[ page principale | nouveautés | La Bible | la foi | sujets | études AT | études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | centres d'intérêt ]

 

Que dit l’ÉCRITURE ? (Rom. 4:3)

 

 

Réponse à 150 questions touchant divers sujets bibliques ou de la vie chrétienne, posées par les lecteurs du périodique «le Salut de Dieu» entre 1873 et 1917 (par W.J.Lowe puis Élie Périer)

 

 

 «Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi» Jean 5:39

 

«Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre» 2 Timothée 3:16, 17

 

«Et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» Actes 17:11

 

Sommaire

19.          Mal. 3 ; Apoc. 22. Le soleil de justice et l’étoile du matin

32.          Matt. 24:21 ; Apoc. 7:14. S’agit-il de la même grande tribulation ?

114.        Apoc. 1:5. Le premier-né des morts

115.        Apoc. 3:9. La synagogue de Satan

116.        Apoc. 4:6-8. Les quatre animaux

117.        Apoc. 5:9. Pourquoi le cantique est-il appelé nouveau ?

118.        Apoc. 5:10. Pourquoi est-il dit : «Tu les as faits rois» ?

119.        Apoc. 6:9. Les âmes sous l’autel

120.        Apoc. 7:9-17. Une grande foule. Dans Matt. 20:16 ; 7:14 : Peu d’élus

121.        Apoc. 14:13. Quels sont les morts bienheureux dont parle ce passage ?

122.        Apoc. 20:5-6. La première résurrection

123.        Apoc. 20:5-6. Quand donc la première résurrection sera-t-elle achevée ?

124.        Apoc. 21. Le tableau de l’Église dans ce passage

 

19.       Quelle est la différence entre «le soleil de justice» et «l’étoile du matin», qui l’un et l’autre sont, si je ne me trompe, des types de Christ ?

En effet, c’est Christ qui est représenté sous ces deux images.

La première se trouve dans le dernier chapitre du prophète Malachie qui annonce la seconde venue du Seigneur en gloire, et pour le jugement. Nous disons «seconde» venue, bien que, dans l’Ancien Testament, il ne s’agisse que d’une venue, le Messie étant toujours présenté d’une manière personnelle, sans qu’il soit question de distinguer entre les deux avènements. Mais lorsqu’il est venu la première fois, il a dit : «Je ne suis pas venu afin de juger le monde, mais afin de sauver le monde» (Jean 12:47). De plus, après avoir parlé ouvertement, pour la première fois, de sa mort et de sa résurrection, il dit clairement que le Fils de l’homme devait venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite (Matthieu 16:21-27). C’est donc à cet avènement en gloire que se rapporte le passage de Malachie. Le «soleil de justice» brillera, et ceux qui craignent son nom se réjouiront et trouveront la santé dans ses ailes, tandis que pour les méchants «le jour» sera révélé en feu (comparez 1 Corinthiens 3:13), et tout ce qui ne supportera pas l’épreuve de la sainteté de Dieu sera brûlé. D’autre part, de même que le soleil, quand il se lève, répand partout ses rayons bienfaisants, sa lumière et sa chaleur, ainsi «la terre sera pleine de la connaissance de la gloire de l’Éternel comme les eaux couvrent le fond de la mer» (Ésaïe 11:9, Habakuk 2:14),

Ces prophéties se rapportent donc à l’établissement du règne du Seigneur Jésus Christ en gloire et en justice sur cette terre. D’après l’Apocalypse (20:6) nous savons que ce règne durera mille ans.

Mais dans le dernier chapitre de l’Apocalypse, le Seigneur, s’adressant à ceux qui le connaissent actuellement, savoir, aux «assemblées» chrétiennes, présente sa venue comme prochaine, en se servant d’une nouvelle figure, celle de «l’étoile brillante du matin» (vers. 16). L’Esprit et l’épouse comprennent cette parole et répondent immédiatement : «Viens». L’étoile du matin se lève avant le soleil ; elle est souvent visible longtemps avant que la moindre lueur de l’aurore ait commencé à poindre à l’orient. Sa pure lumière, brillant dans le ciel, attire les pensées en haut. Elle est ainsi l’emblème — 1° de ce que Christ est pour «l’assemblée», l’Église, qui est son corps, son «épouse» — 2° et de cette espérance céleste qui appartient à l’Église et qui la caractérise.

Le mystère de l’Église, caché dans les temps anciens, n’est jamais présenté ni comme doctrine, ni comme sujet de prophétie dans l’Ancien Testament. Il se discerne dans quelques types dont l’explication était réservée pour le moment où le Saint Esprit, étant descendu ici-bas après la glorification du Seigneur Jésus, formerait cette Église sur la terre. Tel est, par exemple, le type d’Ève, femme d’Adam, appliqué spirituellement en Éphésiens 5:31, 32. Mais la révélation de ce mystère fut confiée à l’apôtre Paul (Éphésiens 3 ; Colossiens 1).

