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La bonne main de Dieu était sur nous

Livre d’ESDRAS

 

Remmers Arend

Traduit de l’allemand, Édition 2017

 

Table des matières abrégée :

1        Introduction

2        Ch. 1 : Réveil par le décret du roi Cyrus

3        Ch. 2 : Dénombrement de ceux qui sont revenus

4        Ch. 3 : Reconstruction de l’Autel et du Temple

5        Ch. 4 : Opposition des ennemis et interruption de la construction du temple

 

 

Table des matières détaillée :

1        Introduction

1.1        Auteurs et dates de rédaction

1.2        Le sujet du livre d’Esdras

1.2.1        Côté historique

1.2.2        Types ou figures

1.2.2.1        Pays de Canaan – Lieux célestes

1.2.2.2        Jérusalem (ville, cité, nouvelle) – Assemblée

1.2.2.3        Temple – Assemblée

1.2.2.4        Autel – Table du Seigneur

1.2.2.5        Réveil et retour de captivité – Réformation et réveils chrétiens

1.2.2.6        Retour à la Parole de Dieu sous Esdras – à titre personnel

1.3        Détails particuliers

1.3.1        Caractéristiques du réveil

1.3.2        Aperçu chronologique

2        Ch. 1 : Réveil par le décret du roi Cyrus

2.1        La mission de Cyrus — 1:1-4

2.1.1        Ch. 1:1

2.1.2        Ch. 1:2

2.1.3        Ch. 1:3

2.1.4        Ch. 1:4

2.2        Décision et soutien — 1:5-11

2.2.1        Ch. 1:5 et 6

2.2.2        Ch. 1:7

2.2.3        Ch. 1:8-11

3        Ch. 2 : Dénombrement de ceux qui sont revenus

3.1        Ch. 2:1-2

3.2        Ch. 2:3-19 — Les noms des familles (15509 personnes)

3.3        Ch. 2:20-35 — Les habitants de certains lieux (8635 personnes)

3.4        Ch. 2:36-39 — Les noms des sacrificateurs (4289 personnes)

3.5        Ch. 2:40-42 — Les noms des Lévites (341 personnes)

3.6        Ch. 2:43-54 — Les noms des Nethiniens

3.7        Ch. 2:55-58 — Les fils des serviteurs de Salomon

3.8        Ch. 2:59-63 — Des Juifs sans registre généalogique

3.8.1        Ch. 2:59-60

3.8.2        Ch. 2:61-62

3.8.3        Ch. 2:63

3.9        En résumé — 2:64-67

3.9.1        Ch. 2:64-67

3.9.2        Les données chiffrées en Esdras 2 et Néhémie 7

3.10          Arrivée de dons supplémentaires volontaires — 2:68,69

3.11          Tout Israël dans leurs villes — 2:70

4        Ch. 3 : Reconstruction de l’Autel et du Temple

4.1        Construction de l’autel, et sacrifice — 3:1-6

4.1.1        Ch. 3:1

4.1.2        Ch. 3:2

4.1.3        Ch. 3:3

4.1.4        Ch. 3:4

4.1.5        Ch. 3:5

4.1.6        Ch. 3:6

4.2        Commencement de la construction du temple — 3:7-9

4.2.1        Ch. 3:7

4.2.2        Ch. 3:8

4.2.3        Ch. 3:9

4.3        La pose des fondements du temple — 3:10-13

4.3.1        Ch. 3:10

4.3.2        Ch. 3:11

4.3.3        Ch. 3:12

4.3.4        Ch. 3:13

5        Ch. 4 : Opposition des ennemis et interruption de la construction du temple

5.1        Les ennemis camouflés — 4:1

5.1.1        Ch. 4:1

5.1.2        Les Samaritains

5.2        Différentes tactiques — 4:2-5

5.2.1        Ch. 4:2

5.2.2        Ch. 4:3

5.2.3        Ch. 4:4

5.2.4        Ch. 4:5

5.3        Les rois Assuérus et Artaxerxès en Esdras 4:6, 7: de qui s’agit-il ?

5.4        Accusations — 4:6, 7

5.4.1        Ch. 4:6

5.4.2        Ch. 4:7

5.5        L’accusation auprès du roi Artaxerxès — 4:8-16

5.5.1        Ch. 4:8

5.5.2        Ch. 4:9-11

5.5.3        Ch. 4:12

5.5.4        Ch. 4:13

5.5.5        Ch. 4:14-16

5.6        La réponse du roi Artaxerxès — 4:17-22

5.7        L’interruption de la construction du temple — 4:23, 24

5.8        Pendant combien de temps la construction du temple s’est-elle arrêtée ?

 

 

 

1         Introduction

1.1       Auteurs et dates de rédaction

Dans la Bible Hébraïque et dans la Septante, les livres d’Esdras et de Néhémie sont réunis en un. Dans la Vulgate, ils ont cependant été séparés.

Dans les éditions de la Septante et de la Vulgate se trouvent en partie aujourd’hui deux autres livres qui ne sont pas inspirés et ne font pas partie du Canon des Saintes Écritures, et qui pourtant portent le nom d’Esdras :

●         Le livre d’Esdras correspond à Esdras I de la Vulgate (en latin) et Esdras II de la Septante (en grec).

●         Néhémie correspond à Esdras II de la Vulgate et n’est pas dans la Septante.

●         Le troisième livre (apocryphe) d’Esdras correspond à Esdras III de la Vulgate et Esdras I de la Septante.

●         Le quatrième livre d’Esdras (pseudépigraphe) correspond à Esdras IV de la Vulgate et à l’Apocalypse d’Esdras de la Septante.

 

La rédaction de ce livre a été attribuée depuis toujours au scribe Esdras (dont le nom signifie « aide »). Il n’est pas venu avec le premier groupe de Juifs revenus à Jérusalem sous Zorobabel et Joshua en l’an 536 avant J.C., mais il a fait partie d’un second groupe, plus petit, revenu vers l’année 458 avant J.C. (Esdras 7). À partir d’Esdras 7 l’auteur écrit la plupart du temps en se désignant par le pronom personnel « je » (Esdras 7:1, 28). Le livre d’Esdras date du 5ième siècle avant J.C.

Du chapitre 4 v. 8 au ch. 6 v. 18 et ch. 7 v.12 à 26, le texte n’est pas rédigé en langue hébreu, mais en araméen. L’araméen est comme l’hébreu une langue sémitique ; il était utilisé dans le royaume de Perse pour les relations administratives et internationales. Les sections mentionnées rédigées dans cette langue contiennent des documents officiels composés à destination de la cour royale de Perse, ou de sa part. Les prophètes Aggée et Zacharie mentionnés en Esdras 5:1 et 6:14 étaient des contemporains de Zorobabel et de Jéshua. Dans leurs écrits, ils confirment et complètent à deux points de vue les faits relatés dans le livre d’Esdras. Aggée blâme les Juifs parce qu’ils ne servaient pas le Seigneur (l’Éternel, Jéhovah) de tout cœur. Zacharie prophétise au-delà au sujet de la venue du Messie.

 

1.2       Le sujet du livre d’Esdras

1.2.1        Côté historique

La théocratie chez le peuple de Dieu s’est terminée par la chute du royaume Israélite du Nord (le royaume des dix tribus) dans les années 722/721 avant J.C. et avec la transportation de ses habitants en captivité assyrienne, et par la fin du royaume du Sud (Juda) dans les années 605-586 avant J.C. avec la captivité à Babylone. Le trône de l’Éternel ne fut plus dès lors à Jérusalem (voir 1 Chr. 29:23). La gloire de l’Éternel avait quitté le temple avant sa destruction (comp. 2 Chr. 7:2 avec És. 9:3 ; 10:18 ; 11:23). Dieu remit la puissance gouvernementale dans les mains de rois païens (Jér. 27:6 ; Dan. 2:37, 38 ; Esdras 1:2). « Les temps des nations » (Luc 21:24) débutèrent. Dès lors Dieu n’habita plus à Jérusalem et n’y régna plus, mais dans Sa providence Il laissa le pouvoir aux quatre grands empires des nations, Babylone, la Perse, la Grèce et Rome, au sujet desquels le prophète Daniel a spécialement prophétisé. C’est par le moyen de ces puissances du monde que Dieu exerce dorénavant et indirectement Son gouvernement.

Après 70 ans d’exil, Dieu opéra un renouveau de vie chez une petite partie de Son peuple, le résidu (*), et Il s’est servi pour cela du roi Cyrus (És. 44:28), le chef de l’empire Perse. Les Juifs purent rentrer dans leur patrie pour rebâtir le temple à Jérusalem et reprendre le culte de Dieu. Les instructions reçues, qu’Esdras mentionne, se trouvent sous forme générale sur ce qu’on appelle « le cylindre de Cyrus », un cylindre d’argile découvert à Babylone au 19ième siècle, gravé en écriture perse cunéiforme, et sur lequel est relatée, entre autres, la victoire des Perses sur Babylone. Sur ce cylindre célèbre de Cyrus, on trouve les paroles suivantes en écriture cunéiforme : « J’ai ramené dans leurs lieux les dieux qui vivaient dans ces villes…, j’ai rassemblé tous leurs habitants, et je les ai fait rentrer dans leurs lieux d’habitation… ».

 

(*) Les caractéristiques du résidu étaient : l’amour pour Dieu et pour Sa Parole, l’obéissance à Ses commandements, la séparation de tout ce qui n’était pas en accord avec Sa volonté, et une identification venant du cœur avec la mission que Dieu avait donné au peuple dans son entier, mais qui ne fut remplie que par une petite partie, justement le résidu. Bien qu’ils fussent entièrement séparés, Dieu les considère comme « tout Israël », c’est-à-dire comme leurs représentants ou leurs remplaçants. Ceux-là étaient le résidu « extérieur » dont nous ne pouvons pas dire que tous ceux qui lui appartenaient étaient vraiment croyants. Le prophète Malachie parle d’un résidu « intérieur » qui craignait l’Éternel (Malachie 3:16).

 

Le roi de Perse Cyrus était déjà mentionné nommément par Ésaïe (És. 44:28), et Jérémie avait prédit les 70 ans de captivité (Jér. 25:11,12 ; 29:10). Daniel vivait encore du temps du gouvernement de Cyrus (Dan. 1:21 ; 9:2), et il lisait à Babylone les paroles de Jérémie sur la fin des 70 ans ; il vit le temps de la délivrance arrivé, et il fit monter sa prière à Dieu à cet égard. L’historien Juif Flavius Josèphe (37/38-100 après J.C.) écrit dans son livre « Antiquités judaïques » (ch. XI.1.2) que Cyrus avait lu la prophétie d’Ésaïe le concernant, et avait admiré la prévoyance de Dieu. C’est à la suite de cela qu’il encouragea avec zèle le retour des Juifs en Palestine.

La Bible parle de trois groupes qui sont revenus. Chacun de ces groupes a apporté quelque chose de nouveau pour le résidu du peuple de Dieu. Le premier retour de 42360 Juifs eut lieu vers 536 avant J.C. (Esdras 2:64). Leurs conducteurs étaient Zorobabel, un descendant du roi David, et Joshua (= Jéshua) un descendant du souverain sacrificateur Aaron (Esdras 1 à 6). Ces deux hommes représentaient le caractère royal et sacerdotal dans le résidu. Ce groupe de retour commença par construire l’autel de l’holocauste dans le parvis du temple, et ensuite ils rebâtirent le temple lui-même.

Un deuxième groupe, nettement plus petit, fut conduit en 458 avant J.C. par Esdras, scribe et sacrificateur (Esdras 7). On dénombra 1495 hommes, à quoi il faut ajouter les femmes ainsi que 38 Lévites et 220 Néthiniens (Esdras 8:1-20), soit en tout environ 4000 personnes. Esdras s’était spécialement consacré à l’étude et à l’observation de la Loi de l’Éternel, la Parole de Dieu, et il voulait la faire comprendre de nouveau au peuple (Esdras 7:10).

Un troisième groupe, tout petit, revint en 445 avant J.C. avec Néhémie. Ces évènements sont décrits dans le livre du même nom. Néhémie a vu comme sa mission de reconstruire les murailles et les portes de la ville détruite de Jérusalem.

Les livres d’Esdras et Néhémie décrivent donc les réveils opérés par Dieu sur une petite partie des Juifs qui rentrèrent dans le pays de la promesse et qui se rassemblèrent de nouveau à Jérusalem au lieu que l’Éternel avait choisi pour y faire habiter Son nom (Deut. 12:5 ; 1 Rois 11:36). Pour cela ils durent se détacher de Babylone, le domaine de la puissance religieuse et mondaine (Babylone signifie « Confusion »). Il ne suffisait cependant pas de se trouver au bon endroit, il fallait aussi être dans le bon état d’esprit de crainte de Dieu. C’est ce qui manquait à beaucoup d’entre eux. Or il y eut aussi des oppositions de l’extérieur à surmonter.

 

1.2.2        Types ou figures

1.2.2.1       Pays de Canaan – Lieux célestes

L’histoire du réveil et du retour de ces Juifs de la captivité de Babylone dans le pays de Juda contient des enseignements spirituels importants pour le chrétien. Le pays de Canaan avec ses bénédictions terrestres (voir Deut. 8), est une image des lieux célestes et des bénédictions spirituelles qui s’y rattachent, selon ce que nous décrit l’épître aux Éphésiens (voir Éph. 1:3 ; 2:6 ; 6:12).

 

1.2.2.2       Jérusalem (ville, cité, nouvelle) – Assemblée

Ce qui correspond à la ville de Jérusalem dans le Nouveau Testament est la « nouvelle Jérusalem » (Apoc. 3:12 ; 21:2, 9-21). La nouvelle Jérusalem est une image de l’Assemblée. Elle ne sera certes manifestée que dans l’avenir, mais elle est identifiée avec l’Épouse de Christ. Elle sera en même temps le tabernacle (ou : la tente), c’est-à-dire l’habitation de Dieu avec les hommes (Apoc. 21:3). Nous pouvons aussi certainement voir dans la Jérusalem terrestre une figure de l’Assemblée et de sa place sur la terre dans le temps présent. Dans l’épître aux Éphésiens 2:19, les rachetés sont appelés « concitoyens des saints » ce qui se rapporte à la vie dans une ville. Dans l’image de la ville de Jérusalem, nous voyons la communion des enfants de Dieu entre eux dans la vie journalière. Cela sera vu en perfection quand ils paraîtront comme la nouvelle Jérusalem, comme une épouse ornée pour son mari et sortant du ciel, au début du règne de mille ans (Apoc. 21:9 et suivants), puis ensuite dans l’état éternel de gloire et de perfection (Apoc. 21:2 et suivants). (*)

 

(*) La « nouvelle Jérusalem » n’est pas identique avec la « Jérusalem d’en haut » (Gal. 4:26), ni avec la « cité qui a les fondements » (Héb. 11:10). Les patriarches Abraham, Isaac et Jacob attendaient déjà cette cité, et les croyants du temps présent, eux aussi, la connaissent comme la « Jérusalem céleste » et la « cité à venir » (Héb. 12:22 ; 13:14). Elle est l’incarnation des bénédictions, de la joie et de l’espérance qui sont la part commune de tous les croyants de tous les temps. Comparez avec les 24 anciens d’Apoc. 4 autour du trône et finalement en Apoc. 19:4, mais qu’on ne voit plus après les noces de l’Agneau.

 

1.2.2.3       Temple – Assemblée

Le temple est également une figure de l’Assemblée. Le Nouveau Testament nous en donne plusieurs preuves. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?... le temple de Dieu est saint, et tels vous êtes » (1 Cor. 3:16,17). — « Car vous êtes le temple du Dieu vivant, selon ce que Dieu a dit : ‘J’habiterai au milieu d’eux, et j’y marcherai, et je serai leur Dieu, et eux seront mon peuple’ » (2 Cor. 6:16). — « … en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur » (Éph. 2:21). Ces passages montrent le caractère de sainteté qui est mentionné chaque fois qu’il est question de l’Assemblée comme temple actuel de Dieu. Le temple à Jérusalem était l’habitation de Dieu sur la terre. Le trône de Dieu était dans le lieu très saint, et là Il demeurait au milieu de Son peuple terrestre. Ce fait est un modèle de la présence du Seigneur au milieu des deux ou trois rassemblés en Son nom par fidélité à Sa Parole (Matt. 18:20 ; comparer Ps. 42:2 ; 63:2 ; 84:1-4).

 

1.2.2.4       Autel – Table du Seigneur

Enfin l’autel des holocaustes qui fut rebâti en premier selon le récit d’Esdras 3, est une image de la Table du Seigneur. Déjà dans l’Ancien Testament cet autel est nommé la « Table du Seigneur » (Malachie 1:7, 12). En 1 Corinthiens 10:18 et 21 où l’expression « Table du Seigneur » est utilisée, le Saint Esprit fait référence au sacrifice de prospérités dans lequel s’exprimait la communion des Israélites avec Dieu (Lév. 3 et 7:11-34). L’autel est en même temps le lieu de l’adoration, car c’est sur lui qu’étaient offerts les holocaustes qui sont « d’odeur agréable » à Dieu.

 

1.2.2.5       Réveil et retour de captivité – Réformation et réveils chrétiens

Si nous appliquons les événements décrits dans le livre d’Esdras (et aussi de Néhémie) à nos temps et circonstances de la période chrétienne, nous pouvons constater que le Saint Esprit a opéré plusieurs réveils au cours du temps, et qu’ils ont conduit beaucoup de croyants à faire demi-tour et à revenir à la Parole de Dieu. C’est ainsi, par exemple, qu’au temps de Martin Luther au début du 16ième siècle, la justification du pécheur par la foi seulement a été remise en lumière lors de la Réformation, et le peuple allemand a reçu la Parole de Dieu dans sa propre langue. Cependant les activités spirituelles se sont bientôt volatilisées et ont fait place à une nouvelle grande église. Un nouveau réveil a eu lieu au commencement du 19ième siècle quand la théologie protestante, critique de la Bible, a commencé sa triste marche conquérante. Beaucoup de croyants qui ne voulaient pas suivre leurs thèses incrédules se sont de nouveau tournés vers la vivante Parole de Dieu, et l’ont étudiée avec sérieux et avec zèle. Cela a eu pour effet que l’attente de la venue prochaine du Seigneur est devenue de nouveau une attente vivante. Le mélange de croyants et d’incroyants dans les grandes églises fut reconnu comme non biblique, et la nécessité de la repentance et de la conversion au Seigneur Jésus fut de nouveau mise en évidence.

Dans certaines parties de ce mouvement de réveil est né le désir d’un retour complet à l’enseignement de la Parole de Dieu au sujet de Son assemblée. Tous les enfants de Dieu rachetés en font partie. Cependant si elle veut agir à Son honneur, dans la sainteté et dans la grâce, elle doit se séparer de tous les faux enseignements, et aussi de tout ce qui est sectaire, c’est-à-dire de toutes les dispositions et traditions des hommes. De là est né à l’époque un témoignage vivant de l’assemblée de Dieu dans lequel furent mises en pratique son unité comme corps de Christ, mais aussi la dépendance complète de Christ, sa tête glorifiée dans le ciel, et la direction du Saint Esprit dans les réunions. C’était un retour effectif à la place biblique des réunions de croyants que la Parole du Seigneur Jésus caractérise ainsi : « car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matt. 18:20).

Dans les livres d’Esdras, de Néhémie et des prophètes Aggée, Zacharie, Malachie, on voit un recul de l’énergie pour Dieu après un certain temps. C’est aussi ce qui est arrivé avec le réveil du 19ième siècle. Il ne reste plus beaucoup de ce qui faisait honneur à Dieu. Cela est un sujet de honte pour nous.

 

1.2.2.6       Retour à la Parole de Dieu sous Esdras – à titre personnel

Mais il y a encore une autre possibilité d’application pratique de ces livres de l’Ancien Testament, — une application personnelle. Tout croyant qui a le désir de se tenir dans le temps présent dans le « lieu » spirituel où le Seigneur est au milieu, peut aussi maintenant entamer son « retour vers Jérusalem », et faire les heureuses expériences qui nous sont décrites dans ces livres.

Comme nous le verrons lors de ces méditations, il ne s’agit pas seulement, dans les types ou figures, de la doctrine chrétienne, mais en premier lieu de sa réalisation pratique, tant en bien qu’en mal. Nous pouvons en tirer aujourd’hui des enseignements de valeur et importants.

 

1.3       Détails particuliers

1.3.1        Caractéristiques du réveil

Le réveil du résidu Juif dans le livre d’Esdras comporte 7 caractéristiques :

 

1.      La conscience de leur faiblesse (ch. 2 et 9)

2.      L’obéissance à la Parole de Dieu (ch. 7)

3.      Le retour au centre divin (ch. 3)

4.      La séparation du monde (ch. 4)

5.      L’esprit de dévouement et de sacrifice (ch. 2:68, 69)

6.      La conscience de l’unité du peuple (ch. 3:1 ; 6:17 ; 8:35)

7.      Le ministère prophétique et l’attente du Messie (ch. 5:1 ; 6:14)

 

1.3.2        Aperçu chronologique

 

Événements du royaume de Perse

Événements pour le peuple Juif

559-529 (Cyrus II ; Esdras 1:1)

 

539 Conquête de Babylone par les Perses et les Mèdes

 

538/537 L’édit pour la construction du temple (Esdras 1:2)

 

 

536 commencement de la construction du temple (Esdras 3:8)

529-523 Assuérus (Cambyses II ; Esdras 4:6)

 

523-522 Artaxerxès (Smerdis/Bardiya ; Esdras 4:7)

 

 

523/522 Interruption de la construction du temple

522-485 Darius I, le Grand (Esdras 4:5)

520 Aggée/Zacharie(Aggée 1:1 ; Zach. 1:1) reprise de la construction du temple

 

516 Achèvement de la construction du temple (Esdras 6:15)

485-464 Assuérus (Xerxès I ; Esther 1:1)

La reine Esther

464-424 Artaxerxès I dit Longue-Main (Esdras 7:1)

458 retour d’Esdras (Esdras 7:1, 8)

 

445 retour de Néhémie (Néh.2:1)

 

Aux environs de 435 vraisemblablement, ministère de Malachie

424-423 Xerxès II

 

423-404 Darius II (Néhémie 12:22)

 

404-358 Artaxerxès II

 

 

2         Ch. 1 : Réveil par le décret du roi Cyrus

2.1       La mission de Cyrus — 1:1-4

Le commencement du livre d’Esdras présente un fait unique dans la Bible : il concorde presque mot à mot avec les derniers versets du deuxième livre des Chroniques (36:22, 23). Esdras se raccorde donc directement à 2 Chroniques tant historiquement que quant au contenu. Pourtant entre les deux livres, il y a 70 ans de captivité à Babylone (Jérémie 25). Celle-ci commença par la première déportation d’une partie des Juifs sous le règne de Jéhoïakim en 605 avant J.C. (*) et se termina par l’édit du roi de Perse Cyrus en 537/536 avant J.C. Sur le temps d’exil, la Parole de Dieu reste silencieuse. On ne trouve que des remarques isolées sur ce qui se passait pour les Juifs à Babylone et en Chaldée. Les paroles du début du Psaume 137 sont saisissantes : « Auprès des fleuves de Babylone, là nous nous sommes assis, et nous avons pleuré quand nous nous sommes souvenus de Sion ». Cependant ce temps était maintenant arrivé à sa fin, au moins pour ceux qui donnèrent suite à l’appel de Dieu par le moyen du roi Cyrus. Cyrus donna aux Juifs la permission de rentrer en Palestine pour reconstruire le temple détruit à Jérusalem. Voilà le contenu du premier chapitre.

 

(*) Dans un court espace de temps, il y a eu en tout trois déportations de Juifs à Babylone : celle déjà mentionnée en l’an 605 avant J.C., une deuxième en 597 avant J.C. (2 Rois 24:10-16), et la troisième en 586 avant J.C. en liaison avec la destruction du temple (2 Rois 25:1-21). — Les données de temps « dans la quatrième année de Jéhoïakim » (Jér. 25:1) et « dans la troisième année de Jéhoïakim » (Dan. 1:1) se rapportent à la première attaque en l’an 605. Jérémie utilise la manière de compter habituelle, tandis que Daniel utilise la manière babylonienne selon laquelle on ne comptait pas l’année d’accession au trône.

 

2.1.1        Ch. 1:1

« Et la première année de Cyrus, roi de Perse, afin que fût accomplie la parole de l’Éternel dite par la bouche de Jérémie, l’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse ; et il fit une proclamation dans tout son royaume et la publia aussi par écrit ».

 

Le livre d’Esdras commence avec la conjonction « et » (*). Par cela l’Esprit Saint, par lequel toute Écriture est inspirée (2 Tim. 3:16) veut nous montrer que les voies de Dieu avec les Siens sur la terre ne sont pas arrivées à leur fin. Si grande que soit la ruine de Son peuple terrestre, au point de devoir être chassé par Dieu Lui-même du pays d’Israël promis et donné, — malgré tout cela, ce n’était pas la fin, mais il y avait espérance ! Dieu avait déterminé le temps de captivité, et Il réveilla l’esprit de Cyrus, le puissant roi de Perse. Les années de discipline étaient passées, Dieu se tournait maintenant de nouveau vers Son peuple.

