[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi - l'Évangile | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

Le sens et la valeur de l’Ancien Testament

 

Arend Remmers

tiré de «Vue d'ensemble de l'Ancien Testament», de A.Remmers.

Table des matières :

1      L’Ancien Testament est la Sainte Écriture

2      L’Ancien Testament — un livre d’histoire

3      L’Ancien Testament — un livre d’images

4      L’Ancien Testament — un témoignage de Christ

5      Prophéties

6      Types

7      L’unité de l’Ancien et du Nouveau Testament

 

 

Beaucoup de lecteurs de la Bible trouvent l’Ancien Testament difficile. Plusieurs pensent qu’à l’exception des Psaumes et de quelques autres passages, il ne contient que des récits concernant des époques depuis longtemps révolues ; pour nous, ces textes revêtiraient aujourd’hui tout au plus une valeur historique. D’autres considèrent bien l’Ancien Testament comme les Saintes Écritures des Israélites, mais n’y voient rien de plus. Les chrétiens n’auraient besoin que du Nouveau Testament. De telles conceptions ne rendent pas justice à la vraie signification des Saintes Écritures de l’Ancien Testament. Ce dernier est la Parole de Dieu, autant que le Nouveau Testament.

1         L’Ancien Testament est la Sainte Écriture

Les livres de l’Ancien Testament ne constituent pas seulement la première partie de la Bible, telle que nous la connaissons en tant que chrétiens. Ils étaient, et ils sont de nos jours encore, les Saintes Écritures du peuple d’Israël, c’est-à-dire des Juifs. La Bible des Juifs se distingue de notre Ancien Testament uniquement par l’ordre des différents livres, et non par le contenu. Les Juifs orthodoxes gardent toujours les nombreuses ordonnances de la loi de Moïse, mais ils observent en outre une multitude d’autres traditions qui vont beaucoup plus loin que les commandements de Dieu dans la loi (comp. Marc 7:1-16).

En tant que peuple, Israël ne discerne pas que le Messie, promis dans l’Ancien Testament et attendu par la nation, est déjà venu en la personne de Jésus Christ. Ce rejet eut pour conséquence que Dieu ne put plus reconnaître Israël comme son peuple terrestre ni le traiter comme tel, et qu’il le mit de côté pour un temps. Aujourd’hui, les Juifs comme les nations ne peuvent être réconciliés avec Dieu que par la foi au Seigneur Jésus Christ et à son œuvre expiatoire ; ils appartiennent alors à l’assemblée (ekklésia) du Dieu vivant (1 Cor. 12:13 ; Gal. 3:28 ; Éph. 2:11-18 ; Col. 3:11). L’endurcissement dont Dieu a frappé Israël est décrit en détail dans les chapitres 9 à 11 de l’épître aux Romains.

En fait, ayant rejeté Christ et le message du Nouveau Testament, Israël ne peut plus comprendre correctement l’Ancien Testament. Paul écrit en 2 Corinthiens 3:14-16 à ce sujet : « Mais leurs entendements ont été obscurcis, car jusqu’à aujourd’hui, dans la lecture de l’ancienne alliance, ce même voile demeure sans être levé, lequel prend fin en Christ. Mais jusqu’à aujourd’hui, lorsque Moïse est lu, le voile demeure sur leur cœur ; mais quand il se tournera vers le Seigneur, le voile sera ôté ».

 

2         L’Ancien Testament — un livre d’histoire

L’Ancien Testament est aussi un livre d’histoire : il couvre la période s’étendant de la création du monde jusqu’à l’époque qui a suivi la captivité babylonienne, vers 400 av. J.C. environ. Mais c’est un livre d’histoire divin, et non pas humain. Les deux premiers chapitres de la Bible, où nous trouvons la description de la création du monde et des hommes, renferment des faits qui ne nous sont connus que par révélation, car aucun témoignage humain ne pouvait être alors apporté.

De même, la lecture des autres parties de l’Ancien Testament confirme que l’« histoire » dont il s’agit n’a pas été écrite selon les normes humaines. Dans ce livre, Dieu montre comment il voit les hommes. Depuis la chute, ceux-ci n’ont cessé de s’éloigner toujours davantage de Dieu. Lorsque leur péché et leur orgueil s’accrurent outre mesure, Dieu punit la race humaine d’alors par le déluge. Mais après ce jugement, les hommes ne tardèrent pas à s’éloigner de nouveau de Dieu.

