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Encouragements et Exhortations — Série 2
Paul Fuzier
Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest
Table des matières abrégée :
1 Le disciple que Jésus aimait
2 Un avant-goût du ciel : Une part avec Christ. Jouir de l’amour du Père et du Fils
3 Rom. 8: Activité des trois personnes de la trinité en faveur des croyants
5 Une part pour nous dans l’amour du Père pour le Fils
7 « Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage... » (Jean 16:33)
8 Soins de Dieu dans l’épreuve. 2 Rois 6:1-7 + Exode 15:22-25
9 Il est le Dieu des délivrances — Histoire d’Ézéchias
10 Découragement quand on perd Dieu de vue
11 La venue du Seigneur et ses effets sur le croyant
12 Rendus parfaits, capables, agréables
13 « Le méchant fait une œuvre trompeuse ». Proverbes 11:18
15 Conditions pour la bénédiction d’en haut. La rechercher
16 Jusqu’au jour de Christ (Dieu achèvera Son œuvre)
Table des matières détaillée :
1 Le disciple que Jésus aimait
2 Un avant-goût du ciel : Une part avec Christ. Jouir de l’amour du Père et du Fils
2.1 Structure de l’évangile de Jean
2.2 Jouir de l’amour du Père et du Fils, et marcher dans la lumière
2.3 Que se passera-t-il au ciel ? Être avec le Seigneur
2.4 Jean 14 et 17 : Une part avec Lui plus tard
2.5 Jean 13:8 et 17:24 : Une part avec Lui maintenant
2.6 Lavage des pieds pour pouvoir avec une part avec Lui
2.7 Marcher avec Dieu jusqu’à ce que nous soyons pour toujours avec le Seigneur
3 Rom. 8: Activité des trois personnes de la trinité en faveur des croyants
4.1 Jean 12:20-24. Le grain de blé qui tombe en terre et meurt
4.2 Hébreux 2:9. La gloire de Fils de l’homme
4.3 Jean 20:18, 20. Contemplation collective
4.4 Luc 2:17. Adorateurs et témoins
4.5 1 Jean 3:2 ; Apoc. 22:4. Le voir bientôt en pleine conformité avec Lui
5 Une part pour nous dans l’amour du Père pour le Fils
5.1 La prière de Jean 17:26: « Afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux »
5.2 Trois passages de Matthieu sur le bien-aimé du Père
5.3 Sept passages de Jean sur le Fils aimé par le Père : 3:35, 5:20, 15:9, 10:17, 17:23, 24, 26
5.4 Une part pour nous dans l’amour du Père pour le Fils
7 « Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage... » (Jean 16:33)
7.1 Le début du Livre 3 des Psaumes
7.5 Ps. 75 et 76 : l’espérance du jour de la délivrance
8 Soins de Dieu dans l’épreuve. 2 Rois 6:1-7 + Exode 15:22-25
8.1 2 Rois 6:1-7. Le bois qui fit surnager le fer
8.2 Le bois qui rendit douces les eaux amères. Exode 15:22-25
8.3 Dieu nous enseigne à Son école
9 Il est le Dieu des délivrances — Histoire d’Ézéchias
9.1 Besoin de fortifier notre foi
9.2 Début du règne d’ Ézéchias
9.4 Profiter des sources et réparer les brèches
9.5 La lettre d’outrage et la prière
9.6 Une délivrance soudaine malgré une puissance ennemie très forte
9.7 Supplications répétées dans la maison de Dieu
10 Découragement quand on perd Dieu de vue
10.2 Vie de Joseph sans que son père le sût
10.3 Douleur de Jacob devant les peines accumulées
10.4 Découragement quand on perd Dieu de vue
10.5 Toutes choses travaillent pour notre bien
11 La venue du Seigneur et ses effets sur le croyant
11.1 Prophétie et souffrances. Prophéties accomplies et prophéties pour le futur
11.2 Un mauvais usage de la prophétie
11.3 La prophétie s’occupe de ce qui est après la venue du Seigneur
11.4 L’objet de la prophétie est Christ
11.5 Dans la nuit, avant le jour, le temps de l’étoile du matin
11.6 Attendre le retour du Seigneur
12 Rendus parfaits, capables, agréables
12.1 Rendus parfaits. Hébreux 10:14
12.2 Rendus capables. Colossiens 1:12-13
12.3 Rendus agréables. Éphésiens 1:6
12.4 Christ devenu chair, anéanti, abaissé, devenu malédiction
13 « Le méchant fait une œuvre trompeuse ». Proverbes 11:18
13.1 La grâce surabonde là où le péché a abondé
13.2 Satan et son œuvre trompeuse dans les Actes
13.2.1 La situation initiale : Actes 2:42 à 47
13.2.2 Satan cherchant à attirer l’attention sur l’homme. Actes 3
13.2.4 Augmentation du nombre d’ennemis. Actes 4:5-17
13.2.5 Menaces et relâche. Actes 4:18-22
13.2.6 Progrès en hardiesse. Actes 4:23-31
13.2.7 Attaques contre l’assemblée : l’affaire d’Ananias et Sapphira. Actes 4:32 à 5:16
13.2.8 Nouvelles violences. Actes 5:17-32
13.2.9 Difficultés internes. Actes 6 et 7
14.1.1 Paul : Grandes souffrances, pas de découragement
14.1.2 Le corps pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps
14.1.3 L’homme intérieur peut dépérir
14.1.4 Occupé des choses qui se voient ou des choses éternelles
14.2.1 2 Corinthiens 5:1. Voyageurs dans une tente
14.2.2 2 Corinthiens 5:2-4. Gémissements qui font désirer l’éternel domicile
14.2.3 2 Corinthiens 5:5. Formés à l’avance pour le ciel
14.3 2 Corinthiens 5:9-11. Tribunal de Christ
14.3.1 Pour le croyant, une manifestation
14.3.3 À ne pas prendre à la légère
15 Conditions pour la bénédiction d’en haut. La rechercher
15.1 Le monde cherche du fruit sans tenir compte de Dieu
15.2 Bénédictions sous conditions d’obéissance
15.3 Ressources quand il y avait eu infidélité
15.5 Élie et sa prière pour fermer la bénédiction
15.6 Recherche de la bénédiction d’en haut
15.7 Besoin de la bénédiction d’en haut
16 Jusqu’au jour de Christ (Dieu achèvera Son œuvre)
16.3 Venue du Seigneur, Jour de Christ
16.4 Ne pas broncher jusqu’au jour de Christ
16.5 Dieu achèvera l’œuvre qu’Il a commencée
ME 1947 p. 281 à 290
Il n’est pas de sujet plus précieux à considérer que celui de l’amour du Seigneur pour les siens. Sans doute, le Seigneur aime tous ses rachetés ; chacun d’eux peut dire avec l’apôtre : Il est le « Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2:20). Mais la pensée de Dieu est de nous amener à jouir profondément dans nos âmes de l’amour de Christ. Cet amour est inlassable et infatigable ; nous en sommes les objets chaque jour. Quoi qu’il en soit de nous, malgré nos infidélités et nos inconséquences, le Seigneur nous aime toujours ! Combien cette pensée est réconfortante. Puissions-nous entrer dans la jouissance de cet amour d’une manière plus réelle. Nous puiserons là, force, joie et encouragement pour la traversée du désert.
