu. Bien d’autres vérités précieuses et importantes s’y rattachent ; mais je me borne ici à répondre à ce qu’on demande. J. N. D.

66.       1) Quel est le sens de l’expression «a condamné le péché dans la chair» ? (Romains 8:3).

2) En quoi le péché diffère-t-il de la chair ?

3) Si quelqu’un pèche après avoir cru, peut-il avoir l’assurance que Jésus a porté ce péché-là sur la croix ?

Le péché est le principe du mal qui, depuis la chute d’Adam, est en l’homme et qui régit son être entier comme «une loi», une puissance s’exerçant d’une manière constante. Les péchés sont les actes, paroles ou pensées, produits par ce principe. L’expression «la chair» (bien que ce mot soit pris souvent dans une autre acception) a une portée plus générale que «le péché». Elle embrasse l’être entier, c’est-à-dire l’homme naturel, non régénéré. Le péché étant le principe du mal qui agit dans le coeur naturel, est ce qui caractérise la chair ; de là l’expression «le péché dans la chair».

Nous avons ainsi répondu à la seconde question ; avant de répondre à la première, nous ferons quelques remarques suggérées par la différence indiquée plus haut entre le péché et les péchés.

Il est important de bien saisir que, dans le salut, il y a deux parties distinctes. La première est «la rémission des péchés», c’est-à-dire des actes passés qui attiraient sur nous le jugement de Dieu. La seconde est la délivrance de la puissance de Satan sur nous et du péché en nous. Cela se rapporte à notre état présent, à la position et à la relation nouvelles dans lesquelles nous sommes introduits auprès de Dieu comme ses enfants, ses héritiers et cohéritiers de Christ.

L’histoire des enfants d’Israël nous présente un type remarquable de ces deux aspects du salut. D’abord, étant encore en Égypte, ils furent mis à l’abri du jugement de Dieu par le sang de l’agneau placé sur les portes de leurs maisons. Ensuite ils furent délivrés de l’esclavage et de toute la puissance du Pharaon par le passage de la mer Rouge, dans les flots de laquelle leurs ennemis trouvèrent la mort. Après cette complète délivrance, Dieu dit au peuple, par le moyen de Moïse : «Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle, et vous ai amenés à moi» (Exode 19:4).

Il en est de même pour nous. Le croyant est sauvé, par le précieux sang de Christ, du jugement qu’il a mérité à cause de ses péchés. Il est aussi délivré de la puissance de Satan sur lui et de la puissance du péché en lui par la mort de Christ qui lui est appliquée en pratique par le Saint Esprit qui lui est donné.

L’épître aux Romains développe ces deux effets de la mort de Christ. Jusqu’à la fin du vers. 11 du chapitre 5, elle traite des péchés commis et de la rédemption opérée par le Seigneur Jésus. Depuis le vers. 12 jusqu’à la fin du chapitre 8, elle montre comment le chrétien est délivré de la puissance du péché en lui en vue d’une marche sainte qui corresponde à la vie toute nouvelle en Christ, laquelle il a reçue lorsqu’il a cru. Maintenant, pour répondre à la première question qui nous a été posée, nous citerons quelques passages de l’«Exposition de l’Épître aux Romains» (J.N.D. Messager évangélique, 1872) : «En moi, il y avait le «péché dans la chair» : la loi ne pouvait pas empêcher son activité, ni me justifier tandis qu’il était là ; elle ne pouvait pas opérer le bien qu’elle exigeait. Elle exigeait seulement le bien et provoquait le péché. Mais «Dieu ayant envoyé son propre Fils», sans péché assurément, mais «en ressemblance de chair de péché, et pour le péché», c’est-à-dire afin d’être un sacrifice pour le péché, «a condamné le péché dans la chair». Cette chose mauvaise, si haïssable, condamnable pour Dieu et pour le nouvel homme, a été condamnée quand Christ est devenu un sacrifice pour le péché. Il ne saurait y avoir aucune indulgence pour le péché ; le nouvel homme même ne pourrait le tolérer. On ne pardonne pas une nature. Mais sa condamnation s’est trouvée effectuée dans ce qui m’a délivré de toute condamnation et qui en même temps était la mort du péché.

Le vieil homme est condamné et il est mort (*), et le nouvel homme vit et marche, de sorte que la juste exigence de la loi, — la somme de ce qu’elle exige, — est accomplie en nous, parce que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce. La loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus m’a affranchi, et je ne marche pas selon la chair — ce que la loi défend — mais selon l’Esprit, contre les fruits duquel il n’y a point de loi. Oui, par la puissance de l’Esprit de Dieu, je marche selon ce en quoi il m’introduit, savoir la vie de Christ ici-bas ; et cette marche selon l’Esprit donne son vrai caractère à la marche du chrétien dans ce monde».

(*) Il est tel pour Dieu, et le croyant est appelé à le tenir pour tel (Ed).

En réponse à la troisième question, nous citerons un seul passage de l’Écriture : «Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché» (1 Jean 1:7). Evidemment il n’est pas question ici de péchés commis avant ou après une époque quelconque, mais il s’agit du grand principe de la rédemption, de l’efficacité parfaite du sang de Christ. D’ailleurs, comme on l’a souvent fait remarquer, pas un de mes péchés n’avait encore été commis lorsque Christ en fit l’expiation sur la croix, il y a plus de dix-huit siècles. Ainsi il ne peut y avoir là une question de temps, mais c’est une question de fait. L’expiation ayant été faite une fois pour toutes, le croyant qui, par la grâce de Dieu, en a la connaissance, peut aller librement à Dieu et lui confesser immédiatement tout péché qui pèse sur sa conscience ; il a l’assurance, de la part de Dieu, qu’en confessant ses péchés, il trouvera Dieu fidèle et juste pour les lui pardonner (1 Jean 1:9). Il sait en même temps que sa relation d’enfant auprès de Dieu le Père n’est pas détruite ni même interrompue à cause de son péché, et qu’elle ne peut l’être, car elle ne dépend pas de sa marche, mais bien de l’oeuvre que Christ a opérée une fois pour toutes (Galates 4:4, 5). Aussi trouve-t-il un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste (1 Jean 2:1).

Nous viendrons maintenant au-devant d’une objection que l’on pourrait nous faire. Ce moyen par lequel la grâce de Dieu a pourvu au cas où un croyant viendrait à pécher, conduirait-il à rendre le péché plus facile ou en diminuerait-il la gravité dans la pensée du chrétien ? Au contraire. Le même passage ajoute : «Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas». Dieu n’a pas seulement pardonné au croyant ses péchés, mais il lui a donné la vie éternelle. Or cette vie doit nécessairement se manifester dans la marche, et l’un de ses premiers fruits est un désir ardent de vivre dans la sainteté qui convient à la présence de Dieu. On découvre alors que le péché (le principe du mal) existe toujours et que l’on ne peut pas s’en débarrasser tant que l’on vit sur la terre : «Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes» (1 Jean 1:8) ; mais l’homme régénéré cherche à être délivré de la puissance du péché, en sorte que le péché ne soit plus pour lui «une loi» ayant sa force constante et caractérisant tout son être, comme c’est le cas de ceux qui sont «dans la chair», qui marchent selon leur propre volonté dans l’ignorance de Dieu. Or cette délivrance se trouve dans la mort de Christ et dans sa résurrection ; le Saint Esprit, liant à Christ le coeur et les pensées du croyant, lui fait saisir et lui applique en pratique la position de Christ, mort au péché, vivant à Dieu, afin que le péché ne règne plus dans son corps mortel, mais que la vie de Christ se déploie en lui. (Voyez Romains 6:10-14).

67.       Quelle est la portée de l’expression «avec notre esprit»(Romains 8:16) ?Doit-on s’attendre à ce que les sentiments se mêlent avec le témoignage du Saint Esprit ?

En général, lorsque nous parlons de «sentiments», nous avons devant nous tout ce que l’on peut éprouver intérieurement en rapport avec une religion connue et adoptée, et qui pourrait fournir à l’âme une évidence de sa sincérité. Or, dans notre passage, il n’est pas question de cela, puisqu’il s’agit d’un témoignage rendu par le Saint Esprit. L’Esprit de Dieu n’a aucun besoin d’un appui qui viendrait de l’homme ou de la chair. L’oeuvre de Dieu est indépendante de ces choses (Jean 1:13). Le Seigneur ne peut chercher conseil auprès de l’homme, vu que toutes choses sont de lui et par lui et pour lui (Romains 11:34-36 ; 1 Corinthiens 2:16 ; Ésaïe 40:13-14). D’un autre côté, une religion sans sentiments ne serait qu’une aride philosophie qui laisserait l’âme sans affections et stérile quant à ses rapports avec Dieu. Mais le passage va évidemment plus loin. L’oeuvre de la grâce est toute de Dieu, et cependant elle ne traite pas l’homme comme une machine sans conscience et sans vie. Connaître Dieu comme Père dépend de la révélation que Dieu a faite de lui-même dans la personne du Fils. Il veut que nous le connaissions comme le Père de notre seigneur Jésus Christ, et que nous nous approchions de lui dans la jouissance de cette douce et intime relation. C’est ainsi que la parole du Seigneur adressée à ses disciples après sa résurrection se réalise pour le chrétien : «Mon Père et votre Père», «mon Dieu et votre Dieu». La relation de fils dépend de l’oeuvre de la rédemption que Christ a opérée à la croix (Galates 3:26 ; 4:5), mais la jouissance intime de cette relation et la liberté de s’approcher de Dieu d’une manière conséquente avec elle, sont le fruit du témoignage rendu à l’âme par le Saint Esprit. L’objet de ce témoignage est le Seigneur. L’Esprit prend de ce qui est au Fils, pour nous l’annoncer (Jean 16:14, 15). Il ne parle pas de nous-mêmes, ni de notre état, mais de celui à qui nous nous devons, et à qui nous sommes. Par conséquent ce témoignage nous fait entrer en communion avec lui, le Fils et nous fait saisir que nous sommes dès à présent enfants de Dieu, quoique ce que nous serons n’ait pas encore été manifesté (1 Jean 3:1-3). La relation d’enfant auprès de Dieu est une réalité actuelle. Notre propre esprit est appelé à y entrer et à en jouir d’une manière personnelle. Il en est ainsi par l’action du Saint Esprit, opérant de telle sorte que nous avons le témoignage au-dedans de nous-mêmes (1 Jean 5:6-11). Le sceau de l’Esprit ne nous fait pas enfants de Dieu, mais ayant été faits «enfants de Dieu» par l’oeuvre de Christ, l’Esprit nous est donné à cause de cela : «parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos coeurs, criant : Abba, Père» (Galates, 4:6).

La différence entre les prophètes de l’Ancien Testament et ceux du Nouveau Testament, jette encore de la lumière sur ce sujet. Chez les prophètes, avant la venue de Christ, l’intelligence manquait pour saisir la portée des choses qu’ils avaient reçues de Dieu (1 Pierre 1:10-12 ; Daniel 8:27). Ceux qui ont vécu après la mort et la résurrection de Christ, ayant reçu le Saint Esprit, pouvaient parler des choses dont ils sentaient la puissance en eux-mêmes. Ainsi l’apôtre Paul pouvait dire que Dieu avait révélé son Fils, non seulement à lui, mais en lui (Galates 1:16).

68.       N’y aurait-il pas une apparence de contradiction entre le verset 16 du chapitre 9 de l’épître aux Romains, et les versets 7 et 8 du chapitre 7 de l’évangile de Matthieu ?

Il n’y a aucune contradiction dans la parole divine ; mais il a plu à Dieu de nous présenter la vérité sous différents aspects et d’une manière appropriée à nos besoins, ainsi qu’à notre faible et partielle compréhension. Le chapitre 9 de l’épître aux Romains montre que les hommes étant pécheurs, et étant par conséquent tombés sous le juste jugement de Dieu, Dieu agit selon sa grâce souveraine en sauvant qui il veut. C’est ce qu’il fit connaître à Moïse, au moment ou tout le peuple d’Israël s’était rendu coupable et digne de mort, en établissant le veau d’or au milieu du camp, — transgression grossière et flagrante du premier commandement de la loi sous laquelle le peuple s’était volontairement placé.

Dieu, dans sa grâce, a bien voulu révéler ce qu’il a fait pour nous retirer de l’état de perdition où nous nous sommes plongés par notre désobéissance. Si, d’un côté, il nous montre que nous sommes incapables d’aucun bien, il nous fait voir aussi les richesses de sa grâce, et l’étendue de son amour en envoyant son bien-aimé Fils, souffrir à notre place et faire l’expiation de nos péchés. Christ s’est présenté volontairement pour cela, en disant : «Me voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté !». Il a été obéissant jusqu’à la mort, — lui qui n’avait pas connu le péché, — afin de nous ouvrir le chemin de la vie selon la grâce et la justice de Dieu. Tout cela est l’oeuvre de Dieu, non la nôtre.

Il convient donc de reconnaître devant Dieu notre impuissance complète, car il est écrit : «Je ferai miséricorde à celui à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion. Ainsi donc ce n’est pas de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde» (Romains 9:15, 16).

D’autre part, Dieu nous dit par quel moyen il atteint le coeur et la conscience du pécheur. Le Saint Esprit applique la parole vivante à l’âme ; et celui qui la reçoit simplement, passe de la mort à la vie. Car le Seigneur a dit : «En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie» (Jean 5:24). Ailleurs, nous lisons : «De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité» (Jacques 1:18). Il ne peut y avoir de doute à ce sujet : «La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu» (Romains 10:17). Dieu nous fait entrer dans une relation personnelle avec lui. La foi est le lien précieux qui est formé par l’action de l’Esprit de Dieu, par la Parole. L’histoire d’Abraham nous le montre : «Abraham crut Dieu» ; puis Dieu lui compta sa foi à justice (Romains 4:3-5, 20-25).

Il faut que ce lien personnel avec Dieu s’établisse dans nos coeurs. Sa bonté nous pousse à la repentance (Romains 2:4) ; sa grâce nous appelle ; et lorsque le coeur est touché, on s’adresse à Dieu, on se tourne vers lui. Ce travail d’âme est exprimé dans le chapitre 55 du livre d’Ésaïe, versets 6, 7 : «Cherchez l’Éternel tandis qu’on le trouve ; invoquez-le pendant qu’il est proche. Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme inique ses pensées, et qu’il retourne à l’Éternel, et il aura compassion de lui, — et à notre Dieu, car il pardonne abondamment». Il s’agit de renoncer à nos voies pour nous tourner vers Dieu et marcher dans sa crainte, et puis de connaître ses pensées, qui ne sont pas comme les nôtres, mais qui sont élevées au-dessus d’elles, comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre. L’invitation nous est adressée tandis que Dieu est proche, et que la porte de la grâce n’est pas encore fermée. Combien donc il est précieux d’entendre de la bouche de notre Sauveur : «Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert ; car quiconque demande, reçoit ; et celui qui cherche, trouve ; et à celui qui heurte, il sera ouvert» (Matthieu 7:7, 8) ! La pensée de Dieu est de nous bénir ; il attend pour nous faire grâce.

L’idée de rejeter sur Dieu la responsabilité de notre perdition est la preuve d’une volonté engagée dans le mal, d’une conscience endurcie, et d’un coeur qui ne veut pas se soumettre à l’autorité divine. Dieu n’aurait pas pu donner une preuve de son amour plus grande que celle qu’il a donnée en envoyant son bien-aimé Fils pour nous sauver. Notre responsabilité à tous est donc d’écouter l’évangile de sa grâce et de le recevoir.

69.       Que veut dire cette expression : «Collaborateurs de Dieu» (1 Corinthiens 3:9) ?

On voit clairement, d’après le contexte, qu’il n’est nullement question dans ce passage de travailler avec Dieu pour gagner notre propre salut ou de faire quoi que ce soit pour aider Dieu dans ce qu’il a accompli en notre faveur d’une manière complète et absolue. Dans sa grâce, Dieu a fait annoncer son salut partout, par le moyen des apôtres et des évangélistes que Christ a envoyés et qui sont ses ambassadeurs. Paul et Apollos étaient des serviteurs de Dieu, par lesquels les Corinthiens avaient cru.

Comme Dieu, dans la personne de son Fils, avait été à l’oeuvre pour réconcilier le monde avec lui-même, ainsi, c’était réellement lui qui, par le moyen de ses apôtres, faisait entendre sa propre voix ; ceux-ci étaient donc dans ce sens «collaborateurs de Dieu», comme il est écrit : «Travaillant à cette même œuvre, (c’est-à-dire l’oeuvre de la réconciliation), nous aussi, nous exhortons à ce que vous n’ayez pas reçu la grâce de Dieu en vain» (2 Corinthiens 6:1). Recevoir la grâce de Dieu en vain, c’est l’avoir écoutée et reçue de telle manière qu’elle n’ait eu aucune puissance réelle sur le coeur et la conscience. Comparez Jacques 1:22-25. Un exemple remarquable du contraire est mentionné dans 1 Thessaloniciens 2:13 : «C’est pourquoi aussi nous, nous rendons sans cesse grâces à Dieu de ce que, ayant reçu de nous la parole de la prédication qui est de Dieu, vous avez accepté, non la parole des hommes, mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la parole de Dieu, laquelle aussi opère en vous qui croyez».

Ce dernier passage montre aussi très clairement comment les apôtres étaient «collaborateurs de Dieu», évidemment sous sa direction. Quiconque, aujourd’hui, prêche l’évangile en public, ou l’annonce à une autre personne est, dans la mesure de sa fidélité, occupé à travailler avec Dieu dans cette oeuvre bénie de la réconciliation.

70.       Que signifient les mots : «Dieu le détruira», en 1 Corinthiens 3:17 ?

Le passage parle de trois espèces de «travail» en rapport avec la maison de Dieu (c’est-à-dire l’Église) sur la terre. Après avoir établi qu’il s’agit seulement de ce qui est bâti sur le fondement déjà posé, «lequel est Jésus Christ» (car il n’y en a pas d’autre, pas de salut en dehors de son nom), — l’apôtre montre qu’il peut y avoir de bons et de mauvais ouvriers. L’ouvrage de chacun sera ensuite éprouvé par le feu. Tout ce qui n’est pas selon Dieu sera alors consumé.

1) Le bon ouvrier recevra une récompense.

2) Le mauvais ouvrier peut être réellement chrétien, et dans ce cas il sera sauvé comme à travers le feu, tandis que son travail sera perdu.

3) Celui qui fait l’oeuvre de l’Ennemi, en cherchant à corrompre ou à détruire le temple de Dieu, tombera lui-même sous le jugement de Dieu, et sera finalement détruit. Un tel homme n’est pas un chrétien. Le fait d’être «détruit» est évidemment en contraste avec «sauvé». Celui qui n’est pas sur le bon fondement ne peut rien y bâtir.

Le moment viendra où toutes choses seront manifestées dans la pleine lumière. «Dieu amènera toute oeuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal» (Écclésiaste 12:14). Et l’apôtre déclare quant à son service fervent pour le salut des âmes : «Connaissant donc combien le Seigneur doit être craint, nous persuadons les hommes, mais nous avons été manifestés à Dieu, et j’espère aussi que nous avons été manifestés dans vos consciences» (2 Corinthiens 5:11).

71.       «Le frère pour lequel Christ est mort, périra par ta connaissance» (1 Corinthiens 8:11). Dans quel sens l’apôtre entend-il le mot «périra» ?

Le mot périr (1 Cor. 8:11) est le même que celui qui est traduit par «détruire» (Rom. 14:15). «Ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort». Il se retrouve en Luc 6:9, où il est rendu par «perdre», dans le passage : «Je vous demanderai s’il est permis... de sauver la vie ou de la perdre». Dans tous ces cas le mot est en contraste avec sauver.

Il nous semble que l’apôtre veut faire ressortir ici avec une très grande force l’effet désastreux produit sur un frère faible par une marche qui lui serait en piège et qui aurait pour résultat de blesser et de rendre insensible sa conscience.

C’est l’entraîner dans le péché, et en tant que cela dépend de celui qui agit ainsi, c’est détruire un frère pour lequel Christ est mort... Christ est mort pour lui, et toi, tu agis de manière à amener sa destruction, si cela ne dépendait que de ton acte.

72.       Comment faut-il comprendre ce que dit l’apôtre Paul en 1 Cor. 10:23 : «Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses» ?

Il est bon d’abord de noter que ces paroles ont déjà été dites au chap. 6:12. Là, il s’agit de la liberté chrétienne qui, dans les choses licites, ne se laisse pas aller aux pratiques mondaines ni aux habitudes généralement adoptées, lorsque la vie spirituelle n’a rien à y gagner, ni l’édification d’autrui. Dans ce cas, le pronom «me» est introduit après «toutes choses». — Dans le second cas, la proposition est plus générale, il s’agit de l’édification des chrétiens en général ; les pensées étant arrêtées sur ce qui pourrait avoir une influence sur la conscience d’autrui, pour le gêner, même dans un cas où il y aurait de bonnes raisons à avancer pour justifier l’usage d’une chose dont on se prive. Car, dit l’apôtre : «Pourquoi ma liberté est-elle jugée par la conscience d’autrui» ? Néanmoins, il ajoute : «Ne devenez une cause d’achoppement ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni à l’assemblée de Dieu ; comme moi aussi je complais à tous en toutes choses, ne cherchant pas mon avantage propre, mais celui du grand nombre, afin qu’ils soient sauvés». Voyez la fin de ce chapitre 10.

73.       Dans quelles circonstances la femme qui prie doit-elle se couvrir la tête, d’après 1 Corinthiens 11:10-13 ?

Evidemment la pensée de l’Esprit est que la femme fasse de son propre mouvement un acte par lequel elle reconnaît l’autorité à laquelle elle est soumise. La chevelure en est le signe ; mais pour elle, sa chevelure fait sa gloire, elle n’aimerait pas en être privée. Cela étant établi, il faut qu’elle se montre satisfaite de l’ordre divin et qu’elle ne regimbe pas contre la subordination dont le signe selon la nature est une gloire pour elle. Si elle ne fait qu’orner sa chevelure, elle fait étalage de sa gloire, sans qu’il soit question de sa soumission à l’autorité que Dieu a établie sur elle. Si elle se couvre, elle montre que sa première pensée est de maintenir de bon coeur la soumission qui convient à sa position relative.

La tendance chez chacun est de sortir de la relation établie de Dieu : le mari de laisser sa responsabilité à sa femme, la femme de conduire au lieu de se laisser diriger. Cette tendance naturelle demande qu’on la combatte pour la gloire du Seigneur et pour notre bien spirituel.

Quand aux moments où il convient de se couvrir, si le coeur est bien pénétré du grand principe que nous venons de rappeler, selon les Écritures, il n’y aura pas de difficulté relativement aux détails des circonstances. On éprouve un sentiment pénible lorsqu’on voit quelqu’un faire étalage d’une soumission volontaire ; on se demande alors si la soumission est réellement acceptée dans le coeur ? Lorsque le coeur est en règle, on n’a pas à faire des efforts pour éviter d’attirer sur soi les regards ou les pensées d’autrui. Plus on pense à Christ, moins on pense à soi ; mais on s’exerce devant Dieu à être fidèle en maintenant la place qu’il a départie à chacun.

Le commencement du passage (versets 4, 5) suppose bien que celui qui prie n’est pas seul, car le mot «prophétiser» est attaché à celui de «prier». Il y a donc des auditeurs. Cela peut être dans le sein de la famille, comme dans le cas des quatre filles de Philippe (Actes 21:8, 9). Mais le passage semble supposer que l’acte de «prier» dont il est question, se fait à haute voix. Lorsqu’il y a d’autres yeux qui nous regardent, il y a aussi d’autres consciences qui demandent qu’on fasse attention à ne pas leur faire du tort. Plus on est en évidence, plus on doit avoir soin d’être en règle à tous égards. Si quelqu’un manque de sagesse, il n’a qu’à la rechercher auprès de Dieu qui donne à tous libéralement sans faire de reproches.

74.       Tous les enfants de Dieu remportent-ils le prix ? (1 Corinthiens 9:24). Tous achèvent-ils leur course, ou peuvent-ils être retranchés par la discipline du Seigneur avant l’achèvement de la course ? (1 Corinthiens 11:30-32).

À la fin de 1 Cor. 9, nous trouvons une exhortation et un avertissement. Il est vrai que le passage concerne surtout les ouvriers du Seigneur qui sont avancés dans sa connaissance (comparez Hébr. 5:12) ; mais, en principe, il s’applique à chacun. Il montre au croyant que, placé dans l’arène, il doit courir selon les règles ; on peut aussi en conclure qu’il est inutile de courir si l’on est en dehors de l’arène ; autrement dit, qu’un pécheur ne peut pas faire son salut, tandis que celui qui est sauvé (par la grâce, par la foi) doit vivre et agir en conséquence.

Comme point de comparaison, l’apôtre parle d’un stade (ou lice, arène) dans lequel un seul reçoit le prix ; faisant ainsi ressortir de quelle manière le chrétien doit courir. Il ne dit pas que c’est celui qui devancera les autres chrétiens qui remportera seul le prix ; au contraire, s’adressant à tous les croyants, il leur dit : «Courez de telle manière que vous le remportiez» ;c’est-à-dire, ne vous laissez influencer par aucune considération qui pourrait vous empêcher d’arriver le premier au but. Le modèle qui est devant vous, c’est Christ. Imitez-le. C’est dans la mesure où vous avez les yeux arrêtés sur Lui, le coeur occupé de lui, que vous vous conduirez d’une manière digne de lui.

Le point capital dans cette image de la course dans le stade (v. 24), c’est qu’il n’y a qu’un seul prix, non pas deux (comparez Philippiens 3:14) ; l’idée importante dans l’image suivante (v. 25), savoir le combat (toujours dans les compétitions du stade), c’est que le combattant vit de régime en toutes choses. Celui qui, courant ainsi, combattant ainsi, parviendra au but, remportera le prix.

Celui qui est retranché par la mort corporelle avant le temps, après une mauvaise marche, ne peut certes pas dire avec l’apôtre : «J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course...» S’il est croyant, il n’est pas perdu quant à son âme, bien qu’il ait été atteint par une dispensation du Seigneur en jugement, car nous lisons dans le même passage (1 Cor. 11:32) : «Quand nous (les chrétiens) sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde». Il est aussi parlé (1 Cor. 3:15) du mauvais ouvrier, dont l’ouvrage sera consumé, tandis que lui-même sera sauvé, — toutefois comme à travers le feu, — éprouvant ainsi une perte, qui est mise en contraste avec la récompense du bon ouvrier, au verset précédent.

En 2 Tim. 4:8, l’apôtre Paul passe en revue sa carrière ; il a devant Dieu conscience d’avoir achevé la course et gardé la foi. Son coeur se tourne vers le Seigneur, juste juge, en dépit de toutes les appréciations que les hommes auraient pu faire de son travail. Il mentionne la couronne de justice qui lui est réservée, et que le Seigneur lui donnera ainsi qu’à tous ceux qui aiment son apparition (Comparez 1 Cor. 4:1-5). Assurément, à la fin, ces derniers seront trouvés s’être purifiés comme Lui aussi est pur ; car le coureur, lutteur ou combattant, n’obtiendra aucune rémunération spéciale pour avoir dit : J’ai combattu, j’ai vaincu, j’ai attendu — mais il y aura un contrôle pratique.

Dans 1 Cor. 9:26, 27, le même apôtre fait clairement ressortir comment il s’est conduit tout le long de la route. Il ne voulait pas tourner la grâce de Dieu en dissolution ; il se traitait lui-même très durement, afin qu’il n’y ait aucune contradiction entre sa conduite extérieure et cette position de justice et de sainteté parfaite, qui était son partage, comme racheté et purifié par le sang précieux de Christ. Il poussait aussi loin que possible ce traitement, il agissait vis-à-vis de lui-même, comme si son salut même était en jeu, afin d’ôter à sa chair la moindre occasion de se manifester. C’était là la meilleure réponse à donner à ces vains professants dont la conduite démentait les paroles. En effet, le salut n’est pas une affaire d’intelligence, mais de coeur.

On n’est pas sauvé parce qu’on connaît les saintes Écritures ; on n’est pas sauvé parce qu’on est un habile prédicateur. Le salut de notre âme ne dépend nullement de nos oeuvres, encore moins de notre profession de lèvres, — mais uniquement du sacrifice de Christ. Car, par une seule offrande, Dieu a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés (Hébr. 10:14). Aussi, lorsqu’il est question du salut de son âme, c’est sur une telle déclaration que se repose le coeur de l’apôtre (2 Tim. 1:12) ; mais il voulait qu’en toutes choses sa marche fût conséquente avec sa position de sauvé, selon ce qui est écrit : «Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui (Christ) a marché» (1 Jean 2:6).

Beaucoup de passages de la parole de Dieu nous avertissent du danger qu’il y a dans une marche légère qui n’est pas en accord avec la position du croyant. (Voyez par exemple, Philippiens 3:18, 19). Si je dis que, comme croyant, possédant la vie éternelle, ces passages ne me touchent pas, il est évident que je me prive du profit de l’exhortation. La chair existe au dedans de moi ; elle a besoin d’être continuellement bridée. Faisons une comparaison. Je dis à un patineur : Ne vous approchez pas de cette borne ; au delà la glace ne vous supportera pas, et si vous la dépassez vous ne manquerez pas de vous noyer ; il est évident que celui qui me croirait se dirigerait d’un autre côté ; seul celui qui mépriserait mon avertissement pourrait répondre : «Non, je ne me noierai pas».

Que Dieu nous accorde de mettre toute notre confiance en Lui pour toutes choses, et de marcher ou de courir comme sachant vers quel but glorieux tendent nos efforts !

Nous saisissons cette occasion pour ajouter qu’il y a des bénédictions qui sont la part commune de tous les chrétiens (par exemple Matthieu 25:21, 23) ; d’autres qui dépendent de la souveraineté de Dieu et de la fidélité du serviteur (Luc 19:17, 19) ; il y a la félicité et la joie communes (Romains 8:29, 39) ; et ce qui est individuel selon Matthieu 20:23. Il y a d’un côté la parfaite connaissance qui sera accordée à tous les enfants de Dieu (1 Corinthiens 13:12 ; 1 Jean 3:2), et de l’autre, la connaissance personnelle exprimée dans Apocalypse 2:17. Béni soit le Seigneur pour toutes ces révélations ! Béni soit son nom de ce qu’il a ainsi voulu arrêter nos coeurs sur les choses qui sont en haut, où Christ est assis ; sur les choses invisibles et éternelles.

75.       Puisqu’il n’est pas permis aux femmes de parler «dans les assemblées» (1 Corinthiens 14:34, 35), dans quel sens faut-il entendre le don de «prophétiser», et de quelle façon peut-il être exercé ? Car plusieurs passages des Écritures attribuent ce don aux femmes comme aux hommes.

Un «prophète» selon l’Écriture, c’est quelqu’un qui possède et qui fait connaître la parole de Dieu (Jérémie 23:28). On peut même ajouter que c’est quelqu’un qui a été envoyé de Dieu dans ce but (vers. 21). Le même chapitre nous fait voir que beaucoup de personnes prétendaient faussement avoir reçu des communications de Dieu, se revêtant de son autorité sans avoir aucun droit de le faire, et en vue de fourvoyer le peuple. Voyez aussi Ésaïe 9:15, 16 ; Jérémie 5:31. Un cas très sérieux du don de prophétie et de son abus se trouve dans l’histoire du vieux prophète habitant à Béthel, qui réussit à séduire l’homme de Dieu venant de Juda (1 Rois 13) ; c’est un récit solennel d’une actualité saisissante.

Toute l’Écriture montre que ce don a été conféré aux femmes aussi bien qu’aux hommes. Il suffit de rappeler Marie, soeur de Moïse (Exode 15:20), Débora (Juges 4:4), qui «jugeait Israël», Hulda reconnue prophétesse du temps du roi Josias (2 Rois 22:14) et Anne (Luc 2:36). On pourrait citer comme exemples de la fausse prétention à ce don, Noadia (Néhémie 6:14), et Jézabel (Apocalypse 2:20). Plusieurs de ces passages de même que l’aveu de la femme samaritaine (Jean 4:19), servent à faire comprendre que le vrai «prophète» venait avec l’autorité de Dieu et que, selon ce que disait la veuve de Sarepta, la parole de l’Éternel dans sa bouche était la vérité (1 Rois 17:24). Et c’est là au fond la grande importance de ce précieux don. Il met le coeur et la conscience dans la présence de Dieu. La parole d’un prophète qui me serait adressée, viendrait à mon âme avec l’autorité de Dieu. C’est comme si Dieu me parlait directement, sans intermédiaire. Par conséquent, si le prophète n’agit pas avec la conscience de la présence de Dieu, il ne peut faire une impression sérieuse sur la conscience de celui auquel il s’adresse. Élie et Élisée disaient : «L’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens, est vivant» (1 Rois 17:1 ; 18:15 ; 2 Rois 3:14 ; 5:16), paroles pleines de valeur pour nos âmes. Le Seigneur Jésus mettait toujours ceux avec lesquels il parlait, devant Dieu et sous l’autorité de sa parole écrite.

Un examen attentif des Écritures montrera également qu’il n’est pas du tout nécessaire que le don de prophétiser soit exercé en public, encore moins dans une «assemblée» quelconque. Dans le cas des hommes, c’était une affaire de circonstance. Jérémie ne fut envoyé comme prophète dans le temple «qu’au commencement du règne de Jéhoïakim», c’est-à-dire environ dix-neuf ou vingt ans après qu’il avait commencé d’écrire (comparez chapitre 26, avec chap. 1 v.2, 3). Du temps du roi Josias, il ne semble pas qu’il fût connu comme «prophète», car les serviteurs du roi se sont adressés à la prophétesse Hulda qui demeurait à Jérusalem. Comme sacrificateur, Jérémie habitait à Anathoth, dans le pays de Benjamin.

Le verset 3 du chapitre 14 de la première épître aux Corinthiens donne un résumé très simple et précieux du don de prophétie : «Celui qui prophétise parle aux hommes pour l’édification et l’exhortation, et la consolation». Cela peut se faire partout et dans toutes les circonstances, dans la famille, auprès du lit d’un malade, et dans une quantité de lieux où les femmes ont plus facilement l’accès que les hommes. L’essentiel, comme nous l’avons vu, est que celui qui parle, soit dans la présence de Dieu quant à sa propre conscience, et qu’il présente seulement les pensées et les paroles de Dieu et non les siennes propres. C’était le plus précieux de tous les dons dont parle l’apôtre comme étant ceux que l’on pourrait «désirer» et recevoir par la grâce de Dieu (1 Corinthiens 14:1).

Dans le siècle qui vient, Dieu versera son Esprit en abondance sur ses fils et sur ses filles (Joël 2:28-29). Et l’apôtre Pierre cite ce passage pour expliquer les effets merveilleux de la descente du Saint Esprit, le jour de la Pentecôte (voyez Actes 2:1-21).

