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Que dit l’ÉCRITURE ? (Rom. 4:3)

 

 

Réponse à 150 questions touchant divers sujets bibliques ou de la vie chrétienne, posées par les lecteurs du périodique «le Salut de Dieu» entre 1873 et 1917 (par W.J.Lowe puis Élie Périer)

 

 

 «Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi» Jean 5:39

 

«Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre» 2 Timothée 3:16, 17

 

«Et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» Actes 17:11

 

Sommaire

 

43.          Luc 16:19-31 : Jean 5:24-29. La joie ou les tourments aussitôt après la mort ou seulement après la résurrection ?

49.          Ésaïe 6:5 ; Jean 1:18 ; 1 Jean 4:12. Voir Dieu ?

50.          Jean 3:5. Être né d’eau et de l’Esprit

51.          Jean 3:16. Dieu aime-t-il encore le monde ?

52.          Jean 10:34. Comment comprendre l’expression : «Vous êtes des dieux» ?

53.          Jean 14:2. Signification des «plusieurs demeures»

54.          Jean 14:2. À quel moment le Seigneur a-t-il préparé notre place ?

55.          Jean 14:12. Quelles sont les oeuvres plus grandes ?

56.          Jean 16:33. Sens des paroles du Seigneur : «J’ai vaincu le monde»

57.          Jean 17:9. Ne faut-il pas prier pour le monde ?

58.          Jean 17:11. Quel est le nom que le Père a donné à Christ ?

59.          Jean 20:17. Pourquoi Marie de Magdala ne devait-elle pas toucher le Seigneur ?

93.          2 Tim. 2:12 ; Jean 10:28. Si nous le renions, il nous reniera

 

43.       Nous voyons dans Luc 16:19-31, Lazare, mourant, s’en aller dans la joie et le repos, et l’homme riche s’en aller aussi en enfer dès qu’il est mort. Jean (5:24-29) nous dit que tous ceux qui sont dans les sépulcres sortiront, les uns pour la vie, les autres pour le jugement. Il semble, d’après ce dernier passage, que ce n’est qu’à la résurrection, c’est-à-dire, à la venue du Seigneur, que les uns vont dans la joie et les autres dans les tourments, tandis que, d’après Luc 16, c’est aussitôt après la mort ; comment accorder ces deux passages ?

 Avant de répondre à la difficulté proposée, nous dirons quelques mots sur le but et la portée de la parabole de Luc 16. D’abord il faut bien se garder de la pensée erronée que l’un va en enfer parce qu’il était riche, et l’autre, Lazare, dans le sein d’Abraham parce qu’il était pauvre. Ce n’est pas de la position terrestre que dépend le salut ou la perdition, mais du fait que l’on reçoit Christ ou qu’on le rejette ; mais ce point n’est pas touché directement ici. Le Seigneur a pour but de détruire les fausses idées et les prétentions des Juifs, et surtout des pharisiens. Ceux-ci estimaient que les richesses étaient une preuve manifeste de la faveur de Dieu. Il est bien vrai que, sous l’économie judaïque, les justes avaient la promesse de bénédictions terrestres. Mais d’abord les Juifs avaient manqué en ce que Dieu leur avait confié, comme l’économe infidèle (voyez le commencement du chapitre), et les pharisiens, qui prétendaient avoir droit aux faveurs de Dieu, étaient avares (vers. 14) et égoïstes, ils jouissaient injustement de leurs richesses (vers. 9) sans en faire part, et méprisaient les pauvres. Il en était de même pour les privilèges religieux. Ils repoussaient les publicains (chap. 15:2 ; 19:7), et n’auraient pas voulu avoir affaire avec un Gentil, et eux-mêmes n’écoutaient pas Moïse et les prophètes, puisqu’ils rejetaient le Messie. Ils avaient choisi la terre pour leur portion et voulaient, quoique n’y ayant aucun droit, en jouir en se parant de beaux dehors religieux.

Mais le Seigneur lève le voile qui couvre le monde invisible, et leur fait voir le vrai résultat de leur conduite. Un Juif riche, mais égoïste, qui a vécu pour lui-même et qui n’a pas écouté Moïse et les prophètes, se trouve dans les tourments ; le pauvre, méprisé, souffrant, va dans le sein d’Abraham, dont il a sans nul doute partagé la foi. C’est ainsi que, dans une autre occasion, les enfants du royaume, incrédules, sont jetés dehors, et les croyants des nations introduits dans le royaume avec Abraham, Isaac et Jacob (Matthieu 8:11-12 ; voyez encore 15:21-28). Jésus lui-même, pauvre, méprisé et rejeté, entre dans la gloire. Tout ceci nous montre donc que Jésus voulait faire sentir le contraste entre les fausses idées des Juifs et la réalité selon Dieu ; en même temps il montre pourquoi les Juifs sont rejetés.

Maintenant, pour répondre à la question, remarquons qu’il ne s’agit nullement ici de l’état de l’homme après la résurrection, mais après la mort, c’est-à-dire quand l’esprit est séparé du corps, avant la résurrection. Deux choses nous le prouvent. D’abord, c’est qu’après la résurrection des méchants, le «hadès» est jeté dans l’étang de feu ; il est détruit (Apocalypse 20:14). Or ce hadès est l’état ou le lieu où se trouvent les esprits qui ont quitté le corps (*), (Actes 2:27), et c’est là que se trouve le riche dans les tourments. En second lieu, pour que Lazare puisse aller vers la famille du riche, il faut qu’il ressuscite ; il n’était donc pas ressuscité (vers. 31).

