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Zacharie

 

Philippe Tapernoux

 

 

Table des matières :

1     Chapitre 1 — Revenez à Moi et je reviendrai à vous

1.1      Ch. 1 v. 1-6

1.2      Ch. 2 v. 7-13

1.3      Ch. 1 v. 14-21

2     Chapitre 2 — Une muraille de feu

2.1      Ch. 2 v. 1-2

2.2      Ch. 2 v. 3-9

2.3      Ch. 2 v. 10-13

3     Chapitre 3 — Des habits de fête

3.1      Ch. 3 v. 1-5 — La grâce régnant par la justice

3.2      Ch. 3 v. 6-7 — La responsabilité

3.3      Ch. 3 v. 8-10 — Bénédictions en Christ et par Christ

4     Chapitre 7 — Est-ce réellement pour Moi que vous avez jeûné ?

4.1      Ch. 7 v. 1-7

4.2      Ch. 7 v. 8-14

 

 

 

 

1                    Chapitre 1 — Revenez à Moi et je reviendrai à vous

ME 1928 p. 269, 281, 293

1.1   Ch. 1 v. 1-6

Cette prophétie s’ouvre par un fait solennel, qui était propre à rappeler au coeur des fidèles la condition de misère et de déchéance dans laquelle était tombé le peuple de Dieu. Ce message fut donné à Zacharie «au huitième mois, en la seconde année de Darius» (v. 1). Où étaient les temps de splendeur du royaume d’Israël, alors que «Juda et Israël habitaient en sécurité, chacun sous sa vigne et sous son figuier» et que, «de tous les peuples, on venait pour entendre la sagesse de Salomon de la part de tous les rois de la terre» ? (1 Rois 4:25, 34). Évanouis à jamais. Le trône terrestre et l’autorité royale avaient été retirés de Jérusalem. Les «temps des nations» avaient commencé par l’établissement d’une monarchie générale à Babylone et, dès lors, ils ont continué leur cours : «Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations», jusqu’à ce qu’ils soient accomplis, et que le Fils de l’homme apparaisse «sur une nuée avec puissance et une grande gloire» (Luc 21:27), pour prendre possession de l’héritage. «Sa domination est une domination éternelle qui ne passera pas, et son royaume un royaume qui ne sera pas détruit» (Dan. 7:14).

La destruction de Babylone avait mis fin au premier empire des nations, et c’étaient les Mèdes et les Perses qui possédaient pour un temps l’autorité suprême. Darius, roi de Perse, était sur le trône, lorsque le prophète reçut le message que nous désirons considérer. Par une miséricordieuse dispensation de Celui qui n’oublie pas ses promesses faites aux pères, un résidu était rentré à Jérusalem, pour rétablir l’autel et réédifier la maison. Ces faibles témoins, effrayés par l’opposition de l’adversaire, avaient abandonné le travail de la maison de Dieu et s’occupaient de leurs propres intérêts. C’est pourquoi deux serviteurs fidèles, Aggée et Zacharie, furent suscités pour les réveiller de leur torpeur (Esdras 5:1).

Le commencement de cette «parole de l’Éternel» est abrupt et saisissant : «L’Éternel a été fort en courroux contre vos pères» (v. 2). Une telle déclaration était propre à faire rentrer en eux-mêmes ceux qui l’entendaient, mais ne s’adresse-t-elle pas avec force à nos âmes aujourd’hui ? Les châtiments douloureux qui pèsent sur la famille de la foi dans ces derniers jours, ne parlent-ils pas hautement du déplaisir que lui causent l’indifférence et le mépris de sa Parole qui vont en grandissant parmi ceux qui font profession de le connaître ?

Ce n’était pas une vérité nouvelle et inconnue qu’énonçait le prophète à ses auditeurs. Leur condition actuelle, leur assujettissement à une puissance païenne, qui formaient un si grand contraste avec la gloire et la prospérité passées, en étaient le témoignage évident. Le fait que le peuple de Dieu avait été emmené en captivité par les nations et que c’était par la permission d’un roi étranger qu’un faible résidu avait pu reprendre le chemin de la terre promise, était certainement propre à réveiller les consciences et à les amener à de salutaires réflexions, relativement à la cause première de leurs souffrances et de leurs humiliations. Nous savons toutefois combien il nous est facile de nous habituer à nos circonstances et de ne pas reconnaître la main du Seigneur dans tout ce qui nous arrive. Alors nous sommes portés à jeter le blâme sur d’autres personnes, à nous raidir contre l’adversité, comme on le ferait contre un ennemi qu’il faut combattre de toutes ses forces. C’est la raison pour laquelle le prophète invite le peuple à considérer de près son histoire passée, caractérisée par la rébellion des pères et le courroux de l’Éternel contre eux.

Le verset suivant contient un principe d’une importance extrême : «Et tu leur diras : Ainsi dit l’Éternel des armées : Revenez à moi, dit l’Éternel des armées, et je reviendrai à vous» (v. 3). Dieu n’abandonne jamais le dessein de son amour, quel que soit l’état pratique de son peuple. Le péché de celui-ci peut nécessiter l’exercice de nos châtiments ; toutefois, Il ne rompt pas la relation que son choix souverain a formé entre lui et Israël. Si, d’une part, Il doit dire à cette nation : «Je vous ai connus, vous seuls, de toutes les familles de la terre : c’est pourquoi je visiterai sur vous toutes vos iniquités» (Amos 3:2), Il lui déclare d’autre part son propos immuable : «Car moi, l’Éternel, je ne change pas ; et vous, fils de Jacob, vous n’êtes pas consumés» (Mal. 3:6). Le caractère immuable de ses relations en grâce avec eux est ainsi à la base de toutes ses voies à leur égard. C’est pourquoi, Il peut leur envoyer ce message qui nous est adressé à nous également : «Revenez à moi et je reviendrai à vous» (v. 3).

À cause de sa gloire infinie, Dieu ne peut sanctionner les transgressions et les iniquités de ceux qu’Il amène dans la bénédiction de sa présence, et dont Il fait sa famille bien-aimée. C’est un principe immuable de son gouvernement à l’égard des siens dans toutes les économies. Il est un Dieu fidèle qui ne peut renier son caractère et ses droits. Aussi la condition de sa demeure avec ceux qui se réclament de son Nom et attendent les bénédictions de sa main est qu’ils reviennent à lui, s’ils se sont égarés dans des voies de désobéissance. C’est aussi ce que nous dit l’épître de Jacques : «Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous» (Jacq. 4:8). Le message d’Azaria, fils d’Oded, au roi Asa et à tout Juda revêt le même caractère : «L’Éternel est avec vous quand vous êtes avec lui ; et si vous le cherchez vous le trouverez, et si vous l’abandonnez, il vous abandonnera» (2 Chron. 15:2).

Il en est ainsi aujourd’hui encore. Le Seigneur déclare qu’Il n’abandonnera jamais son peuple. Toutefois Il ne peut renier sa gloire en marchant avec eux, et en leur donnant la jouissance de son amour dans un chemin de désobéissance. Le secret de la bénédiction pour nous réside donc dans un exercice constant de coeur par lequel nous sommes gardés dans sa communion, dans sa dépendance et dans la soumission à l’autorité des Écritures.

L’exhortation du prophète était basée sur le triste exemple de leurs pères. Ceux-ci n’avaient pas manqué d’avertissements de la part de Dieu. Des serviteurs fidèles leur avaient été envoyés par lui pour les inviter à la repentance, mais ils ne les écoutaient pas, et cette insensibilité morale caractérise également la chrétienté professante au jour actuel, en dépit des appels multipliés qui lui sont adressés.

Quelle fut la conséquence de la rébellion persistante des enfants d’Israël ? Firent-ils l’expérience que le sentier de la désobéissance est celui de la sécurité et de la bénédiction ? Non, il ne peut en être ainsi. C’est pourquoi Zacharie exhorte ses frères à ne pas leur ressembler : «Vos pères où sont-ils ? et les prophètes ont-ils vécu à toujours ?» (v. 5). Quand ceux-ci eurent achevé le service qu’ils avaient à accomplir, ils furent retirés de la scène du témoignage et de la souffrance. Beaucoup d’entre eux furent outragés et mis à mort par ceux qu’ils invitaient à la repentance (Matt. 22:6). Qu’arriva-t-il à ces derniers ? Leur opposition persistante aux injonctions divines demeura-t-elle impunie ? «Mes paroles et mes décrets que j’ai commandés à mes serviteurs les prophètes n’ont-ils pas atteint vos pères ?» (v. 6). L’histoire douloureuse de la ruine et de la désolation qui avaient fondu sur la sainte cité et sur tout le pays, répondait hautement aux questions incisives du prophète. La Parole de Dieu ne retournera jamais à lui sans effet ; elle accomplira sa volonté. Bien que le jugement soit pour lui une oeuvre étrange et un travail inaccoutumé (És. 28:21), dans lequel Il ne trouve aucun plaisir, Il l’exécute, lorsque le mal est arrivé à son comble et que les exigences de sa sainteté ne permettent pas au Dieu vivant de le supporter plus longtemps.

Les principes fondamentaux, par lesquels s’ouvre cette prophétie sont donc : 1° La condition de la bénédiction du peuple de Dieu dans tous les temps (v. 3) ; 2° les maux terribles amenés sur lui par sa désobéissance (v. 4) ; 3° le caractère immuable de la Parole ; 4° les principes inflexibles du gouvernement de Dieu à l’égard de ceux qui sont en relation avec lui, selon leurs voies et leur conduite. Le résidu auquel s’adressait Zacharie reconnut la vérité de son message en disant : «Comme l’Éternel des armées s’est proposé de nous faire, selon nos voies et selon nos actions, ainsi en a-t-il fait à notre égard» (v. 6). Puissions-nous méditer sérieusement ces instructions, qui ne s’appliquent pas seulement à ceux auxquels elles étaient adressées, mais nous concernent aussi, nous «que les fins des siècles ont atteints» (1 Cor. 10:11).

 

1.2   Ch. 2 v. 7-13

En réponse à la confession de la ruine et de la désolation amenées par l’infidélité du peuple, que firent ceux auxquels s’adressait le prophète (v. 6) ? Dieu donne à celui-ci un nouveau message propre à encourager et consoler le faible résidu. Trois mois s’étaient écoulés depuis qu’il avait apporté à ses compagnons de travail la première «parole de l’Éternel». Il gardait le silence tant qu’aucune révélation de la pensée divine ne lui était communiquée et, lorsque celle-ci lui était donnée, il en faisait part à ceux qui avaient besoin de l’entendre.

Le Seigneur lui-même, venu ici-bas pour faire la volonté du Père, prit une place de dépendance absolue pour manifester, dans ce monde, la gloire morale de son être. L’injonction donnée à Timothée est aussi importante à retenir dans un jour de ruine, mais dans lequel le Saint Esprit demeure avec nous et en nous : «Prêche la Parole, insiste en temps et hors de temps, convaincs, reprends, exhorte avec toute longanimité et doctrine» (2 Tim. 4:2).

«Je vis de nuit ; et voici un homme monté sur un cheval roux, et il se tenait parmi les myrtes qui étaient dans le fond, et, après lui, il y avait des chevaux roux, bais et blancs» (v. 8). Comme le prophète lui-même (v. 9), il est bon que nous cherchions à comprendre cette vision. Remarquons d’abord qu’elle lui est donnée de nuit, symbole de l’état de ce monde pendant que s’accomplissent les événements qui se déroulent devant nous ici.

L’homme monté sur un cheval roux est l’Ange de l’Éternel (v. 11). Le cheval sur lequel le voit Zacharie est le symbole de la puissance divine qui opère dans le gouvernement de la terre, à l’insu des hommes qui ne sont pas dans le secret des pensées de Celui qui conduit toutes choses pour sa gloire. Comme le temps de la restauration de Jérusalem et de l’établissement du royaume entre les mains du Fils de l’homme, n’était pas encore arrivé, nous voyons derrière l’Ange de l’Éternel des chevaux roux, bais et blancs, symbolisant les trois puissances qui devaient encore se succéder sur le trône des nations avant l’apparition en gloire de l’Héritier. Ces trois empires étaient ceux des Perses, des Grecs et des Romains.

Un trait de la révélation donnée au prophète mérite notre attention : c’est le fait que le cheval monté par l’Ange de l’Éternel a la même couleur que le premier des trois qui le suivent : tous deux sont roux. Nous apprenons ainsi que, d’une manière spéciale, l’empire perse représenté par ce dernier serait dirigé par la providence divine à favoriser le résidu qui travaillait à la reconstruction du temple et, plus tard, au rétablissement de la cité. C’était un grand encouragement pour les faibles ouvriers que Dieu employait à ce service de savoir que sa main était étendue en leur faveur, et qu’Il inclinerait le coeur des puissants roi dont ils dépendaient, à leur venir en aide, au lieu de s’opposer à leur entreprise. Ainsi l’énergie qui s’exerçait, à ce moment, par des instruments humains pour le gouvernement de la terre, avait sa source en Dieu lui-même. Combien il est précieux pour ceux qui souffrent sous une autorité parfois tyrannique de se rappeler que Dieu n’abandonne jamais la direction de l’autorité qui s’exerce ici-bas. Quand le pouvoir suprême deviendra satanique, après que le Saint Esprit aura quitté la scène de ce monde, les saints devront lui résister et donner leur vie, plutôt que de sacrifier les droits du vrai Dieu (Apoc. 13:7-10).

