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EN ACTION ET EN VÉRITÉ

Enfants, n’aimons pas de parole, ni de langue, mais en action et en vérité (1 Jean 3:18).

 

Paul Fuzier

Les titres et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest. ME 1962 p. 3

Table des matières :

1     Témoignage philadelphien

2     Amour pour le Seigneur, amour des frères

3     Tiédeur laodicéenne

4     Rechercher Christ et l’amour vrai

4.1      Se garder de n’avoir que des apparences extérieures

4.2      L’amour ne va pas sans la vérité

4.3      Contrefaçons de l’amour, faux amour

 

 

1                        Témoignage philadelphien

Parvenus aux derniers jours de l’histoire de l’Église sur la terre, nous sommes responsables de mettre en évidence les caractères philadelphiens. Ceux qui, par grâce, font face à cette responsabilité manifestent — selon le nom même de cette Église de Philadelphie — une véritable affection fraternelle, celle qui est liée à l’amour (cf. 2 Pierre 1:7). L’amour des frères caractérise Philadelphie parce que, dans cette assemblée, il y a aussi et d’abord l’amour pour le Seigneur. Cet amour pour le Seigneur, vu dans toute la vie pratique, y est traduit de la manière dont Lui-même désire que nous le fassions : « Celui qui a mes commandements, et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime... Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole.. » (Jean 14:21, 23). Car, en effet, Il peut dire à Philadelphie : « Tu as gardé ma parole » (Apoc. 3:7, 8). C’est donc bien une marche dans l’amour qui caractérise cette assemblée, amour pour le Seigneur et amour pour les frères, mais c’est aussi une marche dans la lumière, car le Seigneur lui dit encore : « Tu n’as pas renié mon nom », le Nom du Saint, du Véritable. Philadelphie a manifesté l’amour sans jamais abandonner quoi que ce soit de la vérité de Dieu : faire briller ici-bas, dans un équilibre dont seul l’Homme Christ Jésus nous a donné le parfait modèle, amour et lumière, grâce et vérité, tel est le privilège qui a été accordé à cette assemblée, et c’est bien ce que nous devrions avoir à cœur de réaliser.

Le témoignage philadelphien, témoignage de la fin, est rendu au sein de la ruine et d’une ruine qui va s’accentuant. Il n’a aucunement la prétention de réédifier ce qui était au commencement, de mettre un terme à la dispersion des enfants de Dieu en de multiples dénominations chrétiennes et de rétablir ici-bas l’unité visible du corps de Christ. Le témoignage de Philadelphie est un témoignage rendu à l’état de ruine de 1’Église : s’il doit être maintenu dans la séparation de tout mal moral et doctrinal, et cela au sein même de la chrétienté, c’est bien la preuve que dans son ensemble l’Église a failli à sa responsabilité. — Mais si Philadelphie ne prétend pas rétablir l’Église dans l’état où elle était au début de son histoire sur la terre, elle n’en désire pas moins mettre en évidence quelques traits du commencement. Et si le premier amour ne peut être retrouvé collectivement tel qu’il a été manifesté alors, il peut cependant être maintenu individuellement par ceux qui ont à cœur de demeurer fidèles et de faire partie d’un corps de témoins qui a l’entière approbation du Seigneur.

 

