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Encouragements et Exhortations — Série B

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières abrégée :

1     Centenaire du périodique Messager Évangélique

2     Encouragements à la crainte de Dieu

3     Les trois enseignements principaux de Jacques 5

4     Si quelqu’un... dans Jean (besoin de communion)

5     Contre le laisser-aller et le laisser-faire (le fils de Jéroboam, 1 Rois 14)

6     La vraie grâce de Dieu

7     Que votre cœur ne soit pas troublé — Jean 14:1 et 27

8     C’est un Dieu fidèle…

9     J’envoie un ange devant toi. Exode 23:20

10      Rejetant sur Lui tout votre souci... (1 Pierre 5:7). L’exemple d’Actes 12

11      Les soins du Seigneur envers Paul après ses adieux aux anciens d’Éphèse

 

Table des matières détaillée :

1     Centenaire du périodique Messager Évangélique

1.1      Anniversaire et venue du Seigneur

1.2      Eben-Ezer, L’Éternel nous a secourus jusqu’ici

1.3      Déclin. Niveau de la piété

1.4      Remèdes

1.4.1      Abandonner ?

1.4.2      Élargir le chemin ?

1.4.3      Développement d’activité ?

1.4.4      « Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit », Zach 4:6

1.4.5      Ne pas se décourager

1.4.6      Quand la puissance du Seigneur peut se déployer

2     Encouragements à la crainte de Dieu

2.1      Pas de crainte de Dieu naturellement. Besoin de nouvelle naissance

2.2      La crainte de Dieu générée par le pardon

2.3      En quoi consiste la crainte de Dieu

2.4      Crainte de Dieu au début des Actes, puis déclin

2.5      Crainte de Dieu dans le Résidu fidèle

2.5.1      Psaume 33:12-22. L’œil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent

2.5.2      Psaume 103:13-18. Bonté et compassion de l’Éternel envers ceux qui Le craignent

2.5.3      Psaume 145:18-19 et 25:14. Promesse d’exaucement et communications intimes

2.6      Ecclésiaste 8:11-13. La crainte de Dieu n’est pas vaine malgré les progrès du mal

2.7      Psaume 147:11. Pour le plaisir de l’Éternel

2.8      Conclusion

3     Les trois enseignements principaux de Jacques 5

3.1      Mise en garde au sujet des richesses

3.2      Invitation à la patience

3.2.1      Exemple du laboureur

3.2.2      Exemple des prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur

3.2.3      Exemple de Job

3.3      Exhortation à la prière

3.4      Maladie et ressources — Jacques 5:14-16

3.5      L’exemple d’Élie

3.6      Conclusion

4     Si quelqu’un... dans Jean (besoin de communion)

4.1      Besoin de communion avc le Seigneur

4.2      Si quelqu’un n’est né de nouveau — Jean 3:3, 5

4.3      Si quelqu’un ne demeure pas en moi — Jean 15:6

4.4      Si quelqu’un mange de ce pain — Jean 6:51

4.5      Si quelqu’un a soif — Jean 7:37

4.6      Si quelqu’un me sert — Jean 12:26

4.7      Si quelqu’un m’aime — Jean 14:23

5     Contre le laisser-aller et le laisser-faire (le fils de Jéroboam, 1 Rois 14)

5.1      Ce qu’était Jéroboam

5.2      Fidèle au milieu de l’infidélité

5.3      Se garder du laisser-aller

5.4      Encouragement

6     La vraie grâce de Dieu

6.1      Besoin général de la grâce de Dieu

6.2      1 Pierre 1:2 et 2 Pierre 2:2

6.3      Jude 4. Danger de changer la grâce de Dieu en dissolution

6.4      La grâce selon Tite 2:11-13

6.5      Jean 1:17. La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ

6.6      2 Timothée 2:1. Se fortifier dans la grâce qui est dans le Christ Jésus

6.7      2 Cor. 12:9. Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité

6.8      Actes 20:32. Recommandés à Dieu et à la parole de sa grâce

6.9      1 Pierre 5:12. La vraie grâce de Dieu dans laquelle nous sommes

6.10    2 Pierre 3:18. Croissez dans la grâce

7     Que votre cœur ne soit pas troublé — Jean 14:1 et 27

7.1      Jean 14:1

7.2      Jean 14:27 — Le Consolateur

7.3      Dieu poursuit Son œuvre

8     C’est un Dieu fidèle…

8.1      Deutéronome 32:4

8.2      1 Corinthiens 1:9

8.3      1 Corinthiens 10:13

8.4      1 Thessaloniciens 5:23, 24

8.5      2 Thessaloniciens 3:1 à 3

8.6      2 Timothée 2:13

8.7      Hébreux 2:17

8.8      Hébreux 10:23

8.9      Hébreux 11:11

8.10    1 Jean 1:9

9     J’envoie un ange devant toi. Exode 23:20

9.1      Le peuple d’Israël sous la grâce

9.2      Le peuple se croit capable de plaire à Dieu. Le don de la loi

9.3      Miséricorde de Dieu qui envoie Son Ange devant le peuple

9.4      Affranchissement

9.5      Besoin permanent de secours à cause de la faiblesse

9.6      Prendre garde à marcher d’une manière digne du Seigneur

9.6.1      Écouter. Ne pas provoquer le Seigneur

9.6.2      Écouter et pratiquer

9.6.3      Dieu combat pour nous

9.6.4      Délivrance peu à peu

9.7      Conclusion

10      Rejetant sur Lui tout votre souci... (1 Pierre 5:7). L’exemple d’Actes 12

10.1    Actes 12. Persécutions

10.1.1     Jacques n’a pas été délivré

10.1.2     Motivations d’Hérode

10.1.3     L’excellente puissance de Dieu

10.1.4     Pierre repose en paix

10.1.5     Délivrance tranquille

10.1.6     Les prières de l’assemblée

10.1.7     Les soldats suppliciés

10.1.8     La fin d’Hérode

10.2    Figure du Résidu futur

10.3    Rejetant sur lui tout votre souci

11      Les soins du Seigneur envers Paul après ses adieux aux anciens d’Éphèse

11.1    Le tournant de Actes 20 dans le livre des Actes

11.2    Soins du Seigneur dans le voyage de Paul jusqu’à Rome

11.3    Soins du Seigneur envers Paul à Rome

11.4    Fruits du travail de Paul dans son entourage

11.5    Activité de Paul envers les assemblées et par les épîtres

11.6    Soins des Philippiens envers Paul

11.7    Encouragements provenant directement du Seigneur

11.8    Encouragements pour d’autres

 

 

1                    Centenaire du périodique Messager Évangélique

ME 1960 p. 3

Titre original : 1860-1960

« Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit ».

« Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, et d’amour, et de conseil ».

(Zacharie 4:6 — 2 Timothée 1:7).

 

1.1   Anniversaire et venue du Seigneur

1860 a vu paraître le premier numéro du Messager évangélique. Les serviteurs de Dieu qui entreprenaient ce service n’avaient certainement pas la pensée qu’il devrait être poursuivi pendant cent ans et au delà : ils attendaient le Seigneur et vivaient dans cette attente. Si même nous ne réalisons guère l’attente patiente de Sa venue qui a marqué d’un cachet particulier les jours du Réveil et ceux qui ont immédiatement suivi, nous savons pourtant que le Seigneur vient et que « maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru : la nuit est fort avancée, et le jour s’est approché » (Rom. 13:11, 12), aussi ce service est-il continué — en comptant pour cela sur la grâce du Seigneur et les prières des saints — avec la confiance que ce n’est que pour très-peu de temps, « car encore très-peu de temps, et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas » (Hébr. 10:37). Puissions-nous être au nombre de ces bienheureux « que le maître, quand il viendra, trouvera veillant » et « faisant ainsi » (Luc 12:37 et 42, 43).

Si nous pouvons diriger nos yeux en avant et nous réjouir à la pensée que le Seigneur vient, tout en ne perdant pas de vue le caractère solennel de son apparition, il y a cependant quelque profit à tirer des expériences du chemin : arrivé au terme de sa carrière, l’apôtre exhorte Timothée, l’adjure même, le plaçant devant Celui dont il présente l’apparition, et, d’autre part, il met devant lui, pour son instruction et son encouragement, tout à la fois ce qu’il a éprouvé dans le chemin parcouru et ce qui lui est assuré comme part glorieuse « dans ce jour-là » à lui, Paul et « à tous ceux qui aiment son apparition » (2 Tim. 4:1 et 7, 8).

 

1.2   Eben-Ezer, L’Éternel nous a secourus jusqu’ici

Regardant en arrière, comment ne pas rendre grâces à Dieu pour sa patience, son long support, comme aussi pour tout ce qu’Il a voulu dispenser si richement en vue de répondre aux besoins des siens ? Avec reconnaissance, nous dressons nous aussi notre Eben-Ezer, exaltant la grandeur et la grâce de Celui qui « nous a secourus jusqu’ici » (1 Sam. 7:12). Avec adoration, nous redisons : « Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! A lui soit la gloire éternellement ! Amen » (Rom. 11:36).

 

1.3   Déclin. Niveau de la piété

Mais si de son côté rien n’a manqué, qu’en a-t-il été du nôtre ? Nous avons sans aucun doute bien des motifs d’humiliation si nous considérons et l’état de la chrétienté et celui du témoignage aujourd’hui, nous souvenant que nous faisons partie de l’une aussi bien que de l’autre. Le chemin a été marqué d’un affaiblissement continu ; ce qui est plus grave c’est que, d’une manière générale, nous n’en avons guère conscience et, si même nous le sentons quelque peu, nous n’avons pas toujours le sain discernement des causes de ce déclin, de sorte que nous sommes en danger d’appliquer de mauvais remèdes dont l’effet n’est pas de guérir mais d’aggraver le mal. Mesurons-nous, par exemple, à quel point le niveau de la piété individuelle a baissé et en comprenons-nous le pourquoi ? Avons-nous assez le sentiment de la perte que nous faisons dans le rassemblement parce que notre vie intérieure est trop peu nourrie de Christ ? Certes, la grâce de Dieu demeure — qu’en serait-il de nous sans cela ? — mais c’est le côté de notre responsabilité qu’il convient de considérer ici et nous avons besoin de le faire afin d’être réveillés dans nos cœurs et dans nos consciences.

En raison même de cet indéniable relâchement dans les différents exercices de la vie chrétienne, la puissance spirituelle, dans une large mesure, a manqué. Trop de choses attristent le Saint Esprit et constituent une entrave à son activité en nous et dans l’assemblée. Ne l’avons-nous pas éprouvé ? Et peut-être la génération qui nous suit — parmi laquelle nous sommes heureux de trouver tant de cœurs qui aiment le Seigneur, désirent être fidèles et ne se satisfont ni de formes ni de routine — a-t-elle senti ce manque de puissance plus encore que nous-mêmes.

 

1.4   Remèdes

Où est le remède ?

 

1.4.1       Abandonner ?

Serait-il dans l’abandon d’une position de témoignage, le cœur se tournant vers ce qui a meilleure apparence ? Peut-être certains l’ont-ils pensé et d’autres seraient-ils portés à le croire. Mais ce serait dire que la position n’est pas selon Dieu parce que nous avons nous-mêmes, et à tant d’égards, failli à notre responsabilité ! Un tel raisonnement ne résiste pas à l’examen. Rendons grâces à Dieu, au contraire, de nous avoir fait connaître les vérités si précieuses concernant le témoignage confié à l’Assemblée et demandons-Lui de nous aider à les vivre.

 

1.4.2       Élargir le chemin ?

N’en est-il pas qui estiment que le véritable remède est dans l’élargissement du chemin ? C’est une grave erreur. La Parole nous adresse, à ce sujet, une injonction : « Ne recule pas la borne ancienne que tes pères ont faite » et un sérieux avertissement : « Qui renverse une clôture, un serpent le mord » (Prov. 22:28. — Eccl. 10:8). Reculer la borne, renverser la clôture, c’est méconnaître et rejeter ce que Dieu a disposé pour notre bénédiction et notre sécurité ; bien loin de trouver là quelque puissance spirituelle, nous nous exposerions en le faisant à la puissance de l’ennemi, à la morsure du serpent — expérience déjà faite par nos premiers parents dans le jardin d’Éden et dont les conséquences sont encore sous nos yeux.

 

1.4.3       Développement d’activité ?

Le remède serait-il alors, comme on le croit parfois avec sincérité, dans le déploiement d’une intense activité en dehors de la vie propre de l’assemblée et de laquelle, assure-t-on, l’assemblée n’aurait pas à s’occuper ? Une activité extérieure peut sans aucun doute avoir sa place et être utile si elle est accomplie dans la dépendance du Seigneur, l’obéissance à la Parole et la communion des frères. Mais nous nous tromperions si nous pensions que, exercée dans des conditions différentes, elle pourra apporter, par ses répercussions, plus de vie et de puissance spirituelle dans le rassemblement. Elle ne peut être fructueuse que dans la mesure où elle demeure étroitement liée à la vie de l’assemblée. — Il est bien clair que chacun est personnellement responsable devant Dieu du service qui lui incombe — la Parole nous l’enseigne dans des passages comme Matt. 25:14 à 30, Marc 13:34, Luc 19:11 à 27, Rom. 14:12, 2 Cor. 5:10, cités parmi beaucoup d’autres, et il est toujours très sérieux de chercher à s’ingérer dans l’œuvre d’autrui. Mais ce n’est là qu’un des aspects de cette question. Il en est un autre tout aussi important : les services doivent être remplis sans jamais perdre de vue qu’il y a « diversité de services, et le même Seigneur » (1 Cor. 12:5). « Nous qui sommes plusieurs, sommes un seul corps en Christ, et chacun individuellement membres l’un de l’autre » (Rom. 12:5 — voir tout le passage, v. 1 à 8). C’est donc en vue de l’édification du corps que nous devons toujours œuvrer, ce qui implique l’interdépendance des membres entre eux et, par conséquent, la recherche de la communion fraternelle dans l’accomplissement de tout service pour le Seigneur. C’est tout l’opposé du « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » qui caractérise le temps des Juges (Juges 17:6, 21, 25). Que dire d’une activité qui serait exercée dans cet esprit d’indépendance et qui aurait pour résultat de troubler la communion dans l’assemblée ? Déployée peut-être avec beaucoup de zèle et le désir de donner quelque puissance nouvelle au témoignage, elle n’aboutirait en pratique qu’à son affaiblissement.

 

1.4.4       « Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit », Zach 4:6

« Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit... » (Zach 4:6) C’est à la source qu’il faut revenir. Il n’y a pas d’autre remède.

Si la puissance spirituelle nous fait défaut dans le témoignage individuel et dans le témoignage collectif, demandons tout d’abord au Seigneur de nous en faire discerner les véritables causes. « Ce que je ne vois pas, montre-le moi ; si j’ai commis l’iniquité, je ne le referai pas », que telle soit aussi notre prière comme Elihu aurait désiré que ce fût celle de Job (Job 34:32). « Recherchons nos voies, et scrutons-les, et retournons jusqu’à l’Éternel. Élevons nos cœurs avec nos mains vers Dieu dans les cieux » (Lam. de Jér. 3:40, 41). Qu’un attachement réel à notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ nous conduise à rejeter « tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si aisément » (Hébr. 12:1) et à vivre ici-bas dans une vraie séparation pour Lui, nourris de la Parole de Dieu, « fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur » (Éph. 3:16), jouissant d’une paisible communion avec le Seigneur et les uns avec les autres, communion qui ne peut être goûtée en dehors du chemin de l’obéissance.

 

1.4.5       Ne pas se décourager

Que Dieu nous garde de tout découragement comme aussi de l’emploi de tant de moyens, à l’apparence séduisante mais qui ne peuvent nous conduire au résultat que nous désirons tous ! Il y a des ressources dans nos maisons, dans l’assemblée et elles sont suffisantes si nous savons les utiliser avec crainte et dans la dépendance du Seigneur. La femme veuve de 2 Rois 4 se croyait dans l’incapacité de faire face à la situation dans laquelle elle se trouvait ; « à la maison » elle avait cependant « un pot d’huile » et il ne fallait pas autre chose. Cela suffisait pleinement, grâce à l’intervention d’Élisée vers lequel elle avait fait monter un cri de détresse. Celle de 1 Rois 17 n’envisageait que la mort pour elle et son fils ! « Une poignée de farine » et « un peu d’huile », cela pouvait-il lui permettre d’aller bien loin ? Et pourtant, grâce à l’intervention d’Élie à la parole duquel elle a obéi, « le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne manqua pas, selon la parole de l’Éternel, qu’il avait dite par Élie » (1 Rois 17:16). Deux illustrations qui nous montrent que dans les jours les plus difficiles, nous avons toujours à notre disposition des ressources dont nous méconnaissons souvent la valeur, oubliant le « Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit » de Zacharie 4 : la farine, type de Christ dans son humanité parfaite ; l’huile, symbolisant l’onction et la puissance du Saint Esprit. Malgré la ruine, réalisons pratiquement la présence du Seigneur dans le rassemblement, demeurons dans la dépendance de l’Esprit qui reste « un esprit... de puissance, et d’amour, et de conseil » (2 Tim. 1:7), goûtons la communion « avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » et la communion les uns avec les autres (1 Jean 1:3) — « la communion du Saint Esprit » (2 Cor. 13:13) — et nous verrons certainement quelque puissance spirituelle manifestée dans le témoignage. Sachons utiliser les ressources qui sont à notre disposition, en comptant sur Celui qui est notre vrai Élisée, auquel il nous faut sans cesse nous adresser par la prière, notre vrai Élie à la parole duquel il nous convient d’obéir.

 

1.4.6       Quand la puissance du Seigneur peut se déployer

Tel est le secret pour retrouver la puissance perdue. Alors l’assemblée sera pratiquement le domaine caractérisé par la vie et la fraîcheur, Jésus Lui-même étant le centre autour duquel les saints sont rassemblés, vers lequel les âmes sont attirées. Et il pourra être dit encore dans ces derniers jours de l’histoire de l’Assemblée sur la terre ce qui a été dit au commencement : « Et le Seigneur ajoutait tous les jours à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés » (Actes 2:47). Si le Seigneur ajoutait ainsi des âmes, c’est parce que l’assemblée se trouvait dans l’heureux état décrit dans les versets 42 à 47 de ce chapitre. Sur un tel état pouvait être mis le sceau de la bénédiction. En vérité, « la multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme » (Actes 4:32). Précieuse communion de l’assemblée qui permet à la puissance du Seigneur de se déployer ! Rien de ce qui trouble cette communion ne peut être selon la pensée de Celui qui nous dit : « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble !... c’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction » (Ps. 133) . Que Dieu nous accorde la grâce de rechercher, dans un amour vrai, tout ce qui est de nature à resserrer les liens de la communion fraternelle et de goûter la saveur de « la communion du Saint Esprit » ! Et le Seigneur Lui-même manifestera les fruits à sa propre gloire.

« Or, à celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous, à lui gloire dans l’assemblée dans le christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles ! Amen » (Éph. 3:20, 21).

