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La journée de la crucifixion

 

Paul Fuzier

 

Table des matières :

1     Le Seigneur devant Pilate — Marc 15:1-15

2     Le Seigneur livré aux soldats romains, objet de leurs moqueries et de leurs brutalités — Marc 15:16-21

3     Crucifié — Marc 15:22-28

4     Injurié et insulté — Marc 15:29-32

5     Les trois heures de ténèbres et d’abandon — Marc 15:33-36

6     La mort de Christ — Marc 15:37-41

7     La mise au tombeau — Marc 15:42-47

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest. ME 1943 p. 232, 259

Le récit des souffrances et de la mort de Christ — sujet du quinzième chapitre de l’évangile selon Marc — est familier à chacun d’entre nous. Mais précisément pour cela, n’est-il pas à craindre que nous le lisions souvent sans que nos cœurs soient touchés autant qu’ils devraient l’être, sans que nos consciences soient atteintes ? « Jusqu’à ce que l’aube se lève et que les ombres fuient » nous avons besoin d’aller « à la montagne de la myrrhe » (Cant. des cant. 4:6). Méditer sur les souffrances de Christ, combien cela nous élève au-dessus de toutes les choses de la terre ! C’est une montagne à gravir qui nous conduit jusque dans le ciel où « nous voyons Jésus qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort… », Jésus, chef de notre salut, consommé « par des souffrances » ! (Héb. 2:9, 10). Nous le contemplons ainsi par la foi, mais bientôt autour du trône, et à jamais, nous verrons l’Agneau qui a été immolé ! Ses souffrances, sa mort expiatoire seront le thème de notre louange éternelle.

L’agneau de la pâque devait être égorgé « entre les deux soirs » (Exode 12:6). « Notre pâque, Christ, a été sacrifiée » (1 Cor. 5:7), et c’est « entre les deux soirs » que le sacrifice a été accompli. Le Seigneur a mangé la pâque avec ses disciples au commencement du jour qui précédait le sabbat, c’est-à-dire notre jeudi soir après six heures, puisque les Juifs comptaient le jour à partir de six heures du soir. Marc 14:17 qui nous parle de ce souper nous dit en effet : « Et le soir étant venu… » et lorsque Judas sortit pour livrer son Maître « il était nuit » (Jean 13:30). Pendant la nuit, le sanhédrin tint conseil et la crucifixion eut lieu le vendredi. Le soir de ce jour-là — avant six heures (Marc 15:42), Joseph d’Arimathée eut le privilège de prendre soin du corps de Jésus et de le déposer dans un sépulcre neuf qui avait été taillé dans le roc. Le vrai agneau pascal avait été égorgé « entre les deux soirs », ainsi que les écritures de l’Ancien Testament l’avaient annoncé prophétiquement.

Marc 15 nous donne le récit de la journée de la crucifixion, récit qui comprend trois grandes divisions : dans les trente-deux premiers versets, Christ est présenté comme la parfaite offrande de gâteau — sujet général de l’évangile selon Marc — souffrant de la part des hommes, endurant la « contradiction de la part des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12:3) ; dans les versets 33 et 34, Il est le sacrifice pour le péché, souffrant de la part de Dieu tandis qu’Il était « fait péché pour nous (2 Cor. 5:21) ; dans les versets qui suivent, le parfait Serviteur a achevé son service : Il jette « un grand cri », expire, et ce sont alors les circonstances qui se déroulent jusqu’à sa mise au tombeau. Sans perdre de vue ces trois grandes divisions, remarquons que le chapitre comprend sept paragraphes qui sont autant de tableaux différents, chacun étant nettement caractérisé, tous ensemble constituant la scène solennelle qui a rempli la journée dont le souvenir demeurera à jamais.

 

1                        Le Seigneur devant Pilate — Marc 15:1-15

L’évangile selon Marc nous raconte brièvement les circonstances de la condamnation du Seigneur et ne nous donne que peu de détails sur sa comparution devant Pilate. Nous y voyons seulement le témoignage qu’Il avait à rendre, le service qu’Il devait accomplir.