 

(*) Certains pensent que les nombreuses occurrences du mot « et » dans le texte biblique proviendraient d’un temps où il n’y avait pas encore de signe de ponctuation pour découper les phrases ; les « et » ne seraient donc rien d’autre que des signes de ponctuation. Mais nous possédons la Parole de Dieu « non point en paroles [mots] enseignées de sagesse humaine, mais en paroles [mots] enseignées de l’Esprit » (1 Cor. 2:13). Cela s’applique aussi au mot « et » au début de ce livre (ainsi que dans beaucoup d’autres livres comme Exode, Lévitique, Nombres, Josué à 2 Rois, tandis que ce « et » manque dans Deutéronome et 1 Chroniques).

 

Le premier verset de ce livre contient encore un autre enseignement. La donnée temporelle « la première année de Cyrus, roi de Perse » est comptée d’après les années de gouvernement au pouvoir dans ce monde. Sous la conduite du roi Cyrus, les Mèdes et les Perses avaient vaincu l’empire Babylonien des Chaldéens en 539 avant J.C. et avaient pris Babylone. Cyrus fut ainsi le premier roi du deuxième des quatre empires prophétiques. Il régna de 559 à 529 avant J.C., mais il était déjà au pouvoir depuis 20 ans quand ceci eut lieu. La « première année de Cyrus » n’était donc pas du tout sa première année de gouvernement, mais la première année de sa royauté comme roi sur Babylone et donc de la fondation du deuxième empire (voir Dan. 7:2-27).

Dieu maintenant ne gouvernait plus en direct sur Son peuple, mais par l’intermédiaire d’une royauté établie par Lui. Il avait délaissé Son habitation dans le temple avant la captivité babylonienne, et Il n’y reviendra qu’au commencement du règne de 1000 ans (Éz. 9:3 ; 10:18 ; 11:23 ; 43:1-5). Les « temps des nations » étaient instaurés (Luc 21:24). Le deuxième empire des prophéties de Daniel était déjà au pouvoir. Daniel l’avait annoncé au dernier roi Belshatsar (plus exactement il n’était que vice-roi) en interprétant l’écriture énigmatique Mené, Mené, Thekel, Upharsin inscrite sur la paroi du palais royal : « Pérès : Ton royaume est divisé et donné aux Mèdes et aux Perses » (Dan. 5:28 ; Peres, singulier pour Upharsin, et allusion aux Perses). Le roi perse Cyrus n’est pas vu ici comme en Ésaïe, comme une ombre faible du Messie, mais comme le représentant du deuxième empire des nations, dont les temps avaient été instaurés avec la destruction du temple de l’Éternel.

La première action de Cyrus qui nous est rapportée ici a lieu avec comme arrière-plan « afin que soit accomplie la Parole de l’Éternel dite par la bouche de Jérémie ». Si Dieu ne dirige plus directement le sort de Son peuple, Il le fait maintenant indirectement au moyen des puissances terrestres. La parole que Jérémie avait prononcée sur la durée de la captivité énonçait ceci : « Et tout ce pays sera un désert, une désolation ; et ces nations serviront le roi de Babylone soixante-dix ans. Et il arrivera, quand les soixante-dix ans seront accomplis, que je visiterai sur le roi de Babylone et sur cette nation-là leur iniquité, dit l’Éternel, et sur le pays des Chaldéens, et je le réduirai en désolations perpétuelles » (Jérémie 25:11, 12). Le pays d’Israël rendu impur par l’idolâtrie d’Israël et de Juda devait « jouir de ses sabbats ». C’est une allusion au ‘laisser en friche’ des champs tous les sept ans, lequel n’avait pas été observé par les Juifs (2 Chr. 36:21 ; comp. Lév. 25 et 26:33-35). La prophétie sur les soixante-dix ans de captivité était maintenant accomplie. À peu près à la même époque, le prophète Daniel à Babylone lisait les paroles de Jérémie et s’humiliait à cause d’elles devant Dieu (Dan. 9).

Les Juifs étaient dépendants des puissants de ce monde. Ils avaient été menés en captivité par Babylone. Ils obtenaient maintenant des Perses la permission de rentrer. Dieu se tient derrière et au-dessus de tout. Il a aussi permis que le gouvernement de l’Allemagne en l’an 1937 interdise les réunions des croyants qui se réunissaient au nom du Seigneur. Cet événement était sans doute un acte de discipline de Dieu. Mais après huit ans (1945) la liberté fut de nouveau accordée. Les deux décisions furent prises par les gouvernements de l’époque sous la main de Dieu. Nous reconnaissons par-là que Dieu agit encore aujourd’hui de manière semblable. Mais comme à la fin de ces 70 ans, seule une petite partie des Juifs fit usage de la liberté accordée pour servir Dieu, et se laissa réveiller par Lui, — pareillement après la seconde guerre mondiale, ce ne sont pas tous les croyants, et de loin, qui sont sortis des organisations qui leur avaient été imposées, et qui sont revenus à la place correspondant aux pensées de Dieu. C’est un parallèle solennel entre ces événements.

Le temps de la discipline de Juda était terminé. Au moment prédit, « l’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse ». Déjà plus de 150 ans auparavant Dieu avait fait prédire par le prophète Ésaïe que Cyrus exécuterait Son bon plaisir « disant à Jérusalem : Tu seras bâtie ! et au temple : Tes fondements seront posés ! » (És. 44:28). Maintenant Dieu opérait dans ce monarque pour faire selon ce qui était selon Sa pensée. Nous ne savons pas si Cyrus croyait réellement en Dieu. Il est vrai qu’il manifesta une reconnaissance certaine de la grandeur de l’Éternel, mais dans le livre d’Ésaïe, Dieu doit déclarer deux fois : « tu ne me connaissais pas » (És. 45:4, 5). Cependant Dieu peut quand même « réveiller » un tel homme pour exécuter Sa volonté et Sa mission, et même Le reconnaître Lui. Il suffit de penser au prophète Balaam et au grand sacrificateur Caïphe pour trouver un parallèle dans l’Écriture (Nomb. 22-24 ; Jean 11:49-52). Que de choses merveilleuses ces deux hommes durent exprimer au sujet du peuple d’Israël et de Christ !

 

2.1.2        Ch. 1:2

« Ainsi dit Cyrus, roi de Perse : l’Éternel, le Dieu des cieux, m’a donné tous les royaumes de la terre, et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda ».

 

Dieu est ici « le Dieu des cieux » (voir Dan. 2:18, 19, 37, 44). Dans Sa relation avec le peuple d’Israël, Il est nommé le Seigneur de toute la terre, parce que le caractère d’Israël et les promesses sont de nature essentiellement terrestre (Jos. 3:11 ; Michée 4:13 ; Zach. 4:14). Le titre de « Dieu des cieux » attire l’attention sur le fait que, durant « les temps des nations », Il s’est, dans une certaine mesure, retiré au ciel, et Il a remis le pouvoir aux gouvernements humains. Cela ressort de la parole de Daniel à Nebucadnetsar, le chef du premier empire : « Toi, ô roi, tu es le roi des rois, auquel le Dieu des cieux a donné le royaume, la puissance, et la force, et la gloire ; et partout où habitent les fils des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux des cieux, il les a mis entre tes mains et t’a fait dominer sur eux tous. Toi, tu es cette tête d’or » (Dan. 2:37,38). — Mais le titre de « Dieu des cieux » révèle en outre un trait de caractère de Dieu essentiel, indépendant du temps (Jonas 1:9 ; 2 Chr. 20:6 ; Eccl. 5:1 ; Dan. 2:28). Il est le Dieu des cieux parce qu’Il habite en dehors de la création visible, dans le ciel, et avec cela Il est le seul vrai Dieu qui a créé le ciel et la terre, et qui les maintient.

Dieu a confié autorité et pouvoir à ce roi païen. C’est la raison pour laquelle Cyrus prend des décisions au sujet du peuple de Dieu. Comme déjà mentionné, le bien-être extérieur des chrétiens dépend souvent, aujourd’hui aussi, des gouvernements du moment. Soyons reconnaissants de la liberté de nous rassembler et d’évangéliser. Cela ne va pas de soi.

Cependant Dieu n’avait pas seulement donné du pouvoir au roi de Perse. Le roi se voyait confier par Dieu la « charge de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda ». Sur ce lieu, Dieu avait déjà donné des indications au temps de Moïse avec les paroles suivantes : « il y aura un lieu que l’Éternel, votre Dieu, choisira pour y faire habiter son nom ; là vous apporterez tout ce que je vous commande, vos holocaustes, et vos sacrifices, vos dimes, et l’offrande élevée de vos mains, et tout le choix de vos vœux que vous aurez voués à l’Éternel » (Deut. 12:11). Dieu n’avait certes pas parlé nommément de Jérusalem. Les Israélites avaient la tâche de chercher ce lieu. Il est vrai que cela dura des siècles jusqu’à ce qu’ils le trouvent. L’intérêt n’était manifestement pas très grand. C’est au milieu de beaucoup de peines que David trouva ce lieu à Jérusalem sur l’aire d’Ornan (1 Chr. 21:18 à 22:1), et plus tard Salomon y construisit le temple (2 Chr. 1-7).

« Jérusalem, qui est en Juda », était aussi l’endroit que Dieu s’était choisi pour Lui et pour Son habitation au milieu de Son peuple. Jérusalem signifie « fondation de paix », et Juda « objet de louanges ». Ce sont des noms merveilleux pour l’environnement où Dieu habite et où Il veut être honoré ! Une paix solide et une louange perpétuelle doivent aussi caractériser tous ceux au milieu desquels Dieu a aujourd’hui Son habitation spirituelle, et où le Seigneur Jésus est au milieu des Siens.

Le temple détruit par les Chaldéens devait maintenant être reconstruit. Les hommes peuvent parler du premier et du second temple, mais la Parole de Dieu ne le fait pas. Il n’y a qu’un temple, que même le Seigneur Jésus appelle encore « la maison de mon Père », bien que les hommes en aient fait « une maison de trafic » (Jean 2:16). Le prophète Aggée qui soutenait le peuple lors de la construction du temple disait : « la dernière gloire de cette maison sera plus grande que la première, dit l’Éternel des armées » (Aggée 2:9).

Le temple de Dieu à Jérusalem est une figure de la maison de Dieu dans le Nouveau Testament, c’est-à-dire Son Assemblée, qui est aussi nommée « temple » (1 Cor. 3:16 ; Éph. 2:21). Vu du côté de Dieu, tout est parfait et inébranlable. Quand le Seigneur Jésus parle de bâtir son Assemblée sur le roc, Il ajoute « et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle » (Matt. 16:18). Elle est un édifice « bien ajusté ensemble » et n’est composée que de « pierres vivantes » (Éph. 2:21 ; 1 Pierre 2:5). Il n’y a là aucune destruction. Mais du point de vue de la responsabilité de l’homme, l’Assemblée comme temple peut être corrompue, comme nous le savons d’après 1 Corinthiens 3:17. C’est ce point de vue de la responsabilité dont il s’agit ici. Le temple avait été détruit par les ennemis du peuple de Dieu. Mais on ne peut pas mettre quelque chose d’entièrement nouveau à la place de l’ancien. Cyrus peut parler de « … lui bâtir une maison à Jérusalem », et il peut le faire écrire, cependant les Juifs auxquels il s’adressait voyaient à juste titre que leur mission était « de bâtir la maison de l’Éternel qui est à Jérusalem » (1:5).

Aujourd’hui aussi Dieu ne veut pas construire ou faire construire n’importe quoi de nouveau. Sa volonté est que tous ses rachetés reviennent à Ses pensées initiales qu’Il a inscrites dans Sa Parole. Par Sa grâce tous les rachetés ont le droit d’y avoir part. Pour se réunir aujourd’hui au nom du Seigneur Jésus, nous devons aussi quitter « Babylone » et venir à « Jérusalem ». Les pensées de Dieu sur le rassemblement des Siens ne se trouvent pas dans un système religieux humain. On ne peut pas les pratiquer dans une position sectaire ou indépendante. Ses pensées sont liées à « Jérusalem » et au « Temple de Dieu » et elles ne peuvent être comprises et pratiquées que par ceux qui sont libérés de la « captivité babylonienne » de la chrétienté.

La ville de Jérusalem est également une figure de l’Assemblée. Mais à la différence du temple qui présente les pensées d’habitation de Dieu, de culte et de sainteté de Dieu, nous voyons dans la ville de Jérusalem la communion des croyants dans leur vie pratique. En Éphésiens 2:19 nous sommes considérés comme des « concitoyens des saints », et en Apocalypse 21:2 « la sainte cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel » est en même temps « l’épouse ornée pour son mari » ; le mari est Christ, et l’épouse est l’Assemblée.

La ville sainte de Jérusalem avec le temple est située dans le pays de Canaan, figure des lieux célestes (Éph. 1:3). Les bénédictions et les promesses pour tous les enfants de Dieu portent le caractère céleste (dont on trouve déjà une évocation en Deut. 11:11, 21 et 28:12). Tous ceux qui ont reçu la vie éternelle et le Saint Esprit par la foi en Christ appartiennent au seul corps de Christ, et ils ont tous, par un seul Esprit, accès au Père dans les cieux (voir Éph. 1 et 2). Ce ne sont pas des bénédictions terrestres mais des bénédictions célestes et spirituelles.

À l’inverse Babylone est un tableau du système qui est issu de la foi chrétienne : une religion dans laquelle sont mélangés croyants et incroyants, une religion qui est à la fois sectaire et indépendante de Dieu. Mais selon la Parole de Dieu les gens du monde et les enfants de Dieu ne peuvent pas aller ensemble. Un vrai chrétien qui connait la liberté de l’Esprit liée à sa qualité de fils et qui prend part à un culte où le Saint Esprit n’a aucune place, se retrouve comme en prison. À « Babylone » il n’y a pas de véritable culte divin. Celui-ci ne se trouve que dans la maison de Dieu, et celle-ci se trouve à « Jérusalem », dans le pays de « Canaan ».

Une autre pensée importante parait figurer dans ce verset. Du point de vue humain, la sagesse aurait voulu que les Juifs, après leur retour, commencent par se soucier de leurs propres logis, pour construire ensuite tranquillement la maison de Dieu. Mais non, Dieu et sa maison doivent avoir la première place ! La construction de la ville de Jérusalem, également complètement détruite, et de ses murailles, ne peut avoir lieu qu’ensuite, selon le récit du livre de Néhémie, et non pas l’inverse ! Plus tard les Juifs n’ont plus tenu compte de cette succession (Aggée 1). D’un autre côté il est très remarquable qu’en tout premier, avant même le temple, ce fut l’autel sur son emplacement qu’ils restaurèrent. Nous nous occuperons encore plus loin de l’enseignement qui se rattache à ce point.

 

2.1.3        Ch. 1:3

« Qui d’entre vous, quel qu’il soit, est de son peuple, — que son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem, qui est en Juda, et qu’il bâtisse la maison de l’Éternel, le Dieu d’Israël (lui est Dieu), à Jérusalem ».

 

Voilà maintenant l’appel de Cyrus aux Juifs ; il les désigne comme ceux « de son peuple », c’est-à-dire ceux du peuple de Dieu. Malgré les dizaines d’années de captivité, la conscience de leur appartenance au peuple de Dieu n’avait été perdue ni par eux, ni par leurs oppresseurs. Bien des choses leur manquaient, mais ce fait subsistait !

En outre l’appel est adressé ici non seulement à tous les Juifs, mais à tous les Israélites sans exception, et non pas à quelques-uns seulement. On retrouve la même chose, quelques dizaines d’années plus tard, dans la lettre d’accompagnement du roi Artaxerxès donnée au scribe et grand sacrificateur Esdras : « De par moi ordre est donné que tous ceux du peuple d’Israël et de ses sacrificateurs et des lévites, qui, dans mon royaume, sont disposés à aller à Jérusalem avec toi y aillent » (7:13). Ce que firent les Juifs qui rentraient n’était pas la marotte d’un groupe Juif fort ou super-religieux. Ils remplissaient une mission qui concernait les douze tribus du peuple alors qu’il était morcelé déjà depuis des siècles ! L’appel à sortir adressé à tous les chrétiens dans la grande chrétienté, a aujourd’hui exactement la même valeur. Or au temps de Zorobabel il s’agissait de trouver des gens « bien disposés » et dont Dieu avait « réveillé » le cœur. La même chose est valable aujourd’hui pour notre temps !

Déjà Jérémie dans sa prophétie sur Babylone et la ruine du peuple de Dieu, avait fait un appel prophétique dans ce sens. Au ch. 51:50 il est dit : « Réchappés de l’épée, marchez, ne vous arrêtez pas ! De loin souvenez-vous de l’Éternel, et que Jérusalem vous vienne au cœur ! ». Cela se vérifia lors du retour de Zorobabel, et aussi plus tard avec Esdras et Néhémie. Quiconque cherchait vraiment l’Éternel, devait partir vers Jérusalem.

Au temps de la réformation en 1520, Martin Luther rédigea une brochure intitulée « Sur la captivité babylonienne de l’église » dans laquelle il critiquait fortement l’église de l’époque. Son appel à se séparer de ses erreurs valait pour tous les chrétiens qui se trouvaient dans cette église (au moins en Europe de l’Ouest) et pas seulement pour quelques-uns. Beaucoup donnèrent suite à cet appel du réformateur. Mais malheureusement, déjà à l’époque, les consciences de tous ne furent pas atteintes.

Il y a environ 200 ans, il y a eu dans une grande partie de l’Europe un nouveau mouvement de réveil, qui amena beaucoup de vrais chrétiens à quitter la confusion babylonienne des églises (avant tout au vu de la critique qui surgissait sur l’inspiration de la Bible) et ils se rassemblèrent absolument et seulement sur le fondement de la Sainte Écriture et dans la reconnaissance de tous les croyants comme membres du seul corps de Christ. À l’époque le cri de minuit retentit, adressé à tous les chrétiens « voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ! » (Matt. 25:6). Mais, pas tous, et de loin, y donnèrent suite. Au temps de la fin, après l’enlèvement de l’épouse de Christ, les croyants qui vivront à cette époque entendront encore un fois une voix du ciel : « Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés, et que vous ne receviez pas de ses plaies » (Apoc. 18:4). Et de quoi devront se séparer ceux à qui cette parole sera adressée ? De Babylone, la grande prostituée ! N’est-il pas remarquable que la dernière grande puissance religieuse dans ce monde porte le même nom qu’au temps d’Israël dans l’Ancien Testament ? Babylone est l’image de la puissance religieuse sans crainte de Dieu et sans vie de Dieu.

De tout cela on tire la conclusion que les croyants qui veulent être fidèles à leur Seigneur, ont de tout temps le devoir de se séparer de toutes les organisations religieuses humaines : elles limitent, voire mettent de côté, la liberté de direction du Saint Esprit, et par suite l’autorité de Christ au milieu des Siens rassemblés. Quand Christ n’est plus le centre, comment peut-on être rassemblés en Son nom ? Comme autrefois Jérusalem était le lieu que l’Éternel avait choisi pour y faire habiter Son nom, ainsi aujourd’hui le lieu spirituel de rassemblement est là où deux ou trois rachetés sont rassemblés au nom du Seigneur Jésus. Au milieu d’eux le Seigneur Jésus veut être présent selon Sa promesse (Matt. 18:20). Voilà l’un des enseignements que le retour des Juifs de Babylone à Jérusalem contient pour nous.

Cyrus souhaite à tous le secours de Dieu durant leur remontée à Jérusalem. Cette parole mérite une attention particulière. Aller à Jérusalem dans la Bible est toujours qualifié de « remonter » ! (*). Même la géographie du pays de la promesse contient des enseignements spirituels. Inversement, partir de Jérusalem, c’est toujours descendre (voir Luc 10:30). Il est plus difficile de monter que de descendre. Pour monter, il faut de l’énergie au sens physique comme au sens spirituel. Descendre va presque de soi. En contraste avec le déclin moral qui se répand, les enfants de Dieu ont besoin d’énergie et de dévouement « pour remonter » !

 

(*) On trouve en tout 12 fois ce verbe « monter » ou « remonter » (hébreu « alah ») dans le livre d’Esdras : 1:3, 5, 11 ; 2:1, 59 ; 4:2, 12 ; 7:6, 7, 9, 28 ; 8:1.

 

Dans les paroles « et qu’il bâtisse la maison de l’Éternel, le Dieu d’Israël (lui est Dieu) », faut-il voir un progrès chez Cyrus dans la connaissance de Dieu et de Sa volonté ? Nous ne savons pas, mais nous voyons que le choix des mots correspond mieux ici à la pensée et à la nature de Dieu qu’au v. 2 (*). En tout cas Dieu n’est pas appelé le Dieu des Juifs, mais le Dieu d’Israël. Il n’est pas seulement le seul vrai Dieu (Jean 17:3), mais tout Israël est son peuple ! L’importance de ce fait justement dans un temps de déclin est montrée par la fréquence du mot « Israël » dans le livre d’Esdras. On le trouve 40 fois — Puissions-nous être toujours conscients que tous les rachetés dans la chrétienté si divisée aujourd’hui, forment le vrai peuple de Dieu.

 

(*) Le complément (fin du v.3) « à Jérusalem » qu’on trouve ici et au v. 4 et au v. 5 est introduit en hébreu par la particule relative ascher. Il s’ensuit que, dans les trois cas, quelques traductions rapportent les mots « à Jérusalem » à Dieu « qui est ou habite à Jérusalem ». Au v. 3, cela peut se soutenir, mais on ne le peut guère au v. 4 et au v. 5.

 

2.1.4        Ch. 1:4

« Et celui qui est de reste, dans tous les lieux où chacun séjourne, que les hommes du lieu lui viennent en aide, avec de l’argent, et avec de l’or, et avec des biens, et avec du bétail, outre les offrandes volontaires pour la maison de Dieu qui est à Jérusalem ».

 

Tous les transportés qui restaient encore et avaient le désir de partir à Jérusalem avec les autres, devaient être soutenus par les habitants du lieu où ils habitaient. Il est vraisemblable que ces « hommes du lieu » étaient plutôt des Juifs que de ceux d’autres peuples.

L’argent est une image du prix que le Seigneur Jésus a payé pour la rédemption (Actes 20:28 ; comp. Exode 30:11-16 ; 38:25-28). L’or est un symbole de la majesté de Dieu (Apoc. 21:11, 18). Le bétail allait être nécessaire aussi bien pour la nourriture de ceux qui rentraient que pour les sacrifices. Tous ces dons correspondent à ce qu’aussi aujourd’hui le résidu chrétien peut encore recevoir spirituellement de la part des autres croyants. Pensons simplement à tous les bons cantiques tirés d’anciens livres de cantiques et qui sont chantés avec profit spirituel.

Dans son décret, Cyrus invite quand même enfin à « des offrandes volontaires pour la maison de Dieu qui est à Jérusalem ». Ce qui est visé par-là n’est pas dit. Mais en comparant avec Exode 36:3 et d’autres passages, on voit qu’il s’agit de dons apportés dans la conscience qu’ils devaient être utilisés pour le service divin dans la maison de Dieu.

 

2.2       Décision et soutien — 1:5-11

2.2.1        Ch. 1:5 et 6

« Alors se levèrent les chefs des pères de Juda et de Benjamin, et les sacrificateurs et les lévites, tous ceux dont Dieu avait réveillé l’esprit, afin de monter pour bâtir la maison de l’Éternel qui est à Jérusalem. Et tous ceux qui les entouraient les aidèrent avec des objets d’argent, avec de l’or, avec des biens, et avec du bétail, et avec des choses précieuses, outre tout ce qu’on offrit volontairement ».

 

Les « chefs des pères de Juda et de Benjamin » étaient les représentants des Juifs à Babylone. Ils étaient issus des deux tribus qui avaient formé le royaume du Sud après le schisme de Roboam, et ils avaient été transportés à Babylone par Nebucadnetsar. Parmi eux il y avait « des sacrificateurs et des lévites », lesquels appartenaient à la tribu de Lévi que Dieu avait appelée au service de Sa maison. Les sacrificateurs étaient tous issus de quelques familles de la tribu de Lévi. Ils étaient descendants d’Aaron, frère de Moïse, qui avait la charge du service pour le sanctuaire et dans le sanctuaire (voir Nomb. 3 et 4 ; 1 Chr. 23 et 24). Les sacrificateurs étaient les seuls qui avaient accès au sanctuaire pour y faire le service de Dieu (Ex. 28:1-4). Les lévites avaient été donnés aux sacrificateurs pour les assister dans leur service en rapport avec l’habitation de Dieu et le peuple (Nomb. 3:5-9). À la différence des autres tribus, les membres de la tribu de Lévi n’avaient pas d’héritage dans le pays de Canaan (Nomb. 18:20-24 ; Deut. 10:9). Leur héritage était l’Éternel Lui-même.

Ici nous trouvons une deuxième fois le mot « réveillé ». Dieu avait réveillé aussi bien l’esprit de Cyrus (1:1) que celui de ceux qui étaient prêts à construire la maison de l’Éternel (1:5). Les conducteurs et les serviteurs de Dieu donnèrent le bon exemple. Le ch. 2 rapporte combien, parmi le peuple, les suivirent, et par-là suivirent l’appel de Dieu. Malheureusement il n’y en eut pas beaucoup.