 

 

2                    Encouragements à la crainte de Dieu

ME 1962 p. 197

2.1   Pas de crainte de Dieu naturellement. Besoin de nouvelle naissance

« Il n’y a point de crainte de Dieu devant leurs yeux », tel est l’un des traits composant le portrait de l’homme inconverti — du juif aussi bien que du gentil — portrait tracé par l’apôtre inspiré dans le chapitre 3 de l’Épître aux Romains (v.18). L’homme, dans son état naturel, aime le mal et hait le bien ; or, « la crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal » (Prov. 8:13). Cet état de l’homme ne peut être amélioré, ainsi que le Seigneur l’enseigne à Nicodème : « Ce qui est né de la chair est chair » (Jean 3:6) ; un changement complet doit être opéré, c’est la nouvelle naissance. Cependant il peut y avoir chez celui dont, par grâce, la conscience a été réveillée un désir plus ou moins marqué de regarder vers Dieu, une certaine crainte de Lui, qui n’est pas encore la connaissance du salut mais peut y conduire : l’âme a, dans une certaine mesure au moins, le sentiment de sa condition misérable, la grâce de Dieu a opéré en elle un travail qui l’amène à reconnaître ses nombreux péchés ; elle en vient alors à considérer, non plus seulement ce qu’elle est, mais la sainteté d’un Dieu dont elle se juge indigne de s’approcher, vers lequel elle ose à peine lever les yeux. En présence de la sainteté divine, elle souffre de son propre état et en arrive à haïr le mal. En ce sens il y a chez elle, selon Proverbes 8:13 déjà cité, « la crainte de l’Éternel ». Mais haïr le mal ne suffit pas, il faut que le péché soit ôté de devant Dieu. Car qui pourrait, chargé de ses péchés, subsister en sa présence ? Personne, ainsi que le dit le psalmiste : « Si tu prends garde aux iniquités, Seigneur, qui subsistera ? » (Ps. 130:3).

 

2.2   La crainte de Dieu générée par le pardon

Mais Dieu est un Dieu qui pardonne ; Il pardonne au pécheur repentant qui s’approche de Lui sous la parfaite efficace de l’œuvre expiatoire de Christ, lavé dans le sang précieux qui a coulé à la croix du côté percé du Sauveur. L’assurance du pardon produit dans l’âme le sentiment, plus profond encore qu’au début de ses expériences, que Dieu doit être craint : « Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint » (Ps. 130:4). Nous pouvons donc distinguer, selon l’enseignement de l’Écriture, la crainte produite dans une âme réveillée, avant même qu’elle ne parvienne à la connaissance du salut et, d’autre part, celle qui découle de la jouissance du pardon. Le sentiment de la grâce de Dieu pleinement manifestée en Jésus Christ, Sauveur parfait de tout pécheur repentant qui vient à Lui, doit produire dans l’âme une sainte et bienheureuse crainte. C’est de cette crainte-là que nous désirons nous occuper, c’est à cette crainte que nous désirons nous encourager les uns les autres.

 

2.3   En quoi consiste la crainte de Dieu

Elle est faite tout à la fois de reconnaissance envers notre Dieu Sauveur, de respect et de déférence, de soumission et de dépendance, de confiance aussi. Elle témoigne de notre désir de ne déplaire à Dieu en rien. Cette crainte, nous la devons à notre Dieu et Père (1 Pierre 1:17) comme aussi à notre Seigneur Jésus Christ (2 Cor. 5:11 ; — voir, pour le témoignage collectif, Actes 9:31).

Reconnaître la souveraineté de Dieu, ses droits sur nous, l’autorité de sa Parole, c’est Le craindre. Toute position de subordination à une autorité établie par Lui implique une certaine crainte : c’est ainsi qu’une femme est exhortée à craindre son mari ; un enfant, son père ; un serviteur, son maître ; un homme, le magistrat. Sans doute, plusieurs de ces relations, en particulier les premières, sont également caractérisées par l’amour, mais l’amour et la crainte ne sont pas incompatibles. Bien au contraire, les deux sont souvent complémentaires : l’homme est aimé de Dieu, il est appelé à l’aimer aussi et à le craindre ; plus il y aura d’amour dans le cœur, plus il y aura de crainte manifestée dans la marche. Plus un croyant aime Dieu, plus il craint de Lui déplaire ; cette crainte, fruit de l’amour, est le vrai principe d’une sainte conduite : elle incite le fidèle à fuir les tentations, à se retirer du mal — « Le sage craint, et se retire du mal » (Prov. 14:16) — et cela, parce qu’elle lui inspire l’horreur du péché (Prov. 8:13 ; 9:10).

 

2.4   Crainte de Dieu au début des Actes, puis déclin

Au début de l’histoire de l’Église sur la terre, les premiers croyants montraient, dans le témoignage qu’ils rendaient, les fruits de la vie de Dieu en eux. Le tableau qui nous est donné de l’assemblée de Jérusalem, à la fin du chapitre 2 du Livre des Actes, est réjouissant et nous voudrions connaître encore aujourd’hui quelque chose de cette bienfaisante fraîcheur. Il nous est dit notamment : « Et toute âme avait de la crainte » (v.43). La crainte de Dieu ne caractérisait pas seulement tel ou tel croyant pris isolément mais tous ceux qui faisaient partie de cette assemblée de Dieu. Quelle puissance il y aurait dans le témoignage, dans un témoignage local, si « toute âme avait de la crainte » ! Hélas ! nous sommes parvenus à la fin de cette histoire et l’on a souvent remarqué l’analogie qu’il y a entre les derniers jours d’Israël, avant la première venue de Christ ici-bas, et les derniers jours de l’Église, avant sa seconde venue pour l’accomplissement de la promesse qu’Il a faite aux siens avant de les quitter. Ce qui caractérise aujourd’hui la profession chrétienne, c’est ce qui caractérisait Israël dans les jours où prophétisait Malachie. L’Éternel annonçait alors qu’Il allait s’approcher en jugement de son peuple, ainsi dépeint : ils « ne me craignent pas, dit l’Éternel des armées » (Mal. 3:5). L’état d’Israël dans ces jours-là est résumé d’un mot : il ne craint pas Dieu. De sorte que l’absence de crainte de Dieu caractérise tout aussi bien l’ensemble de la profession religieuse aux derniers jours que l’incrédulité affirmée.

 

2.5   Crainte de Dieu dans le Résidu fidèle

Mais, Dieu soit béni ! au sein de cette profession dont le trait dominant est le manque de crainte de Dieu, il y a un résidu fidèle. Quels sont ceux qui en font partie ? « Ceux qui craignent l’Éternel  » (Mal .3:16). Les trois caractères essentiels de ce résidu — ceux qui le composent « craignent l’Éternel », « pensent à son nom » et « ont parlé l’un à l’autre » — peuvent être mis en parallèle avec ceux de Philadelphie. Alors que nous voyons tout autour de nous, dans le monde, dans la chrétienté professante et peut-être aussi parmi ceux qui devraient porter les caractères philadelphiens, se manifester toujours davantage cette absence de crainte de Dieu, puissions-nous mettre en évidence les traits du résidu fidèle, être en vérité de « ceux qui craignent le Seigneur » et « pensent à son nom » ! Retenons bien qu’il ne peut y avoir de témoignage agréable au Seigneur en dehors d’une vie dans la crainte de son Nom : « Et l’Éternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Éternel, et pour ceux qui pensent à son nom ».

Nous désirons nous arrêter — dans l’application que nous pouvons en faire à ce qui nous concerne — sur quelques portions des Écritures qui sont pour nous une parole d’exhortation et d’encouragement à la crainte de Dieu. Puissent-elles opérer dans nos cœurs et nos consciences, nous amenant à réaliser une marche plus fidèle dans la crainte qui est due à Celui qui a tous les droits sur nous !

 

2.5.1       Psaume 33:12-22. L’œil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent

D’abord dans le Psaume 33. Le verset 12 nous dit le bonheur du peuple — Israël autrefois, l’Église aujourd’hui — « qui a l’Éternel pour son Dieu », « le peuple qu’il a choisi pour son héritage ». Ce peuple est au milieu d’un monde ennemi, mais Dieu est au fait de tout, rien n’échappe à ses yeux : du haut des cieux, du lieu de sa demeure, « Il voit tous les fils des hommes », « Il considère tous les habitants de la terre... forme leur cœur à tous » et « prend connaissance de toutes leurs œuvres » (v.13 à 15). Que voit-Il ? Des hommes qui se glorifient de leur puissance, puissance qui cependant est vaine (v.16, 17). Mais s’Il voit tous les fils des hommes », « voici, l’œil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui s’attendent à sa bonté » (v.18). Il est dit ailleurs que « les yeux de l’Éternel parcourent toute la terre, afin qu’il se montre fort en faveur de ceux qui sont d’un cœur parfait envers lui » (2 Chr. 16:9 ; cf. Zach. 3:9 et 4:10). C’est donc bien de sa puissance qu’il est question ici ; elle s’exerce en faveur de « ceux qui le craignent », « qui sont d’un cœur parfait envers lui » ; Il ne les perd pas de vue un seul instant tandis qu’ils cheminent dans un monde hostile, qui se glorifie de sa force et ne craint pas Dieu, manifestant au contraire de manière toujours plus accusée son indépendance de Lui. Crainte de son Nom, confiance dans sa bonté assurent au fidèle l’intervention puissante de Dieu ; elle s’exerce pour « délivrer leur âme de la mort » — nous avons été arrachés à un terrible adversaire, celui qui a « le pouvoir de la mort » (Hébr. 2:14) et, bien qu’il soit présentement le « chef de ce monde » nous pouvons aller en paix, dans la crainte du Seigneur, comptant sur le secours ce Celui qui est le grand vainqueur de Satan ; — elle s’exerce aussi « pour les conserver en vie durant la famine  », c’est-à-dire pour leur donner tout ce qui leur est nécessaire aussi bien pour la vie de l’âme que pour la vie du corps, même dans les jours les plus difficiles et sur une scène où il n’y a rien pour l’âme du racheté. Quelle confiance remplit ainsi le cœur de « ceux qui craignent l’Éternel » ! Ils s’attendent à Lui qui est leur secours — « notre aide » — et leur protection : « notre bouclier », de sorte que leur cœur est plein de joie, fruit de cette heureuse confiance produite elle-même par la crainte de l’Éternel (v.20, 21).

 

2.5.2       Psaume 103:13-18. Bonté et compassion de l’Éternel envers ceux qui Le craignent

Le Psaume 103 nous dit que « l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent » (v.13). Il a compassion de ceux qui ont parfois à connaître de douloureux exercices en raison même de leur désir d’être fidèles. Si nous avons à cœur de vivre dans la crainte de Dieu, de tenir ferme, d’obéir à la Parole, nous serons tôt ou tard mis à l’épreuve : Dieu nous dispensera, soit dans notre propre vie, soit dans la vie de l’assemblée, des circonstances au travers desquelles nous aurons à montrer si véritablement nous faisons passer avant toute autre considération les droits du Seigneur, ses intérêts, sa gloire — si nous sommes fidèles non pas seulement en paroles mais aussi « en action et en vérité » (cf. 1 Jean 3:18). Cela entraîne parfois de très grandes souffrances qui brisent nos cœurs et minent nos corps ; il faut mettre à l’arrière-plan certaines choses auxquelles nous étions profondément attachés, interrompre telles relations, connaître l’incompréhension, le mépris peut-être... Et nous sommes si faibles pour livrer de tels combats, pour manifester pratiquement que nous craignons le Seigneur et désirons Lui être fidèles ! Mais Lui le sait, « Il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière » (Ps. 103:14). Quelle grâce ! Le Seigneur comprend nos exercices, nos luttes, Il sait combien il nous est parfois difficile de les soutenir et Il a compassion de nous ! N’y a-t-il pas là un précieux encouragement ? Être assuré de la sympathie, des compassions du Seigneur dans tout ce que nous avons à endurer pour maintenir la sainte crainte qui doit nous caractériser ! Mais encore, « la bonté de l’Éternel » — l’amour de Dieu, dirait le Nouveau Testament — « est de tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent » (Ps. 103:17). Quelle force nous communique la jouissance de l’amour de Dieu ! Cet amour nous entoure, nous enveloppe, il est en nous et sur nous, il pourvoira à tout jusqu’au terme du voyage. Tout cela est assuré à « ceux qui craignent l’Éternel », à ceux qui gardent son alliance, et qui se souviennent de ses préceptes pour les faire » (v.17, 18). La crainte du Seigneur nous conduit à garder sa parole et ses commandements, ou encore « ses préceptes » — en d’autres termes, elle nous conduit à mettre la Parole en pratique, à « faire » selon le sens de ce terme dans des passages comme Ps. 103:18 ou Jean 13:17. Il y a en cela même un véritable bonheur pour le croyant.

Sa puissance, ses compassions, son amour se déploient en faveur de « ceux qui le craignent ».

 

2.5.3       Psaume 145:18-19 et 25:14. Promesse d’exaucement et communications intimes

Mais il y a aussi pour eux d’autres promesses. Tandis que par fidélité au Seigneur ils peuvent être amenés à traverser des circonstances éprouvantes au plus haut point, Celui pour lequel ils ont à souffrir ne les laisse pas ; ils peuvent l’invoquer avec la certitude que son oreille est toujours ouverte et qu’Il se tient tout près d’eux : « L’Éternel est près de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité » (Ps. 145:18). Et la promesse de l’exaucement est faite à « ceux qui le craignent » ! Vivant dans la crainte du Seigneur, ils ont la connaissance de son « secret » — « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent »  (Ps. 25:14) et la note, en bas de page de nos Bibles, nous donne le sens du mot « secret  » : communications intimes ; — par ailleurs, ils n’ont d’autre désir que de voir sa volonté accomplie, aussi ce qu’ils demandent est en plein accord avec ce que le Seigneur veut opérer et leur « souhait » est assuré d’un complet exaucement, c’est une prière selon 1 Jean 5:14, 15. « Il accomplit le souhait de ceux qui le craignent : il entend leur cri, et les sauve » (Ps. 145:19).

 

2.6   Ecclésiaste 8:11-13. La crainte de Dieu n’est pas vaine malgré les progrès du mal

Le mal fait de rapides et effrayants progrès. « Parce que la sentence contre les mauvaises œuvres ne s’exécute pas immédiatement, à cause de cela le cœur des fils des hommes est au dedans d’eux plein d’envie de faire le mal » (Eccl. 8:11) . Ces progrès du mal sont visibles non seulement dans le monde mais aussi dans la chrétienté. Et l’état du témoignage, au sein même de cette chrétienté, n’est-il pas de nature à nous faire baisser la tête ? Tout cela pourrait nous décourager, nous troubler peut-être. À quoi bon être fidèle et vivre dans la crainte du Seigneur, vient nous murmurer l’ennemi, puisque ceux qui marchent mal ne sont pas frappés et même, bien souvent, prospèrent ? Nous serions ainsi conduits aux réflexions d’Asaph : « Et pour moi, il s’en est fallu de peu que mes pieds ne m’aient manqué, — d’un rien que mes pas n’aient glissé ; car j’ai porté envie aux arrogants, en voyant la prospérité des méchants » (Ps. 73:2, 3). Cela, alors qu’Asaph voyait « son châtiment revenir chaque matin » (v.14). Toute sa fidélité, sa sainteté pratique semblaient vaines : « Certainement c’est en vain que j’ai purifié mon cœur et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence » (v.13). Il y a bien de quoi être troublé, si l’on ne voit pas les choses à la lumière du sanctuaire (cf. v.17) ; mais, instruit par Dieu, le fidèle peut dire : « Bien que le pécheur fasse le mal cent fois et prolonge ses jours, je sais cependant que tout ira bien pour ceux qui craignent Dieu, parce qu’ils craignent sa face ; mais il n’y aura pas de bonheur pour le méchant, et il ne prolongera pas ses jours, comme l’ombre, parce qu’il ne craint pas la face de Dieu » (Eccl. 8:12, 13). Le méchant ne craint pas Dieu et, précisément à cause de cela, il n’y aura pas de bonheur pour lui, c’est le jugement qui l’atteindra à la fin. Mais « pour ceux qui craignent Dieu » et précisément à cause de cela, « tout ira bien »... De sorte que, quels que soient les progrès du mal autour de nous, ne soyons ni découragés ni troublés, veillons sur nous-mêmes et demeurons fondés et fermes, dans la crainte de Dieu, assurés que « tout ira bien ». Le mal pourrait être pire encore, les difficultés devenir véritablement inextricables, sans aucune issue possible à nos yeux, cette promesse demeure : « Qui craint Dieu sort de tout » (Eccl. 7:18). Cela n’est-il pas de nature à fortifier notre foi et à nous encourager à la crainte de Dieu ?

 

2.7   Psaume 147:11. Pour le plaisir de l’Éternel

Mais il y a davantage encore. « Le plaisir de l’Éternel est en ceux qui le craignent, en ceux qui s’attendent à sa bonté » (Ps. 147:11). Des promesses sont faites à ceux qui craignent le Seigneur : sa puissance, ses compassions, son amour, l’exaucement à la prière, l’assurance que tout ira bien pour eux malgré le développement du mal. Mais, dans le Ps. 147, il ne s’agit plus de ce qui nous concerne directement et dont nous pourrions jouir égoïstement peut-être ; si nous sommes encouragés à la crainte du Seigneur, c’est pour Lui-même, pour sa propre joie. Son plaisir est en ceux qui le craignent ! Cela ne touche-t-il pas notre cœur ? Si nous aimons le Seigneur en vérité, ne voudrons-nous pas vivre dans sa crainte pour qu’Il puisse goûter une telle joie ? « Ceux qui le craignent » : c’est la dépendance, la soumission à sa volonté, l’obéissance à la Parole, tout ce qui témoigne d’une réelle crainte de déplaire à Dieu, à notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ. « Ceux qui s’attendent à sa bonté » : c’est la confiance de la foi, liée à la crainte, une confiance qui le réjouit et l’honore.

 

2.8   Conclusion

Que nos cœurs soient saisis et qu’il nous soit accordé de réaliser une vie dans la crainte du Seigneur, non seulement pour la bénédiction qui en découlera certainement pour nous et nos maisons — « Il bénira ceux qui craignent l’Éternel, les petits avec les grands » (Ps. 115:13 à 15) — mais par dessus tout pour la satisfaction et la joie que nous pourrons ainsi procurer à Celui qui nous a tant aimés et dont l’amour ne change pas.

« Bienheureux l’homme qui craint continuellement » (Prov. 28:14)

« Le plaisir de l’Éternel est en ceux qui le craignent... » (Ps. 147:11).

 

 

3        Les trois enseignements principaux de Jacques 5

 

ME 1963 p. 3-12

L’Epître de Jacques contient des enseignements d’un ordre très pratique. Elle est pour nous une exhortation pressante à maintenir en une constante et heureuse harmonie notre vie intérieure et notre marche extérieure, notre foi et nos œuvres. Nous désirons simplement arrêter notre attention sur les trois pensées principales que l’apôtre place devant nous en terminant son Épître.

