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Que dit l’ÉCRITURE ? (Rom. 4:3)
Réponse à 150 questions touchant divers sujets bibliques ou de la vie chrétienne, posées par les lecteurs du périodique «le Salut de Dieu» entre 1873 et 1917 (par W.J.Lowe puis Élie Périer)
«Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi» Jean 5:39
«Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre» 2 Timothée 3:16, 17
«Et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» Actes 17:11
Sommaire
1 . Gen. 2:17. La mort, salaire du péché
2. Gen. 3:15. La semence du serpent
3. Gen. 14 ; Héb. 7. Melchisédec
4. Gen. 24:47. Anneau et bracelets de Rébecca
5. Exode 3:2. Vision de Moïse à Horeb
6. Exode 18. Moïse et Jéthro. Dépendance de Dieu
7. Lév. 14. Purification du lépreux. Symbolisme des éléments employés
8, Deut. 10. L’arche de l’alliance de l’Eternel
9. Deut. 15. Relâche de la septième année
10. 2 Chron. 20. Leçon à tirer des navires de Tarsis
11. Ps. 22 ; Matt. 27:46. Caractères de l’abandon de Christ
12. Ps. 102:4, Le coeur frappé et desséché comme l’herbe
13. Prov. 8. Qui est la sagesse dans ce chapitre ?
14. Éccl. 3:19-21. Différence entre l’homme et la bête ?
15. Éccl. 7:15. La part du juste et celle du méchant
16. Jér. 1:17. Le jugement dont le prophète est menacé
17. Lam. 3:27 ; Matt. 11:29-30. Porter le joug
18. Dan. 11:35. Pourquoi Dieu permet-il que des justes tombent ?
19. Mal. 3 ; Apoc. 22. Le soleil de justice et l’étoile du matin
20. Matt. 5:13 ; Marc 9:50. Signification du sel
21. Matt. 5:25-26. Se mettre en règle avec sa partie adverse
22. Matt. 11:3, 11 . Jean le baptiseur. Sa question au Seigneur
23. Matt. 11:12. Le royaume pris par violence
24. Matt. 12:32. Le péché qui ne sera jamais pardonné
25. Matt. 16:18. Les portes du hadès ne peuvent pas prévaloir contre l’Assemblée
26. Matt. 16:24 ; Luc 9:23. Prendre sa croix
27. Matt. 16:28. Voir le Fils de l’homme venant dans son royaume
28. Matt. 17:3. Pierre reconnaît Moïse et Élie
29. Matt. 18:12-14 ; Luc 15:1-7. S’agit-il des mêmes paraboles ?
30. Matt. 19:23-24. Le royaume de Dieu et le royaume des cieux
31. Matt. 24. La grande tribulation et le jugement des nations
32. Matt. 24:21 ; Apoc. 7:14. S’agit-il de la même grande tribulation ?
33. Matt. 25. Le jugement des nations est-il final ?
34. Marc 14:40-42. Dormez dorénavant et reposez-vous
35. Luc 5:36 ; Matt. 9:16. Le drap neuf et le vieil habit
36. Luc 10:5. Comment pouvons-nous être des fils de paix ?
37. Luc 11:13. Faut-il demander à recevoir le Saint Esprit ?
38. Luc 11:47-48. Les pharisiens bâtissant les tombeaux des prophètes
39. Luc 12:10-12. Confesser Christ et le péché contre le Saint Esprit
40. Luc 14:26 ; Marc 10:29, 30 ; Éphés. 6:1-4 ; Col. 3:20. Faut-il vraiment haïr son père, sa mère, sa propre vie ?
41. Luc 15. Pourquoi le fils prodigue est-il revêtu par le père ?
42, Luc 16:9. Se faire des amis avec les richesses injustes
43. Luc 16:19-31 : Jean 5:24-29. La joie ou les tourments aussitôt après la mort ou seulement après la résurrection ?
44. Luc 17:35. Pris pour la bénédiction ou pour le jugement ?
45. Luc 20:34-36. S’agit-il des Juifs ou du monde entier ?
46. Luc 22:20. Portée de la nouvelle alliance
47. Luc 22:35-36 ; Luc 9:3. Prendre ou ne pas prendre une bourse ou un sac ?
48. Luc 22:36-38. Peut-on résister par la force ?
49. Ésaïe 6:5 ; Jean 1:18 ; 1 Jean 4:12. Voir Dieu ?
50. Jean 3:5. Être né d’eau et de l’Esprit
51. Jean 3:16. Dieu aime-t-il encore le monde ?
52. Jean 10:34. Comment comprendre l’expression : «Vous êtes des dieux» ?
53. Jean 14:2. Signification des «plusieurs demeures»
54. Jean 14:2. À quel moment le Seigneur a-t-il préparé notre place ?
55. Jean 14:12. Quelles sont les oeuvres plus grandes ?
56. Jean 16:33. Sens des paroles du Seigneur : «J’ai vaincu le monde»
57. Jean 17:9. Ne faut-il pas prier pour le monde ?
58. Jean 17:11. Quel est le nom que le Père a donné à Christ ?
59. Jean 20:17. Pourquoi Marie de Magdala ne devait-elle pas toucher le Seigneur ?
60. Act. 7:56 ; Héb. 1:3, 13 ; 10:12 ; 12:2. Le Fils de l’homme debout et assis
61. Act. 16:37 ; 22:25. La conduite de l’apôtre Paul
62. Act. 21:20-26. Le voeu de l’apôtre Paul dans le temple
63. Rom. 4:25. Signification de la justification dans ce passage.
64. Rom. 5:14. Adam, figure de Christ.
65. Rom. 6:7 ; Gal. 3:4. Doctrine touchant la loi et la grâce
66. Rom. 8:3. Quel est le sens de cette expression : «a condamné le péché dans la chair». Différence entre le péché et la chair. Le péché du croyant a-t-il été aussi porté à la croix ?
67. Rom. 8:16. Que signifie : «L’Esprit rend lui-même témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu» ?
68. Rom. 9:16 et Matt. 7:7-8. Y a-t-il contradiction ?
69. 1 Cor. 3:9. Collaborateurs de Dieu
70. 1 Cor. 3:17. Dieu le détruira
71. 1 Cor. 8:11. Le frère périra par ta connaissance
72. 1 Cor. 10:23. Toutes choses me sont permises
73. 1 Cor. 11:10-13. La femme qui prie doit-elle se couvrir la tête ?
74. 1 Cor. 9:24-27 ; 11:30-32. Achever la course, remporter le prix
75. 1 Cor. 14:34-35. Exercice du don de prophète chez la femme.
76. 1 Cor. 15:8. Pourquoi l’apôtre se compare-t-il à un avorton ?
77. 1 Cor. 15:29. Baptême pour les morts
78. 2 Cor. 5:3. Que signifie : «être trouvés nus» ?
79. 2 Cor. 5:10. Comment notre pleine délivrance et notre manifestation devant le tribunal de Christ sont-ils compatibles ?
80. 2 Cor. 5:19. Dieu était en Christ
81. Éphés. 1:4 ; Col. 1:22, 1 Jean 4:17. Comment ces passages s’appliquent-ils à nous ?
82. Éphés. 4:8. Signification et comparaison avec 1 Pier. 3:19-21
83. Éphés. 6. Le peuple d’Israël avant et après le Jourdain
84. Éphés. 6:10-20. Quel est ce combat ?
85. Éphés. 6:14, 16. La cuirasse de la justice, le bouclier de la foi
86. Philip. 2:12 ; 3:8-11. Travailler à son propre salut
87. Philip. 3:11. De quelle résurrection Paul parle-t-il ?
88. 1 Thess. 5:10. S’agit-il ici de la mort ou du sommeil spirituel ?
89. 1 Thess. 5:21. Éprouver toutes choses, retenir ce qui est bon
90. 1 Tim. 2:4 ; Act. 28:26-27. La volonté de Dieu quant au salut et notre responsabilité
91. 1 Tim. 3:1 ; 1 Cor. 14:1, 3, 39. Aspirer à la surveillance, désirer des dons.
92. 1 Tim. 6:12-13. La belle confession
93. 2 Tim. 2:12 ; Jean 10:28. Si nous le renions, il nous reniera
94. Tite 1:1-2. À qui Dieu a-t-il fait des promesses avant les temps des siècles ?
95. Tite 2:11. Vivre justement
96. Tite 3:5. Lavage de la régénération et renouvellement du Saint Esprit
97. Héb. 4:11. Signification du repos dans ce passage
98. Héb. 4:12 ; 1 Thess. 5:23. Différence entre l’âme et l’esprit
99. Héb. 6:4-6 ; 2 Pier. 2:20-22. Quelqu’un qui est scellé du Saint Esprit peut-il perdre son salut ?
100. Héb. 7:3 ; 2 Chron. 26:16-21. Melchisédec, Ozias
101. Héb. 9:23. Purification des choses célestes
102. Héb. 11:39 ; 6:15. Promesses faites à Abraham. Y a-t-il contradiction ?
103. Héb. 13:17 et Matt. 23:8. Quelle différence faut-il faire entre ces conducteurs ?
104. Héb. 13:7, 17 et Matt. 23:8. Faut-il reconnaître ou être sur ses gardes vis-à-vis de ces conducteurs ?
105. Jacq. 5:16. Confession des péchés
106. Jacq. 5:16. Confession publique des péchés
107. 1 Pier. 3:19-20. Christ prêchant aux esprits en prison
108. 2 Pier. 3:12. Hâter la venue du jour de Dieu
109. 1 Jean 2:6. Marcher comme Lui a marché. Quel est le sens de ce passage ?
110. 1 Jean 2:27. Que signifie ce passage : «Vous n’avez pas besoin que personne vous enseigne» ?
111. 1 Jean 3:20. Si notre coeur nous condamne
112. 1 Jean 5:16. Le péché à la mort
113. Jude 23. Les arrachant hors du feu, haïssant même le vêtement souillé par la chair
114. Apoc. 1:5. Le premier-né des morts
115. Apoc. 3:9. La synagogue de Satan
116. Apoc. 4:6-8. Les quatre animaux
117. Apoc. 5:9. Pourquoi le cantique est-il appelé nouveau ?
118. Apoc. 5:10. Pourquoi est-il dit : «Tu les as faits rois» ?
119. Apoc. 6:9. Les âmes sous l’autel
120. Apoc. 7:9-17. Une grande foule. Dans Matt. 20:16 ; 7:14 : Peu d’élus
121. Apoc. 14:13. Quels sont les morts bienheureux dont parle ce passage ?
122. Apoc. 20:5-6. La première résurrection
123. Apoc. 20:5-6. Quand donc la première résurrection sera-t-elle achevée ?
124. Apoc. 21. Le tableau de l’Église dans ce passage
125. La maison de Dieu à Silo
126. Signification morale du miel dans l’Écriture
127. Le mot chair dans le Nouveau Testament. Sa signification
128. Y a-t-il une différence entre un pécheur et un pécheur perdu ?
129. Sommes-nous moins responsables qu’Adam ?
130. Peut-on marcher avec Dieu sans savoir que le péché est ôté ?
131. La foi sans oeuvres est-elle concevable ? et l’inverse ?
132. Les Saints de l’Ancien Testament étaient-ils en Christ ?
133. Y a-t-il simultanéité entre la conversion et la réception du Saint Esprit ?
134. Le Saint Esprit peut-il habiter là où se trouve une nature pécheresse ?
135. Comment savoir que l’on possède le Saint Esprit ?
136. Y a-t-il pardon pour un professant qui retourne à sa conduite passée ?
137. Le Seigneur a-t-il porté le péché des incrédules ?
138. Comment concilier l’amour de Dieu et le péché avec ses conséquences présentes et éternelles ?
139. La ruine de l’Église atténue-t-elle la responsabilité du chrétien comme membre du corps de Christ ?
140. Fraction du pain, qui peut y participer ?
141. Le travail du dimanche
142. Doit-on s’abstenir du sang ?
143. La femme peut-elle parler dans l’Assemblée ? Quand et pourquoi doit-elle se couvrir ?
144. Le chrétien et le travail manuel
145. Prier pour ou avec quelqu’un
146. Emploi des collectes
147. Le retour du Seigneur sera-t-il précédé ou non par des signes ?
148. Les habitants de la terre pendant le Millénium
149. Comment les nations entendront-elles parler du Seigneur avant son règne ?
150. Tous les Juifs ramenés en Palestine croiront-ils ?
151. Y aura-t-il pendant le règne beaucoup de conversions parmi les nations ?
152. À quelle résurrection appartiendront les Juifs convertis du Millénium ?
Avant-propos
Il est toujours utile et en bénédiction pour nos âmes d’examiner avec soin chaque mot, chaque détail de la Parole de Dieu. C’est une lecture qu’il faut faire avec prière, en se gardant d’y chercher un appui à des idées préconçues ou de vouloir définir ce que l’Écriture ne définit pas. Ne limitons pas non plus l’application des passages où l’Esprit de Dieu s’exprime en termes propres à agir sur la conscience de chacun. Nous risquons beaucoup de perdre le profit d’une exhortation ou d’un avertissement si nous disons avec légèreté : «ce passage ne me concerne pas»..Car cette Parole nous sonde. Elle est un miroir fidèle, qui révèle notre état réel et nous apprend en même temps quelles sont les richesses de la grâce de Dieu à notre égard.
En lisant ainsi nous éprouverons souvent combien les pensées de Dieu sont profondes (Ps. 92:5). «Comprends-tu ce que tu lis ?» demande Philippe à l’Éthiopien. Question que nous devons souvent nous poser. «Comment donc le pourrais-je, si quelqu’un ne me conduit» répond cet homme (Actes 7:30, 31). Plus nous lisons attentivement l’Écriture et plus nous sentons aussi le besoin d’être aidés pour en saisir le sens. Certes le Saint Esprit communique souvent directement la vérité à celui qui la cherche avec droiture, les croyants de tous les temps en ont fait l’expérience. Mais n’était-ce pas le Saint Esprit qui avait veillé à ce que cet Éthiopien soit instruit, alors qu’il lisait le livre d’Ésaïe ? Il avait commandé à Philippe : «Approche-toi et joins-toi à ce char» (v. 29). Ainsi emploie-t-il tels ou tels de ceux auxquels il a déjà enseigné la vérité, comme des instruments «capables d’instruire aussi les autres» (2 Tim. 2:2). Leur ministère oral ou écrit doit donc avoir du prix pour nos coeurs. Combien est profitable l’explication dans toutes les Écritures des choses qui rendent témoignage au Seigneur Jésus Christ lui-même !
