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Exode 32 et 33

 

Philippe Tapernoux

 

 

Table des matières :

1     Le veau d’or — Exode 32

1.1

1.2

1.3

2     La tente d’assignation — Exode 33

2.1

2.2

 

ME 1929 p. 171 et suiv.

 

1                    Le veau d’or — Exode 32

1.1    

La scène que nous présente ce chapitre est profondément humiliante et solennelle. L’Éternel était occupé de la bénédiction de son peuple ; Il donnait à Moïse, sur la montagne, les directions relatives à l’érection du tabernacle, afin qu’Il pût habiter dans son sanctuaire au milieu d’Israël. Il avait fait monter son serviteur auprès de Lui pour lui communiquer ses pensées de grâce, car Il trouve son plaisir à bénir. Que se passait-il dans le camp, pendant que l’Éternel révélait son dessein à celui qu’Il avait choisi comme son confident et avec lequel Il parlait «bouche à bouche» ? (Nombr. 12:8). Le péché et la révolte contre Dieu éclataient dans la congrégation : en haut, tout était lumière et bénédiction, tandis qu’en bas régnaient le mal et les ténèbres.

À certains égards, il y a une ressemblance frappante entre la scène qui se déroule ici devant nos yeux et celle qui eut lieu au pied de la montagne de la transfiguration. Dans les deux, nous voyons la puissance de Satan exercer ses ravages. Dans la première, c’est la nation tout entière qui est entraînée par lui dans l’idolâtrie et l’abandon de Dieu ; dans la seconde, c’est un fils unique qui est saisi par un «esprit immonde» (Luc 9:37-43), image saisissante de l’état du peuple juif à la fin de son histoire. Il tombera alors sous le pouvoir de l’Antichrist, comparé par le Seigneur à sept esprits plus méchants que celui de l’idolâtrie qui avait caractérisé son histoire passée, de sorte que sa dernière condition sera pire que la première (Luc 11:24-26).

L’absence de Christ, monté dans les lieux célestes, est figurée dans notre récit par celle de Moïse, éloigné pour un temps du peuple sur la montagne. C’est l’occasion dont s’empare l’ennemi pour la manifestation de sa puissance malfaisante, sous la permission divine. C’est aussi pendant que la gloire de Christ brille aux yeux de ses trois disciples sur la sainte montagne que se déchaîne, dans la plaine, le hideux pouvoir de Satan, et que l’homme devient son misérable esclave. La chrétienté apostate et Israël incrédule s’uniront à la fin pour recevoir l’homme de péché qui «s’assiéra au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu» (2 Thess. 2:4).

Il y a cependant une pensée consolante dans le récit que l’Esprit de Dieu place devant nous ici. Quelle que soit son activité, Satan ne peut jamais devancer Dieu, ni le frustrer de ses desseins. Il peut chercher à les entraver et il semble parfois en retarder l’accomplissement ; mais avant qu’il parût sur la scène, et que, par son moyen, le peuple fût tombé dans le mal, Dieu avait «achevé de parler avec Moïse sur la montagne de Sinaï» (Ex. 31:18). Il en est ainsi dans toute la Parole. N’ayant aucune puissance contre Dieu, l’ennemi est toujours en retard quand il veut s’opposer à son oeuvre d’amour. Ainsi, il y eut à Éphèse un merveilleux travail de l’Esprit de Dieu dans les cœurs de ceux qui, en grand nombre, ayant reçu l’Évangile, venaient confesser leurs fautes. Plusieurs brûlèrent leurs livres de magie : «C’est avec une telle puissance que la Parole du Seigneur croissait et montrait sa force». Ensuite, mais trop tard pour empêcher l’oeuvre de Dieu dans les cœurs, l’ennemi suscite une violente rumeur dans la ville, qui se termine par son entière défaite et la confusion de ses agents (Actes 19:19-41). Ce fait devrait encourager les croyants dans leur lutte contre l’adversaire, que «le Dieu de paix brisera bientôt sous nos pieds» (Rom. 16:20).

Le peuple, voyant que Moïse tardait à redescendre de la montagne, s’assembla auprès d’Aaron et lui dit : «Lève-toi, fais-nous un dieu qui aille devant nous» (v. 1). Tel est l’homme dans toute son histoire de désobéissance et de révolte contre Dieu. Quand nous le voyons en activité, c’est toujours pour déshonorer son Créateur. Il s’attaque ici aux fondements même de sa vérité et de sa gloire, en reniant la révélation que l’Éternel lui avait donnée de Lui-même, Lui qui l’avait délivré de l’esclavage et du jugement, et l’avait amené à travers la Mer Rouge, jusqu’à son sanctuaire : «Vous avez vu comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et vous ai amenés à moi» (Ex. 19:4).

Objet de faveurs sans nombre et honoré de Dieu qui s’était révélé à lui, ce peuple cherche à renverser son trône en lui substituant une misérable idole : «Ils firent un veau en Horeb et se prosternèrent devant une image de fonte ! et ils changèrent leur gloire en la figure d’un bœuf qui mange l’herbe» (Ps. 106:19, 20). C’était une apostasie positive, comme celle dont se rendra coupable, à la fin de son histoire, la profession chrétienne sans vie que le Seigneur vomira de sa bouche (Apoc. 3:16). C’est alors qu’Il revendiquera sa gloire en consumant le méchant qui s’élèvera contre Lui.

«Ce Moïse, cet homme qui nous a fait monter du pays d’Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé» (v. 1). Ayant oublié et abandonné l’Éternel, ils attribuent à Moïse leur délivrance d’Égypte. Quand le coeur s’éloigne du Dieu vivant, il s’attache à la créature et tombe dans l’idolâtrie. Si la foi manque, il faut des appuis visibles qui satisfont l’orgueil de l’homme déchu. Satan lui présente ce qui répond à ses convoitises. Il le fera un jour, en donnant au monde un instrument de sa puissance qui accomplira des miracles ; aussi la terre tout entière sera dans l’admiration de la Bête et lui rendra hommage (Apoc. 13:1-10).

Ils voulaient des dieux visibles et montraient ainsi qu’ils étaient «une génération tortue et perverse», des fils en qui il n’y avait «point de fidélité» (Deut. 32:5-20). Aaron tomba avec eux, apparemment sans combat. Telle est la méchanceté irrémédiable du coeur humain, même chez ceux qui ont le plus de lumières et de privilèges et jouissent de la plus grande proximité de Dieu. Avertissement solennel pour tous ceux qu’Il a richement bénis et éclairés dans ces derniers jours ! L’homme qui avait été désigné pour exercer la souveraine sacrificature et qui eut l’insigne faveur d’entrer dans le lieu très saint pour y accomplir le service du grand jour des propitiations devient l’instrument, sinon le conducteur de la rébellion du peuple. Il prit l’or «et en fit un veau de fonte. Et ils dirent : C’est ici ton dieu, ô Israël ! qui t’a fait monter du pays d’Égypte» (v. 4).