Du temps du christianisme également, un appel du Saint Esprit a été plusieurs fois lancé pour amener les croyants à sortir des embrouilles des fausses doctrines. Il en est ainsi encore aujourd’hui : en principe tout chrétien est appelé à « sortir hors du camp, portant son opprobre » (Héb. 13:13). Comme nous l’avons vu, au temps de la fin les croyants sont invités encore une fois à sortir de Babylone. De tout temps Dieu appelle les Siens à quitter cet environnement pour vivre auprès de Lui et pour Lui.

Au v. 6 nous voyons comment a été exécutée la partie de la mission du roi Cyrus (1:4) qui ne concernait pas les Juifs qui revenaient, mais leurs voisins qui restaient. Il fut donné plus que ce qui était demandé, car ici les « choses précieuses » ne sont que mentionnées. La première fois où l’on trouve cette expression (en hébreu migdana), c’est lors de l’engagement de Rebecca comme épouse pour Isaac (Gen. 24:53 ; 2 Chr. 21:3 ; 32:23). Cela montre la valeur pour Dieu et pour Sa maison de ces objets qui ne sont pas désignés avec précision. Ici aussi il est de nouveau parlé de « tout ce qu’on offrit volontairement » (1:4 ; 2:68). Dieu ne force personne — ni ceux qui sont étrangers au Sauveur Jésus Christ pour qu’ils viennent à Lui, — ni les Siens pour faire quelque chose pour Lui ! Il cherche le cœur de l’homme, le dévouement et l’amour comme réaction à Son propre « don inexprimable » qu’Il nous a fait en Christ, Qui est la preuve la plus excellente de Son amour pour nous, les perdus.

 

2.2.2        Ch. 1:7

« Et le roi Cyrus fit sortir les ustensiles de la maison de l’Éternel, que Nebucadnetsar avait fait sortir de Jérusalem et qu’il avait mis dans la maison de son dieu »

 

Finalement on fit sortir sur ordre du roi Cyrus « les ustensiles (ou : vases, en hébreu keli) de la maison de l’Éternel ». Nebucadnetsar, roi de Babylone, les avait pillés lors de la première prise de Jérusalem en 605 avant J.C., et les avait mis « dans la maison de son dieu » à Babylone (2 Chr. 36:7 ; Dan. 1:2). Lors du deuxième siège de Jérusalem en 597 avant J.C. les objets pillés furent, par contre, détruits (2 Rois 24:13), et également une partie des objets pillés en 586 avant J.C. lors de la destruction de Jérusalem (2 Rois 25:13 et suiv.). Lors de son dernier festin, Belshatsar avait fait sortir de la maison du trésor à Babylone les vases du temple pour y boire de manière blasphématoire, lui et ses invités (Dan. 5:1-4). Ainsi ces vases qui devaient servir à l’honneur de Dieu, étaient devenus des objets de raillerie et d’idolâtrie !

Beaucoup de choses saintes ont été pareillement traînées dans la boue au cours de la chrétienté. Mais Dieu est jaloux de Son honneur et de Sa maison. Beaucoup de choses précieuses qui ont été dérobées ont été remises en lumière pour retrouver leur place dans le temple de Dieu.

L’absence d’article devant « ustensiles » indique qu’il ne s’agit pas de tous les ustensiles saints du temple. Les objets du sanctuaire, l’arche de l’alliance, l’autel d’or, la table des pains de proposition et le chandelier, qui parlent tous de la personne et de l’œuvre de Christ, ne sont pas mentionnés. Ces objets avaient vraisemblablement été détruits et ne sont plus mentionnés dans la suite. Manifestement ils furent en partie refabriqués plus tard (Luc 1:11). Il n’est plus jamais parlé de l’arche de l’alliance après l’exil (Jér. 3:16). Ainsi la gloire de l’Éternel qui siège entre les chérubins (sur le propitiatoire) n’est jamais revenue dans le temple rebâti. — Les ustensiles nommés au v. 7 étaient plutôt ceux destinés au service journalier qui avait lieu dans la maison de Dieu.

 

Nous trouvons en tout trois sources de dons :

●         Les habitants du lieu (v. 4 « les hommes du lieu » ; v. 6 « tous ceux qui les entouraient ») font penser aux croyants qui ont de la connaissance et de l’intelligence spirituelle. Ils ne sont pas eux-mêmes revenus, mais nous pouvons profiter de leurs services. Pensons simplement à beaucoup d’anciens cantiques spirituels, à des concordances et dictionnaires bibliques, et aussi à certains exposés particuliers. Par exemple, le sacrifice (non achevé) d’Isaac par Abraham était un type du sacrifice de Christ déjà connu au Moyen Âge, comme le prouvent d’anciennes Bibles illustrées.

●         Cyrus rendit « les ustensiles de la maison de l’Éternel » (v. 7-11) : Cela nous montre comment ont été redécouvertes des vérités bibliques que l’on avait laissées se perdre ou même utilisées de travers. Dans ces « ustensiles » ou ces « vases » on peut aussi voir des personnes qui ont été rendues capables de servir Dieu et le Seigneur Jésus (Actes 9:15 ; 2 Tim. 2:21).

●         Les « dons volontaires » des chefs des pères ne sont mentionnés qu’au ch. 2 v.68-69. Ils font penser à des dons de grâce que le Seigneur a accordés à ceux qui ont été délivrés de tutelles religieuses et sont revenus à la liberté de l’Esprit.

 

2.2.3        Ch. 1:8-11

« Et Cyrus, roi de Perse, les fit sortir par Mithredath, le trésorier, qui les compta à Sheshbatsar, prince de Juda. Et en voici le nombre : trente bassins (*) d’or, mille bassins (*) d’argent, vingt-neuf couteaux, trente coupes (2*) d’or, quatre cent dix coupes (2*) d’argent de second ordre, [et] mille autres ustensiles ; tous les ustensiles d’or et d’argent étaient [au nombre de] cinq mille quatre cents. Sheshbatsar apporta le tout lorsqu’on fit monter de Babylone à Jérusalem ceux de la transportation ».

 

(*) En hébreu agartal, un mot qui n’apparait qu’ici. Il s’agit peut-être de grandes cuvettes plates pour l’aspersion du sang ou pour la fine fleur de farine de l’offrande de gâteau (d’après la traduction anglaise de J. N. Darby).

(2*) En hébreu kefor : il s’agit peut-être d’une cuvette avec couvercle, qu’on ne retrouve qu’en 1 Chr. 28:17 et Esdras 8:27 (d’après la traduction anglaise de J. N. Darby).

 

On a ensuite l’énumération des objets du temple que Cyrus fit sortir sous la surveillance de Mithredath (en perse : « donné par Mithra, le dieu soleil »), le trésorier. « Sheshbatsar, prince de Juda » (voir 1:11 ; 5:14, 16) est appelé ailleurs Zorobabel, le fils de Shealthiel. Zorobabel est un nom hébreu, Sheshbatsar un nom chaldéen (*). Zorobabel signifie « un rejeton de Babylone », le nom de Sheshbatsar n’a pas de signification certaine. L’attribution d’un deuxième nom à Babylone se retrouve pour Daniel/Belteshatsar et ses amis (Dan. 1:7). L’expression « prince de Juda » signifie que Sheshbatsar était de la descendance royale de David (1 Chr. 3:15-19). C’est pourquoi aussi Zorobabel est mentionné dans la généalogie du Seigneur Jésus en Matt. 1:12.

 

(*) Beaucoup de commentateurs aujourd’hui voient dans Sheshbatsar et Zorobabel deux personnes différentes. Il s’agit cependant de deux noms de la même personne. Ce qui est dit de tous les deux s’accorde sur le fait qu’ils étaient de descendance royale, qu’ils ont fait partie du premier retour, et qu’ils étaient gouverneurs de Juda au temps du roi Darius, et qu’ils ont posé le fondement du temple (1 Chr. 3:15-19 ; Esdras 1:8, 11 ; 3:8-10 ; 5:14-16 ; Aggée 1:1 ; Zach. 4:9 ; Matt. 1:12).

 

Bien que le royaume de Juda ne fut pas rétabli, le roi de Perse établit Zorobabel / Sheshbatsar comme gouverneur sur le pays de Juda. Par cela le Saint Esprit donne une indication (même si elle est faible) du caractère royal du résidu de Son peuple. Le caractère sacerdotal est représenté par Joshua (2:2). Dès le commencement, Dieu a voulu voir ces deux traits de caractère dans Son peuple terrestre : « vous me serez un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte » (Exode 19:6). — Également sous cet angle, Israël est une figure de l’Assemblée de Dieu. Car tous ceux qui croient au Seigneur Jésus, connaissent Son amour, et savent qu’ils sont lavés de leurs péchés dans Son sang, et que Lui a fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour Son Dieu et Père (Apoc. 1:5-6, 1 Pierre 2:5, 9).

Le fait que les nombres de 30 bassins d’or, 1000 bassins d’argent, 29 couteaux, 30 coupes d’or, 410 coupes d’argent et 1000 autres ustensiles, ne concordent pas avec la somme de 5400 ustensiles d’or et d’argent, n’est pas une faute de calcul, mais plutôt une indication qu’un compte exact d’un à un n’a pas été fait. Il y a aussi la possibilité que la somme totale inclue les dons des Juifs restés à Babylone. Ces derniers se montèrent ainsi à 2901 objets précieux selon ce qu’il faut comprendre du v. 6 : « Et tous ceux qui les entouraient les aidèrent avec des objets d’argent, avec de l’or, avec des biens, et avec du bétail, et avec des choses précieuses, outre tout ce qu’on offrit volontairement »

« Sheshbatsar apporta le tout lorsqu’on fit monter de Babylone à Jérusalem ceux de la transportation ». Comme « prince de Juda », Sheshbatsar portait dès le début une grande responsabilité. Il apporta ces choses précieuses, et les fit monter avec ceux de la transportation qui revinrent à Jérusalem. La conduite spirituelle est juste et importante. Le chemin des Juifs revenant au lieu que Dieu avait choisi pour Lui et pour eux, était un chemin qui montait. Le chemin selon la volonté de Dieu et à Son honneur, est aussi aujourd’hui un chemin qui monte, un chemin de bénédiction pour nous.

 

3         Ch. 2 : Dénombrement de ceux qui sont revenus

Ce chapitre contient le dénombrement de tous ceux qui sont revenus de Babylone à Jérusalem. C’est un tout autre dénombrement que celui de 2 Samuel 24 et 1 Chroniques 21. C’était alors l’orgueil humain qui avait conduit David à vouloir connaître la grandeur de son peuple. Ici il s’agit d’établir ceux qui voulaient être fidèles à Dieu, comme le dénombrement dans la liste de salutations de Romains 16. Dieu prend aujourd’hui connaissance de tous les Siens qui désirent faire Son bon plaisir.

Les Juifs de l’époque qui se lancèrent dans selon ce chemin long et pénible (environ 1500 km), savaient que leur pays était ruiné, que la ville de Jérusalem était détruite et que le temple avait été rasé. Mais c’est là-bas et non pas en Chaldée, qu’était le pays de la promesse et le lieu que l’Éternel avait choisi pour y faire habiter Son nom. C’est là-bas et nulle part ailleurs qu’était leur place, le seul lieu pour tout le peuple de Dieu. Cette pensée les poussa à se mettre en chemin. C’est dans cette mesure que cette liste est un grand encouragement pour tout enfant de Dieu, grand ou petit, fort ou faible, alors qu’à première vue elle parait n’être qu’une liste sèche et desséchante. Encore aujourd’hui le Seigneur prend spécialement connaissance de ceux qui veulent se tenir au lieu où Il a promis Sa présence au milieu des deux ou trois rassemblés en Son nom. — Le grand nombre resté à Babylone nous reste inconnu.

Dans Néhémie 7 après l’achèvement de la construction de la muraille de Jérusalem, il est redonné une liste presque identique au « registre généalogique de ceux qui étaient monté au commencement ». La différence entre les deux s’explique essentiellement par le fait qu’en Esdras 2 il est manifestement donné la liste avant le voyage de retour, tandis qu’en Néhémie 7 est établie la liste après l’arrivée à Jérusalem.

Ceux qui remontèrent de captivité sont répartis en sept groupes. Outre les onze conducteurs, il y avait « les hommes du peuple d’Israël » (2:3-35), les sacrificateurs (2:36-39), les lévites (2:40), les chantres (2:41), les fils des portiers (2:42), les Nethiniens (2:43-54), les fils des serviteurs de Salomon (2:55-58).

 

3.1       Ch. 2:1-2

« Et voici ceux de la province qui remontèrent de la captivité de ceux qui avaient été transportés, lesquels Nebucadnetsar, roi de Babylone, avait transportés à Babylone, et qui retournèrent à Jérusalem et en Juda, chacun à sa ville, lesquels vinrent avec Zorobabel, Jéshua, Néhémie, Seraïa, Reélaïa, Mardochée, Bilshan, Mispar, Bigvaï, Rehum, [et] Baana.

Nombre des hommes du peuple d’Israël : »

 

Les Juifs se trouvaient à Babylone en captivité. Ils n’étaient pas libres. La pensée de rentrer à Jérusalem, d’y « remonter », donnait des ailes à leur cœur (1:3, 5, 11). Là-bas chaque famille avait sa propre place dans l’héritage que Dieu lui avait donné. Mais ce ne sont pas tous ceux de la transportation, et de loin, qui rentrèrent à Jérusalem et en Juda. C’est ce que montre le contenu de ce chapitre.

Ici maintenant onze conducteurs du résidu des Juifs sont nommés ; la plupart nous sont inconnus. Zorobabel a déjà été mentionné comme « prince de Juda » au ch. 1:8. Il était le chef. En second lieu il y avait Jéshua, fils de Jotsadak le grand sacrificateur (3:2). Dans les livres d’Aggée et de Zacharie il est nommé Joshua (Aggée 1:1 ; Zach. 3:1). Zorobabel et Jéshua étaient les deux responsables principaux, les représentants du caractère royal et sacerdotal du peuple de Dieu, comme déjà mentionné. Les autres hommes nommés ici ne nous sont pas connus. Néhémie nommé en troisième n’est pas le rédacteur du livre du même nom. Nous nous trouvons ici en l’an 536 avant J.C. ; Néhémie, fils de Hacalia, ne vint à Jérusalem qu’en 445 avant J.C., c’est-à-dire environ 90 ans plus tard. Également Mardochée n’est pas l’oncle d’Esther, car celui-ci vécut au temps du roi Perse Assuérus qui régna plus tard (485-464 avant J.C.).

Les conducteurs portaient une grande responsabilité (Juges 5:2 ; Héb. 13:7, 17). Ils étaient, par conséquent, l’objet spécial des attaques du diable comme le montre l’exemple du grand sacrificateur Jéshua/Joshua. En Zacharie 3 nous lisons comment Satan s’opposa à lui, en face de l’Ange de l’Éternel, parce qu’il portait des vêtements sales ; mais il fut revêtu de vêtements propres, et reçut l’assurance que Dieu le confesserait comme étant Sien s’il marchait dans Ses voies.

Le dénombrement qui suit maintenant se répartit en 7 sections. Chacune comporte la description d’un groupe de Juifs spécifique.

Le dénombrement commence par les paroles « Nombre des hommes du peuple d’Israël ». Bien qu’il ne revînt qu’un résidu relativement petit par rapport aux centaines de milliers de ceux des deux tribus, il n’est pourtant pas dit « Nombre des hommes qui revinrent », mais « Nombre des hommes du peuple d’Israël ». Bien qu’il ne s’agît que de descendants des deux tribus Juda et Benjamin, le regard de l’écrivain inspiré ne se limite pas à cette partie du peuple d’Israël scindée déjà depuis longtemps. Le regard est dirigé sur tout le peuple de Dieu, bien qu’il ne se soit encore jamais trouvé au complet dans le pays de Canaan. Lors de l’entrée dans le pays de Canaan, deux tribus et demie étaient restées de l’autre côté du Jourdain (à l’Est). Malgré tout, Josué dressa douze pierres sur la rive Ouest du fleuve, dans le pays de Canaan, parce qu’il avait devant les yeux le peuple dans son entier.

Il doit en être de même aujourd’hui. Quand les rachetés du Seigneur Jésus rompent le pain à Sa table, ils peuvent voir dans le seul pain l’unité du corps de Christ auquel tous les sauvés appartiennent, indépendamment de là où ils se trouvent. Nous ne devons pas avoir devant les yeux seulement ceux avec lesquels nous nous rassemblons, mais tous les membres du corps de Christ. « Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du corps de Christ ? Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons tous à un seul et même pain » (1 Cor. 10:16, 17). Tenir ferme à ce point est l’une des caractéristiques des croyants qui se rassemblent au nom du Seigneur. Il n’y a pas plusieurs « corps » sur la terre, mais le seul corps, le corps de Christ.

 

3.2       Ch. 2:3-19 — Les noms des familles (15509 personnes)

Les pères ou ancêtres des 17 familles ou parentés qui sont dénombrées ici, sont pour la plupart inconnus. Dix de ces noms de familles apparaissent au dernier chapitre lors de l’énumération des Israélites qui avaient conclu des mariages mixtes avec des femmes d’autres peuples et qui s’en sont purifiés (10:25-43).

 

3.3       Ch. 2:20-35 — Les habitants de certains lieux (8635 personnes)

Ici il s’agit de 22 lieux situés dans les environs plus ou moins proches de Jérusalem. Le nombre total des membres des familles et des habitants des villes et des villages qui étaient remontés (2:3-35) se monte à 24144 personnes. Là-dedans ne sont comptés que les hommes, comme cela ressort de la désignation « fils » et « hommes ».

 

3.4       Ch. 2:36-39 — Les noms des sacrificateurs (4289 personnes)

Avec 4289 personnes, la sacrificature était bien représentée. Le service sacerdotal était extrêmement important pour Israël, mais c’est aussi une caractéristique spéciale de ceux qui dans le temps actuel croient au Seigneur Jésus (voir Héb. 13:15 ; 1 Pierre 2:5 ; Apoc. 1:5, 6). Dans le Nouveau Testament tous les enfants de Dieu sont considérés comme sacrificateurs. Sur la base de l’œuvre de propitiation de Christ accomplie, ils peuvent entrer en pleine liberté dans le sanctuaire (le lieu de la présence de Dieu) à travers le voile déchiré. Leur tâche prééminente est l’adoration. Le grand nombre de sacrificateurs doit avoir été un encouragement pour le résidu de retour.

 

3.5       Ch. 2:40-42 — Les noms des Lévites (341 personnes)

En contraste avec les sacrificateurs, les Lévites (auxquels appartenaient les chantres et les portiers) n’étaient que très faiblement représentés : seulement 341 personnes en tout. Leurs tâches dans le temple avaient considérablement changé par rapport au service dans la tente d’assignation (comp. Nomb. 3 à 4 et 1 Chr. 25 à 26). Les différentes activités de chantres qui louaient Dieu et de portiers qui devaient veiller sur la maison de Dieu, n’existèrent que depuis le temps où David changea les tâches des lévites.

Le lévite Asaph, un des pères de tous les chantres était un descendant de Guershom, fils de Lévi (1 Chr. 6:24-28). Dans la traversée du désert, les Guershonites avaient la tâche de porter les couvertures et les rideaux de la tente d’assignation (Nomb. 3:21-26). Mais dans les dispositions prises pour la construction du temple par David, leurs tâches furent changées (1 Chr. 23:26). Déjà auparavant, en accord avec les lévites, David avait introduit dans le culte de Dieu le service du chant avec accompagnement (1 Chr. 6:16 et suiv ; 15:16, 17). Mais Asaph était aussi un compositeur inspiré de psaumes ; il a laissé en tout douze psaumes dans la Parole de Dieu (Ps. 50 et 73 à 83).

Les portiers étaient aussi des lévites auxquels David avait attribué de nouvelles tâches pour le service dans le temple (1 Chr. 23:5). Shallum nommé ici en premier était leur préposé (1 Chr. 9:17 et suiv.). Ils devaient veiller sur la sainteté de la maison de Dieu. Parmi eux les fils de Coré prirent une place importante. Eux aussi furent des compositeurs inspirés de psaumes (Ps. 42 ; 44 à 49 ; 84, 85, 87, 88).

Les Lévites correspondent, dans le temps actuel, aux serviteurs avec leurs différents dons ; le Seigneur glorifié les a donnés à Son Assemblée (Rom. 12:4-8 ; 1 Cor. 12 ; Éph. 4:11-16). Même si aujourd’hui, en principe, tous les rachetés sont appelés au service du Seigneur Jésus et des Siens, tous n’ont cependant pas les mêmes tâches, tout comme les lévites d’autrefois. Ces tâches qui nous ont été confiées doivent être exercées fidèlement à l’intérieur de l’assemblée, à la gloire du Seigneur et pour la bénédiction de nos frères et sœurs. À cela se rajoute aujourd’hui le service de l’évangile, qu’Israël ne connaissait pas. Ensuite le but essentiel du service dans l’assemblée de Dieu est de « présenter tout homme parfait en Christ » selon ce que Paul dit de sa tâche en Colossiens 1:28. Cela est déjà exprimé dans les paroles de Dieu lors de l’appel initial des lévites : « tu donneras les Lévites à Aaron et à ses fils ; ils lui sont absolument donnés d’entre les fils d’Israël » (Nomb. 3:9). En Aaron le souverain sacrificateur, nous voyons une image de notre Seigneur, — et dans ses fils les sacrificateurs, une image des croyants qui adorent. Il s’ensuit que le fond important d’un vrai service chrétien est la glorification de notre Seigneur et l’exigence d’adoration par Ses rachetés.

Malheureusement les Lévites n’étaient pas, et de loin, aussi nombreux que les sacrificateurs. Ce fait ne contient-il pas un avertissement pour nous aujourd’hui à ne pas nous dérober au service pour notre cher Seigneur et pour les Siens, mais de courber nos cous avec joie et persévérance sous le service du Seigneur (Néh. 3:5) ?

 

3.6       Ch. 2:43-54 — Les noms des Nethiniens

Le nom Nethinien signifie « Donné ». Ces hommes étaient donnés à Dieu pour le service. À l’origine ils n’appartenaient pas à Israël, mais furent épargnés du jugement de Dieu sur les ennemis d’Israël. Plusieurs voient en eux les Gabaonites (Josué 9:21, 27), d’autres y voient « les étrangers qui étaient dans le pays d’Israël », que David affecta à la taille des pierres pour la construction du temple (1 Chr. 22:2). En Esdras 8:20 il est mentionné que David et les princes avaient donné les Nethiniens au service des lévites. Les Nethiniens sont donc à considérer comme des aides des lévites, comme des serviteurs de serviteurs. Les lévites étaient affectés par Dieu à leur service (Nomb. 18:6), mais ils n’est rien dit de semblable au sujet des Nethiniens. De la même manière pour les tâches les plus simples, et peut-être celles qui sont très peu estimées dans l’assemblée, le Seigneur a besoin de tels Nethiniens dans le temps présent. Chacun devrait être prêt à faire ces tâches. Pensons déjà aux services souvent méconnus, comme l’hospitalité à l’égard des visiteurs, les soins du local de réunion, et tout ce qui va avec.

 

3.7       Ch. 2:55-58 — Les fils des serviteurs de Salomon

Le fait que « les fils des serviteurs de Salomon » soient décomptés au v. 58 avec les Nethiniens montre qu’eux aussi étaient serviteurs pour des activités simples. Il est remarquable qu’on trouve parmi eux des noms féminins comme Sophéreth, Pokéreth-Hatsebaïm. Le premier signifie « scribe » au féminin et le second « chasseuse de gazelle ». Parmi les fils des serviteurs de Salomon, il pouvait y avoir des descendants des Cananéens que Salomon avait assujettis aux levées pour servir (1 Rois 9:20, 21).

Bien que ni les Nethiniens, ni les fils des serviteurs de Salomon n’appartenaient au peuple de Dieu, ils étaient quand même allés en captivité avec eux, et quelques-uns d’entre eux rentraient maintenant avec le résidu. Comme Ruth la Moabite, ils se sentaient appartenir au peuple de Dieu (Ruth 1:16, 17). Ayant appris une fois la grâce de Dieu, elle ne voulut plus la laisser. Et Dieu confirme Sa grâce en la reconnaissant intégralement, au point même de l’incorporer dans l’arbre généalogique de David et de Christ (Ruth 4:21, 22 ; Matt. 1:5) !

Le nombre total des Nethiniens et des fils des serviteurs de Salomon se monte à 392.

 

3.8       Ch. 2:59-63 — Des Juifs sans registre généalogique

Maintenant suivent les noms de quelques familles du peuple et de sacrificateurs dont la généalogie n’était pas du tout clarifiée.

 

3.8.1        Ch. 2:59-60

« Et voici ceux qui montèrent de Thel-Mélakh, de Thel-Harsha, de Kerub-Addan, d’Immer ; mais ils ne purent pas montrer leurs maisons de pères et leur descendance, s’ils étaient d’Israël : les fils de Delaïa, les fils de Tobija, les fils de Nekoda, six cent cinquante-deux ».