L’Église - formée de tous les véritables croyants vivifiés par le Saint Esprit et devenus sa demeure — est unie à Christ comme les membres de son corps, en sorte que toute distinction de nationalité a disparu (Colossiens 3:11). La vocation du chrétien est toute céleste. Sa vie est maintenant cachée avec Christ en Dieu ; quand Christ sera manifesté, alors nous aussi nous serons manifestés avec Lui en gloire (Colossiens 3:1-4). Lorsqu’il régnera, nous régnerons, c’est-à-dire, qu’avant de manifester sa gloire sur toute la terre comme «soleil de justice», Christ viendra chercher son Église et la fera entrer dans la gloire qu’il a préparée (1 Thessaloniciens 4:15-18). Or cela n’a jamais été un sujet de prophétie. Comparez Apocalypse 19:13, où les noces de l’Agneau sont célébrées avant que le Seigneur, comme la Parole de Dieu, sorte du ciel pour juger le monde.

Que Dieu, dans sa bonté, attache toujours plus nos coeurs à la personne de Christ, afin que nous soyons dirigés en toutes choses par le Saint Esprit qui forme en nous des affections célestes, contents de faire le sacrifice de tout avantage terrestre, souffrant avec Christ maintenant, chérissant dans nos coeurs «l’étoile du matin» (2 Pierre 1:19).

 

32.       Quelle est «la grande tribulation» dont il est question dans l’Apocalypse, chapitre 7:14 ? Est-ce la même dont parle le Seigneur dans Matthieu 24:21 ?

Nous voyons en effet que dans les deux passages il s’agit d’une grande et terrible «épreuve» qui doit venir sur la terre habitée tout entière, comme nous le lisons dans Apocalypse 3:10. Plusieurs passages dans les prophètes en parlent ainsi, comme par exemple, Ésaïe 28:22.

Quel bonheur de savoir que tous ceux qui reçoivent aujourd’hui la parole de la grâce, et qui persévèrent dans la fidélité jusqu’à la venue du Seigneur, seront recueillis auprès de lui avant que ce jour d’épreuve arrive.

Voici en quelques mots, d’après plusieurs passages, l’ordre des événements qui vont se succéder.

1) Subitement, sans que rien n’annonce préalablement la venue du Seigneur «dans les nuées», tous ceux qui croient en lui seront ravis à sa rencontre «en l’air» (1 Thessaloniciens 4:17). Ceux-là, ayant reçu l’évangile de sa grâce et de son prochain retour (deux choses qui sont intimement liées dans les Écritures), jouiront alors, auprès du Seigneur, de l’accomplissement de l’espérance dans laquelle le chrétien est censé abonder (Romains 15:13). Les morts en Christ ressusciteront, les vivants seront transmués, et tous ensemble, «en un clin d’oeil», quitteront la terre, afin d’être pour toujours «avec le Seigneur» (1 Corinthiens 15:51-54).

2) Dès lors, le monde — étant privé des prières de ceux qui reconnaissent que «toute autorité dans le ciel et sur la terre» a été donnée au Seigneur Jésus — sera abandonné à sa propre volonté et ne tardera pas à faire la triste expérience de la méchanceté qui se cache dans le coeur de l’homme. Cette méchanceté qui est plus ou moins bridée tant qu’un gouvernement bien intentionné maintient son autorité, n’aura plus de frein ; et en même temps Dieu enverra une énergie d’erreur, prélude des derniers jugements, sur ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés (2 Thessaloniciens 2:10).

3) La «tribulation» qui suivra se divise en deux parties ; la première, dont la durée n’est pas indiquée d’une manière précise, atteindra tout particulièrement les nations ; c’est probablement, celle dont il est question dans Apocalypse 3:10 et 7:14. La seconde suppose que le pouvoir de l’Antichrist est établi, et la persécution sera dirigée spécialement contre le peuple juif (Jérémie 16:17-19 ; 30:7 ; Apocalypse 12:15-17). Ceux qui auront espéré un certain soulagement dans l’état de choses sur la terre seront amèrement déçus, car Satan, chassé des lieux célestes se mêlera plus activement que jamais aux affaires du monde. Par la bonté de Dieu, les événements terribles qui auront pour point culminant l’apparition personnelle du Fils de l’homme, se succéderont avec une rapidité sans précédent ; leur temps sera limité à 1260 jours, ou trois ans et demi, comme le chapitre 12 de Daniel le montre, confirmé par Apocalypse 11:2-3 ; 12:6, 14. Le Seigneur en parle dans la partie du chapitre 24 de Matthieu qui traite particulièrement des Juifs, c’est-à-dire jusqu’au verset 31. Il dit qu’à cause des élus «ces jours-là seront abrégés». (v. 22).

