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Culte et adoration — Série 2

 

Paul Fuzier

 

Table des matières abrégée :

1     Le culte

2     IL verra du fruit du travail de Son âme — Ésaïe 53:11

 

Table des matières détaillée :

1     Le culte

1.1      Son importance — Qui peut adorer ? — En quoi consiste la préparation du culte ?

1.1.1      Son importance

1.1.2      Qui peut adorer ?

1.1.3      En quoi consiste la préparation du culte ?

1.2      Autel d’or — Feu étranger

1.2.1      Autel d’or

1.2.2      Feu étranger

1.3      Huile pour l’onction sainte — Encens des drogues odoriférantes.

1.3.1      Composition

1.3.2      Utilisation

1.3.3      Conclusion

1.4      « En quoi avons-nous méprisé ton nom ?

1.5      Marie de Béthanie

1.6      Applications pour le temps actuel

2     IL verra du fruit du travail de Son âme — Ésaïe 53:11

2.1      Le Fils, délices du cœur de Dieu, ouvre Son cœur et Son âme

2.2      Le Seigneur ouvre Son cœur et Son âme à Ses amis

2.3      Le « travail de son âme »

2.4      Le Seigneur dans Son chemin ici-bas

2.5      Sur le point de goûter la mort

2.6      À Gethsémané

2.7      À Golgotha

 

 

1                    Le culte

[Sujet : Ce qu’est le culte. Sources de faiblesse du culte. Effet du niveau spirituel. Importance des exercices spirituels. Être nourri de Christ]

1.1   Son importance — Qui peut adorer ? — En quoi consiste la préparation du culte ?

ME 1951 p. 85-95

1.1.1       Son importance

Dans ce monde, un double service nous échoit. Regardons autour de nous : témoins de Dieu vis-à-vis de ceux qui nous entourent, nous avons un ministère à exercer à l’égard des croyants comme aussi des incrédules. Élevons nos regards en haut : constitués des adorateurs pour notre Dieu et Père, il nous appartient d’accomplir ce service. L’une et l’autre de ces deux fonctions ont une extrême importance. D’une façon générale, dans la chrétienté, l’on donne la prééminence à la première, tandis que la seconde n’est guère comprise : on insistera beaucoup, par exemple, sur le service qui nous incombe à l’égard de ceux avec lesquels nous sommes mis en contact et qui ne sont pas sauvés ; certains considéreront même le devoir de les avertir comme le seul auquel le chrétien ait à faire face et l’on sacrifiera tout à l’évangélisation, les différentes réunions, dans plusieurs dénominations chrétiennes, n’ayant en fait d’autre but que d’adresser un appel aux âmes inconverties. Or, ce service, quelque précieux et utile qu’il soit, n’est pas l’unique service des rachetés. Dieu a voulu, avant tout, faire de nous des adorateurs. Et s’il était possible d’établir un classement des services qui nous sont confiés, il conviendrait de mettre l’adoration en tout premier lieu, car elle s’adresse directement à Dieu. Dieu lui-même est l’objet de notre culte, tandis qu’un service s’adressant aux hommes — croyants ou inconvertis — bien qu’il soit accompli pour Dieu, a cependant comme objet direct les personnes à l’égard desquelles il est exercé. Autant Dieu est au-dessus de l’homme, autant le culte est au-dessus du ministère ! En toutes choses, Dieu doit avoir la première place ; nous comprenons donc que le culte soit le service primordial qu’aient à remplir les croyants.

D’un autre côté, notre témoignage au milieu des hommes de ce monde prendra fin ; tous les services que nous sommes appelés à exercer, vis-à-vis des croyants aussi bien que des incrédules, cesseront, tandis que l’adoration n’aura jamais de fin. Commencée sur la terre, dans la faiblesse, elle sera présentée à Dieu le Père et à l’Agneau, en perfection, pendant l’éternité !

Autrefois, Dieu avait un peuple sur la terre, au milieu duquel Il demeurait, Israël — un peuple de guerriers au sein duquel se trouvait une tribu de serviteurs (les Lévites) et une famille d’adorateurs (la famille d’Aaron). C’était la famille d’Aaron qui était chargée d’exercer la sacrificature dans le lieu saint, image du culte que nous sommes appelés à rendre aujourd’hui où nous sommes « édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2:5). Pour combattre comme guerriers, pour servir comme ouvriers du Seigneur, il est nécessaire que Christ soit le seul Objet de nos affections et que nous réalisions ce qu’est l’adoration dans le sanctuaire. Le sacrificateur doit garder son cœur avec soin, a-t-on dit, sinon le lévite faillira et le guerrier sera défait. Cela fait encore ressortir l’importance de notre service d’adorateurs. Ce n’est que dans la mesure où nous le réaliserons fidèlement que nous pourrons servir tout autour de nous, selon la pensée de Dieu, soit dans le monde, soit dans l’Assemblée, et livrer les combats auxquels nous sommes appelés.

 

1.1.2       Qui peut adorer ?

Quels sont ceux qui peuvent adorer ? Ceux auxquels l’apôtre Pierre écrit qu’ils sont « édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ », les vrais croyants : ils ont été « élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ » (1 Pierre 2:5 ; 1:2) — ils possèdent la vie divine parce qu’ils ont cru « que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu » et « en croyant », ils ont « la vie par son nom » (Jean 20:31). Ils se sont ainsi approchés du Seigneur « comme d’une pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse auprès de Dieu » ; et possédant la même vie que la sienne, « comme des pierres vivantes », ils sont constitués, après qu’ils ont reçu le Saint Esprit, « une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2:4, 5).

Au temps de la loi de Moïse, pour aller à l’autel d’or (où est célébré le véritable culte) il fallait d’abord passer à l’autel d’airain, figure de la croix de Christ où la question du péché a été réglée et où a pris fin l’histoire de l’homme dans la chair. Par conséquent, seuls les vrais croyants peuvent adorer dans le lieu saint (où se trouvait l’autel d’or). Pour présenter le culte que Dieu attend de nous, l’homme dans la chair est mis de côté, il a été crucifié avec Christ ! Des personnes inconverties peuvent assister au culte rendu par les enfants de Dieu, mais ne peuvent y prendre part et il n’est pas possible, selon Dieu, de les y associer. Si « ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu » (Rom. 8:8), encore moins peuvent-ils l’adorer ! — Les enfants de Dieu qui rendent culte ne peuvent le faire que par la puissance du Saint Esprit mettant en exercice les activités du nouvel homme ; ce qui est de la chair dans le croyant — le vieil homme — ne peut rien présenter que Dieu puisse accepter : Dieu ne peut rien recevoir qui vienne de l’homme comme tel puisqu’Il ne donne qu’une seule place à l’homme naturel, la mort !

C’est par le Saint Esprit que le croyant adore : « nous... rendons culte par l’Esprit de Dieu » (Phil. 3:3). Un homme qui se débat dans les angoisses que Rom. 7 nous dépeint — bien qu’il s’agisse de quelqu’un qui possède la vie de Dieu — n’est pas en état d’adorer. C’est seulement lorsqu’il a connu la délivrance (7:24), lorsque le Saint Esprit, habitant en lui, met en activité le nouvel homme, qu’il est rendu capable de le faire. Il jouit alors de sa relation avec Dieu comme Père (8:15) ce qui est indispensable pour être en état de rendre culte, car c’est le Père qui cherche des adorateurs (Jean 4:23).

Nous avons dit que, sous l’ancienne économie, le culte était offert à l’autel d’or, dans le lieu saint. Dans ce lieu, tout était d’or (le chandelier) ou recouvert d’or (la table des pains de proposition et l’autel de l’encens) : en figure, on n’y voyait que la justice et l’excellence de la personne de Christ. Le chap. 25 du livre de l’Exode ne nous parle que de deux ustensiles du lieu saint : la table et le chandelier ; il n’y est rien dit de l’autel d’or. Pour qu’il pût être question de cet autel, il fallait d’abord que l’autel d’airain eût été introduit (chap. 27) : là, nos péchés ont été réduits en cendres et « Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair » (Romains 8:3). Il fallait ensuite que la sacrificature eût été instituée (chap. 28 et 29) : il n’y a pas de culte sans adorateurs et il ne peut pas y avoir d’adorateurs si la question du péché n’a pas été réglée. Les sacrificateurs nous sont présentés, dans ces deux chapitres de l’Exode, comme unis à Christ (Lui, pur et sans tache, a pu être oint sans qu’il y eût préalablement effusion de sang), lavés d’eau, aspergés de sang et oints d’huile : ils sont ainsi rendus capables de remplir leur service à l’autel d’or — en figure, les adorateurs peuvent offrir un culte selon Dieu et à Dieu, dans la puissance du Saint Esprit.