 

Dans ce groupe sont d’abord nommés les descendants des hommes Delaïa, Tobija et Nekoda qui provenaient de différents lieux ou régions babyloniens, aujourd’hui inconnus. Ceux-là « ne purent pas montrer leurs maisons de pères et leur descendance » et ne savaient donc pas s’ils étaient d’Israël. Il s’agissait en tout de 652 personnes.

 

3.8.2        Ch. 2:61-62

« Et des fils des sacrificateurs, les fils de Hobaïa, les fils d’Hakkots, les fils de Barzillaï, qui prit une femme d’entre les filles de Barzillaï, le Galaadite, et fut appelé de leur nom. Ceux-ci cherchèrent leur inscription généalogique, mais elle ne se trouva pas ; et ils furent exclus, comme profanes, de la sacrificature ».

 

Parmi ceux qui ne purent pas prouver leur origine, il y avait même des fils de sacrificateurs. Nous ne connaissons cependant pas leur nombre. Dans un cas la raison de l’incertitude est donnée : il y avait eu une confusion. Barzillaï était un homme fidèle et riche de Roguelim en Galaad à l’Est du Jourdain, qui avait accueilli David dans sa fuite devant Absalom [2 Sam. 17:27]. Ses filles avaient épousé un sacrificateur qui avait pris le nom de leur père.

Après le retour à Jérusalem et à la maison de Dieu, les incertitudes et confusions existantes n’étaient plus supportées. Combien de désordres spirituels règnent aujourd’hui dans la chrétienté ! Combien sont nombreux les baptisés et ceux qui prennent part à la Cène sans être nés de nouveau et sans connaître consciemment le pardon des péchés ! Beaucoup d’enfants de Dieu se trouvent dans de tels milieux chrétiens où confusion et désordre se sont introduits.

Le « registre généalogique » était le témoignage sans ambiguïté que l’on appartenait au peuple de Dieu. C’est une image de la pleine certitude de la foi au Seigneur Jésus et à Son œuvre. Savoir qu’on est né de nouveau, né de Dieu, est d’une importance critique (2:62 ; Jean 1:12 ; 3:3, 5) ! C’est encore plus le cas pour le service de sacrificateur. Ceux qui prétendaient appartenir à la famille sacerdotale sans pouvoir présenter l’état de leur registre généalogique, devaient être « exclus comme profanes de la sacrificature ». Pour pouvoir exercer le service en pratique, ils devaient naturellement être purs (Lév. 21:1 à 22:9), mais ce n’est pas le point traité ici. Ici il ne s’agit que d’établir l’appartenance à la famille sacerdotale.

En faisant l’application pour nous aujourd’hui, il n’y a pas de différence entre ceux qui sont « d’Israël » et ceux qui sont « sacrificateurs » (2:59-61). Tous ceux qui croient au Seigneur Jésus sont sauvés et faits sacrificateurs : « À celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ; — et il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ; — à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » (Apoc. 1:5, 6). Les hautes exigences à l’égard des sacrificateurs valent aujourd’hui pour tous les croyants. Celui qui n’a pas la certitude du salut ne peut avoir aucune liberté pour entrer dans le sanctuaire (Héb. 10:19) ! Car cette entrée repose sur la connaissance de l’œuvre de Christ. Ceux qui croient en Lui, Il les a rendus capables d’entrer dans le sanctuaire grâce à l’offrande de Son corps accomplie une fois pour toutes, et Il leur a aussi frayé par Son sang le chemin jusque dans le lieu très-saint (Héb. 10:10-22). C’est le seul fondement pour le service sacerdotal par lequel « nous offrons, par Lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13:15). Celui qui ne remplit pas ces conditions, ne peut pas, aujourd’hui, servir devant Dieu comme sacrificateur. Cela concerne spécialement la participation à la fraction du pain. Il ne peut y avoir à cet égard aucune incertitude ni aucun manque de clarté.

 

3.8.3        Ch. 2:63

« Et le Thirshatha leur dit qu’ils ne devaient point manger des choses très-saintes, jusqu’à ce que fût suscité un sacrificateur avec les urim et les thummin ».

 

L’interdiction est prononcée non pas par le grand sacrificateur Jéshua, mais par Zorobabel / Sheshbatsar qui est désigné ici par le titre perse de gouverneur « Thirshatha » (Néh. 8:9). Il avait la plus haute autorité administrative. Ceux qui ne pouvaient pas prouver leur descendance sacerdotale, ne devaient pas manger des choses très-saintes. La question était de savoir qui pouvait recevoir la part des sacrifices qui revenait aux sacrificateurs (Lév. 6:7-23).

Du point de vue de leur nombre et des moyens à leur disposition, les Juifs donnaient une image de faiblesse. Cependant ils ne se laissèrent pas décourager par cela. Ils n’avaient pas non plus le sentiment que dans ces circonstances, il n’était pas nécessaire de suivre avec exactitude les prescriptions de l’Éternel. Au contraire nous ne voyons chez eux aucune négligence, mais beaucoup de soins. Cela nous donne un enseignement important. Nous sommes entourés de beaucoup de croyants qui ont reçu un enseignement déficient ou faux. C’est justement pour cela qu’il est important de tenir ferme aux enseignements de la Parole de Dieu, et de ne pas permettre des restrictions à leur validité. Dans un temps de faiblesse, il s’avère qu’il y a une vraie force spirituelle dans le suivi précis de la Parole de Dieu. Cela peut paraître trop strict pour bien des chrétiens aujourd’hui. Mais il ne faut pas prendre l’obéissance à la Sainte Parole de Dieu pour de la dureté humaine.

Pour les Juifs du temps de Zorobabel il y avait espoir si « un sacrificateur était suscité avec les urim et les thummin ». Ces oracles secrets (« lumière et perfection ») servaient à juger et à discerner (Ex. 28:30 ; Nomb. 27:21 ; Deut. 33:8 ; 1 Sam. 28:6). Il n’y en avait plus eu depuis la captivité à Babylone. Mais si un sacrificateur qui en disposait était suscité, il pourrait donner un jugement définitif. Pour nous, ce sera le cas avec certitude seulement à la venue de Christ, qui, comme roi et sacrificateur, mettra fin à toute faiblesse et toute confusion et comblera toutes les déficiences.

Ainsi aujourd’hui certains peuvent trouver dur de ne pas laisser accéder, sans autre, à la fraction du pain tous ceux qui se disent enfants de Dieu. Mais si le cœur de quelqu’un est réellement droit devant Dieu — et rien ne Lui est caché — aujourd’hui aussi Lui manifestera tôt ou tard Son jugement. Autrefois Il le faisait par le moyen de sacrificateurs suscités le cas échéant avec les urim et les thummin. À l’époque, comme aujourd’hui, les mêmes conditions sont en vigueur, c’est-à-dire pouvoir présenter son propre registre généalogique et correspondre aux prescriptions de la Parole de Dieu sur la pureté personnelle.

 

3.9       En résumé — 2:64-67

3.9.1        Ch. 2:64-67

« Toute la congrégation réunie était de 42360 personnes, sans compter leurs serviteurs et leurs servantes ; ceux-ci étaient au nombre de 7337 ; et parmi eux, il y avait 200 chanteurs et chanteuses. Ils avaient 736 chevaux, 245 mulets, 435 chameaux, et 6720 ânes ».

 

Pour terminer, le nombre global mentionné est celui de ceux qui se levèrent pour retourner en Juda et à Jérusalem. Le mot utilisé ici pour « assemblée » (en hébreu qahal ; JND traduit en français « congrégation »), n’est pas simplement l’expression pour un nombre déterminé de gens, mais c’est le nom pour la totalité du peuple de Dieu. La première fois qu’on le trouve avec cette signification de « toute l’assemblée de la congrégation d’Israël » [JND en français : toute la congrégation de l’assemblée d’Israël], c’est lors de la Pâque en Égypte, la fête de la rédemption (Ex. 12:6 ; JND : « … toute la congrégation de l’assemblée d’Israël l’égorgera… » ). Une autre occurrence très significative de ce mot est au grand jour des propitiations où le grand sacrificateur faisait « propitiation pour lui et pour sa maison et pour toute l’assemblée [JND : la congrégation] d’Israël » (Lév. 16:17). Dieu et les Juifs voyaient ce petit nombre de personnes comme « l’assemblée d’Israël » [ou : la congrégation]. Elle ne l’était pas littéralement : ceux qui étaient restés à Babylone n’en faisaient-ils pas partie ? Mais ce petit groupe de Juifs fidèles, obéissants et dévoués représentait le peuple tout entier. Chacun était appelé par Dieu par le moyen du roi Cyrus, cependant la plupart restèrent en arrière. Ils ne sont pas nommés une seule fois ici, bien que, dans l’absolu, ils fussent la majorité. Les 42360 qui sont revenus formaient « l’assemblée d’Israël » [ou : la congrégation], ce qui sera encore confirmé d’une manière frappante, et qui touche le cœur, dans le dernier verset de ce chapitre (« tout Israël »).

Il ne faut pas confondre les « chanteurs » du v. 65 avec ceux du v. 41 qui appartenaient aux lévites. Leur origine est obscure. Ils n’appartenaient certainement pas au peuple Juif, pas plus que les « serviteurs et servantes » nommés dans le même verset ; sinon ils auraient fait partie de « toute l’assemblée [JND : congrégation] » du v. 64. Peut-être représentaient-ils un résidu du monde, duquel les Juifs ne pouvaient pas se séparer ? Nous ne savons pas.

De tous les groupes énumérés ici, nous pouvons apprendre quelque chose. Les différents domaines de service ou de travail de la maison de Dieu doivent donner à tout croyant aujourd’hui une indication sur le genre de service auquel il ou elle est appelé(e). Chacun n’est pas capable et n’est pas appelé de la même manière pour tout service. Nous devons être toujours conscient de ce fait, et ne pas aspirer à exercer dans l’assemblée une activité à laquelle nous ne sommes pas appelés. Paul nous présente cela en 1 Corinthiens 12:14-31, quand il compare les différentes parties de notre corps avec les membres du corps de Christ et leurs fonctions. Les frères et sœurs moins capables ne doivent pas se sentir mis de côté, et les frères et sœurs plus capables ne doivent pas mépriser les moins doués. Dieu a attribué à chacun sa place dans l’assemblée. Cependant nous pouvons aspirer à des dons de grâce plus grands, — sur le chemin de l’amour, comme le présente le ch. 13 de 1 Corinthiens !

La leçon la plus importante de cette section est celle-ci : Dieu prend une connaissance précise de chaque fidèle. Cela doit toucher nos cœurs de voir avec quels soins tous ceux qui sont revenus sont inscrits. Et aussi les circonstances dans lesquelles ils se trouvaient, c’est-à-dire leurs possessions, comme leur bétail, ne restent pas ignorées. Dieu n’enlève rien de ce qui nous concerne. Il a même compté les cheveux de notre tête (Matt. 10:30).

 

3.9.2        Les données chiffrées en Esdras 2 et Néhémie 7

Le nombre total de ceux qui sont revenus est le même en Esdras et Néhémie, soit 42360 personnes (Esdras 2:64 ; Néh. 7:66). Pourtant les sommes des groupes individuels de ceux qui sont revenus ne concordent ni entre eux ni avec le nombre total : en Esdras on trouve 29818 personnes et en Néhémie 31089.

Les données de chiffres contradictoires sont souvent qualifiées à la légère comme des fautes de copistes de listes identiques en gros et au total en Esdras et Néhémie. Cependant ceci est à écarter déjà simplement à cause de la précision avec laquelle ces deux hommes ont rempli leur mission. Et avant tout ces séries de nombres font aussi partie de la Parole inspirée de Dieu. Une raison plus valable pour les différences pourrait provenir de ce qu’Esdras a fait avant le départ une liste de ceux qui s’étaient fait inscrire comme volontaires pour faire le voyage, tandis que Néhémie aurait inscrit ceux qui sont réellement arrivés en Juda. Des raisons pour les nombres plus faibles en Néhémie (pour les fils d’Arakh, de Zatthu ; les hommes de Béthel et Aï ; les fils de Magbisch, de Lod, Hadid et Ono ; les portiers, les fils de Delaïa, Tobija et Nekoda) sont peut-être des cas de gens morts ou tombés malades en voyage, ou des gens qui ont renoncé à faire le voyage. Inversement les chiffres plus élevés chez d’autres familles peuvent être dus à des gens qui se sont décidés de partir à la dernière minute ou qui ont rejoints les autres en cours de route, ou qui sont nés durant ce voyage qui durait au moins quatre mois (1500 km). Il faut aussi compter la possibilité que la question importante du registre généalogique (Esdras 2:59, 62) n’était pas claire pour quelques-uns. Enfin il est possible qu’il y ait encore d’autres causes pour les différences de nombres qui ne nous soient plus connues aujourd’hui.

 

3.10  Arrivée de dons supplémentaires volontaires — 2:68,69

« Et des chefs des pères, quand ils arrivèrent à la maison de l’Éternel qui est à Jérusalem, donnèrent volontairement pour la maison de Dieu, pour la relever sur son emplacement ; ils donnèrent au trésor de l’œuvre, selon leur pouvoir, soixante et un mille dariques d’or, et cinq mille mines d’argent, et cent tuniques de sacrificateurs ».

 

Au v. 1 nous avons vu que les Juifs « retournèrent à Jérusalem et en Juda, chacun à sa ville ». Une fois arrivés, ils ne cherchèrent pas premièrement leur ancien lieu d’habitation, mais « la maison de l’Éternel à Jérusalem ». Quelle passion et quel désir pour Dieu et pour Son habitation doivent avoir rempli leurs cœurs et les avoir poussés à se rendre d’abord dans ce lieu ! C’était le même désir qui animait les fils de Coré quand ils ont composé le Psaume 42 : « Comme le cerf brame après les courants d’eau, ainsi mon âme crie après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraîtrai-je devant Dieu ? ». On retrouve de pareils sentiments exprimés au début des Psaumes 63 et 84.

Il ne restait plus rien de « la maison de l’Éternel à Jérusalem ! » Nous parlons facilement aujourd’hui du premier temple, du second temple, mais dans la Parole de Dieu il n’est question que de « la Maison » ou « le Temple ». Et il n’y avait et il n’y a que ce lieu sur la terre où Salomon bâtit le temple qui sera de nouveau érigé au même endroit durant le règne de mille ans. De la même manière il n’y a dans le temps actuel qu’une seule Assemblée, qu’un seul corps de Christ et qu’un seul lieu de rassemblement au nom du Seigneur. Il ne venait à l’idée d’aucun Juif d’ériger le temple ou l’autel sur un autre emplacement, pouvant paraître plus approprié. Quelle différence avec ce que l’on voit aujourd’hui dans la chrétienté avec ses nombreux groupes différents !

L’enseignement du point de vue des types ne se rapporte pas, bien entendu, au conseil de Dieu, mais à la responsabilité de l’homme et à son comportement. L’Assemblée selon les conseils de Dieu ne peut pas être détruite, car « les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle » (Matt. 16:18). Mais sous la responsabilité de l’homme, cet édifice spirituel également nommé le « temple de Dieu », peut être complètement corrompu, comme c’était le cas ici (1 Cor. 3:17). Et c’est pourtant le même temple, seulement considéré sous des points de vue différents.

Le dévouement à Dieu et à Sa maison sur la terre, le désir de la reconstruire et d’y servir le Seigneur comme Il le voulait, poussa « des chefs des pères » à donner volontairement « pour la maison de Dieu ». Ils donnèrent de grandes sommes, à savoir 61000 dariques en or, 5000 mines d’argent et cent tuniques pour les sacrificateurs. Cela faisait environ 14500 kg d’or et 2800 kg d’argent, un montant énorme !

C’est la troisième communication sur la franche volonté qui animait ce réveil, et le caractérisait d’une certaine manière. Au ch. 1 v.4 et 6 nous avons vu les dons des habitants des lieux d’où le résidu partait. Au ch. 1 v.7, Cyrus fit apporter les objets du temple qui avaient été pillés. Ici ce sont les conducteurs du résidu qui ont manifestement été profondément touchés, mais seulement au vu de l’état désolant dans lequel se trouvaient la ville de Dieu et sa maison ; et ils ont été si touchés qu’ils ont fait don volontairement de grandes sommes pour la construction de la maison de Dieu et pour que le service puisse s’y exercer de manière digne. Même si une partie des sacrificateurs dut être exclue du service à cause des carences et des faiblesses (2:61-63), cela n’amena pas les conducteurs à avoir peu d’estime pour ce service ou à le rendre méprisable. Non, ils donnèrent des vêtements nécessaires au service sacerdotal, lesquels étaient « pour gloire et pour ornement » (Ex. 28:2, 40). — Si le service de tous les croyants aujourd’hui est également faible et imparfait, nous ne devons cependant jamais le mépriser, mais tout faire ce qui est en notre pouvoir pour qu’il soit exercé d’une manière qui soit à l’honneur de Dieu.

 

3.11  Tout Israël dans leurs villes — 2:70

« Et les sacrificateurs et les lévites, et ceux du peuple, et les chantres, et les portiers, et les Nethiniens, habitèrent dans leurs villes : tout Israël se trouva dans ses villes ».

 

La phrase de conclusion englobe tout ce qui a été décrit d’une manière incomparable. Le Saint Esprit a inspiré à l’écrivain les mots pour résumer ce réveil. Le gouverneur qui avait fait monter les Juifs à Jérusalem n’est pas nommé en premier, mais les « sacrificateurs » qui pourtant ne composaient qu’une petite partie de ceux qui étaient revenus. Cependant ce sont eux et les « lévites » mentionnés à la suite qui donnaient leur caractère à l’ensemble. Ces derniers sont bien les lévites proprement dit, ceux qui aidaient au service de Dieu.

Les Juifs « du peuple » — du peuple de Dieu — n’étaient venus que dans un seul but, celui de reconstruire le temple sur son ancien emplacement et d’y servir Dieu. Comme nous le savons, le service ne pouvait être exercé que par les sacrificateurs et ceux qui les aidaient, les lévites. « Les chantres, les portiers et les Nethiniens » ne sont mentionnés qu’après « ceux du peuple ». Eux aussi avaient leur place et leur tâche.

Entre le début du v. 68 et le v. 70, il doit s’être passé quelque temps. Après que ceux de retour aient en tout premier cherché « la maison de l’Éternel », nous voyons qu’entre-temps ils ont cherché leur ville d’origine, et s’y sont installés. Ils « habitèrent dans leurs villes ». Ce n’est que plusieurs années plus tard que le prophète appelé de la part de Dieu, Aggée, a dû se plaindre : « Est-ce le temps d’habiter dans vos maisons lambrissées, tandis que cette maison est dévastée ? » (Aggée 1:4). Maintenant il en était manifestement autrement. La maison de Dieu était leur préoccupation première avant leurs maisons personnelles. — Qu’en est-il parmi nous ? Qu’est-ce qu’un prophète comme Aggée pourrait ou devrait dire de notre engagement ? Quel modèle nous donne au contraire notre Sauveur et Seigneur qui pouvait dire de Lui-même : « Le zèle de ta maison m’a dévoré » (Ps. 69:9 ; Jean 2:17) !

Les dernières paroles du verset contiennent une déclaration remarquable : « Tout Israël se trouva dans ses villes ». Bien qu’il n’y eût qu’un petit nombre de Juifs des deux tribus qui se trouvaient maintenant dans le pays, ceux-ci sont qualifiés par Dieu de « tout Israël » ! Et qu’en était-il de la grande masse du peuple restée à Babylone ? Pour eux s’applique Osée 1:9 : « Lo-Ammi » – « pas mon peuple ». Ils étaient originaires du peuple de Dieu (et ils le sont encore aujourd’hui), mais ils ne l’étaient pas selon la foi. Ce n’est que quand Israël reconnaitra, dans la repentance et avec foi, le Seigneur Jésus comme son Messie au début du règne de mille ans et qu’il L’appellera « mon Dieu », que le « Lo-Ammi » (pas mon peuple) deviendra « Ammi » (mon peuple) (Osée 2:20-25 ; comp. Zach. 13:9). Aux Juifs de la dispersion, devenus croyants au Seigneur Jésus, Pierre pouvait déjà écrire : « … vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu » (1 Pierre 2:10). Pour le résidu revenu de Babylone, le jugement divin « Lo-Ammi » n’était pas effectif, bien que ce soit de ce résidu que s’est développé au temps du Seigneur Jésus le Judaïsme qui a refusé d’une manière générale le Seigneur Jésus comme Sauveur et le refuse jusqu’à aujourd’hui.

Si nous nous réunissons aujourd’hui comme assemblée, nous savons que nous ne sommes qu’une petite partie de l’Assemblée de Dieu sur la terre. Mais exactement de la même manière dont Dieu reconnaissait comme « tout Israël » le résidu qui avait devant ses yeux le peuple tout entier, nous avons aussi le droit aujourd’hui de parler de « l’Assemblée », même si nous savons qu’elle n’est qu’une partie du tout que Dieu a toujours devant les yeux. Le petit résidu de 42360 personnes est désigné par le Saint Esprit comme « tout Israël ». Eux seuls se trouvaient au bon endroit, à la bonne place, c’est-à-dire là où l’Éternel les avait conduits autrefois à la sortie d’Égypte, dans le pays de Canaan, et où Il voulait faire habiter Son nom et où Il voulait être adoré dans le temple à Jérusalem. Ils étaient tout à fait conscients de ce qu’ils étaient les représentants de tout le peuple, comme leurs sacrifices du ch. 6 v.17 (sacrifice pour le péché) et du ch. 8 v.35 (holocauste) étaient pour « tout Israël » !

 

 

4         Ch. 3 : Reconstruction de l’Autel et du Temple

Par leur retour de Babylone, les Juifs revenus étaient séparés du monde, y compris du monde religieux, mais leur unité ne s’exprimait qu’à Jérusalem. Il ne pouvait pas en être autrement. Ce n’est qu’au lieu où Dieu désire voir les Siens rassemblés, que leur unité est visible. C’était le cas à l’époque, et il n’en est pas autrement aujourd’hui. L’unité de l’assemblée, le corps de Christ, est certes un fait immuable, mais le côté pratique, l’unité de l’Esprit, doit être gardé dans [par] le lien de la paix (Éph. 4:3). Pour cela un effort spirituel est nécessaire.

C’est ce que nous voyons chez le résidu Juif qui se rassembla « comme un seul homme » devant Dieu et les hommes à Jérusalem. Dans le Nouveau Testament aussi, nous sommes souvent exhortés à être d’un même sentiment (Rom. 12:16 ; 15:5, 6 ; 1 Cor. 1:10 ; 2 Cor. 13:11 ; Phil. 2:2 ; 4:2 ; 1 Thess. 5:13).

 

4.1       Construction de l’autel, et sacrifice — 3:1-6

4.1.1        Ch. 3:1

« Et quand arriva le septième mois, les fils d’Israël étant dans leurs villes, le peuple s’assembla comme un seul homme à Jérusalem ».

 

Le « septième mois » (Ethanim ou Tishri) était à l’origine (comme encore aujourd’hui pour les Juifs) le premier mois de l’année (*). Au cours de ce mois avaient lieu les trois dernières fêtes de l’Éternel : la fête des trompettes, le grand jour des propitiations et la fête des tabernacles. Du point de vue des types, ces fêtes dirigent les regards vers la restauration spirituelle future du peuple d’Israël. Le premier jour, il y avait la fête des trompettes (Lév. 23:24), qui est la figure prophétique du signal d’un recommencement de vie d’Israël et de son retour dans sa terre comme croyants. Cette fête n’est cependant pas mentionnée ici, pas plus que le grand jour des propitiations, qui est une figure de la réconciliation complète du peuple avec son Dieu (Lév. 23:26-32). La seule fête mentionnée ici est la fête des tabernacles. C’est un type du règne millénaire et de l’achèvement de toutes les voies de Dieu avec Son peuple terrestre Israël (3:4).

 

(*) Cependant il est précisé que la fête de Pâques était un nouveau « commencement des mois, … le premier des mois de l’année » (Ex. 12:2). C’était le mois d’Abib ou Nisan (Mars / Avril).

 

Cette fête durait du quinzième au vingt-et-unième jour du septième mois. C’est au cours de ce mois qu’eut lieu la dédicace du temple de Salomon, justement en relation avec la fête des tabernacles (2 Chr. 5:3 ; 7:8-10). Cependant la fête des tabernacles est ici au commencement de la construction du temple, tandis qu’au temps de Salomon elle fut à la fin. Selon les pensées de Dieu, il n’y a qu’un temple, comme nous l’avons vu en Esdras 2:68. C’est ce qui est mis en avant par la mention du septième mois.

Il est d’abord mentionné encore une fois que « les fils d’Israël étant dans leurs villes » (voir 2:70). Pourtant il ne s’agissait que d’un petit résidu ! Mais ils se trouvaient de nouveau dans le pays de la promesse, c’est-à-dire là où Dieu voulait bénir Son peuple s’il Lui obéissait. C’est pourquoi ce résidu, malgré sa petitesse, est appelé ici « les fils d’Israël », comme la vraie représentation de tout le peuple de Dieu.