Pourtant, parmi ces hommes, il s’en trouvait aussi qui craignaient Dieu et croyaient en lui. Les vies d’un Énoch, d’un Noé, d’un Abraham, n’ont peut-être pas laissé d’impression profonde dans le monde, mais Dieu a fait consigner la marche et la foi de ces croyants (comp. Héb. 11).

De nombreux rois qui jouèrent un rôle important dans l’histoire du monde sont pratiquement tombés dans l’oubli, alors que d’autres, dont la mission ne fut que « secondaire », trouvèrent leur place dans la Bible, en raison des contacts qu’ils entretinrent avec Dieu ou son peuple. Ainsi, par exemple, le nom du roi Belshatsar est mentionné en Daniel 5, mais ne figure pas sur les listes officielles des monarques de Babylone. Or l’existence de ce souverain a été confirmée par la découverte d’un cylindre portant une inscription de Nabonid d’Ur, le père de Belshatsar.

La naissance et l’histoire du peuple d’Israël occupent la majeure partie de l’Ancien Testament. Dieu a choisi ce peuple par pure grâce, afin de donner à connaître sur la terre ses principes et sa volonté. Mais l’histoire d’Israël parle aussi de déclin, parce que l’homme gâte tout ce que Dieu lui confie. Même les prophètes, que Dieu envoyait continuellement à son peuple, ne purent pas enrayer cette tendance par leur ministère, rapporté en grande partie dans les livres prophétiques.

L’Ancien Testament décrit donc l’histoire de l’humanité et du peuple d’Israël sous le juste gouvernement de Dieu comme étant une longue période de rébellion et de déclin. Mais parallèlement, Dieu fait toujours briller sa grâce dans ces circonstances, et il montre aussi la foi de ceux qui se confiaient en lui.

 

3         L’Ancien Testament — un livre d’images

On trouve à plusieurs reprises, dans le Nouveau Testament, la mention selon laquelle l’Ancien Testament a été écrit également pour l’enseignement des chrétiens. Dans l’épître aux Romains, s’adressant aux croyants de Rome qui, pour la plupart, n’étaient pas issus des Juifs mais venaient d’entre les païens, l’apôtre Paul dit : « Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15:4). Les choses « écrites auparavant » et les « écritures » désignent clairement l’Ancien Testament. Ce fait ressort premièrement de la citation d’un psaume donnée au verset 3 de ce chapitre 15. Deuxièmement, à l’époque de la rédaction de l’épître aux Romains (vers 58 apr. J.C.), il n’existait qu’un très petit nombre des textes du Nouveau Testament. Nous ignorons dans quelle mesure ils étaient alors répandus et connus. Troisièmement, l’expression grecque hai graphai employée ici pour les « écritures » n’est utilisée dans le Nouveau Testament que pour désigner les Saintes Écritures de l’Ancien Testament.

Dans sa première épître aux Corinthiens également, Paul se réfère très souvent à l’Ancien Testament. Au chapitre 9, verset 9, il cite une ordonnance du Deutéronome (25:4) : « Tu n’emmuselleras pas le bœuf qui foule le grain ». Au verset 10 il ajoute : « Car c’est pour nous que cela est écrit... », et il met en évidence ce verset, ainsi que les coutumes de ceux qui servaient au temple (v. 13), pour démontrer que, dans le domaine spirituel aussi, tout serviteur a droit à un salaire pour son activité.

En 1 Corinthiens 10:1 à 11, Paul rappelle, en guise d’avertissements, différents incidents datant de l’époque du pèlerinage d’Israël dans le désert. Il les commente de la manière suivante : « Or ces choses arrivèrent comme types de ce qui nous concerne, afin que nous ne convoitions pas des choses mauvaises, comme ceux-là aussi ont convoité » (v. 6). L’énumération de quatre autres péchés dans lesquels Israël tomba (l’idolâtrie, la fornication, la rébellion et les murmures) se termine par ces mots : « Or toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints » (v. 11).

Les versets 21 à 31 de Galates 4 vont encore plus loin. Paul parle dans ce passage de Sara, la femme d’Abraham, et d’Agar sa servante, ainsi que de leurs fils Isaac et Ismaël ; et il dit expressément que ces choses doivent être prises dans un sens allégorique : ces personnes sont des images de la grâce et de la loi (v. 24). De la même manière, dans le chapitre 7 de l’épître aux Hébreux (v. 1-3), le roi Melchisédec est comparé à Christ, le Fils de Dieu. À cette occasion, la traduction et la signification de ses noms sont indiquées : roi de justice et roi de paix.