 

1.1.3       En quoi consiste la préparation du culte ?

Exode 30, qui nous occupe de l’autel d’or, nous parle aussi de la cuve d’airain. Elle était placée entre les deux autels, après l’autel d’airain et avant l’autel d’or. Les sacrificateurs devaient s’y laver les mains (image de nos œuvres) et les pieds (qui se rapportent à notre marche) avant d’entrer dans le lieu saint, « afin qu’ils ne meurent pas » (v. 17 à 21). Combien donc était grave, pour les sacrificateurs, le fait de venir à l’autel d’or sans avoir procédé à ce lavage à la cuve d’airain ! C’était pour eux la mort. Que veulent dire ces choses pour ce qui nous concerne ? Pour être constitués sacrificateurs, nous avons d’abord été lavés d’eau ; c’est le lavage initial qui n’a pas à être renouvelé : « les cœurs par aspersion purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’eau pure », nous pouvons nous approcher, ayant « une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair... » (Héb. 10:19 à 22). Tandis que le premier tabernacle avait encore sa place, le chemin des lieux saints n’avait pas encore été manifesté ; mais Christ est venu, « souverain sacrificateur des biens à venir » et « avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle ». Il « n’est pas entré dans les lieux saints faits de main, copies des vrais, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu ». De sorte que, si les sacrifices lévitiques ne pouvaient jamais « rendre parfaits ceux qui s’approchent », Christ, « par une seule offrande... a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés ». C’est ainsi que nous pouvons être exhortés à nous approcher puisque nous avons maintenant « une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints » (Héb. 9:8, 9, 11, 12, 24 ; 10:1, 14, 19 à 22).

Mais dans notre marche, nous contractons de la souillure et rien de souillé ne peut avoir accès dans le saint lieu où tout est d’or, ou recouvert d’or ! Il faut donc que la souillure soit ôtée ; c’est là le but de ce que nous présente en type le lavage des mains et des pieds à la cuve d’airain.

Notre culte est souvent empreint d’une grande faiblesse : que de fois nous arrive-t-il de ne pas atteindre l’autel d’or ! Si nous nous arrêtons à l’autel d’airain — nous limitant ainsi à remercier Dieu de nous avoir donné son Fils pour nous délivrer de la puissance de Satan et régler la question de nos péchés — c’est parce que nous savons peu ce qu’est le lavage à la cuve d’airain. Souvenons-nous qu’elle était placée entre l’autel d’airain et l’autel d’or ! Nous perdons de vue le véritable caractère du culte lorsque nous ne dépassons pas l’autel d’airain ; nous avons alors tendance à ramener tout à nous-mêmes : nous pensons à notre état misérable, à l’œuvre de la croix pour nous en délivrer, à nos privilèges et à nos bénédictions — nous rendons grâces à Dieu parce que Christ est mort pour nos péchés, ressuscité pour notre justification et parce qu’Il a fait de pauvres pécheurs perdus de vrais adorateurs... Et nous pensons que c’est là le vrai culte ! Nous ne parlons pas de ce que l’on appelle un « culte » dans la chrétienté où on désigne par ce terme toute réunion, quelle qu’elle soit, au cours de laquelle on écoutera peut-être un sermon ou une leçon de morale ! Nous parlons de ce que l’on croit être un culte parce que l’on a remercié Dieu d’avoir frappé son Fils à notre place à la croix du Calvaire et de nous avoir ainsi donné une part avec Lui dès maintenant et pour l’éternité. Nous ne voulons certes pas dire qu’il ne convienne pas de le faire ! Certes, pour exalter la grâce de Dieu, magnifier son amour, louer Celui qui a accompli une œuvre aussi merveilleuse, il convient de rappeler l’état dans lequel nous étions et de dire ce que Christ a fait pour nous et de nous. Et n’oublions pas que sur l’autel d’airain brûlait l’holocauste, sacrifice de bonne odeur, type de Christ s’offrant dans sa perfection. Il faut cependant aller plus loin... Il faut aller jusqu’à l’autel d’or pour rendre à Dieu le vrai culte qu’Il attend de nous. Mais on ne peut atteindre l’autel d’or sans passer à la cuve d’airain !

Si même nous savons ce que représente la cuve d’airain, comprenons-nous bien comment nous devons y effectuer le lavage de nos mains et de nos pieds ? C’est une remarque parfois entendue : je ne voudrais pas venir au culte sans avoir procédé au jugement nécessaire, typifié par la cuve d’airain ; et le samedi soir ou le dimanche matin, je ne manque pas de le faire. La pensée est bonne, mais au fond, c’est mal comprendre le lavage à la cuve d’airain ! Pouvons-nous, à la fin de la semaine, nous rappeler tout ce qui doit être ôté pour que nous puissions venir à l’autel d’or ? Ce que nous avons pu faire en désobéissance à Dieu, nos mauvaises pensées, tout cela est-il présent à notre esprit le samedi soir ou le dimanche matin ? Hélas ! nous oublions si rapidement, surtout quand il s’agit de nos manquements... Que de choses non jugées alors, qui sont un obstacle à la célébration du culte ! Ce n’est même pas chaque soir qu’il convient d’aller à la cuve d’airain, c’est de façon constante, sans retard, si nous nous sommes laissé aller à une pensée ou à un acte qui ne peuvent supporter la lumière de Dieu, et, par conséquent, nous privent de la jouissance de la communion avec Lui. « Mourir », dans vers. 20 et 21 d’Exode 30, c’est pour nous aujourd’hui, perdre la jouissance de la communion avec le Seigneur. Si nous savions mieux ce qu’est la cuve d’airain et si nous y lavions nos mains et nos pieds chaque fois que nous avons contracté quelque souillure, nous jouirions d’une vraie communion avec le Seigneur et nous serions rendus capables d’aller jusqu’à l’autel d’or pour offrir à Dieu le culte qui Lui est dû. Quelle joie pour nos cœurs, quelle gloire pour Lui !

C’est ainsi que l’on « prépare » chaque jour le culte que nous avons à rendre tout spécialement le premier jour de la semaine, lorsque nous sommes réunis en assemblée pour cela. (N’oublions pas, en effet, que si nous sommes exhortés à louer Dieu sans cesse — cf. Héb. 13:15 — le vrai culte offert à l’autel d’or est l’acte collectif de l’assemblée). Mais dans cette « préparation », il n’y a pas que la cuve d’airain, il y a également les corbeilles à remplir ! Les deux choses sont liées : si nous savons pratiquement ce qu’est la cuve d’airain, nous remplirons nos corbeilles ; dans le cas contraire, nous viendrons dans le rassemblement, le dimanche matin, avec des corbeilles vides ou à peu près, et nous ne dépasserons pas l’autel d’airain !

Pour remplir sa corbeille (Deut. 26), il faut d’abord être « entré dans le pays » : c’est dans le ciel que déjà, en Christ, nous sommes entrés, « bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » car « Dieu... nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » (Éph. 1:3 ; 2:4-6). Il faut ensuite « posséder le pays » : par la foi, jouir du ciel comme de ce qui nous appartient ; il est notre héritage et nous en avons reçu les arrhes, savoir le Saint Esprit qui nous occupe de Christ dans le lieu où Il est maintenant (Éph. 1:14). Enfin, il est nécessaire d’habiter le pays : non pas nous trouver dans le ciel quelques instants, de loin en loin, mais y demeurer constamment ; chercher les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu — penser aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre (Col. 3:1, 2). Ces trois conditions remplies, nous pourrons prendre « des prémices de tous les fruits » : c’est tout ce que nous aurons vu, connu et reçu de Lui en étant occupés et nourris de sa Personne ! L’Israélite devait alors mettre ces fruits dans une corbeille et venir au lieu que Dieu avait choisi pour y faire habiter son Nom : ayant préparé non pas un discours, mais nos cœurs afin qu’ils soient disposés à la louange, nous nous rendrons « là où deux ou trois sont assemblés en son nom » et nous présenterons nos corbeilles, remplies des fruits recueillis. C’est le sacrificateur qui prend la corbeille et la pose devant l’autel de l’Éternel : nous avons « un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu » (Héb. 10:21) et c’est par Lui que nous pouvons offrir à Dieu un sacrifice de louanges, « le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13:15). Comme autrefois Aaron portait « l’iniquité des choses saintes que les fils d’Israël avaient sanctifiées » (Ex. 28:38), Christ « grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu » purifie nos louanges — tellement marquées d’imperfections — afin que Dieu puisse les agréer. N’est-Il pas aussi Celui qui entonne la louange dans l’Assemblée (Ps. 22:22), de telle sorte qu’Il nous associe à Lui dans l’adoration qui s’élève vers le Père ?