C’était donc l’Ange qui «se tenait parmi les myrtes» qui, quoique invisible, conduisait les mouvements du cheval roux, image de la puissance sous laquelle était placé le peuple de Dieu, à cause de son infidélité. C’est, de fait, le caractère du gouvernement divin pendant tout le temps durant lequel Lo-Ammi (pas mon peuple) est écrit sur Israël. Apparemment, l’homme agit à sa guise pendant cette période ; Dieu n’exerce pas son jugement contre le mal comme Il le fera, d’une manière éclatante, quand sera établi le règne du Seigneur de gloire qui retranchera le méchant chaque matin.

Les myrtes dans le fond, nous rappellent la bénédiction millénaire, encore éloignée au moment de la vision, mais qui arrivera sûrement. Dans ce jour de gloire, Dieu fera «croître dans le désert l’acacia, le cèdre et le myrte». C’est de cet avenir bienheureux que Dieu veut occuper les coeurs des siens, pour qu’ils ne perdent pas courage en considérant la ruine actuelle.

Les chevaux de la vision sont «ceux que l’Éternel a envoyés pour se promener par la terre» (v. 10). La puissance leur est donnée, pour exercer de sa part l’autorité du gouvernement universel ici-bas. Ce ne sont pas précisément les instruments humains que Dieu emploie maintenant dans ce but, mais les esprits administrateurs qui dirigent providentiellement les empires. Ils rendent compte de leur mission, en disant : «Nous nous sommes promenés par la terre, et voici, toute la terre est en repos et tranquille» (v. 11). L’Agneau, au milieu du trône, possède «sept cornes et sept yeux qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés sur toute la terre» (Apoc. 5:6). Le gouvernement de la terre est entre ses mains, quoiqu’Il n’ait pas encore pris possession du royaume. Pendant qu’Il est caché à nos yeux, Il agit par son Esprit pour diriger les événements qui se déroulent sur la scène de ce monde, en vue de l’accomplissement des desseins de Dieu.

Jérusalem était désolée, le peuple élu en captivité et les nations étaient en repos et tranquilles. Jéhovah s’était servi d’elles pour infliger ses châtiments à Israël rebelle et apostat. Puis, comme nous l’avons vu, Il avait remis le gouvernement de la terre entre les mains des gentils. Mais, au lieu de s’acquitter de cette fonction dans le sentiment de leur responsabilité envers le Très-Haut, ceux-ci l’exerçaient pour la satisfaction de leur orgueil et de leurs convoitises, en s’enrichissant au détriment du peuple de Dieu opprimé par eux. C’est pourquoi Il dit : «Je suis courroucé d’un grand courroux contre les nations qui sont à leur aise ; car j’étais un peu courroucé et elles ont aidé au mal» (v. 15). Elles étaient heureuses de profiter de l’abaissement d’Israël, amené par ses péchés, et ne désiraient nullement la restauration d’une cité qui, dans le passé, avait été pour elles une cause de crainte et d’envie. Elles avaient «aidé au mal», qui avait fondu sur le peuple bien-aimé à cause de sa rébellion obstinée, mais elles avaient encouru un jugement plus grand que celui qui était tombé sur la sainte cité.

Pendant que les hommes étaient occupés de leurs propres intérêts, cherchant leurs aises et leur prospérité, et contemplaient, avec une profonde satisfaction, la destruction du sanctuaire de Dieu et la misère de son peuple, les compassions divines étaient émues en sa faveur : «Jusques à quand n’useras-tu pas de miséricorde envers Jérusalem et envers les villes de Juda, contre lesquelles tu as été indigné ces soixante-dix ans ?» (v. 12). Quelle leçon pour les croyants dans tous les temps ! le secours de l’homme est vain, mais il faut toujours élever ses regards vers le ciel et chercher la délivrance auprès de Celui qui trouve ses délices dans ses compassions.

La réponse à l’appel de l’Ange de l’Éternel fut immédiate, et ce furent «de bonnes paroles, des paroles de consolation» (v. 13). Nous pouvons remarquer que l’intercession du messager céleste était fondée sur le fait que la destruction de Jérusalem avait duré soixante-dix années, période déterminée par Jérémie pour le châtiment de son peuple. Le temps était donc venu pour que Dieu se souvienne de ce dernier. C’était ce que comprenait Daniel qui avait trouvé dans les Écritures que le temps fixé des désolations de Jérusalem était arrivé à son terme. Il avait intercédé avec ardeur pour elle.

 

Imitons ces hommes de Dieu et, comme eux, nous recevrons «de bonnes paroles, des paroles de consolation». Confessons avec humiliation la ruine de l’Église, amenée par notre infidélité. Le Seigneur tournera nos regards vers la bienheureuse espérance qui illumine le sentier de la foi et qui inonde de joie le coeur attaché à Christ.

 

1.3   Ch. 1 v. 14-21

«Ainsi dit l’Éternel des armées : Je suis jaloux d’une grande jalousie à l’égard de Jérusalem et à l’égard de Sion» (v. 14). Il est vrai que c’était lui qui avait livré la cité bien-aimée à la désolation. Nébucadnetsar était la verge dont Il s’était servi pour la châtier, Il avait agi ainsi à cause de ses péchés, dont la gravité était mesurée par l’intimité de ses relations avec lui et la grandeur des bénédictions dont Il l’avait comblée. «Jérusalem a grièvement péché» (Lam. 1:8). Comme elle avait reçu, «de la main de l’Éternel, le double pour tous ses péchés», le prophète pouvait lui crier que «son temps de détresse» était accompli. L’amour divin éclatait de nouveau en sa faveur et allait opérer la délivrance de Jérusalem, bien que le moment de sa pleine restauration fût encore pour un temps à venir.

Tel était, à cette heure, le grand objet des voies de Dieu sur la terre ; aussi était-Il courroucé contre les nations qui haïssaient son peuple et se réjouissaient de voir la ruine qui l’avait atteint. Dieu ne pouvait trouver son repos dans un sanctuaire désolé, tandis que ses ennemis voyaient avec délices son «saint temple profané». C’est là une des grandes causes du jugement qui tombent sur le monde : «Car le jour de l’Éternel est proche, contre toutes les nations : comme tu as fait, il te sera fait ; ta récompense retombera sur ta tête».

Ayant présenté le contraste entre ses pensées relativement à Israël et celles de ses adversaires, l’Éternel annonce son dessein immuable de bénédiction à l’égard de Sion : «Je suis revenu à Jérusalem avec miséricorde ; ma maison y sera bâtie» (v. 16). La réalisation complète des promesses de grâce inconditionnelle contenues dans cette prophétie est réservée pour le jour de la manifestation en gloire du Messie longtemps rejeté. C’est alors que «l’Éternel consolera encore Sion et choisira encore Jérusalem» (v. 17). C’est cette élection souveraine dont la ville sainte est l’objet qui est la cause première des gratuités répandues sur elle. Pour cela, il fallait une oeuvre de rédemption qui satisfît aux exigences de la gloire divine.

Bien que l’accomplissement des promesses fût à venir, elles étaient données pour la consolation et l’encouragement du pauvre et faible résidu remonté de Babylone. En considérant leurs circonstances difficiles, ces fidèles pouvaient se livrer au découragement. Aussi le Dieu compatissant qu’ils servaient leur ouvre son coeur ; et ainsi ils pouvaient reprendre avec zèle la construction de cette maison qui avait un tel prix pour lui. Il leur enseignait, en même temps, que leur retour du pays de la captivité, quelque partiel qu’il fût, était une preuve éclatante de la fidélité de Dieu aux promesses, si souvent réitérées dans sa Parole, d’une bénédiction immuable pour son ancien peuple.

Il y a, dans ce fait, une leçon pour nous aussi. L’importance d’un travail fidèlement accompli pour le Seigneur ne dépend pas de l’apparence extérieure qu’il revêt aux yeux des hommes, mais de l’appréciation qu’Il en fait lui-même. À ce moment-là, il n’y avait, sur la terre, aucune oeuvre qui, aux yeux de Dieu, fût comparable en valeur et en intérêt à celle qu’accomplissait ce petit résidu à Jérusalem. Or, qu’était-elle aux yeux des hommes ? Un pauvre et méprisable effort, ayant pour objet la reconstruction d’une maison pour y célébrer des rites nationaux et des cérémonies surannées ? C’était un mouvement sans aucune importance quelconque, au milieu de l’activité intense du monde religieux et politique de ce temps-là.

Recherchons donc avant tout l’approbation du Seigneur dans notre marche ici-bas. Ayons à coeur de lui plaire, en accomplissant humblement sa volonté, sans aspirer à ce qui est haut estimé parmi les hommes, mais qui n’a pas pour objet sa gloire.

Pour affermir la foi de ses faibles témoins, Dieu donne ensuite une nouvelle vision à son serviteur Zacharie. Il voit «quatre cornes» et, en réponse à sa question à ce sujet, l’ange lui dit : «Ce sont ici les cornes qui ont dispersé Juda, Israël et Jérusalem» (v. 19). Elles symbolisent donc les diverses puissances employées par Dieu pour punir et disperser son peuple, instruments providentiels du jugement exercé contre ce peuple coupable.

En pensant aux ennemis redoutables qui s’élevaient contre eux, les faibles serviteurs occupés à la réédification du temple auraient pu perdre courage. C’est pourquoi Dieu leur donna un nouvel encouragement : «Et l’Éternel me fit voir quatre ouvriers». Les cornes avaient dispersé Juda, de sorte que «personne ne levait la tête» (v. 21). Mais Dieu n’oublie pas ses promesses faites aux pères. Il se souviendra de «sa sainte alliance» et accordera à son peuple la délivrance de ses ennemis et de la main de tous ceux qui les haïssent (Luc 1:71, 72).

Au temps assigné, Il suscite des «ouvriers» qui effraient et détruisent «les cornes des nations qui ont levé la corne» contre ceux qui lui sont chers (v. 21). C’est ainsi que les puissants empires de Ninive et Babylone disparurent par la vengeance de Dieu exercée sur ceux qui s’étaient élevés contre Israël et Juda. Il en sera de même à la fin de l’histoire des temps des nations qui se terminera par la destruction de tous les ennemis et la manifestation de la gloire du Seigneur.

 

2                    Chapitre 2 — Une muraille de feu

 

ME 1929 p. 23, 47, 68

2.1   Ch. 2 v. 1-2

Le retour du résidu de Juda à Jérusalem, qui eut pour résultat le rétablissement du culte de l’Éternel et de la cité bien-aimée, était un événement d’une extrême importance dans les voies de Celui qui a dit : «J’ai formé ce peuple pour moi-même ; ils raconteront ma louange» (És. 43:21). Non seulement Dieu donnait ainsi le témoignage, éclatant de la vérité de sa Parole qui avait promis la délivrance du joug de Babylone, lorsque les soixante-dix ans de captivité seraient accomplis (Jér. 25:11 ; Dan. 9:2), mais Il préparait le chemin de son Oint qui, venu en grâce chez les siens, devait souffrir, mourir et accomplir l’oeuvre de la rédemption (Zach. 13:6, 7).

La scène qui se déroulait à Jérusalem sous les yeux du prophète pouvait paraître de peu d’importance. La reconstruction du temple de l’Éternel s’accomplissait au milieu de difficultés et d’obstacles qui provoquaient le découragement dans les faibles coeurs réveillés par la voix divine, pour s’intéresser à ce lieu sur lequel les yeux du Très-Haut sont arrêtés «continuellement, depuis le commencement de l’année, jusqu’à la fin de l’année» (Deut. 11:12). Pour les encourager dans ce précieux travail qui paraissait si chétif et misérable aux yeux de ceux qui avaient «vu cette maison dans sa première gloire» (Aggée 2:3), Dieu montre à son serviteur Zacharie que cette délivrance partielle était le gage assuré d’une restauration finale du temple et de la cité, qui sera accomplie par la manifestation en gloire et en puissance de son Messie longtemps rejeté. C’est le tableau de la bénédiction millénaire, que déroule devant le prophète et le peuple auquel il était envoyé, la vision que nous désirons considérer. Remarquons d’abord combien sont encourageantes pour nous ces déclarations divines, placées ici devant les fidèles remontés de la captivité de Babylone.

Comme Israël, l’Église a complètement failli dans le témoignage qu’elle était appelée à rendre à son Chef absent. Toutefois, du sein de sa ruine, la voix de l’Esprit a réveillé un faible résidu par ce cri : «Voici l’Époux ; sortez à sa rencontre» (Matt. 25:6). Bien des coeurs ont été touchés par cette parole. Des bénédictions longtemps perdues ont été retrouvées ; l’autel du culte a été relevé ; des frères ont repris leur place autour de la table du Seigneur, dressée sur le terrain de l’unité du corps, dans la séparation du monde et du mal. Quelque pauvre que soit ce témoignage aux vérités de l’appel et de l’espérance de l’Assemblée, il est comme un avant-goût de la délivrance complète, qui nous sera apportée à la venue du Seigneur, de l’accomplissement final de ses promesses et du jour de gloire, dans lequel Il se présentera son Église bien-aimée à lui-même, «sans tache, ni ride, ni rien de semblable».