(*) Quand la résurrection a lieu, l’âme quitte le hadès (Actes 2:31)

Nous trouvons donc ici cette vérité solennelle, c’est qu’après la mort, l’esprit existe et que son état est fixé en attendant la résurrection. Les uns vont dans le hadès et les tourments ; ils sont en prison (1 Pierre 3:19) ; ils ne dorment ni ne sont anéantis. Les autres sont dans le paradis (Luc 23:43), avec le Seigneur (Philippiens 1:23 ; 2 Corinthiens 5:8), ne dormant pas non plus. Que veut donc dire «s’endormir» (Actes 7:60 ; 1 Thessaloniciens 4:13, 15) ? Remarquons, en passant, que, dans le Nouveau Testament, ce mot ne s’applique qu’aux croyants ; c’est une image qui se rapporte à l’état du corps de ceux qui sont délogés en contraste avec ceux qui demeurent sur la terre, qui veillent (1 Thessaloniciens 4:15-17). Chez celui qui dort, l’activité des sens est suspendue, mais non l’activité de l’esprit, qui veille dans une sphère où nous ne pénétrons pas. Il en est ainsi de la mort ; et l’image même prouve que l’esprit vit et veille. De plus, cette image se rapporte à l’espérance du croyant qui est le réveil, la résurrection.

Une autre vérité qui ressort de ce récit, c’est que le sort des esprits délogés est fixé d’une manière irrévocable. On peut maintenant, par grâce, en croyant, passer de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière, de Satan à Dieu (Jean 5:24 ; 1 Pierre 2:9 ; Actes 26:18). Mais alors, on ne passe pas du lieu des tourments au lieu du bonheur (Luc 16:26) : l’état des âmes est arrêté et scellé à jamais.

Ainsi le passage de Luc parle des esprits séparés du corps ; celui de Jean parle de la résurrection, et l’enseignement qu’il renferme est aussi d’une haute importance. Nous en dirons quelques mots.

La résurrection ainsi que le jugement sont par le Fils de Dieu, qui est aussi le Fils de l’homme (Jean 5:25 et 27). Ainsi, celui que les Juifs méconnaissaient et méprisaient a été revêtu par le Père lui-même de ces deux attributs de Dieu : donner la vie et juger (vers. 21, 22). Il doit être honoré comme le Père (vers. 23).

Deux époques sont indiquées, caractérisées par ces mots «l’heure vient». L’une avait déjà commencé quand Jésus était sur la terre, et elle dure encore ; elle s’étend jusqu’à l’autre heure. C’est l’époque où le Fils vivifie les âmes et les sauve par le moyen de sa voix qu’il leur fait entendre. C’est l’heure présente, le temps de la grâce. Qui a entendu cette voix de Jésus, a la vie éternelle ; il vit, et ne viendra pas en jugement.

L’autre «heure» est à venir. C’est l’heure (ou l’époque) de la résurrection et aussi du jugement. Ceux qui, comme Lazare, auront attendu dans le paradis, près du Seigneur, jouiront alors de la résurrection de vie, appelée aussi résurrection des justes (Luc 14:14) et première résurrection (Apocalypse 20:6) ; la seconde mort n’a pas de puissance sur eux. C’est le complément glorieux de leur salut. Ceux qui, de même que le riche, auront attendu dans le hadès, déjà dans les tourments, hélas ! ressusciteront aussi, mais pour le jugement devant le grand trône blanc (Apocalypse 20:11-15). C’est la résurrection des injustes (Actes 24:15) ; c’est, pour ainsi dire, le complément de leur condamnation et de leur ruine. En effet, l’homme est un être complexe, composé d’esprit, d’âme et de corps, et c’est à tout son être que s’applique salut ou perdition.

Enfin, n’oublions pas que, pour le racheté, il n’est pas nécessaire de passer par la mort, mais bien par un changement dans lequel ce qui est mortel est absorbé par la vie, et où le corruptible revêt l’incorruptibilité, car «la chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu, et la corruption non plus n’hérite pas de l’incorruptibilité» (2 Corinthiens 5 ; 1 Corinthiens 15:53, 50).

 

49.       N’y a-t-il pas une apparence de désaccord entre des passages tels que Ésaie 6:5 : «Mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées» , et d’autres, comme Jean 1:18 ; 1 Jean 4:12 : «Personne ne vit jamais Dieu» ?

D’abord, nous savons que, dans la Parole de Dieu, il ne peut y avoir aucune contradiction : des difficultés de ce genre proviennent de l’étroitesse de notre esprit, et souvent de notre peu d’aptitude spirituelle pour saisir les révélations de Dieu. Elles demandent toutefois un examen patient sous le regard de Dieu ; car il faut l’Esprit de Dieu pour comprendre les Écritures, comme c’est par l’Esprit qu’elles sont communiquées (1 Corinthiens 2:10-16).

