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Marche du chrétien, Christ le Modèle — Série D

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières abrégée :

1     À propos du règne de Joas

2     Vivre une vie de piété

3     Fidélité

4     Persévérer

5     Écouter. Jérémie 35 et les Récabites

6     Conséquences de la désobéissance

 

Table des matières détaillée :

1     À propos du règne de Joas

1.1      Règnes précédant celui de Joas

1.2      Première partie du règne de Joas, sous l’influence de Jehoïada

1.3      Profiter des bonnes influences

2     Vivre une vie de piété

2.1      La piété : nature et caractéristiques

2.2      1 Timothée

2.2.1      1 Tim. 1:9

2.2.2      1 Tim. 2:1-3

2.2.3      1 Tim. 3:16

2.2.4      1 Tim. 4:7,8

2.2.5      1 Tim. 5:4

2.2.6      1 Tim. 6:2-5

2.2.7      1 Tim. 6:5

2.2.8      1 Tim. 6:6

2.2.9      1 Tim. 6:11, 12

2.3      2 Timothée

2.3.1      2 Tim. 3:1

2.3.2      2 Tim. 3:11,12

2.4      Tite 2:12

3     Fidélité

3.1      Les commandements du Nouveau Testament et la question du légalisme

3.2      Adonné à la fidélité

3.3      Service confié et récompense de la fidélité

3.4      Exemples de l’Ancien Testament

3.5      Exemples du Nouveau Testament

3.6      Fidélité de Dieu

3.6.1      Fidélité de Dieu dans les épîtres

3.6.2      Fidélité de Dieu dans la vie de Moïse

4     Persévérer

4.1      Matt. 10:22

4.2      Matt. 24:12, 13

4.3      Luc 22:28

4.4      Jean 8:31, 32

4.5      Actes 1:14

4.5.1      dans la doctrine des apôtres, dans les vérités enseignées par eux.

4.5.2      dans la communion des apôtres,

4.5.3      dans la fraction du pain

4.5.4      dans les prières

4.5.5      Persévérance dans la prière

4.6      Actes 13:43

4.7      Actes 14:21, 22

4.8      Rom. 2:7

4.9      1 Tim. 4:15, 16

4.10    1 Tim. 5:5

4.11    Jacques 1:25

5     Écouter. Jérémie 35 et les Récabites

5.1      Le roi Jehoïakim et l’épisode de Jérémie 35

5.2      Jér. 35:6-7. Le commandement de Jonadab et sa signification

5.3      Jér. 35:8-13. Témoignage rendu par un commandement écouté et pratiqué

5.4      Jérémie 35:14-15

5.5      Jérémie 35:16-17. Résultat de l’écoute ou de l’absence d’écoute

5.6      Jérémie 35:18-19. Encouragement par l’obéissance des Récabites

5.7      Autres exhortations de la Parole à écouter

6     Conséquences de la désobéissance

6.1      Genèse 1 et 2

6.2      Genèse 3

6.3      Satan

6.4      Satan, rusé, attaque d’abord les plus faibles

6.5      Comment Satan attaque

6.6      Puissance de la Parole de Dieu pour résister. Convoitise et transgression

6.7      Résultats de la désobéissance

6.7.1      La mort

6.7.2      Conscience du mal, honte et peur

6.7.3      Autres conséquences : tous les péchés

6.8      Tribunal de Christ

6.9      Ce qui a été nécessaire pourl’abolition du péché

6.10    Ne pas traiter le péché à la légère

6.11    Ne pas tordre la Parole par des raisonnements

6.12    Les questions et les sentences de Dieu

6.13    La malédiction sur le sol

6.14    Le péché est grave

6.15    L’obéissance, seule exhortation adressée aux enfants

 

 

 

1                    À propos du règne de Joas

ME 1980 p.244

1.1   Règnes précédant celui de Joas

Joram, roi de Juda après Josaphat son père, subit l’influence de sa femme, Athalie, fille d’Omri, de laquelle il est dit qu’elle était « sa conseillère à mal faire », une « méchante femme » (2 Chron. 22:3 ; 24:7). Son règne fut un bien triste règne de huit années, qui amena l’Éternel à lui faire dire par « un écrit d’Élie, le prophète » : « Parce que tu n’as pas marché dans les voies de Josaphat, ton père... et que tu as fait que ceux de Juda et les habitants de Jérusalem se sont prostitués selon les prostitutions de la maison d’Achab, et aussi parce que tu as tué tes frères, la maison de ton père, qui étaient meilleurs que toi, — voici, l’Éternel te frappera d’un grand coup... »(ib. 21:12 à 15). Le jugement de Dieu s’appesantit donc sur Joram et sa fin fut particulièrement douloureuse. (ib. 16 à 20)

Achazia, son plus jeune fils, monta alors sur le trône ; il ne régna qu’un an à Jérusalem (ib. 22:1, 2). Jéhu avait été oint par l’Éternel pour retrancher la maison d’Achab ; c’est ainsi qu’il « chercha Achazia qui s’était caché à Samarie ; et on le prit, et on l’amena à Jéhu, et on le fit mourir » (ib. 7 à 9).

Athalie, voyant que son fils était mort, « se leva et extermina toute la semence royale de la maison de Juda » (ib. 10). « Mais l’Éternel ne voulut point détruire la maison de David, à cause de l’alliance qu’il avait faite avec David et selon ce qu’il avait dit, qu’il lui donnerait une lampe, à lui et à ses fils, à toujours » (ib. 21, 7). C’est ainsi que « Jehoshabhath, fille du roi Joram, femme de Jehoïada, le sacrificateur, le cacha de devant Athalie, car elle était sœur d’Achazia ; et Athalie ne le mit pas à mort » (ib. 22, 11). Pendant les six ans durant lesquels il a été ainsi caché (ib. v.12) et pendant la première partie de son règne, Joas est un type du Messie — préservé comme Jésus le sera plus tard, lors du massacre des enfants de Bethléhem — un type du Seigneur, prenant le gouvernement de son royaume la septième année, l’année sabbatique.

 

1.2   Première partie du règne de Joas, sous l’influence de Jehoïada

Le règne de Joas dura quarante ans. Dans sa première partie, Joas, sous la bonne influence de Jehoïada, le sacrificateur, « fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel » (ib. 24:1, 2) ; dans la seconde, après la mort de Jehoïada, Joas — de caractère faible sans doute —écouta les chefs de Juda... Aussi quelle pénible fin de règne ! La maison de l’Éternel est abandonnée, les prophètes envoyés par l’Éternel ne sont pas écoutés... Un message est adressé au peuple — comme à son roi, sans aucun doute — par le fils de Jehoïada, Zacharie, revêtu de l’Esprit de Dieu. Non seulement ce message n’est pas reçu, mais encore une conspiration est ourdie par le peuple et Zacharie est lapidé « par l’ordre du roi, dans le parvis de la maison de l’Éternel. Et le roi Joas ne se souvint pas de la bonté dont Jehoïada, père de Zacharie, avait usé envers lui, et il tua son fils » (ib. 17 à 22).

On ne peut manquer d’être frappé par la bonté dont Dieu avait usé envers Joas, objet des soins de Jehoïada, que Dieu conserva en vie jusqu’à l’âge de cent trente ans, alors que la vie humaine ne dépassait guère, dans ces temps-là, soixante ou soixante-dix ans. L’heureuse influence du sacrificateur a donc pu s’exercer durant une longue période, de telle manière qu’à la mort de Jehoïada, Joas avait atteint une certaine maturité. — Si la conduite de Joas, dans la seconde partie de son règne, a été celle que nous venons de rappeler, si sa fin a été particulièrement triste (ib. 24, 25) par contre, l’Esprit de Dieu souligne le fait qu’on enterra Jehoïada « dans la ville de David avec les rois, car il avait fait du bien en Israël, et pour Dieu et pour sa maison » (ib. 15, 16). — combien il est important de souligner : que, spirituellement parlant, l’approbation ou la désapprobation de Dieu s’exprime jusque dans la mort.

 

1.3   Profiter des bonnes influences

Sans doute on ne peut qu’approuver quelqu’un qui, tel Joas dans la première partie de son règne, agit en se laissant guider — surtout s’il est encore jeune — par des croyants de bon conseil, exerçant sur lui de bienfaisantes influences. Dieu avait dirigé les choses pour que Jehoïada veille sur Joas, qui était au début de son règne un très jeune garçon, et pour qu’il en prenne soin pendant bien des années. De même aujourd’hui, Dieu peut permettre qu’un croyant soit soumis à de bonnes influences, par exemple celles de parents chrétiens ou de frères, les uns et les autres fidèles et attachés au Seigneur. Mais cela ne doit pas conduire celui qui en est l’objet à une faiblesse de caractère l’amenant à se laisser guider en toutes choses, sans qu’il y ait chez lui les exercices nécessaires. Comme dans le cas de Joas, une action heureuse et profitable peut être suivie d’une autre de caractère entièrement différent et pouvant conduire aux plus tristes résultats.

La chose importante pour tout croyant c’est d’avoir affaire avec Dieu, avec le Seigneur, dans le secret de son âme et de son cœur, de se laisser diriger par Celui qui nous conduira toujours dans le vrai chemin, de suivre fidèlement les enseignements de la Parole, sans aucune déviation. Que Dieu veuille nous accorder à chacun la grâce et le privilège de le réaliser !

 

 

2                    Vivre une vie de piété

ME 1978 p.85 et 127

2.1   La piété : nature et caractéristiques

La première épître à Timothée présente l’Assemblée comme étant la Maison de Dieu. Dans cette Maison doit être maintenue l’autorité de Celui qui en est le Chef ; l’ordre doit y régner dans le respect des règles qui régissent la Maison.

Dans l’éventualité où il ne reverrait pas Timothée aussi rapidement qu’il le souhaitait, l’apôtre lui adresse cette épître afin, dit-il, que « si je tarde... tu saches comment il faut se conduire dans la Maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité ». Et, tout aussitôt, il présente « le mystère de la piété » ou, en d’autres termes, le secret, la puissance qui permet de vivre une vie de piété (1 Tim. 3:14 à 16). Vivre une telle vie est nécessaire, indispensable, pour que la conduite du croyant dans la Maison soit à la gloire de Dieu.

La piété découle des rapports d’intime communion de l’âme avec Dieu. Elle est faite, a-t-on dit souvent, de confiance en Dieu et de crainte de Dieu ; elle nous conduit à haïr le mal et à aimer le bien, c’est-à-dire à haïr ce que Dieu hait et à aimer ce qu’il aime. Pour que la conduite des saints dans la maison de Dieu revête les caractères qui doivent y être vus, il faut que chacun ait pleinement conscience que sa marche individuelle doit être marquée par une réelle piété. La responsabilité de vivre une vie de piété pèse donc sur chaque frère, sur chaque sœur, pour tout ce qui concerne la vie de l’assemblée et aussi pour le témoignage que nous avons à rendre dans le monde. — La piété introduit Dieu dans toutes nos circonstances : celui qui vit une vie de piété apporte Dieu partout où il va ; les racines sont invisibles, mais le fruit est manifesté. La vie d’un homme pieux n’a pas d’autre motif que de plaire à Dieu, soit dans sa Maison, soit dans le monde où nous avons à vivre. Si la piété caractérise la conduite de chacun dans la maison de Dieu, une double conséquence en résultera donc : d’abord l’ordre dans la Maison et ensuite un témoignage fidèle rendu dans le monde.

 

2.2   1 Timothée

2.2.1       1 Tim. 1:9

Au verset 9 du premier chapitre de cette première épître à Timothée, il est question de « gens sans piété » : « la loi n’est pas pour le juste, mais pour les iniques et les insubordonnés, pour les impies et les pécheurs, pour les gens sans piété et les profanes... ». La loi est donnée pour condamner le mal, tout ce qui est opposé à la saine doctrine, tous ceux dont il est question à la fin du verset 9 et au verset 10. —En dehors de ce passage, le terme piété se trouve neuf fois dans cette épître. Le chiffre neuf, dans les Écritures, est souvent lié à l’activité du Saint Esprit ; par exemple, le « fruit de l’Esprit » est constitué par un ensemble de neuf vertus (Gal.5: 22). Du Saint Esprit le Seigneur a dit : « Celui-là me glorifiera ; car il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » (Jean 16:14). Or, « le mystère de la piété » c’est la contemplation de Christ, depuis sa venue ici-bas jusqu’au moment où il « a été élevé dans la gloire » (1 Tim. 3:16). Être occupé du Seigneur, le considérer dans le sentier qu’il a suivi sur la terre, le voir dans le lieu où il est maintenant couronné de gloire et d’honneur, c’est le secret de la piété, c’est la puissance qui forme la piété dans le croyant.

 

Arrêtons-nous sur les neuf passages où il est fait mention de la piété.