Ces passages du Nouveau Testament sont importants dans la mesure où ils nous donnent une « clé » inspirée par le Saint Esprit pour comprendre correctement l’Ancien Testament. Ce dernier renferme d’innombrables types ou « figures » qui font allusion à des personnes, des faits ou des événements du Nouveau Testament. Sous cet aspect, il est donc tout à fait justifié d’appeler l’Ancien Testament le « livre d’images » du Nouveau Testament. De nombreuses vérités, exposées doctrinalement et souvent sous une forme abstraite dans le Nouveau Testament, se trouvent déjà présentées en types dans l’Ancien Testament.

Ainsi par exemple, le sacrifice d’Isaac, au chapitre 22 de la Genèse, parle d’une manière très claire de Dieu « qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous » (Rom. 8:32). Le tabernacle dans le désert est une image appropriée de l’Assemblée (ekklésia) de Dieu aujourd’hui (Matt. 16:18 ; 1 Cor. 3:9-17). Et, comme nous l’avons vu, les quarante années de pèlerinage des Israélites dans le désert, avec toutes les tentations qu’ils rencontrèrent, parlent en figure de la vie chrétienne sur la terre et de tous les dangers qu’elle comporte.

Nous nous contenterons de ces quelques exemples. Ils montrent d’autre part différentes sortes de types dans l’Ancien Testament. On peut relever principalement les distinctions suivantes :

 

1. Les personnes : par exemple, Ève / l’Assemblée ; Joseph / Christ ; David / Christ.

 

2. Les objets : par exemple, l’arche / Christ ; le tabernacle / l’Assemblée ; les tables de la loi / la parole de Dieu.

 

3. Les lieux : l’Égypte / le monde ; le désert / nos circonstances terrestres ; Canaan / les lieux et les bénédictions célestes.

 

4. Les événements : Joseph vendu par ses frères / Christ rejeté par les Juifs ; les sacrifices d’animaux / l’œuvre de rédemption de Christ, etc.

 

Un principe fondamental s’impose en relation avec l’étude des types de l’Ancien Testament : n’allons jamais, dans leur interprétation, au-delà de ce que le Nouveau Testament nous révèle. Les types nous sont donnés pour illustrer d’une manière appropriée l’enseignement du Nouveau Testament par la pratique et pour la pratique.

 

4         L’Ancien Testament — un témoignage de Christ

Soulignons cependant ce fait essentiel : l’Ancien Testament rend déjà témoignage du Seigneur Jésus. Le Seigneur lui- même dit aux Juifs en Jean 5:39 : « Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi ». Il annonça ses souffrances aux disciples par ces paroles : « Voici, nous montons à Jérusalem, et toutes les choses qui sont écrites par les prophètes touchant le Fils de l’homme seront accomplies : car il sera livré aux nations ; on se moquera de lui, et on l’injuriera, et on crachera contre lui ; et après qu’ils l’auront fouetté, ils le mettront à mort ; et le troisième jour il ressuscitera » (Luc 18:31-33). Puis, le jour de sa résurrection, lorsque le Seigneur se mit à marcher avec les deux disciples accablés qui se rendaient de Jérusalem à Emmaüs, il finit par leur dire : « Ô gens sans intelligence et lents de cœur à croire toutes les choses que les prophètes ont dites ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent » (Luc 24:25-27). Au soir de ce même jour, le Seigneur apparut à tous ses disciples. À cette occasion, il dit : « Ce sont ici les paroles que je vous disais quand j’étais encore avec vous, qu’il fallait que toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes, fussent accomplies. Alors il leur ouvrit l’intelligence pour entendre les écritures. Et il leur dit : Il est ainsi écrit ; et ainsi il fallait que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem » (Luc 24:44-47).

Ainsi donc, non seulement les prophètes, mais toutes les écritures de l’Ancien Testament rendent témoignage de Christ et de son œuvre ! La division dont le Seigneur se sert en Luc 24:44 pour désigner l’ensemble de l’Ancien Testament : la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes, correspond exactement à la classification judaïque : la loi, les prophètes, les écritures (torah, nebiim, ketubim avec les Psaumes comme premier et principal livre).

Dans leurs prédications, dès le début, les apôtres aussi s’appuyaient sur le fait que les écritures de l’Ancien Testament parlaient de Christ : Pierre en Actes 2:30, 31 ; 3:18, 22, 23 ; Philippe, au chapitre 8 (v. 35), et Paul dans les chapitres 17 (v. 2, 3) et 28 (v. 23).