La nuit durant laquelle le sanhédrin s’était réuni est achevée, « aussitôt, au matin », après que sans doute un nouveau conseil a eu lieu (Matt. 27:1, 2), Jésus est conduit à Pilate. Selon l’expression d’Ésaïe 53:7, Il est « comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ». Serviteur parfait, ne sait-Il pas qu’il y a « un temps de parler et un temps de se taire » ? (Eccl. 3:7). Sa voix s’est fait entendre, des paroles de grâce sont sorties de sa bouche, tandis qu’Il allait « de lieu en lieu faisant du bien… ». Maintenant, c’est le « temps de se taire ». La seule parole qu’Il ait prononcée qui nous soit rapportée ici est sa réponse à la question de Pilate : « Toi, tu es le roi des Juifs ? » : « Tu le dis » (v. 2). Jean 18:36, 37 nous donne davantage de détails sur ce que fût « la belle confession devant Ponce Pilate » (1 Tim. 6:13). Ici, elle se résume en ces trois mots. Désormais, Il ne répondra plus rien, « pas même un seul mot » (Matt. 27:14). Remarquons, en passant, que dans ce chapitre, nous voyons le Seigneur ouvrir la bouche seulement trois fois : ici, au verset 2, puis au verset 34, pour prononcer ces paroles : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » — enfin, au verset 37, pour jeter le « grand cri » par lequel Il montrait toute la puissance de la vie qu’il laissait selon ce qu’Il avait dit (Jean 10:17, 18).

Responsabilité bien solennelle que celle du gouverneur romain ! Combien il eût préféré n’avoir pas à y faire face ! Les récits que nous donnent les autres évangiles — Luc et Jean en particulier — nous montrent comment il a essayé de rejeter sur d’autres épaules la responsabilité qui pesait sur les siennes. Longtemps il a hésité. Et si, tout d’abord, « il avait décidé de le relâcher » (Actes 3:13), ensuite « voulant contenter la foule », il leur livra Jésus « pour être crucifié » (Marc 15:15). Cet état d’âme n’est-il pas celui de beaucoup, encore aujourd’hui ? Jésus leur est présenté, et ils hésitent « entre les deux côtés » (cf. 1 Rois 18:21), ou bien, ils voudraient laisser à d’autres — parents ou amis — la responsabilité de la décision à prendre. Si un des lecteurs de ces lignes en était encore là, puisse l’exemple de Pilate lui montrer le danger des hésitations, lui faire comprendre qu’accepter Christ c’est une question personnelle, l’amener à considérer ce qu’il en est ensuite de celui qui a voulu « contenter la foule », se plaçant ainsi du côté du monde contre Christ !

Tandis que le Seigneur est devant Pilate, les principaux sacrificateurs — eux qui devaient intercéder auprès de Dieu en faveur du peuple — excitent le peuple contre le saint Fils de Dieu. Et les foules, ces foules qui avaient suivi Jésus, vu ses miracles et en avaient si souvent bénéficié, s’écrient « encore », s’écrient « encore plus fort » : Crucifie-le ! Tel est le cœur humain en présence de l’amour de Dieu !

 

2                        Le Seigneur livré aux soldats romains, objet de leurs moqueries et de leurs brutalités — Marc 15:16-21

Notre précieux Sauveur, livré par Pilate, est alors entre les mains des soldats qui vont le tourner en dérision et le traiter avec brutalité. Ils ont entendu les questions posées par Pilate à la foule : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? ... que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez roi des Juifs ? » (v. 9-12). Aussi, pour se moquer de Lui, ils entourent sa tête d’une couronne d’épines et, après l’avoir revêtu de pourpre — insigne de la puissance royale — ils le saluent disant : Salut, roi des Juifs ! Ils continuent, « se mettent à genoux », se moquant de Celui qui a pris « la forme d’esclave » et « s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix ». « C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom », ce nom de Jésus qui a été méprisé, mais devant lequel tout genou se ploiera. Ce ne sera plus alors en signe de moquerie — qu’en sera-t-il des moqueurs dans ce jour-là ? — mais « toute langue confessera que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2:6-11).

Les soldats romains n’ont pas craint ensuite de frapper la tête de Celui qui par amour pour nous et pour glorifier son Dieu et Père endurait de telles souffrances. Ils ont osé cracher contre Lui ! Combien elle brille ici, l’excellence de Celui qui était la parfaite offrande de gâteau : nous y voyons la fine fleur de farine, sans la moindre trace de levain. « C’est un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel » (Lév. 2:9).

L’apôtre Pierre nous dit : « Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de péché et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude, qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait ne menaçait pas, mais se remettait à Celui qui juge justement.. » (1 Pierre 2:21-23). Il nous a laissé un modèle ! Dans quelle mesure l’imitons-nous ?

