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Que dit l’ÉCRITURE ? (Rom. 4:3)

 

 

Réponse à 150 questions touchant divers sujets bibliques ou de la vie chrétienne, posées par les lecteurs du périodique «le Salut de Dieu» entre 1873 et 1917 (par W.J.Lowe puis Élie Périer)

 

 

 «Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi» Jean 5:39

 

«Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre» 2 Timothée 3:16, 17

 

«Et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» Actes 17:11

 

Sommaire

63.          Rom. 4:25. Signification de la justification dans ce passage.

64.          Rom. 5:14. Adam, figure de Christ.

65.          Rom. 6:7 ; Gal. 3:4. Doctrine touchant la loi et la grâce

66.          Rom. 8:3. Quel est le sens de cette expression : «a condamné le péché dans la chair». Différence entre le péché et la chair. Le péché du croyant a-t-il été aussi porté à la croix ?

67.          Rom. 8:16. Que signifie : «L’Esprit rend lui-même témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu» ?

68.          Rom. 9:16 et Matt. 7:7-8. Y a-t-il contradiction ?

 

63.       Comment doit-on entendre la «justification» dans Romains 4:25 ?

La résurrection de Jésus notre Seigneur, qui a été livré pour nos fautes, est la preuve incontestable que Dieu a agréé son sacrifice, et que les péchés ne sont plus mis au compte de celui qui a reçu le témoignage de Dieu à cet égard. En ressuscitant Jésus, Dieu a mis son sceau sur l’efficacité de son oeuvre, et nous avons un Sauveur vivant qui nous représente toujours devant la face de Dieu (Hébreux 9:24). Nous sommes ainsi justifiés par sa résurrection, car si Christ n’était pas ressuscité il n’y aurait pour nous aucune preuve que les péchés ont été expiés (1 Corinthiens 15:17).

En outre, par la résurrection du Seigneur Jésus, nous avons la certitude d’être au bénéfice du sacrifice de Christ dès maintenant. Les péchés ne sont plus sur lui ; ils sont donc effacés, laissés pour ainsi dire dans l’oubli de la tombe. Et les croyants jouissent déjà de tout le bénéfice de cette parole : «Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités» (Hébreux 10:15-17). Ils peuvent avec hardiesse et pleine confiance repousser tout effort de l’ennemi pour les replonger dans le doute, en disant : «L’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous» (Ésaïe 53:6). La mort est les gages du péché. C’est le péché qui donne à la mort son aiguillon. Mais Christ étant mort pour nous, la mort a perdu son aiguillon, et en ressuscitant, il devient les «prémices de ceux qui sont endormis», c’est-à-dire de tous ceux qui ont cru en lui, et qui sont morts en attendant la résurrection.

Qu’il est consolant de savoir, dès à présent, que la résurrection du Seigneur Jésus est à la base de l’assurance actuelle du croyant devant Dieu, ainsi que la garantie de son bonheur éternel auprès du Seigneur dans la gloire ! Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi avec lui (2 Corinthiens 4:14).

64.       Comment Adam est-il «la figure de celui qui devait venir» ? (Voyez Romains 5:14).

D’abord, il y a, pour nous, quelque chose de très précieux dans le principe que renferme cette déclaration de la Parole, — abondamment confirmé d’ailleurs par ce qui est dit en plusieurs endroits, — savoir que la création elle-même, et le récit que Dieu nous en a donné, ont une portée spirituelle qui s’étend bien au-delà des choses dont il est question dans le passage. Ainsi que le dit l’apôtre : «Aucune prophétie de l’Écriture ne s’interprète elle-même» (2 Pierre 1:20) ; elle fait partie de la pensée de Dieu qu’il a bien voulu nous communiquer, afin de nous faire jouir de la communion avec lui dans les choses qu’il a révélées, et dont Christ est le centre et le but, comme le montrent le chapitre 8 des Proverbes et le premier chapitre de l’épître aux Colossiens : «Toutes choses ont été créées par lui et pour lui». L’histoire de la création dans le premier chapitre de la Genèse, nous dit comment la terre, sur laquelle nous habitons, a reçu sa forme actuelle (Hébreux 11:3), et quelle a été l’origine de notre race ; mais elle indique, en outre, les principes des voies de Dieu qui sont développés dans bien d’autres parties des saintes Écritures. Ainsi nous lisons, quant au premier homme, que «Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance», et qu’il a été créé «à l’image de Dieu» (Genèse 1:26, 27). Le dessein et l’oeuvre de Dieu sont bien annoncés dans ce passage ; mais toute l’histoire d’Adam et de sa race ne montrent qu’une faillite morale, en sorte que la foi doit s’arrêter sur la personne de Christ seul pour trouver celui qui, comme homme, répond en toutes choses à la pensée complète de Dieu : il est «l’image du Dieu invisible», il est le resplendissement de sa gloire.