4) L’avènement personnel du Seigneur apparaissant en gloire «avec ses anges» amènera le jugement des nations assemblées alors contre Jérusalem, et achèvera la délivrance de son peuple (Zacharie 14). L’Antichrist aura été détruit «par le souffle de sa bouche» (Ésaïe 11:4 ; 2 Thessaloniciens 2:8) ; et les nations comparaîtront ensuite devant le Seigneur pour être jugées d’après la manière dont elles auront reçu ses messagers pendant ces temps de détresse (Matthieu 25:31-46).

Ensuite sera établi le règne millénaire de Christ.

 

114.     Que signifie l’expression «le premier-né des morts» (Apocalypse 1:5)

En comparant ce passage avec le premier chapitre de l’épître aux Colossiens, où se trouve une expression semblable, nous en comprendrons l’idée générale ; surtout si nous nous rappelons que le terme «premier-né» se rapporte non pas au temps, mais à une relation établie avec Dieu, comme il est écrit à l’égard de David : «Je ferai de lui le premier-né, le plus élevé des rois de la terre» (Psaume 89:27). Il y a cependant une différence ; la forme de l’expression dans l’épître aux Colossiens, «premier-né d’entre les morts», arrête la pensée sur une vie de résurrection qui est actuellement manifestée dans la personne de Christ et qui caractérise sa primauté en rapport avec l’Église ; tandis que, dans le passage de l’Apocalypse, Christ est présenté en rapport avec la terre, tout ce qui exprime ses relations avec l’Église étant omis : il est «le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre».

De fait, Christ a une double primauté. Il est «premier-né de toute la création» ; il a droit sur tout, non seulement comme Fils, mais comme Créateur, car «toutes choses ont été créées par lui et pour lui ; et lui est avant toutes choses et toutes choses subsistent par lui» (Colossiens 1:16-17). Il est ensuite «premier-né d’entre les morts» : il est, comme on l’a dit : «premier-né selon la puissance de sa résurrection dans ce nouvel ordre de choses selon lequel l’homme est prédestiné à une position toute nouvelle acquise par la rédemption et dans laquelle il participe à la gloire de Dieu (autant que ce qui est créé le peut), et cela, en participant à la vie divine en Jésus Christ, le Fils de Dieu et la vie éternelle, — et, pour ce qui regarde l’Église, comme membre de son corps» (Études sur la Parole).

Pour ce qui concerne le temps, s’il faut en parler, il est écrit «qu’il fallait que le Christ fût soumis aux souffrances, et que, le premier, par la résurrection des morts, il devait annoncer la lumière et au peuple et aux nations» (Actes 26:23). Ce n’est qu’après sa résurrection que «beaucoup de corps des saints endormis ressuscitèrent», — preuve éclatante de ce que la résurrection du Seigneur doit opérer pour tous les saints (Matthieu 27:53).

115.     Que représente la «synagogue de Satan» (Apocalypse 2:9, 3, 9) ?

Cette expression est appliquée aux Juifs, ou à ceux qui se disaient être tels. Ils se trouvaient parmi les chrétiens et cherchaient à ramener la doctrine et la pratique de l’Église sur le terrain de la religion et de la tradition judaïques. Les Juifs avaient été les dépositaires des oracles de Dieu (Romains 3:1, 2). À ce point de vue, ils avaient une position unique dans le monde, et il était difficile pour eux, même s’ils mettaient de côté leurs privilèges nationaux, d’accepter que Dieu veuille agir sur la terre sans eux. C’est ce qui fit des Juifs les ennemis acharnés de l’évangile (1 Thessaloniciens 2:14-16). Une fois convertis et entrés dans l’Église, leurs anciens préjugés les poussaient toujours vers les formes extérieures qui leur étaient si chères, et ils avaient de la peine à comprendre que leur rejet de Christ avait mis fin à l’ancien ordre de choses, et que la première condition de l’accomplissement des prophéties en leur faveur était leur repentance, et la réception du Messie lors de son retour (Actes 3:19-26).

De plus, la mort de Christ ayant posé le fondement de toute bénédiction pour les hommes, les espérances des Juifs quant à la terre ont fait place à des bénédictions spirituelles. En même temps, les barrières étroites qui limitaient les privilèges à une nation favorisée sont renversées. Les épîtres aux Hébreux et aux Éphésiens expliquent ces choses en détail.

Il y a cependant dans le coeur de l’homme une tendance très prononcée vers une religion qui fait appel aux sens et aux sentiments naturels, et les efforts des Juifs convertis, qui avaient été habitués à ces choses dans le service du temple à Jérusalem, trouvaient de l’écho dans bien des coeurs, comme on le voit dans l’épître aux Galates. Le Seigneur envisage cela comme une oeuvre de Satan, et ceux qui agissaient dans ce sens, il les appelle «la synagogue de Satan».