Quand nous sortons de la présence divine, il n’y a pas de limites à l’aveuglement dans lequel nous pouvons tomber. Tous, d’un commun accord, célèbrent la puissance du veau d’or qui a délivré Israël du pays d’Égypte ; ils adorent une idole, «ouvrage de mains d’homme» (Ps. 115:4). Leurs coeurs abusés par l’ennemi se sont détournés du Dieu vivant. Aucun d’eux ne dit : «N’ai-je pas un mensonge dans ma main droite ?» (És. 44:20).

Remarquons encore l’hypocrisie avec laquelle Aaron cherche à cacher la honte de cette idolâtrie, en la revêtant du nom de l’Éternel. Ayant bâti un autel devant le veau d’or, il cria : «Demain une fête à l’Éternel !» (v. 5). C’est précisément ce qu’a fait la chrétienté corrompue. Ayant abandonné le chemin de la foi et de l’obéissance, elle a érigé des idoles qui remplacent les réalités divines et elle appelle ses inventions le culte du Seigneur. C’est ainsi que des multitudes sont séduites et pratiquent, sans s’en rendre compte, ce qui, en réalité, est une abomination aux yeux de Dieu. Qu’était le veau d’or ? Dans son aveuglement, Aaron eût, sans doute, dit que ce n’était qu’un symbole de Jéhovah. C’est ainsi que raisonnent les Romanistes, en érigeant des statues et d’autres objets d’idolâtrie.

Tout en nous présentant un tableau anticipé de l’apostasie finale de la nation juive, cette scène contient des enseignements instructifs sur le développement du mal dans la chrétienté. Ne pensons pas que nous soyons à l’abri d’un péril aussi grossier. Tout ce qui tend à prendre, dans nos coeurs, la place de Christ est une idole. Écoutons donc l’avertissement de l’apôtre Jean : «Enfants, gardez-vous des idoles» (1 Jean 5:21). Si nous cessons de nous appuyer sur Dieu et sa Parole, pour mettre notre confiance en des ressources humaines, nous agissons comme Israël et tombons dans l’idolâtrie.

Mais si nous savons que notre avenir éternel est ainsi assuré par l’œuvre glorieuse de la rédemption et que nous allons entrer dans «un héritage incorruptible, sans souillure, immarcessible, (= inflétrissable) conservé dans les cieux pour nous» (1 Pierre 1:4), nous jouirons d’une paix parfaite en pensant à l’éternité vers laquelle nous nous acheminons.

En outre, si nous perdons de vue les promesses immuables de la Parole de Dieu, et si nous marchons par la vue et non par la foi, nous tombons rapidement sous le pouvoir des choses visibles. Alors, comme Israël, nous voulons des dieux qui marchent devant nous et nous abandonnons le Dieu vivant. Puissions-nous éviter un tel piège et demeurer tranquilles aux pieds du Seigneur. Nous savons qu’Il a compté les cheveux de nos têtes et qu’Il ne laissera manquer d’aucun bien ceux qui marchent dans l’intégrité. Veillons pour éviter le piège subtil de l’idolâtrie qui s’introduit si facilement dans nos cœurs et nous détourne de Celui qui nous veut tout entiers pour lui.

 

1.2    

Nous avons à considérer maintenant les conséquences amères de l’apostasie du peuple d’Israël. Ayant volontairement promis d’être fidèle à l’alliance et d’obéir à la loi de son Dieu, il avait, par sa rébellion ouverte, encouru le jugement inexorable prononcé contre les transgressions. Ainsi Dieu ne le traite plus comme son peuple, mais le place sur le terrain qu’il avait choisi : «Ton peuple que tu as fait monter du pays d’Égypte s’est corrompu» (v. 7). Sur le pied de sa responsabilité, il ne reste donc pas au peuple d’autre alternative que le jugement. Le livre de l’alliance, aussi bien que le peuple, avait été aspergé de sang (Héb. 9:19 ; Ex. 24:8), emblème du jugement qui devait atteindre les transgresseurs. Aussi l’Éternel s’apprête à exercer sa vengeance sur ceux-ci, et offre à Moïse de faire surgir de lui une grande nation, après avoir détruit ce peuple coupable (v. 10).

Alors se manifeste l’amour qui remplissait le coeur de ce fidèle serviteur pour ceux qui occupaient une si grande place dans les affections divines. Il ne pense pas à lui-même, mais à la gloire de Celui qui, dans sa souveraine grâce, avait appelé Abraham et lui avait promis de le faire devenir une grande nation (Gen. 12:2). Il intercède avec une puissance admirable en faveur de ceux qui étaient, malgré leur misère et leur culpabilité, les objets de l’amour particulier de Dieu. Il est rendu capable de prendre la place d’un vrai médiateur, dont le service s’exerce en dépit de tout ce qui aurait dû l’éloigner de ceux qui occupaient son coeur et ses pensées.

Le caractère de cette prière est des plus remarquables. Moïse n’atténue en rien le péché du peuple. Il ne fait pas non plus appel à la miséricorde, car il n’y avait point de place pour celle-ci dans l’alliance de Sinaï. Il n’a qu’une ressource dans le danger extrême amené par la rébellion du peuple, c’est de se réfugier auprès de Dieu, en faisant valoir les exigences de sa gloire comme seul motif de son intervention en grâce à l’égard de ceux qu’Il avait rachetés et amenés à Lui. Il répand son âme tout entière dans ses supplications. Que diront les Égyptiens quand ils apprendront la destruction d’Israël ? «C’est pour leur mal qu’Il les a fait sortir,... pour les consumer de dessus la face de la terre» (v. 12). Ainsi le grand Nom de Celui qu’il servait serait jeté dans la poussière et sa gloire livrée à l’opprobre. Moïse rappelle le lien formé entre Dieu et ce peuple qu’Il avait racheté et qui était devenu sa propriété. Il ne veut pas accepter que ce lien soit rompu et s’écrie : «Pourquoi ta colère s’embraserait-elle contre ton peuple» (v. 11).

En dépit de leur honteuse infidélité, ils étaient toujours les descendants d’Abraham, l’ami de Dieu, pour lesquels Il avait fait des merveilles. La gloire était donc engagée dans l’accomplissement des promesses faites aux pères de peur que les ennemis ne tournassent en dérision l’Éternel lui-même. Pouvait-il oublier ce qu’Il avait déclaré par serment à Abraham, Isaac et Israël (*) en disant : «Je multiplierai votre semence comme les étoiles des cieux» ? (v. 13).

 

(*) C’est Israël — le nom nouveau que Dieu lui avait donné — et non Jacob ici.

 

Ce plaidoyer était d’une force irrésistible. Dans l’énergie de sa foi, et conduit par l’Esprit de Dieu, Moïse s’appuie sur les promesses absolues et inconditionnelles faites à Abraham, rappelant à l’Éternel sa Parole et son serment. Ce sont là les «deux choses immuables dans lesquelles il est impossible que Dieu mente» (Hébr. 6:18), et par lesquelles nous avons «une ferme consolation».

