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LA SOBRIÉTÉ

(Différents passages de la parole sur la sobriété)

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest — ME 1956 p. 169

Table des matières :

1     Sobriété et conduite personnelle

1.1      1 Thes. 5:6, 8 — les croyants sont fils du jour

1.2      Assoupissement et enivrement, au sens littéral et spirituel

1.3      Domaine religieux

1.4      Choses du monde

1.5      Résumé

2     1 Tim. 3 — Sobriété et conduite en rapport avec l’assemblée

2.1      Surveillants

2.2      Serviteurs et leurs femmes

2.3      Ceux qui enseignent et ceux qui parlent

2.4      Sobriété maximum pour ceux qui servent d’exemple

2.5      Sobriété dans la présentation de la Parole

 

La Parole nous exhorte à la sobriété et cette exhortation, présentée au moins une dizaine de fois dans cinq épîtres différentes, s’adresse à tous les croyants, si même il y a des enseignements particuliers concernant les surveillants (ou anciens), les femmes des serviteurs, les vieillards, enfin Timothée et sans doute, avec lui, tous ceux qui ont à exercer le ministère de la Parole.

 

1                        Sobriété et conduite personnelle

1.1   1 Thes. 5:6, 8 — les croyants sont fils du jour

La 1re épître aux Thessaloniciens marque la différence qui existe entre les croyants et « les autres ». « Les autres » n’ont pas d’espérance et, parce qu’ils sont « de la nuit » et « des ténèbres », dorment et s’enivrent (4:13 ; 5:5-7), tandis que les croyants ont une espérance, « une bonne espérance par grâce », et sont « tous des fils de la lumière et des fils du jour » (4:13-18 ; 2 Thess. 2:16 ; 1 Thess. 5:5). Il n’est pas question, dans ce dernier passage, de savoir si tous réalisent vraiment qu’ils sont « des fils de la lumière et des fils du jour » ; tous le sont, qu’ils en aient ou non conscience. Mais à cette position, dans laquelle la grâce les a placés, doit correspondre une vie pratique qui en manifeste les caractères. « Les autres » dorment et s’enivrent la nuit ; « nous qui sommes du jour », tout au contraire, « veillons et soyons sobres ». Et cette exhortation à la sobriété est répétée encore au verset 8 du même chapitre.

 

1.2   Assoupissement et enivrement, au sens littéral et spirituel

L’assoupissement, qui conduit au sommeil, vient la plupart du temps, tout à la fois, d’un défaut d’énergie et d’un manque d’intérêt pour la personne ou le sujet dont il faudrait être occupé. Les deux sont généralement liés car le défaut d’énergie est souvent la conséquence d’un manque d’intérêt. Au contraire, on veillera longtemps, sans effort ni peine, chaque fois qu’un objet attire et captive le cœur. Pourquoi les dix vierges de la parabole s’assoupirent-elles toutes, les prudentes comme les folles ? Parce que « l’époux tardait » (Matt. 25:5). Si nos cœurs sont vraiment occupés de Christ et nourris de Lui, heureux avec Lui, nous ne trouverons pas qu’Il « tarde » — et, en fait, Il « ne tarde pas » (2 Pierre 3:9) — quelque désir que nous ayons de le voir paraître promptement ; en veilles et en prières, nous réaliserons l’attente patiente de sa venue.

Stimulants et excitants donnés à la chair conduisent à l’enivrement. C’est un côté actif de ce dont l’assoupissement n’est qu’un aspect négatif, l’un comme l’autre produisant chez le croyant un certain degré de conformité au monde. Il faut toute l’activité de l’énergie spirituelle aussi bien pour veiller, le cœur occupé de Celui qui vient réaliser notre espérance, que pour rejeter tout ce que présentent le monde et son prince, désireux de mettre en exercice les passions de notre chair.

Il est certain que nous devons prendre ces exhortations à la sobriété autant dans leur sens littéral que dans un sens figuré et spirituel. Un excès dans le manger et le boire aura pour conséquence une perte au point de vue spirituel : l’âme n’est pas en état de jouir des choses célestes, elle est en bas et non en haut ; les facultés intellectuelles ne peuvent s’exercer comme il conviendrait pour saisir ce dont l’Esprit voudrait nous occuper. Ce qui est grave, c’est que l’on risque d’aller de plus en plus loin dans une voie d’intempérance ; l’ennemi sait bien d’ailleurs nous y entraîner et nous donner de multiples raisons pour cela. Des vies chrétiennes peuvent être perdues par un manque de sobriété.