D’où ce recueil qui n’a rien d’un dictionnaire ou d’un répertoire biblique, encore moins d’un exposé méthodique des vérités ou des doctrines de l’Écriture. La diversité des sujets abordés résulte des questions posées pendant environ une quarantaine d’années (entre 1873 et 1917) par les lecteurs du périodique d’évangélisation le Salut de Dieu à son rédacteur, W.J. Lowe, aidé et continué dans cette tâche par Élie Perier. Mais chacun pourra remarquer l’unité de pensée dans ces réponses, à la fois judicieuses et spirituelles. Notre prière est que cet ouvrage rende, avec le secours de l’Esprit, la vivante et permanente Parole de Dieu plus précieuse à un grand nombre de ses lecteurs. Affermis dans la vérité, nous pourrons porter plus de fruit à la gloire de notre Seigneur.
Les questions n° 1 à 124 se rapportent à des passages de l’Écriture. Les questions n° 125 à 152 traitent de questions diverses.
1. Quelle est la portée de la parole : «Au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement» (Genèse 2:17) ? Comment la mort est-elle ici envisagée ?
Deux remarques nous aideront à saisir ce dont il est ici question : d’une part, la nature de la vie dont Adam jouissait, et, d’autre part, la responsabilité sous laquelle il était placé et qui correspondait à sa relation avec Dieu. L’homme n’a pas été créé comme les animaux : au lieu de surgir de la terre comme être vivant, à la seule parole créatrice de Dieu, il a été formé de la poussière du sol et il «devint une âme vivante» par la respiration de vie que Dieu souffla dans ses narines (Genèse 2:7). Or ce «souffle de vie» constitue l’existence éternelle de l’âme. Quant au corps, on voit au chapitre 3, verset 22, que Dieu intervint pour empêcher que l’homme ne mangeât de l’arbre de vie et n’entretînt ainsi à jamais, après sa chute, une existence d’inimitié contre Dieu.
En ce qui concerne l’état d’Adam innocent, je cite quelques lignes des Études sur la Parole (J.N. Darby) :
«Dans le jardin, la connaissance du bien et du mal n’existait pas encore pour notre premier père : l’obéissance (en s’abstenant d’un acte qui n’aurait pas été péché, s’il n’avait pas été défendu) constituait, à elle seule, l’épreuve qui lui était imposée. Ce n’était pas une prohibition du péché, ni l’obligation imposée du bien comme en Sinaï, alors que le bien et le mal étaient connus».
Ce point est très important. On voit que la défense faite de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ne supposait pas le péché, qui, de fait, n’existait pas encore. En cela, la défense fait contraste avec la loi de Moïse. L’homme fut mis à l’épreuve au point de vue de l’obéissance seulement ; son bonheur se trouvait dans la dépendance de Dieu qui l’avait créé et qui l’avait entouré de tous biens. En écoutant le serpent, qui éveilla dans son coeur un doute quant à la suprême bonté de Dieu, il se laissa aller à la désobéissance, et le péché entra dans le monde, et, avec le péché, la mort (Voyez Romains 5). Les rapports de l’homme avec Dieu furent dès lors rompus. Il ne pouvait plus connaître Dieu que par la foi, par le moyen de la conscience (acquise en mangeant de l’arbre défendu), aussitôt que celle-ci serait réveillée par la grâce divine. D’abord, en prononçant le jugement sur le serpent, Dieu fit entrevoir à Adam qu’il y aurait un libérateur suscité de la postérité de la femme, qui était tombée la première dans la transgression. Ensuite, en le chassant du jardin, Dieu le revêtit de vêtements de peau, qui rendaient témoignage à la mort, figure de la délivrance de son état de péché, à laquelle la grâce de Dieu a pourvu pour lui, par la mort d’un substitut.
Mais le jugement prononcé sur Adam fut d’abord un jugement relatif à la terre (Genèse 3:17-19). Il devait la travailler péniblement, mangeant son pain à la sueur de son front, jusqu’à ce qu’il retournât au sol d’où il avait été pris ; «car», lui est-il dit, «tu es poussière, et tu retourneras à la poussière». Dieu ne dit rien là quant à un jugement de l’âme.
Du reste, tout en donnant dans tous les temps par sa Parole les indications nécessaires pour former et entretenir la foi, Dieu a réservé la pleine révélation touchant la mort et le jugement pour la venue dans ce monde de «la semence de la femme», dont Dieu avant parlé, notre Seigneur Jésus Christ. Il «a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile» (2 Timothée 1:10). Il a parlé aussi du jugement et des peines éternelles réservés à ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui n’obéissent pas à l’évangile.
Dans les épîtres, la mort est présentée soit comme les gages du péché (voyez, par exemple, l’épître aux Romains 6:23), soit comme caractérisant notre état moral vis-à-vis de Dieu (Éphésiens 2, Colossiens 2), où il est dit que Dieu nous a fait parvenir son salut lorsque nous étions «morts dans nos fautes et dans nos péchés».
Dans l’Apocalypse, ceux qui se tiennent devant le grand trône blanc pour être jugés, sont envisagés comme «morts» ; et le terrible jugement qui les atteint, est appelé «la seconde mort».
2. Quelle est «la semence du serpent» dont il est parlé dans Genèse 3:15 ?
La question ne porte que sur la phrase centrale du verset, car dès qu’il est parlé de ce qui doit arriver au Christ, nous trouvons la mention du serpent lui-même et non de sa «semence» : «Tu lui briseras le talon», en même temps qu’il est dit que la semence de la femme (Christ) devait briser la tête du serpent.
Il est écrit de Caïn qu’il était «du méchant» et tua son frère (1 Jean 3:12). Un peu plus haut, dans le même chapitre, nous lisons que le Fils de Dieu a été manifesté pour détruire les oeuvres du diable, ainsi que pour mettre en pleine lumière la distinction entre les deux familles, celle de Dieu et celle de Satan. De plus, le Seigneur Jésus, en parlant aux pharisiens qui ne voulaient ni de Lui, ni de son enseignement, dit qu’ils avaient pour père le diable, et cherchaient à accomplir ses convoitises, à savoir le mensonge et le meurtre. En vain les pharisiens prétendaient-ils être la postérité d’Abraham, Jésus leur répond que s’il en était ainsi, ils auraient fait les oeuvres d’Abraham (Jean 8:39-44).
Il est donc évident que par la semence du serpent, il faut entendre ceux qui l’écoutent et qui suivent ses voies, fruit d’une inimitié implacable contre Dieu. Le serpent, pour arriver à ses fins, avait cherché à établir une entente entre lui et la femme, faisant d’elle sa complice et sa dupe, afin de déshonorer Dieu par le moyen du chef-d’oeuvre de sa création. Mais Dieu a voulu mettre l’inimitié entre lui et la femme, ainsi qu’entre leurs «semences» respectives. Les deux familles se dessinent dans ce monde, partout où la vérité trouve une entrée. Le monde entier «gît dans le méchant» ; il a haï Jésus, l’a rejeté et l’a crucifié. Christ et les siens ne sont pas du monde ; c’est pourquoi, dit le Seigneur : «le monde vous hait» (Jean 15:19 ; 17:16). Le monde aime ce qui est sien, mais Jésus est venu pour que nous soyons délivrés du pouvoir des ténèbres et transportés dans son royaume (Colossiens 1:13). Puissions-nous manifester par notre marche que nous sommes de Lui !
3. Doit-on considérer Melchisédec qui vient à la rencontre d’Abraham comme une apparition du Seigneur, ou seulement comme une figure ou un type de Christ ?
Tout le chapitre 7 de l’épître aux Hébreux, pris en rapport avec la citation du Psaume 110, montre que le récit contenu dans le chapitre 14 du livre de la Genèse se rapporte à une personne qui vivait sur la terre du temps d’Abraham. Une seule remarque entre autres, suffirait pour établir le caractère exceptionnel de ce temps-là : c’est que trois ou quatre des descendants immédiats de Noé vivaient encore. Héber a même survécu à Abraham. Toutefois, quelque intéressants que soient ces détails, nous n’avons pas à nous y arrêter. Le Saint Esprit, dans l’épître aux Hébreux, se sert non pas de certains faits avérés au sujet du roi de Salem, mais du récit inspiré, qui présente un type des plus remarquables de Celui qui devait venir. Il est écrit que Melchisédec fut «assimilé au Fils de Dieu» (Hébreux 7:3). Or, l’expression «assimilé» s’adapte évidemment au récit de Moïse. Dieu a donné par le Saint Esprit les mots précis par lesquels Il voulait que la rencontre avec Abraham fût décrite. Ces mots fournissent donc l’explication du passage des Psaumes : «Tu es sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec». L’auteur de l’épître n’en sort pas, ni ne cherche, en puisant dans la tradition ou ailleurs, à compléter la courte histoire de cet homme extraordinaire. Tout ce que nous connaissons de lui est contenu dans trois versets de la Genèse ; mais ils suffisent pour présenter clairement ce qu’est la sacrificature actuelle de Christ. Ils vont même plus loin, et indiquent ce que sera cette sacrificature, lorsque son royaume sera établi en gloire sur la terre. Mais pour nous, la vérité importante est que Jésus, assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux, est dès à présent sacrificateur pour nous. Celui qui a dit : «Assieds-toi à ma droite», a dit aussi : «Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédec» (Psaume 110:1:4). L’explication donnée dans le chapitre 7 de l’épître aux Hébreux nous fait comprendre, sous beaucoup de rapports, et l’importance du récit inspiré de la Genèse, et le caractère de la sacrificature valable pour nous pendant la durée de notre course terrestre.
4. Que représentent l’anneau mis au nez de Rebecca et les bracelets à ses mains ? (Genèse 24:47).
L’anneau au nez et les bracelets aux mains faisaient et font encore partie des ornements des femmes en Orient. Il faut remarquer que c’étaient surtout les femmes mariées qui les portaient. Le serviteur d’Abraham en les donnant à Rebecca montrait qu’il la considérait comme la fiancée d’Isaac. Il l’ornait par avance des dons de son époux.
Or Isaac est une figure de Christ en résurrection. Par conséquent, Rebecca serait un type de l’Église que l’Esprit Saint, représenté par le serviteur, forme et orne des dons célestes, la conduisant à travers le désert jusqu’à la rencontre de son époux.
Les ornements donnés à Rebecca représentent donc ces grâces, ces bénédictions, dont l’Église jouit comme arrhes de ce qu’elle possédera avec Christ quand il héritera de toutes choses.
Peut-être pourrait-on dire que l’anneau qui brille sur le visage de Rebecca est une figure du témoignage que l’Église, comme fiancée à Christ, doit rendre à son Seigneur. Le devoir de tout chrétien est de reconnaître qu’il est à lui, d’annoncer ses vertus. Les bracelets aux mains font penser au dévouement dans «tout ce que la main trouve à faire» (Écclésiaste 9:10). Tout le service de l’Église est pour Christ, puisqu’il vient de lui. Lui-même a donné tous les dons (voyez Éphésiens 4:7-13). Mais il ne faut pas trop insister sur les détails ; nous avons à être sobres en toutes choses. Retenons le sens général des dons faits par le serviteur à Rebecca.
5. Quelle instruction pouvons-nous tirer de la vision que Moïse vit à Horeb ? (Exode 3:2).
Les circonstances spéciales dans lesquelles Moïse se trouvait et le service auquel Dieu l’avait destiné nous aident à saisir un peu les pensées de Dieu. Dieu allait l’envoyer pour retirer le peuple d’Israël du cruel esclavage sous lequel il gémissait en Égypte. L’Éternel n’avait pas oublié l’empressement de Moïse à intervenir pour le soulagement de ses frères, quarante ans auparavant, alors qu’il possédait, au point de vue humain, tous les avantages possibles pour rendre efficace son intervention. La faveur dont il jouissait à la cour du Pharaon, — ayant été élevé par sa fille, — son grand savoir, sa force physique, sa droiture, l’élévation de son esprit, tout le désignait comme un homme de qui l’on pouvait attendre de grandes choses. Peut-être Moïse avait-il aussi lui-même la pensée que sa propre capacité et des aptitudes spéciales le rendaient propre à être le libérateur. En tout cas la droiture de ses intentions le met au-dessus de toute suspicion, bien que ses frères ne l’aient pas compris. Dieu lui tient compte de son dévouement, et du choix qu’il avait fait de s’identifier avec ses frères opprimés plutôt que de s’attacher aux grandeurs de la cour du Pharaon. Il est écrit de lui : «Par la foi, Moïse, étant devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte» (Hébreux 11 :24-26). Mais Moïse dut faire l’expérience que le seul nom de l’Éternel vaut plus que toutes les prétentions et que tous les avantages humains. Ses premiers efforts n’aboutirent qu’à une fuite honteuse, et, pendant quarante ans, il dut mener la vie d’un simple berger dans les pâturages de Sinaï, inconnu et oublié. Ainsi il pouvait sembler que tous les avantages exceptionnels qu’il avait possédés ne porteraient jamais le moindre fruit. Moïse avait surtout besoin d’être délivré de lui-même, et de comprendre ce que c’était que de se confier en Dieu.
Lorsqu’enfin vient le moment où Dieu l’envoie en Égypte, on ne retrouve plus chez lui l’empressement de sa jeunesse. Au contraire, il fait toutes sortes de difficultés, au point même de demander que Dieu se serve plutôt de quelque autre instrument pour accomplir une si grande oeuvre. Hélas ! comme on l’a fait remarquer, l’obéissance n’a pas un grand prix pour nos faibles coeurs lorsqu’elle n’est pas mélangée avec l’énergie charnelle, dont Dieu ne veut pas. Moïse à dû apprendre sa leçon et marcher dans le chemin que Dieu lui traçait. Ce n’était pas un bras de chair mais Dieu lui-même qui devait opérer la délivrance du peuple d’Israël, et Moïse allait être en Égypte le messager de Dieu auprès du grand roi. L’Éternel lui dit : «J’ai vu, j’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu le cri qu’il a jeté à cause de ses exacteurs ; car je connais ses douleurs. Et je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens» (Exode 3:7:8).
