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« DONNER »

 

dans le chapitre 17 de l’évangile selon Jean

 

Paul Fuzier

ME 1949 p. 225. Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières :

1     Donner et croire, mots caractéristiques de l’évangile de Jean

2     Jean 1 à 14

3     Jean 17

3.1      Ceux que tu m’as donnés

3.2      Ce que le Père a donné au Fils

3.3      Ce que le Seigneur nous a donné

 

1                        Donner et croire, mots caractéristiques de l’évangile de Jean

Le mot croire est fréquemment répété tout au long de l’évangile selon Jean, on l’a remarqué bien des fois. Croire, c’est ce que l’homme est responsable de faire. Lorsque les foules demandent au Seigneur : « Que ferons-nous pour faire les œuvres de Dieu ? », Il répond : « C’est ici l’œuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jean 6:28-29). Donner est un autre mot que nous rencontrons souvent aussi, en lisant cet évangile. Tandis que croire est l’expression de ce que l’homme doit faire, donner c’est ce que Dieu fait. Nous avons ces deux mots, ces deux pensées, dans le verset bien connu : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16).

 

2                        Jean 1 à 14

Donner et croire sont donc deux mots caractéristiques de l’évangile selon Jean. Cet évangile nous présente le Seigneur Jésus comme Fils de Dieu, Envoyé du Père. Ayant quitté la gloire du ciel, Il est venu ici-bas non pour exiger quelque chose de sa créature déchue, mais pour « nous apporter du sein de la lumière les dons de 1’Éternel ». Il est venu pour donner ! — Dans ce monde, Il a été le divin étranger, incompris et rejeté : la lumière a lui dans les ténèbres, les ténèbres ne l’ont pas comprise ; le Créateur est apparu dans le monde fait par Lui, le monde ne l’a pas connu ; le Messie d’Israël est venu au milieu de son peuple, Il vint « chez soi », les siens ne l’ont pas reçu. « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom... ». — Nous retrouvons là encore : donner et croire (Jean 1:5, 10, 11, 12). — Dans le chapitre 3 (verset déjà cité) Il est lui-même le don de Dieu : Dieu a donné son Fils unique. Grâces à Lui pour son don inexprimable ! — C’est le Saint Esprit, puissance de la vie nouvelle, qui est le don de Dieu dans le chapitre 4 : « Si tu connaissais le don de Dieu… » (v. 10) ; et Jésus dit à la femme samaritaine : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle » (v. 14). Le don de Dieu, le don du Fils, c’est le Saint Esprit, envoyé par le Père (Jean 14:16) et par le Fils (Jean 15:26 ; 16:7). — Le Seigneur Jésus est le véritable pain qui vient du ciel, donné par le Père, « pain de Dieu… qui donne la vie au monde » (6:32-33), et Il parle Lui-même du pain qu’Il donnera : sa chair qu’Il donnera pour la vie du monde (6:51). — Le chapitre 10 nous présente, de façon si touchante, ce que le bon Berger fait pour ses brebis. Il « leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais » ; c’est le Père qui les lui a données et nul ne les ravira de sa main (10:28-29). — Dans le chapitre 14, le Seigneur s’adresse aux siens avant de les quitter, Il leur donne sa paix, précieuse paix qui a été sa part dans le monde, tandis qu’Il marchait dans le chemin de la soumission à la volonté de son Père (14:27).

 

3                        Jean 17

3.1   Ceux que tu m’as donnés

C’est dans le chapitre 17 que « donner » est le plus souvent répété. Dans cette prière, le Seigneur Jésus parle des siens à son Père, des disciples dans les versets 6 à 19, de tous ceux qui croiront en Lui par leur parole, à partir du verset 20. Il les lui recommande pour qu’ils soient gardés au milieu d’un monde ennemi. Comment les nomme-t-Il ? Il ne se sert que d’une seule expression pour cela : « ceux que tu m’as donnés » (cf. Jean 10:29). Aussi bien dans la partie de la prière où Il parle de ses disciples que dans celle où il n’y a aucune distinction entre eux et ceux qui croiront par leur parole, c’est toujours « ceux que tu m’as donnés ». Ils sont précieux à son cœur parce qu’Il les a reçus comme un don du Père ; Ils les a reçus tels qu’ils étaient : souillés, perdus, mais, « ils étaient à toi et tu me les as donnés » (v. 6) et, afin de les rendre propres pour la présence du Père, Il a accompli l’œuvre de la rédemption. Ils étaient au Père par l’élection, mais « morts dans leurs fautes et dans leurs péchés ». Le Père les a donnés au Fils pour qu’Il les introduise dans la gloire, car son désir était « d’amener plusieurs fils à la gloire » (Héb. 2:10), les plaçant dans une position telle que son amour soit pleinement satisfait, la position du Fils lui-même.