Dans le chapitre 3 de l’épître aux Éphésiens, l’apôtre formule une prière. Celle du premier chapitre est adressée à Dieu : l’apôtre demande qu’il nous soit accordé de pouvoir entrer par la foi dans les conseils divins, si riches et glorieux. La prière du chapitre 3 est adressée au Père de notre Seigneur Jésus Christ ; elle a trait à la jouissance de l’amour de Christ. Pour connaître quelque chose de cet amour, il est nécessaire que nous soyons d’abord « fortifiés en puissance, par son Esprit, quant à l’homme intérieur ». Dieu opère, par son Esprit, dans l’homme intérieur, c’est-à-dire dans le nouvel homme. Nés de nouveau, nous avons reçu une nature divine, une vie nouvelle qui a besoin d’être développée et enrichie. C’est le but de l’activité du Saint Esprit dans le croyant que de nourrir les affections du nouvel homme. Pour cela, il occupe nos cœurs de Christ, vrai pain de vie, aliment de la vie nouvelle. Ainsi enrichis, nous réaliserons qu’il n’y a qu’un objet pour le cœur : Christ lui-même. C’est le résultat qui est atteint quand l’homme intérieur a été « fortifié en puissance » : Christ habite par la foi dans le cœur, au centre même et à la source de toutes les affections. Toute la vie pratique est alors transformée ; l’âme est dans un état convenable pour jouir de l’amour de Christ.
L’aboutissement de ce travail divin en nous est, en effet, de nous enraciner et de nous fonder dans l’amour. Pour croître, un arbre enfonce ses racines dans le sol et il s’affermit d’autant plus qu’elles descendent plus profondément dans la terre. Le terrain dans lequel le croyant — comparé à une plante — doit enfoncer ses racines, c’est l’amour. Les racines pourront alors puiser la substance nécessaire à la nourriture de la plante. Un racheté de Christ ne peut croître et prospérer spirituellement que s’il se nourrit de l’amour de Jésus. L’apôtre dit aussi : « fondés dans l’amour ». Un enfant de Dieu doit être comme un édifice dont les assises sont solidement établies. Un arbre sans racines serait bientôt arraché par la tempête, une maison sans fondements ne résisterait pas longtemps. Au contraire, les orages de la vie peuvent survenir, les difficultés et les épreuves se multiplier, rien ne pourra ébranler celui qui est « enraciné et fondé dans l’amour ». Il sait que l’amour du Seigneur demeure malgré tout et il en jouit dans son âme ; rien ne peut affaiblir sa confiance en un Sauveur dont l’amour est immuable. Il lui suffit de se savoir aimé de Lui !
C’est là le plus haut degré du développement spirituel. Les « petits enfants » connaissent le Père, ils ont l’onction de la part du Saint, ils connaissent toutes choses et possèdent les ressources nécessaires pour être gardés dans la vérité. Les « jeunes gens » sont forts parce que la Parole de Dieu demeure en eux ; ils ont vaincu le méchant. Mais les « pères » connaissent Celui qui est dès le commencement. Ils connaissent Celui qui est amour, ils sont « enracinés et fondés dans l’amour ».
Cette part, réalisée d’abord individuellement, le sera ensuite « avec tous les saints ». Que ce serait beau si « tous les saints » étaient occupés de l’amour de Christ ! N’est-ce pas le vrai, le seul remède à tant de misères sur lesquelles nous gémissons ? Entrer « avec tous les saints » dans la jouissance de cet infini ! Embrasser la largeur, la longueur, la profondeur, la hauteur... connaître l’amour du Christ ! mais qui le connaîtra ? c’est le mystère insondable. Son amour surpasse toute connaissance !
Quelques passages de l’évangile selon Jean nous présentent une âme qui jouissait d’une manière réelle de l’amour de Christ, une âme « enracinée et fondée dans l’amour ». Pierre aimait le Seigneur, mais nous savons quelle fut sa chute et ce qui l’avait causée : sa confiance dans son propre amour. Sans doute il est à désirer que nos cœurs soient davantage remplis d’amour pour Celui qui nous a tant aimés, mais notre amour est trop faible, trop inconstant pour que nous puissions bâtir sur ce terrain. Il faut des assises plus solides. Jean — si souvent présenté avec Pierre, dans les évangiles — ne parle pas de son amour pour le Seigneur ; il ne dit pas : « Si tous étaient scandalisés en toi, moi, je ne serai jamais scandalisé en toi » — « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort » — « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je laisserai ma vie pour toi » (Matt. 26:33 ; Luc 22:33 ; Jean 13:37). Mais il s’appelle « le disciple que Jésus aimait ». Ce qui l’occupe, ce n’est pas son amour pour son Maître, c’est l’amour dont il est aimé par Lui. Il lui suffit de se savoir aimé par Jésus !
Jouir de l’amour du Seigneur produit des résultats pratiques sur lesquels il est utile d’arrêter notre attention. Tout d’abord, le moi est mis de côté, Jean n’est pas occupé de lui, il ne pense qu’à Celui qui l’aime. S’il est obligé, conduit par l’Esprit, de parler de lui, son oubli de soi va jusqu’à ne pas même donner son nom ; il ramène tout à Jésus, il n’est autre chose que l’objet de son amour. Dans l’évangile qu’il a écrit, divinement inspiré, pas une seule fois il ne cite son nom ; chaque fois qu’il doit parler de lui, c’est toujours « le disciple que Jésus aimait ». Certains ont même été jusqu’à douter que cet évangile ait été écrit par lui ; c’est une pensée erronée, mais cela montre à quel point Jean s’oublie lui-même, tant il est occupé de l’amour du Seigneur. Nous réalisons tous combien il est difficile d’être débarrassé du moi égoïste autour duquel, généralement, gravite toute notre existence. « Le disciple que Jésus aimait » nous en donne le secret.
Dans la première partie du chap. 13 de l’évangile selon Jean, nous voyons le Seigneur exerçant l’office qui est encore le sien aujourd’hui. Il veut nous accorder une part avec Lui, et pour cela, nous purifie de toute souillure. « Jésus... ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin » (v. 1). Cette part avec Lui, c’est la connaissance de son amour nous introduisant dans la joie de sa communion. Mais est-ce que nous laissons toujours le ‘Seigneur laver nos pieds ? Hélas ! la Parole a souvent si peu d’action sur nos consciences !
La deuxième partie du chapitre nous occupe du repos qui découle de l’action purificatrice de la Parole. Pourquoi jouissons-nous si peu de ce repos ? Précisément parce que nos pieds ne sont pas toujours lavés. Lorsqu’il n’y a pas l’action purificatrice de l’eau — c’est-à-dire de la Parole — le repos n’est pas connu. Jean n’avait opposé aucune résistance au travail que le Seigneur voulait opérer, aussi était-il « dans le sein de Jésus », jouissant de son amour. Il y a là une place pour chacun des rachetés, ainsi que nous l’exprimons parfois dans un cantique : « Près de ton cœur ayant tous place... ». Demeurer « dans le sein de Jésus » c’est être si près de Lui que son amour inonde nos cœurs. Mais il faut d’abord que tout soit en règle entre Lui et nous.
Le Seigneur a dit à ses disciples : « L’un d’entre vous me livrera ». Parole sérieuse qui les préoccupe tous. Poids accablant sur le cœur de chacun. Est-il possible que l’un de ceux qui l’avaient suivi, l’un de ceux qui possédaient la vie divine, livre son Maître ? Combien cette parole du Seigneur était de nature à sonder leur cœur et leur conscience ! Et combien ils ont hâte de voir ôté ce poids qui les oppresse et les angoisse tous ! Le Seigneur seul peut dire quel est celui qui le livrera. Mais qui peut lui poser la question ? Sera-ce Pierre ? Non, Pierre lui-même a bien compris qu’un seul est en mesure de recevoir les communications du Seigneur, c’est « le disciple que Jésus aimait ». Aussi, c’est à lui qu’il s’adresse : il lui fait signe de demander « lequel était celui dont il parlait ». Et Jean se penche sur la poitrine de Jésus ! Il est à la place bénie où l’on reçoit la communication de ses pensées. Il est toujours vrai que « le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25:14). Nous pouvons remarquer, à ce sujet, que Jean a reçu plus tard les révélations consignées dans le livre de l’Apocalypse. Il est témoin de la venue du Seigneur (Jean 21:22) et le livre de l’Apocalypse nous présente sa venue en grâce comme aussi en jugement. Merveilleuse révélation donnée au « disciple que Jésus aimait ».
