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VOUS SEREZ MES TÉMOINS — Actes 1:8

 

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1941 p. 67

Table des matières :

1     Témoignage muet

2     Ne pas se taire

3     Effets à retardement du témoignage

4     Parole dite à propos — Témoignage constant par le comportement

5     Témoignage de ceux qui contemplent le Seigneur

 

 

 

Nous sommes laissés sur la terre, encore un peu de temps, pour y rendre témoignage. «Vous serez mes témoins», a dit le Seigneur à ses disciples, au commencement de ce jour de grâce dans lequel nous sommes encore et durant lequel Il invite des âmes à accepter le grand salut qu’Il a accompli une fois pour toutes, à la croix du Calvaire, en faveur de quiconque croit. Ce jour de la grâce est à son terme, nous le sentons bien. Combien il est important par conséquent puisque le temps presse, de rendre ce témoignage que le Seigneur attend de nous, au milieu d’un monde où tant d’âmes sont encore loin de Dieu, n’ayant devant elles que la mort et le jugement éternel.

 

1                        Témoignage muet

C’est un côté bien frappant des événements qui se sont déroulés ces derniers mois : beaucoup de croyants ont dû partir aux armées ou s’enfuir loin de chez eux, aller de ville en ville, dans des endroits où, sans cela, ils n’auraient sans doute jamais été. Au travers de circonstances particulièrement difficiles, au milieu de tant de dangers et de périls, leur calme, la paix qui remplissait leurs cœurs, leur confiance en Dieu ont été — en bien des cas — ce puissant témoignage que nous pouvons appeler le témoignage muet parce qu’il est seulement dans les actes. Quelques paroles ont été dites aussi — souvent, parce que le témoignage muet, déjà rendu, en fournissait l’occasion — le salut par grâce a pu être présenté dans toute sa simplicité. Nous ne pensons pas que tout cela ait été en vain. Les fruits en seront manifestés au jour où ce qui est caché sera mis en évidence.

 

2                        Ne pas se taire

Par le fait qu’Il a voulu en conduire beaucoup, contre leur gré, ici et là, parce qu’ils avaient sans doute un témoignage à y rendre pour lui, il semble donc que Dieu voudrait réveiller en nous cette pensée que nous sommes des témoins — que nous devons être ses témoins. Quelque chose, souvent, nous arrête, nous empêche de parler : nous sommes au milieu d’un monde qui a rejeté Christ et le rejette encore. Les hommes — hostiles ou indifférents — ne veulent pas entendre parler de Lui. Comment leur dire, leur expliquer ce que Dieu s’est proposé, dans son cœur, à l’égard de sa créature perdue, ce qu’Il a accompli dans le don de son Fils, tout ce qu’Il a préparé en faveur de ceux qui l’aiment, pour le présent et l’éternité ? — Comment le leur faire comprendre ? — Tâche au delà de nos forces. On va se moquer de nous et ce sera le seul résultat... Alors, nous nous taisons. Nous ne faisons pas bien, car ce jour est aussi un jour de bonnes nouvelles, comme au temps du prophète Élisée (2 Rois 7:9). Si nous avons été parfois arrêtés par cette pensée, la Parole nous présente un exemple dans lequel nous pourrons trouver un précieux encouragement.

 

3                        Effets à retardement du témoignage

Suivi par ses disciples, le Seigneur Jésus était venu, une première fois, dans le pays des Gadaréniens. C’est là qu’Il guérit «un homme possédé d’un esprit immonde» (Marc 5:2). Quel accueil y a-t-Il rencontré ? Tout ce qu’il y a, dans le cœur humain, d’hostilité contre Lui fut manifesté : «ils se mirent à le prier de s’en aller de leur territoire» (v. 17). Image du monde où Christ est venu pour accomplir l’œuvre de notre délivrance, où Il a été rejeté, méprisé, crucifié. Mais, quel changement lorsque le Seigneur revint dans ce pays (*) dont Il avait été chassé une première fois ! «Ils le reconnurent aussitôt», nous est-il dit. Plus de haine, alors ; avec quel empressement les uns et les autres amènent jusqu’à Lui tous ceux qui avaient besoin de guérison ! «Ils coururent par tout le pays d’alentour et se mirent à apporter de tous côtés, dans de petits lits, ceux qui se portaient mal, là où ils entendaient dire qu’Il était» (Marc 6:55). Ils avaient donc connu le Seigneur Jésus comme Celui qui sauve et délivre et ils voulaient que d’autres aussi possèdent la même part. Comment l’avaient-ils connu sous ce caractère ? Sans aucun doute, par le témoignage qu’avait rendu le démoniaque délivré — selon que Jésus le lui avait demandé : «Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait et comment Il a usé de miséricorde envers toi. Et il s’en alla et se mit à publier en Décapolis tout ce que Jésus lui avait fait» (v. 19-20).