 

2.2.2       1 Tim. 2:1-3

« J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâces pour tous les hommes, — pour les rois et pour tous ceux qui sont haut placés, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté ; car cela est bon et agréable devant notre Dieu sauveur... » (2:1 à 3). La « vie paisible et tranquille », nous pourrions la désirer pour vivre dans ce monde selon les pensées de nos cœurs, pour la satisfaction de nos propres désirs — et n’est-ce pas souvent le cas ? — oubliant que si Dieu nous donne des jours sur la terre, ce n’est pas afin de les employer à faire ce qui nous plaît, mais pour « mettre à son service nos jours, nos biens, nos corps, nos cœurs ». Vivre « une vie paisible et tranquille » pour rechercher la communion avec Dieu, pour être occupé du Seigneur, croissant dans sa connaissance, c’est là ce que nous avons à désirer et à demander à Dieu. Vivre une telle vie « en toute piété et honnêteté », qu’il nous soit accordé de le réaliser toujours mieux !

 

2.2.3       1 Tim. 3:16

« Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : — Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru au monde, a été élevé dans la gloire » (3:16). Tel est le secret de la piété : contempler le Seigneur, être occupé de lui !

« Dieu a été manifesté en chair ». Dieu « qui seul possède l’immortalité, qui habite la lumière inaccessible, lequel aucun des hommes n’a vu, ni ne peut voir », a voulu se révéler dans la personne de son Fils : « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (1 Tim. 6:16 ; Jean 1:18). En ce Fils, venu ici-bas comme homme, dans un corps formé par Dieu, un corps semblable au nôtre, à part le péché, Dieu était manifesté à sa créature. Tout à la fois, Dieu se révélait dans la personne de son Fils et il révélait pleinement son Fils : sa puissance avait été manifestée dans les œuvres de la création — « image du Dieu invisible... premier-né de toute la création... par lui ont été créées toutes choses... toutes choses ont été créées par lui et pour lui... » (Col. 1:15, 16) — mais Dieu voulait que fût pleinement révélé l’amour de son cœur ! C’est ainsi qu’ayant permis l’entrée du péché dans le monde, au temps convenable, il a envoyé son Fils pour en faire « l’abolition » (Hébr. 9:26). C’était la pleine manifestation de l’amour du Fils, comme aussi de l’amour du Père ! — Manifesté en chair : c’est Dieu homme.

« Justifié en Esprit ». Non pas justifié devant Dieu, il n’est nul besoin de dire que cela n’était pas nécessaire. Justifié devant les hommes, car cette justification a eu lieu lors du baptême de Jean au Jourdain (Luc 3:21, 22). Jésus prenant place parmi les Juifs qui venaient se repentir et se faire baptiser par Jean, certains auraient pu penser que lui aussi, venant pour être baptisé, avait à se repentir. « L’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe » : c’était attester que Jésus était sans péché, saint et pur. Il était ainsi « justifié en Esprit » —c’était l’Homme Dieu, né sans péché, n’ayant ni connu, ni commis le péché.

« Vu des anges ». Les anges peuvent-ils voir le Dieu invisible ? (Ésaïe 6:2). Ils l’ont vu ici-bas en son Fils : d’abord à Bethléhem, « petit enfant emmailloté et couché dans une crèche », puis au désert, en Gethsémané, au sépulcre et enfin, au moment où il fut « élevé de la terre » (Luc 2:9 à 14 ; Marc 1:13 ; Luc 22:43 ; Matt. 28:2 à 7 ; Act. 1:9 à 11).

« Prêché parmi les nations ». Les anges ont pu voir Dieu dans l’incarnation, manifesté en chair, mais l’homme dans son état naturel est aveugle. Seuls connaissent Jésus, peuvent le voir dès maintenant par la foi et bientôt de leurs propres yeux, ceux qui croient. Aussi l’évangile est-il annoncé dans ce monde, Jésus est « prêché parmi les nations », prêché pour être «cru».

« Cru au monde ». Dieu soit béni de ce que Christ puisse être reçu, accepté comme Sauveur, par des myriades de rachetés qui, pendant l’éternité, diront sa gloire ! — Voir Rom. 10:8 à 17.

« Élevé dans la gloire ». Celui qui a été abaissé, qui « s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix », « Dieu l’a haut élevé... » (Phil. 2:8 à 11). Il a été « élevé dans la gloire » et c’est là que « nous voyons Jésus, qui a été... couronné de gloire et d’honneur » (Héb. 2:9). La contemplation d’une telle Personne ne fait-elle pas vibrer nos cœurs et n’est-elle pas de nature à nous faire désirer ardemment vivre une vie de piété ?

 

2.2.4       1 Tim. 4:7,8

« Mais rejette les fables profanes et de vieilles femmes, et exerce-toi toi-même à la piété » (4:7). Vivre une vie de piété implique un exercice continuel, nécessaire pour entretenir, de façon permanente, des rapports de communion avec Dieu —le verset 8 nous occupe de cet exercice. Il faut, par ailleurs, « rejeter » tout ce qui serait une entrave à cet égard.

 

« Car l’exercice corporel est utile à peu de chose, mais la piété est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir » (4:8). L’exercice corporel est recommandé, il est « utile », mais, comparé à l’exercice de la piété, il n’est utile qu’à peu de chose. L’exercice corporel, n’est-ce pas surtout celui des athlètes, l’exercice sportif ? Il nécessite un entraînement quotidien : si l’exercice n’est pas constant, s’il est plus ou moins interrompu, il n’y aura guère de progrès réalisés. L’apôtre présente, d’un côté l’analogie qu’il peut y avoir entre l’exercice corporel et l’exercice de la piété — l’un et l’autre doivent être continuels — et d’un autre côté, le contraste qu’il y a entre les deux : « l’exercice corporel est utile à peu de chose, mais la piété est utile à toutes choses  », à la vie du corps et, ce qui est beaucoup plus important, à la vie de l’âme. La piété a des promesses pour le présent et pour l’avenir ; les saints rapports de notre âme avec Dieu, la recherche d’une nourriture spirituelle nous fortifiant dans l’homme intérieur et nous permettant de croître dans la connaissance du Seigneur, peuvent nous amener à négliger plus ou moins l’exercice corporel, notre vie n’en sera pas raccourcie pour autant. D’autre part, la piété nous ouvre l’accès d’un domaine bien plus précieux que celui qui se rattache à « la vie présente » : elle a des promesses pour « la vie qui est à venir  ».

Il vaut certes la peine de s’exercer à la piété, notre âme sera alors enrichie des seules vraies richesses, de celles qui demeurent pour l’éternité.

 

2.2.5       1 Tim. 5:4

« Si quelque veuve a des enfants ou des descendants, qu’ils apprennent premièrement à montrer leur piété envers leur propre maison, et à rendre à ceux dont ils descendent les soins qu’ils en ont reçus, car cela est agréable devant Dieu » (5:4). La piété doit se manifester dans les diverses relations de la vie d’un foyer, en particulier chez des enfants, ou des descendants, ayant dans leur « propre maison » des personnes (en particulier, parents et ascendants) aux besoins desquels il convient de pourvoir — besoins matériels sans doute, mais aussi besoins spirituels. Il ne s’agit pas là d’un ordre légal, mais une vie de piété conduira tout naturellement à le réaliser « car cela est agréable devant Dieu », et, redisons-le, l’homme pieux n’a d’autre désir que de plaire à Dieu.

Ne perdons pas de vue que le témoignage (Juges 6:25 à 32), le service (Marc 5:19) et la piété (1 Tim. 5:3, 4), toutes ces choses commencent dans la maison du croyant.

 

2.2.6       1 Tim. 6:2-5

« Enseigne ces choses et exhorte. Si quelqu’un enseigne autrement et ne se range pas à de saines, paroles, savoir à celles de notre seigneur Jésus Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d’orgueil, ne sachant rien, mais ayant la maladie des questions et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles... » (6:2 à 5). Les « saines paroles », le « sain enseignement », la « saine doctrine » conduisent à la piété, la nourrissent, lui permettent de se développer. La connaissance de la vérité, de la « saine doctrine », doit se traduire dans la marche pratique, produisant une vie de piété. Au contraire, tout autre enseignement aboutit aux résultats indiqués dans les versets 4 et 5, c’est-à-dire à des manifestations charnelles qui sont tout l’opposé de la piété, car toute doctrine qui n’a pas pour but de développer la piété chez le croyant vient de la chair. Les « discours vains et profanes » ne peuvent provenir que d’une telle source, aussi « ceux qui s’y livrent iront plus avant dans l’impiété, et leur parole rongera comme une gangrène » (2 Tim. 2:16, 17)

 

2.2.7       1 Tim. 6:5

« ... Les vaines disputes d’hommes corrompus dans leur entendement et privés de la vérité, qui estiment que la piété est une source de gain » (6:5). Lorsque ce sont des mobiles charnels qui agissent dans le cœur, on peut en arriver à « estimer que la piété est une source de gain ». La piété ne saurait être une source de gains matériels ; une telle recherche est incompatible avec la manifestation de la piété. Par contre, la piété est une source de gain spirituel, d’un enrichissement pour l’âme, comme nous le dit le verset suivant.

 

2.2.8       1 Tim. 6:6

« Or la piété avec le contentement est un grand gain » (6:6). L’apôtre Paul pouvait écrire aux croyants de Philippes : « Car, moi, j’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve » (4:11) et l’exhortation de l’épître aux Hébreux est celle-ci : « étant contents de ce que vous avez présentement » (13:5). Les versets 7 à 9 de 1 Timothée 6 nous disent ce qui doit nous conduire au « contentement » : « Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter. Mais ayant la nourriture et de quoi nous couvrir, nous seront satisfaits ».

Piété, contentement, l’un nous manque souvent tout autant que l’autre. Nous nous laissons gagner trop facilement par l’esprit de ce siècle, aussi peut-on constater, d’une part le déclin de la piété et, d’autre part le fait qu’il y a peu de croyants vraiment contents de leur sort. Les croyants les plus heureux sont souvent ceux qui sont les plus éprouvés. La joie se lit sur leur visage. Le secret du contentement n’est pas dans les circonstances, il est dans le Seigneur, dans la jouissance d’une paisible communion avec lui, dans une vie de piété.

L’insatisfaction peut nous conduire au désir de changer nos circonstances et, pour cela, de les « forcer ». Elle caractérise les hommes de ce monde : les dirigeants de bien des organisations entretiennent cette insatisfaction, qui est leur raison d’être. Aussi le croyant fidèle s’éloigne-t-il d’organisations de ce genre, et d’ailleurs de toute organisation ; il est pleinement content de ce que le Seigneur lui accorde. Son plus « grand gain », c’est « la piété avec le contentement ». La piété nous amène à nous contenter de ce que Dieu trouve bon de nous dispenser dans sa sagesse et dans son amour, elle nous permet de jouir avec reconnaissance des biens qui sont à notre disposition et nous préserve du désir de chercher à obtenir ce que Dieu n’a pas jugé bon de nous donner.

Christ est l’objet du « mystère de la piété » et la piété a « la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir ». Avec une telle Personne, avec de telles promesses, nos cœurs ne seraient-ils pas satisfaits ? Que nous faudrait-il de plus ?

 

2.2.9       1 Tim. 6:11, 12

« Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses, et poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit ; combats le bon combat de la foi ; saisis la vie éternelle... » (6:11, 12). Dans le Nouveau Testament, Timothée est le seul auquel soit donné ce titre d’homme de Dieu, c’est-à-dire un homme qui est dans le monde de la part de Dieu et pour Dieu (cf. 2 Tim. 3:17). Il doit donc « fuir » tout ce qui est opposé au caractère de Dieu et « poursuivre » ce qui le glorifie. C’est seulement ainsi qu’il pourra présenter Dieu au monde, être « accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre ».

Timothée devait fuir, poursuivre, combattre, saisir... Il est aussi exhorté à être le « modèle des fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Tim. 4:12). Fuir certaines choses, en poursuivre d’autres... (2 Tim. 2:22). Poursuivre :

« la justice », c’est-à-dire la justice pratique. C’est marcher dans « les sentiers de justice », ceux où le mal n’entre pas et ne peut pas entrer, dans lesquels le bon Berger veut conduire ses brebis. Pratiquer cette justice revêtira le croyant d’une « cuirasse » en présence de l’adversaire (cf. Éph. 6:14).

« la piété ». Les saints rapports de l’âme avec Dieu ne peuvent être goûtés que dans les sentiers de justice.

« la foi », c’est-à-dire la puissance spirituelle qui permet de saisir les choses invisibles — elles sont en Christ, objet de la foi — tenant pour vrai tout ce que Dieu a dit.

« l’amour » (cf. 1 Cor. 14:1). Ce sont les saintes affections envers Dieu, envers Christ, envers l’Assemblée, envers les frères — c’est un amour inséparable de la sainteté et de la vérité.

