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PAIX, COURAGE, VICTOIRE

 

Jean 13 à 16

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1957 p. 29

Tables des matières :

1     Le Seigneur laissant Sa paix aux siens

2     Le Seigneur encourageant les siens

3     La victoire

3.1      Le Seigneur victorieux

3.2      Le croyant victorieux

3.3      Un monde vaincu

4     Ce qu’est, et ce que fait, le Seigneur pour les siens

 

 

1                        Le Seigneur laissant Sa paix aux siens

« Je vous ai dit ces choses, afin qu’en moi vous ayez la paix. Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33). Telle est la conclusion de l’ensemble des chapitres 13 à 16 de l’Évangile selon Jean, dernières paroles du Seigneur à ses disciples avant d’aller à la croix. Ayant « dit ces choses », Il « leva ses yeux au ciel et dit : Père, l’heure est venue… » (17:1).

Pourquoi a-t-Il « dit ces choses » aux siens ? « Afin qu’en moi vous ayez la paix ». Lui va « passer de ce monde au Père » (Jean 13:1) tandis qu’eux vont cheminer dans le monde, un monde ennemi dont Il connaît bien les caractères et les difficultés puisqu’Il y a marché Lui-même. La paix qui a été la sienne, c’est celle qu’Il veut leur donner : « Je vous laisse la paix : je vous donne ma paix ; je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne. Que votre cœur ne soit pas troublé, ni craintif » (Jean 14:27). Il ne veut pas que le cœur de ses bien-aimés rachetés soit troublé, troublé en pensant à l’avenir ou en considérant le présent : pour l’avenir éternel, ils ont une place préparée dans la maison du Père, le Seigneur reviendra, Il l’a promis et Il les y introduira, afin qu’ils soient à jamais avec Lui ; pour le présent, quelles que soient les difficultés du chemin, ils peuvent jouir de « sa paix », Il la leur donne (Jean 14:1-3, 27). Et tous les enseignements qu’Il leur présente, contenus dans les chapitres 13 à 16, sont là pour le temps du voyage, afin « qu’en Lui ils aient la paix », la paix du cœur, si précieuse à goûter dans les circonstances les plus angoissantes. Nous ne pouvons en jouir qu’en Lui seul.

Sans doute serait-elle davantage notre part si nous relisions plus souvent ces chapitres de l’Évangile selon Jean. Faisons-le, méditons beaucoup ces quatre chapitres, entrons un peu dans les merveilles qu’ils renferment. C’est le dernier message adressé aux siens par Celui qui allait mettre sa vie pour eux. Quel prix il devrait donc avoir pour nos cœurs ! Puisse notre foi s’en emparer et en jouir pratiquement.

 

2                        Le Seigneur encourageant les siens

Nous avions pensé rappeler ici les exhortations et les encouragements contenus dans ces chapitres, essayant au moins d’en donner la substance. Mais il nous a semblé qu’il était mieux de ne pas le faire : c’eût été une perte pour celui qui se serait contenté de lire une sorte de résumé, faible et incomplet, au lieu d’aller à la source, à la Parole elle-même. Nous nous abstenons donc à dessein de ce rappel, comptant que Dieu nous conduira à lire, chacun pour ce qui nous concerne, cette portion de sa Parole. En le faisant, nous éprouverons l’action puissante de cette Parole « vivante et opérante » pour remplir nos cœurs de calme et de paix. Que peut le monde contre ceux qui sont au bénéfice de toutes les assurances, de toutes les promesses, de toutes les consolations renfermées dans ces chapitres 13 à 16 de l’Évangile selon Jean ?

Le Seigneur ne cache pas aux siens qu’ils ont, qu’ils auront « de la tribulation dans le monde ». Il ne leur dit pas : vous aurez la paix parce que je vais aplanir votre chemin. Mais au contraire : votre chemin sera très difficile, vous connaîtrez tribulations et détresses, vous les connaîtrez d’autant plus que vous marcherez fidèlement (cf. Jean 15:19 à 27 et 2 Tim. 3:12) ; cependant, au travers de tout, vous aurez la paix, parce que « je vous donne ma paix », parce que « je vous ai dit ces choses » pour l’affermissement de votre foi, pour votre consolation, pour « qu’en moi vous ayez la paix ». Emparez-vous de ce que je vous donne, croyez ce que je vous dis et ne vous laissez accabler ni par les épreuves ni par la tribulation ; « ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde ».

 

3                        La victoire

3.1   Le Seigneur victorieux

Il a vaincu le monde, un monde dans lequel Il a « enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même ». Considérons-Le, « afin que nous ne soyons pas las, étant découragés dans nos âmes » (Hébr. 12:3). Venu ici-bas comme envoyé du Père, Il a éprouvé que tout dans ce monde est opposé au caractère qu’Il y a manifesté. « Tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père, mais est du monde » (1 Jean 2:16). Or, Lui pouvait affirmer aux siens : « Les paroles que moi je vous dis, je ne les dis pas de par moi-même ; mais le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres », et encore : « Le chef du monde vient, et il n’a rien en moi » (Jean 14:10 et 30). Du commencement à la fin de son passage sur la terre, Il a manifesté l’amour en présence de la haine, la justice en face de l’iniquité, Il a présenté la vérité sur une scène de mensonge, Il a fait le bien tandis que le mal est partout. Homme parfait, Il a été ainsi jusqu’au bout de son chemin, surmontant le mal par le bien (cf. Rom. 12:21) et, alors que selon les apparences « le chef du monde » a remporté la victoire en Le faisant clouer sur une croix, c’est Lui qui triomphe par sa mort même (cf. Hébr. 2:14). Dans sa vie et par sa mort, Il a « vaincu le monde » et son prince.