« Et quand arriva le septième mois, … le peuple s’assembla comme un seul homme à Jérusalem ». C’était un nouveau commencement solennel, mais en même temps joyeux et spirituel. Le v. 6 nous apprend que ceci eut lieu dès le premier jour du septième mois. L’unanimité du peuple s’exprima dans cette circonstance. Au v. 9 ce sont les conducteurs qui se tinrent prêts « comme un seul homme » pour surveiller le début de la construction du temple, et au ch. 6 v.20 on retrouve la même chose pour les sacrificateurs et les lévites lors de la dédicace du temple. Ici ceux qui se rassemblent sont tout le peuple, c’est-à-dire l’ensemble du résidu, et ils se rassemblent à Jérusalem. L’expression « à Jérusalem » montrent le but auquel ils aspiraient unanimement.

« Jérusalem » était le lieu que l’Éternel avait choisi pour y faire habiter Son nom (Deut. 12:5 ; 1 Rois 11:36 ; Ps. 78:68 ; 87:2). C’était la seule raison du retour du résidu, qui est ici considéré par Dieu comme le représentant de tout le peuple. Aujourd’hui aussi, il y a un seul lieu où les chrétiens croyants peuvent se rassembler selon l’Écriture : « là où deux ou trois sont assemblés en Mon Nom, je suis là au milieu d’eux » (Matt. 18:20). Cela implique la reconnaissance sans restriction, en doctrine et dans la marche, de Sa personne et de Sa Parole comme autorité absolue, mais cela implique aussi (comme ici chez les Juifs) la séparation complète du monde, et en même temps la reconnaissance et la représentation visible du fait que tous les croyants appartiennent au seul corps de Christ (bien que cette vérité ne fût pas encore connue dans l’Ancien Testament). Une des activités les plus importantes dans ce cadre est l’adoration en esprit et en vérité que le Père cherche de notre part (Jean 4:23, 24). Cela trouve son expression en figure dans l’autel de l’holocauste.

Extérieurement il n’y avait rien d’attirant au lieu où le peuple se rassemblait « comme un seul homme ». La ville était détruite, et le temple rasé. Plus de 50 ans s’étaient passés depuis que le dernier sacrifice avait été offert à Dieu. Cependant le résidu chercha le lieu que l’Éternel avait choisi, où l’autel et le temple avaient été érigés selon Sa volonté et où ils pouvaient être de nouveau érigés. — Ainsi le lieu de rassemblement des chrétiens au nom du Seigneur Jésus n’a rien d’attirant pour l’intelligence et les sentiments de l’homme. Il lui apparait ennuyeux de voir les croyants se rassembler dans le calme et la simplicité. Or ce que l’homme naturel et la chair (y compris celle des croyants) ne peuvent pas voir, c’est la présence promise du Seigneur Jésus ! Il est le seul point d’attrait pour tous les croyants et les âmes fidèles.

 

4.1.2        Ch. 3:2

« Et Jéshua, fils de Jotsadak, et ses frères les sacrificateurs, et Zorobabel fils de Shealthiel, et ses frères, se levèrent et bâtirent l’autel du Dieu d’Israël, pour y offrir des holocaustes, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse, homme de Dieu ».

 

« Jéshua, le fils de Jotsadak », était le grand sacrificateur de la maison d’Aaron et « Zorobabel, fils de Shealthiel » (*), le prince de la maison de David. Les deux ensemble trouvent leur correspondance parfaite dans le Seigneur Jésus, sacrificateur et roi (Héb. 7:1-3). Les deux conducteurs du peuple se placent maintenant à la tête de leurs « frères » respectifs, c’est-à-dire de leur famille. Chaque serviteur a comme premier champ d’activité sa propre famille, aussi bien du point de vue naturel que du point de vue spirituel.

 

(*) Le fait que Zorobabel soit nommé ici fils de Shealthiel, alors qu’il est nommé fils de Pedaïa en 1 Chr. 3:19, peut s’expliquer par un mariage de lévirat de Pedaïa avec la veuve de Shealthiel, ou de la veuve de Pedaïa avec Shealthiel.

 

Leur premier souhait était de bâtir « l’autel du Dieu d’Israël pour y offrir des holocaustes ». La relation du peuple avec Dieu est premièrement mise en avant. Cela est déjà esquissé avec Abraham partant dans le pays de Canaan suite à la promesse de Dieu. Abraham n’a possédé un autel ni à Ur ni à Charan ; mais dès qu’il fut arrivé dans le pays de la promesse, nous lisons qu’il bâtit un autel à Dieu, l’Éternel. Sur son chemin vers l’Égypte, il n’y a de nouveau plus d’autel, mais dès son retour il revient à l’autel qu’il avait bâti auparavant, et y invoque le nom de l’Éternel (Gen. 12:7 ; 13:4). La vraie adoration est en liaison avec les lieux célestes (Éph. 1:3, 20 ; 2:6 ; 3:10). Le type de cela dans l’Ancien Testament est le pays de Canaan.

Tous les autres autels étaient consacrés à des idoles, ou bien ils étaient issus du désir de servir Dieu d’une manière humaine, à son idée propre. Ce fut le cas, par exemple, quand les deux tribus et demie bâtirent de l’autre côté du Jourdain « un autel de grande apparence » (Josué 22:10) afin d’empêcher que se crée une éventuelle distanciation ou aliénation entre eux et la partie du peuple d’Israël qui se trouvait dans le pays de Canaan. Cet autel, manifestement très impressionnant, était un autel humain qui n’aurait pas été nécessaire si les Israélites avaient pris leur place dans le pays de Canaan. C’est pourquoi l’expression « autel du Dieu d’Israël » est si importante. Ce n’était ni un autel humain, ni l’autel des Juifs, ni celui du résidu revenu et de leur Dieu, mais c’était l’autel de Dieu à qui tout Israël croyait. — De même que ces quelques Juifs ne représentaient que bien peu de chose, de même aujourd’hui les croyants qui se réunissent au nom du Seigneur Jésus ne peuvent pas se croire au-dessus des autres. Ils ne font que ce que le Seigneur a chargé tous les Siens de faire.

L’autel était le lieu de rencontre du peuple avec Dieu, bien sûr sur la base du sacrifice de propitiation. C’est pour cela qu’est mentionné le fait qu’il était là pour des holocaustes. Aucun des autres sacrifices (sacrifice de prospérité, sacrifice pour le péché et pour le délit, offrande de gâteau) n’est mentionné ici, ni dans les versets suivants. L’holocauste était le signe de la parfaite acceptation du pécheur devant Dieu, sur la base de l’œuvre parfaite de Christ à la croix se donnant Lui-même (Éph. 1:6, 7 ; 5:2). En même temps, quand l’holocauste était offert volontairement, il était la plus belle figure de l’adoration en esprit et en vérité (Jean 4). Les Juifs ne pouvaient pas (encore) le comprendre, mais ils savaient quand même que l’holocauste était l’offrande la plus élevée, et qu’il était offert tout entier à l’Éternel en odeur agréable, ni celui qui offrait ni le sacrificateur n’en recueillant aucune part.

Dans l’Ancien Testament, ce n’est pas par hasard que l’autel est appelé « table du Seigneur » (Mal. 1:7, 12, voir 1 Cor. 10:21). La table est une image de la communion. La table du Seigneur était à l’époque, comme elle l’est aujourd’hui, le lieu de la communion avec Dieu ; mais c’est aussi le lieu de l’adoration comme le montre le sacrifice offert dessus.

Aujourd’hui bien des chrétiens sont enthousiasmés par « Praise and Worship », ces mots signifiant « louange » et « adoration ». Mais ce qui s’exprime pratiquement avec le jeu des instruments de musique, est davantage orienté vers l’excitation de sentiments humains que vers la glorification de Dieu. Le Père cherche pourtant « l’adoration en esprit et en vérité » (Jean 4:23, 24). La vraie adoration est plus que des remerciements et de la louange, bien que nous y soyons aussi appelés (Col. 1:10 ; Héb. 13:15). Dieu, notre Père, cherche aujourd’hui de l’adoration qui corresponde à Sa nature (« Dieu est esprit ») et à Sa révélation (« en vérité ») dans le temps présent. Le retour à des formes de l’Ancien Testament est déplacé, et encore plus l’utilisation de musique mondaine, voire influencée par des démons avec des rythmes galvanisants.

Après la mention de l’emplacement et du caractère de l’autel, il est donné maintenant la base sur laquelle il est de nouveau érigé : « … selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse, homme de Dieu ». Au commencement de l’histoire du peuple d’Israël, Moïse a été le premier à recevoir les pensées de Dieu au sujet de Son habitation, et il les a retransmises au peuple. Il est le premier que l’Écriture qualifie d’« homme de Dieu », un titre qui implique d’un côté le dévouement à Dieu, et d’un autre côté la reconnaissance par Dieu de cet homme (Deut. 33:1 ; Ps. 90:1). Moïse était un modèle pour le résidu, et la Parole de Dieu était le fondement de son activité.

Le suivi strict de la Parole de Dieu par amour et par dévouement pour Lui est aussi la norme unique pour nous. Il ne fut rien bâti de nouveau, rien ne fut modernisé, mais on s’en tint aux prescriptions de Dieu. La plupart de ceux du résidu n’avaient jamais vu l’autel d’autrefois. Ils n’avaient jamais vu comment on offrait un holocauste. Mais ils possédaient la loi de Moïse, homme de Dieu, et cela leur suffisait. S’ils s’en tenaient à la Parole de Dieu, ils pouvaient aussi, dans ce temps de faiblesse extérieure, servir Dieu d’une manière qui Lui soit agréable.

Il en a été ainsi pour le réveil d’il y a environ 200 ans : les frères ont commencé par la fraction du pain et l’adoration, avant de mettre ensuite en pratique les pensées de Dieu au sujet de Sa maison, l’Assemblée. L’adoration est la tâche prééminente du chrétien. C’est la seule activité dont nous savons qu’elle se poursuivra dans l’éternité — mais alors ce sera sans faiblesse ni imperfection (Jude 25 ; Apoc. 5:14).

 

4.1.3        Ch. 3:3

« Et ils établirent l’autel sur son emplacement ; car la terreur des peuples de ces contrées était sur eux (*) ; et ils offrirent dessus des holocaustes à l’Éternel, les holocaustes du matin et du soir ».

 

(*) note Bibliquest : le texte allemand précise nettement qu’il s’agit de la peur inspirée par les peuples du pays aux Juifs du résidu.

 

La première action commune mentionnée maintenant est le fait de dresser l’autel des holocaustes « sur son emplacement ». Les Juifs devaient vraisemblablement chercher cet emplacement sous les décombres. Il ne leur serait pas venu à l’idée de chercher une autre place que celle ordonnée autrefois par Dieu au roi David : « Et David dit : C’est ici la maison de l’Éternel Dieu, et c’est ici l’autel pour l’holocauste d’Israël » (1 Chr. 22:1). C’est justement cet emplacement que les Juifs cherchèrent et trouvèrent malgré toutes les décombres.

Combien est importante, aujourd’hui encore, cette pensée que l’autel de l’adoration se dresse au bon emplacement, et non pas là où des considérations humaines le voudraient bien. L’autel de l’holocauste est une image de la table du Seigneur (Mal. 1:7). Il est impossible qu’elle soit dressée « à Babylone », où il n’existe aucune liberté spirituelle ; mais même dans le pays de « Canaan », elle ne doit pas être n’importe où, mais seulement là où le Seigneur Jésus Lui-même a promis Sa présence au milieu des deux ou trois (Matt. 18:20). Là où sont reconnus Son autorité absolue et le vrai caractère de Son assemblée, du seul corps, et où il y a la conscience de notre parfaite acceptation devant Dieu, c’est là qu’est aussi « l’emplacement de l’autel », là où la vraie adoration en esprit et en vérité peut être offerte. Si Christ est tout et en tout pour nous, nous n’aurons aucun problème à reconnaître cette place précieuse dans l’humilité et l’obéissance, et à nous y engager.

De telles pensées vont-elles trop loin pour l’un ou l’autre de nos lecteurs ? Nous devrions, avec tout le sérieux possible, nous poser la question de ce que nous cherchons réellement comme service de Dieu, comme culte. Est-ce le culte de la Bible ou un service imaginé par nous et avec nos propres forces ? La Parole de Dieu ne nous montre pas le bon chemin seulement, elle condamne tout service divin issu de la propre volonté (Col. 2:23, la « dévotion volontaire »).

Il y a au moins deux exemples dans l’Ancien Testament qui montrent par des images ce qu’il ne faut pas faire, ce qui ne doit pas se passer. L’un c’est l’« autel de grande apparence », de l’autre côté du Jourdain, que nous avons déjà vu. L’autre exemple est celui du roi Achaz : il avait vu à Damas un autel d’idoles qui lui avait tellement plu, qu’il avait fait installer le même à Jérusalem. Quant à l’autel de Dieu, il est dit : « Et quant à l’autel d’airain qui était devant l’Éternel, il le fit avancer de devant la maison, d’entre son autel et la maison de l’Éternel, et le mit à côté de son autel, vers le nord » (2 Rois 16:14). Dans ce cas, l’autel de Dieu fut déplacé de son emplacement pour le mettre ailleurs. Une leçon solennelle pour nous aujourd’hui, quand on met de côté, à la légère, les principes de la Parole de Dieu et que, pour calmer sa conscience, on dit comme Achaz : « L’autel d’airain sera pour moi, afin d’y consulter » (ou « pour réfléchir à ce que je dois en faire ») (2 Rois 16:15). Par ruse et par habileté, d’un côté on fait sa propre volonté, et d’un autre côté, on calme les âmes mal à l’aise en disant que ça aurait pu tourner plus mal …

Les hommes du résidu obéissaient à la Parole de Dieu sans ajouter de « si » ni de « mais ». Pourtant ils étaient des hommes faibles qui avaient peur des peuples des pays. Eux-mêmes n’étaient qu’un tout petit groupe, et la terreur que les peuples de ces contrées leur inspirait était bien compréhensible ; ces peuples étaient soit des gens du pays de Canaan soit des gens qui y avaient été transplantés à partir d’autres pays. Nous allons voir bientôt que ce sentiment était bien fondé (ch. 4).

Cependant nous voyons ici leur confiance en Dieu. Le verset ne peut être correctement compris que de la manière suivante : les Juifs ont dressé l’autel sur son emplacement malgré leur peur des ennemis, et ont commencé tout de suite à y offrir dessus des holocaustes à l’Éternel. Ils ne profitèrent d’aucune mesure de protection humaine, mais ils se réfugièrent simplement en Dieu en dressant Son autel sur le bon emplacement et en Lui apportant leur adoration. Au lieu de se faire du souci, ils préférèrent reconnaitre Dieu et Le louer. C’était leur meilleure protection ! Nous apprenons la même chose des fils de Coré quand ils chantent dans le Psaume 46 : « Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver. C’est pourquoi nous ne craindrons point, quand la terre serait transportée de sa place, et que les montagnes seraient remuées et jetées au cœur des mers ; quand les eaux mugiraient, et qu’elles écumeraient, et que les montagnes seraient ébranlées à cause de son emportement. Sélah. Il y a un fleuve dont les ruisseaux réjouissent la ville de Dieu, le saint lieu des demeures du Très-haut. Dieu est au milieu d’elle ; elle ne sera pas ébranlée Dieu la secourra au lever du matin » (Ps. 46:1-5).

Dans la deuxième moitié du verset, il est précisé de quel holocauste il s’agissait : « les holocaustes du matin et du soir », décrits en détail en Exode 29. Peu après la consécration des sacrificateurs à leur service, Dieu avait commandé que, chaque matin et chaque soir, un agneau âgé d’un an soit offert en holocauste « en odeur agréable à l’Éternel ». Ce sacrifice continuel formait le fondement pour que la tente d’assignation et la sacrificature soient sanctifiées par la présence de Dieu. À la fin de cette ordonnance, il est dit : « Et j’habiterai au milieu des fils d’Israël, et je leur serai Dieu ; et ils sauront que moi, l’Éternel, je suis leur Dieu, qui les ai fait sortir du pays d’Égypte, pour habiter au milieu d’eux. Je suis l’Éternel, leur Dieu » (Exode 29:45, 46).

Les deux agneaux de l’holocauste journalier représentent en type la valeur infinie et éternelle de la propitiation par l’œuvre que Christ a accomplie, et la satisfaction de Dieu à l’égard de Son peuple basée sur cette œuvre. Quand Il considère Ses rachetés, Il les voit toujours dans la nuée de la merveilleuse bonne odeur qu’exhale pour Lui l’œuvre de rédemption de Son Fils bien-aimé, l’Agneau immolé — œuvre accomplie une fois pour toute, mais dont l’efficacité demeure éternellement. Il nous voit comme « rendus agréables dans le Bien-aimé » [Éph. 1:6], Son Fils, dont Il a toujours l’œuvre précieuse devant les yeux. Voilà l’enseignement de l’holocauste du matin et du soir. Si la troupe du résidu se voyait confrontée avec d’éventuels opposants, ils pouvaient avoir confiance et se laisser encourager par le fait que Dieu était au milieu d’eux (Josué 3:10 ; Ps. 46:5).

 

4.1.4        Ch. 3:4

« Et ils firent la fête des tabernacles selon ce qui est écrit, et les holocaustes, jour par jour, selon leur nombre, selon l’ordonnance, le service de chaque jour en son jour ».

 

Ni la fête des trompettes, qui avait lieu le premier jour du septième mois, ni le jour des propitiations au dixième jour, ne sont mentionnés ici. Du fait que pour la fête des tabernacles qui commençait au quinzième jour du mois et durait sept jours, tout se passa « selon ce qui est écrit », il est certain que les deux autres fêtes eurent également lieu. Cependant ici le Saint Esprit les omet pour mettre l’accent sur la fête des tabernacles. Durant cette fête, outre l’holocauste continuel, il devait être offert en holocauste chaque jour plusieurs taureaux (en nombre décroissant), des béliers et des agneaux, mais aussi un bouc en sacrifice pour le péché (Nomb. 29:12-38). Ici seuls sont mentionnés les holocaustes offerts « jour par jour, selon leur nombre, selon l’ordonnance, le service de chaque jour en son jour ». Malgré sa faiblesse, le résidu s’en tenait à la Parole de Dieu. C’est justement ce qui était sa force !

Du point de vue des types, la fête des tabernacles est à la fin de toutes les voies de Dieu avec Israël. C’est une figure de la joie du règne millénaire, quand Christ régnera comme roi sur Son peuple et sur tout l’univers. Le rassemblement final et la réconciliation d’Israël sont encore à venir, cependant le résidu en avait déjà alors la jouissance comme d’un petit avant-goût. Le fait qu’ici soient mentionnés seulement les nombreux holocaustes, nous indique la profonde confiance que les Juifs mettaient en leur Dieu. Par ces sacrifices ils pouvaient se considérer comme « agréés devant l’Éternel » (Lév. 1:3, 4). Quand ils posaient leurs mains sur la tête de la victime du sacrifice, ils s’identifiaient avec celle-ci dans son caractère agréable devant Dieu, cela leur donnait une paix qu’aucun ennemi ne pouvait leur dérober. — Dans cette même conscience, tous les rachetés peuvent aujourd’hui s’approcher de Dieu parce qu’ils savent qu’ils sont « rendus agréables dans le Bien-aimé ; en qui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce : laquelle il a fait abonder envers nous … » (Éph. 1:6, 7). À Lui soient adoration et louange éternellement !

 

4.1.5        Ch. 3:5

« et après cela l’holocauste continuel, et celui des nouvelles lunes et de tous les jours solennels de l’Éternel qui étaient sanctifiés, et les holocaustes de tous ceux qui offraient une offrande volontaire à l’Éternel »

 

« L’holocauste continuel » était l’holocauste du matin et du soir déjà mentionné au v. 3 (Exode 29:42). La mention répétée n’est pas une pure répétition, mais elle montre clairement que l’offrande ne découlait pas seulement d’une exaltation de courte durée, mais qu’elle était une effusion qui se poursuivait dans la durée. — Le Seigneur voudrait aussi opérer chez nous de façon que nous ne connaissions pas seulement des temps courts d’enthousiasme. Il voudrait nous trouver constamment occupés de Son œuvre précieuse à la croix. Il ne veut pas non plus que nous soyons des « chrétiens du dimanche », qui ne nous occupions de Lui que de temps à autre. Il cherche chez nous l’adoration personnelle journalière. C’est ce qui ferait aussi que, dans la journée dominicale, notre adoration collective du Père en esprit et en vérité soit plus fraiche et plus vivante !

L’holocauste « de la nouvelle lune » était offert à chaque début de mois (Nomb. 28:9-15). Les mois de l’année israélite commençaient à la nouvelle lune, c’est-à-dire quand la lune n’est plus visible ; ensuite elle recommence à croître jusqu’à la pleine lune. Ce sacrifice offert au commencement du mois parle du désir de croissance spirituelle et d’intelligence croissante des pensées de Dieu. La croissance spirituelle est un processus normal que nous ne pouvons pas raccourcir artificiellement. La pure accumulation de connaissances sur la Parole de Dieu, n’équivaut pas à de la croissance spirituelle. Aussi importante que soit la connaissance de la Parole de Dieu, — et elle fait de plus en plus défaut aujourd’hui — elle est facilement l’occasion de s’enfler s’il n’y a pas la mise en pratique à chaque pas de ce que l’on a retenu et compris (1 Cor. 8:1-3). C’est pourquoi nous avons aussi besoin de patience vis-à-vis des croyants qui ne sont pas aussi avancés spirituellement.

L’holocauste « de tous les jours solennels de l’Éternel » correspond aux trois fêtes du septième mois déjà mentionnées, et il parle en type du retour spirituel et de la restauration du peuple d’Israël, mais après cela il y a aussi la Pâque, la fête des pains sans levain, la gerbe des prémices et la fête des semaines. Ces quatre fêtes qui viennent d’être nommées, qui sont proprement au début, rappellent à Israël la sortie d’Égypte et l’entrée dans le pays de Canaan. En type elles décrivent l’œuvre de rédemption de Christ et la naissance de l’assemblée de Dieu (Pentecôte, Actes 2). Le terme « fête » (héb. mo’ed) signifie proprement « un jour déterminé pour s’approcher de Dieu ». Ces occasions de fêtes sont en outre « sanctifiées », c’est-à-dire qu’elles sont des temps dans lesquels on a conscience, de manière particulière, de la sainte présence de Dieu. — Les grands faits que Dieu a accomplis par son Fils sont de manière constante et vivante dans le cœur des Siens. Il veut qu’ils s’en rappellent toujours de façon nouvelle.

Finalement il est mentionné « et les holocaustes de tous ceux qui offraient une offrande volontaire à l’Éternel ». Tous les holocaustes énumérés précédemment devaient être offerts régulièrement aux moments prescrits par Dieu. Ils parlent en soi de l’œuvre de rédemption de Christ et du souvenir que l’on en a. Mais les holocaustes « de tous ceux qui offraient une offrande volontaire à l’Éternel » émanaient d’initiatives personnelles, du désir d’apporter à Dieu un holocauste (Lév. 1). En type nous voyons dans ces sacrifices le résultat d’une occupation personnelle de la Personne et de l’œuvre du Seigneur à la croix. C’est pourquoi nous trouvons aussi dans ces sacrifices des étapes qui reflètent différents degrés de la croissance des croyants. Cependant que ce fût un taureau, un animal du menu bétail ou une colombe, dans tous les cas on faisait fumer entièrement l’animal offert en holocauste, et il était « un sacrifice par feu de bonne odeur à l’Éternel ». — Pareillement aujourd’hui, ce qui joue le rôle essentiel dans l’adoration n’est pas les différents stades de connaissance spirituelle, mais le désir de présenter au Père le Seigneur Jésus et Son œuvre, dans la conscience d’être parfaitement agréé en Lui. Voilà l’unique fondement de l’odeur agréable pour tous les sacrifices.

 

4.1.6        Ch. 3:6

« Depuis le premier jour du septième mois ils commencèrent à offrir des holocaustes à l’Éternel ; mais les fondements du temple de l’Éternel n’étaient pas encore posés ».

 

Quand le septième mois s’approcha, les Juifs se rassemblèrent comme un seul homme à Jérusalem, pour rebâtir l’autel sur son ancien emplacement. Les holocaustes décrits au v. 3 à 5 furent donc offerts dès le premier jour de ce mois, comme ce verset le montre. Il n’est rien dit de tous les autres sacrifices qui étaient prescrits. L’holocauste est tout seul au centre. Il nous montre Christ dans Son parfait dévouement à la croix pour le bon plaisir de Dieu le Père (Éph. 5:2 ; 1 Pierre 2:5b). Quelle image merveilleuse donnent ces quelques Juifs rentrés au lieu que Dieu avait choisi pour Lui ! Leur seul désir était de Lui donner l’honneur et l’adoration dont Il est digne, et dont Il avait été si longtemps privé. À Babylone il n’y avait pas cet autel.