Que de circonstances dans nos vies individuelles, dans nos vies de famille ou dans la vie de l’assemblée, dans lesquelles nous aimerions avoir connaissance de la pensée du Seigneur ! Nous restons préoccupés, ne sachant que faire, manquant de discernement spirituel. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas à la place qu’occupait « le disciple que Jésus aimait ». Seule la jouissance de son amour nous conduira à la connaissance de sa pensée.
Dans le chapitre 19 de ce même évangile, nous contemplons notre adorable Sauveur crucifié. Tous sont contre Lui : les anciens, les principaux sacrificateurs, les chefs du peuple, tous ceux qui passaient par là. Quelques-uns cependant se tenaient « près de la croix de Jésus ». Combien le Seigneur y a été sensible ! Les noms de ceux qui étaient là ont été inscrits dans le saint Livre. Aujourd’hui encore, dans ce monde, tous sont contre Lui, Il reste « méprisé et délaissé des hommes ». Quelle joie pour son cœur lorsque quelques-uns prennent place avec Lui dans sa position de réjection ! Y pensons-nous assez et sommes-nous heureux de nous associer à Lui pour Lui procurer une telle joie ? La première nommée des personnes qui étaient près de sa croix, c’est « sa mère ». Quelle douleur pour le cœur de cette mère ! Le moment était venu où se trouvait réalisée la prophétie du vieillard Siméon : « une épée transpercera ta propre âme » (Luc 2:35). Seul le Seigneur pouvait comprendre une telle douleur, seul Il pouvait sympathiser à une telle souffrance. Mais encore ! S’Il comprend la détresse d’un cœur de mère, que dire quand il s’agit de « sa mère » ? Le temps du service est achevé, durant lequel Il était contraint de parler ainsi : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ? » (Jean 2:4). Maintenant, Il peut donner libre cours aux affections de son cœur. Il est très remarquable de voir que dans l’évangile qui met en évidence la divinité de sa Personne, nous avons l’expression de ses sentiments humains, alors qu’Il traverse les douleurs de la croix. Au milieu de souffrances indicibles, Il pense à sa mère ! Quel modèle parfait... Nous tous qui avons encore une mère à aimer, n’oublions jamais ce qu’il y a eu dans le cœur du Seigneur pour « sa mère » au moment suprême !
« Jésus donc, voyant sa mère... » C’est ce qu’Il a de plus cher ici-bas, sans doute — et Il comprend sa douleur. Il ne veut pas la laisser seule au milieu de ce monde. À qui la confier ? qui pourrait en prendre soin comme « le disciple que Jésus aimait » ? Un objet commun liera Marie et Jean : la personne de Jésus.
C’est à celui qui jouit de son amour, qui est « enraciné et fondé dans l’amour », que le Seigneur confiera ce qu’Il a de plus précieux sur la terre. Aujourd’hui, n’est-ce pas son Assemblée ? Pour servir les saints, pour servir l’Assemblée, il faut connaître l’amour de Celui qui « a aimé l’Assemblée et s’est livré lui-même pour elle » (Éph. 5:25). Dans la mesure dans laquelle nous jouirons de cet amour, Il pourra nous accorder le privilège de servir, de nous occuper de cette Assemblée qu’Il nourrit et qu’Il chérit.
La scène que nous pouvons considérer dans le premier paragraphe du chap. 21 de l’évangile selon Jean nous permet de dégager un quatrième enseignement. Sept disciples sont partis pour pêcher, illustration d’un service accompli sans aucune direction du Maître, selon la pensée du cœur naturel. Un tel service est sans aucun fruit. Le Seigneur veut nous faire toucher du doigt la vanité de nos propres efforts : « Enfants, avez-vous quelque chose à manger ? » Il savait qu’ils n’avaient rien, mais cette question est pour nous amener — comme les disciples autrefois — à confesser notre incapacité : « Ils lui répondirent : non ». Quand cette leçon a été apprise, le Seigneur manifeste sa puissance et avec quel amour Il le fait ! Les disciples jettent le filet là où le Maître a commandé et « ils ne pouvaient plus le tirer à cause de la multitude des poissons ». Qui était Celui qui avait opéré ainsi ? Nul ne le savait, avant qu’Il eût agi : « les disciples toutefois ne savaient pas que ce fût Jésus » (v. 4). Mais, après son intervention, qui le reconnaîtra ? Est-ce que ce ne devait pas être Pierre ? Déjà il l’avait vu agir de pareille manière dans la scène du lac de Génézareth (Luc 5:1-11). Mais pour reconnaître le Seigneur, ce n’est ni à l’énergie ni à la mémoire qu’il faut faire appel, c’est la communion avec Lui qui est nécessaire. Aussi, c’est « le disciple que Jésus aimait » qui peut seul s’écrier : « C’est le Seigneur » (v. 7). Il avait tellement joui de son amour que lorsqu’il en discerne les manifestations en puissance, il est obligé de dire : il n’y a que Lui qui puisse agir ainsi !
La connaissance de sa Personne, la jouissance de son amour nous conduiront à reconnaître sa main, puissante et miséricordieuse, dans les circonstances que nous avons à traverser. Nous pourrons dire, avec reconnaissance et adoration : je le connais, seul Il peut opérer ainsi. Dans ses actes, nous le discernerons lui-même.
Enfin la dernière partie du chap. 21 nous fournira un cinquième enseignement. Pierre est restauré, le Seigneur l’a amené à juger ce qui l’avait conduit à une chute si douloureuse et Il peut maintenant lui dire : Suis-moi. C’est alors que, se retournant, il voit suivre « le disciple que Jésus aimait ». Jean n’a pas eu besoin d’être engagé à suivre le Seigneur, après une restauration consécutive à une chute. La confiance que nous pourrions avoir dans notre amour pour le Seigneur nous conduira aux tristes expériences de Pierre, tandis que la jouissance de l’amour du Seigneur nous préservera de chute. Aucun appel du Seigneur n’a été nécessaire pour que Jean aille à sa suite. La personne de Jésus avait tellement d’attrait pour lui qu’il n’avait besoin d’aucun ordre, d’aucun encouragement. C’est son amour qui attire le cœur ! Ainsi nous pourrons le suivre sans aucun effort, sans aucune contrainte.
Mais comment réaliser ce que réalisait si bien le disciple que Jésus aimait » ? Nous avons le sentiment de notre grande faiblesse et nous crions à Celui en qui est la force pour aider. Mais le faisons-nous avec suffisamment de foi ? Nous demandons, sans beaucoup espérer que nous pourrons jouir assez de l’amour du Seigneur pour manifester pratiquement ce que nous avons pu considérer dans ces différents passages. Nous demandons souvent sans grande conviction, plus ou moins résignés à ce qu’il n’y ait aucune transformation dans notre vie chrétienne. Pourquoi cela ? Notre faiblesse est grande, c’est vrai. Mais nous nous adressons à « Celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons » (Éph. 3:20). Et, ajoute l’apôtre, « selon la puissance qui opère en nous ». Il ne s’agit pas de délivrances extérieures qu’Il peut opérer en notre faveur — et qu’Il opère si souvent — mais d’une œuvre intérieure. C’est la puissance qui opère « en nous ». Il veut donc opérer dans notre cœur et réaliser à cet égard « infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons ». Comptons sur Lui pour ce travail qui nous amènera à jouir profondément dans nos âmes de son amour insondable et incommensurable !