116.     Que représentent les «quatre animaux», mentionnés dans l’Apocalypse, chap. 4:6-8, etc. ?

La description donnée de ces «êtres vivants», — car telle est la signification du nom qui leur est donné, — rappelle ce qui est dit des «chérubins» par le prophète Ézéchiel ; voyez le chapitre 10. Dans le premier chapitre d’Ézéchiel, ils sont appelés «animaux» ou «êtres vivants». Le terme «chérubins» n’est pas employé dans l’Apocalypse. L’apparence des animaux dans les deux passages est la même, sauf que dans l’Apocalypse ils ont «six ailes», comme les séraphins que vit le prophète Ésaïe (chapitre 6). Un autre détail, qui n’est pas sans importance, est qu’en Ézéchiel il n’est pas dit que les chérubins parlent, tandis que dans l’Apocalypse les êtres vivants, de même que les séraphins, ne cessent de proclamer : «Saint, saint, saint» à la gloire du Dieu Tout-puissant ; puis, les animaux sont aussi au milieu du trône ; ils y prennent une part active dans les louanges adressées à l’Agneau, et dirigent le culte des «anciens».

De ce qui précède, nous pouvons donc conclure que ces «animaux» répondent aux deux descriptions données par Ésaïe et par Ézéchiel, sans oublier que leur service prend une extension due à la pleine révélation de Dieu dans la personne de son bien-aimé Fils.

Les «chérubins», partout dans l’Écriture, sont les agents de l’administration du pouvoir du trône, où brille la grâce en même temps que le jugement. Les «séraphins» sont les gardiens de la gloire personnelle de Dieu lorsqu’il condescend à paraître dans son temple, au milieu de son peuple, afin d’agir sur la conscience de ceux qui sont les témoins de cette gloire.

Les «animaux» de l’Apocalypse, réunissant ces deux caractères, se placent avec les rachetés glorifiés qui sont devant Dieu et devant l’Agneau, pour attester leur droit à leur place dans cette gloire en accord avec les pensées et les intentions de Dieu, et selon la pleine connaissance de la valeur de l’oeuvre de Christ, connaissance fournie par le Saint Esprit à ceux qui sont rachetés par cette oeuvre.

117.     Pourquoi le cantique est-il appelé «nouveau» (Apocalypse 5:9) ?

Le mot «nouveau» fait penser au Psaume 40, qui traite de la résurrection de Christ, comme devant suivre son «sacrifice», c’est-à-dire sa mort. Le cantique nouveau suit la délivrance «hors du puits de la destruction». Les résultats pour tous les croyants sont illimités. Aussi le cantique de l’Apocalypse est-il le premier dans toutes les Écritures qui célèbre le sang, — le sang de l’Agneau. C’est devant Lui que les anciens le chantent.

118.     Pourquoi est-il dit : «Tu les a faits rois» (Apocalypse 5:10) ? Est-ce que l’assemblée se trouve comprise dans le groupe de croyants dont il s’agit ; ou bien aura-t-elle une place à part ?

L’assemblée aura toujours une place qui lui est propre. Le Seigneur se la présentera sans tache (Éphésiens 5:27). Toutefois elle participera avec tous les saints de l’Ancien Testament à la gloire du royaume, en ce qu’elle régnera avec le Christ. C’est la moindre de ses gloires, mais c’est celle que le monde verra et comprendra peut-être le plus facilement. Jésus en parle, en s’adressant à l’église de Laodicée ; et le fait est signalé au chap. 21 de l’Apocalypse, verset 24. «Les nations marcheront par sa lumière, et les rois de la terre lui apporteront leur gloire». Puis, au chapitre 19, c’est bien au moment où il «entre dans son règne» que les noces de l’Agneau sont célébrées dans le ciel. Cela n’empêche pas que sa gloire la plus grande, la plus précieuse, est celle qui ne sera pas déployée devant le monde, mais qui comprend les relations intimes, indicibles, qui existeront toujours entre le Seigneur et son épouse.

119.     Que représentent «les âmes sous l’autel», dont il est parlé en Apocalypse 6:9 ? Font-elles partie de l’Église ?

Avant de considérer les détails de ce livre merveilleux de l’Apocalypse, il convient de rappeler que son but principal est de mettre en évidence la consommation des voies de Dieu en rapport avec la terre, et la prise de possession de celle-ci par le Seigneur, qui y fut rejeté, en accomplissement de la promesse que nous trouvons dans le psaume 2 : «Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre». À cet «héritage» se rapporte le «livre» dans la droite de «celui qui était assis sur le trône» (chapitre 5:1), livre que nul n’est trouvé digne d’ouvrir, si ce n’est l’Agneau.

L’Apocalypse fait constamment allusion aux prophéties antérieures contenues dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, ce qui est particulièrement le cas dans les trois ou quatre derniers chapitres. L’autorité de Dieu doit être définitivement reconnue sur toute la terre, et le nom qui indique cette autorité est «le Très-Haut» que Melchisédec fit connaître à Abraham. Il est «possesseur des cieux et de la terre». La possession des cieux n’a pu lui être contestée (Psaume 115:16), mais, sur la terre, les hommes se sont rebellés contre lui et ont rejeté le Christ à qui tout pouvoir est confié. Mais le moment vient où l’on connaîtra que celui «dont le nom est l’Éternel» est aussi «le Très-Haut sur toute la terre» (Psaume 83:18).

