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Réveils — Se réveiller du sommeil

 

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

Table des matières abrégée :

1     Réveils. Rom. 13:11 ; 1 Cor. 15:34 ; Éph. 5:14 ; 2 Pierre 3:1

2     Romains 13:11. C’est déjà l’heure de nous réveiller du sommeil

3     Nous réveiller du sommeil. Éph. 5 ; Rom. 13 ; Luc 22 ; 1 Rois 19 ; 2 Pierre 1

 

 

Table des matières détaillée :

1     Réveils. Rom. 13:11 ; 1 Cor. 15:34 ; Éph. 5:14 ; 2 Pierre 3:1

1.1      Exhortations à se réveiller

1.2      Première ressource : la prière

1.2.1      Dans le livre des Juges

1.2.2      Refuser le fatalisme

1.3      Deuxième ressource : la Parole de Dieu

1.3.1      L’abandon de la Parole

1.3.2      Réveil par la Parole de Dieu — 2 Pierre 3:1

1.4      La prière et la Parole : En particulier et en assemblée

1.5      Pas de réveil général

1.6      Commencer par un réveil personnel

2     Romains 13:11. C’est déjà l’heure de nous réveiller du sommeil

2.1      Le mal se développe pendant qu’on dort — Matt. 13

2.2      Veiller en attendant le retour du Seigneur — Matt. 25

2.3      Le monde est dans la nuit et dort (1 Thes. 5) — Appel au croyant à se réveiller

2.4      Sommeil de la paresse — Prov. 24

2.5      Nouveaux appels à se réveiller

3     Nous réveiller du sommeil. Éph. 5 ; Rom. 13 ; Luc 22 ; 1 Rois 19 ; 2 Pierre 1

3.1      L’Épître aux Éphésiens

3.1.1      Responsabilité de marcher dans la lumière et dans l’amour

3.1.2      Différence entre un croyant qui marche mal et et un incrédule

3.1.3      Comment on s’assoupit

3.1.4      Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts

3.2      Appels au réveil par l’apôtre Pierre. 2 Pierre 1:13 et 3:1

3.3      Élie : le sommeil guette même les plus zélés. 1 Rois 19

3.4      Sommeil à Gethsémané. Luc 22:39-46

3.5      Réveil par la présentation de la personne de Christ

3.6      Conclusion

 

 

1                    Réveils. Rom. 13:11 ; 1 Cor. 15:34 ; Éph. 5:14 ; 2 Pierre 3:1

ME 1950 p. 85

1.1   Exhortations à se réveiller

Il est bien vrai que nous avons tendance à nous endormir ; aussi les exhortations à nous réveiller ne manquent pas : « Et encore ceci : connaissant le temps, que c’est déjà l’heure de nous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru... » — « Réveillez-vous pour vivre justement, et ne péchez pas... » — Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Rom. 13:11 ; 1 Cor. 15:34 ; Éph. 5:14). Le désir de réveiller les saints assoupis est donc très louable, si les moyens employés ne le sont pas toujours. Que de moyens, en effet, excellents en apparence, mais qui n’ont aucune justification scripturaire ! En fait, malgré leur extrême diversité, ils dérivent tous d’un même principe : on laisse de côté les ressources que Dieu met à notre disposition dans sa Parole et on leur substitue ce qui est selon les pensées de l’homme. Cela paraît bien mieux, il semble que les résultats seront tellement supérieurs... Les ressources de la Parole sont considérées comme surannées, il faut quelque chose de plus moderne pour les temps actuels, qui soit plus en rapport, dira-t-on, avec les besoins d’aujourd’hui... Comme si la Parole de Dieu ne suffisait pas pour tous les besoins de tous les temps ! Ce serait folie que de se croire plus sage que Dieu !

 

1.2   Première ressource : la prière

Le but de ces quelques lignes est seulement de rappeler les deux ressources que Dieu met à notre disposition pour produire des réveils.

 

1.2.1       Dans le livre des Juges

La première est indiquée dans le livre des Juges, livre qui présente le peuple d’Israël traversant une des plus sombres périodes de son histoire : « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » — livre de la ruine, seconde épître à Timothée de l’Ancien Testament. Il est remarquable que ce soit précisément dans cette portion des Écritures que nous soit donnée la première ressource dont nous voulons parler : la prière. Le peuple d’Israël faisait « ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel » ; pour l’arrêter dans ce chemin de désobéissance, l’Éternel envoyait des ennemis qui opprimaient le peuple. C’est alors que, du sein de la souffrance, Israël criait à l’Éternel ; l’expression est plusieurs fois répétée dans ce livre : « alors, ils crièrent à l’Éternel » — la prière ardente, instante, véritable cri de détresse (puissions-nous en entendre beaucoup dans nos réunions de prières !) était à l’origine du réveil qui se produisait ensuite : l’Éternel suscitait un juge par le moyen duquel le peuple, délivré, connaissait un temps de bénédiction. Puis, il se détournait à nouveau et son histoire recommence, toujours la même ; chaque fois, c’est le même cri de détresse, la même prière à laquelle Dieu répond ! (3:9, 15 ; 4:3 ; 6:6 ;10:10, 15).