Le prophète voit un homme ayant un cordeau à mesurer à la main (v. 1). Dans deux autres passages, nous trouvons le même symbole (Ézéch. 40:3 ; Apoc. 11:1). En les comparant, nous pouvons comprendre qu’il s’agit d’un acte préparatoire à la bénédiction que Dieu s’apprête à répandre sur son peuple, à la veille du moment où Il va rétablir son sanctuaire désolé et remplir sa maison de la manifestation de sa gloire, Il envoie un ange pour affirmer ses droits à la possession de ce lieu foulé aux pieds par l’ennemi. De, même, dans l’Apocalypse, Jean doit mesurer «le temple de Dieu et l’autel et ceux qui y adorent». Au milieu de l’apostasie générale de ce temps de la fin, il y aura un résidu fidèle que Dieu reconnaîtra comme lui appartenant, et qu’Il mettra à l’abri de la fureur de l’Antichrist. Combien précieux à ses yeux sera ce petit noyau de fidèles qui, résistant à toutes les séductions et tentations dont ils seront entourés, s’attacheront au Dieu de leurs pères et, dans leur profonde détresse, s’attendront à lui pour leur délivrance. Par contre, le parvis est rejeté pour être foulé aux pieds par les nations : c’est l’image de la masse de la nation apostate qui, ayant accepté celui «qui vient en son propre nom» (Jean 5:43) sera livrée pendant quarante-deux mois à la puissance de la bête (Apoc. 11:1-3).

Quelle consolation pour le faible résidu qui entourait Zacharie d’apprendre que la sainte cité, foulée aux pieds par les nations à cause de ses péchés, était toujours l’objet des compassions divines. Le temps de déployer sa puissance pour le rétablissement de sa demeure était arrivé pour Celui qui est fidèle à ces promesses. Ce n’était encore qu’une délivrance partielle, mais cette intervention de sa miséricorde était un signe avant-coureur de la rédemption finale qui sera effectuée par le Messie glorieux en vertu de la victoire qu’Il a remportée à la croix sur toute la puissance de l’ennemi. C’est pour mesurer «la largeur et la longueur» de Jérusalem que l’ange apparaît (v. 2). Avant d’y établir son trône royal, le Seigneur affirme ainsi ses droits à la possession de cette «terre sainte» (v. 12), et proclame qu’Il est à la veille de les faire valoir. Et nous, pour notre encouragement en l’absence du Seigneur, nous avons dans la parole prophétique la vision de sa gloire et de la prochaine manifestation de sa puissance, en vue de la délivrance de l’héritage. Elle nous montre au milieu du trône l’Agneau qui, après avoir souffert et vaincu, s’avance pour prendre de la main droite de Celui qui est assis sur le trône le livre du conseil de Dieu. Nous apprenons ainsi que ses droits, méconnus ici-bas, ont été pleinement revendiqués par le Dieu souverain et qu’ils seront établis par la puissance de Celui qui, étant autrefois l’Homme abaissé et mis à mort, est aussi le «Lion de la tribu de Juda» (Apoc. 5:5).

Pour comprendre la portée des promesses de bénédiction future données au prophète (v. 4, 5), il nous faut considérer les circonstances dans lesquelles il se trouvait, ainsi que le résidu qui écoutait son message. Occupés à la reconstruction du temple, ils ressentaient douloureusement le contraste que présentait ce faible travail avec la splendeur de celui de Salomon. Il est vrai que, par la miséricorde de Dieu, ils avaient vu s’ouvrir le chemin pour quitter la terre de l’exil et retrouver le pays de la promesse ; toutefois, les difficultés et les luttes abondaient dans la voie de témoignage et de service où les conduisait leur amour pour le sanctuaire désolé. Celui dont les yeux parcourent toute la terre, pour se montrer puissant en faveur de ceux qui le craignent (2 Chron. 16:9), suivait avec une tendre sollicitude les pas de ses pauvres serviteurs. Il voyait leurs craintes, leur peu de foi, leur découragement, devant les difficultés grandissantes que l’ennemi suscitait pour arrêter leur travail. Aussi, pour relever leur courage défaillant, Il envoie ses prophètes Aggée et Zacharie, avec un double message de sa part : «Soyez forts et travaillez ; je suis avec vous». «Je remplirai cette maison de gloire… et, dans ce lieu, je donnerai la paix» (Aggée 2:4, 6-9). Ainsi, d’une part, pour le temps présent les fidèles avaient l’assurance de la sollicitude constante, du secours tout-puissant et des ressources infinies de celui qu’ils servaient, et, d’autre part, l’avenir s’ouvrait devant eux avec la perspective d’une gloire qui éclipserait toute celle du passé et de bénédictions immuables, assurées en vertu des souffrances et de la victoire de leur Messie promis (14:20, 21).

Quoique nos privilèges aient un caractère plus élevé, les circonstances que nous traversons aujourd’hui, ainsi que les ressources et les encouragements que le Dieu de toute grâce nous donne, présentent une grande analogie avec ceux du résidu auquel s’adressait le message que nous considérons. La certitude de l’approbation du Seigneur dans le chemin qu’Il nous trace, ainsi que la perspective de sa gloire qu’Il fait briller devant les yeux de notre foi, sont propres à nous remplir de force et de joie, pour affronter les souffrances du temps présent qui ne sont certes pas dignes d’être comparées «avec la gloire à venir qui doit nous être révélée» (Rom. 8:18).

Les splendeurs du royaume dépasseront infiniment celles des plus beaux jours de Salomon. Prenons à coeur ces révélations qui nous sont destinées, aussi bien qu’elles l’étaient à Joshua et à ses compagnons. Apprenons que le remède, pour lutter efficacement contre le laisser-aller et le relâchement, ne consiste pas à nous occuper constamment de nos misères et de la ruine de l’Église (quoique nous devions en faire un sujet de prières et d’humiliation profonde devant le Seigneur), mais à détourner nos regards de la scène de désordre et de péché dans laquelle nous sommes, pour les fixer sans cesse sur le Chef glorieux, auquel nous appartenons, et sur ce «matin sans nuages» (2 Sam. 23:4) qui va se lever à l’horizon. «La joie» qui est devant nous (Héb. 12:2) nous est révélée pour stimuler notre foi personnelle et nous encourager individuellement à persévérer dans le combat, de même que la présentation de l’Épouse à Christ dans sa radieuse beauté doit être pour l’Assemblée, dans sa condition actuelle de faiblesse et de souffrance, un puissant motif de consolation et de patience en attendant son Époux (Éph. 5:27).

Comparer le présent au passé est toujours un signe de faiblesse ; mais la contemplation de l’avenir glorieux qui nous attend auprès du Seigneur, nous donne la force pour résister aux craintes et aux appréhensions, par lesquelles l’ennemi cherche sans cesse à alarmer et décourager nos coeurs.

 

2.2   Ch. 2 v. 3-9

Un second ange sort à la rencontre du premier et lui dit : «Cours, parle à ce jeune homme, disant : Jérusalem sera habitée comme les villes ouvertes… Et moi, je lui serai, dit l’Éternel, une muraille de feu tout autour, et je serai sa gloire au milieu d’elle» (v. 3-5).

Quoique jeune, le prophète avait montré combien il était exercé au sujet de l’état du peuple d’Israël et de la cité chère au coeur de Dieu. Celui qui sonde les affections et les pensées les plus intimes des siens avait vu l’affliction de son serviteur et son ardent désir que l’opprobre, qui s’attachait au sanctuaire désolé, fût ôté par la manifestation de la puissance du Très-Haut. Aussi Il lui envoie un messager rapide qui lui apporte des paroles de consolation et d’espérance. Il «habite le lieu haut élevé et saint», mais Il se plaît à demeurer avec «celui qui est abattu et d’un esprit contrit» (És. 57:15). Si nous prenons à coeur la ruine de l’Église, et la confessons comme étant la conséquence de nos infidélités, nous recevrons le témoignage de l’approbation du Seigneur et la révélation de sa gloire future.

Jérusalem sera habitée «comme les villes ouvertes», à cause de l’abondance de sa population et du bétail qui aura part à cette bénédiction.

Quel est le secret d’une telle bénédiction ? L’Éternel lui-même sera une muraille de feu autour de la cité bien-aimée et de son peuple racheté et sa gloire sera au milieu d’elle. C’est lui qui, par sa présence, manifestée en gloire, sera une protection inattaquable contre tout ennemi. Il sera ainsi la source de la paix et de la joie qui règneront dans la terre de la promesse et rayonneront de là sur tout le vaste domaine de la création. Il en fut toujours ainsi pour ceux que Dieu honorait de sa présence avec eux. Celle-ci assurait la bénédiction, la force et la sécurité du peuple d’Israël. Le privilège des deux ou trois réunis au Nom du Seigneur de l’avoir lui-même au milieu d’eux est aussi le secret du bonheur qu’ils trouvent dans un tel rassemblement et la sécurité des saints repose également sur lui seul : la muraille de feu et la gloire sont toujours intimement liées (Ex. 14:24, 25 ; És. 4:5).

Un appel pressant est ensuite adressé à ceux qui étaient demeurés dans le pays de la captivité. Ils sont invités à fuir «le pays du nord» (v. 6), afin d’échapper aux jugements qui allaient fondre sur ceux qui avaient fait d’eux «leur proie» (v. 8). La fille de Sion habitait à Babylone. Combien humiliant était un pareil esclavage pour ceux qui étaient les objets de l’amour et du choix de Dieu ! Quelle que soit la condition de son peuple, celui-ci ne perd jamais la place qu’il occupe dans le coeur de Celui qui l’a formé pour sa louange, ni son caractère et son existence à ses yeux. Sion est le lieu qu’Il a choisi pour son habitation. «C’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l’éternité» (Ps. 133:3). «Voici, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains ; tes murs sont continuellement devant moi» (És. 49:16).

C’est pourquoi Dieu faisait retentir la trompette pour rassembler son peuple dispersé. Ceux même qui n’avaient pas encore répondu à son appel faisaient partie à ses yeux de cette Sion bien-aimée, mais Il leur adresse son message : «Ho ! échappe-toi, Sion, toi qui habites chez la fille de Babylone !» (v. 7). Quelle contradiction entre un tel état et les bénédictions qui se rattachent à la montagne de Sion. Qu’avait à faire le peuple de Dieu dans une telle scène de corruption et d’idolâtrie ? Hélas ! depuis des siècles, les influences babyloniennes avaient détourné son coeur de l’Éternel. C’est pourquoi Celui qui est jaloux des affections des siens et doit châtier leurs infidélités les avait livrés en la main de l’ennemi, qui les avait transportés dans le pays de l’exil et des ténèbres. Maintenant le signal de la délivrance leur était donné et ils devaient en profiter. De même Jérémie s’écria : «Fuyez du milieu de Babylone, et sauvez chacun sa vie ! Ne soyez point détruits dans son iniquité, car c’est le temps de la vengeance de l’Éternel ; il lui rend sa récompense» (Jér. 51:6).

Il y a pour nous aussi une leçon solennelle dans ces avertissements. Le piège dans lequel tomba Israël est celui qui nous menace et qui a conduit l’Église professante à la ruine. La mondanité, c’est-à-dire la conformité de principes et de marche avec le monde, est le grand danger auquel nous sommes exposés. Écoutons donc l’appel que nous adresse la Parole : «Sortez du milieu d’eux, et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai» (2 Cor. 6:16-18). Il n’y a aucun autre moyen d’échapper à la corruption qui nous entoure et à tous les périls que nous courons, en traversant une scène de péché, que celui de nous retirer résolument du mal. La victoire, dans le sein même d’une profession sans vie, ne peut être remportée que si nous nous purifions des vases à déshonneur. C’est ainsi que dans la puissance de l’Esprit, nous pouvons poursuivre «la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un coeur pur» (2 Tim. 2:22).

Outre l’application actuelle de la parole prophétique que nous méditons, nous savons que cette parole s’adressera avec puissance au résidu fidèle, suscité au temps de la fin, pour rendre témoignage aux droits du «Seigneur de toute la terre» (Apoc. 11:4 ; 12:13-17), en face des prétentions de l’homme de péché. Depuis bien des siècles, Babylone aura été détruite, lorsque l’appel de l’Esprit de Dieu à sortir du milieu d’elle leur sera adressé (Apoc. 18:4). C’est à ce moment-là que le système d’iniquité et d’apostasie qui porte son nom, et dont tous les principes sont à l’oeuvre aujourd’hui, atteindra l’apogée de sa puissance. Sa haine du témoignage de Dieu, son idolâtrie et sa corruption attireront sur lui un prompt jugement. Pour ne pas participer à ses péchés et n’être pas enveloppés dans son jugement, les saints sont appelés à s’en détourner avec horreur : cela est vrai pour nous, comme pour les témoins qui viendront après que l’Église aura été retirée de la scène de ce monde.