Adam désobéit à Dieu, et entraîna dans le péché et ses conséquences le fils qu’il «engendra à sa ressemblance, selon son image», toute sa race se trouvait dès lors sous l’empire du péché et de la mort. Mais Christ, devenu homme pour accomplir toute la volonté de Dieu en accomplissant la rédemption, s’abaissant lui-même dans le chemin de l’obéissance jusqu’à la mort et à la mort de la croix, achève l’oeuvre que Dieu lui avait donnée à faire, et devient, dans la résurrection, le chef d’une nouvelle race qui est distinguée par la foi en Dieu et par la vie dont Christ est lui-même personnellement l’expression.

Christ est celui qui représente Dieu devant nous, — son «image» ; et en lui seul aussi nous trouvons ces affections qui nous font connaître Dieu : Il est «à sa ressemblance», et en cela le chrétien est appelé à l’imiter. «Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur» (Éphésiens 5:1-2).

65.       Comment faut-il comprendre la doctrine touchant la loi et la grâce en Romains 6:7 et Galates 3:4 ? Quel lien y a-t-il avec les deux alliances ?

Premièrement, aucune alliance n’est faite avec les chrétiens. La nouvelle alliance sera faite avec Israël comme l’a été l’ancienne. Mais nous en avons spirituellement toute la bénédiction et bien davantage. Le fondement de la nouvelle alliance a été posé dans le sang de Christ, mais les Juifs n’en ont rien voulu. En esprit nous y participons, c’est-à-dire au pardon de nos péchés et à la connaissance directe de Dieu. Cependant les privilèges de l’église sont bien plus élevés ; ainsi, par exemple, l’union avec Christ et la vocation céleste qui l’accompagne.

La loi exigeait, de la part de Dieu, la justice chez les hommes, — justice que l’homme n’avait pas ; elle est donc très utile pour convaincre de péché et pour produire, non pas le péché — il y était, mais la transgression, la violation de la loi : «La loi est intervenue, afin que la faute abondât». Or Christ en a pris sur lui la malédiction, de sorte qu’il n’en est plus question pour le croyant, ni de ses péchés, car Christ les a portés.

Mais il y a plus que cela, et c’est à quoi Rom. 6 s’applique, savoir la nature qui produit les péchés et qui est mise à découvert par l’opération de la loi, là où Dieu agit (Rom. 7). Cette épître, jusqu’à la fin du 11° verset du chapitre 5, parle de nos offenses, de notre culpabilité et de la propitiation. Depuis le 12° verset, elle traite la question de la nature pécheresse. «Je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien». Or, le remède à cela, c’est la mort ; toutefois, si la mort était venue effectivement sur nous, c’eût été aussi la condamnation ; mais nous sommes morts en Christ. Le péché «dans la chair» a été condamné ; mais puisque c’est sur et par la croix que cela a été accompli, la mort m’appartient. Je suis à cet égard au bénéfice de la mort de Christ. Je fais mon compte que je suis mort, mort au péché ; — la condamnation, Christ l’a prise sur lui (Romains 6 ; 8:3).

La loi n’a d’autorité sur un homme qu’aussi longtemps qu’il vit, — or je suis mort ; par conséquent, la loi n’a plus d’autorité sur moi. Non qu’elle ait perdu en soi son autorité ; — aucune preuve de celle-ci n’est semblable au fait que Christ en a porté la malédiction ; aussi ceux qui ont péché sous la loi seront-ils jugés par la loi ; — mais je ne suis plus sous son empire du fait que je suis mort. Elle ne peut plus m’atteindre ; et je vis pour Dieu, non dans la chair à laquelle la loi s’adressait, mais en Christ. C’est le second mari du chapitre 7.

Galates 2 résume le même enseignement. Par la foi, je suis mort à la loi afin que je vive à Dieu. Je suis crucifié avec Christ, néanmoins je vis, — non plus moi, mais Christ vit en moi.

