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Marche du chrétien, Christ le Modèle — Série C

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières abrégée :

1     Vie de Christ, notre modèle, selon l’évangile de Luc

2     L’obéissance de notre Divin Modèle

3     Christ, notre modèle

4     Bienheureux — Psaume 84

5     Psaume 84

6     Sur le Psaume 119 (v.1-11). Le bonheur. La Parole de Dieu

7     Psaume 119 v. 97 à 100 (ce que Christ a réalisé)

8     Quelques caractères de la marche du croyant

9     À propos de la sacrificature de Christ dans l’épître aux Hébreux

 

Table des matières détaillée :

1     Vie de Christ, notre modèle, selon l’évangile de Luc

1.1      Christ le modèle : marcher comme Christ a marché

1.2      Sommaire de l’évangile de Luc

1.3      Naissance du Seigneur. 3 témoignages à la gloire de Sa Personne

1.4      Annonce de la naissance faite aux bergers aux champs. Luc 2:8-20

1.5      Croissance spirituelle. Luc 2:39-40

1.6      Le Seigneur à douze ans, au temple

1.6.1      Luc 2:42-44

1.6.2      Luc 2:45-47

1.6.3      Luc 2:48-51

1.6.4      Luc 2:52

1.7      Début du Seigneur à 30 ans seulement. Luc 3:23

1.8      Le Seigneur au baptême de Jean

1.9      Le Seigneur en prière

1.9.1      7 fois le Seigneur en prière, dont 3 seulement selon Luc

1.9.2      Importance de la prière et de la Parole -- pour la vie des assemblées

1.10    Le Seigneur notre modèle quel que soit notre âge

1.11    L’homme céleste triomphant de Satan

1.12    Résumé - conclusion

2     L’obéissance de notre Divin Modèle

2.1      Psaume 40 et Hébreux 10. Obéissance et sacrifice

2.2      Christ : joie de l’obéissance, et souffrance

2.3      1 Pierre 2:21. Christ le modèle

2.4      Obéissance et humanité du Seigneur Jésus d’après l’évangile de Jean

2.4.1      Jean 4:34. Christ : ma viande est de faire la volonté de mon Père

2.4.2      Jean 5:19-20. Le Fils ne fait rien de lui-même

2.4.3      Jean 5:30. La volonté de Celui qui m’a envoyé

2.4.4      Jean 6:37-40. La volonté du Père

2.4.5      Jean 7:16-18. Christ : je ne parle pas de moi-même

2.4.6      Jean 8:28, 29. Christ faisait et parlait comme le Père avait enseigné

2.4.7      Jean 10:17, 18. Trois motifs du Seigneur pour laisser Sa vie

2.4.8      Jean 11:41-42. Résurrection de Lazare

2.4.9      Jean 12:49-50. Le Père a commandé comment parler

2.4.10     Jean 14:8-11. Le Père fait les œuvres

2.4.11     Jean 14:21, 23. Notre obéissance

2.4.12     Jean 14:30, 31. Faire comme le Père à commandé

2.4.13     Jean 15:10. Garder les commandements

2.4.14     Jean 17:4. L’œuvre achevée

2.4.15     Jean 18:11. La coupe donnée à boire par le Père

2.5      Conditions et effets de la méditation de ce sujet

3     Christ, notre modèle

3.1      Responsabilité de présenter la vie divine en l’absence du Seigneur

3.2      Marcher dans l’amour

3.3      Besoin d’avoir les « pieds lavés » = être purifié des souillures du monde

3.4      Ne pas entraver le lavage des pieds. Se les laver l’un l’autre. Jean 13:14,15

3.5      Ne pas être indifférents aux manquements. Jean 13:17

3.6      Lavage d’eau pour l’assemblée. Jean 13 et Éph. 5

3.7      Aimer comme le Seigneur aime. Jean 13:34-35

3.8      Amour et obéissance. Jean 14:21, 23

3.9      Le Seigneur modèle d’obéissance. Jean 14:31

3.10    Demeurer en Lui. Jean 15:4,9

3.11    Haine de la part du monde. Jean 15:18-21

3.12    Rendre témoignage en présentant (reflétant) Christ. Jean 15:26-27

4     Bienheureux — Psaume 84

4.1      Marcher de force en force jusqu’à la maison du Père

4.2      Psaume 84:1-2. La beauté des demeures célestes

4.3      La force dans le chemin

4.4      Psaume 84:5-6

4.5      Psaume 84:7-8

4.6      Les trois « bienheureux » et leur base

5     Psaume 84

5.1      Le troisième livre des Psaumes

5.2      Psaume 74

5.3      Psaume 84

5.3.1      Ps. 84:1

5.3.2      Ps. 84:2

5.3.3      Ps. 84:3

5.3.4      Ps. 84:4,5 — Les trois bienheureux

5.3.5      La force dans la Parole de Dieu

5.3.6      La force par la Parole mise en pratique

5.3.7      Bienheureux... ceux dans le cœur desquels sont les chemins frayés

5.4      Ps.84:6-8. La vallée de Baca. Marcher de force en force

5.5      Ps. 84:9

5.6      Ps. 84:11

5.7      Ps. 84:12

6     Sur le Psaume 119 (v.1-11). Le bonheur. La Parole de Dieu

6.1      Les bienheureux dans les Psaumes

6.2      Où se trouve le bonheur

6.3      La Parole répond à tout

6.4      Les différentes appelations de la Parole

6.4.1      La loi

6.5      Les témoignages

6.5.1      Les préceptes, les statuts, les commandements, les ordonnances

6.6      Conclusion : prendre garde à la Parole

7     Psaume 119 v. 97 à 100 (ce que Christ a réalisé)

7.1      L’auteur du Psaume 119 est-il Esdras ?

7.2      Psaume 119:97. Méditer la Parole

7.2.1      Ps. 119:15. Discerner les sentiers dans lesquels nous avons à marcher

7.2.2      Ps. 119:23. Les princes parlent contre moi

7.2.3      Ps. 119:27. Considérer les merveilles que Dieu opère

7.2.4      Ps. 119:48. Aimer les commandements

7.2.5      Ps. 119:78. Ils ont agi perversement envers moi

7.2.6      Ps. 119:148. Durant les veilles de la nuit

7.2.7      Résumé sur le Ps. 119:97. La Parole méditée tout le jour

7.3      Ps. 119:98. Plus sage que mes ennemis

7.4      Ps. 119:99. Plus d’intelligence que ceux qui m’enseignent

7.5      Ps. 119:100. Plus de sens que les anciens

7.6      Conclusion sur le rôle et la valeur de la Parole pour nous

8     Quelques caractères de la marche du croyant

8.1      Exhortations sur la marche dans diverses épîtres

8.2      Exhortations sur la marche dans l’épître aux Éphésiens

8.2.1      Éphésiens 2:10. En rapport avec les bonnes oeuvres

8.2.2      Éphésiens 4:1-3. En rapport avec notre appel

8.2.3      Éphésiens 5:1,2. Dans l’amour

8.2.4      Éphésiens 5:8-10. Comme des enfants de lumière

8.2.5      Éphésiens 5:15-16. Soigneusement

8.2.6      Éphésiens 6:15. Les pieds chaussés de la préparation de l’évangile de paix

8.2.7      Résumé sur la marche dans les Éphésiens

8.3      Exemple d’Énoch qui « marcha avec Dieu »

9     À propos de la sacrificature de Christ dans l’épître aux Hébreux

9.1      But de la sacrificature : amener la marche à la hauteur de la position

9.2      La marche est présentée sous deux points de vue

9.2.1      La marche selon les Philippiens : pour moi, vivre c’est Christ

9.2.2      La marche selon Hébreux : dans la faiblesse, ayant besoin de la grâce et de la sacrificature

9.3      Un sacrificateur en mesure de secourir ceux qui sont tentés

9.4      Hébreux 3

9.5      Hébreux 4

9.5.1      S’appliquer à être fidèle

9.5.2      Rôle de la Parole de Dieu. La Parole agissant par l’Esprit

9.5.3      Humanité du Seigneur

9.5.4      Les 4 exhortations à approcher. La prière et le trône de la grâce

9.6      Hébreux 5. Analogies et contrastes relativement au Seigneur

9.6.1      Hébreux 5:1-8

9.6.2      Hébreux 5:9-14

 

 

 

 

1        Vie de Christ, notre modèle, selon l’évangile de Luc

Titre original : « Connaissant mieux son modèle... »

ME 1970 p.225-253

1.1      Christ le modèle : marcher comme Christ a marché

Chacun des quatre Évangiles nous retrace, sous un aspect particulier, la vie du Seigneur sur la terre. C’est la vie de notre parfait Modèle : « Car aussi », écrit l’apôtre Pierre, « Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2:21). Peut-être plus encore que les trois autres, l’Évangile selon Luc place devant nous la vie de Christ comme celle du Modèle que nous avons à imiter dans les différentes conditions où nous pouvons nous trouver ; il nous présente, en effet, le Seigneur Jésus sous son caractère de Fils de l’homme : le premier homme a désobéi, foulé aux pieds la gloire de Dieu et s’est révélé ensuite incapable de sortir du misérable état dans lequel son péché l’avait plongé ; le second homme vient du ciel et recommence ici-bas la vie de l’homme, telle qu’elle aurait dû être pour la satisfaction et la gloire de Dieu. En vertu de sa mort à la croix, notre histoire comme enfants d’Adam a pris fin — elle a pris fin, précisément, à la croix de Christ — et nous sommes exhortés à le réaliser pratiquement ; nous possédons désormais une vie nouvelle, la vie de Christ, et nous sommes responsables de la manifester en suivant le Seigneur dans le sentier qu’il nous a tracé, reflétant les caractères qui ont été vus en lui, homme ici-bas. Dieu ne nous demande pas seulement, à nous ses bien-aimés enfants, de vivre une vie d’obéissance aux enseignements de sa Parole, il nous exhorte à suivre et à imiter Celui qui a vécu une telle vie. Une telle vie d’obéissance à Dieu est-elle impossible pour le croyant ? Un homme — l’Homme Christ Jésus — l’a vécue et nous avons les mêmes ressources que celles qui ont été à sa disposition comme homme ici-bas — nous y reviendrons plus loin — de sorte que, si nous savions davantage y puiser, nous pourrions « marcher comme lui a marché » (1 Jean 2:6). Certes, seule la marche de Christ a été parfaite en toutes choses ; il n’est pas possible que la nôtre le soit, « car nous faillissons tous à plusieurs égards » (Jacques 3:2), mais notre marche devrait être de la même nature que la sienne et, dans une mesure qui dépend de la manière dont nous puisons aux ressources divines, manifester quelques caractères du parfait Modèle.

 

1.2      Sommaire de l’évangile de Luc

C’est dans l’Évangile selon Luc que nous sont indiquées les différentes étapes de la vie du second homme. Son histoire comme homme commence dès le sein de sa mère ; ne dit-il pas, par l’Esprit prophétique : « C’est à toi que je fus remis dès la matrice ; tu es mon Dieu dès le ventre de ma mère » (Ps. 22:10) ? Aussi, l’évangile du Fils de l’homme retrace-t-il son histoire dès avant son apparition dans le monde ; c’est le sujet du premier chapitre. Nous avons ensuite : sa naissance et les circonstances qui l’entourèrent (2:1 à 20) — les cérémonies prescrites par la loi, avec les paroles prophétiques de Siméon et celles d’Anne, qui loue et exalte le Seigneur (ib. 21 à 39 — cf. Lév. 12) — un verset nous disant ce qui a caractérisé les douze premières années de la vie de Jésus (Luc 2:40) et l’épisode du temple à Jérusalem, alors qu’il avait douze ans (ib. 41 à 51). Le verset 52 de ce même chapitre 2 nous parle de son développement spirituel, comme aussi physique, pendant une nouvelle période de sa vie, de l’âge de douze ans à l’âge de trente ans. C’est lorsqu’il eut « environ trente ans » que commença son ministère, d’un peu plus de trois années (ib. 3:21 à 23) ; dix-neuf chapitres (depuis le chapitre 4 jusqu’au chapitre 22) nous disent ce que fut son activité durant ce ministère, court par sa durée, grand et riche si l’on considère le service accompli. Le chapitre 23 donne le récit de sa crucifixion et des circonstances qui l’ont immédiatement précédée et suivie, tandis que nous avons, dans le chapitre 24, sa résurrection, ses entretiens avec ses disciples et son élévation dans la gloire.

 

1.3      Naissance du Seigneur. 3 témoignages à la gloire de Sa Personne

Envoyé par Dieu, l’ange Gabriel vient annoncer à la vierge Marie qu’elle va donner naissance à « un fils » (1:31) — c’est le fils de l’homme, « né de femme... » (Gal. 4:4) — dont le nom doit être appelé Jésus. La grandeur, la gloire, la domination « à toujours » du petit enfant qui va naître sont proclamées par l’ange. Quelle révélation pour Marie ! Quel étonnement aussi : elle « ne connaît pas d’homme » ! C’est ce qui amène l’ange à préciser que ce petit enfant qui doit naître « de femme », par contre ne naîtra pas d’homme mais de l’Esprit Saint ; et il ajoute : « la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu » (Luc 1:26 à 35). C’est l’insondable mystère de l’incarnation : « Dieu a envoyé son Fils, né de femme... » — « Et la Parole devint chair... » — « Dieu a été manifesté en chair... » (Gal. 4:4 ; Jean 1:14 ; 1 Tim. 3:16). — Dans cet Évangile qui fait ressortir tout particulièrement la gloire du Fils de l’homme dans sa vie ici-bas et dans sa mort sur la croix, comme aussi dans son élévation dans la gloire, il est à remarquer que nous avons, venus du ciel, trois témoignages (trois est le nombre de la divinité) rendus à la gloire de sa Personne divine. Le premier, par le moyen de l’ange Gabriel (1:35) ; les deux autres, par le Père lui-même, d’abord au baptême de Jean au Jourdain (3:22), ensuite sur la montagne de la transfiguration (9:35). La satisfaction profonde exprimée par le Père au sujet de son Fils bien-aimé, dans la première de ces deux circonstances, a trait au chemin parcouru par le Seigneur durant ses trente premières années : d’abord, durant les douze premières années de sa vie, plus tard quand il était « le charpentier » (Marc 6, 3), il a vécu d’une telle manière que le Père trouvait en Lui « son plaisir ». Quel exemple, quel Modèle déjà pour de jeunes enfants, ensuite pour ceux qui ont grandi et sont appelés à exercer un métier, quel qu’il soit ! Le témoignage rendu dans la deuxième de ces circonstances, au moment où le Seigneur approchait du terme de son chemin ici-bas, se rapporte plus particulièrement, bien que sans doute pas uniquement, à la période de son ministère.

 

1.4      Annonce de la naissance faite aux bergers aux champs. Luc 2:8-20

La naissance de Celui qui vient dans l’humilité la plus profonde est annoncée non pas à des grands de ce monde, mais à d’humbles bergers dont on peut comprendre la surprise et même la « fort grande peur », quand on pense à ce que devait être l’apparition d’un ange et le resplendissement de la gloire du Seigneur. Mais l’ange les rassure et leur annonce « un grand sujet de joie » : la naissance d’un Sauveur. Il vient pour sauver sa créature déchue et perdue — le Christ : Il est l’Oint de l’Éternel, le Messie promis à Israël — le Seigneur : Il règnera et exercera la domination universelle du Fils de l’Homme, il sera un jour manifesté ayant « sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » (Apoc. 19:16). — Où se trouve-t-il, Celui dont la venue est ainsi annoncée par l’ange aux bergers ? « Couché dans une crèche », et c’est « un petit enfant emmailloté ». Avant même que les bergers aient pu exprimer une parole d’étonnement, « une multitude de l’armée céleste » vient se joindre à l’ange pour proclamer la gloire de Dieu. « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts » : quelle gloire pour Dieu, en effet ! Après la désobéissance du premier homme, sa rébellion manifestée durant quarante siècles, Dieu aurait pu tout détruire par l’exercice de son juste jugement ; au lieu de cela, il s’approche de l’homme en grâce, dans la Personne de son Fils, et vient pour le sauver ! « Sur la terre, paix » : la paix avec Dieu sera faite, basée sur l’œuvre parfaitement accomplie, sur l’efficace du sang de Christ, versé à la croix. Enfin, « bon plaisir dans les hommes ». Non pas : dans l’homme, l’Homme Christ Jésus seulement, mais « dans les hommes ». Certes, Dieu trouvera, et à toujours, « son plaisir » en cet homme parfait qui est son Fils bien-aimé ; mais, en vertu de son œuvre, Christ amènera dans la présence de son Dieu et Père des hommes sauvés et parfaits, et il se les associera, déjà pour le temps présent, les invitant à Le suivre dans son chemin de dépendance et d’obéissance. Comme il a marché dans la crainte de Dieu, il les conviera à marcher aussi dans cette sainte crainte ; or, « le plaisir de l’Éternel est en ceux qui le craignent » (Ps. 147: 11).

Après le départ des anges, les bergers ne doutent ni ne raisonnent ; ils ne disent pas : Allons donc jusqu’à Bethléhem, et voyons si vraiment les choses sont ainsi... Ils disent — si surprenantes qu’aient été la scène qui vient de se dérouler sous leurs yeux et les paroles qu’ils viennent d’entendre : « ... et voyons cette chose qui est arrivée que le Seigneur nous a fait connaître ». Depuis la naissance de Jésus ce sont les premiers croyants, sauvés par grâce et par la foi. Ayant vu le petit enfant, ils racontent alors « la parole qui leur avait été dite » le concernant : premiers croyants, ils sont aussi les premiers témoins du Seigneur. Puis ils s’en retournent « glorifiant et louant Dieu... » : ils sont encore les premiers adorateurs (2:8 à 20). Premiers croyants, premiers témoins, premiers adorateurs, tout cela découlait de leur foi : ils avaient d’abord cru, ils n’ont vu qu’ensuite (v. 20 — cf. Jean 11:40 : « si tu crois, tu verras »).

 

1.5      Croissance spirituelle. Luc 2:39-40

Après avoir « tout accompli selon la loi du Seigneur », Joseph et Marie s’en retournent à Nazareth (Luc 2:39). C’est là que l’enfant Jésus a passé ses douze premières années. Il est un exemple, un Modèle parfait pour de jeunes enfants déjà. Que nul d’entre eux ne l’oublie ! — Il « croissait et se fortifiait » : ces expressions nous parlent sans doute de son développement physique, mais n’ont-elles pas une portée spirituelle ? Des parents se réjouissent à bon droit de voir leurs enfants croître, se fortifier dans leur corps ; se préoccupent-ils aussi, et en tout premier lieu, de leur croissance spirituelle ? La suite du récit nous permet de penser que l’enfant Jésus, comme homme, croissait dans son âme parce qu’il se nourrissait de la Parole de Dieu. Comme il la connaissait cette Parole, et quel prix elle avait pour lui ! — Encourageons beaucoup nos enfants à lire la Parole, et cela, dès leur plus jeune âge. Ils ne comprendront pas tout, c’est certain — et qui prétendrait tout comprendre dans cette Parole divine ? — mais le Seigneur leur fera comprendre tout ce qu’ils ont besoin de comprendre. Soyons persuadés aussi que, dans les lectures en famille ou dans les réunions de l’assemblée, les enfants comprennent généralement, Dieu soit béni ! beaucoup plus que nous ne pensons ; veillons à ces lectures à la maison, veillons aussi à ce que nos enfants suivent régulièrement les réunions et y viennent avec joie. Nous serons ensuite reconnaissants envers Dieu de les voir croître et se fortifier spirituellement. — Un autre détail nous est donné dans ce verset 40 du chapitre 2 : Jésus était « rempli de sagesse », pas seulement de celle qui est demandée à des enfants mais de « la sagesse d’en-haut » dont les caractères sont indiqués dans l’épître de Jacques (3:17). Puisse cette sagesse, par l’action de la Parole en eux, habiter déjà dans le cœur des enfants de parents chrétiens et que les fruits en soient manifestés dans leur vie, comme ils l’étaient dans celle de l’enfant Jésus ! « Et la faveur de Dieu était sur lui » : la bénédiction de Dieu reposait sur ce jeune enfant, déjà dans les douze premières années de sa vie. Que notre ardent désir, celui de tous les parents chrétiens, soit d’élever leurs enfants de telle manière que sur eux aussi puisse reposer la bénédiction divine !

Ce verset 40 du chapitre 2 de l’Évangile selon Luc paraît donc indiquer ce qui a caractérisé le Seigneur, comme homme, dans la première partie de sa vie, c’est-à-dire jusqu’à douze ans. Certes, il était Fils de Dieu — nous l’avons souligné — et il n’a jamais cessé de l’être, mais c’est comme homme qu’il est placé devant nous dans l’Évangile selon Luc, spécialement dans ces premiers chapitres. Quelles ressources avait-il à sa disposition pour manifester de tels caractères ? Ainsi que nous l’avons déjà remarqué, le paragraphe commençant au verset 41 nous permet d’en relever une : la Parole. Il en était nourri dès son plus jeune âge, elle était « au-dedans de ses entrailles », selon l’expression prophétique (Ps. 40:8), Il y trouvait son plaisir et la méditait jour et nuit (Ps. 1:2).