Dans ces conjonctures, le sort du peuple dépendait du médiateur et, à son insu, Dieu avait, dans sa grâce, suscité celui qui pouvait se tenir à la brèche et plaider sa cause. Ce n’était pas sur le terrain de quelque mérite qui fût en l’homme que Moïse se plaçait, car la chute du peuple était irrémédiable et attirait l’indignation du juste Juge, mais sur celui des promesses faites aux pères par Celui qui n’est pas un homme pour mentir, ni un fils d’homme pour se repentir (Nomb. 23:19).

Cependant «l’Éternel se repentit du mal qu’il avait dit qu’Il ferait à son peuple» (v. 14). Quel encouragement à nous adresser à Lui avec une confiance entière en ses promesses, en faisant valoir sa gloire comme un motif d’intervention en grâce et en puissance en faveur de ses rachetés. Si jamais il y eut une occasion dans laquelle il semblait impossible qu’Il pût le faire, c’était bien celle-là. Toutefois, la foi de Moïse s’élève au-dessus de toutes les difficultés et, saisissant la main du Tout-Puissant, il invoque son secours et sa délivrance. Comme Dieu ne peut se renier Lui-même, Il exauça la requête de son serviteur. Rappelons-nous que «la fervente supplication du juste peut beaucoup» (Jacq. 5:16). Persévérons dans la prière, «veillant en elle avec des actions de grâces» (Coloss. 4:2).

 

1.3    

L’alliance de Sinaï était irrémédiablement rompue. Cependant, en descendant de la montagne, Moïse prit avec lui les deux tables de pierre sur lesquelles la loi était écrite : «Les tables étaient l’ouvrage de Dieu, et l’Écriture était l’écriture de Dieu, gravée sur les tables» (v. 16). Tout était divin, tant l’origine que l’exécution du travail ; mais ces tables n’atteignirent pas le camp. Sur le terrain de la loi pure, dont elles étaient l’expression, il ne pouvait y avoir pour le peuple coupable que la mort et la malédiction divine. Il ne pouvait plus être question d’obtenir la bénédiction sur le pied de l’obéissance. En réponse à l’intercession de Moïse, figure de celle de Christ, les Israélites allaient devenir des objets de miséricorde ; mais, par leur rébellion ouverte, ils avaient rompu l’alliance et étaient devenus des idolâtres. C’est pourquoi, en arrivant au camp, la colère de Moïse s’embrase en entendant le bruit de la fête : «Il jeta de ses mains les tables et les brisa au pied de la montagne» (v. 19). Josué croyait entendre un cri de guerre, mais Moïse ayant joui de la présence de Dieu, discerne plus promptement le vrai caractère des sons qui frappent ses oreilles et agit en conséquence.

Remarquons combien était intime la communion de Moïse avec Dieu. Il aimait ce peuple d’un amour plus fort que la mort. C’est pourquoi il avait refusé de devenir grand à ses dépens. Toutefois, en marchant dans la lumière divine, il avait appris à juger le mal comme le fait Celui qui ne peut le supporter en sa présence. C’est pourquoi il avait horreur de la lèpre qui avait éclaté dans le camp. L’acte de briser les tables était donc entièrement conforme à la pensée de Dieu ; il était la conséquence de la conduite du peuple à l’égard de l’alliance. Nous citerons les paroles d’un précieux frère : «Son oreille, exercée et prompte à discerner les dispositions morales du peuple, entend sa joie profane et légère. Peu après, il voit le veau d’or qui avait été élevé dans le camp avant même le tabernacle de Dieu, et, mû d’une sainte indignation, il brise les tables au pied de la montagne... Naguère, zélé pour le peuple auprès de Dieu, par dévouement à sa gloire, dans la conscience du lien qui existait entre le peuple et cette gloire, parce que c’était le peuple de Dieu, le même sentiment le porte maintenant à être zélé pour Dieu auprès du peuple... La foi lie le peuple de Dieu à la gloire de Dieu lui-même... et elle insiste sur la sainteté, coûte que coûte, conformément à cette gloire, afin que celle-ci ne soit pas foulée aux pieds en ceux qui sont identifiés avec elle».

Moïse reproche à Aaron son infidélité ; car c’était lui qui avait entraîné le peuple dans cette voie d’iniquité. Un détail important est ajouté dans le Deutéronome : «L’Éternel fut fort irrité contre Aaron pour le détruire ; et j’intercédai aussi pour Aaron, en ce temps-là» (Deut. 9:20). Sa foi, malgré tout, comptait sur la bénédiction et la délivrance de Dieu, car elles sont dans l’intérêt de sa gloire. Toutefois il n’oublie pas ce qui est dû à la sainteté de sa nature, leçon bien importante pour nous qui sommes identifiés avec les intérêts du Seigneur dans son Assemblée. Puissions-nous être zélés pour le maintien de ses droits, tout en étant remplis d’amour pour ceux qui sont chers à son coeur, comme l’était Moïse. Aussi, comme lui, nous pouvons intercéder en leur faveur devant le trône de la grâce, tout en défendant sa gloire au milieu des siens.

Aaron était, en l’absence de Moïse, le chef responsable du peuple et, par conséquent, sous le poids de la culpabilité de celui-ci. Pensée sérieuse pour ceux qui exercent un ministère de la part de Dieu dans l’Assemblée ! Puissent-ils éviter le piège dans lequel tomba Aaron et, s’ils ont erré, ne pas imiter les faux-fuyants par lesquels celui-ci chercha à justifier sa conduite. Comme Adam jeta le blâme de sa désobéissance sur Ève et celle-ci sur le serpent, Aaron cherche à se disculper en accusant le peuple. Il est vrai que ce dernier était «plongé dans le mal» (v. 22), mais il l’avait encouragé dans cette mauvaise voie. Il aurait dû accepter la mort plutôt que de céder à leurs désirs. De tout temps, l’ennemi s’est servi de conducteurs infidèles pour pervertir le peuple de Dieu.

Brûlant de zèle pour la gloire de Celui qui avait été déshonoré par l’idolâtrie d’Israël, Moïse s’écrie : «À moi, quiconque est pour l’Éternel !» (v. 26). Il ne s’agissait pas de cacher le mal ou de chercher des compromis. Quand le nom du Seigneur est jeté dans la poussière, il faut que ceux qui ont à coeur la gloire de ce Nom agissent selon les exigences de la sainteté divine. La neutralité à l’égard du mal est une trahison envers Christ. C’est ce que comprennent les fils de Lévi qui se rassemblent auprès de Moïse.

Lorsqu’il y a à choisir entre Dieu et Satan, comme c’était le cas en ce moment-là, l’indifférence est une véritable apostasie. «Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse» (Matth. 12:30). Remarquons que ce cri retentit dans le camp d’Israël. Ils étaient tous des descendants d’Abraham, mais il doit y avoir maintenant une séparation du mal au milieu même de ceux qui font profession d’appartenir à l’Éternel. Il peut sembler que le jugement exécuté dans la congrégation était incompatible avec l’amour, mais celui-ci s’allie toujours à l’obéissance et à la sainteté : «C’est ici l’amour de Dieu que nous gardions ses commandements» (1 Jean 5:2, 3).