 

1.2.2       Refuser le fatalisme

Citons ici les paroles d’un autre : « Supposons que nous nous trouvions placés dans un lieu où la mort et les ténèbres spirituelles règnent, où il n’y a pas un souffle de vie, pas une feuille qui remue : le ciel semble d’airain, la terre de fer, un formalisme desséchant domine partout ; la routine, une profession sans puissance, la superstition sont à l’ordre du jour ; jamais on n’entend parler d’une chose telle qu’une conversion. Que faire ? Nous laisser paralyser ou gagner par cette atmosphère malsaine et mortelle ? Assurément non ! que faut-il donc faire ? — Réunissons-nous, même si nous n’étions que deux à sentir le triste état des choses, et d’un commun accord répandons nos cœurs devant Dieu, et attendons-nous à Lui, jusqu’à ce qu’Il envoie une abondante pluie de bénédictions sur le lieu aride. Ne nous croisons pas les bras, en disant : le temps n’est pas encore venu (Aggée 1:2) ; ne nous laissons pas aller à ce funeste raisonnement d’une certaine théologie justement appelée fatalisme, qui dit : Dieu est souverain ; Il agit selon sa volonté ; nous devons attendre le moment choisi par Lui ; les efforts humains sont inutiles ; nous ne pouvons pas opérer un réveil ; il faut prendre garde de ne pas causer ce qui ne serait que de l’excitation. Ces raisonnements sont d’autant plus dangereux qu’ils ont quelque chose de plausible. En effet, tout cela est très vrai, en tous points ; mais c’est seulement un côté de la vérité. C’est la vérité, et rien que la vérité ; mais ce n’est pas toute la vérité. Là est le mal. Rien n’est plus à craindre que de ne considérer qu’un côté de la vérité ; on se garde plus facilement d’une erreur positive et palpable. Que d’âmes ferventes ont bronché et ont été complètement détournées du droit chemin, pour n’avoir vu qu’un côté d’une vérité ou avoir mal appliqué une vérité. Plus d’un serviteur utile et dévoué a été froissé et poussé hors du champ de travail, par l’insistance peu judicieuse qu’on a mise dans la présentation de certaines doctrines qui étaient vraies en partie, mais qui n’étaient pas la pleine vérité de Dieu. Rien cependant ne peut atteindre ou affaiblir la force de la déclaration du Seigneur en Matthieu 18:19. Elle subsiste dans toute sa divine plénitude, sa gratuité et sa valeur, devant l’œil de la foi ; ses termes sont clairs et non sujets à méprise : Si deux d’entre vous sont d’accord sur la terre pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux » (Messager Évangélique, année 1875. « Sur les réunions de prières », pages 63 et 64).

 

1.3   Deuxième ressource : la Parole de Dieu

1.3.1       L’abandon de la Parole

Nous trouvons la deuxième ressource dans la seconde épître de Pierre. Elle nous est donnée aussi en relation avec des temps de ruine : les « derniers jours », caractérisés par l’abandon de la Parole. Ne sommes-nous pas dans ces jours-là ? D’une façon générale, parmi le peuple de Dieu, chacun ne fait-il pas ce qui est bon à ses yeux, la Parole étant laissée de côté ? Peut-être n’est-ce pas toujours un rejet délibéré des Saintes Écritures ; c’est, bien souvent, la Parole lue et écoutée, mais aux enseignements de laquelle on ne se conforme guère, continuant à agir « selon ses propres convoitises » (2 Pierre 3:3). Que Dieu nous garde de dire : ce passage concerne les incrédules, les moqueurs des derniers jours, il n’y a donc rien pour nous. Bien au contraire, il y a là un avertissement très sérieux pour les croyants. On abandonne la Parole parce qu’on ne veut pas abandonner les convoitises du cœur naturel. On est alors endormi, on dort parmi les morts, suivant l’expression d’Éphésiens 5:14 : en apparence, plus rien ne différencie le croyant des incrédules.

 

1.3.2       Réveil par la Parole de Dieu — 2 Pierre 3:1

Comment réveiller ceux qui dorment ainsi ? « Je réveille votre pure intelligence en rappelant ces choses à votre mémoire, afin que vous vous souveniez des paroles qui ont été dites à l’avance... » (2 Pierre 3:1). La ressource, c’est la Parole rappelée sans cesse, bien que ses enseignements soient connus et que, peut-être même, l’on soit affermi dans la vérité (cf. 2 Pierre 1:12 à 15). L’apôtre désirait réveiller la « pure intelligence » de ces croyants, c’est-à-dire l’intelligence qui vient de Dieu. N’est-ce pas nécessaire aujourd’hui ? Nous sommes peut-être très réveillés pour cultiver notre intelligence naturelle — et, dans bien des cas, combien cela est néfaste pour notre vie chrétienne ! — nous le sommes généralement beaucoup moins pour ce qui est de l’intelligence spirituelle. Le Saint Esprit, opérant dans nos cœurs renouvelés, se plaît à développer en nous cette intelligence afin que nous puissions entrer davantage dans la connaissance des choses de Dieu. Mais nous le contristons souvent et l’entravons dans son activité, de sorte qu’au lieu de croître, de nous développer, nous restons de petits enfants, des « nains spirituels ». Il n’y a pas d’autre moyen, selon Dieu, de réveiller notre « pure intelligence » que la lecture de la Parole, avec le secours de l’Esprit, jointe à la prière par laquelle nous demanderons à Dieu d’avoir compassion de nous dans le bas état où nous sommes et de nous accorder la grâce de mieux entrer dans la connaissance de ses pensées, de n’être pas des auditeurs oublieux, mais des faiseurs d’œuvres, mettant la parole en pratique (Jacques 1:21 à 25).