Combien peu nous savons réaliser cette « préparation » du culte ! Et, dans une large mesure, c’est parce que, pratiquement, nous savons très mal ce qu’est le lavage à la cuve d’airain. Comment nous étonner alors de voir nos corbeilles aussi peu remplies ? Comment nous étonner de notre faiblesse quand nous sommes réunis pour adorer ?

Signalons encore un point qui se rattache à la « préparation » du culte. Si un frère a péché contre un autre et si la chose n’a pas été réglée, l’assemblée ne pourra rendre culte comme il convient, le Saint Esprit, contristé, ne pouvant agir librement. Que faut-il faire dans un cas semblable ? Ce que la Parole nous enseigne : « Si ton frère pèche contre toi, va, reprends-le, entre toi et lui seul ; s’il t’écoute, tu as gagné ton frère... » (Matt. 18:15). — Et si un frère sait qu’un autre « a quelque chose contre lui », il doit également aller régler la difficulté avant de venir offrir son don à l’autel (Matt. 5:23, 24). — Il va sans dire que ces enseignements nous sont donnés pour des cas susceptibles de troubler la communion à la Table du Seigneur. N’y aurait-il pas un danger certain à vouloir obtenir une pleine et parfaite identité de vues sur tous les points et à en faire une question de communion à la Table du Seigneur ? Certes ce serait très beau si tous les frères et sœurs avaient une même pensée (la pensée de Dieu) sur tous les sujets et il en serait ainsi si nous demeurions constamment dans la dépendance de l’Esprit, ne nous laissant enseigner et diriger que par lui — si nous écoutions « ce que l’Esprit dit aux assemblées ». Comme nous sommes loin de le réaliser ! Ne perdons pas de vue qu’en raison de l’infirmité qui nous caractérise les uns et les autres,notre frère peut avoir une appréciation différente de la nôtre sur bien des points desquels nous ne pouvons faire une question de communion à la Table du Seigneur. — Sans aucun doute, plus il y aura de communion avec Dieu et entre les adorateurs, plus le niveau du culte sera élevé, car le Saint Esprit pourra agir avec plus de puissance s’il y a plus de communion (c’est en effet la preuve qu’il y a une plus grande dépendance de l’Esprit). Nous pouvons désirer qu’il y ait la plus large communion possible ; elle ne peut être réalisée à un haut degré que dans la mesure où les frères et les sœurs, prenant « la nourriture solide » des « hommes faits », possèdent le discernement spirituel qui en découle. Il serait vain de vouloir produire l’effet sans agir sur la cause : « avançons vers l’état d’hommes faits » (Héb. 5:12 à 14 ; 6:1). Nous aurons alors « les sens exercés à discerner le bien et le mal » ; rejetant résolument le mal et faisant le bien, nous jouirons d’une profonde et réelle communion avec Dieu. Habitant le pays, n’oubliant pas le lavage à la cuve d’airain, nous serons en état de rendre culte selon la pensée de Dieu, faisant fumer l’encens sur l’autel !

 

1.2   Autel d’or — Feu étranger

ME 1951 p. 113-119

1.2.1       Autel d’or

C’est à l’autel d’or que l’on offre à Dieu le culte qu’Il attend de ceux pour lesquels Il a donné son Fils. Cet autel était de bois de sittim recouvert d’or (Christ, Homme et Dieu tout à la fois). Le sacrificateur ne voyait dans l’autel — comme aussi d’ailleurs dans le lieu saint — que l’or (l’excellence du Saint Fils de Dieu, ses gloires et sa justice) et Dieu ne voyait que l’or ! Tel est le caractère du vrai culte : Christ, seul Objet et du cœur de Dieu et du cœur des rachetés ! Sur cet autel, il fallait faire fumer l’encens, tandis que les lampes étaient « arrangées » et « allumées » (Ex. 30:7, 8). Ce sont les lampes dont il est parlé au chap. 25 de ce livre de l’Exode (v. 37). Les lampes symbolisent la manifestation de ce que Dieu est et cela ne peut être réalisé que par la puissance du Saint Esprit ; en Christ, homme parfait sur la terre, la vie de Dieu a été pleinement manifestée, Dieu a été vu en Lui. De la même façon, Il doit l’être maintenant en chaque croyant comme aussi dans l’Église. (Les sept assemblées d’Asie — Apoc. 2 et 3 — qui retracent symboliquement l’histoire de l’Église responsable sur la terre pendant le temps de l’absence du Seigneur, sont comparées à « sept lampes d’or » — Apoc. 1:12, 13, 20). Christ, le chandelier (Ex. 25:31 à 36) est la lumière du monde, nous sommes lumière dans le Seigneur. Pour que l’encens puisse être brûlé sur l’autel, il faut que les lampes soient allumées et pour qu’elles puissent être allumées, il faut les arranger. Ces lampes, alimentées par l’huile (figure du Saint Esprit), ne peuvent donner parfois qu’une très faible lumière, parce qu’il y a des cendres. Pour que la lumière brille, les cendres doivent tomber d’elles-mêmes : c’est, en figure, le résultat du jugement de nous-mêmes auquel nous amène le Saint Esprit. Chaque fois que cela est nécessaire, le Saint Esprit est un Esprit de répréhension qui agit pour nous faire juger tout ce qui est de la chair en nous ; si nous le laissons remplir ce service, les cendres tomberont d’elles-mêmes. Mais, rien ne doit souiller le saint lieu : elles tombent dans des vases à cendres, recouverts d’or pur. N’arrive-t-il pas cependant, hélas ! que nous opposions notre propre volonté à l’action de l’Esprit, lorsque cet hôte divin veut remplir le service dont nous venons de parler ? Il faut alors les mouchettes (Ex. 25:38). Dieu se sert des mouchettes pour ôter les cendres ; Il nous discipline pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté (Héb. 12:10). Nous pouvons ainsi faire briller la lumière de Christ dans ce monde. Les lampes allumées et arrangées — et combien est nécessaire à cet égard le service de notre grand souverain sacrificateur, dont Aaron est un type —, nous sommes rendus capables de faire fumer l’encens sur l’autel d’or.

Cet encens était consumé sur l’autel sous l’action du feu et c’était le feu de Dieu qui devait le faire brûler. Pris sur l’autel d’airain, ce feu a été allumé du ciel (Lévitique 9:24). Faire brûler l’encens avec un autre feu que celui-là, c’est se servir d’un feu étranger et cela, Dieu ne peut pas l’accepter. Le chapitre 10 du Lévitique nous donne bien des enseignements à cet égard.

 

1.2.2       Feu étranger

Dans les sept premiers chapitres de ce livre, il est question des sacrifices qui devaient être offerts selon la loi et qui étaient une figure du sacrifice parfait du vrai Agneau de Dieu ; les divers sacrifices de l’ancienne économie font ressortir les différents aspects du sacrifice de Christ. Puis, dans les chapitres 8 et 9, nous avons la sacrificature. Une expression est répétée tout au long de ces deux chapitres : « c’est ici ce que l’Éternel a commandé de faire » ou encore, sous d’autres formes, par exemple : « comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse » (8:4, 5, 13, 17, 21, 29, 31, 34, 35, 36 ; 9:5, 6, 7, 10, 21). Comme en toutes choses, dans l’exercice de la sacrificature tout doit être fait en parfaite obéissance à la Parole. S’il en est ainsi, la gloire divine nous apparaîtra : « Et` Moïse dit : C’est ici ce que l’Éternel a commandé ; faites-le, et la gloire de l’Éternel vous apparaîtra » (Lév. 9:6). Tandis qu’au contraire, faire « ce qu’Il ne leur avait pas commandé » entraîne l’exercice du gouvernement de Dieu (Lév. 10:1). Quel contraste saisissant !

Au verset 6 du chapitre 8, nous voyons Aaron et ses fils lavés avec de l’eau, c’est-à-dire : Christ et l’Église, considérés dans les pensées et conseils de Dieu de toute éternité, sanctifiés. Pour la réalisation de ces conseils, nous avons ensuite : au verset 7, Aaron vêtu des saints vêtements : Christ envoyé dans le monde — au verset 12, l’huile de l’onction versée sur la tête d’Aaron pour le sanctifier : Christ oint de l’Esprit saint et de puissance — dans les versets 14 à 29, la présentation et l’acceptation du sacrifice ; là il est question de l’efficace du sang qui devait être mis sur le lobe de l’oreille droite (écouter), le pouce de la main droite (servir) et le gros orteil du pied droit (marcher) d’Aaron et de ses fils — dans les versets 30 à 36, l’onction des fils d’Aaron considérés comme identifiés avec lui. Pour que cette onction pût être faite, il fallait que le sang eût été répandu, tandis que l’onction d’Aaron seul (v. 12) ne nécessitait pas l’aspersion préalable du sang. Nourris de Christ (v. 31) et cachés avec Lui, les croyants attendent le huitième jour où Il sera manifesté en gloire et eux avec Lui. C’est dans le chapitre 9 qu’il est parlé de ce huitième jour, type du jour millénaire ; nous voyons là, en figure, le peuple d’Israël amené à la pleine jouissance de l’expiation accomplie. Moïse et Aaron (en type : Christ, Roi et Sacrificateur) sortent de la tente d’assignation et bénissent le peuple. Et la gloire de l’Éternel apparut à tout le peuple, comme Moïse l’avait annoncé (v. 6 et 23). Le feu du ciel consume l’holocauste sur l’autel ! Le peuple pousse des cris de joie et se prosterne... Quelle scène ce dut être !