Les fils de Lévi eurent l’insigne honneur d’être pour l’Éternel, lorsque le camp tout entier était dans le désordre et la rébellion. Combien précieuse pour Lui fut leur fidélité ! La conséquence en fut qu’Il les choisit pour le service spécial de son sanctuaire : «De Lévi il dit : Tes thummim et tes urim sont à l’homme de ta bonté... Qui dit de son père et de sa mère : Je ne l’ai point vu ; et qui n’a pas reconnu ses frères et n’as pas connu ses fils» (Deut. 33:8-11). Dans cette circonstance solennelle, ils durent frapper de l’épée «chacun son frère, et chacun son compagnon, et chacun son intime ami. Et les fils de Lévi firent selon la parole de Moïse» (v. 27, 28). Ce fut ainsi que Lévi répondit à l’appel divin, en se séparant de ses frères idolâtres, et en prenant parti pour Dieu sans hésiter, contre l’iniquité de son peuple. Ils ne prirent pas conseil de la chair, ni du sang : «Ils ont gardé tes paroles et observé ton alliance». Aussi, en récompense de sa fidélité, Dieu lui donne une place d’honneur en Israël : «Ils enseigneront tes ordonnances à Jacob et ta loi à Israël» (Deut. 33:10).

Souvent Dieu met son peuple à l’épreuve par des circonstances analogues. Il permet que le mal se manifeste dans son Assemblée de diverses manières, pour que l’état moral de chacun des siens soit pleinement mis à découvert. Si nous préférons nos aises égoïstes au maintien des droits du Seigneur, nous n’entrerons pas dans le conflit que soutinrent les fils de Lévi. Par contre, si, comme eux, nous avons à cœur Sa gloire, pour maintiendrons à tout prix Sa vérité, en demeurant dans le sentier étroit de l’obéissance à la Parole. Il peut être douloureux pour nos cœurs de suivre une voie qui nous contraint de nous retirer de toute iniquité en nous purifiant des vases à déshonneur (2 Tim. 2:20, 21), mais c’est la seule où nous ayons l’approbation et la bénédiction du Seigneur.

Moïse retourne sur la montagne, après avoir dit au peuple : «Vous avez commis un grand péché et maintenant je monterai vers l’Éternel : peut-être ferai-je propitiation pour votre péché» (v. 30). Quel contraste entre ce serviteur honoré de Dieu et notre grand souverain Sacrificateur ! Descendu en grâce de la gloire du saint lien, sa demeure éternelle, Il accomplit l’oeuvre de notre salut et remonta dans la félicité de la maison du Père, mais sans dire : «Peut-être ferai-je propitiation pour vous». Il n’avait pas brisé les tables de la loi comme Moïse ; mais, ayant constaté pleinement la ruine absolue de l’homme, Il obéit parfaitement aux exigences de la loi et porta sur la croix la malédiction qu’elle prononçait sur les transgresseurs, afin que la bénédiction pût reposer sur ceux qui croient. Puis Il rentra dans la gloire qu’Il avait quittée, en plaçant sur le trône de Dieu le témoignage de son oeuvre accomplie, la valeur infinie de son sang qui répond aux exigences de la majesté divine et nous purifie de tout péché. «Ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, Il s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu» (Hébr. 10:12).

Avec quelle anxiété le peuple dut suivre son médiateur lorsqu’il se rendait auprès de l’Éternel, incertain lui-même du résultat de cette rencontre. Par contre, après le départ du Seigneur Jésus, les disciples «s’en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie. Et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu» (Luc 24:52, 53). Leur Sauveur était entré dans la gloire comme le second Adam victorieux de la mort, l’Homme obéissant agréé de Dieu, qui a reçu la place de l’honneur suprême et qui va revenir pour prendre à lui ses rachetés et établir son règne.

Dans l’intensité de son amour pour son peuple coupable dont il confesse le «grand péché», Moïse s’écrie : «Maintenant, si tu pardonnes leur péché... sinon efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit» (v. 32). La source et le secret de cette intercession ardente étaient dans le fait qu’il s’identifiait pleinement avec Israël devant Dieu ; aussi s’il ne peut être pardonné, il désire être effacé avec lui du livre de Dieu. Tel était l’amour débordant de son cœur pour ceux qui étaient les objets des affections divines. Nous trouvons des sentiments semblables pour cette nation, coupable du rejet de son Messie et de l’Évangile, chez l’apôtre Paul qui dit : «J’ai souhaité d’être par anathème séparé du Christ pour mes frères, mes parents selon la chair» (Rom. 9:3).

Dieu ne pouvait accéder à la demande de Moïse, car celui-ci n’avait aucun moyen de répondre aux exigences de sa sainteté. Aucune oeuvre de rédemption qui y satisfît et en vertu de laquelle il pût faire propitiation pour les iniquités du peuple n’avait encore été accomplie. Or c’était le seul fondement sur lequel il fût possible à un Dieu saint de pardonner, sans déroger à sa gloire. Toutefois, son intercession ne fut pas sans fruit, car elle délivra Israël des conséquences de son péché qui, selon le juste gouvernement de Dieu, eût amené la mort de tous les coupables.

Cependant, bien qu’ils fussent épargnés par la longue patience de l’Éternel, ils étaient placés individuellement sous la responsabilité d’obéir, sous peine du jugement : «Celui qui aura péché contre moi, je l’effacerai de mon livre» (v. 33).

Ainsi la médiation de Moïse, tout en replaçant Israël sous le gouvernement de Dieu et lui fournissant de nouveau l’occasion d’obéir à la loi, ne l’amenait pas dans une position de justice devant lui. Il fallait pour cela des souffrances expiatoires qu’une Personne divine seule pouvait traverser : «Le Prophète plus grand» que lui, dont il annonce la venue (Deut. 18:15), devait être manifesté. «Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus-Christ (Jean 1:17). «À lui la gloire, et maintenant et jusqu’au jour d’éternité ! Amen».

 

 

ME 1930 p. 166 et suiv.

 

2                    La tente d’assignation — Exode 33

2.1    

En méditant le chapitre précédent, nous avons vu avec quelle ardeur Moïse avait plaidé pour le peuple coupable, tout en maintenant les droits de la gloire divine foulée aux pieds par l’idolâtrie grossière dans laquelle il était tombé. En réponse à la foi de son serviteur fidèle et bien-aimé, et à son intercession basée sur le caractère immuable de ses promesses, Israël avait été délivré du jugement gouvernemental qu’il avait encouru. Toutefois, l’Éternel ne demeurait plus avec ce peuple rebelle, mais Il annonce à Moïse qu’Il enverra un ange pour lui frayer le chemin de Canaan. La relation perdue par la transgression de cette nation devenue idolâtre n’était pas rétablie. Dieu avait été rejeté par elle et Il prenait maintenant, pour ainsi dire, la place de distance que son peuple lui avait faite. C’est pourquoi II dit à Moïse : «Le peuple que tu as fait monter du pays d’Égypte» (v. 1). Toutefois Il promet qu’Il introduira Israël dans le pays qu’Il avait donné aux pères, en ajoutant à sa Parole un serment solennel d’accomplir ses promesses. Moïse avait intercédé en faveur du peuple coupable, en rappelant à Dieu qu’Il avait juré par lui-même de donner ce pays à la semence d’Abraham (Ex. 32:13) : «Et l’Éternel se repentit du mal qu’il avait dit qu’il ferait à son peuple» (v. 14). Ainsi, en vertu de cette première intercession du médiateur, le jugement s’était détourné des coupables et la possibilité d’entrer en Canaan était placée devant eux, quoique la relation avec Dieu ne fût pas rétablie. La loi les condamnait et il fallait qu’un autre moyen de les introduire dans la bénédiction promise fût révélée. Dieu avait parlé à Moïse sur la montagne d’une arche dans laquelle les tables de la loi seraient placées et là, elles seraient en sûreté : C’est pourquoi Moïse va commencer une nouvelle action et un nouveau service d’intercession en faveur de son peuple.