 

3.1      Mise en garde au sujet des richesses

Nous avons en premier lieu une parole adressée aux riches. Elle concerne directement les Juifs incrédules qui se confiaient en leurs richesses et en jouissaient égoïstement, n’ayant pas conscience des temps dans lesquels ils étaient et de l’imminence des jugements qui allaient les atteindre. Ils se livraient à diverses voluptés, vivaient dans les délices de la terre, s’opposant à ce que quiconque vienne les troubler dans la jouissance de leurs plaisirs. Mais si les premiers versets du chapitre 5 ne nous concernent pas directement, il n’en est pas moins vrai qu’ils contiennent un enseignement moral que nous aurions tort de négliger. Que Dieu nous accorde, au contraire, d’en tirer grand profit ! Nous sommes susceptibles en effet, nous aussi, de placer notre confiance dans les richesses d’ici-bas et d’en méconnaître les dangers : elles peuvent servir à satisfaire les désirs de notre cœur charnel et contribuer à nourrir et développer ses convoitises ; elles peuvent aussi nous éloigner d’un chemin de dépendance de Dieu et détacher nos affections de Christ. Combien Agur était sage, qui demandait à Dieu : « Ne me donne ni pauvreté ni richesse ; nourris-moi du pain qui m’est nécessaire » ! Il comprenait les dangers de l’une et de l’autre. De la richesse : « de peur que je ne sois rassasié, et que je ne te renie et ne dise : Qui est l’Éternel ? » ; de la pauvreté  « de peur que je ne sois appauvri, et que je ne dérobe, et que je ne parjure le nom de mon Dieu » (Prov. 30:8, 9). Quelle défiance de soi-même et quelle connaissance de son propre cœur cela dénote ! Mais combien plus remarquable encore l’état moral et spirituel de l’apôtre qui pouvait dire : « ... j’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve. Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ; en toutes choses et à tous égards, je suis enseigné ; aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à être dans les privations. Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (Phil. 4:11 à 13). Enseignés à l’école de Dieu, nous pouvons le glorifier aussi bien dans l’abondance que dans la pauvreté ; mais nous avons affaire à un ennemi rusé qui cherche à nous éloigner du sentier de la dépendance et il sait bien se servir, entre autres choses, des richesses que nous pouvons posséder ou essayer d’acquérir pour atteindre son but. Prenons garde, n’oubliant pas que « c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi, et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs » et retenant l’injonction qui suit : « Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses » ( 1 Tim. 6:10, 11). — Ce qui caractérise, entre autres, les riches auxquels s’adresse l’apôtre, c’est qu’ils ont « amassé un trésor dans les derniers jours ». Le jugement allait fondre sur eux, il va fondre — et d’une manière bien plus terrible encore — sur ce monde. Et à la veille de ce jugement, nous amasserions un trésor dans le monde ? Sans doute, le Seigneur accomplira sa promesse et nous enlèvera à sa rencontre en l’air avant l’exécution des jugements apocalyptiques, mais cette bienheureuse espérance doit, tout autant et même plus encore que la pensée du jugement, détacher nos cœurs de ce qui est en bas et nous garder de chercher à « amasser un trésor dans les derniers jours ». Pour nous, les « derniers jours » sont ceux qui précédent la venue du Seigneur pour nous introduire là où sont nos vrais biens, nos richesses éternelles. Quel contraste entre ces richesses et celles d’ici-bas, desquelles l’apôtre dit : « Vos richesses sont pourries... » !

 

3.2      Invitation à la patience

La première exhortation est donc une mise en garde au sujet des richesses ; la seconde, une invitation à la patience. Et ici, l’enseignement est directement pour nous : « Usez donc de patience, frères, jusqu’à la venue du Seigneur ». « La venue du Seigneur est proche » est-il ajouté plus loin ; si cela doit, d’une part, nous faire toucher du doigt la vanité des biens de ce monde dont nous n’emporterons rien et dont il ne restera rien (cf. 2 Pierre 3:7), cela doit aussi, d’autre part, nous amener à user de patience. Savoir attendre que tout soit manifesté à la gloire du Seigneur, que les souffrances du temps présent aient pris fin à jamais, c’est ce qui nous est demandé. Et pourtant, comme nous voudrions que le Seigneur accomplisse à l’instant même la promesse de sa venue !

 

3.2.1       Exemple du laboureur

Mais nous ne pouvons pas plus hâter ce moment que le laboureur ne peut avancer celui où il récoltera « le fruit précieux de la terre » ; il attend que Dieu donne les pluies, celles qui font germer et celles qui amènent le fruit à maturité. Qui dépend de Dieu comme lui ? Vivant dans cette dépendance, il attend avec patience. Dans le premier paragraphe du chapitre, nous avons vu l’apôtre s’adresser aux riches qui vivent dans l’indépendance de Dieu : ici, il présente, en contraste, la dépendance du laboureur, son attente patiente et confiante. Tel est l’exemple qui nous est proposé : « Vous aussi, usez de patience ; affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche ». Les exhortations à la fermeté ne manquent pas dans l’Écriture ; ici, c’est en rapport avec les affections du cœur. Qu’à cet égard aussi il n’y ait aucune défaillance ! Que nos cœurs soient attachés à la personne de Celui qui vient, que nos affections soient nourries de Lui et que, sans cesse rafraîchies par Lui, elles nous lient toujours plus étroitement à Lui ! Cette fermeté dans les affections nous conduira à n’avoir devant nous d’autre objet que Christ, à avoir un œil « simple » suivant l’expression de Matthieu 6. Remarquons par parenthèse que ce passage de l’évangile selon Matthieu donne un enseignement que nous pouvons rapprocher de celui de Jacques 5 : Jacques reprend avec énergie les riches qui amassaient un trésor dans les derniers jours, et le Seigneur dit aux foules : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre... mais amassez-vous des trésors dans le ciel... car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » et plus loin : « Nul ne peut servir deux maîtres... vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Matt. 6:19 à 24). La fermeté dans les affections nous conduira non seulement à avoir l’œil « simple » (c’est-à-dire : qui n’a qu’un seul objet) mais encore à ne pas perdre de vue l’espérance du prochain retour du Seigneur, à réaliser par conséquent notre vocation d’étrangers célestes ici-bas ; enfin, elle nous donnera la patience nécessaire jusqu’au moment où ce qui est de la foi sera changé en vue.

 

3.2.2       Exemple des prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur

D’autres exemples nous sont encore proposés. D’abord, celui des « prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur ». Leur témoignage a-t-il été reçu ? Hélas ! pas toujours. Ils ont dû endurer bien des souffrances dans un chemin de fidélité. Comme eux, nous aurons peut-être à souffrir, à connaître l’incompréhension, parfois le mépris. Il est possible aussi que le message que nous apporterons soit rejeté. Mais cela ne doit nous décourager en aucune manière. Servons avec patience et fidélité, prenant « pour exemple de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur ». Et si nous éprouvons quelque tristesse à la pensée qu’il n’y a guère de fruits manifestés, pensons à l’exhortation de l’apôtre : « Voici, le laboureur attend le fruit précieux de la terre, prenant patience à son égard... Vous aussi, usez de patience ».

 

3.2.3       Exemple de Job

C’est ensuite l’exemple de Job : « Vous avez oui parler de la patience de Job ». Mais dirons-nous, si nous lisons avec quelque attention le livre de Job, nous voyons chez le patriarche bien des mouvements d’impatience. Sans doute, mais Dieu ne retient que ce que sa grâce a produit en lui : la patience qu’il lui a été donné de manifester dans l’épreuve. Combien cet exemple est de nature à parler à nos cœurs ! Si l’apôtre avait placé devant nous le Modèle parfait, Celui dont jamais la patience n’a été entachée du moindre mouvement d’impatience, nous aurions peut-être dit : Oui, nous avons à l’imiter, mais c’est le « Modèle inimitable » ! Aussi l’apôtre nous donne l’exemple d’un « homme ayant les mêmes passions que nous » : ici Job, et plus loin, au sujet de la prière, Élie. Mais il y a là aussi un encouragement très précieux : si même Dieu dans sa grâce nous accorde de montrer quelque patience dans l’épreuve, est-ce une patience constante, sans défaillance ? N’y a-t-il pas, en raison de notre infirmité, bien des moments où l’impatience prend le dessus ? Comme cet exemple de Job est donc de nature à nous encourager et à fortifier notre foi chancelante ! Et cela d’autant plus que l’apôtre nous parle ensuite de « la fin du Seigneur ». Qu’a-t-Il manifesté alors chez son serviteur Job ? Les deux grands résultats qui devraient toujours être produits en nous par les épreuves du chemin : d’une part, le dépouillement de nous-mêmes, la confession droite et sincère de toute notre misère   « J’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre », dira Job à la fin — et d’autre part, un réel enrichissement dans la connaissance du Seigneur : « Et Job répondit à l’Éternel et dit : Je sais que tu peux tout, et qu’aucun dessein n’est trop difficile pour toi... Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu » (Job 42:1 à 6). Oui, « le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux » qui, tout à la fois, malgré ce que nous sommes (ne mériterions-nous pas si souvent d’être laissés de côté ?) et, d’autre part, en raison de ce que nous sommes, opère un tel travail en nous pour en manifester les fruits à sa gloire.

 

3.3      Exhortation à la prière

La troisième exhortation principale de ce dernier chapitre de l’Épître de Jacques est relative à la prière.

Les circonstances de notre vie peuvent être douloureuses ou, au contraire, réjouissantes pour nous. Ce que nos cœurs éprouvent peut, dans l’un et l’autre cas, se manifester d’une manière charnelle et il ne devrait jamais en être ainsi. « Quelqu’un parmi vous est-il maltraité... » : la chair, si elle n’est pas tenue pour morte, produit alors de l’irritation, peut-être même un désir de vengeance, tandis qu’un croyant spirituel et en bon état moral suivra l’exhortation de la Parole : « qu’il prie ». Il demandera à Dieu tout ce qui lui est nécessaire pour traverser l’épreuve : la force de l’endurer, la patience, la soumission, le privilège de glorifier le Seigneur dans un tel chemin. La prière est tout à la fois l’appel à Celui en qui sont toutes les ressources, et la manifestation d’une vie spirituelle nourrie de Christ. Le même verset de Jacques 5 nous parle de circonstances réjouissantes : « Quelqu’un est-il joyeux... ». Cette joie se témoignera-t-elle par des démonstrations plus ou moins semblables à celles dont les hommes de ce monde sont coutumiers ? Non. Elle se traduira dans une expression de reconnaissance envers Dieu, auteur de toute bénédiction, et le chant de cantiques exprime quelque chose de cette reconnaissance. La fin du verset 13 : « Quelqu’un est-il joyeux, qu’il chante des cantiques » nous dit comment doivent s’extérioriser les joies du racheté : d’une manière spirituelle. C’est pour nous une mise en garde et une exhortation à retenir, utile dans des circonstances où nous serions tentés d’agir comme les personnes du monde. Un seul exemple : un mariage est un moment de la vie qui dispose les cœurs à la joie ; dans le monde, cette joie ne va pas sans démonstrations exubérantes, c’est la chair dans ses explosions de joie bruyante ; tout au contraire, la joie des croyants est calme, elle n’en est que plus réelle et profonde ; elle dit ce qu’il y a dans le cœur de reconnaissance envers Dieu, souverain dispensateur de tout bien.

 

3.4      Maladie et ressources — Jacques 5:14-16

L’apôtre poursuit cette exhortation à la prière en nous présentant les deux ressources qui étaient au commencement de l’Église et dont seule la seconde demeure intégralement aujourd’hui. Ces deux ressources sont en faveur de ceux qui se trouvent frappés par une maladie envoyée par Dieu comme discipline ou châtiment à la suite d’un péché commis. La première : « les anciens de l’assemblée », appelés par le malade, priaient pour lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; ils avaient le discernement spirituel qui les assurait de la pleine restauration du malade, de sorte que la guérison était certaine : « la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné ». Cette ressource était sans doute pour les temps où il y avait des anciens officiellement établis par l’autorité apostolique — l’apôtre ou son délégué — et où nombre de croyants pratiquaient encore les coutumes juives, parmi lesquelles l’onction d’huile (même si des anciens, moralement reconnus, peuvent encore aujourd’hui — dans des cas très particuliers et sans doute fort rares — se rendre auprès d’un malade, l’onction d’huile n’a plus lieu d’être pratiquée). Demeure encore aujourd’hui, par contre, la deuxième ressource, celle indiquée au verset 16 : « Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris : la fervente supplication du juste peut beaucoup ». Il est probable qu’en plusieurs cas, Dieu étendrait sa main en guérison et en bénédiction s’il y avait cette franche et droite confession des fautes, avec la prière fervente à laquelle Il répondrait certainement, la faute qui avait nécessité l’envoi de la maladie ayant été reconnue et confessée.

 

3.5      L’exemple d’Élie

L’apôtre Jacques va nous donner un exemple à l’appui de cette exhortation à la prière, comme il l’a déjà fait pour son exhortation à la patience. C’est ici l’exemple d’Élie. « Homme ayant les mêmes passions que nous », qu’a-t-il fait que nous ne puissions donc faire aussi ? Le peuple était dans un mauvais état, il avait péché. Élie prie d’abord pour que Dieu envoie une famine, en retenant la pluie des cieux, ce qui correspond sans doute à la maladie des versets 14 à 16 ; dans ces trois versets, il s’agit d’un cas individuel tandis que dans les versets 17 et 18, c’est le peuple qui est « malade », puis « guéri » : Dieu peut être conduit à frapper un ensemble (une maison, une assemblée locale, les assemblées d’une région ou d’un pays, toutes les assemblées) aussi bien qu’un seul croyant. Ensuite Élie prie pour que Dieu mette un terme à l’épreuve, après que le peuple a été restauré. — Il nous est dit qu’il pria « avec instance » afin « qu’il ne plût pas ». Ce qu’il demandait à Dieu devait amener de la souffrance pour le peuple. Un temps plus ou moins long de sécheresse nous permet de comprendre un peu ce que durent être pour Israël trois ans et six mois sans pluie. Mais cette discipline était nécessaire pour le bien du peuple, afin de le ramener à l’Éternel qu’il avait abandonné. Élie, parce qu’il se tenait « devant l’Éternel », avait le discernement de ce qui convenait pour le vrai bien du peuple et pour la gloire de l’Éternel parmi le peuple. Chose importante à remarquer aussi : il s’oublie lui-même, faisant abstraction totale de ce qui le concerne personnellement. N’aura-t-il pas à souffrir, lui, pendant ces jours de famine ? Sans doute, mais cela ne l’arrête pas ; il traversera l’épreuve avec le peuple dont il fait partie, il y est prêt. Nous savons comment Dieu a pris soin de lui dans ces jours difficiles, Lui qui n’oublie jamais ceux qui le servent avec fidélité.

Quel enseignement, quelle exhortation pour nous ! Et quel encouragement à prier pour le peuple de Dieu aujourd’hui ! Que Dieu nous accorde de savoir le faire « avec instance » et avec l’intelligence spirituelle d’un Élie !

 

3.6      Conclusion

Que durant cette nouvelle année, si nous devons la vivre ici-bas, il nous soit donné de retenir les trois grands enseignements de ce chapitre 5 de l’Épître de Jacques : que Dieu nous garde de dépenser notre temps pour chercher à « amasser un trésor dans les derniers jours », qu’Il nous donne d’user de patience jusqu’à la venue du Seigneur et de mieux savoir, pratiquement, ce qu’est « la fervente supplication du juste », nous ferons l’expérience enrichissante qu’elle « peut beaucoup » !

 

 

4        Si quelqu’un... dans Jean (besoin de communion)

ME 1963 p. 147

4.1      Besoin de communion avc le Seigneur

Si précieux que soient les privilèges du rassemblement des saints, dans la jouissance de la communion fraternelle découlant de la communion avec le Seigneur, il est bon de nous rappeler que la vie chrétienne est aussi — et même en tout premier lieu — une vie individuelle. Non pas certes qu’il faille considérer cet aspect individuel du christianisme comme une manifestation de repli sur soi-même car, tout au contraire, une vie personnelle alimentée à la véritable source, nourrie de Christ et enrichie par Lui, aura d’heureux et bienfaisants prolongements dans nos relations fraternelles et dans la vie de l’assemblée. Tandis qu’à l’opposé, nos relations les uns avec les autres, l’activité dans l’assemblée, souffriront toujours de défaillances dans la piété individuelle. C’est pour nous faire éprouver un plus grand désir d’une vie personnelle vécue dans la communion avec le Seigneur et pour nous exhorter les uns les autres à mieux réaliser cet aspect si important, nous dirons même fondamental, du christianisme, que nous avons été conduits à écrire ces lignes.

L’expression « Si quelqu’un » est employée à plusieurs reprises par l’apôtre Jean, principalement dans l’évangile qu’il a écrit sous la direction de l’Esprit Saint (nous limitons à dessein le sujet, car nous pourrions également nous arrêter sur les mots « quiconque » ou « celui » que nous retrouvons dans cet évangile plus fréquemment encore — exemples : Jean 3:15, 16, 18, 20, 21 ; 4:13, 14 etc...). Cette expression est bien en rapport avec le caractère du service rempli par le Seigneur ici-bas, tel qu’il a été donné à Jean de le retracer. Aussi la trouvons-nous plutôt dans la première partie de l’Évangile où nous voyons des âmes ayant à faire individuellement avec le Seigneur, que ce soit Nicodème, la femme samaritaine, le paralytique du réservoir de Béthesda, la femme adultère ou encore l’aveugle-né ; mais elle est aussi employée, au moins à deux reprises, dans les chapitres 13 à 16 qui nous rapportent les entretiens du Seigneur avec ses disciples, groupés autour de Lui comme membres d’une même famille et auxquels Il parle du Père, de son cœur, de sa maison...

Nous goûterons pleinement la communion des enfants de Dieu, réunis autour de Celui qui n’a pas honte de nous appeler ses frères, dans la mesure où nous vivrons individuellement près du Seigneur, faisant face à nos responsabilités personnelles.

 

4.2      Si quelqu’un n’est né de nouveau — Jean 3:3, 5

« Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu... Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3:3 et 5) .

C’est par la nouvelle naissance que commence la vie chrétienne.

Tandis que Jésus était à Jérusalem, pendant la fête de la Pâque, « plusieurs crurent en son nom, contemplant les miracles qu’il faisait » (Jean 2:23). Mais la conviction de sa divinité, produite dans l’âme par la constatation des miracles accomplis, ne suffit pas pour établir qui que ce soit dans une relation vitale avec Lui. (Tel fut le cas, plus tard, de Simon le magicien considérant avec étonnement « les prodiges et les grands miracles qui se faisaient » sans que cela lui ait communiqué la vie divine — cf. Actes 8:9 et suivants). Nicodème était un docteur de la loi, reconnaissant la divinité de Jésus : « Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu », et cela parce qu’il avait vu de puissants miracles accomplis par Lui : « Personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui » (Jean 3:2) ; mais cela ne suffisait pas pour « voir le royaume de Dieu » ou pour y « entrer ». Aussi, Jésus enseigne à Nicodème la nécessité de la nouvelle naissance : « Il vous faut être nés de nouveau » (Jean 3:7), nouvelle naissance opérée par l’action de la Parole — dont l’eau est ici une figure — et de l’Esprit de Dieu. Tel est le point de départ de la vie chrétienne, l’introduction dans une condition toute nouvelle résultant de la réception du salut par la foi. Et cela doit être réalisé individuellement : ce n’est pas le fait d’être né de parents chrétiens ou d’appartenir à une communauté religieuse, si vivante soit-elle, qui peut nous permettre d’entrer dans le royaume de Dieu. Une œuvre divine doit être opérée en chacun car chacun entre pour soi. « Si quelqu’un... »

 

4.3      Si quelqu’un ne demeure pas en moi — Jean 15:6

« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il sèche ; et on les amasse, et on les met au feu, et ils brûlent » (Jean 15:6).

Ici, c’est à ses disciples rassemblés autour de Lui que le Seigneur s’adresse. Il est, Lui, « le vrai cep », nous sommes « les sarments ». Quiconque professe le christianisme est un « sarment », mais il est deux sortes de sarments, dit le Seigneur : celui qui « demeure en moi » et celui qui « ne demeure pas en moi ». Et qu’est-ce qui donne la preuve qu’un sarment « demeure » dans le cep, sinon le fait qu’il porte du fruit ? (Jean 15:4). Porter du fruit pour Dieu témoigne donc de la possession de la vie divine, de la réalité de la nouvelle naissance.