Quels résultats seront manifestés alors dans notre vie individuelle, comme aussi « avec tous les saints », tous étant nourris et occupés de son amour ! Le nom du Seigneur sera glorifié en chacun des siens et dans l’Assemblée. « À Lui gloire dans l’assemblée dans le Christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles ! Amen. » (Éph. 3:21).
Titre original : Un avant-goût du ciel
ME 1951 p. 57-63
L’Évangile selon Jean nous présente la personne du Seigneur Jésus comme Fils de Dieu. On a souvent remarqué aussi que cet évangile commence par deux chapitres qui ont, avec les trois « lendemains », un caractère essentiellement symbolique, et se termine par deux chapitres ayant, avec les trois manifestations du Seigneur après sa résurrection, le même caractère. Avant ces deux derniers chapitres, les chapitres 18 et 19 retracent le récit de la crucifixion et des circonstances qui l’ont immédiatement précédée et suivie. Depuis le chapitre 3 jusqu’au chapitre 17, trois sujets principaux sont développés : la vie, la lumière et l’amour. Les chapitres 3 à 7 présentent plus spécialement le sujet de la vie éternelle, sur laquelle ils mettent l’accent ; dans les chapitres 8 à 12, le Saint Esprit arrête notre attention, parmi plusieurs autres, sur le sujet de la lumière ; enfin, les chapitres 13 à 17 sont tout entiers remplis de l’amour.
Ces trois sujets sont présentés dans un ordre moral qu’il convient de souligner. Il faut que nous possédions d’abord la vie éternelle sans laquelle nous ne pourrions goûter aucun des autres dons de la grâce divine. Certes, si Dieu nous a donné la vie éternelle, c’est parce qu’Il nous aimait et cela nous est bien dit tout au commencement de cette partie de l’Évangile (3:16). Mais que Dieu nous ait aimés au point de donner pour nous son Fils unique, et que nous jouissions de son amour, sont deux choses différentes ; la première est au commencement du chapitre 3, la seconde n’est développée que dans les chapitres 13 à 17. Possédant la vie éternelle, nous sommes appelés à marcher dans la lumière à la suite de Celui qui a dit : « Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8:12). Pour être rendu capable de le suivre et de l’imiter comme Modèle, il faut être né de nouveau (Jean 3:3 à 8), et cette œuvre de la nouvelle naissance ne peut être opérée en nous que parce qu’une œuvre parfaite a été accomplie pour nous à la croix du Calvaire (ibid. 14 à 16). Marcher dans la lumière, c’est réaliser une marche dans la séparation du monde et des choses qui sont dans le monde ; la lumière manifeste tout et c’est ainsi que nous pouvons juger devant Dieu tout ce qui est en opposition avec son caractère (1 Jean 1:5 à 10). Nous sommes alors dans un état moral convenable pour jouir de l’amour du Père et de l’amour du Fils (cf. 1 Jean 2:15) et nous pouvons ainsi entrer, par le cœur et non pas seulement par l’intelligence, dans ce qui nous est présenté tout au long des chapitres 13 à 17. Il n’est pas possible d’apprécier et de savourer l’amour insondable dont nous avons été aimés et dont nous sommes aimés pour l’éternité, si nous ne sommes pas des enfants de Dieu et si nous ne marchons pas dans la lumière, à la suite de Celui qui a été ici-bas la lumière du monde. Lorsqu’un croyant ne jouit guère de l’amour du Père et de l’amour du Fils, c’est généralement parce qu’il réalise peu cette marche dans la lumière. La conscience n’est alors pas à l’aise devant Dieu, il y a du mal non jugé et cela trouble la jouissance de cet amour dont le Seigneur voudrait que nos cœurs soient remplis.
Encore deux remarques. Notons d’abord que le premier verset de cet ensemble de cinq chapitres (13 à 17) nous parle de l’amour du Fils, le dernier de l’amour du Père, de cet amour dont Il aime le Fils et dont le Fils désire qu’il remplisse notre cœur (13:1-17:26). Il est beau de voir comment est encadré ce merveilleux sujet ! — Soulignons ensuite ceci : à la fin du chapitre 17, le Seigneur demande à son Père que les siens soient avec Lui pour contempler cette gloire qui Lui appartient de toute éternité, qu’Il a quittée pour venir mourir sur la croix et que maintenant Il prie son Père de Lui donner : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, que tu m’as donnée... » (v. 24). Une part avec Lui, c’est là le ciel !
Que de fois ces questions ont-elles été posées : qu’est-ce que le ciel ? comment y sera-t-on ? qu’y fera-t-on ? — Si Dieu avait voulu nous donner des détails sur le paradis céleste, c’est sans doute après que l’apôtre Paul y a été ravi qu’Il lui aurait permis de décrire tout ce qu’il y a vu. Mais, au contraire, l’apôtre déclare qu’il a entendu « des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer » (2 Cor. 12:4). Cela dépasserait tellement notre compréhension ! Par ailleurs, il n’est pas dans les pensées de Dieu de tout nous révéler. Le silence de l’apôtre nous montre que l’on chercherait en vain d’autres éclaircissements. Tout ce que l’on a pu dire et écrire sur ce sujet n’est donc que le produit de l’imagination humaine si facilement portée, lorsqu’elle s’exerce dans le domaine des choses de Dieu, à vouloir pénétrer dans ce que Dieu a trouvé bon de nous cacher pour le temps actuel, oubliant que « les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu » (Deut. 29:29). Lorsque la Parole de Dieu nous entretient de ce lieu d’ineffables délices où tout est paix, où tout est joie, où nous goûterons un bonheur sans fin et sans nuage, elle nous dit seulement que nous serons avec le Seigneur (Luc 23:43 ; Jean 14:3 et 17:24 ; 2 Cor. 5:8 ; Phil. 1:23 ; 1 Thess. 4:17). Sa présence suffit à réjouir le cœur du racheté et la contemplation de sa Personne adorable constitue la source des inépuisables délices du saint lieu. Être « toujours avec le Seigneur », c’est le ciel, c’est la part éternelle des croyants.
Le Seigneur nous a sauvés pour le ciel et non pour la terre. Avant de quitter les siens, Il leur a dit : « ...je vais vous préparer une place. Et si je m’en vais, et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14:2, 3). — Dans la prière qu’Il adresse à son Père avant d’aller à la croix et dans laquelle Il considère l’œuvre comme achevée, Il peut dire : « ...et moi, je viens à toi. ... Et maintenant je viens à toi... » (ibid. 17:11 et 13). Dieu allait le glorifier « aussitôt », sans attendre la gloire du royaume, car Il avait été glorifié en Lui (ibid. 13:31, 32). Le Fils de l’homme avait droit à la gloire de Dieu. Christ allait recevoir, de son Père, cette gloire qu’Il s’est acquise par ses souffrances et par sa mort expiatoire et Il désire que nous y ayons part avec Lui : « Et la gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée... » (ibid. 17:22). Mais aussi, Il allait être glorifié auprès du Père de la gloire qu’Il avait auprès de Lui avant que le monde fût (ibid. 17:5). Cette gloire, qui est la sienne de toute éternité et dont Il va être glorifié après s’être acquis une gloire nouvelle, Il veut que les siens la contemplent. Le Seigneur a voulu que les siens soient auprès de Lui à jamais pour contempler cette gloire qu’Il a quittée afin de venir ici-bas mourir sur la croix du Calvaire : ils auront ainsi pour l’éternité la mesure de l’abaissement qui a été le sien et Lui aura dans sa proximité les fruits de sa victoire, ceux qu’Il a aimés jusqu’à la mort de la croix, que le Père Lui avait donnés, pécheurs et perdus, pour les amener dans cette gloire où Il voulait les introduire comme des hommes sauvés et parfaits, des « fils », capables d’adorer éternellement le Dieu d’amour (cf. Héb. 2:9 à 13). — Nos cœurs tressaillent d’allégresse à la pensée que bientôt ce désir, exprimé par le Seigneur dans cette prière adressée à son Père, sera exaucé : nous serons avec Lui pour l’éternité et Lui « verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait » (Ésaïe 53:11). Faudrait-il autre chose au racheté de Christ que la présence de Celui qui l’a aimé jusqu’à se livrer Lui-même pour lui ?