Auparavant, Dieu déclare qu’Il ne peut demeurer au milieu d’Israël : «Je ne monterai pas au milieu de toi, car tu es un peuple de cou roide, de peur que je ne te consume en chemin» (v. 3). Comment un Dieu saint pourrait-il habiter avec une nation de transgresseurs sans la détruire ? Il répète que c’est un peuple de cou roide et lui ordonne d’ôter ses ornements et de prendre ainsi l’attitude d’humiliation qui convenait à ceux qui avaient désobéi et attiré sur eux-mêmes les châtiments de sa main puissante.

Combien ces faits sont remplis d’instruction pour nos âmes ! Aujourd’hui, dans la chrétienté, on se couvre d’ornements et les hommes s’exaltent au milieu d’une iniquité non jugée. À Corinthe, en présence du mal et du désordre qui offensaient le Seigneur, les coeurs étaient enflés d’orgueil, lorsqu’ils auraient dû mener deuil devant lui (1 Cor. 5:2). Celui qui habite le lieu haut élevé déclare qu’Il trouve son plaisir en ceux qui ont l’esprit contrit et qui tremblent à sa Parole, et Il revivifie «le cœur de ceux qui sont abattus» (És. 57:15). «Les sacrifices de Dieu sont un esprit brisé. Ô Dieu ! tu ne mépriseras pas un cœur brisé et humilié» (Ps. 51:17).

Avant d’exercer le jugement, Dieu pèse, pour ainsi dire, la condition morale de son peuple. Vu l’humiliation et le deuil qui se répandirent dans le camp, à l’ouïe de «la parole fâcheuse» qui annonçait le déplaisir de Celui dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, le bras du Tout-Puissant, prêt à frapper, s’arrête et ses compassions s’exercent en faveur des coupables. Trouvera-t-Il un moyen de les épargner sans déroger aux exigences de sa gloire ? Question poignante et solennelle, à laquelle répondent les versets qui suivent. «Et Moïse prit une tente et la tendit pour lui hors du camp, loin du camp et il l’appela la tente d’assignation» (v. 7).

Autant que nous en pouvons juger, il ne semble pas qu’en dressant cette tente hors du camp, Moïse agissait en vertu d’un commandement spécial du Seigneur. Cet acte était plutôt l’expression du discernement spirituel, donné à ce fidèle serviteur, de ce qui convenait tant à la gloire de l’Éternel qu’à l’état du peuple dans ce moment-là. Enseigné par Lui, il comprenait que le Dieu saint ne pouvait demeurer plus longtemps dans un camp qui avait été souillé par la présence d’un veau d’or. C’est pourquoi il dresse une tente en dehors de la souillure, et le nom qu’il lui donne implique qu’elle devait être un centre de ralliement pour tous les cœurs fidèles qui désiraient se séparer du mal et trouver, dans un tel lieu, la présence du Seigneur. Il ne faut pas confondre cette tente avec le tabernacle dont la structure lui fut enseignée sur la montagne et dont Dieu avait dit : «Ils feront pour moi un sanctuaire et j’habiterai au milieu d’eux» (Ex. 25:8). La tente était un lieu de rencontre entre Dieu et ceux qui le recherchaient d’un cœur droit, dans un jour de péché et d’apostasie. Le peuple d’Israël ayant renié les droits et la gloire de l’Éternel, ne pouvait plus être reconnu comme étant en relation avec lui ; le centre de rassemblement avait été abandonné. Celui dont les yeux sont trop purs pour voir le mal n’était plus dans le camp, souillé par l’idolâtrie. Ceux qui désiraient jouir de sa présence devaient la rechercher «hors du camp, loin du camp», dans un lieu de séparation du mal qui avait éclaté dans son sein.

La foi et l’énergie spirituelle de chaque membre de la congrégation étaient ainsi mises à l’épreuve. Il s’agissait d’avoir individuellement à faire avec Dieu au sujet du chemin à suivre, lorsque son Nom avait été déshonoré par l’infidélité de l’ensemble. «Moïse prit une tente et la tendit pour lui hors du camp». Si même il doit être seul à maintenir les droits méconnus du Saint d’Israël, il n’hésite pas un instant sur le chemin à suivre. Son exemple encourage tous ceux qui «cherchaient l’Éternel» et qui, avec lui, ne veulent pas s’identifier avec un camp souillé. Les vrais adorateurs se trouvent ainsi ensemble dans la séparation du mal et là, ils pourront rechercher, d’un cœur pur, la face de l’Éternel.

Il y a dans ce fait, un principe d’une importance inappréciable et qui demeure vrai dans tous les temps. Il faut se rappeler qu’Israël professait être le peuple de Dieu, mais son état moral était tel que la sainteté divine ne pouvait plus lui reconnaître ce caractère. Il en fut ainsi plus tard, lorsque ce même peuple eut rejeté son Messie, ainsi que le témoignage du Saint-Esprit rendu à son exaltation dans la gloire de Dieu et à la grâce offerte à tous ceux qui s’approchaient de lui avec des cœurs repentants. La nation rebelle formait un camp semblable à celui dont les fidèles devaient se retirer au jour de l’apostasie du veau d’or. Aussi l’exhortation adressée à tous ceux qui écoutaient les avertissements divins et qui nous concerne tous aujourd’hui est-elle pressante et solennelle : «Ainsi donc, sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre» (Héb. 13:13).

Toute organisation religieuse dans laquelle le nom du Seigneur est déshonoré, l’autorité de sa Parole méconnue et remplacée par la volonté de l’homme, forme un camp, dont les fidèles doivent se retirer pour trouver, dans un lieu de séparation, la présence de Celui dont les droits sont oubliés par une profession corrompue. L’aveugle-né guéri par le Seigneur, ayant été chassé de la synagogue, trouve immédiatement, dans cette place d’opprobre et de rejet, Celui qui l’avait guéri, et il apprend à le connaître comme le Fils de Dieu, aux pieds duquel il se prosterne en l’adorant. «Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur» (2 Tim. 2:19). Cette injonction s’adresse à tous ceux qui confessent ce nom dans un jour d’indépendance générale. Puisse le nombre de ceux qui y répondent grandir, à mesure que nous approchons du moment de la rencontre avec Lui.