 

3.2   Ce que le Père a donné au Fils

Nous avons ensuite, dans ce chapitre, ce que le Père a donné au Fils :

1° « autorité sur toute chair » (v. 2). Comme Fils de l’Homme, autorité lui est donnée pour exercer le jugement (Jean 5:22-27). Mais, c’est aujourd’hui le jour de la grâce et « toute autorité lui ayant été donnée dans le ciel et sur la terre » (cf. Matt. 28:18-20), Il s’en sert pour donner la vie éternelle à ceux qui étaient au Père par l’élection et qu’Il lui a donnés pour en opérer le salut. Le Père lui a donné cette puissance avec le droit de l’exercer afin qu’aient la vie éternelle tous ceux qui étaient élus en Christ avant la fondation du monde. Déployant cette autorité qui Lui a été donnée par le Père, Il vaincra la puissance des hommes qui s’opposent à la présentation de l’évangile et tous les élus seront manifestés ; ils auront la vie éternelle, étant amenés à la connaissance du seul vrai Dieu et de son Fils Jésus Christ.

2° « tout ce que tu m’as donné » (v. 7). Sans doute s’agit-il là des révélations données au Fils par le Père (comparez versets 7 et 8).

3° « les paroles que tu m’as données » (v. 8).

Homme dépendant, le Fils recevait du Père des communications grâce auxquelles Il pouvait agir constamment dans une pleine communion avec Celui dont Il était venu pour faire la volonté. Son oreille était ouverte pour recevoir les « paroles » que le Père lui donnait, pour écouter « comme ceux qu’on enseigne » (cf. Ésaïe 50:4-5). C’est ainsi qu’Il pouvait dire : « Je ne fais rien de moi-même, mais... selon que le Père m’a enseigné, je dis ces choses. Et celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8:28-29).

4° « ton nom que tu m’as donné » (v. 11). Le verset 11 contient la première demande formulée par le Seigneur en faveur de ses disciples : « Garde-les en ton nom ».

Christ a été ici-bas la parfaite révélation du Père, de sorte qu’Il a pu dire à ses disciples : « Si vous m’aviez connu, vous auriez connu aussi mon Père.. », et à Philippe : « Celui qui m’a vu a vu le Père.. » (Jean 14:7-9). Il a manifesté le Père saint, Celui qui est amour et lumière. « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, Lui, l’a fait connaître » (Jean 1:18). Venu ici-bas pour faire connaître Dieu, Il l’a révélé comme Celui qui est amour (Père) et lumière (saint). L’amour de Dieu a brillé dans tout ce que Christ a été, dans toutes ses paroles et dans tous ses actes ; la sainteté de Dieu a été vue dans un homme sur la terre. Rien en Lui ne pouvait voiler la manifestation du Père saint. Ce « nom » Lui avait été donné ; en quelque sorte, Il avait reçu du Père ce service : révéler le nom du Père saint, manifester et maintenir tout à la fois son amour et sa sainteté.

Combien les siens auront besoin d’être gardés par le Père saint pour refléter les caractères que Lui seul a fait briller en perfection ! — Notre sauvegarde est dans l’amour inépuisable du Père et dans la sainteté parfaite de Celui qui veut nous conduire pas à pas dans le chemin où son Fils bien-aimé, comme homme, l’a parfaitement glorifié. C’est ainsi que, demeurant sous sa garde, nous pourrons traverser ce monde, à l’abri de ses dangers et préservés de ses souillures, protégés et conduits par le Père saint à qui le Seigneur nous a remis.

5° « la gloire que tu n’as donnée » (v. 22). Il s’est acquis cette gloire de Fils de l’Homme par ses souffrances et sa mort sur la croix du Calvaire. Mais quelle perfection en Lui ! Il la reçoit du Père, c’est « la gloire que tu m’as donnée ».

6° « ma gloire que tu m’as donnée » (v. 24). Ici, c’est sa gloire éternelle de Fils de Dieu : « ma gloire », mais dans laquelle Il entre maintenant comme à nouveau, après avoir glorifié son Père ici-bas (v. 5). Aussi, là encore, Il dit : « que tu m’as donnée ». Il reçoit tout du Père, ne s’appropriant rien de Lui-même. Il est le Fils éternel du Père mais, en même temps, Il demeure dans la position de serviteur qu’Il a voulu prendre ici-bas où Il est venu comme Envoyé du Père.

7° « l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (v. 4).

Quelle œuvre ! Méditons dans nos cœurs sur ce qu’elle a été pour le Seigneur Jésus, sur tout ce qu’elle comportait pour Lui d’abaissement, d’humiliation, de souffrances indicibles — œuvre par laquelle Il a glorifié son Dieu et Père ! — Il l’a reçue comme un « don » de Dieu, un « don » que nul autre ne pouvait recevoir ! Il la considère ici comme « achevée » : après avoir été dans sa vie la parfaite offrande de gâteau, Il sera dans sa mort tout à la fois le parfait sacrifice pour le péché et le parfait holocauste, mais déjà Il peut dire : « Moi, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire ».