2                        Amour pour le Seigneur, amour des frères

Ce qui a marqué si fortement de son empreinte le témoignage du commencement c’est, entre autres choses, l’exercice d’un amour vrai, amour pour le Seigneur et amour des frères. Deux passages de l’Écriture (Act. 2:42-47 et 4:32-37) suffisent à nous montrer que l’amour fraternel a bien été l’un des traits dominants du début de l’histoire de l’Église, tandis que l’amour pour le Seigneur était vu dans le fait même que la Parole était gardée : « Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres… » (Act. 2:42 ; cf. Jean 14:21, 23). Les premiers disciples reproduisaient ainsi quelques caractères de Celui qui a été ici-bas l’Homme parfait, qui a montré son amour pour son Père dans une entière obéissance à sa volonté — et le monde en a eu le témoignage : « mais afin que le monde connaisse que j’aime le Père ; et selon que le Père m’a commandé, ainsi je fais » — et son amour tendre et fidèle pour les siens : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés » (Jean 14:31 et 15:9). — Mais ce temps a été très court : déjà à Éphèse, la première des sept assemblées mentionnées dans les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse, le Seigneur doit dire : « J’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour » (Apoc. 2:4). C’est le premier pas sur le chemin du déclin et de la ruine. Des temps d’épreuve, préfigurés par les tribulations connues à Smyrne, ont sans doute ralenti les progrès du mal mais, peu après, avec Pergame, nous voyons l’Église, perdant de vue qu’elle doit en être séparée, s’associer au monde. Enfin apparaissent les prétentions de la fausse Église, dont Jésabel est une image (cf. Apoc. 2:10, 13, 20). Dès lors, c’est au sein même de l’Église, et non plus seulement dans le monde, que les fidèles doivent maintenir une position de séparation — vérité si mal comprise, hélas ! Ces fidèles forment un résidu pieux, les « autres qui sont à Thyatire », « quelques noms à Sardes » (Apoc. 2:24 ; 3:4), témoins individuels parmi un ensemble qui a failli, Philadelphie seule constituant un corps de témoins, témoignage collectif que le Seigneur reconnaît, approuve et encourage.

 

3                        Tiédeur laodicéenne

Quatre états différents de l’Église subsistent jusqu’à la fin, le dernier des quatre étant figuré par Laodicée. Ce n’est pas par l’épître à Philadelphie mais par celle adressée à Laodicée que se terminent les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse. Constatation bien humiliante car cette épître à Laodicée nous présente les traits manifestés tout à la fin de l’histoire de l’Église et, plus grave encore, après qu’un témoignage philadelphien a été suscité et maintenu ! Tiédeur (v. 15, 16), prétention à ce qui ne correspond en rien à l’état réel du cœur (v. 17, 18), manque d’amour pour le Seigneur qui, laissé dehors, « se tient à la porte » (v. 20), tels sont les caractères laodicéens.

Le premier amour a été abandonné et nous souffrons plus ou moins en constatant qu’il est, individuellement, si peu retrouvé. D’autre part, nous pouvons bien nous demander si, tant de fois, nous ne manifestons pas davantage les caractères de Laodicée que ceux de Philadelphie, alors que cependant nous n’hésitons pas à nous approprier les promesses faites à cette assemblée, en particulier celle d’Apoc. 3:10. En considérant tant de circonstances affligeantes, ne devons-nous pas confesser que nous sommes chaque fois en présence des conséquences d’un manque d’amour vrai pour le Seigneur et envers nos frères ? Dans la plupart des cas, dans tous peut-être, le mal eût été guéri s’il y avait eu en exercice un amour, non pas « de parole ou de langue » mais « en action et en vérité ». Les soins diligents et appropriés de l’amour n’eussent-ils pas arrêté tel ou tel sur un chemin d’égarement, prévenu des difficultés qui ont ensuite amené du trouble, mis un terme à des relations continuées, au mépris des enseignements de 1 Cor. 5:11, avec ceux qu’il a fallu placer hors de la communion de l’assemblée, rétabli le niveau spirituel dans un foyer en péril — en un mot, empêché l’ennemi d’accomplir son œuvre de destruction ? Cet amour vrai a-t-il été chaque fois en exercice ? Hélas ! la plupart du temps, nous n’avons pas fait ce qui aurait dû l’être ; trop souvent, nous avons même, inconsciemment peut-être, encouragé, par des attitudes ou des paroles que nous pensions être celles de l’amour, celui qui s’engageait dans un mauvais chemin. Prenons chacun notre part de l’humiliation qui nous convient !

Peut-être avons-nous davantage de connaissance que n’en possédaient bien des croyants qui nous ont précédés, mais la connaissance qui n’est pas mise en pratique n’est plus qu’une aggravation de responsabilité. — Il y avait à Laodicée une connaissance approfondie de la vérité, d’abondantes lumières (cf. Col. 2:1 et 4:13 à 16), mais il s’agissait de connaissances qui n’avaient pas pénétré les consciences et qui avaient laissé les cœurs insensibles. En serions-nous arrivés là ? Ce qui importe avant tout, c’est l’orientation de nos pensées et de nos cœurs. Vers quel Objet sont-ils tournés ? Possédant la vie de Dieu, nous contentons-nous ensuite d’une certaine forme extérieure, d’une apparence de vie chrétienne et de piété, de relations fraternelles dont le véritable mobile n’est pas l’amour selon Dieu mais la recherche de satisfactions personnelles réciproques, d’une activité débordante peut-être mais qui a surtout pour but de nous procurer quelque relief plutôt que de faire briller la gloire de Christ ? S’il en est ainsi, nous faillissons à notre responsabilité, nous gaspillons notre temps, nous perdons notre vie. Ne soyons pas surpris alors de tant de manifestations de faiblesse et de tous les ravages que réussit à faire l’ennemi !