Dans l’Exode, chapitre 24:9-11, il est dit que Moïse et Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix des anciens d’Israël, virent le Dieu d’Israël et ne moururent pas. Au chapitre 33 du même livre, versets 20-22, l’Éternel dit à Moïse : «Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre ; ... et il arrivera, quand ma gloire passera, que je te mettrai dans la fente du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que je sois passé ; puis je retirerai ma main, et tu me verras par derrière ; mais ma face ne se verra pas». Ces deux passages nous paraissent suffisants pour établir une distinction qui peut servir à faire comprendre tous les autres ; c’est qu’il y a deux manières de «voir Dieu» : il y a une partie de sa gloire que les hommes peuvent être admis à contempler ; mais il y en a une autre qu’aucun homme, pas même un Moïse, ne peut voir ; et n’oublions pas ce que Dieu dit à son égard dans un passage qui distingue entre les visions et la révélation de Dieu : «S’il y a un prophète parmi vous, moi l’Éternel, je me ferai connaître à lui en vision, je lui parlerai en songe. Il n’en est pas ainsi de mon serviteur Moïse, qui est fidèle dans toute ma maison ; je parle avec lui bouche à bouche, et en me révélant clairement et non en énigmes ; et il voit la ressemblance de l’Éternel» (Nombres 12:6-8). Il est évident que les anciens d’Israël n’ont pas vu ce que vit Moïse, et qui fit resplendir son visage, de sorte qu’il a dû mettre un voile lorsque, après être descendu de la montagne, il s’approchait d’Aaron et du peuple ; et c’est précisément dans le cas de Moïse que Dieu a établi la distinction entre «sa face» et la gloire que Moïse pouvait voir «par derrière». Plus tard aussi Moïse dit au peuple, en parlant de la proclamation de la loi du haut du mont Sinaï : «Vous ne vîtes aucune forme, seulement vous entendiez une voix» (Deutéronome 4:12).

Quant à Ésaïe, Jean dit expressément qu’il vit la gloire du Seigneur (Jean 12:42). Nous savons aussi que Jésus montra sa gloire, pour un instant, à trois de ses disciples sur la montagne de la transfiguration. C’était un cas spécial, sans doute, parce que c’est dans la personne de son Fils que Dieu se révèle, comme dit Jean 1:18. Toutefois, pour ce qui regarde la gloire, le principe est le même. Ce que Dieu révèle est pour nous ; les choses cachées sont à lui (Deutéronome 29:29). Les choses que Paul a entendues dans le troisième ciel n’étaient pas telles qu’il put les communiquer. Il n’est pas permis à l’homme de les exprimer (2 Corinthiens 12:4).

Le bonheur de savoir que nous verrons Jésus tel qu’il est n’est pas diminué par le fait que Dieu habite la lumière inaccessible et qu’aucun des hommes ne l’a vu, ni ne peut le voir. Pour se tenir devant lui, il faut avoir une bonne conscience, sachant que tous nos péchés sont ôtés. Ésaïe en sentait le besoin lorsqu’il vit sa gloire, et le Seigneur répondit aussitôt à ce besoin du coeur du prophète (voyez chap. 6:5-7). Or Dieu nous a donné, dès à présent, cette bonne conscience par l’oeuvre parfaite de notre Seigneur Jésus, qui paraît déjà pour nous devant la face de Dieu (Hébreux 9:24 ; 1 Pierre 3:21, 22).

50.       Quelle est la signification de ces paroles «Né d’eau et de l’Esprit» (Jean 3:5) ?

Dans le chapitre 3 de l’évangile de Jean, le Seigneur Jésus présente à Nicodème, le docteur d’Israël, comme seul moyen de «voir» ou «d’entrer» dans le royaume de Dieu, ce qui contrastait le plus complètement possible avec son savoir. Exposer à Nicodème des doctrines et lui donner ainsi un surcroît de connaissances aurait flatté son orgueil ; que fait donc le Seigneur Jésus ? Il met à nu le fond de la vérité quant à l’état de l’homme et par conséquent de Nicodème ; il s’adresse à sa conscience en lui montrant que l’homme, avec toute l’instruction possible, est par lui-même incapable de connaître Dieu et les choses de Dieu ; qu’il n’est que chair (Jean 3:6) et que, par conséquent, il lui faut un changement radical, complet, vital, un renouvellement dans la source même de son être moral, une «nouvelle naissance», en un mot, expression qui met en évidence à la fois le caractère de l’oeuvre qui doit s’opérer, et l’incapacité absolue où se trouve l’homme de l’accomplir, car on ne peut pas se faire naître.

C’est donc une oeuvre divine, une oeuvre nouvelle aussi, puisqu’elle nous introduit, à l’égard de Dieu, dans une condition où nous n’étions pas auparavant. Or le Seigneur la décrit comme s’opérant par l’eau et par l’Esprit, et les paroles qu’il emploie montrent en même temps que les écrits des prophètes doivent fournir l’explication des figures dont il se sert. Il dit à Nicodème : «Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais par ces choses ?» Comme docteur d’Israël, Nicodème avait pour mission d’instruire le peuple dans les Écritures ; par conséquent il aurait dù les connaître.

Nous y lisons en effet : «Je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purs : je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Et je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau ; et j’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair ; et je mettrai mon Esprit au-dedans de vous, et je ferai que vous marchiez dans mes statuts, et que vous gardiez mes ordonnances et les pratiquiez» (Ézéchiel 36:25-27). Ainsi par l’action de l’Esprit et de la Parole de Dieu («mes statuts», «mes ordonnances»), le peuple doit être entièrement changé et délivré de l’idolâtrie. (Comparez Ézéchiel 11:19-20).

Dans Ésaïe, nous trouvons : «Comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas, mais arrosent la terre et la font produire et germer, ... ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet» (Ésaïe 55:10, 11). Au même chapitre, versets 1-3, nous lisons : «Ho ! quiconque a soif, venez aux eaux ; ... Inclinez votre oreille et venez à moi ; écoutez, et votre âme vivra». Voilà donc une vie nouvelle, — votre âme vivra, est-il dit, une vie qui provient d’avoir écouté la Parole de Dieu. Comparons encore avec ces passages Ésaïe 44:3 : «Car je verserai de l’eau sur celui qui a soif, et des ruisseaux d’eau sur la terre sèche ; je verserai mon Esprit sur ta semence, et ma bénédiction sur ceux qui sortent de toi». Et dans le même prophète (59:21) : «Mon esprit qui est sur toi, et mes paroles que j’ai mises dans ta bouche, ne se retireront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta semence».