Mais aussi, dans quelle mesure avons-nous part à de telles souffrances ? Les prophètes avaient rendu témoignage des « souffrances qui devaient être la part de Christ.. » (1 Pierre 1:11), et ils ont connu l’opprobre et le mépris dans le chemin de la fidélité, ainsi qu’Étienne le déclare en s’adressant au peuple : « Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Et ils ont tué ceux qui ont prédit la venue du Juste, lequel maintenant vous, vous avez livré et mis à mort » (Actes 7:52).

Plus encore, est-ce une joie pour nous d’avoir part aux souffrances de Christ, comme nous sommes exhortés à le réaliser : « ... en tant que vous avez part aux souffrances de Christ, réjouissez-vous, afin qu’aussi, à la révélation de sa gloire, vous vous réjouissiez avec transport. Si vous êtes insultés pour le nom de Christ, vous êtes bienheureux, car l’Esprit de gloire et de Dieu repose sur vous : de leur part, il est blasphémé, mais quant à vous, glorifié » (1 Pierre 4:13, 14) ?

Contemplons le divin et parfait Modèle afin que nous soyons rendus capables de refléter quelque chose de ses caractères, le suivant dans le chemin qu’il nous a tracé !

« Après qu’ils se furent moqués de lui », les soldats « l’emmenèrent dehors pour le crucifier ». Dans cet évangile, où Il est le vrai et fidèle Serviteur, Il se laisse conduire et emmener à Golgotha.

 

 

3                        Crucifié — Marc 15:22-28

« Et ils le mènent au lieu appelé Golgotha ». C’est là qu’ils le crucifièrent ! Crucifié... ce mot caractérise le troisième paragraphe du chapitre, il y est répété trois fois (v. 24, 25, 27). Le Seigneur avait dit lui-même à Nicodème : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut que le fils de l’homme soit élevé.. » (Jean 3:14). Il fallait qu’Il fût « élevé » sur le bois de la croix, Il devait mourir, mais de quelle mort ! Lui-même avait déclaré à la foule : « Si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même. Or il disait cela pour indiquer de quelle mort il allait mourir » (Jean 12:32, 33), et il fallait « que fût accomplie la parole que Jésus avait dite, indiquant de quelle mort il devait mourir » (Jean 18:32).

Être « élevé », être crucifié, c’était être exposé au mépris et à la honte, manifesté devant tous comme indigne de vivre. Or Christ, Homme parfait, était le seul qui eût droit à la vie comme homme ! La place qu’Il a prise par amour pour nous c’est celle de l’homme dans la chair. « Dieu ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair » (Rom. 8:3). Christ a revêtu la nature humaine — et non la nature pécheresse — pour pouvoir prendre sur Lui la malédiction qui était sur nous : « Maudit est quiconque est pendu au bois ». C’est ainsi que « la bénédiction d’Abraham » — bénédiction de tous les croyants, sur le principe de la foi — a pu parvenir « aux nations dans le Christ Jésus » (Galates 3:6-9, 13, 14).

Crucifié, c’est la place donnée à l’homme dans la chair. N’était-ce pas celle que l’apôtre avait prise : « Je suis crucifié avec Christ » — que nous devons prendre aussi, de manière à pouvoir ajouter comme lui : « Et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2:20) ? Pour le réaliser, puissions-nous contempler Celui qui a été crucifié !

 

 

4                        Injurié et insulté — Marc 15:29-32

Si avant d’être crucifié, le Seigneur a été l’objet des moqueries et des brutalités des soldats romains, maintenant élevé sur le bois de la croix, Il est injurié et insulté par tous. Il y a d’abord « ceux qui passaient par là », puis « les principaux sacrificateurs » — toujours particulièrement actifs dans leur opposition à Christ dans cet évangile et tout au long de cette journée (v. 3, 10, 11, 31) — ensuite « les scribes », et enfin « ceux aussi qui étaient crucifiés avec lui ». Rien ne Lui a été épargné ! Il a pu dire par l’esprit prophétique : « Tous ceux qui me voient se moquent de moi : ils ouvrent la bouche, ils hochent la tête : Il se confie à l’Éternel, qu’il le fasse échapper, qu’Il le délivre, car Il prend son plaisir en Lui » (Ps. 22:7, 8).