 

1.6      Le Seigneur à douze ans, au temple

1.6.1       Luc 2:42-44

« Quand il eut douze ans» (Luc 2, 42), ses parents le prirent avec eux à Jérusalem, pour y célébrer la fête de Pâque. Tandis qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus était resté à Jérusalem et eux « ne le savaient pas ». N’est-ce pas surprenant ? Joseph et Marie savaient que le jeune enfant qui leur avait été confié était le Fils de Dieu, venu ici-bas comme homme ; il semble donc qu’ils auraient dû veiller sur lui avec un soin particulier, sans un moment de défaillance. Et cet enfant de douze ans reste à Jérusalem tandis qu’eux ignorent où il se trouve, se bornant à supposer « qu’il était dans la troupe des voyageurs » (ib. 44). Oui, une telle insouciance nous étonne. Mais que dire de celle de parents chrétiens qui « ne savent pas », eux non plus, où sont leurs enfants — nous voulons dire : où ils en sont moralement et spirituellement ? qui se contentent peut-être de penser qu’ils sont « dans la troupe chrétienne » ? Des parents chrétiens savent pourtant le prix d’une âme que Dieu a voulu leur confier ; n’est-il pas primordial qu’ils s’occupent de cette âme, qu’ils prennent soin de leur enfant, de chacun de leurs enfants, dans le sentiment de leur responsabilité à cet égard ? Combien il est important, en particulier, que de bonne heure ils habituent leurs enfants à « s’ouvrir » à eux, à leur dire tout ce qui les préoccupe, tout ce qui les trouble peut-être, tout ce qu’ils ont sur le cœur ! Combien il est important, pour cela, de ne jamais les rebuter, leur donner une réponse qui les décourage ; peu à peu, l’enfant perdra l’habitude d’interroger ses parents, de leur demander aide et conseils — qu’il ira chercher ailleurs — et, lorsqu’il sera parvenu à l’adolescence, les parents seront alors surpris de le voir entièrement replié sur lui-même, ne disant plus rien de ce qu’il pense, de ce qu’il fait ou veut faire. Lorsqu’il en est ainsi, les parents, avec tristesse, doivent constater qu’ils « ne savent pas » où en sont leurs enfants !

 

1.6.2       Luc 2:45-47

Un détail — qui doit parler aussi à des parents chrétiens — nous montre également combien peu Marie et Joseph connaissaient les pensées et les désirs de l’enfant que Dieu leur avait confié : arrivés à Jérusalem, ils le cherchent « trois jours » avant d’aller au temple. N’était-ce pas là pourtant qu’ils auraient dû se rendre tout aussitôt ? Le désir du cœur de cet enfant, c’était de se trouver dans la maison de Dieu, de s’entretenir avec ceux qui connaissaient et enseignaient la loi de son Dieu, cette loi qu’il méditait « jour et nuit ». Marie et Joseph paraissent l’ignorer ! — Mais combien est parfait, en tout temps et en toutes choses, Celui qui est notre Modèle ! Fils de Dieu, il pouvait enseigner et reprendre même, les docteurs de la loi ; Fils de l’homme, âgé de douze ans, il n’était pas convenable qu’il enseignât des hommes âgés, les docteurs de la loi du Dieu d’Israël. Ce n’était pas la place d’un enfant de douze ans. Aussi, assis au milieu d’eux, il se borne à les écouter et à les interroger. Mais ses questions dénotaient, sans aucun doute, une intelligence remarquable de la Parole de Dieu ; elles témoignaient du fait qu’il l’avait lue avec application et profond intérêt, qu’il l’avait méditée, qu’il en était nourri. Alors, à leur tour, les docteurs de la loi l’interrogent, et ils « s’étonnaient de son intelligence et de ses réponses ». De l’intelligence et des réponses d’un enfant de douze ans !

 

1.6.3       Luc 2:48-51

Venue dans le temple, sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait ainsi ? Voici, ton père et moi nous te cherchions, étant en grande peine » (ib. 48). « Ton père »... Mais Joseph n’était pas son père ! Et qui le savait mieux que Marie ? Cependant, était-il convenable qu’un enfant — et un enfant de douze ans surtout — reprenne sa mère ? Si l’enfant Jésus l’avait fait, il n’eût pas été en cela un modèle à imiter. Il ne pouvait d’ailleurs pas le faire, dans l’humanité parfaite qui était la sienne. Mais d’un autre côté, maintenir la vérité, parler la vérité, fait aussi partie de la perfection qui doit briller en Lui. Comment donc les deux choses vont-elles être conciliées ? Elles le sont dans l’admirable réponse que l’enfant Jésus adresse à sa mère : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? » (v. 49). Ils ignoraient que le désir de son cœur était de se consacrer entièrement au service, au témoignage, à la gloire de son Père, à tout ce qu’il résume dans cette expression : « aux affaires... ». De mon Père ! Son Père, c’est Dieu lui-même ; il est le Fils de Dieu et, comme homme, il est né de l’Esprit Saint. Avec quelle sagesse, quelle douceur et quelle perfection, la vérité se trouve rétablie, maintenue, sans que pour autant l’enfant manque au respect qu’il doit à sa mère ! Quel exemple pour de jeunes enfants ! Mais quel exemple aussi pour nous qui, si facilement, nous « embarrassons dans les affaires de la vie » (2 Tim. 2:4) ! Lui, était aux « affaires de son Père » !

Tout cela va-t-il conduire l’enfant Jésus à prendre une place, une position de supériorité vis-à-vis de Marie et de Joseph ? Il demeure, quoi qu’il en soit, dans l’humilité et la soumission. Cela convenait à un enfant de douze ans : Il « leur était soumis» (v. 51). Que nul enfant de parents chrétiens ne perde de vue un tel exemple de soumission ! N’est-il pas nécessaire de le rappeler dans les jours actuels surtout ?

 

1.6.4       Luc 2:52

Le verset 52 de ce chapitre 2 de l’évangile de Luc semble résumer en quelques mots ce qui a caractérisé la deuxième partie de la vie de l’Homme parfait, de douze à trente ans. C’est pendant cette période de sa vie qu’il a été « le charpentier » (Marc 6:3). Il a donc travaillé de ses propres mains. N’y aurait-il pas aujourd’hui une certaine tendance à dénigrer les métiers manuels, à les considérer comme d’un rang inférieur et à ne vouloir se livrer qu’à des travaux intellectuels ? Considérer cette partie de la vie du Seigneur comporte donc un enseignement pour nous et, comme nous l’avons déjà remarqué, il faut rappeler ici que le Père a exprimé le « plaisir » qu’il a trouvé dans la vie de son Fils bien-aimé pendant ces trente années   l’Homme Christ Jésus est donc un exemple pour de jeunes enfants, mais aussi pour ceux qui ont grandi et ont une profession à exercer ; dans l’exercice de cette activité, ils doivent se comporter de manière telle qu’ils puissent plaire à Dieu.

 

1.7      Début du Seigneur à 30 ans seulement. Luc 3:23

Pourquoi le Seigneur a-t-il attendu d’avoir atteint l’âge de trente ans pour entrer dans son ministère ? En premier lieu, homme dépendant, il ne faisait rien sans avoir un ordre de son Père : il n’agissait pas de sa propre volonté mais accomplissait, en toutes choses, la volonté de Celui qui l’avait envoyé (cf. Jean 5:30). En second lieu, il était ici-bas le parfait Lévite et le service lévitique commençait à trente ans (cf. Nomb. 4:3, 23, 30, 35, 39, 43, 47 — cette indication est donnée sept fois dans ce chapitre). Enfin, avant l’entrée dans le service, il y a une période de préparation combien nécessaire. Tous les hommes de Dieu qui ont été appelés à servir ont dû passer à l’école de Dieu (il en est de même encore aujourd’hui pour tout serviteur) ; il y avait bien des choses dont ils avaient besoin d’être dépouillés, bien d’autres qu’ils devaient au contraire apprendre, il y avait toute une formation indispensable pour que puisse être accompli ensuite un service fidèle. Assurément, il n’y avait en Christ nul dépouillement à opérer ; mais, comme homme, et tandis qu’il exerçait le métier de charpentier, il a voulu se soumettre à cette période de préparation au service, afin d’être là comme en toutes choses un Modèle, le Modèle du vrai serviteur jusque dans sa préparation au service.

Pendant ces dix-huit années, « Jésus avançait en sagesse et en stature » : le développement spirituel allait de pair avec le développement physique, et même le primait. Dans un tel chemin, il était « en faveur auprès de Dieu et des hommes », auprès de Dieu d’abord : ce qu’il recherchait avant tout c’était la pensée de son Dieu, la communion avec Lui, son approbation et sa bénédiction. Là encore, imitons-le, nous qui avons si souvent tendance à rechercher surtout, parfois peut-être uniquement, l’approbation — voire même les flatteries — des hommes !

 

1.8      Le Seigneur au baptême de Jean

Alors qu’il « commençait d’avoir environ trente ans », Jésus entre dans son ministère, qu’il va remplir d’abord au milieu d’Israël. Les foules comprenaient deux groupes bien différents : d’une part « le peuple et les publicains » qui « justifiaient Dieu, ayant été baptisés du baptême de Jean » et d’autre part, « les pharisiens et les docteurs de la loi » qui « rejetaient contre eux-mêmes le conseil de Dieu, n’ayant pas été baptisés par lui » (Luc 7:29, 30). C’était donc le baptême de Jean, le baptême de la repentance, qui divisait le peuple en deux classes ; le Seigneur ne pouvait aller qu’avec ceux qui « justifiaient Dieu », aussi vient-il prendre place au baptême, parmi les disciples de Jean. Mais Dieu ne veut pas qu’il soit confondu avec des pécheurs repentants, Lui qui n’avait pas besoin de repentance ; c’est pourquoi le ciel s’ouvre sur Lui, la voix du Père proclamant son excellence et exprimant la satisfaction entière qu’il a trouvée en Lui : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir » (Luc 3:21 à 23).

 

1.9      Le Seigneur en prière

1.9.1       7 fois le Seigneur en prière, dont 3 seulement selon Luc

Dans quelle attitude voyons-nous Jésus au Jourdain ? Priant. Cet Évangile, on l’a souvent remarqué, nous présente le Seigneur en prière en sept occasions différentes durant son cheminement sur la terre (à cet ensemble remarquable, il faut ajouter la prière adressée à son Père alors qu’il était crucifié : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » — Luc 23:34) : 3:21 ; 5:16 ; 6:12 ; 9:18 et 28 ; 11:1 et 22:42. Dans trois circonstances — baptême, appel des douze, scène de la transfiguration — seul le texte de Luc nous montre le Seigneur en prière. Il est hors de doute que le Seigneur, homme ici-bas, a prié beaucoup plus de sept fois ; si l’Évangile de Luc nous rapporte seulement ces sept prières du Seigneur, c’est bien parce que nous devons voir là un ensemble complet : la vie de Christ dans ce monde a été par excellence une vie de prières. Une fois encore, quel exemple et quel Modèle !

 

1.9.2       Importance de la prière et de la Parole -- pour la vie des assemblées

Nous avons dit, tout au début de ces pages, que nous avions à notre disposition les mêmes précieuses ressources que celles auxquelles le Seigneur a puisé pour vivre ici-bas la vie parfaite qu’il y a vécue. Ces deux ressources essentielles sont la Parole et la prière, les deux piliers de la vie chrétienne, a-t-on dit bien des fois. N’est-il pas vrai que nos vies seraient bien différentes si la Parole et la prière y occupaient la place qu’elles tenaient dans la vie du Seigneur ? Mais la Parole et la prière ne sont pas seulement les ressources fondamentales de la vie individuelle ; elles sont tout aussi nécessaires et indispensables pour la vie des assemblées. Si, dans une assemblée, la réunion de prières et la réunion pour le ministère de la Parole — réunion d’édification ou réunion d’études — sont négligées, la vie de l’assemblée en souffrira inévitablement, elle manquera d’assises solides. Tôt ou tard, afin de manifester son réel état, le Seigneur fera passer une telle assemblée par des exercices, plus ou moins douloureux, qui devraient avoir pour premier résultat d’ouvrir les yeux sur les défaillances qu’il convient de reconnaître avec humiliation et auxquelles il est nécessaire de remédier. — Une assemblée, peu nombreuse peut-être, dans le sentiment de sa très grande faiblesse, estimerait-elle qu’elle ne peut se réunir que pour rendre culte ? Ne devrait-elle pas, au contraire, sentir plus qu’aucune autre le besoin de prier ? Dieu seul peut donner ce qui est nécessaire pour nourrir et fortifier les âmes, suppléer à l’extrême faiblesse, relever le niveau spirituel, encourager et bénir. C’est à Lui que, réunis en assemblée, les frères et sœurs doivent s’adresser avec instance et persévérance ! Et quelle est l’assemblée, si pauvre de ressources qu’elle se sente, qui ne pourrait se réunir pour la lecture de la Parole si même, dans son sein, aucun frère n’a reçu du Seigneur un don particulier à exercer pour la méditation de ce qui a été lu ? Réaliser la présence du Seigneur, goûter la saveur de la Parole, la recevoir avec toute sa puissance et sa divine autorité, n’y a-t-il pas là pour l’assemblée réunie une réelle édification et une source de riches bénédictions ? Le Seigneur ne peut pas ne pas répondre à l’attente de ceux qui sont ainsi rassemblés autour de Lui et comptent entièrement sur Lui ! N’oublions pas que les réunions les plus heureuses et les plus bénies sont celles où la présence du Seigneur est effectivement sentie, où chacun en jouit profondément dans son âme, et cela est indépendant de l’exercice des dons.

Y aurait-il des assemblées qui ne se réuniraient pour la prière qu’à intervalles largement espacés ? Se pourrait-il qu’il y ait dans l’assemblée locale si peu de besoins à présenter qu’il suffise d’une heure, de loin en loin, pour s’approcher du trône de la grâce ? Que les cœurs alors s’élargissent et pensent aux autres assemblées comme aussi à tous ceux qui font partie de la famille de Dieu, et même à tous les hommes. Le champ est si vaste, les besoins sont si nombreux et si pressants partout...

La réunion pour le ministère de la Parole et la réunion de prières sont donc primordiales pour la vie d’une assemblée. Mais, dira-t-on, n’est-ce pas la réunion de culte qui est la réunion principale ? Sans aucun doute. Mais le culte, tout à la fois, s’improvise et se prépare. Il se prépare dans les cœurs ; il se prépare, individuellement aussi bien que collectivement, dans une vie nourrie de Christ, de la Parole, enrichie dans la jouissance des choses célestes, dans une vie de prières. De telle sorte que, pour l’assemblée, ce sont dans une large mesure —en dehors de la « préparation » individuelle — les réunions pour le ministère de la Parole et les réunions de prières qui « préparent » les réunions pour le culte. Et l’adoration de l’assemblée souffrira des défaillances manifestées dans les réunions d’édification ou d’études de la Parole et dans les réunions de prières. Pensons-y si nous avons vraiment à cœur de ne pas frustrer Dieu de la louange qui Lui est due !

 

1.10  Le Seigneur notre modèle quel que soit notre âge

Le Seigneur est donc notre parfait Modèle, un Modèle pour de jeunes enfants déjà — pour un croyant dans l’exercice de sa profession — pour les croyants dans toute leur vie chrétienne, individuelle et collective.

 

1.11  L’homme céleste triomphant de Satan

Au baptême de Jean, « l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe » (Luc 3:22). Né du Saint Esprit, l’Esprit descend maintenant sur lui et va le conduire, comme homme, dans son ministère. C’est au chapitre 4 de cet évangile que nous voyons le Seigneur entrer dans ce ministère, « plein de l’Esprit Saint » et « mené par l’Esprit dans le désert » (v. 1, 2). Le début de ce chapitre nous montre l’homme céleste luttant contre la puissance de Satan et en triomphant (v. 1 à 13).

L’homme céleste, c’est l’homme caractérisé par la vie de résurrection — la chair étant mise de côté à la croix — et la puissance du Saint Esprit. L’épître aux Éphésiens, tout particulièrement, nous présente le croyant comme ayant « dépouillé le vieil homme » et étant appelé à manifester la vie de Dieu qu’il possède désormais, vie dont Christ, homme ici-bas, a été la parfaite expression. Christ est donc là encore notre Modèle, le véritable homme céleste que nous sommes exhortés à reproduire (Éph. 4:20 à 24 ; 5:1, 2). Nous sommes introduits dans la condition d’homme céleste d’une manière semblable à celle dans laquelle Christ, homme, y est entré : par la mort et la résurrection (Jésus, baptisé d’eau, est sorti des eaux du Jourdain) et, ensuite, par le sceau du Saint Esprit (« l’Esprit Saint descendit sur lui... »). L’entrée dans les lieux célestes place le fidèle en présence de « la puissance spirituelle de méchanceté » dont nous parle Éphésiens 6:12 ; c’est pourquoi Jésus est aussitôt en face de Satan (Luc 4:3). C’est pourquoi aussi, sans doute, Il triomphe de l’adversaire en lui citant, à chacune des trois tentations, un verset du Deutéronome — livre dans lequel, par la bouche de Moïse, l’Éternel déclare au peuple comment, après qu’il aura passé le Jourdain (figure de notre mort et de notre résurrection avec Christ) pour entrer en Canaan (figure des lieux célestes), il pourra triompher des ennemis (figure de « la puissance spirituelle de méchanceté » d’Éphésiens 6) et posséder le pays.

Christ a subi les assauts de Satan et en a triomphé. Il ne pouvait succomber, lui qui dira plus tard : « Le chef du monde vient, et il n’a rien en moi » (Jean 14:30). Mais ce n’est pas pour cela qu’il faudrait penser qu’il n’est pas notre Modèle dans le combat à livrer contre l’adversaire : les exhortations de l’épître aux Éphésiens sont basées sur le fait que nous avons « dépouillé le vieil homme » et l’apôtre Jean écrit : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher parce qu’il est né de Dieu » (1 Jean 3:9). Christ est donc bien notre Modèle dans la lutte, mais encore il y est notre puissant secours, notre fidèle soutien. Certes, il ne pouvait être vaincu par l’adversaire, mais « étant tenté » il a souffert : c’est l’homme céleste qui livre le combat, mais c’est « l’homme » et, comme tel, il souffre dans la lutte. Et « en ce qu’il a souffert lui-même, étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés » (Héb. 2:18).

 

1.12  Résumé - conclusion

Nous avons dans la Parole tous les enseignements, toutes les exhortations, tous les encouragements nécessaires pour vivre une vie à la gloire de Dieu et toutes les ressources dont nous avons besoin pour cela sont à notre disposition. Par dessus tout, nous avons un Modèle parfait qui a vécu cette vie et que nous sommes appelés à imiter. En pensant à celui qui pouvait assurer en vérité : « Pour moi, vivre c’est Christ » (Phil. 1:21), nous disons volontiers : pour vivre ainsi, il n’avait pas d’autres ressources que celles qui sont encore aujourd’hui les nôtres. C’est vrai, mais n’oublions pas que Christ lui-même, homme ici-bas, avec ces mêmes ressources, a vécu une vie qui, du commencement à la fin, a été pour l’entière satisfaction de son Dieu et Père. Certes, il est le « Modèle inimitable », ainsi que l’exprime un de nos cantiques, mais il est pourtant le Modèle que nous sommes exhortés à imiter. Seul l’ennemi pourrait nous suggérer qu’il est trop grand, trop haut pour nous, que par conséquent il est inutile de nous engager dans de vains efforts en vue d’un but qui ne sera jamais atteint. Le langage de l’Écriture est tout autre : « Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2:21).

Que sa Personne occupe davantage nos pensées et surtout, remplisse nos cœurs, que nous puissions Le voir marcher dans le sentier qu’il a suivi et qu’ainsi nous réalisions, au moins dans une mesure, ce à quoi nous sommes exhortés : « marcher comme lui a marché » (1 Jean 2:6).

 

Oh !si mes yeux pouvaient sans cesse

Suivre cet astre glorieux,

Si je pouvais de ta tendresse

Voir tous les reflets radieux,

 

Mon âme alors, pleine de zèle,

Saurait t’aimer plus ardemment,

Et, connaissant mieux son modèle,

Prendrait tout son accroissement.

 

 

2                    L’obéissance de notre Divin Modèle

ME 1975 p. 65, 85

2.1   Psaume 40 et Hébreux 10. Obéissance et sacrifice

« Au sacrifice et à l’offrande de gâteau tu n’as pas pris plaisir : tu m’as creusé des oreilles ; tu n’as pas demandé d’holocauste ni de sacrifice pour le péché. Alors j’ai dit : voici, je viens ; il est écrit de moi dans le rouleau du livre » (Ps. 40:6, 7). Conduit par l’Esprit Saint, David exprime prophétiquement, dans ces deux versets, ce qui devait être dit par le Fils de Dieu « en entrant dans le monde » (Héb. 10:5). Ces paroles sont en effet reprises par l’auteur inspiré de l’Épître aux Hébreux, mais avec quelques différences, comme c’est généralement le cas lorsque des passages de l’Ancien Testament sont cités dans le Nouveau — notamment celle-ci : l’expression du Ps. 40 « tu m’as creusé des oreilles » est remplacée, dans les Hébreux, par « tu m’as formé un corps ». Nous en comprenons la raison. Dans l’Épître aux Hébreux, il est question des sacrifices offerts sous le régime de la loi, qui ne pouvaient « rendre parfaits ceux qui s’approchent » ; en contraste, nous est présenté le parfait sacrifice, « l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (10:10). Du moment qu’il s’agit de l’offrande de son corps, l’Esprit de Dieu place dans la bouche de Celui qui venait présenter cette offrande l’expression « tu m’as formé un corps », le corps qu’Il allait livrer en saint et parfait sacrifice. — Remarquons, par parenthèse, que dans ce passage des Hébreux, il est parlé une fois de l’offrande de son corps et une fois du sang versé : « l’offrande du corps de Jésus Christ » et « le sang de Jésus » (v. 10:19).

Dans le Ps. 40 nous avons plutôt la pensée du service ; sans doute y est-il question aussi du sacrifice de Christ, les deux premiers versets, les versets 12 et 13 l’annoncent prophétiquement en nous donnant les paroles qui seront dans Sa bouche au moment suprême où Il confessera nos iniquités comme siennes, mais l’Esprit de Dieu, par la plume de David, place devant nous plus particulièrement le sentier d’obéissance du parfait Serviteur, Christ dans ce sentier. Un serviteur qui désire être fidèle et obéissant doit, en premier lieu, connaître la volonté de son maître ; il a donc besoin d’écouter et c’est pourquoi nous avons ici l’expression « tu m’as creusé des oreilles ». Elle nous dit ce que Dieu avait préparé pour Christ dès son entrée dans le monde, comme Ésaïe 50 exprime ce que Dieu opérait pour lui tout le long de son chemin : « Il me réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne. Le Seigneur l’Éternel m’a ouvert l’oreille, et moi je n’ai pas été rebelle, je ne me suis pas retiré en arrière » (v. 4, 5). Dans l’un et l’autre passage, c’est Christ qui parle par l’Esprit prophétique.