Tous ces passages nous montrent clairement que l’eau désigne la parole de Dieu dans sa puissance sur la conscience pour purifier le coeur, les pensées, les affections, la vie entière.

Nous trouvons la même chose dans le Nouveau Testament. Jacques dit : «Il nous a engendrés par la parole de la vérité» (1:18) ; et plus loin : «Recevez avec douceur la parole implantée, qui a la puissance de sauver vos âmes» (vers. 21). De même l’apôtre Pierre : «Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, ... Vous qui êtes régénérés non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu» (1 Pierre 1:22, 23).

N’est-il donc pas évident que, dans les Écritures, du Nouveau Testament comme de l’Ancien, l’eau est une figure employée pour représenter la Parole de Dieu agissant dans nos coeurs pour les purifier du moment que nous lui obéissons ? Cela est mis hors de doute par ce passage de l’épître aux Éphésiens : «Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle, afin qu’il la sanctifiât en la purifiant par le lavage d’eau par la parole» (5:26). Non pas, comme quelques versions le portent, «par le lavage d’eau et par la parole», mais par le lavage d’eau par la parole, montrant ainsi l’identité de l’eau et de la parole.

Sans doute il faut l’opération de l’Esprit de Dieu pour que la parole devienne efficace dans l’âme et que l’obéissance à cette parole puisse avoir lieu ; en d’autres termes, on est «né d’eau et de l’Esprit». C’est une chose vitale, car, sans cette nouvelle naissance, le Seigneur dit que l’on ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu.

On a cherché à détourner ce passage de son vrai sens en prétendant que «l’eau» désigne le baptême. Mais remarquez, en premier lieu, qu’il n’est pas question du baptême dans l’Ancien Testament, de sorte que le reproche adressé par le Seigneur à Nicodème, de ce qu’il ne comprenait pas ces choses, n’aurait eu aucun fondement si l’eau avait désigné le baptême, secondement, si l’on était régénéré par l’eau du baptême, on recevrait la vie éternelle par une ordonnance, ce qui rendrait inutile le sang de Christ et contredirait le témoignage unanime des Écritures qui disent que la vie est reçue, par la foi et non par le baptême. (Comparez 1 Jean 5:6-13 avec Jean 19:34).

51.       Il est écrit que «Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16). Peut-on se servir de ce passage pour dire que Dieu aime le monde encore maintenant, et que, tout en haïssant le péché, il aime le pécheur ?

Dans toute question de ce genre, il s’agit de préciser le terrain sur lequel on se place. Si l’on reste sur le terrain de Dieu, il n’y a pas de difficulté. «Tout ce que Dieu fait subsiste à toujours ; il n’y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher ; et Dieu le fait afin que, devant lui, on craigne» (Écclésiaste 3:14). L’amour de Dieu pour le monde a été constaté dans le fait qu’il a envoyé Jésus ici-bas pour être le Sauveur et «en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous». (Romains 5:8 ; 1 Jean 4:9, 10). Christ a dit à propos de son entrée dans le monde : «Voici je viens, il est écrit de moi dans le rouleau du livre, pour faire, Ô Dieu, ta volonté» (Hébreux 10:5-7). Voilà Pourquoi l’évangile peut être présenté à tous les hommes sans distinction ; car tous sont pécheurs, et Christ a fait la propitiation, glorifiant Dieu à tous égards dans l’oeuvre de la rédemption. Son sang purifie de tout péché. Malheur donc à celui qui refuse d’obéir à l’évangile ! il n’a que le jugement à attendre. Le nombre ou la gravité des péchés déjà commis n’exclut personne du salut que Dieu proclame ; mais, du moment qu’on rejette la grâce, on foule aux pieds le Fils de Dieu et il n’y a plus d’abri contre la juste vengeance de Dieu. «C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant !» (Héb. 10:31).

D’un autre côté, si l’on veut se servir de l’amour de Dieu comme d’une excuse ou d’un prétexte pour continuer à vivre dans le péché, c’est traiter le Dieu Tout-Puissant comme s’il était un homme tel que nous, et mépriser à la fois sa grâce infinie et sa justice. Le Psaume 50 répond à de telles pensées (versets 15 à 23).

52.       Comment faut-il entendre l’expression : «J’ai dit : Vous êtes des dieux» (Jean 10:34) ?

Le Seigneur, répondant aux Juifs qui voulaient le lapider, insiste sur l’importance du langage des Écritures, en sorte que, même si nous n’en comprenons pas toute la portée, il faut cependant prendre la sainte Parole comme elle est écrite, car elle vient de Dieu. Car «l’Écriture ne peut être anéantie». Comme le dit Jésus : ceux à qui la parole de Dieu était venue, étaient appelés «dieux», en tant que dépositaires des pensées divines ; à plus forte raison celui qui était venu de la part du Père et qui faisait les oeuvres du Père devait-il être reconnu comme le Fils de Dieu. Mais les Juifs ne voulaient pas se soumettre aux Écritures qu’ils se vantaient de posséder et ils rejetaient celui auquel elles rendaient témoignage. Le Psaume 82, d’où la citation est tirée, décrit l’état moral que le témoignage et la vie de Jésus au milieu du peuple ont mis pleinement en évidence.