 

1.3   Domaine religieux

C’est également dans le domaine des choses spirituelles que nous pouvons manquer de sobriété. Tout ce qui met la chair en action, même la chair religieuse — et c’est là l’aspect le plus dangereux d’une activité charnelle, précisément en raison des apparences tellement susceptibles de tromper —, tout ce qui la stimule, procure une sorte d’enivrement qui, par certains côtés, peut fort bien rappeler les fruits de l’activité de l’Esprit mais qui en est au fond tout l’opposé. Un manque de sobriété conduit généralement à un dangereux mélange, mélange de ce qui est de la chair et de ce qui est de l’Esprit. Au contraire, un croyant spirituellement sobre a le sentiment de la présence de Dieu, il est ainsi amené à vivre dans le jugement de lui-même, à réaliser pour ce qui le concerne que le vieil homme a été crucifié avec Christ.

 

1.4   Choses du monde

La sobriété dans ce domaine va d’ailleurs de pair avec celle qui a trait aux choses matérielles ; spirituellement sobre, un croyant réalisera qu’il lui convient de ne prendre des choses à sa disposition dans ce monde que ce qui lui est nécessaire, mettant ainsi en pratique 1 Cor. 7:29-31, étant de « ceux qui usent du monde, comme n’en usant pas à leur gré ; car la figure de ce monde passe ». « La fin de toutes choses s’est approchée ; soyez donc sobres » (1 Pierre 4:7). Que de sujets, études, lectures, activités de tous ordres, l’ennemi propose à nos esprits et à nos cœurs ! Si nous manquons de la sobriété nécessaire, nous nous en nourrirons au lieu de vivre des choses d’en haut et ce sera une entrave à notre développement spirituel et à l’activité qui doit en découler. Combien nous avons besoin d’être vigilants ! C’est pourquoi la sobriété est souvent liée à la vigilance (1 Thess. 5:6 ; 1 Pierre 1:13 ; 4:7 ; 5:8), ainsi d’ailleurs qu’à la gravité comme nous le verrons en 1 Timothée 3 et Tite 2.

 

1.5   Résumé

Être sobres et veiller, afin de ne pas dormir « comme les autres » ; être sobres, parce que nous sommes « du jour » ; être sobres et veiller pour prier, parce que « la fin de toutes choses s’est approchée » ; être sobres et veiller, parce que « notre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer » ; être sobres et « ceindre les reins de notre entendement » afin d’ « espérer parfaitement dans la grâce qui nous sera apportée à la révélation de Jésus Christ », telles sont les exhortations qui nous sont adressées dans les différents passages que nous venons de considérer.

 

2                        1 Tim. 3 — Sobriété et conduite en rapport avec l’assemblée

Celles que nous trouvons en 1 Timothée 3 sont spécialement pour les surveillants et les femmes des serviteurs. Le surveillant (ailleurs appelé aussi : ancien — comp. les v. 17 et 28 de Actes 20) et le serviteur (ou : diacre) remplissent l’un et l’autre des charges locales. La Parole nous enseigne que les dons subsisteront jusqu’à la fin (Éph. 4:11-14), mais ne nous dit rien de tel au sujet des charges ; nous y chercherions en vain des directions relatives à la consécration d’anciens ou à la désignation de diacres pour les temps actuels. De telles charges sont pourtant remplies par des frères auxquels le Seigneur met à cœur de s’occuper de l’assemblée dans la localité où ils se trouvent (rappelons que les dons sont pour l’ensemble du Corps tandis que les charges sont purement locales). Bien que n’ayant reçu aucune consécration officielle, ces frères sont cependant reconnus dans l’exercice de leur charge, qu’ils doivent remplir en manifestant les caractères indiqués en 1 Timothée 3.