Moïse avait donc besoin d’apprendre ce qui convenait à la présence de Dieu, et en même temps quels devaient être les rapports entre un Dieu saint et un peuple chargé d’iniquité, — rebelle dès le jour où Moïse l’avait connu (Deutéronome 9:6, 7, 24). Ces deux choses il les a apprises dans le buisson ardent de feu, qui toutefois n’était pas consumé. Dieu était là, le Dieu du père de Moïse, le Dieu de ses ancêtres avec lesquels l’alliance avait été faite. C’était bien la grâce qui se manifestait en faveur du peuple opprimé ; mais Dieu est un Dieu de sainteté, et dans sa présence Moïse dut ôter ses sandales, comme il dut aussi cacher son visage. Dieu était là comme un feu consumant, ayant «les yeux trop purs pour voir le mal et contempler l’oppression» (Hab. 1:1-3) ; mais, en même temps, un Dieu sauveur qui, nullement indifférent aux afflictions de son peuple, voulait au contraire accomplir en sa faveur les promesses qu’il avait faites à ses pères. Aussi cette double leçon de la grâce et de la sainteté divines fut-elle désormais pour Moïse le mobile de sa vie et sa force dans les moments pénibles qu’il eut à traverser dans la suite. Puissions-nous l’apprendre aussi dans son accomplissement parfait, à la croix de notre Seigneur Jésus Christ.
6. Dans les circonstances racontées au chapitre 18 de l’Exode, Moïse n’aurait-il pas dû demander conseil à Dieu au sujet de la recommandation que lui fit son beau-père Jéthro, sacrificateur de Madian ?
Nous avons certainement des leçons à apprendre quant à la dépendance continuelle de Dieu qui convient à tout croyant. Il a plu à Dieu de nous donner des récits qui font voir les serviteurs de Dieu tels qu’ils étaient. Les hommes en auraient fait des héros qui seraient presque devenus des objets de culte, comme cela est arrivé. Mais Dieu qui voit tout et connaît tout, veut que toute conscience chrétienne soit exercée par le moyen de ce qui est écrit. Toutefois, pour le cas qui nous occupe, il ne faut pas confondre le chapitre 18 de l’Exode avec Nombres 11:10-29, où Moïse éprouvait péniblement la charge du peuple trop grande pour lui. Les circonstances étaient toutes différentes.
Rappelons-nous aussi ce que dit l’apôtre : «Aucune prophétie de l’Écriture ne s’interprète elle-même» (2 Pierre 1:20). C’est dire qu’il faut l’envisager comme faisant partie de la révélation complète que Dieu nous a donnée, laquelle s’étend bien au-delà des circonstances spéciales dont il est question. On peut lire tel ou tel passage au point de vue moral ; ou bien, on peut le considérer au point de vue prophétique, comme un exposé des pensées de Dieu quand à l’avenir où tout sera accompli pour la gloire de Christ. Envisagé ainsi, Exode 18 a trait au millénium.
7. Quelle est la signification des deux oiseaux, du bois de cèdre, de l’écarlate et de l’hysope, employés dans la purification du lépreux (Lévitique 14:3-7, 49-53) ?
La lèpre, comme type, représente cette activité de notre nature déchue qui manifeste un homme pécheur, devant Dieu, mais aussi dans une mesure aux yeux des autres. Dieu voit le coeur, les hommes ne peuvent juger que des actes extérieurs, fruits des intentions du coeur. Le lépreux était tenu de rester en dehors du camp jusqu’au moment où le sacrificateur pouvait constater sa guérison. La guérison correspond au jugement du péché, qui nous prépare pour le relèvement et la jouissance de notre relation avec Dieu découlant de l’oeuvre parfaite du Sauveur. Mais il convient que ce jugement de nous-mêmes soit profond et bien senti, et que l’âme soit saisie par la valeur du sang de Christ, qui seul purifie de tout péché. C’est ce qui est représenté par l’oiseau vivant trempé dans le sang de l’autre oiseau mis à mort. Les deux oiseaux pris ensemble indiquent la mort et la résurrection du Christ. L’eau vive fait penser à l’énergie du Saint Esprit selon laquelle Christ s’est présenté à Dieu comme sacrifice pour le péché (Hébreux 9:14). Le cèdre et l’hysope sont ce qu’il y a de plus grand et ce qu’il y a de plus petit dans la création envisagée comme une chose qui attire les regards ou l’admiration de l’homme (1 Rois 4:33). L’écarlate, employée souvent comme signe de la royauté, fait penser à la gloire de l’homme. Ainsi tout ce qui est propre à élever le coeur du pécheur et à le détourner de la vraie humilité et de la repentance selon Dieu doit être jugé en même temps, — trempé dans le sang versé pour la purification du pécheur et dont celui-ci est aspergé.
8. Quelle est la portée de l’expression : «L’arche de l’alliance de l’Éternel» ?
Dans le chapitre 10 du livre du Deutéronome, vers. 1, 2, 5, Moïse montre au peuple d’Israël que l’arche devait servir à abriter les deux tables de pierre, «les tables de l’alliance que l’Éternel a faite avec vous» chap. 9:9. Nous trouvons l’expression pour la première fois au moment où les enfants d’Israël se mettent en marche pour quitter la montagne de Sinaï (Nombres 10:33) et où commence l’histoire de leurs voyages dans le désert pour aller au pays de Canaan. Avant ce moment-là, l’expression habituelle est «arche du témoignage». Mais le mot «témoignage» se rapporte également aux deux tables de pierre sur lesquelles étaient écrits les dix commandements. Voyez Exode 31:18 ; 32:15 ; 34:29 ; et comparez 25:16, 21, 22, et 40:20.
Il y a un seul exemple mémorable de l’emploi du terme «l’arche du témoignage» après le chapitre 10 des Nombres. C’est en Josué 4:16, lorsque les sacrificateurs la transportent à travers le Jourdain. À cette exception près, nous trouvons régulièrement «l’arche de l’alliance de l’Éternel», ou des expressions analogues.
Le mot «témoignage» se rapporte à Dieu et à son intention en donnant la loi ; le mot «alliance», au peuple et à leur responsabilité, responsabilité qu’il avait du reste pleinement acceptée (Exode 24:3).
9. Comment doit-on comprendre «le relâche» à la septième année ? (Deutéronome 15).
Tout ce chapitre semble être un développement d’un verset des Proverbes (19:17) : «Qui use de grâce envers le pauvre prête à l’Éternel, et il lui rendra son bienfait». Et le principe est consacré par le Seigneur lorsqu’il insiste sur l’état de coeur qui convient à tous ceux qui demandent à Dieu le pardon de leurs péchés : «Remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs... Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi à vous ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos fautes» (Matthieu 6:12, 14, 15). On peut donc en tirer la conclusion que le principe émis dans le chapitre 15 du Deutéronome a une grande portée morale. De plus, les détails fournis quant à la mise en pratique de cette loi, nous aident beaucoup à en saisir l’application, en démontrant la part qu’a la sagesse dans l’exercice de la compassion.
Dieu voulait sans doute rendre la vie de son peuple Israël conforme à ses propres pensées en rapport avec le sabbat de repos institué dès la création, alors qu’il «vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon».
Le sabbat était donc pour les Israélites, de la part de Dieu, non seulement une garantie qu’il les introduirait et les garderait dans le bon pays qu’il leur avait préparé, mais encore qu’il voulait les voir jouir de sa communion dans tous les détails de leur vie. S’ils jouissaient pour eux-mêmes de sa grâce, ils devaient agir selon cette grâce dans tous leurs rapports les uns avec les autres. Voilà la raison d’être du «relâche» de la septième année.
On proclamait «le relâche de l’Éternel». L’abondante bénédiction de l’Éternel reposant alors sur son peuple, chacun devait s’évertuer à en faire profiter tous ceux, d’entre ses frères, qui lui étaient redevables. On pouvait exiger les dettes des étrangers, mais non pas de ceux qui appartenaient par naissance au peuple choisi. Dans le cas où «il n’y aura point de pauvre au milieu de toi», les dettes proprement dites n’auraient guère leur raison d’être.
Le prêt fait au pauvre, devait être proportionné au besoin dans lequel il se trouvait (v. 8). Nous voyons ainsi la nécessité d’agir avec soin et avec sagesse afin que le secours offert soit approprié aux circonstances. Le prêt était «sur gage», pour que la conscience du débiteur fût tenue en éveil quant à sa responsabilité. On devait se faire donner un «gage» même si l’année de relâche approchait, et malgré le fait que le relâche ferait du prêt un don, dont on ne pourrait exiger le remboursement (Voyez Néhémie 10:31). Le «gage» est nécessaire pour que l’on n’oublie pas l’importance qu’il y a à payer ses dettes (Romains 13:8).
10. Que faut-il entendre par les navires de Tarsis que l’on construisit à Etsion-Guéber ? Et quelle leçon avons-nous à tirer de cette histoire ? (2 Chroniques 20:35-37).
Considérons d’abord les faits. «Les navires» sont ici des instruments servant à faire le commerce ; «Etsion-Guéber» était un port, au nord d’un bras de la mer Rouge, où ils se construisaient et d’où ils partaient ; Tarsis était la contrée éloignée où ils allaient chercher des choses rares et précieuses (2 Chroniques 9 :21) (*). Tout cela nous représente l’activité du monde en quête de richesses et de jouissances.
(*) L’expression «navires de Tarsis» semble une appellation technique, désignant des bâtiments importants, propres aux longs voyages et portant de lourdes cargaisons (Voyez entre autres Ésaïe 2:16 ; Psaume 48:7 ; Ézéchiel 27:25). (Ed).
Le roi d’Israël et Josaphat, le roi de Juda, se sont associés pour une entreprise commerciale, tout comme ils l’avaient été précédemment pour la guerre contre les Syriens. À cette occasion, le roi Josaphat aurait payé cette association de sa vie, si Dieu n’avait pas interposé sa main protectrice. Josaphat est un serviteur de Dieu, et Achazia un homme qui ne sert pas Dieu et agit méchamment. S’associer avec lui était de la part de Josaphat retomber dans le même péché. Dieu le lui fait comprendre par le message du prophète ; de plus, il le châtie par la destruction de sa flotte. Dieu arrête ainsi, dès le début, l’exécution d’une entreprise qui n’était pas pour sa gloire et qui aurait été une cause de confusion pour Josaphat. Josaphat a compris la leçon ; car lorsque Achazia, fils d’Achab, lui proposa de renouveler l’entreprise, Josaphat «ne le voulut pas» (1 Rois 22:50).
L’enseignement qui en ressort est évident. Le fidèle ne doit point s’associer avec le monde. «Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules... Soyez séparés», dit la Parole (2 Corinthiens 6:14, 17). Puisse chaque chrétien saisir la portée de cette exhortation !
11 Est-ce comme Dieu ou comme homme que Christ a été abandonné, lorsque sur la croix il a crié : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» (Matthieu 27:46 ; Psaume 22:1). Dans le Psaume 22:5, il dit : «Moi, je suis un ver, et non point un homme».
Il est évident, d’après les Écritures, que le Seigneur Jésus Christ «s’est anéanti, étant fait à la ressemblance des hommes», et cela afin de mourir (Philippiens 2:6-8 ; Hébreux 2:9). La mort est entrée par un homme qui a péché, de même la résurrection des morts est introduite par un homme, par Christ, qui est appelé «le second homme» (1 Corinthiens 15:21, 47). Or on ne peut pas ressusciter sans avoir passé par la mort. Nous avons donc là un témoignage bien clair, relativement à l’humanité de Christ en rapport avec la mort, et il y en a d’autres, par exemple Romains 8:3.
Mais, d’un autre côté, il faut se garder de perdre de vue la divinité du Seigneur. Il était la Parole «faite chair» qui habita au milieu de nous, «et la Parole était Dieu» (Jean 1:1, 14). En devenant homme, Il n’a pas mis de côté sa divinité. «Avant qu’Abraham fût, Je suis», dit-il, et les Juifs comprirent si bien que par ces paroles il affirmait sa divinité de la manière la plus positive, qu’ils prirent des pierres pour le lapider. Ce fut la même chose, lorsqu’il a dit : «Moi et le Père, nous sommes un» (Jean 8:58, 59 ; 10:30, 31, 33).
Il est donc impossible de séparer en Christ l’humanité et la divinité. Dans sa nature, il était Dieu, et il est devenu homme en entrant dans ce monde. On comprend donc que dans sa mort il puisse être vu sous différents aspects, ainsi que nous le voyons dans les quatre évangiles. Dans les deux premiers, Matthieu et Marc, Il nous est montré comme «abandonné» sur la croix. Là il est donc question de l’expiation. Dans Matthieu, Christ est présenté comme «fils de David, fils d’Abraham» (Matthieu 1:1), par conséquent, il s’agit plutôt de son humanité.
Mais dans Marc, il est «Fils de Dieu» (Marc 1:1), le parfait serviteur de Dieu, son Fils bien-aimé en qui il trouvait son plaisir (vers. 11). Nous trouvons donc là davantage sa divinité, et ainsi nous avons une réponse à la question.
Les Écritures sont encore plus explicites sur ce point : Matthieu et Marc, les deux seuls évangélistes qui rapportent les paroles de Christ : «Pourquoi m’as-tu abandonné ?» sont aussi les seuls qui donnent le témoignage du centurion au sujet de la mort de Jésus : «Certainement celui-ci était Fils de Dieu» (Matthieu 27:54 ; Marc 15:39). De plus, Marc appuie davantage sur l’expression : «Certainement, cet homme était Fils de Dieu», et il fait ressortir très clairement que la mort du Seigneur était un acte délibéré, et non l’effet de l’assujettissement de notre race déchue au péché et à la mort. Le Seigneur avait pris volontairement sur lui nos péchés, aussi remet-il son esprit au Père de sa propre volonté ; il laissa sa vie de lui-même (Marc 15:37-39 ; comparez Jean 10:17-18). «Ayant jeté un grand cri, il expira». C’est là ce qui frappe tellement le centurion et lui fait rendre ce témoignage : «Cet homme était Fils de Dieu».