 

(*) note Bibliquest : il n’est pas certain qu’on puisse identifier le pays des Gadaréniens et la contrée de Génésareth. Toutefois, l’enseignement donné ici subsiste.

Considérons ce seul témoin laissé parmi une population qui ne voulait pas de Jésus et l’avait prié de se retirer de son territoire. Il aurait bien pu penser que jamais il ne désarmerait cette hostilité et qu’il valait donc mieux rester chez lui, dans le silence, jouissant égoïstement de la délivrance dont il avait été l’objet. Mais c’est la puissance de Dieu qui agit : elle se glorifie dans le choix de faibles instruments. L’instrument n’est rien, c’est Dieu qui accomplit l’œuvre dans les cœurs. Comptons mieux sur Lui, comptons sur Lui seul. Ayons beaucoup le sentiment de notre extrême faiblesse, mais seulement pour ne regarder qu’à Lui. Que ce sentiment ne nous conduise pas à garder la bouche fermée : souvenons-nous du témoignage rendu par le démoniaque et des résultats manifestés ensuite, afin que cela nous encourage à notre témoignage dans la dépendance, la simplicité et la fidélité.

 

4                        Parole dite à propos — Témoignage constant par le comportement

Puisque la puissance est de Lui seul, il est bien indispensable en effet que notre témoignage soit rendu dans la dépendance. «Une parole dite en son temps, combien elle est bonne» (Proverbes 15:23). «Des pommes d’or incrustées d’argent, c’est la parole dite à propos» (Prov. 25:11). Pour dire «en son temps» et «à propos» ce que nous avons à présenter, nous avons besoin de nous laisser conduire, nous rappelant qu’il y a «un temps de se taire et un temps de parler» (Ecclés. 3:7). Dieu seul nous donnera la sagesse de parler au moment convenable et nous conduira par son Esprit : il ne peut y avoir de témoignage selon Lui en dehors de la puissance de l’Esprit (Actes 1:4, 5, 8). Est-ce à dire que c’est seulement lorsqu’une parole sera placée dans notre bouche que nous avons à rendre témoignage ? Non, c’est d’une façon constante que nous sommes témoins, ayant en nous constamment le Saint Esprit, puissance du témoignage. Si ce témoignage n’est pas toujours appelé à s’exprimer par des paroles, il doit être toujours, par contre, ce témoignage muet dont nous avons parlé — témoignage plus puissant encore, quoiqu’il paraisse, que celui s’exprimant par des paroles. Le «temps de se taire» c’est encore le temps du témoignage.

Les Écritures nous présentent bien des témoignages : les plus puissants ne sont-ils pas des témoignages muets ? Lisons, par exemple, le Psaume 19 : «Il n’y a point de langage, il n’y a point de paroles, toutefois, leur voix est entendue» (v. 3). C’est le témoignage de la création ; il nous fait connaître la puissance de Dieu, «ce qui ne se peut voir de Lui» (Rom. 1:19-21 ). On pourrait nous parler des heures durant de la puissance divine, en remplir des volumes, en aurions-nous un témoignage aussi éloquent que celui de la création ? Dieu nous a donné aussi le témoignage de son amour : le Seigneur Jésus est venu sur la terre. Contemplons-le devant Pilate ! «Il a été opprimé et affligé et il n’a pas ouvert sa bouche. Il a été ... comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ; et il n’a pas ouvert sa bouche» (Ésaïe 53:7). «Il ne répondit rien... il ne lui répondit pas même un seul mot» (Matthieu 27:12-14). Accusé, Il ne cherche pas à se défendre, parce qu’Il est là par amour. Il a fait «la belle confession devant Ponce Pilate» (1 Tim. 6:13), Il se laisse attacher à la croix. Mais avant d’aller au lieu du crâne, Il a voulu nous donner, pour le temps de son absence, un témoignage — des symboles qui, «dans leur muet langage», parlent à nos cœurs de ses souffrances et de sa mort expiatoire. Témoignage muet, placé devant nos yeux et nos cœurs, le premier jour de la semaine, quand nous entourons sa table !