Mais voilà tout aussitôt un changement complet ! L’Éternel avait donné des enseignements à son peuple concernant les sacrifices et l’exercice de la sacrificature ; sa parole avait eu de l’autorité sur tous les cœurs et, dans l’obéissance à cette parole, la sacrificature avait été exercée de telle façon que la gloire de l’Éternel était apparue à tous les yeux. Et immédiatement après, il est question d’une scène de jugement ! Quelle faute avaient donc commis les sacrificateurs ? Ils avaient présenté « devant l’Éternel un feu étranger, ce qu’il ne leur avait pas commandé » (10:1). Ils n’étaient pas de faux sacrificateurs ; ils étaient bien des fils d’Aaron et remplissaient les fonctions auxquelles ils avaient été appelés, mais ils s’écartaient de ce que l’Éternel avait commandé ! Combien cela devrait nous rendre attentifs et nous conduire à mieux réaliser ce que Dieu attend de nous dans l’exercice du culte !

Le véritable culte doit être célébré avec de l’encens pur et un feu pur. Le feu descendu du ciel avait consumé le sacrifice à l’autel d’airain et c’était là que le sacrificateur devait prendre le feu pour faire brûler l’encens à l’autel d’or (Lév. 9:24 ; 16:12). À l’autel d’airain, en figure, le vieil homme a été mis à mort, ayant été crucifié avec Christ : « nous avons été identifiés avec lui dans la ressemblance de sa mort » (Rom. 6:5). Dans le culte, ce qui est de l’homme naturel ne peut donc avoir aucune place ; tout ce qui vient de l’homme dans la chair est un « feu étranger ». Si le feu est pris à l’autel d’airain, il n’est pas question de l’homme dans la chair puisque c’est précisément là que son histoire a pris fin dans la mort. Le croyant ne peut donc adorer que dans la puissance du Saint Esprit : ce qui est de Dieu en lui — le nouvel homme — peut présenter à Dieu, par l’Esprit de Dieu, la personne excellente du Saint Fils de Dieu. C’est le caractère du vrai culte !

Une action qui n’est pas exercée dans la dépendance du Saint Esprit est un « feu étranger », car ce qui ne vient pas de l’Esprit ne peut provenir que de la chair. Indiquer un cantique mal à propos, sans être conduit en cela par le Saint Esprit ; lire une portion de la Parole de Dieu, si précieuse soit-elle, alors qu’il est manifeste qu’elle est bien loin du courant de pensées dans lequel l’Esprit dirige l’assemblée, tout cela n’est-il pas un « feu étranger » ? Certes, nous avons une entière liberté pour entrer dans les lieux saints, mais avec quelle crainte devons-nous le faire et y demeurer ! Et quel exercice pour prendre une action quelconque, pour rester dans la dépendance du Saint Esprit, pour éviter de faire brûler l’encens avec un « feu étranger » ! Toute action déplacée dans le culte contriste le Saint Esprit et peut même l’éteindre tout à fait ; elle pèse sur l’assemblée dans la mesure où il y a de la spiritualité, et quelle tristesse elle peut produire dans les cœurs quand l’assemblée, qui adorait sur la montagne, présentant à Dieu ce qui Lui est dû, se trouve empêchée de poursuivre l’exercice d’une fonction aussi élevée !

 

Les chapitres 8 et 9 du livre du Lévitique, tableau de tout ce qui est fait par la sacrificature en obéissance à ce que Dieu a commandé, se terminent par la description de la scène au cours de laquelle la gloire de l’Éternel apparut à tout le peuple, le feu sortant de devant l’Éternel pour consumer le sacrifice sur l’autel. Au début du chapitre 10, le feu sort de devant l’Éternel, mais, cette fois, c’est pour dévorer Nadab et Abihu, les deux fils d’Aaron qui avaient pris un feu étranger pour faire fumer l’encens, « ce qu’il ne leur avait pas commandé ». Nous ne sommes sans doute plus sous l’économie mosaïque et Dieu n’envoie plus le feu du ciel pour dévorer des sacrificateurs qui offrent de l’encens avec un feu étranger. Mais cependant nous avons là un enseignement qui nous montre quelle autorité devrait avoir sur chacun de nous ce qui a été commandé et quelle offense à Dieu est la présentation d’un culte qui n’est que le produit de l’activité de l’homme naturel et qui, en fait, n’est pas le culte ! Il ne faut pas oublier d’ailleurs que Dieu peut intervenir dans son gouvernement, même dans l’économie actuelle : 1 Cor. 11:30 ne laisse aucun doute à cet égard.

En présence d’un tel jugement de Dieu, « Aaron se tut ». Quelle épreuve pour lui et comme chef de famille et comme chef de la sacrificature ! Il est là, deux de ses fils dévorés par le feu du ciel — Nadab et Abihu — et deux autres à ses côtés, étreints par la même douleur — Éléazar et Ithamar. Mais il n’ouvre pas la bouche ! Ni plainte, ni murmure ! C’est une entière soumission à la volonté de Dieu. « Je suis resté muet, je n’ai pas ouvert la bouche, car c’est toi qui l’as fait » (Ps. 39:9). Et les corps de ses deux fils, consumés par le feu du ciel, sont emportés « dans leurs tuniques » : les corps dévorés, mais les vêtements de la sacrificature intacts, c’était bien la preuve que Nadab et Abihu avaient été atteints par un jugement de Dieu. Il ne restait donc plus qu’une forme extérieure sans aucune réalité. N’est-ce pas, hélas ! ce qui caractérise tant de soi-disant cultes dans la chrétienté, aujourd’hui ? Et n’est-ce pas un danger à l’égard duquel nous avons à veiller ? Ne risquons-nous pas de n’observer qu’une forme extérieure, sans qu’il y ait aucune réalité dans notre culte ?

Les versets 8 à 11 de ce chapitre rappellent l’enseignement donné par l’Éternel à Aaron : « Vous ne boirez point de vin ni de boisson forte, toi et tes fils avec toi, quand vous entrerez dans la tente d’assignation, afin que vous ne mouriez pas. C’est un statut perpétuel, en vos générations afin que vous discerniez entre ce qui est saint et ce qui est profane, et entre ce qui est impur et ce qui est pur... ». Le vin est un excitant pour la chair et cette excitation de la chair peut ressembler, à certains égards, dans ses effets extérieurs, aux manifestations provenant de l’action du Saint Esprit (cf. Actes 2:4, 13). C’est pourquoi il nous est dit : « Et ne vous enivrez pas de vin, en quoi il y a de la dissolution ; mais soyez remplis de l’Esprit... » (Éph. 5:18). En d’autres termes : ne donnez aucun aliment ou excitant à la chair ; qu’il n’y ait en vous d’autre action que celle du Saint Esprit, afin que seules soient en exercice les affections du nouvel homme.