 

2.1   Surveillants

Un encouragement est tout d’abord donné à celui qui « aspire à la surveillance » : « il désire une œuvre bonne ». Le mobile qui doit le faire agir n’est pas le secret désir d’avoir une certaine importance dans l’assemblée locale, de se mettre en relief, d’exercer une autorité, mais de servir les saints en travaillant pour Dieu et pour le Seigneur. Puis, sont énumérées les différentes qualités requises de lui. Les considérer toutes nous éloignerait de notre sujet, nous nous arrêterons seulement sur celle qui entre dans le cadre de cet article : le surveillant doit être sobre. Là aussi, il s’agit tout autant de la sobriété dans le manger et le boire que de la sobriété dans les choses spirituelles. Sobre en paroles : « Dans la multitude des paroles, la transgression ne manque pas, mais celui qui retient ses lèvres est sage » — « Celui qui a de la connaissance retient ses paroles, et un homme qui a de l’intelligence est d’un esprit froid » (Prov. 10:19 ; 17:27), animé de l’esprit « de sobre bon sens » (2 Tim. 1:7), tel doit être un véritable ancien, manifestant en outre les caractères dont nous parle 1 Timothée 3. L’activité de la chair religieuse — désir de se mettre en avant ; oubli ou méconnaissance des enseignements de la Parole pour tout ce qui concerne la charge à remplir, conduisant à une action selon ses pensées personnelles, si bonnes soient-elles — est tout le contraire de la sobriété requise du surveillant ; cette activité chez un frère lui ôterait toute qualification pour l’exercice de la charge à laquelle il prétendrait.

 

2.2   Serviteurs et leurs femmes

Les serviteurs ont également à montrer certaines qualités (1 Tim. 3:8-13), comme aussi leurs femmes, auxquelles il est demandé en particulier d’être sobres. Côté matériel là encore, mais spirituel surtout. Il est fréquent que les femmes des serviteurs, dans une assemblée locale, soient au courant de bien des choses, connues de leur mari en raison de son service ; si elles manquent de la sobriété nécessaire, elles risquent de révéler ce qu’il eût mieux valu taire, de trahir des secrets ; se borneraient-elles à livrer des impressions personnelles, elles ne manifesteraient pas la sobriété requise d’elles. Que de difficultés, graves parfois, peuvent survenir dans une assemblée locale, en raison du manque de sobriété de la femme d’un serviteur !

 

2.3   Ceux qui enseignent et ceux qui parlent

Ces enseignements nous disent assez quelle est la responsabilité particulière de ceux qui ont une charge dans l’assemblée locale : si tous les croyants doivent être sobres, à combien plus forte raison ceux qui sont amenés à s’occuper de la maison de Dieu ! L’épître à Tite insiste sur l’ordre qui doit régner dans cette maison ; il faut pour cela qu’un « sain enseignement » y soit donné car, en dehors d’une saine doctrine, prêchée et mise en pratique, il ne peut y avoir que désordre et confusion. Les « choses qui conviennent au sain enseignement » et que Tite devait « annoncer » sont présentées par l’apôtre au début du chapitre 2 ; elles concernent les vieillards et les femmes âgées, les jeunes femmes et les jeunes hommes, les esclaves tout autant que ceux qui étaient libres. Il y a donc des exhortations pour chacun, quelle que soit sa condition, qu’il soit jeune ou plus âgé. C’est aux vieillards que l’apôtre pense et que Tite devait s’adresser en premier lieu ; ayant déjà fourni une longue carrière, ils doivent être mûris par les expériences faites et ne pas perdre de vue qu’il leur convient d’être des exemples pour tous ceux qui viennent après eux et ont les yeux fixés sur eux. Le premier caractère qu’ils ont à manifester, c’est précisément la sobriété et c’est sans doute le sens spirituel qu’il faut retenir ici. Sobriété dans les pensées ne pas se laisser entraîner par les passions charnelles, excitant de la vieille nature, mais au contraire se laisser gouverner par l’esprit de sobre bon sens ; — sobriété dans les paroles : éviter tout ce qu’il n’est pas utile de dire, tout ce qui pourrait heurter ou blesser, garder toujours la juste mesure dans ses propos ; — sobriété dans les actions : elle sera réalisée si déjà elle a été manifestée en pensées et en paroles. Quel bel exemple pour de plus jeunes que des vieillards « sobres, graves, sages, sains dans la foi, dans l’amour, dans la patience » ! Il n’est si puissante vertu que celle de l’exemple.