Enfin n’oublions pas que la rédemption obtenue par le Seigneur est une «rédemption éternelle», infinie dans sa valeur. Il fallait donc un sacrifice à la hauteur de cette rédemption, celui de l’Agneau de Dieu, préconnu dès avant la fondation du monde (1 Pierre 1:18-20). C’est par le sang de son propre Fils que Dieu a acquis l’Assemblée (Actes 20:28). Et c’est ainsi que la vie et l’incorruptibilité ont pu être mises en lumière par l’évangile (2 Timothée 1:10).
L’expression : «Je suis un ver, et non point un homme», montre le profond degré d’abaissement auquel le Seigneur de gloire avait bien voulu descendre.
12. Psaume 102:4 : «Mon coeur est frappé, et est desséché comme l’herbe ; car j’ai oublié de manger mon pain». À qui cela s’applique-t-il ?
Nous avons, dans les onze premiers versets de ce psaume, comme aussi au verset 23 et dans la première moitié du 24, l’expression saisissante des plaintes d’un homme accablé d’une profonde douleur. On voit que cette douleur ne provient pas d’un sentiment de péché. C’est la détresse provenant de l’abandon, de la solitude morale, sans personne qui sympathise. Celui qui l’éprouve, dans son humiliation profonde, se voit poursuivi par la haine implacable de ses ennemis, qui prennent occasion de son abaissement pour l’outrager. C’est l’angoisse de quelqu’un qui rencontre devant lui la colère et l’indignation de Dieu (bien qu’il ne soit pas question de péché). C’est la douleur d’un homme qui, ayant été «élevé haut», a été «jeté en bas» (vers. 10), réduit au plus profond abaissement, retranché au milieu de sa carrière.
Or, à qui seul ce passage peut-il s’appliquer, si ce n’est à Jésus, au Christ, au Seigneur envisagé comme homme ? Il était venu au milieu des siens pour être leur Messie, le Roi, et il est rejeté et méprisé. Il anticipe ici, dans ce Psaume, les souffrances et la mort, comme nous voyons dans Jean 12:27 qu’il le fit durant sa vie sur la terre. C’est lui qui fut dans la détresse et l’abandon quand, durant les jours de sa chair, il offrit, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort (Hébreux 5:7). Ce Psaume est l’expression divine des pensées et des sentiments de Christ. En disant : «Ne me cache pas ta face», il voyait d’avance le douloureux moment où il s’écrierait : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» Près de la mort, son coeur était frappé par la douleur ; nul rafraîchissement ne lui était offert ; il était comme l’herbe desséchée par un brûlant soleil, de sorte qu’il en oubliait les besoins de son corps. Tel il était en Gethsémané dans la solitude, emmenant avec lui ses amis, mais ne trouvant auprès d’eux aucun soulagement. Il veillait, il était dans l’angoisse du combat, et eux dormaient. Et bientôt ses ennemis s’approchent avec leurs outrages, en attendant l’indignation et la colère et la dernière humiliation, l’abaissement de la mort sur la croix : «Elevé haut» (il était le Messie), et «jeté en bas». Ce n’est qu’à Christ que tout cela peut s’appliquer.
Un autre trait, qui le montre d’une manière touchante, nous est fourni par la seconde partie du Psaume (v. 12-22). Dans sa détresse, sa douleur, son abandon, nous voyons Christ s’adressant à Dieu, s’attendant à lui, et trouvant sa consolation dans la fermeté immuable des promesses de Dieu pour son peuple. Qu’il soit abandonné, retranché, rejeté, lui le Messie, l’Éternel n’en sera pas moins glorifié dans le rétablissement de son peuple et de Sion à la face des nations. N’est-ce pas là la même pensée qu’en Jean 12:27, 28 : «Maintenant mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton nom». Il abandonne tout, il se livre lui-même pour que son Père soit glorifié.
Mais la troisième partie du Psaume nous montre d’une manière tout à fait évidente qu’il s’agit de Christ (seconde moitié du verset 24 à la fin). C’est la réponse glorieuse et admirable que Dieu fait lui-même et que l’épître aux Hébreux (1:10- 12) cite comme s’appliquant au Fils, à celui qui s’est abaissé et est devenu un homme pour souffrir et mourir. Il est lui-même le créateur des cieux et de la terre ; il est toujours le même, éternel, permanent, subsistant quand les cieux et la terre disparaîtront. Lui Christ, le rejeté, le méprisé, est l’Éternel, le Créateur. Contraste merveilleux et d’une beauté divine ! le comble de l’humiliation et de l’abaissement, d’une part, comme homme, et, de l’autre, sa grandeur comme Dieu immuable !
13. À qui le terme «la sagesse» s’applique-t-il, et à qui est attribuée l’oeuvre de la création, dans le chapitre 8 des Proverbes ?
Dans tout ce beau passage, «la sagesse» se rapporte évidemment à Christ, qui est «la Puissance de Dieu et la sagesse de Dieu» (1 Corinthiens 1:24). C’est lui qui est l’auteur immédiat de la création (Jean 1:1-3). Le mot «sagesse» l’implique ; voyez Proverbes 3:19 ; Jérémie 10:12 ; 51:15, Remarquons aussi que le mot traduit «nourrisson», au verset 30 du chapitre 8 des Proverbes, a aussi le sens de «ouvrier» ou «artisan». Les mots à double sens sont fréquents dans les livres poétiques, et donnent une grande force aux passages où ils se trouvent. Voyez par exemple combien les deux sens du mot en question répondent admirablement au «pour lui» et «par lui» de Colossiens 1:16. Christ, «la sagesse» (ou «la Parole» selon Jean 1:1), était auprès de Dieu, dès l’éternité, avant le commencement de la création. (Voyez Prov. 8:22-26). Les cinq versets qui suivent parlent de l’oeuvre du deuxième et du troisième jour de la création, alors que Dieu prépara la terre en vue des hommes qui devaient l’habiter ; et dans ces hommes Christ trouvait d’avance ses délices, lui qui était toujours les délices de l’Éternel. Quel bonheur pour nous de l’apprendre !
14. Comment faut-il comprendre le passage du livre de l’Écclésiaste qui semble rabaisser l’homme au niveau de la bête ? Nous y lisons, chap. 3:19 à 21 : «Car ce qui arrive aux fils des hommes est aussi ce qui arrive aux bêtes ; il y a pour tous un même sort : comme celle-ci meurt, ainsi meurt celui-là ; et ils ont tous un même souffle, et l’homme n’a point d’avantage sur la bête, car tout est vanité. Tout va dans un même lieu, tout est de poussière et tout retourne à la poussière. Qui est-ce qui connaît l’esprit des fils des hommes ? Celui-ci monte-t-il en haut, et l’esprit de la bête descend-il en bas dans la terre ?»
Le livre de l’Écclésiaste s’occupe de ce qui existe «sous le soleil», selon l’expression maintes fois répétée. Son but est de découvrir, par le moyen de l’observation et de l’expérience, où le bonheur se trouve, et de quelle manière on pourrait en jouir. Le prédicateur, qui n’est autre que le roi Salomon, possédait tout ce qu’il fallait pour faire les recherches propres à conduire à ce but et pour en tirer les conclusions les plus justes. Il avait toutes les occasions possibles d’éprouver toutes choses, et il était, plus que nul autre, doué de sagesse et d’intelligence. Il ne faudrait donc pas s’attendre à trouver dans ce livre une révélation divine au sujet de l’état de l’homme ou de sa destinée ; mais la conscience n’y est nullement ignorée, ni le grand fait — toujours propre à exercer la conscience — que «Dieu amènera toute oeuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal» (Chap. 11 :9 ; 12:14). C’est par cette déclaration que se termine l’examen entrepris par l’auteur.
La conclusion qui caractérise le livre d’un bout à l’autre est que «tout est vanité». Les événements terrestres sont envisagés au point de vue des hommes et de ce qu’ils poursuivent, recherchant toujours le bonheur. Avec tous ses efforts et toute sa persévérance, l’homme ne peut atteindre ce but ; de plus, il n’a aucun pouvoir sur l’esprit pour emprisonner l’esprit, ou pour empêcher que la mort n’arrive lorsque son jour est venu de mourir. Il n’y a pas de dispense dans une telle guerre (chap. 8:8), et certes, en présence de la mort, l’homme, si intelligent qu’il soit, n’a pas plus de pouvoir que la bête : «tout est de poussière, et tout retourne à la poussière». (Comparez Psaume 49:7-13). Puis, chose triste à dire, mais que l’on ne saurait taire, l’homme, laissé à lui-même, sans le secours d’une révélation divine, ne sait pas ce qui va lui arriver après la mort. Le sentiment de la responsabilité, ou la conscience, lui dit que tout n’est pas fini, car Dieu amènera tout en jugement ; mais il ne peut pas deviner, ni trouver par son intelligence, quel sera son avenir. Les divagations des philosophes de tous les âges sont là comme une triste preuve de ce fait. Mais le prédicateur ne voulait ni ne pouvait clore son livre sans faire un tableau des plus saisissants de ce qu’est le dépérissement du corps humain, description qui se termine ainsi : la poussière retourne à la terre, comme elle y avait été, et l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné (chap. 12:7). Nous l’apprenons par la révélation, et nous le croyons parce que Dieu nous l’a dit. «L’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante» (Genèse 2:7). Voilà le secret de la différence entre l’homme et les animaux. Ce souffle de vie ne peut être anéanti. L’homme a une existence éternelle, et il est responsable envers Dieu, son Créateur.
Dans les Écritures, l’expression «âme vivante», ou «être vivant» est appliquée aux animaux aussi bien qu’à l’homme (Genèse 1:20, 24, etc.). Ainsi, on n’avance pas nos recherches en insistant sur une modification de sens de cette expression, ou dans son application. Pour saisir la différence entre l’homme et les animaux, il ne s’agit pas de s’en tenir aux apparences extérieures. D’après celles-ci, le même couteau qui saignerait une bête, ôterait la vie à un homme absolument de la même manière. Si nous nous bornons aux apparences, limitant notre pensée à ce qui est «sous le soleil», nous arriverons nécessairement à la conclusion signalée dans notre texte. Par nous-mêmes, nous ne pouvons pas démontrer que l’esprit de l’homme monte en haut, ou que l’esprit de la bête descend en bas dans la terre (v. 21). Mais la révélation divine nous apprend que les animaux sont devenus «âmes vivantes» par la parole qui les appela à l’existence. Pour eux, il n’en fallait pas davantage, tandis que pour l’homme il fallait autre chose. Après avoir été «formé» de la poussière de la terre, il fut animé par le souffle de Dieu. C’est ce qui explique l’affirmation de l’Écclésiaste (12:7) citée plus haut. De ce souffle divin vient et son existence éternelle et sa responsabilité.
15. «Il y a tel juste qui périt dans sa justice, et il y a tel méchant qui prolonge ses jours par sa méchanceté» (Écclésiaste 7:15). Le mot «juste» désigne-t-il un croyant ? Ou bien un homme à propre justice comme dans Ésaie 29:14 : «La sagesse de ses sages périra».
Un petit mot qui se retrouve vingt-neuf fois dans les dix premiers chapitres de l’Écclésiaste, imprime un cachet singulier sur l’écrit tout entier, c’est «sous le soleil». Ce livre décrit les expériences de l’homme dans toutes les circonstances diverses de la vie présente. Ces expériences sont racontées avec exactitude par un homme auquel Dieu avait accordé la sagesse pour tout voir selon la vérité ; elles sont résumées par cette parole accablante : «tout est vanité et rongement d’esprit».
Le verset 15 du chap. 7, décrit une de ces expériences pratiques. Le terme «juste» y est relatif : il est en contraste avec le «méchant». Quelques versets plus bas, le mot est employé dans un autre sens, un sens absolu : envisagé ainsi, il n’y a pas d’homme «juste» sur la terre, qui ne pèche pas (chap. 7:20). Au verset 15, c’est relatif et peut s’appliquer à toute sorte de justice. C’est un fait que la justice ne nous garantit pas la vie du corps et les avantages temporels dans un monde où règne le péché. Cette vérité peut admettre toutes sortes d’applications pratiques ; elle se borne ici à ce qui se voit sous le soleil c’est-à-dire dans ce monde-ci, sans qu’il soit question de l’autre.
Le passage d’Ésaïe 29:14, traite du jugement de Dieu sur le peuple d’Israël.
16. Quel est le caractère du jugement dont est menacé le prophète qui faillirait à ses devoirs vis-à-vis du peuple ? (Jérémie 1:17).
Il nous semble que la pensée de l’Esprit dans le passage cité, relève le fait d’un jugement plutôt que son caractère, celui-ci étant déterminé par la souveraine sagesse de Dieu, suivant ce que les circonstances pourraient exiger. Le serviteur de Dieu est responsable envers Celui qui l’a envoyé. Il doit annoncer sans crainte la parole, ou le message divin qu’il a reçu. Ce n’est pas à lui de raisonner sur le message comme le fit Jonas lorsqu’il s’enfuit à Tarsis. Le message est entièrement entre les mains de Dieu. Le messager doit le transmettre fidèlement, un point, c’est tout. On trouve le même principe établi en Ézéchiel, chap. 33:1-9.
17. Dans le chapitre 3 des Lamentations, verset 27, quelle différence y a-t-il avec le «.joug» du chap. 11:29-30 de Matthieu ?
Les grands principes des voies de Dieu envers l’homme, que nous trouvons dans l’Ancien Testament, sont vrais, quelle que soit la forme spéciale de la «dispensation» sous laquelle on vit. Bien loin de perdre leur valeur sous la dispensation chrétienne où nous sommes, ils ont une double application : d’abord ils nous font comprendre comment Dieu agit dans son gouvernement ; ensuite ils nous donnent l’intelligence du sentier dans lequel a toujours marché, en homme divinement parfait, celui qui est à la fois notre modèle et notre Seigneur, savoir Jésus Christ. Toute la parole de Dieu se rapporte à lui (Luc 24:27, 44).