 

1.3   Huile pour l’onction sainte — Encens des drogues odoriférantes.

ME 1951 p. 141-146

1.3.1       Composition

1.3.1.1              Huile pour l’onction sainte

Dans le vrai culte, il convient de présenter avec un feu pur, un encens pur — c’est-à-dire : présenter, par la seule puissance du Saint Esprit, l’excellence de la personne de Christ. À la fin du chapitre 30 du Livre de l’Exode, qui nous parle de l’autel d’or et de la cuve d’airain, il est question de l’huile pour l’onction sainte et de l’encens des drogues odoriférantes. L’huile pour l’onction sainte est une figure du Saint Esprit qui rend témoignage à tous les adorateurs d’un Christ qui a souffert. Elle était composée de quatre substances différentes : la myrrhe, le cinnamome aromatique, le roseau aromatique et la casse. La « myrrhe franche » nous parle des souffrances de Christ. Elle s’écoule par des blessures faites à l’arbre à myrrhe. C’est l’un des parfums qui furent apportés à Celui qui venait dans ce monde, petit enfant dans la crèche de Bethléhem, pour souffrir et mourir sur une croix, — c’est encore l’un des parfums qui entraient dans la composition de la mixtion préparée par Nicodème, lorsqu’allait être placé dans le sépulcre neuf le corps de Celui qui venait d’endurer les souffrances ignominieuses du Calvaire et de donner sa vie pour le salut des coupables et pour la gloire de Dieu ! (Matt. 2:11 ; Jean 19:39). C’est encore l’un des parfums qui embaumera, dans le jour de sa gloire, quand sera réalisé ce qu’écrit le Psalmiste : « Tous tes vêtements sont myrrhe, aloès, et casse, quand tu sors des palais d’ivoire d’où ils t’ont réjoui » (Ps. 45:8). — Le cinnamome aromatique provient du cinnamome qui est aussi appelé l’arbre odorant ; toujours vert, il répand une odeur agréable : image de Christ, homme parfait sur la terre, duquel se dégageait sans cesse un parfum de bonne odeur pour son Dieu. — Le roseau symbolise la faiblesse humaine : c’est dans la faiblesse que Christ a cheminé ici-bas. Il était là, vrai homme, rencontrant la contradiction des pécheurs contre Lui-même, n’ayant pas un lieu où reposer sa tête, connaissant la faim et la soif ; Il était là, vrai homme, dans le jardin de Gethsémané, dans l’angoisse du combat, « et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant » (Luc 22:39 à 44). Quel parfum pour Dieu ! Le parfum du roseau aromatique... Le cinnamome aromatique et le roseau aromatique sont en quelque sorte inséparables (deux cent cinquante sicles de chacun d’eux — cinq cents sicles de myrrhe franche et de casse) : les perfections de Christ comme homme lui faisaient rencontrer l’opposition du monde et c’est alors que, traversant une telle scène dans la faiblesse qui le caractérisait comme homme, montait devant Dieu le parfum du roseau aromatique. — La casse est le fruit d’un grand et bel arbre. Ce parfum nous parle de la grandeur de Christ. Comme Il sera grand dans le jour où les paroles du Psalmiste seront réalisées (Ps. 45:8). Mais aussi comme Il fût grand dans son abaissement ! Toutes les scènes des Évangiles nous dépeignent cette grandeur de l’homme Christ Jésus, Dieu manifesté en chair !

Tout cela, c’est ce dont le Saint Esprit veut sans cesse remplir nos cœurs et, particulièrement, quand nous sommes réunis pour adorer dans le sanctuaire. Il veut nous occuper de Christ dans tout ce que typifient la myrrhe franche, le cinnamome aromatique, le roseau aromatique et la casse, afin que nos cœurs puissent rendre le culte que Dieu attend de nous, faisant monter devant Lui le parfum d’agréable odeur.

 

1.3.1.2              Encens des drogues odoriférantes

Quand il est question de l’encens des drogues odoriférantes (v. 34) nous commençons à nous occuper des parfums qui ne se flairent que dans les cieux ! Ces parfums sont au nombre de quatre : le stacte, la coquille odorante, le galbanum et l’encens pur. C’est une terre sainte sur laquelle on ne peut avancer qu’avec des pieds déchaussés... Un encens « consacré à l’Éternel » que Lui seul peut flairer ! « Quiconque en fera de semblable pour le flairer, sera retranché de ses peuples » (v. 37, 38).

Dans le stacte, nous avons, en figure, ce qu’il y a de plus caché aux yeux des hommes dans les souffrances de Christ. Qui peut comprendre, si ce n’est Dieu seul, ce que Christ a dû souffrir comme homme ici-bas, le juste parmi les injustes, la lumière au milieu des ténèbres — ce qu’a été pour Lui le combat solitaire qu’Il a livré en Gethsémané ? Qui peut mesurer la profondeur de ses souffrances sur la croix, de la troisième heure à la sixième heure de la part des hommes et, ensuite, de la sixième heure à la neuvième heure quand Il fut abandonné de Dieu ? Seul Dieu peut sonder un tel abîme de douleurs et quel parfum montait vers Lui tandis qu’Il considérait son Fils bien-aimé traversant de telles souffrances ! — La coquille odorante, parfum provenant d’un coquillage que l’on trouve au fond des mers, nous parle de Celui qui a dû dire, par l’Esprit prophétique : « les eaux me sont entrées jusque dans l’âme. Je suis enfoncé dans une boue profonde, et il n’y a pas où prendre pied ; je suis entré dans la profondeur des eaux, et le courant me submerge ». — « Un abîme appelle un autre abîme à la voix de tes cataractes ; toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi ». — « Tu m’as jeté dans l’abîme, dans le cœur des mers, et le courant m’a entouré ; toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi. Les eaux m’ont environné jusqu’à l’âme, l’abîme m’a entouré, les algues ont enveloppé ma tête » (Ps. 69 :1, 2 ; 42:7 ; Jonas 2:4 et 6). Dieu pouvait considérer au sein des abîmes Celui qui était « son compagnon », le « Fils de son amour », la joie et les délices de son cœur de toute éternité et un parfum d’agréable odeur montait vers Lui ! — Le galbanum qui a une odeur désagréable et une saveur âcre se mélange avantageusement avec d’autres parfums : Christ est « une odeur de mort pour la mort » (le nom de Jésus est comme une odeur désagréable pour l’incrédule ; il ne veut pas en entendre parler !), mais il est aussi « une odeur de vie pour la vie » (cf. 2 Cor. 2:15, 16). — Enfin, la quatrième des substances qui entraient dans la composition de l’encens des drogues odoriférantes était l’encens pur. L’encens nous présente, en figure, la bonne odeur de Christ pour Dieu, l’excellence de sa personne, son intercession et ses perfections. Sur l’offrande de gâteau (tout ce que Jésus était dans sa perfection comme homme ici-bas) il fallait mettre de l’encens (Lév. 2:1, 2 et 16) ; il fallait aussi en mettre sur les douze gâteaux qui étaient placés sur la table pure (Lév. 24:7) : ces douze gâteaux typifiaient Israël, dans ses douze tribus, présenté devant Dieu enveloppé par tout le parfum de Christ ; ils sont l’image des croyants dans la position parfaite qui est la leur, en vertu de l’œuvre et des perfections de Christ. C’est le même parfum, celui de l’encens, qui montait vers Dieu quand Il considérait Christ homme parfait sur la terre et qui monte aujourd’hui vers Lui quand Il voit, en Christ, ceux qui Lui appartiennent comme fruits de l’œuvre de la croix.

 

1.3.2       Utilisation

1.3.2.1              Huile de l’onction

L’huile de l’onction devait être répandue sur la tête du souverain sacrificateur, sur les différents objets du tabernacle et sur la famille sacerdotale. Cette dernière onction ne pouvait être faite qu’avec du sang ; l’aspersion du sang étant faite, nous sommes ensuite oints de la même manière que Christ et l’odeur agréable qui s’élève devant Dieu est comme celle qui s’élève de la tête de notre souverain sacrificateur. Oints de la même huile que Christ (bien qu’il reste toujours vrai qu’Il est « oint d’une huile de joie au-dessus de ses compagnons » — Ps. 45:7) et, d’autre part, les douze gâteaux étant recouverts du même encens pur que celui qui était placé sur l’offrande de gâteau, nous sommes rendus agréables dans le Bien-aimé et nous pouvons ainsi adorer dans le sanctuaire ! « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ; selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour, nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle il nous a rendus agréables dans te Bien-aimé... » (Éph. 1:3 à 6).

 

1.3.2.2              Encens des drogues odoriférantes

L’encens figure l’intercession et les perfections de Christ. C’est l’excellence de sa personne qui fait la valeur de son sacrifice ! Faire fumer l’encens sur l’autel, c’est présenter à Dieu toute l’excellence et toutes les perfections de l’homme Christ Jésus, dans sa vie et dans sa mort, dans son triomphe et dans la position qu’Il occupe maintenant à la droite de Dieu, couronné de gloire et d’honneur ! Cela, c’est le vrai culte, rendu selon la pensée de Dieu, dans l’obéissance aux enseignements de sa Parole.

 

1.3.3       Conclusion

N’être occupés de nous-mêmes, ni pour rappeler notre misère ni pour parler de nos bénédictions — si nous le faisons, c’est seulement pour exalter Celui qui nous a pris si bas pour nous élever si haut ! — n’être occupés que de Christ, de l’excellence de sa personne, de ce qu’Il a été pour Dieu, dans sa vie, dans sa mort, dans sa résurrection... Ah ! si, comme Marie, nous apprenions à ses pieds, nous viendrions avec un vase d’albâtre plein d’un parfum de nard pur de grand prix et la maison serait remplie de l’odeur du parfum 

 

Culte béni d’un cœur qui t’aime,

Encens dont le ciel est rempli...