 

1.4   La prière et la Parole : En particulier et en assemblée

Pourrions-nous être étonnés que les deux ressources divines pour produire les réveils soient la prière et la Parole, les deux piliers du vrai christianisme ? Prière individuelle et lecture individuelle de la Parole, prière de l’assemblée et lecture de la Parole dans l’assemblée, c’est là qu’est le secret si nous voulons nous « réveiller du sommeil ». Que Dieu nous accorde à chacun de vivre cette vie cachée avec le Seigneur, priant dans le particulier, nourrissant nos âmes de la Parole ! Qu’Il nous donne aussi d’aimer l’assemblée et de réaliser que nous avons dans l’assemblée, ce qui est pleinement et entièrement suffisant pour tous, petits enfants, jeunes gens et pères. La présence du Seigneur vraiment sentie, le ministère de la Parole, l’action puissante de l’Esprit de Dieu pour nous conduire dans toute la vérité ou pour former les demandes que nous sommes appelés à présenter, cela ne nous suffirait-il pas ? Dieu nous garde de tomber dans l’état du peuple autrefois, désirant autre chose que ce que l’Éternel lui avait donné dans sa grâce ! (Nombres 11:4-6). Les réunions de prières, généralement négligées alors que les besoins sont si nombreux et si pressants, les réunions d’édification qui le sont aussi parfois — combien tout cela est humiliant ! — n’est-ce pas le signe de notre bas niveau, du sommeil spirituel qui nous gagne de plus en plus — cela ne manifeste-t-il pas que nous négligeons les seules ressources données par Dieu pour produire les réveils, en en recherchant peut-être d’autres jugées meilleures ? Que ceux qui, par la grâce de Dieu, ont été préservés de négliger les réunions d’assemblée, soit pour la prière, soit pour l’édification, ne s’en enorgueillissent pas, mais au contraire, imitant en cela l’exemple d’un Daniel, sentent l’humiliation qui doit tous nous caractériser. Que, se rappelant comment ont commencé tous les réveils aux temps des Juges, ils éprouvent le besoin de crier à Dieu, afin qu’Il ait compassion de nous et donne, dans l’assemblée, un ministère vraiment en rapport avec les dangers et les besoins actuels, remettant en mémoire les vérités de la Parole, éveillant sans cesse en nous le sentiment de notre responsabilité !

 

1.5   Pas de réveil général

En parlant des réveils, il est à peine nécessaire de dire que nous ne pensons pas à un réveil comme celui qui s’est produit au 19° siècle. Il ne s’en produira plus de semblable ; dans l’histoire de l’Église responsable sur la terre pendant le temps de l’absence du Seigneur (Apoc. 2 et 3), après Sardes et Philadelphie, il n’y a plus que Laodicée. Or, si nous ne prétendons nullement — et c’est à notre honte ! — manifester les caractères philadelphiens, il est certain par contre qu’ils ont été vus chez nos devanciers et que le réveil d’il y a un siècle correspond à Philadelphie dans l’histoire de l’Église. De même, dans l’histoire du peuple d’Israël, qui par tant de côtés illustre celle de l’Église, nous avons les deux grands réveils des jours d’Ézéchias et de Josias, qui correspondent à ceux de Sardes et de Philadelphie, et il n’y en a pas eu d’autre. Aujourd’hui, c’est au sein de Laodicée que le Seigneur veut opérer pour réveiller individuellement ceux qui Lui appartiennent, mais qui sont dans un tel état de tiédeur qu’ils l’ont laissé dehors ; Il frappe à la porte de leur cœur, désirant les amener à jouir de sa communion (Apoc. 3:20).

 

1.6   Commencer par un réveil personnel

N’oublions pas que c’est à nous que sont adressées les exhortations de la Parole : « C’est déjà l’heure de nous réveiller... Réveillez-vous pour vivre justement... Réveille-toi, toi qui dors... ». La Parole ne nous dit pas : Dieu vous réveillera, mais : Réveillez-vous, réveille-toi... Sans doute, tout vient de Lui, mais Il veut exercer notre responsabilité, c’est pourquoi Il nous adresse des appels aussi pressants. Puissions-nous y être attentifs et nous rappeler que les deux seuls moyens, selon Dieu, pour produire les réveils demeurent toujours la Parole et la prière.

Réveillés grâce à ces deux ressources divines, nous pourrons rejeter les œuvres des ténèbres, revêtir les armes de la lumière, nous conduire honnêtement comme de jour, « non point en orgies, ni en ivrogneries ; non point en impudicités, ni en débauches ; non point en querelles, ni en envie », et revêtir le Seigneur Jésus Christ, ne prenant pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises (Rom. 13:12 à 14). Nous pourrons marcher comme des enfants de lumière, éprouvant ce qui est agréable au Seigneur, n’ayant rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres — marcher soigneusement, non pas comme étant dépourvus de sagesse, mais comme étant sages ; saisissant l’occasion parce que les jours sont mauvais (Éph. 5:8-17). Nous pourrons vivre justement et ne pas pécher (1 Cor. 15:34). Dieu veuille nous l’accorder à tous !

 

 

2                    Romains 13:11. C’est déjà l’heure de nous réveiller du sommeil

ME 1948 p. 116

2.1   Le mal se développe pendant qu’on dort — Matt. 13

Les « mystères du royaume des cieux » présentent, dans l’évangile de Matthieu, les aspects divers que prend le royaume après le rejet du Roi. Six paraboles nous en parlent en Matthieu 13:24-50, et une septième, en Matthieu 25:1-13. La première et la dernière nous donnent tout particulièrement l’avertissement de veiller.

Dans la première, qui est celle de l’ivraie et du champ, le Seigneur prédit le mélange de ceux qui possèdent la vie divine et de ceux qui n’ont qu’une profession chrétienne. Qu’est-ce que l’ivraie ? « Ce sont les fils du méchant. « Qui l’a semée ? « Un ennemi a fait cela » et : « l’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ». Mais s’il a pu opérer ce travail, c’est que ceux qui devaient veiller dormaient. « Pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie parmi le froment ». Ainsi c’est à la faveur du sommeil de ceux auxquels une responsabilité a été confiée que l’ennemi accomplit son œuvre néfaste. C’est toujours notre manque de vigilance qui lui permet d’agir. Et d’autre part cette parabole nous enseigne que lorsque les résultats du travail de l’adversaire sont manifestés il est trop tard pour y remédier (13:28-30). Combien il est nécessaire de veiller !