« Mais les fondements du temple de l’Éternel n’étaient pas encore posés ». Quand la place pour bâtir le temple fut montrée par Dieu à David, il dit : ‘C’est ici la maison de l’Éternel Dieu, et c’est ici l’autel pour l’holocauste d’Israël’ » (1 Chr. 22:1). Il plaçait la maison de Dieu avant l’autel, tandis que le résidu revenu mit la place de communion avec Dieu avant la place d’habitation. Cependant ce lieu d’habitation ne se fit pas attendre longtemps. Dès la deuxième partie de ce ch. 3 commence la construction du temple, et on en a la description jusqu’à la dédicace au ch. 6.

Nous nous rappelons que, du point de vue des types, nous avons ici devant nous la mise en pratique de la vie de foi. Le temple selon les conseils de Dieu, ne peut pas être détruit. Ce ne sont pas non plus les hommes qui s’occupent de le bâtir, mais c’est Lui-même et Christ, le Fils de Dieu (Matt. 16:18 ; Éph. 2:20, 21 ; 1 Pierre 2:5). Mais la construction de ce temple est aussi à considérer du point de vue de la responsabilité humaine. Sous cet aspect il peut être construit avec de bons ou de mauvais matériaux. Le temple peut même être corrompu (1 Cor. 3:12-17). Il y a donc une construction faite dans la conscience de la responsabilité : « que chacun considère comment il édifie dessus » (1 Cor. 3:10). C’est ce point de vue que nous avons ici devant nous.

 

4.2       Commencement de la construction du temple — 3:7-9

4.2.1        Ch. 3:7

« Et ils donnèrent de l’argent aux tailleurs de pierres et aux charpentiers, et des vivres et des boissons et de l’huile aux Sidoniens et aux Tyriens, pour amener du Liban des bois de cèdre à la mer de Japho (ou Joppé), suivant l’autorisation qu’ils avaient de Cyrus, roi de Perse ».

 

Le commencement de la construction du temple a eu lieu après que l’autel ait été dressé sur son emplacement : ce fut la deuxième activité importante du résidu des Juifs revenus. Certes, il manquait l’arche de l’alliance, et avec elle la présence de Dieu en gloire, symbolisée par la nuée (Exode 40 ; 1 Rois 8:10, 11), mais la maison était et restait la maison de l’Éternel, le Dieu d’Israël.

Au v. 7 commencent les préparatifs pour la reconstruction du temple, la maison de Dieu. Il fut bâti sans doute comme l’autel sur son emplacement, le lieu que l’Éternel avait choisi pour y faire habiter Son nom (Deut. 12 ; 1 Chr. 21:26 ; 22:1). Il fallait d’abord se procurer les matériaux. Les pierres pouvaient être trouvées dans le voisinage immédiat comme des fouilles l’ont montré. Mais pour le bois de cèdre, il fallut faire venir des ouvriers de Sidon et de Tyr, comme ceux qui avaient déjà aidé Salomon. Le bois fut abattu dans la montagne du Liban, et transporté par bateaux sur la Méditerranée vers Japho (qui est aujourd’hui Jaffa). On fournit suffisamment de vivres à ces hommes. Ici, il ne s’agissait pas d’aides ni de contributions volontaires de la part de leurs concitoyens, mais il s’agissait de recourir aux hommes venant d’autres peuples. — De même que ces hommes furent rémunérés et alimentés selon l’ordonnance, aujourd’hui aussi il va de soi que tout service de gens du monde doit être payé de bon cœur et promptement — ne serait-ce qu’en raison du témoignage pour notre Seigneur.

Comme au début du livre d’Esdras, nous voyons la dépendance de ceux du petit résidu vis-à-vis de la puissance terrestre mondaine de Cyrus, malgré leur désir de répondre à la volonté de Dieu

 

4.2.2        Ch. 3:8

« Et la seconde année de leur arrivée à la maison de Dieu à Jérusalem, au second mois, Zorobabel, fils de Shealthiel, et Jéshua, fils de Jotsadak, et le reste de leurs frères, les sacrificateurs et les lévites, et tous ceux qui étaient venus de la captivité à Jérusalem, commencèrent ; et ils établirent les lévites, depuis l’âge de vingt ans et au-dessus, pour surveiller l’œuvre de la maison de l’Éternel ».

 

Les préparatifs nécessitèrent plusieurs mois. Ce n’est qu’au « deuxième mois » de l’année suivante, c’est-à-dire plus de six mois après qu’ils soient « venus à la maison de Dieu à Jérusalem » et qu’ils aient dressé l’autel, qu’ils purent alors organiser sur place les travaux nécessaires à la construction du temple.

Qu’y avait-il à voir de cette « maison de Dieu à Jérusalem » ? Rien du tout. Tout n’était que décombres et cendres. Malgré cela il n’est pas question des ruines de la maison, mais la Parole parle ici quand même de la « maison de Dieu ». Comme on l’a déjà remarqué plusieurs fois, cette expression met en relief l’importance de ce lieu, indépendamment de son état du moment. Comme à l’époque aucun autre lieu géographique ne fut envisagé pour « la maison de Dieu », pareillement aujourd’hui il n’y a pas d’autre possibilité de se rassembler selon l’Écriture, sinon au nom de notre Seigneur Jésus, c’est-à-dire en plein accord avec Sa volonté et Sa personne. Voilà aujourd’hui notre lieu de rassemblement.

Ici aussi, ce sont « Zorobabel, fils de Shealthiel, et Jéshua fils de Jotsadak » qui prennent la direction des affaires. Ils s’avèrent être de véritables conducteurs, des « modèles du troupeau » (1 Pierre 5:2, 3). Ils ne se placent pas au-dessus du peuple, mais ils considèrent les sacrificateurs et les lévites comme « le reste de leurs frères ». C’est un beau trait de caractère et d’humilité chez ces deux hommes si haut placés.

Mais le reste du peuple ne se tint pas en arrière. « Tous ceux qui étaient venus de la captivité à Jérusalem » répondirent à l’appel et se joignirent aux conducteurs et serviteurs de Dieu. Avec une grande unanimité, ils « établirent les lévites, depuis l’âge de vingt ans et au-dessus, pour surveiller l’œuvre de la maison de l’Éternel ». C’était une construction sainte où il y avait beaucoup de choses auxquelles il fallait faire attention. C’était « la maison de l’Éternel » et c’est pour cela qu’aucun laïc ne surveillait, mais seulement « des sacrificateurs et des lévites ». L’intelligence sacerdotale était alors nécessaire, et elle l’est encore aujourd’hui pour la construction de la maison de Dieu.

Selon le ch. 2 il y avait 4289 sacrificateurs. Certains d’entre eux, il est vrai, étaient exclus du service, parce qu’ils ne purent pas trouver l’état de leur registre généalogique. Par contre il n’y avait que 74 lévites présents. Dans le nombre total de 341 personnes, il y a les 128 chanteurs et 139 portiers. Lors de la sortie d’Égypte, la proportion entre sacrificateurs et lévites était complètement différente. Quelle était la cause de ce petit nombre de lévites revenus de Babylone ? Leur service était-il moins estimé que celui des sacrificateurs ? C’est bien à cause de ce petit nombre qu’« ils établirent les lévites, depuis l’âge de vingt ans et au-dessus, pour surveiller l’œuvre de la maison de l’Éternel ».

À l’origine (Nomb. 4:3, 22, 30) les lévites étaient enrôlés pour le service à partir de l’âge de 30 ans. Leur travail se poursuivait jusqu’à l’âge de 50 ans. Selon Nomb. 8:24, ils entraient cependant déjà à 25 ans dans le service. À cet âge ils commençaient une sorte d’instruction, de sorte qu’à 30 ans ils avaient acquis la maturité spirituelle requise pour le service, outre leurs capacités personnelles. Le temps de probation spirituelle est aussi important aujourd’hui pour tout service dans l’œuvre du Seigneur. Les diacres (« serviteurs ») dans le Nouveau Testament correspondent aux lévites. L’apôtre Paul écrit à Timothée à leur sujet : «que ceux-ci aussi soient premièrement mis à l’épreuve ; ensuite qu’ils servent, étant trouvés irréprochables » (1 Tim. 3:10 ; comparer Phil. 2:22).

Quand dans ses dernières paroles, David abaissa à 20 ans l’âge d’entrée dans le service pour les lévites pour le service du temple, il donna une explication compréhensible : « L’Éternel, le Dieu d’Israël, a donné du repos à son peuple, et il demeurera à Jérusalem pour toujours ; et les lévites aussi n’auront plus à porter le tabernacle, ni tous les ustensiles pour son service » (1 Chr. 23:25, 26). Dans le pays de Canaan, où Dieu voulait accorder du repos à Son peuple, le service était moins dur qu’auparavant dans le désert. C’est pourquoi les lévites pouvaient commencer plus jeunes. Malgré la situation difficile du peuple au temps de Zorobabel, le nombre restreint de lévites était une raison essentielle pour maintenir à 20 ans l’âge minimum d’entrée dans le service, bien que la tâche de « surveiller l’œuvre de la maison de l’Éternel » comportât une haute responsabilité.

 

4.2.3        Ch. 3:9

« Alors Jéshua et ses fils et ses frères, Kadmiel et ses fils, les fils de Juda, se tinrent là comme un seul homme pour surveiller ceux qui faisaient l’ouvrage dans la maison de Dieu, et aussi les fils de Hénadad, leurs fils et leurs frères, les lévites ».

 

Les lévites passent maintenant au premier plan. Jéshua et Kadmiel, déjà nommés en 2:40, sont en tête « pour surveiller ceux qui faisaient l’ouvrage dans la maison de Dieu ». Les « fils de Hénadad » se joignent à eux ; ils réapparaitront plus tard pour la construction de la muraille (Néh. 3:18, 24). Nous retrouvons ici pour la deuxième fois l’unité d’esprit qui est une condition si importante pour le succès de toute œuvre pour le Seigneur (3:1). Ici tous étaient animés du désir de relever l’habitation de Dieu au milieu de Son peuple afin qu’Il puisse de nouveau être honoré et adoré selon Sa volonté (même si, du point de vue historique, la gloire de Dieu n’est jamais revenue dans le lieu très saint ; cela n’aura lieu que dans le règne millénaire ; voir Éz. 9:3 ; 10:3, 19 ; 11:23 ; 43:1-4). L’unité de cœur et d’esprit provenait de ce que tous n’avaient qu’un seul et même but devant les yeux, et qu’ils se mettaient à l’œuvre avec le même zèle.

En même temps les paroles « pour surveiller ceux qui faisaient l’ouvrage dans la maison de Dieu » rappellent le fait déjà effleuré qui nous est présenté en 1 Corinthiens 3:9-17 :

 

« Car nous sommes collaborateurs de Dieu ; vous êtes le labourage de Dieu, l’édifice de Dieu. Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, comme un sage architecte, j’ai posé le fondement, et un autre édifie dessus ; mais que chacun considère comment il édifie dessus. Car personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ. Or si quelqu’un édifie sur ce fondement de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’ouvrage de chacun sera rendu manifeste, car le jour le fera connaître, parce qu’il est révélé en feu ; et quel est l’ouvrage de chacun, le feu l’éprouvera. Si l’ouvrage de quelqu’un qu’il aura édifié dessus demeure, il recevra une récompense ; si l’ouvrage de quelqu’un vient à être consumé, il en éprouvera une perte, mais lui-même, il sera sauvé, toutefois comme à travers le feu. Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint, et tels vous êtes » (1 Corinthiens 3:9-17).

 

Ici nous voyons l’Assemblée de Dieu et sa construction sur la terre, confiées à des ouvriers humains et à leur responsabilité. Le fondement est établi par le Seigneur Jésus Lui-même comme Il l’a annoncé en Matt. 16:18 : « sur ce roc je bâtirai mon assemblée ». Dans la ville de Corinthe, l’apôtre Paul a posé le fondement pour l’assemblée locale comme un sage architecte au moyen de l’annonce de l’évangile. Ce fondement est, en soi et pour soi, inébranlable. Mais après son départ de Corinthe, d’autres ont continué à bâtir. Les uns ont bâti avec des matériaux nobles comme l’or, l’argent et les pierres précieuses, qui nous parlent en figure de la nature de Dieu, et qui tiennent le coup à la lumière du tribunal de Christ. D’autres ont voulu bâtir avec des méthodes et des matériaux passagers et terrestres qui n’offrent aucune résistance au feu de la sainteté divine. Dans le premier cas, une récompense est attribuée, mais pas dans le second, même si les personnes agissantes sont sauvées comme à travers le feu. Or celui qui corrompt le saint temple de Dieu, l’assemblée, il n’y a pas de grâce pour lui, — il est perdu éternellement.

Veiller à tout cela dans l’obéissance et l’amour pour Christ, était une grande préoccupation de l’apôtre Paul. C’est de cette manière qu’il surveillait ceux qui construisaient avec lui. Aujourd’hui aussi cette surveillance est indispensable (Actes 20:28 ; 1 Pierre 5:2).

 

4.3       La pose des fondements du temple — 3:10-13

4.3.1        Ch. 3:10

« Et lorsque ceux qui bâtissaient posèrent les fondements du temple de l’Éternel, on fit assister les sacrificateurs revêtus de leurs robes, avec des trompettes, et les lévites, fils d’Asaph, avec des cymbales, pour louer l’Éternel, selon les directions de David, roi d’Israël ».

 

La place du temple avait été déserte durant des dizaines d’années. La reconstruction est une figure du retour au lieu de rassemblement qui a été opéré par l’Esprit de Dieu il y a près de 200 ans. Mais nous pouvons aussi appliquer l’image à la naissance d’un témoignage de l’assemblée dans une nouvelle localité. Considéré personnellement, tout croyant qui a trouvé le lieu de rassemblement selon la pensée de Dieu, peut s’appliquer ces circonstances à lui-même.

Dans la conscience de la haute importance du moment, les sacrificateurs assistèrent devant Dieu « revêtus de leurs robes ». On ne peut pas aborder ici la signification de tous les détails de l’habillement des sacrificateurs. Il suffit de dire que ces habits sont une figure de ce que le croyant peut s’approcher de Dieu dans la pleine certitude de la foi, dans la conscience de sa position parfaite devant Dieu et de sa pleine liberté devant Dieu, et il peut même entrer jusque dans le sanctuaire (Héb. 10:19 et suiv.). L’œuvre précieuse de Christ est le fondement pour que nous puissions entrer dans la sainte présence de Dieu.

Les sacrificateurs ne se tenaient pas seulement dans leurs vêtements « pour gloire et pour ornement » (Exode 28:2, 40), mais aussi avec des trompettes. Sans doute c’était les trompettes d’argent que Moïse avait fabriquées sur ordre de Dieu (Nomb. 10:1-10). Il revenait aux sacrificateurs de sonner de ces trompettes dans différentes occasions et de différentes manières ; ces trompettes sont une figure du témoignage de la Parole de Dieu adressé aux rachetés. Une occasion particulière de sonner les trompettes se trouvait ce jour-là : « Et dans vos jours de joie, et dans vos jours solennels, et au commencement de vos mois, vous sonnerez des trompettes sur vos holocaustes, et sur vos sacrifices de prospérités, et elles seront un mémorial pour vous devant Dieu. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu » (Nomb. 10:10).

Ainsi les sacrificateurs se tenaient devant Dieu avec les trompettes, et les lévites avec les cymbales, — Lui dont l’habitation devait être de nouveau dressée sur son ancien emplacement. Tandis que pour les sacrifices ils se référaient à la loi de Moïse, homme de Dieu, maintenant ils se référaient aux directives de David, homme selon le cœur de Dieu, qui avait été le premier à introduire le chant de louanges dans la maison de Dieu. Il était bien « l’oint du Dieu de Jacob, et le doux psalmiste d’Israël » (2 Sam. 23:1 ; comparer 1 Chr. 16, spécialement 16:7). David était aussi celui qui avait introduit pour le temple encore à venir un service régulier de musique et de chants sous la direction d’Asaph (1 Chr. 25). C’est à ces directives de David qu’on se rapportait maintenant pour que l’adoration soit apportée à Dieu d’une manière digne pour ce temps-là. Cela appartenait aux « lévites, fils d’Asaph, avec des cymbales, pour louer l’Éternel ».

Si aujourd’hui on n’immole pas des sacrifices d’animaux au sens littéral, on ne peut pas non plus transposer la musique instrumentale dans notre adoration en esprit et en vérité. La loi de Sinaï contenait « des ordonnances charnelles imposées jusqu’au temps du redressement [c’est-à-dire jusqu’à la venue de Christ] » (Héb. 9:10). Le sanctuaire de Dieu sur la terre est qualifié de sanctuaire « terrestre » (Héb. 9:1). C’est dans ce contexte qu’il faut aussi juger la musique du temple qu’on affuble souvent du qualificatif d’exemple.

La vraie adoration chrétienne « en esprit et en vérité » ne se fait ni avec des sacrifices d’animaux, ni avec des instruments de musique, pas même à titre d’accompagnement. Une trompette ou un orgue ne peuvent pas produire de l’adoration spirituelle. Les instruments peuvent continuer à jouer même si personne ne chante avec. Ils ne sont ni en esprit, ni en vérité.

Quand nous, les rachetés, apportons à notre Dieu et Père l’adoration en esprit et en vérité par Christ, alors c’est « un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13:15), et ce sont « des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2:5). Cela ne peut avoir lieu que dans une atmosphère tranquille et spirituelle sous la direction du Saint Esprit. Si nous chantons des cantiques comme expression commune de l’adoration, alors nous le faisons par des psaumes et des hymnes et des cantiques spirituels du Nouveau Testament, « chantant et psalmodiant de notre cœur au Seigneur » (Éph. 5:19 ; Col. 3:16). Ce sont les cœurs qui sont, pour ainsi dire, les instruments ; ce ne sont pas les belles voix ! Les croyants comme David le comprenaient aussi, selon ce que montre le Psaume 138:1 : « Je te célébrerai de tout mon cœur ; je chanterai tes louanges devant les dieux ».

 

4.3.2        Ch. 3:11

« Et ils s’entre-répondaient en louant et en célébrant l’Éternel : Car il est bon, car sa bonté envers Israël demeure à toujours. Et tout le peuple poussa de grands cris, en louant l’Éternel, parce qu’on posait les fondements de la maison de l’Éternel ».

 

Pendant les 40 ans de la traversée du désert par le peuple d’Israël, on ne trouve que deux cantiques de louanges : le cantique des rachetés après la sortie d’Égypte et la traversée de la mer Rouge, et le cantique de la délivrance à la fin du voyage, après la leçon du serpent d’airain (Exode 15 ; Nomb. 21). Entre temps il y a eu beaucoup de murmures contre Dieu et contre Ses serviteurs. C’est pour la même raison, parce que nous aussi sommes parfois enclins plutôt à murmurer qu’à louer, que dans le Nouveau Testament nous sommes invités à adorer : « Offrons donc, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13:15). Le danger est toujours présent de s’occuper davantage de nous-mêmes que de Christ et de notre Dieu et Père, à qui revient toute adoration !

Après de longues dizaines d’années d’interruption, un chant joyeux de louange et d’actions de grâce fut de nouveau entonné à Jérusalem. Dans son premier cantique d’action de grâces, quand il ramenait l’arche de l’alliance à Jérusalem, David avait déjà fait chanter par Asaph les paroles « Car il est bon, car sa bonté envers Israël demeure à toujours » (1 Chr. 16:34). Depuis elles restent comme un refrain sur l’histoire du peuple d’Israël. La louange fut de nouveau entonnée par Salomon lors de la dédicace du temple (cela est mentionné en tout trois fois : 2 Chr. 5:13 ; 7:3, 6) et plus tard encore une fois sous Josaphat (2 Chr. 20:21). En outre c’est aussi un sujet dans différents Psaumes. Même chaque verset du Psaume 136 se termine par le refrain : « Car sa bonté demeure à toujours ! ». C’est Dieu Libérateur et Sauveur d’Israël dans le passé. En Jérémie 33:11, le dernier passage avec ces paroles de louange, Dieu est loué pour Son salut dans l’avenir : « Célébrez l’Éternel des armées, car l’Éternel est bon, car sa bonté demeure à toujours !... Car je délivrerai le pays de sa captivité, et je le rétablirai comme il était au commencement, dit l’Éternel ».

Dans le livre d’Esdras, les paroles se distinguent de tous les autres cas sur un point. Ici seulement il est ajouté : « envers Israël » [‘car sa bonté envers Israël demeure à toujours’]. Or c’est justement le moment où le peuple de Dieu est en grande partie en captivité ou est dispersé, et que seul un petit résidu se trouve dans le pays ! Mais ce petit nombre de Juifs fidèles a tout le peuple d’Israël dans son cœur, et c’est pourquoi, dans son obéissance et sa confiance, ce petit résidu est le vrai représentant de l’ensemble du peuple aux yeux de Dieu (2:70).

Comme Jérémie, nous aussi pouvons dire au vu de la bonté de notre Dieu et Père : « Ce sont les bontés de l’Éternel que nous ne sommes pas consumés, car ses compassions ne cessent pas » (Lam. 3:22). Ce n’est vraiment pas à cause de notre mérite qu’il y a encore aujourd’hui un petit témoignage à la vérité d’une assemblée de Dieu sur la terre. Mais grâces soient rendues pour cela seulement et uniquement à notre Dieu et Père en Christ !

 

4.3.3        Ch. 3:12

« Et beaucoup d’entre les sacrificateurs, et d’entre les lévites, et d’entre les chefs des pères, les vieillards qui avaient vu la première maison, pleuraient à haute voix lorsque les fondements de cette maison furent posés devant leurs yeux, et beaucoup poussaient des cris de joie, en élevant leur voix ».

 

Le temple à Jérusalem a été détruit vers 586 av. J.C., c’est-à-dire environ 50 ans avant la nouvelle pose des fondements. Les Juifs les plus âgés d’entre ceux qui étaient revenus pouvaient donc tout à fait avoir vu « la première maison », le temple de Salomon dans tout son éclat. Ils pleuraient à haute voix quand ils comparaient la gloire passée avec le petit nombre de ceux qui étaient revenus, leurs circonstances misérables et les conditions modestes pourla pose du fondement de cette maison. Les autres au contraire poussaient des cris de joie de pouvoir vivre ce nouveau commencement. Les deux attitudes sont compréhensibles et plaisaient à l’Éternel, parce que les deux témoignaient de ce que les cœurs étaient occupés de Son honneur.

Quelque chose de semblable a lieu avec le résidu croyant dans la chrétienté d’aujourd’hui. Si nous pensons au commencement de l’assemblée de Dieu (Actes 2 et 4), nous comprenons les pleurs des vieux Juifs. Celui qui, au cours de sa vie de foi, n’a encore jamais pleuré sur le triste état de l’assemblée de Dieu aujourd’hui, est insensible et n’a aucune appréciation des pensées de Dieu inscrites dans Sa Parole. Mais quiconque est encore jeune dans la foi et n’a pas connu l’état glorieux du commencement de l’assemblée, il peut se réjouir de ce qu’il voit de bien aujourd’hui. Nous ne voulons pas nier, mais être reconnaissants de ce que le Seigneur, dans le temps présent, accorde encore des occasions de se réjouir et de rendre grâces. Dans cette mesure la tristesse et la joie peuvent coexister au même moment et chez les mêmes personnes.

C’était un « jour de petites choses », comme le prophète Zacharie a écrit quelques années plus tard : « Et la parole de l’Éternel vint à moi, disant : Les mains de Zorobabel ont fondé cette maison, et ses mains l’achèveront ; et tu sauras que l’Éternel des armées m’a envoyé vers vous. Car qui a méprisé le jour des petites choses ? » (Zach. 4:8-10). Même si la force est restreinte et si l’hostilité du dehors est grande, ce commencement doit être mené à bonne fin.

Les hommes ne voyaient que ce faible renouveau, mais Dieu donna à Ses prophètes un aperçu de l’avenir lointain — jusqu’à l’apparition du Messie qui, à la « consommation du siècle », viendra encore une fois vers Son peuple alors converti, comme un nouveau résidu (Matt. 13:49 ; 24:3 ; Rom. 9:27).

 

4.3.4        Ch. 3:13

« Et le peuple ne pouvait distinguer entre le bruit des cris de joie et la voix du peuple qui pleurait ; car le peuple poussait de grands cris, et le bruit s’entendait au loin ».

 

Si les hommes sur la terre « ne pouvaient pas distinguer entre le bruit des cris de joie et la voix du peuple qui pleurait », il y en avait pourtant Un qui était en état de faire cette distinction. Dieu qui est seul à connaître le cœur des fils des hommes, voit tout ce qui se passe dedans, et Il l’apprécie en perfection. Aujourd’hui aussi Il voit l’affliction de ceux qui voudraient répondre pour Lui et pour Son assemblée. Il voit la joie dans les cœurs de ceux qui s’occupent des Siens quand ils voient ce qui L’honore Lui, par exemple à l’occasion d’un demi-tour chez des croyants individuels ayant pris jusque-là un mauvais chemin. Mais Il voit aussi l’indifférence et le laisser-aller dans beaucoup de cœurs aujourd’hui qui sont devenus tièdes, ni chauds, ni froids.