Considérons maintenant la réponse de l’Éternel à l’acte de fidélité et d’obéissance de son serviteur : «Il arriva que, comme Moïse entrait dans la tente, la colonne de nuée descendit et se tint à l’entrée de la tente, et l’Éternel parla avec Moïse» (v. 9). Ce fut ainsi que le Très-Haut. «dont le nom est le Saint» manifesta son approbation à ceux qui le craignaient et tremblaient à sa Parole. Il se révéla d’une manière plus intime et bénie qu’Il ne l’avait fait auparavant : «L’Éternel parlait à Moïse face à face comme un homme parle avec son ami» (v. 18). C’était une toute nouvelle révélation de sa gloire, complètement différente des communications faites sur la montagne de Sinaï. Celles-ci étaient empreintes de l’inflexible sévérité de la loi sous laquelle Israël s’était placé. La majesté redoutable qui accompagnait cette loi de feu remplissait de terreur tous ceux qui en étaient les témoins : «Moïse, si terrible était ce qui paraissait, dit : Je suis épouvanté et tout tremblant»(Héb. 12:21). Par contre, maintenant, il jouissait d’une intimité de communion avec Dieu qu’il n’avait jamais réalisée auparavant. L’Éternel lui-même fait allusion à ce privilège élevé de son serviteur, lorsqu’Il prend sa défense en face des accusations d’Aaron et de Marie (Nomb. 12:5-8). Ce fait est rempli d’encouragement pour nos âmes dans un jour de ruine. Il nous enseigne que, même si la profession chrétienne marche à grands pas vers l’apostasie finale, il est toujours possible à ceux qui recherchent sa face dans un vrai esprit de dépendance et de soumission à sa Parole, de jouir de sa communion et de son approbation. Il faut pour cela qu’ils se retirent de toute l’iniquité morale et doctrinale dont ils sont entourés et qu’ils poursuivent «la justice, la foi, l’amour, la paix avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur» (2 Tim. 2:22).

Il est bon de remarquer ici que, comme dans le cas de Moïse, une telle séparation requiert en tout temps un grand discernement spirituel. Il faut beaucoup de soumission à la Parole, d’énergie morale et de communion avec le Seigneur pour savoir exactement ce qu’est le camp et pour en sortir. Il est aussi très important d’être enseigné de lui pour agir conformément aux exigences de son amour et de sa sainteté vis-à-vis de ceux qui demeurent encore dans le camp, par manque de lumière ou d’énergie spirituelle, afin de leur être en aide et en témoignage. Il y a des circonstances permises de Dieu pour la manifestation de l’état des coeurs : ce fut le cas pour la tribu de Lévi dans le chapitre précédent. Ceux qui désirent demeurer fidèles peuvent avoir à prendre l’épée contre ceux qui leur sont chers. Lévi «dit de son père et de sa mère : Je ne l’ai point vu» et il «n’a pas reconnu ses frères et n’a pas connu ses fils» (Deut. 33:9). Aussi Dieu donne une place d’honneur à cette tribu : «Ils enseigneront tes ordonnances à Jacob et ta loi à Israël» (v. 10). Pour obéir à la Parole, il faut, dans de tels moments, ne penser qu’à la gloire du nom du Seigneur et accepter l’opprobre et la souffrance qu’entraîne la séparation du mal. Il est évidemment nécessaire d’être sous la dépendance intime du Seigneur et dans une communion étroite avec ses pensées révélées dans sa Parole, pour entrer dans un tel chemin, afin que nous ayons son approbation et sa bénédiction, comme ce fut le cas de Moïse. En prenant humblement la place d’une entière séparation de tout le désordre qui règne dans la profession chrétienne, nous aurons la jouissance de sa présence et nous pourrons nous réjouir devant lui, avec ceux qui l’invoquent d’un coeur pur. Par contre, si nous demeurons associés au mal, nous sommes nécessairement solidaires de la condition et du jugement de ceux dont nous n’avons pas la force de nous séparer. Il y a, dans cet état du peuple de Dieu, une barrière à la manifestation de son amour. Ce ne fut pas dans le camp, mais loin de ce lieu souillé, que l’Éternel put manifester sa gloire à ceux qui le recherchaient dans un esprit de vraie humiliation. C’est là qu’Il parle à Moïse comme à son ami. Sur ce terrain, tout est individuel : il faut, pour y prendre place, avoir à faire personnellement avec Dieu dans une foi qui recherche sa face sans arrière-pensée, sans considération de motifs égoïstes, sans recherche de l’approbation d’autrui, mais dans l’unique désir de plaire à Celui qui s’est acquis tous les droits sur les siens et que nous invoquons comme Seigneur (2 Tim. 2:19). Rappelons-nous toutefois que ceux qui prennent ce chemin par fidélité envers Lui n’y seront jamais seuls. Ils s’y trouveront réunis à ceux qui ont été exercés de la même manière, autour d’un centre commun de rassemblement, la Personne de Celui qui les a attirés à lui-même hors du mal. L’acte de Moïse était ainsi une anticipation de celui auquel l’Esprit de Dieu appelle les fidèles dans la ruine actuelle de l’Église pour les grouper autour de lui-même, selon cette parole : «Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux» (Matt. 17:20). L’assurance de sa présence, au milieu de ceux qu’Il a ainsi réunis sur un terrain nouveau, est une source de force et de consolation pour les âmes pieuses douloureusement éprouvées par l’état de confusion de la profession chrétienne et par la nécessité de rompre avec elle. Il en était de même de ceux qui, dans la tente d’assignation, recherchaient le Seigneur, hors dé l’idolâtrie d’Israël. Ceux qui, depuis un siècle, l’ont réalisé dans la simplicité de la foi, ont fait l’expérience bénie de la douceur de sa présence et de sa communion.

Il ne semble pas que ce fut le grand nombre qui répondit à l’appel de Dieu dans ce moment-là. La masse du peuple paraît être demeurée dans le camp, car nous lisons que «lorsque Moïse sortit vers la tente, tout le peuple se leva et se tint chacun à l’entrée de sa tente» (v. 8). Puis «tout le peuple se leva et ils se prosternèrent, chacun à l’entrée de sa tente» (v. 10). Il y a aujourd’hui encore beaucoup de personnes qui, tout en aimant les choses de Dieu, n’ont pas la force morale nécessaire pour affronter l’opprobre et la souffrance qui s’attachent à une position de témoignage pour Christ hors du camp. Elles se prosternent peut-être devant lui chacune dans sa tente, mais ne connaissent pas la bénédiction de sa présence dans le rassemblement de la tente d’assignation, c’est-à-dire là où deux ou trois sont assemblés hors du camp. À ceux qui sont fidèles selon la mesure de leurs lumières, dans cet état de choses, le Seigneur promet des bénédictions individuelles qui, quoique précieuses, ne sont pas à comparer avec celles qui sont la part des saints de Philadelphie : «Si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui et lui avec moi» (Apoc. 3:20). Tout est individuel ici, tandis que les joies du vainqueur à Philadelphie se rattachent à Christ lui-même et à son Assemblée et sont la récompense de son association avec lui, dans l’opprobre et la souffrance ici-bas.