 

2.2   Veiller en attendant le retour du Seigneur — Matt. 25

L’avertissement est plus solennel encore dans la parabole de Matthieu 25. Ici, le Seigneur compare le royaume à dix vierges qui sortirent à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient prudentes, cinq folles. Les vierges prudentes avaient de l’huile dans leurs lampes, les folles n’en avaient pas. C’était une coutume, en Orient, que des vierges attendent l’époux et l’accompagnent jusqu’à la chambre nuptiale ; il leur fallait pour cela des lampes allumées. Le Seigneur emploie cette comparaison pour faire comprendre aux siens ce que doit être leur attente individuelle (car, dans cette parabole, il n’est pas question de l’Église comme tout ; il s’agit d’individus et non d’un corps). Les dix vierges constituent deux classes de personnes : celles qui ont la vie divine (elles ont de l’huile dans leurs lampes, image du Saint Esprit que reçoivent les vrais croyants) et celles qui ont seulement une profession de christianisme, sans la vie. Le retour du Seigneur est une vérité que connaissaient bien les chrétiens du commencement : les Thessaloniciens, par exemple, s’étaient tournés des idoles vers Dieu pour le servir et pour attendre le Seigneur ; même le « méchant esclave » ne niait pas cette vérité, puisqu’il disait : « Mon maître tarde à venir » (Matthieu 24:48) ; il savait que son maître reviendrait, mais son cœur n’était pas touché à la pensée de son retour. Ainsi les dix vierges « sortirent à la rencontre de l’époux ». Mais qu’est-il arrivé dans la suite ? « Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent ». Elles s’assoupirent d’abord, s’endormirent ensuite. Toutes. Les prudentes aussi bien que les folles. Ce sommeil a duré jusqu’à ce que « au milieu de la nuit, il se fit un cri ». Il y a maintenant plus d’un siècle que les vérités concernant le retour du Seigneur ont été remises en pleine lumière. Le temps qui s’écoule entre le cri de minuit et l’arrivée de l’époux est celui pendant lequel la condition morale de chacun est manifestée. Nous sommes dans cette période. Bienheureux ceux qui veillent, les reins ceints et les lampes allumées ! (Luc 12:35 à 38). Ils attendent Celui qui vient. Combien nous sommes en danger de perdre de vue, pratiquement, que le Seigneur va venir et, par suite, de nous assoupir et de nous endormir encore.

 

Que notre âme soit vigilante :

Soyons prêts, craignons de dormir ;

Chrétiens, le Sauveur va venir !

 

2.3   Le monde est dans la nuit et dort (1 Thes. 5) — Appel au croyant à se réveiller

Le Sauveur va venir chercher les siens. Ce sera le premier acte de sa venue. Le second englobera à la fois son apparition aux yeux de tous, avec les saints, et « le jour du Seigneur » pour le monde. Le jour du Seigneur vient « comme un voleur dans la nuit » ; aussi les hommes, endormis dans une fausse sécurité — ils diront alors « Paix et sûreté » — ne pourront échapper à la « subite destruction » qui viendra sur eux (1 Thess. 5:1-3 ; Apoc. 3:3 ; Matt. 24:43). Ce jugement n’atteindra aucun de ceux qui sont lavés dans le sang de Christ, car ils sont « tous des fils de la lumière et des fils du jour ». Tous, quel que soit notre degré de développement spirituel, quelle que soit notre faiblesse, car « nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres ». Ce monde est plongé dans la nuit et les ténèbres morales s’épaississent de plus en plus sur la terre. Le jugement est à la porte, nous le sentons bien ! « Ainsi donc, ne dormons pas comme les autres » (1 Thess. 5:6). N’ayant rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres, marchons dans la lumière puisque nous sommes fils de la lumière et fils du jour. Cette parole s’adresse à chacun de nous qui pourrions dormir « comme les autres » : « Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éph. 5:14). Un croyant qui dort est comme un mort, bien qu’il possède la vie de Dieu. Rien ne le distingue de ceux qui n’ont pas Christ comme leur Sauveur, car on ne voit chez lui aucune manifestation de la vie. S’il se réveille — car il n’est pas mort, il dort seulement — le Christ luira sur lui, il retrouvera la clarté de sa face.

 

2.4   Sommeil de la paresse — Prov. 24

Le chapitre 24 du livre des Proverbes nous décrit, dans ses derniers versets, quelques-unes des conséquences du sommeil. Celui qui dort n’a aucune activité. Il en est de même dans le domaine spirituel : si nous dormons, nous ne pouvons rien faire pour le Seigneur, nous sommes des paresseux. « J’ai passé près du champ de l’homme paresseux... ». Dans quel état se trouve-t-il ? Il n’y a que chardons et orties — ce que produit la nature — et la clôture est démolie — plus aucune séparation ! Il convient de s’arrêter, de regarder, d’y appliquer son cœur, non pas certes pour critiquer, mais pour « recevoir instruction ». Comment de tels résultats ont-ils été produits ? « Un peu de sommeil, un peu d’assoupissement, un peu croiser les mains pour dormir... ». Un peu ! le sommeil spirituel conduit à la paresse. Comme il suffit de peu de chose, dans cette voie, pour amener la stérilité pour Dieu et la ruine du témoignage que nous avons à rendre dans la séparation ! (Prov. 24:30-34).