 

1.4   « En quoi avons-nous méprisé ton nom ?

ME 1951 p. 169-176

Avant de lui présenter son Messie, l’Éternel a fait adresser un dernier message à Israël par le moyen du prophète Malachie. Ce Livre du prophète Malachie dépeint la ruine morale du peuple et le tableau qu’il en fait paraît constituer l’illustration de ce qui concerne aujourd’hui la chrétienté professante. Ce qui est probablement le plus grave dans l’état d’Israël, comme dans celui de la profession chrétienne de nos jours, c’est que ce peuple n’a nullement conscience de ce qui le caractérise. Les questions qu’il pose nous le montrent bien : « En quoi nous as-tu aimés ? » — « En quoi avons-nous méprisé ton nom ? » — « En quoi t’avons-nous profané ? » — « En quoi t’avons-nous fatigué ? » — « En quoi retournerons-nous ? » — « En quoi te frustrons-nous ? » — « Qu’avons-nous dit contre toi ? » (Malachie 1:2, 6, 7 ; 2:17 ; 3:7, 8, 13). Israël aurait dû « craindre » et « honorer » Dieu (1:6) comme devraient le faire aussi aujourd’hui ceux qui se réclament de son Nom. Au lieu de cela, son Nom est méprisé et, en réponse au reproche que Dieu est contraint de lui faire, le peuple répond : « En quoi avons-nous méprisé ton nom ? » — Quel aveuglement ! C’est celui-là même qui caractérise Laodicée, dernière phase de l’histoire de l’Église responsable sur la terre pendant le temps de l’absence du Seigneur (Apoc. 3:17 à 20) : Christ laissé dehors, on se glorifie cependant de ses prétendues richesses et l’on déclare n’avoir besoin de rien ! — Son Nom est méprisé en ce que ceux qui auraient dû mettre sur la table pure, dans le lieu saint, le pain de proposition, fait de fine fleur de farine et recouvert d’encens pur (Ex. 25:23 à 30 ; Lév. 24:5 à 8), présentaient du pain souillé ! C’était une profanation ! Encore osent-ils dire : « En quoi t’avons-nous profané ? » Dieu leur déclare alors : « En ce que vous dites : La table de l’Éternel est méprisable ». Son Nom méprisé Sa table méprisée ! Et pour le sacrifice, qu’offrait-on ? Une bête aveugle, boiteuse ou malade, alors que l’Éternel demandait une victime « sans défaut » (Lév. 1:3, 10 ; 3:1, 6 ; 4:3, 23, 28, 32 ; 5:15, 18, 25).

Le peuple ne savait plus ce que l’Éternel avait ordonné pour la présentation des divers sacrifices et pour l’exercice de la sacrificature — combien son ignorance était coupable ! Elle explique les questions qu’il pose tout au long de ce Livre, mais ne peut pas excuser sa façon d’agir. La méconnaissance de ce que l’Éternel avait commandé l’avait inévitablement conduit à s’éloigner de ce que prescrivait la loi pour rendre culte et cet éloignement avait entraîné un oubli de plus en plus accentué des ordonnances mosaïques, avec comme conséquences l’aveuglement et l’endurcissement du cœur. — Qu’en est-il aujourd’hui, à cet égard, de la chrétienté professante ? D’une façon générale, on veut bien avoir « une religion » et on désire, plus ou moins, « la pratiquer » en assistant le dimanche à un office. On se rend, la plupart du temps, dans le « lieu de culte » où ont été parents et grands-parents. Mais s’est-on jamais posé la question suivante : est-ce que je rends culte selon les enseignements de la Parole de Dieu ? Et a-t-on d’abord cherché à les connaître pour savoir ensuite si l’on y obéit ? Hélas ! on ne se pose guère de questions dans la généralité des cas ; on agit par routine et ce que l’on appelle « culte » ressemble à bien des égards à ce qu’offrait le peuple au temps du prophète Malachie. Cela découle d’une ignorance qui est tout aussi coupable que celle d’Israël autrefois parce que Dieu a clairement révélé Sa pensée au sujet du culte et nous a fait connaître de quelle manière nous devions le rendre. Croire que la question du culte est laissée à l’appréciation de chacun, que l’on peut agir comme ses ancêtres ou suivant ce que l’on estime convenable, sans se préoccuper de ce que Dieu nous dit dans sa Parole, c’est au fond se conduire de telle sorte que l’on mérite les reproches adressés par l’Éternel à son peuple par la bouche de Malachie.

Que ceux qui, par la grâce de Dieu, ont eu le privilège d’être enseignés au sujet de tout ce qui concerne l’adoration « en esprit et en vérité », se demandent s’ils mettent en pratique ce qu’ils ont ainsi reçu. Peut-être en est-il qui sont ignorants, et coupables de l’être, mais ne sommes-nous pas coupables aussi lorsque nous savons et ne faisons pas ? Mépriser son Nom, mépriser sa Table sont des expressions qui pourraient nous amener à nous récrier, tellement elles sont fortes ; mais c’est Dieu qui les emploie dans sa Parole et il nous appartient de considérer, pour notre propre instruction, la nature des manquements qui le conduisent à formuler de semblables reproches à ceux qui se réclament de son Nom. Dans son aveuglement (c’est l’état qui caractérise généralement la fin d’une dispensation) le peuple d’Israël en était arrivé à un tel degré qu’il méconnaissait complètement la joie que procure la présence du Seigneur et la jouissance de sa communion ! C’est ce qui l’amenait à dire : « Voilà, quel ennui ! » (Mal. 1:12, 13).

Triste état que celui du peuple d’Israël à la veille du moment où son Messie allait lui être présenté ! Triste état que celui de la chrétienté professante à la veille du retour du Seigneur !

Dieu est frustré de ce qui Lui est dû, aussi bien pour ce qui concerne le culte que pour tout le service de sa maison. Ne pourrait-Il s’adresser à tant de ceux pour lesquels la « religion » n’est qu’une forme vide de réalité et leur dire comme jadis à son peuple : « Un homme frustrera-t-il Dieu ? Toutefois, vous me frustrez... » ? En ont-ils conscience en quelque mesure ? En aucune façon ! Le peuple répond : « En quoi te frustrons-nous ? » Ce serait sans doute la réponse de ceux qui ont cru adorer Dieu en assistant à tel ou tel office religieux.

Mais, parmi ceux qui professent rendre culte selon les enseignements de la Parole de Dieu, n’a-t-on jamais fait, à la sortie d’une réunion de culte, une réflexion du genre de celle-ci : « Quel bon culte nous avons eu ! Comme nous avons été bénis ! », alors que cependant l’Assemblée n’avait pas dépassé l’autel d’airain ? Dieu ne pourrait-Il alors nous déclarer : Mais vous n’avez pas rendu culte ainsi qu’il convenait ! Vous n’êtes pas venus jusqu’à l’autel d’or ! Vous n’avez pas fait fumer l’encens sur l’autel ! N’ai-je pas été frustré de ce qui m’était dû ? — N’arrive-t-il pas que nous soyons tellement convaincus d’avoir rendu culte selon la Parole — parce que nous avons été heureux et bénis dans le rassemblement, grâce infinie de notre Dieu pour laquelle nous avons certes bien sujet d’être reconnaissants ! — que nous ne nous posons même pas cette question : y avait-il quelque chose pour Dieu ? — Comme il est vrai que nous pensons surtout à nous-mêmes et qu’au lieu de venir apporter des corbeilles remplies, nous venons chercher bénédiction et rafraîchissement ! Nous croyons ainsi avoir rendu un culte selon Dieu !

En contraste avec l’état du peuple d’Israël, au sein même de ce peuple qui se réclame du nom de l’Éternel bien qu’il méprise son Nom, il y a un résidu fidèle : « Alors ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre, et l’Éternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Éternel, et pour ceux qui pensent à son nom » (Mal. 3:16). Tandis que le peuple n’honorait pas Dieu, ne manifestait pas la crainte qui lui est due et méprisait son Nom (1:6), le résidu fidèle est caractérisé par la crainte de l’Éternel et par le fait que chacun de ceux qui le composent pense à son Nom ! Tels sont les traits du témoignage philadelphien au terme de l’histoire de l’Église ! Peu de force sans doute, mais la Parole gardée et le Nom du Saint et du Véritable craint et honoré ! « Tu as peu de force, et tu as gardé ma parole, et tu n’as pas renié mon nom » (Apoc. 3:8). — Une promesse est faite au résidu : « Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Éternel des armées, au jour que je ferai ; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert ». Puis, l’Éternel s’adresse au peuple : « Alors vous reviendrez, et vous ferez la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas » (Mal. 3:17, 18). Privilège précieux que de faire partie de ce résidu fidèle qui craint Dieu et pense à son Nom ! Bienheureux « celui qui sert Dieu », qui le sert, en tout premier lieu, dans l’exercice de la sainte sacrificature, offrant « des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2:5) — dans le service élevé des fils de Lévi : « ils mettront l’encens sous tes narines et l’holocauste sur ton autel » (Deut. 33:10).