 

2.4   Sobriété maximum pour ceux qui servent d’exemple

Enfin, c’est à Timothée lui-même que l’apôtre écrit : « Mais toi, sois sobre en toutes choses, endure les souffrances, fais l’œuvre d’un évangéliste, accomplis pleinement ton service » (2 Tim. 4:5). L’exhortation à la sobriété, nous l’avons vu, est pour tous les croyants en général, plus spécialement pour ceux qui ont à remplir des charges locales dans l’assemblée et pour les vieillards qui doivent être des exemples pour tout le troupeau. Elle est aussi pour les frères qui ont le service de la Parole, dons conférés à l’ensemble du Corps. « Sois sobre en toutes choses » : l’exhortation est aussi étendue qu’il est possible, mais le contexte nous dit qu’elle s’applique plus spécialement à la prédication de la Parole (v. 2), à la présentation du « sain enseignement », de la vérité (v. 3, 4).

 

2.5   Sobriété dans la présentation de la Parole

Combien, en effet, la simplicité et la sobriété sont nécessaires dans la présentation de la Parole ! Si nous le perdons de vue, nous sommes en danger de donner aux âmes autre chose que le véritable enseignement des Écritures. Laisser aller notre imagination, à quelque degré que ce soit ; rechercher ce qui a surtout pour but de satisfaire la curiosité des auditeurs ou des lecteurs ; s’employer à plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu ; se servir de ruses pour essayer de « glisser » plus ou moins adroitement l’Évangile ; faire appel surtout aux sentiments ; multiplier certains récits qui ne seraient qu’une médiocre illustration des vérités du saint Livre et risqueraient de détourner l’attention de la Parole elle-même ; essayer d’intéresser les âmes par une originalité, une recherche de mots et de figures qui n’est au fond qu’une recherche de soi, tout cela c’est manquer de sobriété dans la présentation des Écritures. Prêcher la Parole devrait toujours être fait à l’imitation de celui qui pouvait écrire : « Car nous ne sommes pas comme plusieurs, qui frelatent la parole de Dieu ; mais comme avec sincérité, comme de la part de Dieu, devant Dieu, nous parlons en Christ » (2 Cor. 2:17). Réaliser, dans la dépendance de l’Esprit, que la Parole doit être présentée « comme de la part de Dieu » et « devant Dieu » nous conduira à bannir tout ce qui est, au fond, purement charnel, toute excitation que nous croyons être persuasion, toute vaine éloquence humaine que nous voudrions être puissance, et nous maintiendra dans la sobriété avec laquelle toujours la Parole doit être exposée. C’est d’ailleurs la sobriété qui revêt ce qui est dit des caractères de grandeur et de gravité qui conviennent à la présentation des Écritures, c’est la sobriété qui est de mise surtout quand nous parlons de la Personne glorieuse de notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ. Si l’apôtre pouvait adresser de telles exhortations à Timothée, aux Corinthiens et à nous avec eux, c’est parce qu’il avait lui-même agi connue il l’écrit encore aux Thessaloniciens : « Car notre exhortation n’a eu pour principe ni séduction, ni impureté, et nous n’y avons pas usé de ruse ; mais comme nous avons été approuvés de Dieu pour que l’évangile nous fût confié, nous parlons ainsi, non comme plaisant aux hommes, mais à Dieu qui éprouve nos cœurs. Car aussi nous n’avons jamais usé de parole de flatterie, comme vous le savez, ni de prétexte de cupidité, Dieu en est témoin ; et nous n’avons pas cherché la gloire qui vient des hommes, ni de votre part, ni de la part des autres »…, aussi pouvait-il ajouter : « Et c’est pourquoi aussi nous, nous rendons sans cesse grâces à Dieu de ce que, ayant reçu de nous la parole de la prédication qui est de Dieu, vous avez accepté, non la parole des hommes, mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la parole de Dieu, laquelle aussi opère en vous qui croyez » (1 Thess. 2:3 à 6 et 13). Puissions-nous imiter un tel modèle !