 

2.5   Nouveaux appels à se réveiller

Nous connaissons, sans doute, bien des enseignements de la Parole ; la plupart d’entre nous sont même « affermis dans la vérité présente ». Et cependant, n’avons-nous pas besoin d’être réveillés ? C’est en « rappelant ces choses à notre mémoire » que notre Dieu veut nous tirer du sommeil qui nous gagne si facilement (2 Pierre 1:12-15). « Vous écrire toujours les mêmes choses, disait l’apôtre aux Philippiens, n’est pas pénible pour moi et c’est votre sûreté ». Et il ajoute « Prenez garde... ». Il faut être réveillé pour pouvoir prendre garde ! Revenons sans cesse à la Parole et aux enseignements de la Parole, à ces « mêmes choses » si nécessaires pour nous réveiller du sommeil !

Oui, c’est déjà l’heure de nous réveiller du sommeil ! (Rom. 13:11 à 14). Le salut — la délivrance de nos corps (Rom. 8:23-24) — est plus près de nous que lorsque nous avons cru. La nuit est fort avancée, nuit morale qui a commencé lorsque Celui qui est la lumière a été crucifié, nuit qui prendra fin dans ce monde lorsqu’apparaîtra, le Soleil de justice. Mais déjà l’étoile du matin a lui dans nos cœurs ! N’est-ce pas « le moment de nous réveiller du sommeil, nous conduisant honnêtement, comme de jour, et revêtant le Seigneur Jésus Christ » ? Le jour s’est approché ! Bien des événements qui se déroulent dans ce monde nous en donnent la certitude, mais ces événements ne sont que des traits dans la nuit ! C’est en nous que le Saint Esprit opère et ce travail est en relation avec le jour, car nous sommes « tous des fils de la lumière et des fils du jour ». Le Saint Esprit veut produire en chacun de nos cœurs l’attente réelle de Celui qui va paraître sur la nue. Mais aussi, il fait tressaillir le cœur de l’Épouse, et l’Esprit et l’Épouse disent : Viens !

Pierre, Jacques et Jean, sur la sainte montagne, étaient accablés de sommeil. Mais, « quand ils furent réveillés, ils virent sa gloire » (Luc 9:32). Avant-goût de la gloire qui sera celle de Christ dans son royaume ! Par-dessus toute autre chose, ne vaut-il pas la peine d’être réveillé pour contempler sa gloire ? Étant encore ici-bas, au milieu de la scène qui nous environne, nous pouvons jouir par la foi de ce que nous allons goûter bientôt en plénitude ! (Jean 17:24). Réveillés, nous verrons sa gloire !

Déjà blanchit l’aurore ;

Frères ! réveillons-nous :

Quelques instants encore

Et nous verrons l’Époux.

Que notre âme bénie

S’égaie en son Sauveur,

Et par l’Esprit de vie

Répétons : Viens, Seigneur !

 

 

3        Nous réveiller du sommeil. Éph. 5 ; Rom. 13 ; Luc 22 ; 1 Rois 19 ; 2 Pierre 1

ME 1964 p.117

3.1      L’Épître aux Éphésiens

Le vrai christianisme doit être tout à la fois céleste et pratique. Nous sommes exhortés à connaître notre position céleste et à en jouir afin de pouvoir marcher ici-bas d’une manière qui y corresponde. L’Épître aux Éphésiens, tout particulièrement, nous donne des enseignements relatifs à une telle position et à une telle marche.

 

3.1.1       Responsabilité de marcher dans la lumière et dans l’amour

Dieu, qui « nous a élus en Christ avant la fondation du monde », nous a « prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ, selon le bon plaisir de sa volonté » (Éph. 1:4, 5). Il a fait de nous ses enfants, nous qui étions « morts dans nos fautes » mais qui avons été « vivifiés ensemble avec le Christ… ressuscités ensemble » et qu’Il « a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » (Éph. 2:5, 6). Et parce que nous sommes maintenant « de bien-aimés enfants », nous sommes exhortés à être « imitateurs de Dieu » (Éph. 5:1). Dieu est Amour et Lumière, nous avons donc à marcher « dans l’amour » et comme des « enfants de lumière » (Éph. 5:2, 8). Marcher dans l’amour, c’est suivre le sentier de Christ qui, par amour, s’est offert à Dieu « en parfum de bonne odeur ». Quel chemin fut le sien ici-bas, qui l’a conduit jusqu’à la croix du Calvaire ! Marcher comme des enfants de lumière, c’est manifester les caractères de sainteté, de séparation du mal, qui doivent être vus en tous ceux qui demeurent responsables de faire briller la lumière de Dieu au sein des ténèbres de ce monde. Une telle marche doit nous amener à prendre garde à nos paroles (Éph. 5:3, 4) comme aussi à nos actions (v. 5) ; elle implique une sainte vigilance afin que nous ne nous laissions pas séduire et entraîner dans le mal (v. 6, 7) ; enfin, caractère positif, elle doit être la pratique des vertus qui constituent dans leur ensemble « le fruit de la lumière ». C’est ainsi, que « ce qui est agréable au Seigneur » est accompli par son racheté. Une telle marche est par ailleurs une répréhension des « œuvres infructueuses des ténèbres » et la manifestation de leur caractère (v. 11 à 13).