« la patience ». Combien difficile à réaliser mais tellement nécessaire pour supporter les épreuves, les difficultés rencontrées dans le chemin où nous avons à marcher.

« la douceur d’esprit », qui permet d’éviter l’aigreur et l’amertume, causes fréquentes de troubles dans les assemblées. 1 Pierre 3:4 nous dit qu’un « esprit doux et paisible » est « d’un grand prix devant Dieu ».

 

2.3   2 Timothée

Dans la 2ème épître à Timothée, la maison de Dieu est vue comme « une grande maison » dans laquelle il y a des vases « à honneur » mais aussi d’autres « à déshonneur ». Les fidèles sont responsables, chacun pour ce qui le concerne, d’être « un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre » et, avant toutes choses, se purifiant des vases à déshonneur (2 Tim. 2:20, 21). Réalisant cela, les fidèles doivent maintenir dans la maison de Dieu l’ordre qui convient et dont nous parle la 1ère épître.

 

2.3.1       2 Tim. 3:1

Ce sont les « temps fâcheux » des « derniers jours » (3:1), temps auxquels nous sommes parvenus. Cependant, les ressources divines sont toujours à notre disposition et, quoi qu’il en soit de notre extrême faiblesse, la puissance de Dieu, comme aussi celle du Seigneur et celle du Saint-Esprit n’ont pas changé, et ne peuvent changer (1:9, 12, 7). Par ailleurs, nous avons toujours, Dieu soit béni, la Parole, dont il est question tout au long des quatre chapitres de cette 2ème épître. Ayant de telles ressources à notre disposition, combien nous serions coupables si nous n’avions qu’une certaine « forme » de piété, en « ayant renié la puissance » ! (3:5). Il y a dans une vie caractérisée par une réelle piété la manifestation de Dieu, de la puissance de Dieu. C’est à cela que nous sommes appelés et nous avons à le réaliser avec d’autant plus de fidélité que nous sommes, répétons-le, dans les temps fâcheux des derniers jours, des temps où, au sein de la chrétienté, trop nombreux sont ceux qui ont « la forme de la piété » mais qui en ont « renié la puissance ». Nous sommes exhortés à nous « détourner de telles gens », de ceux auxquels il pourrait être dit, comme à Éphraïm et à Juda : « Votre piété est comme la nuée du matin et comme la rosée qui s’en va de bonne heure » (Osée 6:4).

 

2.3.2       2 Tim. 3:11,12

« Et tous ceux aussi qui veulent vivre pieusement dans le christ Jésus, seront persécutés » (2 Tim. 3:12). Dans plusieurs pays, les croyants pieux et fidèles ont à connaître la persécution, l’emprisonnement, la déportation et même parfois le martyre. Dans nos pays, ce sont plutôt des moqueries, des railleries, souvent difficiles à supporter ; mais, de façon générale, nous ne sommes guère persécutés. Ne serait-ce pas parce que nous savons trop peu ce que c’est que « vivre pieusement » ? Dieu nous a cependant « donné tout ce qui regarde la vie et la piété » (2 Pierre 1:3), tout ce qui nous est nécessaire pour « vivre pieusement » ici-bas. Que faisons-nous de ces ressources ? Dieu veuille que les « choses » énumérées dans les versets qui suivent (5 à 7) soient « en nous et y abondent » — parmi « ces choses » se trouve mentionnée la piété (v. 6, 7) — alors, nous ne serons pas « oisifs ni stériles pour ce qui regarde la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ » (v. 8). Nous l’avons déjà relevé, une telle connaissance nourrit et développe la piété.

Un peu plus loin, dans cette même épître, l’apôtre écrit : « Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelle gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu... » (3:11, 12).

 

2.4   Tite 2:12

Retenons aussi l’exhortation de l’épître à Tite : « Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes, nous enseignant que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il nous rachetât de toute iniquité et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres » (2:11 à 14).

Que la lecture et la méditation de ces diverses portions des Écritures atteignent nos consciences et touchent nos cœurs, nous conduisant ainsi à réaliser une vie de piété, pour la joie de nos âmes mais avant tout pour la gloire de Dieu et pour la gloire du Seigneur !

 

 

3                    Fidélité

ME 1976 p. 152 et 174

3.1   Les commandements du Nouveau Testament et la question du légalisme

Dieu désire nous voir manifester une réelle fidélité dans le chemin où il nous appelle à marcher, c’est-à-dire un attachement constant au Seigneur, attachement qui doit être vu dans l’obéissance à ses commandements. L’ennemi est actif, nous le savons par la Parole et par l’expérience, pour nous empêcher de réaliser une telle marche ; c’est dire combien nous avons à prendre garde si nous avons à cœur d’être des croyants fidèles. Ne raisonnons pas comme nous serions parfois portés à le faire, assurant que puisque nous ne sommes pas sous la loi nous ne saurions appliquer à la lettre les prescriptions de la Parole, que ce serait du légalisme et aboutirait à la suppression des exercices qui sont pourtant à la base de la vie chrétienne. On ajoutera, il est vrai, qu’il convient de rechercher la pensée du Seigneur et d’éviter d’appliquer trop vite ce que nous croyons être une règle, ce qui nous conduirait à perdre de vue qu’il y a, dans chaque cas, des nuances à observer. Certes, il y a dans de semblables propos des pensées justes, mais le raisonnement deviendrait vite assez subtil et il faut voir les choses de plus près.

Sans doute nous ne sommes pas sous la loi mais sous la grâce ; nous n’en sommes pas moins tenus à obéir à la Parole. Elle contient des enseignements pour la mise en pratique desquels de profonds exercices sont nécessaires ; ils le sont toujours, mais plus particulièrement dans certains cas. Par exemple, Jean 13:34 nous rapporte cette parole du Seigneur à ses disciples : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre... ». C’est un « commandement » s’imposant à nous avec toute son autorité divine, cependant en bien des circonstances — pas dans toutes — nous sommes amenés à nous demander de quelle manière il convient d’agir pour manifester un amour selon Dieu, celui qui est vraiment exercé en vue du bien de la personne aimée et pour la gloire du Seigneur. Ce sont là des circonstances pour lesquelles nous n’avons pas une règle absolue déterminant les détails de notre action ; il est certain que de sérieux exercices sont alors nécessaires pour discerner la pensée du Seigneur, exercices qui sont en effet à la base de la vie chrétienne. Connaissant la sincérité de ces exercices, entendant nos prières, le Seigneur nous montrera ce que nous avons à faire, ou à ne pas faire. Et sans doute ce sont là les cas les plus fréquents dans la vie chrétienne. — Mais la Parole contient aussi des injonctions précises qui sont pour nous autant de commandements impératifs, en présence desquels il convient de manifester la fidélité dans une obéissance sans raisonnements ; ce sont des enseignements qui ne sont pas laissés à l’appréciation personnelle de chacun. En considérant par exemple des passages comme Actes 15:28, 29 ou 1 Corinthiens 14:34 — et bien d’autres encore — pourrait-on dire qu’il y a des nuances à observer dans chaque cas particulier ? Ayant à cœur d’être fidèles nous ne pouvons qu’obéir sans avoir à nous poser de questions. Si un croyant, le sachant et le voulant, mangeait de « ce qui est étouffé » ou « du sang », si une sœur prenait la parole dans l’assemblée, l’un ou l’autre pourrait-il dire qu’il y a des nuances à observer et que le Seigneur lui a indiqué ce qu’il convenait de faire ? La chose est impossible, une pareille conduite étant une désobéissance à l’Écriture. — De même en ce qui concerne 1 Corinthiens 5:11, passage bien connu mais souvent méconnu : voir sur ce sujet M. É. 1900, p. 390, 391, et 1914, p. 278, 279.

 

3.2   Adonné à la fidélité

David a écrit dans le Psaume 37 : « Confie-toi en l’Éternel et pratique le bien ; habite le pays, et repais-toi de fidélité, et fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les demandes de ton cœur » (v. 3, 4). La note en bas de page, dans la traduction J. N. D., est celle-ci : « adonne-toi à la fidélité ». S’adonner à quelque chose, c’est s’y livrer tout entier, sans réserve. David dit aussi ailleurs — exprimant ce que le Seigneur a réalisé en perfection : « Pour mon amour, ils ont été mes adversaires ; mais moi je me suis adonné à la prière » (Ps. 109:4) ; et l’auteur inspiré du Psaume 119 : « Confirme ta parole à ton serviteur, qui est adonné à ta crainte » (v. 38). Que Dieu nous accorde la grâce d’avoir le saint et ardent désir d’être des croyants fidèles, de nous « adonner » à la fidélité et à la crainte ! Le Seigneur, là comme en toutes choses, est notre parfait Modèle : n’a-t-il pas été ici-bas « le témoin fidèle » (Apoc. 1:5 ; 3:14) ?

 

3.3   Service confié et récompense de la fidélité

Nous avons chacun un service à remplir ; le Seigneur a donné « à chacun son ouvrage » (Marc 13:34). Il a été, Lui, « le témoin fidèle » et, par excellence, celui dont il est question dans le chapitre 25 des Proverbes : « La fraîcheur de la neige au temps de la moisson, tel est le messager fidèle pour ceux qui l’envoient : il restaure l’âme de son maître » (v. 13). Quelle satisfaction procurée à Celui qui l’avait envoyé ici-bas ! Mais cette parole est aussi pour nous, dans l’accomplissement du service qui nous est confié, comme un encouragement à le remplir avec fidélité. Rafraîchissement pour Celui qui nous envoie, qui est aussi « restauré » par un serviteur fidèle. — Combien le Seigneur apprécie la fidélité ! C’est le seul motif de la satisfaction exprimée par le maître qui a donné les talents (Matt. 25:14 à 30). Quel que soit le nombre de talents reçus, cinq ou deux, la parole est la même qui est prononcée par « le maître de ces esclaves » au jour où il « vient et règle compte avec eux » : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en peu de chose (Luc dit même : « en ce qui est très peu de chose » — 19:17), je t’établirai sur beaucoup : entre dans la joie de ton maître » (Matt. 25:21 et 23). Il y a là une double récompense : « je t’établirai sur beaucoup » et « entre dans la joie de ton maître », celle-ci étant la récompense la plus précieuse. Cela n’est-il pas un bel encouragement à la fidélité, en particulier pour le croyant qui a le sentiment de n’avoir pas reçu beaucoup — mais le Seigneur donne « à chacun selon sa propre capacité » — et qui, s’il est fidèle dans ce qui lui a été confié, peut avoir la certitude d’obtenir la même récompense que celui qui a reçu les « cinq talents ». La récompense est donnée à la fidélité dans le service, elle n’est pas selon le nombre de talents reçus.

Le service manifeste l’état des cœurs et la source de tout vrai service pour le Seigneur est l’entière confiance en lui, qui « connaît toutes choses » et sait si vraiment nous l’aimons de tout notre cœur ; lorsqu’il en est ainsi, il se plaît à remettre au serviteur le soin des agneaux et des brebis du troupeau (Jean 21:15 à 17). Si une « administration » nous est confiée, quelle qu’elle soit, ne perdons pas de vue que « ce qui est requis dans des administrateurs, c’est qu’un homme soit trouvé fidèle » (1 Cor. 4:2). Manifestons cette fidélité dans les plus petites choses, Dieu nous donnera des services plus importants à accomplir : « celui qui est fidèle dans ce qui est très petit, est fidèle aussi dans ce qui est grand » (Luc 16:10 à 13 — cf. 1 Tim. 3:13). N’y a-t-il pas aussi de l’encouragement dans la certitude que donne Proverbes 28:20 : « L’homme fidèle abonde en bénédictions » ?

À côté de Celui qui a été ici-bas « le témoin fidèle » et qui est le Modèle parfait, l’Écriture nous présente comme exemples à imiter des hommes de Dieu qui ont été caractérisés par une grande fidélité dans ce qui leur a été confié.