Quand le Seigneur Jésus accomplira le premier acte de son retour, en prenant à lui les saints endormis ou vivants alors ici-bas, il ne viendra pas jusqu’à la terre. Au contraire, nous irons à sa rencontre «en l’air» (1 Thessaloniciens 4:13 -17). L’enlèvement des saints n’est pas mentionné dans l’Apocalypse ; mais depuis le chapitre 4, ceux qui auront été les objets de cette manifestation de la puissance du Seigneur se trouvent déjà dans le ciel, représentés par les vingt-quatre anciens assis sur des trônes autour du trône de Dieu et de l’Agneau. Le tableau historique du chapitre 12 comprend sans doute cet enlèvement des saints, considérés comme faisant partie de Celui qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer (comparez chapitre 2:26, 27). Puis, dans le chapitre 19, avant que le Seigneur ne sorte pour exécuter le jugement sur les rois de la terre qui lui sont opposés, on voit l’Église comme la femme de l’Agneau «préparée», afin d’être manifestée comme telle, lorsque le Seigneur sera manifesté en gloire (Colossiens 3:4).

Entre ces deux actes, l’enlèvement des saints, et la sortie du «Rois des rois» suivi par les armées célestes, plusieurs choses vont avoir leur accomplissement. La terre, privée de l’intercession des croyants (1 Timothée 2:1, 2), sera livrée à elle-même, ou plutôt au méchant, et l’iniquité prendra son développement complet dans la personne de l’homme de péché, ou l’Antichrist, et sous la direction personnelle de Satan (2 Thessaloniciens 1:2 ; Apocalypse 12:12 ; 13 ; 16:13-16). Mais pendant ce temps aussi, l’Esprit de Dieu travaillera pour sauver une foule innombrable de personnes (Apoc. 7:9-10). Avant le développement du pouvoir de l’Antichrist, il y aura des persécutions dont seront victimes ceux dont on voit les âmes «sous l’autel» appelant la vengeance (chap. 6:9-11). Ceux-ci ne font pas partie de l’Église qui est déjà complète, mais ils auront part à la gloire du règne du Seigneur, ainsi que ceux qui seront mis à mort plus tard, lorsque le chef de l’Occident (la bête) et l’Antichrist exerceront leur pouvoir. Ces deux compagnies de saints sont mentionnées au chapitre 20, vers. 4-6.

120.     Dans Matth. 20:16, il est dit : «Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus» ; puis encore (chap. 7:14) : «Etroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent». Comment peut-on concilier ces passages avec les v. 9 -17 du ch. 7 de l’Apocalypse, qui parlent d’une «grande .foule que personne ne pouvait dénombrer, de toute nation et tribus et peuples et langues», vêtus de longues robes «blanchies dans le sang de l’Agneau» ?

Les deux premiers passages se rapportent à l’opération de la grâce de Dieu dans ce monde pendant le temps qui est appelé «le jour du salut», où Dieu est patient envers tous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance (2 Pierre 3:9, 15). Ils nous montrent la manière dont les hommes accueillent le message de la grâce : le coeur naturel aime le monde et ne l’abandonne pas volontiers pour se tourner vers Dieu. Comme disait le Seigneur aux Juifs, on ne veut pas «aller à lui pour avoir la vie» (Jean 5:40). On trouve que la porte est étroite — elle l’est en effet. À cause de cela, on préfère un chemin large où l’on peut faire sa propre volonté et gaspiller son temps, malgré les avertissements de l’évangile qui disent que le chemin spacieux mène à la perdition. Même lorsque quelqu’un est appelé à la dernière heure et, contraint d’entrer au service d’un maître bon et débonnaire, qu’il n’avait pas connu jusqu’alors, ceux qui s’attachent à la justice selon l’homme trouvent à redire contre la grâce. Ils ne jouissent pas de cet amour libre et parfait qui nous bénit, non parce que nous avons mérité quoi que ce soit, mais parce que Dieu est amour, et qu’il agit vis-à-vis de nous selon ce qu’il est.

C’est là, en effet, ce qui explique le troisième passage. Il se rapporte à un temps tout différent. Il est question du moment où la terre sera abandonnée au méchant, le temps de «la grande tribulation», comme le vers. 14 le dit clairement (comparez Matth. 24:21). Ce sera après l’enlèvement de l’Église, quand le témoignage qui est actuellement rendu dans le monde sera terminé. À la veille des terribles jugements qui seront exécutés sur la terre, Dieu agira d’une manière extraordinaire pour retirer encore un grand nombre d’âmes de la destruction générale et de la puissance de Satan. Celles-ci ne feront pas partie de l’Église, l’épouse de Christ, mais elles jouiront néanmoins du bonheur qui leur est préparé, étant des «bienheureux» qui seront conviés au banquet des noces de l’Agneau (Apoc. 19:9). Qu’elle est merveilleuse la grâce qui se déploie ainsi dans un temps aussi sombre !