Le bruit qui s’entendait au loin, provenait des cris de joie du peuple comme les versets 11b à 13 le montrent, si on les regarde de près. La masse du peuple poussait des cris de joie très fort, tandis qu’un petit nombre de sacrificateurs, de lévites et d’anciens pleuraient à haute voix en comparant la gloire d’autrefois du temple de Salomon avec l’état présent de faiblesse du résidu. Mais les pleurs des quelques-uns n’atteignaient pas la force des cris de joie qui parvenaient dans le lointain. — Cela nous parle aussi aujourd’hui. Notre témoignage clair et net devant le monde peut être caractérisé par la joie au sujet de notre Sauveur et Seigneur. Mais dans la tranquillité, nous devons aussi pleurer sur tout ce qui n’est pas à l’honneur du Seigneur dans Sa maison.

 

5         Ch. 4 : Opposition des ennemis et interruption de la construction du temple

5.1       Les ennemis camouflés — 4:1

À la différence des chapitres précédents, le ch. 4 ne comprend pas beaucoup de choses positives ou réjouissantes. On a ici la description de l’opposition acharnée des habitants de la région de Samarie. Ils habitaient à l’intérieur des frontières du pays promis, et s’étaient adaptés extérieurement aux usages du peuple de Dieu, mais ils étaient restés idolâtres (voir ci-après l’explication sur « les Samaritains »). C’est bien pour cela qu’ils cherchèrent par tous les moyens à contrecarrer le plan de reconstruction du temple à Jérusalem. Ils y réussirent temporairement. Cependant l’œuvre de Dieu reprit ensuite son cours. L’ennemi peut chercher à la perturber, mais il ne peut pas l’anéantir. Grâces en soit rendue à Dieu !

 

5.1.1        Ch. 4:1

« Et les ennemis de Juda et de Benjamin entendirent que les fils de la transportation bâtissaient le temple de l’Éternel, le Dieu d’Israël »

 

« Juda et Benjamin » étaient les deux tribus restées fidèles à Dieu lors du schisme du royaume sous Jéroboam et Roboam. En 606-586 av. J. C. ils furent emmenés en captivité à Babylone alors que les dix tribus infidèles avaient déjà été transportées en captivité en Assyrie en 721 av. J.C. Cependant tandis que ces dernières ont disparu jusqu’à aujourd’hui, les deux tribus purent rentrer en Canaan en 538 av. J.C. comme nous l’avons lu en Esdras 1:5. Ce ne fut qu’un petit résidu de 42360 personnes qui se mirent en route pour aller dans le pays promis, le pays de leurs pères (2:64). Ils étaient « les fils de la transportation », une expression qui traduit tout leur opprobre et leur humiliation. En même temps il est très encourageant de voir que cette désignation qui n’apparait que dans ce livre (7 fois), est toujours mentionnée en liaison avec une activité à l’honneur de Dieu (6:16, 19, 20 ; 8:35 ; 10:7, 16).

Cela doit toucher nos cœurs que ces « fils de la transportation bâtissaient le temple de l’Éternel, le Dieu d’Israël ». Ils ne se voyaient pas seulement eux-mêmes, comme un petit résidu fidèle du peuple terrestre de Dieu, mais ils avaient devant leurs yeux et dans leur cœur tout le peuple d’Israël, et Dieu comme le Dieu de tout le peuple. C’est pourquoi le temple qu’ils érigeaient pour l’Éternel, le Dieu d’Israël, ne pouvait pas être valable seulement pour eux. Le temple était la maison de Dieu pour la totalité du peuple. Car Jérusalem était le lieu que l’Éternel avait choisi pour y faire habiter son nom (1 Rois 11:36). — Aujourd’hui aussi il n’y a qu’une seule maison de Dieu, et qu’un seul corps de Christ, l’Assemblée, à laquelle appartient tout enfant de Dieu racheté ; aujourd’hui également la place à la table du Seigneur est dans son principe ouverte à tout membre du corps de Christ. De même qu’à l’époque le service dans le temple était effectué en accord avec la loi, ainsi aussi aujourd’hui quiconque a le désir d’accomplir la volonté du Seigneur et de prendre part à la fraction du pain, doit le faire en accord avec les saintes exigences du Seigneur que nous trouvons dans sa Parole. Une exigence importante est de reconnaître l’unité du corps de Christ, et en même temps la séparation d’avec le monde et d’avec tout service de Dieu (culte) issu de la propre volonté.

Le petit résidu revenu avait à peine posé la pierre de fondement pour reconstruire le temple à Jérusalem, que déjà l’opposition des « ennemis » se manifesta. Il est remarquable à cette occasion qu’ils ne sont pas nommés « ennemis d’Israël », mais « ennemis de Juda et de Benjamin ». Ces deux tribus étaient maintenant les seuls représentants du peuple de Dieu.

 

5.1.2        Les Samaritains

Au v. 4, ces « ennemis » sont appelés « le peuple du pays ». Ils étaient les descendants des peuples qui furent installés en Samarie en provenance de divers pays après la transportation des dix tribus vers l’Assyrie en 721 av. J.C. (4:10) ; ils étaient eux aussi des déportés de leurs patries respectives. Leur origine est décrite en 2 Rois 17:24-41 où on a la mention de gens provenant de Babylone, de Cuth, de Avva, de Hamath et de Sepharvaïm ; ici d’autres peuples et d’autres villes sont encore mentionnés (4:9). Il ressort des v. 2 et 10, que les déportations n’eurent pas lieu seulement au temps de Shalmanéser V (5) (727-722 av. J.C.), Sargon II (722-705 av. J.C.) et Sankhérib (704-681 av. J.C.), mais aussi sous les rois Assyriens plus tardifs Ésar-Haddon (680-669 av. J.C.) et Osnappar (669-631 av. J.C.). Du fait que ces déportés étaient idolâtres en raison de leur origine, ils continuèrent leur culte d’idoles dans le pays de Canaan, et furent disciplinés par Dieu. Là-dessus un sacrificateur israélite fut envoyé d’Assyrie en Canaan pour rapprocher ces gens du vrai Dieu. C’est par-là qu’ils furent amenés à la loi (les cinq livres de Moïse). Ils s’érigèrent un sanctuaire à eux sur le mont Garizim (Jean 4:20). Du fait que ces populations furent transportées dans la partie Nord du pays (Samarie), on les nomma plus tard « Samaritains », comme nous le savons par le Nouveau Testament. Certains de leurs descendants existent encore aujourd’hui à Naplouse (Sichem). Ils ne reconnaissent que les cinq livres de Moïse (dans une tradition qui leur est propre) comme Sainte Écriture normative, et ils sont considérés comme étrangers par les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

Ces gens sont caractérisés de la manière suivante en 2 Rois 17:41 : « Et ces nations-là craignaient l’Éternel, et servaient leurs images (taillées) ; leurs fils aussi, et les fils de leurs fils, font jusqu’à ce jour comme leurs pères ont fait ». Ils sont une figure des personnes qui se trouvent à l’intérieur de la chrétienté, c’est-à-dire sur le lieu de la bénédiction, sans cependant appartenir réellement au peuple de Dieu, au corps de Christ. De telles personnes ont une forme de la piété, mais en ont renié la vraie puissance (2 Tim. 3:5).

Le Saint Esprit est l’Esprit de vérité, et même Il est la vérité elle-même (Jean 15:26 ; 1 Jean 5:6). C’est pour cela qu’Il nomme les choses et les personnes par leur nom : « les ennemis de Juda et Benjamin ». L’Esprit montre ici immédiatement le caractère de ces gens, car ils peuvent se déguiser et ne pas apparaître comme tels au premier coup d’œil des croyants. Il est aussi remarquable qu’ils ne sont pas nommés « ennemis d’Israël ». Leur inimitié ne se dirige pas contre la masse du peuple de Dieu devenu infidèle, et dont la plus grande partie n’est même pas dans le pays d’Israël, mais seulement contre les quelques fidèles des deux tribus de Juda et Benjamin qui s’apprêtaient à rétablir la maison de l’Éternel sur son emplacement. — Il en est de même aujourd’hui. Le monde ne hait pas les nombreux chrétiens de nom dans la chrétienté, mais le but de leurs attaques sont les croyants fidèles qui, par amour pour le Seigneur, voient dans la Parole de Dieu l’autorité suprême. Pareillement les attaques de Satan ne se dirigent guère vers les croyants à l’esprit mondain, mais contre ceux qui, au milieu des ténèbres de ce monde, rendent un témoignage clair et joyeux à leur Sauveur. Cependant à l’époque comme aujourd’hui, le Seigneur ne délaisse pas les Siens !

 

5.2       Différentes tactiques — 4:2-5

5.2.1        Ch. 4:2

« Et ils s’approchèrent de Zorobabel et des chefs des pères, et leur dirent : Nous voulons bâtir [JND en français : nous bâtirons] avec vous, car nous recherchons votre Dieu, comme vous, et nous lui offrons des sacrifices depuis les jours d’Ésar-Haddon, roi d’Assyrie, qui nous a fait monter ici ».

 

Après le retour du résidu, ces Samaritains craignaient de perdre les privilèges qu’ils avaient acquis entre temps, si le peuple de Dieu s’installait de nouveau dans le pays. Les ennemis commencèrent par approcher Zorobabel (le gouverneur des Juifs mis en place par les Perses), et les « chefs des pères », c’est-à-dire les anciens. Zorobabel était issu de la maison royale de David (1 Chr. 3:15-19). Jéshua, le grand sacrificateur, n’est pas mentionné ici [il l’est au v. 3], et cela est très caractéristique. Du fait que le retour et la mission de bâtir le temple avaient été autorisés par le roi Cyrus, les opposants ne pouvaient pas manifester ouvertement leur inimitié. Aussi dans un premier temps, ils cherchèrent à agir avec ruse et flatterie. Ils offrirent aux Juifs de coopérer. La raison qu’ils donnèrent fut qu’ils recherchaient le même Dieu et Lui offraient des sacrifices. Ceci ne correspondait cependant pas aux faits, car nous avons vu « que ces nations-là craignaient l’Éternel, et servaient [en même temps] leurs images (taillées) » (2 Rois 17:41). À leur ruse ils ajoutaient le manque de droiture, le mensonge.

Observons en outre que les Samaritains ne demandèrent pas s’ils pouvaient aider ou soutenir. Ils dirent plutôt : « Nous voulons bâtir avec vous ». Ils se présentaient comme s’ils avaient les mêmes principes et les mêmes droits que les Juifs. Ils y ajoutent une effronterie éhontée.

À première vue ces prétentions pouvaient paraître positives. Mais des ennemis du peuple de Dieu peuvent-ils aider à faire quelque chose à l’honneur de Dieu ? Extérieurement ils pouvaient avoir bien des points communs avec les Juifs, mais en réalité ils étaient restés des idolâtres qui ne servaient Dieu que formellement. Ils espéraient pouvoir exercer une influence négative sur les Juifs et sur leur travail, par le moyen d’un travail en commun. Le mélange du bien et du mal, de la vérité et de l’erreur, de l’obéissance et de la propre volonté, est depuis toujours une technique du diable. Nous avons encore aujourd’hui à veiller à nous en garder. La lumière et les ténèbres n’ont pas de communion entre elles (2 Cor. 6:14). C’est valable même quand le mal prend un caractère religieux, comme ici.

Les Samaritains appellent le vrai Dieu « votre Dieu », ce qu’on peut considérer comme une indication qu’eux-mêmes n’avaient aucune relation de foi avec Lui. Extérieurement ils parlaient de « chercher » Dieu, non pas de Le « servir », même s’ils mentionnent qu’ils offraient des sacrifices (apparemment selon la loi). Jusqu’à aujourd’hui les Samaritains s’en tiennent au Pentateuque, les cinq livres de Moïse.

Il semblerait comme si non seulement l’envoi du sacrificateur israélite avait réussi, mais aussi la transportation de ces gens au temps d’Ésar-Haddon (680-669 av. J.C.). Ésar-Haddon était le fils et le successeur de Sankhérib (794-681 av. J.C. ; 2 Rois 19:37), qui avait déporté les dix tribus en Assyrie. Les Assyriens appliquaient donc de génération en génération une politique régulière de permutation des populations (4:10). Par cela les nations assujetties étaient entièrement déracinées et rendues dociles.

 

5.2.2        Ch. 4:3

« Et Zorobabel, et Jéshua, et le reste des chefs des pères d’Israël, leur dirent : Vous n’avez pas affaire avec nous pour bâtir une maison à notre Dieu, mais nous seuls, nous bâtirons à l’Éternel, le Dieu d’Israël, comme nous l’a commandé le roi Cyrus, roi de Perse ».

 

Zorobabel, le gouverneur des Juifs, agit de manière très sage. Bien qu’il fût le seul à avoir été contacté, il ne réagit pas seul et de sa propre autorité, mais il se joignit le concours du grand sacrificateur Jéshua. En cela il prenait à cœur l’enseignement de la Parole de Dieu : « Car les lèvres du sacrificateur gardent la connaissance, et c’est de sa bouche qu’on recherche la loi, car il est le messager de l’Éternel des armées » (Mal. 2:7 ; comparer Deut. 17:9, 10). Tous les deux « Zorobabel et Jéshua », aussi bien que « le reste des chefs des pères » purent détecter immédiatement la ruse des ennemis. Ils étaient les représentants responsables du peuple de Dieu sur la terre, ils connaissaient l’Éternel comme leur Dieu et ils avaient seuls la mission de reconstruire Son temple détruit par les ennemis. Certes, ils devaient admettre qu’ils ne pouvaient suivre cette mission divine qu’avec l’autorisation et l’aide du « roi Cyrus, roi de Perse ». En tant qu’assujettis, ils étaient sous la domination des Perses, le deuxième des quatre empires prophétiques.

Encore aujourd’hui, des gens peuvent s’avancer revêtus d’un manteau chrétien, sans croire réellement au Sauveur Jésus Christ ; il est impossible de collaborer pour faire l’œuvre du Seigneur. Certes, cela arrive souvent, mais le résultat ne peut être ni une vraie évangélisation, ni une vraie promotion de la vie de foi. C’est pourquoi aujourd’hui est encore valable le même principe qu’ont suivi les conducteurs du résidu revenu. Il ne peut pas y avoir de travail en commun dans le domaine spirituel entre des vrais croyants et des collaborateurs incroyants si l’on veut préserver de tout dommage l’œuvre du Seigneur.

 

5.2.3        Ch. 4:4

« Alors le peuple du pays rendit lâches les mains du peuple de Juda ; et ils leur firent peur de bâtir ».

 

Immédiatement après ce refus clair et net des conducteurs Juifs, se révéla le vrai caractère de ceux qui voulaient offrir leur collaboration, si amicale au premier abord. La seconde phase de leur tactique n’est pas encore une opposition ouverte. Ils cherchent d’abord à empêcher le travail de construction du temple par des activités décourageantes (très vraisemblablement par des conversations à but négatif) et ils cherchent « à rendre lâches les mains du peuple de Juda ». Du fait que les conducteurs du résidu tenaient fermes et répondaient clairement, il fallut que l’attaque par la ruse se focalise sur l’ensemble du petit peuple de retour.

Combien de dommages sont encore aujourd’hui causés à l’œuvre du Seigneur par ce qu’on présente un travail comme inutile ou nuisible ! Combien il est fréquent d’entendre des avis selon lesquels telle ou telle œuvre serait plutôt source de division que d’union, bien qu’elle ait été faite à l’honneur du Seigneur. N’oublions pas que toute activité faite dans l’obéissance à Sa Parole et pour Son honneur, est une pierre d’achoppement pour ceux qui n’ont que des intérêts terrestres ou mondains, même s’ils se nomment chrétiens. Dans tout service fidèle pour le Seigneur, il se révèle la différence entre le pur et l’impur, entre ce qui est saint et ce qui est profane (Lév. 10:10 ; Éz. 44:23). C’est justement ce qui parle aux consciences endurcies de telles personnes, et justement ce qui ne leur est pas agréable. Et cela fomente beaucoup de critiques destructrices contre les chrétiens qui cherchent l’honneur du Seigneur. Et bien des chrétiens faibles en foi se laissent influencer négativement par de telles critiques rusées.

Les Samaritains firent cependant un pas de plus. Ils cherchèrent dans une troisième phase à « faire peur de bâtir ». Ils ne se contentèrent pas de décourager la petite troupe de constructeurs du temple, mais ils voulurent les détourner de cette activité. Il ne nous est pas dit par quel moyen ils firent peur. Il semble que l’ennemi cherchait avant tout à provoquer une succession de faiblesses et de découragements.

Quelqu’un qui n’a pas de courage prend plus facilement peur au sujet d’une tâche, que quelqu’un qui a une foi ferme en Dieu, et qui met sa confiance en Lui et non pas en soi ou dans les autres. Celui qui est spirituellement faible se fait plus facilement influencer par les circonstances que celui qui est fort. Mais les Juifs ne se laissèrent pas faire peur et continuèrent à bâtir.

 

5.2.4        Ch. 4:5

« Et ils soudoyèrent contre eux des conseillers pour faire échouer leur plan, durant tous les jours de Cyrus, roi de Perse, et jusqu’au règne de Darius, roi de Perse ».

 

Tout échoua, aussi bien les prétentions de l’ennemi à avoir droit à collaborer à la construction du temple, que ses efforts de rendre lâches les mains des bâtisseurs, puis de faire peur de bâtir. Le résidu de Juda avait pu résister à ces efforts avec l’aide de Dieu. Maintenant arrive une quatrième tentative de s’opposer à la poursuite du travail. De faux « conseillers » doivent « faire échouer le plan » de reconstruire le temple de Dieu. Vraisemblablement il s’agit là de tentatives de paralyser le travail par voie juridique. Ces efforts autant rusés qu’agressifs durèrent tout le temps de Cyrus (559-529 av. J.C.) jusqu’à la deuxième année du roi Darius (522-485 av. J.C.), c’est-à-dire environ 15 ans (4:24) (*). Ce fut un temps long durant lequel la construction de la maison de Dieu fut empêchée.

 

(*) La construction du temple commença la deuxième année après le retour du résidu à Jérusalem, c’est-à-dire en 536 av. J.C.

 

Aussi différents qu’aient pu être les groupes particuliers de « peuples du pays », ils étaient unis sur un point : la reconstruction du temple à Jérusalem par le résidu du peuple de Dieu devait être empêchée par tous les moyens.

Partout où le Saint Esprit est actif pour bâtir la maison de Dieu, l’Assemblée, par le moyen de serviteurs du Seigneur, il y a aussi des opposants qui cherchent à contrecarrer. De même l’apôtre Paul écrivait une fois : « une porte grande et efficace m’est ouverte, et il y a beaucoup d’adversaires » (1 Cor. 16:9). Dans le livre des Actes, nous lisons d’une servante païenne qui annonçait aux gens que « Paul et Silas étaient serviteurs du Dieu Très-haut qui vous annoncent la voie du salut » — mais elle faisait cela sous l’influence d’un démon (Actes 16:17). Quelques chapitres plus loin, ce sont sept fils, manifestement incroyants, d’un grand sacrificateur Juif nommé Scéva, qui chassaient les mauvais esprits en invoquant le nom de Jésus (Actes 19:13 et suiv.). Telle fut l’opposition au début de l’assemblée, et telle elle est encore aujourd’hui, où de nouveau un « résidu » de l’assemblée de Dieu cherche à réaliser Ses pensées en accord avec Sa Parole.

Il y a aujourd’hui des publications dans lesquelles sont spécifiquement attaquées des parties de vérité remises en lumière au 19ième siècle. La certitude du salut, la venue du Seigneur pour enlever les croyants avant la grande tribulation et l’unité visible de l’assemblée, sont constamment posées comme de faux enseignements. Le Seigneur seul sait combien de mains ont été rendues lâches par ce moyen et ont pris peur de construire la maison de Dieu selon l’Écriture,.

 

5.3       Les rois Assuérus et Artaxerxès en Esdras 4:6, 7: de qui s’agit-il ?

Selon un point de vue largement répandu, les versets suivants 6 à 23 (4:6 à 4:23) sont une insertion rajoutée ultérieurement au temps de Néhémie. Du fait que, dans la lettre des ennemis aux v. 12 à 13, il est question de construire la ville de Jérusalem et ses murailles, on a prétendu que les rois Assuérus (v. 6 ; Ahasveros) et Artaxerxès (v. 7 ; Artasasta) ne pouvaient être que les rois du même nom ayant vécu au 5ième siècle. Un Assuérus apparait bien au livre d’Esther, mais pas dans le livre de Néhémie. Il s’agit du roi de Perse connu dans l’histoire comme Xerxès I (485-464 av. J.C.). Le roi Artaxerxès qui a régné après lui (Artaxerxès I ; 464-424 av. J.C.), est mentionné aussi bien dans le livre d’Esdras (7:1 etc.) que dans celui de Néhémie (2:1 etc.). Mais ces rois ne sont pas ceux dont parle la section qui est devant nous.

Cette explication est l’occasion d’attirer l’attention sur le fait qu’entre le roi de Perse Cyrus (559-529 av. J.C. ; 1:1) et Darius I (522-485 av. J.C. ; 4:24), deux autres rois ont régné. C’est d’eux qu’il est question ici. Le premier est nommé Assuérus au v. 6 (ou Ahasveros, qui est la forme hébreu du nom perse Xerxès) ; c’est le fils de Cyrus connu en général sous le nom de Cambyse II (529-523 av. J.C.). Artaxerxès mentionné au v. 7 (en hébreu Artasasta ; nom perse Artaxerxès ; 522 av. J.C.) est Smerdis, un autre fils de Cyrus qui n’a été au pouvoir que peu de temps, et qui a été chassé par Darius I (522-485 av. J.C.). Beaucoup d’historiens cependant admettent que Smerdis aurait déjà été tué auparavant par Cambyse, et qu’un sorcier perse du nom de Gaumata / Bardiya voulut prendre le pouvoir sous le nom de Smerdis. La raison de ces divergences de points de vue provient de l’absence de clarté des récits historiques.

Cependant nous ne devons pas méconnaître que Daniel a aussi prophétisé de « trois rois » qui devaient régner sur la Perse après Cyrus : « Et maintenant, je te déclarerai la vérité : Voici, il s’élèvera encore trois rois en Perse ; et le quatrième deviendra riche de grandes richesses plus que tous, et quand il sera devenu fort par ses richesses, il excitera tout contre le royaume de Javan » (Daniel 11:2). Ce passage se rapporte aux rois nommés en Esdras 4 sous les noms de Assuérus, Artaxerxès, et Darius I. Le quatrième est Assuérus ou Xerxès I, qui mena la guerre contre la Grèce, mais qui fut battu jusqu’à être anéanti à la bataille de Salamis en 480 av. J.C.

Il n’y a aucune raison d’ignorer les deux rois qui ont gouverné dans un espace de temps d’environ 7 ans entre Cyrus et Darius, et de transférer les noms d’Assuérus et Artaxerxès (v. 6 et 7) sur leurs homonymes du temps plus tardif de Néhémie et de la construction de la muraille.

Si Dieu dans Sa Parole a changé les noms de Cambyse en Assuérus [Ahasveros] et de Smerdis en Artaxerxès [Artasasta], ce n’est pas quelque chose d’inhabituel ni même d’impossible. N’y a-t-il pas beaucoup de personnes dans l’Écriture Sainte qui portent deux noms ? Il suffit de penser à Jacob / Israël, Jéthro / Rehuel, Gédéon / Jérubbaal et Simon / Pierre. À côté de ces noms qui sont utilisés tantôt l’un tantôt l’autre, il y a des changements de noms comme Abram / Abraham ou Saul / Paul, qui ont caractérisé une partie précise de la vie de celui qui portait ce nom. Quoi qu’il en soit, Cambyse et Smerdis peuvent tout à fait avoir porté les noms d’Assuérus et Artaxerxès.

Il faut ajouter qu’Assuérus (Ahasveros) signifie « empereur » ou « grand prince », et Artaxerxès (Artasasta) signifie « grand roi » ou « fils de grand roi ». Il est possible qu’il ne s’agisse même pas de noms purement personnels, mais de titres qui au surplus ne seraient utilisés que dans la Parole de Dieu (c’est le cas du Assuérus de Dan. 9:1 qui jusqu’ici reste non identifié). Des exemples de tels noms-titres sont Agag (« élevé, puissant, prince ») comme titre des rois d’Amalek ; Abimélec (« mon père est roi ») comme titre des rois Philistins. Ainsi le roi de Gath est nommé Akish en 1 Samuel 21:11, et Abimélec au Psaume 34. Dans le Nouveau Testament Auguste en Luc 2:1 est à la fois un nom et le titre des premiers empereurs romains (de 31 av. J.C. à 14 après J. C.) ; celui qui est appelé Auguste en Actes 25:21, 25 est l’empereur Néron (54-68 après J. C.). Le titre d’Auguste (« supérieur ») a été rajouté au nom des empereurs ultérieurs.

Malgré tous les faits qui viennent d’être mentionnés, l’idée s’est répandue que les v. 6-23 seraient une insertion dans laquelle sont rapportés des évènements beaucoup plus tardifs. Le texte biblique est ainsi mis en doute autoritairement et sans explication plausible, sur la base de suppositions arbitraires. Dans la méditation de cette section, nous verrons cependant de nouveaux détails qui montrent que, y compris quant au contenu, tout se rapporte au temps de la construction du temple et non pas de la reconstruction de la ville de Jérusalem.