 

3.2   Le croyant victorieux

Sa vie d’homme de foi a été une victoire complète sur « tout ce qui est dans le monde » et qui « est du monde ». Et c’est le chemin dans lequel nous sommes exhortés à le suivre : « Courons avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (Hébr. 12:1, 2). Ce n’est que dans ce chemin que nous pourrons être des vainqueurs.

« C’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi » (1 Jean 5:4). Né de nouveau, le croyant possède la nature divine et cette nouvelle nature « ne peut pas pécher » : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu », et encore : « Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas, mais celui qui est né de Dieu se conserve lui-même, et le méchant ne le touche pas. Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier gît dans le méchant » (1 Jean 3:9 ; 5:18, l9). Le monde et toutes ses convoitises ne présentent aucun attrait pour le nouvel homme ; de sorte qu’à cet égard la victoire sur le monde est remportée sans qu’il y ait à combattre ; le croyant y a part du seul fait qu’il est né de Dieu : « Tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde » (1 Jean 5:4). Mais la manifestation de la vie divine, reçue par la foi, est souvent entravée par l’action de la chair toujours en nous. Il faut alors lutter pour vaincre ; la puissance de l’Esprit nous est nécessaire pour « faire mourir les actions du corps » (Rom. 8:13), pour mettre en activité la nouvelle nature, manifester la vie et la marche par l’Esprit, en d’autres termes encore, pour vivre la vie de la foi, marcher par la foi. Cette vie, cette marche est une victoire sur le monde et il n’y a pas d’autre moyen de vaincre.

 

3.3   Un monde vaincu

Le monde n’a pas « connu » son Créateur (Jean 1:10), il a rejeté Celui qui venait ici-bas pour révéler Dieu à l’homme et a mis le comble à son péché en crucifiant le Seigneur de gloire. Tel est au fond son véritable caractère. Mais Celui que le monde a méconnu, rejeté et crucifié, c’est Jésus notre Sauveur. « Fixant les yeux sur Lui », pourrions-nous donc nous associer à ce monde déjà jugé parce que coupable de sa crucifixion et dont nous ne sommes pas comme le Seigneur n’en était pas (Jean 12:31 ; 15:18-24 ; 17:14, 16) — y chercher quelque chose pour nos cœurs, penser y trouver la paix ? La croix de Christ nous en sépare, selon ce qu’écrit l’apôtre : « Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde » (Gal. 6:14).

Le Seigneur veut qu’en Lui nous ayons la paix, et nous exhorte à avoir « bon courage » dans les tribulations, nous rappelant qu’Il a « vaincu le monde ». Mais encore, après s’être ainsi adressé aux siens, c’est pour eux qu’Il va prier son Père. Il s’occupe toujours de nous de la même manière : Il nous parle pour nous enseigner, nous exhorter, nous encourager et, d’autre part, Il prie pour nous. Et cette activité au double aspect s’exerce en notre faveur de façon incessante. Quel bonheur d’en avoir l’assurance et d’en faire l’expérience !

 

4                        Ce qu’est, et ce que fait, le Seigneur pour les siens

« Jésus dit ces choses », tout ce qu’Il a présenté à ses disciples dans les quatre chapitres précédents, « et leva ses yeux au ciel, et dit : Père, l’heure est venue.. » (Jean 17:1). Ceux qui sont les objets de sa prière sont chers à son cœur : c’est le Père qui les lui a donnés ! Il fait « des demandes pour eux », pas pour le monde, Il prie le Père saint de les « garder en son nom », de les « garder du mal », de les « sanctifier par la vérité ». Puis Il exprime sa volonté, mais c’est aussi une prière : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi… » (17:6, 9, 11, 15, 17, 24). — « Ayant dit ces choses », celles qu’Il a dites aux siens et celles qu’Il a dites à son Père, Il va « au-delà du torrent du Cédron » et, dans le jardin de Gethsémané, Il prend la coupe de la main de son Père : « la coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? » (Jean 18:1-11). « Et il sortit, portant sa croix, et s’en alla au lieu appelé lieu du crâne, qui est appelé en hébreu Golgotha, où ils le crucifièrent… » (Jean 19:17, 18). Il « met sa vie pour ses brebis », donne à son Père un motif nouveau de l’aimer (Jean 10:11, 17, 18). « Maintenant le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui » (Jean 13:31).

Que la méditation d’un tel sujet nous conduise à réaliser ce pourquoi le Seigneur nous a « dit ces choses ». Qu’en Lui nous ayons la paix et que notre foi fortifiée, nos cœurs s’attachent à Lui pour « courir avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu. Car considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans vos âmes » (Hébr. 12:1-3).