Le jugement des nations qui ont foulé aux pieds le peuple d’Israël est ensuite annoncé : «Après la gloire» (v. 8), c’est-à-dire après l’apparition du Seigneur dans sa majesté et sa puissance, Il rassemblera ses élus «depuis l’un des bouts du ciel jusqu’à l’autre bout» (Matt. 24:31). Ensuite Il jugera leurs ennemis (Matt. 25:1). Nous trouvons la même pensée exprimée prophétiquement par le psalmiste : «Tu me conduiras par ton conseil, et après la gloire, tu me recevras» (Ps. 73:24). C’est alors que la fille de Sion, délivrée du joug de l’idolâtrie, reviendra à la demeure de Jéhovah, au lieu qu’Il a choisi pour y manifester sa puissance et son amour, et qu’Il entourera d’une muraille de feu pour qu’aucun ennemi ne puisse désormais l’atteindre. Il en sera de même de la cité céleste dont la muraille est de jaspe, symbole de la gloire de Dieu, qui en rend l’accès impossible à tout ce qui est incompatible avec elle-même (Apoc. 21:18).

Lorsque la nation recevra son Messie longtemps rejeté, Il répandra sur elle «un esprit de grâce et de supplications». Alors il y aura pardon et délivrance pour ceux qui mènent deuil : «Je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché» (Jér. 31:34). Il établira son trône terrestre à Jérusalem et se servira de son peuple pour briser «les nations» et détruire «les royaumes» (Jér. 51:20). Alors, les ennemis d’Israël apprendront que ce n’est pas impunément que l’on fait la guerre à ceux que Dieu a bénis et mis à part : «Car celui qui vous touche touche la prunelle de son oeil» (v. 8) ; c’est-à-dire qu’il se fait à lui-même un tort irréparable, en se blessant un organe précieux. Dieu avait déjà dit à Abraham en le bénissant : «Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront» (Gen. 12:3). Les hommes sont mis à l’épreuve par le contact avec ceux qui sont les objets de l’amour divin. S’ils reçoivent leur témoignage, ils participent à la bénédiction qui repose sur eux ; s’ils le rejettent, ils encourent le jugement. C’est un principe immuable des voies de Celui qui aime à bénir, mais dont on ne repousse pas impunément les appels et les avertissements.

Dieu secouera sa main sur les adversaires de Juda et ils «seront la proie de ceux qui les servaient» (v. 9). Les rôles seront renversés dans ce jour-là : «Ils mèneront captifs ceux qui les tenaient captifs, et ils domineront sur leurs oppresseurs» (És. 14:2). Il y a aussi un grand contraste entre les circonstances actuelles des rachetés, au milieu d’un monde hostile, toujours prêt à persécuter ceux qui sont chers au Seigneur et celles du jour de sa gloire. Alors ils auront du repos et les ennemis de l’Évangile seront dans la tribulation ; car ils «subiront le châtiment d’une destruction éternelle de devant la présence du Seigneur et de devant la gloire de sa force» (2 Thess. 1:7-9). Alors on verra pleinement combien étaient vraies les déclarations de la Parole. Dans les cieux et sur la terre, on saura que «Dieu n’est pas un homme pour mentir, ni un fils d’homme pour se repentir» (Nomb. 23:19). Le résidu auquel Zacharie adressait un message reconnaîtra, dans ce jour de gloire, que c’était l’Éternel des armées qui avait «envoyé» son serviteur, pour l’encourager à persévérer dans ce travail accompli dans la lutte et la souffrance (v. 9). Nous comprendrons aussi la fidélité du Seigneur envers nous et, dans la pure lumière de sa présence, nous connaîtrons comme nous avons été connus et nous admirerons ses voies d’amour et sa sagesse à l’égard des siens.

 

2.3   Ch. 2 v. 10-13

La fille de Sion est invitée ensuite à se réjouir avec des transports d’allégresse, en contemplant par la foi la scène de bénédiction et de gloire qui va s’ouvrir devant elle (v. 10). En recevant avec une confiance implicite les promesses divines, nous pouvons aussi nous glorifier dans l’espérance. L’Esprit Saint qui nous a été donné est les «arrhes de l’héritage» (Éph. 1:14) et nous en révèle l’excellence, avant que nous y soyons introduits. Puissions-nous être dociles à sa voix, afin qu’Il puisse nous remplir «de toute joie et paix en croyant», pour que, par sa puissance nous abondions «en espérance» (Rom. 15:13). Toute la bénédiction future du royaume dépend de la présence du Seigneur et en est le résultat : «Voici je viens et je demeurerai au milieu de toi, dit l’Éternel» (v. 10).

L’abandon de Sion par Celui qui l’avait choisie pour y manifester sa gloire était la conséquence de ses péchés : «Jérusalem a grièvement péché, c’est pourquoi elle est rejetée comme une impureté ; tous ceux qui l’honoraient l’ont méprisée» (Lam. 1:8). «La gloire de l’Éternel monta du milieu de la ville» (Ézéch. 11:23) et quitta ce lieu rempli d’abominations. Les nations entrèrent dans son héritage, elles profanèrent son «saint temple» et mirent «Jérusalem en monceaux de pierres» (Ps. 79:1). Toutefois Dieu se souvient de son alliance et de ses promesses. En vertu de l’oeuvre de la rédemption, Il rétablira son sanctuaire désolé. Son peuple sera amené à la repentance : «Tout Israël sera sauvé, selon qu’il est écrit : «Le libérateur viendra de Sion ; il détournera de Jacob l’impiété» (Rom. 11:26). Son retour sera le signal de la délivrance et de la restauration dans sa faveur. C’est en anticipant cette scène de gloire que la fille de Sion est invitée par le prophète à exulter et à se réjouir. Le même appel lui est adressé par Ésaïe et Sophonie (És. 12:6 ; 54:1 ; Soph. 3:14).

«La foi est l’assurance des choses qu’on espère et la conviction de celles qu’on ne voit pas» (Héb. 11:1). En s’appropriant les promesses divines, elle jouit d’avance de leur accomplissement. C’est ainsi que l’avenir glorieux qui se déroulait devant les yeux des compagnons de Zacharie, par la révélation prophétique, devait projeter sa lumière sur le sentier de luttes et de souffrances qu’ils étaient appelés à parcourir, et les encourager à persévérer dans le service du Seigneur. Il en est exactement de même pour nous. Le secret de la force, de l’énergie et de la joie dans le chemin du témoignage se trouve dans la réalisation de son amour et l’anticipation de la gloire.

Remarquons aussi que la source de toute bénédiction pour nous, comme pour Israël, réside dans la jouissance de la présence de Celui auquel nous appartenons. Deux fois, le Dieu de l’alliance et des promesses répète cette consolante assurance à son peuple, dans le message que nous considérons : «Je demeurerai au milieu de toi» (v. 10, 11). Dès le commencement de son histoire, c’était le signe de sa mise à part, comme fruit de la rédemption : Ils feront pour moi un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux» (Ex. 25:8). C’était aussi le témoignage de sa faveur à l’égard d’Israël (Ex. 33:16). La bénédiction distinctive des hommes sauvés qui seront amenés sur la terre nouvelle, dans l’état éternel, sera d’avoir l’habitation de Dieu avec eux : «Il habitera avec eux , et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux leur Dieu» (Apoc. 21:3). Présentement l’Assemblée ici-bas jouit du privilège ineffable d’avoir le Seigneur avec elle, si elle marche dans l’obéissance à sa Parole ; car Il a dit : «Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux» (Matt. 18:20). Les disciples en firent l’expérience bénie après sa résurrection : «Le soir donc étant venu, ce jour-là, le premier de la semaine, Jésus vint, et se tint au milieu d’eux» (Jean 20:19).

Quand l’Éternel demeurera de nouveau en Sion, ce sera dans une gloire éclatante en rapport avec les splendeurs de son règne millénaire. De plus, cette manifestation de sa présence sera une source de bénédiction pour toutes les nations, qui reconnaîtront son autorité et se placeront sous son sceptre de justice et de paix : «Beaucoup de nations se joindront à l’Éternel en ce jour-là, et elles me seront pour peuple» (v. 11). Parlant de la même période, le prophète Ésaïe annonce que la gloire de l’Éternel «se lèvera sur Sion» et il ajoute : «Les nations marcheront à ta lumière et les rois à la splendeur de ton lever» (Ésaïe 60:3).

Inconsciemment, les hommes soupirent après ce moment-là, et désirent la venue d’un libérateur. Toute la création est en travail, sous l’esclavage du péché et de la puissance de l’ennemi. Elle attend la délivrance qui lui sera apportée à la manifestation de la gloire des enfants de Dieu (Rom. 8:21). Elle ignore que son affranchissement est lié à la révélation de Christ et des siens, mais sans le savoir, elle aspire à cette intervention de sa puissance, que nous attendons, par l’Esprit, prémices de la gloire et arrhes de l’héritage. «L’objet du désir de toutes les nations viendra» (Agg. 2:7) ; celles-ci ignorent que leur bénédiction dépend de la restauration de la race méprisée d’Israël. Il en est cependant ainsi. Dès que l’Éternel sera revenu à Sion, qu’Il aura jugé ses ennemis et établi son royaume, les peuples de la terre seront attirés par la puissance et la gloire manifestées par le Roi des rois sur la scène même de ses souffrances. Ils partageront la joie de ses élus, amenés à la connaissance de l’oeuvre expiatoire de leur Messie si longtemps rejeté. Alors la louange éclatera de toutes parts : «J’entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel et sur la terre… disant : «À celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, la bénédiction, et l’honneur, et la gloire et la force aux siècles des siècles !» (Apoc. 5:13).

Il y a toutefois une différence marquée entre la position et les privilèges d’Israël restauré et béni et ceux des nations millénaires : Celles-ci participent à la joie du royaume sous le sceptre de justice du Fils de l’homme glorieux, mais sa demeure sera en Sion (v. 11). «C’est que l’Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l’éternité» (Ps. 133:3). Il «choisira encore Jérusalem» (v. 12) pour en faire «la ville du grand Roi» (Matt. 5:35), la «perfection de la beauté» (Ps. 50:2), la «joie de toute la terre» (Ps. 48:2). Jérusalem ! Alors ce nom prononcé jadis par le peuple captif sur une terre étrangère, dans les larmes et la souffrance (Ps. 137:4-7), remplira le coeur des élus d’une joie profonde. L’Éternel y demeurera et fera d’elle «un sujet de louange sur la terre» (És. 62:7). «Tu appelleras tes murs Salut, et tes portes Louange» (És. 60:18). Les fils de l’étranger bâtiront ses murailles (És. 60:10). Les nations afflueront à la montagne de la maison de l’Éternel : «Beaucoup de peuples iront et diront : Venez et montons… à la maison du Dieu de Jacob, et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers» (És. 2:1-5). Le nom du Seigneur sera rendu «magnifique par toute la terre» (Ps. 8:9). «Toutes les nations le diront bienheureux» (Psaume 72:17).

L’accomplissement de ces promesses de bénédiction, aussi bien que des jugements qui les accompagnent, sera la preuve éclatante de la vérité du message adressé par le prophète au résidu (v. 9. 11). Ce que sa bouche a dit, sa main l’accomplira : c’est là ce que Dieu rappelle sans cesse aux siens dans la souffrance. En attendant la délivrance, puisse sa Parole soutenir notre foi et guider nos pas dans le chemin de sa volonté.

«Et l’Éternel possédera Juda comme sa part sur la terre sainte, et il choisira encore Jérusalem» (v. 12). À maintes reprises, la Parole fait mention d’Israël comme étant l’héritage ou la portion de Celui qui l’a choisi pour être son peuple particulier, racheté par sa «grandeur» (Deut. 9:26) par son «bras étendu» (v. 29). L’Église est aussi le lot de Christ, une perle de grand prix, pour l’acquisition de laquelle Il s’est donné Lui-même (Matt. 13:45, 46). «Vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis» (1 Pierre 2:9).

Bien qu’Israël soit maintenant dispersé aux quatre vents des cieux, il sera rassemblé par la main puissante de son Dieu et rétabli dans «la terre sainte» (v. 12). Alors, selon les desseins de son amour. Juda, la tribu royale dont Christ est issu selon la chair, sera sa possession spéciale. Il trouvera sa joie dans son peuple racheté et le pays même, purifié de ses souillures (Zach. 3:9) sera consacré à son service (Zach. 14:20). «De Sion sortira la loi et de Jérusalem la parole de l’Eternel» (És. 2:3). «Et beaucoup de peuples et des nations puissantes iront pour rechercher l’Éternel des armées à Jérusalem et pour implorer l’Éternel» (Zach. 8:22).

Le chapitre se termine par un appel solennel adressé à tous les hommes, en vue de la manifestation imminente de la gloire de Dieu en jugement : «Que toute chair fasse silence devant l’Éternel, car il s’est réveillé de sa demeure sainte» (v. 13). Il va sortir de son lieu pour prendre connaissance de l’iniquité de ce monde et y mettre fin par le jugement (És. 26:21), pour accomplir son oeuvre étrange, son travail inaccoutumé. «Voici, le jour de l’Éternel vient, cruel, avec fureur et ardeur de colère, pour réduire la terre en désolation ; et il en exterminera les pécheurs» (És. 13:9). Toute chair devra fermer la bouche devant sa majesté redoutable ; quand le grand jour de sa colère est venu, «qui peut subsister» ? (Apoc. 6:17). «Les pécheurs ont peur dans Sion ; le tremblement a saisi les impies : Qui de nous séjournera dans le feu consumant ? Qui de nous séjournera dans les flammes éternelles» (És. 33:14). C’est alors que «la gloire de l’Éternel sera révélée et toute chair ensemble la verra ; car la bouche de l’Éternel a parlé» (És. 40:5). «Voici, il vient avec les nuées, et tout oeil le verra, et ceux qui l’ont percé ; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui. Oui, amen !» (Apoc. 1:7). Il convient à ses créatures misérables de fermer la bouche devant la majesté infinie du Seigneur manifestée en flammes de feu pour exercer le jugement contre le mal et délivrer ceux qui ont mis leur confiance en lui. C’est en vue de ce moment redoutable qu’Ésaie s’écrie : «Entre dans le rocher, et cache-toi dans la poussière de devant la terreur de l’Éternel et de devant la magnificence de sa majesté» (És. 2:10).