Galates 3 fait voir qu’un contrat confirmé ne saurait être annulé, et ne permet pas qu’on y ajoute. On ne pouvait donc ajouter la loi à la promesse de la semence (Christ) faite à Abraham. Ce passage montre que la loi avait été introduite en attendant la venue de la semence, pour qu’il y eût des transgressions (*) ; mais une fois la semence venue, il ne s’agissait plus de la loi.

(*) C’est le seul vrai sens des mots. Le péché y était. Dieu ne peut rien faire pour produire du péché ; de toutes manières cela est impossible ; mais la loi tourne le péché en transgression, et le péché devient «excessivement pécheur».

Un médiateur dans la loi montrait que Dieu n’était pas seul dans l’affaire ; là donc tout devait manquer. Dans la promesse faite à Abraham et confirmée à Christ, Dieu était seul ; ici, donc rien ne pouvait manquer.

Galates 4 montre qu’il y avait des héritiers au temps de la loi ; mais c’étaient des enfants encore en bas âge, et dans un état d’esclavage, jusqu’à ce que le Fils de Dieu et la rédemption placent ceux qui avaient été ainsi sous la loi, dans la position de fils — le Saint Esprit étant donné afin qu’ils en aient conscience. C’est là notre état. Ensuite l’apôtre montre qu’on ne peut lier les deux choses, ni concilier les deux états : la postérité d’Agar et la postérité de Sara ne peuvent hériter ensemble. L’un chasse l’autre. L’évangile a bien confirmé l’autorité de la loi ; mais les deux ne peuvent se concilier, ni pour exercer leur autorité ensemble, ni quant à l’état d’âme produit sous cette autorité. On ne peut (Romains 7) avoir deux maris à la fois ; l’enfant d’Agar ne peut hériter avec l’enfant de Sara. La loi et la grâce sont toutes deux parfaitement justes et ont Dieu lui-même pour auteur ; mais elles sont inconciliables dans leurs principes, dans leur raison d’être. L’une exige la justice de l’homme, l’autre révèle en grâce celle de Dieu quand l’homme est pécheur et perdu. Bien d’autres vérités précieuses et importantes s’y rattachent ; mais je me borne ici à répondre à ce qu’on demande. J. N. D.

66.       1) Quel est le sens de l’expression «a condamné le péché dans la chair» ? (Romains 8:3).

2) En quoi le péché diffère-t-il de la chair ?

3) Si quelqu’un pèche après avoir cru, peut-il avoir l’assurance que Jésus a porté ce péché-là sur la croix ?

Le péché est le principe du mal qui, depuis la chute d’Adam, est en l’homme et qui régit son être entier comme «une loi», une puissance s’exerçant d’une manière constante. Les péchés sont les actes, paroles ou pensées, produits par ce principe. L’expression «la chair» (bien que ce mot soit pris souvent dans une autre acception) a une portée plus générale que «le péché». Elle embrasse l’être entier, c’est-à-dire l’homme naturel, non régénéré. Le péché étant le principe du mal qui agit dans le coeur naturel, est ce qui caractérise la chair ; de là l’expression «le péché dans la chair».

Nous avons ainsi répondu à la seconde question ; avant de répondre à la première, nous ferons quelques remarques suggérées par la différence indiquée plus haut entre le péché et les péchés.

Il est important de bien saisir que, dans le salut, il y a deux parties distinctes. La première est «la rémission des péchés», c’est-à-dire des actes passés qui attiraient sur nous le jugement de Dieu. La seconde est la délivrance de la puissance de Satan sur nous et du péché en nous. Cela se rapporte à notre état présent, à la position et à la relation nouvelles dans lesquelles nous sommes introduits auprès de Dieu comme ses enfants, ses héritiers et cohéritiers de Christ.

L’histoire des enfants d’Israël nous présente un type remarquable de ces deux aspects du salut. D’abord, étant encore en Égypte, ils furent mis à l’abri du jugement de Dieu par le sang de l’agneau placé sur les portes de leurs maisons. Ensuite ils furent délivrés de l’esclavage et de toute la puissance du Pharaon par le passage de la mer Rouge, dans les flots de laquelle leurs ennemis trouvèrent la mort. Après cette complète délivrance, Dieu dit au peuple, par le moyen de Moïse : «Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle, et vous ai amenés à moi» (Exode 19:4).

Il en est de même pour nous. Le croyant est sauvé, par le précieux sang de Christ, du jugement qu’il a mérité à cause de ses péchés. Il est aussi délivré de la puissance de Satan sur lui et de la puissance du péché en lui par la mort de Christ qui lui est appliquée en pratique par le Saint Esprit qui lui est donné.