Remarquons encore, à l’appui de ce que nous venons de dire, que le verset 8 du Ps. 40 n’est pas cité dans le chapitre 10 de l’Épître aux Hébreux ; nous y avons seulement ces quelques mots ajoutés à la citation du verset 7 : « pour faire, ô Dieu, ta volonté » et encore, plus loin : « Voici, je viens pour faire ta volonté ». (v. 7, 9). Dans le verset 8 du Ps. 40, Christ exprime prophétiquement toute la joie qu’il éprouve en venant ici-bas pour y être le parfait Serviteur de l’Éternel : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au-dedans de mes entrailles ». Quelle satisfaction pour son cœur à la pensée que son Père peut maintenant avoir un homme sur la terre accomplissant toute Sa volonté ! Une telle pensée le remplit d’une joie profonde. La loi de son Dieu est au-dedans de ses entrailles, elle est l’objet de ses affections parce que tous les désirs de son cœur sont tournés vers son Dieu et que cette loi est la loi de son Dieu !

En résumé, si les deux côtés — son obéissance et son sacrifice — nous sont présentés dans le Ps. 40 et dans le chapitre 10 de l’Épître aux Hébreux — tant il est vrai que les deux sont étroitement liés l’un à l’autre — le premier de ces deux passages met plutôt l’accent sur son obéissance et le second sur son sacrifice, ce que traduisent les deux expressions « tu m’as creusé des oreilles » et « tu m’as formé un corps ». Dans un cas comme dans l’autre, c’est Dieu qui a opéré.

 

2.2   Christ : joie de l’obéissance, et souffrance

Christ a éprouvé une joie profonde dans l’obéissance à son Dieu et Père, Il y trouvait « ses délices ». Au moment de s’engager dans un tel chemin, qui pouvait dire mieux que lui : « Et je trouverai mes délices en tes commandements que j’ai aimés » (Ps. 119:47) ? — Mais, d’un autre côté, dans ce chemin, Il a connu la souffrance : « Quoiqu’il fût Fils, il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes » (Héb. 5:8). « Étant en forme de Dieu », Il « n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave... » (Phil. 2:6, 7). Il a voulu prendre la forme d’esclave, celle d’un homme et d’un homme qui ne s’appartient plus, qui n’appartient qu’à son maître. Obéir est ce qui convient à la condition de l’homme — c’est sa gloire — et Il était Dieu ; mais venant ici-bas comme homme, sans jamais cesser d’être Dieu — et il était impossible qu’Il cessât de l’être — Il a revêtu une condition nouvelle, condition dont le caractère propre est de ne pas vouloir et agir par soi-même, mais d’obéir. C’est ainsi qu’Il a dû « apprendre l’obéissance » et cela sous les conséquences de la désobéissance du premier homme. C’était, en effet, dans une terre de délices, dans le jardin d’Éden où tout était disposé pour son bonheur, que le premier homme avait à obéir ; Christ, venant ici-bas pour vivre la vie d’obéissance que le premier homme a été incapable de vivre, a dû cheminer dans un monde marqué par les conséquences de la désobéissance d’Adam. Tout était contre lui dans un tel sentier, tout était opposé à Dieu, mais rien ne l’a arrêté : la gloire de l’homme est dans l’obéissance, Sa gloire a brillé du commencement à la fin de sa vie dans une obéissance entière à la volonté de son Dieu et Père, quelles que fussent les souffrances qu’il eût à endurer.

Le verset 7 d’Hébreux 5 nous dit quelque chose du terrible combat de Gethsémané, moment suprême où Il a déclaré à son Père : « Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » (Luc 22:42), mais c’est dès son entrée dans le monde qu’Il a « appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes » (Héb. 5:8). Gethsémané a été le point culminant, celui où son obéissance a été mise à l’épreuve comme jamais elle ne l’avait été auparavant. Philippiens 2 nous dit qu’il est « devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (v. 8) ; sa mort, la mort de la croix, nous est présentée là comme la mise à l’épreuve de son obéissance : Il a préféré mourir, mourir de « la mort de la croix », plutôt que de ne pas obéir à la volonté de son Dieu et Père. La mise à l’épreuve de l’amour, c’est l’obéissance : son obéissance a été parfaite et entière parce que son amour était infini. Il pouvait dire, bien mieux encore que le serviteur hébreu : « J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre... » ; c’est ainsi qu’il est constitué Celui qui « servira à toujours » (Ex. 21:5, 6).

 

2.3   1 Pierre 2:21. Christ le modèle

L’apôtre Pierre écrit : « Car aussi Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2:21). En le contemplant avec adoration dans le chemin d’obéissance qui a été le sien, ne perdons pas de vue que nous avons aussi à l’y considérer comme Modèle. Nous avons été, écrit encore le même apôtre, « élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ » (ib. 1:2), c’est-à-dire pour obéir comme Christ a obéi ! Élus pour être avec Christ pendant une éternité de gloire et de bonheur, nous le rappelons volontiers avec reconnaissance et actions de grâces, mais nous perdons de vue parfois que nous avons aussi été élus pour être avec Christ présentement dans le chemin de l’obéissance à la volonté de Dieu, obéissant comme Lui a obéi !

 

2.4   Obéissance et humanité du Seigneur Jésus d’après l’évangile de Jean

Les évangiles retracent la vie de Christ sur la terre, sa vie d’obéissance. Mais c’est sans doute dans l’évangile selon Jean que, plus encore que dans les trois autres, nous voyons briller l’obéissance du saint Fils de Dieu, de Celui qui « étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes » et qui, « étant trouvé en figure comme un homme », « s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2:5 à 8).

Parcourons cet évangile et contemplons dans un tel chemin le Fils de Dieu, Homme parfaitement obéissant.

 

2.4.1       Jean 4:34. Christ : ma viande est de faire la volonté de mon Père

« Jésus leur dit (à ses disciples) : Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (4:34).

Faire la volonté de celui qui l’a envoyé ! C’est pour cela qu’il est venu et c’est ce en quoi il trouve « ses délices », selon l’expression du Ps. 40, « sa viande » selon l’expression de Jean 4. Sa joie, sa nourriture, c’est d’accomplir la volonté de son Père ; dans l’obéissance à cette volonté, il trouve la nourriture de son âme et la joie de son cœur. — Il le déclare ici à ses disciples, dès son entrée dans son ministère, qui commence dans cet évangile par son entretien avec la femme samaritaine. Il a trouvé un cœur disposé à écouter, à recevoir sa parole, une pauvre pécheresse qui a été amenée à dire aux hommes de la ville : « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il point le Christ ? » (ib. 28 à 30) ; de sorte qu’Il était rafraîchi bien autrement et bien davantage que par l’eau de la fontaine de Jacob, rafraîchi dans son cœur et nourri dans son âme. Ayant fait la volonté de Celui qui l’avait envoyé, il pouvait en voir quelques fruits. Celui qui l’avait envoyé ici-bas avait préparé pour lui une « œuvre » et le fidèle Serviteur était heureux de l’accomplir. « Son œuvre » : non pas celle du Serviteur, mais celle de Dieu lui-même, celle du Maître qui avait envoyé le Serviteur dans ce monde. Quel modèle à imiter ! Gardons-nous de parler de notre œuvre, de notre travail, de notre service, réalisons l’exhortation de 1 Cor. 15:58 : « Soyez fermes, inébranlables, abondant toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur ». Qu’il nous soit accordé d’accomplir une œuvre de telle manière que ce qui est de l’instrument disparaisse, afin que soit vu seulement ce que le Seigneur a opéré. Tel a été le service de Christ ici-bas : accomplissant l’œuvre de son Dieu, présentant une doctrine dont il pouvait dire qu’elle n’était pas la sienne, mais celle du Dieu qui l’avait envoyé (cf. Jean 7:16).

 

2.4.2       Jean 5:19-20. Le Fils ne fait rien de lui-même

« Jésus donc répondit, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu’il ne voie faire une chose au Père, car quelque chose que celui-ci fasse, cela, le Fils aussi de même le fait » (5:19, 20).

S’opposant à Jésus, « les Juifs cherchaient d’autant plus à le faire mourir », pour les deux raisons qui nous sont indiquées au verset 18 de ce chapitre : d’une part, prétendaient-ils, Il violait le sabbat (mais n’était-il pas « seigneur aussi du sabbat » ? — cf. Marc 2:23 à 28) et, d’autre part, « il disait que Dieu était son propre Père, se faisant égal à Dieu ». Certes, Dieu était son propre Père ; cependant « étant en forme de Dieu », Il « n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave... » (Phil. 2:6, 7). Et c’est ce que Jésus répond aux Juifs : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même... » Quel anéantissement ! Quel abaissement ! Quelle « forme » a voulu prendre le Fils de Dieu, « la forme d’esclave », de l’esclave qui n’a aucune volonté propre et ne connaît que celle de son maître, qui « ne peut rien faire de lui-même » et fait toujours, et seulement, ce que son maître lui commande. Pleine et parfaite révélation de Dieu dans l’humanité qu’Il a voulu revêtir, Il dépend entièrement de son Dieu et ne sort pas du sentier de l’obéissance : ainsi qu’un autre l’a exprimé, nous avons en Christ venu dans ce monde « l’union absolue de la divinité toute-puissante et de l’humanité dépendante ».

 

2.4.3       Jean 5:30. La volonté de Celui qui m’a envoyé

« Je ne puis rien faire, moi, de moi-même ; je juge selon ce que j’entends, et mon jugement est juste ; car je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (5:30).

Le Seigneur reprend l’expression qu’il a déjà employée, affirmant qu’il ne peut rien faire de lui-même, Lui qui est le Créateur des mondes : « toutes choses ont été créées par lui et pour lui ; et lui est avant toutes choses, et toutes choses subsistent par lui » (Col. 1:16, 17). Il parle ensuite de l’appréciation qu’il avait de toutes choses : il les appréciait « selon ce qu’il entendait », c’est-à-dire d’après les communications qu’il recevait de son Père et c’est ainsi qu’il avait, comme homme ici-bas, un « jugement juste », une appréciation des hommes et des choses correspondant à la pensée de son Dieu. Il y avait une deuxième raison qui lui permettait d’avoir en toutes circonstances un jugement juste : il ne cherchait pas sa volonté mais la volonté de celui qui l’avait envoyé. Son obéissance, sa dépendance, le désir qui était le sien de rechercher en tout temps la volonté de son Père le conduisait, comme homme, à un sain discernement, à un jugement juste.

Quel enseignement pour nous ! Comment pouvons-nous avoir un jugement juste ? Premièrement, en jugeant d’après ce que nous entendons, c’est-à-dire d’après ce que Dieu se plaît à nous dire dans sa Parole ; deuxièmement, en mettant de côté toute volonté propre pour ne rechercher que l’obéissance à la volonté de Dieu. Cela nous fait comprendre pourquoi nous avons si souvent un jugement faussé, alors que pourtant nous prétendons voir les choses clairement et justement.

La dépendance, l’obéissance nous permettront d’avoir un jugement spirituel juste, formé par la Parole et l’Esprit de Dieu, et nous procureront en outre la connaissance (cf. Jean 7:17) et la communion (ib. 14:23).

 

2.4.4       Jean 6:37-40. La volonté du Père

« Tout ce que le Père me donne viendra à moi ; et je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi ; car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. Or c’est ici la volonté de celui qui m’a envoyé : que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. Car c’est ici la volonté de mon Père : que quiconque discerne le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (6:37 à 40).

Le Seigneur en donne ici l’assurance : tous ceux que le Père lui a donnés (cf. Jean 17:6), tous les élus en Christ seront manifestés et viendront à lui. Une personne inconvertie aurait-elle le droit de dire : Si je ne compte pas parmi les élus, il m’est impossible d’être sauvée ? En aucune manière, car le Seigneur ajoute : « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi ». Nul ne pourra jamais dire qu’il est allé à Jésus le Sauveur et qu’il a été repoussé. Telle est la volonté de Dieu. Le Seigneur est venu du ciel, non pour faire sa volonté, mais la volonté de celui qui l’a envoyé. Il fait connaître cette volonté, d’abord pour ce qui le concerne, ensuite pour ce qui concerne ceux qu’il est venu racheter. En premier lieu : « Or c’est ici la volonté de celui qui m’a envoyé : que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné » (v. 39). Cette volonté sera obéie ; dans sa prière, rapportée au chapitre 17, se plaçant au-delà de la croix et considérant l’œuvre comme achevée, le Seigneur dit à son Père : « J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’entre eux n’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’écriture fût accomplie » (v. 12). En second lieu « Car c’est ici la volonté de mon Père : que quiconque discerne le Fils et croit en lui ait la vie éternelle » (v. 40). Le premier point est en rapport avec le début du verset 37 et le second, avec la fin de ce verset. « Quiconque » : ce mot nous dit bien que tout homme est responsable de croire, de discerner le Fils de Dieu en Celui qui est venu dans ce monde comme homme pour le salut de sa créature perdue. Nul ne peut dire qu’il est exclu de ce « quiconque » (cf. 3:16).

 

2.4.5       Jean 7:16-18. Christ : je ne parle pas de moi-même

« Jésus donc leur répondit, et dit (aux Juifs) : Ma doctrine n’est pas mienne, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu, ou si moi je parle de par moi-même. Celui qui parle de par lui-même cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui » (7:16 à 18).

Jésus s’est engagé dans un chemin où il avait le désir de faire briller la gloire de son Dieu et Père, il ne cherchait pas sa propre gloire. Il ne revendique pas comme sien l’enseignement qu’il donne, il le présente comme étant celui du Dieu qui l’a envoyé ici-bas. Comme il avait dit : « Je ne puis rien faire, moi, de moi-même » (5:30 ; et aussi v. 19), Il déclare maintenant : je ne parle pas « de par moi-même ». Ce qu’il « parlait », ce qu’il enseignait, c’était la doctrine de Dieu. — Celui qui est disposé à se soumettre à la volonté de Dieu aura pleinement conscience que l’enseignement est celui de Dieu lui-même. Dépendance et obéissance donnent un jugement juste et, également, la connaissance de l’enseignement divin.

 

2.4.6       Jean 8:28, 29. Christ faisait et parlait comme le Père avait enseigné

« Jésus donc leur dit (aux Juifs) : Quand vous aurez élevé le fils de l’homme, alors vous connaîtrez que c’est moi, et que je ne fais rien de moi-même, mais que, selon que le Père m’a enseigné, je dis ces choses. Et celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent » (8:28, 29).

Une fois encore (cf. 5:19, 30 ; 7:17, 18), le Seigneur déclare qu’il ne peut rien faire de lui-même. Il agit, il parle « selon que le Père l’a enseigné ». Parfaitement obéissant, pleinement dépendant, dans un tel chemin il n’a qu’un désir : faire ce qui plaît à son Père. Qu’en est-il de nous ? Il nous arrive bien de faire ce qui plaît à Dieu, mais le faisons-nous toujours ou seulement dans les cas où ce qu’il convient d’accomplir nous est agréable à nous-mêmes ? Lorsque l’obéissance contrarie nos désirs, demande le brisement de notre volonté propre, nous estimons en bien des cas que le prix à payer est trop élevé, que le renoncement exigé nous coûte beaucoup trop ! Considérons notre divin et parfait Modèle : il n’avait qu’un désir, faire ce qui plaisait à son Père, quoi qu’il puisse lui en coûter, et quelque souffrance qu’il ait à endurer pour cela. Et c’est ce qu’il faisait toujours ! N’avait-il pas déclaré, par l’Esprit prophétique agissant en David, ce que nous lisons au Ps. 16 : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi ; parce qu’il est à ma droite je ne serai pas ébranlé » (v. 8) ? « Il ne m’a pas laissé seul », « Il est à ma droite » : il fait l’expérience du puissant secours de son Dieu dans le chemin où il le glorifie par son obéissance.

 

2.4.7       Jean 10:17, 18. Trois motifs du Seigneur pour laisser Sa vie

« À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne. Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre : j’ai reçu ce commandement de mon Père » (10:17, 18).

Dans le chapitre 10, le Seigneur donne trois motifs pour lesquels il laisse sa vie : afin que ses brebis aient la vie, la vie « en abondance » (v. 11), afin qu’elles jouissent d’une plénitude de communion avec lui (v. 14, 15), afin que son Père soit glorifié (v. 17, 18). Il a souvent été dit que le Fils avait alors donné à son Père un nouveau motif de l’aimer : son obéissance au commandement reçu de son Père — bien qu’il laissât sa vie « de lui-même » — prouvait son amour, et cette preuve d’amour qu’il donnait ainsi constituait un motif nouveau qu’avait le Père d’aimer le Fils. — Il s’offre « lui-même à Dieu sans tache » (Héb. 9:14), parfait holocauste offert tout entier sur l’autel en « odeur agréable à l’Éternel » (Lév. 1) ; il est la Victime volontaire, ce qui donne une valeur d’autant plus grande à son sacrifice — s’il en eût été autrement, comment son entier dévouement à son Dieu aurait-il été manifesté ? Celui qui a déclaré qu’il ne faisait rien de lui-même (8:28), qu’il ne pouvait rien faire de lui-même (5:19, 30), dit maintenant, à propos de sa vie : « Je la laisse de moi-même ». Mais en même temps — et il ne saurait y avoir là, à peine est-il besoin de le dire, aucune contradiction — il ajoute : « J’ai reçu ce commandement de mon Père », c’est-à-dire : le pouvoir de « laisser sa vie » et « de la reprendre » (pouvoir, et autorité de l’exercer — note en bas de page dans la Bible, traduction J. N. D.). Tout à la fois, il laisse sa vie « de lui-même » et il le fait dans l’obéissance au commandement reçu de son Père ! Comment entrer dans ces choses ? L’âme, confondue, se prosterne et adore !

 

2.4.8       Jean 11:41-42. Résurrection de Lazare

« Et Jésus leva les yeux en haut et dit : Père, je te rends grâces de ce que tu m’as entendu. Or moi je savais que tu m’entends toujours ; mais je l’ai dit à cause de la foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que toi, tu m’as envoyé » (11:41, 42).

Marthe et Marie font transmettre au Seigneur ce message : « Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade » (ib. 3). L’ayant entendu, Jésus dit : « Cette maladie n’est pas à la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (ib. 4). Par la plume de l’évangéliste, l’Esprit de Dieu souligne l’amour que Jésus avait pour Lazare et ses deux sœurs : « Or Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare » (ib. 5). Marthe et Marie en avaient la conscience, les termes de leur message en sont la preuve. Mais, quelque profond que fût cet amour, Jésus ne quitte pas aussitôt le lieu où il se trouvait pour se rendre auprès de ceux qui faisaient appel à lui : il ne s’est jamais laissé guider par ses sentiments propres, mais seulement par la volonté de son Père. Puissions-nous l’imiter quelque peu ! En combien de circonstances nos sentiments naturels ne sont-ils pas l’unique mobile de nos actions, alors que nous devrions en tout temps obéir à la Parole, faire passer l’obéissance avant tous les sentiments propres que nous pouvons éprouver ! Cette sentimentalité est l’un des pièges les plus dangereux que l’adversaire place sous nos pas. — Jésus demeure donc encore deux jours au lieu où il était, puis, ayant sans aucun doute une direction de son Père, « il dit à ses disciples : Retournons en Judée » (ib. 6, 7). À ce moment-là, bien qu’animés pourtant des meilleures intentions, les disciples sont les instruments dont se sert l’ennemi pour essayer d’arrêter le Seigneur dans le chemin de l’obéissance ; mais si, d’une part, Jésus ne fait rien tant qu’il n’est pas dirigé par son Père pour une action à exercer, d’autre part rien ne peut l’arrêter lorsque son Père l’envoie : il est prêt à tout endurer pour faire sa volonté.

Arrivé à Béthanie, Jésus témoigne sa profonde sympathie aux deux sœurs dans le deuil ; Il pleure, prenant part à leur douleur et, par ailleurs, considérant les conséquences visibles de l’entrée du péché dans le monde. Puis, il va au sépulcre où Lazare est couché depuis quatre jours déjà. C’est alors qu’il lève les yeux en haut et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m’as entendu ». C’est par le déploiement de sa puissance divine qu’il va ressusciter Lazare : il avait lui-même déclaré que le Fils de Dieu devait être glorifié à l’occasion de la maladie dont on venait de l’informer (ib. 4) et, par ailleurs, l’apôtre inspiré écrit qu’il est « déterminé Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts » (Rom. 1:4). C’est bien le Fils de Dieu qui crie à haute voix : « Lazare, sors dehors ! », car seule la voix du Fils de Dieu peut appeler un mort hors du sépulcre, lui donnant la vie. Mais en même temps, obéissant et dépendant, il s’adresse à son Père et reçoit cette résurrection comme une réponse à sa prière ! Amené à agir comme Fils de Dieu, il ne le fait pas autrement qu’en demeurant à la place qu’il a voulu prendre comme homme. Combien c’est admirable ! Ici encore, nous nous prosternons et nous adorons.

 

2.4.9       Jean 12:49-50. Le Père a commandé comment parler

« Car moi, je n’ai pas parlé de moi-même (c’est-à-dire : de mon propre fonds — voir la note, en bas de page, dans la Bible, traduction J. N. D.) ; mais le Père qui m’a envoyé, lui-même m’a commandé ce que je devais dire, et comment j’avais à parler ; et je sais que son commandement est la vie éternelle. Les choses donc que moi je dis, je les dis comme le Père m’a dit » (12:49, 50).