Puissions-nous prendre à coeur ces révélations de la parole prophétique. Elles sont comme une lampe qui brille dans un lieu obscur (2 Pierre 1:19), afin que nous soyons vigilants pour attendre le retour du Maître et qu’Il nous trouve avec les reins ceints et les lampes allumées (Luc 12:36). «Nous savons que quand Il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme Il est. Et quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui est pur» (1 Jean 3:2, 3).

 

3                    Chapitre 3 — Des habits de fête

ME 1930 p. 20, 42

3.1   Ch. 3 v. 1-5 — La grâce régnant par la justice

Le chapitre qui précède nous a présenté le tableau de la restauration future de Jérusalem et du peuple d’Israël, selon les desseins miséricordieux de Celui qui aime à manifester sa gloire lorsque du côté de l’homme tout est perdu. Dans le chapitre que nous désirons considérer, nous trouvons, à côté d’une vision complète en elle-même, la révélation des moyens que Dieu emploiera pour accomplir ses pensées de grâce, d’une manière conforme aux exigences de sa justice. Tout d’abord, l’état moral de la nation que Dieu a formée pour lui-même et pour qu’elle racontât sa louange (És. 43:21), nous est donné à connaître par l’état de Joshua : «Il me fit voir Joshua le grand sacrificateur debout devant l’Ange de l’Éternel, et Satan se tenant à sa droite pour s’opposer à lui» (3:1). Il est vu ici comme le représentant symbolique du peuple dans sa responsabilité devant Celui dont les «yeux sont comme une flamme de feu» (Apoc. 1:14) et «qui sonde les coeurs et les reins» (Id. 2:23).

L’Ange de l’Éternel est une Personne divine, représentant l’Éternel lui-même, tel qu’Il s’est révélé au milieu de son peuple. C’est lui qui apparut à Moïse dans le buisson à épines tout «ardent de feu» et qui ne se consumait pas (Ex. 3:2, comp. v. 4). C’est de lui que l’Éternel dit : «Mon nom, est en lui» (Ex. 23:21), et ce nom exprime les perfections qui devaient être un jour manifestées dans le Fils du Père descendu en grâce ici-bas. C’était donc dans la présence du Seigneur de gloire, dont les séraphins proclamaient la sainteté, en se voilant la face que Joshua était amené (És. 6:1-7).

Un troisième personnage apparaît sur cette scène solennelle, c’est Satan dont le nom signifie l’adversaire. Dans le chapitre 28 du livre d’Ézéchiel, Dieu prend occasion de l’histoire du roi de Tyr, qui s’est élevé par orgueil et a été ensuite jeté par terre, pour nous montrer d’abord la beauté originelle, puis la chute de celui qui est devenu le grand ennemi, «le chef du monde» et «le dieu de ce siècle» (Jean 14:30 ; 2 Cor. 4:4). Il était «un chérubin oint qui couvrait» (qui protégeait), parfait en beauté jusqu’à ce que l’iniquité eût été trouvée en lui. Il a péché et est tombé, non pas, comme Ève, en cédant à une tentation du dehors, mais en s’élevant dans son coeur à cause de sa beauté. Il est devenu ainsi la source du mal dans la création. Il est «meurtrier dès le commencement, et il n’a pas persévéré dans la vérité, car il n’y a pas de vérité en lui» (Jean 8:44).

C’est lui que l’Écriture nous présente partout comme le méchant (1 Jean 5:18, 19), l’adversaire de Christ et des siens. Christ s’est abaissé, lui s’est élevé ; Christ n’a pas des places dans le royaume pour en disposer à son gré ; tandis que Satan déclare qu’il donne la puissance et la gloire des royaumes à qui il veut. Christ est l’Homme obéissant ; lui est le père de ceux qui sont des fils de la désobéissance. Il est «le grand dragon, le serpent ancien appelé diable et Satan qui séduit la terre habitée tout entière» (Apoc. 12:9). Nous le voyons dans la scène qui s’ouvre devant nous, à la droite de Joshua pour s’opposer à lui.

Satan s’est acquis certains droits sur l’homme à cause de son péché. C’est pourquoi nous lisons qu’il avait le pouvoir de la mort, comme juste jugement de Dieu et qu’il tenait les hommes dans la crainte ; mais, par la victoire de l’Homme obéissant, tous ceux qui croient sont délivrés des terreurs de la mort (Héb. 2:15). Par sa mort expiatoire, notre Sauveur a brisé le pouvoir de l’homme fort et l’a rendu impuissant. Pourquoi l’adversaire pouvait-il s’opposer aux conseils de grâce de Dieu à l’égard d’Israël représenté par Joshua ? C’est parce que ce dernier était «vêtu de vêtements sales» (v. 3), image de la condition morale du peuple tout entier. Comment celui-ci pouvait-il être amené dans les bénédictions du royaume puisque, selon les exigences de la sainteté divine, il devait, au contraire, subir le châtiment de ses fautes ? Comment les droits de l’ennemi pouvaient-ils être annulés et son pouvoir brisé, de sorte que les terreurs du jugement fussent remplacées par la joie de la délivrance et la gloire du royaume millénaire ?

La réponse est donnée par l’Ange en termes qui ne nous révèlent pas seulement le terrain sur lequel Dieu pourra bénir son peuple terrestre, mais qui nous enseignent aussi le moyen de la justification pour tout pécheur convaincu de sa culpabilité devant Dieu. Satan avait bien compris les conditions de la loi sous laquelle Israël était placé. Il brandissait cette loi comme une arme à laquelle les transgresseurs ne pouvaient résister, car elle était un ministère de condamnation et de mort qui servait à tenir l’homme en esclavage. Aussi pensait-il que ses accusations devaient forcément demeurer sans réponse. Il en était bien ainsi du côté de Joshua qui demeurait muet devant l’Éternel. Mais il y avait des promesses auxquelles l’Ennemi n’avait pas pris garde, car il ignore le coeur de Celui qui, tout en étant le Dieu saint dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, est «grand en bonté, et en vérité» et qui garde «la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché» (Ex. 34:6,7).

Aussi une réplique écrasante est-elle donnée à Satan : «Que l’Éternel qui a choisi Jérusalem te tance ! Celui-ci n’est-il pas un tison sauvé du feu ?» (v. 2). C’est la grâce qui doit triompher de tous les obstacles que lui opposent la méchanceté de l’homme et la malice de l’adversaire. L’Éternel a choisi Jérusalem pour en faire la demeure de sa gloire et le marchepied de son trône. Il a aimé Sion et «l’a désirée pour être son habitation» (Ps. 132:13). Bien qu’elle ait «grièvement péché» et ait été rejetée «comme une impureté» (Lament. 1:8), le coeur de Dieu est ému de compassion envers elle. Une femme peut oublier son nourrisson, mais Il ne peut oublier cette cité qu’il a choisie et dont les murs sont continuellement devant lui (És. 49:16).

Jérusalem avait failli et était tombée sous la verge de la colère de Jéhovah ; elle était toutefois l’objet de son amour immuable. Au temps convenable, Dieu accomplirait ses desseins de miséricorde envers son peuple, en manifestant clairement sa justice et son salut : «Que la terre s’ouvre et qu’elle produise le salut et, à la fin, fasse germer la justice» (És. 45:8). Un salut fondé sur une justice qui satisfasse pleinement aux exigences de la gloire de Dieu, tel est le thème constant d’Ésaïe, dont le nom signifie «salut de l’Éternel». La grâce ne peut régner que par la justice ; tel est le fruit actuel de l’oeuvre de la rédemption, accomplie par les souffrances et la mort expiatoire de l’Agneau de Dieu, annoncées par les prophètes qui rendent aussi témoignage aux gloires qui doivent les suivre. C’est en anticipant la pleine manifestation de sa grâce libératrice que l’Éternel pouvait considérer son peuple comme un tison sauvé du feu. Celui qui tançait l’adversaire, par cette révélation du propos divin à l’égard de Jérusalem devait bientôt descendre sur cette terre pour y souffrir le jugement dû à ceux qu’Il voulait racheter. L’épée de la colère allait se lever et s’abattre sur lui, le Berger et le compagnon de l’Éternel, afin que les brebis fussent arrachées au pouvoir de l’Ennemi. La mort et la résurrection de Christ sont le fondement assuré de la bénédiction éternelle des rachetés de tous les temps ; le thème des louanges de la création tout entière placée sous le sceptre du Roi de gloire sera le même que celui de ses compagnons célestes : «À celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau la bénédiction et l’honneur et la gloire et la force aux siècles des siècles» (Apoc. 5:11-14).

L’Ange ayant réduit l’ennemi au silence par la révélation du propos de Dieu, agit maintenant en faveur de Joshua, selon la grâce dont son coeur est rempli à l’égard de son peuple. Les serviteurs empressés du Très-Haut, qui se tiennent devant lui pour accomplir sa volonté, sont maintenant appelés à agir. L’Ange leur dit : «Ôtez de dessus lui les vêtements sales» (v. 4). Pas plus que le fils prodigue, Joshua ne pouvait se purifier de sa souillure et se procurer une robe de justice qui lui permît de demeurer dans la présence du Dieu saint. Il attendait l’intervention de la miséricorde divine. S’il avait ouvert la bouche, il n’eût pu que s’écrier comme Ésaïe le prophète : «Malheur à moi, car je suis perdu ; car moi je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures» (És. 6:5).

Non seulement les vêtements sales sont ôtés, mais Dieu veut que le coupable en ait la certitude. C’est pourquoi l’Ange dit à Joshua : «Regarde, j’ai fait passer de dessus toi ton iniquité, et je te revêts d’habits de fête» (v. 4). C’est ainsi que Dieu agit envers nous aujourd’hui. Il commence par produire dans nos âmes la conviction de notre état de péché. Il le fera en amenant plus tard, Juda à mener deuil sur sa culpabilité à l’égard de son Messie, puis à mettre sa confiance en son sang répandu à la croix pour la rémission de ses fautes. Alors il y aura pardon, paix et délivrance pour tous ceux qui invoqueront le nom du Seigneur : «Il regarderont vers celui qu’ils ont percé» (Jean 19:37), et diront avec des coeurs débordant de reconnaissance : «Il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris» (És. 53:5).

Lorsque le Seigneur Jésus était ici-bas, accomplissant son oeuvre de grâce au milieu des hommes, Il voulait que ceux qui étaient les objets du déploiement de sa puissance et le son amour en connussent les effets pour eux-mêmes. Ainsi Il dit à la femme pécheresse : «Tes péchés sont pardonnés», puis : «Ta foi t’a sauvée, va-t’en en paix» (Luc 7:48-50). Il invite aussi Joshua à contempler la merveilleuse délivrance dont il est l’objet et à jouir de la position nouvelle dans laquelle il a été amené, en étant revêtu d’habits de fête. Ceux-ci lui permettront désormais de se tenir devant lui pour exercer les fonctions de la sacrificature avec un coeur heureux et en paix.

Le prophète entre si pleinement dans les pensées du coeur de Dieu à l’égard de Joshua qu’il prend maintenant la parole : «Et je dis : Qu’ils mettent une tiare pure sur sa tête» (v. 5). Il avait entendu l’Éternel déclarer la pleine délivrance annoncée au coupable et, d’accord avec le propos divin, il demande que rien ne manque à la bénédiction déversée sur lui. La tiare était placée sur la tête du souverain sacrificateur avec une lame d’or portant ces mots : «Sainteté à l’Éternel» (Ex. 28:36-38). Comme souverain sacrificateur, Christ porte l’iniquité de nos saintes offrandes. Aussi notre service, entaché d’imperfection et de souillure, est néanmoins agréable à Dieu, parce qu’Il est purifié par Celui qui le lui présente selon toute l’excellence de sa Personne et de son oeuvre de rédemption.

Il semble que le prophète avait été amené par la vision qu’il avait eue, dans une communion si intime avec la pensée de Dieu qu’il pouvait en devenir l’interprète. Il avait entendu cette parole de grâce : «Je te revêts d’habits de fête» (v. 4). Entrant par la foi dans cette promesse, il intercède, pour ainsi dire, pour qu’elle ait un accomplissement immédiat (v. 5). C’est en cela que se trouve le secret de la prière de la foi. Si l’âme réalise ce que Dieu veut faire pour sa gloire, selon la révélation que nous en donne sa Parole, elle peut en faire le sujet de ses supplications, avec l’assurance que celles-ci lui sont agréables. C’est ainsi que David ayant reçu la communication du propos de Dieu quant à son peuple, lui adresse cette requête : «Que la maison de ton serviteur David soit affermie devant toi ! Car toi, Éternel des armées, Dieu d’Israël, tu as révélé à ton serviteur, disant : Je te bâtirai une maison, c’est pourquoi ton serviteur a trouvé son coeur pour te faire cette prière» (2 Sam. 7:25-27). Si nous demeurons en lui et que ses paroles demeurent en nous, nos demandes seront en harmonie avec ses pensées et sa volonté, et elles seront certainement exaucées (Jean 15:7). Il en fut ainsi pour Joshua : «Et ils mirent la tiare pure sur sa tête (v. 5).