Le mot hébreu traduit par «juges» à la fin du premier verset est le même qui est traduit par «dieux» au verset 6, et il est ailleurs employé ainsi, comme par exemple, Exode 21:6 ; 22:8, 9, 28. — Les «juges» en Israël étaient censés connaître la pensée de Dieu comme elle était révélée dans les Écritures, et leur devoir était d’agir selon cette pensée et de la faire connaître au peuple. Ils étaient en quelque sorte les représentants de Dieu à cet égard ; le psaume les envisage ainsi, montrant en même temps combien ils avaient de fait manqué, ayant agi d’après leurs convoitises charnelles et marché comme des gens qui n’avaient aucune connaissance des vérités divines. En outre, la fin du verset cité par le Seigneur montre clairement à qui la parole s’appliquait : «Vous êtes tous fils du Très-Haut». Evidemment ceux à qui la révélation avait été confiée auraient dû être dans leur mesure les imitateurs de celui qui gouverne l’univers d’après les règles invariables de sa sainteté et de sa justice.

Comparez dans le Psaume 49, les versets 16 à 20 avec le verset 7. La mort est le salaire du péché. Le moment viendra où Dieu amènera toutes choses en jugement. Le péché a renversé tout ce que Dieu avait établi sous la main de l’homme sur la terre. Ailleurs, il est écrit . «J’ai encore vu sous le soleil que, dans le lieu du jugement, là il y avait la méchanceté, et que, dans le lieu de la justice, là il y avait la méchanceté. J’ai dit en mon coeur : Dieu jugera le juste et le méchant ; car il y a un temps pour toute affaire et pour toute oeuvre» (Écclésiaste 3:16, 17). Qu’il est précieux pour nous de savoir que Dieu a mis tout jugement entre les mains de son Fils, «parce qu’il est fils de l’homme !» Et c’est lui en effet qui va recevoir en héritage toutes les nations. C’est lui qui a donné sa vie pour nous (Jean 5:22-27 ; Psaume 2:7-12 ; Jean 10:11 - 15).

53.       Dans quel sens faut-il comprendre l’expression «plusieurs demeures» dans Jean 14:2 ? Les inégalités terrestres, religieuses ou autres, seraient-elles en quelque sorte reproduites dans la maison du Père par les «demeures» multiples qui s’y trouvent ?

L’idée présentée dans la question qui a été posée, est absolument sans fondement. Il est bien possible que, par l’expression «plusieurs demeures», le Seigneur ait fait allusion au temple et aux chambres latérales, pratiquées dans le mur qui entourait de trois côtés les lieux saints. Ces chambres seront reproduites dans le temple d’Ézéchiel (comparez Ézéchiel 41:5-71 avec 1 Rois 6:5, 6). Il est à noter cependant que, dans le livre des Chroniques qui présente habituellement le côté spirituel des types, aucune mention n’est faite de ces chambres, l’attention étant davantage arrêtée sur le caractère de l’intérieur de la maison, sur l’autel d’airain et les ordonnances du culte. Et ce fait peut, nous semble-t-il, fournir une clé pour saisir l’importance relative des «chambres». Il y en avait assez pour subvenir à toutes les nécessités du service (voyez 2 Chroniques 31:11-13 ; Néhémie 12:44) ; mais la pensée qui domine est que toutes ces chambres faisaient partie de la «maison de l’Éternel», là où le culte devait être célébré. C’était là que Dieu était «assis entre les chérubins» sur son trône de miséricorde. Toute idée d’une séparation de classe, de privilège, ou de proximité relative dans les chambres est exclue par la forme de leur construction. Il n’y avait aucune différence sous ce rapport. Tous les sacrificateurs en avaient l’entrée assurée selon le service qui leur était assigné ; et tous les services contribuaient à un seul et même but, distingué et caractérisé par la présence de l’Éternel au milieu de son peuple.

Si donc nous devons nous servir de ce type pour avoir une conception juste des «demeures» dont le Seigneur parle, la pensée dominante est celle de l’unité de la maison et de tout ce qui s’y rapporte, jointe au fait qu’il y avait beaucoup de place pour tout ce qui servait à mettre en relief les richesses de la grâce de Dieu en faveur de son peuple, cette «bonté» qui demeure à toujours et qui est le thème de leurs chants (1 Chroniques 16:34).

Plus nous considérons le chapitre en question (Jean 14), plus la même pensée nous saisit. Le Seigneur ne fait pas la moindre allusion ici à des degrés différents de relation ou de proximité. D’après d’autres passages, il y aura sans doute des différences dans les récompenses décernées aux serviteurs, mais il n’est nullement question de cela ici. Tout le chapitre parle d’une relation établie entre le croyant et le Père, relation dont le Fils de Dieu est l’expression parfaite. Il veut que tous ses disciples en jouissent avec lui, et ceux qui pleurent son absence actuelle seront avec lui au moment de son retour. Il reviendra pour les prendre auprès de lui. Le Saint Esprit envoyé dans nos coeurs nous fait crier : «Abba, Père». Il n’y a pas deux esprits différents pour crier une chose dans un coeur et une autre chose dans un autre.

54.       Il est écrit (Jean 14:2) : «Je vais vous préparer une place». Est-ce à la croix que le Seigneur Jésus nous a préparé la place, ou bien est-ce maintenant qu’il nous la prépare, depuis qu’il s’est assis à la droite de Dieu ?

L’entrée du Seigneur Jésus Christ, comme homme, dans la maison du Père a de fait préparé la place pour ceux qui sont à lui. Nous ajoutons sur cette précieuse vérité quelques paroles d’un serviteur de Dieu qui est maintenant dans le repos.