Rappelons aussi que le passage de Matthieu parle de l’état des choses dont chacun peut se rendre compte et qui existent autour de nous dans ce monde, tandis que les versets de l’Apocalypse présentent un résultat final. Le temps de la grâce, le jour actuel du salut dure depuis longtemps ; mais à chaque endroit, comme à chaque époque, le troupeau est toujours «le petit troupeau». Toutefois, si on voyait l’ensemble, la réunion de tous ceux qui ont été sauvés depuis le jour de la Pentecôte, n’y aurait-il pas une grande foule aussi ? Et combien seront trouvés que Dieu seul connaît ? Il n’en reste pas moins vrai que la porte est étroite et qu’à quelque époque que ce soit, il faut l’énergie qui vient de Dieu pour se décider à y entrer.

121.     Qui sont les morts appelés «bienheureux», dans le chapitre 14 de l’Apocalypse, verset 13 ?

L’époque à laquelle s’applique le passage est déterminée par les versets précédents. C’est celle de la terrible persécution qui aura lieu pendant le court espace de temps où l’Antichrist se présentera comme le chef des Juifs, et où les nations de l’Occident consentiront à se soumettre au pourvoir de la bête (Apocalypse 17:13). La «bête» est le nom prophétique donné à la puissance dominante de l’empire romain ressuscité, dans la dernière phase de son existence. L’Antichrist est sans doute celui dont parlait le Seigneur à la fin du chapitre 5 de l’évangile de Jean : «Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez». Ces deux puissances, pour des raisons politiques, agiront de concert dans l’intention de supprimer tout ce qui, de près ou de loin, touche à la piété ou reconnaît l’autorité de Dieu. Dans ces jours-là, personne ne pourra ni acheter ni vendre sans avoir reçu, sur la main droite ou sur le front, la marque ou le nom de la bête. Et si l’on se refuse à adorer son image, la seule alternative sera la mort. Le Seigneur, en prédisant ce temps terrible à venir, l’appelle la «grande tribulation», et il dit : «Si ces jours-là n’eussent été abrégés, nulle chair n’eût été sauvée ; mais, à cause des élus, ces jours-là seront abrégés» (Matthieu 24:22). Cette promesse fournit quelque consolation, et la voix venant du ciel, disant : «Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur, dorénavant», ajoute un autre témoignage quant à la fidélité du Seigneur envers ceux qui demeureront fidèles pendant ce temps de tribulation sans précédent. Ils sont les compagnons de ceux dont il est écrit qu’ils ont vaincu Satan «à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage ; et ils n’ont pas aimé leur vie, même jusqu’à la mort» (Apocalypse 12:11). Le Seigneur ne les oubliera pas : «Bienheureux» sont-ils déjà, dans le repos, et «leurs oeuvres les suivent».

Dans le chapitre 20 de l’Apocalypse, parmi ceux qui auront part à la première résurrection, trois classes sont clairement distinguées. On y voit premièrement ceux qui sont déjà assis sur des trônes, c’est-à-dire tous ceux qui auront été ressuscités avant ces terribles temps de la fin ; puis ceux qui auront été victimes de la première persécution qui suivra pendant un temps qui n’est pas déterminé (Apocalypse 6:9, 10), ensuite les derniers qui périront pendant la grande tribulation, dont la durée est de «quarante-deux mois» (Apocalypse 13:5, 12).

122.     Que signifie «la première résurrection» (Apocalypse 20:5, 6) ?

L’idée d’une résurrection générale à la fois des justes et des injustes, très répandue même avant le christianisme, n’est pas scripturaire. On voit, d’après la réponse que fit Marthe, la soeur de l.azare, à Jésus, qu’elle partageait cette pensée avec la plupart des Juifs de son temps : Je sais que mon frère ressuscitera en la résurrection au dernier jour (Jean 11:24). Elle ne saisissait pas que Jésus, étant lui-même «la résurrection et la vie», exerçait sur les corps des morts et des vivants une autorité directe en rapport avec cette vérité qu’il annonçait. De même, en Marc 9:10, les disciples, bien qu’en Juifs orthodoxes, ils ne doutent pas de la résurrection des morts d’une manière générale, ne comprennent absolument rien à l’expression qu’emploie le Seigneur : «la résurrection d’entre les morts» ; car cela implique que quelques-uns ressuscitent, laissant d’autres dormir encore dans le sépulcre. Et quoique le Seigneur eût, dans sa doctrine, clairement distingué entre «la résurrection de vie» pour les justes et «la résurrection de jugement» pour les injustes (Luc 20:35, 36 ; Jean 5:29, etc.), ce ne fut qu’après sa propre résurrection que les disciples, enseignés par le Saint Esprit, saisirent la portée de la résurrection du Christ relativement à ceux qui lui appartiennent par la foi en son sang.