 

4                        Rechercher Christ et l’amour vrai

C’est une toute autre orientation qu’il convient de donner à nos lecteurs : qu’ils se tournent sincèrement vers Christ, avec l’ardent désir de rechercher sa gloire et ses intérêts, de n’avoir d’autre volonté que la sienne et, à sa suite, dans le sentier qu’Il a Lui-même tracé, nous éprouverons son puissant secours et nous serons rendus capables de marcher « de force en force ». Nous goûterons alors quelque chose de ce qu’a connu le psalmiste qui, bien que « dans une terre aride et altérée, sans eau », pouvait dire cependant : « Ô Dieu ! tu es mon Dieu ; je te cherche au point du jour ; mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi... Mon âme s’attache à toi pour te suivre, ta droite me soutient » (Ps. 63:1, 8).

 

4.1   Se garder de n’avoir que des apparences extérieures

Nous serons ainsi gardés, dans l’exercice de notre activité, de tout ce qui, malgré les apparences d’un travail d’amour, n’est accompli en définitive que pour glorifier l’homme. Dieu ne juge pas d’après les seules apparences extérieures. Nous risquerions de nous tromper en affirmant qu’un croyant est vraiment rempli d’amour parce qu’il donne en abondance, multipliant ses libéralités à l’égard de tous, et nous pourrions lui faire le plus grand tort en louant ses mérites. Même si ce croyant allait jusqu’à distribuer tous ses biens, il pourrait n’y avoir là, en dépit des apparences, aucun amour vrai ; c’est le chapitre même que nous appelons volontiers le chapitre de l’amour, qui nous l’enseigne : « Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien » (1 Cor. 13:3). Distribuer « tous ses biens », aller même jusqu’à livrer ce qui a plus de valeur encore que ses biens, son propre corps (cf. Job 2:4, 5), tout cela peut être fait sans que ce soit une manifestation d’amour vrai, le fruit de l’amour pour Dieu et pour le prochain. La chair sait bien y trouver son compte : on y acquiert une réputation flatteuse, de la gloire pour soi-même, mais il n’y a rien pour Dieu.

 

4.2   L’amour ne va pas sans la vérité

Il est encore un autre danger, souvent signalé mais sans doute méconnu plus souvent encore : croire que pour manifester de l’amour nous pouvons faire bon marché de la sainteté et de la vérité, penser que le but recherché, qui nous semble bon, constitue une excuse valable à des abandons dont l’importance est sous-estimée. Il n’y a alors qu’un simulacre de l’amour, rien de l’amour selon Dieu. « Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour… » (Éph. 5:1). Dieu est Lumière et Amour, Il est le Dieu de sainteté, de vérité ; pour être ses « imitateurs », il faut que notre marche porte les caractères de sainteté et de vérité, qu’elle soit tout aussi bien dans la lumière que dans l’amour. L’un ne peut aller sans l’autre, si nous voulons être fidèles. Nous l’avons remarqué, ce sont les traits du témoignage philadelphien.

Dans les derniers jours de l’histoire de l’Église tout particulièrement, la 2e épître à Timothée nous l’enseigne, le maintien de la vérité et de la sainteté est la pierre de touche de l’amour. Et l’obéissance à la Parole constitue et constituera toujours la véritable preuve de l’amour, qu’il s’agisse de l’amour pour le Seigneur (Jean 14:21, 23) ou de l’amour pour les frères (1 Jean 5:2, 3). L’amour est le fruit de la nature divine, qui ne peut pas ne pas aimer (1 Jean 5:1) — il est la preuve « que nous sommes passés de la mort à la vie » (1 Jean 3:14) — il doit être manifesté à l’égard de tous mais ne peut jamais l’être en dehors de l’obéissance à la Parole (1 Jean 5:2, 3). Un amour qui pactiserait plus ou moins avec une doctrine falsifiant la vérité quant à la Personne et à l’œuvre de Christ, ou qui simplement la tolérerait, ou encore qui perdrait de vue la sainteté qui convient aux enfants d’un Père saint, un tel amour ne procéderait pas de Dieu, de l’Esprit de Dieu qui est l’Esprit de vérité, l’Esprit Saint, comme il est l’Esprit d’amour. Or, « l’amour de Dieu est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5:5). Un amour qui ne serait pas versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint ne saurait être en aucune manière « l’amour de Dieu ».