L’épître aux Romains développe ces deux effets de la mort de Christ. Jusqu’à la fin du vers. 11 du chapitre 5, elle traite des péchés commis et de la rédemption opérée par le Seigneur Jésus. Depuis le vers. 12 jusqu’à la fin du chapitre 8, elle montre comment le chrétien est délivré de la puissance du péché en lui en vue d’une marche sainte qui corresponde à la vie toute nouvelle en Christ, laquelle il a reçue lorsqu’il a cru. Maintenant, pour répondre à la première question qui nous a été posée, nous citerons quelques passages de l’«Exposition de l’Épître aux Romains» (J.N.D. Messager évangélique, 1872) : «En moi, il y avait le «péché dans la chair» : la loi ne pouvait pas empêcher son activité, ni me justifier tandis qu’il était là ; elle ne pouvait pas opérer le bien qu’elle exigeait. Elle exigeait seulement le bien et provoquait le péché. Mais «Dieu ayant envoyé son propre Fils», sans péché assurément, mais «en ressemblance de chair de péché, et pour le péché», c’est-à-dire afin d’être un sacrifice pour le péché, «a condamné le péché dans la chair». Cette chose mauvaise, si haïssable, condamnable pour Dieu et pour le nouvel homme, a été condamnée quand Christ est devenu un sacrifice pour le péché. Il ne saurait y avoir aucune indulgence pour le péché ; le nouvel homme même ne pourrait le tolérer. On ne pardonne pas une nature. Mais sa condamnation s’est trouvée effectuée dans ce qui m’a délivré de toute condamnation et qui en même temps était la mort du péché.

Le vieil homme est condamné et il est mort (*), et le nouvel homme vit et marche, de sorte que la juste exigence de la loi, — la somme de ce qu’elle exige, — est accomplie en nous, parce que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce. La loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus m’a affranchi, et je ne marche pas selon la chair — ce que la loi défend — mais selon l’Esprit, contre les fruits duquel il n’y a point de loi. Oui, par la puissance de l’Esprit de Dieu, je marche selon ce en quoi il m’introduit, savoir la vie de Christ ici-bas ; et cette marche selon l’Esprit donne son vrai caractère à la marche du chrétien dans ce monde».

(*) Il est tel pour Dieu, et le croyant est appelé à le tenir pour tel (Ed).

En réponse à la troisième question, nous citerons un seul passage de l’Écriture : «Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché» (1 Jean 1:7). Evidemment il n’est pas question ici de péchés commis avant ou après une époque quelconque, mais il s’agit du grand principe de la rédemption, de l’efficacité parfaite du sang de Christ. D’ailleurs, comme on l’a souvent fait remarquer, pas un de mes péchés n’avait encore été commis lorsque Christ en fit l’expiation sur la croix, il y a plus de dix-huit siècles. Ainsi il ne peut y avoir là une question de temps, mais c’est une question de fait. L’expiation ayant été faite une fois pour toutes, le croyant qui, par la grâce de Dieu, en a la connaissance, peut aller librement à Dieu et lui confesser immédiatement tout péché qui pèse sur sa conscience ; il a l’assurance, de la part de Dieu, qu’en confessant ses péchés, il trouvera Dieu fidèle et juste pour les lui pardonner (1 Jean 1:9). Il sait en même temps que sa relation d’enfant auprès de Dieu le Père n’est pas détruite ni même interrompue à cause de son péché, et qu’elle ne peut l’être, car elle ne dépend pas de sa marche, mais bien de l’oeuvre que Christ a opérée une fois pour toutes (Galates 4:4, 5). Aussi trouve-t-il un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste (1 Jean 2:1).

Nous viendrons maintenant au-devant d’une objection que l’on pourrait nous faire. Ce moyen par lequel la grâce de Dieu a pourvu au cas où un croyant viendrait à pécher, conduirait-il à rendre le péché plus facile ou en diminuerait-il la gravité dans la pensée du chrétien ? Au contraire. Le même passage ajoute : «Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas». Dieu n’a pas seulement pardonné au croyant ses péchés, mais il lui a donné la vie éternelle. Or cette vie doit nécessairement se manifester dans la marche, et l’un de ses premiers fruits est un désir ardent de vivre dans la sainteté qui convient à la présence de Dieu. On découvre alors que le péché (le principe du mal) existe toujours et que l’on ne peut pas s’en débarrasser tant que l’on vit sur la terre : «Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes» (1 Jean 1:8) ; mais l’homme régénéré cherche à être délivré de la puissance du péché, en sorte que le péché ne soit plus pour lui «une loi» ayant sa force constante et caractérisant tout son être, comme c’est le cas de ceux qui sont «dans la chair», qui marchent selon leur propre volonté dans l’ignorance de Dieu. Or cette délivrance se trouve dans la mort de Christ et dans sa résurrection ; le Saint Esprit, liant à Christ le coeur et les pensées du croyant, lui fait saisir et lui applique en pratique la position de Christ, mort au péché, vivant à Dieu, afin que le péché ne règne plus dans son corps mortel, mais que la vie de Christ se déploie en lui. (Voyez Romains 6:10-14).