La tiare faisait partie des vêtements de fin coton du souverain sacrificateur (Ex. 28:39), symbole de la pureté infinie du vrai Aaron, dont la famille sacerdotale embrasse tous les saints célestes, unis à lui sur le terrain de la mort et de la résurrection. L’iniquité de Joshua avait été effacée, ses vêtements sales ôtés, et ainsi tout ce qui le rendait impropre à demeurer dans la présence de Dieu avait disparu. C’est pourquoi, ayant été revêtu d’«habits de fête», il était qualifié pour exercer la sacrificature devant lui. Les vêtements de fin lin exprimaient la perfection de l’oeuvre, en vertu de laquelle Dieu amènerait son peuple dans une relation immuable avec lui-même. Les siens seraient devant lui comme «un royaume de sacrificateurs et une nation sainte» (Ex. 19:6). C’est ce qui n’a pu être accompli en Israël qui a désobéi à la loi, mais, en vertu de la rédemption accomplie à la croix, cette pensée divine est accomplie aujourd’hui dans la famille de la foi (1 Pierre 2:9), et elle le sera en Israël dans le règne millénaire (És. 61:6).

La grâce de Dieu avait ainsi pleinement répondu aux accusations de l’adversaire et, par ce qu’elle avait accompli en faveur de Joshua, avait démontré que le tison sauvé du feu pouvait être amené dans une relation immuable avec Celui dont les yeux sont trop purs pour voir le mal. Il en sera ainsi de Jérusalem qu’Il a choisie : «Car l’Éternel aura compassion de Jacob et choisira encore Israël et les établira en repos sur leur terre» (És. 14:1).

Remarquons que, dans le déploiement de sa grâce envers chacun de nous, Dieu agit exactement de la même manière. En nous appliquant, lorsque nous recevons le témoignage de sa Parole, la valeur infinie de l’oeuvre de Christ, Il nous délivre de notre culpabilité à ses yeux et nous revêt de sa justice, de sorte que le croyant répond pleinement à sa pensée et peut entrer en parfaite paix en sa présence, pour l’adorer et le servir. Puissions-nous saisir par la foi les privilèges élevés qui nous appartiennent en Christ, les réaliser dans la puissance de l’Esprit de Dieu et marcher ici-bas dans la dignité de fils et d’héritiers de Dieu (Rom. 8:16, 17).

 

3.2   Ch. 3 v. 6-7 — La responsabilité

Nous avons à considérer maintenant la responsabilité qui incombe à ceux que la grâce a arrachés à la ruine et à la souillure et placés dans la liberté d’une position nouvelle devant Dieu. Rappelons-nous que la jouissance de nos privilèges dépend de notre marche et de notre conduite. C’est pourquoi Joshua reçoit maintenant un message solennel de la part de l’Éternel des armées (v. 7). L’Ange qui avait apporté une parole de grâce souveraine au représentant du peuple, lorsqu’il était couvert de vêtements sales et l’avait purifié de sa souillure, le place maintenant sous l’obligation de marcher dans les voies de son Dieu et dans l’obéissance à sa Parole. Il proteste à son serviteur que s’il écoute, il aura son approbation et sa bénédiction dans l’accomplissement du service qui lui est confié. Le jugement ou l’administration de la maison de Dieu faisaient partie des attributions des sacrificateurs (Deut. 18:9-13 ; Mal. 2:7). Toutefois, pour accomplir un service aussi important, il était nécessaire que ceux qui en avaient la charge fussent des «modèles du troupeau» (1 Pierre 5:3). Ce n’était qu’en s’attachant strictement aux instructions divines que Joshua pouvait occuper cette place élevée au milieu du peuple de Dieu. Pour y être maintenu, il devait veiller sans cesse, afin que ses voies fussent réglées par la Parole et conformes à ses enseignements : «Car les lèvres du sacrificateur gardent la connaissance, et c’est de sa bouche qu’on recherche la loi, car il est le messager de l’Éternel des armées» (Mal. 2:7). Il en est aujourd’hui exactement de même que dans les jours d’autrefois. Si, au lieu de marcher dans les voies de Dieu et de faire l’acquit de leur charge, les conducteurs font leur propre volonté et ne cherchent qu’à satisfaire leurs convoitises et leur orgueil, il ne peut en résulter que la confusion et la corruption dans l’Église. C’est ce que Malachie reproche aux sacrificateurs de la part de l’Éternel. Ils avaient abandonné sa crainte, s’étant «écartés du chemin» et ainsi ils avaient fait «broncher beaucoup de gens à l’égard de la loi» (Mal. 2:8).

Il est toujours vrai que Dieu attend de ceux qui conduisent son peuple la crainte de lui déplaire et de le déshonorer. L’apôtre Paul pouvait rappeler aux anciens d’Éphèse sa marche fidèle au milieu d’eux. Il leur dit : «Je n’ai convoité ni l’argent, ni l’or, ni la robe de personne. Je vous ai montré en toutes choses qu’en travaillant ainsi, il nous faut secourir les faibles, etc.» (Actes 20:33, 35). Ce n’est que par l’exemple d’une marche pieuse, désintéressée et dévouée au Seigneur que les conducteurs sont qualifiés pour le maintien de l’ordre dans sa maison, parce qu’ils revendiquent les droits de Dieu et l’honneur dû à son Nom.

Si Joshua s’appliquait à marcher dans le chemin que lui traçait l’Ange de l’Éternel, il en résulterait pour lui d’abondantes bénédictions. Non seulement les privilèges de la sacrificature lui seraient assurés, mais il jouirait de la liberté d’entrer dans la présence de Dieu et de marcher au milieu de ceux qui se tiennent devant lui. C’est ainsi qu’aujourd’hui le Seigneur promet à celui qui garde sa Parole la bénédiction ineffable de la demeure du Père et du Fils en lui. Recherchons la joie de cette communion avec les Personnes divines, elle ne peut être réalisée que dans le sentier du jugement de nous-mêmes et de l’attachement à la Parole.

3.3   Ch. 3 v. 8-10 — Bénédictions en Christ et par Christ

Une nouvelle scène s’ouvre devant les yeux du prophète au vers. 8. Jusqu’alors, il avait vu Joshua dans ses relations avec le peuple, soit comme le représentant d’Israël dans sa culpabilité et dans la grâce que Dieu déploiera envers lui plus tard, soit dans sa responsabilité comme le serviteur chargé des intérêts de la maison de Dieu (v. 7). Nous le trouvons au v. 8 dans un tout nouveau caractère, à savoir comme un type du Messie glorieux, aux jours du royaume, alors qu’Il s’associera Israël comme un peuple de sacrificateurs. Ceci nous aidera à comprendre l’appel qui lui est adressé par l’Esprit prophétique. «Écoute Joshua, grand sacrificateur, toi et tes compagnons, qui sont assis devant toi, car ce sont des hommes qui servent de signes ; car voici je ferai venir mon serviteur le Germe» (v. 8). Les compagnons de Joshua étaient les membres de la famille sacerdotale qui accomplissaient, sous sa direction, le service de la maison de Dieu. De même qu’Aaron et ses fils représentent l’Assemblée dans son association à Christ comme sacrificateur, de même Joshua et ses compagnons nous présentent en type Christ et ceux qu’il a voulu associer à sa gloire. Dieu l’a oint d’une huile de joie au dessus de ses compagnons (Ps. 45:6, 7). Associés avec lui, ceux-ci sont une «sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis» (1 Pierre 2:9). Cette position glorieuse est déjà la part des saints célestes, et sera la part aussi de ceux qui seront amenés dans les bénédictions du royaume terrestre pour former «l’Israël de Dieu». La grâce dont ils seront les objets de la part de leur Messie longtemps rejeté fera d’eux des trophées de sa victoire, des hommes qui serviront de signes (ou prodiges), faisant connaître, dans les cieux et sur la terre, les merveilles de sa puissance et de son amour. Il en sera de même de l’Église, peuple céleste, qui sera associée à son Chef dans son triomphe, au jour de sa manifestation en gloire. Dans ce jour-là, «les compagnons de Christ» (Héb. 3:14) qui sont aujourd’hui dans la souffrance, la faiblesse et l’opprobre, participeront à l’honneur et à la joie du royaume. Il sera «glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru» (2 Thess. 1:10).

L’exaltation du peuple d’Israël méprisé et son association avec le Roi des Rois sera aussi un sujet d’étonnement et d’admiration pour toutes les nations. Tous les prophètes parlent de ce jour de gloire, dans lequel celui qui s’est abaissé lui-même sera l’objet des hommages de toutes ses créatures, dans les cieux et sur la terre. Tout genou se ploiera devant lui et toute langue confessera qu’Il est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. Ceux qui l’ont suivi et servi dans la souffrance et l’opprobre partageront son triomphe. Son peuple terrestre si longtemps opprimé sera le centre de la bénédiction qui rayonnera sur toutes les nations. Tous ceux qui ont méprisé Sion viendront se courber devant elle et l’appelleront «la ville de l’Éternel, la Sion du Saint d’Israël». Au lieu d’être «abandonnée et haïe», elle sera «en honneur à toujours, pour joie de génération en génération». Dieu lui donnera «pour gouvernants la paix, et pour magistrats la justice». On appellera ses murs Salut et ses portes Louange. L’Éternel sera sa lumière à toujours et les jours de son deuil seront finis. Les enfants d’Israël seront appelés «les sacrificateurs de l’Éternel» ; on dira d’eux : «les serviteurs de notre Dieu». Ils célèbreront avec joie leur portion ; c’est pourquoi dans leur pays, ils posséderont le double ; ils auront une joie éternelle. «Tous ceux qui les verront les reconnaîtront, qu’ils sont la semence que l’Éternel a bénie» (És. 60:15-22 ; 61:4-11).

Le secret de cette bénédiction infinie se trouve dans la manifestation en gloire de Celui qui est appelé le Germe : «Voici, je ferai venir mon serviteur le Germe» (v. 8), Celui qui, dans l’humiliation, est monté devant Dieu «comme un rejeton, et comme une racine sortant d’une terre aride» (És. 53:2). Lui, le vrai Joseph, fut une branche qui portait du «fruit près d’une fontaine» et dont «les rameaux poussent par-dessus la muraille» (Gen. 49:22). Le Messie a surgi de la famille de David selon la chair, d’une racine ou d’un tronc longtemps sans fruit pour Dieu ; il s’est montré plein de sève et de vie, et son fruit s’étend au delà de la muraille juive jusqu’aux extrémités de l’univers. «Les archers l’ont provoqué amèrement et ont tiré contre lui et l’ont haï, mais son arc est demeuré ferme» (Gen. 49:23, 24). «Sa gloire est grande» dans la délivrance de son Dieu qui l’a revêtu «de majesté et de magnificence» (Ps. 21:5). Il est «la racine et la postérité de David» (Apoc. 22:16). Celui qui est né de la semence de David ici-bas a été déclaré «Fils de Dieu en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts» (Rom. 1:4). Il était donc à la fois, le fils et le seigneur de David, comme Il le rappelle lui-même aux Juifs incrédules qui refusaient de reconnaître ses droits et sa gloire (Ps. 111 ; Luc 20:41-44).

La manifestation du Serviteur de l’Éternel, le Germe longtemps rejeté, sera donc le moyen de l’accomplissement des bénédictions promises. C’est pourquoi la pierre qui avait été posée devant Joshua, nous est présentée comme un type de celle qui sera le fondement de l’édifice glorieux du règne à venir. Christ lui-même est cette «pierre éprouvée, une précieuse pierre de coin, un sûr fondement» (És. 28:16). Les bâtisseurs humains, dans leur folie et leur incrédulité, l’ont rejetée, mais elle «est devenue la tête de l’angle. Ceci a été de par l’Éternel : c’est une chose merveilleuse devant nos yeux» (Ps. 118:22, 23). C’est pour nous qui croyons que la pierre méprisée a ce prix, car elle est le roc sur lequel est bâtie l’Assemblée de Dieu, dont nous sommes les pierres vivantes. Nous sommes ainsi «édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ» (1 Pierre 2:4-8).

Dans le jour à venir, Dieu opérera avec puissance dans les coeurs si longtemps fermés. Le voile d’incrédulité qui les couvre sera ôté et, quand ils se tourneront vers le Seigneur, ce voile se dissipera (2 Cor. 3:16). Trois choses nous sont dites relativement à cette pierre dans le passage que nous considérons :

1° «Sur cette seule pierre il y aura sept yeux» (v. 9). Comme elle sera établie à Sion, elle nous présente Christ comme fondement immuable de la bénédiction du royaume millénaire et du gouvernement de Dieu sur la terre. Les «sept yeux» qui sont sur la pierre sont l’image de la parfaite intelligence qu’Il a de toutes choses et qui sera manifestée dans son règne de justice, dont le centre sera à Jérusalem, et qui rayonnera de là sur toutes les nations de la terre. Pas un coin ténébreux ne pourra demeurer caché à ces yeux qui sont comme une flamme de feu. C’est pourquoi les noms même des idoles seront retranchés et on ne s’en souviendra plus (Zach. 13:2).