 

3.4   Exemples de l’Ancien Testament

Dans l’Ancien Testament, Moïse — type de Christ — fidèle dans toute la maison de Dieu, jouissait de rapports d’intime communion avec lui. Aussi l’Éternel, s’adressant à Aaron et Marie, peut-il rendre de lui ce beau témoignage : « ... mon serviteur Moïse, qui est fidèle dans toute ma maison ; je parle avec lui bouche à bouche, et en me révélant clairement, et non en énigmes ; et il voit la ressemblance de l’Éternel » (Nomb. 12:7, 8 — cf. Héb. 3, 5). — Akhimélec, le sacrificateur, déclare à Saül, roi d’Israël : « Et qui, parmi tous tes serviteurs, est comme David, fidèle, et gendre du roi, et ayant accès à tes audiences privées, et honoré dans ta maison ? » (1 Sam. 22:14). — Au moment où Ézéchias va être par trois fois mis à l’épreuve, l’Esprit de Dieu souligne « cette fidélité », manifestée depuis le début de son règne (2 Chron. 31:20, 21 ; 32, 1 et 2 Rois 18:6, 7). — Après le retour de la captivité, Néhémie peut dire d’Hanania : « C’était un homme fidèle, et il craignait Dieu plus que beaucoup d’autres » et, plus loin, parlant de quatre hommes dont les noms devraient sans doute être mieux connus de nous qu’ils ne le sont, il déclare : « Et j’établis sur les magasins Shélémia, le sacrificateur, et Tsadok, le scribe, et Pédaïa, d’entre les lévites, et à côté d’eux, Hanan, fils de Zaccur, fils de Matthania, car ils étaient estimés fidèles, et c’était à eux de faire les répartitions à leurs frères » (Néh. 7:2 ; 13:13). Tel est le caractère qui doit marquer aujourd’hui encore les frères appelés à remplir semblable service (voir également à ce sujet 2 Rois 12:15 : « Et on ne comptait pas avec les hommes entre les mains desquels on remettait l’argent pour le donner à ceux qui faisaient l’ouvrage, car ils agissaient fidèlement »). —Daniel 6 nous dit que « les présidents et les satrapes cherchèrent à trouver dans l’administration du royaume quelque sujet d’accusation contre Daniel ; et ils ne pouvaient trouver aucun sujet d’accusation ni aucune faute, parce qu’il était fidèle » (v. 4). — En dehors de ces neuf hommes dont la fidélité est soulignée dans l’Ancien Testament, il en est aussi plusieurs qui, aux jours d’Ézéchias, agissaient soit pour « apporter fidèlement l’offrande », soit « pour faire les distributions avec fidélité à leurs frères, selon leurs classes, au grand comme au petit » et il est parlé également de ceux qui « dans leur fidélité, se sanctifiaient pour être saints » (2 Chron. 31:11 à 19).

 

3.5   Exemples du Nouveau Testament

Dans le Nouveau Testament, nous avons Paul, déclarant : « Et je rends grâces au christ Jésus, notre Seigneur, qui m’a fortifié, de ce qu’il m’a estimé fidèle » (1 Tim. 1:12 — voir aussi 1 Cor. 7:25) — Timothée, duquel Paul peut dire qu’il est « fidèle dans le Seigneur » (1 Cor. 4: 17) — Tychique, « le bien-aimé frère et fidèle serviteur dans le Seigneur » (Éph. 6:21) — Épaphras, « qui est un fidèle serviteur du Christ pour vous » (Col. 1:7) — Onésime, « le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres » (ib. 4:9) — Silvain, « qui est un frère fidèle, comme je le pense » (1 Pierre 5:12) — Gaïus, auquel l’apôtre Jean écrit : « Bien-aimé, tu agis fidèlement dans tout ce que tu fais envers les frères » (3 Jean 5:6) — Antipas, dans le cœur duquel l’exhortation adressée à Smyrne (s’il l’a connue) a eu de l’écho : « Sois fidèle jusqu’à la mort et je te donnerai la couronne de vie » ; c’est dans l’épître à Pergame qu’il est désigné comme « mon fidèle témoin, qui a été mis à mort parmi vous, là où Satan habite » (Apoc. 2:10, 13). Antipas recevra la couronne de vie ! — Faisons mention également d’une femme, Lydie, qui déclare à Paul et ses compagnons : « Si vous jugez que je suis fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y » (Actes 16:15).

L’épître aux Éphésiens et celle aux Colossiens sont toutes deux adressées « aux saints et fidèles » (Éph. 1:1 ; Col. 1:2). Tous les croyants sont établis dans une position de sainteté, tous sont-ils fidèles dans leur témoignage ? Lorsque nous considérons la fidélité de ceux dont il est question dans l’Écriture, ne sommes-nous pas humiliés en constatant, en bien des circonstances, combien peu nous sommes fidèles au Seigneur ? Ne pourrions-nous dire avec Salomon : « Nombre d’hommes proclament chacun sa bonté ; mais un homme fidèle qui le trouvera ? (Prov. 20:6). Combien nous avons à reprendre la prière exprimée dans le cantique :

 

Jusqu’au jour qui m’appelle

À passer dans ton sein,

Fais-moi d’un cœur fidèle

Marcher en ton chemin.

 

Que Dieu nous accorde de pouvoir le réaliser, pour notre joie et notre bénédiction, mais avant tout pour qu’Il soit glorifié par notre marche ici-bas !

 

Si de notre côté il y a, hélas ! bien des défaillances à confesser quant à la fidélité, considérons la fidélité de Dieu, une fidélité sans défaillance aucune, il est à peine besoin de le dire ! Sa fidélité « atteint jusqu’aux nues », elle est « de génération en génération » et nous pouvons redire avec le prophète : « grande est ta fidélité ! » (Ps. 36:5 ; 119:90 ; Lam. de Jér. 3:23).

 

3.6   Fidélité de Dieu

3.6.1       Fidélité de Dieu dans les épîtres

Rappelons seulement quelques passages du Nouveau Testament dans lesquels se trouve mentionnée la fidélité de Dieu (voir M.É. 1964, p. 3), avant de nous arrêter sur une expression de l’Ancien Testament. — Écrivant aux Corinthiens, l’apôtre exprime sa confiance en Celui qui, leur déclare-t-il, « vous affermira jusqu’à la fin pour être irréprochables dans la journée de notre seigneur Jésus Christ » et cela parce que « Dieu... est fidèle » (1 Cor. 1:8, 9). — Au chapitre 10 de cette même épître, il les en assure : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été une tentation humaine ; et Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez supporter, mais avec la tentation il fera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter » (v. 13) ; cette parole était un encouragement pour eux et elle l’a été tant de fois depuis lors pour des croyants douloureusement éprouvés ! — Dans sa deuxième épître adressée « à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe », Paul écrit : « Mais Dieu est fidèle, que notre parole que nous vous avons adressée, n’est pas oui et non... » (1:18 à 22). — L’apôtre exprime, pour les Thessaloniciens comme aussi pour nous, ce souhait : « Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, et votre âme, et votre corps tout entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre seigneur Jésus Christ » et il ajoute cette certitude qui découle de la fidélité de Dieu à ses promesses : « Celui qui vous appelle est fidèle, qui aussi le fera » (1 Thess. 5:23, 24) ; dans la seconde épître, il leur donne encore cette assurance : « Le Seigneur est fidèle, qui vous affermira et vous gardera du méchant » (3:3). — C’est à Timothée qu’il écrit : « Si nous sommes incrédules, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Tim. 2:13). —L’épître aux Hébreux présente Jésus dans son office de souverain sacrificateur, pour nous toujours « miséricordieux et fidèle », comme aussi « fidèle à celui qui l’a établi » ; elle nous exhorte à « retenir la confession de notre espérance sans chanceler, car celui qui a promis est fidèle » ; elle nous rappelle l’exemple de Sara qui « reçut la force de fonder une postérité, et cela, étant hors d’âge, puisqu’elle estima fidèle celui qui avait promis » (2:17 ; 3:2 ; 10:23 ; 11:11). — Conduit par l’Esprit de Dieu, l’apôtre Jean nous assure que « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9). — Enfin, lorsque le Seigneur apparaît pour exercer le jugement guerrier, Jean voit « le ciel ouvert : et voici un cheval blanc, et celui qui est assis dessus appelé fidèle et véritable ; et il juge et combat en justice » (Apoc. 19:11).

 

3.6.2       Fidélité de Dieu dans la vie de Moïse

Tel est notre Dieu, tel est notre Seigneur : toujours fidèle ! Combien nous sommes heureux de le savoir et, plus encore, de l’expérimenter dans notre vie de chaque jour ! C’est l’expérience que Moïse a pu faire, de telle sorte qu’au terme d’une longue vie de cent vingt années il a pu dire avec reconnaissance : « C’est un Dieu fidèle » (Deut. 32:4). Son existence a pourtant été marquée par bien des circonstances douloureuses, mais au travers de toutes la fidélité de Dieu ne s’est jamais démentie. — Dès sa naissance, cette fidélité se manifeste : le Pharaon avait commandé que tout fils qui naîtrait fût jeté dans le fleuve, mais la foi de ses parents a été active et « Moïse, étant né, fut caché trois mois » (Héb. 11:23). Trouvé dans le coffret de joncs au bord du fleuve par la fille du Pharaon, il fut élevé — après avoir été allaité par Jokébed sa mère — à la cour du Pharaon, comme fils de la fille du Pharaon ! (Ex. 2:5 à 10). Mais Dieu est fidèle : après l’avoir préservé de la mort, il le garde pour lui dans ce milieu idolâtre et corrompu : « étant devenu grand, il refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte, car il regardait à la rémunération » (Héb. 11:24 à 26). — Disons, par parenthèse, qu’il y a là un précieux encouragement pour les parents chrétiens qui voient leurs enfants, surtout dès leur entrée à l’école, exposés à tous les dangers d’un monde dans lequel se déchaînent la violence et la corruption, soumis à tant d’influences mauvaises : Dieu peut les garder pour lui, comme il a gardé Moïse à la cour du Pharaon. Qu’ils ne cessent pas de prier pour eux et que leur soit accordé le soutien des prières des frères et des assemblées ! — Moïse, ayant quitté la cour du Pharaon, sort vers ses frères, voit leurs fardeaux et tue l’Égyptien qui frappait un Hébreu ; puis il essaie d’apaiser deux hommes hébreux qui se querellaient et, à cette occasion, apprend que le meurtre de l’Égyptien est connu. Le Pharaon l’ayant aussi appris et voulant mettre à mort Moïse, ce dernier s’enfuit au désert, à Madian, où durant quarante ans il va garder des troupeaux, lui qui était « instruit dans toute la sagesse des Égyptiens... puissant dans ses paroles et dans ses actions » (Ex. 2:11 à 15 — Actes 7:22 et suivants). Il avait atteint l’âge de quatre-vingts ans quand l’Éternel l’appelle pour faire sortir d’Égypte le peuple d’Israël. C’est alors le conflit avec le Pharaon, qui ne voulait pas laisser aller le peuple, puis la fuite du pays d’Égypte, la mer Rouge ! Que d’expériences, au travers de tout cela, de la fidélité de Dieu ! La mer Rouge n’était pas encore franchie que déjà le peuple d’Israël se plaignait... Puis ce furent les murmures de Mara « contre Moïse », la contestation de Massa et Mériba, les plaintes de Tabhéra, l’attroupement et la contestation de Mériba, les paroles prononcées « contre Dieu et contre Moïse » par un peuple découragé, alors que pourtant la traversée du désert était près de son terme (Ex. 14:10 à 12 ; 15:24 ; 17:2 à 7 ; Nomb. 11:1 à 3 ; 20:2 à 13 ; 21:4 à 6). Le voyage achevé, Moïse contemplera du haut du mont Nebo le pays de la promesse, mais il n’y entrera pas ! (Deut. 1:37 ; 3:23 à 28 ; 4:21, 22 ; 34:1 à 6). Ce bref résumé de quelques-unes des circonstances qui ont marqué la vie de Moïse fait ressortir la fidélité de Dieu, et si même l’accès de Canaan lui est fermé, ne peut-il dire avec le Psalmiste : « Je sais, ô Éternel ! que tes jugements sont justice, et que c’est en fidélité que tu m’as affligé » (Ps. 119:75) ? Moïse est retiré, mais  âgé de cent vingt ans quand il mourut, son œil n’était pas affaibli, et sa vigueur ne s’en était pas allée » (Deut. 34:7). L’Éternel l’avait soutenu tout au long de ces cent vingt années, fortifié et encouragé dans les moments les plus difficiles, de sorte qu’il peut bien dire au terme de son voyage : « C’est un Dieu fidèle » !

 

Jamais son amour fidèle

À nos vœux ne manquera :

C’est une source éternelle

Qui jamais ne tarira.

 

S’il veut que notre cœur l’aime

Sans partage, ni détour,

C’est qu’il est d’abord lui-même

Immuable en son amour.

 

 

4                    Persévérer

ME 1978 p.201

La marche du croyant devrait toujours correspondre à la position dans laquelle l’a placé la grâce de Dieu. Il est responsable de marcher « dans l’amour », comme un « enfant de lumière », de « marcher soigneusement » (Éph. 5:2, 8, 15), de marcher d’une manière digne « de Dieu », « du Seigneur », « de l’évangile du Christ », « de l’appel dont nous avons été appelés » (1 Thess. 2:12 ; Col. 1:10 ; Phil. 1:27 ; Éph. 4:1). Il ne convient pas que les caractères d’une telle marche soient manifestés par intermittence, mais ils doivent l’être de façon constante ; il faut de la persévérance dans une marche fidèle pour qu’elle soit à la gloire de Dieu, à la gloire du Seigneur, parfait Modèle que nous avons à suivre, l’imitant quelque peu dans le sentier qu’Il nous a tracé. La Parole nous donne des exemples de croyants qui ont été caractérisés par la persévérance dans leur marche fidèle ; elle renferme aussi des exhortations et des encouragements à persévérer. Nous en rappellerons quelques-uns dans les pages qui suivent, demandant à Dieu qu’il nous accorde d’en retirer chacun un grand profit.