67.       Quelle est la portée de l’expression «avec notre esprit»(Romains 8:16) ?Doit-on s’attendre à ce que les sentiments se mêlent avec le témoignage du Saint Esprit ?

En général, lorsque nous parlons de «sentiments», nous avons devant nous tout ce que l’on peut éprouver intérieurement en rapport avec une religion connue et adoptée, et qui pourrait fournir à l’âme une évidence de sa sincérité. Or, dans notre passage, il n’est pas question de cela, puisqu’il s’agit d’un témoignage rendu par le Saint Esprit. L’Esprit de Dieu n’a aucun besoin d’un appui qui viendrait de l’homme ou de la chair. L’oeuvre de Dieu est indépendante de ces choses (Jean 1:13). Le Seigneur ne peut chercher conseil auprès de l’homme, vu que toutes choses sont de lui et par lui et pour lui (Romains 11:34-36 ; 1 Corinthiens 2:16 ; Ésaïe 40:13-14). D’un autre côté, une religion sans sentiments ne serait qu’une aride philosophie qui laisserait l’âme sans affections et stérile quant à ses rapports avec Dieu. Mais le passage va évidemment plus loin. L’oeuvre de la grâce est toute de Dieu, et cependant elle ne traite pas l’homme comme une machine sans conscience et sans vie. Connaître Dieu comme Père dépend de la révélation que Dieu a faite de lui-même dans la personne du Fils. Il veut que nous le connaissions comme le Père de notre seigneur Jésus Christ, et que nous nous approchions de lui dans la jouissance de cette douce et intime relation. C’est ainsi que la parole du Seigneur adressée à ses disciples après sa résurrection se réalise pour le chrétien : «Mon Père et votre Père», «mon Dieu et votre Dieu». La relation de fils dépend de l’oeuvre de la rédemption que Christ a opérée à la croix (Galates 3:26 ; 4:5), mais la jouissance intime de cette relation et la liberté de s’approcher de Dieu d’une manière conséquente avec elle, sont le fruit du témoignage rendu à l’âme par le Saint Esprit. L’objet de ce témoignage est le Seigneur. L’Esprit prend de ce qui est au Fils, pour nous l’annoncer (Jean 16:14, 15). Il ne parle pas de nous-mêmes, ni de notre état, mais de celui à qui nous nous devons, et à qui nous sommes. Par conséquent ce témoignage nous fait entrer en communion avec lui, le Fils et nous fait saisir que nous sommes dès à présent enfants de Dieu, quoique ce que nous serons n’ait pas encore été manifesté (1 Jean 3:1-3). La relation d’enfant auprès de Dieu est une réalité actuelle. Notre propre esprit est appelé à y entrer et à en jouir d’une manière personnelle. Il en est ainsi par l’action du Saint Esprit, opérant de telle sorte que nous avons le témoignage au-dedans de nous-mêmes (1 Jean 5:6-11). Le sceau de l’Esprit ne nous fait pas enfants de Dieu, mais ayant été faits «enfants de Dieu» par l’oeuvre de Christ, l’Esprit nous est donné à cause de cela : «parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos coeurs, criant : Abba, Père» (Galates, 4:6).

La différence entre les prophètes de l’Ancien Testament et ceux du Nouveau Testament, jette encore de la lumière sur ce sujet. Chez les prophètes, avant la venue de Christ, l’intelligence manquait pour saisir la portée des choses qu’ils avaient reçues de Dieu (1 Pierre 1:10-12 ; Daniel 8:27). Ceux qui ont vécu après la mort et la résurrection de Christ, ayant reçu le Saint Esprit, pouvaient parler des choses dont ils sentaient la puissance en eux-mêmes. Ainsi l’apôtre Paul pouvait dire que Dieu avait révélé son Fils, non seulement à lui, mais en lui (Galates 1:16).