 

2.2    

La fidélité de Moïse ayant été reconnue et son action acceptée par l’Éternel, il retourne dans le camp comme le médiateur entre le peuple et lui. Par contre, Josué, type de Christ en Esprit, demeure dans la tente d’assignation. Nous avons là deux images instructives. Moïse représente la puissance de l’amour en activité dans le coeur du serviteur de Dieu et qui le pousse à servir son peuple. Ayant joui de la clarté de sa face et de la douce intimité d’un homme à qui Dieu parle comme à un ami, il est capable de prendre place avec ceux qui ne jouissent pas d’une telle intimité, pour les servir et leur apporter le message divin, sans participer à la souillure du lieu où ils se trouvent encore. Jouissant de l’atmosphère du sanctuaire, il ne compromettra pas le nom de Celui qu’il sert en se trouvant avec ceux qui sont les objets de ce travail d’amour. C’est là ce qu’a réalisé en perfection ici-bas le divin Serviteur qui a fait briller la lumière au sein des ténèbres et qui fut le Témoin fidèle dans un monde d’iniquité. Nous ayant associés à lui-même sur le terrain de la résurrection, Il nous envoie dans la scène où Il a été rejeté : «Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie» (Jean 20:21).

D’autre part, un tel service nécessite l’esprit et l’attitude de Josué qui ne quitte pas la tente d’assignation. Pour que le messager du Seigneur soit gardé des influences funestes et des pièges que l’ennemi lui tend dans la sphère de son activité, il doit demeurer «dans son amour», dans la douce retraite du sanctuaire. C’est en gardant les commandements du Seigneur que nous demeurerons dans son amour, comme lui-même a gardé les commandements du Père et est demeuré dans son amour (Jean 15:10). L’Épouse est appelée à quitter les montagnes qui présentent des attraits enchanteurs pour le coeur naturel, mais qui sont le repaire des lions et des léopards, pour se réfugier auprès de l’Époux où elle trouve paix, sécurité et force pour le servir (Cant. 4:8).

Moïse accepte la place de conducteur du peuple que Dieu lui a donnée (v. 1) et en fait la base de son intercession. Il adresse d’abord à Dieu une requête instante relative à ses besoins personnels. Il désire savoir qui l’Éternel enverra avec lui. Il avait dit : «J’enverrai un ange devant toi» (v. 2), mais Moïse demande une révélation plus complète à ce sujet, en se fondant sur cette parole d’amour : «Je te connais par nom et tu as aussi trouvé grâce à mes yeux» (v. 12). C’est du buisson à épines que Dieu avait dit : «Moïse, Moïse !» (Ex. 3:4). C’est ainsi que le bon Berger appelle ses propres brebis par leur nom et elles répondent à sa voix (Jean 10). L’Éternel avait dit qu’Il était descendu pour délivrer son peuple et le faire monter dans un pays ruisselant de lait et de miel. Il s’était donc engagé par une promesse sûre et certaine d’amener Israël dans une relation bénie avec lui-même et de le délivrer de tous ses ennemis. Quels que pussent être les obstacles suscités par l’ennemi, ainsi que par la méchanceté du peuple, sa gloire était engagée dans l’accomplissement de son propos à son égard. La rébellion dont Israël venait de se rendre coupable était l’occasion de manifester la sagesse infinie, la puissance et l’amour de Dieu. Moïse demande que son chemin lui soit donné à connaître (v. 13), c’est-à-dire les voies par lesquelles ses perfections seraient mises en évidence. Dieu avait fait des promesses de grâce souveraine : la malice de Satan et la méchanceté incurable du peuple pouvaient-elles les annuler ? Il avait dit à Abraham que sa semence serait comme les étoiles des cieux (Gen. 15:5). Pouvait-il oublier sa parole ? Moïse savait bien que l’Éternel seul amènerait ce peuple rebelle en Canaan et, puisqu’Il s’engageait par serment à le faire, il était encouragé à Lui demander que Lui-même, et non un ange, montât avec lui. C’est ainsi qu’après avoir placé ses propres besoins devant Dieu, il plaide pour son peuple (v. 13).

Quelle est la réponse divine à cette intercession ardente de son serviteur ? L’exaucement d’une telle requête était assuré, car elle était fondée sur la révélation expresse des pensées de Dieu, de son conseil à l’égard de son peuple et de sa gloire. Aussi Il dit immédiatement à Moïse : «Ma face ira et je te donnerai du repos» (v. 14). Le repos pour nous, comme pour ce dernier, se trouve dans l’accomplissement des pensées d’amour de notre Dieu envers nous. Quel encouragement Il nous donne ainsi à assiéger son trône de grâce et à lui demander tout ce qui est pour sa gloire, selon la révélation que nous en donne sa Parole ! C’est pourquoi le Seigneur dit aux siens : «Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez et il vous sera fait» (Jean 15:7). Et encore : «En vérité, en vérité, je vous dis que toutes les choses que vous demanderez au Père en mon nom, il vous les donnera» (Jean 16:23).

En Moïse, nous avons ici un type de notre souverain Sacrificateur, établi sur la maison de Dieu, et qui s’identifie avec ses saints devant lui, en faisant valoir, dans son intercession constante en leur faveur, la perfection infinie de sa Personne et de son sacrifice. Remarquons cette expression : «Moi et ton peuple», deux fois répétée au v. 16. Pour l’accomplissement des desseins de Dieu envers les siens, tout dépend désormais de la place glorieuse de Christ auprès du Père et du fait que les siens lui sont inséparablement unis. En pure grâce, son peuple étant associé à lui-même, se trouve ainsi «séparé de tout peuple qui est sur la face de la terre» (v. 16). Nous avons en cela l’assurance qu’au lieu d’être consumés comme étant de cou roide, nous serons disciplinés et conduits sûrement à la montagne de son héritage. Toutes les voies de Dieu, soit envers Israël, soit envers l’Église, tendent à ce but. Le royaume terrestre est assuré au premier et la gloire céleste à la dernière, à cause de l’excellence de Christ et de son service d’amour pendant la longue nuit de son absence.

La réponse de l’Éternel enhardit Moïse à demander davantage : «Si ta face ne vient pas, ne nous fait pas monter d’ici» (v. 15). Il n’était pas suffisant pour lui de posséder l’assurance de la faveur et du secours de Dieu pour lui-même. Il ne veut pas se séparer de son peuple, avec lequel il est identifié. C’est ainsi que le Seigneur nous a liés à lui-même, dans la place de gloire et d’intimité qu’Il occupe auprès du Père. Non seulement cela, mais Moïse veut renouer le lien du peuple avec Dieu, rompu par son péché. Nous avons vu que, prenant la place d’éloignement que le peuple lui avait donnée, l’Éternel avait dit à Moïse : «Le peuple que tu as fait monter du pays d’Égypte» (v. 1). Moïse ne veut pas que ce lien demeure brisé. Comme preuve de la restauration dans la faveur divine, il demande que Dieu marche avec son peuple (v. 16). Le fait de sa présence le séparera de toutes les nations de la terre, Il en est de même en principe dans l’économie actuelle. La présence sur la terre du Saint-Esprit, qui forme de l’Assemblée la maison de Dieu ici-bas, la sépare si complètement de toute autre organisation terrestre qu’il n’y a plus dans l’humanité que deux sphères, celle de la présence et de l’activité de l’Esprit de Dieu et celle de l’action et de la puissance de Satan. Nous savons, hélas ! combien l’Église, par son infidélité, a ouvert la porte à l’ennemi, de sorte que, comme maison de Dieu, elle sera entièrement rejetée et deviendra Babylone la grande, le repaire de tout oiseau immonde et exécrable (Apoc. 18:2). Toutefois, l’Esprit saint demeure ici-bas jusqu’à la venue du Seigneur et unit les vrais croyants à leur Chef dans la gloire, de sorte que la vérité de l’Assemblée demeure, en dépit de la ruine, et celle-ci sera bientôt le temple saint dans lequel la gloire de Christ sera pleinement manifestée.