 

4.1   Matt. 10:22

« Vous serez haïs de tous à cause de mon nom ; et celui qui persévérera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé ».

Au début de ce chapitre, le Seigneur envoie les douze. Leur mission avait un caractère semblable à celle de Jean le baptiseur (comp. Matt. 3:2 et 10:7 — ajoutons que Jésus faisait entendre le même appel : ib. 4:17). L’envoi des douze constituait le dernier appel de la grâce à Israël et leur mission devait en quelque sorte « se souder » à celle des serviteurs que le Seigneur enverra après l’enlèvement de l’Église et dont l’activité se terminera quand Il apparaîtra en gloire (cf. ib. 10:23). Dans les quinze premiers versets du chapitre, le ministère des douze est présenté tel qu’il a été pendant la période où le Seigneur était dans ce monde ; à partir du v. 16 son absence de la scène d’ici-bas est sous-entendue. Les circonstances deviendront alors plus difficiles, mais les ressources seront là, à la disposition de la foi (ib. 19, 20). La haine de Christ sera telle que l’on ne tiendra aucun compte des relations de famille (ib. 21) ; cependant ce déploiement de haine, si grand soit-il, ne devra détourner aucun serviteur, aucun croyant du témoignage à rendre. La promesse est certaine : « celui qui persévérera (ou endurera) jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé ». Quel précieux encouragement ! Il s’agira donc de ne pas reculer devant les souffrances, de les endurer avec patience, persévérant dans ce chemin difficile pour rendre un témoignage fidèle. Les v. 26 à 32 contiennent aussi de précieuses promesses pour l’encouragement de ceux qui auront ainsi à souffrir.

Nous connaissons pour le moment des jours plus faciles, dans nos pays tout au moins ; cependant « tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, seront persécutés » (2 Tim. 3:12). Qu’il nous soit donné de ne pas reculer devant l’opprobre, la souffrance que nous pouvons avoir à endurer dans un chemin d’obéissance et de fidélité, Que Dieu nous donne d’y « persévérer jusqu’à la fin » !

 

4.2   Matt. 24:12, 13

« Et parce que l’iniquité prévaudra, l’amour de plusieurs sera refroidi ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé ».

Sont présentés dans ce chapitre les événements qui se dérouleront après le départ du Seigneur et jusqu’à son Apparition en gloire. Nous avons d’abord ceux d’avant la dernière demi-semaine prophétique (v. 1 à 14), ensuite les terribles jugements de cette demi-semaine (v. 15 à 31). Le « mystère d’iniquité » opère déjà maintenant (cf. 2 Thess. 2:7) ; il se développera alors, puisqu’il est dit que « l’iniquité prévaudra » (ou : sera multipliée). Dans ces jours-là, « l’amour de plusieurs (ou : du grand nombre) sera refroidi ». Au travers d’un tel état de choses, « celui qui persévérera (ou: endurera) jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé ». Le croyant fidèle ne devra pas se laisser arrêter par les souffrances qu’entraînera le développement de l’iniquité, mais au contraire « persévérer jusqu’à la fin ».

Présentement, alors que déjà opère le « mystère d’iniquité », persévérons dans l’obéissance à la Parole ; ne nous en laissons détourner par rien, malgré les souffrances que cela peut entraîner pour nous !

 

4.3   Luc 22:28

« Mais vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations »

Le Seigneur, s’étant « mis à table, et les douze apôtres avec lui », pour manger une dernière pâque avec eux avant de souffrir, avait alors institué la cène, précieux mémorial de ses souffrances et de sa mort, et il avait déclaré à ses disciples que l’un d’entre eux le livrerait ! En présence d’une telle scène, ayant entendu de telles paroles, qu’est-ce qui occupe les pensées des disciples ? « Et il arriva aussi une contestation entre eux pour savoir lequel d’entre eux serait estimé le plus grand ». Tels sont nos pauvres cœurs ! C’est alors que le Seigneur, avec douceur, les reprend, leur montrant ce qu’est la véritable grandeur : « Car lequel est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Or moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ». Et il ajoute cette parole, par laquelle il montrait qu’il ne s’arrêtait pas à ce qui avait provoqué entre eux une telle contestation, mais qu’il savait discerner ce qu’il y avait de bon en eux : « Mais vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations » (Luc 22:14 à 30). Sans doute y avait-il dans leurs cœurs des pensées qu’aucun d’eux n’aurait jamais dû nourrir, mais cependant ils avaient suivi le Seigneur dans son chemin de souffrances et avaient « persévéré » avec lui, sans se laisser décourager. Le Seigneur, dans sa grâce, leur en rend ce beau témoignage !

 

4.4   Jean 8:31, 32

« Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira »

Tandis que, dans leur ensemble, les Juifs rejetaient Christ, leur Messie, et méprisaient Dieu qui leur parlait par son moyen, quelques-uns cependant « avaient cru ». Ils avaient reçu sa parole et le Seigneur les exhorte à « persévérer dans sa parole » : ils seront alors « vraiment » ses disciples, ils connaîtront la vérité, vérité qui les affranchira.

Si, par grâce, nous avons cru, la même exhortation s’adresse à nous. Soyons de ceux qui ont reçu sa parole et, ensuite, « persévèrent dans sa parole » ! Combien nous avons besoin de la lire avec attention, de la méditer, ne nous contentant pas de la lecture occasionnelle de quelques versets, ou même de quelques chapitres, mais nous en nourrissant et y recherchant les enseignements, les exhortations dont nous avons besoin pour vivre une vie qui plaise à Dieu. Qu’il nous soit donné de « persévérer dans sa parole », nous connaîtrons alors la vérité, vérité qui nous affranchira !

« Vous, vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoitises de votre père. Lui a été meurtrier dès le commencement, et il n’a pas persévéré dans la vérité, car il n’y a pas de vérité en lui » (Jean 8:44).

Du roi de Tyr, il est dit : « Tu fus parfait dans tes voies depuis le jour où tu fus créé, jusqu’à ce que l’iniquité s’est trouvée en toi » (Ézéch. 28:15 — voir v. 11 à 19). Satan est un ange déchu, « il n’a pas persévéré dans la vérité... il est menteur, et le père du mensonge ». Veillons à ne pas nous laisser séduire et entraîner par ce redoutable adversaire ! Tout au contraire, persévérons dans la vérité !

 

4.5   Actes 1:14

« Tous ceux-ci persévéraient d’un commun accord dans la prière ».

Après que Jésus eut été « élevé de la terre », les onze « montèrent dans la chambre haute » et là, « avec les femmes, et avec Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères », ils « persévéraient d’un commun accord dans la prière ». Celui qu’ils avaient suivi avait été cloué sur une croix puis, ressuscité, après être resté quarante jours avec eux, avait été « élevé de la terre », élevé « dans le ciel ». Combien ils sentaient son absence ! Comme ils avaient besoin du secours d’en-haut pour l’accomplissement du service qui leur avait été confié ! Aussi, réunis dans la chambre haute, ils « persévéraient d’un commun accord dans la prière ».

Quel exemple à imiter ! Nous avons besoin du secours et des directions d’en-haut pour le service que nous avons chacun à remplir. Ne nous lassons pas, persévérons dans la prière !

« Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières » (Actes 2:42).

Heureux état que celui de l’assemblée au commencement de son histoire sur la terre ! Tous ceux qui la composaient étaient caractérisés par une remarquable persévérance, par la fermeté et la constance dans leur foi, dans le respect des enseignements reçus ; rien ni personne ne pouvait les décourager et les amener à renoncer à ce qui les avait nourris, fortifiés et réjouis ! Ils persévéraient :

4.5.1       dans la doctrine des apôtres, dans les vérités enseignées par eux.

Ces croyants n’étaient pas disposés à recevoir les enseignements des faux docteurs, ils n’acceptaient que la doctrine des apôtres, la saine doctrine qu’ils avaient reçue par la foi. — De nos jours, il est tant de faux enseignements diffusés au sein de la chrétienté. Ne nous laissons pas égarer. Nous avons, dans les épîtres en particulier, la « doctrine des apôtres » : les lisons-nous avec attention, avec persévérance, retenons-nous les enseignements qu’elles nous présentent et les mettons-nous en pratique ? Persévérons dans la doctrine des apôtres ! C’était nécessaire au commencement, ce l’est aujourd’hui tout autant, plus encore sans doute !

 

4.5.2       dans la communion des apôtres,

c’est-à-dire dans la réalisation et la jouissance d’une même part, d’une heureuse communion de pensées avec eux (cf. 1 Jean 1:3, 4).

 

4.5.3       dans la fraction du pain

Ces premiers croyants ne perdaient pas de vue la parole prononcée par le Seigneur lorsqu’il a institué la cène : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22:19). Ils n’avaient pas encore la connaissance des vérités concernant la table du Seigneur, qui ne devaient être révélées que plus tard à l’apôtre Paul (1 Cor. 10:16, 17) ; ils étaient aussi dans l’ignorance de ce qu’écrit le même apôtre au sujet de la cène du Seigneur (ib. 11:26). Mais, quoi qu’il en soit, ils persévéraient dans ce qu’ils avaient reçu et compris au sujet de la fraction du pain.

 

4.5.4       dans les prières

Ils réalisaient combien leur était nécessaire le secours de Dieu pour vivre les vérités qu’ils avaient reçues par la foi et ils s’adressaient à Lui par la prière, avec persévérance. — Si dans ces jours si remarquables du début de l’histoire de l’Église ces croyants sentaient l’impérieux besoin de prier et de persévérer dans la prière, combien plus devrions-nous le ressentir dans ces « temps fâcheux » des « derniers jours » (2 Tim. 3:1) auxquels nous sommes parvenus, caractérisés par tant de faiblesse et de relâchement ! Puissions-nous persévérer dans la prière !

 

4.5.5       Persévérance dans la prière

Avant de poursuivre le sujet dans le livre des Actes, rappelons trois passages ayant trait à la persévérance dans la prière :

1. « Vous réjouissant dans l’espérance ; patients dans la tribulation ; persévérant dans la prière » (Rom. 12:12).

2. « Persévérez dans la prière, veillant en elle avec des actions de grâces » (Col. 4:2).

3. « Réjouissez-vous toujours. Priez sans cesse. En toutes choses rendez grâces, car telle est la volonté de Dieu dans le christ Jésus à votre égard ». (1 Thess. 5:16 à 18).

Au travers de tant d’exercices que nous avons à connaître, au sein de bien des difficultés, d’épreuves diverses que nous avons à traverser, les sujets de prières ne sont-ils pas nombreux ? Dans le monde où nous avons à cheminer, sentant notre extrême faiblesse et réalisant combien nous avons besoin du secours de notre Dieu et Père, nous avons à prier sans cesse, à « persévérer dans la prière ». Qu’il nous soit donné de mettre en pratique cette exhortation si souvent répétée dans la Parole parce qu’elle nous est sans aucun doute particulièrement utile !

 

4.6   Actes 13:43

« Paul et Barnabas... les exhortaient à persévérer dans la grâce de Dieu ».

Les Juifs et les prosélytes qui servaient Dieu et dont il est parlé dans ce verset avaient reçu, accepté la grâce de Dieu — cette grâce « qui apporte le salut » et qui est « apparue à tous les hommes, nous enseignant que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nous » (Tite 2:11 à 14), grâce qui est inséparable de la vérité (cf. Jean 1:14 et 17). Il ne suffit pas d’avoir reçu et accepté une telle grâce, il est nécessaire de « persévérer dans la grâce de Dieu », de mettre en pratique les enseignements qu’elle nous donne et de montrer en cela toute persévérance.

 

4.7   Actes 14:21, 22

Paul et Barnabas « s’en retournèrent à Lystre, et à Iconium, et à Antioche, fortifiant les âmes des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi... ».

La foi que nous avons reçue comme un don de Dieu, tout comme l’avaient reçue les disciples auxquels s’adressaient Paul et Barnabas, nous attache à Celui qui en est l’Objet. Et comme eux, nous avons à « persévérer dans la foi » qui nous lie à Christ, non seulement pour le salut de notre âme, mais encore pour notre marche individuelle et pour tout ce qui touche à la vie de l’assemblée. Qu’une telle « persévérance dans la foi » nous caractérise aussi !