 

4.3   Contrefaçons de l’amour, faux amour

Le premier amour abandonné, telle est l’origine du déclin, déclin qu’a accentué le manque d’amour vrai pour le Seigneur et pour les frères. Humilions-nous de ce que si souvent ce manque d’amour nous caractérise ! Nous protesterions certainement si quelqu’un nous disait que nous n’aimons pas le Seigneur, mais chaque fois que nous ne gardons pas sa parole pouvons-nous dire en vérité que nous L’aimons ? Nous protesterions aussi si, par exemple, l’on prétendait que nous n’aimons pas des frères auxquels nous nous gardons de parler la vérité, dans la crainte que nous avons d’altérer les relations agréables que nous maintenons avec eux ; mais n’avons-nous pas oublié qu’aimer quelqu’un c’est avant tout désirer, rechercher son bien et n’agir qu’en vue de ce seul but ? Un amour vrai nous dictera tout ce qui doit être dit ou fait, avec douceur et sagesse, pour le bien spirituel de nos frères.

Méfions-nous des ruses de l’adversaire car, après avoir détruit, il se présente avec ses ressources... Ce qui a eu, dans l’histoire de l’Église, des conséquences plus graves encore que le manque d’amour, c’est l’exercice d’un faux amour, la contrefaçon de l’amour : il y a pire encore qu’un mal manifesté, ou même qu’un mal caché, c’est un mal que l’on cherche à recouvrir de l’apparence du bien. C’est un des plus sérieux dangers auxquels nous avons à faire face aujourd’hui qu’un soi-disant amour qui prétend être de l’amour et qui est en fait tout autre chose — un soi-disant amour qui, sous de très beaux dehors, conduit en réalité dans un chemin qui n’est pas celui de l’obéissance à la Parole. C’est véritablement un chef d’œuvre de l’ennemi que d’entraîner ainsi des croyants dans un tel chemin en leur laissant croire qu’ils marchent dans l’amour !

Cette contrefaçon de l’amour, dont les conséquences sont d’une extrême gravité, n’est au fond pas autre chose que l’activité de la chair, la chair sous de beaux aspects sans doute mais la chair tout de même — et d’autant plus dangereuse qu’elle se manifeste précisément sous une séduisante apparence. Que Dieu nous donne d’aller jusqu’au fond des choses — au lieu de nous arrêter aux causes secondes et de ne les apprécier qu’au travers des relations de famille ou de liens d’amitié — afin que nous puissions juger le mal dans ses racines profondes ! La restauration, la communion, la paix, la bénédiction, que nos âmes désirent si ardemment, sont à ce prix. Mais, si nous laissons le monde pénétrer et agir dans nos cœurs, dans nos maisons, dans l’assemblée, si nous nous laissons guider par les pensées de la chair — même quand tout cela présente de très belles apparences, mais ce sont des apparences trompeuses — ne soyons pas surpris de récolter les fruits de telles semailles !

 

 

Puissions-nous comprendre le sérieux des temps, discerner et écouter la voix de Dieu qui nous parle de manière si solennelle ! Au début d’une nouvelle étape du chemin, alors que nous regardons en avant tout en considérant pour notre instruction le sentier déjà parcouru, pensons à ces choses et qu’elles soient pour nous non pas un sujet de réflexions superficielles mais le thème de sérieuses méditations. Dieu veuille opérer dans nos cœurs et nos consciences, afin que nous puissions tirer profit des expériences faites et manifester un amour vrai pour le Seigneur et pour nos frères. Qu’un tel amour soit le mobile de nos actions en tout temps ! Le Seigneur sera alors glorifié en nous et dans l’assemblée.