Mais le Seigneur ne veut pas attendre ce moment pour nous donner une part avec Lui ! Il désire que nous la goûtions dès ici-bas. Et il est bien remarquable que le Seigneur emploie cette expression « avec moi », au début de cet ensemble de cinq chapitres comme aussi Il s’en sert à la fin (13:8 et 17:24). Avec Lui déjà ici-bas, en attendant le jour glorieux où nous serons avec Lui pour l’éternité ! Avoir le privilège de savourer sur la terre, au milieu d’un monde ennemi, au travers de nos difficultés et de nos épreuves, un avant-goût du ciel ! Savons-nous que nous avons un tel privilège ? Et, si nous le savons, dans quelle mesure en jouissons-nous ?
Pour en jouir, une condition est nécessaire, celle que le Seigneur indique à Pierre : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi » (Jean 13:8). Il est allé nous préparer une place dans la maison de son Père et, en attendant que nous l’occupions, Il nous prépare pour ce séjour de la gloire, nous accordant la grâce d’avoir déjà une part « avec Lui » présentement. Nous ne pouvons l’avoir que dans la mesure où nos pieds sont lavés car toutes les souillures contractées dans la marche sont un obstacle à la jouissance de cette part avec Lui.
Celui qui sait combien facilement nous contractons de la souillure en cheminant ici-bas et qui veut cependant nous donner une part avec Lui, se plaît à remplir en notre faveur ce précieux service : Il lave nos pieds. Dans l’exercice de cet office, Il agit en nous par le moyen de la Parole afin que toutes les souillures soient ôtées et qu’ainsi rien ne nous empêche de jouir de sa communion. Pour l’éternité, une communion ininterrompue avec Lui, une même part avec Lui, partage de tous les rachetés dans la maison du Père. Déjà pour le jour actuel, une vraie communion avec Lui, une même part avec Lui, partage de tous les rachetés qui laissent le Seigneur laver leurs pieds !
Quelle perte immense nous faisons lorsqu’au lieu de laisser le Seigneur remplir ce service, nous cheminons, continuant à traîner à nos pieds tout ce que nous avons accumulé au cours de nos contacts avec le monde ! Nous traversons ce monde, oubliant tant de fois que nous n’en sommes pas, comme notre parfait Modèle n’en était pas. Aussi, trop souvent, nous pensons comme le monde, nous agissons comme le monde, nous vivons comme le monde, et cela nous paraît très normal... Nous ne commettons peut-être pas de péchés graves, nous nous conduisons honnêtement, suivant l’acception que les hommes donnent à ce terme, et cela nous satisfait. Nous ne soupçonnons guère, parfois, qu’il puisse y avoir une autre existence pour le chrétien ! Nous ne pensons pas qu’il puisse y avoir, pour le racheté, une part « avec Christ », la jouissance de sa communion, réalisée quand la Parole, opérant dans notre être intérieur, exerce notre conscience, nous amène à juger tout ce qui n’est pas en accord avec les pensées de Dieu, nous débarrasse de ce qui est du monde et occupe nos cœurs des choses célestes, de Christ dans la gloire.
Quelle vie heureuse alors, quelles que puissent être les circonstances du désert ! Une vie durant laquelle il nous serait accordé, si nous la vivions en quelque mesure, de goûter quelque chose du ciel, de sorte que le départ de ce monde pour être avec Christ en-haut, ne comporterait guère de transition ! Tel fut sans doute celui d’Hénoc qui « marcha avec Dieu trois cents ans » « Et Hénoc marcha avec Dieu ; et il ne fut plus, car Dieu le prit » (Gen. 5:22 et 24).
Dieu veuille lui-même opérer dans nos cœurs et y produire l’ardent et saint désir de vivre une telle vie ! Qu’Il nous accorde la grâce de laisser le Seigneur remplir à l’égard de chacun de nous l’office qu’Il se plaît à exercer pour que, sans cesse, nos pieds soient lavés ! Qu’ainsi nous ayons une part « avec Lui » déjà maintenant, en attendant le jour glorieux où nous serons « toujours avec le Seigneur ».
Titre original : Les trois personnes de la trinité dans Romains 8
ME 1947 p. 313 à 315
Le chapitre 15 de l’évangile selon Luc nous décrit, en trois paraboles bien connues, l’activité de la grâce divine qui accueille le pécheur repentant avec joie, après l’avoir cherché et trouvé. Il souligne la part que prennent les trois personnes de la Trinité — Père, Fils et Saint Esprit — dans l’accomplissement de cette œuvre : la brebis ramenée à la maison, la drachme retrouvée, le fils prodigue revêtu de la plus belle robe. Cette activité s’exerce encore. Elle est incessante. Comme elle l’a fait pour le salut de pauvres pécheurs perdus, elle se déploie ensuite en faveur des croyants pendant tout le temps du voyage. C’est ce que nous enseigne l’apôtre dans le chapitre 8 de l’épître aux Romains.
S’il n’y a pour nous aucune condamnation, c’est parce qu’au temps convenable, Dieu le Père, « ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair » (8:3). Le Père n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous (8:32). Maintenant qu’Il nous a acquis pour lui-même à un tel prix, nous sommes chers à son cœur et Il nous fait don, librement, de tout ce qu’Il sait nous être bon et utile. Dieu est pour nous (8:31). Nous sommes les objets de son amour infini et invariable. Quand nous étions ses ennemis, Il nous a donné son Fils, pourrait-Il aujourd’hui refuser de répondre aux besoins de ses bien-aimés enfants ? — Non seulement son amour s’exerce à notre égard, mais aussi sa puissance est à notre disposition : du moment qu’Il est pour nous, qui sera contre nous ? Qui pourrait nous ravir de ses bras ou l’empêcher de nous combler des dons de sa grâce ? Il est pour nous ! — Mais encore : c’est Dieu qui justifie (8:34). Qu’en est-il des accusateurs et des accusations, quand c’est le Juge lui-même qui justifie ? L’accusateur des frères (Apoc. 12:10) n’aura-t-il pas la bouche fermée ? Pas une seule fois Joshua n’intervient pour se justifier, c’est Dieu lui-même qui le fait, réduisant au silence celui qui était là « pour s’opposer à lui » (Zach. 3:1-5). Justifiés devant Dieu par la foi en Christ, à cause de Christ, Dieu nous justifie si quelqu’un veut intenter accusation contre nous. Qu’aurions-nous donc à craindre ?
« Christ qui est mort, mais plutôt qui est aussi ressuscité, qui est aussi à la droite de Dieu » s’occupe sans cesse de ceux qu’Il a rachetés. Il intercède pour nous (8:34). Il prend soin de nous au milieu de nos difficultés, de nos luttes, de nos épreuves, nous portant sur son cœur, priant pour chacun des siens ! Il remplit cet office de la sacrificature dans lequel Il a été établi, dans lequel Il est fidèle, dans lequel nous sommes exhortés à le considérer (Héb. 3:1-2). Toujours vivant pour intercéder pour nous, Il peut sauver entièrement — jusqu’à l’achèvement — ceux qui s’approchent de Dieu par lui (Héb. 7:25). Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur, Jésus le Fils de Dieu. Nous aurons du secours au moment opportun ! (Héb. 4:14-16).