Dans le chapitre 13 de l’évangile de Jean, le Seigneur nous purifie, nous lave les pieds, en vue des relations avec Dieu son Père, dans lesquelles il nous a placés en entrant au ciel. Dans le chapitre 14, il s’agit de préparer la place pour les disciples, et le Seigneur les console en vue de son prochain départ. Il allait où les disciples ne pouvaient venir ; ceux-ci resteraient, à vue humaine, seuls sur la terre. En présence de cette situation en apparence désolante, le Seigneur s’adresse à eux, leur montrant qu’il devait être pour eux un objet de foi, comme Dieu l’était. Il ne parle pas ici de son oeuvre, mais de leur position comme conséquence de cette oeuvre, position dont sa personne aurait dû être la clé pour eux, et le serait dorénavant. Il ne les abandonnait pas pour s’en aller et jouir seul de la gloire et du repos célestes, comme s’il n’y avait place que pour lui dans la maison de son Père : il y en avait pour eux tous ; leur place serait avec lui. Ceci supposait la rédemption ; si Jésus ne se présentait pas à Dieu comme nouvel homme selon la puissance de cette rédemption, il ne pouvait y avoir de place préparée là-haut pour eux.

Au lieu du royaume d’un Messie terrestre, les disciples auraient la gloire éternelle et divine du Fils de l’homme dans le ciel. Son entrée là comme homme, et la présence de leur précurseur, là où il s’en allait, leur préparait la place pour eux aussi. Le sang faisait la paix selon la justice divine, l’eau (chap. 13) les préparait pour jouir de la maison du Père ; l’entrée de Christ ne laissait rien à faire pour qu’ils y entrent.

55.       Quelles sont les oeuvres «plus grandes» auxquelles le Seigneur fait allusion, dans Jean 14:12 ? Est-ce par exemple, à la conversion de 3000 personnes dans un seul jour (Actes 2:41 ;4:4) ?

Nous ne doutons pas qu’il en soit ainsi. Peut-être aussi le Seigneur fait-il allusion à la présence du Saint Esprit ici-bas, et à ses conséquences : l’intelligence de la relation avec le Père qui devait caractériser la prédication des apôtres, et la connaissance du «mystère» qui ne pouvait être révélé avant que le Fils de l’homme eût été glorifié.

N’y a-t-il pas aussi une autre réflexion à faire quant aux circonstances au sein desquelles cette puissance divine a été déployée ? Les miracles du Seigneur Jésus, à quelques exceptions près, furent faits en dehors de la ville de Jérusalem, et la plupart en Galilée ; tandis que ceux des apôtres, après le départ du Sauveur, furent opérés dans la capitale, sous les yeux des chefs incrédules qui avaient tout intérêt à discréditer la puissance qu’ils ne pouvaient nier (Actes 4:16).

56.       Jésus dit à ses disciples : «Ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde» (Jean 16:33). Le sens est-il : J’ai vaincu le monde, vous n’avez pas à le vaincre, ou : J’ai vaincu le monde, vous pouvez le vaincre à votre tour ?

La victoire sur le monde est effective et complète pour celui qui a traversé le Jourdain en Christ ressuscité. Jésus a vaincu le monde par sa mort, alors que le chef de ce monde sera jeté dehors, et rendu impuissant (Jean 12:31 ; Hébreux 2:14). Le chrétien aura nécessairement des tribulations ici-bas ; il ne doit pas s’étonner si le monde le hait, car le monde a haï Christ (Jean 15:18-19 ; 1 Jean 3:13) ; mais il reste toujours victorieux, parce que, dans les choses pénibles qu’il subit de la part du monde, dans la mort même (s’il le faut), il est «plus que vainqueur par celui qui nous a aimés» (Romains 8:37). «Tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde ; et c’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi. Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?» (1 Jean 5:4-5 ; et comparez Galates 2:20).

57.       Peut-on se servir du verset 9 de Jean 17 pour se justifier de ne pas prier pour le monde ?

1 Timothée 2:1-4, nous fournit la réponse : «J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâces pour tous les hommes, — pour les rois et pour tous ceux qui sont haut placés, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté ; car cela est bon et agréable devant notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité».

Dans le chapitre 17 de l’évangile de Jean, le Seigneur Jésus, prêt à quitter la terre, recommande les siens aux tendres soins de son Père. C’était là une prière spéciale. Lui-même, un peu plus tard, pria pour ceux qui l’avaient exposé à toutes sortes d’ignominies, qui l’avaient cloué sur la croix infâme entre deux malfaiteurs : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font» (Luc 23:34). Il nous a ainsi fourni un modèle de la manière dont il faut mettre en pratique sa propre injonction : «Priez pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent» (Matthieu 5:44 ; Luc 6:28).

 

Il faut saisir la relation selon laquelle le Seigneur parle et agit. Dans cet entretien (Jean 17), le monde est vu en tant qu’organisation de la terre par les hommes, sans Dieu ; il a affaire avec le Père juste, qu’il n’a pas connu et dont il rejette l’envoyé. Quand il est écrit que Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, il s’agit de l’ensemble de l’humanité. Le racheté aime tout ce qu’aiment le Père et le Fils (1 Jean 4:7), avec lesquels sa nature divine le met en communion et en relation de famille et d’intimité. Mais le monde, que Jésus venait pour sauver, n’a pas voulu être sauvé, et il a été définitivement jugé dans la croix de Christ. Toutefois Dieu agit en grâce pour choisir et séparer du monde tous ceux qui reçoivent son Fils. «La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes...» (Tite 2:11). «Dieu... ordonne... maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent» (Actes 17:30).