 

5.4       Accusations — 4:6, 7

5.4.1        Ch. 4:6

« Et sous le règne d’Assuérus, au commencement de son règne, ils écrivirent une accusation contre les habitants de Juda et de Jérusalem ».

 

Maintenant les ennemis procèdent à la cinquième phase contre l’œuvre de Dieu. Pendant le règne du roi Cyrus, ils ne pouvaient pas compter sur le soutien du gouvernement. Le roi lui-même avait donné l’ordre de construire le temple. Mais dès que son fils Assuérus (Cambyse II) fut devenu roi, les opposants lui adressèrent une lettre d’accusation contre les Juifs, « au commencement de son règne », c’est-à-dire en 529/528 av. J.C.

L’opposition à la construction du temple prit une nouvelle forme. La plus haute autorité du royaume fut impliquée, et il fut fait requête pour une prise de position contre les Juifs. Sur le contenu de la lettre, il nous est seulement communiqué qu’elle contenait une « accusation contre les habitants de Juda et de Jérusalem ». Il ne nous est rien dit sur la réaction du roi à cette accusation.

Dans les versets suivants il est mentionné une seconde lettre adressée, cette fois, au roi Artaxerxès (Smerdis). Pour cette seconde lettre, on ne voit qu’une raison : La lettre à Assuérus n’avait pas produit l’effet escompté par les ennemis. Ou bien il n’y fut même pas répondu, ou bien la réponse ne correspondait pas aux attentes et aux représentations des accusateurs.

 

5.4.2        Ch. 4:7

« Et aux jours d’Artaxerxès, Bishlam, Mithredath, Tabeël et le reste de ses collègues écrivirent à Artaxerxès, roi de Perse ; et la lettre était écrite en écriture syriaque [= araméen] et traduite en syriaque [= araméen] ».

 

La première lettre étant restée sans succès, une seconde lettre fut rédigée durant la courte période du gouvernement d’Artaxerxès (Smerdis), et cette lettre est transcrite en détail, de même que sa réponse (4:7-22). Quand l’ennemi n’arrive pas à ses fins par la ruse, il essaye par la force. Lui et ses instruments se présentent tantôt en ange de lumière, tantôt en lion rugissant (2 Cor. 11:14 ; 1 Pierre 5:8). Ici nous voyons le lion rugissant. La puissance de l’empire Perse est mise en action pour ordonner au petit résidu faible du peuple de Dieu d’arrêter ses activités, malgré son désir de servir Dieu.

Les promoteurs de la lettre d’accusation sont des hommes inconnus par ailleurs, mais leurs noms sont quand même donnés. Bihlam (= Ben Schelam « fils de paix »), Mithredath (« donné à l’esprit du soleil ») et Tabeël (« bon à rien » ou « Dieu est bon ») étaient probablement des ennemis Samaritains. Leur position et leur dignité ne nous sont pas données. Sans doute il s’agissait de personnalités connues et influentes. Il est ajouté « le reste de ses collègues », dont le nom n’est pas mentionné. La lettre n’était pas seulement écrite en écriture araméenne (= syriaque), mais traduite en araméen (= syriaque). En tant que document officiel, elle devait être lue et comprise sans difficulté à la cour de Perse. Vers les temps de la fin de l’Ancien Testament, l’araméen a été durant des siècles la langue diplomatique des Assyriens, des Chaldéens, et des Perses (2 Rois 18:26 ; Dan. 2:4).

 

5.5       L’accusation auprès du roi Artaxerxès — 4:8-16

5.5.1        Ch. 4:8

« Rehum, chancelier, et Shimshaï, secrétaire, écrivirent une lettre contre Jérusalem au roi Artaxerxès, en ces termes ».

 

Après le nom des auteurs samaritains de la lettre, les représentants officiels du royaume de Perse, dans la province de Samarie, sont maintenant désignés comme les véritables rédacteurs de la lettre. Rehum (« bien aimé ») était le chancelier ou gouverneur, Shimshaï (« ensoleillé ») était secrétaire, c’est-à-dire un haut fonctionnaire au service du chancelier. Ils n’étaient pas forcément des perses. Zorobabel lui-même, qui avait été établi par Cyrus gouverneur de la Judée, était Juif (Aggée 1:1). Le but de la lettre est tracé à grands traits, d’abord seulement en paroles « contre Jérusalem ».

Le fait que non seulement le texte de la lettre soit rédigé en araméen (= syriaque), mais aussi le reste du texte allant de 4:8 à 6:18 (et aussi 7:12-26), est un effet de la domination perse. La langue araméenne (= syriaque) manifeste ouvertement que le peuple de Dieu n’était plus à part sous le gouvernement de Dieu et assujetti à Lui, et indépendant des puissances du monde, mais que d’autres dominaient sur lui.

 

5.5.2        Ch. 4:9-11

« Alors Rehum, chancelier, et Shimshaï, secrétaire, et le reste de leurs collègues, les Dinites, les Apharsathkites, les Tarpelites, les Apharsites, les Arkévites, les Babyloniens, les Susankites, les Déhaviens, les Élamites, et le reste des peuplades que le grand et noble Osnappar transporta et fit habiter dans les villes de Samarie et dans le reste du pays de ce côté du fleuve, etc… C’est ici la copie de la lettre qu’ils lui envoyèrent : Au roi Artaxerxès : Tes serviteurs, les hommes de ce côté du fleuve, etc. »

 

Le reste des collègues nommés ici avec Rehum et Shimshaï étaient issus des peuples transplantés en Samarie depuis leur territoire par le roi d’Assyrie Osnappar (Assurbanipal ; 669-631 av. J.C.). En liaison avec le v. 2, on peut conclure que le processus de réinstallation d’autres peuples par l’Assyrien après la transportation des dix tribus en 722 av. J.C. nécessita plusieurs dizaines d’années, depuis Sankhérib jusqu’au temps d’Osnappar au milieu du 7ième siècle. Parmi les peuples transplantés, il y avait les Dinites (nommés seulement ici), les Apharsathkites (nommés seulement ici), les Tarpelites (nommés seulement ici), les Apharsites (peut-être des Perses), les Arkévites (= de la ville d’Erek ou Uruk), les Babyloniens, les Susankites (venant de Suse), les Déhaviens (nommés seulement ici) et les Élamites et le reste des peuplades. Assurbanipal avait annexé à son royaume Babel et Élam en 648 et 639 av. J.C. dans une bataille contre son frère Samassumukin, le roi de Babylone.

Tous les peuples nommés, ou non, n’habitaient pas seulement en Samarie, mais aussi dans les autres régions à l’Ouest c’est-à-dire selon le point de vue perse, « de l’autre côté du fleuve » [= de ce côté-là] Euphrate. Ces peuplades se sentaient menacées par le retour de la petite troupe de Juifs vers Juda et Jérusalem, et leur désir de reconstruire la maison de Dieu ; c’est ce qui les amena à écrire cette lettre au roi pour lui demander de faire arrêter les Juifs. Ils se plaçaient en grande humilité comme serviteurs du roi « de ce côté (*) du fleuve » (v. 11).

 

(*) « De ce côté » du fleuve au v. 10 et au v. 11 est le même mot dans le texte original et désigne dans le livre d’Esdras les régions à l’Ouest de l’Euphrate. Selon le point de vue de chacun des observateurs, certaines versions traduisent différemment en disant de ce côté-ci du fleuve ou de ce côté-là (de l’autre côté) du fleuve.

 

5.5.3        Ch. 4:12

« Que le roi sache que les Juifs qui sont montés de chez toi vers nous et sont venus à Jérusalem, bâtissent la ville rebelle et méchante, et que les murailles s’achèvent, et qu’ils restaurent les fondements ».

 

La mission du roi Cyrus de Perse donnée aux Juifs, était formulée de la manière suivante : « Qui d’entre vous, quel qu’il soit, est de son peuple, — que son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem, qui est en Juda, et qu’il bâtisse la maison de l’Éternel, le Dieu d’Israël (lui est Dieu), à Jérusalem » (1:3). On ne trouve ici pas un mot de ce décret royal. Au contraire le retour des Juifs est presque présenté comme s’ils étaient « montés » d’eux-mêmes depuis Babylone « vers nous », les Samaritains. Les Samaritains étaient pourtant établis dans le territoire du royaume du Nord. La région de Samarie ne se trouve donc pas du tout dans le voisinage immédiat de Jérusalem, qui est sur le territoire de Juda, mais elle est à environ 100 km au Nord. Déjà une fausse impression est suscitée par cette présentation.

La description de l’activité du résidu, ensuite, est purement de la fausseté et de la calomnie. Cyrus avait donné la mission de construire le temple en 536 av. J.C. (1:2-4). Le consentement du roi Artaxerxès pour construire la muraille de Jérusalem ne fut obtenu par Néhémie qu’en 445 av. J.C. La présente lettre date d’environ 522 av. J.C., soit environ 80 ans plus tôt. La mission de ces premières années était la construction du temple, comme le montre les trois premiers chapitres du livre d’Esdras. Certes, les Juifs ont dû aussi se faire des maisons, mais il ne pouvait pas encore être question d’une reconstruction de la ville, « la ville rebelle et méchante » et de ses murailles. La mention de la reconstruction de la muraille de la ville et de ses fondements était un reproche fait aux Juifs entièrement basé sur du vent. Le roi lointain devait en tirer la fausse impression qu’à Jérusalem était en train de se fomenter un nid de résistance contre la domination perse. Il est vrai que, dans l’expression « la ville rebelle et méchante », il y avait un brin de vérité, comme nous allons encore le voir. — Combien souvent, dans le cours du temps, on a cherché à anéantir l’œuvre et la vérité de Dieu par de la calomnie ! Déjà la première tentation de Satan [Gen. 3] contenait une fausse présentation de la Parole de Dieu. Elle a réussi. Mais la vérité de Dieu sera toujours vainqueur ! C’est ce qui arrive ici, et nous en ferons aussi l’expérience si nous suivons et servons fidèlement notre Seigneur, même si nous devons confesser que nous faillissons à plusieurs égards.

 

5.5.4        Ch. 4:13

« Que le roi sache donc que si cette ville est bâtie et que ses murailles s’achèvent, ils ne payeront ni tribut, ni impôt, ni péage, et, plus tard, cela portera préjudice aux rois ».

 

Ce tableau d’un avenir sombre dépeint au puissant roi de Perse se basait sur l’information consciemment fausse sur la construction de la ville et de ses murailles. La reconstruction de Jérusalem comme ville fortifiée devait soi-disant conduire à ce que les habitants s’élèvent contre la domination des Perses et qu’ils cessent de payer les impôts ou taxes obligatoires. Le résultat serait de graves dommages pour la nation dominatrice.

 

5.5.5        Ch. 4:14-16

« Or comme nous mangeons le sel du palais, et qu’il n’était pas convenable pour nous de voir qu’on faisait tort au roi, à cause de cela nous avons envoyé et nous avons informé le roi, afin qu’on cherche dans le livre des annales de tes pères : et tu trouveras dans le livre des annales et tu sauras que cette ville est une ville rebelle, et qu’elle a porté préjudice aux rois et aux provinces, et que, dès les jours anciens, on y a fait des séditions : c’est pourquoi cette ville a été détruite. Nous faisons savoir au roi que si cette ville est rebâtie et que ses murailles s’achèvent, à cause de cela, tu n’auras plus de possession de ce côté du fleuve ».

 

Dans la lettre, le secrétaire assure le roi de sa loyauté. « Manger le sel du palais » équivaut à « maintenir la fidélité à une alliance » (comp. ‘alliance de sel’ en Nomb. 18:19 ; 2 Chr. 13:5). La lettre se termine par un reproche supplémentaire contre les habitants de Jérusalem accusés d’être des gens « rebelles » et « séditieux ». Malheureusement cela correspondait à la vérité. Ézéchias s’était soulevé contre le roi d’Assyrie, Jéhoïakim et Sédécias contre le roi de Babylone (2 Rois 18:7 ; 24:1, 20). Ils avaient par-là donné au monde qui les entourait un motif pour blasphémer (voir 1 Tim. 5:14) ! Si Dieu dans sa grâce pardonne tous les péchés qui Lui sont confessés, l’ennemi n’oublie jamais nos faux pas et sait les utiliser contre nous en son temps.

Pour terminer, la fausse accusation concernant la reconstruction de la ville de Jérusalem est renforcée avec toute insistance. Les ennemis rappellent la raison de la destruction de Jérusalem par Nebucadnetsar et avertissent Artaxerxès, d’une manière un peu hautaine, avec des menaces sur les conséquences de la reconstruction de la ville et de ses murailles. À leur point de vue, cela finirait par la perte de tous les territoires des Perses à l’Ouest de l’Euphrate.

 

5.6       La réponse du roi Artaxerxès — 4:17-22

« Le roi envoya un rescrit à Rehum, chancelier, et à Shimshaï, secrétaire, et au reste de leurs collègues qui habitaient à Samarie, et dans le reste du pays de l’autre côté du fleuve : Paix, etc. La lettre que vous nous avez envoyée a été lue exactement devant moi. Et de par moi un ordre a été donné, et on a cherché, et on a trouvé que, dès les jours anciens, cette ville s’est soulevée contre les rois, et qu’il s’y est fait des révoltes et des séditions, et qu’il y a eu sur Jérusalem de puissants rois qui ont régné sur tout ce qui est de l’autre côté du fleuve, et que le tribut, l’impôt, et le péage leur ont été payés. Ainsi, donnez ordre de faire cesser ces hommes, et que cette ville ne soit pas bâtie, jusqu’à ce que l’ordre en soit donné de par moi. Gardez-vous de manquer à faire cela : pourquoi le dommage augmenterait-il au préjudice des rois ? » (4:17-22).

 

La réponse du roi Artaxerxès est adressée à ceux que la lettre d’accusation désigne comme ses envoyeurs, c’est-à-dire, le gouverneur (chancelier) Rehum et son secrétaire Shimshaï. Les révoltes des Juifs mentionnées par les accusateurs contre les puissances dominatrices sont vérifiées et se trouvent confirmées. On est même remonté dans le passé pour faire des recherches qui ont établi « qu’il y a eu sur Jérusalem des rois puissants qui ont régné sur tout ce qui est de l’autre côté du fleuve, et que le tribut, l’impôt, et le péage leur ont été payés ». C’était le cas spécialement sous Salomon (2 Chr. 9:26).

Le roi de Perse plaçait manifestement une grande confiance dans son gouverneur (chancelier), et il ne fit pas faire davantage de recherches sur la vérité de l’accusation. Il devint donc complice des ennemis du peuple de Dieu, vraisemblablement sans le savoir ni le vouloir.

Il a quand même laissé une échappatoire diplomatique en disant : « … jusqu’à ce que l’ordre en soit donné de par moi ». N’était-il pas très sûr dans cette affaire ? Avait-il appris quelque chose sur le seul vrai Dieu et sur Son culte par le moyen de Juifs fidèles auxquels Dieu avait ouvert l’accès jusqu’au service des rois de Babylone et de Perse ? Nous ne savons pas. Mais cette supposition n’est pas à exclure. Pensons seulement à Daniel et à ses trois amis, et à la reine Esther, et au scribe Esdras et à Néhémie ! Ils jouissaient tous d’une grande confiance auprès des rois à Babylone.

Pour finir le rescrit du roi demande aux accusateurs : « Gardez-vous de manquer à faire cela : pourquoi le dommage augmenterait-il au préjudice des rois ? » Ces paroles contiennent un avertissement clair aux ennemis du peuple de Dieu de ne pas se sentir trop sûrs d’eux. Dieu veillait sur son peuple, même si — comme nous le verrons — il ne se comportait pas comme il faut ou comme Lui aurait pu l’attendre. Ses yeux sont dirigés avec une vigilance divine sur Son peuple terrestre. Et aujourd’hui il en est encore de même.

 

5.7       L’interruption de la construction du temple — 4:23, 24

« Alors, aussitôt que la copie de la lettre du roi Artaxerxès eut été lue devant Rehum et Shimshaï, le secrétaire, et leurs collègues, ils allèrent en hâte à Jérusalem vers les Juifs, et les firent cesser par force et par puissance.

Alors le travail de la maison de Dieu qui est à Jérusalem cessa ; et il fut arrêté jusqu’à la seconde année du règne de Darius, roi de Perse » (4:23,24).

 

À peine « une copie de la lettre du roi Artaxerxès » (une autre copie et l’original restaient habituellement à la cour du roi) eut été lue aux plus hauts fonctionnaires administratifs de Samarie, ceux-ci se mirent en route pour Jérusalem. Manifestement ils voyagèrent accompagnés d’hommes armés qui pouvaient imposer leur « puissance » par la « force ».

Que devaient faire les Juifs maintenant ? Ils ne leur restait plus qu’à suivre les ordres supérieurs. Les quatorze années précédentes de travail pour la restauration de l’habitation de Dieu sur la terre avaient commencé dans la joie, la louange et les actions de grâce, et voilà qu’elles étaient arrivées à leur fin. Les Juifs avaient pu durant ce temps louer Dieu en disant : « Car il est bon, car sa bonté envers Israël demeure à toujours » (3:11). Cette bonté de Dieu durait encore pour eux. Car les paroles de Proverbes 3:11,12 ne valaient pas seulement pour l’époque mais aussi pour aujourd’hui : « Mon fils, ne méprise pas l’instruction de l’Éternel, et n’aie pas en aversion sa réprimande ; car celui que l’Éternel aime, il le discipline, comme un père le fils auquel il prend plaisir » (voir Héb. 12:5, 6).

En réalité ce n’était pas l’interdiction qui était la cause de ce que la construction du temple n’était plus au premier plan ; mais il y avait d’autres raisons qui avaient conduit à la négliger de plus en plus, et finalement la mettre de côté. C’est ce que nous apprenons avant tout par le livre du prophète Aggée qui, avec Zacharie, ont encouragé le peuple à reprendre la construction par des oracles prophétiques de la part de Dieu.

 

5.8       Pendant combien de temps la construction du temple s’est-elle arrêtée ?

L’espace de temps entre le commencement de la construction du temple dans la seconde année du retour du résidu (536 av. J.C.) et son achèvement dans la seizième année du roi Darius (516 av. J.C.) se monte à environ 20 ans (3:8 ; 6:14). Cependant, pendant combien de temps l’activité a-t-elle été interrompue, et pour quelles raisons ?

Sur cette durée, il y a différents points de vue. La raison principale de ces différences tourne autour de l’ordre historique donné dans les v. 6-23 de ce ch.4.

Comme nous l’avons vu, beaucoup de commentateurs considèrent Esdras 4:6-23 comme une insertion du temps de Néhémie parce que, dans la lettre à Artaxerxès, il est question de la construction de la ville et de sa muraille (4:12-13). Du fait que dans le livre d’Esdras il s’agit de la construction du temple, certains pensent que cette lettre fausse l’ordre, car le roi Artaxerxès mentionné n’a régné que bien plus tard selon leur conception (464-424 av. J.C.). En suivant ce point de vue, on aboutirait à une durée d’environ 9 jusqu’à 15 ans, selon qu’on fait commencer la cessation de la construction du temple seulement à la fin du règne du roi Cyrus, ou plus tôt. Cependant ce point de vue méconnait plusieurs faits.

 

1. Ce que les opposants prétendent dans leur lettre au sujet de la ville et de sa muraille, qu’elles seraient en cours de reconstruction, était un mensonge conscient. Protester contre la construction du temple aurait été complètement inutile, car il avait été ordonné par le roi de Perse Cyrus (Esdras 1:2). Le décret correspondant avec tous ses détails était encore disponible au temps du roi Darius (c’est-à-dire une dizaine d’années plus tard ; 6:1-5). Du fait que la lettre citée ici aux v. 11-16 est caractérisée par la haine contre le peuple de Dieu, elle n’a pas de valeur quant à la présentation de la vérité. Cependant le roi de Perse accepta cette lettre car, de loin, il ne pouvait naturellement que s’en tenir à ce qu’écrivaient les mauvais accusateurs.

 

2. Dans le livre de Néhémie, il n’est nulle part question de lettre des ennemis aux rois de Perse. Il serait difficile d’y trouver une situation où l’on puisse insérer ces deux lettres.

 

3. Comme gouverneur de Samarie, le livre de Néhémie ne mentionne que Sanballat, tandis qu’ici c’est Rehum (v. 8 ; Néh. 3:24). Les autres chefs ennemis comportaient d’autres noms que ceux d’Esdras 4.

 

4. Nous avons déjà vu le fait qu’ici les noms des rois perses mentionnés Assuérus et Artaxerxès (Ahasveros et Artasasta) ne correspondent pas aux rois qui ont suivi Darius le grand (522-485 av. J.C.).

 

Ceux qui considèrent les deux lettres comme des insertions ou des interpolations n’ont pas d’autres choix que de faire commencer l’interruption au temps de Cyrus. Ils rapportent le « alors » du v. 24 aux « jours de Cyrus » du v. 5.

Mais même si on voit la lettre comme positionnée correctement, il reste encore trois possibilités pour la durée d’interruption de la construction du temple.

 

●         Première possibilité : la construction aurait déjà été mise de côté au temps du roi Cyrus (559-529 av. J.C.) à cause des attaques indiquées au v. 5 ; dans ce cas l’interruption aurait duré au moins 9 ans et au maximum 16 ans (536 serait le commencement de la construction du temple, et la reprise aurait eu lieu dans la deuxième année de Darius, c’est-à-dire en 520 ; 4:24). Mais dans ce cas les lettres à Assuérus et Artaxerxès n’auraient été pas nécessaires, et même n’auraient eu aucun sens. De plus, le reste du v. 5 ne serait guère compréhensible : si le travail avait cessé par ordre de Cyrus, pourquoi les ennemis auraient-ils encore soudoyé des conseillers contre les Juifs beaucoup d’années plus tard ?

 

●         La construction aurait été mise de côté à cause de la lettre à Assuérus (529-523 av. J.C.), « au commencement de son règne » ; alors la cessation aurait duré 8 ans (v. 6). Si cette lettre avec les accusations contre les habitants de Juda et Jérusalem avaient réussi, alors la deuxième lettre, celle à Artaxerxès, aurait été superflue. C’est pourquoi il faut admettre que la première lettre n’était pas satisfaisante ou qu’elle n’a pas reçu de réponse, et c’est aussi pourquoi, sous le règne de son successeur Artaxerxès, une nouvelle tentative des ennemis fut entreprise au moyen de la seconde lettre.

 

●         Ce n’est que sur la base de la lettre à Artaxerxès (523-522 av. J.C.) que la construction du temple a été interrompue ; alors l’interruption a duré environ 2 ans (v. 7-23). Cela signifie que les ennemis n’ont pas eu de succès pendant un grand nombre d’années et que les Juifs ont toujours continué à construire, en particulier de 536 à 523/22 av. J.C. Cela s’accorde aussi avec le v. 5. Alors la durée totale de construction du temple, y compris les dernières années de 520 à 516 (6:15), se monterait à environ 17 à 18 ans. Salomon a eu besoin de 7 années pour la construction du temple (1 Rois 6:38), sachant que son père David avait déjà préparé beaucoup de choses, et que lui-même Salomon avait à sa disposition 180000 travailleurs (1 Rois 5:27-29), tandis qu’au temps de Zorobabel la totalité du résidu ne se montait qu’à 42360 personnes. Pour la construction du temple d’Hérode, de dimensions gigantesques, il a fallu 46 ans (Jean 2:20). De ce point de vue une durée de construction maximum de 18 ans est loin d’être irréaliste, alors que les circonstances étaient difficiles, tant quant aux matériaux que quant à la main d’œuvre.

 

Les attaques ennemies de l’extérieur n’ont pas été la seule raison du retard du travail. En Esdras 5:1,2, le ministère des prophètes Aggée et Zacharie nous l’apprend. Tandis que Zacharie insiste davantage sur l’avenir glorieux et sur le Messie, Aggée parle clairement et nettement de la situation du résidu à l’époque. Ses paroles donnent une image de l’état du peuple et nous montrent que ce ne sont pas seulement les circonstances extérieures, comme l’opposition et l’interdiction de la construction du temple par le roi, qui ont amené la cessation du travail. Non, c’était l’indifférence des gens vis-à-vis des intérêts de Dieu, et l’emprise de l’occupation des biens qu’ils possédaient. Dans les deux livres de ces prophètes, l’opposition de l’extérieur n’est même pas mentionnée, mais bien plutôt l’état du peuple.

Ceux qui faisaient partie du petit résidu étaient revenus dans un pays dévasté. S’intéresser à la construction de leur propre maison était naturel — mais pas spirituel ! Après un bon commencement décrit au ch. 3, leurs intérêts pour la maison de Dieu n’ont vraisemblablement pas tardé à cesser d’être au premier plan ; cette maison était dévastée, mais ils se sont davantage intéressés à leurs propres maisons pour les munir de tout le confort. Ils n’ont pas reconnu la main de Dieu en discipline, quand ils avaient des récoltes maigres, et que toute leur activité axée sur leurs biens propres était sans succès. Cette intervention de Dieu fut sans résultat.

C’est pourquoi Dieu leur envoya ses messagers les prophètes. Ils amenèrent le peuple à faire demi-tour, et ainsi à recommencer la construction du temple.