Le Saint Esprit est une personne divine sur la terre, envoyé par le Père et le Fils (Jean 14:26 ; 15:26 ; 16:7) pour prendre notre cause en mains. Il est le Consolateur, « un autre Consolateur » (Jean 14:16. La note, dans nos Bibles, définit ainsi le Consolateur : c’est quelqu’un qui soutient la cause d’une personne, et lui vient en aide et l’assiste). Dans la première partie du chapitre 8 de l’épître aux Romains (8:1 à 10), le Saint Esprit nous est présenté comme nous communiquant une vie nouvelle, la vie de Dieu ; dans la deuxième (8:11 à 27), comme habitant en nous. Habitant en nous, il est : la garantie que nos corps mortels seront vivifiés (8:11), la force pour subjuguer la chair (8:13, voir aussi Galates 5:16 et suivants), la direction dans notre marche afin que nous manifestions ici-bas le caractère de fils de Dieu (8:14), le témoin de notre adoption (8:15-16), les prémices de ce que nous attendons : le salut du corps (8:23), le soutien de notre faiblesse, Celui qui intercède pour nous sur la terre, tandis que Christ intercède pour nous en haut (8:26-27).
Divine activité, précieuse activité que celle du Père, et du Fils et du Saint Esprit — un seul Dieu en trois Personnes. Nous sommes ceux en faveur desquels elle s’exerce d’une façon incessante ! Méditons un tel sujet.
Au travers de nos circonstances si difficiles — angoissantes même, pour beaucoup — au milieu de ce monde désemparé, dans le grand désarroi des hommes et des choses, n’y a-t-il pas là de quoi remplir nos cœurs de paix et de confiance ? En présence de tout ce qui nous environne, souvent tentés de nous écrier aussi : « Hélas, mon seigneur, comment ferons-nous ? », répétons-nous l’un à l’autre, pour notre encouragement et nôtre joie : « Ne crains pas ; car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux » (2 Rois 6:14-16).
ME 1949 p. 3-8
C’est une courte prière que celle exprimée par ces quelques Grecs, d’entre ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête : « Nous désirons voir Jésus » (Jean 12:20-24). Puisse-t-elle, traduisant un vrai besoin, s’élever de chacun de nos cœurs, au début de l’année qui commence, afin que, Dieu l’exauçant, il nous soit accordé chaque jour de contempler Jésus par la foi ; en attendant le moment où nous le verrons de nos propres yeux !
Ces quelques Grecs préfigurent l’ensemble des nations qui, plus tard, auront part aux bénédictions du règne. Le temps n’était pas encore venu où leur désir pourrait être satisfait. Mais le Messie, le roi d’Israël, étant rejeté, Jésus prend son titre de Fils de l’homme et va présenter ce qui allait avoir lieu immédiatement, en vertu de sa mort : « L’heure est venue pour que le fils de l’homme soit glorifié. En vérité, en vérité, je vous dis : À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». Pour que le Fils de l’homme pût être glorifié, il fallait d’abord ses souffrances et sa mort. C’est ainsi que la porte est maintenant ouverte aux nations, autrefois « sans Christ, sans droit de cité en Israël... sans Dieu dans le monde », maintenant « approchés par le sang du Christ » (Éph. 2:11 à 22). Un objet est présenté à notre foi, nos yeux peuvent le contempler dans ses souffrances, dans sa mort, dans la gloire qui est maintenant la sienne.
Les versets 7 et 8 du chapitre 2 de l’épître aux Hébreux placent devant nous le Fils de l’homme : dans la position qu’Il est venu prendre ici-bas : « Tu l’as fait un peu moindre que les anges », et le verset 9 ajoute : « à cause de la passion de la mort », — dans le ciel où Il est entré après avoir remporté la victoire : « Tu l’as couronné de gloire et d’honneur », — dans la suprématie qui est la sienne selon le Psaume 8, comme exerçant une domination universelle, ayant recouvré par sa mort l’héritage usurpé par Satan à la suite de la désobéissance du premier homme : « Tu as assujetti toutes choses sous ses pieds ». Nous soupirons après le moment où Christ apparaîtra dans cette gloire du Fils de l’homme pour « régner en puissance sur tout l’univers » :
Seigneur ! quand sera-ce
que ces temps heureux
où luira ta face
combleront nos vœux ?
La Parole ne dit pas : tu assujettiras, mais : tu as assujetti. Cependant, si nous considérons l’état de ce monde, « nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties ». Plus que jamais, Satan exerce son empire et la scène au milieu de laquelle nous avons à vivre manifeste bien qu’il est le prince de ce monde. Tout autour de nous, nombreux sont les sujets de souffrance, de tristesse et d’inquiétude ! Pour un cœur qui aime le Seigneur, il y a surtout ceci : Christ reste rejeté et méprisé des hommes, ses droits sont méconnus. Dieu a assujetti toutes choses sous ses pieds et pourtant, nous ne voyons pas encore que cela soit réalisé. Mais, quel repos pour nos cœurs ! nous pouvons élever nos regards au-dessus de tout ce qui nous environne et, par la foi, contempler le lieu où déjà les droits du Fils de l’homme sont pleinement reconnus. Ils ne le sont pas sur la terre, l’héritage Lui sera effectivement donné plus tard — mais ils le sont en haut. « Nous voyons Jésus... » (v. 9).
Dans les jours mauvais que nous traversons, alors que le mal fait des progrès incessants et que l’angoisse remplit le cœur des hommes — les nôtres aussi, bien souvent, car nous sommes des « gens de petite foi » — entrons dans le sanctuaire. Là, « nous voyons Jésus » ! La gloire qui le couronne nous rappelle « sa croix, sa honte et ses douleurs ». Il a connu l’amertume de la mort, Il a goûté la mort pour tout. Pour amener plusieurs fils à la gloire, Il a dû être consommé par des souffrances. Cela convenait à la sainteté de Dieu, à sa justice, à sa gloire, à son amour ! — Mais encore, nous le contemplons là-haut comme notre « miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur », Celui qui, ayant souffert étant tenté, est à même de secourir ceux qui sont tentés. Dieu l’a établi dans cet office et Il est fidèle à Celui qui l’a établi (Héb. 3:2). Jamais Il n’oublie aucun racheté, Il porte chacun d’eux sur ses épaules et sur son cœur. Prenons courage au travers de tout, comptons sur Lui, Il est fidèle ! — Voyons-le, considérons-le ! (Héb. 2:9 ; 3:1). C’est l’encouragement si précieux que nous voudrions rappeler aux lecteurs du Messager Évangélique, tout au début de cette nouvelle étape du chemin.
Marie de Magdala se tenait près du sépulcre, dehors, et pleurait. Sans doute, il ne convenait pas de chercher parmi les morts Celui qui était vivant. Mais Christ était le seul objet de son cœur ! Ignorante, sans doute, elle n’avait pourtant qu’un désir : voir Jésus. Aussi, Celui qui connaît nos pensées les plus secrètes vient se manifester à elle et la charge d’un message pour « ses frères ». Elle obéit aussitôt (cf. Jean 14:21-23). Que dit-elle à ceux vers lesquels le Seigneur l’a envoyée ? En tout premier lieu, « qu’elle a vu le Seigneur » (Jean 20:18). Pour elle, de toute la scène qui s’est déroulée au sépulcre, il reste ceci : elle a vu le Seigneur ! Ensuite, elle délivre le message qui lui a été confié.