Le Seigneur arrive au terme de son ministère public parmi les Juifs, ministère commencé lors de son entretien avec la femme samaritaine. Sa « viande », la nourriture de son âme, était de faire la volonté de Celui qui l’avait envoyé et d’accomplir son œuvre (4:34) ; c’est bien ce qui avait caractérisé son ministère : il avait présenté la doctrine de son Dieu et non la sienne, il avait agi en toutes circonstances non selon sa volonté propre mais dans l’obéissance à la volonté de son Dieu. Tout en lui avait été la manifestation de Dieu à son peuple et à tous les hommes ; mais il était démontré ce qui est écrit tout au début de l’Évangile : « Il était dans le monde, et le monde fut fait par lui ; et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu » (1:10). Au moment où son rejet est consacré et où son service au milieu d’Israël prend fin, il place les Juifs en présence de leur si grande responsabilité : en le rejetant lui, c’était Dieu, le Dieu d’Israël, qu’ils rejetaient. La dernière parole qu’il leur adresse est particulièrement solennelle : il n’a jamais rien dit qui ne lui ait été donné par son Père, qui lui-même lui commandait ce qu’il devait dire et, plus encore, comment il avait à le dire (v. 49). Pouvait-il y avoir plus étroite dépendance plus entière obéissance ?

 

2.4.10    Jean 14:8-11. Le Père fait les œuvres

« Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ? Celui qui m’a vu, a vu le Père ; et comment toi, dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que moi je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que moi je vous dis, je ne les dis pas de par moi-même ; mais le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ; sinon, croyez-moi à cause des œuvres elles-mêmes » (14: 8 à 11).

Plus encore peut-être que par l’incompréhension des Juifs, le Seigneur a dû être profondément attristé par la question de Philippe. Nous venons de considérer quelque chose du chemin qu’il venait de parcourir dans son ministère parmi les Juifs, sa dépendance du Père, son obéissance à la volonté de son Père, et Philippe qui, avec les autres disciples, l’avait suivi, demande à voir le Père ! Avec quelle grâce le Seigneur lui répond !

 

2.4.11    Jean 14:21, 23. Notre obéissance

« Celui qui a mes commandements, et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui ». « ... Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (14:21, 23).

Il ne s’agit plus là de l’obéissance du saint Fils de Dieu, mais de celle qu’il nous demande de manifester. Si vraiment nous aimons le Seigneur, nous le prouverons par notre obéissance. Pouvons-nous dire que nous l’aimons lorsque nous n’obéissons pas à la Parole ? Et lorsque notre obéissance est mise à l’épreuve, c’est en fait la mise à l’épreuve de notre amour. S’il nous est parfois si difficile d’obéir (ne nous arrive-t-il pas même de dire que cela nous est absolument impossible ?), n’est-ce pas parce que nos affections pour le Seigneur sont attiédies, alors que notre cœur devrait brûler pour lui ? Si nous l’aimions davantage, nous obéirions avec plus de fidélité, plus de joie aussi : nous connaîtrions quelque chose de la joie que Christ a éprouvée dans son chemin d’obéissance (cf. Ps. 40:8).

 

2.4.12    Jean 14:30, 31. Faire comme le Père à commandé

« Je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car le chef du monde vient, et il n’a rien en moi ; mais afin que le monde connaisse que j’aime le Père ; et selon que le Père m’a commandé, ainsi je fais » (14:30, 31).

Le Seigneur ne se contente pas de nous adresser les exhortations contenues dans les versets 21 et 23 de ce chapitre, il se place devant nous comme un vivant exemple. Comment le monde peut-il connaître que Jésus aime le Père ? En ce qu’il fait « selon que le Père lui a commandé ». Disons par parenthèse que c’est sans doute le seul passage où le Seigneur déclare qu’il aime le Père : il n’avait pas besoin de le dire, il le montrait par son obéissance et c’est ce qui est souligné ici.

 

2.4.13    Jean 15:10. Garder les commandements

« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ; comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour » (15:10).

Pour jouir de la communion avec le Seigneur, pour « demeurer dans son amour », il faut « garder ses commandements ». Notre obéissance est la véritable preuve de notre amour, elle est aussi le seul moyen de jouir de l’amour du Seigneur. Elle est le secret de la communion : on ne peut goûter les douceurs de la communion avec le Seigneur en dehors du sentier de la dépendance et de l’obéissance. Et là encore, le Seigneur est notre parfait Modèle : il jouissait de la communion avec son Père, il demeurait dans son amour, parce qu’il gardait ses commandements.

 

2.4.14    Jean 17:4. L’œuvre achevée

« Moi, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (17:4).

Envoyé par le Père, il est venu ici-bas pour « accomplir son œuvre » (4:34), cette œuvre préparée pour lui par son Père et qu’il a accomplie entièrement, parfaitement. Au chapitre 17, dans la prière qu’il adresse à son Père, il se place au-delà de la croix et peut dire qu’il a « achevé l’œuvre ». Son obéissance a été jusqu’à la mort.

 

2.4.15    Jean 18:11. La coupe donnée à boire par le Père

« La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? » (18:11).

Celui qui revendique publiquement sa divinité (v. 5 — « Jésus leur dit : C’est moi », ou : « Je suis ») est l’homme obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix.

Le combat de Gethsémané, dont nous avons le récit dans les trois autres évangiles et dont l’intensité poignante est mise en relief en particulier dans l’évangile selon Luc, ne nous est pas rapporté dans l’évangile selon Jean. Cela n’eût pas convenu au caractère de cet évangile qui nous donne seulement l’expression rappelée plus haut. Cette question posée par le Seigneur — question qui est en même temps une affirmation — souligne une fois encore dans cet évangile l’obéissance du parfait Modèle. Le moment est venu où sera manifesté ce qui est le couronnement de sa vie d’obéissance, son obéissance « jusqu’à la mort ».

Méditons dans nos âmes sur ce que comportait cette coupe, donnée par le Père et que, dans sa parfaite obéissance, il allait boire ! Reportons-nous aux récits des trois premiers évangiles :

Matthieu 26 : « Et s’en allant un peu plus avant, il tomba sur sa face, priant et disant : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ; toutefois non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux... Il s’en alla de nouveau, une seconde fois, et il pria, disant : Mon Père, s’il n’est pas possible que ceci passe loin de moi, sans que je le boive, que ta volonté soit faite » (v. 39:42, 44).

Marc 14 : « Et s’en allant un peu plus avant, il se jeta contre terre, et il priait que, s’il était possible, l’heure passât loin de lui. Et il disait : Abba, Père, toutes choses te sont possibles ; fais passer cette coupe loin de moi ; toutefois non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi ! » (v. 35:36, 39).

Luc 22 : « Et il s’éloigna d’eux lui-même environ d’un jet de pierre, et s’étant mis à genoux, il priait, disant : Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite. Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant. Et étant dans l’angoisse du combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre » (v. 41 à 44).

Dans la première partie de sa prière, le Seigneur demande que, s’il était possible, la coupe passe loin de lui ; dans la seconde, il soumet entièrement sa volonté à celle de son Père, manifestant ainsi son entière obéissance, son obéissance jusqu’à la mort. — Gardons-nous de dire ce que l’on entend dire parfois à certains croyants, qui ne se rendent certainement pas compte de la portée de leurs paroles, savoir que « après la première partie de sa prière, le Seigneur s’est ressaisi et a pu ainsi ajouter l’expression de soumission qui la termine ». On se ressaisit lorsqu’on a cessé un moment, plus ou moins long, d’être maître de soi, lorsqu’on a eu une défaillance. Est-il besoin de dire que ce ne pouvait être le cas de notre bien-aimé Sauveur, de Celui qui a été parfait en toutes choses ? Il n’a jamais eu, il ne pouvait avoir la moindre défaillance !

Il convenait qu’il adressât à son Père et la première et la deuxième partie de sa prière. Il devait prendre la coupe que le Père lui présentait dans la pleine conscience de tout ce qu’elle comportait : fallait-il que cette coupe fût terrible à boire pour que le saint Fils de Dieu, Celui qui avait glorifié Dieu par son obéissance parfaite tout au long du chemin que nous venons de considérer dans ces pages, s’écriât : « Fais passer cette coupe loin de moi » ! Une telle demande fait resplendir quelque chose de sa gloire : il ne pouvait pas désirer prendre une coupe qu’il ne pourrait boire qu’abandonné de son Dieu ! Mais sa gloire brille aussi dans l’expression qui termine sa prière : « toutefois non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi ! » Fallait-il que son obéissance fût parfaite pour qu’en présence d’une telle coupe, si terrible à boire, Jésus se soumît entièrement à la volonté de son Père ! Là encore brille sa gloire, et en considérant la scène de Gethsémané, bien qu’à « un jet de pierre », nous ne pouvons qu’adorer.

 

2.5   Conditions et effets de la méditation de ce sujet

Oui, comme l’écrit l’apôtre inspiré, le christ Jésus est « devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2:8). Sa mort nous est présentée dans ce chapitre, où Christ est vu comme modèle du croyant, non pas comme l’holocauste ou le sacrifice pour le péché, mais comme la mise à l’épreuve de son obéissance, par conséquent de son amour. Il a préféré mourir que de ne pas obéir !

Pour imiter si faiblement que ce soit un tel Modèle, il faut qu’il y ait d’abord en nous un travail intérieur profond, remuant les affections de nos cœurs : « Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le christ Jésus... » (v. 5). Nos cœurs pourraient-ils rester froids en présence de l’anéantissement, de l’abaissement, de l’obéissance de Christ (ib. 6 à 8) ? Certes, nous n’avons pas à nous « anéantir », cela n’appartenait qu’à lui, mais à nous abaisser et à obéir comme lui l’a fait.

N’est-il pas vrai que la méditation d’un tel sujet nous courbe dans l’adoration ? Puissions-nous, ainsi prosternés, considérer Celui qui, non seulement nous exhorte à obéir, mais encore nous a lui-même tracé le chemin de l’obéissance. Contemplons-le dans ce chemin pour refléter quelque chose de ses caractères. Contemplons-le aussi dans la position glorieuse qui est la sienne maintenant, afin que nous soyons « transformés en la même image », de gloire morale en gloire morale (cf. 2 Cor. 3:18). Car sa position actuelle est la conséquence de son anéantissement, de son abaissement, de son obéissance : « C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2:9 à 11).

P. F.

Nous recommandons la lecture de :

·       Élie le Thisbite, (W. W. F.) Mess. Év. 1902, p. 281-292.

·       Un enseignement pour les témoins du Seigneur au temps actuel (1 Rois 19), L.-P. B. id., 1913, p. 68-77.

·       Le prophète découragé, J. N. D. id., 1924, p. 141-146.

·       Méditations sur le premier livre des Rois, H. R. id., 1906, p. 121-125 ; 141-145.

 

 

3        Christ, notre modèle

ME 1965 p.233

3.1      Responsabilité de présenter la vie divine en l’absence du Seigneur

Le moment était venu où Jésus allait « passer de ce monde au Père », laissant les siens « dans le monde » (Jean 13:1). En Lui avait été manifestée « la vie éternelle, qui était auprès du Père » (1 Jean 1:2) ; désormais c’est à eux, ses rachetés, qu’allait incomber la responsabilité de la présentation de la vie divine ici-bas et c’est en vue de cela qu’avant de les quitter le Seigneur s’adresse à eux, les enseignant et les encourageant. Tel est l’objet des chapitres 13 à 16 de l’Évangile selon Jean. Avant de recommander les siens à son Père dans la prière du chapitre 17, Jésus leur dit dans les quatre chapitres qui précèdent ce qu’ils auront à réaliser dans le monde et quelles ressources seront à leur disposition pour cela, en attendant le moment où Il reviendra les chercher pour les introduire « dans la maison de son Père » où Il va maintenant leur préparer place.

 

3.2      Marcher dans l’amour

L’amour est le trait dominant, le sujet principal de ces chapitres. Si les rachetés du Seigneur, laissés par Lui ici-bas, ont à y manifester à leur tour les caractères de la vie, c’est parce qu’ils possèdent cette vie divine, Il la leur a communiquée : « Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : celui qui a le Fils a la vie… » (1 Jean 5:11, 12 — cf. Jean 17:3). Ils sont donc rendus capables, par la puissance de l’Esprit Saint qui habite en eux, d’être « imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants ». Telle est ainsi notre responsabilité : « marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés » (Éph. 5:1, 2). Une telle marche n’est autre que celle de Christ ici-bas ; aussi — plus particulièrement dans les chapitres 13, 14 et 15, le chapitre 16 étant le chapitre des consolations plutôt que des exhortations — se place-t-Il constamment devant eux comme le Modèle sur lequel leurs yeux doivent être fixés afin qu’ils puissent « marcher comme lui a marché » (1 Jean 2:6).

 

3.3      Besoin d’avoir les « pieds lavés » = être purifié des souillures du monde

Avant de s’adresser à ses disciples pour les instruire et les encourager, Jésus commence par leur laver les pieds : il n’est pas possible en effet de recevoir utilement ses communications, de profiter de ses enseignements, si l’on n’est d’abord purifié des souillures contractées dans le monde. Ces souillures ne sont pas seulement des péchés plus ou moins grossiers mais, d’une façon très générale, tout ce qui nous prive de la jouissance des choses célestes, de Christ Lui-même ; c’est dire que le croyant spirituel est celui qui apprécie le mieux le service du lavage des pieds : il ressent davantage toute interruption de communion, en souffre et désire retrouver la joie d’une « part avec Christ » (cf. Jean 13:8). — Nous venons de rappeler, au début de ce paragraphe, un principe d’une très grande importance, vrai pour chaque croyant et pour tous les temps, principe que nous perdons parfois de vue, ce qui explique que nous ne retirions alors que peu de profit du ministère de la Parole, qu’il soit oral ou écrit : tout ce qui nuit à la communion nous prive de l’enrichissement que le Seigneur voudrait nous donner par la Parole. Remarquons ici que si tous les disciples ont eu comme lui les pieds lavés, Jean est sans doute le seul qui ait pleinement profité des communications du Seigneur et cela parce que, après ce lavage des pieds, « dans le sein de Jésus » il a joui de sa communion plus qu’aucun autre. Le fait qu’il a reçu les paroles divines avec un profit particulier ressort clairement de la lecture de sa première épître : nombre de ses enseignements se trouvent déjà dans les chapitres 13 à 15 de l’Évangile ; il les avait entendus de la bouche même du Seigneur alors qu’il était dans une condition morale lui permettant non seulement d’en tirer d’abord un profit personnel mais encore de les communiquer ensuite à d’autres. Comme il est utile d’y insister pour ce qui concerne chaque croyant et, plus spécialement, chacun de ceux qui ont un service particulier de la part du Seigneur dans son assemblée ! Puissions-nous, les uns et les autres, imiter l’exemple de Jean !

 

3.4      Ne pas entraver le lavage des pieds. Se les laver l’un l’autre. Jean 13:14,15

Laissons-nous d’abord sonder, juger, « laver » par la Parole divine, nous pourrons ensuite recevoir avec fruit ce que le Seigneur se plaît à nous dispenser pour l’édification et la consolation de nos âmes, comme aussi en vue du service que nous pouvons être appelés à remplir. Ne mettons aucune entrave à l’exercice du lavage des pieds que le Seigneur opère du haut de la gloire (cf. 1 Jean 2:1) comme Il le faisait quand Il était encore au milieu de ses disciples. Ensuite, imitons-Le, ainsi qu’Il nous y invite : « Si donc moi, le seigneur et le maître, j’ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez » (Jean 13:14, 15). N’est-ce pas tout à fait remarquable que, dans ces chapitres, ce soit là la première exhortation que le Seigneur adresse aux siens en vue du temps de son absence ? Nous sommes souvent disposés à faire beaucoup de choses, de grandes choses peut-être, qui nous paraissent tellement utiles, oubliant que le Seigneur nous exhorte, en tout premier lieu, chaque fois que cela est nécessaire, à nous « laver les pieds les uns aux autres », se plaçant Lui-même devant nous comme le Modèle à imiter. Certes, il y a bien d’autres services à remplir dans la vie chrétienne, mais ne le seraient-ils pas avec beaucoup plus de fruit si nous mettions d’abord en pratique, chaque fois qu’il est à propos de le faire, l’exhortation de Jean 13:14, 15  ? Sainteté dans la marche, jouissance d’une heureuse communion fraternelle — la communion est liée à une marche dans la lumière (cf. 1 Jean 1:7) — permettraient, n’en doutons pas, l’exercice d’activités à la gloire de Dieu et sur lesquelles Il mettrait le sceau de sa bénédiction.

 

3.5      Ne pas être indifférents aux manquements. Jean 13:17

Ne disons pas que nous aimons nos frères si leurs manquements nous laissent plus ou moins insensibles. Cette indifférence est à l’opposé d’un amour diligent qui s’afflige du mal, cherche le bien et sait trouver le moyen de le produire. Mais, par ailleurs, n’oublions pas que le lavage des pieds est autre chose que ce que nous croyons et pratiquons trop souvent : c’est la Parole, c’est Christ présenté au cœur afin que la conscience soit atteinte sans même que la faute commise ait besoin d’être rappelée ; c’est une action à l’image de celle accomplie par le Seigneur Lui-même : « comme je vous ai fait, moi… » — Nous savons ces choses, le bonheur n’est pas de savoir seulement mais de faire ! (Jean 13:17). Quelle riche bénédiction serait alors répandue sur le service de chacun des saints et sur les assemblées ! Dieu veuille opérer en nous pour nous amener à imiter l’exemple de Celui qui a « mis de côté ses vêtements » pour « laver les pieds des disciples » !

 

3.6      Lavage d’eau pour l’assemblée. Jean 13 et Éph. 5

Ouvrons ici une parenthèse afin de mettre en parallèle le service du lavage d’eau accompli par le Seigneur, d’une part en faveur de chacun de ses rachetés, d’autre part en faveur de son assemblée. Jean 13 nous présente l’aspect individuel de ce service, Éphésiens 5:26 et 29 son aspect collectif. Mais aussi bien dans le second cas que dans le premier nous retrouvons le même ordre : Jean 13 nous montre le Seigneur lavant les pieds de ses disciples avant de les enseigner, Éphésiens 5 nous parle d’abord de son amour pour son assemblée manifesté dans la sanctification qu’Il opère en elle « en la purifiant par le lavage d’eau par parole », et nous dit ensuite seulement qu’Il « la nourrit et la chérit ». De même que pour un service individuel, pour son assemblée aussi le Seigneur se sert parfois de tel ou tel instrument ; s’Il trouve bon de nous employer, n’oublions pas qu’une assemblée recevra avec profit la nourriture qui lui est dispensée dans la mesure seulement où elle se trouvera dans un bon état moral, « sanctifiée » et « purifiée ». Chaque fois que cela est nécessaire, elle doit être préalablement « purifiée par le lavage d’eau par parole » avant de pouvoir être « nourrie ».

 

3.7      Aimer comme le Seigneur aime. Jean 13:34-35

Le Seigneur donne ensuite aux siens un « commandement nouveau » : « comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13:34, 35). Nous avons dans ce chapitre non seulement le « commandement » mais aussi le Modèle : l’amour dont Il aime les siens est un amour inlassable, Il les aime « jusqu’à la fin » et Il leur donne de puissants témoignages de cet amour dans tous les soins dont Il les entoure afin qu’ils puissent avoir « une part avec lui », et, par dessus tout, dans le don de Lui-même ! Aimer comme le Seigneur aime, c’est davantage une question de nature que de mesure : son amour à Lui est infini tandis que le nôtre sera toujours limité, mais son amour recherche le bien de ceux qui en sont les objets et, à cet égard, notre amour doit être le même, de la même nature, en ce qu’il doit s’exercer en vue d’un même but. Combien cela diffère de l’amour tel que nous l’entendons parfois ! Dire des paroles aimables à notre entourage même quand nous savons fort bien qu’elles ne sont pas vraies ; flatter ceux auxquels nous nous adressons afin qu’ils aient bonne opinion de nous ; user des manières dans lesquelles le monde se complaît pour rendre les relations agréables ; faire preuve de beaucoup de dévouement afin de nous acquérir une réputation, pour que l’on dise de nous : voilà quelqu’un qui est plein d’amour pour les frères ! tout cela n’a que les apparences de l’amour, en fait c’est se rechercher soi-même, ce n’est pas un amour « sans hypocrisie » (Rom. 12:9 — cf. 1 Pierre 1:22), ce n’est pas « aimer comme le Seigneur nous a aimés ». Son amour a été souvent incompris, méprisé, mais rien ne l’a arrêté dans l’exercice d’une activité qui n’avait en vue que la gloire de Dieu, le bien et la joie des siens. Considérons, dans les Évangiles, tous les soins de cet amour fidèle et que nous soit accordée la grâce d’être des imitateurs « du parfait Modèle, du vrai Serviteur » !

 

3.8      Amour et obéissance. Jean 14:21, 23

La preuve de l’amour est dans l’obéissance à la Parole, le Seigneur le dira ensuite à ses disciples : « Celui qui a mes commandements, et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime… Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole… » (Jean 14:21 et 23). Et c’est le même enseignement qu’à son tour Jean donnera dans sa première Épître pour ce qui concerne l’amour des frères : « Par ceci nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, c’est quand nous aimons Dieu et que nous gardons ses commandements » (1 Jean 5:2, 3). Peut-il dire en vérité qu’il aime Dieu celui qui peut-être considère la Parole avec beaucoup de respect, connaît fort bien ses enseignements, obéit fidèlement à certains d’entre eux, mais agit ensuite en laissant de côté tout ce qui contrarie ses goûts, ses habitudes, les relations qu’il désire poursuivre au mépris de tel passage de l’Écriture ? Ne nous arrive-t-il pas de nous montrer très fermes sur tel enseignement, blâmant ceux qui y désobéissent, tandis que par ailleurs nous désobéissons nous-mêmes à tel autre qui nous met à l’épreuve et que nous laissons de côté parce qu’il nous en coûterait de rompre avec une personne qui nous est chère ou avec une habitude qui nous tient à cœur ? Nous avons besoin de prendre garde, chacun pour soi, et de ne jamais perdre de vue que la Parole est un tout — « les jugements de l’Éternel sont la vérité, justes tous ensemble » (Ps. 19:7 à 11) — que nous sommes responsables de la garder dans son entier, ne laissant de côté aucun de ses commandements.