 

5         Prophéties

Les prophéties concernant le Seigneur Jésus et son œuvre commencent dans le livre de la Genèse. Elles remplissent tout l’Ancien Testament et culminent dans les prophètes. On peut discerner en elles une progression manifeste des révélations.

La première déclaration prophétique relative au Seigneur Jésus est donnée dans le chapitre 3 de la Genèse (v. 15). Après la chute, Dieu lui-même dit au serpent : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence. Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon » — une allusion claire à Golgotha ! (Comp. Héb. 2:14.)

Au chapitre 22 de la Genèse, Abraham reçut de Dieu la promesse suivante : « Et toutes les nations de la terre se béniront [ou : seront bénies] en ta semence » (v. 18). Selon Galates 3:16, cette semence (descendance) d’Abraham n’est personne d’autre que Christ !

Le patriarche Jacob fut l’homme qui exprima la première prophétie relative au Seigneur Jésus. Dans la bénédiction qu’il prononça sur son fils Juda, Jacob dit : « Le sceptre ne se retirera point de Juda, ni un législateur d’entre ses pieds, jusqu’à ce que Shilo [« celui qui apporte la paix » ou « Dominateur »] vienne ; et à lui sera l’obéissance des peuples » (Gen. 49:10). Déjà ici, nous trouvons l’annonce selon laquelle Christ sortirait de la famille de Juda.

Dans les Psaumes et les livres des prophètes, d’autres détails concernant la vie, les souffrances et la mort du Seigneur sont annoncés ; toutes ces prédictions ont déjà été réalisées. Michée 5:1 mentionne le lieu de sa naissance : Bethlehem, Daniel 9:25, l’époque de sa venue, et Ésaïe 7:14, sa naissance miraculeuse. De nombreux passages décrivent aussi sa gloire et son règne pendant le Millénium. Dans la dernière prophétie messianique de l’Ancien Testament, en Malachie 4:2, le Seigneur est appelé « le soleil de justice ».

 

6         Types

Dans la partie intitulée L’Ancien Testamentun livre d’images, nous avons déjà relevé un certain nombre de types, dont quelques-uns se rapportent au Seigneur Jésus. Ces types constituent un autre genre de témoignage rendu au Seigneur Jésus dans l’Ancien Testament.

Nous n’énumérerons ici que quelques-unes des innombrables figures de l’Ancien Testament dont l’explication est donnée dans le Nouveau Testament :

1. L’agneau pascal (Ex. 12 / 1 Cor. 5:7).

2. Le souverain sacrificateur (Héb. 2:17 ; 9:11 ; 10:11, 12).

3. L’arche de l’alliance et le propitiatoire (Ex. 25:10ss / Héb. 9:4, 5 ; Rom. 3:25).

4. Le serpent d’airain (Nb. 21:9 / Jean 3:14).

5. Jonas trois jours dans le ventre du poisson (Jonas 2:1 / Matt. 12:40).

 

7         L’unité de l’Ancien et du Nouveau Testament

L’Ancien Testament n’est donc pas un simple document historique. Il renferme de nombreuses prophéties, les unes ayant déjà eu leur accomplissement, les autres attendant encore d’être réalisées. Il contient en outre une quantité surprenante de figures qui présentent des vérités du Nouveau Testament. Celles-ci devaient demeurer cachées aux lecteurs de l’époque ; elles ne peuvent être comprises qu’à la lumière de la révélation du Nouveau Testament. Mais le principal reste que, du début à la fin, l’Ancien Testament rend témoignage du Seigneur Jésus.

Ainsi l’Ancien et le Nouveau Testament forment une unité indissoluble. Sans la première partie de la Bible, d’importantes portions de la seconde seraient incompréhensibles. Le Nouveau Testament contient au moins 330 citations de l’Ancien (voir mon livre : Vue d’ensemble du Nouveau Testament : « Citations de l’Ancien Testament dans le Nouveau »). Ce fait prouve, d’un point de vue purement extérieur, l’étroite relation entre les deux parties de la Bible. De plus, de nombreux passages du Nouveau Testament mentionnent des événements ou des noms de l’Ancien Testament, sans pour autant qu’il s’agisse d’une citation textuelle.

Tout ceci confirme l’exactitude du vieux proverbe latin :

 

Novum Testamentum in Vetere latet

Vetus Testamentum in Novo patet.

 

« Le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien ; l’Ancien Testament est ouvert dans le Nouveau ».