Le sarment qui « porte du fruit » est « nettoyé », « afin qu’il porte plus de fruit » ; tandis que celui qui ne porte pas de fruit est « ôté », « jeté dehors » puis « mis au feu » et « brûlé » (Jean 15:2 et 6).

Tout cela fait appel à la responsabilité individuelle. Que chacun examine où il en est ! Chacun peut-il dire avec entière certitude qu’il est né de nouveau et cette vie nouvelle se manifeste-t-elle par des fruits ? Nul autre ne peut répondre pour nous et régler de telles questions à notre place ; c’est essentiellement personnel.

 

4.4      Si quelqu’un mange de ce pain — Jean 6:51

« Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement... » (Jean 6:51).

Le Seigneur s’adressant à la foule, se présente d’abord comme un Christ vivant, donnant la vie au monde et auquel il fallait venir (Jean 6:35 à 47). Mais ensuite, Il ne se sert plus de l’expression « venir à moi », Il emploie le terme « manger ». Il faut manger « le pain vivant qui est descendu du ciel », « manger la chair du fils de l’homme » et « boire son sang ». Or, on ne peut manger la chair d’un être vivant ; le Seigneur exprimait donc la nécessité pour chacun de s’approprier sa mort, c’est-à-dire d’en faire sa nourriture. Se nourrir d’un Christ mort, c’est comprendre la nécessité de cette mort et également tout ce qui en découle pour nous comme conséquences dans notre vie pratique.

Manger la chair du fils de l’homme et boire son sang est nécessaire pour avoir la vie nouvelle, nécessaire aussi pour que cette vie dans le croyant soit nourrie et puisse ainsi se développer.

Né de nouveau, démontrant la réalité de sa nouvelle naissance par le fruit porté, le croyant doit aussi — et c’est toujours une responsabilité individuelle — se nourrir de Christ, d’un Christ mort et ressuscité, entrer (dans une mesure au moins) dans ce qu’a été la mort pour Christ, saisir les conséquences de cette mort pour nous et de notre mort avec Christ (cf. Rom. 6).

 

4.5      Si quelqu’un a soif — Jean 7:37

« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jean 7:37).

Encore un aspect individuel de la vie chrétienne. Si nous avons saisi quelque peu les conséquences de la mort de Christ pour nous et de notre mort avec Lui, nous réaliserons une vraie séparation du monde et de ses principes, nous comprendrons toujours mieux que nous traversons « une terre aride et altérée, sans eau » (Psaume 63:1). Où trouver sur une telle scène le rafraîchissement dont nous avons besoin ? Nous contenterions-nous de regarder à tel ou tel autre pour recevoir de quoi étancher notre soif ? Écoutons l’invitation du Seigneur, elle s’adresse à quiconque a soif : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive ». Quelle ressource et quel rafraîchissement ! Puissions-nous chacun individuellement aller à Jésus et boire ! Ainsi désaltérés, nous pourrons ensuite en rafraîchir d’autres (Jean 7:38).

 

4.6      Si quelqu’un me sert — Jean 12:26

« Si quelqu’un me sert, qu’il me suive » (Jean 12:26).

Ayant fait face aux responsabilités individuelles que nous rappellent les passages que nous venons de considérer, nous pourrons alors penser au service. Jean7:38 introduit d’ailleurs cet élément de la vie chrétienne.

« Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ». On ne peut servir le Seigneur qu’en demeurant attaché à Lui et en le suivant fidèlement dans le sentier qu’Il a Lui-même tracé. D’autre part, Jean12:26 nous enseigne aussi que le service est essentiellement individuel, si même il convient de ne jamais perdre de vue que nous sommes un seul corps, ce qui implique dépendance des membres les uns à l’égard des autres et communion réalisée entre eux.

Le service est individuel (cf. Marc 13:34 ; 1 Cor. 12:7, 11, 18 et 27), bien qu’il soit vrai que deux, s’ils sont ainsi envoyés et pleinement d’accord, peuvent servir ensemble. Mais même dans ce cas, chacun a sa responsabilité propre, doit recevoir ses directions du Seigneur seul et non de son compagnon de route, aller selon la mesure de foi que Dieu lui a départie et non avec la foi de l’autre. Le danger des services collectifs est précisément d’entraîner un croyant dans un chemin et une activité qui dépassent sa mesure de foi et de l’amener à recevoir des directions d’un autre que du Seigneur Lui-même.

Cela n’est que trop vrai, dans le service nous nous laissons souvent guider par nos propres conceptions, nos sentiments personnels ou encore par ce que d’autres ont préparé, décidé ou organisé. Cela, ne peut guère aboutir qu’à l’activité religieuse de la chair ou, au mieux, à un mélange de ce qui est de l’Esprit et de ce qui est de la chair. Comme il est dangereux de se laisser diriger par autrui et d’agir au-delà de sa foi personnelle, de se laisser gagner par l’enthousiasme collectif ou bien de servir par esprit d’imitation ! Que de faux-pas l’on peut faire ainsi, ou faire faire, malgré les plus belles apparences !

Matthieu 16:24 à 26 nous enseigne qu’avant de pouvoir servir il faut « se renoncer soi-même » et « prendre sa croix » ; Luc 9:23 ajoute : « chaque jour ». C’est effectivement la réalisation pratique de notre mort avec Christ, de la fin du vieil homme. Ce même passage nous montre qu’il y a deux dangers auxquels nous devons veiller : vouloir « sauver sa vie » et chercher à amasser des richesses. Vouloir sauver sa vie, c’est vivre pour le monde, agir en vue de sa propre gloire et de ses intérêts, tout cela en prétendant servir le Seigneur. Vouloir devenir riche, c’est « tomber dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition ; car c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi, et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs ». L’homme de Dieu est exhorté à « fuir ces choses » (1 Tim. 6:9 à 11).

Enfin Matthieu 16:27 nous dit que le Seigneur, en son jour, « rendra à chacun selon sa conduite ». Quel avertissement pour nous tous qui sommes appelés à servir ! Lui ne se trompe pas, Il sait apprécier la qualité de notre service, Il sait s’il a été rempli pour Lui et dans l’obéissance à la Parole ou pour tout autre motif et « Il rendra à chacun selon sa conduite ». À chacun ! Là aussi, c’est individuel...

La communion individuelle avec le Seigneur est nécessaire pour que nous puissions le servir fidèlement. Si elle fait défaut, le service en portera la marque. Une activité intense ne peut en aucune manière remplacer la communion et comme il serait grave de dissimuler — ou, tout au moins, d’essayer de le faire — l’absence de communion sous une débordante activité !

 

4.7      Si quelqu’un m’aime — Jean 14:23

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole... » (Jean 14:23) .

Comme nous savons bien discerner chez ceux qui nous entourent l’oubli de la Parole, telle ou telle désobéissance à ses enseignements ! Nous sommes parfois extraordinairement vigilants dans cette observation de la conduite des autres et nous gémissons sur le caractère des temps auxquels nous sommes parvenus où, comme dans les jours de ruine d’Israël, chacun fait « ce qui est bon à ses yeux ». Certes, nous avons bien des motifs d’humiliation à cet égard... Mais au sein de la ruine qui nous a atteints, ne perdons pas de vue notre responsabilité individuelle et soyons surtout attentifs chacun à ses propres voies. « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole... » Manifestons pratiquement que nous aimons le Seigneur de la manière qui le prouve en vérité : lisons la Parole, méditons-la, retenons-la dans nos cœurs et mettons-la en pratique. Il ne s’agit pas des autres, il s’agit de nous-mêmes. Et quelle que puisse être la ruine, la faiblesse générale, les manquements des uns ou des autres, il n’en demeure pas moins que chacun de nous est personnellement responsable de « garder la parole ». De précieuses promesses sont faites à celui qui est fidèle en cela : « Mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui ». C’est la jouissance assurée de l’amour du Père, de la communion avec le Père et avec le Fils.

Garder sa parole c’est, plus particulièrement en rapport avec le sujet qui nous occupe, garder les différentes portions de cette Parole que nous avons été amenés à considérer et qui font appel à notre responsabilité individuelle. C’est aussi garder la Parole dans son entier, sans y rien ajouter mais sans en rien retrancher. Et nous avons bien là une responsabilité personnelle : « Si quelqu’un ajoute à ces choses, Dieu lui ajoutera les plaies écrites dans ce livre... si quelqu’un ôte quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu ôtera sa part de l’arbre de vie et de la sainte cité, qui sont écrits dans ce livre » (Apoc. 22:18, 19). Cela ne concerne pas seulement le livre de l’Apocalypse, le principe est général (cf. Deut. 12:32).

L’indifférence et la tiédeur laodicéennes sont hélas ! de nos jours d’attristantes réalités. Si nous avons vraiment le sentiment qu’elles nous enveloppent et peut-être même nous gagnent de plus en plus, où est le remède ? Il est d’abord dans la réponse à un appel individuel. N’oublions pas que c’est à Laodicée que le Seigneur adresse cette parole : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi » (Apoc. 3:20). Si quelqu’un entend ma voix...

Dieu veuille nous exercer chacun et nous accorder la grâce de pouvoir faire face à nos responsabilités personnelles ! Quelle riche bénédiction nous en retirerons pour nous-mêmes, pour nos maisons et dans les assemblées !

 

 

5        Contre le laisser-aller et le laisser-faire (le fils de Jéroboam, 1 Rois 14)

Titre original : Abija, fils de Jéroboam

ME 1963 p. 263

5.1      Ce qu’était Jéroboam

Jéroboam régna sur Israël tandis que Roboam régnait sur Juda, après la division du royaume qui suivit le règne de Salomon. L’Éternel lui confia la royauté sur les dix tribus et le lui fit connaître par le moyen d’Akhija le prophète, promesse lui étant faite que Dieu serait avec lui et lui bâtirait une maison stable, s’il demeurait fidèle, écoutant l’Éternel, marchant dans ses voies et gardant ses commandements (1 Rois 11:29 à 38). Hélas ! L’un des premiers actes de son règne, tel que nous le rapporte 1’Écriture, fut d’ériger deux veaux d’or, l’un à Béthel, l’autre à Dan, tandis que, manifestant le peu de cas qu’il faisait des promesses divines, il déclarait au peuple : « C’est trop pour vous de monter à Jérusalem ; voici tes dieux, Israël ! qui t’ont fait monter du pays d’Égypte ». Indifférent au culte de l’Éternel, apportant des changements dans l’ordre de l’adoration, il fit ensuite une maison de hauts lieux, établit des sacrificateurs qui n’étaient pas des fils de Lévi, institua une fête le quinzième jour du huitième mois, « le mois qu’il avait imaginé dans son propre cœur », et alla jusqu’à offrir lui-même sur l’autel, faisant fumer l’encens (1 Rois 12:26 à 33). Nous savons comment l’Éternel intervint par le moyen de l’homme de Dieu venu de Juda et quelle fut alors l’attitude de Jéroboam, étendant sa main de dessus l’autel et ordonnant que l’on se saisisse de l’homme de Dieu. Mais, à l’instant, sa main sécha et l’autel se fendit, la cendre fut répandue de dessus l’autel, comme l’homme de Dieu l’avait annoncé. Jéroboam réclame alors le secours de l’Éternel qui, à la prière de l’homme de Dieu, délivre le roi impie. Mais, malgré ça, « Jéroboam ne revint pas de sa mauvaise voie ; et il établit encore, d’entre toutes les classes du peuple, des sacrificateurs des hauts lieux. Quiconque le désirait, il le consacrait, et il devenait sacrificateur des hauts lieux. Et par cela il y eut du péché sur la maison de Jéroboam, pour l’exterminer et pour la détruire de dessus la face de la terre » (1 Rois 13:1 à 10, 33, 34).

 

5.2      Fidèle au milieu de l’infidélité

C’est dans une telle maison que grandissait Abija, fils de Jéroboam. Quel exemple d’impiété il avait sous les yeux, d’absence de crainte de l’Éternel, de mépris de ses avertissements ! Dieu permit qu’Abija fût atteint par la maladie. Jéroboam son père, qui agissait en toutes choses suivant l’imagination de son propre cœur (cf. 1 Rois 12:33), savait bien, par contre, demander à l’homme de Dieu d’implorer l’Éternel quand il était atteint dans son propre corps. De même, quand son fils est malade, il va chercher du secours auprès du prophète Akhija qui avait dit de lui qu’il serait roi sur Israël (1 Rois 14:1, 2 ; 11:29 à 32). Lorsque tout va bien, on ignore Dieu et l’on fait sa propre volonté ; que l’épreuve survienne, c’est vers Lui que l’on se tourne pour être délivré ! Mais Jéroboam ne va pas lui-même trouver le prophète de l’Éternel : il lui envoie sa femme ; encore doit-elle, d’une part, se déguiser afin qu’on ne puisse savoir qui elle est et, d’autre part, apporter un présent, « dix pains, et des gâteaux, et une cruche de miel ». Jéroboam pense donc, tout à la fois, que le prophète pourra dire « ce qui arrivera à l’enfant », mais qu’il sera incapable de savoir qui vient l’interroger et, par ailleurs, qu’il se laissera séduire par un présent ! Quelle ignorance de ce que Dieu est, de ce qu’est un serviteur fidèle ! Comment un homme peut-il cacher quelque chose à Dieu ? Comme Adam, Guéhazi, Ananias et Sapphira l’ont expérimenté, chacun en son temps, la femme de Jéroboam va se rendre compte que Dieu est au fait de tout, que « toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4:13). Avant qu’elle ne soit arrivée, l’Éternel avait prévenu son prophète ; de telle sorte que ce dernier, ne laissant même pas sa visiteuse prononcer un seul mot, la prie d’entrer, l’appelant par son nom : « Entre, femme de Jéroboam, pourquoi feins-tu d’être une autre ? » Le prophète lui annonce alors les jugements qui s’abattront sur le roi infidèle. Il ajoute : « Et toi, lève-toi, va-t’en dans ta maison : quand tes pieds entreront dans la ville, l’enfant mourra. » Était-ce un jugement sur cet enfant ? Non, mais sur son père et même sans doute sur ses parents conjointement, Jéroboam et sa femme. Car, de cet enfant, Abija, il pouvait être dit : « Et tout Israël mènera deuil sur lui et l’enterrera ; car celui-ci seul, de la maison de Jéroboam, entrera dans le sépulcre, parce qu’en lui seul, dans la maison de Jéroboam, a été trouvé quelque chose d’agréable à l’Éternel, le Dieu d’Israël » (1 Rois 14:3 à 13) .

Quel beau témoignage lui est ainsi rendu ! Au milieu de l’infidélité générale, dans une maison comme celle de Jéroboam, lui seul a été fidèle, fidèle en peu de chose sans doute, mais fidèle dans ce qui était en son pouvoir. Et Dieu a apprécié cela ! En lui seul a été trouvé quelque chose d’agréable à l’Éternel.

Comme dans tous les temps où l’ensemble a failli, la foi, la fidélité sont individuelles ; elles sont manifestées chez Abija aux jours de Jéroboam comme chez Élie aux jours d’Achab — encore, dans ces jours-là, y avait-il les sept mille, mais Élie ne les connaissait pas. Au temps du prophète Malachie, c’est « l’un à l’autre » qu’ont parlé « ceux qui craignent l’Éternel » (Malachie 3:16). Une lampe dans un lieu obscur, tel était Abija dans la maison de son père, roi d’Israël. Et cette fidélité était si précieuse aux yeux de l’Éternel qu’Il en rend témoignage ; puis, Il recueille auprès de Lui ce jeune enfant. En vérité, il est « recueilli de devant le mal » (cf. Es. 57:1, 2).

 

5.3      Se garder du laisser-aller

Quel enseignement pour nous ! Placés dans un mauvais milieu, nous finissons par nous comporter comme ceux qui le composent, manquant souvent de l’énergie nécessaire pour remonter le courant. Un croyant peut se trouver, du fait de ses occupations, entouré d’hommes impies, ou encore au sein d’une maison dans laquelle nul autre que lui n’est converti ; que l’exemple d’Abija demeure présent à son esprit afin que puisse être rendu de lui ce témoignage : « en lui seul... a été trouvé quelque chose d’agréable à l’Éternel ». L’état d’une assemblée peut être très bas, la marche de la plupart des frères et sœurs laissant beaucoup à désirer, il peut y avoir bien des choses qui devraient étre jugées et qui ne le sont pas en raison d’une absence de discernement du mal, que dans cette assemblée, un croyant au moins soit exercé et considère ce que l’Écriture nous dit d’Abija ! Il est très difficile de remonter le courant ? Sans aucun doute. Il est beaucoup plus facile de « faire comme les autres », essayant d’apaiser sa conscience en comparant sa propre conduite à celle de son entourage au lieu de la juger à la lumière de la Parole. Pensons au fils de Jéroboam, seul dans cette maison... Qui était là pour l’enseigner et le guider dans la voie du bien, pour l’aider et l’encourager ? Personne. Il n’avait que de mauvais exemples sous les yeux et cependant, « en lui seul... a été trouvé quelque chose d’agréable à l’Éternel ». Plus tard, à Babylone, « Daniel arrêta dans son cœur qu’il ne se souillerait point par les mets délicats du roi et par le vin qu’il buvait » (Daniel 1:8) ; tout était pour l’inciter à le faire et il y avait les ordres du roi..., mais Daniel est resté fidèle ; cependant il n’était pas seul comme l’était Abija dans la maison de son père, il avait la compagnie d’Hanania, Mishaël et Azaria, ils pouvaient s’encourager l’un l’autre dans un chemin d’obéissance à la loi de l’Éternel. La piété, la fermeté du fils de Jéroboam rappellent également celles de Gédéon, démolissant l’autel de Baal qui était à son père et offrant le second taureau sur le nouvel autel qu’il avait bâti ; encore Gédéon avait-il avec lui « dix hommes d’entre ses serviteurs » (Juges 6:25 à 32).

 

5.4      Encouragement

Que l’exemple d’Abija nous encourage en tous temps et spécialement si nous sommes isolés, si nous sentons notre extrême faiblesse au sein d’un état de choses où font défaut la connaissance de la pensée de Dieu et l’obéissance à sa volonté. Puissions-nous manifester la même fidélité, la même fermeté, afin que Dieu trouve en nous « quelque chose d’agréable » pour Lui

 

 

6        La vraie grâce de Dieu

ME 1969 p.3

6.1      Besoin général de la grâce de Dieu

« Sauvés par la grâce, par la foi », nous sommes exhortés à « espérer parfaitement dans la grâce qui nous sera apportée à la révélation de Jésus Christ » (Éph. 2:8 ; 1 Pierre 1:13) : c’est par grâce que nous avons été engagés dans le chemin que nous avons à suivre ici-bas et c’est par grâce que, arrivés à son terme, nous serons ravis dans les demeures célestes où nous serons à jamais des « monuments » de la grâce de Dieu. Mais encore, tout le long de ce chemin nous éprouvons les soins variés de la grâce divine qui seule nous permet de poursuivre la course et nous donne l’assurance d’arriver au but. Nous comprenons donc que, tout à la fin du Saint Livre, le Saint Esprit exprime ce souhait : « Que la grâce du seigneur Jésus Christ soit avec tous les saints » (Apoc. 22:21) ; cette grâce nous est nécessaire pour réaliser ce qui est placé devant nous dans la Parole inspirée, pour jouir des privilèges que Dieu nous confère tout autant que pour faire face aux responsabilités qui nous incombent. Nous comprenons aussi que dans la plupart des épîtres cette faveur soit invoquée sur les saints tout au début, tandis qu’à la fin le désir est formulé que la grâce accompagne celui, ou ceux auxquels l’épître est adressée. Il n’y a d’exceptions que dans l’épître aux Hébreux, l’épître de Jacques, les trois épîtres de Jean et l’épître de Jude — encore est-il fait mention de la grâce à la fin des Hébreux et au début de la deuxième épître de Jean.