D’après 1 Chroniques 25:1-8, on peut constater qu’il y avait plusieurs des fils de ceux qui dirigeaient le chant, Asaph, Héman et Jéduthun, qui «prophétisaient» avec la harpe «pour célébrer et louer l’Éternel». Les paroles qu’ils répétaient en chantant leur étaient, sans doute, fournies par les auteurs inspirés des Psaumes, mais nous pouvons conclure que dans leur cas, il y avait quelque chose de plus que la simple répétition d’un chant appris. C’étaient des hommes de foi. Ils étaient dévoués de coeur et d’âme à ce service sacré. La louange de Dieu en était le but principal ; tout le peuple qui les écoutait en recevait de l’édification.

En résumé, nous pouvons donc comprendre que le don de prophétiser dans quelqu’une de ses acceptions variées a été, est, et sera souvent conféré aux femmes ; mais que rien dans les Écritures ne les autorise à l’exercer en public, et que dans les assemblées chrétiennes une telle action est formellement défendue comme chose «honteuse». Manquer sur ce point capital détruirait la valeur spirituelle du don exercé (1 Timothée 2:11-15).

76.       Pourquoi l’apôtre dit-il, en parlant de lui-même, «comme d’un avorton» (1 Corinthiens 15:8) ?

Parce que n’ayant pas vu le Seigneur Jésus ressuscité sur la terre, il avait pourtant eu le privilège de le voir dans la gloire, et était ainsi devenu un exemple de ceux qui le verront de leurs propres yeux lorsqu’il reviendra. Dans ce sens, il est né pour ainsi dire avant terme. Paul l’a déjà vu sur le chemin de Damas, tandis que les croyants qu’il représente ne le verront que lorsqu’il apparaîtra en gloire. Et nous sommes appelés à l’attendre ainsi, tous les jours. Comparez avec l’expression «espéré à l’avance dans le Christ» (Éphésiens 1:12). En le voyant, tous seront transformés à son image, et seront par conséquent «à la louange de sa gloire».

77.       Quelle est la signification d’être «baptisé pour les morts» (1 Corinthiens 15:29) ?

Plusieurs passages de l’Écriture montrent que le baptême est le signe de la mort, (non comme si l’on ne devait plus sortir de la mort), mais la mort telle qu’on la voit à la croix de Christ, c’est-à-dire, suivie de la résurrection. Les versets 1 et 2 de 1 Corinthiens 10, en précisent le sens. L’apôtre dit que le peuple d’Israël en sortant du pays d’Égypte a été «baptisé pour Moïse dans la nuée et dans la mer». La mer Rouge, où les Égyptiens furent engloutis, était le salut pour le peuple d’Israël, un lieu de passage de la servitude d’Égypte dans une relation établie avec l’Éternel, connu dorénavant comme leur Dieu. Un peu plus tard Moïse rapporte au peuple les paroles de l’Éternel : «Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle, et vous ai amenés à moi» (Exode 19:4). Cela ne veut pas dire que tous les Israélites aient été réellement «convertis» à Dieu. La suite de leur histoire citée par l’apôtre montre tout le contraire. Mais ils ont tous été placés extérieurement dans la position que la souveraine grâce de Dieu leur avait assignée. Ils avaient été sauvés par leur passage baptismal à travers la mer (comparez 1 Pierre 3:20, 21 : sauvés à travers l’eau). Leurs liens avec l’Égypte avaient été pour ainsi dire brisés par la mort ; dorénavant ils appartenaient à Dieu. Il en est de même pour le chrétien. Par le baptême il prend la position qui lui est imposée par la croix de Christ, celle de «mort» au péché et au monde.

Commencer ainsi sa carrière par un rite solennel qui représente la mort, est évidemment une chose sérieuse pour un chrétien. Et les terribles persécutions auxquelles un grand nombre des premiers chrétiens furent exposés, avaient rendu la chose d’autant plus sensible à leurs coeurs. Ils étaient comme des soldats engagés dès le début dans le service actif, occupant la place de leurs camarades déjà frappés de mort et journellement exposés au même sort. En prenant place dans les rangs, ils acceptaient volontairement la responsabilité qui s’y rattachait. C’est dans ce sens que les néophytes étaient «baptisés pour les morts», à la place des morts, pour les remplacer. La persécution ne manquait que très rarement de les atteindre. L’apôtre Pierre les exhortait à ne pas s’en étonner, quand même ils devraient passer par le feu du martyre, et, pour les fortifier, il leur rappelait les souffrances de Christ, et la gloire qui les attendait au jour où le Seigneur serait révélé en gloire. De même l’apôtre Paul insiste sur l’espérance glorieuse qu’inspire la résurrection ; sans elle, en devenant chrétien, on n’aurait que les souffrances et la mort devant soi ; on se laisserait priver des jouissances que le monde convoite, et on n’aurait pas de récompense dans la vie à venir. Mais «Christ a été ressuscité», et «comme nous avons porté l’image de celui qui est poussière, nous porterons aussi l’image du céleste» (1 Cor. 15:20, 49).

78.       2 Corinthiens 5:3 : l’expression «nus» signifie-t-elle être dépouillés du corps, ou bien s’agit-il de notre responsabilité comme chrétiens ?

Les versets 1 à 3 de ce chapitre nous présentent deux contrastes : l’un entre la «tente» et «l’édifice» ; l’autre entre le fait d’être dépouillé et celui d’être revêtu.

La «tente» est provisoire, temporaire et fragile, c’est le corps naturel, sujet aux souffrances et à la mort. À cela l’apôtre oppose «l’édifice» qui dure : c’est le corps impérissable.

Le chrétien, qu’il soit transmué ou ressuscité à la venue du Seigneur, sait qu’il possédera bientôt un corps sur lequel la mort n’aura plus de puissance, et qui ne sera plus soumis à l’infirmité et à la douleur, qui sont notre part inévitable dans ce monde. Il sera revêtu de son domicile qui est du ciel.

Mais il y aura aussi une résurrection pour les injustes ; les méchants, tout comme les saints, seront vêtus d’un corps qui ne pourra périr.

C’est pourquoi, en parlant d’un sujet aussi solennel, l’apôtre a soin d’ajouter cette phrase, comme sérieux avertissement : «Si toutefois, même en étant vêtus, nous ne sommes pas trouvés nus ;» c’est-à-dire, que, tout en étant vêtus d’un corps impérissable, nous ne soyons pas trouvés nus quant à Christ, qui est le vêtement glorieux du croyant.

C’est seulement en étant en lui que nous pouvons subsister devant Dieu. Nous ne saurions avoir, même dans le ciel, une place quelconque en dehors de celle que Dieu nous donne «en Christ», en vertu de son oeuvre parfaitement accomplie une fois pour toutes. C’est ce qui devrait, dès à présent, produire chez nous une marche en harmonie avec les pensées du Seigneur.

Autrement, en dehors de Christ, nous serions trouvés nus, comme Adam devant Dieu dans le jardin d’Eden, et il n’y aurait pour nous que la condamnation. Tel sera le cas de ceux qui se trouveront devant le grand trône blanc (Apocalypse 20) ; car Christ, et lui seul, est notre justice devant Dieu, «afin que... celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur» (1 Corinthiens 1:30).

Ainsi l’expression «trouvés nus» dans ce verset 3, ne signifie pas dépouillés du corps naturel, puisque le mot «vêtus» implique que l’on possédera alors un corps impérissable. S’il est question ici de la responsabilité chrétienne, ce n’est que d’une manière secondaire. En effet, pour subsister devant Dieu, on ne saurait se fonder sur ses propres mérites ou sur ses propres oeuvres ; ce n’est possible qu’en Christ.

79.       Comment concilier notre manifestation devant le tribunal du Christ, avec la pleine délivrance que Dieu donne à ceux qui croient en lui ? Il est écrit qu’ «il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal» (2 Corinthiens 5:10).

Ce sujet du tribunal du Christ est d’une grande importance, car nous avons besoin de connaître cette «manifestation» pour stimuler notre conscience et contrôler nos affections. La chose importante pour le chrétien est de chercher à être agréable à Christ, comme le dit l’apôtre dans le verset précédent.

Aucun passage de l’Écriture ne pouvant en infirmer un autre, disons d’abord que nous n’avons rien à concilier, car la vérité de Dieu est une. La pleine délivrance dont Dieu nous fait jouir est un effet de l’oeuvre parfaite de notre Seigneur Jésus Christ. Rien ne saurait remettre cela en question, car, «par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés», et le Seigneur dit en parlant des siens : «Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main. Mon Père qui me les a données, est plus grand que tous, et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père, nous sommes un» (Hébreux 10:14 ; Jean 10:27-30).

Pour tous ceux qui croient au Fils de Dieu, le jugement, en tant qu’il concerne leur position devant Dieu, a été porté par le Seigneur Jésus à la croix ; il est donc déjà passé ; le Seigneur a dit : «Celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie» (Jean 5:24).

Il est cependant nécessaire que nous connaissions l’appréciation de Dieu sur tous les détails de notre vie et de nos actes ici-bas. Pour cela, nous avons à être «manifestés devant le tribunal du Christ», mais il n’effraie pas le chrétien qui sait que celui qui sera assis sur le tribunal est son Sauveur. En effet, le Seigneur ne peut se renier lui-même ni condamner sa propre oeuvre. De plus, quand nous y paraîtrons, nous serons déjà transformés à son image, car «quand il sera manifesté nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est» (1 Jean 3:2).

Il est écrit que «notre bourgeoisie est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire, selon l’opération de ce pouvoir qu’il a de s’assujettir même toutes choses» (Philippiens 3:20-21). Dans de telles circonstances, et dans la pleine assurance du témoignage que Dieu a rendu au sujet de son bien-aimé Fils, il sera précieux de découvrir tout ce que Dieu aura fait pour nous pendant le temps de notre séjour ici-bas, et de quelle manière il nous aura conduits à travers les expériences de ce désert, accomplissant en nous le bon plaisir de sa volonté. Notre lenteur à apprendre ses leçons nous sera alors pleinement connue, et nous découvrirons bien des choses au sujet desquelles nos pensées ont besoin d’être rectifiées. Si nous en avions davantage le sentiment, nous nous efforcerions davantage de connaître dès à présent la volonté du Seigneur, pour marcher d’une manière digne de lui, pour lui plaire à tous égards et ne pas perdre notre temps qui est si court et si précieux. En effet ce n’est qu’ici-bas que nous pourrons le glorifier, ici-bas où il a souffert pour nous et où il a été déshonoré.

Il ne peut jamais être mis en question pour les rachetés du Seigneur de savoir s’ils doivent avoir une place éternelle dans le ciel ; mais leur titre à la couronne et à la place relative dont ils jouiront sera manifesté devant le tribunal du Christ. Voyez à cet égard 1 Corinthiens 3:10-15, et la parabole des mines, Luc 19:11-26.

80.       Comment faut-il comprendre le passage (2 Corinthiens 5:19) : «Dieu était en Christ» ?

«Dieu était en Christ», lorsque Christ était ici-bas. Tout le ministère de l’apôtre était basé sur cette importante vérité, qui nous fait comprendre de quelle manière Dieu s’approche de nous : «Dieu était en Christ : 1° réconciliant le monde avec lui-même ; 2° ne leur imputant pas leurs fautes ; 3° mettant en nous», dit l’apôtre, «la parole de la réconciliation». De là vient qu’il est devenu un ambassadeur pour Christ. L’efficacité de son témoignage dépendait de ce propos arrêté de Dieu, manifesté dans tout le service de notre Seigneur Jésus Christ pendant qu’il était dans ce monde, et aussi de l’oeuvre de Christ qui, dans son amour parfait, s’est donné lui-même pour nous. «Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, — Dieu, pour ainsi dire, exhortant par notre moyen ; nous supplions pour Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui».

81.       De quelle manière et jusqu’à quel point s’appliquent à nous actuellement les trois passages : Éphésiens 1:4 ; Colossiens 1:22 ; 1 Jean 4:17 ?

Le point de départ de l’enseignement, dans l’épître aux Éphésiens, est Dieu, ses pensées et ses conseils. «La bénédiction», comme on l’a dit, «tire son origine de Dieu lui-même : Dieu en est la source et l’auteur ; son propre coeur, si nous pouvons nous exprimer ainsi, sa pensée à lui, en sont l’origine et la dimension. C’est pourquoi nous avons en Christ seul quelque mesure de ce qui ne se mesure pas ; car Christ fait d’une manière complète les délices de Dieu ; le coeur de Dieu se déploie parfaitement et l’amour infini de Dieu s’exerce dans sa plénitude à son égard. La bénédiction donc est de Dieu, mais, en outre, elle est avec lui-même et devant lui, afin que Dieu satisfasse à son propre amour. Lui nous a choisis, lui nous a prédestinés, lui nous a bénis, mais dans le but de nous avoir devant lui, adoptés pour être ses enfants».

Dans l’épître aux Colossiens, le point de vue est un peu différent. L’homme qui vit dans le mal, sous le pouvoir des ténèbres, ennemi de Dieu quant à l’entendement, est envisagé comme étant l’objet de la grâce dont la source et le caractère sont développés avec beaucoup de détails dans l’épître aux Éphésiens. Par conséquent, la présentation des croyants, «saints et irréprochables», est ici une conséquence directe de la réconciliation qui, pour ce qui regarde les saints, a déjà eu lieu (*) par la mort de Christ. Seulement, une condition est ajoutée ici, condition bien propre à agir sur les consciences des Colossiens : «Si du moins vous demeurez dans la foi, fondés et fermes, et ne vous laissant pas détourner de l’espérance de l’évangile».

(*) La réconciliation de «toutes choses», qui fait aussi partie du dessein de Dieu, comme conséquence de la mort de Christ, n’a pas encore eu lieu.

Dans les deux cas, il est évident que l’accomplissement définitif de ces desseins de la grâce de Dieu ne saurait avoir lieu avant que Christ soit manifesté en gloire au milieu des siens. Mais la foi saisit ces choses dès à présent, et de même que nous jouissons dès maintenant de la relation avec le Père, nous avons aussi Christ comme modèle, afin de marcher devant Dieu comme lui a marché (1 Jean 2:6), afin que nous soyons «sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse», parmi laquelle nous avons à reluire «comme des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie» (Philippiens 2:15). Dans ce sens aussi, on trouve l’exhortation adressée à tous les chrétiens dans l’épître aux Éphésiens : «Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur» (chap. 5:1-2).

La première épître de Jean nous occupe de la vie telle qu’elle doit se manifester dans le chrétien. Les épîtres de Paul présentent la dispensation de Dieu dans laquelle cette vie se déploie ; les écrits de Jean nous font voir ce qui est déployé, la vie divine dans la communion du Père et du Fils. C’est ici donc que l’expression se trouve : «Comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde». Et remarquez-le bien, il est dit : «Comme il est...», non pas «comme il était». Christ était sans péché comme homme dans ce monde, — nous avons le péché en nous ; toutefois nous sommes appelés à marcher comme il a marché», et Dieu nous a donné de son Esprit pour que cela nous soit possible. Mais actuellement Christ est dans le ciel, et en attendant qu’il soit «manifesté» en gloire, nous sommes «comme il est». Dieu nous voit comme ayant Christ pour notre vie et comme étant identifiés avec lui. C’est là une position parfaite qu’il nous a donnée. Pour ce qui regarde l’effet de l’oeuvre de Christ, on voit quelque chose de semblable dans Hébreux 10:14 ; mais dans l’épître de Jean, il s’agit de la vie divine et de sa manifestation pratique. Or la foi saisit le témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils ; on possède ainsi le Fils de Dieu et la vie qui est en lui ; puis, en se nourrissant de Christ, on manifeste cette vie en pratique, marchant par l’Esprit.

Être comme est Christ n’est pas un compte-rendu de la vie ou du service de tel ou tel chrétien, ni non plus un objectif que l’on doive s’efforcer d’atteindre, mais c’est une position acquise, selon la grâce de Dieu, et qui est vraie devant Dieu pour tous les croyants, et, par conséquent, le point de départ de la marche pratique, la mesure divine pour l’exercice de la conscience quant aux détails de la vie journalière chez ceux qui croient ce que Dieu dit. Si le dessein de Dieu et le résultat divin de l’oeuvre de Christ sont de nous placer devant lui «saints et irréprochables», le coeur du croyant, pénétré de cette grâce, comprend qu’il s’agit d’être saint et irréprochable dans la marche. Si, dans ce monde, nous sommes comme Christ est, il s’agit de reproduire la vie de Christ, ou, en d’autres termes, de marcher comme il a marché. Dieu nous a placés «en Christ». Il faut donc que Christ soit manifesté en nous. Paul pouvait dire : «Christ vit en moi» (Galates 2:20, et comparez Jean 14:20).

82.       Quelle est la signification d’Éphésiens 4:8 ? Y a-t-il quelque rapprochement à faire avec 1 Pierre 3:19-21 ? Et comment faut-il comprendre ce dernier passage ?

Disons d’abord qu’il n’y a aucun rapprochement à faire entre les deux passages. Le premier, cité du Psaume 68, nous présente l’effet pour nous de l’ascension de notre Seigneur Jésus Christ et sa session à la droite de Dieu.

Christ, dans sa mort, a vaincu Satan ; il l’a rendu impuissant (Hébreux 2:14) ; il a emmené captif l’adversaire. Dans la personne de Christ, l’homme est placé au-dessus de tout : toute autorité lui a été donnée dans les cieux et sur la terre, tout pouvoir de juger aussi, parce qu’il est fils de l’homme (Matthieu 28:18 ; Jean 5:27). Nous ne voyons pas encore la manifestation de cette autorité, car le Seigneur diffère le jugement pendant ce «jour de grâce» ; mais, en attendant, il fait valoir son pouvoir dans l’église et distribue les dons nécessaires pour l’édification du corps de Christ. Par la rédemption, Christ a anéanti la puissance de Satan sur les hommes ; et, il a envoyé le Saint Esprit pour unir les croyants à lui-même dans la gloire, en attendant le jour de la manifestation publique de sa puissance.

Quant à 1 Pierre 3:19, beaucoup de personnes se méprennent sur le sens de ce passage, faute de remarquer l’allusion évidente qui y est faite à Genèse 6:3 : «Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair». Le moment où l’Esprit de Christ prêchait était celui auquel ceux à qui il s’adressait étaient «désobéissants», c’est-à-dire le moment où Noé construisait l’arche : ils n’ont pas écouté le témoignage rendu alors, et à cause de leur désobéissance ils ont été gardés en prison depuis lors en attendant le jugement. Ils n’étaient pas encore en prison quand l’Esprit de Christ leur annonçait le jugement et quel était le moyen de l’éviter, savoir de cesser de mal faire, et de se tourner vers Dieu ? Dans le passage de la Genèse, «l’Esprit» et «la chair» sont en contraste, et c’est précisément sur cela que Pierre insiste. Il s’agit du témoignage pratique de tout chrétien dans ce monde, témoignage dont l’oeuvre de Noé est un exemple frappant : Noé, en construisant l’arche selon le commandement de Dieu, rendait témoignage contre le monde et annonçait le jugement qui allait venir (Hébreux 11:7). L’arche devait le mettre à l’abri de ce jugement, et le sauver à travers les eaux. Ces «eaux» sont une figure de la mort et du jugement. Or Christ est notre «arche». En lui et par lui nous sommes délivrés du jugement qui va frapper ce monde, mais, par sa mort, Christ nous a déjà délivrés. De même que l’arche passait à travers les eaux, portant Noé en sûreté jusqu’à une nouvelle terre, ainsi le croyant, associé à Christ dans sa mort, est amené moralement dans une sphère nouvelle où il a affaire à Dieu : il est «vivant à Dieu». Le baptême chrétien exprime cela.

Christ est ressuscité d’entre les morts, en sorte que, par sa résurrection, le chrétien a «une bonne conscience» ; il est en règle avec Dieu, ses péchés sont pardonnés ; et il est appelé à rendre témoignage, par une vie sainte, contre le monde qui l’entoure, «qui gît dans le méchant» et qui est sous le jugement.

83.       La position du peuple d’Israël avant le Jourdain et après le Jourdain, correspond-elle à deux états successifs chez le chrétien ? Ou le chrétien est-il appelé à combattre en même temps le combat dans le désert et celui d’Éphésiens 6 ? Ne semble-t-il pas plutôt que dans la position normale du chrétien, mort et ressuscité avec Christ, la lutte d’Éphésiens 6 soit la seule qu’il ait à soutenir ?

La position du peuple d’Israël avant et après le Jourdain, ne correspond pas précisément à deux états successifs chez le chrétien. Ce sont plutôt deux formes différentes de la piété (1 Timothée 4:8). Le chrétien mort au monde et ressuscité avec Christ a le désert à traverser ; de plus il doit prendre possession, en esprit, de tout le pays promis (Genèse 13:17 ; Hébreux 11:9, 13). Or c’est là le vrai rôle de l’espérance, cette puissante soeur de la foi. La foi possède et conserve le titre de propriété qu’elle a serré dans son coeur.

Pour ce qui est du combat, nous entrerons dans plus de détails. — L’épître aux Éphésiens, qui nous présente la position privilégiée du chrétien, non seulement vivifié avec Christ, mais encore assis en lui dans les lieux célestes, et béni en lui de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes (2:5-6 ; 1:3-4), nous montre en outre, au chapitre 6, que le lieu de notre repos et de notre bénédiction est aussi le lieu de notre combat ; car «notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes». Cette puissance voudrait nous empêcher de prendre possession de notre position normale et éternelle, dans la terre promise «en Christ».

Tout cela correspond parfaitement au beau type que Dieu nous a fourni dans l’histoire des enfants d’Israël, à qui, en tant que descendants d’Abraham, Dieu avait donné tout le pays de Canaan, — mais qui étaient appelés à en prendre possession, en luttant contre un ennemi puissant et tenace qu’ils devaient détruire. Voilà assurément pour nous, «le bon combat de la foi» (1 Timothée 6:12).

Dans le désert proprement dit, il n’y eut qu’un seul combat (*), celui contre Amalek, à Rephidim (Exode 17:8-16). Il fut livré tout au commencement de la traversée. Israël est resté vainqueur dans cette lutte, non par ses propres efforts, mais par la puissance de Dieu, représentée par la verge de Moïse, — la même qui avait fendu la mer Rouge. Cette puissance agit avec efficace pour opérer la délivrance de son peuple, en vertu de l’intercession de celui qui était sur la montagne, et dont les mains furent «fermes (ou fidèles) jusqu’au coucher du soleil». Du reste, Dieu lui-même se chargea de la guerre contre Amalek d’âge en âge (Exode 17:16). L’ennemi n’était pas détruit ; on le retrouve plus tard, à plusieurs reprises, dans l’histoire du peuple d’Israël. De plus, Dieu ordonna à son peuple de ne point oublier que quand tous les autres ennemis seraient exterminés, il devait alors (seulement alors) effacer la mémoire d’Amalek de dessous les cieux (Deutéronome 25:17-19). Or Amalek, petit-fils d’Ésaü (Genèse 36:12), était proche parent d’Israël. À cet égard, il est un emblème frappant de la «chair».

(*) Les combats de Nombres 21 et de Deutéronome 2 et 3, sont en réalité, bien qu’en-deçà du Jourdain, ceux d’une prise de possession de pays donnés en héritage à Israël (cf. Josué 1:4), et où s’établissent, comme par anticipation, les deux tribus et demi ; leurs guerriers s’engageaient à passer le Jourdain (Nombres 32) (Ed).

L’histoire de ce combat à Rephidim, nous fait comprendre de quelle manière le chrétien arrive à la jouissance de son état normal, décrit en Romains 6:14 : «Le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce».

D’abord l’évangile est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit... car la justice de Dieu y est révélée sur le principe de la foi, pour la foi» (Romains 1:16, 17) ; et nous lisons que, par la volonté de Dieu, «nous avons été sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes» (Hébreux 10:10). Ensuite, nous avons un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur, qui peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux (Hébreux 2:17 ; 7:25). La mort de Christ et sa résurrection nous ont frayé le chemin pour nous amener en la présence de Dieu, de sorte que nous pouvons nous approcher de lui sans aucune crainte, la paix étant faite. Par l’intercession de Christ, nous sommes maintenus dans la place que son sang nous a acquise. C’est cette dernière chose que nous trouvons en type dans le secret de la victoire sur Amalek, dûe non aux efforts de Josué et du peuple, mais à l’action de Moïse, Aaron et Hur sur le sommet de la colline (Exode 17:10-12).

Mais nous avons aussi à faire, comme Josué, l’expérience personnelle de l’absolue incapacité où nous sommes de triompher par nous-mêmes en combattant contre Amalek dans la plaine. Il faut qu’en pratique nous apprenions notre entière insuffisance pour sortir de cette lutte, jusqu’à ce qu’enfin, dans le sentiment de notre impuissance, nous poussions le cri de désespoir : «Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?» (Romains 7:24). Nous trouvons alors que la délivrance est acquise par suite de notre identification avec Christ, mort au péché et vivant à Dieu. Il est évident que toute cette expérience devrait être faite au commencement de la carrière chrétienne ; sinon, l’on ne peut comprendre ni que la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus nous a affranchis de la loi du péché et de la mort (Romains 8:2), — ni que la sacrificature de Christ est ce que Dieu a établi pour nous maintenir dans la place qu’il nous a donnée en Christ. Si nous marchons par l’Esprit, nous n’accomplissons pas les convoitises de la chair, et le fruit de l’Esprit se produit sans effort (Galates 5). Cette marche par l’Esprit est toujours accompagnée de la vigilance chrétienne ; car nous sommes tenus de mater le corps et «de mortifier nos membres qui sont sur la terre» (Colossiens 3:5) ; nous devons veiller, prier et nous nourrir de la parole de Dieu comme des enfants nouveau-nés.

L’histoire des enfants d’Israël entre la mer Rouge et le Jourdain, nous montre en détail de quelle manière les circonstances pénibles du désert, c’est-à-dire de la vie, peuvent fournir à la chair l’occasion de se manifester, par ses convoitises, ses murmures, sa rébellion, son égoïsme. Or il est écrit que «toutes ces choses leur arrivèrent comme types, pour nous servir d’avertissement», afin que nous ne fassions pas comme eux (1 Corinthiens 10:1- 13).

84.       En quoi consiste le combat dont il est parlé dans Éphésiens 6:10-20 ?

L’apôtre a développé, dans cette épître, quels sont, d’après les conseils éternels de Dieu et en vertu de sa grâce souveraine, les privilèges et les bénédictions que tout chrétien possède en Christ. Telle est la part du plus jeune dans la foi comme du plus avancé.

Ces privilèges sont ceux qui lui appartiennent soit comme individu, soit comme faisant partie de l’assemblée qui est le corps de Christ. Mais quels qu’ils soient, ils découlent du fait que Christ est actuellement assis dans les lieux célestes. C’est là que sont nos bénédictions. La position qui nous est faite devant Dieu en Christ est donc une position céleste, et, de plus, parfaite comme lui-même est parfait.

Être saints et irréprochables devant Dieu en amour, comme il convient à sa nature ; adoptés pour lui-même comme ses enfants par Jésus Christ ; rendus agréables dans le Bien-aimé ; héritiers en Christ de toutes choses ; scellés du Saint Esprit de la promesse comme arrhes de notre héritage, pour une pleine rédemption ; et, afin que nous puissions jouir de ces choses, ayant «la rédemption par son sang, la rémission des fautes», vivifiés avec Christ, ressuscités et assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus ; voilà ce qui nous appartient individuellement. Nous sommes aussi membres de l’assemblée qui est son corps, unis pour avoir ensemble accès auprès du Père par un seul Esprit ; édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, pour être ensemble une habitation de Dieu par l’Esprit. Et comme tels, nous sommes appelés à «comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur», — et à «connaître l’amour du Christ, qui surpasse toute connaissance» ; manifestant ainsi la sagesse de Dieu dans les lieux célestes et devant refléter sa gloire aux siècles des siècles. De plus nous sommes les objets maintenant de l’amour et des soins de Christ jusqu’à ce qu’il se présente à lui-même l’assemblée glorieuse, sans tache ni ride. Oui, tels sont nos privilèges bénis comme membres du corps de Christ.

L’apôtre demande à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, que les saints puissent connaître ces privilèges magnifiques, les réaliser et en jouir par la foi. Il leur montre que de leur position doit découler une marche qui soit en harmonie avec ce qui leur est donné en Christ, une marche céleste qui glorifie Dieu.

Mais il y a des adversaires doués d’une énergie et d’une volonté puissante pour le mal. Ils exercent leur influence et leur pouvoir sur un monde plongé dans les ténèbres et dont ils se servent en le dominant. Ce sont des adversaires qui, dans le domaine des choses spirituelles, s’opposent au chrétien et l’attaquent, moins par une action ouverte que par leurs artifices. (Voyez aussi 2 Corinthiens 11:14).

Ils cherchent à fourvoyer et à égarer nos esprits quant à la vérité, pour fausser notre position ; ils s’efforcent de détourner nos affections du ciel vers la terre, d’ébranler notre confiance pour nous empêcher de jouir des bénédictions qui nous appartiennent et qui résultent de notre position parfaite devant Dieu en Christ. Ils tentent de nous entraver dans la réalisation d’une marche céleste, séparée du monde, dans la sainteté pratique qui convient à notre appel céleste et dans laquelle seulement nous jouissons de la communion avec Dieu.

De là la nécessité de la lutte. Ce que nous venons de dire en indique suffisamment la nature. Il faut nous revêtir des diverses parties de l’armure complète de Dieu pour pouvoir résister.

Mais nous n’avons pas seulement à nous défendre pour maintenir nos privilèges et en jouir en demeurant fermes dans la vérité, dans la justice, la paix, la foi, la certitude d’un salut parfait. Il nous faut aussi avancer et attaquer les ennemis. Ainsi seront détruits «les forteresses, les raisonnements et toute hauteur qui s’élève» contre la connaissance toujours plus parfaite de Dieu, et toute pensée sera «amenée captive à l’obéissance du Christ» (2 Corinthiens 10:3-5). L’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu nous est indispensable. Par elle, nous pouvons répondre à chacun comme il faut, confondre ceux qui s’opposent, atteindre les consciences. Mais elle doit être maniée par l’Esprit ; il ne faut donc point attrister cet Esprit et vivre dans la dépendance de Dieu par la prière. Ainsi nous combattrons ensemble d’une même âme, avec la foi de l’évangile, par des prières pour tous les saints.

Il faut aussi ne pas prendre soin de la chair pour satisfaire ses convoitises, avoir seulement à coeur la gloire de Christ et ses intérêts.

Veuille le Seigneur nous donner d’être de ceux qui combattent, sans s’embarrasser des affaires de la vie, pour plaire à celui qui nous a enrôlés ; et puissions-nous, après avoir tout surmonté, tenir ferme.

85.       Que faut-il entendre par la «cuirasse de la justice» et le «bouclier de la foi» (Éphésiens 6:14, 16) ?

La cuirasse garde le coeur qui sans elle, serait exposé aux traits de l’Ennemi. C’est «une conscience sans reproche». Voyez 2 Thessaloniciens 3:8-9 ; 1 Timothée 1:5, 19 ; Hébreux 13:18.

Le «bouclier de la foi» est la conscience de la grâce et de la faveur de Dieu maintenue dans le coeur.

86.       Comment pouvons-nous «travailler à notre propre salut avec crainte et tremblement» ? Comment peut-on «gagner Christ» et «parvenir à la résurrection d’entre les morts» ? (Philippiens 2:12 ; 3:8-11).

Pendant que l’apôtre avait été au milieu des Philippiens, il avait travaillé à l’oeuvre de leur salut ; plus tard, ils se trouvaient eux-mêmes directement aux prises avec l’Ennemi de leurs âmes, sans le secours de l’énergie spirituelle de Paul. Mais Dieu travaillait en eux et pour eux. Ils devaient donc se mettre à l’oeuvre d’autant plus sérieusement, en gardant le sentiment de la présence de Dieu qui opérait en eux «et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir». Il en est ainsi pour nous, les apôtres n’étant plus au milieu de nous ; mais le Seigneur est là, et la sainteté qu’impose sa présence devrait agir puissamment dans nos âmes pour tout ce qui touche au jugement de nous-mêmes, ainsi que pour tout détail de notre service et du conflit inséparable de la marche chrétienne (voyez 2 Corinthiens 10:4-6 ; Éphésiens 6:10-13). Moïse et Josué ont dû, de leur temps, apprendre le grand secret pour accomplir le service qui leur fut confié, soit de veiller sur le peuple et de le conduire, soit de combattre contre l’ennemi qui lui contestait le pays de Canaan. À l’un comme à l’autre il fut dit : «Ote tes sandales de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte». Elle était sainte à cause de la présence de Dieu (Exode 3:5 ; Josué 5:15).

Quant à la marche et aux aspirations de son âme, l’apôtre pouvait, par la grâce de Dieu, se présenter comme exemple à suivre, et dire : «Soyez tous ensemble mes imitateurs, frères». Il possédait au milieu du judaïsme, au plus haut degré, tout ce dont la chair se glorifiait volontiers, mais il estimait tous ces avantages-là comme une perte à cause de Christ. Il avait vu une fois Christ dans la gloire ; dès lors il désirait le connaître selon la perfection de son amour et parvenir là où Christ se trouvait par delà la résurrection. Sa justice n’était plus celle de la loi, mais celle qui est par la foi en Christ ; sa vie c’était Christ ; sa joie se trouvait dans la communion avec lui, de sorte qu’il poursuivait, désirant le connaître davantage dans sa vie et dans sa mort, et le saisir dès à présent comme il serait rendu capable de le faire parfaitement dans la résurrection. Les choses éternelles étaient tellement réelles pour lui, qu’elles formaient déjà la substance de sa vie présente. Ce qu’il devait lui en coûter ici-bas, toute sa vie le démontre ; mais il ne vivait pas pour ce monde, il en avait déjà fait son compte. Pour ce qui concernait les désirs ou l’activité de la chair, il portait toujours partout dans son corps la mort de Jésus (2 Corinthiens 4:10) ; le monde lui avait été crucifié, et lui au monde (Galates 6:14). Puis quant à l’énergie spirituelle qui le caractérisait, il se nourrissait de Christ et de son amour. S’il perdait la vie dans le service de l’évangile, c’était pour lui le comble de la joie que d’être avec Christ qu’il avait connu et qui pour le sauver avait donné sa vie (Galates 2:20 ; Philippiens 1:21-24). Puissions-nous être animés de semblables pensées quant à notre carrière chrétienne, et avoir le privilège de dire avec Paul : «Je fais une chose», une seule, c’est-à-dire, suivre Christ, ne vivre que pour lui.

87.       De quelle résurrection l’apôtre parle-t-il dans le chapitre 3 de l’épître aux Philippiens, vers. 11 : «Si en quelque manière que ce soit je puis parvenir à la résurrection d’entre les morts» ?