Qu’il doive y avoir «une résurrection des morts» c’est une doctrine fondamentale, qui a été ainsi considérée par les fidèles de tous les âges : voyez Job 19:25-27 ; Hébreux 6:2, et la réponse du Seigneur en Marc 12:26. Mais la résurrection d’entre les morts n’est enseignée que dans le Nouveau Testament, par le Seigneur et par ses apôtres. Par sa propre résurrection, après avoir été soumis aux souffrances, Christ a le premier annoncé la lumière aux Juifs et aux nations, et il a été l’exemple de ce qui est réservé à tous ceux qui croient en lui. En effet, il va donner suite à sa parole quant aux siens : «Je le ressusciterai au dernier jour» (Jean 6:39:40 ; Actes 26:23 ; 2 Corinthiens 4:14 ; 1 Thessaloniciens 4:14). C’est à l’apôtre Paul que le Seigneur a accordé la grâce de développer la doctrine pour ce qui concerne les croyants.

Pour ceux-ci, il y a une résurrection d’entre les morts, appelée aussi «résurrection de vie» ou «première résurrection». Les prémices de cette résurrection, c’est Christ ; ensuite suivront ceux qui sont à lui «à sa venue» (1 Corinthiens 15:20-23). Le passage cité de l’Apocalypse, chap. 20:4-6, nous fait assister au dernier acte de cette «première résurrection». Bienheureux et saints, en effet, sont ceux qui y ont part ! Le reste des morts ne revivra qu’à la conclusion du règne du Messie, qui durera mille ans. Alors aura lieu la seconde résurrection, celle des «morts», et leur jugement. Ceux qui s’y trouveront n’auront que «la seconde mort» pour leur portion terrible et éternelle (Apocalypse 20:11-15).

123.     La première résurrection sera-t-elle accomplie lorsque notre Seigneur Jésus Christ viendra pour juger les vivants et les morts ?

En examinant attentivement les Écritures, on s’aperçoit que la «première résurrection» est une expression caractéristique, plutôt que simplement historique. Il est évident qu’elle précède la seconde résurrection, qui est celle des «injustes» (Actes 24:15), ou, selon Jean 5:29, la «résurrection de jugement» ; mais on ne saurait la limiter à une époque fixe, du moins d’après notre manière de compter le temps, si ce n’est en disant, d’une manière générale, qu’elle sera accomplie avant le règne millénial de Christ. Voilà ce qui est clair, d’après le chapitre 20 de l’Apocalypse. Nous tenons à répéter, à cette occasion, que la première résurrection est «une résurrection d’entre les morts», c’est-à-dire une résurrection de quelques-uns seulement («les croyants»), tandis que les autres («les méchants») demeurent encore dans leurs sépulcres. C’est l’une des doctrines distinctives du christianisme ; elle donna lieu aux raisonnements des disciples lorsque le Seigneur en parla pour la première fois, en descendant de la montagne de la transfiguration (Marc 9:10). Ils ne comprenaient pas alors «ce que c’était que de ressusciter d’entre les morts». Le Seigneur Jésus est lui-même «les prémices» de cette résurrection (1 Corinthiens 15:20) ; ainsi donc tous ceux qui sont à lui seront rendus vivants. Il est ajouté : «mais chacun dans son propre rang : les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ à sa venue». L’expression «sa venue» est vague et générale ; l’apôtre n’entre pas ici dans les détails qui nous sont donnés dans le chap. 4 de la première épître aux Thessaloniciens. De fait, le commencement du chap. 20 de l’Apocalypse et d’autres passages nous montrent qu’il y aura plus d’une classe de personnes qui seront comprises dans la «première résurrection» (*). Il y aura les saints de l’Ancien Testament, tels qu’Abraham, Isaac et Jacob (Matthieu 8:11 ; 22:31-32) ; il y aura les croyants qui sont de l’économie actuelle et qui forment «l’Église» (Éphésiens 5:27 ; Philippiens 3:20, 21 ; Colossiens 3:3-4, etc.) ; mais il y aura aussi ceux dont les âmes sont vues «sous l’autel», lorsque l’Agneau «ouvrit le cinquième sceau», et auxquels il est dit qu’ils devaient se reposer «encore un peu de temps, jusqu’à ce que, et leurs compagnons d’esclavage et leurs frères, qui devaient être mis à mort comme eux, fussent au complet» (Apocalypse 6:9-11) ; puis, enfin, il y aura les «frères» de ceux-ci, ceux qui seront mis à mort pendant le règne de «la bête» et de l’Antichrist, et qui n’avaient pas rendu hommage à la bête ni à son image (Apoc. 13:15). Ces deux dernières classes sont indiquées dans Apocalypse 20:4, après qu’il a été question de ceux qui sont déjà «assis sur des trônes», et qui sont sans doute représentés d’une manière générale par les «anciens» du chapitre 4. Mais en lisant les Écritures, on ne peut qu’être frappé par le fait que l’Esprit de Dieu évite de faire un système de prophétie en présentant ensemble, dans un seul et même tableau, les divers actes de l’avènement du Seigneur. Assurément donc, notre sagesse est de ne pas nous aventurer au delà de ce qui est écrit ; de ne pas préciser là où les Écritures ne précisent pas. Car aucun passage de la sainte parole de Dieu ne donne lieu de croire que les différentes classes sus-nommées seront ressuscitées en même temps ; au contraire, les deux dernières classes ne le seront, certainement, que lorsque les précédentes seront déjà «assises sur des trônes».