«Il est bon à l’homme de porter le joug dans sa jeunesse». Voilà le grand principe moral. «La jeunesse» est, en effet, le moment propice et ordonné de Dieu pour apprendre l’obéissance. (Comparez le livre des Proverbes, surtout ch. 1 à 4, 8, 10:1, etc.). Que de peines, que d’expériences pénibles sont évitées lorsqu’on apprend jeune encore cette précieuse leçon ! Si l’on a été habitué «au joug» dans sa jeunesse combien plus faciles deviennent les leçons de la vie, et soi-même plus apte à en profiter !
Voyez, ensuite, dans l’évangile de Luc, la gloire morale de Celui qui, par sa sagesse à l’âge de douze ans, étonnait les docteurs dans le temple à Jérusalem, mais qui était pourtant «soumis» à ses parents (chap. 2:41-52). Contemplez le «joug» que portait de si bon gré celui qui est venu pour faire la volonté de Dieu, Celui qui, «étant en forme de Dieu», n’avait pas été dans la position d’obéir, mais qui «s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave», afin de se trouver dans la plénitude de sa grâce tout près de nous dans ce monde de souffrance et de misère, et nous apprendre à être parfaits en tout, dans le sentier de l’obéissance. «Il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes» ; il a souffert, étant tenté : par conséquent il est à même de secourir ceux qui sont tentés. Dans le sentier de l’obéissance, le chrétien n’est pas seul ; il y trouve, pendant toute la durée de sa course, la force et l’encouragement que donne la sympathie de Jésus. Paul désirait connaître Christ en souffrant avec Lui dans son sentier à travers la terre (Philippiens 3). Nous aussi, nous avons à apprendre de Celui qui a toujours été débonnaire et humble de coeur, en portant son joug dans les détails journaliers d’une vie dévouée au Seigneur, lui étant soumis en toutes choses. Nous jouirons ainsi de ce repos de l’âme que l’on ne trouve qu’en suivant de près Celui qui faisait toujours ce qui était agréable à son Père. On possède ainsi une joie céleste qui inonde le coeur et fait éprouver en pratique que son joug est aisé et son fardeau léger.
18. Pourquoi Dieu permet-il que des «sages» tombent ?(Daniel 11:35).
Le passage dit que c’est «pour les purifier, et pour les blanchir, jusqu’au temps de la fin». Il s’agit d’un moment dans l’histoire du peuple juif où la puissance du mal est telle que le culte habituel de ce peuple est interrompu, et que le lieu saint même est souillé par la présence de l’abomination (l’idole) «qui cause la désolation». Cela a eu lieu du temps d’Antiochus Épiphane, et se renouvellera «à la fin», comme le Seigneur le montre (Matthieu 24:10-15).
Dieu permet quelquefois de terribles épreuves de ce genre pour manifester ceux qui sont à lui. Les fidèles sont forcés de se déclarer, malgré la persécution suscitée contre eux, persécution qui peut devenir impitoyable au point qu’ils sont «estimés comme des brebis de tuerie», et que leurs ennemis se moquent d’eux, en disant : Où est leur Dieu ? (Psaume 42:2-5 ; Michée 7:1 -10 ; Romains 8:35-37). Il est de ces moments ou l’âme ne trouve de secours qu’en Dieu, toutes les circonstances extérieures étant contraires, et le pouvoir, selon toute apparence, étant entre les mains de Satan. Il en a été ainsi lors de la crucifixion du Seigneur, et cela s’est souvent reproduit dans les persécutions de l’Église. La récompense viendra plus tard ; malgré tout ce que les hommes disent ou font en s’opposant à la vérité, celle-ci triomphera à la fin (Ésaïe 65:1-16 ; Matthieu 16:24-27). On comprendra alors, comme Job, «la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux» (Jacques 5:11).
19. Quelle est la différence entre «le soleil de justice» et «l’étoile du matin», qui l’un et l’autre sont, si je ne me trompe, des types de Christ ?
En effet, c’est Christ qui est représenté sous ces deux images.
La première se trouve dans le dernier chapitre du prophète Malachie qui annonce la seconde venue du Seigneur en gloire, et pour le jugement. Nous disons «seconde» venue, bien que, dans l’Ancien Testament, il ne s’agisse que d’une venue, le Messie étant toujours présenté d’une manière personnelle, sans qu’il soit question de distinguer entre les deux avènements. Mais lorsqu’il est venu la première fois, il a dit : «Je ne suis pas venu afin de juger le monde, mais afin de sauver le monde» (Jean 12:47). De plus, après avoir parlé ouvertement, pour la première fois, de sa mort et de sa résurrection, il dit clairement que le Fils de l’homme devait venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite (Matthieu 16:21-27). C’est donc à cet avènement en gloire que se rapporte le passage de Malachie. Le «soleil de justice» brillera, et ceux qui craignent son nom se réjouiront et trouveront la santé dans ses ailes, tandis que pour les méchants «le jour» sera révélé en feu (comparez 1 Corinthiens 3:13), et tout ce qui ne supportera pas l’épreuve de la sainteté de Dieu sera brûlé. D’autre part, de même que le soleil, quand il se lève, répand partout ses rayons bienfaisants, sa lumière et sa chaleur, ainsi «la terre sera pleine de la connaissance de la gloire de l’Éternel comme les eaux couvrent le fond de la mer» (Ésaïe 11:9, Habakuk 2:14),
Ces prophéties se rapportent donc à l’établissement du règne du Seigneur Jésus Christ en gloire et en justice sur cette terre. D’après l’Apocalypse (20:6) nous savons que ce règne durera mille ans.
Mais dans le dernier chapitre de l’Apocalypse, le Seigneur, s’adressant à ceux qui le connaissent actuellement, savoir, aux «assemblées» chrétiennes, présente sa venue comme prochaine, en se servant d’une nouvelle figure, celle de «l’étoile brillante du matin» (vers. 16). L’Esprit et l’épouse comprennent cette parole et répondent immédiatement : «Viens». L’étoile du matin se lève avant le soleil ; elle est souvent visible longtemps avant que la moindre lueur de l’aurore ait commencé à poindre à l’orient. Sa pure lumière, brillant dans le ciel, attire les pensées en haut. Elle est ainsi l’emblème — 1° de ce que Christ est pour «l’assemblée», l’Église, qui est son corps, son «épouse» — 2° et de cette espérance céleste qui appartient à l’Église et qui la caractérise.
Le mystère de l’Église, caché dans les temps anciens, n’est jamais présenté ni comme doctrine, ni comme sujet de prophétie dans l’Ancien Testament. Il se discerne dans quelques types dont l’explication était réservée pour le moment où le Saint Esprit, étant descendu ici-bas après la glorification du Seigneur Jésus, formerait cette Église sur la terre. Tel est, par exemple, le type d’Ève, femme d’Adam, appliqué spirituellement en Éphésiens 5:31, 32. Mais la révélation de ce mystère fut confiée à l’apôtre Paul (Éphésiens 3 ; Colossiens 1).
L’Église - formée de tous les véritables croyants vivifiés par le Saint Esprit et devenus sa demeure — est unie à Christ comme les membres de son corps, en sorte que toute distinction de nationalité a disparu (Colossiens 3:11). La vocation du chrétien est toute céleste. Sa vie est maintenant cachée avec Christ en Dieu ; quand Christ sera manifesté, alors nous aussi nous serons manifestés avec Lui en gloire (Colossiens 3:1-4). Lorsqu’il régnera, nous régnerons, c’est-à-dire, qu’avant de manifester sa gloire sur toute la terre comme «soleil de justice», Christ viendra chercher son Église et la fera entrer dans la gloire qu’il a préparée (1 Thessaloniciens 4:15-18). Or cela n’a jamais été un sujet de prophétie. Comparez Apocalypse 19:13, où les noces de l’Agneau sont célébrées avant que le Seigneur, comme la Parole de Dieu, sorte du ciel pour juger le monde.
Que Dieu, dans sa bonté, attache toujours plus nos coeurs à la personne de Christ, afin que nous soyons dirigés en toutes choses par le Saint Esprit qui forme en nous des affections célestes, contents de faire le sacrifice de tout avantage terrestre, souffrant avec Christ maintenant, chérissant dans nos coeurs «l’étoile du matin» (2 Pierre 1:19).
20. Que représente le «sel» dans les passages Matthieu 5:13, et Marc 9:50 ?
D’une manière générale, le «sel» présente un contraste avec la corruption. Il est un agent conservateur contre la corruption, pour le maintien efficace de la pureté. En outre, il a de la «saveur», et il en donne. Voyez Job 6:6. On comprend donc pourquoi, dans les directions données pour les sacrifices, il est mentionné en rapport avec l’alliance de Dieu. Toute offrande devait être «assaisonnée de sel» (Lévitique 2:13). Cela rappelait au coeur du fidèle Israélite que les sacrifices n’étaient pas une simple formalité à laquelle tout homme, pur ou impur, pouvait prendre part. Dieu, qui sonde le coeur, veut la vérité dans l’homme intérieur (Psaume 51:6). Il demande la droiture, la pureté des intentions et des affections chez tous ceux qui s’approchent de lui en vertu de cette alliance, laquelle, du côté de Dieu, ne peut jamais faire défaut.
Le Seigneur, dans le chap. 9 de Marc, à la fin du passage solennel qui met devant nous l’alternative entre «la vie» et les tourments de la géhenne, fait allusion, non seulement aux injonctions citées ci-dessus au sujet des sacrifices, mais aussi à «la saveur» du sel, mentionnée également dans l’Évangile de Luc, chap. 14. «Tout sacrifice», dit-il, «sera salé de sel». Le mot «sacrifice» ici doit évidemment être compris dans le sens que l’apôtre lui donne dans l’épître aux Romains (chap. 12:1 ; 15:16) ; en un mot, c’est un croyant véritable, qui appartient à Dieu en vertu de la grâce dont il est l’objet, et qui doit être maintenu dans un état de pureté répondant à ses relations établies avec Dieu. C’est donc à cela que le croyant doit faire attention, veillant à ce que rien ne contrevienne à ces relations, soit par les agissements d’un coeur charnel, soit dans ses rapports avec autrui. «Ayez du sel en vous-mêmes», dit le Seigneur, «et soyez en paix entre vous».
Si l’on ne fait pas attention à garder une conscience sensible et délicate, le «sel» peut «perdre sa saveur». Et dans ce cas-là, qu’est-ce qui agira sur nous pour redresser des affections déréglées, ou pour nous rendre attentifs quand nous avons manqué à nos devoirs ? Le Saint Esprit, par le moyen de la parole de Dieu, occupe nos coeurs de Christ, et nous sommes ainsi gardés dans le jugement de nous-mêmes qui convient à un chrétien marchant dans la présence de Dieu. Mais il faut de la vigilance ; il faut du courage pour obéir ; il faut persévérer dans la prière, en attendant le retour de Christ. (Voyez Jude 20:21).
Dans le passage de Matthieu 5:13, le Seigneur dit que les chrétiens sont «le sel de la terre», — précieux privilège, en effet, qui réveille les affections implantées dans le croyant, et les exerce en faveur d’un monde qui «gît dans le méchant». Si la patience de Dieu s’exerce constamment envers les pécheurs pendant ce jour de grâce, les chrétiens doivent comprendre leur responsabilité de «prier pour tous les hommes», afin que Dieu, dans sa bonté, suspende le jugement jusqu’à ce que les pécheurs soient convertis (1 Timothée 2:1-6). Le Seigneur a trouvé un trésor dans le «champ» de ce monde, et il l’y a caché ; mais il nous dit qu’il a acheté le champ à cause du trésor (Matthieu 13:44). Il convient donc que nous soyons pénétrés de cette pensée, et que notre attitude vis-à-vis du monde soit caractérisée par la grâce du Seigneur qui est venu pour le sauver et qui, dans ce but, a laissé sa vie. C’est dans ce sens que les croyants sont le sel de la terre, car c’est à cause d’eux que Dieu a patience envers la terre et qu’il ne la détruit pas à cause de sa corruption. Raison de plus pour que le chrétien veille à ce que le sel ne perde pas sa saveur,
21. Comment faut-il comprendre le passage, Matthieu 5:25, 26 ?
En premier lieu, le Seigneur faisait sans doute allusion à sa présence au milieu du peuple, présence qui caractérisait son appel à la repentance, car «le royaume des cieux s’était approché» (chap. 4:17). Il fallait se mettre en règle avec Dieu pendant que l’occasion était offerte pour le faire, avant de comparaître devant Celui qui jugera chacun d’après les principes de Sa justice, sans faire acception de personnes. C’était un moment de grâce, dont on ne devait pas abuser. Les pauvres en esprit, les débonnaires, ceux qui menaient deuil, étaient bienheureux. Bientôt le jugement serait établi, et alors l’invitation à profiter de la grâce cesserait. Avant toute chose, il fallait se placer en vérité devant Dieu, qui connaît et sonde tous les coeurs, selon leur état actuel, et non pas quant à ce qu’on aurait désiré être ou faire.
C’est là ce que nous avons tous à faire ; car le jour de la grâce dure encore. Nous sommes «en chemin avec la partie adverse», avec Dieu qui nous condamnera sûrement, si nous ne profitons pas de la grâce qui nous est offerte.
22. 1) Dans le chapitre 11 de Matthieu, Jean le baptiseur manifeste-t-il un doute au sujet de la personne du Messie quand il envoie ses disciples à Jésus pour lui demander s’il est celui qui doit venir ?
2) Comment le plus petit dans le royaume des cieux est-il plus grand que Jean ?
Il ne faut pas oublier la position dans laquelle se trouvait alors Jean le baptiseur. Le témoignage public qu’il avait eu à rendre au Messie se trouvait terminé du fait de son emprisonnement. Il semblait abandonné et oublié de Celui qu’il avait annoncé, et qui, cependant, montrait sa puissance divine par les miracles dont Jean entendait parler. Mais au moment où l’espérance des fidèles, nourrie par toutes les prophéties, semblait sur le point d’être réalisée, Jean s’aperçoit qu’au lieu d’établir la gloire du royaume et de faire valoir son autorité en puissance sur la nation, Jésus se borne à accomplir des oeuvres de grâce au milieu des pauvres de la terre, et laisse en prison celui qui avait été envoyé devant sa face comme son ambassadeur.