Aujourd’hui, «les yeux de l’Éternel parcourent toute la terre, afin qu’il se montre fort en faveur de ceux qui sont d’un coeur parfait envers lui» (2 Chron. 16:9). Dans ses voies de gouvernement, bien qu’Il n’intervienne pas encore publiquement en jugement contre le mal, Il prend connaissance de tout ce qui se passe sur la terre pour défendre ses bien-aimés, contre la malice de l’ennemi. Toutefois cette intervention cachée et constante des soins providentiels de Dieu n’est pas la manifestation de sa puissance pour ôter, de la scène de ce monde, «tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité» (Matt. 13:41). Quand aura lieu ce déploiement de la gloire du Fils de l’homme, Satan sera lié dans l’abîme et la justice et la paix régneront dans l’univers. Ce seront «les temps de rafraîchissement et de rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes» (Actes 3:21). Dans le chapitre 5 de l’Apocalypse, les sept yeux sont vus dans l’Agneau à qui appartient le royaume, ainsi que les sept cornes, emblème de sa puissance pour amener à bonne fin les conseils de Dieu.

2° «Voici, j’en graverai la gravure, dit l’Éternel des armées» (v. 9). Cette pierre portera le sceau de son approbation ; elle sera l’expression de sa gloire et de ses pensées. Tout parlera de l’amour, de la sagesse et de la puissance de Dieu.

3° «J’ôterai l’iniquité de ce pays en un seul jour». Telle sera la conséquence de l’oeuvre expiatoire de la croix. C’est par sa mort et sa résurrection que l’Agneau de Dieu est devenu la pierre de fondement, non seulement de l’Assemblée, mais du royaume. Son peuple terrestre se tournera avec repentance vers Celui qu’il a si longtemps rejeté. Dieu répandra «sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplications ; et ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé» (Zach. 12:10). Ils reconnaîtront alors que leur Messie a été blessé pour leurs transgressions et meurtri pour leurs iniquités. Ils trouveront le pardon et la paix en croyant à l’efficace de son sang répandu à la croix et pourront se réjouir de cette grande délivrance. C’est alors que Dieu ôtera en un seul jour, l’iniquité en ce pays souillé par le meurtre de son Fils. Ils devront dire alors : «Pardonne à ton peuple Israël que tu as racheté, et n’impute pas à ton peuple Israël le sang innocent. Et le sang leur sera pardonné» (Deut. 21:8).

Il est intéressant pour nous de considérer l’allusion faite par l’apôtre Paul à cette pierre dont parle notre prophète : «Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur» (2 Tim. 2:19). Même dans un jour de ruine, personne ne peut renverser la pierre que Dieu a placée comme fondement de sa maison et Il connaît ceux qui s’appuient sur elle. Il incombe à tous ceux qui font profession de lui appartenir et de reconnaître son autorité, de se retirer de l’iniquité. Comme les fidèles du temps de Zacharie, nous sommes assurés de l’amour et de la sollicitude de notre Dieu pour ceux qui travaillent à l’édification de sa demeure, mais, comme eux aussi, nous devons mettre notre confiance en ses promesses. En fuyant tout ce qui est incompatible avec sa gloire, nous pourrons attendre en paix le jour de sa puissance où Il «s’assiéra et dominera sur son trône» (Zach. 3:13) et où Il ôtera entièrement cette iniquité dont Il nous appelle à nous séparer maintenant. Il connaît tous ceux qui lui appartiennent, mais nous invite à nous retirer du mal.

Des bénédictions temporelles suivent ce rétablissement des relations de l’Éternel avec son peuple : «En ce jour-là, vous convierez chacun son prochain sous la vigne et sous le figuier» (v. 10). Ceux-ci sont les emblèmes de la joie et de la fertilité qui caractériseront le peuple de Dieu sous le sceptre de son Messie glorieux. Fruit de la faveur et de la bénédiction divines, cette abondance des biens terrestres remplira les coeurs de gratitude et de louange. Nous avons un tableau anticipé du repos et de la joie du règne millénaire dans les bénédictions de celui de Salomon, faible image des scènes à venir : «Juda et Israël étaient nombreux comme le sable qui est près de la mer en multitude, mangeant et buvant et se réjouissant». Ils habitaient en sécurité «chacun sous sa vigne et sous son figuier» (1 Rois 4:20-25). Telle sera la pleine réalisation pour la terre de cette parole des anges à la naissance du Prince de paix : «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts et sur la terre paix et bon plaisir dans les hommes» (Luc 2:14). En attendant leur accomplissement, puissions-nous, suivant l’exhortation de l’Éternel à Joshua, marcher dans ses voies et faire l’acquit de la charge qui nous est confiée, et poursuivre «la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un coeur pur» (2 Tim. 2:22).

 

 

4                    Chapitre 7 — Est-ce réellement pour Moi que vous avez jeûné ?

ME 1927 p. 301, 313

4.1   Ch. 7 v. 1-7

Ce fut en «la quatrième année du roi Darius que la parole de l’Éternel vint à Zacharie» (v. 1). La mention du roi gentil sous l’autorité duquel le peuple de Dieu avait été placé rappelait, d’une manière solennelle, la rébellion et la chute morale d’Israël qui, dans le juste et saint gouvernement de Dieu, avaient amené sur lui un tel châtiment. «Parce que tu n’as pas servi l’Éternel, ton Dieu, avec joie et de bon coeur, à cause de l’abondance de toutes choses, tu le serviras dans la faim et dans la soif, dans la nudité, et dans la disette de toutes choses, tes ennemis que l’Éternel enverra contre toi» (Deut. 28:47, 48). Dieu avait retiré son trône de Jérusalem : la gloire s’en était allé à regret du lieu où l’Éternel avait manifesté sa présence pendant tant de siècles, en bénissant et en châtiant son peuple (Éz. 10). Les nations étaient entrées dans son héritage ; elles avaient profané son saint temple et «mis Jérusalem en monceaux de pierres» (Ps. 79:1).

Toutefois, selon le message donné à Jérémie, le prophète, quand 70 ans furent accomplis, Dieu visita en grâce son peuple misérable et déchu et ramena un faible résidu, au lieu qu’Il avait choisi pour y faire demeurer son Nom (Jér. 25:12, 13). Au temps de Zacharie, nous trouvons ces réchappés occupés, au milieu de peines et de vicissitudes diverses à la reconstruction du temple de l’Éternel.

Ce fut en rapport avec une question posée par des hommes venus de Béthel que fut donné, de la part de Dieu, le message que nous désirons considérer quelque peu dans ces pages. Le but de ces messagers était double : 1° Ils venaient pour implorer l’Éternel» (v. 2). 2° Puis ils voulaient s’enquérir auprès des sacrificateurs au sujet du jeûne du cinquième mois, institué à l’occasion de la destruction du temple par Nébucadnetsar. Devaient-ils continuer à pleurer ce jour-là et à «se séparer» de toute jouissance terrestre comme ils l’avaient fait depuis tant d’années ? (v. 3). Ne pouvaient-ils pas mettre de côté les vêtements de deuil et se livrer à la joie, maintenant que Dieu leur avait accordé le privilège de revenir dans la terre promise et de rebâtir le temple, dont la construction était presque terminée ?

Il pouvait sembler qu’en venant «implorer l’Éternel», ces hommes de Béthel manifestaient une vraie piété, mais on ne peut cacher les motifs et les sentiments qui nous gouvernent à Celui qui sonde les coeurs et les reins ; car toutes choses sont nues et découvertes à ses yeux (Héb. 6:13). C’est pourquoi Il donne une réponse qui s’adressait à tout le peuple et, par une question pénétrante, mettait à nu l’égoïsme et l’absence de discernement spirituel de ceux qui avaient envoyé ces messagers : «Quand vous avez jeûné et que vous vous êtes lamentés au cinquième et au septième mois, et cela pendant soixante-dix ans, est-ce réellement pour moi, pour moi que vous avez jeûné ?» (v. 5).

Ces jeûnes rappelaient des événements douloureux et mémorables bien propres à humilier profondément devant Dieu ceux qui pensaient au déshonneur fait à son Nom par la chute et la ruine de son peuple. Comme nous l’avons dit, le premier était l’anniversaire de la destruction du temple, tandis que le second avait été institué à l’occasion de l’assassinat de Guedalia, gouverneur du pays établi par Nébucadnetsar (Jér. 41:1-3).

Le jeûne devait être l’expression de la douleur produite, dans un coeur attaché à la gloire de Dieu, par l’état misérable de son peuple. Si donc les habitants de Béthel, comme, du reste, le peuple dans son ensemble, avaient réalisé la signification de la captivité de Babylone, ils n’auraient pu demander s’il était nécessaire de continuer à rappeler, par un jeûne solennel, les événements qui avaient accompagné la destruction du royaume de Juda. S’ils avaient été caractérisés par l’état moral que devait exprimer le jeûne, ils auraient ressenti douloureusement la misère du faible résidu remonté de la captivité. Loin de désirer l’abolition de ce jour mis à part pour s’humilier ensemble devant Dieu, ils eussent été heureux de profiter d’une telle occasion pour répandre ensemble leurs coeurs devant lui.

Hélas ! dans la chrétienté, comme en Israël, ces exercices religieux sont souvent accomplis sans aucune humiliation réelle devant Dieu. Aussi doit-Il dire aujourd’hui comme jadis : «Vos nouvelles lunes et vos assemblées, mon âme les hait ; elles me sont à charge, je suis las de les supporter» (És. 1:14). Ceux qui observaient ces fêtes solennelles s’approchaient de l’Éternel de leurs lèvres, mais leur coeur était fort éloigné de lui (Ésaïe 29:13). Lorsqu’il en est ainsi, on se lasse de ces cérémonies religieuses qui n’apportent que «l’ennui» (Mal. 1:13) à ceux qui trouvent leur plaisir dans les vanités mensongères. Le moment approche où ceux qui conservent encore ces formes de la piété les jetteront loin d’eux, comme un vêtement vieilli et inutile, et embrasseront avec ardeur le culte de l’homme de péché : «Parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés», Dieu leur enverra «une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge» (2 Thess. 2:10, 11).

Considérons la question solennelle que Dieu adresse à son peuple et qui nous concerne également aujourd’hui : «Est-ce réellement pour moi, pour moi que vous avez jeûné ? (v. 5). Toute notre activité pour le Seigneur doit avoir pour unique mobile sa gloire et le bien des âmes, sinon elle est sans valeur à ses yeux. Si elle n’est pas le fruit de l’amour, elle n’a pas les caractères que revêtait celle des Thessaloniciens au début de leur vie chrétienne (1 Thess. 1:3). Plus tard, quand l’assemblée d’Éphèse eut abandonné son premier amour, ce qui donnait du prix à son témoignage, un attachement profond à la personne de l’Époux absent avait disparu, de sorte qu’Il doit lui dire : «Souviens-toi d’où tu es déchu et repens-toi, et fais les premières oeuvres» (Apoc. 2:1-5).

Dans toute l’activité extérieure du peuple, Celui dont les veux sont comme une flamme de feu discernait le manque d’amour pour son Dieu. Soit qu’ils jeûnassent ou se missent à manger et à boire, ils pensaient à eux-mêmes et non à la gloire de Celui qui les appelait à la repentance. Comme au peuple auquel Amos rappelait tous les châtiments que Dieu avait fait venir sur lui, il devait dire avec tristesse au résidu remonté de Babylone : «Vous n’êtes pas revenus à moi» (Amos 4:6, 8, 9, 10, 11), parole solennelle qui s’adresse à nous également avec insistance aujourd’hui. L’homme se trompe sans cesse en pensant que, s’il accomplit certains «devoirs religieux», Dieu doit être satisfait de lui, même si les formes et les cérémonies auxquelles il se livre sont d’invention humaine et en contradiction flagrante avec la volonté révélée de Dieu dans sa Parole.

Dieu veut le coeur et non les vêtements. Les Juifs, au temps d’Ésaïe, disaient : «Pourquoi avons-nous jeûné et tu ne l’as pas vu ? et avons-nous affligé nos âmes et tu ne le sais pas ?» L’Éternel répond par un message sévère qui devait les dépouiller de leurs illusions et leur ouvrir les yeux sur leur véritable état, en leur montrant que le Dieu de lumière et de vérité ne peut être satisfait de manifestations hypocrites, par lesquelles l’homme cache ses turpitudes sous des dehors de piété : «Voici, au jour de vos jeûnes, vous cherchez votre plaisir et vous exigez durement tous les travaux qui vous sont dus». L’homme naturel n’apprend jamais cette leçon que tandis que l’homme regarde à l’apparence extérieure, l’Éternel regarde au coeur» (1 Sam. 16:7). Le Seigneur Jésus disait aussi aux pharisiens : «Dieu connaît vos coeurs : car ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu» (Luc 16:15). Il déclare, en outre, que l’iniquité la plus grande des conducteurs religieux de son temps consistait à remplacer les commandements donnés par Dieu dans sa Parole par ceux de la tradition humaine, qui annulait les Écritures et enseignait «comme doctrines des commandements d’homme» (Matt. 15:1-11). Tant que le coeur n’est pas atteint par la Parole, les actes religieux accomplis avec la plus grande dévotion sont une abomination devant Dieu.