 

3.9      Le Seigneur modèle d’obéissance. Jean 14:31

Là aussi, le Seigneur est notre Modèle. Cheminant dans ce monde, Il a rendu témoignage de son amour pour son Père : « afin que le monde connaisse que j’aime le Père ; et selon que le Père m’a commandé, ainsi je fais » (Jean 14:31). Les paroles de son Père sont pour Christ des commandements et Il agit toujours « selon que le Père lui a commandé ». Obéissance parfaite, preuve d’un amour parfait ! Le Seigneur ne se contente pas de nous dire : un amour des lèvres est sans grande valeur, seul a du prix celui qui est vu dans l’obéissance ; vous ne pouvez prétendre m’aimer, aimer le Père, si vous ne gardez pas mes commandements ; Il nous montre la chose réalisée par Lui-même dans son sentier. À l’appui de la remarque que nous avons déjà faite, soulignons que nous retrouvons le même enseignement dans la première épître de Jean : « Enfants, n’aimons pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité » (3:18).

 

3.10  Demeurer en Lui. Jean 15:4,9

Dans le chapitre 15, le Seigneur exhorte ses disciples à « demeurer en lui », puis à « demeurer dans son amour » (v. 4 et 9). « Demeurer en lui », c’est vivre dans sa dépendance, condition nécessaire pour porter du fruit : « le sarment ne peut pas porter de fruit de lui-même, à moins qu’il ne demeure dans le cep » (v. 4) ; « séparés de moi », ajoute le Seigneur, « vous ne pouvez rien faire » (v. 5). Et s’Il désire que les siens portent « beaucoup de fruit », c’est afin que son Père soit glorifié (v. 8). Au verset 9, Il parle à nouveau de l’amour dont le Père l’aime et dont Lui-même aime les siens, ce qui le conduit à leur adresser cette exhortation : « demeurez dans mon amour », jouissez dans vos cœurs de cet amour, qu’il vous enveloppe, afin que vous puissiez considérer toutes choses au travers de l’amour dont je vous aime toujours et « jusqu’à la fin ». Quel est le secret pour en jouir ? « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour » (v. 10). L’obéissance à la Parole est la preuve de l’amour pour le Seigneur, elle est aussi le moyen de demeurer dans sa communion, jouissant de l’amour dont nous sommes aimés de Lui. Et là encore, le Seigneur se place devant les siens comme Modèle : « comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour ». Tel a été son chemin ici-bas, le chemin où Il nous appelle à le suivre. Le premier résultat d’une telle marche, c’est la joie que le Seigneur en éprouve : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous » ; le second, c’est notre propre joie : « et que votre joie soit accomplie » (v. 11). Une joie entière, complète, éprouvée dans un tel sentier et, par dessus tout, celle que nous pouvons procurer au Seigneur Lui-même et qu’Il désire trouver dans les siens ! Cela ne parle-t-il pas à notre cœur ?

 

3.11  Haine de la part du monde. Jean 15:18-21

Cette marche fidèle nous fera connaître tout à la fois l’approbation du Seigneur et la haine du monde, haine qui a été son lot ici-bas : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous » (Jean 15:18 à 21). Le monde, qui n’a pas connu Christ ; ne nous connaît pas non plus (cf. 1 Jean 3:1), il n’a que de la haine pour le Seigneur et pour quiconque le suit de près. — Qu’en est-il de nos rapports avec ce monde ? Y sommes-nous vraiment des étrangers, connaissons-nous quelque chose de sa haine contre Dieu et contre son Christ ou, au contraire, cherchons-nous à y prospérer, désirant ses richesses et ses vanités, trouvant quelque satisfaction dans ses futilités, ayant nos cœurs et nos pensées aux choses terrestres ?

 

3.12  Rendre témoignage en présentant (reflétant) Christ. Jean 15:26-27

Les disciples étaient appelés à rendre témoignage, leur témoignage se liant à celui de l’Esprit. Saint qui devait venir : « Et vous aussi, vous rendrez témoignage ; parce que dès le commencement vous êtes avec moi » (Jean 15:26, 27). Ils avaient suivi le Seigneur, reçu ses enseignements, de sorte qu’ils pourraient, pendant le temps de son absence, rendre témoignage de Lui. N’est-ce pas aussi le témoignage auquel nous sommes appelés : présenter Christ à ce monde ? Comment pourrons-nous le faire si ce n’est en le suivant dans son sentier, le considérant comme Modèle pour refléter quelque chose de ses caractères ? Que Dieu opère dans nos cœurs, réchauffant nos affections pour le Seigneur, de telle manière que nous puissions vivre une telle vie, heureux dans son amour !

 

 

4        Bienheureux — Psaume 84

ME 1973 p.3

4.1      Marcher de force en force jusqu’à la maison du Père

Le Psaume 84 contient l’expression des sentiments éprouvés par une âme occupée de la maison de l’Éternel et de Celui qu’elle y contemple par la foi, tandis qu’elle poursuit, au travers d’exercices parfois douloureux mais enrichissants, le chemin qui la conduit à ce but glorieux.

C’est vers la maison du Père que nous nous rendons ; le Seigneur y a préparé nos places et, fidèle à sa promesse, va bientôt nous y introduire. Que cette bienheureuse espérance occupe davantage nos pensées et nos cœurs et qu’il nous soit donné de la vivre ! En attendant sa réalisation, nous avons à parcourir un sentier dans lequel nous rencontrons, ainsi que le dit un cantique, « l’épreuve ou le chagrin ». Une étape nouvelle commence. Nous ne savons pas ce qu’elle doit comporter pour nous, ni même si nous arriverons jusqu’à son terme. Pour la parcourir véritablement comme des bienheureux, puissions-nous trouver dans la méditation du Ps. 84 d’utiles enseignements et de précieux encouragements, de telle façon que nous soyons rendus capables de marcher « de force en force » jusqu’au moment où, le voyage ayant pris fin, nous paraîtrons dans la présence de Dieu, placés par Lui « irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie » (Jude 24). — Si connue que soit cette portion des Écritures, il vaut toujours la peine d’y revenir ; nous ne le ferons jamais sans en retirer quelque profit.

 

4.2      Psaume 84:1-2. La beauté des demeures célestes

Dès le début du Psaume, l’âme considère la beauté des demeures célestes. Pour pouvoir parler de ces demeures, il faut les connaître ; seul les connaît celui qui y habite, et cela déjà par la foi, en attendant la réalité. Cette connaissance produit dans l’être tout entier — « mon âme... mon cœur ma chair » (v. 2) — le désir d’arriver enfin effectivement à la « maison ». La grâce nous y conduit, la foi nous en donne la jouissance présente. L’âme désire et même « elle languit après les parvis de l’Éternel » : elle éprouve, tout à la fois, le désir d’être à la maison et la souffrance qui résulte de la durée de l’attente. « Mon cœur et ma chair crient après le Dieu vivant » : ce cri, c’est le désir ardent. Bienheureux ceux qui, en attendant le couronnement de leur espérance, habitent déjà par la foi dans le sanctuaire et peuvent dire quelque chose de la joie qui s’y trouve.

 

4.3      La force dans le chemin

La deuxième partie du Psaume nous parle du chemin qui conduit à la maison. Au travers des exercices que nous avons à y rencontrer, malgré les souffrances que nous pouvons y endurer, nous pouvons y goûter un vrai bonheur et marcher « de force en force ». Notre faiblesse, sur laquelle souvent nous gémissons — nous ne parlons pas ici de celle qui est inhérente au vase dans lequel est vécue la vie divine que nous possédons — est une faiblesse coupable, parce que nous avons à notre disposition toutes les ressources nécessaires pour nous fortifier. La force est en Dieu et en Lui seul, mais il se plaît à nous la communiquer : il le fait par son Esprit (cf. Éph. 3, 16 : « fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur ») et par sa Parole, lue et méditée, ensuite obéie. Un croyant « rempli de la connaissance de Sa volonté » — c’est la Parole lue et méditée avec le secours du Saint Esprit qui nous donne cette connaissance — et qui « marche d’une manière digne du Seigneur », l’Homme parfaitement obéissant — c’est la Parole obéie — est un croyant « fortifié en toute force » ; c’est aussi un croyant heureux : sa vie est caractérisée par « toute patience et constance, avec joie » et également par la louange : « rendant grâces au Père... » (Col. 1:9 à 12). N’avons-nous pas là le secret de la force et du bonheur ?

 

4.4      Psaume 84:5-6

« Bienheureux l’homme dont la force est en toi », et le psalmiste ajoute : « et ceux dans le cœur desquels sont les chemins frayés ». Notre cœur est-il toujours entièrement soumis à la volonté divine ? N’y a-t-il pas parfois des pensées personnelles qui ne sont guère en accord avec la pensée de Dieu ? Nous sommes conduits à agir suivant notre volonté propre quand il y a dans notre cœur des obstacles empêchant la volonté de Dieu de s’y frayer un chemin. Parce qu’il nous aime, Dieu intervient tôt ou tard afin d’ôter les obstacles et d’ouvrir dans notre cœur un chemin à sa volonté. Cela ne va pas sans souffrances, car ce travail est profondément douloureux : il brise notre cœur et fait couler nos larmes. C’est la vallée de Baca.

Dans cette vallée, le croyant verse des larmes, mais il y en a parmi elles qui sont les larmes de la repentance, en confessant ses manquements. Il est alors restauré et fait l’expérience que la restauration est le chemin de la bénédiction : « passant par la vallée de Baca, ils en font une fontaine ». Ce qui produit cette source de rafraîchissement, ce n’est pas l’épreuve elle-même, ce sont les exercices de cœur et de conscience qui en découlent et conduisent à goûter une pleine et heureuse communion avec le Seigneur, qui peut alors mettre le sceau de sa bénédiction : « la pluie aussi la couvre de bénédictions ».

 

4.5      Psaume 84:7-8

Ainsi rendu capable de marcher « de force en force », le croyant penserait-il qu’il n’a plus besoin de dépendance ? Il serait alors en grand danger de broncher. Tout au contraire, marcher « de force en force » implique la dépendance, indispensable pour que les forces soient entretenues et renouvelées pas après pas. Cette dépendance a son expression dans la prière. La prière du psalmiste est adressée d’abord au « Dieu des armées », c’est-à-dire au Dieu tout-puissant, à Celui qui commande aux armées célestes ; ensuite, au « Dieu de Jacob », le Dieu qui a fait des promesses et les accomplira, le Dieu qui s’est jadis occupé d’un Jacob, qui l’a formé et discipliné pendant les cent trente premières années de sa vie afin qu’il porte du fruit durant les dernières. Ne ressemblons-nous pas souvent à Jacob dans la première partie de son histoire ? Heureux sommes-nous d’avoir à faire au « Dieu de Jacob » !

Au soir de sa vie, Jacob « bénit Joseph, et dit : Que le Dieu devant la face duquel ont marché mes pères, Abraham et Isaac, le Dieu qui a été mon berger depuis que je suis jusqu’à ce jour, l’Ange qui m’a délivré de tout mal, bénisse ces jeunes hommes » — les fils de Joseph (Gen. 48:15, 16). Jacob confessait que si ses pères, Abraham et Isaac, avaient marché devant Dieu, sa marche à lui n’avait pas présenté ce caractère ; mais quoi qu’il en soit, au travers de tout, Dieu avait été son fidèle berger du début à la fin de sa vie. Certes il avait connu des jours très douloureux ; n’a-t-il pas dit à un moment : « Toutes ces choses sont contre moi » (ib. 42:36) ? Il ignorait alors que Dieu préparait son émouvante rencontre avec Joseph — qu’il croyait mort (ib. 36 ; 38) ; il ignorait aussi que Dieu l’avait formé, patiemment, pour lui accorder les dix-sept années si remarquables qui ont été la fin de sa carrière. Il nous semble parfois que tout est contre nous... N’oublions pas, dans de tels moments, ce qu’il a fait pour Jacob et souvenons-nous qu’il demeure le « Dieu de Jacob » !

 

4.6      Les trois « bienheureux » et leur base

Que de motifs nous avons de nous confier en Dieu ! Le bonheur du racheté est dans cette confiance même. Le mot « bienheureux », on l’a souvent remarqué, revient trois fois sous la plume des fils de Coré : au verset 4, en relation avec notre part éternelle, anticipée déjà par la foi ; au verset 5, en relation avec notre marche ici-bas ; au verset 12, en relation avec la confiance que nous pouvons avoir en Dieu pour le présent et pour l’avenir.

Puissions-nous — et que ce soit notre part tout au long de l’année qui commence — habiter le sanctuaire et en jouir richement, avoir dans nos cœurs « des chemins frayés » et « marcher de force en force », nous confier pleinement en Dieu et en lui seul, en attendant d’arriver à la « maison » ! La Parole nous en donne l’assurance, nous connaîtrons alors un vrai bonheur.

« Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison ; ils te loueront incessamment ! » — « Bienheureux l’homme dont la force est en toi, et ceux dans le cœur desquels sont les chemins frayés ! » — « Bienheureux l’homme qui se confie en toi ! »

 

 

5                    Psaume 84

ME 1980 p.121

5.1   Le troisième livre des Psaumes

Le Psaume 84 fait partie du troisième livre des Psaumes. Dans les deux premiers il est question, prophétiquement, des souffrances de Christ, typifiées par celles de David. C’est pourquoi tous les psaumes du premier livre sont des psaumes de David, à l’exception des Psaumes 1, 10 et 33 — Actes 4:24 à 26 permet de considérer le Psaume 2 comme écrit par David — et sur les trente et un psaumes du second livre, dix-neuf ont été composés par David : les psaumes 51 à 65, 68 à 70 et 72. Dans le troisième livre, nous avons plutôt les souffrances du Résidu, représenté par un résidu fidèle, « ceux qui sont purs de cœur » (Ps. 73:1). Précieuse assurance pour ce résidu, au travers des souffrances qu’il a à endurer : « Certainement Dieu est bon envers Israël, envers ceux qui sont purs de cœur ». Par la bouche d’Asaph, il est amené à parler de « la prospérité des méchants » (v. 3 à 12) tandis que lui connaît la souffrance : « Certainement c’est en vain que j’ai purifié mon cœur et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence : J’ai été battu tout le jour, et mon châtiment revenait chaque matin » (v. 13, 14). Mais, une fois « entré dans les sanctuaires de Dieu », il comprend quelle sera la fin des méchants (v. 17 à 20). Après les expériences faites dans le chemin, l’entrée dans les sanctuaires de Dieu lui permet de dire : « Mais je suis toujours avec toi : tu m’as tenu par la main droite ; tu me conduiras par ton conseil, et, après la gloire, tu me recevras. Qui ai-je dans les cieux ? Et je n’ai eu de plaisir sur la terre qu’en toi... Mais pour moi, m’approcher de Dieu est mon bien ; j’ai mis ma confiance dans le Seigneur, l’Éternel, pour raconter tous tes faits » (v. 23 à 28).

 

5.2   Psaume 74

Dans le Psaume 74, le temple est détruit : « l’ennemi a tout saccagé dans le lieu saint... Ils ont mis le feu à ton sanctuaire, ils ont profané par terre la demeure de ton nom... Ils ont brûlé tous les lieux assignés pour le service de Dieu dans le pays... » (v. 3, 7, 8). C’est le « jour de ma détresse », doit dire encore le résidu (Ps. 77:2). Et l’Éternel déclare : « Mais mon peuple n’a pas écouté ma voix, et Israël n’a pas voulu de moi » (Ps. 81:11), ce qui est la cause profonde de la ruine du peuple, au sein duquel se trouve le résidu fidèle, « ceux qui sont purs de cœur ».

 

5.3   Psaume 84

5.3.1       Ps. 84:1

Au Psaume 84, ce résidu revient dans sa terre, vers la maison de l’Éternel. C’est un des onze psaumes des fils de Coré : il y en a huit dans le second livre (42 à 49) et trois dans le troisième (84, 85 et 87) — ces psaumes nous parlent généralement de la maison de l’Éternel. Dans le Psaume 84, nous voyons le résidu fidèle, au milieu des difficultés et des larmes, sur le chemin qui conduit à la maison. Dès le début du psaume, l’âme considère la beauté des « demeures » célestes et jouit de la beauté de Celui qu’elle y contemple par la foi : « Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées ! » (v. 1).

Lorsque nous serons introduits dans les « demeures » de la maison du Père, où le Seigneur désire nous avoir avec lui et où il a déjà préparé nos places (Jean 14:2, 3), la louange s’élèvera de nos cœurs dans la perfection et pour l’éternité. Dès maintenant nous sommes appelés à jouir par la foi des beautés du sanctuaire, pas seulement le premier jour de la semaine, quand nous sommes réunis en assemblée autour du Seigneur pour rendre culte, mais tous les jours de notre vie. La louange peut ainsi monter de nos cœurs vers Dieu d’une manière continuelle ; nous pouvons offrir « sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13:15) — la note en bas de page dans la Bible, traduction J. N. D., est la suivante : « qui bénissent son nom ».

Pour pouvoir parler de ces « demeures », comme le fait le Psalmiste, il faut en avoir joui. Notre vie ici-bas doit manifester que nous sommes des croyants célestes ; il ne pourra en être ainsi que dans la mesure où nous habiterons en esprit le sanctuaire pour y contempler Celui qui le remplit de sa gloire. Alors, « contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3:18). Et nous pourrons dire, comme autrefois les fils de Coré : « Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées ! » — aimables, c’est-à-dire : de nature à plaire. Notre vie de chaque jour témoignera alors de notre habitation dans le sanctuaire.

 

On l’a remarqué, le sanctuaire est, dans le Psaume 27, le lieu de la sécurité parfaite (v. 4 à 6) — dans le Psaume 63, celui où la joie est pleinement goûtée et savourée (v. 1 à 8) — dans le Psaume 73, celui où l’on acquiert l’intelligence des pensées de Dieu (v. 17) — dans le Psaume 84, c’est le lieu des affections.

 

5.3.2       Ps. 84:2

Jouissant par la foi des beautés du sanctuaire, nous éprouverons l’ardent désir d’arriver enfin à la « maison » pour savourer en perfection ce que nous aurons pu goûter faiblement ici-bas. L’être tout entier — « mon âme... mon cœur et ma chair » — ressent ce désir : « mon âme désire, et même elle languit... (c’est ici la souffrance provoquée par la durée de l’attente)... après les parvis de l’Éternel ; mon cœur et ma chair crient après le Dieu vivant » (v. 2) — c’est l’ardent désir, exprimé par un cri. — « Après le Dieu vivant » : c’est Christ ressuscité, Celui qui peut dire : « Je suis le premier et le dernier, et le vivant ; et j’ai été mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles ; et je tiens les clefs de la mort et du hadès » (Apoc. 1:17, 18). C’est Celui que l’âme contemple !

 

5.3.3       Ps. 84:3

Toutes les créatures, même les plus faibles (un passereau, une hirondelle) trouvent une demeure ici-bas (v. 3). Alors que Christ a dû dire : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des demeures ; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête » (Luc 9:58). Le racheté de Christ, comme lui, n’est pas d’ici-bas et n’a pas de lieu de repos sur la terre. Son lieu de repos, c’est le sanctuaire ; là, il jouit du Seigneur et apprécie les différents aspects de son sacrifice : « tes autels, ô Éternel des armées ! mon roi et mon Dieu ! ». Le repos de l’âme est basé sur un fondement inébranlable : le sacrifice de Christ.

 

5.3.4       Ps. 84:4,5 — Les trois bienheureux

Cette première partie du Psaume 84 se termine par le premier des trois « Bienheureux » du Psaume (v. 4, 5, 12). C’est ici le bonheur goûté par celui qui habite le sanctuaire, où il peut louer « incessamment » ; nous pouvons jouir de ce bonheur dès ici-bas par la foi, de telle sorte que, vivant dans le sanctuaire, nous sommes des croyants véritablement heureux quel que soit le chemin à parcourir. La deuxième partie du Psaume nous parle de ce chemin, et elle s’ouvre par le mot « Bienheureux ».

 

5.3.5       La force dans la Parole de Dieu

Au travers des peines et des luttes, le croyant peut être toujours heureux et marcher « de force en force ». Notre faiblesse, sur laquelle nous gémissons si souvent, est une faiblesse coupable, parce que Dieu met à notre disposition toutes les ressources nécessaires pour que nous soyons « forts » de sa force. Pourquoi n’y puisons-nous pas dans la mesure où nous devrions le faire ?

La force est en Dieu et en Dieu seul. Mais cette force, il se plaît à nous la communiquer. Tout d’abord par la Parole. Une des causes essentielles de notre faiblesse réside dans le fait que nous ne nous occupons pas assez de la Parole. L’Ennemi est à l’œuvre dans ce monde dont il est le chef et qu’il a réussi à organiser de telle manière que la vie est toujours plus compliquée, difficile, agitée, absorbante, ne laissant guère le temps de penser, de réfléchir, et surtout de lire la Parole, de la méditer. Nous avons besoin de veiller à cet égard : nous avons certes chacun nos travaux et nos occupations ; il nous faut remplir notre tâche avec conscience et droiture — cela fait partie du témoignage que nous avons à rendre — mais nous devons prendre garde à ne pas nous « embarrasser dans les affaires de la vie », c’est ainsi que nous pourrons « plaire » à celui qui nous a « enrôlés pour la guerre » (2 Tim. 2:4). — Il est nécessaire de réserver dans sa journée le temps indispensable pour la nourriture de nos âmes ; ne prenons-nous pas le temps de nourrir notre corps ? Il est nécessaire de lire la Parole avec crainte, avec prières, dans la dépendance et avec le secours de l’Esprit. Là est le secret de la force du croyant.