 

4.8   Rom. 2:7

« Ceux qui, en persévérant dans les bonnes œuvres, cherchent la gloire et l’honneur et l’incorruptibilité... ».

Une « bonne œuvre » est toujours faite pour Christ ; elle peut être faite « au nom de Christ » (Actes 4:9, 10), envers Lui (Marc 14:6), envers les saints (Actes 9:36 à 39), envers tous les hommes (Gal. 6:10). Dieu a préparé les « bonnes œuvres », Il les a « préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles » (Éph. 2:10). Celui qui « se purifie » des « vases à déshonneur » et qui est ainsi « un vase à honneur » est « sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre » (2 Tim. 2:19 à 21). Nous sommes donc appelés à accomplir les bonnes œuvres que Dieu a « préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles », étant nous-mêmes « préparés pour toute bonne œuvre », et à persévérer en cela. La marche de ceux qui accomplissent les bonnes œuvres montre qu’ils ont la vie de Dieu, dépendent de lui et cherchent à lui plaire dans un chemin de séparation de toute iniquité, pensant au moment de la manifestation de toutes choses devant le tribunal de Christ (2 Cor. 5:10).

 

4.9   1 Tim. 4:15, 16

« Occupe-toi de ces choses ; sois-y tout entier, afin que tes progrès soient évidents à tous. Sois attentif à toi-même et à l’enseignement ; persévère dans ces choses... ».

Timothée était faible et craintif, de santé délicate, et il allait devoir remplir son service ne disposant plus du secours et des conseils de celui dont il était le « véritable enfant dans la foi » (1 Tim. 1:2). Aussi Paul lui adresse, à peu d’années d’intervalle, deux lettres pour lui donner les exhortations et les encouragements dont il savait qu’il avait besoin. C’est ainsi qu’il lui recommande de ne pas négliger le don de grâce qu’il avait reçu, de s’occuper « de ces choses » — sans doute de celles dont il parle au verset 13 : la lecture, l’exhortation, l’enseignement — d’y être « tout entier », afin que « ses progrès soient évidents à tous ». Il ajoute : « sois attentif à toi-même et à l’enseignement ; persévère dans ces choses ». Quel que soit le service que le Seigneur a trouvé bon de nous confier, puissions-nous en être occupés, qu’il soit donné à chacun d’entre nous d’y être « tout entier » et de « persévérer dans ces choses » !

 

4.10                   1 Tim. 5:5

« Or celle qui est vraiment veuve et qui est laissée seule, a mis son espérance en Dieu, et persévère dans les supplications et dans les prières nuit et jour ».

L’apôtre adresse à Timothée des enseignements concernant « l’homme âgé », les « jeunes gens », les « femmes âgées », les « jeunes » sœurs, puis les veuves et leurs enfants ou, de manière plus générale, leurs descendants (1 Tim. 5:1 à 4). Celle qui est vraiment veuve, laissée seule, est exhortée à persévérer dans les supplications et les prières, nuit et jour. « Laissée seule », elle n’a d’autre secours qu’en Dieu, c’est à Lui qu’elle doit faire appel par des prières et des supplications, cela avec persévérance.

 

4.11                   Jacques 1:25

« Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite, celle de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais un faiseur d’œuvre, celui-là sera bienheureux dans son faire ».

Les commandements de Dieu « ne sont pas pénibles » (cf. 1 Jean 5:3); le nouvel homme trouve sa joie à les accomplir. — Si un père commande à son fils de faire ce que celui-ci aime le plus, cet enfant n’a pas le sentiment d’une contrainte mais d’une faveur : c’est la loi parfaite, celle de la liberté. Il convient d’y persévérer, trouvant son bonheur dans la pratique du bien. Hélas ! Que de fois nous sommes des « auditeurs oublieux » alors que nous devrions toujours être des « faiseurs d’œuvre » ! Que Dieu nous accorde de « persévérer » dans la loi de la liberté ! Nous serons alors des bienheureux dans toute l’activité qu’il nous sera donné d’exercer.

Si la Parole de Dieu nous donne tant d’exhortations à « persévérer », c’est bien parce qu’elles nous sont nécessaires, c’est bien parce qu’une vie chrétienne doit être marquée par une persévérance de tous les instants dans la recherche et la poursuite du bien, dans l’accomplissement de la volonté de Dieu. Que dans nos vies individuelles, dans la vie des assemblées, il n’y ait aucun relâchement, aucune défaillance, aucun laisser-aller, mais au contraire la persévérance qui doit toujours nous caractériser dans un chemin de dépendance et d’entière obéissance à la Parole !

 

Mon Dieu, toi dont la face

Toujours brille sur moi,

Accorde-moi la grâce

De vivre tout pour toi.

Jusqu’au jour qui m’appelle

À passer dans ton sein,

Fais-moi d’un cœur fidèle

Marcher en ton chemin.

 

 

5                    Écouter. Jérémie 35 et les Récabites

ME 1980 p.163

5.1   Le roi Jehoïakim et l’épisode de Jérémie 35

Le récit qui nous est donné dans le chapitre 35 du livre de Jérémie se situe durant le règne de Jehoïakim, fils de Josias, roi de Juda. Éliakim, fils de Josias, avait été établi roi à la place de Josias son père, par le Pharaon Neco, qui avait changé son nom en celui de Jehoïakim. Ce roi commença de régner alors qu’il avait vingt-cinq ans et régna onze ans à Jérusalem, « et il fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, selon tout ce que ses pères avaient fait » (2 Rois 23:34, 36, 37). Il fut lié avec des chaînes d’airain en vue d’être conduit à Babylone par le roi Nebucadnetsar (2 Chron. 36:5, 6). Mais sa fin fut plus triste encore : il fut « enseveli de l’ensevelissement d’un âne, — traîné et jeté par-delà les portes de Jérusalem » (Jér. 22:18, 19 — voir aussi 36:30, 31).

C’est durant ce règne que Jérémie fut envoyé par l’Éternel vers la maison des Récabites. Récab, descendant de Caleb (1 Chron. 2:50 à 55) était le père de Jonadab (2 Rois 10:15). La mission de Jérémie était une mise à l’épreuve pour les Récabites : « Va à la maison des Récabites, et parle-leur, et amène-les dans la maison de l’Éternel, dans une des chambres, et verse-leur du vin » (Jér. 35:2). Jérémie accomplit ce que l’Éternel lui a prescrit ; il rassemble toute la maison des Récabites et met devant eux « des gobelets pleins de vin, et des coupes » et il leur dit : « Buvez du vin » (ib. 3 à 5). Que vont faire les Récabites ? Ce qui leur était demandé était en opposition avec ce qui leur avait été commandé par leur ancêtre ; aussi dirent-ils sans la moindre hésitation : « Nous ne boirons point de vin ; car Jonadab, fils de Récab, notre père, nous a commandé, disant : Vous ne boirez point de vin, ni vous, ni vos fils, à toujours ». Cet ordre de Jonadab avait été donné environ trois siècles auparavant. Qu’importe ! Les Récabites estimaient qu’ils devaient s’y conformer et nul n’aurait pu les contraindre à y désobéir.

 

5.2   Jér. 35:6-7. Le commandement de Jonadab et sa signification

Le commandement de Jonadab portait sur plusieurs points, chacun d’eux ayant sa signification propre :

1. « Vous ne boirez point de vin, ni vous, ni vos fils, à toujours » : ils devaient manifester les caractères du nazaréen, selon Nombres 6.

2. « Et vous ne bâtirez pas de maison », réalisant ainsi qu’ils étaient « étrangers et forains sur la terre » (Héb. 11:13), de vrais fils d’Abraham.

3. « Et vous ne sèmerez pas de semence », autrement dit : vous n’attendrez rien de ce monde.

4. « Et vous ne planterez pas de vigne, et vous n’en aurez point » : vous ne cultiverez pas ce qui vous conduirait à l’abandon du nazaréat (v. 6, 7).

 

5.3   Jér. 35:8-13. Témoignage rendu par un commandement écouté et pratiqué

Les Récabites, avec fidélité, s’étaient conformés à tout ce qui leur avait été commandé : « Et nous avons écouté la voix de Jonadab, fils de Récab, notre père, dans tout ce qu’il nous a commandé, pour ne pas boire de vin tous nos jours, ni nous, ni nos femmes, ni nos fils, ni nos filles, et pour ne pas bâtir des maisons pour notre demeure, et pour n’avoir ni vigne, ni champ, ni semailles ; et nous avons habité dans des tentes, et nous avons écouté, et nous avons fait selon tout ce que nous a commandé Jonadab, notre père » (v. 8 à 10).

Quel enseignement, quel exemple pour des enfants ! Ne leur arrive-t-il pas, trop souvent, de perdre de vue l’exhortation qui leur est adressée : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste ». « Honore ton père et ta mère » (c’est le premier commandement avec promesse) « afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre » (Éph. 6:1 à 3) ? Puissent-ils imiter l’exemple des Récabites et puissions-nous tous écouter la parole adressée par Jérémie « aux hommes de Juda et aux habitants de Jérusalem » : « Ne recevrez-vous point instruction pour écouter mes paroles ? » dit l’Éternel (v. 12, 13) ! — C’est ainsi que Dieu a voulu se servir de l’obéissance des Récabites pour parler à son peuple, pour nous parler encore aujourd’hui. — Un témoignage avait été rendu au sein du peuple de Dieu par un résidu fidèle. Hélas ! Ce fut en vain.

 

5.4   Jérémie 35:14-15

S’adressant à ce peuple infidèle par la bouche de Jérémie, l’Éternel lui dit alors : « Les paroles de Jonadab, fils de Récab, qu’il a commandées à ses fils, de ne point boire de vin, ont été observées, et ils n’en ont pas bu jusqu’à ce jour ; car ils ont écouté le commandement de leur père. Mais moi, je vous ai parlé, me levant de bonne heure et parlant ; et vous ne m’avez point écouté » (v. 14, 15) — voir aussi Jérémie 25:3, 4, 7, 8.

 

5.5   Jérémie 35:16-17. Résultat de l’écoute ou de l’absence d’écoute

Aussi l’Éternel annonce-t-il le jugement qui sera exécuté sur ce peuple : « Oui, les fils de Jonadab, fils de Récab, ont observé le commandement de leur père qu’il leur avait commandé, et ce peuple ne m’a pas écouté ; à cause de cela, ainsi dit l’Éternel, le Dieu des armées, le Dieu d’Israël : Voici, je fais venir sur Juda, et sur tous les habitants de Jérusalem, tout le mal que j’ai prononcé contre eux, parce que je leur ai parlé, et ils n’ont pas écouté, et que je les ai appelés, et ils n’ont pas répondu » (v. 16, 17) — voir aussi Jérémie 25:9 à 11.

Environ une vingtaine d’années après, le peuple allait être transporté à Babylone. Et c’était le peuple auquel des promesses avaient été faites aux jours de Moïse : « Et il arrivera que si tu écoutes attentivement la voix de l’Éternel, ton Dieu, pour prendre garde à pratiquer tous ses commandements que je te commande aujourd’hui, l’Éternel, ton Dieu, te mettra très haut au-dessus de toutes les nations de la terre ; et toutes ces bénédictions viendront sur toi et t’atteindront, si tu écoutes la voix de l’Éternel, ton Dieu » (Deut. 28:1, 2 — voir tout le chapitre).

 

5.6   Jérémie 35:18-19. Encouragement par l’obéissance des Récabites

Quel contraste entre les fils de Jonadab qui « ont observé le commandement de leur père qu’il leur avait commandé » et le peuple qui « ne m’a pas écouté », dit l’Éternel ! Dieu se sert de l’obéissance des Récabites pour parler à la conscience de son peuple. Par ailleurs, par la bouche de Jérémie, il a une parole d’encouragement, une promesse pour la maison des Récabites : « Parce que vous avez écouté le commandement de Jonadab, votre père, et que vous avez observé tous ses commandements et avez fait selon tout ce qu’il vous a commandé ; à cause de cela, ainsi dit l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël : Jonadab, fils de Récab, ne manquera jamais d’un homme qui se tienne devant moi » (v. 18, 19).

 

5.7   Autres exhortations de la Parole à écouter

Que d’exhortations nous avons dans la Parole, qui nous invitent de façon pressante à écouter et à mettre en pratique ce que nous avons entendu ! — Samuel pouvait dire : « L’Éternel prend-il plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à ce qu’on écoute la voix de l’Éternel ? Voici, écouter est meilleur que sacrifice... » (1 Sam. 15:22). — À l’Éternel qui lui avait dit : « Demande ce que tu veux que je te donne », Salomon avait répondu : « Donne donc à ton serviteur un cœur qui écoute » (1 Rois 3:5, 9) — et nous lisons dans le livre des « Proverbes de Salomon » : « Mais celui qui m’écoute habitera en sécurité et sera tranquille, sans crainte du mal » et encore : « Bienheureux l’homme qui m’écoute, veillant à mes portes tous les jours, gardant les poteaux de mes entrées » (Prov. 1:33 ; 8:34).