 

1.5   Marie de Béthanie

De Marie de Béthanie, quelqu’un a écrit : « Elle n’était pas venue pour entendre un sermon, bien que le premier des docteurs fût là. Quelque précieuse que la chose fût à sa place, ce jour-là son but n’était pas de s’asseoir aux pieds de Jésus pour écouter sa parole (Luc 10:39).

Elle n’était pas venue pour lui présenter ses requêtes. Il fut un temps où, dans la plus complète soumission à sa volonté, elle s’était jetée à ses pieds, disant : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort » (Jean 11:32)...

Elle n’était pas venue se réunir aux saints, bien qu’il y eût là de chers enfants de Dieu, dont il est dit : « Jésus aimait Marthe... et Lazare » (Jean 11:5). La communion avec eux était une chose précieuse... mais pour le moment la communion n’était pas son objet.

Elle n’était pas venue, après une semaine de travail et de fatigue passée au milieu du combat avec le monde, cherchant à être rafraîchie par lui, bien qu’elle sût, comme chaque fidèle, ce qu’étaient les épreuves du désert, et que probablement personne ne connût mieux qu’elle les sources de rafraîchissement qui étaient en lui.

« Mais elle était venue, et cela au moment même où le monde exprimait la profondeur de sa haine contre lui, répandre ce qu’elle avait tenu longtemps en réserve (12:7)... sur la personne de Celui dont l’amour avait captivé son cœur et absorbé ses affections. Elle ne pense pas à Simon le lépreux ; elle passe à côté des disciples ; son frère et sa sœur en la chair et dans le Seigneur n’attirent pas en ce moment son attention ; Jésus seul remplit son âme — elle fixe les yeux sur lui ; son cœur ne bat que pour lui...

L’adoration, l’hommage, le culte, la bénédiction, voilà son unique pensée ; elle honore ainsi Celui qui est tout pour elle, et pour le cœur duquel un tel culte était un rafraîchissement... Un souvenir durable de ce qu’est le culte est consigné dans la Parole par Celui qui le reçut, et en mémoire de celle qui le rendit.

 

1.6   Applications pour le temps actuel

« Dites-moi, cher lecteur, ce culte est-il le vôtre ? ou bien allez-vous le dimanche entendre un sermon, dire vos prières, vous réunir avec les saints, ou vous rafraîchir après vos six jours de labeur ? Oh ! si tous les regards étaient fixés sur lui seul, si tous les cœurs étaient remplis de lui, si chacun de nous était résolu à ne voir « personne sinon Jésus seul », comme les louanges abonderaient ! » (Messager Évangélique — Année 1882, page 418).

La faiblesse de notre culte, son imperfection sont la marque de notre bas niveau spirituel. Il serait vain de chercher à apporter quelques modifications extérieures si cela ne procédait d’exercices intérieurs qui nous conduisent à discerner ce en quoi nous manquons et ce qui convient pour rendre un vrai culte. Les lignes qui précèdent rappellent des enseignements connus de la plupart d’entre nous ; elles n’ont d’autre but que d’aider à ces exercices intérieurs que Dieu seul peut produire et que nous Lui demandons de faire naître en chacun de nous pour Sa propre gloire ! — Nous sommes trop peu nourris de Christ chaque jour, de sorte que le premier jour de la semaine, nos corbeilles ne sont pas toujours remplies (ne sont-elles pas vides, parfois ?). Par ailleurs, nous savons trop peu ce qu’est le lavage à la cuve d’airain. Nous ne sommes donc pas toujours en état d’aller jusqu’à l’autel d’or pour y faire fumer l’encens !

Que Dieu veuille opérer en nous pour nous faire comprendre quelle perte nous faisons ainsi, mais surtout qu’Il nous montre combien peu nous savons Lui apporter ce qui Lui est dû et quelle perte c’est pour Lui ! Qu’Il attache davantage nos cœurs à Christ et nous fasse entrer mieux que nous ne le faisons dans l’intelligence de ses pensées relativement au culte que nous sommes appelés à Lui rendre et dont Il est si justement digne ! C’est la Personne de son Bien-aimé qui fait les délices de son cœur de toute éternité et c’est cette Personne adorable que nous avons à Lui présenter dans notre culte. Le parfum du nom de Jésus s’élèvera alors dans le sanctuaire comme une bonne odeur à Dieu, comme cet encens pur et sans mélange que nous devons faire fumer à l’autel d’or !

« Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent » (Jean 4:23). Dieu veuille nous accorder la grâce d’être toujours en état de remplir une fonction d’un caractère aussi élevé ! Rendant culte par l’Esprit, puissions-nous Lui présenter en odeur agréable la Personne excellente de son Bien-aimé, Celui dont le nom est « un parfum répandu » (Cant. 1:3) — en attendant le jour glorieux après lequel nos âmes soupirent, où, sans faiblesses ni imperfections, sans notes discordantes, nous chanterons le cantique nouveau à la gloire de l’Agneau, rappelant que Dieu a tout fait pour la gloire éternelle de Christ, et unissant dans une même louange et le Père et le Fils ! — Seigneur ! quand sera-ce ?

 

Que le chant de louange à la gloire du Père

S’élève de nos cœurs par son amour ravis,

Et que l’hymne éternel commencé sur la terre

Exalte, glorifie, et le Père et le Fils !

 

2                    IL verra du fruit du travail de Son âme — Ésaïe 53:11

ME 1958 p. 33

2.1   Le Fils, délices du cœur de Dieu, ouvre Son cœur et Son âme

Dieu nous occupe, dans sa Parole, de Celui qui est l’Objet et les délices de son cœur, son Fils unique et bien-aimé. Il place devant nous, en particulier, le récit de sa vie sur la terre, alors que, venu ici-bas, Il a, d’une part, fait connaître Dieu à l’homme et, d’autre part, recommencé l’histoire de l’homme devant Dieu. Sa réjection par son peuple et par sa créature, ses souffrances pour la justice, endurées dans le chemin de dépendance et d’obéissance où Il a été le parfait Serviteur, sa mort ignominieuse, glorieuse aussi, sa résurrection, tel est l’essentiel du sujet que les Évangiles offrent à notre méditation. Mais nous n’avons pas seulement dans les Écritures le récit historique, avec toute sa portée spirituelle et morale, de la vie du Seigneur dans ce monde, de sa mort sur la croix, de sa résurrection et de son ascension. Ce récit est sans doute, dans sa sobriété, d’une grandeur et d’une beauté incomparables, mais l’Esprit de Dieu a voulu nous donner davantage encore, soit dans les écrits prophétiques, soit dans les Évangiles : nous avons, dans l’Ancien Testament, exprimés à l’avance, les sentiments que le Seigneur allait éprouver aux jours de son humanité, tandis que dans les Évangiles, à différentes reprises, le Seigneur nous ouvre son cœur et son âme. En mesurons-nous tout le prix ?

 

2.2   Le Seigneur ouvre Son cœur et Son âme à Ses amis

L’on peut, avec plus ou moins de détails, parler de ses circonstances à son entourage, mais a qui dira-t-on tout ce que l’on éprouve dans son cœur et dans son âme sinon à un ami fidèle et sûr, à celui dont on connaît la sympathie et que l’on peut faire le confident de ses pensées ? Le Seigneur nous appelle « ses amis », Il désire nous voir entrer dans la jouissance d’une vraie communion avec Lui. Il veut trouver dans nos cœurs une réponse à l’amour de son cœur et c’est ainsi qu’Il nous fait connaître non seulement les circonstances par lesquelles Il a dû passer alors qu’Il était ici-bas « l’homme Christ Jésus », mais encore ce qu’Il a éprouvé, au travers de ces circonstances, dans son cœur et dans son âme sainte.

 

2.3   Le « travail de son âme »

Le « travail de son âme ». C’est l’expression employée par le prophète et nous la rappelons souvent dans l’adoration reconnaissante de nos cœurs. Mais que d’expressions des Écritures, bien connues, régulièrement et justement citées, sans que nous essayions, conduits par l’Esprit de Dieu, d’y entrer un peu et de considérer quelque chose de l’infinie richesse qu’elles contiennent ! Puissions-nous les méditer avec plus de diligence, de crainte en même temps, afin que nos cœurs s’attachent davantage à Christ et afin que la louange s’élève vers Lui et vers notre Dieu et Père, qui a voulu se révéler à nous en Lui et nous amener dans sa présence par Lui, mort et ressuscité, glorifié dans le ciel même !