« Il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même », ces paroles de moquerie des principaux sacrificateurs et des scribes n’exprimaient-elles pas — à leur insu certainement, car ils leur donnaient un tout autre sens — la perfection de son œuvre ? Oui, « Il ne peut se sauver lui-même », Il est la sainte Victime et c’est dans l’obéissance parfaite qu’Il a dit : « Toutefois, non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi » (14:36). Il n’était pas possible que « cette coupe » passe loin de Lui sans qu’Il la boive et le moment était arrivé où Il devait la boire : Il ne pouvait se sauver Lui-même ! Mais, quelle grâce, « Il a sauvé les autres ». C’est pour cela qu’Il était venu et qu’Il ne pouvait « descendre maintenant de la croix ». C’est pour cela qu’Il a subi outrages, moqueries, injures et insultes. Il a « enduré la croix... méprisé la honte… », et cela « à cause de la joie qui était devant lui » : Il sauvait les autres ! (Héb. 12:2). Quelle joie sera la sienne quand Il contemplera les fruits de son œuvre à la croix : « Il verra du fruit du travail de son âme et sera satisfait » (Ésaïe 53:11). Mais pour cela, Il devait livrer « son âme en sacrifice pour le péché » (v. 10). C’est le sujet du paragraphe suivant.

 

5                        Les trois heures de ténèbres et d’abandon — Marc 15:33-36

 

Jusqu’à la fin du verset 32, nous voyons Christ souffrant de la part des hommes. Mais Il devait aussi souffrir de la part de Dieu, non plus comme l’offrande de gâteau soumise à l’action du feu, mais comme sacrifice pour le péché, brûlé hors du camp (Lév. 4:12). Quelle description pourrait-il être donné de cette scène ? Que pourrait-il être dit de ces souffrances ? Tout était entre Lui et Dieu.

À la fin des trois heures de ténèbres, Il a poussé ce cri de détresse : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il y avait déjà six heures qu’Il était sur la croix, en proie à toutes les douleurs physiques du crucifiement. Pendant les trois premières, Il avait souffert de la part des hommes pour la justice ; durant les trois dernières de la part de Dieu pour l’expiation.

Combien l’ennemi a été actif pour empêcher l’accomplissement de l’œuvre de notre salut : « Descends de la croix... Que le Christ, le roi d’Israël descende maintenant de la croix… » (v. 29-32) et encore il y a eu (v. 36), par moquerie, un suprême assaut de l’adversaire vaincu pour qu’Il « descende » du bois maudit !

Pourrons-nous jamais assez le bénir de ce qu’Il a traversé ces heures de souffrances infinies ? Notre adoration voudrait rester muette, car il n’y a pas d’expressions qui puissent dire la reconnaissance de nos cœurs !

 

6                        La mort de Christ — Marc 15:37-41

Ce n’est pas en raison de ses souffrances ou à la suite de quelque accident survenu dans l’organisme, ce n’est pas comme tout autre crucifié après une longue et douloureuse agonie, que Christ est mort. « Pilate s’étonna, ayant peine à croire qu’il fût déjà mort », lisons-nous au verset 44. Christ est entré dans la mort d’une toute autre façon : Il laissait sa vie, l’œuvre étant accomplie, le service achevé (Jean 10:17, 18) et le « grand cri » qu’Il a jeté — peut-être la dernière parole prononcée sur la croix, « criant à haute voix » (Luc 23:46) — indiquait la pleine puissance de la vie qu’Il laissait. C’était un acte d’obéissance. C’était le caractère du parfait Serviteur qui brillait là encore, jusqu’à la fin. Christ entrait dans la mort dont Satan avait l’empire, car il fallait que l’ennemi fût vaincu dans son propre domaine. Il fallait que « par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable » (Hébreux 2:14). Par sa mort, Il a rendu l’adversaire impuissant et par sa résurrection Il a donné le témoignage de la victoire remportée.

C’est parce que Christ n’est pas mort comme tout autre crucifié qu’un gentil — le centurion romain — s’est écrié : « Certainement cet homme était Fils de Dieu » (v. 39). Il l’a dit, en effet, « voyant qu’Il avait expiré en criant ainsi ». Si nous avons déjà vu briller dans ses souffrances la perfection de son humanité, ici c’est sa divinité qui est mise en lumière. C’était le Fils de Dieu qui était l’Homme de douleurs !

L’œuvre parfaitement accomplie, le voile du temple se déchire en deux depuis le haut jusqu’en bas.

Lavés, justes, parfaits, nous entrons au saint lieu

Dans la pleine clarté de la face de Dieu.