Rappelons en terminant les paroles du Seigneur lui-même : « Bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Luc 11:28). Ayons l’ardent désir d’être de ces bienheureux ! Ayons à cœur d’écouter la parole de Dieu, non pas d’une oreille plus ou moins distraite mais avec grande et profonde attention. Et ensuite, gardons-la, serrons-la dans notre cœur afin d’y obéir constamment ! « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole... J’ai caché ta parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi » (Ps. 119:9,11).

 

 

6                    Conséquences de la désobéissance

ME 1976 p.288 et 309

6.1   Genèse 1 et 2

Les versets 15 à 17 du premier chapitre de l’épître aux Colossiens nous disent les gloires de Christ comme créateur de « toutes choses » et font ressortir sa primauté dans une création sortie parfaite de ses mains : il est le « premier-né de toute la création ». Le premier chapitre de la Genèse donne le récit de la création et se termine ainsi : « Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très-bon. Et il y eut soir, et il y eut matin : — le sixième jour » (v. 31). Dans le chapitre 2, nous voyons Dieu poursuivre son œuvre créatrice : « Et l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante » (v. 7 — voir 1:26, 27) ; puis, il plante un jardin dans lequel il place l’homme « pour le cultiver et pour le garder » (2:8 et 15) ; enfin, il déclare : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Et le chapitre se termine par la formation de la femme, de laquelle Adam put dire : « Cette fois, celle-ci est os de mes os et chair de ma chair ; celle-ci sera appelée femme (Isha), parce qu’elle a été prise de l’homme (Ish) » (ib. 18 à 25).

 

6.2   Genèse 3

Ces deux premiers chapitres de la Genèse présentent le déploiement des merveilles de Dieu dans les œuvres de la création. Vient ensuite un chapitre dont il a été dit que, comparé surtout aux deux premiers, il était « lugubre ». Certes, ce chapitre 3 nous dit comment le péché est entré dans le monde et, à cet égard, il laisse bien une impression de sombre et profonde tristesse ; mais, d’autre part, après avoir révélé que l’Éternel Dieu désirait amener l’homme à jouir de sa présence, il annonce la venue ici-bas de Christ (la « semence » de la femme) comme aussi sa victoire sur l’adversaire, le serpent, « le serpent ancien, celui qui est appelé diable et Satan » (v. 15 — voir Apoc. 12:9 ; 20:2). L’entrée du péché dans le monde par la désobéissance du premier homme ruinait sans doute tout ce que Dieu avait disposé pour rendre l’homme heureux sur la terre ; mais, tout aussitôt, est donné à connaître le moyen que Dieu avait par devers lui pour faire face à une telle situation, en apparence sans espoir. Dieu ne réédifiera pas ce que l’homme a détruit par sa désobéissance, mais établira un ordre de choses nouveau, infiniment supérieur : il annonce la venue dans ce monde souillé et gâté par le péché, de son Fils bien-aimé, celui qui brisera la tête du serpent après que ce dernier lui aura brisé le talon. Christ, par son œuvre accomplie à la croix, posera le fondement permettant l’accomplissement des conseils divins — cette œuvre de la croix assurant, et pour l’éternité, un parfait bonheur céleste à tous ceux qui croient et sont ainsi purifiés de tout péché, lavés dans « le sang précieux de Christ... agneau sans défaut et sans tache, pré-connu dès avant la fondation du monde » (1 Pierre 1:18 à 21).

 

6.3   Satan

Le « serpent » dont il est question dès le premier verset du chapitre 3 de la Genèse est un ange déchu, celui auquel il est dit dans le livre du prophète Ézéchiel : « Toi, tu étais la forme accomplie de la perfection, plein de sagesse, et parfait en beauté ; tu as été en Éden, le jardin de Dieu ; toutes les pierres précieuses te couvraient, le sardius, la topaze et le diamant, le chrysolithe, l’onyx et le jaspe, le saphir, l’escarboucle et l’émeraude, et l’or ; le riche travail de tes tambourins et de tes flûtes était en toi ; au jour où tu fus créé, ils étaient préparés. Tu étais un chérubin oint qui couvrait, et je t’avais établi tel ; tu étais dans la sainte montagne de Dieu, tu marchais parmi les pierres de feu. Tu fus parfait dans tes voies depuis le jour où tu fus créé, jusqu’à ce que l’iniquité soit trouvée en toi. Par l’abondance de ton trafic, ton intérieur a été rempli de violence, et tu as péché ; et je t’ai précipité de la montagne de Dieu comme une chose profane, et je t’ai détruit du milieu des pierres de feu, ô chérubin qui couvrait ! Ton cœur s’est élevé pour ta beauté, tu as corrompu ta sagesse à cause de ta splendeur ; je t’ai jeté à terre, je t’ai mis devant les rois, afin qu’ils te voient. Par la multitude de tes iniquités, par l’injustice de ton trafic, tu as profané tes sanctuaires ; et j’ai fait sortir un feu du milieu de toi : il t’a dévoré, et je t’ai réduit en cendre sur la terre, aux yeux de tous ceux qui te voient. Tous ceux qui te connaissent parmi les peuples sont dans la stupeur à cause de toi ; tu es devenu une terreur, et tu ne se seras plus, à jamais » (28:11 à 19). Son caractère est également dépeint par les paroles que Jésus adressait aux Juifs incrédules : « Vous, vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoitises de votre père. Lui a été meurtrier dès le commencement, et il n’a pas persévéré dans la vérité, car il n’y a pas de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et le père du mensonge » (Jean 8: 44). Apocalypse 12 parle du moment où il sera précipité du ciel sur la terre : « Et le grand dragon fut précipité, le serpent ancien, celui qui est appelé diable et Satan, celui qui séduit la terre habitée tout entière ; il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui » (v. 9) et, plus loin, est indiqué son jugement définitif et éternel : « Et le diable qui les avait égarés fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont et la bête et le faux prophète ; et ils seront tourmentés, jour et nuit, aux siècles des siècles » (ib. 20:10).

 

6.4   Satan, rusé, attaque d’abord les plus faibles

Tel est le « serpent » ! Genèse 3:1 dit qu’il « était plus rusé qu’aucun animal des champs que l’Éternel Dieu avait fait ». Rusé, il s’attaque à la femme, sans doute parce que c’est « un vase plus faible » (1 Pierre 3:7), tant il est vrai qu’il attaque toujours du côté le plus faible. Il nous connaît fort bien, beaucoup mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes et il sait quel est le point sur lequel nous sommes le plus facilement vulnérables. Combien donc nous avons à veiller, à prendre garde sans cesse !

 

6.5   Comment Satan attaque

Comment attaque-t-il ? Par une question, qu’il a depuis lors posée tant de fois et si souvent avec le même succès que dans le jardin d’Éden ! « Quoi, Dieu a dit... ? » (Gen. 3:1). Il cherche toujours à affaiblir la portée, l’autorité de la Parole de Dieu ! S’adressant à la femme, il met en doute les paroles de Dieu : dans l’esprit et dans le cœur d’Ève, il va semer le doute sur le caractère de Dieu comme Dieu de vérité et ensuite, comme Dieu d’amour. Dieu de vérité : alors que l’Éternel Dieu a dit : « De l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement », le serpent, lui, affirme : « Vous ne mourrez point certainement » (ib. 2:16, 17 ; 3:4). N’est-il pas « menteur, et le père du mensonge » ? — Dieu d’amour : le serpent déclare à Ève : « Dieu sait qu’au jour où vous en mangerez vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal » (ib. 5) ; c’est comme s’il lui avait dit : Dieu ne vous aime pas, il ne veut pas que vous soyez comme lui !

 

6.6   Puissance de la Parole de Dieu pour résister. Convoitise et transgression

Aux affirmations, aux insinuations de l’adversaire, comment faut-il répondre si nous ne voulons pas nous laisser entraîner dans le chemin de la désobéissance ? Il convient de répondre toujours par la Parole, sans rien y ajouter et sans en rien retrancher. C’est ainsi qu’a agi au désert le second homme, l’homme parfait ; par trois fois il a répondu à Satan : « Il est écrit... » et, de cette manière, l’a chaque fois réduit au silence. La puissance de la Parole fermera toujours la bouche à l’adversaire. C’est la Parole de Dieu ! Hélas ! Ève a ajouté, retranché... Elle a été de la sorte entraînée à l’accomplissement d’un acte de désobéissance : « Et la femme vit que l’arbre était bon à manger, et qu’il était un plaisir pour les yeux, et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent ; et elle prit de son fruit et en mangea ; et elle en donna aussi à son mari pour qu’il en mangeât avec elle, et il en mangea » (ib. 6). Remarquons la progression dans les actes qu’elle accomplit : graduellement, elle en arrive à désobéir à Dieu, conduisant Adam à la même désobéissance. — Dans le chemin de la désobéissance, on peut dire qu’il en est généralement ainsi : on fait un premier pas, puis un autre et l’on va toujours plus loin !

 

6.7   Résultats de la désobéissance

6.7.1       La mort

Le résultat est là : les yeux d’Adam et d’Ève sont ouverts, ils ont maintenant le discernement du bien et du mal, mais sont incapables de faire le bien, ils ne peuvent accomplir que le mal. Et, par-dessus tout, ils ont déshonoré Dieu ! « Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort... » (Rom. 5:12). Conséquences d’un acte de désobéissance !

Cette désobéissance découle, de la part de l’homme, d’un manque de confiance en Dieu. Pour rétablir l’honneur et la gloire de Dieu, il a fallu la confiance manifestée par le second homme, le dernier Adam, une confiance entière tout au long de son chemin, dans toute sa vie et jusque dans la mort même : lorsque, de la sixième à la neuvième heure, Dieu a dû l’abandonner, lui n’a pas cessé de se confier en son Dieu. Quelle gloire pour lui, quelle gloire pour Dieu !

 

6.7.2       Conscience du mal, honte et peur

Nous avons dans la suite du chapitre 3 de la Genèse le tableau saisissant des conséquences immédiates de la désobéissance d’Adam et Ève ; après la convoitise et la transgression, ce sont : la conscience du mal, la honte et la peur. Satan avait assuré Ève qu’elle échapperait aux conséquences de sa désobéissance (v. 4) et lui avait laissé espérer une condition meilleure : « vous serez comme Dieu » (v. 5). Hélas, les conséquences de l’entrée du péché dans le monde, c’est-à-dire d’un acte de désobéissance, sont effroyables ! En dehors du fait que la gloire de Dieu a été foulée aux pieds, la plus grave de toutes, c’est la mort, l’éloignement de Dieu pour l’éternité, « dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges » (Matt. 25:41) — préparé non pas pour l’homme qui, dans son aveuglement et son incrédulité, s’y laisse entraîner par Satan : comme dans le jardin d’Éden, il est toujours disposé à écouter la voix de l’adversaire plutôt que la voix de Dieu ! — Seule la foi en Christ et en son œuvre expiatoire peut permettre d’échapper à la mort éternelle.

 

6.7.3       Autres conséquences : tous les péchés

Outre cette conséquence capitale : la mort, « gages du péché » (Rom. 6:23), qui pourrait faire l’énumération de tous les actes accomplis depuis la chute, par les hommes ainsi entraînés dans le chemin de la désobéissance ? Personne ici-bas. — Et quel est l’homme incrédule qui, considérant l’état de ce monde et ce qui se déroule sur cette scène, comprend que tout cela provient de l’entrée du péché dans le monde, de l’état de l’homme, désobéissant et pécheur ? Mais si nul homme n’est capable de faire l’énumération dont nous venons de parler et même la seule énumération de ses propres fautes, il n’en est pas moins vrai que tout est consigné dans « des livres », livres dans lesquels il n’y a aucune erreur, aucune omission... Toutes les pensées, toutes les paroles, tous les actes les plus secrets de la vie de chacun sont là, enregistrés ! C’est Dieu lui-même qui a tout lu au fond des cœurs, qui a tout vu, tout entendu, tout enregistré ! Elles sont là pour chacun, ces pages noires de leurs péchés, parmi lesquels le plus noir, le plus affreux de tous est d’avoir méprisé les appels de la grâce, d’avoir rejeté Christ, le Sauveur. Un jour, le « grand trône blanc » sera dressé. Les morts, « les grands et les petits » se tiendront devant le trône. « Des livres » seront alors ouverts, les morts seront jugés d’après « les choses qui étaient écrites dans les livres, selon leurs œuvres ». Un « autre livre » sera ouvert « qui est celui de la vie » : le nom de ceux qui sont « morts dans leurs péchés » n’y figure pas ! « Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu » (Apoc. 20: 11 à 15). Terrible et éternelle conséquence de la désobéissance, du refus du seul moyen de salut offert à l’homme ! « Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (Jean 3:18).

