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Que dit l’ÉCRITURE ? (Rom. 4:3)

 

 

Réponse (par W.J.Lowe puis Élie Périer) à des questions posées par les lecteurs du périodique «le Salut de Dieu» entre 1873 et 1917

 

 «Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi» Jean 5:39

 «Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne oeuvre» 2 Timothée 3:16, 17

«Et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» Actes 17:11

Sommaire

14.          Éccl. 3:19-21. Différence entre l’homme et la bête ?

15.          Éccl. 7:15. La part du juste et celle du méchant

 

14.       Comment faut-il comprendre le passage du livre de l’Écclésiaste qui semble rabaisser l’homme au niveau de la bête ? Nous y lisons, chap. 3:19 à 21 : «Car ce qui arrive aux fils des hommes est aussi ce qui arrive aux bêtes ; il y a pour tous un même sort : comme celle-ci meurt, ainsi meurt celui-là ; et ils ont tous un même souffle, et l’homme n’a point d’avantage sur la bête, car tout est vanité. Tout va dans un même lieu, tout est de poussière et tout retourne à la poussière. Qui est-ce qui connaît l’esprit des fils des hommes ? Celui-ci monte-t-il en haut, et l’esprit de la bête descend-il en bas dans la terre ?»

Le livre de l’Écclésiaste s’occupe de ce qui existe «sous le soleil», selon l’expression maintes fois répétée. Son but est de découvrir, par le moyen de l’observation et de l’expérience, où le bonheur se trouve, et de quelle manière on pourrait en jouir. Le prédicateur, qui n’est autre que le roi Salomon, possédait tout ce qu’il fallait pour faire les recherches propres à conduire à ce but et pour en tirer les conclusions les plus justes. Il avait toutes les occasions possibles d’éprouver toutes choses, et il était, plus que nul autre, doué de sagesse et d’intelligence. Il ne faudrait donc pas s’attendre à trouver dans ce livre une révélation divine au sujet de l’état de l’homme ou de sa destinée ; mais la conscience n’y est nullement ignorée, ni le grand fait — toujours propre à exercer la conscience — que «Dieu amènera toute oeuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal» (Chap. 11 :9 ; 12:14). C’est par cette déclaration que se termine l’examen entrepris par l’auteur.

La conclusion qui caractérise le livre d’un bout à l’autre est que «tout est vanité». Les événements terrestres sont envisagés au point de vue des hommes et de ce qu’ils poursuivent, recherchant toujours le bonheur. Avec tous ses efforts et toute sa persévérance, l’homme ne peut atteindre ce but ; de plus, il n’a aucun pouvoir sur l’esprit pour emprisonner l’esprit, ou pour empêcher que la mort n’arrive lorsque son jour est venu de mourir. Il n’y a pas de dispense dans une telle guerre (chap. 8:8), et certes, en présence de la mort, l’homme, si intelligent qu’il soit, n’a pas plus de pouvoir que la bête : «tout est de poussière, et tout retourne à la poussière». (Comparez Psaume 49:7-13). Puis, chose triste à dire, mais que l’on ne saurait taire, l’homme, laissé à lui-même, sans le secours d’une révélation divine, ne sait pas ce qui va lui arriver après la mort. Le sentiment de la responsabilité, ou la conscience, lui dit que tout n’est pas fini, car Dieu amènera tout en jugement ; mais il ne peut pas deviner, ni trouver par son intelligence, quel sera son avenir. Les divagations des philosophes de tous les âges sont là comme une triste preuve de ce fait. Mais le prédicateur ne voulait ni ne pouvait clore son livre sans faire un tableau des plus saisissants de ce qu’est le dépérissement du corps humain, description qui se termine ainsi : la poussière retourne à la terre, comme elle y avait été, et l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné (chap. 12:7). Nous l’apprenons par la révélation, et nous le croyons parce que Dieu nous l’a dit. «L’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante» (Genèse 2:7). Voilà le secret de la différence entre l’homme et les animaux. Ce souffle de vie ne peut être anéanti. L’homme a une existence éternelle, et il est responsable envers Dieu, son Créateur.

Dans les Écritures, l’expression «âme vivante», ou «être vivant» est appliquée aux animaux aussi bien qu’à l’homme (Genèse 1:20, 24, etc.). Ainsi, on n’avance pas nos recherches en insistant sur une modification de sens de cette expression, ou dans son application. Pour saisir la différence entre l’homme et les animaux, il ne s’agit pas de s’en tenir aux apparences extérieures. D’après celles-ci, le même couteau qui saignerait une bête, ôterait la vie à un homme absolument de la même manière. Si nous nous bornons aux apparences, limitant notre pensée à ce qui est «sous le soleil», nous arriverons nécessairement à la conclusion signalée dans notre texte. Par nous-mêmes, nous ne pouvons pas démontrer que l’esprit de l’homme monte en haut, ou que l’esprit de la bête descend en bas dans la terre (v. 21). Mais la révélation divine nous apprend que les animaux sont devenus «âmes vivantes» par la parole qui les appela à l’existence. Pour eux, il n’en fallait pas davantage, tandis que pour l’homme il fallait autre chose. Après avoir été «formé» de la poussière de la terre, il fut animé par le souffle de Dieu. C’est ce qui explique l’affirmation de l’Écclésiaste (12:7) citée plus haut. De ce souffle divin vient et son existence éternelle et sa responsabilité.

15.       «Il y a tel juste qui périt dans sa justice, et il y a tel méchant qui prolonge ses jours par sa méchanceté» (Écclésiaste 7:15). Le mot «juste» désigne-t-il un croyant ? Ou bien un homme à propre justice comme dans Ésaie 29:14 : «La sagesse de ses sages périra».

Un petit mot qui se retrouve vingt-neuf fois dans les dix premiers chapitres de l’Écclésiaste, imprime un cachet singulier sur l’écrit tout entier, c’est «sous le soleil». Ce livre décrit les expériences de l’homme dans toutes les circonstances diverses de la vie présente. Ces expériences sont racontées avec exactitude par un homme auquel Dieu avait accordé la sagesse pour tout voir selon la vérité ; elles sont résumées par cette parole accablante : «tout est vanité et rongement d’esprit».

Le verset 15 du chap. 7, décrit une de ces expériences pratiques. Le terme «juste» y est relatif : il est en contraste avec le «méchant». Quelques versets plus bas, le mot est employé dans un autre sens, un sens absolu : envisagé ainsi, il n’y a pas d’homme «juste» sur la terre, qui ne pèche pas (chap. 7:20). Au verset 15, c’est relatif et peut s’appliquer à toute sorte de justice. C’est un fait que la justice ne nous garantit pas la vie du corps et les avantages temporels dans un monde où règne le péché. Cette vérité peut admettre toutes sortes d’applications pratiques ; elle se borne ici à ce qui se voit sous le soleil c’est-à-dire dans ce monde-ci, sans qu’il soit question de l’autre.

Le passage d’Ésaïe 29:14, traite du jugement de Dieu sur le peuple d’Israël.