En présence de cette profonde épreuve pour son coeur et pour sa foi, la question de Jean paraît toute naturelle : «Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ?» Dans un sens, il y a donc doute et trouble chez Jean. Mais remarquons combien la vraie foi diffère essentiellement de l’intelligence humaine : elle ne raisonne pas, elle attend un éclaircissement de celui qui seul peut le donner. Jean sentait que Jésus, et Jésus seul, pouvait répondre à sa question, calmer son inquiétude et dissiper ses doutes. Il s’adresse donc à Jésus. S’il y a défaillance et preuve de l’infirmité humaine chez celui qui était «le plus grand parmi ceux qui sont nés de femme», il n’y a pas moins chez lui une foi toute simple en celui vers qui il envoie ses disciples.
Citons quelques lignes des Etudes sur la Parole : «Dieu a permis cette question pour mettre chaque chose à sa place. Christ étant la parole de Dieu, dut être son propre témoin. Il dut rendre témoignage à lui-même, aussi bien qu’à Jean, et ne pas recevoir témoignage de Jean ; c’est ce qu’il fit en présence des disciples de Jean. Il guérissait toutes les maladies des hommes et prêchait l’Évangile aux pauvres, et les envoyés de Jean devaient porter à leur maître ce vrai témoignage de ce que Jésus était. Jean devait le recevoir...»
Ayant placé Jean sous la responsabilité de la réception du témoignage qui mettait tout Israël à l’épreuve, et qui distinguait le résidu de la nation en général, le Seigneur rend témoignage à Jean. En s’adressant à la foule et en rappelant à cette foule de quelle manière elle avait écouté les discours de Jean, il fait voir le point précis où Israël était arrivé dans les voies de Dieu. L’introduction du royaume faisait la différence entre ce qui précédait et ce qui suivait. Personne n’a été aussi près du Seigneur, ne lui a rendu un témoignage plus précis, plus complet que Jean le baptiseur. Il a été séparé de tout mal, par la puissance de l’Esprit de Dieu, et sa séparation était telle qu’elle le rendait propre à l’accomplissement d’une pareille mission au milieu du peuple de Dieu. Mais Jean n’avait pas été dans le royaume ; le royaume n’était pas encore établi. Or, être dans la présence de Christ, dans son royaume, jouissant de l’effet de l’établissement de sa gloire, valait mieux qu’aucun office de prophète témoignant et annonçant que ce royaume allait arriver. Cet établissement de la gloire du royaume n’est pas l’établissement de l’Église, mais des droits du roi, tels qu’ils se manifesteront dans la gloire. Les bases de ce royaume étant posées, les chrétiens sont dans le royaume, quoique d’une manière toute particulière et exceptionnelle. En effet, ils ont part au royaume et à la patience de Jésus Christ, glorifié, mais caché en Dieu. Ils partagent ici-bas le sort du roi absent ; ils souffrent avec lui, et ils régneront avec lui dans la gloire quand il apparaîtra (voyez Apocalypse 1:9 ; 2 Timothée 2:12 ; Romains 8:17).
Comme chrétiens, nous sommes donc dans une position plus excellente que celle de Jean ; mais être dans cette position et y être fidèle, ce sont deux choses bien différentes : rappelons-nous cela. Ayons l’intelligence spirituelle de nos hauts privilèges et des saintes responsabilités qui en découlent, pour que nous y marchions à la gloire du Seigneur qui s’est donné lui-même pour nous racheter.
23. Comment faut-il entendre le verset 12 du chapitre 11 de Matthieu ? «Depuis les jours de Jean le baptiseur jusqu’à maintenant, le royaume des cieux est pris par violence, et les violents le ravissent».
Au moment où le Seigneur Jésus, parlant aux foules, rendait son témoignage à Jean comme étant «le plus grand de ceux qui sont nés de femme», celui-ci était dans la prison d’où il ne sortit plus vivant, et il ne se passa pas longtemps avant que le «roi», dont Jean avait annoncé la venue, fût également mis à mort. Une prophétie du Seigneur a eu ainsi son accomplissement. Répondant à ses disciples qui l’interrogeaient au sujet de la prophétie de Malachie (chap. 4:5), Jésus leur dit : «En effet, Élie vient premièrement, et il rétablira toutes choses ; mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu ; mais ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu ; ainsi aussi le Fils de l’homme va souffrir de leur part». Les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean le baptiseur, qui était en effet le précurseur du Seigneur (Matthieu 17:9-13).
Jésus a daigné faire voir aux disciples pour quelques instants la gloire de son avènement futur «dans son royaume», mais le royaume n’était pas encore établi et ne pouvait l’être avant que Jésus eût accompli l’oeuvre de la rédemption en subissant la croix. Lorsque le Seigneur était sur le point d’entrer dans Jérusalem, peu de jours avant sa mort, la foule qui l’accompagnait pensait «que le royaume de Dieu allait immédiatement paraître». C’est alors qu’il leur montra par une parabole que, pour recevoir le royaume, il devait aller d’abord «dans un pays éloigné», c’est-à-dire au ciel, et ensuite «revenir» (Luc 19:11, 12). Sans cela, la prophétie de Daniel ne pouvait être accomplie, car il y est dit expressément que le Fils de l’homme viendra «avec les nuées des cieux», au moment où il lui sera donné une domination éternelle et un royaume qui ne sera pas détruit, pour que tous les peuples, les peuplades et les langues le servent (Daniel 7:13, 14).
En vue de l’établissement du royaume des cieux, le Seigneur, de même que Jean, avait prêché la repentance. Jean n’avait fait aucun miracle, mais Jésus avait accompagné sa prédication de beaucoup de miracles de grâce et de bonté, qui cependant ne firent pas une impression durable sur le peuple incrédule. Il le compara à de petits enfants assis dans les marchés et criant à leurs compagnons : «Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous vous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés». Ils n’avaient pas prêté l’oreille à l’austère prédication de Jean pour venir à la repentance, et ils ne s’étaient pas laissés attendrir par l’intervention puissante du Dieu de toute grâce, pour chercher auprès de lui le pardon et la paix.
La foule, la nation en général, était indifférente ; les chefs tenaient déjà conseil contre Jésus pour le faire périr, et il fallait peu de chose pour engager la foule à se ranger du côté des chefs et à crier : «Crucifie-le». Tel était le moment solennel où Jésus parlait de Jean, le plus grand et le dernier des prophètes d’Israël. Le royaume était annoncé, mais pas encore établi, et pour y prendre part, en s’associant au roi rejeté, il fallait aller à l’encontre du monde qui ne voulait nullement la gloire et la sainteté de Dieu.
Selon les paroles d’un autre : «L’énergie de l’Esprit poussait l’homme à faire son chemin à travers toutes les difficultés et toute l’opposition des chefs de la nation et d’un peuple aveugle, pour jouir coûte que coûte du royaume d’un roi rejeté par l’aveugle incrédulité de ceux qui auraient dû le recevoir. Il fallait, puisque le roi était venu dans l’humiliation et qu’il avait été rejeté, il fallait cette «violence» pour y entrer... Si le royaume avait paru dans la gloire et dans la puissance de son chef, la violence n’aurait pas été nécessaire pour y entrer ; les enfants du royaume en auraient joui, comme de l’effet assuré de cette puissance ; mais Dieu voulait qu’ils fussent mis à l’épreuve moralement». (Études sur la Parole).
24. Quel est le péché qui ne sera jamais pardonné aux hommes «ni dans ce siècle, ni dans celui qui est à venir» ? (Matthieu 12:32).
Le passage parallèle, dans l’évangile de Marc, ne laisse substituer aucun doute sur ce sujet ; car nous y trouvons l’explication des «paroles injurieuses contre l’Esprit Saint» auxquelles le Seigneur faisait allusion. Il y est ajouté : «C’était parce qu’ils disaient : Il a un esprit immonde».
Attribuer ouvertement à Satan les oeuvres miraculeuses par lesquelles le Seigneur démontrait sa puissance divine, c’était fermer la dernière porte que la grâce de Dieu avait ouverte en faveur de son peuple incrédule et rebelle, c’était aller au devant d’un jugement inévitable en portant à son comble la haine du coeur naturel contre Dieu et contre son Fils bien-aimé. Personne ne pouvait nier les miracles que Jésus faisait. Les reconnaître comme venant de Dieu, c’était reconnaître Jésus comme le Messie. C’est ce que les scribes de Jérusalem ne voulaient pas faire. Pour maintenir leur autorité, ils ne voyaient qu’une chose à faire, déclarer que le Christ chassait les démons par Béelzébul, le chef des démons. Leur folie fut mise en évidence par le Seigneur, et en même temps leur jugement.
25. Dans le chapitre 16 de Matthieu, le Seigneur dit que les portes du hadès ne prévaudront pas contre son Église. Comment faut-il comprendre ce passage ? Est-ce que la ruine actuelle de l’Église professante a tellement changé les choses que ce passage n’a plus son application ?
La confession de Pierre d’après la révélation qu’il avait reçue du Père, déclarait la vérité quant à la personne du Sauveur, sûr fondement de l’Église. Jésus est lui-même le roc sur lequel il bâtit son assemblée. C’est lui-même révélé, non seulement comme le Christ, dépositaire et garant de toutes les promesses, mais encore comme le Fils du Dieu vivant, qui était dès l’éternité dans le sein du Père, existant avant toute promesse et indépendamment de tout ce qui a été fait. D’ailleurs tout ce qui a été fait était son oeuvre, créé par lui et pour lui. L’Église, étant bâtie sur ce fondement, partage ce caractère de vie impérissable, contre laquelle le pouvoir de Satan ne saurait prévaloir. Car c’est dans ce sens qu’il faut envisager «les portes du hadès». Les «portes» étaient le siège de l’autorité. Il s’agit donc du pouvoir de la mort et de celui qui a ce pouvoir, c’est-à-dire de Satan (voyez Hébreux 2:14).
Par conséquent, il n’est nullement question ici des manquements des hommes, des erreurs de toute espèce qui se sont glissées dans l’Église, et de leurs suites funestes, suites rendues toujours plus désastreuses à cause de la faiblesse des hommes et de leur insoumission à Christ. Il s’agit de ce que Christ fait lui-même, par sa propre puissance et d’après ce qu’il est en lui-même. Il ne se trompe jamais, ni ne peut se tromper ; et, au milieu de toute la confusion extérieure, demeure pour les fidèles cette précieuse consolation appelée le «sceau» du «solide fondement de Dieu» : «Le Seigneur connaît ceux qui sont siens» (2 Timothée 2:19). Celui qui a commencé cette oeuvre merveilleuse l’achèvera en son temps, car elle n’est pas encore terminée. Une fois complète, l’Église, après avoir été enlevée pour être avec le Christ dans le ciel, sera manifestée «descendant du ciel, d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu» (Apocalypse 21:10).
Il est bien vrai que les hommes ont eu leur part dans la construction de l’Église, et que tout ce qui a été fait par les hommes sera soumis au jugement. L’apôtre le démontre clairement dans le chapitre 3 de la 1° Épître aux Corinthiens. Mais dans ce passage de Matthieu il ne s’agit que de l’oeuvre de Christ, oeuvre qu’il garde entre ses mains seules, et qu’il achève pour le Père, selon ses propres perfections. Ce sera l’accomplissement le plus élevé de cette parole : «Lui bâtira une maison à mon nom» (2 Samuel 7:13). Tout vrai croyant est une «pierre vivante» dans cet édifice (voyez 1 Pierre 2:4-5). Une fois placé par le Seigneur sur le fondement inébranlable, il y reste ; sa mort, si elle survient, n’infirme en rien sa position dans l’Église de Dieu.
26. Comment faut-il comprendre l’expression dont le Seigneur se sert, en parlant d’un «disciple» : «Qu’il prenne sa croix» ? (Matthieu 16:24 ; Luc 9:23).
Le Seigneur venait de parler pour la première fois de sa mort ; c’était au moment où il devait quitter la Galilée pour se rendre à Jérusalem où le supplice de la croix l’attendait. Personne sauf lui, ne le comprenait ; mais la circonstance était bien propre à faire peser sur la conscience de ses disciples le caractère du chemin qu’il suivait en accomplissant la volonté du Père. La croix était nécessaire pour qu’une expiation fût faite. Sans la propitiation, nos péchés auraient barré pour toujours tout accès auprès de Dieu. Sans la mort de Jésus, personne n’aurait pu avoir part avec lui (Jean 12:24). Tout le témoignage du Seigneur, tout son service devait avoir cet aboutissement ; et, étant appelés à le suivre, nous devons comprendre quel est le chemin où il a marché. Il n’y en a pas d’autre, où, en nous attachant à ses pas, nous puissions porter le caractère d’un «disciple». Ce fait, qui éprouve le coeur humain plus que toute autre chose, est exprimé par la figure de «prendre la croix». Si nous trouvons à la croix de Jésus la délivrance de tout le fardeau de nos péchés, nous devons aussi accepter la croix comme caractérisant le chemin que Christ a parcouru en traversant le monde qui n’a pas voulu de lui. Son chemin devient ainsi notre chemin, sa croix, notre croix. L’apôtre Paul l’a envisagé de cette façon, comme on peut le voir facilement dans l’épître aux Galates (5:11, 24 ; 6:14). Par conséquent chaque disciple doit apprendre à se charger de sa croix en suivant son maître, et en l’attendant. Luc ajoute «chaque jour».
27. Comment faut-il comprendre le dernier verset du chapitre 16 de l’évangile de Matthieu : «Il y en a quelques-uns de ceux qui sont ici présents, qui ne goûteront point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le Fils de l’homme venant dans son royaume» (v. 28) ?