 

6.8   Tribunal de Christ

Pour les croyants, il n’est pas question de paraitre devant le grand trône blanc : leurs péchés ne sont plus, ils sont lavés de leurs péchés dans le sang, de Christ et peuvent chanter le cantique à la gloire de « Celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang » (Apoc. 1:5, 6). Mais il y aura pour eux la comparution « devant le tribunal du Christ », où il n’y aura pas jugement mais manifestation et rétribution : chacun recevra « les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal » (2 Cor. 5:10). Quelle perte entraînera, dans ce jour-là, tout acte de désobéissance accompli durant notre vie ici-bas !

 

6.9   Ce qui a été nécessaire pourl’abolition du péché

Après avoir dit quelque chose des conséquences du péché, rappelons ce qui a été nécessaire pour faire « l’abolition du péché », pour « annuler la mort » qui en est le salaire (Héb. 9:26 ; 2 Tim. 1:10). Il a fallu la venue de Christ sur la terre, où il a été l’Homme de douleurs, et sa mort sur la croix, avec les trois heures de l’abandon, durant lesquelles il a souffert des souffrances indicibles. — D’une part, les terribles conséquences de l’entrée du péché dans le monde et surtout, la gloire de Dieu foulée aux pieds par la désobéissance de l’homme, par tous ses actes impies et ses révoltes ; d’autre part, la venue ici-bas de Celui qui a été « méprisé et délaissé des hommes » (És. 53:3) et ensuite sa mort sur la croix, entre deux brigands, avec les trois heures de l’abandon ! Cela ne nous dit-il pas quelque chose de ce qu’est le péché aux yeux de Dieu ? De semblables conséquences pour ce que l’on appellerait peut-être, avec quelle légèreté, un simple acte de désobéissance !

 

6.10                   Ne pas traiter le péché à la légère

Qu’il nous soit donné d’entrer plus profondément dans ce qu’est le péché, dans ce qu’il est pour Dieu ! Pour nous, un acte de désobéissance paraît de peu d’importance. La Parole nous enjoint de faire telle chose, de ne pas faire telle autre. Notre obéissance est-elle entière, sans réserve, sans raisonnements ? Hélas ! que d’arguments nous mettons parfois en avant pour agir non pas d’après ce que Dieu nous demande, mais selon ce qui nous convient à nous, selon les désirs de nos cœurs naturels ! Ne perdons pas de vue que c’est toujours l’adversaire qui nous incite à désobéir à la Parole ; chaque fois que nous désobéissons, c’est parce que nous l’avons écouté, lui, au lieu d’écouter la voix de Dieu — telle Ève dans le jardin d’Éden. Combien cela devrait nous faire réfléchir et nous conduire à conformer nos voies à ce que la Parole de Dieu nous demande de faire, ou de ne pas faire ! — Certes, il peut nous arriver de « pécher par erreur », par ignorance de ce que nous aurions dû faire ; si nous connaissions mieux les enseignements de l’Écriture, cela ne nous arriverait point. Sous l’économie de la loi, pour un tel péché il y avait pardon, sur la base du sacrifice ; mais pour le péché « par fierté » — péché commis malgré la connaissance de la volonté de Dieu — il n’y avait pas de pardon ! (Nomb. 15:22 à 36). Aujourd’hui, nous sommes assurés que « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9). Mais cette précieuse ressource n’est assurément pas pour nous conduire à faire notre propre volonté et à passer à la légère sur le péché ! N’oublions pas d’ailleurs que c’est celui qui confesse ses transgressions et qui « les abandonne » qui « obtiendra miséricorde » (Prov. 28:13).

Le simple acte de désobéissance commis par Adam et Ève a eu les conséquences sur lesquelles nous nous sommes arrêtés. Dieu nous garde de considérer un péché, une désobéissance à un commandement, à une injonction, à un enseignement contenus dans sa Parole, avec quelque insouciance ! Comprenons-en la gravité et soyons des imitateurs de notre parfait Modèle !

 

6.11                   Ne pas tordre la Parole par des raisonnements

Lors de la première tentation, Jésus, ayant « jeûné quarante jours et quarante nuits, après cela il eut faim » (Matt. 4:2). Voilà, pense sans doute l’adversaire, l’occasion favorable pour le faire broncher : qui donc pourrait, après un si long jeûne, se refuser à employer un moyen à sa portée pour avoir de la nourriture ? « Et le tentateur, s’approchant de lui... » — tel le serpent dans le jardin d’Éden ! Mais cette fois c’est de l’Homme parfait qu’il s’approche, de Celui qui ne connaît qu’une volonté, celle de son Dieu et Père, et qui trouve ses délices à lui obéir. Comment répond-il à la tentation subtile du diable, qui vient lui dire, en quelque sorte : Tu es Fils de Dieu, tu viens d’être déclaré tel au Jourdain ; tu peux tout aussitôt en donner la preuve — après ces quarante jours de jeûne, alors que tu as faim, dis que ces pierres deviennent des pains ? Qui, en ayant la puissance, ne l’aurait fait ? Mais l’Homme parfait ne pouvait obéir à Satan ! Il n’a qu’une réponse : « Il est écrit », et il cite un texte de l’Écriture inspirée de la parole de son Dieu ! L’ennemi a la bouche fermée. — Si aujourd’hui, quelqu’un était placé dans des circonstances où il serait tenté de désobéir et si, pour l’encourager à l’obéissance on lui rappelait un texte de la parole de Dieu, n’essaierait-il pas, peut-être, de raisonner sur ce texte pour en arriver à faire sa propre volonté et non la volonté de Dieu ? En présence de ce verset 3 de Deutéronome 8, ne dirait-il pas, par exemple : Oui, mais le texte est celui-ci : « L’homme ne vivra pas de pain seulement... », c’est donc qu’il lui faut du pain pour nourrir son corps et, bien sûr et surtout, « toute parole qui sort de la bouche de Dieu » pour nourrir son âme. Ce n’est qu’un exemple — et l’exemple d’une chose qui ne peut se produire littéralement, puisque nul ne peut changer des pierres en pain — mais c’est un exemple des raisonnements que l’ennemi peut suggérer à un croyant, et qu’il suggère bien souvent, pour le conduire à la désobéissance. N’en avons-nous jamais fait l’expérience ?

Oui, imitons le parfait Modèle ! Ce qui était écrit dans la parole de son Dieu s’imposait à lui avec force, il ne pouvait y contrevenir, il obéissait sans raisonner. Que la Parole s’impose toujours à nous avec la même force, avec toute son autorité divine et que nous soyons gardés de toute désobéissance !

 

6.12                   Les questions et les sentences de Dieu

Considérons la scène qui s’est déroulée dans le jardin d’Éden après la désobéissance d’Adam et Ève. L’Éternel Dieu « se promenait dans le jardin au frais du jour » (Gen. 3:8), il voulait être avec l’homme et l’amener à jouir de sa présence. Mais « l’homme et sa femme se cachèrent de devant l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin » : la conscience mal à l’aise, ils fuyaient la présence de Dieu, ils avaient peur, redoutant les conséquences de leur désobéissance. Une question est alors posée à Adam qui se cache : « Où es-tu ? », une autre à Ève : « Qu’est-ce que tu as fait ? » (ib. 9 et 13). Dieu le savait bien, mais il désirait sans doute amener l’homme et la femme à la confession, droite et franche, de leur péché. Ni l’un ni l’autre ne le font, chacun d’eux cherche une responsabilité à mettre en avant, aucun d’eux ne reconnaît la sienne ! L’homme rejette sur sa femme la responsabilité de l’acte commis et, en définitive, sur Dieu lui-même. Si tu ne m’avais pas donné une femme, semble-t-il dire, je n’aurais pas été conduit à désobéir ! C’est « la femme que tu m’as donnée pour être avec moi... », c’est elle qui « m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé » (ib .12). Mais ce qu’il croit être une excuse sera précisément le premier motif de sa condamnation : « Et à Adam il dit : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’ai commandé, disant : Tu n’en mangeras pas — maudit est le sol à cause de toi ; tu en mangeras en travaillant péniblement tous les jours de ta vie. Et il te fera germer des épines et des ronces, et tu mangeras l’herbe des champs. À la sueur de ton visage tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes au sol, car c’est de lui que tu as été pris ; car tu es poussière et tu retourneras à la poussière » (ib. 17 à 19). — De son côté, Ève voulait faire retomber la faute sur le serpent seul : « Et la femme dit : Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé » (ib. 13). — Aucune question n’est posée au serpent, qui entend seulement les paroles que l’Éternel Dieu lui adresse : « Parce que tu as fait cela, tu es maudit par-dessus tout le bétail et par-dessus toutes les bêtes des champs ; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie ; et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence. Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon » (ib. 14, 15).

 

6.13                   La malédiction sur le sol

Pour Adam, la mort est la conséquence la plus grave de sa désobéissance ; c’est ce que l’Éternel lui avait déclaré (2:17) — mais, déjà durant sa vie, il aura à souffrir de la malédiction prononcée sur le sol : « maudit est le sol à cause de toi », et il connaîtra le caractère pénible du travail, la sueur du front... Ce n’est pas en effet, contrairement à ce que beaucoup pensent, le travail qui est une des conséquences du péché — tout au contraire, il faisait partie du bonheur de l’homme dans le jardin d’Éden (ib. 15) — mais son caractère désormais pénible.

La malédiction ayant été prononcée sur le sol, l’Éternel ne pouvait ensuite avoir égard à l’offrande de Caïn, puisqu’il apportait le fruit d’une terre maudite (ib. 4:5). Non seulement cela mais, après le meurtre d’Abel, l’Éternel lui déclare : « Quand tu laboureras le sol, il ne te donnera plus sa force » (ib. 12) ; c’était un jugement qui pesait sur celui qui avait tué son frère. Plus tard, lors de la naissance de Noé, Lémec son père dit : « Celui-ci nous consolera à l’égard de notre ouvrage et du travail de nos mains, à cause du sol que l’Éternel a maudit » (ib. 5:29). Mais après le déluge, « l’Éternel dit en son cœur : Je ne maudirai plus de nouveau le sol à cause de l’homme, car l’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus de nouveau tout ce qui est vivant, comme je l’ai fait. Désormais, tant que seront les jours de la terre, les semailles et la moisson, et le froid et le chaud, et l’été et l’hiver, et le jour et la nuit, ne cesseront pas » (ib. 8:21, 22).

 

6.14                   Le péché est grave

Cela a déjà été écrit : Dieu, Christ, les anges, Satan même envisagent le péché comme chose très sérieuse, très grave ; seul le cœur de l’homme le traite avec légèreté. Ne sous-estimons pas un acte de désobéissance : un péché, c’est un outrage à Dieu ! Et si, perdant de vue ce que Dieu nous demande dans sa Parole, nous avons désobéi, n’essayons pas de rejeter la faute sur d’autres ; confessons nos fautes avec droiture, abandonnons nos transgressions — pour reprendre les expressions de Proverbes 28:13 — et nous obtiendrons miséricorde !

 

6.15                   L’obéissance, seule exhortation adressée aux enfants

Il n’y a qu’une seule exhortation adressée aux enfants : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste » (Éph. 6:1). Cela est très significatif nous montrant qu’obéir est ce qui importe par-dessus tout et, par ailleurs, qu’il n’est jamais trop tôt pour obéir. C’est la première chose qu’il convient d’apprendre : dès le début du chemin, aux tout premiers pas, l’obéissance doit être réalisée ! Pour un enfant, obéir à ses parents c’est obéir à Dieu ; désobéir à ses parents c’est désobéir à Dieu. N’est-il pas particulièrement important de le rappeler dans les « temps fâcheux » des « derniers jours », dans lesquels sont manifestés les caractères indiqués au début du chapitre 3 de la 2e épître à Timothée — notamment celui-ci : « les hommes seront... désobéissants à leurs parents » ?

Que Dieu nous accorde d’avoir toujours pleine conscience de ce qui lui est dû, de ce qui convient à Sa gloire et demeurons dans le sentier de l’obéissance et de la dépendance ! Pour cela, fixons nos regards sur Celui qui a été ici-bas le second homme, le dernier Adam, l’homme parfaitement obéissant à la Parole, à la volonté de son Dieu et qui trouvait sa joie à obéir ! Que ce soit aussi notre joie, n’oubliant pas que nous avons été « élus selon la préconnaissance de Dieu le Père » pour obéir comme Christ a obéi (1 Pierre 1:2) !

 

Pour ton immense amour, que te rendre, ô bon Père !

Ah ! donne-nous des cœurs obéissants.

Qu’il brille sur nos fronts, le divin caractère

Que ton Esprit grave sur tes enfants !