 

7                        La mise au tombeau — Marc 15:42-47

« Il a été avec le riche dans sa mort », avait dit le prophète (Ésaïe 53:9). Joseph d’Arimathée « qui ne s’était pas joint à leur conseil et à leur action » (Luc 23:51) demande à Pilate le corps de Jésus. Le corps formé par Dieu même, dans lequel Jésus est venu ici-bas participant au sang et à la chair, le corps qui a été frappé, meurtri, crucifié, « le corps de Jésus » ! Pieusement, Joseph d’Arimathée l’enveloppe d’un linceul et le place « dans un sépulcre qui était taillé dans le roc ». « Sépulcre neuf », nous dit Matthieu (27:60), « où personne n’avait jamais été déposé », souligne Luc (23:53) : accomplissement de la parole prophétique : « Tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption » (Ps. 16:10). Mais aussi, ce sépulcre était taillé « dans le roc » et Jean ajoute qu’il était « dans un jardin » (19:41). Le « roc » ne nous parle-t-il pas du fondement inébranlable qui est posé en Christ, dans sa mort et sa résurrection — le « jardin », de tous les fruits et résultats de son œuvre accomplie ?

Le corps de Jésus placé dans le sépulcre, la journée était achevée. Ce chapitre nous en présente tout le déroulement :

— « au matin » (v. 1), le Seigneur, lié, a été conduit à Pilate. Sans pouvoir l’affirmer, nous pensons que ce devait être vers six heures du matin (pour autant qu’il est possible de le déterminer d’après Marc 13:35).

— « à la troisième heure » (v. 25), neuf heures du matin, ils le crucifièrent.

Les scènes rapportées dans les deux premiers paragraphes se sont déroulées ; elles semblent avoir duré trois heures.

— « quand la sixième heure fut venue » (v. 33), midi, commencèrent les trois heures de ténèbres.

Les circonstances qui remplissent les paragraphes trois et quatre se sont prolongées pendant trois heures, de neuf heures à midi. Les souffrances endurées de la part de Dieu ont été la part de notre précieux Sauveur, divin Substitut, pendant les trois heures qui ont suivi.

— « à la neuvième heure… » (v. 34), trois heures de l’après-midi, l’œuvre de l’expiation était achevée.

— « Et le soir étant déjà venu… » (v. 42), le corps de Jésus allait être placé dans le sépulcre. C’était, sans doute, peu avant six heures du soir, car à six heures commençait le sabbat et il est dit : « c’était la Préparation, ce qui est le jour qui précède un sabbat » (v. 42).

Durant cette journée de la crucifixion, dont nous avons dans ce chapitre le récit chronologique, les temps sont marqués de trois heures en trois heures. On pourra d’ailleurs remarquer quelle place tient le chiffre trois dans tout ce chapitre. L’autel d’airain (Exode 27:1) — en type, la croix de Christ — n’avait-il pas trois coudées de hauteur ? Celui qui était crucifié en faiblesse « crucifié en infirmité » — (2 Cor. 13:4) — était le Fils de Dieu lui-même, devait ressusciter le troisième jour.

Puissions-nous suivre et contempler notre adorable Sauveur tout au long de cette journée douloureuse, afin que cela produise dans nos cœurs les sentiments de reconnaissance et d’adoration dont Il est digne à jamais, mais aussi, afin qu’il y ait dans notre vie des résultats pratiques !

L’apôtre écrit aux chrétiens de Corinthe : « Car aussi, notre pâque, Christ, a été sacrifiée ; c’est pourquoi célébrons la fête non avec du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité » (1 Cor. 5:7, 8). En présence de la croix de Christ, y aurait-il dans notre cœur une place quelconque pour le « vieux levain », la « malice » ou la « méchanceté », fruits de la chair ? — Le premier jour de la semaine, nous « célébrons la fête » et tout cela doit être jugé et exclu, mais c’est pendant sept jours — chaque jour de la semaine et chaque jour de notre vie — que nous sommes appelés à manger des pains sans levain. Après avoir mangé la pâque — l’agneau égorgé « entre les deux soirs » —, après avoir mangé les pains sans levain, Israël a dû sortir d’Égypte. De même, nous sommes appelés à sortir du monde, ayant réalisé tout ce que ces choses signifient pour nous.

Humilions-nous de ce que les souffrances et la mort de Christ touchent si peu nos cœurs et nous séparent si mal d’un monde qui l’a crucifié !