L’apôtre Jean écrit aux « jeunes gens » : « Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le méchant » (1 Jean 2:14). L’apôtre Paul écrit aux croyants d’Éphèse : « ... afin que selon les richesses de sa gloire, il vous donne d’être fortifiés en puissance par son Esprit quant à l’homme intérieur ; de sorte que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs » (Éph. 3:16, 17). — Dieu se plaît donc à nous communiquer quelque chose de sa force par le moyen de sa Parole et de son Esprit, deux ressources qui demeurent même dans des jours de ruine (voir 2 Timothée). Nous n’avons donc pas à craindre de manquer de ce qui nous donnera la force dont nous avons besoin tout au long du chemin (cf. Aggée 2:5).

 

5.3.6       La force par la Parole mise en pratique

Mais il y a encore autre chose. La Parole ne doit pas être seulement une Parole lue dans la dépendance du Saint Esprit, ce doit être aussi une Parole obéie. Un croyant qui est « rempli de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards » est un croyant fort, il est « fortifié en toute force » et c’est un croyant heureux : sa vie est caractérisée par « toute patience et constance, avec joie » et également par la louange : « rendant grâces au Père... » (Col. 1:9 à 12). Tel est le secret de la force et du bonheur ! — Nous sommes parfois malheureux, et nous pensons que la cause de ce que nous appelons nos « malheurs » est dans nos circonstances alors qu’elle est dans nos propres cœurs.

 

5.3.7       Bienheureux... ceux dans le cœur desquels sont les chemins frayés

Bienheureux celui qui puise la force à sa source, en Dieu lui-même, par le moyen de la Parole, lue et méditée avec le secours de l’Esprit, mise en pratique ensuite. — « Bienheureux... ceux dans le cœur desquels sont les chemins frayés... » (Ps. 84:5). Les « chemins frayés » ce sont, pense-t-on généralement, ceux que le Seigneur veut nous frayer ici-bas, et dans lesquels il convient de marcher pour être un bienheureux. Cela est vrai, mais ce n’est pas la pensée contenue dans ce verset du Psaume 84. Il est question là de « chemins frayés » dans nos cœurs. Quel est l’état de notre propre cœur ? Est-il toujours entièrement soumis à la volonté divine ? N’y a-t-il pas, trop souvent, des pensées personnelles, une volonté propre, tant de choses qui ne sont pas en accord avec la volonté de Dieu ? Lorsque nous agissons suivant notre propre volonté, la volonté de Dieu ne peut se frayer un chemin dans notre cœur, des obstacles sont là qui s’y opposent... Dieu, dans son amour, opérera alors afin de les ôter, afin de « frayer » dans notre cœur un chemin à Sa volonté ! Quand Dieu veut ôter les obstacles, quand il laboure notre cœur pour y frayer un chemin, nous souffrons... Nous souffrons parfois très douloureusement, cela brise nos cœurs et nous fait verser des larmes amères. C’est la vallée de Baca, la vallée des larmes.

 

5.4   Ps.84:6-8. La vallée de Baca. Marcher de force en force

La vallée de Baca, ce n’est pas tant la vallée de l’épreuve, comme on le dit souvent, c’est aussi la vallée des larmes versées par celui qui, objet de la discipline du Seigneur frayant un chemin dans son cœur, s’humilie et confesse dans les larmes ses manquements. Mais c’est le chemin de la restauration et de la bénédiction : « Passant par la vallée de Baca, ils en font une fontaine ». Ce qui produit cette source de rafraîchissement, ce sont les exercices de cœur et de conscience de celui qui passe par la vallée de Baca, exercices qui conduisent à la communion retrouvée. Sur un tel état le Seigneur peut mettre le sceau de sa bénédiction : « la pluie aussi la couvre de bénédictions ». La pluie est la bénédiction qui vient d’en haut ! Le croyant marche alors « de force en force » dans le chemin qui le conduit vers le but : le moment où il paraîtra devant Dieu, « en Sion » pour Israël, dans la maison du Père pour nous, peuple céleste (v. 7).

Marcher « de force en force » nous amènerait-il à manquer de dépendance ? Est-ce que nous pourrions penser avoir une provision de forces suffisante pour aller jusqu’au bout du voyage ? Nous serions alors en danger de tomber en chemin. Marcher « de force en force » doit aller de pair avec le désir de dépendre de Dieu, pas après pas, afin que nos forces soient constamment renouvelées. Cette dépendance a son expression dans la prière, qui est indispensable pour réaliser une marche fidèle : « Éternel Dieu des armées ! Écoute ma prière ; Dieu de Jacob ! prête l’oreille » (v. 8 — « Éternel, Dieu des armées ! » : nous nous adressons à un Dieu dont la puissance est infinie. Il commande aux armées célestes et a pleine autorité sur toutes choses ; l’auteur du Psaume 119 peut dire : « Toutes choses te servent » (v. 91). — « Dieu de Jacob » : le Dieu qui a fait des promesses et les accomplira. Cette expression nous dit aussi quelque chose de sa patience et des soins variés de sa discipline. Il a préparé, formé et discipliné Jacob durant cent trente années pour qu’il porte du fruit pendant les dix-sept dernières années de sa vie. Nous pouvons regarder avec une entière confiance au Dieu de Jacob ! Son oreille est toujours ouverte pour écouter notre prière.

 

5.5   Ps. 84:9

« Toi, notre bouclier ! — vois, ô Dieu ! et regarde la face de ton oint » (v. 9). Notre bouclier ! c’est la certitude d’une protection assurée tout au long du chemin. Christ est dans le sanctuaire, quelle sécurité pour nous ! Il est entré dans le ciel comme notre précurseur. Assis « ensemble dans les lieux célestes dans le christ Jésus » (Éph. 2:6), nous cheminons ici-bas, le contemplant là-haut et pouvant dire à notre Dieu et Père : « Vois, ô Dieu ! et regarde la face de ton oint ». Nous avons tout en Lui et nous attendons le moment où il nous introduira dans les célestes lieux. Certes, nous n’aurons pas à nous tenir « sur le seuil » dans la maison de notre Dieu, nos places sont déjà prêtes et nous allons bientôt les occuper.

 

5.6   Ps. 84:11

Le verset 11 nous dit d’abord ce que Dieu est : « un soleil », source de la vie ; et « un bouclier », celui qui protège ; ensuite, ce qu’il donne : la grâce dans le chemin et la gloire au terme du chemin. — La grâce « nous a été donnée dans le christ Jésus avant les temps des siècles », elle a été « manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus Christ » ; apportant le salut, elle est « apparue à tous les hommes », tandis que présentement elle enseigne les croyants (2 Tim. 1:9, 10 ; Tite 2:11 à 14). Tout au long du chemin, nous éprouvons les soins de la grâce d’un Dieu fidèle, elle ne manquera pas, elle ne peut pas manquer ! — La gloire est au terme du chemin, elle nous est assurée. Le Seigneur, en parlant des siens, a dit à son Père : « Et la gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée... » (Jean 17:22). Ce sera notre part que d’en jouir et de contempler la gloire de Celui qui est de toute éternité le Fils de Dieu : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, que tu m’as donnée... » (ib. 24).

Dans le verset 11, nous avons encore une certitude qui nous est assurée : « il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité ». Quel encouragement à réaliser une telle marche ! « Ceux qui aiment Dieu » le manifestent dans leur marche, ils sont heureux de marcher « dans l’intégrité ». « Toutes choses travaillent ensemble » en vue de leur bien (Rom. 8:28) et Dieu ne leur refusera « aucun bien ». Lui seul sait ce qui est véritablement « un bien » pour nous.

 

5.7   Ps. 84:12

« Éternel des armées ! bienheureux l’homme qui se confie en toi » (v. 12). Le mot « bienheureux », au verset 4, est en relation avec la part présente et éternelle du croyant — au verset 5, avec la marche du croyant dans ce monde — au verset 12, il nous dit le bonheur de celui qui se confie en Dieu pour le temps présent et pour l’éternité. Christ, notre parfait Modèle, s’est confié en son Dieu en tout temps durant sa vie ici-bas, alors qu’il était le Serviteur de l’Éternel, pouvant lui dire : « Garde-moi, ô Dieu, car je me confie en toi » (Ps. 16:1). Sa confiance n’a jamais faibli, même durant les trois heures de l’abandon — mais là ce n’est plus pour nous un modèle que nous puissions imiter... — elle n’avait alors aucun autre point d’appui que son amour pour son Dieu. Oui, quelle confiance parfaite a été la sienne d’un bout à l’autre de son chemin ! Puissions-nous, dans le sentier qu’il nous a tracé, l’imiter quelque peu et honorer notre Dieu, l’honorer Lui-même, par une confiance entière !

 

 

6                    Sur le Psaume 119 (v.1-11). Le bonheur. La Parole de Dieu

ME 1982 p.87

6.1   Les bienheureux dans les Psaumes

Le Psaume 119 commence par le mot « Bienheureux ». Six Psaumes commencent par ce même mot, trois dans le 1er Livre (les Psaumes 1, 32 et 41) et trois dans le 5ème Livre (les Psaumes 112, 119 et 128). Il est frappant que ce mot soit si souvent répété dans les Psaumes ; on l’y trouve 25 fois : 8 fois dans le 1er Livre (Ps. 1, 2, 32 [2 fois], 33, 34, 40 et 41) — 2 fois dans le 2ème (Ps. 65 et 72) — 4 fois dans le 3ème (Ps. 84 [3 fois] et 89 — 2 fois dans le 4ème (Ps. 94 et 106) — et 9 fois dans le 5ème (Ps. 112, 119 [2 fois],127, 128, 137, 144 [2 fois] et 146). Cependant, les Psaumes parlent souvent de souffrances et d’épreuves douloureuses : nous y avons notamment la détresse des fidèles dans la grande tribulation ; par ailleurs, bien des Psaumes placent devant nous les souffrances de Christ, dans sa vie et sur la croix, pendant les trois premières heures de la crucifixion et pendant les trois heures durant lesquelles, alors qu’Il était fait péché, son Dieu a dû l’abandonner. Cela suffirait à nous montrer que le croyant peut jouir d’un vrai bonheur au travers de grandes souffrances.

 

6.2   Où se trouve le bonheur

C’est l’aspiration du cœur de l’homme que d’être heureux. Les hommes organisent ce monde dans l’espoir d’y vivre heureux ; comptant sur la réalisation de ce désir, ils disent : « demain sera comme aujourd’hui, et encore bien supérieur » (Ésaïe 56:12). Hélas ! on constate aisément que le bonheur n’est pas ici-bas ; il est en Dieu seul. L’âme qui jouit du bonheur, dans les Psaumes, en tous lieux et en tous temps, est celle qui trouve ce bonheur auprès de l’Éternel et en Lui seul. Quand on est jeune, l’on a bien des désirs dont la réalisation permettrait, croit-on, d’être heureux ici-bas. Que les parents, qui sont responsables de l’éducation de leurs enfants, leur enseignent qu’il n’y a de bonheur qu’en Jésus seul et surtout qu’ils le leur montrent en en étant pour eux-mêmes profondément pénétrés. Quelqu’un qui appartient au Seigneur, qui vit près de Lui et qui vit de Lui, est bienheureux. Le bonheur n’est pas dans les circonstances, il est en Jésus seul. L’apôtre Paul connaissait ce contentement d’esprit ; il pouvait écrire : « J’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve... » ( Philippiens 4:11 à 13).

 

6.3   La Parole répond à tout

Pour le fidèle, dans ce Psaume 119, le bonheur est dans la Parole, qui nous présente Christ, la Parole qui est le sujet de ce Psaume. Ce Psaume est le plus long chapitre de la Bible ; il comprend 176 versets, divisés en 22 séries de 8 versets chacune. La forme poétique, dans l’original, offre une particularité qu’on retrouve dans quelques autres psaumes, à savoir que la lettre hébraïque initiale de chaque verset dans les paragraphes [les séries de 8 versets] reste la même, et suit, pour ceux-ci, l’ordre alphabétique. La Parole répond à tous les besoins du fidèle ; dans toutes les expériences qu’il peut être amené à faire, il trouve dans la Parole la réponse à ses besoins, les consolations qui lui sont nécessaires. Puissions-nous réaliser pratiquement que nous avons tout dans la Parole ; pour chaque circonstance de notre vie, nous pouvons trouver la parole précise donnant l’apaisement à l’âme, la direction utile pour notre marche, la réponse à donner à l’adversaire qui essaie de nous faire broncher dans le chemin. Le Seigneur connaissait la Parole comme nul ne l’a jamais connue, ce qui lui a permis de répondre à l’Ennemi, par trois fois, et d’en triompher lors de la tentation au désert (Luc 4:1 à 13).

 

6.4   Les différentes appelations de la Parole

6.4.1       La loi

La Parole est présentée, dans le Psaume 119, sous différents noms. Au 1er verset, c’est la loi. Nous avons à obéir, alors que nous sommes sous la grâce ; la Parole doit avoir pour nous l’autorité d’une loi divine, non pas que nous soyons placés sur un terrain légal, mais la nouvelle nature trouve toujours sa joie à obéir à Dieu. C’est ce que le Seigneur, homme sur la terre, a pleinement réalisé ; Il a souffert dans le chemin de l’obéissance — Il « a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes » (Héb. 5:8) — mais, dans ce chemin, Il trouvait en même temps sa joie, lui qui a pu dire par l’Esprit prophétique : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au-dedans de mes entrailles » (Ps. 40:8). En cela comme en toutes choses, il nous a tracé la voie à suivre. Ne détournons pas la pointe de l’épée, quand la Parole s’adresse à nous ! « Vivante et opérante » (Héb. 4:12), elle nous place devant Dieu pour que nous soyons soumis à sa volonté.

 

6.5   Les témoignages

Dans le verset 2, la Parole a une autre appellation : « ses témoignages ». Dieu a donné différents témoignages :

1. Celui de la création : « depuis la fondation du monde, ce qui ne se peut voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites... » (Romains 1:20). « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’ouvrage de ses mains » (Ps. 19:1).

2. Celui de la loi. Elle a été violée et le témoignage des Écritures a été méprisé et méconnu ; l’homme a désobéi à la Parole.

3. Dieu s’est enfin révélé dans la Personne de son Fils. Il a été rejeté et crucifié.

Aujourd’hui, nous avons la Parole complète, Ancien et Nouveau Testament. L’ensemble constitue « les témoignages » de Dieu. La Parole nous révèle tout ce que nous avons besoin de connaître de Dieu, nous, les bienheureux : « Bienheureux ceux qui sont intègres dans leur voie... qui gardent ses témoignages, qui le cherchent de tout leur cœur » (Ps. 119:1, 2). « Tes témoignages sont merveilleux ; c’est pourquoi mon âme les observe » (ib. 129). Puissions-nous avec plus de zèle et de fidélité lire la Parole, « garder ses témoignages » !

Nous sommes heureux de voir la jeunesse lire la Parole, mais il faut prendre garde de ne pas faire de la recherche intellectuelle pour s’y complaire. Les études sont une aide à certains égards, mais elles peuvent aussi être un piège : une étude intellectuelle de la Parole peut éloigner de Christ. Il faut que toutes les affections du cœur soient engagées pour Lui. Lisons beaucoup les Écritures pour y chercher Christ, nous en recueillerons une riche bénédiction. Quand nous jouissons de Christ dans les Écritures, notre cœur brûle au-dedans de nous (Luc 24:32).

 

6.5.1       Les préceptes, les statuts, les commandements, les ordonnances

Au verset 4 ce sont les « préceptes » : « Tu as commandé tes préceptes pour qu’on les garde soigneusement ». La Parole contient les enseignements que nous avons besoin de « garder soigneusement » en vue de notre formation spirituelle ; comme un précepteur s’occupe de la formation des enfants qui lui sont confiés, la Parole, lue et méditée, nous formera intérieurement.

Au verset 5 ce sont les « statuts ». La Parole contient les enseignements que nous avons besoin de recevoir et de mettre en pratique en vue d’une marche collective, pour vivre la vie de l’assemblée (voir Exode 12:43, 47).

Le verset 6 emploie le terme « commandements ». La Parole est l’expression de l’autorité de Dieu, autorité à laquelle nous devons être soumis.

Enfin, au verset 7 il est question des ordonnances, règles ordonnées par le Souverain pour l’administration de son royaume. Nous avons, dans la Parole, l’expression de la pensée et de la volonté de Dieu à l’égard de toutes choses.

 

6.6   Conclusion : prendre garde à la Parole

Combien les enseignements de la Parole sont nécessaires pour la marche ! « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole » (v. 9). Cette Parole doit être gardée, « cachée » dans le cœur : « J’ai caché ta parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi » (v. 11).

Que les affections de nos cœurs « brûlent » en lisant et méditant la Parole ! Soyons de ces bienheureux dont il est parlé dans les deux premiers versets et tout au long de ce Psaume 119 !

 

Ta gloire, ô notre Dieu, brille dans ta parole ;

Elle est, pour tes enfants, un trésor précieux ;

C’est la voix d’un ami qui soutient et console,

C’est la lettre d’amour écrite dans les cieux.

 

En la lisant, notre âme est toujours rafraîchie.

Notre cœur déchargé des plus rudes fardeaux ;

C’est la source abondante où se puise la vie,

Le fleuve de la grâce aux salutaires eaux.

 

 

7                    Psaume 119 v. 97 à 100 (ce que Christ a réalisé)

ME 1975 p.158

7.1   L’auteur du Psaume 119 est-il Esdras ?

Le nom de l’auteur du Psaume 119 n’est pas indiqué à l’en-tête du Psaume. Certains commentateurs pensent qu’il a été composé par Esdras — tout comme le Psaume 1er — ce qui ne serait pas de nature à nous surprendre si nous considérons la grande place que tenait la Parole dans la vie et le cœur de cet homme de Dieu. C’était « un scribe versé dans la loi de Moïse qu’avait donnée l’Éternel, le Dieu d’Israël » et il « avait disposé son cœur à rechercher la loi de l’Éternel, et à la faire, et à enseigner en Israël les statuts et les ordonnances » (Esdras 7:6 et 10). La progression indiquée au verset 10 est à noter : en tout premier lieu, il y avait eu chez Esdras un travail de cœur qui avait produit en lui le saint désir de rechercher la loi de l’Éternel, loi qu’il ne se contentait pas de connaître, mais qu’il mettait en pratique : il avait ainsi, tout à la fois, la connaissance et l’autorité morale nécessaires pour enseigner le peuple de Dieu et il avait à cœur de le faire. Quel exemple il nous donne ! Puissions-nous l’imiter ! — Lorsque, dans le récit de Néhémie 8, « tout le peuple s’assemble comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux », c’est à Esdras qu’il est demandé « d’apporter le livre de la loi de Moïse, que l’Éternel avait commandée à Israël ». Nous voyons alors Esdras « apporter la loi devant la congrégation des hommes et des femmes, et devant tous ceux qui avaient de l’intelligence pour entendre. Et il y lut devant la place qui est devant la porte des eaux, depuis l’aube jusqu’à midi, en présence des hommes et des femmes, et de ceux qui avaient de l’intelligence. Et tout le peuple prêtait l’oreille au livre de la loi ». Quel profond intérêt le ministère d’Esdras, présentant la loi de l’Éternel, avait éveillé dans le cœur du peuple ! Quelle faim, quelle soif d’entendre les paroles de Dieu ! Puissent-elles nous caractériser aussi ! (Néh. 8:1 à 8).

Le Psaume 119 est, tout au long, rempli de la Parole ; il n’est guère de versets où elle ne soit mentionnée. Le méditer, considérer avec le secours du Saint Esprit quelques-unes des richesses qu’il contient, fera du bien à nos âmes et produira dans nos cœurs le désir de nous nourrir de la Parole, d’y chercher ce qui est indispensable à notre développement spirituel.

Nous nous proposons, dans les pages qui suivent, de nous arrêter principalement sur quatre versets, les versets 97 à 100. Sans aucun doute l’auteur du Psaume a-t-il réalisé pour lui-même ce qu’il y a exprimé, mais ne semble-t-il pas que nul n’a pu le faire comme Christ, alors qu’il était un homme sur la terre ? C’est ce que nous voudrions essayer de faire ressortir.

 

7.2   Psaume 119:97. Méditer la Parole

Verset 97 — « Combien j’aime ta loi ! tout le jour je la médite ».

Qui a « aimé » la loi de l’Éternel, la Parole de son Dieu, comme Christ lui-même ? Dès ses plus jeunes années, il est déjà nourri de cette Parole, elle fait la joie, les délices de son cœur. « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au-dedans de mes entrailles », dit-il « en entrant dans le monde » (Ps. 40:8 ; Héb. 10:5). Il « aime » cette loi car toutes les aspirations de son cœur et de son âme sont satisfaites par elle. Non seulement il la lit, mais encore il la médite et la médite constamment, « tout le jour », et elle est la règle de toutes ses voies. — Méditer la Parole, c’est, après l’avoir lue, réfléchir profondément sur ce que nous y avons trouvé ; c’est « repasser » dans nos cœurs (comme le faisait Marie autrefois — Luc 2:19), au cours d’un travail intérieur, ce que la Parole nous enseigne.

Ce mot, méditer, revient plusieurs fois dans le Psaume et il vaut sans doute la peine, pour nous encourager à d’aussi précieuses méditations, de rappeler les différents versets où il est mentionné.

 

7.2.1       Ps. 119:15. Discerner les sentiers dans lesquels nous avons à marcher

« Je méditerai tes préceptes et je regarderai à tes sentiers » (v. 15). — La lecture, la méditation de la Parole sont nécessaires pour que nous puissions voir, discerner le chemin du Seigneur, les sentiers dans lesquels nous avons à marcher si nous désirons être fidèles et obéissants en toutes choses. Celui dont la marche a été parfaite a vécu une telle vie parce que, comme homme ici-bas, il « méditait » la Parole de son Dieu.