Pour la première fois, le Seigneur, venait d’entretenir ses disciples de sa mort prochaine et de sa résurrection. Il allait bientôt quitter définitivement la Galilée, se rendant à Jérusalem pour subir la croix. L’occasion était favorable pour insister sur le caractère de son chemin qui ne pouvait qu’imprimer son cachet sur celui de ses disciples. Jésus, inconnu du monde, rejeté des siens, devait mourir. C’est pourquoi tout disciple fidèle avait à se renoncer lui-même et à prendre sa croix, en suivant son Seigneur. Comment le faire ? La chair n’aime pas à s’avancer vers la mort. À vues humaines, c’était difficile, pour ne pas dire impossible.
Toutefois, Jésus veut fortifier le coeur des siens, en leur montrant la gloire où ce chemin aboutissait, afin qu’ils soient à même de choisir, en connaissance de cause, entre «le monde» et le salut de leur âme. Il leur dit que quelques-uns étaient là qui ne goûteraient point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le Fils de l’homme venant dans son royaume. Puis, à une semaine d’intervalle, il prend avec lui trois de ses disciples sur la montagne, et là il est transfiguré devant eux. C’est alors qu’ils entendent cette voix «de la gloire magnifique» qui reconnaissait Jésus comme le Fils bien-aimé. Nous comprenons l’importance de cette déclaration par le témoignage de l’apôtre Pierre, dans sa seconde épître.
L’espérance de voir Jésus dans sa gloire plutôt que d’attendre la mort est aujourd’hui celle du chrétien. Du reste, nous savons que les croyants vivants sur la terre, lorsque le Seigneur reviendra, seront ravis à sa rencontre sans passer par la mort. Voyez Jean 21:23 ; 1 Corinthiens 15:51 ; 1 Thessaloniciens 4:17, et d’autres passages. La même espérance encouragera le résidu fidèle et persécuté parmi les Juifs aux derniers jours (Psaumes 102:16 ; Ésaïe 33:17 ; etc.).
28. Comment se fait-il que Pierre ait pu reconnaître Moïse et Élie sur la montagne de la transfiguration ? (Matthieu 17:3).
Est-ce que la grande bénédiction de ce passage, pour nous, ne se trouve pas précisément dans le fait qu’une révélation n’a pas été alors nécessaire pour Pierre, comme précédemment lorsqu’il s’agissait de dire qui le Seigneur était ? Dans sa deuxième épître, l’apôtre appelle la nuée lumineuse : «le ciel». C’était en effet, pour un petit moment, le ciel sur la terre. Dans le ciel il n’y a pas besoin d’une révélation spéciale pour connaître quoi et qui que ce soit. Nous connaîtrons comme nous avons été connus (1 Corinthiens 13:12). Sur la terre il faut la révélation du Père pour discerner le Fils (Matth. 16:16, 17). Cette révélation nous l’avons dans sa Parole, et la connaissance qui en résulte, c’est «la vie éternelle» (Jean 17:3).
29. La parabole de Matthieu 18:12 à 14, est-elle la même que celle de Luc 15:1 à 7 ? Est-ce que «les quatre-vingt-dix -neuf» brebis «qui ne se sont pas égarées» doivent être considérées comme des «justes» qui n’ont pas besoin de repentance ?
Les deux Paraboles nous paraissent essentiellement différentes, non seulement à cause du caractère différent des évangiles de Matthieu et de Luc, mais aussi à cause des termes dans lesquels elles sont présentées. En Matthieu, il est particulièrement question des petits enfants, et pas un mot n’est dit de «la repentance». Dans l’évangile de Luc, au contraire, du commencement à la fin, la nécessité de la repentance forme l’un de ses grands traits. Par conséquent, on ne peut pas rapprocher ces deux paraboles, bien que dans les deux le Seigneur se serve de la même figure.
Il est à noter qu’en parlant de son oeuvre, le Sauveur ne dit pas en Matthieu qu’il est venu «chercher» ce qui est perdu. Cette expression est à sa place cependant dans Luc 19:10, où un «pécheur» Zachée, qui ne connaît pas encore ce que Christ est venu faire, s’efforce de faire valoir sa justice devant lui, — chose qu’un petit enfant ne fait pas ; et pour la simple raison qu’il n’est pas encore arrivé à l’état de connaissance qui, pour satisfaire à notre orgueil, exige de tels efforts. En Matthieu 18:11, le Seigneur dit que «le Fils de l’homme est venu pour sauver ce qui était perdu». Chacun, quant à sa nature, est né «perdu» dans ce monde, et puisque Dieu n’a pas voulu, à cause de cela, faire sévir son jugement sur toute la race, il a envoyé son Fils pour opérer le salut. Jésus est devenu le Sauveur dans ce but. C’est ce qui nous donne l’assurance que les petits enfants qui meurent avant d’avoir atteint l’âge de la connaissance, sont sauvés.
Un autre trait précieux du passage de Matthieu, c’est que l’idée qui domine est celle de maintenir l’intégrité du troupeau. L’homme qui possédait les cent brebis ne veut pas se contenter de quatre-vingt-dix-neuf : il veut les avoir toutes, quelle que soit la peine que cela lui coûte.
En Luc, la pensée se porte simplement sur la brebis égarée, comme figure du pécheur qui a suivi un chemin de propre volonté, en abandonnant le sentier de la soumission et de l’obéissance. Celui-là a besoin de repentance ; puis pour l’amener à ce point, le Sauveur lui manifeste l’amour qui va à sa recherche, le prend, le met sur ses propres épaules, et ne le laisse pas avant de l’avoir porté jusque dans sa propre maison. Le brigand sur la croix en est l’exemple divinement fourni, comme l’atteste la promesse du Seigneur : «Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis».
30. Dans le chapitre 19 de Matthieu, versets 23 et 24, il semble que le Seigneur fait une différence entre le «royaume de Dieu» et le «royaume des cieux». Quelle est cette différence ? Qui sont ceux qui ont part au royaume des cieux, et comment y parviennent-ils ?
En premier lieu, il convient de rappeler que l’expression «royaume des cieux» ne se trouve que dans l’évangile de Matthieu. Une comparaison des passages parallèles des trois premiers évangiles suffit pour faire comprendre que, dans bien des cas, on peut se servir indifféremment de l’une ou de l’autre de ces expressions ; mais, suivant la forme employée, la pensée se reporte, ou bien sur celui dont l’autorité est reconnue, c’est-à-dire Dieu, ou bien sur le centre d’où l’autorité est exercée, c’est-à-dire les cieux. La lecture du chapitre 7 de Daniel rend cette pensée très claire.
Dieu avait établi son royaume au milieu de son peuple d’Israël en lui donnant le roi qu’il avait choisi, et qui devait exercer l’autorité de la part de Dieu pour le bien du peuple sur lequel il régnait. David fut le premier roi qui répondit à la pensée de Dieu, car Saül avait bientôt été mis de côté à cause de sa désobéissance. Or, le trône était assuré aux fils de David à condition qu’ils fussent trouvés fidèles (Psaume 89:19-37). Nous savons ce qui est arrivé. À la mort de Salomon, dix tribus se séparèrent de la famille de David, et formèrent un royaume à part, qui fut plus tard détruit par les Assyriens ; elles furent alors toutes emmenées en captivité. Les tribus de Juda et de Benjamin, qui restèrent fidèles à leur roi légitime, suivirent cependant la même marche d’infidélité à l’Éternel, et la captivité à Babylone fut le châtiment qu’elles eurent à subir. Dès lors, Dieu mit l’autorité sur la terre entre les mains des Gentils (ou nations), mais le caractère véritable des rois de ces nations est dépeint par le prophète sous la figure de «bêtes». Puis il annonce le jugement qui va tomber sur ces royaumes au moment où le temps de la patience de Dieu sera terminé. Au même moment le pouvoir sera placé entre les mains du Fils de l’homme qui viendra avec les nuées des cieux (Daniel 7:13-14). Ce sera, on le comprend, le «royaume des cieux» en contraste avec tout royaume, quel qu’en soit le caractère, qui aurait pour siège de son autorité un lieu sur la terre, comme Jérusalem, Babylone, Suse ou Rome. En un mot, le «royaume des cieux» est l’autorité de Dieu exercée depuis le ciel sur la terre par le Fils de l’homme, et il comprend une partie céleste et une partie terrestre.
Or le Fils de l’homme est venu, non pas pour régner, mais pour accomplir l’oeuvre du salut. Avant qu’il montât en haut, toute autorité lui a été donnée dans le ciel et sur la terre. Il est assis à la droite de Dieu (Matthieu 28:18 ; Marc 16:19 ; Luc 19:12). «Nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties», mais nous savons que c’est Jésus notre Sauveur qui va régner et qui va revenir bientôt «sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire» (Hébreux 2:8 ; Matthieu 24:30). En attendant, «le royaume des cieux» revêt le caractère mystérieux qui est développé et expliqué par le Seigneur dans plusieurs paraboles de l’évangile de Matthieu. Les croyants, instruits dans ces choses, en jouissent, et attendent avec patience le retour de leur Seigneur. Mais le monde est contre eux, comme il a été contre Christ, et ils doivent résister à ses pièges même en souffrant s’il le faut (Matthieu 19:12). Les riches entrent difficilement dans le royaume des cieux, parce qu’ils jouissent des biens de la terre (v. 23). Mais s’il s’agit du royaume de Dieu, c’est-à-dire de reconnaître l’autorité de Dieu dans le coeur, il faut évidemment une oeuvre de Dieu qui produise cela dans l’âme, il faut «être né de nouveau» (Jean 3:3-5), chose qu’un homme ne peut faire pour lui-même. C’est ce qui fait sentir la différence entre les deux expressions «royaume des cieux» et «royaume de Dieu».
31. Quand aura lieu «la grande tribulation» et le jugement des nations dont il est parlé dans le chapitre 24 de Matthieu ?
Avant d’entrer dans les détails, il convient de remarquer que nous avons un point nettement fixé par l’Écriture, savoir que l’un et l’autre de ces événements précéderont le règne millénaire du Christ sur la terre. Voyez Jérémie 30, surtout le verset 7 : «Hélas ! que cette journée est grande ! Il n’y en a point de semblable ; et c’est le temps de la détresse pour Jacob, mais il en sera sauvé». Quant au jugement des nations, il est écrit qu’il aura lieu «quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui». Comparez Matthieu 25:31, 32. La «grande tribulation» est mentionnée dans le verset 21 du même chapitre 24 en rapport direct avec la Judée, ce qui confirme le passage de Jérémie cité plus haut. Il y a sans doute, dans ce verset, une allusion au commencement du chapitre 12 du prophète Daniel, où nous lisons ensuite : «Et en ce temps-là ton peuple sera délivré». Voyez aussi Luc 21:23 à 28. La promesse faite à ceux qui garderont «la parole de la patience» du Seigneur se rapporte à la même époque (Apocalypse 3:10). Seulement, il faut bien observer que ceux-ci seront gardés de cette heure d’épreuve, c’est-à-dire qu’ils n’y entreront pas. En d’autres termes, ils seront enlevés pour être avec le Seigneur avant que «la grande tribulation» commence. Voyez aussi 1 Thessaloniciens 4:14-18 ; 5:1-5 ; 2 Thessaloniciens 2:7-8. L’iniquité n’atteindra pas son comble avant que les vrais croyants ne soient retirés de ce monde. En attendant, elle conservera le caractère de «mystère», terme qui indique qu’elle travaillera d’une manière cachée, ne se montrant pas sous son vrai jour. La manifestation de «l’inique» appellera les jugements de Dieu, et c’est à ce moment-là qu’aura lieu la «grande tribulation». Elle atteindra un monde ouvertement incrédule et apostat (Apocalypse 13:1, 6 ; 16:9, 11, 21) ; et les Juifs, qui sont coupables d’avoir crucifié le Fils de Dieu, auront leur part spéciale dans ces détresses qui tomberont sur la terre.
Les jugements qui sont décrits dans l’Apocalypse sont de trois espèces : 1° les jugements providentiels, opérés par le moyen des hommes eux-mêmes, ou par les éléments comme la famine, les guerres, les pestes, les tremblements de terre ; 2° le jugement guerrier, mentionné dans le chapitre 19, où le Seigneur, suivi par les armées célestes, anéantira les rois de la terre et leurs armées assemblées pour lui livrer combat ; 3° le jugement opéré par le Roi assis sur le trône de sa gloire, et qui atteindra les nations, au moment où il inaugurera son règne sur la terre.
32. Quelle est «la grande tribulation» dont il est question dans l’Apocalypse, chapitre 7:14 ? Est-ce la même dont parle le Seigneur dans Matthieu 24:21 ?
Nous voyons en effet que dans les deux passages il s’agit d’une grande et terrible «épreuve» qui doit venir sur la terre habitée tout entière, comme nous le lisons dans Apocalypse 3:10. Plusieurs passages dans les prophètes en parlent ainsi, comme par exemple, Ésaïe 28:22.
Quel bonheur de savoir que tous ceux qui reçoivent aujourd’hui la parole de la grâce, et qui persévèrent dans la fidélité jusqu’à la venue du Seigneur, seront recueillis auprès de lui avant que ce jour d’épreuve arrive.
Voici en quelques mots, d’après plusieurs passages, l’ordre des événements qui vont se succéder.
1) Subitement, sans que rien n’annonce préalablement la venue du Seigneur «dans les nuées», tous ceux qui croient en lui seront ravis à sa rencontre «en l’air» (1 Thessaloniciens 4:17). Ceux-là, ayant reçu l’évangile de sa grâce et de son prochain retour (deux choses qui sont intimement liées dans les Écritures), jouiront alors, auprès du Seigneur, de l’accomplissement de l’espérance dans laquelle le chrétien est censé abonder (Romains 15:13). Les morts en Christ ressusciteront, les vivants seront transmués, et tous ensemble, «en un clin d’oeil», quitteront la terre, afin d’être pour toujours «avec le Seigneur» (1 Corinthiens 15:51-54).
2) Dès lors, le monde — étant privé des prières de ceux qui reconnaissent que «toute autorité dans le ciel et sur la terre» a été donnée au Seigneur Jésus — sera abandonné à sa propre volonté et ne tardera pas à faire la triste expérience de la méchanceté qui se cache dans le coeur de l’homme. Cette méchanceté qui est plus ou moins bridée tant qu’un gouvernement bien intentionné maintient son autorité, n’aura plus de frein ; et en même temps Dieu enverra une énergie d’erreur, prélude des derniers jugements, sur ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés (2 Thessaloniciens 2:10).