S’il y a une contemplation individuelle de la personne du Seigneur Jésus, il y a aussi une contemplation collective. Nous pouvons « le voir » chacun, dans notre vie de tous les jours, comme Marie de Magdala l’avait vu — et cette manifestation de Lui-même à ses bien-aimés est la réponse à l’amour de leur cœur pour Lui, selon Jean 14:21-23. Mais nous sommes heureux de pouvoir aussi fixer nos regards sur Lui quand, réunis en assemblée, nous expérimentons qu’Il est toujours fidèle à sa promesse (Matt. 18:20). Le premier jour de la semaine, le Seigneur ressuscité vint au milieu de ses disciples pour leur dire : Paix vous soit ! et leur montrer ses mains et son côté. Tout cela était de nature à les réjouir. Mais que lisons-nous ? « Les disciples se réjouirent donc quand ils virent le Seigneur » (Jean 20:20). L’avoir vu, Lui, voilà ce qui remplissait leur cœur de joie. Et lorsqu’ils retrouvent Thomas, qui avait été absent ce premier jour de la semaine, ils ne lui font pas le récit des diverses circonstances de ce soir-là, ils se bornent à lui dire : « Nous avons vu le Seigneur » (20:25). Cela résumait tout, c’était la chose capitale.
Si nous pouvons nous rassembler quelques-uns autour du Seigneur, apprécions-nous la valeur du privilège qui nous est ainsi accordé ? Voir le Seigneur par la foi, est-ce bien la bénédiction suprême goûtée dans le rassemblement ? Et si nous avions à dire ce qui a caractérisé telle ou telle réunion, pourrions-nous assurer en vérité : nous avons vu le Seigneur ?
Le voir, maintenant, est encore pour la foi. Bien que le Seigneur fût sur la terre, petit enfant né dans la crèche de Bethléhem, c’était aussi à la foi des bergers qu’il était fait appel (Luc 2:8 à 20). Il n’y eut aucun doute dans leur cœur quand le message leur fut annoncé : « Aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur ». Ils ne dirent pas : allons et nous verrons si la chose est arrivée ainsi que le Seigneur nous l’a fait connaître, mais ils s’écrièrent : « allons et voyons cette chose qui est arrivée ». C’était un acte de foi ! « Et ils allèrent en hâte ». Obéissance de la foi. Une récompense y est attachée : la joie de le voir : « et l’ayant vu... » Puis, un autre privilège en découle : ces bergers furent les premiers à Lui rendre hommage, à glorifier et louer Dieu — ils furent aussi les premiers prédicateurs de la bonne nouvelle. Adorateurs et témoins, adorateurs de Dieu et témoins au milieu de ce monde, telle est la part de ceux qui, conduits par la foi, ont vu et contemplé le Seigneur. Heureux aujourd’hui ceux qui peuvent dire : nous voyons Jésus — et qui réalisent leur position d’adorateurs et de témoins : sainte sacrificature pour offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ — sacrificature royale pour annoncer les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière (1 Pierre 2:5 et 9).
Déjà, « contemplant, à face découverte, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3:18), nous sommes ainsi rendus capables de refléter quelque chose de ses gloires morales. Mais bientôt, ce sera la pleine conformité à Christ en gloire : « nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3:2).
Le jour est si proche où nous allons le voir ! Voir Celui qui nous a tant aimés, qui est mort pour nous sur une croix — Celui que nous aimons parce qu’Il nous a aimés le premier — Celui que nous pouvons contempler par la foi, mais que nous n’avons pas encore vu de nos yeux, « Jésus Christ, lequel, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez ; et, croyant en lui, quoique maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse » (1 Pierre 1:8).
Que cette joie remplisse nos cœurs au travers de toutes les circonstances que notre Dieu et Père trouvera bon de dispenser à chacun de nous tout au long de cette année 1949 ! Élevons nos yeux au-dessus des nuages qui s’amoncellent et contemplons par la foi Celui que nous allons voir, Étoile du matin déjà levée dans nos cœurs !
« Et ses esclaves le serviront, et ils verront sa face... » (Apoc. 22:4).
Ah ! bientôt, sans voile,
Luiront tes splendeurs,
Radieuse Étoile
Levée en nos cœurs.
Oh ! quelle allégresse !
Nos yeux te verront,
Et de Toi, sans cesse,
Tes saints jouiront.
Titre original : « Afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux... » (Jean 17:26)
ME 1949 p. 169-175
Avant d’aller à la croix, alors qu’Il allait quitter les siens, le Seigneur a voulu les recommander à son Père. C’est l’objet de la prière qui remplit le chapitre 17 de l’évangile selon Jean et qui se termine ainsi : « Et je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et moi en eux ». Telle est la dernière demande adressée par le Fils à son Père, dans un moment aussi solennel.
Tandis qu’Il poursuivait son ministère ici-bas, le Seigneur a révélé aux siens le nom du Père. Il devait le leur faire connaître mieux encore lorsque le Saint Esprit, personne divine, serait avec eux et en eux. Et cela, afin qu’ils jouissent de l’amour du Père — de cet amour dont le Père a aimé le Fils — et en soient remplis, réalisant ainsi que, « délivrés du pouvoir des ténèbres », ils ont été « transportés dans le royaume du Fils de son amour » (Col. 1:13). Ce royaume est caractérisé, a-t-on dit, par la relation qui unit le Fils avec le Père ; les rachetés de Christ sont placés dans la même relation, aimés d’un même amour. Le Seigneur désire que les siens jouissent de cet amour dont le Père l’a aimé et dont Il a joui lui-même ici-bas, en plénitude.
Dans l’évangile selon Matthieu, le Seigneur Jésus nous est présenté, dans trois circonstances, comme le bien-aimé du Père :
1) Chap. 3:17. Le Fils de Dieu, devenu homme, vient prendre place parmi les pécheurs repentants, mais son Dieu et Père ne veut pas qu’Il soit confondu avec eux. L’Esprit Saint descend, sous la forme d’une colombe, sur Celui qui était saint et pur ; puis la voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir ».
2) Chap. 12:18. Le Seigneur est rejeté par les pharisiens qui tiennent conseil contre Lui pour le faire périr, mais son heure n’était pas encore venue et Il continue son service dans l’humilité, défendant expressément que son nom soit rendu public. La parole du prophète était accomplie : « Voici mon serviteur que j’ai élu, mon bien-aimé, en qui mon âme a trouvé son plaisir... » (Ésaïe 42:1-4). Cette expression : « mon bien-aimé » est ajoutée à la citation d’Ésaïe : objet de la haine de ce peuple dont Il était le Messie, le Seigneur était le bien-aimé du Père ! Il marchait dans ce monde, jouissant de tout ce qu’Il était pour son cœur. Quelle consolation pour Celui qui était « méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, et sachant ce que c’est que la langueur » ! (Ésaïe 53:3).
3) Chap. 17:5. Le Seigneur prend avec Lui Pierre, Jacques et Jean auxquels Il veut donner un avant-goût de la gloire du royaume. Mais Pierre Le place au même rang que Moïse et Élie ; il n’a pas discerné que, si ses rachetés Lui sont associés dans la gloire, Il est cependant Celui que son Dieu a oint d’une huile de joie au-dessus de ses compagnons (Ps. 45:7). Aussi, de la nuée, le Père proclame ce qu’Il est pour Lui : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le ».
Ces trois passages constituent en quelque sorte une introduction au sujet que nous désirons proposer à notre méditation — sujet dont nous comprendrons l’importance en relisant le dernier verset de Jean 17, suprême désir exprimé par le Seigneur dans cette sublime prière : « ... afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et moi en eux ».
Dans l’évangile selon Jean, sept passages nous occupent du Fils, objet de l’amour du Père :
1) « Le Père aime le Fils et a mis toutes choses entre ses mains » (3:35).