 

3.1.2       Différence entre un croyant qui marche mal et et un incrédule

Un croyant qui manque à sa responsabilité de marcher dans l’amour et comme enfant de lumière se conduit en fait comme un incrédule ; en réalité, il possède la vie de Dieu, tandis que l’incrédule est moralement mort, ils sont donc aussi différents l’un de l’autre qu’il est possible de l’être, mais si l’on ne considère que l’apparence extérieure on ne voit aucun contraste entre eux : on ne voit pas plus de différence entre eux qu’entre un mort et un homme qui dort ; il faut s’approcher bien près pour se rendre compte que chez ce dernier seul il y a la vie. Un homme qui dort a perdu conscience de toute relation avec le monde extérieur ; il en est de même pour un croyant qui s’est laissé gagner par le sommeil spirituel : il a perdu conscience de sa position céleste, de ce qu’il possède en Christ et, de ce fait, il ne jouit pas plus de ce qui est sa part et sa vie qu’un homme endormi ne jouit de tout ce qui l’entoure. Un tel croyant n’a pas pour autant perdu la vie qu’il a reçue par la foi, mais cette vie ne se manifeste plus : le croyant est comme un mort en ce sens qu’il n’entend pas, ne parle pas, ne pense pas. Triste état pour celui qui a la vie divine et qui est responsable de la montrer en en manifestant les fruits !

 

3.1.3       Comment on s’assoupit

Ne courons-nous pas le danger de nous endormir parmi les morts ? Par tant de moyens et souvent insensiblement, sans même que nous nous en rendions compte, l’ennemi nous amène à une certaine conformité au monde, néfaste au plus haut degré. Ressembler au monde dans son langage, dans sa marche, dans ses habitudes, dans sa recherche de tout ce qui peut satisfaire les désirs du cœur naturel, tout cela nous empêche de jouir de notre appel céleste et de marcher d’une manière digne d’un tel appel (Éph. 4:1). Dès que nous tolérons les influences mondaines, le sommeil spirituel nous gagne et l’ennemi remporte des succès de plus en plus faciles. À l’assoupissement succède rapidement le profond sommeil : une conformité au monde dont on finit même par ne plus avoir conscience.

 

3.1.4       Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts

« Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éph. 5:14). Tel est l’appel adressé à un croyant endormi « entre les morts ». C’est un appel à retrouver la jouissance de notre relation avec Christ, de notre position dans les lieux célestes en Lui, un appel à manifester pratiquement la vie que nous possédons par la foi, un appel à nous séparer par conséquent de tout ce qui est caractérisé par la mort, c’est-à-dire le monde sous la conduite de son chef. Il y a, pour cela, une sainte énergie à déployer : « Réveille-toi ! Relève-toi ! », mais aussi une promesse assurée  : « le Christ luira sur toi ». La lumière d’en-haut, Christ Lui-même, resplendit sur le croyant qui a répondu à l’injonction divine : « Réveille-toi ! » ; amené dans la lumière, il peut voir et contempler Celui qui est la Lumière, puiser à la source de la vie (cf. Ps. 36:9) et marcher désormais comme un enfant de lumière, dans la puissance de la vie qu’il possède et dont il peut maintenant manifester les fruits.

Cette exhortation s’adresse-t-elle à des croyants mal enseignés, ignorants de bien des vérités de l’Écriture ? C’est précisément dans l’Épître aux Éphésiens que nous la trouvons, dans l’épître où est présentée la position si élevée du croyant et de l’assemblée, où nous sommes vus comme « bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » (Éph. 1:3). Prenons garde ! Il nous a été beaucoup donné, nous sommes privilégiés parmi tant de croyants qui ont moins reçu, nous nous tromperions si nous estimions que les injonctions de Éph. 5:14 ne sont pas pour nous et que nous ne sommes pas en danger de nous endormir parmi les morts. C’est parce qu’un croyant d’Éphèse pouvait dormir parmi les morts que l’apôtre écrit dans la lettre adressée à cette assemblée : « Réveille-toi, toi qui dors… ». Non seulement nous courons le même danger mais encore notre responsabilité est accrue en raison de tout ce que nous avons reçu.

 

3.2      Appels au réveil par l’apôtre Pierre. 2 Pierre 1:13 et 3:1

L’apôtre Pierre écrit ses deux épîtres pour produire un réveil parmi les saints (cf. 2 Pierre 3:1) et, dans ce but, il leur rappelle les vérités qu’ils connaissaient et dans lesquelles ils étaient même « affermis » (cf. 2 Pierre 1:12 à 15). Nous sommes peut-être, nous aussi, « affermis dans la vérité présente », mais demandons-nous si tant de vérités connues, familières à chacun, exercent leurs effets pratiques dans notre vie ici-bas. N’avons-nous pas tendance à nous y accoutumer, à ne les considérer peut-être que comme un intéressant sujet d’études ? N’est-il pas nécessaire que nous soyons « réveillés » afin d’être amenés à mettre en pratique ce que nous savons si bien ? Connaître une vérité ne suffit pas, il faut la vivre !

Le rappel constant des enseignements de l’Écriture est nécessaire, indispensable même ; le croyant le plus solidement affermi dans la connaissance de la Parole a besoin, tout comme le petit enfant en Christ, d’un ministère semblable à celui que remplissait l’apôtre Pierre alors qu’il était encore « dans cette tente ».

Remarquons que nous sont indiqués dans l’Écriture les deux moyens qui peuvent produire un réveil : dans le Livre des Juges, c’est la prière (cf. Juges 3:9, 15 etc…), dans la seconde Épître de Pierre, la Parole. C’est toujours par le moyen de la prière et de la Parole que sera manifesté un véritable réveil, il est important de le souligner dans des temps où l’on cherche à en produire par la présentation de nouveautés, l’exercice de multiples activités, ou encore la mise en avant de tout ce qui est susceptible d’éveiller la curiosité.

 

3.3      Élie : le sommeil guette même les plus zélés. 1 Rois 19

1 Rois 19 nous présente Élie endormi sous le genêt. Ici, c’est un homme de Dieu, le prophète de l’Éternel, celui dont la foi a brillé, d’abord quand il priait avec instance dans le secret, ensuite dans le service qu’il a été amené à remplir en public. Les chapitres 17 et 18 de ce premier livre des Rois nous montrent l’énergie et les triomphes de cette foi si remarquable. Et c’est un tel homme que nous trouvons maintenant dormant sous le genêt !