 

6.2      1 Pierre 1:2 et 2 Pierre 2:2

Les deux épîtres de Pierre méritent à cet égard de retenir spécialement notre attention car, plus qu’aucune autre, elles mettent l’accent sur la grâce. Au début de la première : « Que la grâce et la paix vous soient multipliées ! » ; de la seconde : « Que la grâce et la paix vous soient multipliées dans la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur ! ». L’apôtre désire pour les croyants auxquels il s’adresse, et pour nous aussi, non seulement une abondance mais une surabondance de grâce et il lie cette faveur à « la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur ». Soulignons tout de suite ce point important, que nous retrouverons dans de nombreux passages de l’Écriture : la grâce est liée à une Personne. Nous reviendrons un peu plus loin sur le fait que l’apôtre Pierre insiste particulièrement sur la grâce, sur la valeur des secours qu’elle apporte au fidèle, secours qui lui sont indispensables pour vivre une vie à la gloire de Dieu.

 

6.3      Jude 4. Danger de changer la grâce de Dieu en dissolution

Que la grâce soit liée à une Personne divine nous permet de comprendre ceci : seul l’ennemi peut nous amener à croire que nous pouvons agir suivant ce qui nous semble bon, en comptant sur la grâce de Dieu pour effacer nos fautes et leurs conséquences ; une telle pensée ne peut venir de Celui auquel la grâce est liée. Écouter cette suggestion de l’adversaire serait imiter l’exemple des impies qui « changent la grâce de notre Dieu en dissolution » (Jude 4) ; une telle conduite ne tient aucun compte des enseignements de la grâce et des obligations morales qu’elle impose, enseignements et obligations auxquels le croyant doit se conformer s’il veut plaire à Dieu. Le danger est très réel, nous le savons bien, de faire notre volonté propre et de considérer avec une certaine légèreté les conséquences qui pourront en résulter, en disant : Confions-nous dans la grâce de notre Dieu ! Il est vrai que cette grâce demeure quelles que soient nos infidélités, mais nous aurons sans doute à subir les conséquences de nos fautes sous le gouvernement de Dieu. Qu’il y ait de la grâce même dans son gouvernement ne saurait atténuer la douleur et l’humiliation de celui qui a failli à sa responsabilité et qui, ayant « semé pour sa propre chair, moissonnera de la chair la corruption » (Gal. 6:8). Et s’il est vrai que la grâce a surabondé là où abondait le péché, oserions-nous dire pourtant : Péchons afin que la grâce abonde ?

 

6.4      La grâce selon Tite 2:11-13

La grâce « dans laquelle nous sommes » n’est donc pas une sorte de blanc-seing nous permettant d’agir à notre guise, les conséquences de nos manquements se trouvant ensuite effacées ; c’est « la vraie grâce de Dieu » (1 Pierre 5:12) , une grâce « qui nous a été donnée dans le christ Jésus avant les temps des siècles » (elle est bien liée à une Personne, inséparable d’elle dès avant les temps des siècles) et « qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus Christ, qui a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile » (2 Tim. 1:9, 10). Cette grâce, « vraie grâce de Dieu », est donc venue ici-bas et Celui en qui elle a été manifestée, « qui n’a pas connu le péché » (2 Cor. 5:21), a accompli l’œuvre en vertu de laquelle le péché a été « aboli », selon l’expression d’Hébreux 9:26 : Il a « annulé la mort » qui en est le salaire. La « vraie grâce de Dieu » ne supporte pas le péché, ne tolère pas le mal ; elle agit tout au contraire pour qu’il soit ôté « Apparue à tous les hommes » et leur « apportant le salut » — c’est-à-dire le pardon des péchés et la délivrance du péché — elle « enseigne » maintenant ceux qui, par la foi, ont accepté ce salut. Tite 2:11 à 14 nous dit quel est cet enseignement de la grâce de Dieu ; il présente un double aspect, négatif et positif. Négatif : c’est le rejet de tout ce qui marque un homme avant sa conversion, « l’impiété et les convoitises mondaines », c’est-à-dire une vie sans Dieu, le cœur occupé de l’objet de ses convoitises, savoir « le monde » et « les choses qui sont dans le monde » (1 Jean 2:15 à 17). Positif : vivre « sobrement, et justement, et pieusement ». L’enseignement de la grâce nous conduit donc à vivre une vie qui est tout l’opposé de celle qui consiste à faire sa volonté propre, une vie de sainteté pratique dans la recherche du bien et la séparation du mal. Le fait que nous ne sommes plus sous la loi ne saurait en aucune manière nous autoriser à obéir à nos convoitises charnelles : « Car le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce » (Rom. 6:12 à 14).

 

6.5      Jean 1:17. La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ

La grâce de Dieu est liée à une Personne divine, c’est pourquoi elle est inséparable de la sainteté — Sion, montagne tout à la fois de la grâce et de la sainteté, en est une illustration — comme aussi de la vérité : « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1:17). En Christ ont été manifestées grâce et vérité inséparablement unies. La « vraie grâce de Dieu », c’est la grâce inséparable de Celui en qui elle a été pleinement révélée, inséparable de la sainteté et de la vérité.

 

6.6      2 Timothée 2:1. Se fortifier dans la grâce qui est dans le Christ Jésus

Serions-nous parvenus à une époque où il serait impossible de connaître une telle grâce et d’en jouir ? La deuxième épître à Timothée, pleine d’enseignements pour les « temps fâcheux » des « derniers jours », nous présente les ressources qui demeurent à notre disposition pour réaliser une marche individuelle et collective dans la vérité et la sainteté ; ces ressources se résument en une Personne : notre Seigneur Jésus Christ, placé devant nous si souvent tout au long de l’épître, Celui par qui « vinrent la grâce et la vérité ». Aussi, cette épître, en plusieurs endroits, nous occupe de la grâce et également de la vérité. Il en est, nous dit-elle, « qui se sont écartés de la vérité », d’autres qui « résistent à la vérité » ou encore, « détournent leurs oreilles de la vérité et se tournent vers les fables », il en est aussi « qui apprennent toujours, et qui ne peuvent jamais parvenir à la connaissance de la vérité ». Au sein d’un tel état de choses, la responsabilité du serviteur c’est de présenter la Parole, qui est la vérité, d’exposer « justement la parole de la vérité » (2 Tim. 2:18 ; 3:8 ; 4:4 ; 3:7 ; 2:15). Pour faire face à cette responsabilité, le fidèle qui connaît la grâce par laquelle Dieu « nous a sauvés » et « nous a appelés d’un saint appel », qui a reçu un « don de grâce » — don qu’il pourrait négliger et qu’il est exhorté, comme l’était alors Timothée, à « ranimer » — est invité à se fortifier. Mais comment ? « Dans la grâce qui est dans le christ Jésus » (2 Tim. 1:9, 10, 6 ; 2:1). Encore un passage de l’Écriture qui nous présente la grâce liée à Christ, la grâce « dans le christ Jésus ». Tel est le secret de la force pour traverser des jours de ruine ! Cette « force », c’est quelque chose de la puissance divine qui est communiquée au fidèle. Il est utile de rappeler à cet égard que précisément dans cette épître l’apôtre met en relief, dès le début, la puissance de Dieu, la puissance de Christ et la puissance du Saint Esprit (1:8, 12, 7). Quel encouragement pour nous à nous « fortifier dans la grâce qui est dans le christ Jésus » !

 

6.7      2 Cor. 12:9. Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité

À l’apôtre Paul, qui le suppliait par trois fois pour que l’écharde se retirât de lui, le Seigneur répond : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité » (2 Cor. 12:9). Cette grâce lui avait « suffi » tout au long de son ministère et, dans son infirmité, il y avait eu effectivement le déploiement de la puissance de Dieu. Nous comprenons donc pourquoi il exhorte son enfant Timothée à se « fortifier dans la grâce qui est dans le christ Jésus », pourquoi il termine cette seconde épître, la dernière qu’il ait écrite, par cette parole, la dernière qui nous ait été conservée de lui : « Que la grâce soit avec vous ! » — pas seulement « avec toi » Timothée — parole qui suit d’ailleurs celle-ci : « Le seigneur Jésus Christ soit avec ton esprit ». Combien nous avons besoin et du Seigneur et de sa grâce !

 

6.8      Actes 20:32. Recommandés à Dieu et à la parole de sa grâce

Rappelons aussi la scène qui nous est rapportée en Actes 20. Paul fait ses adieux aux anciens d’Éphèse : il les « recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d’édifier et de nous donner un héritage avec tous les sanctifiés » (v. 32). Là encore, nous avons la grâce liée à une Personne divine et la suprême ressource pour une assemblée aussi bien que pour le croyant individuellement : Dieu et la parole de sa grâce.

 

6.9      1 Pierre 5:12. La vraie grâce de Dieu dans laquelle nous sommes

Tout comme l’apôtre Paul, l’apôtre Pierre, ainsi que nous l’avons déjà remarqué, réalise combien les saints ont besoin de la grâce de Dieu, en abondance et en surabondance. N’est-ce pas parce que dans toutes les circonstances au travers desquelles il est passé, il l’a connue et appréciée ? Cette grâce l’a enseigné après l’avoir sauvé, elle l’a secouru et fortifié tout le long du chemin, pleinement restauré après sa chute si douloureuse et humiliante. Qui pourrait en parler comme lui ? Lisons dans les évangiles les récits qui retracent son histoire, nous serons frappés de voir ensuite, en étudiant les deux épîtres écrites par lui sous l’inspiration divine, combien les expériences faites par le disciple ont été utiles à l’apôtre dans le ministère qui lui a été confié. En vérité, il lui a été donné de « fortifier ses frères » comme le Seigneur l’y avait exhorté. Que serait-il advenu de lui s’il n’y avait eu la grâce de Dieu ? Et qu’en serait-il de nous si nous ne pouvions compter sur la même grâce ? Oui, qu’elle nous soit « multipliée dans la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur » ! Cette connaissance seule nous permettra de jouir de « la vraie grâce de Dieu dans laquelle nous sommes », comme aussi la jouissance de la grâce nous fera croître dans la connaissance.

 

6.10  2 Pierre 3:18. Croissez dans la grâce

L’apôtre Pierre termine sa deuxième épître — là aussi, nous avons les dernières paroles qui nous ont été conservées de lui — par cette exhortation, dans laquelle nous trouvons une fois encore intimement liées la grâce et la Personne du Seigneur Jésus : « Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ ». — Que tout au long de l’année qui vient de commencer il nous soit donné de désirer et de réaliser vraiment une telle croissance, pour notre plus grand bien spirituel, pour la prospérité des assemblées et pour qu’« à lui soit la gloire, et maintenant et jusqu’au jour d’éternité ! Amen » (2 Pierre 3:18).

 

 

7        Que votre cœur ne soit pas troublé — Jean 14:1 et 27

ME 1966 p.295

7.1      Jean 14:1

Le Seigneur allait « passer de ce monde au Père » (Jean 13:1), l’heure en était venue. Toutes les circonstances qui allaient se dérouler jusqu’à ce moment-là, son départ ensuite, étaient bien de nature à troubler les disciples ; ils avaient espéré tout autre chose (cf. Luc 24:21). De sorte qu’ils auraient bien pu se demander si en suivant Jésus de Nazareth ils n’avaient pas fait fausse route. Celui qui connaissait leurs pensées les plus secrètes se plaît alors, avant de les quitter, à leur donner tous les encouragements dont ils avaient besoin. Par deux fois, Il leur adresse cette exhortation : « Que votre cœur ne soit pas troublé ».

La première fois, c’est en relation avec son départ. Pour qu’il n’y ait pas de trouble dans leur cœur, Il les assure : qu’Il demeure pour eux un Objet que leur foi pourra contempler et sur lequel elle pourra s’appuyer, si même leurs yeux de chair ne doivent plus le voir — qu’Il va leur préparer une place dans ce lieu dont Il peut maintenant leur parler parce que son œuvre va leur en ouvrir les portes : « la maison de son Père » — que, s’Il va les quitter, Il reviendra pour les prendre auprès de Lui ; ils occuperont alors les places qu’Il est allé leur préparer afin qu’ils soient à jamais « auprès de lui ». Cela ne dépassait-il pas toutes les espérances d’Israël et n’était-ce pas de nature à ôter de leur cœur, au sujet de son départ, tout motif de trouble ?

 

7.2      Jean 14:27 — Le Consolateur

Mais jusqu’à la réalisation de cette espérance, il y a le chemin à parcourir avec toutes ses difficultés. Le Seigneur assure maintenant les siens qu’Il priera le Père, lequel leur donnera « un autre consolateur ». Le Saint Esprit sera avec eux, Personne divine qui les enseignera et leur rappellera toutes les choses dites par Jésus ici-bas. Et puis, le Seigneur laisse à ses disciples « la paix », Il leur donne « sa paix ». De telle sorte qu’ils pourront aller sans crainte jusqu’au bout et, renouvelant son exhortation « Que votre cœur ne soit pas troublé », le Seigneur ajoute ici : « ni craintif ». Il pense aux craintes qu’ils pourraient avoir tout au long du chemin et leur dit : n’en ayez aucune !

Ces paroles ne seraient-elles pas aussi pour nous ? Ne pouvons-nous nous en emparer ? Tout va de mal en pis dans ce monde en plein désarroi, en pleine folie, aveuglé et entraîné par Satan qui en est le prince. Que sera demain au train où le mal progresse ? « Que votre cœur ne soit pas troublé » ! Le Seigneur, objet de notre foi, Celui qui est allé nous préparer place dans la maison du Père, va venir ! C’est notre précieuse espérance, c’est Lui que nous attendons, non pas demain mais aujourd’hui car Il peut venir à l’instant même ! Levons nos yeux en-haut, vivant notre espérance, et notre cœur ne sera troublé par rien !

 

7.3      Dieu poursuit Son œuvre

En attendant, s’il y a encore quelques pas à faire, ce sont les luttes, les combats, tant de sujets de souffrances pour le fidèle. Le niveau spirituel fléchit rapidement et dangereusement, nous manquons tant de fois à nos responsabilités et nos inconséquences — pour ne pas dire plus — nous empêchent de jouir de nos privilèges comme nous le devrions. Quelle attristante accumulation de ruines ! Et l’ennemi essaye parfois de nous insinuer, comme jadis aux disciples, que nous avons fait fausse route. Certes, que tant de misères nous humilient, mais que Dieu nous garde de tout découragement ! Le Saint Esprit demeure « avec nous », il prendra soin de l’Église jusqu’au moment où le voyage sera enfin achevé. Que nos consciences soient profondément exercées et remuées, mais que nos cœurs ne connaissent ni trouble ni craintes ! Malgré tout ce que nous pouvons manifester, à notre honte, Dieu achèvera « jusqu’au jour de Jésus Christ » la « bonne œuvre » commencée en nous ; Il nous sanctifiera entièrement et Celui qui « a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle » la sanctifie en la purifiant par le lavage d’eau par parole, « la nourrit et la chérit » et bientôt se la présentera à lui-même « glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable… sainte et irréprochable » (Phil. 1:6 ; 1 Thess. 5:23, 24 ; Éph. 5:25 à 27, 29).

« Que votre cœur ne soit pas troublé ». Celui qui nous le dit nous dit aussi : « Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ».

« Que votre cœur ne soit pas troublé, ni craintif ». Nous avons pour tout le temps du pèlerinage « les secours de l’Esprit, les trésors de sa paix », celle que Jésus nous a laissée, « et l’ombre de sa main nous protège et nous couvre » !

Puissions-nous ainsi, au travers des circonstances du chemin, quelque difficiles et exerçantes qu’elles puissent être, continuer la course jusqu’à son terme, nous rappelant sans cesse cette parole du Seigneur : « Que votre cœur ne soit pas troublé », jouissant de « sa paix » et attendant son prochain retour !

 

 

8        C’est un Dieu fidèle…

ME 1964 p.3

8.1      Deutéronome 32:4

La vie de Moïse a été marquée tout au long par la souffrance, le combat, les exercices de cœur. À peine entré dans ce monde, il nous est déjà présenté comme « un petit garçon qui pleurait » (Ex. 2:6). Ce furent ensuite ses souffrances à la cour du Pharaon, durant la plus grande partie des quarante premières années de sa vie, car on ne peut douter qu’il ait souffert dans un tel milieu alors que toutes les affections de son cœur le portaient vers ses frères en détresse. « Moïse, étant devenu grand, sortit vers ses frères » (Ex. 2:11) : tournant le dos aux richesses et à la gloire de l’Égypte, il va vers ceux qui gémissent sous le joug du Pharaon. Ce peuple dans la souffrance, c’est le peuple de Dieu ! Et Moïse choisit « plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché » (Hébr. 11:25). Mais Exode 2:11 à 14 nous dit quel accueil il reçut de la part de ceux dont il désirait partager la souffrance. Combien il a dû être éprouvé dans les affections de son cœur, alors qu’il manifestait un amour incompris — quand bien même cette manifestation n’était pas ce qu’elle aurait dû être (Ex. 2:11 à 14) ! Désormais, ayant quitté l’Égypte, il passera quarante années au désert de Madian, quarante années durant lesquelles il demeure là comme un humble berger (cf. Ex. 3:1), éloigné de ses frères. Enfin, pendant les quarante dernières années de sa vie, il fut le conducteur du peuple d’Israël tout au long de son voyage au travers du désert. C’est alors qu’il a eu affaire à un peuple de cou roide, se détournant de l’Éternel et murmurant contre Lui ; il a entendu les plaintes d’Israël avant même la traversée de la Mer Rouge (Ex. 14:10 à 12), il a connu les murmures de Mara (Ex. 15:24), la contestation de Massa et Meriba (Ex. 17:2 à 7), les plaintes de Tabhéra (Nomb. 11:1 à 3), l’attroupement de Meriba (Nomb. 20:2 à 13), le découragement du peuple qui amena l’Éternel à lui envoyer les serpents brûlants (Nomb. 21:4 à 6), bien d’autres tristesses encore.

Arrivé au terme de cette longue vie, marquée de tant d’épreuves et de souvenirs douloureux, alors que, d’autre part, Dieu dans son juste gouvernement lui ferme l’entrée de Canaan où il aurait tellement désiré pénétrer (cf. Deut. 1:37 ; 3:23 à 26 ; 4:21), Moïse prononce aux oreilles de toute la congrégation d’Israël les paroles d’un cantique, paroles qui nous sont rapportées dans le chapitre 32 du livre du Deutéronome. Que dit-il dès le début de ce cantique ? « Il est le Rocher, son œuvre est parfaite ; car toutes ses voies sont justice. C’est un Dieu fidèle… » (v. 4). Avant d’être retiré et enterré vis-à-vis de Beth-Péor (Deut. 34:5 à 8), il peut rendre témoignage à la fidélité de Dieu. Tout au long de ces cent vingt années de son pèlerinage, au travers de tout ce qu’il lui a été donné de rencontrer, Dieu a été fidèle ! Et alors qu’Il lui ferme l’entrée du pays de la promesse, c’est encore un Dieu fidèle. « Il est le Rocher », roc inébranlable sur lequel en tout temps Moïse a pu s’appuyer ; « son œuvre est parfaite », son œuvre pour nous sans doute, mais aussi son œuvre en nous, cette œuvre qu’Il « achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ » (Phil. 1:6) ; « c’est un Dieu fidèle », fidèle à ses promesses, fidèle à son caractère.