Que Dieu nous accorde de ne pas oublier que nous sommes, en tant que rachetés, une sacrificature royale ; et que notre haut privilège est de connaître la volonté de notre Père, et de lui exprimer librement tous les désirs que la connaissance de sa volonté produit dans nos coeurs.

58.       Quel est le nom que le Père a donné à Christ et dans lequel Christ prie le Père de garder ses disciples ? (Jean 17:11).

C’est le nom du Père, — ce nom merveilleux qui est la source de la relation dans laquelle Dieu nous fait entrer auprès de lui-même, relation qui caractérise la vie éternelle. — «C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ» (verset 3).

Cette révélation est le grand sujet de l’évangile de Jean. Dieu se fait connaître à nous dans sa nature ; il est lumière et il est amour. Il se révèle dans la personne de son Fils, qui est non seulement le Fils unique, mais encore «dans le sein du Père», ou tout l’amour du Père se déverse sur lui sans interruption et sans limite. La gloire que Jésus a manifestée ici-bas a été la gloire «d’un fils unique de la part du Père» (chap. 1:14, 18). Et c’est dans cet amour, l’amour dont il a été l’objet comme homme dans ce monde, que le Seigneur Jésus nous introduit (chap. 15:9 ; 17:23 ; 1 Jean 3:1-3).

Or, notez bien que dans ce chapitre 17 de Jean, le Seigneur attribue tout à son Père, recevant tout directement de lui en don : l’autorité, ceux auxquels il donne la vie éternelle selon le commandement du Père, les paroles de la vérité, le nom béni par lequel Dieu se révèle, la gloire, sa gloire, tout est «donné» du Père. Il dit encore (chap. 15:15) : «Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père». Combien cela nous est précieux.

L’amour du Père garde du monde (1 Jean 2:14-15). Le premier effet de cette révélation est de nous placer dans la présence du Dieu de toute grâce et, par la foi, dans la relation même qui est exprimée dans la personne de notre bien-aimé Sauveur dans la gloire, et qui, pour nous, est le résultat de son oeuvre accomplie sur la croix. Il est le Fils du Père ; et Dieu envoie dans le coeur du croyant «l’Esprit de son Fils» (Galates 4:6). Voyez aussi le premier message de Jésus à ses disciples après sa résurrection (Jean 20:17).

59.       Pourquoi (ainsi que nous le lisons dans Jean 20) le Seigneur ne permet-il pas à Marie de Magdala de le toucher, tandis que nous voyons dans Matthieu 28:9, que les femmes, s’approchant, saisirent ses pieds, sans que Jésus les repoussât ?

En premier lieu, quant à la contradiction apparente entre les deux récits, elle n’existe pas. Ce sont deux faits différents ; Marie de Magdala n’était pas avec les femmes dont parle Matthieu 28:9. C’est ce que montre une comparaison attentive des évangiles. Le dimanche matin (*), Marie de Magdala alla seule chez Pierre et Jean, bien que les autres femmes l’aient accompagnée au tombeau, comme le prouvent ses paroles : «Nous ne savons où on l’a mis» (Jean 20:2). Elle retourna au sépulcre avec eux et y resta (vers. 10, 11). C’est alors que Jésus se montra «premièrement» à elle (Marc 16:9). Quant aux autres femmes, d’après le récit de Matthieu, elles ne retournèrent point au sépulcre, parce qu’elles avaient vu le Seigneur en route.

(*) À ce propos, il peut être bon de remarquer qu’il y a un intervalle de temps bien marqué entre les versets 1 et 2 du chapitre 28 de Matthieu. Au verset 1, «sur le tard, le jour du sabbat, au crépuscule du premier jour de la semaine», s’applique évidemment au soir du sabbat ou samedi, et non au dimanche matin, car les Juifs comptaient le jour à partir de six heures du soir. D’après les autres évangiles, on voit que ce qui est rapporté aux versets 2 et suivants a lieu le dimanche et que les femmes vinrent encore le matin, au point du jour (Marc 16:2 ; Luc 24:1 ; Jean 20:1).

Maintenant, pourquoi le Seigneur ne permet-il pas à Marie de Magdala de le toucher, tandis qu’il ne le défend pas aux autres femmes ? Chacun de ces faits fournit un enseignement distinct ; et comme l’Esprit Saint, dans chaque évangile, a un dessein spécial, Jean nous rapporte le fait qui est en rapport avec ce dessein et avec le caractère sous lequel il avait à présenter le Seigneur Jésus ; Matthieu, de son côté, raconte l’autre fait qui est en harmonie avec la pensée divine qui distingue son évangile. Entrons dans quelques détails.