L’Épître aux Éphésiens nous parle de croyants auxquels sont présentés les enseignements les plus élevés concernant la position céleste du racheté et de l’Assemblée ; la seconde Épître de Pierre, de croyants affermis dans la connaissance de la vérité ; ici, nous avons un homme de Dieu remarquable, celui qui apparaît avec Moïse sur la montagne de la transfiguration, celui qui a été dans son service un témoin puissant, un vainqueur. Cela nous montre bien que partout et pour tous le danger est grand de s’endormir. Nul n’est à l’abri, quel que privilégiée que puisse être sa position.

Tout au début de son histoire, Élie sert dans le secret. Sa vie intérieure est animée par une foi vivante qui le conduit à prier avec instance pour le peuple de Dieu. Ensuite, il est appelé à servir en public et son témoignage extérieur est soutenu par une foi qui compte sur Dieu et à laquelle Dieu répond. Mais tandis que ce témoignage extérieur est rendu avec une réelle puissance et revêtu du sceau de la bénédiction d’en-haut, la vie intérieure d’Élie ne demeure plus, semble-t-il, à la même hauteur. Combien cela est dangereux pour un serviteur de Dieu ! Élie paraît avoir oublié la source de la puissance : « l’Éternel devant qui je me tiens » ; il devra marcher quarante jours et quarante nuits, ayant été nourri pour cela, afin de pouvoir se tenir « sur la montagne devant l’Éternel » (1 Rois 19:5 à 9, 11). Durant cette période de sa vie où il s’est en fait éloigné de Dieu, il est amené à comprendre qu’il n’y a aucune force en lui. Il l’avait pourtant cru, un moment ; c’est pourquoi, Celui qui sait parfaitement ce qu’il y a dans son cœur permet que Jézabel lui adresse, par un messager, des menaces qui l’épouvantent, de sorte qu’il va se trouver, avec ses seules ressources, en présence de la puissance de l’adversaire.

Que va faire l’homme de foi, celui qui jadis avait prié si instamment ? Hélas ! ce n’est pas vers Dieu qu’il se tourne ; il s’enfuit, quittant Jizreël pour atteindre le pays de Juda, allant même jusqu’à Beër-Shéba, limite extrême de ce territoire. Non seulement cela, mais, laissant son jeune homme à Beër-Shéba, il s’en va, « lui, dans le désert, le chemin d’un jour ». Et dans ce lieu éloigné où cependant il aurait pu se croire à l’abri de la colère de Jézabel, il s’assied sous le genêt et demande la mort pour son âme. C’est le découragement complet. Quel en est au fond le motif ? « Je ne suis pas meilleur que mes pères » ! « Et, il se coucha, et dormit sous le genêt » (1 Rois 19:4, 5).

Mais l’Éternel abandonnerait-Il l’un de ses serviteurs ? Il envoie un ange pour le réveiller. Découragé, sans force, Élie va apprendre que la force dont le croyant a besoin lui est communiquée par la nourriture que Dieu lui a préparée : « un gâteau cuit sur les pierres chaudes, et une cruche d’eau », en figure Christ nourriture et rafraîchissement de l’âme. Mais après avoir mangé et bu, Élie se recouche ; il faut que l’ange de l’Éternel l’invite à nouveau : « Lève-toi, mange, car le chemin est trop long pour toi » (1 Rois 19:5 à 9).

Il est nécessaire que nous soyons réveillés pour nous nourrir de la Parole et pour que nos âmes soient rafraîchies à la source des eaux vives. Encore avons-nous besoin en vue de cela d’exhortations répétées… Et Dieu nous nourrit et nous rafraîchit pour que nous puissions marcher et aller jusque « sur la montagne devant l’Éternel ».

 

3.4      Sommeil à Gethsémané. Luc 22:39-46

Non, nul n’est à l’abri, quelque privilégiée que soit sa position. Les douze ont été choisis par le Seigneur et cela par un pur effet de sa seule grâce. Quelle faveur insigne leur a été ainsi accordée ! Ils ont suivi le Seigneur dans son chemin sur la terre, ont reçu ses enseignements, ils l’ont « entendu… vu de leurs yeux… » (1 Jean 1:1) et, dans un jour à venir, sur les douze fondements de la muraille de la cité seront écrits « les douze noms des douze apôtres de l’Agneau » (Apoc. 21:14). Mais parmi les bénéficiaires d’une telle faveur, il en est trois qui ont eu de plus grands privilèges encore : Pierre, Jacques et Jean. Le Seigneur les prend spécialement avec Lui en diverses circonstances, notamment sur la montagne de la transfiguration et en Gethsémané.