Peut-être sommes-nous près d’arriver au terme du voyage, comme alors Moïse ; peut-être aussi avons-nous encore quelques pas à faire, Dieu seul le sait. Mais quoi qu’il en soit, nous pouvons, considérant le chemin parcouru, répéter avec Moïse : « C’est un Dieu fidèle ». Il l’a été encore pendant l’année qui vient de s’écouler, Il le sera pendant celle qui commence, Il le sera jusqu’à la fin. Comme il est précieux de le savoir, mais plus encore, de l’expérimenter ! Notre foi est ainsi encouragée pour les derniers pas de la course. Elle l’est également par les assurances que nous donne l’Écriture et c’est sans aucun doute le plus solide point d’appui de la foi. Nous désirons rappeler brièvement quelques passages du Nouveau Testament qui nous disent la fidélité de Dieu, la fidélité du Seigneur. Puissions-nous y trouver tout à la fois édification, exhortation et consolation !

 

8.2      1 Corinthiens 1:9

« Dieu, par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils Jésus Christ, notre Seigneur, est fidèle » (1 Cor. 1:9).

L’apôtre s’adresse « à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe », comme aussi à « tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre seigneur Jésus Christ, et leur seigneur et le nôtre » (1 Cor. 1:1, 2). Bien des choses laissaient à désirer à Corinthe, et pourtant Dieu avait « enrichi » ces croyants, cette assemblée, « en lui, en toute parole et toute connaissance », de telle sorte qu’ils ne manquaient « d’aucun don de grâce » (ib. 5 à 7). Quelle bonté de Dieu malgré leur infidélité ! Et combien était coupable une telle infidélité malgré tout ce déploiement de la bonté de Dieu !

N’en est-il pas de même pour ce qui nous concerne aujourd’hui ? Que mériterions-nous sinon d’être mis de côté comme porteurs du témoignage ? Et cependant, nous sommes non seulement supportés mais encore comblés de tant de bienfaits ! Cela doit toucher nos cœurs et nos consciences, exercer notre responsabilité, car c’est « la révélation de notre seigneur Jésus Christ » que nous attendons, son apparition en gloire. Dans ce jour-là, « la journée de notre seigneur Jésus Christ », nous serons manifestés « irréprochables » et Christ sera « glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1:10). Mais aussi, « il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal » (2 Cor. 5:10). Cette pensée du tribunal, liée à l’apparition du Seigneur, fait appel à notre responsabilité. En attendant ce jour-là, pensons à notre marche ici-bas ! Dieu nous a « appelés à la communion de son Fils Jésus Christ, notre Seigneur », c’est-à-dire à avoir une même part avec Lui dans la marche, dans le service, dans la souffrance et l’opprobre, dans la prière, dans la louange. Il est fidèle, Il opérera en nous pour produire de tels résultats. Ne soyons donc pas découragés en considérant notre faiblesse et nos manquements si nombreux ! Que cela nous humilie profondément mais aussi nous rejette sur Celui qui veut travailler en nous et qui est fidèle ! Et que rien en nous n’entrave l’accomplissement de ce travail divin.

 

8.3      1 Corinthiens 10:13

« Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été une tentation humaine ; et Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez supporter, mais avec la tentation il fera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter » (1 Cor. 10:13).

Que d’épreuves, dans nos vies individuelles ou dans la vie de l’assemblée, qui nous paraissent au-delà de nos forces, impossibles à surmonter ! Mais Dieu nous assure qu’aucune d’elles ne dépasse ce que nous pouvons supporter. Il n’en est pas une qui ne soit une « tentation humaine », c’est-à-dire mesurée de la capacité humaine. Or, Dieu sait bien « de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière » (Ps. 103:14) et Il est fidèle, Il « ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de ce que nous pouvons supporter ». Prenons donc courage dans nos tribulations, elles ne dépasseront jamais ce que Dieu dans sa sagesse sait pouvoir nous dispenser ! Il est fidèle à cet égard aussi, n’ayons aucune crainte. Mais encore, « avec la tentation il fera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter ». Le chemin est parfois très difficile, nous ne voyons pas comment nous serons délivrés, il semble n’y avoir aucune issue possible devant nous, mais Dieu est fidèle ! Il envoie l’épreuve, préparant en même temps le secours et l’entière délivrance. Combien tout cela est encourageant pour la foi !

 

8.4      1 Thessaloniciens 5:23, 24

« Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, et votre âme, et votre corps tout entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre seigneur Jésus Christ. Celui qui vous appelle est fidèle, qui aussi le fera » (1 Thess. 5:23, 24).

Être sanctifiés entièrement, esprit, âme et corps « tout entiers », étant « conservés sans reproche en la venue de notre seigneur Jésus Christ », cela nous semble impossible quand nous considérons ce que nous sommes, quand nous voyons tous nos manquements… Et pourtant, Dieu le fera ! Il est fidèle, fidèle à son caractère. Il veut être glorifié dans les siens. Aussi, malgré ce que nous sommes, malgré tout ce que nous pouvons manifester de volonté propre ou seulement d’indifférence, Il « le fera ». Nous sommes si souvent infidèles, mais « Celui qui nous appelle est fidèle », fidèle à Lui-même, à sa propre gloire. Cette fidélité, Il la manifestera jusqu’au bout dans le travail de sanctification pratique qu’Il accomplit en ceux qui lui appartiennent. Ayons donc confiance malgré tout, malgré notre extrême faiblesse et tout ce qui pourrait nous décourager dans le chemin. Le Dieu de paix Lui-même nous sanctifiera entièrement. Il est fidèle, Il le fera !

 

8.5      2 Thessaloniciens 3:1 à 3

« Au reste, frères, priez pour nous, afin que la parole du Seigneur coure, et qu’elle soit glorifiée, comme elle l’est aussi chez vous ; et que nous soyons délivrés des hommes fâcheux et méchants, car la foi n’est pas de tous : mais le Seigneur est fidèle, qui vous affermira et vous gardera du méchant » (2 Thess. 3:1 à 3).

L’apôtre était en butte à des « hommes fâcheux et méchants ». Nous pouvons aussi rencontrer de l’opposition de la part d’hommes méchants qui cherchent par mille moyens à entraver l’œuvre de Dieu ; et nous serions parfois tentés d’oublier que « les armes de notre guerre ne sont pas charnelles » (2 Cor. 10:4). Sachons regarder en haut, nous rappelant que « le Seigneur est fidèle » et veut, d’une part, nous « affermir » et, d’autre part, nous « garder du méchant ». David était « au milieu de lions », parmi ceux qui avaient « préparé un filet pour ses pas », « creusé devant lui une fosse », mais il peut ajouter : « ils sont tombés dedans ». Et il a fait l’expérience de la fidélité de Celui duquel l’apôtre assurait les Thessaloniciens qu’il les « affermirait », car il déclare ensuite : « Mon cœur est affermi, ô Dieu ! mon cœur est affermi ; je chanterai et je psalmodierai » (Ps. 57:4 à 7). Il a été affermi et gardé du méchant, il a éprouvé la fidélité du Seigneur. Soyons assurés que nous l’éprouverons aussi !

 

8.6      2 Timothée 2:13

« Si nous sommes incrédules, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Tim. 2:13).

Notre infidélité est généralement incrédulité ! Nous croyons bien ce que nous dit l’Écriture au sujet du salut, mais en est-il de même pour ce qui concerne notre marche ici-bas ? Savons-nous accepter ce que la Parole nous enseigne, le mettre en pratique ensuite ? Hélas ! nous sommes si souvent « incrédules ». Mais Dieu n’agit pas envers nous comme nous agissons envers Lui : « si nous sommes incrédules, Lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même ». Il ne peut agir qu’en accord avec ses propres caractères et selon l’essence même de son Être. Il est Amour et Lumière. Et c’est un tel Dieu qui intervient, qui opère, qui veut s’occuper de nous jusqu’à la fin ! Il demeure fidèle en toutes choses, c’est notre assurance et notre paix.

 

8.7      Hébreux 2:17

« C’est pourquoi il dut, en toutes choses, être rendu semblable à ses frères, afin qu’il fût un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur dans les choses qui concernent Dieu, pour faire propitiation pour les péchés du peuple » (Hébr. 2:17).

Nous sommes portés sur les épaules et sur le cœur de Celui qui a mis sa vie pour nous et qui est maintenant notre souverain sacrificateur, un souverain sacrificateur qui est « miséricordieux et fidèle ». Dans l’exercice de cette souveraine sacrificature, Il ne peut pas manquer. Dieu Lui-même l’a établi dans cet office et Il est « fidèle à celui qui l’a établi » (Hébr. 3:2). De même qu’Il a été ici-bas « le témoin fidèle » (Apoc. 1:5), Il est maintenant le souverain sacrificateur fidèle, fidèle à Dieu qui l’a établi, fidèle et miséricordieux envers nous. « Il peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux » (Hébr. 7:25). C’est pour cela qu’Il a dû être « rendu semblable à ses frères » et qu’Il a « souffert lui-même, étant tenté » ; Il est ainsi « à même de secourir ceux qui sont tentés » (Hébr. 2:17, 18). Quel repos pour nos cœurs de savoir qu’Il peut entrer en sympathie parfaite dans tout ce qui nous concerne et que pour nous « secourir », Il demeure « jusqu’à l’achèvement » un souverain sacrificateur « miséricordieux et fidèle » !

 

8.8      Hébreux 10:23

« Retenons la confession de notre espérance sans chanceler, car celui qui a promis est fidèle » (Hébr. 10:23).

Dans le verset précédent (v. 22), il s’agit de réaliser la communion avec Dieu dans le sanctuaire ; au verset 23, de maintenir une vraie séparation du monde au travers duquel nous cheminons. La « confession de notre espérance », c’est un témoignage public. Nous professons attendre Christ et c’est une conséquence de notre position : Christ est assis dans les lieux célestes, nous y sommes déjà par la foi, assis en Lui ; Il vient bientôt et va nous introduire effectivement dans la maison du Père, là où Il est allé nous préparer place. C’est l’espérance qu’il s’agit de retenir sans chanceler, car le cœur se décourage vite si l’attente se prolonge quelque peu…

Il ne suffit pas de connaître une vérité, même pas de la maintenir fermement : la chose importante c’est de la vivre, de vivre dans la puissance de cette vérité. Retenir la doctrine du retour du Seigneur et vivre comme si ce monde était notre patrie, le cœur rempli de ses préoccupations, de ses angoisses et de ses joies, c’est renier pratiquement notre espérance !

Nous sentons bien que c’est pourtant ce qui nous caractérise si fréquemment. Nous éprouvons notre extrême faiblesse pour « retenir la confession de notre espérance sans chanceler », mais quelle grâce ! « Celui qui a promis est fidèle ». Fidèle pour accomplir sa promesse, réalisation de notre espérance ; fidèle aussi pour nous soutenir jusque là, détachant nos cœurs des « choses qui se voient » et qui sont « pour un temps », les fixant sur « celles qui ne se voient pas » et qui sont « éternelles » (2 Cor. 4:17, 18). Que de moyens Il emploie pour cela ! Mais c’est toujours dans sa fidélité qu’Il le fait.

 

8.9      Hébreux 11:11

« Par la foi, Sara elle-même aussi reçut la force de fonder une postérité, et cela, étant hors d’âge, puisqu’elle estima fidèle celui qui avait promis » (Hébr. 11:11).

À vue humaine, Sara ne pouvait fonder une postérité, mais pour la foi il n’y a pas d’impossibilités. « Crois ! toutes choses sont possibles à celui qui croit » (Marc 9:23). Du moment que Dieu a promis, il est certain qu’Il accomplira ses promesses, car c’est un Dieu fidèle. Abraham, lui aussi, « ne forma point de doute sur la promesse de Dieu par incrédulité, mais il fut fortifié dans la foi, donnant gloire à Dieu, et étant pleinement persuadé que ce qu’il a promis, il est puissant aussi pour l’accomplir » (Rom. 4:20, 21). Sara « estima fidèle celui qui avait promis ». Quelle connaissance et quelle appréciation de Dieu ! C’est celle que donne la foi.

Nous avons dans la Parole de précieuses promesses. Que notre foi sache s’en emparer ! Puissions-nous ainsi en jouir pleinement, étant assurés que Dieu les accomplira toutes. Il est fidèle ! Qu’en vérité nous ayons assez de foi pour « l’estimer fidèle » !

 

8.10  1 Jean 1:9

« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9).

Que si nous avons péché, nous sachions en toute droiture le confesser devant Dieu ! Cette confession doit être non pas seulement une reconnaissance de la faute mais un jugement porté sur la cause qui l’a produite. Nous ne pourrons retrouver la communion avec Dieu qu’après la confession du péché, confession qui nous assure un pardon entier et sans réserves, car Dieu est fidèle envers nous et juste envers Christ dont le sacrifice expiatoire est le fondement sur lequel Dieu peut pardonner celui qui confesse son péché.

 

Dieu est fidèle ! Nous le savons, puissions-nous en être vraiment pénétrés et ne jamais douter de sa fidélité ! Puissions-nous aussi manifester nous-mêmes crainte et fidélité dans notre marche pratique, être ici-bas des hommes fidèles ! Que d’exemples nous avons à cet égard dans les Écritures : Moïse a été un homme fidèle, comme aussi Hanania et Daniel (Nomb. 12:7 ; Néhémie 7:2 ; Daniel 6:4). De Moïse, l’Éternel peut rendre ce témoignage : « … mon serviteur Moïse, qui est fidèle dans toute ma maison », tandis que Néhémie, chargeant du gouvernement de Jérusalem son frère Hanani et Hanania, chef du château fort, justifie ainsi le choix de ce dernier : « car c’était un homme fidèle, et il craignait Dieu, plus que beaucoup d’autres » ; quant à Daniel, il était impossible de trouver contre lui « aucun sujet d’accusation ni aucune faute, parce qu’il était fidèle ; et aucun manquement ni aucune faute ne se trouva en lui ». Dans le Nouveau Testament, nous avons Paul et Timothée (1 Tim. 1:12 ; 1 Cor. 4:17) : Paul rend grâces « au christ Jésus, notre Seigneur, qui m’a fortifié, de ce qu’il m’a estimé fidèle, m’ayant établi dans le service… » et il écrit aux Corinthiens : « C’est pourquoi je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé, et qui est fidèle dans le Seigneur… ». Nous avons aussi Tychique, « le bien-aimé frère et fidèle serviteur dans le Seigneur » ; Épaphras, dont Paul peut dire : « notre bien-aimé compagnon de service, qui est un fidèle serviteur du Christ pour vous » ; Onésime, « le fidèle et bien-aimé frère » ; Silvain, « qui est un frère fidèle » et celui dont le Seigneur ne dit pas autre chose à l’assemblée de Pergame que ceci : « Antipas… mon fidèle témoin, qui a été mis à mort parmi vous, là où Satan habite » (Éph. 6:21 ; Col. 1:7 et 4:9 ; 1 Pierre 5:12 ; Apoc. 2:13).

 

Au début d’une nouvelle étape du chemin, nous pouvons bien former le souhait que Dieu nous accorde la grâce de savoir mieux nous confier en Lui, de savoir « estimer fidèle Celui qui a promis ». Redisons-nous, au travers de toutes les circonstances que nous aurons à traverser, quelque difficiles et exerçantes qu’elles puissent être : « C’est un Dieu fidèle » que notre Dieu ! Formons également le souhait qu’il nous soit donné de manifester, dans toute notre marche, une réelle fidélité, afin que, lorsque nous aurons terminé notre pèlerinage, au jour où le Seigneur viendra « régler compte » avec ses serviteurs, Il puisse nous dire : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup : entre dans la joie de ton maître » (Matt. 25:19, 21, 23). Pensons à la joie qui sera la sienne — et à laquelle Il veut associer celui auquel il s’adresse — lorsqu’Il récompensera la fidélité de l’un de ses serviteurs ! N’aurions-nous pas le désir de Lui procurer une telle joie ?

 

 

9        J’envoie un ange devant toi. Exode 23:20

ME 1967 p.286

9.1      Le peuple d’Israël sous la grâce

« Au troisième mois après que les fils d’Israël furent sortis du pays d’Égypte, en ce même jour, ils vinrent au désert de Sinaï ». L’Éternel, par la bouche de Moïse son serviteur, leur rappela alors ce qu’Il avait fait pour eux : « Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle, et vous ai amenés à moi » (Ex. 19:1 à 4). Avec quelle reconnaissance le peuple pouvait évoquer la délivrance du pays d’Égypte après la nuit de la pâque, le chemin frayé pour lui au travers des eaux de la mer Rouge tandis qu’elles se refermèrent ensuite sur le Pharaon et son armée ! Quelle reconnaissance encore en pensant à ce moment où, de l’autre côté de la mer, « Moïse et les fils d’Israël chantèrent ce cantique à l’Éternel » (Ex. 15:1 à 19), en pensant aux eaux de Mara devenues douces, à Élim avec ses douze fontaines d’eau et ses soixante-dix palmiers, puis aux premières étapes du chemin durant lesquelles l’Éternel avait donné chaque jour — comme Il le fit jusqu’au bout de leur voyage — et la manne et l’eau du rocher ! En vérité, Dieu avait tout fait pour son peuple, depuis l’Égypte jusqu’au Sinaï. Israël n’avait eu qu’à se laisser « porter sur des ailes d’aigle ».

 

9.2      Le peuple se croit capable de plaire à Dieu. Le don de la loi

Ce peuple serait-il capable, de son côté, de faire quelque chose pour Dieu ? Pourrait-il « écouter attentivement sa voix » et « garder son alliance » ? Dieu le met à l’épreuve et lui fait des promesses, liées à son obéissance : « Vous m’appartiendrez en propre d’entre tous les peuples ; car toute la terre est à moi ; et vous me serez un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte » (Ex. 19:5, 6). Au lieu de s’abandonner à la puissante grâce de Dieu qui l’avait délivré et accompagné jusque-là, Israël pense être capable de faire tout ce que Dieu lui demande ! Moïse rapporte aux « anciens du peuple » les paroles que l’Éternel lui avait dites, c’est « tout le peuple ensemble » qui, sans aucune hésitation, répond : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons » (ib. 8). Dieu va donc lui donner la loi, l’ensemble des dispositions que le peuple s’est engagé à observer sans même les connaître dans leurs détails ! C’est la scène terrifiante du Sinaï — « Moïse, si terrible était ce qui paraissait, dit : Je suis épouvanté et tout tremblant » (Héb. 12:21) — telle qu’elle nous est retracée à la fin du chapitre 19 de l’Exode (v. 16 à 25) ; après quoi, les chapitres suivants (depuis le chapitre 20 jusqu’au verset 19 du chapitre 23) contiennent les diverses prescriptions de cette loi.

 

9.3      Miséricorde de Dieu qui envoie Son Ange devant le peuple

Dieu va-t-il laisser son peuple en présence de sa responsabilité, face à l’engagement inconsidéré qu’il a pris ? Il aime ce peuple, c’est son peuple ! Il a opéré sa délivrance, ce n’est pas pour l’abandonner ensuite, si même Il va l’amener à donner la preuve de son incapacité à obéir à la loi. De sorte que, après que la loi lui a été donnée, immédiatement après, l’Éternel lui déclare : « Voici, j’envoie un ange devant toi, pour te garder dans le chemin, et pour t’amener au lieu que j’ai préparé » (Ex. 23:20). Combien grande est la miséricorde de Dieu envers son peuple ! L’ange qu’Il envoie n’est-ce pas Christ Lui-même, puisqu’Il dit ensuite : « mon nom est en lui » (ib. 21) ? Et Il l’envoie pour qu’Israël soit, d’abord, « gardé dans le chemin » et ensuite, amené au lieu préparé pour lui !