 

7.2.2       Ps. 119:23. Les princes parlent contre moi

« Les princes même se sont assis et parlent contre moi ; ton serviteur médite tes statuts » (v. 23). — Quelle opposition a rencontré le Seigneur tout au long de son chemin de la part des « princes », principaux sacrificateurs et chefs du peuple ! Ceux-là même qui étaient appelés à enseigner Israël, à lui présenter Dieu et sa Parole, qui par conséquent auraient dû recevoir le Messie promis, complotaient contre lui (cf. Matt. 26:3 à 5, parmi d’autres passages). Mais cela ne pouvait en rien faire dévier Christ de son sentier : il méditait la Parole qui était son guide pour l’y conduire pas après pas.

 

7.2.3       Ps. 119:27. Considérer les merveilles que Dieu opère

« Fais-moi comprendre la voie de tes préceptes, et je méditerai sur tes merveilles » (v. 27). —Ici, c’est à son Dieu que Christ s’adresse. Dans le sentier qu’il a parcouru, il était désireux, comme homme, de comprendre ce que Dieu préparait et disposait — et cela, non qu’il eût jamais manqué de confiance, mais afin de considérer les merveilles que Dieu opérait, et pour les méditer.

 

7.2.4       Ps. 119:48. Aimer les commandements

« Et je lèverai mes mains vers tes commandements que j’ai aimés, et je méditerai tes statuts » (v. 48) — Au milieu d’un peuple qui rejetait le témoignage que Christ rendait et qui méprisait la loi de Dieu, obéir aux commandements divins était la joie de Celui qui recommençait l’histoire d’Israël, et cela tout à la gloire de Dieu. Il « aimait » ces commandements et méditait dans son âme et dans son cœur sur tout ce que Dieu lui donnait et, d’autre part, lui demandait.

 

7.2.5       Ps. 119:78. Ils ont agi perversement envers moi

« Que les orgueilleux soient couverts de honte, car sans cause ils ont agi perversement envers moi ; moi, je médite tes préceptes » (v. 78). — Avec quelle perversité les hommes, dans leur orgueil, ont agi à l’égard de Celui « qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec lui » (Actes 10:38), les pharisiens plus particulièrement sans doute. Combien grande a été leur haine envers lui ! Oui, il a été « haï sans cause » (Jean 15:25 — Ps. 35:19 ; 69:4). Cependant, rien ne pouvait l’amener à se départir de ce qu’il a manifesté dès le début de son chemin : il médite la Parole, elle remplit son cœur, il trouve sa joie à considérer les merveilles qu’elle contient.

Dans les versets sur lesquels nous désirons nous arrêter plus particulièrement, il est question deux fois de méditer la Parole :

6 — Verset 97.

7 — Verset 99.

Nous y reviendrons plus loin.

 

7.2.6       Ps. 119:148. Durant les veilles de la nuit

« Mes yeux ont devancé les veilles de la nuit pour méditer ta parole » (v. 148). — Durant les veilles de la nuit, que de fois le Seigneur a été en prières ! Luc nous rapporte une circonstance où « il passa toute la nuit à prier Dieu » (6:12). C’est aussi la Parole qu’il lit, qu’il médite et son désir de le faire est si grand qu’il « devance les veilles de la nuit pour méditer la parole ».

Ces divers passages nous disent quel prix la Parole avait pour le cœur de l’Homme parfait, combien il était heureux de s’en nourrir. Qu’il nous soit donné de l’imiter quelque peu !

 

7.2.7       Résumé sur le Ps. 119:97. La Parole méditée tout le jour

Dans le verset 97 ce n’est pas seulement dans telle ou telle circonstance, ou durant les veilles de la nuit, qu’il médite la Parole mais « tout le jour », de manière continuelle. Jeune enfant, nous le voyons en présence des docteurs de la loi ; il les écoute, les interroge. Quel intérêt pour la Parole ! Mais lorsqu’à leur tour les docteurs de la loi le questionnent, ils « s’étonnaient de son intelligence et de ses réponses » (Luc 2:46, 47). En vérité, dès son tout jeune âge, il réalisait déjà ce que nous lisons au verset 97 du Psaume 119.

 

7.3   Ps. 119:98. Plus sage que mes ennemis

Verset 98 — « Tes commandements m’ont rendu plus sage que mes ennemis, car ils sont toujours avec moi. »

Là encore, qui mieux que lui pouvait prophétiquement prononcer ces paroles ? N’évoquent-elles pas la scène de la tentation au désert ? L’ennemi se présente pour essayer, avec ruse et subtilité, de prendre le second homme dans ses pièges et de le faire broncher. Quelle victoire il eût remportée s’il avait pu — mais ce n’était pas possible — arriver à ses fins ! Il rencontrait au désert — ce qui n’était pas le cas dans le jardin d’Éden — un « plus sage » que lui, un homme parfait, qui connaissait la Parole de son Dieu et obéissait à ses commandements, ces commandements desquels il pouvait dire : « ils sont toujours avec moi ». En effet, pour répondre à Satan il ne cherche pas, il n’hésite pas : à chacune des trois tentations, il a la parole à propos, celle qui ferme la bouche à l’adversaire. « Il est écrit... ».

 

7.4   Ps. 119:99. Plus d’intelligence que ceux qui m’enseignent

Verset 99 — « J’ai plus d’intelligence que tous ceux qui m’enseignent, parce que je médite tes préceptes. »

Alors qu’il était un jeune Israélite, enfant de douze ans, il était appelé à recevoir les enseignements des docteurs de la loi — nous pouvons tout au moins le penser — mais la scène de Luc 2:46, 47 nous montre qu’il avait « plus d’intelligence » qu’eux. Pourquoi ? Parce que non seulement il lisait la Parole de son Dieu, s’en nourrissait, mais encore la méditait ! Quels enseignements il y trouvait, quelle intelligence lui était ainsi communiquée, comme homme ici-bas !

 

7.5   Ps. 119:100. Plus de sens que les anciens

Verset 100 — « J’ai plus de sens que les anciens, parce que j’observe tes préceptes. »

Il lisait la Parole et la méditait, davantage encore : il l’observait ! Si les anciens, appelés à juger à la porte, devaient faire preuve de « sens », d’intelligence et de discernement pour remplir leur charge, lui avait « plus de sens » qu’eux. Il pouvait dire en vérité :

« Je juge selon ce que j’entends, et mon jugement est juste ; car je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jean 5:30) : il observait les préceptes de la loi de Dieu, jugeait de toutes choses d’après ce que son Dieu lui disait et n’avait d’autre volonté que la sienne !

 

7.6   Conclusion sur le rôle et la valeur de la Parole pour nous

Combien nous avons besoin de nous exhorter à lire davantage la Parole ! Ne nous contentons pas de la lire — même parfois, peut-être, de la lire un peu hâtivement — méditons-la ! Méditer la Parole, c’est « rôtir sa chasse » (Prov. 12:27). Ne ressemblons pas au « paresseux » dont il est question dans ce verset des Proverbes, qui goûte un certain plaisir tandis qu’il chasse mais n’en retire ensuite aucun profit, aucune nourriture. Lire la Parole fait du bien à notre âme, mais c’est en la méditant que nous en retirerons vraiment le profit que Dieu veut que nous y trouvions. Lisons et méditons la Parole en ne perdant jamais de vue que ce n’est pas une parole humaine, c’est la Parole de Dieu : quelle attitude, faite de sainte crainte et de respect, doit toujours être la nôtre lorsqu’en la lisant nous écoutons ce que Dieu se plaît à nous communiquer ! Sa Parole est « vivante et opérante » : lisons-la avec prière, dans la dépendance du Saint Esprit, recevons-la « avec la joie de l’Esprit Saint » — comme les Thessaloniciens l’avaient reçue (1 Thess. 1:6) — et qu’ainsi elle « opère » en nous avec puissance (voir 1 Thess. 2:13). Quelle puissance il y a dans la Parole de Dieu ! Au désert, l’Homme parfait a fermé la bouche à l’adversaire au moyen de la Parole et cela nous dit quelque chose de la puissance qui est en elle — puissance que nous avons peut-être tendance à mésestimer parfois ! N’oublions pas que la Parole de Dieu « a la puissance d’édifier et de nous donner un héritage avec tous les sanctifiés » (Actes 20:32). Puissions-nous apprécier toujours davantage le trésor qui est entre nos mains, remercier notre Dieu de nous l’avoir donné et de nous l’avoir conservé au travers des âges ! Cette Parole divine est la seule vraie nourriture de notre âme. Dans le domaine des choses matérielles, il est bien vrai que pour apprécier une nourriture il faut d’abord avoir faim ; ne nous arrive-t-il pas de ne pas apprécier comme nous le devrions la valeur et la saveur de la Parole parce que nous manquons « d’appétit » pour nous en nourrir ? Lorsqu’il en est ainsi, Dieu nous dispense telle ou telle épreuve afin de produire la faim dans nos âmes, comme il le faisait autrefois pour le peuple terrestre : « Et il t’a humilié, et t’a fait avoir faim ; et il t’a fait manger la manne que tu n’avais pas connue et que tes pères n’ont pas connue, afin de te faire connaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vivra de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel » (Deut. 8:3). De semblables épreuves n’étaient pas nécessaires pour un Jérémie, qui pouvait dire : « Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées ; et tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér. 15:16). — Si en lisant la Parole de Dieu nous n’avons pas trouvé Christ, appris quelque chose de lui, c’est parce que nous l’avons mal lue ; car, en effet, elle est remplie de Christ, du commencement à la fin. Elle nous occupe de celui qui disait, lorsqu’il était un homme ici-bas : « Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jean 6:35). Lisons la Parole avec prière, dans la dépendance du Saint Esprit nous y trouverons Christ et nos âmes seront nourries de lui.

« Sept fois le jour » louons notre Dieu et Père pour le privilège que nous avons de posséder sa Parole ! (cf. Ps. 119:164). Montrons que nous l’apprécions à sa valeur en la lisant, en la méditant, en l’observant. Imitant ainsi quelque peu notre parfait Modèle, nous pourrons vivre une vie à sa gloire, à la gloire de notre Dieu et Père !

 

Ta gloire, ô notre Dieu, brille dans ta Parole ;

Elle est, pour tes enfants, un trésor précieux ;

C’est la voix d’un ami qui soutient et console ;

C’est la lettre d’amour écrite dans les cieux.

 

En la lisant, notre âme est toujours rafraîchie,

Notre cœur déchargé des plus rudes fardeaux.

C’est la source abondante où se puise la vie,

Le fleuve de la grâce aux salutaires eaux.

 

 

8                    Quelques caractères de la marche du croyant

ME 1981 p.29

8.1   Exhortations sur la marche dans diverses épîtres

Celui qui a accepté l’évangile, qui connaît Christ comme son Sauveur, est responsable de le montrer dans toute sa façon de vivre ; il est appelé à marcher, à se conduire « d’une manière digne de l’évangile du Christ ». L’apôtre le désirait pour les croyants de Philippes — auxquels il parle beaucoup de l’évangile — afin, dit-il, que « j’apprenne à votre sujet que vous tenez ferme dans un seul et même esprit, combattant ensemble d’une même âme, avec la foi de l’évangile » (Phil, 1:27). — Dans l’Épître aux Colossiens, c’est un autre caractère que doit présenter la marche du fidèle. Paul et Timothée, s’adressant « aux saints et fidèles frères en Christ qui sont à Colosses », leur écrivent : « nous ne cessons pas de prier et de demander pour vous que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre, et croissant par la connaissance de Dieu » (Col. 1:1, 2, 9, 10). Dans cette Épître, qui place devant nous Christ comme la tête, le Chef du corps, la marche est considérée comme devant être « digne du Seigneur ». Au chapitre 2, l’exhortation est celle-ci : « Comme donc vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, marchez en lui, enracinés et édifiés en lui » (v. 7). Marchez en lui ! Une telle marche étant réalisée, le croyant, en quelque sorte, disparaît, on ne voit que le Seigneur ! Le chapitre 4 nous donne une autre exhortation en rapport avec la marche : « Marchez dans la sagesse envers ceux de dehors, saisissant l’occasion. Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun » (v. 5, 6). — Dans la première Épître aux Thessaloniciens, tout au long de laquelle les vérités présentées le sont en général en rapport avec Dieu — le nom de Dieu est cité trente-cinq fois dans cette courte épître — l’on peut remarquer aussi que les croyants de Thessalonique s’étaient « tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai » (1, 9). L’exhortation à la marche est celle-ci : « pour que vous marchiez d’une manière digne de Dieu qui vous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire » (2:12) et encore : « nous vous exhortons par le Seigneur Jésus, pour que, comme vous avez reçu de nous de quelle manière il faut que vous marchiez et plaisiez à Dieu, comme aussi vous marchez, vous y abondiez de plus en plus » (4:1).

 

8.2   Exhortations sur la marche dans l’épître aux Éphésiens

L’Épître aux Éphésiens, elle, nous présente surtout la position céleste du croyant et de l’assemblée. Elle n’en contient pas moins plusieurs exhortations de toute importance relatives à la marche du croyant qui doit témoigner de sa position céleste. Citons d’abord deux passages qui nous disent, le premier ce qu’était la marche du croyant avant sa conversion : « et vous, lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés (dans lesquels vous avez marché autrefois, selon le train de ce monde... » (2:1, 2) — le second ce que ne doit pas être notre marche présentement : « Voici donc ce que je dis et témoigne dans le Seigneur, c’est que vous ne marchiez plus comme le reste des nations marche, dans la vanité de leurs pensées... » (4:17 à 19).

 

Nous avons ensuite à considérer six passages de cette Épître, qui nous présentent les caractères de la marche d’un croyant céleste.

 

8.2.1       Éphésiens 2:10. En rapport avec les bonnes oeuvres

« Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles » (2:10).

Une bonne œuvre est faite au nom de Christ (cf. Act. 4:9, 10), envers Lui (cf. Marc 14:6), envers les saints (cf. Actes 9:36, 39), envers tous les hommes (cf. Gal. 6:10). Elle est toujours faite pour Christ.

« Bonne œuvre » a deux sens différents : 1) ce peut être un acte, qu’il soit visible aux yeux de tous ou, au contraire, accompli dans le secret : par exemple, la remise d’un don, l’exercice de soins dispensés à un malade. C’est faire du bien. 2) ce peut être aussi tout ce qui découle de l’état du cœur renouvelé et purifié : par exemple, l’amour fraternel, le support, la sympathie. C’est faire le bien.

Pour faire le bien, il faut être né de nouveau (3 Jean 11) et ensuite, réaliser les caractères d’un « vase à honneur » au sein de la « grande maison ». Le croyant est ainsi « préparé pour toute bonne œuvre » (2 Tim. 2:21), tandis que, d’autre part, Dieu lui-même prépare à l’avance les bonnes œuvres « afin que nous marchions en elles » (Éph. 2:10). Il nous appartient de discerner ce que Dieu a ainsi « préparé » afin que nous sachions l’accomplir.

L’Épître aux Romains nous exhorte indirectement à « persévérer dans les bonnes œuvres » (2:7).

— Dans la première Épître à Timothée, les femmes sont invitées à rechercher non pas ce qui a une belle apparence extérieure mais à accomplir de « bonnes œuvres », « ce qui sied à des femmes qui font profession de servir Dieu » (2:9, 10). — Celui qui a à cœur de remplir une charge d’ancien dans l’assemblée locale à laquelle il se rattache, « désire une œuvre bonne » (ib. 3:1). — La veuve à laquelle il convient de penser au sujet de ses besoins, c’est celle qui a « le témoignage d’avoir marché dans les bonnes œuvres », qui « s’est appliquée à toute bonne œuvre » (ib. 5:9, 10). L’apôtre ajoute un peu plus loin : « De même aussi les bonnes œuvres sont manifestes d’avance » (ib. 25). — Enfin, toujours dans cette même épître, l’apôtre s’adresse à « ceux qui sont riches dans le présent siècle » pour les exhorter à être « riches en bonnes œuvres » (ib. 6:17 à 19).

L’apôtre exhorte Tite, son « véritable enfant selon la commune foi », à se montrer lui-même « en toutes choses un modèle de bonnes œuvres » et ainsi un exemple pour les jeunes hommes (Tite 2:7). Il lui demande de rappeler à ceux qu’il avait à enseigner que Dieu a désiré avoir « pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres » (ib. 14) et qu’ils devaient être « prêts à toute bonne œuvre » et « les premiers dans les bonnes œuvres » (ib. 3:1, 8, 14).

Retenons bien ces différentes exhortations pour les mettre en pratique ! Si nous réalisions constamment le jugement de nous-mêmes, notre vie ne se composerait que de bonnes œuvres.

 

8.2.2       Éphésiens 4:1-3. En rapport avec notre appel

« Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés, avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un l’autre dans l’amour ; vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (4:1 à 3).

Le chapitre 3 de l’Épître aux Éphésiens, depuis le verset 2, est une parenthèse ; l’exhortation qui commence le chapitre 4 se lie donc à la fin du chapitre 2. Nous sommes édifiés ensemble en Jésus Christ « pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (2:19 à 22). Quel privilège, mais aussi quelle responsabilité ! Responsabilité collective à laquelle il ne peut être fait face que si chacun de ceux qui forment l’Assemblée comprend et réalise ce qui lui incombe personnellement. Chacun de nous avons à marcher d’une manière digne de l’appel dont nous avons été appelés.

L’appel, c’est l’appel tout entier, comprenant la position du croyant en Christ devant Dieu, aussi bien que le privilège de tous les croyants de constituer un seul corps et de former « l’habitation de Dieu par l’Esprit ». Les versets 2 et 3 du chapitre 4 nous indiquent les divers caractères d’une marche « digne de l’appel dont nous avons été appelés » : « humilité et douceur », longanimité, support mutuel dans l’amour, application à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix.

 

8.2.3       Éphésiens 5:1,2. Dans l’amour

« Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (5:1, 2).

Ces deux versets sont en quelque sorte la conclusion du chapitre précédent, dont le verset 32 est une exhortation à exercer bonté, compassion les uns envers les autres, à nous pardonner les uns aux autres, comme Dieu aussi, en Christ, nous a pardonné. Cela nous conduit à la source de ce pardon, à l’amour de Dieu qui nous l’accorde, à l’amour de Christ par qui nous le possédons.

Enfants de Dieu, scellés du Saint Esprit, nous devons être « imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants », par conséquent « marcher dans l’amour ». L’exemple de Celui qui, comme homme ici-bas, a marché ainsi est placé devant nous : « comme aussi le Christ nous a aimés ». Son amour, c’est l’amour dans son activité permanente, dans son dévouement constant, dans l’oubli de soi-même pour penser aux autres. Dieu nous a aimés, Christ nous a aimés alors que nous étions « haïssables, nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3:3) et la preuve de cet amour a été le don de Christ. Christ nous a aimés ! Modèle inimitable, que nous sommes cependant exhortés à imiter quelque peu... Que l’amour divin, « versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5:5), agisse et opère en nous tout au long du chemin que nous avons à parcourir ! Nous pourrons alors suivre l’exhortation d’Éphésiens 5:2 : « Marchez dans l’amour ». Que cela caractérise la marche de tous les enfants de Dieu, pour le bien de chacun et pour la bénédiction des assemblées !

 

8.2.4       Éphésiens 5:8-10. Comme des enfants de lumière

« Marchez comme des enfants de lumière (car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, et justice, et vérité), éprouvant ce qui est agréable au Seigneur » (5:8 à 10).

Qu’étions-nous auparavant ? Pas seulement dans les ténèbres, mais ténèbres. « Et la lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise » (Jean 1:5). Autrefois morts, nous avons été faits vivants ; autrefois ténèbres, nous avons été faits « lumière dans le Seigneur ». Par conséquent, nous devons marcher « comme des enfants de lumière » : toute notre vie doit manifester que nous sommes des enfants de lumière, des « enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi laquelle vous reluisez comme des luminaires dans le monde » (Phil. 2:15).

Cette lumière se manifeste par son fruit. Le fruit est produit par un arbre vivant ; la vie de Dieu dans le croyant doit produire « toute bonté, et justice, et vérité ». La bonté découle de l’amour de Dieu, versé dans nos cœurs par le Saint Esprit ; la justice caractérise les sentiers où le bon Berger conduit ses brebis (Ps. 23:3) ; la vérité, c’est Christ. — Mais la bonté peut aller jusqu’à la faiblesse qui nous dispose à tolérer coupablement le mal. Lorsqu’il en est ainsi, on irait parfois jusqu’à se glorifier d’une aussi grande bonté. N’est-ce pas souvent le cas, hélas ? La justice et la vérité permettent d’éviter ce danger. Mais, d’autre part, et cela se produit aussi fréquemment, la justice peut dégénérer en légalisme. Il faut la vérité, ce que Christ est, pour que le fruit de la lumière soit pleinement manifesté, sans aucune altération. — C’est la lumière qui nous permet de voir et discerner les choses qui plaisent au Seigneur, de même que dans le domaine des choses physiques la lumière permet de comparer les qualités visibles des objets.

 

8.2.5       Éphésiens 5:15-16. Soigneusement

« Prenez donc garde à marcher soigneusement, non pas comme étant dépourvus de sagesse, mais comme étant sages ; saisissant l’occasion, parce que les jours sont mauvais » (5:15, 16).

Au lieu de dormir (v. 14), il faut marcher, mais le chemin étant parsemé de pièges, combien il est nécessaire de prendre garde, de « marcher soigneusement » ! « Pèse le chemin de tes pieds, et que toutes tes voies soient bien réglées. N’incline ni à droite ni à gauche ; éloigne ton pied du mal » (Prov. 4:26, 27). L’Ennemi agit souvent petit à petit, nous incitant à des dérèglements qui paraissent si peu importants que nous les considérons comme négligeables. C’est pourquoi il faut une grande vigilance et beaucoup de sagesse dans notre marche. « Marcher soigneusement », c’est mettre en pratique les enseignements de la Parole, sans aucune déviation.

 

8.2.6       Éphésiens 6:15. Les pieds chaussés de la préparation de l’évangile de paix

« Ayant chaussé vos pieds de la préparation de l’évangile de paix » (6:15).