La requête de Moïse reçut un exaucement complet de la part de Celui qui a dit : «Crie vers moi et je te répondrai, et je te déclarerai des choses grandes et cachées que tu ne sais pas» (Jér. 33:3). Il dit à son serviteur : «Je ferai cela aussi dont tu as parlé ; car tu as trouvé grâce à mes yeux et je te connais par nom» (v. 17). Israël est de nouveau reconnu comme le peuple de l’Éternel, auquel une alliance sera donnée, comme nous le verrons plus loin. La loi y est maintenue dans ses exigences, mais avec la grâce, afin que le jugement ne fonde pas sur les transgresseurs. Toutefois cette nouvelle épreuve de l’homme allait se terminer par une chute profonde qui a abouti à la croix du Calvaire, où il a montré sa haine et sa méchanceté irrémédiable contre Dieu. Maintenant, son histoire est terminée ; le jugement est prononcé sur lui et la grâce de Dieu seule peut l’en délivrer, par la foi en Celui qui a souffert, «le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu» (1 Pierre 3:18).

L’effet de la faveur divine dont jouit Moïse est remarquable. Chaque nouvelle manifestation de la grâce envers lui produit chez lui le désir de recevoir de nouvelles bénédictions : «Fais-moi voir, je te prie, ta gloire», s’écrie-t-il. Telle est toujours l’opération de l’Esprit dans une âme. Plus elle entre dans la connaissance des perfections divines, plus elle désire les saisir et en jouir. Le psalmiste dit : «Mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi, dans une terre aride et altérée, sans eau»(Ps. 63:1). Quelle est la réponse divine à cette aspiration d’une âme pieuse qui désire contempler sa gloire ? «Mon âme est rassasiée comme de moëlle et de graisse, et ma bouche te louera avec des lèvres qui chantent de joie» (v. 5). «L’âme diligente sera engraissée». Plus nous désirons connaître Dieu et ses pensées, plus nous serons enrichis. La demande de Moïse présente un contraste entre sa position et la nôtre. Maintenant, nous contemplons à face découverte la gloire du Seigneur ; tandis que Moïse désirait avoir ce privilège. Cependant, ce besoin pressant de son âme nous révèle l’effet de l’intimité avec Dieu qu’il réalisait par la puissante action du Saint Esprit. Il comprenait que cette gloire brillait en grâce, puisque Dieu avait pardonné l’iniquité de son peuple, et Dieu entend la requête de son serviteur et l’exauce, autant qu’Il lui était possible de le faire sans déroger aux exigences de sa sainteté infinie qui n’étaient pas encore satisfaites. Il fera passer toute sa bonté devant lui et criera le nom de l’Éternel ; Il exprime sa souveraineté déployée envers Israël, lorsque tous ont péché et mérité son jugement : «Je ferai grâce à qui je ferai grâce, et je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde» (v. 19). Il doit agir selon son droit souverain s’Il veut bénir des coupables. C’est le principe en vertu duquel Il épargnait son peuple lorsque, sur le pied de la justice, toute la nation aurait dû périr puisqu’elle avait fait le veau d’or. C’est le passage que Paul cite pour expliquer comment Israël fut épargné, tandis que le jugement atteignit Pharaon qui s’était endurci (Rom. 9:7-18). La grâce et la miséricorde divines sont la seule ressource de l’homme pécheur et perdu. Comment concilier les promesses spéciales de bénédiction faites aux pères, avec le jugement porté sur l’humanité tout entière et qui la renferme sous la même condamnation ? (Rom. 1 à 3). Tel est le sujet des chapitres 9 à 11 de cette épître. Paul rappelle à Israël son péché en rapport avec le veau d’or qui, aux termes de la loi, devait amener sa destruction, mais qui fut l’occasion pour Dieu de manifester envers lui sa souveraine grâce, selon le droit qu’Il a de sauver ceux qui ont mérité son jugement. Objets de la miséricorde, les Juifs oseraient-ils contester à Dieu le droit de la manifester envers les nations ? La souveraineté divine avait, du reste, été déjà manifestée dans le choix d’Isaac de préférence à Ismaël et dans celui de Jacob au lieu d’Ésaü (Rom. 9:7-13). «Dieu a donc renfermé tous, Juifs et nations, dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous» (Rom. 11:32).

Malgré la faveur accordée à Moïse et le privilège qu’il avait de contempler la bonté de l’Éternel et d’entendre la proclamation de sa gloire, il ne pouvait voir sa face, «car l’homme ne peut voir» cette face de Dieu «et vivre» (v. 20). L’œuvre de la rédemption, qui nous permet maintenant de «contempler», à face découverte la gloire du Seigneur (2 Cor. 3:18) et d’être à l’aise devant sa face, n’était pas encore accomplie. Quelque distinguée que fût la position de Moïse, comme médiateur entre le peuple et Dieu, celle du plus humble croyant de l’économie actuelle, revêtu de la justice divine et placé sans tache et sans conscience de péché sous le regard de Dieu, est beaucoup plus élevée. La gloire que nous contemplons sans crainte, en la face de notre Seigneur exalté à sa droite, proclame l’efficace infinie de son oeuvre qui nous purifie de tout péché. Moïse doit être caché dans «la fente du rocher» et couvert par la main divine pour voir ensuite «par derrière» la gloire de Celui dont la face ne pouvait être contemplée par aucun homme (v. 23). Abrité par le rocher frappé, dans la fente duquel il est placé par Dieu, Moïse nous présente en type la position du croyant caché en Celui qui fut frappé à sa place par la verge de la colère à la croix et qui, par sa mort expiatoire, a satisfait à la justice divine, de sorte «qu’il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus» (Rom. 8:1). Mais combien la figure est inférieure à la réalité, car ce n’est pas par derrière seulement que nous contemplons cette gloire qui brille sur la face de notre Rédempteur, mais, sans voile et sans crainte, les yeux de notre foi s’arrêtent sur cette Personne adorable, et ainsi nous sommes transformés «de gloire en gloire», comme par le Seigneur en Esprit. Puissions-nous, comme Étienne, fixer nos regards sur le ciel ouvert, afin de refléter la gloire morale de Celui que nous voyons assis à la droite de la Majesté, par la foi, en attendant le moment où nous le verrons face à face, «comme Il est» (1 Jean 3:2).