Le Père aime le Fils de toute éternité (Prov. 8:30 ; Jean 17:24), mais ici, de façon particulière, parce qu’Il vient dans le monde pour l’accomplissement de ses conseils.
Les versets qui précèdent soulignent le contraste entre le ministère de Jean et celui de Christ, entre le témoignage prophétique et celui de l’Envoyé de Dieu. Les prophètes avaient reçu la mesure de l’Esprit qui leur était nécessaire pour remplir leur service (cf. 2 Rois 2:9), mais Christ n’avait pas reçu l’Esprit par mesure, Il le possédait en plénitude, parlant les paroles de Dieu. Qui l’écoutait, écoutait Dieu et celui qui croyait en Lui scellait que Dieu était vrai (v. 33-34). Dieu, qui avait autrefois parlé aux pères par les prophètes, parlait maintenant dans le Fils (Héb. 1:1). Envoyant ici-bas le Fils de son amour, le Père mettait toutes choses entre ses mains pour le salut de l’homme perdu. Il aime le Fils parce que le Fils prend la responsabilité de tout.
Aussi, toutes choses étant mises entre ses mains, il n’y a pas d’autre moyen de salut que de croire au Fils : « qui croit au Fils a la vie éternelle » (v. 36). Il est le seul chemin pour aller au Père : « Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14:6). Prétendre connaître Dieu sans aller à Celui entre les mains duquel toutes choses ont été mises par le Père, c’est l’esprit de l’antichrist. « Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père » (1 Jean 2:22-24).
2) « Car le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu’il fait lui-même... » (5:20). Ici, il s’agit de l’amour du Père pour le Fils marchant dans le chemin de l’obéissance et de la dépendance.
Les Juifs accusaient le Seigneur de se faire égal à Dieu (v. 18). Sans doute, Il était Dieu manifesté en chair et la parfaite expression du Père, mais Il n’avait jamais quitté le sentier de l’homme dépendant. Ses paroles aussi bien que ses œuvres étaient celles du Père, Il ne disait rien et ne faisait rien de Lui-même (Jean 8:26 à 29 ; 12:49, 50 ; 14:10). Il venait d’accomplir des œuvres telles que la guérison du malade de Capernaüm ou du paralytique du réservoir de Béthesda (4:46 à 54 ; 5:1 à 25), mais le Père lui montrerait des œuvres plus grandes encore (sans doute le Seigneur fait-il allusion à la résurrection de Lazare, car il fallait l’œuvre de la résurrection pour sauver l’homme perdu). Toutes ces œuvres, celles que le Fils avait faites et celles qu’Il allait faire, étaient accomplies dans la dépendance du Père (v. 19). Homme obéissant et dépendant, Il est, dans cette position, l’objet de l’amour du Père. Quelle satisfaction éprouve le Père à considérer dans ce monde un homme parfaitement dépendant ! Le seul qu’Il ait jamais pu contempler. Et cet homme, c’est son Fils unique !
3) « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour » (15:9).
Demeurer dans son amour, c’est réaliser une pleine communion avec Lui. Le Fils demeurait dans l’amour du Père (v. 10). Il jouissait de cette communion avec le Père parce qu’Il gardait ses commandements. C’est dans l’obéissance et la dépendance que réside le secret de la communion. Le Père aime Celui qui, tout au long de son chemin, a été sans cesse dans sa communion : « J’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour » (v. 10).
4) « À cause de ceci, le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne » (10:17).
Le Père aime le Fils parce qu’Il se présente pour l’accomplissement de ses conseils éternels (3:35) — parce qu’Il est ici-bas l’Homme obéissant et dépendant (5:20) — parce qu’Il demeure sans cesse dans une pleine communion avec Lui (15:9-10). Au terme de ce chemin, le Fils va donner au Père un nouveau motif de l’aimer : Il laisse sa vie !
Dans ce chapitre 10 de l’évangile selon Jean, le Seigneur présente successivement trois motifs pour lesquels Il va donner sa vie :
· Il met sa vie pour les brebis, afin qu’elles aient la vie en abondance (v. 10-11) — afin qu’elles possèdent la plénitude de la vie. Ce sera la part de ses rachetés, après que le Saint Esprit leur aura été donné.
· Il met sa vie pour les brebis, afin qu’elles puissent goûter une pleine communion avec Lui, comme Lui jouissait de la communion avec le Père (versets 14-15).
· Il laisse sa vie afin de glorifier le Père ! Dans un entier dévouement à Dieu, Il se présente et, sainte victime, s’offre comme parfait holocauste. Dieu a pu considérer ici-bas un homme qui l’a pleinement satisfait et qui, au terme de sa carrière, s’est offert à Lui en parfum de bonne odeur. Combien le Père l’aime ! Quel motif nouveau Il trouve là pour aimer le Fils de son amour !
5) « Tu les as aimés comme tu m’as aimé » (17:23).
Le Père a donné à son bien-aimé la gloire qu’Il s’est acquise par ses souffrances et par sa mort — la gloire du Fils de l’homme. Lui l’a donnée à ses rachetés afin qu’ils lui soient unis en gloire pour l’éternité : « consommés en un » (v. 23). — Alors, le monde connaîtra : tout d’abord, que le Père a envoyé le Fils auquel il a refusé de croire et qu’il a crucifié ; ensuite, que les croyants ont été aimés du même amour que celui dont le Père aimait le Fils. Aujourd’hui, le monde ignore que nous sommes aimés comme Jésus l’est par le Père. Mais nous le savons déjà et nous en jouissons dans nos cœurs, bien que faiblement, avec reconnaissance et adoration !
6) « Car tu m’as aimé avant la fondation du monde » (17:24).
Dans ce verset, il est question de sa gloire divine, celle du Fils de Dieu aimé par le Père avant la fondation du monde. Nous contemplerons cette gloire qui est la sienne de toute éternité, alors qu’Il était l’objet de l’amour du Père, et nous l’adorerons à jamais parce qu’Il a voulu quitter le lieu de la gloire et de l’amour pour venir ici-bas souffrir et mourir sur une croix !
7) « afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et moi en eux » (17:26). Tandis qu’Il était avec eux, le Seigneur avait fait connaître à ses disciples le nom du Père (Jean 14:7, 9, 10). Après sa résurrection, Il chargea Marie de Magdala de leur porter ce message : « Va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20:17). « Je leur ai fait connaître ton nom ». Il ajoute : « et je le leur ferai connaître ». Une fois le Saint Esprit venu sur la terre comme Personne divine, les disciples furent rendus capables d’entrer dans cette connaissance d’une manière plus profonde. Nous avons reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba, Père ! (Rom. 8:15). Le Saint Esprit nous fait jouir de notre relation avec le Père et de l’amour du Père — de l’amour dont le Père a aimé le Fils !
L’amour du Père envers nous a été manifesté en ce qu’Il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés (1 Jean 4:10). Mais il y a plus encore : du fait de notre union avec le Fils, nous avons part à l’amour du Père pour son Fils. Ce qui est à Christ est à nous ! — Le cœur du racheté découvre en Jésus l’objet sur lequel reposent les délices et la faveur du Père ; il le contemple venant dans ce monde pour accomplir les conseils divins — marchant dans le chemin de l’obéissance et de la dépendance — jouissant d’une communion ininterrompue avec le Père — laissant sa vie, et il connaît ainsi et savoure quelque chose de l’amour du Père.
« Et moi en eux » : Christ habitant en nous (cf. Éph. 3:17 à 19), notre cœur est rempli de Celui qui est l’objet de l’amour du Père et nous sommes ainsi rendus capables d’en jouir. Que rien en nous n’entrave l’action du Saint Esprit ! Il nous fortifiera en puissan