La force de la phrase est dans les mots «d’entre les morts», expression à laquelle l’apôtre donne ici une forme particulière, qui sert à en relever l’importance. C’est l’une des doctrines caractéristiques de l’évangile. La «résurrection des morts» était bien connue des Juifs et reçue par les plus orthodoxes d’entre eux (Jean 11:24 ; Actes 23:8, etc.). Mais lorsque le Seigneur Jésus parla, pour la première fois, d’une «résurrection d’entre les morts», les disciples ne comprirent pas ce qu’il voulait dire, et s’entre-demandaient ce que c’était que de ressusciter d’entre les morts (Marc 9:9, 10). Car l’expression même implique l’idée que tous ne ressuscitent pas en même temps, que quelques-uns seulement sortent de l’empire de la mort, tandis que d’autres y restent. Or cette résurrection a été réalisée dans la personne de notre Seigneur Jésus Christ, et elle le sera également dans tous ceux qui croient en lui, desquels il dit par quatre fois, dans le chap. 6 de l’évangile de Jean, qu’il les ressuscitera. Il est à cet égard «les prémices de ceux qui sont endormis» (1 Corinthiens 15:26). «Les prémices» veut dire un échantillon représentatif, comme les premiers fruits d’un champ représentent ce que le champ produit. Remarquez aussi que l’expression «être endormis» n’est employée dans le Nouveau Testament que pour désigner les croyants qui sont morts, non pas les incrédules. «Nous croyons», est-il dit, «c’est pourquoi aussi nous parlons, sachant que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi avec Jésus et nous présentera avec vous» (2 Corinthiens 4:13, 14). Puis encore : «Car si nous croyons que Jésus mourut et qu’il est ressuscité, de même aussi, avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus» (1 Thessaloniciens 4:14). Mais il faut que chacun soit ressuscité dans son propre rang, «les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue» (1 Corinthiens 15:23).

Tous ces passages nous parlent de la résurrection d’entre les morts, la résurrection des croyants, qui, en sortant du tombeau, y laissent encore ceux dont il est dit que «le reste des morts ne vécut pas jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis» ; c’est «la première résurrection», «la résurrection de vie», la résurrection des fils de Dieu : — bienheureux et saint celui qui y a part (Apocalypse 20:5, 6 ; Jean 5:29 ; Luc 20:36).

C’est donc de cette résurrection dans sa portée actuelle et morale que l’apôtre Paul parle dans le chap. 3 de l’épître aux Philippiens : — non pas qu’il doutât d’y parvenir pour ce qui regardait son corps, mais il désirait que toute sa vie fût caractérisée par cette énergie spirituelle venant de Dieu et qui seule répond à la puissance divine déployée dans la résurrection d’entre les morts, et dont Christ ressuscité est personnellement l’expression à tous égards. C’est en portant dans le corps la mort de Jésus que la vie de Jésus peut être manifestée dans notre corps (2 Corinthiens 4:10). De même, nous voyons ici que le désir constant de l’apôtre était de connaître Christ : «la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, étant rendu conforme à sa mort, si en quelque manière que ce soit je puis parvenir à la résurrection d’entre les morts». En courant ainsi vers le but pour remporter le prix, sa carrière tout entière devait porter l’empreinte des choses qu’il recherchait pour la gloire de Christ.

88.       L’apôtre parle-t-il de la mort ou du sommeil spirituel lorsqu’il dit que ... notre Seigneur Jésus Christ... est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui» (1 Thessaloniciens 5:9, 10) ?

La lecture attentive de tout le passage qui précède permet de comprendre que «veiller» et «dormir» se rapportent d’abord à l’état spirituel des âmes : «Ne dormons pas comme les autres», dit l’apôtre, «mais veillons et soyons sobres ; car ceux qui dorment, dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent, s’enivrent la nuit ; mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, revêtant la cuirasse de la foi et de l’amour, et, pour casque, l’espérance du salut». Mais il s’agit aussi pour nous de saisir quelles sont les conséquences glorieuses de l’oeuvre de Christ. Aussi le Saint Esprit passe-t-il insensiblement de la considération de l’état qui convient pour nos âmes à l’examen de l’état effectif des choses lors de la venue de Christ.

Christ est mort pour nous, à notre place afin que nous vivions éternellement avec lui. Christ veut nous faire jouir de la gloire avec lui. Soit que nous mourions avant sa venue (si nous dormons écrit l’apôtre) ou que nous soyons encore en vie sur la terre (si nous veillons), le Saint Esprit nous stimule en nous présentant l’amour parfait de Christ. Pour produire un état d’âme convenable, l’espérance du salut est placée devant nous (1 Jean 3:2-3).

89.       À quoi s’applique la recommandation : «Éprouvez toutes choses ; retenez ce qui est bon» (1 Thessaloniciens 5:21) ?

La liaison directe de ce verset avec les deux qui précèdent : «N’éteignez pas l’Esprit ; ne méprisez pas les prophéties» nous paraît évidente. Il s’agit de tout ce qui, à tort ou à raison, a la prétention d’avoir de l’autorité sur l’âme. La parole de la Samaritaine : «Je vois que tu es un prophète» montre qu’elle reconnaissait chez le Seigneur et dans ses paroles une autorité qu’elle ne pouvait contester, autorité divine à laquelle il fallait se soumettre. Que le Saint Esprit se soit servi d’hommes pour exposer la vérité divine est clairement établi (voyez 1 Corinthiens 2:10-13 ; 2 Pierre 1:21) ; Dieu a donné sa Parole de cette manière. Il a formé ses instruments et s’en est servi comme bon lui semblait. Aujourd’hui encore il se sert d’instruments humains pour prêcher et expliquer sa Parole, sans que ceux-ci puissent prétendre à l’inspiration divine (1 Timothée 4:16 ; 2 Timothée 4:2). Ils doivent toutefois parler «comme oracles de Dieu», et dans la dépendance du Saint Esprit ; mais les auditeurs sont tenus de juger de tout ce qui est dit, et le moyen de contrôle qui leur est fourni est la Parole inspirée ; car l’Esprit saint ne peut se contredire (1 Corinthiens 14:29 ; 2 Timothée 3:16). Les Béréens sont loués parce qu’ils comparaient les paroles d’un apôtre du Seigneur avec les Écritures (Actes 17:11). On ne doit pas mépriser les prophéties, ni chercher à écraser l’instrument le plus faible dont le Seigneur pourrait se servir ; mais la responsabilité demeure d’éprouver toutes choses, même celles qui paraîtraient les plus plausibles, et de ne retenir que ce qui est bon.

Celui-là me rend un bon service qui m’indique ce qui est écrit dans la parole de Dieu, de manière à atteindre par ce moyen mon coeur et ma conscience.

90.       Quelle est la portée des passages tels que Actes 28:26-27, en présence de la déclaration que «notre Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés» (1 Timothée 2:4) ? Qu’en est-il de notre responsabilité ?

Le passage de l’épître à Timothée et d’autres semblables, tels que Hébreux 10:10 ; 2 Pierre 3:9 ; Jean 3:16, nous communiquent la pensée de Dieu quant au salut, la raison pour laquelle il a envoyé son Fils bien-aimé afin de porter nos péchés sur la croix. Les versets 9, 10 d’Ésaïe 6, cités dans les Actes, sont la sentence d’aveuglement judiciaire prononcée sur la nation juive puisqu’elle rejetait définitivement le Messie. Avec cela s’accorde aussi, comme principe moral, la fin du premier chapitre des Proverbes.

L’homme est déchu : sa volonté est toujours mauvaise. Dieu vient le chercher en grâce. Dès lors sa responsabilité n’est pas seulement celle de la créature envers le Créateur, mais encore celle d’écouter le Dieu de toute grâce. Le fait est que l’homme a méprisé la grâce de Dieu et rejeté son Fils ; la lumière est entrée dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière ; c’est là la raison du jugement. «Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui» (Jean 3:18, 19, 36).

91.       1) Nous lisons dans 1 Timothée 3 : «Si quelqu’un aspire à la surveillance, il désire une oeuvre bonne». Que faut-il entendre par là ? Est-ce qu’un chrétien, possédant toutes les qualités requises ici, n’est pas surveillant par le seul fait qu’il les possède ? Alors, pourquoi aspirer et désirer ? Ou bien s’agit-il de désirer ces qualités si l’on aspire à être surveillant ?

2) Dans 1 Corinthiens 14, il est dit de désirer «avec ardeur les dons spirituels, mais surtout de prophétiser», parce que «celui qui prophétise parle aux hommes pour l’édification, et l’exhortation, et la consolation» (vers. 1, 3, 39). La pensée est-elle bien que l’on avait à désirer que Dieu donnât à l’assemblée des dons, surtout celui de prophétiser pour l’édification, Puisqu’il est dit au chapitre 1, verset 7, qu’ils ne manquaient d’aucun don de grâce ? De plus, si l’on désire ces choses, doit-on les demander à Dieu ? Le verset 12 n’est-il pas en opposition avec ce que les Corinthiens recherchaient surtout, c’est-à-dire des dons brillants comme les langues, et cela pour leur propre satisfaction, et non pour l’édification de l’assemblée ?

Il y avait dans l’Église des dons et des charges ou fonctions. Les «dons» désignent quelquefois les hommes donnés par le Seigneur pour un service ou ministère dans l’Église ; service qui n’était pas limité à une église locale, mais qui était pour l’Église entière. Nous les trouvons indiqués dans l’épître aux Éphésiens, au chapitre 4. Ce sont les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et docteurs. Nous les retrouvons en partie en 1 Corinthiens 12:22 : «Dieu a placé les uns dans l’assemblée : — d’abord des apôtres, en second lieu des prophètes, en troisième lieu des docteurs». Les évangélistes qui sortent dans le monde pour y proclamer la bonne nouvelle et amener les âmes au Sauveur ne sont pas nommés ici, vu qu’il s’agit de l’action au sein de l’assemblée.

Mais par «dons» il faut entendre aussi ce qui est donné aux personnes en question pour accomplir leur service : c’est-à-dire la qualification qui convient, et que l’Esprit saint opère dans l’âme, et c’est l’énergie produite par l’Esprit en vue des effets extérieurs. Les dons dans ces deux cas sont nommés «dons de grâce» ou charismes. Les uns étaient pour l’édification, l’exhortation, l’instruction et l’encouragement des saints ; les autres étaient des dons de puissance, miracles, signes, guérisons, langues.

Quant aux charges ou fonctions, dont il n’est point parlé dans les épîtres aux Éphésiens et aux Corinthiens, il y avait les «surveillants» ou évêques, appelés aussi «anciens» (Actes 20:17, 28), et les «serviteurs» ou diacres. Nous trouvons ces deux charges mentionnées dans Philippiens 1:1. Les uns et les autres remplissaient leurs fonctions dans les assemblées locales : les anciens s’occupant de l’assemblée au point de vue spirituel, les diacres de l’administration des choses temporelles. Venons-en maintenant aux questions posées.

1) Citons d’abord quelques lignes tirées des Etudes sur la Parole (J.N. D). : «L’apôtre suppose, chez quelqu’un, le désir d’entreprendre cette oeuvre de surveillant. C’était une bonne oeuvre. Soigner les âmes, et avoir l’oeil ouvert en amour sur la marche des fidèles ; veiller sur ceux-ci afin qu’ils répondent à l’amour du Sauveur et ne perdent aucun des privilèges chrétiens ; faire cela en maintenant cet ordre heureux et cette unité précieuse qui se réalisaient au milieu de l’Église dans ce temps-là, et garder le troupeau du Seigneur contre les loups ravisseurs qui cherchaient à l’envahir, c’était bien une oeuvre précieuse ; on comprend que celui qui, de la part du Seigneur, avait à coeur le bien des âmes, pouvait avoir le désir de s’y dévouer». Ce désir tendait donc vers une oeuvre bonne en elle-même, nécessaire pour le bien des fidèles et qui avait pour fin la gloire de Dieu. Mais être surveillant entraînait une grave responsabilité et demandait, pour que la charge fût bien remplie, des qualités morales en même temps qu’une conduite qui, ne laissant aucune prise à l’ennemi ni au monde, donnât du poids et de l’autorité au surveillant. L’apôtre trace pour Timothée le tableau de ces qualités, et Timothée devait veiller à ce que les surveillants les possèdent. Mais il n’est pas dit que tout chrétien chez qui elles se trouvaient, fût par là-même surveillant. Dans ces premiers temps, les apôtres ou leurs délégués établissaient les anciens. De là, pour ces délégués, l’utilité de connaître ce qui devait caractériser les anciens. Nous savons que de nos jours nous n’avons aucune autorité pour établir quiconque dans une charge. Nous avons, dans un temps de ruine, à nous attendre uniquement au Seigneur qui donnera, selon sa grâce, ce qui convient à ceux qui se rassemblent autour de Lui. Si l’on aspirait à la surveillance, il fallait non pas désirer les qualités, mais les avoir. On ne se préparait pas à cela comme à une charge humaine. En vivant près de Dieu, dévoué au Seigneur, on pouvait désirer servir l’assemblée, et si le Seigneur le jugeait bon, il y mettait son sceau en appelant effectivement à remplir cette charge. En toute chose, ce qui plaît au Seigneur et rend propre au service, c’est l’abnégation de soi et le dévouement entier à Christ.

2) Quant à 1 Corinthiens, il semble bien clair que l’apôtre exhorte à demander pour l’assemblée des dons spirituels, bien qu’ils n’en fussent pas dépourvus. Mais il n’y a point là de contradiction. Nous pouvons désirer avoir une toujours plus grande abondance de ce que Dieu veut bien nous communiquer. Mais il faut que ce soit en vue de sa gloire, et non pour nous faire valoir. Et si nous sommes exhortés à désirer, comment se traduira notre désir ? N’est-ce pas en demandant à Celui qui peut y répondre ? Toute exhortation dans la Parole à posséder une chose devient un sujet de prière pour l’obtenir, puisque nous ne pouvons rien de nous-mêmes, et que «tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent du Père des lumières». Mais il est certain qu’entre tous ces dons de grâce, ceux qui étaient destinés directement au bien et à l’édification de l’assemblée devaient occuper la première et la plus grande place. Et pour nous qui n’avons plus les dons de puissance, quelle grâce de pouvoir désirer et demander ceux qui édifient, encouragent et consolent !

92.       Quelle est «la belle confession» (1 Timothée 6:12-13) ?

Celle du Seigneur Jésus Christ se trouve racontée tout au long, Jean 18:33-38. C’était une vérité que Pilate ne comprenait pas, mais qui montrait pourquoi Jésus, «le roi des Juifs», ne voulait pas revendiquer ses droits sur la terre ou chercher à se soustraire à la mort : «Mon royaume n’est pas de ce monde». Timothée l’avait accepté de fait en confessant appartenir corps et âme au Seigneur Jésus. Il pouvait ainsi être gardé de la mondanité sous toutes ses formes, et en ayant Christ pour modèle, il devait s’encourager à saisir «ce qui est vraiment la vie». — Remarquons encore que la confession de Jésus devant Pilate était justement la chose qui entraînait infailliblement l’arrêt de mort. Les Juifs disaient : «Quiconque se fait roi, s’oppose à César». Mais Jésus ne pensait qu’à Dieu et à sa vérité, et ne reculait pas devant les conséquences de la proclamation de cette vérité, du moment qu’il convenait de la faire pour la gloire de Dieu

93.       «Si nous le renions, lui aussi nous reniera» (2 Timothée 2:12). Comment concilier ce passage avec le verset suivant : «Si nous sommes incrédules, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même», ainsi qu’avec tant d’autres belles promesses, comme Jean 10:28 ?

Il s’agit dans ce passage du gouvernement de Dieu, et non du don gratuit de la vie éternelle. Paul exhortait Timothée à prendre sa part des souffrances «comme un bon soldat de Jésus Christ» (2 Timothée 2:3). Il est question de la fidélité dans la marche, et du dévouement chrétien.

Paul endurait tout pour l’amour des élus, jusqu’à être lié de chaînes comme un malfaiteur (verset 9-10) ; n’était-ce pas suivre les traces du Seigneur, condamné à être crucifié entre deux brigands ? Au fond, le Seigneur n’a-t-il pas dit la même chose en Marc 8:38 ; 10:29-30 ? Le témoignage du Seigneur et de son évangile de grâce exige ce dévouement, dont aucun sacrifice ne devrait nous détourner. Il nous a dit : «Quiconque m’aura confessé devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ; mais celui qui m’aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu» (Luc 12:8-9). Puisse-t-il nous garder fidèles jusqu’au bout, vainqueurs du monde ! (Jean 16:33 ; 1 Jean 5:4).

94.       À qui Dieu a-t-il fait des promesses «avant les temps des siècles» ? (Tite 1:1-2).

À son Fils. Il n’y avait que lui pour les recevoir. Lisez le beau passage des Proverbes 8:22-31, et comparez-le avec Jean 1:1-5 : «Au commencement était la parole». De plus, 2 Timothée 1:9, est une réponse directe à la question : «... la puissance de Dieu, qui nous a sauvés et nous a appelés d’un saint appel, non selon nos oeuvres, mais selon son propre dessein, et sa propre grâce qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles, mais qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus Christ, qui a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile».

95.       Que signifient les mots «vivre justement» dans le passage suivant de l’épître à Tite (2:11) : «Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes, nous enseignant que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ» ?

La vie du chrétien est envisagée ici à trois points de vue :

1° il doit se renier lui-même, en mettant un frein à ses désirs et à sa volonté ;

2° il doit reconnaître les droits d’autrui, et faire en sorte que personne n’ait rien à lui reprocher ;

3° il doit penser continuellement qu’il n’est plus à lui-même, mais au Seigneur, afin de vivre pour lui plaire à tous égards en attendant sa venue.

En somme il doit vivre sobrement quant à lui-même, justement vis à vis des autres et pieusement quant à Dieu.

96.       Que devons-nous entendre par le «lavage de la régénération et le renouvellement de l’Esprit Saint» (Tite 3:5) ?

La difficulté qu’éprouvent plusieurs lecteurs de ce passage provient de ce qu’ils veulent entrer dans les détails avant d’avoir saisi l’ensemble de ce qui est dit, comme un court résumé des doctrines dont l’apôtre parle en détail ailleurs. Le mot «régénération» ne se trouve qu’ici et en Matthieu 19:28, où le sens est simple et clair, savoir : un état de choses nouveau, ou le renouvellement de toutes choses ; cela rappelle le passage de 2 Corinthiens 5:17 : «Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles ; et toutes sont de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui-même par Christ». Pour cela, il faut un «lavage», une purification selon Dieu, afin que nous puissions subsister devant lui en sainteté. L’apôtre parle de ce changement en vue du maintien d’une marche sainte ici-bas, disant aux Corinthiens, autrefois idolâtres : «Quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus et par l’Esprit de notre Dieu» (1 Corinthiens 6:11).

Il ne faut pas confondre la «régénération» avec la «nouvelle naissance» dont il est question dans les écrits de Jean. Celle-ci est en rapport avec la révélation du Père dont Jean était un témoin dans la personne du Fils qu’il a vu sur la terre (voyez Jean 14:9-11). Paul ne l’a pas vu ainsi. Après que le Seigneur fut retourné en haut, Fils de l’homme dans la gloire, il s’est manifesté à Paul, anticipant ainsi la révélation (dans sa personne) de la gloire future, et faisant comprendre à son serviteur la part glorieuse réservée à tous les croyants, part dont Christ est lui-même «l’espérance» (Colossiens 1:27). En effet il renferme dans sa personne glorieuse tout ce qui est préparé pour ceux qui sont à lui. En un mot, Jean parle d’une relation personnelle avec le Père, apanage de la foi : À tous ceux qui ont reçu Jésus, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom (Jean 1:12 ; 1 Jean 5:1) ; tandis que Paul nous présente la «nouvelle création» dont Christ est le chef en haut (Éphésiens 1:19-23 ; 2:6-10).

Les deux pensées diffèrent considérablement : Jean nous présente Jésus, — Dieu manifesté en chair, — vu et entendu ici-bas (Jean 1:1-3) ; Paul développe la vérité en rapport avec le Fils de l’homme glorifié en haut après avoir accompli l’oeuvre de la rédemption. Ces deux côtés de la gloire personnelle du Christ renferment, pour le croyant, les sources de la bénédiction que Dieu nous a préparée.

Mais, en outre, Dieu nous a donné son Saint Esprit (Galates 4:6), afin qu’il y ait, chez le croyant, la conscience de sa position actuelle, en association avec Christ, et afin qu’il possède une puissance positive et une énergie divine pour produire une marche sainte qui glorifie le Seigneur à tous égards, et toujours en vue de participer bientôt au lot des saints dans la lumière (Colossiens 1:8-14). Cela produit un «renouvellement de l’entendement», en sorte que le chrétien envisage tout ce qui le concerne, non pas selon les idées et les désirs des hommes, mais selon la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite (Romains 12:2). Contemplant par la foi la gloire du Seigneur, il est transformé en la même image de gloire en gloire, «comme par le Seigneur en Esprit» (2 Corinthiens 3:18).

97.       Quel est le repos dont il est parlé dans le chapitre 4 de l’épître aux Hébreux, verset 11, où il est dit : «Appliquons-nous donc à entrer dans ce repos-là» ?

Dans le verset 9 de ce chapitre qui précède l’exhortation citée, nous voyons que le «repos» est appelé «sabbatique», et qu’il est aussi le repos de Dieu. Le passage cité de la Genèse, au vers. 4, sert à en faire comprendre le caractère. C’est un état de perfection absolue où Dieu se complaît selon tous les attributs de sa majesté. Quand il eut achevé la création, «Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon» (Genèse 1:31). Il n’y avait rien à y ajouter pour la compléter, pour la rendre plus belle, ou pour qu’elle répondît mieux aux desseins de celui qui avait «appelé toutes choses à l’existence». L’oeuvre était terminée, la création était parfaite. Mais le Créateur ne voulait pas être seul pour en jouir ; il avait déjà formé l’homme, la dernière de toutes ses oeuvres, son «chef-d’oeuvre», si on peut ainsi parler, et l’avait doué d’une intelligence qui le rendait capable de prendre part à la joie divine. Dieu «se reposa au septième jour de toute son oeuvre qu’il fit. Et Dieu bénit le septième jour et le sanctifia ; car en ce jour il se reposa de toute son oeuvre que Dieu créa en la faisant» (Genèse 2:2-3).

Le septième jour fut ainsi un sabbat de rafraîchissement, dont le Seigneur dit expressément qu’il «a été fait pour l’homme» (Marc 2:27). Du moment que Dieu avait séparé d’entre les nations de la terre les fils d’Israël pour qu’ils soient à lui, il leur donna le sabbat comme signe de leur sanctification, ainsi que de son dessein arrêté de les bénir dans le pays qu’il leur avait préparé. Ce repos fut rappelé lors de la promulgation de la loi, et son observation fut imposée avec une rigueur telle, qu’il était même défendu d’allumer du feu le jour du sabbat. Voyez Exode 16:23, 25 ; 20:11 ; 31:12-17 ; 35:2-3 ; Lévitique 23:3. Le sabbat devait rappeler aux fils d’Israël qu’ils étaient sortis de l’esclavage pour être à Dieu ; c’était un «signe» qu’ils devaient toujours garder (Deutéronome 5:15 ; Ézéchiel 20:12, 16, 20).

Le «repos» du peuple, lors de leur prise de possession du pays de Canaan, ne répondait cependant que partiellement aux pensées de Dieu au sujet du sabbat. Celui-ci était plutôt une figure des bénédictions futures qui seront réalisées pour ce peuple lorsque le Messie reviendra pour établir son royaume millénaire en gloire au milieu de lui (voyez Jérémie 31:2). Toutefois l’accomplissement final du repos sabbatique dans l’état éternel dépasse infiniment tout ce qui a été réalisé dans le passé et même tout ce dont on jouira sur la terre pendant le règne glorieux du Seigneur. De ce repos définitif personne n’a encore joui, mais il est l’apanage de la foi : les croyants vont y avoir part, comme il est dit : «il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu» (Hébreux 4:9).

Nous voyons donc qu’il n’est pas question ici du repos de l’âme que Jésus offre au pécheur fatigué et chargé qui vient à lui ; il ne s’agit pas non plus de cesser de mal faire et d’apprendre à bien faire, selon Ésaïe 1:16. Car certes les oeuvres dont Dieu s’est reposé n’étaient pas mauvaises ; elles étaient bonnes, impossible de les améliorer. Et «celui qui est entré dans son repos, lui aussi s’est reposé de ses oeuvres, comme Dieu des siennes propres». Nous devons donc y voir une scène parfaite de bénédiction et de joie, réservée pour les croyants, scène dans laquelle Dieu trouvera sa satisfaction au milieu du bonheur suprême de tous ceux qui ont été ou qui auront été rachetés par le sang de Jésus.

Le dimanche, premier jour de la semaine, que nous gardons en rapport avec la résurrection du Seigneur Jésus d’entre les morts, ne répond pas au sabbat juif ni ne le remplace, sauf, dans ce sens spirituel, que par la résurrection de Jésus et sa séance à la droite de Dieu nous entrevoyons déjà le repos éternel, et nous attendons son retour pour qu’il nous y fasse entrer. Que nos coeurs soient tellement engagés avec lui que nous portions le cachet de gens qui sont en route pour ce repos-là, et que nous n’ayons pas l’air de chercher un repos éphémère sur la terre.

98.       Quelle est la différence entre l’âme et l’esprit ? En particulier au chapitre 4 des Hébreux verset 12 et dans 1 Thessaloniciens 5:23.

L’emploi de ces termes dans l’Ancien Testament, surtout au commencement de la Genèse, nous fournit une distinction très nette, qui est confirmée à mesure qu’on approfondit le sujet. Le mot traduit par «âme» est très général et concerne un être animé , soit homme, soit bête ; de là vient qu’il se confond souvent avec «vie», ou bien, d’un autre côté, il est synonyme de «personne», même s’il s’agit d’une personne qui a été vivante et ne l’est plus, c’est-à-dire un corps mort. Quelques exemples suffiront à éclaircir ce que nous venons de dire (le mot qui correspond à «âme» est en italique) :

Genèse 1:21 : «tout être vivant qui se meut» ;

Genèse 2:7 «l’homme devint une âme vivante» ;

Genèse 9:4 «vous ne mangerez pas la chair avec sa vie, c’est-à-dire son sang» ;

Genèse 9:15 : «mon alliance qui est entre moi et vous et tout être vivant de toute chair» ;

Genèse 19:17 «Sauve-toi, pour ta vie !» ;

Genèse 46:15 «Toutes les âmes (ou les personnes), ses fils et ses filles furent trente-trois» ;

Nombres 9:6 : «impurs à cause du corps mort (littéralement âme) d’un homme».

On peut comparer avec ceux-ci des passages tels que 1 Corinthiens 2:14 ; Jude 19, où «homme animal» exprime simplement l’homme naturel, tel qu’il est né dans ce monde, sans aucune action de l’Esprit de Dieu sur lui ou en lui.

Le mot «esprit» exprime la puissance de vie qui anime l’homme et qui vient de Dieu. Il signifie aussi «souffle», et est souvent employé pour «vent», comme Genèse 8:1 ; Jean 3:8. Il s’applique aussi proprement à Dieu, comme nous le savons : «Dieu est Esprit».

Voici quelques autres passages :

Genèse 1:2 : «L’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux» ;

Genèse 6:3 : «Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair» ;

Genèse 6:17 : «pour détruire de dessous les cieux toute chair en laquelle il y a esprit de vie» ;

Exode 10:13 : «L’Éternel amena sur le pays un vent d’orient».

De même, on trouve «esprit de sagesse et d’intelligence» (Ésaie 11:2), «esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel», saint Esprit, et encore «esprit malin», «esprit immonde», etc.

Quelle clarté ne trouvons-nous pas dans ce beau passage de 1 Corinthiens 15:45 : «Le premier homme Adam devint une âme vivante, le dernier Adam (c’est-à-dire Christ), un esprit vivifiant. Mais ce qui est spirituel n’est pas le premier, mais ce qui est animal ; ensuite ce qui est spirituel».

«L’esprit» est mis en contraste avec «la chair», comme on le voit en Genèse 6:3 ; Romains 8:5, 6, 12, 13 ; Galates 5:16, 19, 22 ; 1 Pierre 3:18 ; 4:6 ; et tant d’autres passages. L’âme et le corps sont mis en contraste lorsqu’on parle d’une manière générale de ce qui se voit et de ce qui ne se voit pas, de ce qui en nous est mortel et de ce qui est immortel.

D’après le passage d’Hébreux 4:12, nous devons comprendre que la parole de Dieu juge les motifs et les mouvements du coeur, distinguant entre ce qui est naturel dans les sentiments et ce qui est spirituel, entre les désirs (ou les convoitises) et la force de la volonté. Elle nous fait voir ce qui est de l’homme et ce qui est de Dieu. Elle nous place, comme quelqu’un l’a écrit, «dans la présence de Dieu avec tout ce qu’elle nous force à découvrir, mettant notre conscience sous le regard de Dieu lui-même».

Dans l’autre passage cité (1 Thess. 5:23) il s’agit de la sanctification de notre être tout entier, dont les trois parties sont signalées : «l’esprit», à savoir les pensées, les mouvements de la vie dans l’âme, soumis à l’action de l’Esprit de Dieu par la Parole ; — «l’âme», c’est-à-dire les goûts, les affections, les désirs, tout ce qui nous porte à nous occuper d’une chose ou à la rechercher, — enfin «le corps», composé de ses différents membres par lesquels les actions s’accomplissent. Le croyant a reçu de Dieu une nature sainte, ce qui est impliqué dans la nouvelle naissance (comparez 2 Pierre 1:4). Or, c’est dans la dépendance de Dieu et en ayant Dieu révélé en Christ comme objet pour le coeur, que la sainteté de cette nature nouvelle se développe et se manifeste en pratique. L’amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par l’Esprit Saint qui nous est donné. Et l’Esprit prend de ce qui est à Christ pour nous le révéler (voyez Romains 5:5 ; Jean 14:15, 16 ; 2 Corinthiens 3).

À propos de 1 Thess. 5:23, nous ajoutons quelques lignes tirées des «Etudes sur la Parole» :

«L’apôtre demande que, selon ce caractère du «Dieu de Paix», Dieu opère en nous pour faire que tout en nous réponde à la nature de Celui qui nous a été ainsi révélé. C’est dans ce passage seulement que cette division de la nature de l’homme en ses trois parties constitutives est donnée : l’homme a un corps, une âme et un esprit. L’apôtre veut parler de l’homme, dans toutes les parties de son être : il veut que le vase (le corps) par lequel il exprime ce qu’il est, que les affections naturelles de son âme, que la partie la plus élevée de sa nature, savoir son esprit, par lequel il est au-dessus des animaux et en relation intelligente avec Dieu, que toutes ces diverses parties de son être soient pures et consacrées à Dieu, et que Dieu se trouve en tout comme mobile, objet et guide.

«Souvent, en parlant de l’homme, l’Écriture se sert des mots âme et esprit, sans distinction, car l’âme de l’homme a été formée autrement que celle des bêtes, en ce que Dieu a soufflé dans les narines de l’homme l’esprit de vie, et que c’est ainsi que l’homme est devenu une âme vivante. Il suffit donc de dire âme, en parlant de l’homme, la partie supérieure de son être est sous-entendue ; et en disant esprit, dans ce même sens, le caractère élevé de son âme est exprimé.

«L’animal a bien ses affections naturelles ; il a une âme vivante, il est capable de s’attacher, il reconnaît ceux qui lui font du bien, se dévoue à son maître, mais il n’a pas ce qui le met en rapport avec Dieu (hélas ! ce qui en nous se place aussi en inimitié contre Lui)».

99        Le passage d’Hébreux 6:4-6, où il est question de ceux qui seraient «tombés» après avoir été «participants de l’Esprit Saint», implique-t-il que quelqu’un qui a été scellé du Saint Esprit peut perdre le salut ?

Que signifie «se détourner», après avoir «connu la voie de la justice» (2 Pierre 2:20-22) ?

Rien ne peut contredire une déclaration claire et positive des Écritures. Or, nous lisons dans le chapitre 4 de l’épître aux Galates : «Parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos coeurs, criant : Abba, Père». Il est encore écrit dans l’Écclésiaste : «Tout ce que Dieu fait subsiste à toujours» (3:14). Le sceau de l’Esprit n’est-il pas tout entier l’oeuvre de Dieu ? Les trois personnes divines y sont engagées : Christ a opéré la rédemption en vertu de laquelle Dieu nous fait ses enfants, puis le Saint Esprit est le sceau de cette oeuvre. Il ne peut «sceller» un incrédule. Mais un véritable croyant est «scellé» du Saint Esprit, afin qu’il jouisse pleinement de la relation dans laquelle Dieu l’a fait entrer, et qu’il s’approche de Dieu dans la joie et la confiance de la foi (Éphés. 2:18).

Quant aux passages cités, celui de la 2° épître de Pierre ne présente pas de difficulté, car il ne s’agit là que de la connaissance de la voie de la justice, sans qu’il soit question d’être régénéré ou «né de nouveau». Une telle connaissance peut n’être qu’intellectuelle. L’exemple donné le prouve : On pourrait laver une truie, elle n’en resterait pas moins toujours une truie. Un tel lavage n’est qu’extérieur, comme l’était la justice dont se vantaient les pharisiens (Matthieu 23:25-28). Une «truie» n’est pas une de ces brebis dont le Seigneur a dit : «Mes brebis écoutent ma voix».

L’autre passage est plus difficile, à cause du mot «participation» qui a deux sens : une participation intime, comme s’il s’agit d’une nature ou d’un caractère, ainsi que l’on dirait d’un fils qu’il participe aux qualités qui ont distingué son père. Puis il y a une participation extérieure dans le sens d’un associé qui a part aux profits ou aux pertes d’une entreprise. La langue grecque a deux mots distincts pour exprimer ces deux idées, et celui qui est employé dans le chapitre 6 de l’épître aux Hébreux est le même qui est traduit ailleurs par «compagnons». Il s’agit donc d’une association ou participation extérieure. Ne peut-on pas prendre Judas comme un exemple solennel de ce genre de participation ? Il avait en effet accompagné le Seigneur ; il avait été envoyé comme les autres apôtres pour prêcher et guérir les maladies. Jusqu’au dernier souper, personne ne considérait Judas comme étant capable de trahir le Seigneur. Jésus seul savait qu’il était «le fils de perdition». Dans le passage d’Hébr. 6:4-6, il n’est fait mention ni de conversion, ni de repentance, ni de vie, ni de nouvelle naissance, mais simplement d’avoir été «éclairé», et d’avoir goûté la bonne parole de Dieu et les choses que le Seigneur faisait. Il est possible que cela n’aille pas plus loin que l’intelligence ou les sentiments naturels. Si la conscience n’est pas atteinte, une chute arrivera tôt ou tard, et l’absence d’une oeuvre opérée dans l’âme sera alors mise en évidence.

100.     Comment expliquer la description donnée de Melchisédec, roi de Salem, «sans père, sans mère», dans Hébreux 7:3 ?Comment pouvait-il exercer les deux fonctions de roi et de sacrificateur, alors que dans le cas d’Ozias, une tentative semblable amena un châtiment immédiat (2 Chroniques 26:16-21) ?