 

3.3   Ce que le Seigneur nous a donné

Il nous reste à considérer ce que le Seigneur nous a donné :

1. La vie éternelle (v. 2), non pas seulement une vie qui dure toujours, mais la vie divine, reçue par la nouvelle naissance. En Christ était la vie (Jean 1:4), Il est « la vie éternelle » (1 Jean 5:20). Cette vie est communiquée au croyant. : « qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3:36). De sorte que notre vie c’est Christ lui-même : Col. 3:3 ; 1 Jean 1:2 ; 5:11-12. La vie éternelle nous fait connaître Dieu, nous permet de jouir de notre relation avec Lui révélé comme Père — et cela par le Saint Esprit, puissance de la nouvelle vie. C’est seulement à ce nom de Père, révélé par Christ, qu’est rattaché le don de la vie éternelle (1 Jean 2:22-25).

2. « Les paroles que tu m’as données » (v. 8). Le Fils a transmis aux disciples les « communications » que le Père lui faisait et ils les ont reçues par la foi. Ils se trouvent ainsi placés devant le Père dans la position du Seigneur lui-même et jouissent de sa communion, d’une même part avec Lui. Ses paroles demeurent en eux et ils demeurent dans son amour comme Lui demeurait dans l’amour du Père (Jean 15:7-10).

3. « Ta parole » (v. 14). À la suite de Celui qui seul a été le témoin fidèle, les siens ont un témoignage à rendre dans ce monde. Pour faire face à cette responsabilité, ils ont reçu la parole : « Je leur ai donné ta parole » (note dans la Bible version J. N. D. : la parole de Dieu en témoignage). Ce témoignage provoque la haine du monde : « et le monde les a haïs ». La haine ne se manifeste pas à l’égard de la profession chrétienne sans la vie, mais pour la vie de Christ dans ceux qui Lui appartiennent. Le don de la parole, l’obéissance à la parole, conduisent le croyant à refléter Christ ici-bas et, de ce fait, attirent sur lui la même haine que celle dont Christ a été l’objet. Les disciples sont haïs comme le Maître l’a été. Ils sont donc placés dans la même position que Lui devant le monde (v. 14) comme aussi devant le Père (v. 8). En relation avec le Père, ils ne sont pas du monde comme le Seigneur n’en était pas et le monde les hait (cf Jean 15:18 à 25).

Jésus nous a donné la parole du Père — parole de grâce, mais aussi de vérité. Le Père et le monde sont toujours en opposition dans les Écritures. La parole du Père nous détache du monde. Si elle est notre règle de conduite, il nous sera impossible de cheminer avec le monde et de nous associer à lui. La Parole — ceinture de la vérité (Éph. 6:14) — formera nos pensées selon Dieu et deviendra le mobile de nos actions. Lorsque les choses du monde nous seront présentées, il y aura donc conflit, il faudra résister et combattre. Mais c’est précisément la Parole qui sera notre arme pour remporter la victoire. Lors de la tentation au désert, le Seigneur Jésus a triomphé de l’adversaire au moyen de la parole : « Il est écrit... ». Les « jeunes gens » sont forts, la Parole de Dieu demeure en eux, ils ont vaincu le méchant ; cependant le monde et les choses qui sont dans le monde sont toujours là pour les attirer... Quelle est leur ressource ? La Parole. Elle nourrit l’âme de l’amour du Père et c’est l’amour du Père qui pourra chasser dit cœur tout ce qui est du monde (1 Jean 2:14-17).

L’amour et la haine sont deux sentiments opposés : le croyant fidèle connaît ici-bas la haine du monde, mais il jouit de l’amour du Père (Jean 17:14, 26).

4. La gloire (v. 22). La vie éternelle (v. 2) est le point de départ ; le chemin du croyant commence quand il naît de nouveau. La gloire (v. 22) est le but vers lequel nous allons. Entre le point de départ et le point d’arrivée, il y a la marche. C’est pour la marche que nous avons « les paroles » (v. 8) et « ta parole » (v. 14).

Le Père a donné la gloire au Fils de l’Homme et Lui l’a donnée à ses rachetés afin qu’ils lui soient éternellement unis dans la gloire : « consommés en un ». Cette gloire nous est déjà donnée ! Bientôt, nous allons y être introduits et notre association avec le Seigneur dans sa gloire sera la preuve que le Père nous aime comme Il aime le Fils. Que déjà cet amour remplisse nos cœurs ! (Jean 17:26).

 

Plus qu’un moment et le Seigneur contemplera tous les glorieux résultats de Son œuvre que le Père lui avait donnée à faire et qu’Il a achevée. Alors, Il se présentera avec tous ceux pour lesquels Il a tant souffert sur la croix du Calvaire : « Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés » (Héb. 2:13).

 

Ô saints transports ! joie ineffable !

Nous jouirons de sa beauté

Et de l’amour inexprimable,

Qui remplira l’éternité.