L’évangile de Jean présente Jésus comme le Fils de Dieu, envoyé de la part du Père pour être le Sauveur du monde (1 Jean 4:14 ; Jean 3:16). Ayant expié les péchés par sa mort, il attire à lui tous les hommes, les Gentils aussi bien que les Juifs. Dans cet évangile sont mis en contraste Dieu et l’homme, le ciel et la terre, Christ et Satan (Jean 1:1-5 ; 3:12, 13, 31, 32 ; 14:30, 31). Mais Christ a été rejeté et crucifié ; d’un autre côté, ayant glorifié Dieu, Dieu le glorifie auprès de lui-même (Jean 13:31-32). Sa place n’est plus sur la terre, et ainsi, quant aux siens, ses relations avec eux sont changées. En vertu de la rédemption qu’il avait accomplie, il les introduit dans la même position que lui vis-à-vis de son Dieu et Père (Jean 12:23, 24 ; 20:17), de sorte qu’eux aussi n’ont plus de place sur la terre. Marie de Magdala n’avait pas encore compris cela ; elle aurait voulu saisir et garder le Seigneur ici-bas. Il lui montre que cela n’est pas possible, que sa relation avec lui n’est plus terrestre (comme l’avait été jusqu’alors celle du résidu), mais céleste, et il lui dit : «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père». Il avait déjà auparavant parlé aux siens de son départ et de la place qu’il allait leur préparer dans la maison du Père, une place avec lui dans la gloire céleste. En rapport avec cette gloire, il voulait se manifester à eux par l’Esprit qu’il avait promis d’envoyer, et fortifier leurs coeurs pour traverser ce monde où tout était contre eux, comme tout avait été contre lui. (comparez chapitres 14:1-3, 20 ; 17:24 ; 15:18, 24-26 ; 16:33).

Dans l’évangile selon Matthieu, le Seigneur Jésus est présenté comme le Messie, c’est-à-dire, le Christ, fils de David et fils d’Abraham ; celui qui seul répondait à toutes les promesses faites aux «pères», et qui seul accomplissait toutes les prophéties. (Voyez Hébreux 1:1).

Or ces pères étaient de la nation d’Israël et attendaient l’établissement en gloire du règne du Messie sur la terre (Psaume 72:19 ; Habakuk 2:14). Mais, comme le font voir toutes les écritures de l’Ancien Testament, la nation d’Israël a été infidèle à Dieu dès le commencement (Deutéronome 9:6, 7, 13, 24). Cette infidélité fut portée à son comble par le rejet de leur Messie, du Fils de Dieu qu’ils crucifièrent (Matthieu 21:38, 39).

Cependant, à travers toute cette histoire triste et humiliante pour l’homme, nous voyons que Dieu se conserva toujours un résidu fidèle, ainsi qu’il le dit à Élie : «Je me suis réservé sept mille hommes qui n’ont point fléchi le genou devant Baal» (1 Rois 19:18). L’apôtre Paul, rappelant ces paroles, ajoute : «Ainsi donc, au temps actuel aussi, il y a un résidu selon l’élection de la grâce» (Romains 11:4, 5).

Or l’évangile de Matthieu nous montre le Seigneur Jésus recherchant ce résidu fidèle. C’est dans ce milieu qu’il révéla les pensées de Dieu. Il prit place avec ceux qui écoutaient les paroles de Dieu, et se fit baptiser par Jean dans ce but. Il disait à ses disciples combien grand était leur privilège de voir et d’entendre les choses que plusieurs prophètes et plusieurs justes auraient bien voulu voir et entendre, mais le temps n’était pas encore venu (Matthieu 13:17).

Le Seigneur Jésus ayant été rejeté comme Messie, comme roi, ceux qui s’attendaient à avoir part avec lui dans la gloire de son royaume, en reconnaissant son autorité, ne pouvaient avoir sur la terre d’autre sort que celui que leur Seigneur et Maître y avait eu. Le moment de régner avec lui en gloire est renvoyé à plus tard, et, en attendant, il fallait prendre la croix et le suivre. Le Seigneur envoyait ses disciples «comme des brebis au milieu des loups» (Matthieu 10), mais il leur disait : «Je suis tous les jours avec vous, jusqu’à la consommation du siècle» (28:20). C’est ce dont ils ont besoin pour traverser ce monde en souffrant, comme Christ y a souffert. Plus tard, on régnera avec lui (2 Timothée 2:12 ; Apocalypse 20:6).

Telle est la ligne de vérités que présente Matthieu. En harmonie parfaite avec elles, le Seigneur Jésus, en se montrant aux femmes qui cherchaient son corps, leur permet de lui saisir les pieds. On peut voir dans ce fait la position sur la terre du résidu avec lequel le Seigneur s’identifiait en grâce. En même temps, Jésus leur dit que ses disciples le verraient en Galilée, loin de la ville royale de Jérusalem. En effet, le Roi rejeté ne pouvait plus se manifester au peuple d’Israël, et il ne le fera pas jusqu’à ce qu’ils disent : «Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur» (Matthieu 23:39).

 

93.       «Si nous le renions, lui aussi nous reniera» (2 Timothée 2:12). Comment concilier ce passage avec le verset suivant : «Si nous sommes incrédules, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même», ainsi qu’avec tant d’autres belles promesses, comme Jean 10:28 ?

Il s’agit dans ce passage du gouvernement de Dieu, et non du don gratuit de la vie éternelle. Paul exhortait Timothée à prendre sa part des souffrances «comme un bon soldat de Jésus Christ» (2 Timothée 2:3). Il est question de la fidélité dans la marche, et du dévouement chrétien.

Paul endurait tout pour l’amour des élus, jusqu’à être lié de chaînes comme un malfaiteur (verset 9-10) ; n’était-ce pas suivre les traces du Seigneur, condamné à être crucifié entre deux brigands ? Au fond, le Seigneur n’a-t-il pas dit la même chose en Marc 8:38 ; 10:29-30 ? Le témoignage du Seigneur et de son évangile de grâce exige ce dévouement, dont aucun sacrifice ne devrait nous détourner. Il nous a dit : «Quiconque m’aura confessé devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ; mais celui qui m’aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu» (Luc 12:8-9). Puisse-t-il nous garder fidèles jusqu’au bout, vainqueurs du monde ! (Jean 16:33 ; 1 Jean 5:4).