Ce qui est dit de Melchisédec dans l’épître aux Hébreux, est tiré du récit que nous trouvons en Genèse 14:18-20, appuyé par le 1er et le 4° versets du Psaume 110 : «Assieds-toi à ma droite... L’Éternel a juré, et il ne se repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédec».

Le fait que Melchisédec était un personnage vivant du temps d’Abraham, ne fait pas de doute. Mais la chose importante à observer, ce sont les termes précis du récit inspiré. Il a été expressément «assimilé au Fils de Dieu», comme le dit l’auteur de l’épître. C’est-à-dire que toute la description a été conçue dans des termes voulus de Dieu, en vue de faire ressortir son caractère typique, eu égard au Fils de Dieu qui devait venir. Melchisédec exerçait les deux fonctions de roi et de sacrificateur ; en cela il était un type remarquable du Seigneur. Et combien il est précieux pour nous de constater que le Seigneur nous donne ces fonctions auprès de lui (voyez Matthieu 12:3-8 ; 1 Pierre 2:9 ; Apocalypse 1:6 ; 5:10 ; 20:6).

Plus tard, lorsque l’Éternel a séparé pour lui le peuple d’Israël en le retirant du pays d’Égypte, il établit pour lui une sacrificature d’un ordre différent, à laquelle la royauté n’était nullement attachée. Lui-même était leur roi. C’est ce que rappelle Samuel, au moment où le peuple voulait absolument avoir un roi comme toutes les nations (1 Samuel 12:12, 13, 17). Le roi, choisi par le peuple, ne pouvait en aucune manière remplacer les sacrificateurs de la race d’Aaron, ni exercer leurs fonctions. Dieu maintenait ceux-ci à tout prix (1 Samuel 2:35). Par conséquent, lorsque le roi Ozias, enflé d’orgueil à cause de sa prospérité extraordinaire, voulut cumuler les deux fonctions, il fut immédiatement frappé de lèpre, et privé des fonctions royales.

101.     Que faut-il entendre par les «choses qui sont dans les cieux» et les «meilleurs sacrifices» dont il est question dans le verset suivant : «Il était donc nécessaire que les images des choses qui sont dans les cieux fussent purifiées par de telles choses, mais que les choses célestes elles-mêmes le fussent par de meilleurs sacrifices que ceux-là» (Hébreux 9:23) ?

Tout le chapitre 9 de l’épître aux Hébreux, en prenant pour base les types du tabernacle et de son service institués par l’intermédiaire de Moïse dans le désert, montre le contraste entre ces choses et les bénédictions spirituelles et célestes qui sont maintenant, par la mort de Christ, la portion de ceux qui croient. Le tabernacle construit par les enfants d’Israël sous la direction de Moïse était «un sanctuaire terrestre», et les sacrifices de boucs et de taureaux offerts pour le péché n’étaient que le type du seul sacrifice qui est efficace pour ôter le péché, c’est-à-dire celui de Christ. «Car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte le péché» (Hébreux 10:4). Seul le sang de Christ purifie de tout péché. Du fait qu’il s’agit des «choses célestes», c’est-à-dire du ciel, où Christ est entré et où Dieu veut nous donner une place, selon sa grâce parfaite, il faut un sacrifice meilleur que ceux qui furent offerts selon la loi, sacrifices que Dieu n’a pas voulus à cause de leur inefficacité, comme dit le Seigneur lorsqu’il entre dans le monde pour accomplir la volonté de Dieu en se donnant lui-même pour nous (Voyez chapitre 10:5-9). Car Christ est entré dans le ciel même, afin de paraître pour nous devant la face de Dieu, montrant dès à présent, dans sa propre personne, la pensée arrêtée de Dieu d’avoir «plusieurs fils dans la gloire» (Hébreux 2:10). Il a fait tout ce qui était nécessaire pour nous purifier et il nous a rendus propres pour cette place, nous ayant sanctifiés par son sang. Dès lors, il n’a pas honte d’appeler «frères» ceux qu’il a sanctifiés. C’est par la mort qu’il est devenu le chef de notre salut, et qu’il nous a ouvert l’entrée dans le ciel même. Le brigand converti fut le premier à qui Jésus communiqua cette bénédiction, en lui disant : «En vérité, je te dis : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis» (Luc 23:43).

Dans le désert, la purification du sanctuaire fut nécessaire à cause des impuretés des enfants d’Israël, au milieu desquels Dieu demeurait (Lévitique 16:15-19). À plus forte raison faut-il que les péchés soient absolument ôtés lorsqu’il s’agit de nous introduire dans le ciel, et de nous donner, dès à présent, une part aux bénédictions spirituelles qui sont en Christ dans les lieux célestes (voyez Éphésiens 1:3).

L’expression au pluriel : «meilleurs sacrifices» est employée, semble-t-il, en rapport avec les diverses offrandes de la loi, qui, toutes, présentaient quelques-uns des aspects du seul sacrifice de Christ. Elle ne veut nullement dire qu’il est besoin d’un sacrifice autre que celui que Christ a déjà offert. Tout le chapitre et le chapitre suivant prouvent le contraire. Le témoignage du Saint Esprit est : «Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités». Telle est l’assurance que l’oeuvre qui expie le péché ne peut jamais être répétée. Le croyant possède ainsi une conscience nette : il sait que le sang de Christ purifie de tout péché ; il sait aussi que Christ «est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle» (Hébr. 9:12).

102. Comment le verset 39 du chapitre 11 de l’épître aux Hébreux ne contredit-il pas le verset 15 du chapitre 6, en rapport avec l’accomplissement de ce que Dieu avait promis à Abraham ?

Il est évident que les deux passages se rapportent à des choses différentes. La foi d’Abraham a été formée et nourrie par les communications que Dieu lui fit, et qui avaient pour but de le garder dans une attente continuelle de Dieu lui-même, sans qu’il jouît de la possession actuelle des bénédictions et de l’héritage qui lui étaient assurés par la parole de Dieu, dans le pays où il vivait comme étranger. Car s’il les avait possédées, il aurait marché par la vue et non par la foi (voyez Hébreux 11:8-10). Sa vie et son témoignage étaient ainsi caractérisés par la possession des promesses de la part de Dieu, et par l’attente de recevoir, au temps voulu de Dieu, les choses promises.

Toutefois, pour ce qui tenait à ses rapports personnels avec Dieu, sa patience a été récompensée. Il reçut le fils promis après avoir perdu, dans la vieillesse, toute espérance de le recevoir, car son corps était déjà amorti (Romains 4:19-22). Sa foi a été ainsi affermie dans le Dieu Tout-Puissant. De même, sa postérité a été multipliée et gardée, de telle manière qu’elle est encore aujourd’hui, parmi les nations, l’une des merveilles de la grâce toute-puissante et de la fidélité de Dieu. Bien des races d’hommes ont disparu complètement de dessus la terre, mais les Juifs demeurent, dans leur dispersion, distincts de tous les autres peuples. Quoiqu’ils soient méprisés et souvent persécutés, ils conservent jusqu’à un certain point leur autonomie, et s’emparent même des positions d’influence et d’autorité.

D’autre part, — et c’est le grand sujet de l’épître aux Hébreux, — il y a eu déjà un accomplissement merveilleux des promesses en ce que Christ est venu, encore que sa gloire ne soit pas à présent manifestée sur la terre, comme elle le sera bientôt. Le Seigneur dit : «Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour ; et il l’a vu, et s’est réjoui» (Jean 8:56). Les bénédictions qui se rapportent à Christ sont donc maintenant réalisées, pour la foi, en rapport avec sa position actuelle dans le ciel, où il est déjà couronné de gloire et d’honneur, en attendant que son règne soit formellement établi sur la terre. C’est ce qui distingue le christianisme d’avec le judaïsme.

Il faut toujours se souvenir du caractère spécial des promesses faites à Abraham : elles sont sans condition ; c’est-à-dire que leur accomplissement dépend de la fidélité du Dieu tout-puissant qui a promis, et non pas de la conduite de l’homme, mis à l’épreuve, par la loi, sous le rapport de sa responsabilité.

103.     Quelle différence doit-on faire entre les «conducteurs» mentionnés dans Matthieu 23:8, 10 et Hébreux 13:17 ?

D’une lecture attentive des passages, il ressort qu’en Matthieu il s’agit de «conducteurs» qui se mettaient à la place du Seigneur, tandis que dans l’épître aux Hébreux, il est question de ceux qui ont été envoyés par le Seigneur pour annoncer la parole et pour paître le troupeau. La différence ressort dans ce que dit l’apôtre Paul dans ses adieux aux anciens de l’assemblée d’Éphèse (Comparez Actes 20:28-30 ; 1 Pierre 5:2-4).

Servir dans l’humilité, suivant la capacité fournie par le Seigneur est une chose, revendiquer le nom de «conducteur», afin de dominer sur le troupeau en est une autre.

104.     Comment faut-il comprendre l’injonction du Seigneur au sujet des «conducteurs» (Matthieu 23:8, 10), tandis que dans Hébreux 13:7 et 17, nous trouvons l’exhortation de les reconnaître ?

Disons d’abord que les mots traduits par «conducteurs» dans les deux passages, ne sont pas identiques : didaskalos (Matthieu 23), hegoumanos (Hébr. 13). En Matthieu la forme employée donne davantage l’idée d’une autorité imposée, et sous le système juif on le comprend facilement. L’emploi qu’en fait le Seigneur en Matth. 23 concorde bien avec le mot «Rabbi», comme le verset 8 le démontre. Les Juifs étaient habitués à ce terme, et ceux qui se l’attribuaient, voulaient qu’on le leur donnât. Mais pour le chrétien le seul guide ou conducteur, dans ce sens, est Christ ; et tous les fidèles doivent y penser, non seulement pour eux-mêmes, mais dans tous leurs rapports avec leurs frères, afin qu’ils n’interviennent jamais entre le Seigneur et ceux qui lui appartiennent, mais que tout ministère ait pour but de rapprocher l’auditeur, non pas de celui qui parle, mais du Seigneur lui-même. Cela nous rappelle tout le passage de Jean 13:1-17, surtout le verset 13. La tendance du coeur naturel est toujours d’imiter ce qui produit un effet sur les sens, ou qui devient un objet d’admiration pour les hommes. Du temps du Seigneur, les chefs religieux de la nation qui auraient dû être les premiers à l’accueillir, parce qu’ils possédaient les Écritures qui parlaient de lui, ont poussé le peuple à le rejeter et à le faire crucifier. On sait combien la même tendance s’est manifestée dans l’église ; et ce qui a amené le jugement sur les Juifs, l’amènera aussi sur l’église professante. Nous devons nous rappeler que, si nous pouvons entrer spirituellement «dans le ciel» où Jésus est entré pour nous, notre place dans le monde est «hors du camp», c’est-à-dire sous l’opprobre qui a été la part du Christ ici-bas, et dont sa croix est l’expression (Voyez Galates 6:14).

L’Esprit de Dieu rappelle cela dans le chapitre 13 de l’épître aux Hébreux. En gardant cette place, nous éprouverons les soins du Seigneur, pour tout ce qui est nécessaire à notre progrès spirituel. Étant monté en haut, Christ a donné les «dons» divers dans ce but (Éphésiens 4:8-13). Par conséquent les croyants sont exhortés à l’obéissance envers ceux qui veillent sur les âmes et dont les fruits manifestent que leur service est réellement de Dieu. Par contre, ceux qui veulent dominer «sur des héritages» comme dit Pierre, retombent dans le système que le Seigneur a jugé au chapitre 23 de Matthieu.

105.     Comment faut-il comprendre la confession des péchés (Jacques 5:16) ?

Le passage ne parle aucunement de confesser ses fautes à quelqu’un qui aurait une place spéciale comme pasteur, évêque ou «conducteur» parmi les fidèles. Il s’agit de frères en Christ, et de ce qu’ils doivent faire l’un envers l’autre, afin de pouvoir prier l’un pour l’autre. (Voyez versets 12, 13, 19). On a tordu ce passage en y introduisant ce qui ne s’y trouve pas : c’est de cette manière qu’on annule le commandement de Dieu par la tradition humaine (comparez Marc 7:8). Voir aussi question 106.

106.     Comment faut-il comprendre la confession dont il est parlé à la fin de l’épître de Jacques (chap. 5:16) ? Est-elle publique ? ou faite à des amis ?

Nous voyons que la confession est en vue de la prière. Il ne s’agit pas d’une confession publique, car le verset 14 parle seulement d’appeler «les anciens de l’assemblée» et la fin du verset 16, pour montrer l’efficacité de la prière, mentionne un «juste», en citant comme exemple Élie le prophète. Une confession publique donnerait lieu à du scandale, surtout s’il était question d’entrer dans les détails des fautes ; mais pour qu’une confession ait quelque valeur, il ne s’agit pas simplement de se reconnaître pécheur «comme tout le monde». Ce sont les détails de notre péché qui nous humilient ; et le coeur est tellement rusé qu’il cherche facilement dans le fait général que «tous sont pécheurs» un abri pour se couvrir ou un prétexte pour abandonner l’idée d’une confession détaillée.

Le chapitre 19 du livre des Nombres nous montre les difficultés que l’on rencontre en s’occupant du mal, et quelle est la délicatesse des procédés ordonnés de Dieu pour la purification. Celui qui en était chargé par nécessité, était souillé en s’acquittant de son devoir ; il devait laver ses vêtements et restait impur «jusqu’au soir». On ne peut même pas entendre parler du mal sans en recevoir une impression fâcheuse, délétère, une souillure dans l’âme exigeant une purification personnelle dans la présence de Dieu.

Quant à la confession, s’il s’agit d’un tort fait à un autre, le devoir de le reconnaître devant la personne offensée s’impose à tout coeur droit. Si le tort a été fait à plusieurs, on doit chercher à le confesser à tous ceux que l’on a fait souffrir. Mais il faut aussi que la chose soit réglée avec Dieu, comme le Psaume 51 nous le fait voir.

Un péché secret peut exiger une confession du même ordre, non pas certes en public, mais peut-être devant un seul, ou devant deux ou trois des «anciens de l’assemblée» surtout si c’est un cas où la main de Dieu s’est fait sentir par une affliction extérieure, — maladie du corps en général, — qui est connue de tous ceux qui s’intéressent au malade. C’est le cas prévu en Jacques 5, et en 1 Jean 5:16 ; seulement dans le dernier passage, il peut être question d’un état déjà ancien, ou bien de la négligence des avertissements précédents. Nous en voyons un exemple dans l’état du peuple d’Israël du temps de Josias et de ses fils, lorsque le temps de la patience divine touchait à son terme (Ézéchiel 7:3, 4 ; comparez aussi Ésaïe 22:14). On voit ici des exemples de péchés que le pardon divin ne pouvait plus atteindre. Ils étaient «à la mort». C’est ce qu’un homme spirituel est appelé à discerner dans des cas particuliers, en sorte que son intercession pour un frère coupable se règle d’après les principes du gouvernement de Dieu. Dans d’autres cas l’intercession peut être libre et à coeur ouvert en faveur du malade, et «s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné».

«Confessez donc vos fautes l’un à l’autre» implique évidemment une confiance réciproque, qui ne peut exister que là où la grâce règne. Alors aussi le péché ne domine pas sur nous (Romains 6:14).

107.     Quand Christ est-il allé prêcher aux esprits qui sont en prison ? (1 Pierre 3:19, 20).

Notez premièrement qu’il est dit qu’il y est allé par l’Esprit. Nous pouvons comparer avec ces paroles un autre passage de la même épître qui parle de l’Esprit de Christ qui était dans les prophètes (chap. 1:10, 11). Dans le chapitre 3, il s’agit évidemment de l’Esprit de Christ qui était en Noé, et qui contestait avec l’homme incrédule et désobéissant pendant que Noé construisait l’arche. Il n’est question dans le passage que des hommes de ce temps ; de sorte qu’on ne peut pas en tirer une application à tous ceux qui sont morts dans l’incrédulité dans tous les temps. Dans le chap. 6 de la Genèse, au verset 3, nous lisons : «Et l’Éternel dit : Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair ; mais ses jours seront cent vingt ans». Durant ce temps, «la patience de Dieu attendait», et Noé, son serviteur, était un «prédicateur de justice» (2 Pierre 2:5). Ayant été averti du déluge qui allait mettre fin à l’ancien monde, il «craignit et bâtit une arche pour la conservation de sa maison» (Hébreux 11:7). «Par cette arche il condamna le monde» qui ne prêtait attention ni à ses paroles, ni à son oeuvre. Les habitants du monde d’alors étaient «désobéissants», et depuis, ils ont été gardés en prison en attendant le jugement.

Remarquons encore que quand il est question de ceux qui vivaient autrefois, les Écritures parlent des «esprits» soit «des justes» (Hébreux 12:23), soit des méchants. La chair, ou «la poussière», retourne à la terre d’où elle a été tirée, et «l’esprit» retourne à Dieu qui l’a donné (Écclésiaste 12:7). La mort est bien les gages du péché, mais l’histoire d’un homme ne se termine pas avec la mort de son corps. Après la mort vient le jugement. «Il est réservé aux hommes de mourir une fois, — et après cela le jugement» (Hébreux 9:27). Les désobéissants, tout comme «les anges qui ont péché» sont «gardés dans des chaînes d’obscurité pour le jugement», «pour être punis» (2 Pierre 2:4, 9). Ce jugement aura lieu devant le grand trône blanc, devant lequel paraîtront «les morts» (Apocalypse 20:11, 12). Le contraste entre la chair et l’Esprit dont il est question au verset 18 de notre passage, en parlant de Christ, contraste qui rappelle clairement le verset 3 du chap. 6 de la Genèse, conduit naturellement l’apôtre à rappeler les circonstances où se trouvait Noé, et au milieu desquelles il rendait son témoignage contre un monde impie et désobéissant. Sa position ressemblait bien à celle des Juifs fidèles, au milieu de la nation qui avait rejeté et crucifié le Messie. En même temps, le baptême chrétien qui est «pour la mort», et qui se rapporte à la mort de Christ, crucifié en chair mais vivifié par l’Esprit, indique la position qui incombe à tous les croyants dans un monde où Christ n’a pas trouvé de place et où la parole de la grâce est rejetée par le grand nombre. Mais, de même que l’arche a été sauvée à travers les eaux, il y a aussi un salut assuré au croyant.

108.     Comment peut-on «hâter» la venue du jour de Dieu» (2 Pierre 3:12) ?

L’emploi du verbe «hâter» dans ce passage ne signifie évidemment pas que nous puissions influer sur le cours des temps et des saisons que le Père a réservés à sa propre autorité (Actes 1:7). Mais Actes 3:9 ; Genèse 15:16 et d’autres passages montrent pourtant que Dieu détermine les moments où il doit intervenir en tenant compte de l’état du coeur des hommes, y compris certainement de celui des croyants.

Tout le passage parle de la conduite qui devrait distinguer les chrétiens en présence du matérialisme et de la moquerie des incrédules. On a écrit à ce sujet : «On remarquera que l’Esprit ne parle pas ici de la venue de Jésus, sauf pour dire qu’on s’en moquerait dans les derniers temps. Il parle du «jour de Dieu» en contraste avec la confiance des incrédules dans la stabilité des choses matérielles de la création, qui dépendent, ainsi que l’apôtre le montre, de la parole de Dieu. Or, dans ce jour dont il parle, toutes les choses sur lesquelles comptaient et compteront les incrédules, seront dissoutes et s’en iront. Cela n’aura pas lieu au commencement du «jour du Seigneur» (*) mais à sa fin ; et, ici, nous sommes libres d’estimer, selon la parole de l’apôtre, ce jour à mille ans, ou à telle période de temps que le Seigneur déterminera. Or, une dissolution si solennelle de tout ce sur quoi la chair s’appuie, devrait nous faire marcher de manière à être trouvés par le Seigneur, quand il viendra pour introduire ce jour, en paix et irréprochables ; estimant que le retard apparent n’est que l’expression de la grâce du Seigneur qui s’exerce pour le salut des âmes. Nous pouvons bien attendre, si Dieu emploie ce temps pour délivrer des âmes du jugement, en les amenant à sa connaissance et en les sauvant d’un salut éternel» (Études sur la Parole, J.N. D).

(*) Il semble qu’il y ait lieu de distinguer le «jour du Seigneur», la période des jugements par lesquels le monde actuel passera et qui se terminera par la destruction de la terre et des cieux actuels (2:10), et le «jour de Dieu» — à cause duquel aura lieu cette destruction, pour faire place aux nouveaux cieux et à la nouvelle terre — le jour éternel (Ed).

Le gouvernement de Dieu poursuit son cours, et aboutira à la «dissolution» de tout ce qui fait actuellement l’orgueil et la confiance des hommes ; même les choses qui, selon toute apparence, sont immuables, comme les cieux et «les éléments», seront dissoutes ; et tout argument fondé sur leur stabilité sera réduit à néant. En attendant, Dieu agit en grâce pour amener des pécheurs à la repentance ; plus notre coeur est donc engagé avec lui dans l’oeuvre du salut qu’il poursuit, plus nous hâtons «le jour» qui est différé à cause de sa patience envers les méchants.

109.     Comment doit-on entendre le passage de 1 Jean 2:6 : «Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché» ?

La passage est très clair, si on le prend simplement tel qu’il est écrit. Il nous donne la mesure de la marche chrétienne. Celui qui fait profession de demeurer en Christ (ce qui est la position chrétienne) doit marcher en conséquence, c’est-à-dire comme Christ a marché.

La position du croyant est «en Christ» (Rom. 8:1 ; 1 Cor. 1:30 ; 2 Cor. 5:17 ; Éph. 1:1, 3, 11 ; 2:6 ; Phil. 1:1 ; etc.). Puis Jésus exhorte à demeurer en lui, le vrai cep, afin que nous portions beaucoup de fruits (Jean 15:3-5). Christ, par sa mort, nous a acquis cette position. La mesure de la marche qui s’y rattache, c’est Christ dans sa vie ici-bas. Il peut y avoir une difficulté si l’on confond ce passage avec ce qui est écrit dans le chap. 4 de la même épître, verset 17 : «En ceci est consommé l’amour avec nous, afin que nous ayons toute assurance au jour du jugement, c’est que, comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde». Or, ce dernier passage parle de notre position, non pas de la marche. C’est un fait qui est vrai à l’égard de chaque chrétien. Christ est dans la gloire. Le croyant est identifié avec lui là, de sorte qu’il n’a absolument rien à craindre du «jugement», car il est identifié avec celui qui doit juger. Christ ne peut pas juger sa propre oeuvre. C’est en cela que l’amour de Dieu a été consommé avec nous ; et nous possédons maintenant cet amour, afin que nous en jouissions d’avance, bien que nous ne le connaissions encore qu’en partie. (Comparez Éphésiens 3:14-19).

Nous ne pouvons pas dire, quant à notre nature, que nous sommes comme Jésus a été ici-bas ; la parole de Dieu ne nous dit pas non plus que nous devons être comme lui a été ; car lui «n’a pas connu le péché» (2 Cor. 5:21) ; tandis que «si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous» (1 Jean 1:8). «Le péché dans la chair» habite en nous, mais ce n’est pas une raison pour que ce péché soit manifesté au dehors. Rien ne nous oblige à pécher ; bien au contraire, Dieu nous a donné son Esprit et sa Parole afin de nous garder, et pour que le caractère de Christ soit reproduit en ceux qui demeurent en lui. Nous devons marcher comme lui a marché. Christ est la mesure, la norme de la marche du chrétien.

Comparons encore un autre passage, qui fait ressortir, d’une manière admirable, l’exactitude de la parole de Dieu ; je veux parler de 1 Pierre 2:21, 22 : «Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude...». Pierre nous exhorte, non pas à être ce que Christ était dans les jours de sa vie en la chair, mais à marcher les yeux fixés sur lui pour l’imiter. Remarquez bien que, lorsqu’il s’agit de Christ comme exemple, il est dit : «Qui n’a pas commis de péché» ; mais quant il est question de la perfection de la personne de celui qui était seul capable, seul propre à être la victime pour le péché, il est dit : «Qui n’a pas connu le péché» (2 Cor. 5:21). Or il est évident que cette dernière expression ne peut pas être employée en parlant de nous qui avons une mauvaise nature ; tandis que, quand Christ nous est présenté comme exemple, le Saint Esprit dit : «Il n’a pas commis de péché» expression qui peut être vraie quant à nous, toutes les fois que nous marchons en pleine communion avec lui. Il est fort heureux que nous n’ayons pas un autre niveau à atteindre, et que nous soyons rendus capables et responsables de suivre les traces de notre modèle, tout en allant vers lui... le but.

110.     Dans quel sens faut-il comprendre le passage : «Vous n’avez pas besoin que personne vous enseigne» (1 Jean 2:27) ?

Quelques mots sur la structure du chapitre semblent nécessaires avant d’aborder la question. Depuis le verset 13, l’apôtre s’adresse à trois classes différentes de personnes, qui dans leur ensemble comprennent tous les croyants, mais qui, prises séparément, servent à faire ressortir les degrés différents que l’on rencontre chez les chrétiens, ou bien les étapes successives de la vie spirituelle à mesure qu’elle se développe.

Ces trois classes sont les «pères», les «jeunes gens» et les «petits enfants». Elles sont toutes mentionnées dans le verset 13, où nous trouvons les premiers caractères qui servent à les distinguer. Puis l’apôtre, revenant sur le sujet, répète dans la première moitié du verset 14, ce qu’il avait déjà dit au sujet des «pères», preuve que cet état n’exige aucune autre explication ; ensuite il consacre trois versets et demi (v. 14 à 17) aux «jeunes gens» pour les mettre en garde contre les séductions du monde ; tandis que les dix versets qui suivent (v. 18 à 27) sont à l’adresse des «petits enfants».

L’apôtre, en écrivant aux «jeunes gens», parle de «l’amour du Père» mais c’est dans la partie du chapitre qui est particulièrement consacrée aux «petits enfants», qu’il parle de la connaissance du Père, et qu’il signale les mauvaises doctrines qui s’opposent à cette connaissance. La connaissance du Père et l’onction du Saint Esprit forment les deux grands traits du christianisme ; les hommes de foi de l’Ancien Testament ne les possédaient pas. Aussi l’apôtre, en insistant sur la vérité, a bien soin de rappeler qu’il traitait de choses qui avaient eu leur commencement dans la personne du Seigneur Jésus manifesté ici-bas sur la terre. Ce «commencement» nouveau avait nécessairement modifié toutes les relations des croyants avec Dieu. Dès lors ils connaissaient Dieu comme Père, car Dieu s’était pleinement révélé dans la personne de son Fils (Jean 1:18). À cette révélation, il n’y a rien à ajouter ; elle était complète. Puisque le «petit enfant» présente simplement les traits qui caractérisent la vie, il s’ensuit que si l’on n’est pas encore «enfant» dans ce sens-là, on n’est pas chrétien du tout. Quelqu’un a la vie, ou bien ne l’a pas. Si on possède la vie, on a la connaissance du Père, car c’est le Père que Jésus a révélé, et nous recevons la vie en écoutant sa voix (Jean 5:24-25). Par conséquent, tout ce qui porterait atteinte à la connaissance du Père mettrait de fait en question l’existence de la vie, et cela, l’apôtre ne peut l’admettre. Il ne veut rien qui renverrait d’un jour la manifestation de la vie, rien qui aurait l’air de la rendre dans la suite plus complète, et qui par là même supposerait que lorsqu’on la reçoit il y manquerait quelque chose. Quant à la vie, il n’y a rien à ajouter que le «petit enfant» ne possède déjà. À ce point de vue, il dit : «Vous n’avez pas besoin que personne vous enseigne». Dans les choses naturelles, je n’ai pas besoin qu’on vienne me prouver que je vis ; ayant la vie, j’ai conscience de mon existence. Dans les choses spirituelles, cette conscience est fournie par le Saint Esprit, qui enseigne à l’égard de toutes choses, et en qui il n’y a aucune incertitude. Les antichrists niaient le Père et le Fils ; l’apôtre nous met en garde contre eux, non pas en nous présentant un domaine nouveau ou inconnu, mais en nous engageant à rester dans les choses que nous avons entendues dès le commencement. Notez que tout ce qui dans ce passage se rapporte à la doctrine chrétienne est dit aux «petits enfants». L’apôtre leur dit : «Vous avez l’onction de la part du Saint, et vous connaissez toutes choses. Je ne vous ai pas écrit parce que vous ne connaissez pas la vérité, mais parce que vous la connaissez et qu’aucun mensonge ne vient de la vérité» (v. 20, 21).

On comprendra donc que ce serait détourner de son vrai sens ce passage de l’Écriture, que de se fonder sur lui pour refuser l’enseignement scripturaire fourni par le Seigneur pour l’édification du corps du Christ, afin que nous croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef, le Christ (Éph. 4:8-16). Mais 1 Thess. 5:20, 21 reste toujours nécessaire, et c’est ce qui est spécialement recommandé déjà aux «petits enfants». Il n’y a aucune contradiction dans les Écritures.

111.     Quel est le sens de 1 Jean 3:20 ?

Tout le passage fait ressortir le bonheur d’avoir bonne conscience devant Dieu. Sinon il est évident qu’il y a quelque chose que nous avons besoin de confesser à Dieu ; d’autant plus que notre jugement de nous-mêmes ne peut jamais être à la hauteur de celui de Dieu. Il connaît toutes choses et par cette Parole, qui selon Hébreux 4:12 est comme une épée atteignant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, peut nous faire connaître ce qui trouble notre communion sans que nous en ayons discerné le motif. Le Ps. 139:23 nous fait entendre la prière de quelqu’un qui réalise qu’il n’est pas capable de pénétrer dans les recoins secrets de son propre coeur. Mais son désir est que Dieu le sonde, et c’est cette droiture qui est l’état convenable, recommandé par notre passage.

112.     Quel est le «péché à la mort», pour lequel la prière n’est pas enjointe ? Voyez 1 Jean 5:16 -17.

Il est question, dans tout le passage, de la confiance pratique en Dieu, confiance qui s’exerce en vue de tous nos besoins ici-bas, de tout ce que nous avons à coeur de demander à Dieu. Nous savons qu’il nous écoute toujours pour tout ce que nous demandons selon sa volonté (vers. 14). Précieux privilège ! Le chrétien ne désirerait pas même que quelque chose lui fût accordé qui fût contraire à la volonté de Dieu. Il nous accorde la grâce d’intercéder auprès de lui en amour pour les autres.

Le commencement du verset 16 montre qu’il s’agit de la mort du corps, selon les voies de Dieu dans son gouvernement envers les siens. Nous en trouvons un exemple dans 1 Corinthiens 11:30 : «C’est pour cela que plusieurs sont faibles et malades parmi vous, et qu’un assez grand nombre dorment». Il y avait des désordres sérieux dans l’assemblée ; on y méprisait la cène du Seigneur, en la traitant comme un repas ordinaire, ne pensant pas à sa mort. C’était bien «manger le pain et boire la coupe indignement». Pour réveiller la conscience des croyants, le Seigneur faisait alors intervenir la maladie, qui allait quelquefois jusqu’à la mort. Il peut en être de même quant à d’autres péchés, et celui qui prie pour les malades doit avoir du discernement pour comprendre les voies du Seigneur à leur égard.

Si un frère pèche, et que Dieu le châtie, on peut demander pour ce frère, et la vie lui sera rendue (vers. 16). Le châtiment tend vers la mort du corps (comparez Job 33 et 36, et Jacques 5:14, 15) ; nous prions pour le coupable, et il est guéri ; sinon la maladie suit son cours.

«Toute iniquité est péché, et il y a tel péché qui n’est pas à la mort» (vers. 17). «Il y a un péché à la mort» (vers. 16) : ce n’est pas ici, il me semble, un péché particulier, mais tout péché qui a un caractère tel qu’au lieu de réveiller la charité du chrétien, il éveille son indignation. Ainsi Ananias et Sapphira ont commis un péché à la mort (Actes 5). Ils avaient dit un mensonge, mais un mensonge accompagné de telles circonstances, qu’il excitait l’horreur plutôt que la compassion. Cela se comprend facilement dans d’autres cas. Comparez 1 Corinthiens 11:30-32 (Etudes sur la Parole).

113.     Quelle est la signification du verset 23 de l’épître de Jude : «les arrachant hors du feu, haïssant même le vêtement souillé par la chair» ?

Le Saint Esprit, après avoir insisté sur la nécessité de nous édifier sur notre très sainte foi, nous exhorte, dans ce passage, à user de toute diligence en faveur de ceux qui, d’une manière ou d’une autre, auraient été enlacés dans les pièges de l’Ennemi. Ce travail, toujours délicat et difficile, l’était devenu davantage à cause de l’entrée parmi les chrétiens de gens qui, ne craignant pas Dieu, tournaient sa grâce en dissolution, souillaient la chair et injuriaient les dignités. Le manque total de conscience chez ces hommes ôtait tout espoir de pouvoir leur faire honte ou de leur être de quelque secours spirituel (voyez le v. 12) ; comme les «vagues impétueuses de la mer», ils jetaient l’écume de leurs infamies et ne rougissaient pas des choses malséantes. Leur présence au milieu des chrétiens, dont ils adoptaient le nom et les allures, devait souvent rendre difficile, sinon impossible, la discipline qui convient à la maison de Dieu, discipline que les chrétiens sont pourtant tenus d’exercer (1 Cor. 5:12). Nous n’avons qu’à regarder autour de nous aujourd’hui, et partout dans la chrétienté, pour constater la justesse du tableau tracé dans cette épître de Jude. Le triste mélange dont il s’agit est sans doute l’oeuvre de Satan. Le Seigneur nous y rend attentifs dans la parabole de «l’ivraie», qui, dit-il, représente «les fils du méchant». Mais il indique la nécessité inévitable de la laisser croître au milieu du froment, le jugement final de l’ivraie devant avoir lieu à la moisson, c’est-à-dire à la consommation du siècle (Matth. 13:25, 30, 38, 39). Assurément, on ne peut nier que les mauvais principes signalés ici se développent rapidement de nos jours parmi ceux qui n’ont pas encore abandonné le nom de chrétien. Mais, en l’admettant, il faut convenir de l’importance qu’il y a, pour chacun de nous, à faire attention aux exhortations qui nous sont adressées. Puissions-nous donc non seulement «combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints», mais aussi veiller les uns sur les autres, afin de délivrer ceux qui auraient plus ou moins subi l’influence fâcheuse de la corruption !