En Gethsémané en particulier, un service de très grande valeur ne leur était-il pas accordé, qu’ils n’ont pas su discerner et remplir précisément parce qu’ils se laissèrent gagner par le sommeil ? Certes, le Seigneur seul pouvait endurer les souffrances de Gethsémané, seul Il pouvait connaître « l’angoisse du combat » ; c’est pourquoi, après avoir dit à ses disciples : « Priez que vous n’entriez pas en tentation », « il s’éloigna d’eux lui-même environ d’un jet de pierre » (Luc 22:39 à 46). Mais Celui qui a pu dire par l’Esprit prophétique : « L’opprobre m’a brisé le cœur, et je suis accablé ; et j’ai attendu que quelqu’un eût compassion de moi, mais il n’y a eu personne,… et des consolateurs, mais je n’en ai pas trouvé » (Ps. 69:20), Celui qui traversait comme homme les souffrances de Gethsémané n’aurait-Il pas désiré, quand après avoir prié seul Il venait vers ses trois disciples, trouver auprès d’eux quelque sympathie ? « Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant », peut-être parce que les disciples ne surent pas remplir le service unique que le Seigneur attendait d’eux à ce moment-là ; en tout cas, ils auraient pu, par la grâce de Dieu, avoir leur part dans ce soutien que Jésus homme, traversant les angoisses de Gethsémané, souhaitait recevoir. Mais Jésus, venant vers eux, les trouve dormant ; Matthieu nous dit : « car leurs yeux étaient appesantis » (26:43) ; Marc également (14:40), tandis que Luc donne ce détail : « endormis de tristesse » (22:45). La touchante grâce divine veut trouver comme une excuse à leur sommeil mais, quoi qu’il en soit, le Seigneur leur avait dit : « Veillez et priez, afin que vous n’entriez pas en tentation » et, ne l’ayant pas fait, ils ont perdu à jamais l’occasion d’accomplir un service qui était placé devant eux seuls. Combien il est vrai que le sommeil spirituel, même si c’est la tristesse ayant les meilleurs mobiles qui nous y conduit parfois, peut nous faire perdre le privilège de remplir tel ou tel service pour le Seigneur. Un autre le remplira à notre place, ou encore, Dieu enverra si c’est nécessaire « un ange du ciel » ; le but qu’Il se propose sera atteint mais nous aurons perdu le privilège d’avoir été un instrument entre ses mains.

Dans la scène de Gethsémané, scène d’indicibles souffrances pour Celui qui y a connu « l’angoisse du combat » et dont la « sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre » (Luc 22:44), les trois disciples dormaient. Sur la montagne de la transfiguration où le Seigneur les avait également pris avec Lui, ils purent contempler une scène d’un caractère différent mais combien digne aussi d’arrêter leurs yeux et de captiver leur attention. Jésus était monté sur cette montagne  pour prier » et, nous est-il dit, « comme il priait, l’apparence de son visage devint tout autre, et son vêtement devint blanc et resplendissant comme un éclair ; et voici, deux hommes, qui étaient Moïse et Élie, parlaient avec lui, lesquels, apparaissant en gloire, parlaient de sa mort qu’il allait accomplir à Jérusalem ». Il peut nous sembler que si nous avions été les témoins d’une telle manifestation, nous n’aurions pas eu trop de nos deux yeux grands ouverts pour en contempler la beauté, la grandeur, et en saisir tous les détails. Mais nous pouvons aujourd’hui contempler Jésus dans la gloire, nous Le voyons là-haut et sommes exhortés à considérer un tel Objet offert aux regards de notre foi (Hébr. 2:9 ; Col. 3:1 à 4). Dans quelle mesure le faisons-nous ? Si nous le réalisions comme nous devrions le faire, nos vies seraient transformées, car, qui « contemple à face découverte la gloire du Seigneur » est « transformé en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3:18). Hélas ! nous faisons comme les disciples autrefois ; alors qu’une telle scène de gloire était offerte à leurs yeux, « Pierre et ceux qui étaient avec lui étaient accablés de sommeil ». Nous sommes tentés de juger sévèrement cette attitude et pourtant le sommeil spirituel nous empêche souvent de « contempler à face découverte la gloire du Seigneur ». Nous aussi, nous sommes tant de fois « accablés de sommeil » et il faut que la grâce divine opère pour nous réveiller. « Quand ils furent réveillés, ils virent sa gloire », mais aussi « les deux hommes qui étaient avec lui », types des saints ressuscités et glorifiés, de ceux qui, comme Moïse, auront dû traverser la mort et de ceux qui, comme Élie, seront enlevés sans passer par la mort. Contempler Christ dans la gloire, avec tous ceux qui y seront introduits comme fruits de son œuvre expiatoire, jouir déjà par la foi de ce moment où « Il verra du fruit du travail de son âme » (Ésaïe 53:11), tel est le privilège de ceux qui sont « réveillés ». « Et quand ils furent réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui étaient avec lui » (Luc 9:28 à 32).

 

3.5      Réveil par la présentation de la personne de Christ

Remarquons que, dans les différents passages que nous venons de considérer, l’exhortation à se « réveiller » est toujours liée à la présentation de la personne de Christ. Dans les Éphésiens : « Réveille-toi, toi qui dors… » et, la promesse en est certaine, « le Christ luira sur toi ». Dans la seconde épître de Pierre, après avoir écrit : « Mais j’estime qu’il est juste, tant que je suis dans cette tente, de vous réveiller en rappelant ces choses à votre mémoire », l’apôtre parle aussitôt de « la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ », plaçant devant nos yeux Celui qui « reçut de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (2 Pierre 1:13 et 16, 17). Dans le chapitre 19 du premier livre des Rois, Élie, réveillé par l’ange, trouve la nourriture et le rafraîchissement que Dieu lui a préparés : en figure, Christ. Enfin, les trois disciples, réveillés, ont Christ devant eux : en Gethsémané, dans ses souffrances et sa victoire, tandis qu’Il est, sur la montagne de la transfiguration, le centre de la gloire.

 

3.6      Conclusion

Instruits de la position céleste du croyant et de l’assemblée, de tout ce qui en découle pour la marche ici-bas ; connaissant les enseignements de la Parole et peut-être même « affermis dans la vérité présente » ; traversant parfois un temps de faiblesse spirituelle et de découragement, après avoir joui pourtant de bénédictions spéciales dans le service et le combat de la foi ; occupant telle position privilégiée que la grâce divine a voulu donner quoi qu’il puisse en être de nous, nous sommes tous et toujours en danger de nous laisser gagner par le sommeil spirituel. Que Dieu nous accorde l’énergie nécessaire pour nous réveiller !