(*) Voir question 121.

L’expression «juge des vivants et des morts», dans 1 Pierre 4:5, a évidemment une portée morale ; elle arrête la pensée sur Celui qui est prêt à juger et sur le caractère de son jugement, et non pas sur une époque déterminée à laquelle ce jugement doit avoir lieu. Il en est de même en 2 Timothée 4:1. Mais, dans tous les cas, rien n’indique que le jugement «des vivants» et celui «des morts» auraient lieu en même temps. Matthieu 25:31-46, nous fait assister au premier, «quand le Fils de l’homme viendra», et Apocalypse 20:11-15, décrit quel sera le dernier, devant le grand trône blanc, alors que la terre et le ciel s’enfuient de devant la face de Celui qui est assis sur le trône, et qu’il n’est pas trouvé de lieu pour eux. Tout le règne millénial de Christ aura son cours entre ces deux jugements.

124.     À quel moment s’applique le tableau de l’Église présenté dans le chapitre 21 de ce livre de l’Apocalypse ? L’Église étant céleste, doit-elle s’attendre à venir sur la terre renouvelée ? Et dans quelles conditions les rois de la terre peuvent-ils lui «apporter leur gloire» (v. 26) ?

Lorsqu’enfin tout sera mûr pour le jugement, le Seigneur sortira pour tirer vengeance de la «bête» et du «faux prophète», ainsi que de tous ceux qui les suivent (chapitre 19). Puis Satan sera lié et emprisonné dans l’abîme, et Christ régnera mille ans (chapitre 20:1-6). L’Église sera manifestée en gloire, non pas sur la terre, mais au-dessus de la terre, «descendant du ciel» dont elle fait partie et deviendra ainsi la lumière de la cité terrestre, Jérusalem, centre du gouvernement sur la terre.

La description de l’Église glorieuse pendant le règne millénaire du Christ se trouve dans le chapitre 21, depuis le verset 9. Elle rappelle la première idée de l’Église donnée par le Seigneur dans Matthieu 16, suivant les indications contenues dans 1 Chroniques 17:11-14. C’est le Fils qui bâtit la maison pour le Père, maison qu’il appelle «mon assemblée». Comparez 1 Corinthiens 3:9-11 ; Éphésiens 2:19-22 ; 1 Pierre 2:5. La gloire de l’Agneau dont la présence illumine l’Église, devient par cet intermédiaire la lumière des nations (Apoc. 21:24). Il n’est pas dit que les nations verront le Seigneur personnellement pendant la durée de son règne. Sa gloire sera connue par le moyen de l’Église, l’habitation de Dieu et de l’Agneau, qui en sont le temple.

C’est là que les nations doivent «apporter leur gloire». À présent tout ce qui se fait dans ce sens (et certes ce n’est que très peu), se fait spirituellement et par la foi, là où Dieu est reconnu. Mais la pensée des hommes est plutôt de se passer de Dieu. Alors les choses seront changées ; quand l’autorité du Seigneur se fera sentir, la foi se mêlera avec la vue, et toutes les nations de la terre seront obligées de reconnaître que le Seigneur règne entouré de ses saints glorifiés. Voyez aussi Jean 17:22-23 ; 2 Thess. 1:10.

Après le règne millénaire de Christ suivra l’état éternel, dont nous avons une description très brève dans le chapitre 21, versets 1 à 8. Il est remarquable que la position relative de l’Église est décrite dans les mêmes termes que dans le verset 10, qui s’applique au millénium, c’est-à-dire, «descendant du ciel d’auprès de Dieu». Il n’est pas dit qu’elle vienne jusqu’à la nouvelle terre, tout en étant en rapport avec la terre et étant «avec les hommes». Elle est toujours «l’habitation de Dieu» (voyez Éphésiens 2:22). La condition actuelle des choses que nous connaissons sera alors complètement changée, le ciel et la terre étant renouvelés : la justice y habitera ; et il n’y aura plus de mer. Puissions-nous, en attendant ces choses, être trouvés sans tache et irréprochables devant le Seigneur (2 Pierre 3:13-14).