Pour cela, il faut évidemment de l’amour et de la compassion, ainsi que du discernement spirituel, afin d’apporter à chaque cas qui se présente les soins et le remède qui lui conviennent ; mais il faut surtout une marche personnelle sainte et conforme à la vérité, un état moral qui soit le fruit de la communion avec Dieu, afin de ne pas supporter le mal, et de ne tolérer aucun contact avec lui. On ne peut donc pas admettre les prétextes de ceux qui prétendent être personnellement purs, tout en maintenant une association avec les choses mauvaises. Pour glorifier le Seigneur, il convient de se séparer de tout ce qui le déshonore. N’est-ce pas à cette séparation que le Seigneur donne son approbation dans les paroles adressées à l’assemblée de Sardes, séparation individuelle, mais collective aussi ? «Tu as quelques noms à Sardes qui n’ont pas souillé leurs vêtements» (Apocalypse 3:4). Si nous restons au milieu d’un entourage impur, il est difficile de ne pas avoir au moins les vêtements souillés. C’est là ce que nous devons haïr. «La crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal» (Proverbes 8:13). N’oublions pas l’exhortation apostolique de nous purifier de toute souillure de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu (2 Corinthiens 7:1). Mais, tout en haïssant le mal et les souillures produites par le moindre contact avec lui, nous avons à déployer du zèle, accompagné de crainte, pour en sauver au moins quelques-uns, les retirant, comme des tisons, hors du feu.

114.     Que signifie l’expression «le premier-né des morts» (Apocalypse 1:5)

En comparant ce passage avec le premier chapitre de l’épître aux Colossiens, où se trouve une expression semblable, nous en comprendrons l’idée générale ; surtout si nous nous rappelons que le terme «premier-né» se rapporte non pas au temps, mais à une relation établie avec Dieu, comme il est écrit à l’égard de David : «Je ferai de lui le premier-né, le plus élevé des rois de la terre» (Psaume 89:27). Il y a cependant une différence ; la forme de l’expression dans l’épître aux Colossiens, «premier-né d’entre les morts», arrête la pensée sur une vie de résurrection qui est actuellement manifestée dans la personne de Christ et qui caractérise sa primauté en rapport avec l’Église ; tandis que, dans le passage de l’Apocalypse, Christ est présenté en rapport avec la terre, tout ce qui exprime ses relations avec l’Église étant omis : il est «le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre».

De fait, Christ a une double primauté. Il est «premier-né de toute la création» ; il a droit sur tout, non seulement comme Fils, mais comme Créateur, car «toutes choses ont été créées par lui et pour lui ; et lui est avant toutes choses et toutes choses subsistent par lui» (Colossiens 1:16-17). Il est ensuite «premier-né d’entre les morts» : il est, comme on l’a dit : «premier-né selon la puissance de sa résurrection dans ce nouvel ordre de choses selon lequel l’homme est prédestiné à une position toute nouvelle acquise par la rédemption et dans laquelle il participe à la gloire de Dieu (autant que ce qui est créé le peut), et cela, en participant à la vie divine en Jésus Christ, le Fils de Dieu et la vie éternelle, — et, pour ce qui regarde l’Église, comme membre de son corps» (Études sur la Parole).

Pour ce qui concerne le temps, s’il faut en parler, il est écrit «qu’il fallait que le Christ fût soumis aux souffrances, et que, le premier, par la résurrection des morts, il devait annoncer la lumière et au peuple et aux nations» (Actes 26:23). Ce n’est qu’après sa résurrection que «beaucoup de corps des saints endormis ressuscitèrent», — preuve éclatante de ce que la résurrection du Seigneur doit opérer pour tous les saints (Matthieu 27:53).

115.     Que représente la «synagogue de Satan» (Apocalypse 2:9, 3, 9) ?

Cette expression est appliquée aux Juifs, ou à ceux qui se disaient être tels. Ils se trouvaient parmi les chrétiens et cherchaient à ramener la doctrine et la pratique de l’Église sur le terrain de la religion et de la tradition judaïques. Les Juifs avaient été les dépositaires des oracles de Dieu (Romains 3:1, 2). À ce point de vue, ils avaient une position unique dans le monde, et il était difficile pour eux, même s’ils mettaient de côté leurs privilèges nationaux, d’accepter que Dieu veuille agir sur la terre sans eux. C’est ce qui fit des Juifs les ennemis acharnés de l’évangile (1 Thessaloniciens 2:14-16). Une fois convertis et entrés dans l’Église, leurs anciens préjugés les poussaient toujours vers les formes extérieures qui leur étaient si chères, et ils avaient de la peine à comprendre que leur rejet de Christ avait mis fin à l’ancien ordre de choses, et que la première condition de l’accomplissement des prophéties en leur faveur était leur repentance, et la réception du Messie lors de son retour (Actes 3:19-26).

De plus, la mort de Christ ayant posé le fondement de toute bénédiction pour les hommes, les espérances des Juifs quant à la terre ont fait place à des bénédictions spirituelles. En même temps, les barrières étroites qui limitaient les privilèges à une nation favorisée sont renversées. Les épîtres aux Hébreux et aux Éphésiens expliquent ces choses en détail.

Il y a cependant dans le coeur de l’homme une tendance très prononcée vers une religion qui fait appel aux sens et aux sentiments naturels, et les efforts des Juifs convertis, qui avaient été habitués à ces choses dans le service du temple à Jérusalem, trouvaient de l’écho dans bien des coeurs, comme on le voit dans l’épître aux Galates. Le Seigneur envisage cela comme une oeuvre de Satan, et ceux qui agissaient dans ce sens, il les appelle «la synagogue de Satan».

116.     Que représentent les «quatre animaux», mentionnés dans l’Apocalypse, chap. 4:6-8, etc. ?

La description donnée de ces «êtres vivants», — car telle est la signification du nom qui leur est donné, — rappelle ce qui est dit des «chérubins» par le prophète Ézéchiel ; voyez le chapitre 10. Dans le premier chapitre d’Ézéchiel, ils sont appelés «animaux» ou «êtres vivants». Le terme «chérubins» n’est pas employé dans l’Apocalypse. L’apparence des animaux dans les deux passages est la même, sauf que dans l’Apocalypse ils ont «six ailes», comme les séraphins que vit le prophète Ésaïe (chapitre 6). Un autre détail, qui n’est pas sans importance, est qu’en Ézéchiel il n’est pas dit que les chérubins parlent, tandis que dans l’Apocalypse les êtres vivants, de même que les séraphins, ne cessent de proclamer : «Saint, saint, saint» à la gloire du Dieu Tout-puissant ; puis, les animaux sont aussi au milieu du trône ; ils y prennent une part active dans les louanges adressées à l’Agneau, et dirigent le culte des «anciens».

De ce qui précède, nous pouvons donc conclure que ces «animaux» répondent aux deux descriptions données par Ésaïe et par Ézéchiel, sans oublier que leur service prend une extension due à la pleine révélation de Dieu dans la personne de son bien-aimé Fils.

Les «chérubins», partout dans l’Écriture, sont les agents de l’administration du pouvoir du trône, où brille la grâce en même temps que le jugement. Les «séraphins» sont les gardiens de la gloire personnelle de Dieu lorsqu’il condescend à paraître dans son temple, au milieu de son peuple, afin d’agir sur la conscience de ceux qui sont les témoins de cette gloire.

Les «animaux» de l’Apocalypse, réunissant ces deux caractères, se placent avec les rachetés glorifiés qui sont devant Dieu et devant l’Agneau, pour attester leur droit à leur place dans cette gloire en accord avec les pensées et les intentions de Dieu, et selon la pleine connaissance de la valeur de l’oeuvre de Christ, connaissance fournie par le Saint Esprit à ceux qui sont rachetés par cette oeuvre.

117.     Pourquoi le cantique est-il appelé «nouveau» (Apocalypse 5:9) ?

Le mot «nouveau» fait penser au Psaume 40, qui traite de la résurrection de Christ, comme devant suivre son «sacrifice», c’est-à-dire sa mort. Le cantique nouveau suit la délivrance «hors du puits de la destruction». Les résultats pour tous les croyants sont illimités. Aussi le cantique de l’Apocalypse est-il le premier dans toutes les Écritures qui célèbre le sang, — le sang de l’Agneau. C’est devant Lui que les anciens le chantent.

118.     Pourquoi est-il dit : «Tu les a faits rois» (Apocalypse 5:10) ? Est-ce que l’assemblée se trouve comprise dans le groupe de croyants dont il s’agit ; ou bien aura-t-elle une place à part ?

L’assemblée aura toujours une place qui lui est propre. Le Seigneur se la présentera sans tache (Éphésiens 5:27). Toutefois elle participera avec tous les saints de l’Ancien Testament à la gloire du royaume, en ce qu’elle régnera avec le Christ. C’est la moindre de ses gloires, mais c’est celle que le monde verra et comprendra peut-être le plus facilement. Jésus en parle, en s’adressant à l’église de Laodicée ; et le fait est signalé au chap. 21 de l’Apocalypse, verset 24. «Les nations marcheront par sa lumière, et les rois de la terre lui apporteront leur gloire». Puis, au chapitre 19, c’est bien au moment où il «entre dans son règne» que les noces de l’Agneau sont célébrées dans le ciel. Cela n’empêche pas que sa gloire la plus grande, la plus précieuse, est celle qui ne sera pas déployée devant le monde, mais qui comprend les relations intimes, indicibles, qui existeront toujours entre le Seigneur et son épouse.

119.     Que représentent «les âmes sous l’autel», dont il est parlé en Apocalypse 6:9 ? Font-elles partie de l’Église ?

Avant de considérer les détails de ce livre merveilleux de l’Apocalypse, il convient de rappeler que son but principal est de mettre en évidence la consommation des voies de Dieu en rapport avec la terre, et la prise de possession de celle-ci par le Seigneur, qui y fut rejeté, en accomplissement de la promesse que nous trouvons dans le psaume 2 : «Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre». À cet «héritage» se rapporte le «livre» dans la droite de «celui qui était assis sur le trône» (chapitre 5:1), livre que nul n’est trouvé digne d’ouvrir, si ce n’est l’Agneau.

L’Apocalypse fait constamment allusion aux prophéties antérieures contenues dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, ce qui est particulièrement le cas dans les trois ou quatre derniers chapitres. L’autorité de Dieu doit être définitivement reconnue sur toute la terre, et le nom qui indique cette autorité est «le Très-Haut» que Melchisédec fit connaître à Abraham. Il est «possesseur des cieux et de la terre». La possession des cieux n’a pu lui être contestée (Psaume 115:16), mais, sur la terre, les hommes se sont rebellés contre lui et ont rejeté le Christ à qui tout pouvoir est confié. Mais le moment vient où l’on connaîtra que celui «dont le nom est l’Éternel» est aussi «le Très-Haut sur toute la terre» (Psaume 83:18).

Quand le Seigneur Jésus accomplira le premier acte de son retour, en prenant à lui les saints endormis ou vivants alors ici-bas, il ne viendra pas jusqu’à la terre. Au contraire, nous irons à sa rencontre «en l’air» (1 Thessaloniciens 4:13 -17). L’enlèvement des saints n’est pas mentionné dans l’Apocalypse ; mais depuis le chapitre 4, ceux qui auront été les objets de cette manifestation de la puissance du Seigneur se trouvent déjà dans le ciel, représentés par les vingt-quatre anciens assis sur des trônes autour du trône de Dieu et de l’Agneau. Le tableau historique du chapitre 12 comprend sans doute cet enlèvement des saints, considérés comme faisant partie de Celui qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer (comparez chapitre 2:26, 27). Puis, dans le chapitre 19, avant que le Seigneur ne sorte pour exécuter le jugement sur les rois de la terre qui lui sont opposés, on voit l’Église comme la femme de l’Agneau «préparée», afin d’être manifestée comme telle, lorsque le Seigneur sera manifesté en gloire (Colossiens 3:4).

Entre ces deux actes, l’enlèvement des saints, et la sortie du «Rois des rois» suivi par les armées célestes, plusieurs choses vont avoir leur accomplissement. La terre, privée de l’intercession des croyants (1 Timothée 2:1, 2), sera livrée à elle-même, ou plutôt au méchant, et l’iniquité prendra son développement complet dans la personne de l’homme de péché, ou l’Antichrist, et sous la direction personnelle de Satan (2 Thessaloniciens 1:2 ; Apocalypse 12:12 ; 13 ; 16:13-16). Mais pendant ce temps aussi, l’Esprit de Dieu travaillera pour sauver une foule innombrable de personnes (Apoc. 7:9-10). Avant le développement du pouvoir de l’Antichrist, il y aura des persécutions dont seront victimes ceux dont on voit les âmes «sous l’autel» appelant la vengeance (chap. 6:9-11). Ceux-ci ne font pas partie de l’Église qui est déjà complète, mais ils auront part à la gloire du règne du Seigneur, ainsi que ceux qui seront mis à mort plus tard, lorsque le chef de l’Occident (la bête) et l’Antichrist exerceront leur pouvoir. Ces deux compagnies de saints sont mentionnées au chapitre 20, vers. 4-6.

120.     Dans Matth. 20:16, il est dit : «Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus» ; puis encore (chap. 7:14) : «Etroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent». Comment peut-on concilier ces passages avec les v. 9 -17 du ch. 7 de l’Apocalypse, qui parlent d’une «grande .foule que personne ne pouvait dénombrer, de toute nation et tribus et peuples et langues», vêtus de longues robes «blanchies dans le sang de l’Agneau» ?

Les deux premiers passages se rapportent à l’opération de la grâce de Dieu dans ce monde pendant le temps qui est appelé «le jour du salut», où Dieu est patient envers tous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance (2 Pierre 3:9, 15). Ils nous montrent la manière dont les hommes accueillent le message de la grâce : le coeur naturel aime le monde et ne l’abandonne pas volontiers pour se tourner vers Dieu. Comme disait le Seigneur aux Juifs, on ne veut pas «aller à lui pour avoir la vie» (Jean 5:40). On trouve que la porte est étroite — elle l’est en effet. À cause de cela, on préfère un chemin large où l’on peut faire sa propre volonté et gaspiller son temps, malgré les avertissements de l’évangile qui disent que le chemin spacieux mène à la perdition. Même lorsque quelqu’un est appelé à la dernière heure et, contraint d’entrer au service d’un maître bon et débonnaire, qu’il n’avait pas connu jusqu’alors, ceux qui s’attachent à la justice selon l’homme trouvent à redire contre la grâce. Ils ne jouissent pas de cet amour libre et parfait qui nous bénit, non parce que nous avons mérité quoi que ce soit, mais parce que Dieu est amour, et qu’il agit vis-à-vis de nous selon ce qu’il est.

C’est là, en effet, ce qui explique le troisième passage. Il se rapporte à un temps tout différent. Il est question du moment où la terre sera abandonnée au méchant, le temps de «la grande tribulation», comme le vers. 14 le dit clairement (comparez Matth. 24:21). Ce sera après l’enlèvement de l’Église, quand le témoignage qui est actuellement rendu dans le monde sera terminé. À la veille des terribles jugements qui seront exécutés sur la terre, Dieu agira d’une manière extraordinaire pour retirer encore un grand nombre d’âmes de la destruction générale et de la puissance de Satan. Celles-ci ne feront pas partie de l’Église, l’épouse de Christ, mais elles jouiront néanmoins du bonheur qui leur est préparé, étant des «bienheureux» qui seront conviés au banquet des noces de l’Agneau (Apoc. 19:9). Qu’elle est merveilleuse la grâce qui se déploie ainsi dans un temps aussi sombre !

Rappelons aussi que le passage de Matthieu parle de l’état des choses dont chacun peut se rendre compte et qui existent autour de nous dans ce monde, tandis que les versets de l’Apocalypse présentent un résultat final. Le temps de la grâce, le jour actuel du salut dure depuis longtemps ; mais à chaque endroit, comme à chaque époque, le troupeau est toujours «le petit troupeau». Toutefois, si on voyait l’ensemble, la réunion de tous ceux qui ont été sauvés depuis le jour de la Pentecôte, n’y aurait-il pas une grande foule aussi ? Et combien seront trouvés que Dieu seul connaît ? Il n’en reste pas moins vrai que la porte est étroite et qu’à quelque époque que ce soit, il faut l’énergie qui vient de Dieu pour se décider à y entrer.

121.     Qui sont les morts appelés «bienheureux», dans le chapitre 14 de l’Apocalypse, verset 13 ?

L’époque à laquelle s’applique le passage est déterminée par les versets précédents. C’est celle de la terrible persécution qui aura lieu pendant le court espace de temps où l’Antichrist se présentera comme le chef des Juifs, et où les nations de l’Occident consentiront à se soumettre au pourvoir de la bête (Apocalypse 17:13). La «bête» est le nom prophétique donné à la puissance dominante de l’empire romain ressuscité, dans la dernière phase de son existence. L’Antichrist est sans doute celui dont parlait le Seigneur à la fin du chapitre 5 de l’évangile de Jean : «Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez». Ces deux puissances, pour des raisons politiques, agiront de concert dans l’intention de supprimer tout ce qui, de près ou de loin, touche à la piété ou reconnaît l’autorité de Dieu. Dans ces jours-là, personne ne pourra ni acheter ni vendre sans avoir reçu, sur la main droite ou sur le front, la marque ou le nom de la bête. Et si l’on se refuse à adorer son image, la seule alternative sera la mort. Le Seigneur, en prédisant ce temps terrible à venir, l’appelle la «grande tribulation», et il dit : «Si ces jours-là n’eussent été abrégés, nulle chair n’eût été sauvée ; mais, à cause des élus, ces jours-là seront abrégés» (Matthieu 24:22). Cette promesse fournit quelque consolation, et la voix venant du ciel, disant : «Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur, dorénavant», ajoute un autre témoignage quant à la fidélité du Seigneur envers ceux qui demeureront fidèles pendant ce temps de tribulation sans précédent. Ils sont les compagnons de ceux dont il est écrit qu’ils ont vaincu Satan «à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage ; et ils n’ont pas aimé leur vie, même jusqu’à la mort» (Apocalypse 12:11). Le Seigneur ne les oubliera pas : «Bienheureux» sont-ils déjà, dans le repos, et «leurs oeuvres les suivent».

Dans le chapitre 20 de l’Apocalypse, parmi ceux qui auront part à la première résurrection, trois classes sont clairement distinguées. On y voit premièrement ceux qui sont déjà assis sur des trônes, c’est-à-dire tous ceux qui auront été ressuscités avant ces terribles temps de la fin ; puis ceux qui auront été victimes de la première persécution qui suivra pendant un temps qui n’est pas déterminé (Apocalypse 6:9, 10), ensuite les derniers qui périront pendant la grande tribulation, dont la durée est de «quarante-deux mois» (Apocalypse 13:5, 12).

122.     Que signifie «la première résurrection» (Apocalypse 20:5, 6) ?

L’idée d’une résurrection générale à la fois des justes et des injustes, très répandue même avant le christianisme, n’est pas scripturaire. On voit, d’après la réponse que fit Marthe, la soeur de l.azare, à Jésus, qu’elle partageait cette pensée avec la plupart des Juifs de son temps : Je sais que mon frère ressuscitera en la résurrection au dernier jour (Jean 11:24). Elle ne saisissait pas que Jésus, étant lui-même «la résurrection et la vie», exerçait sur les corps des morts et des vivants une autorité directe en rapport avec cette vérité qu’il annonçait. De même, en Marc 9:10, les disciples, bien qu’en Juifs orthodoxes, ils ne doutent pas de la résurrection des morts d’une manière générale, ne comprennent absolument rien à l’expression qu’emploie le Seigneur : «la résurrection d’entre les morts» ; car cela implique que quelques-uns ressuscitent, laissant d’autres dormir encore dans le sépulcre. Et quoique le Seigneur eût, dans sa doctrine, clairement distingué entre «la résurrection de vie» pour les justes et «la résurrection de jugement» pour les injustes (Luc 20:35, 36 ; Jean 5:29, etc.), ce ne fut qu’après sa propre résurrection que les disciples, enseignés par le Saint Esprit, saisirent la portée de la résurrection du Christ relativement à ceux qui lui appartiennent par la foi en son sang.

Qu’il doive y avoir «une résurrection des morts» c’est une doctrine fondamentale, qui a été ainsi considérée par les fidèles de tous les âges : voyez Job 19:25-27 ; Hébreux 6:2, et la réponse du Seigneur en Marc 12:26. Mais la résurrection d’entre les morts n’est enseignée que dans le Nouveau Testament, par le Seigneur et par ses apôtres. Par sa propre résurrection, après avoir été soumis aux souffrances, Christ a le premier annoncé la lumière aux Juifs et aux nations, et il a été l’exemple de ce qui est réservé à tous ceux qui croient en lui. En effet, il va donner suite à sa parole quant aux siens : «Je le ressusciterai au dernier jour» (Jean 6:39:40 ; Actes 26:23 ; 2 Corinthiens 4:14 ; 1 Thessaloniciens 4:14). C’est à l’apôtre Paul que le Seigneur a accordé la grâce de développer la doctrine pour ce qui concerne les croyants.

Pour ceux-ci, il y a une résurrection d’entre les morts, appelée aussi «résurrection de vie» ou «première résurrection». Les prémices de cette résurrection, c’est Christ ; ensuite suivront ceux qui sont à lui «à sa venue» (1 Corinthiens 15:20-23). Le passage cité de l’Apocalypse, chap. 20:4-6, nous fait assister au dernier acte de cette «première résurrection». Bienheureux et saints, en effet, sont ceux qui y ont part ! Le reste des morts ne revivra qu’à la conclusion du règne du Messie, qui durera mille ans. Alors aura lieu la seconde résurrection, celle des «morts», et leur jugement. Ceux qui s’y trouveront n’auront que «la seconde mort» pour leur portion terrible et éternelle (Apocalypse 20:11-15).

123.     La première résurrection sera-t-elle accomplie lorsque notre Seigneur Jésus Christ viendra pour juger les vivants et les morts ?

En examinant attentivement les Écritures, on s’aperçoit que la «première résurrection» est une expression caractéristique, plutôt que simplement historique. Il est évident qu’elle précède la seconde résurrection, qui est celle des «injustes» (Actes 24:15), ou, selon Jean 5:29, la «résurrection de jugement» ; mais on ne saurait la limiter à une époque fixe, du moins d’après notre manière de compter le temps, si ce n’est en disant, d’une manière générale, qu’elle sera accomplie avant le règne millénial de Christ. Voilà ce qui est clair, d’après le chapitre 20 de l’Apocalypse. Nous tenons à répéter, à cette occasion, que la première résurrection est «une résurrection d’entre les morts», c’est-à-dire une résurrection de quelques-uns seulement («les croyants»), tandis que les autres («les méchants») demeurent encore dans leurs sépulcres. C’est l’une des doctrines distinctives du christianisme ; elle donna lieu aux raisonnements des disciples lorsque le Seigneur en parla pour la première fois, en descendant de la montagne de la transfiguration (Marc 9:10). Ils ne comprenaient pas alors «ce que c’était que de ressusciter d’entre les morts». Le Seigneur Jésus est lui-même «les prémices» de cette résurrection (1 Corinthiens 15:20) ; ainsi donc tous ceux qui sont à lui seront rendus vivants. Il est ajouté : «mais chacun dans son propre rang : les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ à sa venue». L’expression «sa venue» est vague et générale ; l’apôtre n’entre pas ici dans les détails qui nous sont donnés dans le chap. 4 de la première épître aux Thessaloniciens. De fait, le commencement du chap. 20 de l’Apocalypse et d’autres passages nous montrent qu’il y aura plus d’une classe de personnes qui seront comprises dans la «première résurrection» (*). Il y aura les saints de l’Ancien Testament, tels qu’Abraham, Isaac et Jacob (Matthieu 8:11 ; 22:31-32) ; il y aura les croyants qui sont de l’économie actuelle et qui forment «l’Église» (Éphésiens 5:27 ; Philippiens 3:20, 21 ; Colossiens 3:3-4, etc.) ; mais il y aura aussi ceux dont les âmes sont vues «sous l’autel», lorsque l’Agneau «ouvrit le cinquième sceau», et auxquels il est dit qu’ils devaient se reposer «encore un peu de temps, jusqu’à ce que, et leurs compagnons d’esclavage et leurs frères, qui devaient être mis à mort comme eux, fussent au complet» (Apocalypse 6:9-11) ; puis, enfin, il y aura les «frères» de ceux-ci, ceux qui seront mis à mort pendant le règne de «la bête» et de l’Antichrist, et qui n’avaient pas rendu hommage à la bête ni à son image (Apoc. 13:15). Ces deux dernières classes sont indiquées dans Apocalypse 20:4, après qu’il a été question de ceux qui sont déjà «assis sur des trônes», et qui sont sans doute représentés d’une manière générale par les «anciens» du chapitre 4. Mais en lisant les Écritures, on ne peut qu’être frappé par le fait que l’Esprit de Dieu évite de faire un système de prophétie en présentant ensemble, dans un seul et même tableau, les divers actes de l’avènement du Seigneur. Assurément donc, notre sagesse est de ne pas nous aventurer au delà de ce qui est écrit ; de ne pas préciser là où les Écritures ne précisent pas. Car aucun passage de la sainte parole de Dieu ne donne lieu de croire que les différentes classes sus-nommées seront ressuscitées en même temps ; au contraire, les deux dernières classes ne le seront, certainement, que lorsque les précédentes seront déjà «assises sur des trônes».

(*) Voir question 121.

L’expression «juge des vivants et des morts», dans 1 Pierre 4:5, a évidemment une portée morale ; elle arrête la pensée sur Celui qui est prêt à juger et sur le caractère de son jugement, et non pas sur une époque déterminée à laquelle ce jugement doit avoir lieu. Il en est de même en 2 Timothée 4:1. Mais, dans tous les cas, rien n’indique que le jugement «des vivants» et celui «des morts» auraient lieu en même temps. Matthieu 25:31-46, nous fait assister au premier, «quand le Fils de l’homme viendra», et Apocalypse 20:11-15, décrit quel sera le dernier, devant le grand trône blanc, alors que la terre et le ciel s’enfuient de devant la face de Celui qui est assis sur le trône, et qu’il n’est pas trouvé de lieu pour eux. Tout le règne millénial de Christ aura son cours entre ces deux jugements.

124.     À quel moment s’applique le tableau de l’Église présenté dans le chapitre 21 de ce livre de l’Apocalypse ? L’Église étant céleste, doit-elle s’attendre à venir sur la terre renouvelée ? Et dans quelles conditions les rois de la terre peuvent-ils lui «apporter leur gloire» (v. 26) ?

Lorsqu’enfin tout sera mûr pour le jugement, le Seigneur sortira pour tirer vengeance de la «bête» et du «faux prophète», ainsi que de tous ceux qui les suivent (chapitre 19). Puis Satan sera lié et emprisonné dans l’abîme, et Christ régnera mille ans (chapitre 20:1-6). L’Église sera manifestée en gloire, non pas sur la terre, mais au-dessus de la terre, «descendant du ciel» dont elle fait partie et deviendra ainsi la lumière de la cité terrestre, Jérusalem, centre du gouvernement sur la terre.

La description de l’Église glorieuse pendant le règne millénaire du Christ se trouve dans le chapitre 21, depuis le verset 9. Elle rappelle la première idée de l’Église donnée par le Seigneur dans Matthieu 16, suivant les indications contenues dans 1 Chroniques 17:11-14. C’est le Fils qui bâtit la maison pour le Père, maison qu’il appelle «mon assemblée». Comparez 1 Corinthiens 3:9-11 ; Éphésiens 2:19-22 ; 1 Pierre 2:5. La gloire de l’Agneau dont la présence illumine l’Église, devient par cet intermédiaire la lumière des nations (Apoc. 21:24). Il n’est pas dit que les nations verront le Seigneur personnellement pendant la durée de son règne. Sa gloire sera connue par le moyen de l’Église, l’habitation de Dieu et de l’Agneau, qui en sont le temple.

C’est là que les nations doivent «apporter leur gloire». À présent tout ce qui se fait dans ce sens (et certes ce n’est que très peu), se fait spirituellement et par la foi, là où Dieu est reconnu. Mais la pensée des hommes est plutôt de se passer de Dieu. Alors les choses seront changées ; quand l’autorité du Seigneur se fera sentir, la foi se mêlera avec la vue, et toutes les nations de la terre seront obligées de reconnaître que le Seigneur règne entouré de ses saints glorifiés. Voyez aussi Jean 17:22-23 ; 2 Thess. 1:10.

Après le règne millénaire de Christ suivra l’état éternel, dont nous avons une description très brève dans le chapitre 21, versets 1 à 8. Il est remarquable que la position relative de l’Église est décrite dans les mêmes termes que dans le verset 10, qui s’applique au millénium, c’est-à-dire, «descendant du ciel d’auprès de Dieu». Il n’est pas dit qu’elle vienne jusqu’à la nouvelle terre, tout en étant en rapport avec la terre et étant «avec les hommes». Elle est toujours «l’habitation de Dieu» (voyez Éphésiens 2:22). La condition actuelle des choses que nous connaissons sera alors complètement changée, le ciel et la terre étant renouvelés : la justice y habitera ; et il n’y aura plus de mer. Puissions-nous, en attendant ces choses, être trouvés sans tache et irréprochables devant le Seigneur (2 Pierre 3:13-14).

125.     Que faut-il entendre par la «maison de l’Éternel», à Silo, le temple n’étant pas encore bâti ? Et comment a-t-elle été remplacée dans la suite ?

Les mots «maison» ou «temple» sont quelquefois employés dans un sens spirituel pour indiquer le lieu où était l’autel sur lequel on offrait des sacrifices à Dieu, et où Dieu «habitait» au milieu de son peuple (voyez Exode 15:2, 13). Puis, au chap. 25, vers. 8, nous trouvons que Dieu, en donnant à Moïse les directions nécessaires pour construire le tabernacle, dit que les Israélites devaient lui apporter des offrandes dans ce but, ajoutant : «Ils feront pour moi un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux».

L’expression «maison de l’Éternel» est adaptée à un tel sanctuaire, qu’il eût la forme d’une tente, ou bien d’une maison bâtie de pierres de taille. Voyez Deutéronome 23:18 ; Josué 6:24 ; 9:23 ; Juges 18:31 ; 19:18 ; 1 Samuel 1:7, etc.

Il n’y avait pas de «temple», proprement dit, avant celui qui fut bâti par Salomon (voyez 2 Samuel 7:6 ; 1 Rois 3:2). Jusque là, le tabernacle construit par les fils d’Israël, sous la direction de Moïse, avait servi ; et c’est au tabernacle sans doute que fait allusion dans le Psaume 90, verset 17, l’expression : «l’oeuvre de nos mains».

Arrivés au pays de Canaan, il semblerait que les Israélites dressèrent le tabernacle d’abord à Guilgal, où était «le camp» (Josué 4:19 ; 9:6 ; 10:15, 43) ; ensuite, à Silo (Josué 18:1 ; 19:51). Nous l’y retrouvons au commencement de Samuel (chap. 1:3, 9, 24), où les deux termes «temple de l’Éternel» et «maison de l’Éternel» sont employés pour le désigner, ainsi qu’au chap. 3:3, 15. Y avait-il alors quelque annexe, ou bâtiment accessoire ? Les passages, chap. 3:3, et 4:18, pourraient le faire supposer. Dans tous les cas, sa valeur et son importance furent perdues, du moment que l’arche en fut ôtée, pour n’être plus jamais replacée en son lieu. Samuel sacrifiait ailleurs, comme à Mitspa, à Rama et à Guilgal (7:9, 17 ; 9:12 ; 10:8 ; 11:15).

Lorsque David fut persécuté par le roi Saül, il s’enfuit auprès du sacrificateur, à Nob (1 Samuel 21:1). Le récit laisse entendre que le tabernacle était là, et que le service s’y faisait, au moins en partie. Mais après le massacre des sacrificateurs, il ne restait qu’Abiathar, qui «s’enfuit après David», en emportant l’éphod, dernier signe de l’intervention de Dieu en faveur de son peuple par le moyen de la sacrificature (1 Samuel 22:20 ; 23:6, 9).

Plus tard, quand David fut établi roi sur tout Israël, le tabernacle se trouvait «au haut lieu qui était à Gabaon» (1 Chroniques 16:39 ; 21:29). L’autel de l’holocauste y était aussi. David fit monter l’arche de Dieu de Kiriath-Jéarim, où elle avait été longtemps gardée, et la mit dans une tente préparée pour elle sur la montagne de Sion ; car il y avait construit son palais (1 Chron. 11:5 ; 15:1). Il maintenait des services aux deux endroits, à Sion et à Gabaon (1 Chron. 16:6, 39, 40).

Lorsque Salomon bâtit le temple sur le mont Morija — à environ 800 mètres de distance de Sion — il y plaça l’arche, ainsi que les saints ustensiles du tabernacle, tirés de Gabaon. L’ancien autel fut remplacé pour le service par le nouvel autel fait par Salomon (2 Chron. 1:5 ; 3:1 ; 4:1 ; 5:5).

À la suite des infidélités du peuple et de son refus d’écouter les avertissements maintes fois répétés par les prophètes, le magnifique temple de Salomon fut livré aux flammes, et les ustensiles et les trésors transportés à Babylone (2 Chron. 36:18, 19). Quel terrible jugement à cause de sa désobéissance, et qui a toute sa valeur pour nous aujourd’hui !

Après les soixante-dix ans de captivité, un résidu du peuple, encouragé par le roi Cyrus, vint rebâtir le temple au milieu de beaucoup de difficultés occasionnées par la jalousie des peuples environnants ; il était construit sur son ancien emplacement à Morija. Ce temple, le deuxième, fut agrandi par le roi Hérode, surtout en y ajoutant tout alentour plusieurs cours et bâtiments. C’est dans ce temple que le Seigneur Jésus est souvent entré, accomplissant ainsi partiellement la prophétie de Aggée 2:9 : «La dernière gloire de cette maison sera plus grande que la première».

Ce temple fut brûlé par les Romains quarante ans après la mort et la résurrection du Seigneur.

Il est probable que le peuple juif rentré dans son pays en bâtira un autre, où l’Antichrist fera son oeuvre funeste, et qu’il sera détruit lors du cataclysme qui fendra la montagne des Oliviers, au retour du Seigneur Jésus sur cette terre (Zacharie 14:4). Car il reviendra à l’endroit même d’où les disciples l’ont vu monter au ciel (Actes 1:9-12). En même temps, le nouveau temple, décrit par Ézéchiel, se trouvera bâti sur la «haute montagne» qui s’élèvera au nord de la nouvelle cité de Jérusalem (Ézéchiel 40:1, 2 ; Michée 4:1, 2). Comparez aussi le Psaume 48:1-3.

Il est très remarquable de voir comme toutes ces diverses prophéties s’accordent pour établir non seulement les positions relatives du nouveau temple et de la ville future, mais aussi les changements extraordinaires qui vont avoir lieu. Par ailleurs, il y a certainement dans ces choses un enseignement spirituel pour nous quant à l’importance de la demeure de Dieu, comme centre de rassemblement pour son peuple, et aussi pour tous les habitants de la terre. Nous le voyons à la fin du Psaume 47, qui précède celui où est indiqué le nouvel emplacement de Sion.