Cette exhortation est en rapport avec la marche. L’Évangile reçu dans le cœur nous apporte la paix et toute notre marche doit le manifester. Nous sommes conduits à apporter aux hommes la paix que 1’Évangile nous a procurée ; il ne convient pas d’apporter aux âmes des discussions qui souvent les aigrissent, il leur faut la paix qu’elles ne possèdent pas. Le croyant doit toujours apporter avec lui une atmosphère de paix et la procurer à ceux avec lesquels il est en contact. Ceux qui apportent la paix sont bienheureux : « Bienheureux ceux qui procurent la paix, car c’est eux qui seront appelés fils de Dieu » (Matt. 5:9).

Quand le Dieu de paix sera-t-il avec nous ? Dans la mesure où nous serons occupés des choses vraies, vénérables, justes, pures, aimables, de bonne renommée, et où nous les accomplirons (cf. Phil. 4:8, 9). C’est la Parole qui nous occupe de ces choses (ceinture de la vérité) et c’est dans les sentiers de justice que nous les pratiquerons (cuirasse de la justice) — cf. Éph. 6:14. La chaussure suggère un état pratique de l’âme formé par la Parole qui confère à notre marche un caractère particulier : le croyant peut ainsi apporter la paix partout où il va, que ce soit parmi les inconvertis, que ce soit parmi les croyants.

 

8.2.7       Résumé sur la marche dans les Éphésiens

Parmi les enseignements si importants que Dieu nous donne dans l’Épître aux Éphésiens retenons, d’une part, ce qui concerne la position céleste du croyant et de l’Assemblée — d’autre part, ce que nous avons à manifester dans ce monde : puissions nous marcher dans les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance — d’une manière digne de l’appel dont nous avons été appelés — dans l’amour — comme des enfants de lumière — soigneusement — les pieds chaussés de la préparation de l’évangile de paix. Si nous le réalisons vraiment, fidèlement, quelle joie nous en éprouverons dans nos cœurs, quelle satisfaction pour le cœur de Dieu, pour le cœur du Seigneur !

 

8.3   Exemple d’Énoch qui « marcha avec Dieu »

Nous voudrions en terminant rappeler l’exemple d’Énoch. — Nous lisons dans le Livre de la Genèse : « Et Hénoc, après qu’il eut engendré Methushélah, marcha avec Dieu trois cents ans ; et il engendra des fils et des filles. Et tous les jours de Hénoc furent trois cent soixante-cinq ans. Et Hénoc marcha avec Dieu ; et il ne fut plus, car Dieu le prit » (5:22 à 24). Quelle marche remarquable que celle de Hénoc ! Il semble que c’est la naissance d’un fils dans son foyer qui a arrêté son attention d’une manière particulière sur la marche qui devait être la sienne ; il paraît avoir compris, à ce moment-là, qu’il devait marcher de façon à être un exemple pour son fils, comme aussi pour les fils et les filles qu’il devait engendrer plus tard. Pour cela — pour d’autres motifs encore peut-être — comprenant mieux qu’avant quelle était sa responsabilité, il « marcha avec Dieu ». Et cela durant trois cents ans ! Quelle persévérance ! Quelle fidélité ! Quel exemple pour nous ! Combien cela doit parler à chacun, en particulier à tous les parents chrétiens !

Dans le chapitre 11 de l’Épître aux Hébreux nous lisons : « Par la foi, Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît pas la mort ; et il ne fut pas trouvé, parce que Dieu l’avait enlevé ; car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu » (v. 5). Quel départ que celui d’Énoch et quel témoignage que celui qu’il a reçu avant son enlèvement !

Nous attendons le moment où « les morts en Christ ressusciteront premièrement » et où « nous les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air » (1 Thess. 4:16, 17). Bienheureuse espérance qui réjouit nos cœurs et qui est si près d’être réalisée ! — Puisse notre marche être telle qu’avant l’enlèvement il nous soit accordé de recevoir le témoignage d’avoir plu à Dieu ! Quelle gloire ce serait pour Dieu, pour le Seigneur !

 

Marcher en ta présence,

Fidèle et doux Sauveur,

Dans une humble assurance

En ton bras, en ton cœur ;

Ne chercher qu’à te plaire

En tout ce que l’on fait :

C’est le ciel sur la terre,

C’est le bonheur parfait.

 

 

9                    À propos de la sacrificature de Christ dans l’épître aux Hébreux

(2:14 à 18 ; 3:1 à 6 ; 4:12 à 16 ; 5)

ME 1982 p.225

9.1   But de la sacrificature : amener la marche à la hauteur de la position

La condition du croyant est présentée dans les Écritures à deux points de vue différents. Il y a d’abord la position : elle est parfaite et définitive : selon Hébreux 10:14 nous avons été rendus « parfaits à perpétuité », comme étant sanctifiés en vertu de l’œuvre de Christ à la croix, à laquelle le croyant a ajouté foi. Le croyant est donc placé dans la condition d’homme céleste en Christ. — L’autre point de vue est celui de la marche du croyant dans ce monde. Les versets cités à l’en-tête de ces pages parlent de la sacrificature de Christ. Le but de cette sacrificature est d’amener le croyant à marcher à la hauteur de sa position.

 

9.2   La marche est présentée sous deux points de vue

9.2.1       La marche selon les Philippiens : pour moi, vivre c’est Christ

La marche elle-même est présentée à deux points de vue. Dans l’épître aux Philippiens, nous avons la marche du croyant dans toute la puissance de l’Esprit de Dieu, étant en quelque sorte au-dessus des circonstances, vivant de la vie de Christ. C’est la « marche sur les eaux », la manifestation de la vie de Dieu dans ce monde. Pour cela, la Parole ne nous donne pas seulement des exhortations, elle nous montre aussi cette marche réalisée par un homme sur la terre. Il y a d’abord le parfait Modèle qui a reçu, et par deux fois, le témoignage d’avoir plu à Dieu (Luc 3:21, 22 ; 9:35). Le Père, au baptême de Jean, avant l’entrée de Jésus dans son ministère, témoigne de sa satisfaction pour les trente premières années de sa vie ; puis, au terme de ce ministère, à la montagne de la transfiguration, le Père rend le même témoignage se rapportant sans doute plus particulièrement aux trois années et demie. Mais, dira le raisonneur, Jésus n’avait pas notre vieille nature ; alors, comme pour répondre à cette objection, la Parole nous donne un autre exemple : la vie de l’apôtre Paul, une vie vécue à la gloire de Dieu. L’épître aux Philippiens montre la vie d’un chrétien qui réalise qu’il a tout en Christ. Paul peut écrire : « Car pour moi, vivre c’est Christ » (Phil. 1:21). Nous avons les mêmes ressources que celles qu’avait l’apôtre.

 

9.2.2       La marche selon Hébreux : dans la faiblesse, ayant besoin de la grâce et de la sacrificature

Dans l’épître aux Hébreux, la marche est présentée à un autre point de vue. C’est la vie d’un croyant conscient de ses faiblesses et ayant besoin de toute la grâce de Dieu et de la sacrificature de Christ. Cette sacrificature, tellement nécessaire pour que le croyant puisse glorifier Dieu, s’exerce de différentes manières. Le sacrificateur portait les douze noms des fils d’Israël sur ses épaules et sur son cœur. — Nous avons chacun notre caractère, notre tempérament, notre façon de comprendre les choses ; mais le Seigneur nous aime tous et tous nos noms sont sur ses épaules et sur son cœur. Combien il est encourageant de savoir que pas un de ses rachetés n’est oublié de Lui ! Au milieu de tous les obstacles et de tous les pièges de l’Ennemi, ayant conscience de nos infirmités, il est encourageant de se savoir ainsi « portés » par Christ, dans sa puissance et son amour. Et il nous portera jusqu’au bout. Dans les temps actuels surtout, le christianisme est difficile à vivre, et pas seulement pour la jeunesse ! Les dangers vont grandissant, mais le secours du Seigneur ne saurait manquer. Plus grands sont ces dangers, plus nous expérimentons les secours de la sacrificature de Christ.

Pour être sacrificateur, Christ a dû être homme, participer « au sang et à la chair ». Il a été homme ici-bas, il le fallait pour qu’il pût être la victime expiatoire, après avoir montré la vie d’un homme parfait, et pour être ensuite, après sa mort et sa résurrection, « un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur » (Héb. 2:14 à 18). Il convenait que le Seigneur connût ce qu’est le monde, la puissance et les ruses de Satan, qui en est le prince. Il lui fallait entrer dans ce que le croyant rencontre : les tentations et les pièges de l’Ennemi.

 

9.3   Un sacrificateur en mesure de secourir ceux qui sont tentés

Notre souverain sacrificateur est fidèle. Il ne peut pas manquer dans l’exercice de son office : « Car, en ce qu’il a souffert lui-même, étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés » (Héb. 2:18). Le caractère essentiel de toute tentation est de nous inciter à sortir d’un chemin de dépendance et d’obéissance, pour nous faire marcher dans un chemin de propre volonté. Lui a été tenté, particulièrement au désert (Luc 4:1 à 13) et « il a souffert, étant tenté » (Héb. 2:18). Il a connu des souffrances très grandes dans ces tentations au désert, en réalisant ce qu’est la puissance de Satan, sa subtilité, le caractère insidieux de ses tentations allant jusqu’à recouvrir ses perfides séductions de la Parole de Dieu elle-même faussement employée. Lui, l’homme parfait, peut entrer en sympathie avec nous ; Il connaît la Parole dans toute sa vérité, son autorité, et sa puissance pour vaincre l’Ennemi. Mais les siens la connaîtront-ils assez pour fermer la bouche à l’Adversaire ? — Il entre en sympathie à leur égard, il souffre comme homme, il est le Modèle parfait, mais aussi le soutien dans la lutte. « Il a souffert lui-même étant tenté », c’est pourquoi « il est à même de secourir ceux qui sont tentés ». Que ceux qui seraient particulièrement l’objet des assauts de l’Ennemi, réalisent que le secours est auprès du Seigneur et auprès de Lui seul. Il peut nous secourir parce que, d’une part, il a été homme ici-bas et que, d’autre part, il est maintenant glorifié à la droite de Dieu, nous portant sur ses épaules et sur son cœur.

 

9.4   Hébreux 3

L’enseignement du chapitre 3 de cette épître aux Hébreux continue le sujet de la sacrificature. Ce chapitre commence ainsi : « C’est pourquoi... ». Pour qu’un chrétien céleste vive de façon céleste et réalise sa position en Christ, il faut encore l’exercice de la sacrificature. « Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés, sont tous d’un ; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères » (Héb. 2:11). Lui n’avait pas besoin d’être sanctifié, mais combien nous en avions besoin ! Nous sommes donc appelés : « frères saints » (3:1). Le Seigneur remplit un office afin que nous soyons saints dans notre marche. « Et moi, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité » (Jean 17:19). — Nous avons cette invitation, au début du chapitre 3 de l’épître aux Hébreux : « Considérez l’apôtre et le souverain sacrificateur de notre confession, Jésus ». « Considérez », c’est le même mot que celui qui est employé au chapitre 10, verset 24, traduit là par « Prenons garde » : « Prenons garde l’un à l’autre pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres » — mot qui signifie : apportez une attention constante et persévérante, fixez vos yeux sur Lui, voyez la position qu’il occupe, considérez-le dans son office, office dans lequel il est fidèle. Il est l’apôtre (envoyé de Dieu) mais aussi « le souverain sacrificateur de notre confession ». « Apôtre et souverain sacrificateur de notre confession », n’a-t-on pas là tout le chemin que le Seigneur a suivi depuis qu’il est venu du ciel dans ce monde jusqu’au moment où il est allé au Père ? Il ne pouvait pas être souverain sacrificateur s’il n’avait été d’abord notre Sauveur. Notre « confession », cela signifie notre profession, c’est-à-dire notre christianisme. Il est « fidèle à celui qui l’a établi, comme Moïse aussi l’a été dans toute sa maison ». Il a été fidèle à Dieu dans sa marche ici-bas, il l’est maintenant dans l’exercice de sa souveraine sacrificature. Pensée encourageante ! Quelle gloire pour lui, quelle gloire pour Dieu que cette fidélité du Seigneur !

En Éph. 3:9, il est parlé du « mystère caché dès les siècles en Dieu qui a créé toutes choses ». Nous avons là les gloires divines dans la première et dans la nouvelle création. Il en est de même ici : « mais Christ, comme Fils, sur sa maison ; et nous sommes sa maison, si du moins nous retenons ferme jusqu’au bout la confiance et la gloire de l’espérance » (Héb. 3:6). Est-ce que « la maison » répondra à la pensée de Dieu, sera-t-elle fidèle ? Cette question est laissée, par l’auteur de l’épître, sur la conscience des Hébreux et, par là même, sur notre conscience. Ayant de telles ressources, manifesterons-nous la fidélité que Dieu attend de nous ?

 

9.5   Hébreux 4

9.5.1       S’appliquer à être fidèle

Au chapitre 4, il est parlé de repos — le repos millénaire pour Israël, céleste pour nous. « Appliquons-nous donc à entrer dans ce repos-là » (v. 11) ; « appliquons-nous », mais dira-t-on, il est dit au verset 3 : « Car nous qui avons cru, nous entrons dans le repos », par conséquent, du moment que j’ai cru, j’entrerai certainement dans le repos, je n’ai nul besoin de me préoccuper de ma marche ici-bas. Mais le « j’ai cru » du verset 3 implique le « Appliquons-nous » du verset 11. Serons-nous fidèles ? C’est la question qui se pose à chacun des croyants. La fin du verset 11 doit arrêter spécialement notre attention : « afin que personne ne tombe en imitant une semblable désobéissance ». Les professants sans vie tomberont. L’exhortation est très sérieuse pour nous, car nous sommes responsables de croire la Parole et, l’ayant crue, de réaliser une marche fidèle qui nous conduira ainsi jusqu’au bout du voyage. Croire la Parole et la mettre en pratique ! Que ce soit notre part à tous !

 

9.5.2       Rôle de la Parole de Dieu. La Parole agissant par l’Esprit

L’auteur inspiré de l’épître aux Hébreux présente donc aussitôt la Parole. La Parole est de Dieu ; Jésus a pu dire : « les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie » (Jean 6:63). Dans l’épître aux Hébreux, nous lisons : « Car la Parole de Dieu est vivante » (4:12) ; elle apporte et entretient la vie divine en nous ; elle est « opérante ». Laissons-la opérer. Elle a et elle est la puissance divine ; elle opère dans le cœur et la conscience. Ne détournons pas la pointe de l’épée ! « Elle est opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants ». C’est l’épée de l’Esprit. Ici, ce n’est pas une épée contre l’Ennemi, mais une épée contre nous-mêmes, contre le vieil homme, pour nous transpercer et juger tout ce qui est du vieil homme en nous. Elle atteint « jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit », séparant ce qui est naturel de ce qui est spirituel. Les affections naturelles sont selon Dieu, mais ces relations doivent être maintenant « dans le Seigneur » ; le spirituel doit toujours primer. La Parole nous amène à juger ce qui, dans nos relations entre parents ou amis ne serait pas selon Dieu. Elle va jusqu’aux points les plus intimes de notre être : les « jointures » et les « mœlles » et elle fait apparaître dans la lumière nos pensées et nos intentions les plus secrètes. Ensuite : « Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire ». La Parole nous place devant Dieu, nous amène dans la présence de Dieu. Il n’y a rien de plus précieux pour un croyant, lisant la Parole par l’Esprit, avec son secours, que d’être placé devant Dieu, l’âme sondée, la conscience transpercée. Nous ne pouvons rien cacher à Dieu ; de toute façon, un jour nous serons « tous manifestés devant le tribunal du Christ » (2 Cor. 5:10). Nous pensons parfois que nous pouvons aller sans trop nous soucier de la pensée des frères, mais un jour tout sera manifesté. L’apôtre Paul, lui, ne craignait pas l’apparition de la gloire de notre Seigneur Jésus Christ, car, ayant tout jugé, il savait qu’il recevrait « la couronne de justice » (2 Tim. 4:6 à 8).

 

9.5.3       Humanité du Seigneur

« Ayant donc un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme notre confession » (Héb. 4:14). Ayant « traversé les cieux », c’est une allusion au parvis que le souverain sacrificateur traversait avant d’entrer dans les lieux saints. Le Seigneur est entré en apportant son sang, le prix de nos places dans le ciel. Jésus, c’est son nom d’homme, le nom qui nous parle de son humanité parfaite ; cela nous dit qu’il peut entrer en sympathie, car il a souffert, il a pleuré, il fut ému de compassion. Tout ce que ce nom contient de richesse profonde et de tendresse, de bonté et d’amour ! Mais encore, il a la puissance de nous secourir car il est le Fils de Dieu. Il peut apporter du secours et la délivrance ; il peut secourir ceux qui sont lassés, tentés, éprouvés. Alors tenons ferme, ne partons pas à la dérive, n’écoutons pas l’Adversaire ; tenons ferme notre christianisme, réalisons que le christianisme c’est Christ, une Personne connue, l’objet du cœur, de la foi, de l’espérance.

 

9.5.4       Les 4 exhortations à approcher. La prière et le trône de la grâce

C’est à la présence dans le ciel d’un tel sacrificateur que se lie la si précieuse ressource de la prière ! « Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce, afin que nous recevions miséricorde et que nous trouvions grâce pour avoir du secours au moment opportun » (Héb. 4:16). On trouve quatre fois le mot « approcher » dans l’épître aux Hébreux : ici 4:16, ensuite 7:19 : « introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu » — 7:25 : « De là vient aussi qu’il peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux » — enfin, 10:22 : « approchons-nous avec un cœur vrai,... ayant les cœurs par aspersion purifiés d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’eau pure ». Ces quatre passages nous exhortant à nous approcher, sont tous en relation avec la souveraine sacrificature. Il faut s’approcher du trône de la grâce, soit pour avoir le secours nécessaire, soit pour adorer, et nous pouvons le faire en vertu de sa sacrificature. En nous approchant du trône de la grâce, nous éprouvons le sentiment de la miséricorde infinie dont nous sommes les objets : c’est la réponse immédiate à nos prières ; ensuite le Seigneur enverra le « secours au moment opportun », ni trop tôt, ni trop tard. C’est bien ce que nous avons au verset 16 du chapitre 4 : « afin que nous recevions miséricorde » — c’est immédiat, nous avons aussitôt la jouissance de la miséricorde divine, en attendant le moment où le secours nous sera envoyé, soit immédiatement, soit plus tard, selon que le Seigneur en décidera dans sa sagesse et son amour.

 

9.6   Hébreux 5. Analogies et contrastes relativement au Seigneur

9.6.1       Hébreux 5:1-8

Au chapitre 5 nous avons une série d’analogies et de différences relativement au Seigneur. Il a été fait souverain sacrificateur par appel, comme Aaron (v. 4). Il s’est acquis un droit à la souveraine sacrificature comme Phinées (Nomb. 25:12, 13). Il a les deux caractères : il a des gloires éternelles et des gloires qu’il s’est acquises. À partir du verset 5, Il est directement placé devant nous : d’abord son entrée dans ce monde : « Celui-là l’a glorifié qui lui a dit : « Tu es mon Fils ; moi je t’ai aujourd’hui engendré » — ensuite son entrée dans le ciel, Dieu le saluant : « Tu es sacrificateur pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec ». Entre ces deux « temps », nous avons le verset 7, le chemin de Christ sur la terre : « qui, durant les jours de sa chair, ayant offert, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, quoiqu’il fût Fils, a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes » (v. 7, 8). Il a appris l’obéissance. Obéir était une chose nouvelle pour lui, mais c’était sa joie, bien qu’il ait souffert dans cette obéissance — ce sont là deux aspects différents. Il a pu dire, par l’Esprit prophétique : « Alors j’ai dit : Voici, je viens ; il est écrit de moi dans le rouleau du livre. C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au-dedans de mes entrailles... Car des maux sans nombre m’ont entouré... » (Ps. 40:7, 8, 12). — Que l’obéissance soit pour nous une vraie joie ! Nous pourrons ainsi apprendre l’obéissance dans la souffrance — même si nos souffrances ne peuvent être comparées à celles qu’il a connues. Le Seigneur a « appris l’obéissance » dans la souffrance dès le début de son chemin, mais il a souffert intensément en Gethsémané... Quelle lutte que ce combat de l’Homme obéissant ! « Durant les jours de sa chair », il a « offert, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort » et il a été « exaucé à cause de sa piété » (Héb. 5:7). Son droit à la vie a été reconnu, mais alors il a pris la coupe de la main de son Père. En cela il ne pouvait être exaucé, mais n’avait-il pas dit : « la coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? » (Jean 18, 11) ?

 

9.6.2       Hébreux 5:9-14

Mort et ressuscité, Christ a traversé les cieux, « il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur du salut éternel, étant salué par Dieu souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec » (Héb. 5:9, 10). Quelle « salutation » que celle qui l’accueille dans le ciel ! Il peut alors répandre ses bénédictions sur les siens. — La sacrificature de Melchisédec est une sacrificature de bénédiction. Il est ajouté : « au sujet duquel nous avons beaucoup de choses à dire, et qui sont difficiles à expliquer, puisque vous êtes devenus paresseux à écouter » (v. 11). Duquel se rapporte non pas à Melchisédec mais au Seigneur. Quand il est question d’être occupés du Seigneur, ne soyons pas « paresseux à écouter » ! Soyons des « hommes faits », prenons la « nourriture solide » (v. 12 à 14) qui est Christ, sa personne, ses gloires, ses perfections ; nous saurons alors « discerner le bien et le mal ».

Puissions-nous connaître toujours mieux Christ comme miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur, assurés que nous sommes portés sur ses épaules et sur son cœur ! Soyons des « hommes faits » pour réaliser une marche à la gloire de Dieu, à la gloire de Christ !

 

Tes saints, dans la lutte,

Et de tous côtés

Ici-bas en butte

Aux infirmités,

Sont, dans le ciel même,

Portés sur ton cœur,

Ô notre suprême

Sacrificateur.