 

9.4      Affranchissement

Nous pouvons faire une application de ces passages à ce qui nous concerne. Certes, nous ne sommes pas sous la loi comme Israël s’y était si imprudemment placé autrefois, mais nous avons la parole de Dieu entre les mains et elle contient tout un ensemble d’enseignements et de commandements auxquels nous sommes tenus d’obéir. Bien que nous soyons sous la grâce, nous n’en sommes pas moins responsables d’obéir, à moins de changer la grâce de Dieu en dissolution : « Que le péché donc ne règne point dans votre corps mortel pour que vous obéissiez aux convoitises de celui-ci ; et ne livrez pas vos membres au péché comme instruments d’iniquité, mais livrez-vous vous-mêmes à Dieu, comme d’entre les morts étant faits vivants — et vos membres à Dieu, comme instruments de justice. Car le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce » (Rom. 6:12 à 14). La loi défend le péché mais ne donne aucune force pour marcher fidèlement ; seule la grâce qui nous a sauvés nous donne la puissance de marcher en nouveauté de vie, car elle nous communique une nouvelle nature qui aime le bien, hait le mal et qui, sous l’action de l’Esprit de Dieu, « ne peut pas pécher » (cf. 1 Jean 3:9). Nous pouvons donc, le Saint Esprit développant en nous les activités de cette nouvelle nature, vivre une vie qui plaise à Dieu, et ainsi, « la juste exigence de la loi » peut être « accomplie en nous » (cf. Rom. 8:3, 4).

 

9.5      Besoin permanent de secours à cause de la faiblesse

Mais nous faisons l’expérience journalière de la faiblesse qui nous caractérise et qui nous conduit trop souvent à des manquements qui entravent l’action de l’Esprit en nous pour nous faire vivre la vie nouvelle. Combien nous avons besoin du secours du Seigneur et comme il nous est précieux de savoir qu’Il veut nous l’accorder ! « J’envoie un ange devant toi », se plaît à nous dire notre Dieu et Père. Le Seigneur nous précède ainsi dans le chemin. Il en connaît les difficultés, Il sait quelles embûches l’ennemi sème sous nos pas, quels pièges il nous tend. Quel encouragement pour avancer, alors que nous sommes parfois remplis de craintes ! Le Seigneur va devant nous pour nous « garder dans le chemin » et pour nous « amener au lieu qu’il a préparé ». Pour Israël, ce « lieu » c’était le pays de la promesse, la terre de Canaan ; pour nous, c’est le ciel, la maison du Père ! Notre confiance, c’est de savoir que le « lieu » est déjà préparé pour nous et ensuite, d’avoir la certitude que le Seigneur veut nous y conduire, nous gardant tout le long du chemin. Les promesses d’Exode 23:20, dans l’application que nous pouvons en faire à ce qui nous concerne, sont de nature à fortifier notre foi et à nous encourager dans le sentier que nous avons à parcourir.

 

9.6      Prendre garde à marcher d’une manière digne du Seigneur

Mais il y a aussi une parole pour la conscience : « Prends garde à toi à cause de sa présence » (ib. 21). Quelle responsabilité est la nôtre de marcher dans un chemin où le Seigneur veut être avec nous ! C’est « à cause de sa présence » que nous avons à « prendre garde ». Tout dans notre marche, dans notre vie, doit être à son honneur et à sa gloire ! Nous sommes responsables de « marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards » (cf. Col. 1:9 à 11). Un écart, un faux-pas, une conduite guidée par nos sentiments et nos pensées personnelles, à plus forte raison une désobéissance caractérisée, tout cela témoigne de l’oubli de cette exhortation : « Prends garde à toi à cause de sa présence ». Quand nous parlons de sa présence avec nous dans le chemin nous ne pensons généralement qu’à ce qui touche notre cœur, nous oublions ce qui est de nature à exercer notre conscience. Combien nous serions coupables de déshonorer par une conduite infidèle Celui qui veut marcher avec nous, nous précédant pour nous garder et nous conduire au but !

 

9.6.1       Écouter. Ne pas provoquer le Seigneur

Pour « marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards », il convient non seulement de « prendre garde » mais encore de retenir l’exhortation qui suit : « écoute sa voix » (Ex. 23:21). C’est ce qui caractérise les brebis : elles écoutent la voix du bon Berger et elles le suivent (cf. Jean 10: 27).

« Ne l’irrite pas », est-il dit à Israël, « car il ne pardonnera point votre transgression » (Ex. 23:21). Le peuple pouvait, par ses désobéissances, « irriter » (cf. Ps. 7:11) Celui qui allait devant lui pour le garder et le conduire vers la terre de Canaan ; nous pouvons aussi « provoquer le Seigneur à la jalousie » (1 Cor. 10:22) et avoir alors à connaître l’exercice de son juste gouvernement. Mais nous sommes assurés qu’Il est toujours prêt à pardonner quiconque confesse ses transgressions avec droiture de cœur (cf. 1 Jean 1:9).

 

9.6.2       Écouter et pratiquer

Des promesses étaient faites à Israël, elles sont également pour nous ; en jouira celui qui « écoute » et qui « fait » : « si tu écoutes attentivement sa voix, et si tu fais tout ce que je dirai… » (Ex. 23:22). Écouter ne suffit pas, il faut ensuite mettre en pratique ; mais, d’autre part, pour « faire » ce qui est selon la volonté de Dieu, il faut d’abord la connaître, « écouter attentivement sa voix ». « Remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle », nous pourrons « marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre, et croissant par la connaissance de Dieu » (Col. 1:9, 10). Soyons des auditeurs qui n’oublient pas, afin de devenir des « faiseurs d’œuvre », chacun de nous sera alors « bienheureux dans son faire » (cf. Jacques 1:25).

 

9.6.3       Dieu combat pour nous

La première des promesses faites à Israël est celle-ci : « je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ». Dieu prend sa cause en mains et brisera la puissance de ses ennemis afin qu’il puisse jouir du pays de la promesse (Ex. 23:22). De même, Il combat pour nous et, en attendant le moment où Il brisera Satan sous nos pieds (cf. Rom. 16:20), nous avons déjà tout son secours dans la lutte qui est la nôtre « contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » (Éph. 6:12). Nos cœurs, détachés des « idoles », doivent être tournés vers le Seigneur seul ; c’est ainsi que nous pourrons jouir de notre part céleste, Le servant fidèlement et goûtant la bénédiction qui est dispensée à celui qui marche dans un sentier d’obéissance (cf. Ex. 23:24 à 27).

 

9.6.4       Délivrance peu à peu

Enfin, pour chasser « le Hévien, le Cananéen et le Héthien », Dieu promettait d’envoyer « des frelons ». Les ennemis ne devaient pas être chassés « en une année » mais « peu à peu » et cela pour le bien du peuple : « de peur que le pays ne devienne un désert et que les bêtes des champs ne se multiplient contre toi » (ib. 28 à 30). Quelle illustration des voies de Dieu à notre égard ! Nous désirerions souvent qu’Il brise d’un coup toute la puissance de ce qui s’oppose à nous, et c’est pour notre plus grand bien qu’en tant de circonstances Il ne le fait pas. Il ne le fait généralement que « peu à peu » et dans l’exercice par lequel Il nous fait ainsi passer, il y a du fruit pour nos âmes, un véritable accroissement spirituel et, en définitive, une réelle jouissance de notre part dans les lieux célestes : « je les chasserai peu à peu devant toi, jusqu’à ce que tu croisses en nombre, et que tu hérites le pays » (ib. 30).

 

9.7      Conclusion

Quel enseignement et quel encouragement pour nous dans ce que Dieu déclare à son peuple au moment où il vient de se placer sous une loi qu’il est incapable d’accomplir ! Bien que nous ayons à notre disposition toutes les ressources nécessaires pour marcher dans l’obéissance à la Parole, nous sommes souvent, en raison de notre faiblesse et de nos manquements, dans l’incapacité d’y conformer nos voies. Heureux sommes-nous d’avoir, pour notre exhortation et pour notre encouragement, un message pour le cœur, une flèche pour la conscience et toutes les promesses de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ qui veut nous précéder et nous secourir tout le long du chemin, jusqu’au moment où Il nous amènera au lieu qu’Il a préparé pour nous !

 

 

 

10   Rejetant sur Lui tout votre souci... (1 Pierre 5:7). L’exemple d’Actes 12

ME 1971 p.253

10.1  Actes 12. Persécutions

Tandis que l’œuvre du Seigneur s’étendait au-delà des limites de la Judée et qu’une assemblée avait été formée à Antioche (Actes 11:19 à 30), l’ennemi poursuivait ses efforts à Jérusalem où il avait déjà suscité « une grande persécution contre l’assemblée ». Cette persécution avait d’ailleurs été à l’origine de la dispersion des croyants (ib. 8:1, 4), ainsi amenés à annoncer la parole dans les contrées énumérées au verset 19 du chapitre 11 et notamment à Antioche. Il est bien vrai que « le méchant fait une œuvre trompeuse » (Prov. 11:18). Mais ce n’est plus alors, comme au début, une persécution générale dirigée contre tous les chrétiens faisant partie de l’assemblée ; le roi Hérode choisissait ses victimes et visait en particulier les apôtres, précédemment épargnés (ib. 8:1 ; 12:1 à 3) . Ce roi, Hérode Agrippa I, était le petit-fils du roi du même nom appelé Hérode le Grand, qui fit mettre à mort « tous les enfants qui étaient dans Bethléhem et dans tout son territoire, depuis l’âge de deux ans et au-dessous », peu après la naissance de Jésus (Matt. 2:16). Il régnait sur toute la Palestine ; c’était un roi démagogue qui persécutait les chrétiens pour se rendre populaire auprès des Juifs. Il avait « mis les mains sur quelques-uns de ceux de l’assemblée pour les maltraiter » et avait fait « mourir par l’épée Jacques, le frère de Jean » (Actes 12:1, 2). Il s’agissait là du fils de Zébédée.

Les hommes ne font pas autre chose que ce que Dieu permet et, quoi que ce soit qu’ils fassent, les desseins de Dieu s’accompliront toujours.

 

10.1.1    Jacques n’a pas été délivré

Nous pourrions nous demander pourquoi Jacques a été mis à mort par Hérode alors que, comme nous allons le voir, Pierre a été délivré. L’infinie puissance de Dieu aurait fort bien pu arracher Jacques à l’étreinte d’Hérode, comme elle l’a fait pour Pierre ; mais tandis que le service de Pierre n’était pas encore achevé, celui de Jacques était terminé — nous pouvons le penser — et il lui a été donné d’être « fidèle jusqu’à la mort ». Au jour de Christ, il recevra « la couronne de vie » (cf. Apoc. 2:10).

 

10.1.2    Motivations d’Hérode

Hérode « voyant que cela était agréable aux Juifs » — peu lui importait la mort de quelques chrétiens si elle pouvait servir sa popularité — « continua, en faisant prendre aussi Pierre » (Actes 12:3). C’était là, si l’on nous permet cette expression, une bonne « prise » : rien, en effet, ne pouvait être aussi agréable aux Juifs que la disparition de celui qui, en tant d’occasions, avait attiré leur attention, et celle des chefs du peuple en particulier, sur la culpabilité qui était la leur d’avoir rejeté et crucifié Christ, leur Messie (Actes 2:22 à 36 ; 3:12 à 26 ; 4:8 à 12 ; 5:27 à 32). Un autre Hérode, Hérode Antipas fils d’Hérode le Grand, était devenu l’ami de Pilate (Luc 23:12) en rejetant Jésus ; celui des Actes voulait devenir l’ami des Juifs en persécutant les chrétiens et en les faisant mettre à mort, lorsqu’il le pouvait.

Lorsque Pierre fut arrêté par les soldats d’Hérode, « c’étaient les jours des pains sans levain » ; le roi, toujours désireux de plaire aux Juifs, ne veut pas troubler le déroulement de la fête ; aussi fait-il mettre Pierre en prison, « voulant, après la Pâque, le produire devant le peuple » (Actes 12:3, 4). Il désirait faire du supplice de Pierre un spectacle pour le peuple et, par ailleurs, voulait être considéré comme un observateur de la loi — bien qu’elle ne contienne aucune disposition formelle à cet égard, les Juifs zélés refusaient cependant de voir les fêtes solennelles profanées par un jugement ou une exécution. De même, les chefs des Juifs ne voulaient pas faire mourir Jésus « pendant la fête, afin qu’il n’y ait pas de tumulte parmi le peuple » (Matt. 26:5) ; mais Dieu accomplit ses desseins : Jésus devait mourir pendant la fête et Pierre être délivré.

Si Hérode attend que la fête de la Pâque ait eu lieu, il prend cependant les plus grandes précautions pour que son prisonnier ne risque pas de lui échapper : non seulement il le fait mettre dans la prison, dont les portes étaient sans aucun doute solides et solidement verrouillées, mais encore il le fait garder par « quatre bandes de quatre soldats chacune », deux soldats étant placés de chaque côté de Pierre à l’intérieur de la prison. À vue humaine, il n’y avait pour Pierre aucun espoir d’échapper à la main d’Hérode, d’autant plus qu’il était aussi « lié de deux chaînes », très probablement aux deux soldats qui étaient à ses côtés (Actes 12:4, 6).

 

10.1.3    L’excellente puissance de Dieu

Mais plus les hommes prennent de précautions, plus éclatant est le déploiement de la puissance divine. Après que Jésus fut placé dans le tombeau, les Juifs « rendirent le sépulcre sûr, scellant la pierre, et y mettant la garde » ; cela ne pouvait que rendre plus évidente la victoire de Christ, sa sortie triomphante du tombeau (Matt. 27:66 ; 28:2 à 10). De même encore, lorsque les apôtres furent jetés en prison, un ange du Seigneur leur en ouvrit les portes, de telle sorte que les huissiers envoyés par le sanhédrin ne purent que déclarer : « Nous avons trouvé la prison fermée avec toute sûreté, et les gardes se tenant aux portes » ; toutes les précautions prises étaient visiblement intactes et pourtant, ajoutent les huissiers : « ayant ouvert, nous n’avons trouvé personne dedans » (Actes 5:17 à 25). Ici encore, toutes les dispositions prises par Hérode ne feront que mettre en lumière l’excellente grandeur de la puissance de Dieu. Comme l’avait dit de Dieu le roi Darius, après avoir vu Daniel préservé de la fureur des lions : « Il sauve et il délivre » (Dan. 6:27). Que peut l’homme en présence de Dieu ? Comme il est faible et petit malgré tous les moyens qu’il emploie et dont il se glorifie !

Hérode avait ses soldats qui veillaient dans la prison et à ses portes, Dieu avait les siens qui veillaient et combattaient par la prière : « l’assemblée faisait d’instantes prières à Dieu pour lui » (Actes 12:5). Et les soldats du Christ, avec cette arme, furent plus forts que ceux d’Hérode avec les leurs ! Il semble parfois que les hommes nous tiennent solidement entre leurs mains, mais en fait nous sommes toujours entre les mains de Dieu. Dieu avait permis ce temps d’attente, entre autres choses, pour produire cet exercice au sein de l’assemblée. Sans doute, il peut agir sans que nous ayons prié, notamment dans des circonstances où nous n’avons pas conscience du danger — en Actes 5:17 à 25, par exemple, il n’est fait mention ni des prières des apôtres, ni de celles de l’assemblée ; il est probable qu’il y en a eu, mais ne serait-ce pas à dessein que l’Esprit de Dieu ne les mentionne pas ? — ne désire-t-il pas cependant nous voir prendre la place que l’assemblée avait prise dans cette circonstance ? Une assemblée locale peut traverser de graves difficultés, une famille, un frère, une sœur peuvent connaître une grande épreuve, combien il est à désirer alors qu’un exercice collectif conduise l’assemblée à faire « d’instantes prières à Dieu ». Plus le danger est grand, plus l’épreuve est douloureuse, plus la situation apparaît sans issue, plus les prières seront « instantes ». Cette instance dans la prière nous fait souvent défaut sans doute parce que nous ne sommes pas toujours suffisamment exercés au sujet des demandes que nous présentons.

 

10.1.4    Pierre repose en paix

Le jour est maintenant venu où Pierre va être « produit devant le peuple ». Pendant la nuit qui précède, que fait-il dans sa prison, alors que, sachant qu’il va être mis à mort, il n’a aucun moyen de s’échapper, si même il en avait eu l’intention ? Entre deux soldats, lié de deux chaînes, Pierre dort. D’un sommeil léger, agité ? Non, il dort d’un sommeil paisible et profond : lorsque « une lumière resplendit dans la prison » — et quelle lumière ! il faut que l’ange du Seigneur qui y est entré frappe son côté pour l’éveiller. Il dormait comme le Seigneur dormait dans la nacelle, au milieu de l’orage, alors que les disciples pensaient qu’ils allaient périr (Marc 4:38). Certainement, il avait le souvenir d’une autre prison dont les portes lui avaient été ouvertes (cf. Actes 5:17 à 25) et nous pouvons penser que cela fortifiait sa foi. — Posons-nous la question : notre foi est-elle fortifiée par le souvenir de tant de délivrances dont nous avons été les objets ? Ou bien, ces délivrances sont-elles oubliées ? — Mais aussi, comme il y exhortera ensuite ceux auxquels il adressera sa première épître — et nous avec eux — Pierre avait, sans aucun doute, rejeté sur le Seigneur tout son souci et il allait faire l’heureuse expérience que le Seigneur avait soin de lui ! Et, en attendant la délivrance, il faisait aussi l’expérience que le Seigneur « donne le sommeil à son bien-aimé » (1 Pierre 5:7 ; Ps. 127:2).

Nous aurions compris que Pierre eût de grands soucis en pensant au lendemain mais, ayant tout remis entre les mains du Seigneur, il n’en avait effectivement plus aucun. Quel exemple à imiter ! Nous parlons souvent de nos soucis parce que nous les gardons pour nous ; si nous imitions l’exemple de Pierre, si nous suivions l’exhortation qu’il nous adresse, nous n’en parlerions sans doute pas. Pierre dormait paisiblement, tandis qu’il nous en faut parfois bien peu pour que notre sommeil soit troublé et agité, ou même pour que le sommeil nous fuie. Combien notre foi est faible ! Nous oublions que « toutes choses sont possibles à celui qui croit » et que « les choses qui sont impossibles aux hommes, sont possibles à Dieu » (Marc 9:23 ; Luc 18:27).

 

10.1.5    Délivrance tranquille

« Et voici, un ange du Seigneur survint » (Actes 12:7). Si Hérode avait ses soldats, Dieu — comme nous l’avons vu — a aussi les siens qui combattaient par la prière, et il a également ses anges, « qui exécutent sa parole », « esprits administrateurs, envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut » (Ps. 103:20 ; Héb. 1:14). Pour un ange, « esprit », être spirituel, aucun obstacle matériel n’existe : la porte de fer n’a pas besoin de s’ouvrir, tandis qu’il faudra qu’elle s’ouvre pour laisser passer Pierre. L’apparition de l’ange, le resplendissement de la lumière ne réveillent pas l’apôtre et sont inaperçus des soldats qui, d’ailleurs, demeurent tout à fait étrangers à la scène qui va suivre : ils n’ont rien vu et rien entendu tandis que l’ange opère pour faire sortir Pierre. C’est sans doute par la puissance angélique que « les chaînes tombèrent de ses mains », alors qu’il est invité par l’ange à faire les cinq choses qu’il pouvait faire lui-même : se lever, se ceindre, chausser ses sandales, jeter son vêtement sur lui et le suivre (Actes 12:7, 8). Ces préparatifs ne sont pas ceux d’un prisonnier qui cherche à fuir ; il n’y a aucune précipitation, pas plus qu’il n’y en avait eu quand le Seigneur est sorti du tombeau (cf. Jean 20:5 à 7).