Dans toute la scène du chapitre 7 de l’Évangile selon Luc (v. 36-50), la femme pécheresse qui est aux pieds de Jésus n’a pas dit un seul mot. Elle n’a pas dit qu’elle aimait le Seigneur, elle l’a montré par des actes — témoignage muet, mais combien puissant : le Seigneur dira d’elle : «elle a beaucoup aimé». Lisons les chapitres 6 et 7 du livre de la Genèse : Noé construit l’arche, seul moyen de salut au jour du jugement. N’est-il pas significatif que, tout au long de ces chapitres, nous n’ayons pas un seul mot prononcé par celui que l’apôtre appelle un «prédicateur de justice» (2 Pierre 2:5) ? Ses actes nous sont présentés comme le plus puissant témoignage, à l’égard des hommes. «Et Noé le fit ; selon tout ce que Dieu lui avait commandé, ainsi il fit» (6:22). «Et Noé fit selon tout ce que l’Éternel lui avait commandé. Et Noé entra dans l’arche» (7:5-7).

Que d’exemples encore, qui peuvent être un encouragement pour nous, si nous sentons notre faiblesse, notre timidité pour parler du Seigneur à ceux qui nous entourent — mais aussi, qui atteignent notre conscience : notre vie pratique est-elle ce témoignage muet, si puissant, qui fera de chacun de nous, par grâce, une lumière brillante au milieu d’un monde de ténèbres ? — ce témoignage muet, sans lequel nos paroles seront sans grand fruit ?

 

5                        Témoignage de ceux qui contemplent le Seigneur

Témoignage muet, témoignage s’exprimant par le langage, il semble que nous avons les deux choses dans le chapitre 22 du livre des Actes. C’est à l’apôtre Paul qu’Ananias s’adresse : «Le Dieu de nos pères t’a choisi d’avance... car tu lui seras témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues» (v. 14 et 15). Qu’avait vu l’apôtre ? Il avait été choisi d’avance «pour voir le Juste». C’est dans la mesure où nous le verrons, où nos regards seront fixés sur Lui, le Témoin fidèle, que nous pourrons — le contemplant à face découverte — être transformés de gloire morale en gloire morale, refléter quelque chose de Lui, témoignant ainsi que nous ne sommes pas du monde, comme Il n’était pas du monde. Qu’avait-il entendu ? «Une voix de sa bouche». Nous avons aussi entendu «une voix de Sa bouche», une voix d’amour... Ce sont des paroles de grâce qui sortent de Sa bouche, la grâce est répandue sur Ses lèvres. C’est également dans la mesure où nous aurons entendu de Sa bouche ce message que nous pourrons le transmettre à d’autres. C’est ce que nous aurons reçu de Lui que nous pourrons annoncer. Alors, dans ce double témoignage, il y aura des fruits à Sa gloire.

En quittant les anciens d’Éphèse, l’apôtre exprime ce souhait : «Pourvu que j’achève ma course et le service que j’ai reçu du Seigneur Jésus, pour rendre témoignage à l’Évangile de la grâce de Dieu» (Actes 20:24). Au soir de sa vie, il pourra dire : «J’ai achevé la course...» Il a réalisé le souhait qu’il avait formulé, il a rendu le témoignage pour lequel il avait été appelé. Soyons aussi ses imitateurs comme il l’était de Christ.

«Un témoin fidèle délivre les âmes» (Proverbes 14:25).