 

2.4   Le Seigneur dans Son chemin ici-bas

Homme ici-bas, le Seigneur marche dans un chemin où Il répond pleinement à la pensée de Dieu. Pour la première fois, Dieu peut considérer sur la terre un homme avec entière satisfaction, et cet homme c’est son Fils bien-aimé ! Sa vie tout entière est un parfum qui monte vers Dieu comme une odeur agréable car elle est l’expression d’un unique désir : pensées, paroles, actions, tout est pour la gloire de Dieu. Le Psalmiste a exprimé ce que Christ seul, aux jours de sa chair, réalise en vérité : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi ». Aussi avance-t-Il avec confiance, bien qu’Il ait à endurer la « contradiction de la part des pécheurs contre lui-même » ; son Dieu est « à sa droite », Il ne sera « pas ébranlé ». Tout est joie pour son cœur dans un tel sentier. « C’est pourquoi », dit-Il, « mon cœur se réjouit, et mon âme s’égaie... » (Ps. 16:8, 9). Son âme s’égaie car Il marche avec Dieu, jouissant d’une communion ininterrompue avec Lui, goûtant la satisfaction profonde que son Dieu éprouve en considérant un homme sur la terre qui le glorifie parfaitement ; son âme s’égaie car Il entrevoit tous les résultats de l’œuvre pour laquelle Il est venu, œuvre que le Père lui a donnée à faire et qu’Il achèvera « chef et consommateur de la foi », « à cause de la joie qui était devant lui » Il a « enduré la croix, ayant méprisé la honte » (Hébr. 12:2, 3). Les versets qui terminent le Psaume 16 nous disent sa confiance : son Dieu lui « fera connaître le chemin de la vie ». Sans doute, c’est un chemin qui passe par la mort, mais il aboutit au « rassasiement de joie » et aux « plaisirs pour toujours » qu’Il goûtera « à sa droite ». Ici-bas, Dieu est « à sa droite » pour le soutenir dans le chemin où Il marche comme homme et où Il le glorifie pleinement ; l’œuvre accomplie, Dieu le glorifiera « à sa droite ». Tout cela remplit son âme et son cœur, son cœur se réjouit et son âme s’égaie !

 

2.5   Sur le point de goûter la mort

Mais « le chemin de la vie » passe au travers de la mort et Jésus devra « goûter la mort », en connaître toute l’amertume et toute l’horreur (Hébr. 2:9). Dans son âme, Il va mesurer le poids du jugement de Dieu contre le péché, ce jugement qu’il devra subir à la place des coupables, Lui l’homme parfait ! Et Il s’écrie :

« Maintenant mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père délivre-moi de cette heure » (Jean 12:27). Qui sondera le « trouble » de son âme sainte tandis qu’Il pense à l’heure douloureuse de Golgotha ? L’entrevoyant, Il demande à en être délivré... Pourrait-Il ne pas le demander ? Cependant ; tout aussitôt, Il ajoute : « Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton nom ». Son âme est « troublée » tandis qu’Il a devant Lui la mort, jugement de Dieu, salaire du péché, mais Il est venu ici-bas pour l’endurer, afin de revendiquer la gloire de Dieu, foulée aux pieds par l’homme. De sorte qu’Il n’a qu’une pensée devant Lui : « Père, glorifie ton nom ».

 

2.6   À Gethsémané

Gethsémané nous conduit un peu plus loin. Là, le moment est venu de prendre la coupe de la main du Père. Pas encore de la boire, mais de la prendre. Et tandis qu’Il va livrer cette lutte ardente, entrer « dans l’angoisse du combat » (Luc 22:44), Il s’écrie : « Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort » (Matt. 26:38 ; Marc 14:34). La coupe est devant Lui, Il sait tout ce qu’elle comporte, il considère l’horreur du jugement de Dieu contre le péché, Il pense aux heures de ténèbres... Boire la coupe, c’est connaître l’abandon de Dieu. Peut-Il désirer cela, Lui, le saint et le juste, dont la vie tout entière a été la joie d’une paisible communion avec Celui qui l’avait envoyé ? En aucune manière. Et Il demande que, « s’il est possible », la coupe « passe loin de lui»... Le Dieu tout-puissant ne pourrait-Il pas le faire :

« Abba, Père, toutes choses te sont possibles ; fais passer cette coupe loin de moi » (Matt. 26:39 ; Marc 14:36) ? Ne pourrait-Il pas le faire pour Celui qui peut, et qui seul alors peut l’appeler Père ? Non, cela n’était pas possible pour Celui à qui « toutes choses sont possibles » ! D’une part, le Seigneur ne peut pas désirer boire la coupe mais, d’autre part, Il est venu ici-bas pour accomplir la volonté de son Dieu... Tel est le combat qu’Il livre dans son âme sainte et son âme est saisie de tristesse « jusqu’à la mort ». Ce n’est pas encore la mort, le moment de l’abandon, mais le Seigneur, dans la pleine connaissance de ce qu’Il aura à endurer alors, lutte et souffre. Avant de subir une épreuve, Il la porte en esprit devant son Père, avant d’aller à Golgotha il fallait qu’Il traversât Gethsémané ! Et ce sont les prières et les supplications, offertes « avec de grands cris et avec larmes... à celui qui pouvait le sauver de la mort » (Hébr. 5:7). Ah ! comment parler de la « tristesse » de son âme en un tel moment ? C’est comme homme qu’Il livre ce combat et, comme homme, Il aurait désiré trouver quelque sympathie chez les trois disciples qu’Il avait pris avec Lui, auxquels Il avait demandé de veiller avec Lui... Mais tous les trois dorment ! Ils ont perdu ainsi l’inestimable privilège de Lui témoigner cette sympathie qu’Il voulait trouver chez eux, au moment douloureux où son âme était « saisie de tristesse jusqu’à la mort ». (Quelle perte pour eux ! Mais ne nous arrive-t-il pas aussi, du fait de notre sommeil spirituel, de perdre le privilège de remplir un service que le Seigneur voulait nous confier ?) Le service dont les trois disciples se sont privés sera rempli par un ange envoyé pour le fortifier (Luc 22:43). Le combat livré, la victoire est remportée : Il accomplira la volonté de Dieu jusqu’au bout : « Toutefois non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux ». La coupe est prise de la main du Père ; « l’heure s’est approchée, et le fils de l’homme est livré entre les mains des pécheurs » (Matt. 26:39 et 45).

 

2.7   À Golgotha

À Golgotha, Il va boire la coupe amère, traverser les trois heures sombres. Il réalise alors pleinement ce que le Psalmiste, conduit par l’Esprit prophétique, avait écrit autrefois : « les eaux me sont entrées jusque dans l’âme. Je suis enfoncé dans une boue profonde, et il n’y a pas où prendre pied... » (Ps. 69:1 à 4). Il traverse les eaux du jugement et mieux qu’Héman, l’Ezrakhite, Il peut dire : « Ta fureur s’est appesantie sur moi, et tu m’as accablé de toutes tes vagues» (Ps. 88:7). Méditons cette expression : « Ta fureur s’est appesantie sur moi... ». Il souffre dans son corps, mais que dire des souffrances de son âme ? Traité par Dieu comme le péché même, car « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous » (2 Cor. 5:21), Il porte dans son âme tout le poids du jugement de Dieu contre le péché. Il se livre tout entier, Il « livre son âme en sacrifice pour le péché » (És. 53:10). Son corps a été « donné pour nous » (Luc 22:19), son âme livrée en sacrifice pour le péché... Son âme qui avait été « troublée » en entrevoyant l’heure de la croix, « saisie de tristesse jusqu’à la mort » à Gethsémané, dans laquelle « les eaux » étaient « entrées » !

Déjà les paroles du prophète exprimaient des sentiments que Christ a pu éprouver, alors qu’Il était au terme de « son travail » : « Et moi j’ai dit : travaillé en vain, j’ai consumé ma force pour le néant et en vain ; toutefois mon jugement est par devers l’Éternel, et mon œuvre par devers mon Dieu ». Mais, constitué serviteur « pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d’Israël », Il sera aussi, lui assure l’Éternel, « une lumière des nations... mon salut jusqu’au bout de la terre » (És. 49:3 à 6). Certes, Il n’a pas « travaillé en vain » ! Pendant l’éternité, Il pourra considérer la moisson glorieuse, les gerbes issues de la semence qu’Il a répandue dans les larmes (cf. Ps. 126:6), « Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait ».

 

Toi-même tu verras ce que ton cœur réclame

De ton œuvre à la croix le fruit mûr et parfait.

Tu jouiras, Seigneur, du travail de ton âme,

Et ton amour divin en sera satisfait.