Les soldats d’Hérode ne s’aperçoivent de rien : Pierre, suivant l’ange du Seigneur, passe devant la première et la seconde garde, puis la porte de fer qui conduit à la ville s’ouvrit à eux d’elle-même (Actes 12:9, 10). Maintenant l’ange se retire, son service étant terminé. Remarquons que, tout au long de cette scène, il n’a pas fait de longs discours : il a prononcé simplement les quelques mots indispensables à l’accomplissement de sa mission et, sa mission remplie, il est parti. C’est un bel exemple d’un service rempli fidèlement pour le Seigneur.

 

10.1.6    Les prières de l’assemblée

Hérode voulait « produire » Pierre devant le peuple, c’est Dieu qui va le « produire » — mais d’une toute autre manière — devant les saints réunis. Comme il l’avait fait dans une autre circonstance (cf. Actes 4:23), Pierre va tout naturellement là où il sait qu’il trouvera des disciples de Christ : il se dirige vers la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc, maison sans doute fort connue et où devaient habituellement se rassembler des croyants. Dans cette maison, « plusieurs étaient assemblés et priaient » (Actes 12:12). Avaient-ils demandé la mise en liberté de Pierre, ou l’avaient-ils seulement recommandé au Seigneur pour qu’il soutienne sa foi dans la terrible épreuve qu’il traversait ? Cette question a été souvent posée ; la Parole n’y répond pas, mais elle nous dit que lorsque la servante nommée Rhode vint leur annoncer que « Pierre se tenait devant le vestibule », ils lui répondirent : « Tu es folle » (ib. 13, 14). Ceux qui priaient ne pouvaient croire que Dieu avait ou bien répondu à leurs prières, ou bien dépassé leurs demandes. Ne leur ressemblons-nous pas bien souvent ? Chez la servante, ce n’est pas la chair qui réagit : elle n’est ni blessée, ni irritée par la réponse qui lui a été faite, elle maintient simplement mais avec force le témoignage qu’elle avait rendu ; « elle affirmait qu’il en était ainsi ». Dans cette maison, la servante n’avait sans doute que la place d’une servante, la dernière, mais aux yeux de Dieu elle était à la première. Elle faisait partie — ne pouvons-nous le penser ? — de ceux dont parle l’apôtre Jacques, qui sont « pauvres quant au monde, riches en foi » (Jacques 2:5), bien que peut-être elle n’ait cru qu’après avoir vu. En tout cas, Dieu a voulu que son nom soit conservé dans l’Écriture inspirée.

 

10.1.7    Les soldats suppliciés

Les soldats d’Hérode avaient rempli leur mission sans que rien pût leur être reproché, et pourtant la prison était vide. Nous pouvons imaginer leur étonnement lorsqu’ils le constatèrent, mais le prisonnier dont ils avaient la garde était entre les mains du Seigneur — n’était-ce pas un « prisonnier du christ Jésus », tout comme l’apôtre Paul (cf. Éph. 3:1) ? — et non dans les leurs ou dans celles d’Hérode. Ils payèrent de leur vie la délivrance de Pierre (Actes 12:18, 19) ; mais nous aimons penser que, dans sa prison, l’apôtre avait eu l’occasion de leur présenter l’évangile et nous voulons espérer qu’ils l’avaient reçu. Les soldats dont il est question en Matthieu 28:11 à 15 furent non seulement épargnés mais encore reçurent « une bonne somme d’argent » parce que les principaux sacrificateurs et les anciens avaient intérêt à les voir porter un faux témoignage au sujet de la résurrection du Seigneur. Tant il est vrai que pour accomplir le propos de leur cœur, les hommes ne se préoccupent ni de la justice ni de la vérité mais, avant tout, de leurs intérêts.

 

10.1.8    La fin d’Hérode

Hérode descend ensuite à Césarée. « Or il était très irrité contre les Tyriens et les Sidoniens » (Actes 12:19, 20). Des intérêts commerciaux étaient probablement à l’origine de cette irritation ; un accord étant intervenu, Hérode « revêtu d’une robe royale et assis sur une estrade » eut ainsi l’occasion de prononcer une harangue. « Et le peuple s’écriait : Voix d’un dieu et non pas d’un homme ! ». Hérode, acceptant avec complaisance l’hommage qui lui était rendu comme s’il était Dieu, est alors frappé par un ange du Seigneur et « étant rongé par les vers, il expira » (ib. 21 à 23). Quelle terrible fin ! — Un ange est venu délivrer Pierre, un ange vient maintenant frapper Hérode ; telles sont deux activités exercées par eux : employés en faveur des croyants, ils exécutent aussi les jugements de Dieu.

L’intention d’Hérode était de faire mourir Pierre, mais les desseins de Dieu étaient bien différents et ce sont ses desseins qui s’accomplissent et s’accompliront toujours : Pierre, délivré, peut poursuivre son service (ib. 17), tandis qu’Hérode est frappé.

 

10.2  Figure du Résidu futur

Nous avons dans ce chapitre un tableau figuré de la persécution qu’aura à souffrir le résidu pieux (représenté par « quelques-uns de ceux de l’assemblée » et, plus particulièrement, Jacques et Pierre) de la part de l’Antichrist (typifié par Hérode). L’exaltation d’Hérode est une image de celle de l’Antichrist (cf. Dan. 11:36 à 39 ; Apoc. 13:11 à 18). Au sein du résidu pieux, il en est qui souffriront la mort du martyre (comme ce fut le cas de Jacques), tandis que d’autres (comme Pierre) seront délivrés pour connaître les bénédictions millénaires. Enfin, de la même manière que le jugement a été exécuté sur Hérode, acceptant d’être loué comme Dieu, il s’abattra sur l’Antichrist qui s’assiéra dans le temple et se fera adorer comme Dieu (cf. 2 Thess. 2:4, 8 ; Apoc. 19:20 et 20:10).

 

10.3  Rejetant sur lui tout votre souci

L’instruction et les encouragements contenus dans ce chapitre 12 du livre des Actes ne sont pas pour nous choses nouvelles. Mais, les ayant si souvent considérés, avons-nous été des « faiseurs d’œuvres » ou des « auditeurs oublieux » ? — Puissions-nous dans les difficultés que nous sommes amenés à rencontrer, dans les exercices que nous avons à traverser, manifester plus de foi, plus de confiance en Dieu et réaliser, dans une mesure au moins, ce que Pierre a si remarquablement réalisé dans cette circonstance. Nous comprenons avec quelle autorité morale il peut nous adresser cette exhortation : « Rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous » (1 Pierre 5:7).

 

 

11               Les soins du Seigneur envers Paul après ses adieux aux anciens d’Éphèse

ME 1977 p.147

11.1                   Le tournant de Actes 20 dans le livre des Actes

« Cette grâce a été donnée » à l’apôtre Paul « d’annoncer parmi les nations les richesses insondables du Christ, et de mettre en lumière devant tous quelle est l’administration du mystère caché dès les siècles en Dieu qui a créé toutes choses » (Éph. 3:8, 9). Il a donc été appelé à travailler pour le Maître qui l’envoyait, exposant les vérités de l’Assemblée, œuvrant pour la formation d’assemblées locales, les enseignant, les exhortant, les encourageant. Telle fut la première partie de son service ; nous en avons le récit dans les chapitres 13 à 20 du livre des Actes. — Un profond changement se produisit alors. Il y avait sans nul doute chez Paul un attachement de cœur à la nation à laquelle il appartenait, c’est pourquoi il désirait ardemment se rendre à Jérusalem, pour faire, dit-il, « des aumônes à ma nation et des offrandes » (Actes 20:22 à 24 ; 24:17) et il persiste dans cette voie malgré les conseils et les avertissements qui lui sont donnés (ib. 20:23 ; 21:10 à 14). C’était là un service de diacre plutôt qu’une œuvre apostolique, mais le Seigneur savait quels étaient les mobiles qui faisaient agir son serviteur et, dans ce chemin, il prend soin de lui d’une manière tout à fait remarquable.

 

11.2                   Soins du Seigneur dans le voyage de Paul jusqu’à Rome

Pour l’encourager, il prépare sa rencontre avec Philippe l’évangéliste et son séjour chez lui à Césarée, c’est ensuite l’accueil que Paul trouve à son arrivée à Jérusalem où il est reçu « avec joie » par les frères (ib. 17). Le Seigneur dirige les circonstances pour le délivrer de la main des Juifs qui « cherchaient à le tuer » (ib. 31, 32) ; plus tard, il permet et facilite l’intervention de son neveu et l’envoi de Paul à Césarée (ib. 23:12 à 35), où ordre est donné au centurion qu’il ait « quelque liberté, et qu’on n’empêche aucun des siens de le servir » (ib. 24:23). Lorsque les principaux sacrificateurs et les principaux d’entre les Juifs demandent au gouverneur Festus de le faire venir de Césarée à Jérusalem, « dressant des embûches pour le tuer en chemin », le Seigneur amène le gouverneur à s’y opposer (ib. 25:1 à 5). De quels soins Paul est ensuite entouré pendant le voyage qu’il effectue sur le navire, après qu’en ayant appelé à César il est conduit à Rome ! (ib. 12 ; 27:3, 21 à 25, 42 à 44 ; 28:2 à 10). Et que dire de l’accueil des frères de Rome, venus à sa rencontre « jusqu’au Forum d’Appius et aux Trois-Tavernes » ? « Paul, les voyant, rendit grâces à Dieu et prit courage » (ib. 15). — Tout au long, Dieu a veillé sur son serviteur, le tenant à l’abri des dangers auxquels il était exposé, l’entourant de soins fidèles, le soutenant et l’encourageant !

 

11.3                   Soins du Seigneur envers Paul à Rome

Paul arrive à Rome. Il va y demeurer prisonnier environ deux ans, après avoir subi une captivité d’égale durée à Césarée (ib. 24:27), mais Dieu permet qu’à Rome il puisse disposer d’un « logement qu’il avait loué pour lui », dans lequel « il recevait tous ceux qui venaient vers lui, prêchant le royaume de Dieu et enseignant les choses qui regardent le seigneur Jésus Christ, avec toute hardiesse, sans empêchement » (ib. 28:30, 31). Prisonnier à Rome, n’ayant plus à remplir le service qui avait été le sien au début, son activité n’avait pas pris fin pour autant : c’était un service de caractère différent, mais c’était pour le Seigneur que Paul travaillait encore et son œuvre durant sa captivité à Rome n’a pas été sans fruits, nous allons le voir.

 

11.4                   Fruits du travail de Paul dans son entourage

Les soldats chargés de le garder ont certainement entendu de sa bouche la bonne nouvelle du salut ; l’évangile a eu accès jusque dans la maison de l’empereur romain, le verset 22 du chapitre 4 de l’épître aux Philippiens permet de le penser : « Tous les saints vous saluent, et principalement ceux qui sont de la maison de César ». De sorte que l’apôtre peut écrire — toujours dans l’épître aux Philippiens, épître dans laquelle nous avons bien des indications concernant sa première captivité à Rome : « Or, frères, je veux que vous sachiez que les circonstances par lesquelles je passe sont plutôt arrivées pour l’avancement de l’évangile ; en sorte que mes liens sont devenus manifestes comme étant en Christ, dans tout le prétoire » (1:12, 13). Onésime est un des fruits du service accompli par Paul prisonnier (Philémon 10:11). — Par ailleurs, Dieu avait permis que se trouvent auprès de lui quelques-uns de ses compagnons d’œuvre, notamment Luc, Timothée, Épaphras, Aristarque, Marc ; leur présence à ses côtés constituait pour lui un précieux encouragement.

 

11.5                   Activité de Paul envers les assemblées et par les épîtres

Son activité s’exerçait également à l’égard des assemblées établies par son moyen et au sein desquelles il avait servi. C’est durant cette captivité qu’il a écrit les épîtres aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, à Philémon, peut-être aussi l’épître aux Hébreux. — Disons, par parenthèse, que cette dernière épître, qui ne comporte pas le nom de l’instrument dont Dieu a voulu se servir pour nous la donner, pourrait avoir été écrite par Paul. Tout d’abord, nous lisons au verset 3 du chapitre 2 « un si grand salut, qui, ayant commencé par être annoncé par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu » ; de cela nous pouvons déduire que l’auteur inspiré de l’épître n’est pas l’un des douze apôtres (aucun d’eux n’aurait pu dire « nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu », car ils l’avaient entendu eux-mêmes de la bouche du Seigneur) mais pourrait bien être l’apôtre Paul qui a eu des contacts avec les douze, avec Pierre Jacques et Jean notamment (Gal. 1:18, 19 ; 2:9), et a eu ainsi confirmation de ce « grand salut » par « ceux qui l’avaient entendu » du Seigneur lui-même. Remarquons ensuite que l’on trouve à plusieurs reprises les mêmes images, parfois les mêmes expressions que celles que Paul emploie dans les épîtres dont nous savons, sans doute aucun, qu’elles sont de lui ; par exemple, Jésus « médiateur » (Gal. 3:19. 20 ; 1 Tim. 2:5 et Héb. 8:6 ; 9, 15 ; 12, 24), l’image de l’épée pour désigner la Parole (Éph. 6:17 et Héb. 4: 12), et surtout, l’expression « Dieu de paix (Héb. 13:20) que l’on trouve dans les écrits de Paul et qui même, sauf erreur, ne serait que là (Rom. 15:33 ; 16:20 ; 1 Cor. 14:33 ; 2 Cor. 13:11 ; Phil. 4:9 ; 1 Thess. 5:23 ; 2 Thess. 3:16). Par ailleurs si, comme certains commentateurs le pensent, cette épître a été écrite par Paul durant sa première captivité à Rome, il n’y a rien de surprenant à ce qu’il transmette les salutations des saints d’Italie (Héb. 13:24 — comp. Phil. 4:22). — Mais nous exprimons seulement une pensée à ce sujet et nous nous garderions d’y insister, ne perdant pas de vue que Dieu n’a pas jugé bon de nous donner le nom de l’auteur inspiré de cette épître.

 

11.6                   Soins des Philippiens envers Paul

Si Paul n’accomplissait plus le service qui avait été le sien auparavant, son activité n’était donc pas arrêtée pour autant. Son procès, qui allait avoir lieu, aurait pour résultat sa libération, il en avait la certitude : « Je sais que je demeurerai et que je resterai avec vous tous pour l’avancement et la joie de votre foi, afin qu’en moi vous ayez plus abondamment sujet de vous glorifier dans le christ Jésus, par mon retour au milieu de vous » (Phil. 1:25, 26). Paul avait aussi une autre certitude : « Car je sais que ceci me tournera à salut par vos supplications et par les secours de l’Esprit de Jésus Christ, selon ma vive attente et mon espérance que je ne serai confus en rien... » (Phil. 19, 20). Ainsi donc il savait que les Philippiens priaient et suppliaient le Seigneur pour lui, il savait que cela lui « tournerait à salut » ; il jouissait de leur affection et de leur sympathie, manifestées dans l’intercession. Mais, après qu’il a reçu le don qu’ils lui ont envoyé par Épaphrodite, heureux d’avoir un témoignage de leur communion dans son service, il leur écrit — en parlant d’Épaphrodite : « Pour l’œuvre, il a été proche de la mort, ayant exposé sa vie, afin de compléter ce qui manquait à votre service envers moi » (Phil. 2:30) et, plus loin : « Or, je me suis grandement réjoui dans le Seigneur de ce que maintenant enfin vous avez fait revivre votre pensée pour moi, quoique vous y ayez bien aussi pensé, mais l’occasion vous manquait... » (Phil. 4:10). Il ne leur adresse aucun reproche, il est même disposé à leur trouver une excuse : vous y avez certainement pensé, « mais l’occasion vous manquait » ; et il ajoute encore ceci : alors qu’il exerçait son ministère apostolique, « au commencement de l’évangile », quand il quittait la Macédoine, « aucune assemblée », dit-il, « ne me communiqua rien » — pensons à un tel serviteur ne recevant d’aucune assemblée aucun témoignage de communion, aucun encouragement... — pourtant, il y a eu une heureuse exception, précisément l’assemblée de Dieu à Philippes. À deux reprises différentes, alors qu’il était à Thessalonique, les Philippiens lui avaient fait parvenir un don. Combien l’apôtre l’avait apprécié et quel souvenir il en gardait ! Non pas qu’il eût jamais « recherché un don », peut-il dire, car il n’y avait chez lui aucun motif intéressé, ce qu’il recherchait c’était « du fruit qui abonde » pour ceux qui étaient responsables de penser au serviteur (Phil. 4:15 à 17).

Peut-être les croyants de Philippes avaient-ils estimé (Phil. 4:10) que Paul était dans une condition telle qu’il était pourvu à ses besoins matériels et ils n’allaient pas plus loin ; ils n’avaient sans doute pas compris quels sont les véritables caractères du don — ce qu’il est pour le serviteur et, avant tout, ce qu’il est pour Dieu — c’est pourquoi l’apôtre va les leur indiquer. En premier lieu, c’est « un parfum de bonne odeur », une « bonne odeur » pour Dieu et pour celui qui le reçoit de Dieu, par le moyen d’une assemblée de Dieu ; ensuite, c’est « un sacrifice acceptable », que l’apôtre a donc toute liberté d’accepter — redisons-le, il ne « recherche pas un don », mais il apprécie à sa valeur ce qui est un témoignage de l’affection fraternelle des Philippiens, un témoignage de communion dans le service du Seigneur, encouragement précieux pour lui et d’autant plus goûté par lui que les circonstances qu’il traverse sont difficiles et exerçantes ; enfin, c’est un sacrifice « agréable à Dieu » et c’est peut-être là le caractère le plus élevé du don (Phil. 4:18).

 

11.7                   Encouragements provenant directement du Seigneur

De quels soins — par divers moyens et avec le concours de différents instruments — Dieu a entouré son serviteur, tout au long de la période qui a précédé sa première captivité à Rome (Actes 21 à 28) et durant cette captivité ! Parmi tant de soins, Paul a apprécié à sa valeur ce que l’assemblée de Philippes a fait pour lui : ses « supplications » et, par ailleurs, ce qui lui a été apporté par Épaphrodite de leur part, qui « complétait ce qui manquait » à leur service envers lui, ce dont il s’était « grandement réjoui dans le Seigneur ». Mais sans aucun doute l’encouragement qui avait eu le plus de prix pour son cœur, c’est celui qu’il avait reçu du Seigneur lui-même après sa comparution devant le sanhédrin et le « grand tumulte » qui avait suivi, au cours duquel le chiliarque craignit « que Paul ne fût mis en pièces » par les Juifs : « Et la nuit suivante, le Seigneur se tint près de lui et dit : Aie bon courage ; car comme tu as rendu témoignage des choses qui me regardent, à Jérusalem, ainsi il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome » (Actes 23:1 à 11). À un serviteur dont il sait qu’il en a particulièrement besoin, le Seigneur se plaît à dire lui-même : « Aie bon courage ». Quel réconfort pour Paul d’entendre de sa bouche une telle parole !

 

11.8                   Encouragements pour d’autres

Nous comprenons que, l’ayant expérimenté lui-même, l’apôtre écrive aux croyants de Philippes : « Mais mon Dieu suppléera à tous vos besoins selon ses richesses en gloire par le christ Jésus. Or à notre Dieu et Père soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen » (Phil. 4:19, 20).