3) La «tribulation» qui suivra se divise en deux parties ; la première, dont la durée n’est pas indiquée d’une manière précise, atteindra tout particulièrement les nations ; c’est probablement, celle dont il est question dans Apocalypse 3:10 et 7:14. La seconde suppose que le pouvoir de l’Antichrist est établi, et la persécution sera dirigée spécialement contre le peuple juif (Jérémie 16:17-19 ; 30:7 ; Apocalypse 12:15-17). Ceux qui auront espéré un certain soulagement dans l’état de choses sur la terre seront amèrement déçus, car Satan, chassé des lieux célestes se mêlera plus activement que jamais aux affaires du monde. Par la bonté de Dieu, les événements terribles qui auront pour point culminant l’apparition personnelle du Fils de l’homme, se succéderont avec une rapidité sans précédent ; leur temps sera limité à 1260 jours, ou trois ans et demi, comme le chapitre 12 de Daniel le montre, confirmé par Apocalypse 11:2-3 ; 12:6, 14. Le Seigneur en parle dans la partie du chapitre 24 de Matthieu qui traite particulièrement des Juifs, c’est-à-dire jusqu’au verset 31. Il dit qu’à cause des élus «ces jours-là seront abrégés». (v. 22).
4) L’avènement personnel du Seigneur apparaissant en gloire «avec ses anges» amènera le jugement des nations assemblées alors contre Jérusalem, et achèvera la délivrance de son peuple (Zacharie 14). L’Antichrist aura été détruit «par le souffle de sa bouche» (Ésaïe 11:4 ; 2 Thessaloniciens 2:8) ; et les nations comparaîtront ensuite devant le Seigneur pour être jugées d’après la manière dont elles auront reçu ses messagers pendant ces temps de détresse (Matthieu 25:31-46).
Ensuite sera établi le règne millénaire de Christ.
33. Le jugement des nations vivantes que nous trouvons dans le chapitre 25 de Matthieu, est-il un jugement final ?
Nous pensons bien que le jugement dont il est ici question est un jugement définitif, mais non pas dans le sens où on l’interprète souvent. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un jugement général, comme de celui des païens, par exemple, qui n’ont pas eu l’occasion de recevoir les messagers du royaume, mais uniquement du jugement de ceux qui auront eu l’avantage de les entendre et qui les ont ou accueillis, ou rejetés. La «vie éternelle» dont il est question pour les premiers, est la vie sur la terre sous le règne du Messie, s’étendant jusque dans l’état éternel qui succédera à ce règne. Ceux qui sont condamnés s’en vont, eux, dans les tourments éternels.
Le jugement des morts se trouve dans le chapitre 20 de l’Apocalypse, et aura lieu mille ans plus tard que le jugement dont parle le chapitre 25 de Matthieu, où il s’agit de ceux qui seront sur la terre quand le Seigneur viendra avec les anges de sa gloire.
On trouvera quelques développements complémentaires sur ce sujet dans les Notes sur Matthieu, de J.N. D.
34. Pourquoi le Seigneur, après avoir deux fois reproché à ses disciples de n’avoir pu veiller avec lui, leur dit-il ensuite : «Dormez dorénavant et reposez-vous» ? Et comment faut-il entendre l’expression «Leurs yeux étaient appesantis» (Marc 14:40-42) ?
Le Seigneur Jésus, dans son immense grâce, emmena avec lui trois de ses disciples afin qu’ils prennent part à ce que l’homme pouvait connaître des souffrances qui étaient devant Lui. Le moment était des plus solennels. Le Seigneur lui-même allait être abandonné de Dieu, portant les péchés et les expiant par sa mort. Avant cela, il devait être livré entre les mains des pécheurs, et les disciples, laissés à eux-mêmes pour un peu de temps, et exposés à être criblés par Satan, seraient atteints par les flots de l’iniquité qui s’élevaient contre leur Seigneur et Maître. C’était bien le moment de veiller, et Jésus, tout en s’isolant pour prier, les prend avec lui, afin qu’ils veillent de leur côté et apprennent ainsi à veiller et à prier avec lui. Remarquons que c’étaient les trois mêmes disciples qui avaient été témoins de la puissance du Seigneur pour ressusciter les morts, et qui avaient vu sa gloire sur la montagne où il fut transfiguré (Marc 5:37 ; 9:2). Tout cela, s’ils avaient su en profiter, aurait été pour eux une préparation morale à connaître la communion des souffrances de Christ, comme nous le voyons dans Philippiens 3:10 ; mais ils avaient été accablés de sommeil sur la montagne (Luc 9:32) et «épouvantés» (Marc 9:6), et dans le jardin de Gethsémané ils dorment, montrant ainsi leur incapacité à veiller avec Jésus. Ils ne peuvent pas entrer dans les pensées de Jésus quant à l’importance de ce moment solennel ; et cependant l’un d’eux, Pierre, plein de confiance en lui-même malgré les avertissements du Seigneur, avait la prétention de le suivre dans des circonstances où Jésus seul pouvait se tenir debout.
Le Seigneur, selon sa tendresse habituelle, cherche une excuse pour ses disciples en disant : «L’esprit est prompt, mais la chair est faible», ce qui montre bien que ce sont leurs yeux naturels qui étaient appesantis : ils étaient «endormis de tristesse» (Luc 22:45) ; leur douleur était trop grande pour leurs forces physiques, et il n’y avait pas chez eux la puissance et l’énergie spirituelles qui auraient pu dominer le corps. Et le moment passe sans qu’ils en profitent, ce court moment où ils auraient pu jouir de la communion avec Jésus et puiser avec lui des forces pour résister à l’heure de la tentation qui allait survenir. Ce moment une fois passé, il n’était plus temps de veiller, et Jésus leur dit : «Dormez dorénavant». Dès lors il fallait entrer seul dans la lutte, et, comme nous le voyons dans le cas de Pierre, — succomber. Quel avertissement solennel pour nous tous ! Et combien ces paroles et cet exemple du Seigneur Jésus nous engagent à mettre à profit les courts moments de tranquillité qui se présentent, selon la bonté de Dieu, avant l’orage ! Jésus leur avait annoncé ce qui devait arriver ; ils n’y font pas attention, mais lui-même ne laisse pas passer l’occasion de prier. Parfait en toutes choses, il ne pouvait le faire.
Comme quelqu’un le dit : «Nous voyons ici l’âme de Jésus sous le poids de la mort — en pensée, — comme lui seul pouvait la connaître, et nous savons qui en a l’empire. Mais Jésus veille, et il prie, homme soumis par son amour à cet assaut, en présence de la plus puissante tentation à laquelle il pouvait être exposé. D’un côté il veille, et, de l’autre, il présente sa détresse à son Père. Sa communion avec le Père n’était pas interrompue, quelle que fût sa détresse ; le sujet de cette communion était cette détresse même qui le poussait davantage en toute soumission et en toute confiance vers son Père. Mais si nous devions être sauvés, si Dieu devait être glorifié en celui qui s’était chargé de notre cause, la coupe ne devait pas passer loin de lui : la soumission de Jésus est parfaite. Il rappelle avec tendresse à Pierre sa fausse confiance, en lui faisant sentir sa faiblesse (v. 37) ; mais Pierre était trop plein de lui-même pour en profiter ; il lui fallait une expérience plus triste pour le guérir de cette confiance-là. Pierre se réveille bien de son sommeil, mais sa fausse confiance n’est pas ébranlée.
Jésus a donc dû boire la coupe, mais il la prend de la main de son Père, car la volonté de son Père est qu’il la boive. S’abandonnant ainsi parfaitement à son Père, ce n’est ni de la main de ses ennemis, ni de celle de Satan qu’il prend cette coupe ; il la reçoit de la main seule de son Père, selon la perfection avec laquelle il s’est soumis à la volonté de Dieu à cet égard en lui remettant tout entre les mains : c’était sa volonté ! Ainsi, en ne cherchant que la volonté de Dieu qui dirige tout, on échappe aux causes secondes et aux tentations de l’Ennemi, et c’est de Dieu qu’on reçoit l’affliction et l’épreuve si elle survient,
Mais désormais il n’est plus besoin que les disciples veillent. L’heure est venue et Jésus va être livré entre les mains des hommes».
35. Pourquoi l’évangile de Luc et celui de Matthieu diffèrent-ils dans le passage qui signale la folie de se servir de drap neuf pour raccommoder un vieil habit. ? (Luc 5:36 ; Matthieu 9:16). Et quel est l’enseignement que nous pouvons en retirer ?
L’enseignement du Seigneur ne pouvait nullement s’adapter au formalisme des pharisiens. Ceux-ci croyaient pouvoir établir leur propre justice aux yeux des hommes par des pratiques extérieures fondées en partie sur la foi, en partie sur la tradition. Jésus annonçait une justice toute différente fondée sur la rédemption, justice qui était de Dieu seul. Le péché étant expié, Dieu est juste en justifiant le pécheur qui croit en Jésus. Comment concilier la justice humaine qui est comme un vêtement usé, toujours en défaut, et la justice de Dieu qui ressort de ce qu’il est en lui-même et qui est le fruit de l’oeuvre parfaite d’expiation accomplie par le Seigneur ? Voilà l’idée générale dans les deux passages.
Luc, qui fournit habituellement des développements au point de vue moral propres à agir sur la conscience, montre en outre que celui qui veut la loi en même temps que la grâce, non seulement perd la jouissance de celle-ci, mais par la lumière acquise, se trouve dans l’impossibilité de satisfaire sa conscience par ses efforts légaux. Il a fait une déchirure dans le nouveau vêtement en cherchant à raccommoder son vieil habit ; il n’ose pas paraître dans le nouveau qui est déchiré et gâté, et il sent que l’état misérable du vieux a été davantage mis en évidence.
36. Comment pouvons-nous être de ces fils de paix dont le Seigneur parle en Luc 10:5 ?
Les instructions que le Seigneur donne à ses messagers sont précises : «Dans quelque maison que vous entriez, dites premièrement : «Paix sur cette maison !». La paix était la première chose que l’on devait annoncer de sa part. Nous avons tous besoin de la paix. Mais aucun homme ne peut se la procurer. Elle vient de Dieu. Dieu est le «Dieu de paix» (Romains 15:33 ; Philippiens 4:9) qui va bientôt briser Satan sous les pieds des siens (Romains 16:20). Aucun homme ne pourra s’affranchir des chaînes qu’il s’est forgées lui-même en se livrant à l’Adversaire. Voyez Ésaïe 49:24-25. L’homme s’est détourné de Dieu en écoutant Satan, dès lors il est l’esclave de celui-ci ; ses propres efforts ne suffisent pas pour que le joug soit brisé. Mais le Seigneur Jésus est venu pour lier l’homme fort, et pour piller ses biens (Matthieu 12:28-29). Il a pu le faire selon la justice, en maintenant les droits de Dieu qui exigent que le péché soit puni, car lui-même a porté nos péchés en son propre corps sur le bois. Il est mort à notre place comme sacrifice pour le péché, et Dieu est juste en offrant la paix, en pardonnant à tous ceux qui reçoivent son témoignage au sujet de son Fils. Il est le «Seigneur de paix» (2 Thessaloniciens 3:16). Il est notre paix, et il a fait la paix. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix aux Juifs et aux Gentils (Éphésiens 2:14-15, 17). Ne vaut-il pas la peine de mettre de côté toute idée de pouvoir faire quelque chose par nos propres efforts ? Sinon nous resterons ignorants de tout ce que le Vainqueur de Satan et de la mort a fait pour nous, selon les richesses de sa grâce ! Ne vaudrait-il pas mieux prendre place comme Marie, aux pieds du Sauveur pour écouter sa parole ? Car il est venu chercher et sauver ce qui était perdu.
La difficulté qui se présente sur notre chemin vient donc de nos propres coeurs. Si l’on est, comme un pharisien, content de soi, on ne croira pas que l’on a besoin de la paix, on n’en sentira pas la nécessité, on ne la cherchera pas.
Celui qui se confie dans ses bonnes oeuvres s’éloigne du Sauveur, tout comme celui qui ne se sent pas malade ne cherche pas à trouver un médecin. Mais lorsque nous recevons le témoignage de Dieu qu’il n’y a point de juste, pas même un seul (Romains 3:10), notre conscience réveillée nous fait sentir que le Dieu juste doit nécessairement nous juger. Quel bonheur d’apprendre alors que Dieu veut être Sauveur, tout en restant juste, et que c’est pour cela qu’Il a envoyé son Fils bien-aimé souffrir et mourir à notre place ! C’est comme pécheur perdu sans ressource et méritant le jugement, que chacun doit s’adresser au Sauveur. Un tel homme, son cas fût-il aussi désespéré que celui du brigand crucifié pour ses crimes, fera la douce expérience que jamais le Seigneur n’a repoussé quelqu’un qui vient à Lui. Au contraire Il a dit : «Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» (Jean 6:37).
Un fils de paix est donc quelqu’un qui est venu auprès du Sauveur comme un pécheur perdu, et qui, en écoutant sa parole, a reçu de sa part l’assurance de la paix avec Dieu et du pardon de ses péchés, — paix et pardon fondés sur le précieux sang qui purifie de tout péché. Nous sommes justifiés par son sang (Romains 5:9). Étant justifiés, nous avons la paix avec Dieu.
La vie chrétienne est une marche poursuivie dans la communion de Dieu et l’énergie du Saint Esprit. Une vie de paix et de joie, dont le Seigneur Jésus lui-même a été à tous égards la parfaite expression, une vie de relation actuelle avec le Père (Jean 1:12, 13), dans l’attente du retour du Seigneur qui va bientôt prendre les siens auprès de lui dans la gloire (Jean 14:1-3 ; 17:24). Jésus a dit : «Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et ou je suis, moi, là aussi sera mon serviteur : si quelqu’un me sert, le Père l’honorera» (Jean 12:26). Et encore : «Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de coeur ; et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est aisé et mon fardeau est léger» (Matthieu 11:28-30).
À ceux qui font ainsi Il dit : «Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous donne pas, moi, comme le monde