126.     Quelle est la signification morale du «miel» dans les saintes Écritures ?

Le miel est une nourriture utile et saine, qui doit cependant être prise avec modération. Sa douceur suggère naturellement la satisfaction que l’on éprouve à l’égard de choses bonnes, mais qui devient un piège pour l’âme au moment où elle commence à alimenter l’orgueil et l’égoïsme (Proverbes 25:16 ; 24:13, 14). Le miel était défendu dans les sacrifices offerts à Dieu (Lévitique 2:11) : Dieu n’accepte pas ce qui provient du coeur de l’homme, toujours rusé et orgueilleux.

La parole de Dieu est souvent comparée au miel (Psaumes 19:10 ; 119:103 ; Ézéchiel 3:3 ; etc.) ; mais il faut faire attention de la laisser agir sur la conscience, afin qu’elle ne devienne pas un moyen de nous flatter, en pensant qu’éclairés par elle nous connaissons ce que d’autres ne savent pas.

Aussi longtemps que nous trouvons notre joie dans sa parole parce qu’elle est de Dieu, et à cause de la douceur que l’âme y trouve, la conscience étant exercée devant Dieu, l’on est gardé de l’égoïsme, et l’on peut sympathiser avec le prophète qui en «mangeait». En même temps il dut en éprouver la conséquence dans un monde pécheur qui ne veut pas de Dieu ni de sa parole (Jérémie 15:15, 16 ; 20:9). Comparez Ésaïe 7:15, et le cas de Jonathan (1 Samuel 14:29). Samson trouva du miel dans le cadavre du lion, et son énigme montre comment Dieu fait tourner toute la force de l’ennemi en un moyen de rafraîchir l’âme de celui qui se confie en Lui. L’excellence de la parole de Dieu pour le croyant est comme une nourriture solide adoucie par le miel (Psaume 81:13, 16, Exode 16:31).

127.     Quel est le sens du mot «chair» dans le Nouveau Testament ?

Dans le Nouveau Testament, le mot «chair» a deux significations différentes.

1° Au sens physique, il veut dire le corps, la partie matérielle de l’homme ou des animaux. Voici quelques passages où ce mot a cette acception : Philippiens 1:24, 22. «Il est plus nécessaire à cause de vous que je demeure dans la chair... Si je dois vivre dans la chair, il en vaut bien la peine». ; 1 Corinthiens 15:39 : «Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est celle des hommes, autre la chair des bêtes». Il faut rattacher à cette signification les passages où il est question de la condition d’humanité, de l’homme dans son corps sur la terre. Par exemple : Romains 9:3 : «Mes parents selon la chair» ; et encore Rom. 1:3 : Jésus Christ «né de la semence de David, selon la chair», et il est parlé des jours de la chair de Christ (Hébreux 5:7).

2° Au sens moral, la «chair» désigne la volonté et les pensées corrompues de l’homme naturel, de l’homme tel qu’il est devenu par le péché d’Adam. C’est donc le principe du mal qui existe dans tous les hommes descendus d’Adam pécheur, et qui est la source de tout péché, — principe qui, évidemment, n’existait pas dans l’humanité parfaite de notre Seigneur Jésus Christ.

C’est dans ce sens qu’il faut prendre le mot «chair» dans les passages suivants : Romains 7:18 : «Je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien». ; Galates 5:19 : «Les oeuvres de la chair sont manifestes» ; Galates 6:8 : «Celui qui sème pour sa propre chair moissonnera de la chair la corruption».

Voyez aussi Romains 8:6-8.

C’est encore ainsi qu’il faut l’entendre dans le passage (Romains 8:9) où il est question de ceux qui sont nés de nouveau : «Vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous ;» c’est-à-dire, vous n’êtes plus dans cette condition où le mobile qui vous faisait agir était les désirs de votre méchant coeur naturel. Le croyant a un autre mobile, savoir le Saint Esprit de Dieu. Pour lui, la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, l’a affranchi de la loi du péché et de la mort (Rom. 8:2) ; aussi est-il écrit : «Ainsi donc, frères, nous sommes débiteurs, non pas à la chair, pour vivre selon la chair ; car si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez» (Rom. 8:12, 13).

128.     Y a-t-il une différence entre un pécheur et un pécheur perdu ?

Tous les pécheurs sont des pécheurs perdus. C’est ainsi que l’Écriture les présente. La question porte donc sur le sens du mot «perdu», ainsi appliqué. Or, au point de vue de Dieu, tous les pécheurs sont perdus pour lui. Il en a été ainsi d’Adam, lorsqu’il désobéit à Dieu et fut par conséquent chassé du jardin d’Eden. Le Seigneur présente cette pensée dans le chapitre 15 de Luc. C’est lui qui sent la perte de la brebis. Dans la seconde parabole, c’est la femme qui avait perdu la pièce de monnaie. Dans la troisième, c’est le père qui dit de son fils : «Il était perdu, et il est retrouvé». Dieu sent la perte de la créature qu’il avait faite à sa ressemblance. Il veut l’atteindre, la recouvrer ; et Jésus est venu «chercher et sauver ce qui était perdu» (Luc 19:10). Il s’est donné cette tâche, car personne d’autre n’aurait pu l’accomplir. Il a dû aller à la croix pour trouver le pécheur et l’amener à Dieu en justice. Considérons bien la grandeur de l’oeuvre qu’il a accomplie, le prix indicible qu’il a dû payer pour notre rachat, et l’amour ineffable dont nous sommes les objets. Car il ne pouvait nous amener à Dieu en justice, sans effacer les péchés par un sacrifice qui seul répondît aux exigences de la justice divine. Dieu ne peut voir le péché, mais il a voulu, dans sa grâce, ramener sa créature pécheresse qui s’était éloignée de lui. Quel bonheur pour nous de le savoir !

Mais il y a aussi un autre point de vue : le nôtre. Ainsi envisagé, nous comprenons par le mot «perdu» deux choses. On peut y voir d’abord l’effet produit par la présence du Dieu saint sur un coeur pécheur, lorsqu’il se trouve dans cette présence. Cela suppose nécessairement une conscience exercée telle que nous la trouvons chez le prophète lorsque le Seigneur lui fit voir son trône, dont la gloire remplissait le temple. «Malheur à moi !» dit-il «car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées» (Ésaïe 6:5). Avons-nous tous été dans cette sainte présence, pour éprouver, comme on ne peut le faire ailleurs, ce que nous sommes aux yeux de Dieu, impropres pour subsister devant lui ? Voilà qui explique la frayeur de Jacob à Béthel (Genèse 28). Pierre déclare, lorsqu’il se jette aux genoux de Jésus, et malgré son désir de rester près de lui : «Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur» (Luc 5:8).

Ensuite, par le mot «perdu», nous exprimons l’impossibilité où nous sommes de revenir de notre égarement naturel, malgré l’amour du Sauveur venu à notre recherche. Ce côté de la vérité se voit aussi dans la première parabole du chapitre 15 de Luc. Une brebis errante est une figure bien propre à nous le faire saisir. On dit que c’est le seul animal domestique qui ne sache pas retrouver le chemin de la maison. Elle s’attachera à suivre une autre brebis, quand même ce serait sur le chemin de la boucherie ; une fois égarée, elle a peur de tout, elle ne sait plus reconnaître la voix du berger, elle ne cherche pas la main tendue pour la secourir. Quelle image de l’humanité déchue, propre à faire comprendre son état déplorable ! Lorsque le Créateur était ici-bas, l’homme avec toute son intelligence n’a pas su le reconnaître. Puis, au lieu de recevoir la grâce qui lui était offerte librement, il a méprisé le Sauveur. Jésus a dû rendre ce témoignage : «Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie». Plus tard, en pleurant sur Jérusalem, il a dit : «Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix ! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux» (Jean 5:40 ; Luc 19:41, 42). L’insensibilité et l’esprit d’égarement caractérisaient ceux qui pourtant tenaient entre leurs mains les Écritures que Jésus était venu accomplir. N’en était-il pas ainsi de chacun de nous ? Non seulement nous n’avions pas le désir de répondre aux appels du Sauveur, mais l’Ennemi nous tenait captifs, et nous écoutions volontiers Satan plutôt que Dieu, jusqu’au moment où d’un coeur contrit notre voix s’est élevée vers le Seigneur : «Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin, et l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous... Il a été amené comme un agneau à la boucherie» (Ésaïe 53:4-7 ; Actes 8:32-35). Auprès de Jésus, on comprend la vérité, et la grâce de Dieu (1 Pierre 2:24, 25).

129.     Étant pécheurs par nature et ayant hérité de cette nature pécheresse du premier homme, s’ensuit-il que nous sommes, en tant qu’enfants d’Adam, moins responsables que ce dernier vis-à-vis de Dieu ?

Toute responsabilité découle de la position où l’on se trouve, et des relations avec Dieu qui caractérisent cette position. Par conséquent, il n’est guère possible de faire un rapprochement entre un homme innocent et un homme pécheur. Adam était responsable, vis-à-vis de son Créateur, de garder la position dans laquelle Dieu l’avait placé. Il fut soumis à l’épreuve de l’obéissance par un seul commandement, clair et précis, sous peine de mort s’il ne le gardait pas. Mais ayant écouté la voix de sa femme qui avait déjà été séduite par le serpent, il perdit l’innocence ; le péché étant entré, fut suivi par la mort, «gages du péché». Dès lors, il fut aussi chassé du paradis et dut cultiver la terre et gagner péniblement sa vie. Ses enfants, ayant hérité de sa nature pécheresse, se trouvèrent dans la même position que leur père déchu, en dehors du paradis, privés de la communion de Dieu et sans possibilité d’échapper par eux-mêmes à la mort. Voilà où nous en sommes tous par nature (Éphésiens 2:3, 12 ; 4:18). Nous ne pouvons pas nous débarrasser de cette nature pécheresse, ce n’est pas là notre responsabilité, mais nous sommes responsables d’écouter ce que Dieu nous dit, lui qui, dès le moment de la chute, s’est révélé comme un Dieu sauveur, en prononçant le jugement du serpent. Il s’adresse toujours à l’homme comme à un pécheur, soit pour le convaincre de sa culpabilité (la loi étant donnée dans ce but), soit pour lui parler de son pouvoir et de son désir de le sauver.

L’histoire de l’homme pécheur envisagé comme responsable vis-à-vis de Dieu a pris fin à la croix de Jésus : l’homme avait non seulement violé la loi et méprisé la grâce de Dieu, mais, en crucifiant Jésus, il déclarait ouvertement qu’il ne voulait pas de Dieu du tout, qu’il ne cherchait qu’à s’en débarrasser. Mais à la croix éclatent l’amour et la grâce de Dieu en faveur de l’homme. Par elle, Dieu se montre juste en justifiant l’impie qui reçoit en simplicité le témoignage que Dieu rend à son bien-aimé Fils, notre Sauveur. Il «a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification» (Romains 4:25).

Il est clair qu’une fois sauvés par la grâce souveraine de Dieu, notre responsabilité, comme chrétiens, est de marcher «comme des enfants de lumière», c’est-à-dire comme Christ a marché (Éphésiens 5:8 ; 1 Jean 2:6).

130.     Peut-on marcher avec Dieu sur la terre, sans savoir d’abord que le péché a été ôté ?

L’histoire d’Enoch fournit une réponse affirrnative ; car en ce temps-là, la question du péché n’avait pas encore été réglée. Mais s’il s’agit du temps qui suit la venue de notre Sauveur sur la terre, il est évident que la réponse doit être négative. La foi vient de ce qu’on entend par l’évangile, et la première vérité de l’évangile est que le Seigneur Jésus a ôté les péchés par son sacrifice. Voyez ce que dit l’apôtre dans son discours à Antioche de Pisidie (Actes 13:38, 39).

La connaissance de la vie éternelle, telle qu’elle est présentée dans l’évangile de Jean, provient de ce que le Fils est, de ce qu’il est pour nous : il est la vie. Il est venu pour la manifester (1 Jean 1:1-3). Mais la jouissance que l’on peut en avoir, dépend nécessairement du fait que le péché est ôté, car Dieu ne peut supporter le péché dans sa présence.

131.     La foi peut-elle se séparer des oeuvres ? Les oeuvres peuvent-elles exister sans la foi ?

La foi n’est pas une simple croyance, ni une adhésion de l’esprit à certains faits et à certaines vérités, — croyance et adhésion sans effet sur la conscience, le coeur et la vie. La foi est une puissance en nous par laquelle les choses invisibles, celles qui se rapportent à Dieu et qu’il nous révèle, deviennent des réalités que nous saisissons et qui s’emparent de notre âme.

La première chose dont le pécheur a besoin quand la conviction de péché est entrée en lui, c’est de savoir comment il peut être sauvé. La parole de Dieu lui présente Christ livré pour nos offenses, ressuscité pour notre justification. L’âme reçoit et saisit pour elle-même ce fait que Dieu lui déclare : l’efficace de l’oeuvre de Christ. Dieu le dit, elle sait donc qu’il a accepté cette oeuvre comme satisfaisant à toute sa sainteté et à sa justice à l’égard des péchés. Et cette oeuvre conserve toujours toute sa valeur aux yeux de Dieu. L’âme sait alors qu’elle est sauvée, justifiée ; elle est en paix, heureuse, jouissant de la présence de Dieu, et tout cela sans oeuvres de sa part, mais par la pure grâce de Dieu. Et elle le saisit et s’en empare par la foi. (Voyez Romains 5:1, 2 ; 4:1-8 ; 10:5-13 ; Éphésiens 2:4-10).

Mais la foi qui, par l’action du Saint Esprit, a été ainsi produite dans l’âme, y est et y demeure comme un principe puissant. C’est, comme l’a dit quelqu’un, «un ressort qui fait mouvoir tous les rouages du coeur, un principe qui l’élève au-dessus de l’égoïsme et de tous les vils motifs du monde, en rattachant les affections à Christ. Il devient notre vrai mobile ; vivant en nous, il est la source de laquelle nos actions découlent, de sorte que nous marchons comme il a marché. Nous restons, il est vrai, bien loin derrière lui, mais le principe de notre vie est le même ; c’est lui qui vit en nous. Il est donc évident que la vraie foi opère par l’amour et produit de bonnes oeuvres».

D’un autre côté, de même que, sans racine, la plante ne peut produire de fruit, sans la foi non plus les bonnes oeuvres ne peuvent être produites. Plusieurs choses extérieurement bonnes peuvent être faites, mais elles n’ont aucune valeur. On peut donner beaucoup, agir beaucoup sans amour véritable, sans foi (voyez Hébreux 11:6 ; 1 Corinthiens 13:3) ; mais une vie d’amour dans laquelle on suit Christ et on fait sa volonté parce que c’est sa volonté, sans chercher rien d’autre ; une telle vie ne peut exister sans la foi... Dès que la vraie foi, l’effet de la grâce par l’action du Saint Esprit, est produite dans le coeur, on sent le besoin personnel de Christ. Mais celui qui a les vraies oeuvres de l’amour ne peut les avoir sans la foi, qui est le moteur divin de la vie chrétienne dans le coeur, opérant la patience, la pureté, l’amour et la séparation du monde pendant qu’on le traverse. Nous ne pouvons pas agir sans un mobile qui nous met en mouvement. La foi qui vraiment regarde à Christ et trouve tout en lui, se manifeste dans cette vie qui est la vie de la foi.

132.     Peut-on dire que les saints de l’Ancien Testament étaient «en Christ» ? Doivent-ils ressusciter avec l’Église ?

La première chose à examiner, c’est la signification de l’expression «en Christ».

Dans le chapitre 14 de l’évangile de Jean, le Seigneur Jésus, parlant à ses disciples de la présence du Saint Esprit sur la terre, dit : «En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous». Il allait quitter ses disciples, retourner auprès du Père, et, du sein de la gloire, envoyer le Saint Esprit sur ses disciples, selon la promesse du Père. Le Saint Esprit, habitant dans les disciples, devait leur faire comprendre qu’ils étaient «en Christ». Cette expression suppose donc deux choses : d’abord, que le Seigneur Jésus est dans la gloire ; ensuite, que le Saint Esprit a été envoyé ici-bas pour habiter dans les croyants et demeurer avec eux éternellement (Jean 14:16) ; par conséquent, elle ne peut convenir au temps qui précède l’accomplissement de ces deux faits.

Le jour où le Saint Esprit descendit du ciel, selon la promesse du Seigneur Jésus, l’apôtre Pierre déclara aux Juifs qui se trouvaient alors assemblés à Jérusalem : «Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié» (Actes 2:36). Dès ce moment, les mots «en Christ» expriment la position de celui qui reçoit, de la part de Dieu, le témoignage d’une rédemption pleinement accomplie par un Sauveur maintenant glorifié ; le Saint Esprit habite en celui qui, par cette foi, est devenu un enfant de Dieu ; il lui donne de connaître Dieu comme son Père et de crier : «Abba» (Galates 4:4, 6). C’est ainsi qu’il est écrit : «Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ; selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour» (Éphésiens 1:3).

«En Christ» est la position actuelle du croyant, et sa conduite doit en porter l’empreinte et correspondre à la nature de Dieu qui est lumière et amour ; en d’autres termes, il est appelé à reproduire Christ dans sa vie ici-bas, c’est-à-dire que si lui est «en Christ», réciproquement Christ est «en lui», ainsi que le dit l’apôtre : «Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi» (Galates 2:20). Comparez aussi Romains 8:1 -10.

Il est évident que tout ce que nous venons de dire ne peut s’appliquer aux fidèles qui étaient sur la terre avant la venue de Christ, quelque précieux et intimes que fussent d’ailleurs leurs rapports avec Dieu. Ils vivaient «par la foi», la foi en un Christ Sauveur qui devait venir. Ils ont reçu témoignage par la foi et sont morts dans la foi, n’ayant pas reçu les choses promises, car ils attendaient le Messie qui seul pouvait les accomplir ; mais Dieu avait «en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas à la perfection sans nous» (Hébreux 11:39, 40).

Venons-en, maintenant, à la seconde partie de la question. Le passage que nous venons de citer prouverait, si même il n’y en avait pas d’autre, que lorsque nous, chrétiens, nous jouirons de «la perfection», les saints de l’Ancien Testament y trouveront aussi leur part bénie. Le Seigneur Jésus, répondant aux sadducéens incrédules, leur prouva, par les Écritures, qu’Abraham, Isaac et Jacob vivaient et qu’ils devaient ressusciter d’entre les morts (Matthieu 22:31). Il disait aussi : «Plusieurs viendront d’Orient et d’Occident, et s’assiéront avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux» (Matthieu 8:11). Dans l’épître aux Éphésiens, chapitre 3, vers. 15, il est dit que «toute famille dans les cieux et sur la terre» est nommée du Père de notre Seigneur Jésus Christ. Les saints de l’Ancien Testament forment une de ces familles. Ils auront dans la gloire la part que Dieu leur a assignée.

Remarquons encore que, dans la 1° épître aux Corinthiens, l’apôtre, parlant du fait de la résurrection, ne dit pas «ceux qui sont en Christ», mais «ceux qui sont du Christ à sa venue» (chap. 15:23) (*). Les saints de l’Ancien Testament ne sont pas distinctement mentionnés dans ce passage, mais il est bien certain que tous ceux qui ont la vie par la foi seront ressuscités par Christ avant l’établissement de son règne.

(*) En 1 Thessaloniciens 4:16, l’apôtre parlant à ces chrétiens inquiets du sort de ceux d’entre eux qui s’étaient «endormis» (v.15), les désigne comme «morts en Christ» (Ed).

Si nous examinons aussi le passage de l’Apocalypse 19:6-9, nous voyons dans le ciel, pour les noces de l’Agneau, deux classes de personnes : l’épouse, «la femme de l’Agneau» (21:9), c’est-à-dire l’Église, et «ceux qui sont conviés au banquet des noces de l’Agneau».

Évidemment ce ne sont pas les mêmes personnes. Qui sont donc ces dernières ? Jean 3:29, nous le dira. Jean le Baptiseur était un de ces saints de l’ancienne économie (voyez Matthieu 11:9-11). Il n’était pas l’épouse (*), mais «ami de l’époux», et pourtant sa joie était parfaite. Nous pouvons donc encore conclure que les fidèles qui vécurent avant la première venue de Christ seront déjà ressuscités quand les noces de l’Agneau auront lieu.

Il est bien à désirer que les chrétiens réalisent davantage leur position bénie en Christ, afin qu’ils produisent des fruits à la gloire du Seigneur. Si notre position et nos privilèges sont plus élevés que ceux des saints de l’Ancien Testament, il est évident que notre piété et notre marche doivent aussi refléter le caractère céleste des bénédictions spirituelles dont nous sommes bénis en Christ.

(*) Qu’il s’agisse ici de l’épouse «terrestre» Israël (Ps. 45) ne touche pas le principe.

133.     Peut-on croire sans avoir l’Esprit de Dieu ? Y a-t-il un intervalle entre le moment où l’on croit et la réception du Saint Esprit ?

Avant d’entrer dans les détails, il importe d’avoir une pensée nette quant aux termes mêmes de la question. Au chapitre 19 des Actes, et au verset 2, l’apôtre demande à certains disciples qu’il avait trouvés à Éphèse : «Avez-vous reçu l’Esprit Saint après avoir cru ?». Cette interrogation donne déjà une réponse affirmative à la première question. Reste à savoir s’il y a d’autres portions de l’Écriture qui présentent un sens différent ou modifié de la pensée.

Par l’expression «avoir le Saint Esprit» ou «posséder le Saint Esprit», nous entendons le fait merveilleux et unique dans les voies de Dieu envers les hommes, que le Saint Esprit est donné au croyant pour habiter en lui, son corps étant ainsi constitué «le temple» ou «l’habitation» de Dieu. Cette figure du «temple» est employée dans deux sens analogues, mais différents ; elle s’applique à l’ensemble de tous les croyants sur la terre (voyez 1 Corinthiens 3:9, 16, 17 ; Éphésiens 2:22) ; elle se dit également de chaque croyant individuellement (voyez 1 Corinthiens 6:19, 20 ; 2 Corinthiens 1:22 ; 5:5 ; Galates 4:6 ; Éphésiens 1:13 ; etc.). C’est le dernier sens seulement qui doit nous occuper en ce moment.

Notons cependant en passant que ces deux faits ont été annoncés ensemble par le Seigneur à ses disciples (Jean 14:16, 17), dans des termes qui font une distinction absolue entre le monde et les croyants ; il dit : «Je prierai le Père et il vous donnera un autre consolateur, pour être avec vous éternellement, l’Esprit de vérité que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure avec vous, et qu’il sera en vous». Que l’Esprit soit «avec nous» se rapporte évidemment au premier des faits que nous avons signalés, savoir la présence du Saint Esprit avec tous les croyants sur la terre. Qu’il soit «en nous», c’est le second fait par lequel le corps de chaque croyant devient le temple du Saint Esprit (1 Corinthiens 6:19). Les deux choses eurent lieu ensemble le jour de la Pentecôte, dix jours après l’ascension du Seigneur. Le Saint Esprit descendu du ciel «remplit toute la maison» où les disciples étaient réunis. En outre, sous forme de langues de feu, il se posa sur chacun d’eux ; «et ils furent tous remplis du Saint Esprit» (Actes 2:1-4).

C’est en vain qu’on cherche dans l’Ancien Testament quelque chose de semblable. L’apôtre Pierre, à cette occasion, fait ressortir que l’Esprit prophétique avait déjà annoncé que cela devait avoir lieu ; mais le Seigneur Jésus avait dit catégoriquement que le Saint Esprit ne pouvait venir ici-bas avant que lui même ne fut remonté dans la gloire auprès du Père (Jean 16:7). «L’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié» (Jean 7:39).

Voici donc pleinement établies plusieurs vérités, que nous ne devons jamais oublier. Premièrement la présence du Saint Esprit, sur la terre et dans le croyant, suppose que le Seigneur Jésus Christ, après avoir accompli l’oeuvre de la rédemption s’en est allé au Père. Jésus est mort, a été ressuscité et glorifié avant d’envoyer le Saint Esprit sur ses bien-aimés disciples. C’est là le grand fait capital, le fondement de tout ce qui en découle de bénédictions pour nous. Ajoutons que le Saint Esprit est venu une fois pour toutes au jour de la Pentecôte (Actes 2), mais chaque croyant doit ensuite le recevoir pour lui-même. Ensuite, notons que le Saint Esprit n’est donné qu’aux croyants ; «le monde ne peut pas le recevoir» ; ainsi il faut être croyant avant de le recevoir. L’intention de Dieu est que tous les croyants, depuis l’ascension du Seigneur dans le ciel, possèdent le Saint Esprit. Cela ressort de tous les passages que nous avons cités et de bien d’autres encore. En même temps, il est évident que pendant la vie du Seigneur sur la terre, les croyants n’avaient pas encore reçu l’Esprit ; car il est dit qu’ils «devaient» le recevoir plus tard (Jean 7:39). Il est aussi évident qu’au temps des Actes il y avait des croyants dans la même condition, comme le prouve le passage d’Actes 19:2. Et nous pourrions citer encore le cas de Saul de Tarse qui fut en prières trois jours avant de recevoir l’Esprit ; Corneille qui était «pieux et craignant Dieu», ainsi que «toute sa maison», et qui ne reçurent l’Esprit qu’après que l’apôtre Pierre leur eut présenté la rédemption pleinement opérée par le Seigneur Jésus (Actes 10:44, 45). C’était encore le cas des Samaritains qui crurent l’évangile annoncé par Philippe (Actes 8:12, 14-16).

On se demandera si tous ceux-ci étaient des exceptions et si, à présent, on doit s’attendre à ce que le Saint Esprit soit reçu au moment même où l’on croit ? Le recevoir avant de croire est impossible ; l’idée, comme nous l’avons déjà vu, serait absolument contraire aux déclarations les plus formelles de l’Écriture. «Ayant cru», dit l’apôtre, «vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse» (Éphésiens 1:13). «Vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus»... «Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos coeurs, criant : Abba, Père» (Galates 3:26 ; 4:6). On croit d’abord le témoignage de Dieu au sujet de son Fils bien-aimé, ensuite on est scellé de l’Esprit ; il vient habiter dans le coeur du croyant.

La question donc se résume ainsi : doit-il y avoir un intervalle entre les deux choses ? Qu’il y en ait eu, cela est évident, et il y en a souvent un, plus ou moins long. Le fait est qu’avant d’avoir reçu le sceau de l’Esprit, le croyant n’est pas encore sur le terrain franchement chrétien ; et ce n’est pas l’intention de Dieu qu’il reste dans cet état. Le «petit enfant», dans la première épître de Jean, a reçu le Saint Esprit (1 Jean 2:20, 27) ; et l’apôtre dit qu’on ne peut reconnaître comme étant de Christ quelqu’un qui «n’a pas l’Esprit de Dieu» (Romains 8:9).

134.     L’Esprit de Dieu peut-il habiter en quelqu’un qui a une nature pécheresse ?

Si par «nature pécheresse», on entend le principe du péché qui existe dans notre coeur, les épîtres en maints endroits déclarent que ce principe subsiste encore chez les croyants, et que si quelqu’un prétend ne pas l’avoir, il se séduit lui-même (1 Jean 1:8). L’existence de la chair en nous est l’une des raisons pour lesquelles le Saint Esprit est donné aux croyants. Nous lisons dans l’épître aux Galates : «Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair. Car la chair convoite contre l’Esprit et l’Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l’une à l’autre, afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez» (chap. 5:16-17). Il est donc évident que l’Esprit Saint habite dans le croyant en même temps que «la chair». Si celle-ci n’existait plus, il n’y aurait jamais cette lutte intérieure ; il n’y aurait aucun besoin de l’exhortation de nous «purifier de toute souillure de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu» (2 Corinthiens 7:1). La sainteté étant une fois «achevée» dans ce sens pratique, il n’y aurait plus rien à faire pour la compléter, aucune croissance dans la grâce et la connaissance du Seigneur. Ce serait déjà ici-bas la perfection que nous connaîtrons au ciel.

Or nous savons que cela est impossible, tant que nous sommes dans ces pauvres vases de terre, accomplissant notre pèlerinage vers notre patrie céleste. L’apôtre lui-même éprouvait le besoin de mortifier son corps (1 Corinthiens 9:26, 27). Il dit ailleurs : «Non que j’aie déjà reçu le prix, ou que je sois déjà parvenu à la perfection ; mais je poursuis, cherchant à le saisir, vu aussi que j’ai été saisi par le Christ» (Philippiens 3:12).

Celui qui croit le témoignage de Dieu au sujet de son Fils bien-aimé, est un enfant de Dieu ; il est né de Dieu. Et parce qu’il est dans cette relation bienheureuse, le Saint Esprit est envoyé dans son coeur, premièrement pour que, dans la pleine jouissance de la relation, il s’approche du Père en lui criant «Abba», ensuite pour que sa marche pratique soit ce qui convient à une telle relation avec Dieu.

Mais il ne faudrait pas en tirer la conclusion que cette précieuse vérité permet du relâchement dans la vigilance. Au contraire, si le Saint Esprit est attristé, il ne peut plus agir sur notre coeur comme il le voudrait, la conscience devient mauvaise, et la communion avec Dieu est, pour le moment, perdue.

135.     Comment puis-je savoir si je possède réellement le Saint Esprit ?

L’intention de Dieu, dans l’économie actuelle, est que le croyant soit «scellé du Saint Esprit». En admettant qu’il y ait un intervalle plus ou moins long entre le moment de croire et le moment d’être scellé, — à quoi devons-nous reconnaître le sceau de l’Esprit, et constater que l’on possède le Saint Esprit ? Car la distinction entre les deux choses est toujours maintenue dans les Écritures, et on ne peut être scellé avant d’avoir cru. (*)

(*) Voir question 133.

Considérons d’abord le fait de croire. Evidemment c’est une opération de l’Esprit (Jean 3:5, 6 ; 1 Thessaloniciens 1:5, 6). En tant que croyants, nous sommes «nés d’eau et de l’Esprit». La parole vivifiante est donnée et communiquée par l’Esprit ; et c’est par une opération du Saint Esprit qu’elle est rendue efficace pour qui l’entend. La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu. «Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu» (Éphésiens 2:8). Dieu «nous a engendrés par la parole de la vérité» (Jacques 1:18). Il faut la foi, rien que la foi, pour être un enfant de Dieu, ou, en d’autres termes, pour avoir la vie éternelle. Celui qui croit a la vie (Jean 3:36 ; Galates 3:26 ; 1 Jean 5:1, 10-12, etc.). À un tel homme Dieu veut aussi donner son Saint Esprit, afin qu’il habite en lui (Galates 4:6 ; 1 Thessaloniciens 4:8 ; Romains 5:5). Mais une chose est de croire par l’opération de l’Esprit, autre chose de recevoir le Saint Esprit dans le coeur (2 Corinthiens 1:22). Ceci est toujours une opération ultérieure.

Nous pouvons donc dire que Dieu nous donne de croire par le moyen de son Saint Esprit, qui rend sa Parole efficace dans nos coeurs. Et nous n’avons pas à analyser davantage cette opération de l’Esprit. La parole du Seigneur scelle nos lèvres, et fait taire nos raisonnements : «Le vent souffle où il veut et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va : il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit» (Jean 3:8). L’homme infirme dans les portiques de Béthesda était incapable de se traîner vers le réservoir, lorsque Jésus lui dit : «Lève-toi, prends ton petit lit, et marche» (Jean 5:8) ; cependant il s’est levé à la parole du Seigneur. Le corps de Lazare avait déjà vu la corruption, ayant été quatre jours dans le sépulcre, mais, à la voix de Jésus, «le mort sortit, ayant les pieds et les mains liés de bandes» (Jean 11:44). Ainsi ceux qui sont spirituellement morts dans leurs péchés, passent de la mort à la vie, dès qu’ils entendent la voix du Fils de Dieu (Jean 5:24, 25).

Étant ainsi vivifiés, Dieu leur donne son Saint Esprit pour qu’il habite en eux.

Qu’est-ce donc qui signale la possession de l’Esprit ? — Au commencement, le témoignage de l’évangile devant être pleinement rendu, les premiers signes qui accompagnaient la descente du Saint Esprit, au jour de la Pentecôte, se reproduisirent pour les Gentils aussi bien que pour les Juifs, et ils parlaient des langues diverses qu’ils n’avaient jamais apprises, permettant à d’autres d’entendre et de recevoir le message de la grâce de Dieu (Actes 2:4 ; 10:45 ; 11:15 ; 19:6). Ainsi l’apôtre Paul pouvait écrire aux Corinthiens : «Je rends grâces à Dieu de ce que je parle en langue plus que vous tous» (1 Corinthiens 14:18). Mais le moment vint où ces signes devaient cesser (chap. 13:8). Soit parce que les témoins de la vérité se multipliaient dans tous les pays, soit parce que le canon des Écritures était complet, et qu’elles étaient répandues par le moyen des copies et des traductions. La saine doctrine étant à la portée de tous, on n’avait plus besoin d’un «don» aussi frappant et remarquable qui, tout en produisant une grande impression, pouvait facilement dégénérer et être employé au profit de l’orgueil charnel de celui qui s’en servait. Les Corinthiens avaient besoin d’être avertis de ce danger (1 Corinthiens 12, 13, 14). Il semble que lorsque les apôtres ont disparu de la scène, Dieu a pratiquement retiré ce don. La présence du Saint Esprit n’en continua pas moins, et le témoignage qu’il rend dans le coeur maintient toujours son caractère. C’est donc là qu’il faut chercher à présent les signes de sa présence.

Le Saint Esprit rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Par le Saint Esprit, nous pouvons nous approcher de Dieu, et nous adresser à lui dans la connaissance et la jouissance d’une relation filiale qui subsiste, et lui crier : «Abba, Père». Abba est un cri, l’expression d’une âme, non pas qui parle de Dieu, mais qui s’adresse à lui comme «Père» (Romains 8:15, 16 ; Galates 4:6). Le Seigneur Jésus s’en est servi ainsi, dans le jardin de Gethsémané ; comparez Marc 14:36 avec Matthieu 26:39, 42.

Le Saint Esprit ne nous entretient pas de nous-mêmes, ni de rien de ce qui se passe en nous. Par lui le coeur est nourri de Christ, de sa Personne et de son oeuvre. Il nous présente le Fils qui a révélé le Père, et ainsi nous apprenons quelle est la relation infiniment précieuse dans laquelle Dieu nous a établis. Chacun peut comprendre qu’il faut être dans la relation avant d’en saisir la grandeur et l’étendue. Un enfant nouveau-né ne sait pas encore ce que c’est que d’être un fils ; cependant il est fils du fait de sa naissance.

Ensuite, l’Esprit nous occupe du Fils de l’homme glorifié à la droite de Dieu le Père ; par conséquent, tout ce qui appartient à cette gloire devient la nourriture spirituelle du croyant, et remplit son coeur d’espérance, le délivrant en même temps de la crainte de la mort. Il apprend à connaître Jésus comme la tête de «son Corps qui est l’Assemblée», et ainsi à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix (Hébreux 2 ; Éphésiens 1, 3, 4).