Zacharie doit maintenant rappeler au peuple «les paroles que l’Éternel a criées par les premiers prophètes, alors que Jérusalem était habitée et jouissait de la paix» (v. 7). Toutes les souffrances qu’avait traversées cette ville étaient la conséquence de son oubli de la Parole de Dieu. La désobéissance et le mépris des avertissements divins avaient caractérisé ce peuple depuis le commencement de son histoire. Aussi, au lieu de se demander s’ils avaient suffisamment mené deuil sur les désastres qui les avaient atteints, les réchappés auraient dû remonter aux causes de toutes leurs calamités. Ils auraient appris ainsi que c’était leur rébellion persistante contre Celui qui avait choisi et délivré leurs pères de l’esclavage de l’Égypte qui avait attiré tant d’adversités sur eux. De plus, ils auraient dû sonder leurs voies dans sa présence pour juger sainement leur état moral, afin de savoir si, dans les jeûnes qu’ils célébraient d’année en année, ils s’étaient véritablement humiliés sous son regard, et s’ils acceptaient réellement les exhortations, les avertissements et les instructions de sa Parole.

Il y a certainement de grandes leçons à recueillir aujourd’hui dans cette histoire du peuple de Dieu d’autrefois. «Toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints» (1 Cor. 10:11). Dans nos exercices et les châtiments qui nous atteignent sous la main de notre Dieu, ne nous contentons-nous pas souvent de convoquer des réunions d’humiliation, tout en négligeant d’examiner à fond les causes de nos manquements ? Ceux-ci ne proviennent-ils pas surtout de l’oubli de la Parole qui devrait être notre guide à tous égards, et que nous mettons de côté pour faire notre propre volonté Jugeons les racines profondes de notre pauvre état actuel, l’abandon du premier amour, de l’élan du coeur s’attachant à un seul objet dans lequel il trouve ses délices, à la Personne glorieuse qui suffit à le satisfaire pleinement : «Revenez, fils infidèles, je guérirai vos infidélités», dit l’Éternel à son peuple (Jér. 3:22). Puissions-nous répondre de tout notre coeur : «Nous voici, nous venons à toi, car tu es l’Éternel notre Dieu».

 

4.2   Ch. 7 v. 8-14

Toutes nos voies doivent être jugées à la lumière de la Parole. Si, en quoi que ce soit, dans notre marche individuelle ou collective, nous nous sommes écartés de ses instructions, le sachant et le voulant, nous avons attristé l’Esprit de Dieu, et ne pourrons retrouver la bénédiction qu’en abandonnant nos voies détournées pour revenir à Celui dont nous nous sommes éloignés. Pour apprendre à connaître les causes de l’état d’asservissement au monde dans lequel se trouve l’Église aujourd’hui, nous devons remonter à la Pentecôte, et comparer notre état actuel à celui du commencement comme Israël devait le faire, en considérant les temps de prospérité et de gloire du début du royaume. Revenons à ce qui était dès le commencement et demeurons fermement attachés aux saintes lettres qui peuvent nous rendre «sages à salut».

Le prophète donne ensuite un sommaire des paroles que Dieu avait dites aux pères et auxquelles ils n’avaient pas prêté attention : «Prononcez des jugements de vérité et usez de bonté et de miséricorde l’un envers l’autre, et n’opprimez pas la veuve et l’orphelin, l’étranger et l’affligé, et ne méditez pas le mal dans votre coeur l’un contre l’autre» (v. 9, 10). C’est le résumé de ce que Dieu exigeait de son peuple pour demeurer en relation avec lui et continuer à le bénir. Israël était sous le régime de la loi, mélangée toutefois de miséricorde, en réponse à la médiation de Moïse après que le peuple eut fait le veau d’or (Ex. 34). Aussi la première partie du Deutéronome insiste à maintes reprises sur l’obéissance que Dieu réclamait de son peuple, comme condition pour demeurer dans le pays et pour y jouir des bénédictions divines.

Ces instructions nous montrent quelle importance Dieu attache à notre conduite dans nos relations avec lui et les uns avec les autres, marche formée et dirigée par sa Parole. Il avait rappelé ces commandements à son peuple, parce que, dès le début de son histoire, il s’était montré rebelle et contredisant. S’il refusait d’écouter la voix des prophètes qui lui adressaient un dernier avertissement de sa part, un jugement inexorable l’atteindrait.

Comment leurs pères, qui jouissaient en paix de l’abondance de tous biens que Dieu répandait sur eux dans le pays ruisselant de lait et de miel, avaient-ils reçu les avertissements solennels des prophètes ? «Ils refusèrent d’être attentifs et opposèrent une épaule revêche et appesantirent leurs oreilles pour ne pas entendre et rendirent leur coeur dur comme un diamant, pour ne pas écouter la loi et les paroles que l’Éternel des armées envoyait par son Esprit par les premiers prophètes» (v. 11, 12). Peut-il y avoir rien de plus solennel qu’une tel tableau de l’endurcissement de ceux que Dieu avait comblés de bienfaits ? Non seulement ils furent caractérisés par une indifférence absolue aux avertissements donnés par l’Esprit qui animait les prophètes, mais ils montrèrent une haine profonde aux messagers divins et une rébellion positive contre Dieu et ses droits. Ésaïe constate le même état moral, preuve évidente de l’aveuglement complet de ce peuple, dans le passage souvent cité dans le Nouveau Testament : «En entendant, vous entendrez et vous ne comprendrez point et en voyant vous verrez et vous ne connaîtrez pas» (És. 6:9, 10).

C’était donc la volonté bien arrêtée d’Israël de ne pas écouter la voix de l’Éternel, son Dieu ; car «ils refusèrent d’être attentifs, appesantirent leurs oreilles et rendirent leurs coeurs durs comme un diamant» (v. 11). Néhémie confesse l’iniquité du peuple en termes presque identiques : «Ils opposèrent urne épaule revêche et roidirent leur cou et n’écoutèrent pas» (Néh. 9:29). L’apôtre Paul parle aussi d’un temps qui devait caractériser la fin de l’histoire de l’Église professante ici-bas et dans lequel, de même qu’Israël, ceux qui portent le nom de chrétiens, se détourneraient résolument de la vérité, ne supportant plus «le sain enseignement» et s’attachant à des fables (2 Tim. 4:3, 4). Un tel état de choses, que ce soit parmi les Juifs ou parmi les chrétiens, est le signe assuré d’une terrible corruption morale, car rien ne trahit plus pleinement la méchanceté du coeur humain que le rejet de la Parole de Dieu. Lorsque cette Parole est ouvertement foulée aux pieds par ceux qui la possèdent et professent extérieurement s’y soumettre, le jugement est à la porte. C’est un fait dont les Écritures nous rendent constamment témoignage ; elles déclarent à maintes reprises que Dieu ne peut supporter indéfiniment la rébellion ouverte de ses créatures contre lui : «Je suis l’Éternel, c’est là mon nom, et Je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni ma louange à des images taillées» (És. 42:8). Quand l’homme s’élève contre lui et veut lui ravir l’honneur qui lui est dû. Dieu intervient en puissance pour revendiquer ses droits et faire éclater sa gloire. La fin de l’économie actuelle, caractérisée par l’apostasie complète de la chrétienté, sera accompagnée de la manifestation de la gloire de Dieu. Il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru», tandis qu’Il exercera «la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu et contre ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile» (2 Thess. 1:8-10).

Un des traits moraux les plus effrayants de l’heure actuelle est le rejet de la Parole de Dieu, non seulement de la part des incrédules avoués, mais de ceux qui professent en être les défenseurs et sont établis par les hommes pour l’enseigner aux autres. Que doit faire le fidèle au milieu de cette invasion du mal et des flots montants de l’apostasie finale ? «Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises… Toute Écriture est divinement inspirée et utile pour enseigner… afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne oeuvre» (2 Tim. 3:15-17).

Considérons maintenant quelles furent pour Israël, les conséquences de son audacieuse révolte contre son Dieu : «Il arriva que comme il cria et qu’ils n’écoutèrent pas, de même ils crièrent et je n’écoutai pas» (v. 43). «Il y eut une grande colère de la part de l’Éternel des armées» (v. 12). Le courroux du Dieu saint s’alluma contre son peuple rebelle ; ainsi, avant de déverser sur lui ses jugements, Il cria par ses prophètes et par ses dispensations diverses envers lui. Néanmoins tous ses appels demeurèrent vains, comme il en est aujourd’hui dans la chrétienté où se multiplient les avertissements et les signes précurseurs de la fin du temps de la patience de Dieu. «Ils n’écoutèrent pas» le cri d’alarme et continuèrent à se réfugier dans «un abri de mensonge» (Ésaïe 28:15), prêtant l’oreille aux faux prophètes qui disaient : «Paix, paix, et il n’y avait point de paix» (Jér. 7:14). Comme ils avaient rejeté «les eaux de Siloé» qui coulent doucement. Dieu leur envoya «les eaux du fleuve fortes et grosses» (És. 7:7). Dans leur terreur, ils poussèrent des cris vers Celui qu’ils avaient abandonné, mais Il n’écouta pas. Leur calamité arriva «comme un tourbillon» ; «la détresse et l’angoisse» fondirent sur eux. Alors ils crièrent vers lui, mais Il ne répondit pas ; ils le cherchèrent de bonne heure, mais ne le trouvèrent pas (Prov. 1:24-33). Il en sera de même à la fin du jour de la grâce ; les hommes chercheront en vain un abri pour échapper à la colère du Dieu qu’ils ont méprisé pendant le temps de sa patience (Apoc. 6:16, 17).

Le résidu auquel Zacharie rappelait ces faits solennels connaissait bien cette triste histoire de ruine et de désolation. Il savait aussi que, malgré le retour d’un petit nombre dans la terre de Canaan, leur condition précaire et misérable rendait témoignage de leur infidélité et des conséquences qui en étaient résultées pour eux. Toutefois, ils couraient le danger d’oublier que c’était la main de Dieu qui s’était appesantie sur eux. Il en est de même pour nous aujourd’hui. Si nous nous écartons quelque peu du terrain de la dépendance de Dieu et de sa Parole, nous perdons aisément de vue que c’est sa main qui nous châtie, lorsque nous traversons des circonstances adverses : «Connais dans ton coeur que, comme un homme châtie son fils, l’Éternel, ton Dieu, te châtie» (Deut. 8:5). Il en résulte une grande perte de bénédiction pour nos âmes. C’est ainsi que les Juifs étaient en danger d’oublier la place spéciale qu’ils occupaient, étant la seule nation que Dieu reconnaît comme lui appartenant en propre parmi toutes les familles de la terre (Amos 3:2). En perdant de vue ce privilège inexprimable, ils prenaient dans leur esprit la même place que les autres peuples et pensaient que, s’ils avaient été vaincus et emmenés en captivité, d’autres l’avaient été comme eux. Pour les garder de tels raisonnements, et les amener à juger, dans leurs racines profondes, les causes des malheurs qui les avaient atteints, l’Éternel leur rappelle toute cette histoire de leurs pères. Il voulait les amener ainsi à juger la rébellion qui les avait caractérisés et à comprendre que sa faveur et sa bénédiction les accompagneraient dans le chemin de l’obéissance à sa Parole. Si les jeûnes et les lamentations n’étaient pas accompagnés d’une profonde repentance et d’un vrai retour à l’Éternel et à sa Parole, ils étaient inutiles. Le Seigneur Jésus enseigne de même à ses disciples, en les mettant en garde contre l’hypocrisie de ceux qui donnaient à leur visage un air défait, afin que les hommes connussent qu’ils jeûnaient. Ils avaient la récompense qu’ils recherchaient, l’honneur du monde et non l’approbation de Dieu (Matt. 6:16-18).

Dans leur désir de se recommander les uns aux autres, les Juifs, auxquels le message du prophète était adressé, avaient trop oublié «Celui qui voit dans le secret» (Matt. 6:18, et avaient ainsi manifesté l’état de leurs coeurs. Nous ne sommes pas à l’abri de ce danger, c’est pourquoi la Parole insiste sur l’importance qu’il y a pour nous à nous approcher de notre Dieu «avec un coeur vrai, en pleine assurance de foi» (Héb. 10:22).

«Car notre gloire est celle-ci, savoir le témoignage de notre conscience, qu’avec simplicité et sincérité de Dieu, non pas avec une sagesse charnelle, mais par la grâce de Dieu, nous nous sommes conduits dans le monde et plus encore envers vous» (2 Cor. 1:12).

Puissions-nous, comme le résidu d’autrefois, prendre à coeur les avertissements de la Parole et discerner la racine amère de tous les maux qui nous ont atteints, afin que nous soyons gardés de nous détourner du Dieu vivant. «Appliquons-nous donc à entrer dans ce repos-là, afin que personne ne tombe en imitant une semblable désobéissance (Héb. 4:11).