68.       N’y aurait-il pas une apparence de contradiction entre le verset 16 du chapitre 9 de l’épître aux Romains, et les versets 7 et 8 du chapitre 7 de l’évangile de Matthieu ?

Il n’y a aucune contradiction dans la parole divine ; mais il a plu à Dieu de nous présenter la vérité sous différents aspects et d’une manière appropriée à nos besoins, ainsi qu’à notre faible et partielle compréhension. Le chapitre 9 de l’épître aux Romains montre que les hommes étant pécheurs, et étant par conséquent tombés sous le juste jugement de Dieu, Dieu agit selon sa grâce souveraine en sauvant qui il veut. C’est ce qu’il fit connaître à Moïse, au moment ou tout le peuple d’Israël s’était rendu coupable et digne de mort, en établissant le veau d’or au milieu du camp, — transgression grossière et flagrante du premier commandement de la loi sous laquelle le peuple s’était volontairement placé.

Dieu, dans sa grâce, a bien voulu révéler ce qu’il a fait pour nous retirer de l’état de perdition où nous nous sommes plongés par notre désobéissance. Si, d’un côté, il nous montre que nous sommes incapables d’aucun bien, il nous fait voir aussi les richesses de sa grâce, et l’étendue de son amour en envoyant son bien-aimé Fils, souffrir à notre place et faire l’expiation de nos péchés. Christ s’est présenté volontairement pour cela, en disant : «Me voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté !». Il a été obéissant jusqu’à la mort, — lui qui n’avait pas connu le péché, — afin de nous ouvrir le chemin de la vie selon la grâce et la justice de Dieu. Tout cela est l’oeuvre de Dieu, non la nôtre.

Il convient donc de reconnaître devant Dieu notre impuissance complète, car il est écrit : «Je ferai miséricorde à celui à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion. Ainsi donc ce n’est pas de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde» (Romains 9:15, 16).

D’autre part, Dieu nous dit par quel moyen il atteint le coeur et la conscience du pécheur. Le Saint Esprit applique la parole vivante à l’âme ; et celui qui la reçoit simplement, passe de la mort à la vie. Car le Seigneur a dit : «En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie» (Jean 5:24). Ailleurs, nous lisons : «De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité» (Jacques 1:18). Il ne peut y avoir de doute à ce sujet : «La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu» (Romains 10:17). Dieu nous fait entrer dans une relation personnelle avec lui. La foi est le lien précieux qui est formé par l’action de l’Esprit de Dieu, par la Parole. L’histoire d’Abraham nous le montre : «Abraham crut Dieu» ; puis Dieu lui compta sa foi à justice (Romains 4:3-5, 20-25).

Il faut que ce lien personnel avec Dieu s’établisse dans nos coeurs. Sa bonté nous pousse à la repentance (Romains 2:4) ; sa grâce nous appelle ; et lorsque le coeur est touché, on s’adresse à Dieu, on se tourne vers lui. Ce travail d’âme est exprimé dans le chapitre 55 du livre d’Ésaïe, versets 6, 7 : «Cherchez l’Éternel tandis qu’on le trouve ; invoquez-le pendant qu’il est proche. Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme inique ses pensées, et qu’il retourne à l’Éternel, et il aura compassion de lui, — et à notre Dieu, car il pardonne abondamment». Il s’agit de renoncer à nos voies pour nous tourner vers Dieu et marcher dans sa crainte, et puis de connaître ses pensées, qui ne sont pas comme les nôtres, mais qui sont élevées au-dessus d’elles, comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre. L’invitation nous est adressée tandis que Dieu est proche, et que la porte de la grâce n’est pas encore fermée. Combien donc il est précieux d’entendre de la bouche de notre Sauveur : «Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert ; car quiconque demande, reçoit ; et celui qui cherche, trouve ; et à celui qui heurte, il sera ouvert» (Matthieu 7:7, 8) ! La pensée de Dieu est de nous bénir ; il attend pour nous faire grâce.

L’idée de rejeter sur Dieu la responsabilité de notre perdition est la preuve d’une volonté engagée dans le mal, d’une conscience endurcie, et d’un coeur qui ne veut pas se soumettre à l’autorité divine. Dieu n’aurait pas pu donner une preuve de son amour plus grande que celle qu’il a donnée en envoyant son bien-aimé Fils pour nous sauver. Notre responsabilité à tous est donc d’écouter l’évangile de sa grâce et de le recevoir.