Puis, le Saint Esprit présente l’oeuvre accomplie du Seigneur Jésus, et l’efficacité de son sang, comme l’unique base de notre assurance devant Dieu, et de la jouissance d’une position parfaite, immuable, caractérisée par la sainteté absolue, attendu que toute la gloire et la majesté divines ont été magnifiées par Christ à la croix. Voyez l’épître aux Hébreux chap. 9:10, et beaucoup de passages semblables.

Si donc quelqu’un regarde au-dedans de lui-même pour y trouver les preuves qu’il est sauvé, il est évident que ce n’est pas là l’oeuvre du Saint Esprit ; celui qui est scellé de l’Esprit ne fait pas cela, il regarde à Christ. L’Esprit ne scelle pas notre foi, il scelle en nous le témoignage que Dieu a rendu au sujet du sang de Christ ; c’est-à-dire que le croyant scellé de l’Esprit ne cherche que dans le témoignage divin la certitude de son salut. Conduit par l’Esprit, il s’occupe de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, non pas de lui-même. Il cherche la gloire du Seigneur et reconnaît son autorité, car l’oeuvre de l’Esprit est de glorifier Jésus. Le Seigneur a dit à ses disciples avant de les quitter : «Quand celui-là, l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité : car il ne parlera pas de par lui-même... Celui-là me glorifiera ; car il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera. Tout ce qu’a le Père est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend du mien, et qu’il vous l’annoncera» (Jean 16:13-15).

L’Esprit est caractérisé par la sainteté et la vérité : il nous maintient en relation avec celui qui est «le saint, le véritable», afin que nous gardions la parole de sa patience, en l’attendant. Avec l’épouse, il dit à Jésus : «Viens», formant le coeur des croyants à cette attente (Apocalypse 3:7, 10, 13 ; 22:17).

Que Dieu nous donne à tous d’écouter la voix du Saint Esprit, de ne pas l’attrister (Éphésiens 4:30), ni de l’éteindre (1 Thessaloniciens 5:19).

136.     Y a-t-il pardon pour un professant qui reprend la vie du monde ?

Le cas de quelqu’un qui, selon toute apparence, a été réellement converti, mais qui abandonne ensuite le christianisme est heureusement rare. Lorsque cela arrive, il est bien à craindre que la profession extérieure n’ait été qu’une impression plus ou moins passagère, et non le résultat du travail de l’Esprit de Dieu dans l’âme.

Judas Iscariote en est l’exemple le plus sérieux et le plus triste qui puisse se présenter. Extérieurement tout parlait en sa faveur ; aucun des disciples, jusqu’au dernier moment, n’avait rien soupçonné de son état réel. Car n’oublions pas que lors du dernier souper, quand Jésus disait : «L’un d’entre vous me livrera», chacun prenait la parole comme une occasion de scruter son propre coeur ; et c’est ce que le Seigneur voulait. Mais personne ne pensait spécialement à Judas.

Il est même à supposer que, pendant les trois années du ministère du Seigneur, il jouissait du pouvoir de faire des miracles de guérison, etc., comme les autres disciples, ses compagnons. Toutefois, il y avait chez lui une racine d’amertume (Hébreux 12:15). Et l’occasion étant donnée, l’amour de l’argent eut son effet, en sorte que, laissé à lui-même, il tomba sans remède sous la puissance de Satan. Celui-ci s’empara de lui, et Judas vendit son Maître pour trente pièces d’argent.

Dieu avait prévu et permis tout cela, afin de nous mettre en garde contre nos propres coeurs, toujours trompeurs, et nous faire chercher le secours et la sainte garde du Seigneur en toutes choses ; lui seul peut nous maintenir dans la sainteté, comme c’est lui seul qui a pu se donner lui-même pour nous. «Que celui qui croit être debout prenne garde qu’il ne tombe» (1 Corinthiens 10:12).

137.     Puisque le Seigneur est mort pour tous les hommes, comme le prouvent maints passages de la Bible, peut-on dire qu’il a porté les péchés des incrédules ?

Il convient de se garder d’affirmer ce que les Écritures n’affirment pas. Une chose est d’ôter «le péché du monde» (Jean 1:29), de l’abolir de devant Dieu, afin qu’il y ait «de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite» (Hébreux 9:26 ; 2 Pierre 3:13), — autre chose est de porter «nos péchés» (1 Pierre 2:24). Cette dernière expression s’applique aux croyants, et nous donne l’assurance que nous avons été une fois et pour toujours purifiés de tous nos péchés, délivrés de la colère qui vient et rendus propres pour la présence de Dieu, «capables de participer au lot des saints dans la lumière». Ce sont les deux parties de l’oeuvre du souverain sacrificateur au jour des expiations (Lévitique 16:11-19, et 20-22 ; Psaume 130:3, 4).

Le Seigneur est mort pour tous (2 Corinthiens 5:14), il s’est donné en rançon pour tous (1 Timothée 2:6) ; mais ceux qui sont au bénéfice de son oeuvre rédemptrice, ce sont ceux qui croient (Galates 3:22). La justice de Dieu, par la foi dans le Christ Jésus, est envers tous (Romains 3:22 ; 5:17, 18) ; mais elle est sur tous ceux qui croient, et qui sont appelés plusieurs (Romains 5:19 ; Hébreux 9:28). Cette distinction doit être soigneusement maintenue.

138.

1) Comment concilier l’amour de Dieu envers les hommes avec la déplorable condition de pécheurs dans laquelle ils naissent ?

2)Pourquoi Dieu a-t-il permis à la race humaine de se propager après la chute d’Adam, ou encore après le déluge, en prévoyant la position misérable que le péché lui avait faite ?

3) Le premier Adam ayant, par sa chute, exposé toute sa descendance à la mort éternelle et aux peines de l’existence terrestre, comment se fait-il que la venue de Christ ne soit pas plus féconde en bienfaits, en réhabilitant l’humanité entière pour l’éternité et en diminuant les tribulations de la vie présente ?

En ce qui concerne la première question, la conciliation nous parait indiquée dans ce verset : «Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16).

La réponse à la seconde question se trouve aussi dans les paroles de l’Écriture sainte (Éphésiens 2:7) : «Afin qu’il montrât dans les siècles à venir, les immenses richesses de sa grâce dans sa bonté envers nous dans le Christ Jésus». Ce «nous» se rapporte précisément à ceux qui sont dans la position misérable produite par le péché ; des êtres morts dans leurs fautes et dans leurs péchés, esclaves du diable et de leurs convoitises et enfants de colère. Envers ceux-là Dieu est riche en miséricorde, il les a aimés d’un grand amour, il les a vivifiés avec Christ, il les a ressuscités, il les a fait asseoir dans les lieux célestes dans le Christ ; bientôt ils y seront en effet ; je le demande, si Dieu n’avait pas permis à la race humaine de se propager, un tel déploiement de grâce, de miséricorde et d’amour eut-il pu se manifester ?

Quant aux maux de la vie, peuvent-ils ne pas exister, le péché étant là. Ils sont pour les incrédules une preuve permanente du juste jugement de Dieu sur le mal et un appel constant à chercher la délivrance. S’ils n’existaient pas, l’homme n’oublierait-il pas Dieu, bien plus encore qu’il ne le fait ? Et pour le croyant nous savons selon la première épître de Pierre qu’elles opèrent, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire (2 Corinthiens 4:17). Elles sont un moyen de le détacher du monde et une sainte discipline de la part de Dieu. De toutes manières, Dieu, dans son amour et par cet amour, triomphe du mal que l’Ennemi a introduit. L’apparente victoire de Satan ne fait que donner l’occasion à Dieu de déployer les richesses de sa puissance, de sa sagesse et de sa miséricorde.

Envisageons maintenant la troisième question. Il faut tout d’abord préciser que l’obstacle à la bénédiction et au déploiement des effets de la grâce n’est pas en Dieu. Il a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique ! Pouvait-il faire plus ? Il «veut que tous les hommes soient sauvés» (1 Timothée 2:4), «ne voulant pas qu’aucun périsse» (2 Pierre 3:9).

Le véritable obstacle est la volonté de l’homme. Dieu vous présente Christ, vous empêche-t-il, empêche-t-il un seul homme de l’accepter ? N’êtes-vous pas condamné avec justice, si, lorsque la lumière vient, vous fermez vos yeux et préférez vos mauvaises oeuvres ? Sans doute c’est la grâce qui appelle, c’est par grâce que l’on croit, mais qui est exclu de la grâce ? Voudrait-on que Dieu force à croire ? Mais c’est aujourd’hui le jour de grâce, La grâce n’est pas l’exercice de l’autorité ; elle appelle, elle ne force pas. La question semble supposer qu’un petit nombre seul a part aux bénédictions qui résultent de la venue de Christ dans ce monde. Rien ne l’affirme. Nous voyons que face à une question semblable, le Seigneur ramène l’âme à sa responsabilité personnelle (Luc 13:23, 24) : «Seigneur ceux qui doivent être sauvés sont-ils en petit nombre ?» La réponse : «Luttez pour entrer par la porte étroite».

D’autre part, un passage tel que celui de Romains 5:20 : «où le péché abondait, la grâce a surabondé» nous montre que l’efficacité merveilleuse de l’oeuvre de Christ dépasse de beaucoup la mesure et l’étendue du mal. Gardons-nous aussi de limiter à ce que nous voyons les résultats de l’oeuvre de Christ ; La grande foule que personne ne pouvait dénombrer d’Apocalypse 7 et celle nombreuse d’Apocalypse 19, nous mettent en garde contre cela.

N’oublions pas, quelles que soient les multiples difficultés par lesquelles le monde et la chair et Satan entravent les âmes dans la voie du salut, que la puissance du Dieu Sauveur est infiniment au-dessus de tout. C’est lui qui, par cette puissance à laquelle rien ne résiste, délivre du pouvoir des ténèbres et transporte dans le royaume du Fils de son amour. Nul ne sera condamné, parce qu’en venant dans ce monde il avait une nature pécheresse, mais parce qu’il aura refusé la grâce qui venait l’en délivrer. Et si des questions se posent encore quant à ceux qui n’ont pas entendu l’évangile, souvenons-nous que nous avons affaire avec un Dieu souverainement juste et bon, et que nous ne connaissons que le bord de ses voies.

Il faut bien veiller à ne pas nous laisser entraîner au-delà de ce que Dieu a bien voulu nous révéler et rester avant tout soumis à la Parole. Comment connaîtrons-nous ses desseins, à moins qu’il ne nous les dévoile ? Comment pourrions-nous concilier avec notre intelligence bornée ce qui assurément se concilie en Lui ? Ce qu’il nous révèle, nous le savons avec la plus entière certitude, mais ce n’est jamais révélé pour satisfaire une vaine curiosité.

139.     La responsabilité du chrétien comme membre du corps de Christ est-elle entière, malgré la difficulté à trouver actuellement sur la terre une expression du «corps» répondant aux indications données dans les Saintes Écritures ?

Quelles que soient les difficultés extérieures, qu’on ne doit jamais ignorer d’ailleurs, rien ne saurait infirmer la responsabilité du chrétien de marcher selon la vérité, car celle-ci dépend de ce que Dieu est ; et nullement de notre marche. Dieu ne change pas ; nous devons donc conformer notre marche à la vérité telle que nous l’avons reçue. L’apôtre n’avait pas de plus grande joie que d’entendre dire que ses enfants marchaient dans la vérité (2 Jean 4 ; 3 Jean 4). La ruine extérieure produit sans doute beaucoup d’empêchements et d’entraves, mais dans tous les cas il y a des ressources dans le Seigneur, qui n’abandonnera jamais les siens.

Le livre des Actes et les épîtres nous font voir qu’au commencement les croyants de chaque ville se réunissaient dans un même lieu. (Nous ne parlons pas ici des difficultés provenant, dans une grande ville, comme à Jérusalem, de l’insuffisance des locaux pour contenir le grand nombre des croyants). Il pouvait y avoir parmi eux des difficultés, et même un esprit de parti, comme à Corinthe ; mais l’assemblée était reconnue une et, pour ce qui regardait les relations de ceux qui la composaient, indivisible. À présent, il serait difficile de rencontrer une telle chose dans une ville de quelque importance, pour ne rien dire du fait que beaucoup se disent chrétiens, qu’ils soient réellement convertis ou non. Les divisions et les nuances diverses de doctrine ou d’administration, empêchent les chrétiens dans une localité de se trouver ensemble pour le culte, et rendent ainsi impraticable une réunion régulière de tous les croyants autour de la personne du Seigneur (Matthieu 18:20). La confusion est beaucoup augmentée par le mélange qui caractérise la plupart des assemblées de la chrétienté, même pour l’adoration rendue à Dieu. Il est bien entendu que nous parlons du culte, non des rassemblements pour entendre une prédication où le mélange est inévitable, et présente même un certain avantage. Le Seigneur enseignait toujours en public, évitant de cacher sa doctrine au monde qui s’opposait à lui (Jean 18:19-21). Lorsqu’il s’agit du culte proprement dit et des exercices d’une assemblée de croyants, il convient de faire la différence entre ceux qui sont convertis et le monde qui «gît dans le méchant». En d’autres termes, il s’agit de reconnaître le «corps de Christ» qui est formé par le Saint Esprit, et composé de tous ceux qui ont reçu l’évangile dans «un coeur honnête et bon» portant du fruit pour Dieu «avec patience»(Luc 8:15).

Hélas ! à la foi on a substitué une entente religieuse, ou bien la soumission à une autre autorité que celle du Seigneur, et dans la même proportion la marche chrétienne se trouve entravée. C’est ce qui a fait dire à plusieurs que la marche normale et scripturaire est devenue impossible à pratiquer. Toutefois, si nous voulons être soumis aux Écritures, il ne faut pas admettre cette objection. Chaque membre du corps de Christ est toujours tenu de faire la volonté du chef, qui est le Seigneur Jésus glorifié (Éphésiens 1:22, 23 ; 4:15, 16). Pour cela, il s’agit d’être «vrai dans l’amour», et de «tenir ferme le chef» (Colossiens 2:19), seul moyen de résister aux artifices de l’Ennemi et aux efforts de la chair qui «convoite contre l’Esprit» (Galates 5:17). Pour autant que nous recherchons de cette manière la gloire du Seigneur, en marchant dans l’humilité, mettant en pratique la vérité que nous avons reçue de Dieu, nous découvrirons que le Seigneur nous soutient, et il nous donnera, malgré la faiblesse, de réaliser les bénédictions de sa présence et de son approbation. Il faut commencer avec Christ, non pas avec nous-mêmes, ne cessant pas de prier les uns pour les autres pour que nous soyons «remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne oeuvre, et croissant par la connaissance de Dieu» (Colossiens 1:9, 10).

140.     Qui doit participer à la fraction du pain dans une assemblée, et à quelle condition peut-on le faire ?

Les paroles du Seigneur, à l’occasion de l’institution de la cène, ne laissent pas de doute que tous ceux qui sont à lui, tous ses vrais disciples doivent y participer, à moins que quelque chose d’anormal ne les en empêche. Cette vérité est confirmée par la révélation spéciale faite plus tard à l’apôtre Paul, et dont il donne connaissance dans la première épître aux Corinthiens, où il traite aussi de la discipline qui doit être exercée dans une assemblée chrétienne réunie au nom du Seigneur Jésus Christ. Tout croyant marchant en communion avec le Seigneur se réjouira du précieux privilège qui lui est accordé, et en profitera avec reconnaissance. En un mot, le droit d’avoir place à la table du Seigneur ne dépend pas des mérites personnels que les assistants peuvent avoir ; il est basé uniquement sur la mort du Seigneur, et sur la valeur de son sang versé pour l’expiation des péchés.

Les difficultés qui se présentent, en dehors des cas de discipline, dont nous ne parlons pas ici, proviennent, ou bien de ce que l’on ne saisit pas le vrai caractère de l’assemblée, ou bien de l’état moral de ceux qui la composent. Avant toutes choses, il faut donc se pénétrer de ce qu’est l’assemblée et dans quelles conditions elle se réunit. Les passages auxquels nous avons fait allusion, ainsi que d’autres encore, indiquent, comme première et grande condition, le fait de la présence du Seigneur au milieu des siens. Sans cette présence, l’assemblée perd son caractère ; elle cesse même d’exister comme assemblée scripturaire. C’est Jésus qui institua personnellement le mémorial. Il était là pour rompre le pain et le donner à ses disciples. L’apôtre insiste sur ce fait dans la communication qu’il avait, dit-il, reçue du Seigneur. Il est vrai que le Seigneur n’est plus corporellement sur la terre, mais le croyant compte sur sa présence, selon ses propres paroles : «Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle» ; et puis encore, plus particulièrement en rapport avec l’assemblée : «Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux» (Matthieu 28:20 ; 18:20). Les exercices de cœur produits par le Saint Esprit sont de nature à faire jouir le croyant de la présence du Seigneur qui est à la fois leur raison d’être, leur point de départ et la source féconde de toute bénédiction. Sans cette présence, chaque acte de culte perd de sa valeur, et la réalité de la communion de «son corps» et de «son sang» disparaît. En même temps la présence du Seigneur et du Saint Esprit peuvent seules produire les pensées qui conviennent à ceux qui sont réunis en son norn, qu’il s’agisse des rapports des croyants entre eux, du sérieux de leur rassemblement, ou bien de la sainteté qui rend nécessaire l’examen préalable de soi-même (1 Corinthiens 10:14-22 ; 11:20-29).

Plusieurs croient que l’on doit s’occuper, en premier lieu, de l’état de l’assemblée afin de pouvoir compter sur la présence promise du Seigneur. Ce serait renverser l’ordre scripturaire, faisant de l’assemblée, au lieu du Seigneur, le point de départ de nos pensées. C’est Jésus qui donne le rendez-vous : là, vous me verrez (Matthieu 28:10, 16). Il faut, par conséquent, se rendre là si l’on veut le voir, et ne pas se priver de la bénédiction parce qu’on aurait à se plaindre de l’un ou l’autre de ses frères. Le Seigneur mettra tout en ordre, mais il faut être avec lui. Commençons d’abord par nous juger nous-mêmes en pensant au Seigneur et à ce qui lui convient, et puis nous pourrons compter sur la grâce qui, par le Saint Esprit, produira des pensées semblables chez nos frères.

141.     La parole de Dieu enseigne-t-elle aux chrétiens à s’abstenir de travailler le dimanche ?Nul doute que nous devions sanctifier ce jour, mais où se trouvent les passages qui ont rapport au travail ?

La question n’est pas à résoudre en deux ou trois mots. Elle exige une attention sérieuse. Nous reproduisons ici, presque en entier, une ancienne note sur ce sujet.

En premier lieu, considérons l’institution du sabbat. Le chapitre 4 de l’épître aux Hébreux nous enseigne que le sabbat renferme l’idée de la participation au repos de Dieu. Cette participation est le privilège de son peuple. À ce privilège, le coeur du croyant tient de toute sa force, quel que soit le signe que Dieu y ait attaché.

Dieu avait établi le sabbat dès le commencement, sans qu’il y ait indication que l’homme en ait joui. Le Seigneur Jésus dit que «le sabbat a été fait pour l’homme» (Marc 2:27) ; mais le péché est intervenu. Toutefois, le jour du repos a été sanctifié dès le commencement. Plus tard, le sabbat fut donné comme mémorial de la délivrance d’Égypte (Deutéronome 5:15). Les prophètes insistent spécialement sur ce point-ci, que le sabbat était donné comme un signe de l’alliance de Dieu (Ézéchiel 20:12, 20 ; Exode 31:13). C’était tout simple : le sabbat était les arrhes de ce qui était renfermé dans cette parole : «Ma face ira, etje te donnerai du repos» (Exode 33:14 ; voir en contraste Psaume 95:11).

Nous voyons, en outre, que toutes les fois que Dieu donne quelque nouveau principe ou quelque nouvelle forme de relation, le sabbat est ajouté. Ainsi, en grâce pour Israël (Exode 16:23) ; comme loi (Exode 20:8, 10). Voyez aussi Exode 31:13, 14 ; 34:21, lorsque le peuple est de nouveau rétabli par la patience de Dieu, en vertu de la médiation ; voyez de plus, 30:2 ; et dans la nouvelle alliance mentionnée au Deutéronome, ainsi que nous l’avons déjà dit.

Ces remarques nous font voir de quelle importance essentielle était le sabbat, comme pensée de Dieu et signe de la relation qu’il formait avec son peuple.

Mais, si la considération du rapport du sabbat avec l’alliance dont il est le signe est de toute importance, il ne faut pas oublier que l’alliance entre Dieu et le peuple juif a été entièrement mise de côté pour nous, et que le signe de cette alliance ne nous appartient pas. Ceci n’empêche pas que le repos de Dieu ne nous soit aussi précieux qu’aux Juifs, et même davantage. Mais notre repos n’est pas de cette création, comme le leur, dont le septième jour était le signe.

En outre, rappelons-nous que le Seigneur Jésus est le Seigneur du sabbat, considération d’une très haute portée quant à sa personne, mais qui, cependant, deviendrait insignifiante, s’il était vrai qu’il n’a rien changé par rapport au jour.

Remarquons, enfin, qu’il n’en est fait aucune mention dans le sermon sur la montagne, où Jésus a donné un si précieux résumé de la loi dans ses principes fondamentaux, auxquels il en a ajouté d’autres, fournis par la lumière céleste qu’apportait ici-bas le nom de Père, la présence d’un Messie souffrant et la révélation de la récompense qui sera reçue dans le ciel. Cependant, Jésus a présenté dans cet enseignement un ensemble des principes de son royaume.

Loin d’attacher à l’observation du sabbat l’importance qu’elle avait aux yeux des Juifs, Jésus s’opposait continuellement à leurs pensées à ce sujet ; et cette circonstance nous a été soigneusement rapportée par les évangélistes, c’est-à-dire par le Saint Esprit. Le sabbat est le jour même que Jésus a passé dans la mort, signe terrible pour les Juifs, quant à leur alliance ; mais, pour nous, signe que de meilleures choses ont pris naissance en notre faveur : elles ont commencé le premier jour de la semaine.

Quel est donc ce premier jour ? C’est, pour nous, le jour de la résurrection de Jésus, par lequel nous sommes régénérés pour une espérance vivante, qui est la source de toute notre joie, notre salut, et donne son caractère à notre vie tout entière. Aussi trouverons-nous le repos de Dieu dans la résurrection.

Moralement dans ce monde, nous commençons notre vie spirituelle par le repos, au lieu de ne le goûter qu’à la fin de nos travaux. Notre repos est en effet dans la nouvelle création à laquelle nous appartenons.

Il est clair, par conséquent, que le repos de Dieu ne peut être associé pour nous au signe du repos de la création actuelle : il est exclusivement attaché à la résurrection de Jésus, point de départ de la position qu’il a prise comme chef de la nouvelle création.

Avons-nous donc quelque autorité dans le Nouveau Testament, pour distinguer des autres le premier jour de la semaine ? Pour ma part, je n’en doute pas. Il est certain que nous n’avons pas, sur ce point, des ordonnances semblables à celles de l’ancienne loi ; elles seraient tout à fait contraires à l’esprit de l’évangile de grâce. Mais l’Esprit de Dieu a désigné, de diverses manières, le premier jour de la semaine, quoiqu’il n’ait pas imposé ce jour. Ce jour-là, le Seigneur étant ressuscité, selon sa promesse, paraît au milieu de ses disciples rassemblés d’après sa parole. Le même fait se reproduit le même jour, la semaine suivante. Dans les Actes, ce jour est signalé comme celui où l’on s’assemblait pour rompre le pain (Actes 20:7). Dans la première épître aux Corinthiens, chap. 16:2, les chrétiens sont exhortés à mettre leur offrande à part chez eux, chaque premier jour de la semaine, selon qu’ils auront prospéré. Dans l’Apocalypse, ce jour est positivement appelé «le jour du Seigneur», c’est-à-dire que le Saint Esprit le désigne d’une manière directe, en l’appelant d’un nom distinctif.

En résumé, donc, nous sommes obligés de reconnaître que le premier jour de la semaine se distingue de ceux qui le suivent, comme étant «le jour du Seigneur». Aussi, sommes-nous tenus de dire, si nous voulons maintenir l’autorité du Fils de l’Homme, qu’il est supérieur au sabbat, Seigneur du sabbat.

De sorte qu’en maintenant l’autorité du sabbat juif comme tel, on risquerait de nier l’autorité, la dignité et les droits du Seigneur Jésus lui-même. Plus on sent l’importance du sabbat du septième jour, plus on sentira combien il est important de considérer que ce n’est plus le septième, mais le premier, qui comporte des privilèges pour nos coeurs.

D’un autre côté, prenons garde de ne pas affaiblir, sous prétexte que nous ne sommes plus sous la loi mais sous la grâce, la pensée qui plane sur toute la révélation des relations de Dieu avec l’homme. Cette pensée, c’est le repos de Dieu, et non uniquement un repos pour l’homme (Hébreux 4:9). Le repos définitif pour nous, est le repos des travaux spirituels au milieu du mal : ce n’est pas seulement se reposer du péché. Nous en jouirons bientôt avec celui dont nous sommes les collaborateurs, et qui a dit : «Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille» (Jean 5:17).

Il ne faudrait donc pas nous attendre à trouver des passages formels qui interdisent le travail ; car on voit que pour un coeur qui entre dans la pensée de Dieu, il devient clair que le dimanche n’est pas un jour de travail comme les autres. Le chrétien comprend qu’il doit tout faire «au nom du Seigneur Jésus, rendant grâces par lui à Dieu le Père» (Col. 3:17). Par conséquent, il ne saurait perdre avec légèreté l’occasion que Dieu lui a donnée pour se réunir avec ses frères, et pour travailler activement dans le service de l’évangile, travail qui, à bien des égards, se fait plus facilement le dimanche que les autres jours.

S’il travaille pour lui-même seulement, en cherchant ses propres intérêts, il ne fait qu’imiter le monde. Nous sommes appelés à vivre constamment pour celui qui est mort pour nous. Pour le coeur qui aime Jésus, la grâce et l’amour de Dieu ont plus d’empire et plus d’effet que les exigences de la loi et d’un code formel.

142.     Devons-nous nous abstenir du sang ? Les défenses faites en Genèse 9 ; Lévitique 3:17 ; 7:26, 27 ; 17:10-14 ; 19:26 ; Deutéronome 12:23 ; Actes 15:20 et 29, s’appliquent-elles à nous ?

En examinant de près ces passages, il nous semble difficile de ne pas conclure qu’ils nous concernent aussi. En effet, la défense de manger du sang n’est pas une prescription de la loi mosaïque seulement ; elle est faite à Noé et à ses descendants. Elle fait partie des ordonnances de Dieu pour l’homme sur la terre après le déluge. Dieu confère à ce patriarche et à sa descendance l’autorité par la crainte sur les animaux, et lui donne la viande pour nourriture ; il fixe le principe du gouvernement ; il établit son alliance avec les hommes et la terre, et donne un signe - l’arc en ciel - rappelant qu’il ne détruira plus la terre par un déluge. Tout cela n’est-il pas permanent ? Tout cela ne nous concerne-t-il pas actuellement ? Pourquoi la défense de manger du sang serait-elle exceptée ?

La loi de Moïse rappelle cette défense en donnant une raison qui, tout en s’appliquant aux sacrifices que la loi prescrivait, renferme un principe général et permanent. «L’âme (ou la vie) de la chair est dans le sang ; et moi, je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation pour vos âmes ; car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme» (Lévitique 17:11). De là nous pouvons conclure que la vie appartient à Dieu ; elle peut lui être offerte sur l’autel pour faire propitiation, mais elle lui appartient et la défense de manger le sang est destinée à le rappeler. Ne serait-ce pas aussi pour nous ?

Les païens, en se livrant à l’idolâtrie, en abandonnant le vrai Dieu, avaient oublié ou méprisé les relations établies par Dieu au commencement. Lorsque l’évangile leur eut été porté et que plusieurs eurent cru et furent entrés dans l’assemblée, il devint nécessaire de leur rappeler ces choses, non comme des prescriptions de la loi, à laquelle du reste ils n’étaient pas assujettis, mais comme antérieures à la loi. Ils devaient s’abstenir des choses sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. Et la lettre qui leur est adressée ajoute : «Si vous vous gardez de ces choses, vous ferez bien» (Actes 15:28, 29). Ferions-nous bien, en faisant le contraire ? La défense de manger le sang est placée au même rang que celles de participer à l’idolâtrie et de se livrer à l’impureté. Celles-ci subsistent, pourquoi pas celle-là ? Il avait semblé bon au Saint Esprit et aux apôtres et à l’assemblée d’établir comme nécessaires les unes et les autres. Aurions-nous à en mettre une de côté ?

La question nous semble résolue, mais nous ajouterons quelques lignes d’un frère sur ce même sujet : «Les pratiques que le décret de l’assemblée de Jérusalem condamnait, n’étaient pas des choses défendues par la loi seulement ; elles étaient, ou contraires à l’ordre établi par le Dieu créateur, ou contraires à une défense faite à Noé quand la viande lui fut donnée à manger. L’homme ne devait avoir de rapports avec la femme que dans la sainteté du mariage ; la vie appartenait à Dieu ; toute communion avec les idoles était une atteinte portée à l’autorité du vrai Dieu. Moïse enseignait la loi ; ces choses-ci étaient contre la connaissance intelligente du vrai Dieu... Ces directions sont adressées à l’intelligence chrétienne ; c’est en saisissant bien le vrai caractère du décret qu’on voit qu’il n’y a rien en lui d’inconséquent avec les directions à manger de tout ce qui est vendu à la boucherie. (1 Corinthiens 10:25-31), car, en faisant ainsi, je reconnais Dieu qui l’a donné, et non pas une idole. Si l’acte implique la communion avec l’idole, même pour la conscience d’autrui, je provoque Dieu à jalousie, je pèche contre lui ou contre mon prochain. Quand on me présente la viande, je ne sais si la bête a été étouffée ou non. Si l’on agit de manière à faire supposer qu’il est indifférent que l’homme reconnaisse que la vie appartient à Dieu ou non, je pèche encore si j’accepte ou sanctionne cette manière de faire» (Etudes sur la Parole).

143.     Est-il permis à une femme de prendre la parole dans une assemblée chrétienne ? Et quand et pourquoi doit-elle se couvrir ?

La parole de Dieu est catégorique au sujet de toute action d’une femme en public : «Que vos femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de parler ; mais qu’elles soient soumises, comme le dit aussi la loi. Et si elles veulent apprendre quelque chose, qu’elles interrogent leurs propres maris chez elles, car il est honteux pour une femme de parler dans l’assemblée» (1 Corinthiens 14:34, 35). «Que la femme apprenne dans le silence, en toute soumission ; mais je ne permets pas à la femme d’enseigner ni d’user d’autorité sur l’homme» (1 Timothée 2:11, 12). La raison donnée dans ce second passage est propre à nous faire réfléchir : la femme n’a pas été faite pour occuper la première place ; elle doit par conséquent être l’objet de soins spéciaux qui la mettent à l’abri du danger. Le mari est exhorté à lui porter honneur, demeurant avec elle comme avec un vase plus faible. Si elle sort de sa place, elle s’expose à la tentation de l’Ennemi, comme Ève ; et qui peut en prévoir les résultats désastreux tant pour elle que pour ceux qui sont entraînés dans sa chute ? Elle a, par sa position, une grande part aux souffrances qui sont le lot de l’humanité, mais, à cet égard, elle est l’objet de la miséricorde et des soins de Dieu, Quant à la connaissance, il est bien certain qu’elle n’en manquera pas, pourvu qu’elle garde sa place avec modestie et soumission. Nous en avons constamment les preuves.

Sa longue chevelure est la marque qu’elle est soumise à une autorité supérieure. En même temps c’est sa gloire — chacun le comprend. Si elle reçoit cela de la part de Dieu et qu’elle accepte sa place de coeur et avec joie, elle montrera en se couvrant, qu’elle est d’accord avec la pensée de Dieu à son égard. Elle y mettra un soin tout particulier lorsqu’il s’agit de la présence de Dieu, ou du service de sa Parole, comme dans les rassemblements chrétiens. C’est ce que l’apôtre enseigne dans 1 Corinthiens 11:2-16.

144.     Quel est le devoir du chrétien quant au travail manuel ?

Que le travail soit la condition appropriée à l’existence de l’homme sur la terre, l’histoire de la chute le démontre (Genèse 3:17-19) ; et les recherches du sage roi Salomon, qualifié sous tous les rapports pour approfondir la question, montrent que le travail est un vrai bien, le bonheur qui y est attaché devant se réaliser plutôt dans le travail même que dans ses résultats. Les expériences et les conclusions de ce grand roi nous sont données sous le sceau de l’inspiration, dans le livre de l’Écclésiaste. Il s’ensuit que plus le travail sera simple, mieux cela vaudra, et c’est bien, d’une manière générale, le propre du travail manuel. Jésus lui-même s’y est adonné, et ses apôtres, comme le montrent des passages tels que Marc 6:3 ; Actes 18:3 ; 20:34 ; 1 Thessaloniciens 2:9. Les complications fatiguent l’esprit, sans produire un bien proportionnel. Mais la diligence dans le travail est une nécessité si l’on veut recueillir les fruits de la joie et du contentement que Dieu, dans sa bonté, dispense à l’homme sur la terre. C’est une leçon à apprendre, et, pour cette raison, sans doute, les exhortations à la diligence abondent dans les pages de l’Écriture. Voyez, par exemple, Proverbes 6:6 ; 10:4, 22 ; 12:24 ; 21:5 ; 22:29 ; 27:23-27 ; etc. Romains 12:10.

Pour le chrétien, un autre élément fertile en bénédictions vient se joindre aux dispositions du gouvernement de Dieu sur la terre. C’est le fait qu’il a été racheté au prix du précieux sang du Christ, et qu’il n’est plus à lui-même, ayant désormais à vivre pour son Sauveur qui est mort pour lui, et qui a été ressuscité. Il doit glorifier Dieu dans son corps, ayant été acheté à prix. Il est un enfant de Dieu ; il doit par conséquent vivre comme tel, et montrer, dans toute sa manière d’être et d’agir, ce qu’il est (Romains 13:11 ; 1 Corinthiens 6:20 ; 2 Corinthiens 5:15 ; Éphésiens 4:28 ; 5:1, 2, 8, 15, 16). C’est pourquoi aussi nous lisons : «Quelque chose que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, rendant grâces par lui à Dieu le Père» (Colossiens 3:17, voir aussi 1 Corinthiens 10:31).

Le fait d’être un chrétien ne change rien quant au travail ; il faudrait cependant que le chrétien n’y mette pas son coeur, comme s’il devait vivre de la terre, ou comme si le travail était le but de son existence. «Les nôtres», dit l’apôtre, doivent apprendre «à être les premiers dans les bonnes oeuvres pour les choses nécessaires, afin qu’ils ne soient pas sans fruit» (Tite 3:14). S’ils font cela dans le but de devenir riches, ils perdent le caractère chrétien, ne marchant plus sur les traces de Celui qui, étant riche, s’est fait pauvre pour nous, afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis (2 Corinthiens 8:9). En outre, ils tombent dans un piège de l’Ennemi, «et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition» (1 Timothée 6:6-10). Le chrétien devrait être sans souci, non pas qu’il doive être insouciant, mais parce qu’il a appris à remettre à Dieu tout son souci (Matthieu 6:24-34 ; Phil. 4:6 ; 1 Pierre 5:7). Puis il travaillera joyeusement, et de bon coeur, pour le Seigneur, et pour avoir de quoi donner à ceux qui sont dans le besoin (Actes 20:34, 35 ; Éph. 4:28 ; 1 Thess. 4:11, 12 ; 2 Thess. 3:6-15).

145.     Est-ce que prier pour quelqu’un ou prier avec quelqu’un peuvent être considérés comme deux actes identiques ? Puis-je prier avec quelqu’un sans m’associer à lui ?

Prier pour et prier avec sont certainement deux choses bien différentes. La première est une expression de l’affection du coeur, l’effet d’un besoin senti dans la présence de Dieu ; la seconde est une affaire de communion, et ne peut assurément pas avoir lieu si les «deux» qui prient ensemble ne sont pas «d’accord» (Matthieu 18:19). L’Ennemi est constamment à l’oeuvre pour empêcher cet accord et réussit quelquefois même avec ceux qui sont liés de la manière la plus intime ; de là l’exhortation au mari et à la femme (1 Pierre 3:7). Dans la présence de Dieu, il faut avant tout la vérité ; comment donc pourrais-je prier avec quelqu’un sans être réellement d’accord avec lui ? Or cet accord devrait exister parmi les enfants de Dieu : «Ayez un même sentiment», est-il dit (2 Corinthiens 13:11). S’il n’existe pas, il y a lieu de se juger et de s’humilier devant le Seigneur, et de sonder son propre coeur dans la présence de Dieu pour arriver à la racine du mal, et ne pas donner occasion au diable (Éphésiens 4:27) ; il faut aussi se souvenir de l’enseignement de Matthieu 5:23, 24, quant aux difficultés personnelles. Le moyen d’être d’accord avec nos frères est de marcher dans la lumière comme Dieu est dans la lumière, et d’être pénétré de l’Esprit de Christ (1 Jean 1:7 ; Philippiens 2:1-8).

Prier pour les autres est un des premiers devoirs de la vie chrétienne, puisque nous avons été faits des sacrificateurs pour Dieu (1 Timothée 2:1-8). Ce service s’exerce souvent, là où il n’y a pas de communion possible ; voyez le cas de Samuel qui priait pour Saül toute la nuit, mais qui ne voulait pas s’associer à lui (1 Samuel 15:11, 26). Et ne sommes-nous pas exhortés à prier pour ceux qui nous font du tort (Matthieu 5:44) ?

Qu’on nous permette de rappeler aux parents chrétiens, surtout aux mères, le doux et saint privilège de prier pour leurs jeunes enfants en les faisant mettre à genoux avec eux, et en les nommant devant le Seigneur individuellement, lui exposant leurs besoins connus. Le résultat béni de ce saint exercice ne manquera pas de se manifester plus tard.

146.     Quel doit être l’emploi des collectes qui se font le premier jour de la semaine ?

Sans entrer dans les détails, nous offrons à nos lecteurs quelques pensées pour les engager à l’étude approfondie de la Parole sur ce sujet intéressant et important. Car, comme les dîmes faisaient anciennement partie intégrante de la vie des Israélites, il n’est pas possible que le chrétien prospère spirituellement, s’il néglige un devoir qui, d’après la Parole, fait partie du culte. Comparez avec Deutéronomme 16:10, 13-17, et 26:1-15, les passages bien connus du Nouveau Testament, 1 Corinthiens 16:1, 2 ; Galates 6:6-10 ; 2 Corinthiens 8:9 ; Hébreux 13:16. Au fond, le sacrifice spirituel, qui distingue le chrétien, a deux côtés ; il faut d’abord que Dieu ait sa part de louange et d’adoration ; ensuite, que le chrétien répande autour de lui, non seulement par la parole, mais encore par toutes sortes d’actes de bonté et de dévouement, la bonne odeur du précieux Nom qui est invoqué sur lui : «N’oubliez pas la bienfaisance, et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices». — «Vous, vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis, pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière» (1 Pierre 2:9).

Deux choses règlent la manière de donner : les besoins d’autrui et la bonté de Dieu envers nous. Les besoins existeront toujours ; c’est une partie du gouvernement de Dieu. Mais s’il s’associe le chrétien dans la distribution de ses bénédictions, celui-ci doit veiller à ce qu’il y ait égalité. C’est le principe exposé dans le chapitre 8 de la 2° épître aux Corinthiens. Le chapitre suivant développe l’autre principe, savoir, que le don doit être toujours l’expression de la joie du coeur en présence de la grande abondance dont Dieu nous comble.

«Le lévite, l’étranger, l’orphelin et la veuve» présentent une idée générale de ceux à qui on devra donner. Ceux qui prêchent la parole devraient vivre de la parole (1 Corinthiens 9). Les pauvres de tout genre, dans les limites prescrites, demandent une constante sollicitude.

Le chrétien doit être imitateur de Dieu, qui s’appelle le Dieu de la veuve et le Père des orphelins, et qui a l’oeil sur ceux qui, par leur position, ne peuvent se suffire à eux-mêmes. Mais l’étendue de la charité chrétienne n’est pas restreinte aux limites de la maison de la foi, comme nous le voyons dans l’épître aux Galates 6:6 - 10.

Veuille le Seigneur dans sa bonté réveiller l’affection chrétienne, et agir sur tous nos coeurs pour que nous répondions mieux à ses pensées de grâce et d’amour !

147.     Comment, d’après l’Écriture, devons-nous attendre le retour de notre Sauveur ? Bien des passages déclarent évidemment qu’il pourrait venir sans aucun signe préalable ; d’autres, au contraire, sembleraient démontrer que certains événements doivent s’accomplir auparavant : tels sont, par exemple, la manifestation de l’Antichrist et les jugements détaillés dans l’Apocalypse.

Le sens strict de l’expression : la venue du Seigneur, dans l’original, est plutôt l’état d’être présent, en contraste avec l’absence. Nos pensées se portent plus facilement sur les détails d’un grand fait historique que sur une vérité morale. Il résulte souvent de ce fait une certaine confusion dans l’esprit lorsqu’on parcourt les pages du saint livre de Dieu. Mais le Saint Esprit veut que nos âmes gardent toujours devant elles cette vérité, pour exercer notre conscience et attirer notre coeur en haut. L’Esprit de vérité nous occupe de Christ ; il forme nos coeurs et nos pensées en rapport avec sa personne glorieuse actuellement dans les cieux, et en rapport aussi avec son retour personnel, car nous allons le voir comme il est, et être avec lui pour toujours (1 Jean 3:2, et 1 Thessaloniciens 4:17).

Or, dans les évangiles, deux choses sont constamment présentées : d’abord, le grand fait que le Seigneur va venir personnellement ; ensuite, qu’il peut venir d’un moment à l’autre, à une heure dont personne n’a connaissance, et que «le Père a réservée à sa propre autorité» (Marc 13:31-37 ; Actes 1:6-11). Ce peut être «le soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou au matin». La connaissance de ce moment béni entre tous, nous a été expressément cachée, afin de garder constamment nos coeurs en éveil et dans l’attente. Le Seigneur va venir, il s’agit de l’attendre avec «les reins ceints et les lampes allumées», diligemment occupé de ses intérêts, afin que chacun de ses bien-aimés puisse avoir part à la bénédiction (Luc 12:37, 43).

On pourrait même ajouter que le Seigneur, tout en étant déjà venu accomplir l’oeuvre que le Père lui avait donnée à faire, n’a pas encore accompli bien des choses prédites dans l’Ancien Testament comme dépendant de son avènement : il n’a pas voulu se laisser faire roi ; il n’était pas venu pour juger, mais pour sauver ; et s’il a montré sa gloire sur la montagne de la transfiguration, ce ne fut qu’un instant. En descendant de la montagne, il parle de ses prochaines souffrances et déclare à ses disciples que le chemin du rejet et de la tribulation est celui où ils auraient à le suivre. Comparez Jean 6:15 ; 12:47 ; 16:33, avec Matthieu 16:26-28 ; 17:1-12, et Psaume 96.

Quant aux détails de son avènement, il faut distinguer nettement :

1) La venue du Seigneur en rapport avec son oeuvre de rédemption déjà accomplie, et sa place actuelle dans le ciel. Nous en avons un exemple dans les paroles du Seigneur adressées au brigand repentant : «Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis». Le Seigneur indique clairement à ses disciples, dans le chapitre 14 de l’évangile de Jean, que son ascension auprès du Père devait leur ouvrir, à eux aussi, une place dans sa maison.

2) La venue du Seigneur envisagée en rapport avec la terre et l’accomplissement des prophéties, soit de l’Ancien, soit du Nouveau Testament. Il faut nécessairement que bien des choses aient lieu pour que la terre soit en état de recevoir le Messie : elle doit être purifiée par le jugement. D’autre part, Dieu ne veut pas juger avant que le péché ne vienne à son comble. Il attend en grâce, pendant ce jour de salut.

Le premier aspect de la venue du Seigneur n’est pas lié à la prophétie. Il est question de la valeur de son oeuvre, de la gloire de sa personne et des conseils du Père qui l’a fait asseoir à sa droite (Jean 17:4, 5). Plus loin, dans le même chapitre, verset 24, le Seigneur dit : «Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, que tu m’as donnée ; car tu m’as aimé avant la fondation du monde». Le Seigneur Jésus, dans cette prière, met en regard de son oeuvre, le Père qui la lui avait donnée à faire, et les siens pour lesquels elle avait été accomplie, envisageant toujours ces derniers comme ceux que le Père lui avait donnés, et auxquels, selon l’autorité reçue du Père, il avait communiqué la vie éternelle. Aussi, lorsqu’il leur parle de son prochain départ (chap. 14), il leur annonce qu’il va leur préparer une place dans la maison de son Père, et qu’il reviendra pour les prendre auprès de lui. On le voit, c’est une affaire toute personnelle, qui n’a rien à faire avec la terre. La maison est en haut ; il y entre comme le Fils ; la présence du Seigneur Jésus, Fils de Dieu et Fils de l’homme dans la gloire céleste, a de fait préparé la place pour ceux qui sont à lui (comparez Hébreux 2:10-16). C’est là qu’ils doivent être pour toujours avec le Seigneur ; et afin qu’ils y soient, il va revenir pour les prendre. Jésus ne leur dit pas alors de quelle manière il reviendrait ; cela fut révélé plus tard à l’apôtre Paul (1 Thessaloniciens 4:13-18). Mais le fait est clairement annoncé par le Seigneur lui-même. Par conséquent, lorsque, après sa résurrection, il se présenta à Marie de Magdala, il lui dit : «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu», — comme pour lui dire : ce n’est pas sur la terre que vous pourrez dorénavant jouir de ma présence et de ma puissance, car je ne reste pas ici-bas ; mais toute votre bénédiction et la connaissance de la relation avec Dieu dans laquelle mon oeuvre vous place, dépendent de la place que je vais occuper dans la gloire auprès de mon Père. Et puisque le Seigneur doit revenir pour nous faire entrer avec lui dans cette gloire céleste, notre bonheur est de t’attendre. C’est ce que le Seigneur dit au sujet de Jean, dans le dernier chapitre de son évangile : «Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne...». Les disciples croyaient que cette parole impliquait que Jean ne mourrait pas du tout, mais le Saint Esprit nous montre que ce n’était pas ce que le Seigneur voulait dire. Il insistait sur l’attente continuelle qui devait caractériser le disciple pendant l’absence de son maître.

L’attente actuelle de l’Église et l’espérance bienheureuse de ceux qui en font partie, se lient donc de la manière la plus intime à la gloire actuelle de notre Seigneur Jésus Christ qui est assis à la droite de la Majesté dans les lieux très hauts. Le sujet de la prophétie est tout différent : elle a bien annoncé que le Seigneur entrera dans sa gloire (Luc 24:25, 26 ; et comparez Psaumes 68:18 ; et 110:1 ; Daniel 7:13, 14, etc.). Mais elle est une lampe qui brille dans un lieu obscur (2 Pierre 1:19). Ceux qui sont du jour n’en ont pas besoin pour être assurés quant aux choses qui leur sont réservées de la part de Dieu. Car tout est lumière là où est le Seigneur. La parole prophétique a été rendue plus ferme par les choses que le Seigneur fit voir et entendre à ses disciples sur la montagne de la transfiguration (2 Pierre 1:12-21). Le chrétien est engagé à chercher les choses qui sont en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu, et à y penser (Colossiens 3:4). L’apôtre Paul écrit ailleurs : «Mais pour ce qui est des temps et des saisons, frères, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive ; car vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand ils diront : «Paix et sûreté», alors une subite destruction viendra sur eux, comme les douleurs sur celle qui est enceinte, et ils n’échapperont point. Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, en sorte que le jour vous surprenne comme un voleur...». Remarquez ici comment l’apôtre distingue les chrétiens des gens du monde : eux, ils seront surpris par la destruction, mais «vous», croyants, vous n’êtes pas des ténèbres, en sorte que le jour, — le jour terrible dont les prophètes ont tant parlé (Joël 2:1, 2, 11 ; Sophonie 1:14-18, etc.), — vous surprenne comme un voleur ; et il continue : «Car vous êtes tous des fils de la lumière et des fils du jour ; nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres» (1 Thessaloniciens 5:1-5). Partout nous trouvons la même vérité, que l’espérance bienheureuse des chrétiens découle immédiatement de l’oeuvre de Christ, c’est-à-dire, elle est une chose qui lui est personnelle, une relation déjà formée avec lui et dont le bonheur éternel, pour nous, s’exprime par ces mots : «Ainsi nous serons toujours avec le Seigneur» ; tous les détails de sa venue pour les croyants sont donnés dans le passage qui se termine par cette assurance divine et infiniment précieuse pour nos coeurs (1 Thessaloniciens 4:13-17 ; voir aussi Tite 2:11-14).

Du moment où nous quittons cet aspect de la vérité qui se rapporte à la place actuelle du Seigneur dans les cieux, pour revenir à la terre (où règnent les ténèbres — Éphésiens 2:2, 3 ; 5:6-8, 6:11, 12), au monde qui a rejeté le Seigneur Jésus, la vraie lumière, et qui gît dans le méchant, — alors nous avons besoin de la lampe qui brille dans ce milieu obscur. Et nous trouvons, dans la Parole de Dieu, des témoignages abondants, et des plus clairs, au sujet des événements qui doivent se succéder, d’abord pour purifier la scène de ce monde par le jugement, ensuite pour y établir en gloire l’autorité universellement reconnue du Messie. Mais lorsqu’il viendra avec ses anges sur les nuées du ciel pour s’asseoir sur le trône de sa gloire, les saints de la période actuelle auront déjà été enlevés à sa rencontre pour être avec lui dans la maison du Père. Quand le Seigneur Jésus viendra pour régner, Dieu les amènera avec lui (1 Thessaloniciens 4:14). Et notez que, dans l’Apocalypse (chap. 19), les noces de l’Agneau sont célébrées dans le ciel avant que les armées qui y sont en sortent pour accompagner celui qui «juge et combat en justice». Les chrétiens souffrent à présent avec le Seigneur, mais ils régneront avec lui, lorsqu’il régnera (2 Timothée 2:12 ; Apocalypse 20:4-6). Le Seigneur régnera sur la terre ; mais ses rachetés régneront avec lui. On comprend facilement cette différence ; elle est de toute importance. Les rachetés ont leur part de bénédiction dans le «royaume céleste» du Seigneur, comme dit l’apôtre (2 Timothée 4:18) ; et ils ne perdront pas cette bénédiction lorsque le Seigneur entrera en possession de son «royaume du monde» (Apoc. 11:15-18 ; 12:10-12) ; «alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père» (Matthieu 13:43). Les chapitres 21, 22 de l’Apocalypse nous fournissent un beau tableau du règne millénial du Seigneur. On voit la partie céleste dans la cité illuminée par la gloire de Dieu, l’Agneau en est la lampe, et la partie terrestre de ce règne dans les nations qui marcheront par sa lumière, jouissant des bénédictions qui leur parviennent par le «fleuve d’eau vive sortant du trône de Dieu et de l’Agneau».

Après l’enlèvement de l’Église, la terre sera livrée à elle-même, — il n’y aura plus un seul chrétien pour prier pour les autorités, — jusqu’au moment où son iniquité sera consommée par l’Antichrist. Alors le Seigneur viendra pour juger. Dans 1 Thessaloniciens 4, il n’est pas dit que le Seigneur vient jusqu’à la terre. Au contraire, les siens sont enlevés à sa rencontre «en l’air» ; mais, plus tard, il viendra pour détruire l’Antichrist et rassembler ses élus des quatre vents des cieux, «ses pieds se tiendront, en ce jour-là, sur la montagne des Oliviers, qui est en face de Jérusalem, vers l’Orient» (Zacharie 14:1-5), et il est ajouté : «l’Éternel, mon Dieu, viendra, et tous les saints avec toi».

La seconde épître aux Thessalonicîens parle de ce terrible moment qui va arriver pour ce monde, dont le chef est déjà jugé (Jean 16:11), mais qui attend l’exécution de la sentence de la part de celui qui est lent à la colère, patient. Pour le monde incrédule, «le jour du Seigneur viendra comme un voleur» (2 Pierre 3:10).

148.     Qui habitera sur la terre pendant le millénium ? Que deviendront ceux qui auront part à la première résurrection ? Ceux qui font partie de l’Église seront-ils avec Israël sous le règne du Messie ?

Le millénium, ou la période de «mille ans» du règne de Christ (Apocalypse 20:6), sera l’accomplissement, de la part de Dieu, des bénédictions promises à Abraham, Isaac et Jacob, et confirmées à tant de reprises et avec tant de détails à David, «le roi selon le coeur de Dieu», et aux prophètes. Ce sont «les temps de rafraîchissement» dont l’apôtre Pierre parla aux Juifs à Jérusalem (Actes 3:12-26). Israël sera alors, comme peuple, converti à Dieu, «ils le connaîtront tous» (Jérémie 31:34) ; et, par eux, la connaissance du Seigneur sera répandue sur toute la terre ; Satan sera lié et le péché n’aura pas cours dans ce monde comme à présent. «La terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer» (Ésaïe 11:9). Le fondement de toutes ces bénédictions, d’ailleurs comprises dans «la nouvelle alliance», est le sang de Christ (Matthieu 26:28). Lorsque le peuple terrestre, les descendants d’Abraham selon la chair, se seront reconnus coupables et auront confessé leurs péchés, ayant regardé à celui qu’ils ont percé, ils entreront dans la jouissance du règne de Christ.

Ce règne doit être précédé, quoi qu’il en soit, par des jugements terribles, qui frapperont la terre incrédule, et, d’une manière spéciale, la chrétienté professante sans Dieu. Il est évident que nous avançons à grands pas vers cette crise finale.

Quant à ceux qui ont part à la première résurrection, il est dit, dans le chapitre 20 de l’Apocalypse, qu’ils régneront avec Christ. Le Seigneur lui-même dit aussi (Luc 20:35, 36) qu’ils seront semblables aux anges et qu’ils n’auront plus la même vie que nous connaissons sur la terre : tout sera changé.

Rien ne permet de supposer non plus que le Seigneur Jésus sera personnellement sur la terre, assis effectivement sur le trône de David pendant toute la durée de son règne. Au contraire, il est parlé avec détail, à la fin de la prophétie d’Ézéchiel, du prince qui régnera à Jérusalem, qui pourra donner des possessions spéciales à ses fils, aura des sacrifices à offrir, etc. D’autre part, tout sera soumis à l’autorité du Messie, et, de ce fait, ce sera lui qui régnera, quelle que soit la personne qui le représente. Christ viendra sur la terre au commencement ; ses pieds se tiendront sur la montagne des Oliviers (Zacharie 14), et il consumera l’Antichrist par l’apparition de sa venue. Il y aura alors des communications constantes entre le ciel et la terre. On en voit une indication dans l’échelle de Jacob (Genèse 28). Ceux qui ont part à la première résurrection auront des corps glorifiés. Israël sera le peuple choisi sur lequel le Messie régnera, et toutes les nations (c’est-à-dire tous ceux qui auront échappé aux jugements apocalyptiques), seront bénies par leur intermédiaire.

Quant à l’Église proprement dite, sa part est toute céleste ; elle est l’épouse de l’Agneau, formée dès maintenant par le Saint Esprit, en rapport avec la position actuelle du Seigneur Jésus Christ, homme dans la gloire. L’apôtre Jean l’a vue en vision, «descendant du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu», mais il n’est pas dit qu’elle vient jusqu’à la terre. Elle gardera toujours son caractère céleste, étant associée de la manière la plus intime au Seigneur lui-même et manifestée ainsi au jour de sa gloire (comparez Matthieu 13:43).

L’Église ne fait pas partie de la prophétie proprement dite, c’est-à-dire de la révélation de Dieu qui se rapporte à la terre ; elle est ce mystère caché dès les siècles, comme dit l’apôtre Paul, à qui Dieu a accordé la grâce d’en donner connaissance aux saints après que le Seigneur Jésus ait été exalté comme homme à la droite de Dieu. L’épître aux Éphésiens nous en présente divers aspects, mais toujours en rapport avec la rédemption accomplie par le Seigneur sur la terre, et avec sa place actuelle dans la gloire. C’est ce qui explique, d’un côté, le caractère céleste de l’Église ; et, d’un autre côté, pourquoi l’Église, en fidèle épouse, doit attendre du ciel son Seigneur pour qu’il la rende participante de sa gloire, sans qu’il soit question d’un accomplissement préalable des prophéties de l’Ancien Testament ou même de celles de l’Apocalypse.

Le chapitre 12 de l’Apocalypse, sous la figure de «l’enfant mâle» élevé dans le ciel, présente d’un seul coup, et comme un seul événement, l’ascension du Seigneur Jésus et l’enlèvement de l’Église «qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous» (Éphésiens 1:23). On y voit en figure et réunies comme dans un tableau, la naissance du Sauveur (Matthieu 2), son ascension dans le ciel (Actes 1), sa venue pour son assemblée (1 Thessaloniciens 4), et l’élévation de celle-ci pour régner avec lui (comparez Apocalypse 2:27, et 12:5, avec Psaume 2:7-9) ; car dans ce sens l’Église fait partie du Christ, «une seule chair» ; c’est le grand «mystère» dont parle l’apôtre dans le chap. 5 de l’épître aux Éphésiens. L’Apocalypse ne répète pas ces détails qui sont d’un prix inestimable pour nos âmes, mais elle présente les faits qui en sont la conséquence nécessaire, et le tout au point de vue de l’accomplissement des prophéties qui concernent spécialement le peuple juif. L’enlèvement de l’Église sera un moment de crise pour la terre, le dernier acte des voies divines de grâce qui caractérisent ce jour du salut ; il ôtera tout obstacle à la manifestation de l’Antichrist, l’homme de péché, et il permettra que les jugements prédits tombent sur la chrétienté corrompue et sur la nation juive incrédule. Dieu reprendra cependant ses relations avec Israël sur la base de la nouvelle alliance, et agira en puissance pour la manifestation de ceux qui, se fortifiant dans la foi des pères, espèrent parvenir aux choses glorieuses qui leur ont été promises (Actes 26:6, 7). ceux-ci, ou du moins tous ceux d’entre eux qui échapperont aux persécutions qui séviront sous le règne de l’Antichrist, formeront le noyau de la nation destinée aux bénédictions milléniales ; autour d’eux se grouperont, sous le sceptre du Messie, les dix tribus d’Israël retrouvées par les soins fidèles de Dieu. Et, par eux sans doute, la connaissance de l’Éternel sera répandue sur la terre, délivrée dorénavant des horreurs de la guerre.

Plusieurs passages semblent démontrer que, pendant le règne du Seigneur, le peuple de l’Éternel ne connaîtra pas la mort, à la condition toutefois de lui être fidèle ; car il est écrit que le méchant sera détruit du pays chaque matin (Psaume 101:8) ; c’est-à-dire que le mal sera puni aussitôt qu’il se manifestera. Nous devons nous rappeler que le règne du Messie sera l’exercice continuel du jugement et de la justice selon Dieu, mais il n’y aura pas alors l’entraînement au mal qui existe à présent, car Satan sera lié (Apocalypse 20). Au commencement du millénium, tout le peuple d’Israël connaîtra le Seigneur (Jérémie 31:34) après avoir passé par de profonds exercices de coeur (Zacharie 12:10-14 ; 13:1, 2) ; reste à savoir ce qu’il en sera de ceux qui seront nés au milieu de toutes les bénédictions et de la gloire du royaume et qui auront de la peine à se rendre compte de la corruption du coeur de l’homme qui ne tarde pas à se manifester du moment que l’occasion favorable se présente. Quoi qu’il en soit, il est très évident que Satan trouvera à la fin beaucoup de coeurs insoumis à Dieu, et il réussira à rassembler les nations qui sont aux quatre coins de la terre pour un dernier combat contre Dieu et contre les saints (Apoc. 20:7-10). Telle sera l’épreuve finale du coeur humain, dont l’état irrémédiable a été déjà démontré sous la loi et pendant la prédication actuelle de l’évangile de la grâce. Dieu seul, par son intervention directe, peut le briser et opérer la nouvelle naissance.

149.     Par quel moyen les nations qui ne font pas partie de ce que nous sommes habitués à nommer «la chrétienté» entendront-elles parler du Seigneur Jésus avant son règne ?

Dans tous les temps Dieu s’est fait connaître à l’homme de deux manières : par ses oeuvres et par une révélation directe. C’est ce qu’affirment plusieurs passages des Écritures. Nous en citerons deux ou trois. «Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’ouvrage de ses mains. Un jour en proclame la parole à l’autre jour, etc». (Psaume 19:1, 2). De même l’apôtre dit dans le premier chapitre de l’épître aux Romains : «Ce qui se peut connaître de Dieu est manifeste parmi eux ; car Dieu le leur a manifesté ; car, depuis la fondation du monde, ce qui ne se peut voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites, de manière à les rendre inexcusables». Comparez avec cela le Psaume 104, qui parle avec détail des voies de Dieu dans la création et de ses soins, rappelés par l’apôtre Paul à Lystre : «Le Dieu vivant, qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et toutes les choses qui y sont... ne s’est pas laissé sans témoignage, en faisant du bien, en vous donnant du ciel des pluies et des saisons fertiles, remplissant vos coeurs de nourriture et de joie» (Actes 14:15-17).

Quant à une révélation directe, nous l’avons dans la Bible, qui est la parole de Dieu. Il nous l’a donnée et a pris soin de la conserver malgré l’infidélité et l’insouciance des hommes, appropriant sa Parole à l’état de l’homme, à ses circonstances et à sa faiblesse pour le faire entrer en relation avec lui-même. Par elle, à des époques différentes, Dieu s’est fait connaître à l’homme par des révélations diverses, et chaque révélation a déterminé la relation spéciale dans laquelle Dieu voulait faire entrer le croyant. Dieu s’est fait connaître à Abraham comme le Tout-Puissant, à Moïse comme l’Éternel ; il s’est révélé dans son Fils, comme le Père — c’est le point de départ du «christianisme» — il sera connu pendant le règne millénial du Seigneur, comme «le Très-Haut sur toute la terre» (Psaume 83:18, etc.). Toute la terre sera remplie de la connaissance de sa gloire, et devra se soumettre à sa majesté (Habakuk 2:14). Or, ce règne sera introduit par des jugements, et il est écrit : «Lorsque tes jugements sont sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice» (Ésaïe 26:9).

La manière providentielle dont Dieu agira pendant une partie au moins de ce moment solennel est indiquée d’une manière positive dans l’Apocalypse (chap. 14:6, 7) : «Et je vis un autre ange volant par le milieu du ciel, ayant l’évangile éternel pour l’annoncer à ceux qui sont établis sur la terre, et à toute nation et tribu et langue et peuple, disant à haute voix : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ; et rendez hommage à celui qui a fait le ciel et la terre et la mer et les fontaines d’eaux». Il y aura aussi les «deux témoins» dont parle le chapitre 11.

Outre ces indications générales, il serait difficile de préciser les moyens que Dieu emploiera pour atteindre le coeur et la conscience des hommes lorsque les vrais chrétiens (qui font partie de l’Église) ne seront plus là pour prêcher l’évangile. D’ailleurs l’évangile qui est appelé «éternel» dans le passage cité ci-dessus, n’est pas celui qui est prêché pendant ce jour actuel de grâce et de salut. Nous pouvons prêcher la grâce parce que l’heure du jugement de Dieu n’est pas encore arrivée (voyez 2 Pierre 3:5-10). Dieu est patient ; mais lorsqu’il mettra un terme à sa longue attente, ceux qui auront entendu le message de sa grâce, et qui l’auront méprisé, n’auront plus l’occasion de se tourner vers lui. Une énergie d’erreur les saisira pour qu’ils croient au mensonge (2 Thessaloniciens 2:7-12). De là la responsabilité solennelle qui nous incombe de recevoir le message de Dieu lorsqu’il nous est présenté.

«Le mystère d’iniquité opère déjà ; seulement celui qui retient maintenant, le fera jusqu’à ce qu’il soit loin. Et alors sera révélé l’inique, que le Seigneur Jésus consumera par le souffle de sa bouche et qu’il anéantira par l’apparition de sa venue ; duquel la venue est selon l’opération de Satan, en toute sorte de miracles et signes et prodiges de mensonge, et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Et à cause de cela, Dieu leur envoie une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice».

150.     Le Juifs ramenés en Palestine au temps du millénium croiront-ils tous au Seigneur Jésus comme Sauveur, ou n’y en aura-t-il qu’un petit nombre ? Y aura-t-il des rebelles ?

Il est nécessaire de distinguer le résidu fidèle d’avec la masse de la nation juive incrédule qui recevra l’Antichrist et tombera sous les jugements divins. Par un effet de la justice de Dieu, l’aveuglement national atteindra ceux qui ont rejeté le Messie ; le Seigneur le leur disait : «Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez» (Jean 5:43). Mais Dieu saura se réserver, comme il l’a fait dans tous les temps, d’entre ce peuple «un résidu selon l’élection de la grâce», comme il est écrit : «Quand le nombre des fils d’Israël serait comme le sable de la mer, le résidu seul sera sauvé. Car il consomme et abrège l’affaire en justice, parce que le Seigneur fera une affaire abrégée sur la terre. Et comme Ésaïe a dit auparavant : Si le Seigneur Sabaoth ne nous avait laissé quelque semence, nous serions devenus comme Sodome et nous aurions été semblables à Gomorrhe» (Romains 9:27-29 ; 11:5 ; Ésaïe 1:9 ; 10:22, 23).

Après le retour du Seigneur, qui détruira l’Antichrist «par l’apparition de sa venue» (2 Thessaloniciens 2:8), Dieu opérera puissamment par son Esprit au milieu des dix tribus d’Israël actuellement perdues parmi les nations ; les Israélites seront ramenés dans leur terre, et ils connaîtront tous l’Éternel, depuis le plus petit d’entre eux jusqu’au plus grand. L’Esprit sera versé d’en haut sur eux (Ésaïe 32:15 ; Jérémie 31:33, 34 et 32:37-42). Beaucoup d’autres passages annoncent ce jour de bénédiction ; c’est l’un des grands sujets de la prophétie, car l’Éternel accomplira à la lettre les promesses qu’il a faites sans condition aux descendants d’Abraham selon la chair. Ils seront tous «enseignés de l’Éternel» ; leur paix sera grande. Juda et Israël ne formeront qu’une «seule nation dans le pays, sur les montagnes d’Israël : un seul roi sera leur roi à tous ; et ils ne seront plus deux nations, et ils ne seront plus divisés en deux royaumes» (Ésaïe 54:13 ; Ézéchiel 37:22).

151.     Dans la multitude des nations qui vivront pendant le règne du Seigneur Jésus, y en aura-t-il un grand nombre qui se convertiront et seront sauvés ?

Pendant le règne du Seigneur, Satan sera lié, et il n’exercera pas la même séduction qu’à présent : le mal sera bridé par l’intervention directe de Dieu bien que le coeur de l’homme ne puisse être changé. Cela est abondamment prouvé par l’influence que Satan exercera à nouveau sur les nations lorsqu’il sera délié de sa prison pour un peu de temps, «quand les mille ans seront accomplis» (Apocalypse 20:7 -10). Toutefois, il est écrit que «quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera sauvé», et «c’est en lui que les nations espéreront», car la terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer» (Ésaïe 11:9, 10 ; Joël 2:32 ; Actes 15:17 ; Romains 15:8-12). Les nations marcheront à la lumière de la cité céleste c’est-à-dire l’Église), dont nous trouvons la description merveilleuse dans le chapitre 21 de l’Apocalypse.

152.     À quelle résurrection appartiendront les Juifs croyants du millénium ? Ou bien ne mourront-ils pas ?

D’après le chapitre 20 de l’Apocalypse, verset 4 -6, il semble que «la première résurrection» sera complète au commencement du règne millénial de Christ. Ceux qui seront ressuscités alors régneront avec le Christ ; ils sont appelés bienheureux. Par contre, ceux qui échapperont aux dernières persécutions sous l’Antichrist et le chef de l’empire romain de ce temps-là, entreront dans la pleine jouissance des bénédictions terrestres ; le Seigneur régnera sur eux. Rien ne nous montre que les Israélites croyants mourront pendant le millénium. Ceux qui demeureront dans la justice vivront ; le méchant seul sera retranché (Psaume 101:8).

L’état éternel surviendra à la fin quand «l’habitation de Dieu sera avec les hommes», tous alors revêtus de leurs corps glorieux. Toutes choses auront été assujetties au Fils de Dieu, et il remettra le royaume à Dieu le Père, et Dieu sera tout en tous (1 Corinthiens 15:24-28 ; Apocalypse 21:3). Cet état de choses est présenté dans la deuxième épître de Pierre (chap. 3:13) : «de nouveaux cieux et une nouvelle terre dans lesquels la justice habite». Alors sera accomplie la parole : «Je fais toutes choses nouvelles». Mais avant cela, le jugement «des morts» aura clos l’histoire de l’homme mis à l’épreuve sous les diverses dispensations de Dieu. Ce jugement solennel est décrit dans le chapitre 20 de l’Apocalypse, versets 11 à 15. Tous ceux qui comparaîtront devant le grand trône blanc sont appelés des morts. Ils sont jugés d’après leurs oeuvres. La preuve en est faite par l’absence de leurs noms dans «le livre de vie» ; et quiconque ne s’y trouve pas écrit est jeté dans l’étang de feu.

Dieu nous a donné d’avance la connaissance de ces choses afin que nous comprenions la solennité de notre position vis-à-vis de lui, et la mesure de notre responsabilité. Qu’il nous donne des oreilles pour l’écouter et un coeur pour en profiter !