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CONSOLATIONS

 

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

Table des matières abrégée :

1     En consolation

2     Consolations et encouragements

3     La consolation des Écritures

4     Consolation dans le deuil

5     Consolez ceux qui sont découragés

6     En consolation à d’autres

7     Soyez consolés

8     Consolations

9     En profonde sympathie

 

Table des matières détaillée :

1     En consolation

1.1      Le besoin de consolation des Éphésiens

1.2      Les pensées éternelles de Dieu

1.3      Ce qui concerne le cœur dans l’épître aux Éphésiens

2     Consolations et encouragements

2.1      Des temps fâcheux

2.2      Consolations divines et consolations humaines

2.3      Les richesses : des consolations trompeuses

2.4      Puissance de consolation du Dieu qui ressuscite les morts

2.5      Consolations en Christ, même dans le deuil

2.6      Comment apporter les consolations à d’autres

2.7      Ceux qui ne trouvent pas de consolations

2.8      Ceux qui refusent d’être consolés

3     La consolation des Écritures

3.1      La Parole console en présentant Christ

3.2      Consolation dans l’espérance de la gloire avec Christ

3.3      La Parole console maintenant, ici-bas

3.4      L’Écriture faisant connaître la voix de Celui qui console — Ésaïe 40, 49, 51, 52

3.5      L’exemple du résidu remontant de captivité

3.6      La Parole qui surmonte les doutes

3.7      Exemple de Ruth

4     Consolation dans le deuil

4.1      Considérer la part de ceux qui nous ont quittés

4.2      Ce que le Seigneur éprouve lorsqu’Il prend auprès de Lui l’un de ses rachetés

4.3      Considérer le moment où nous serons enlevés ensemble

4.4      Sympathie et tendresse de Celui qui pleure avec ceux qui pleurent

4.5      Mener deuil devant l’état du monde — Dieu console ceux qui le font

5     Consolez ceux qui sont découragés

5.1      Consoler ses frères

5.2      Paul à Rome

5.3      Consoler à propos de l’état d’une assemblée locale

5.4      Consoler ceux qui sont sous la discipline du Père

5.5      Consolation et restauration

5.6      Avoir goûté soi-même les consolations divines

6     En consolation à d’autres

6.1      Paul avait besoin de consolations

6.2      Ceux qui ont consolé l’apôtre Paul

6.3      Envoyés pour consoler

6.4      Barnabas, fils de consolation et moyen de consolation

7     Soyez consolés

7.1      Le Saint Esprit Consolateur

7.2      Conclusion

8     Consolations

8.1      Paul excessivement chargé. Dieu est le « Dieu de toute consolation »

8.2      Afflictions actuelles

8.3      Consolé soi-même, puis prodiguant la consolation à d’autres

8.4      Imiter l’apôtre

8.5      Tes consolations ont fait les délices de mon âme (Ps. 94:19)

8.6      Une consolation éternelle (2 Thess. 2:16, 17)

8.7      La consolation des écritures (Rom. 15:4)

8.8      Barnabas et Onésiphore

8.9      Tychique

8.10    Aristarque, Marc et Jésus appelé Juste

8.11    Consolation par une assemblée

8.12    « Soyez consolés » à la fin de la 2ème épître aux Corinthiens

8.13    Le retour du Seigneur est une consolation

 

 

1                    En consolation

ME1940 p. 229

1.1   Le besoin de consolation des Éphésiens

Quand l’apôtre leur adresse sa lettre, les chrétiens d’Éphèse avaient besoin d’être consolés. Sans doute étaient-ils attristés parce que l’apôtre était prisonnier à Rome — « prisonnier du Christ Jésus » pour eux (Éph. 3:1). Aussi les exhorte-t-il à ne pas perdre courage à cause de ses afflictions pour eux (3:13), et leur envoie-t-il, « tout exprès », Tychique, « le bien-aimé frère et fidèle serviteur dans le Seigneur » (6:21-22). Mais nous pouvons bien penser qu’en leur écrivant, il désirait surtout placer devant eux ce qui leur serait en riche et précieuse consolation.

Comme les Éphésiens autrefois, n’avons-nous pas besoin aussi d’être consolés ? Les circonstances par lesquelles notre Dieu trouve bon de nous faire passer sont particulièrement douloureuses pour beaucoup d’entre nous. Que de détresses, que de déchirements, que de larmes ! Il y a tant de sujets de tristesse dans nos familles, dans les assemblées... Lisons l’épître aux Éphésiens. Ce qui était en consolation pour eux ne le serait-il pas pour nous ?

 

1.2   Les pensées éternelles de Dieu

Au milieu d’un monde troublé et angoissé où, plus que jamais, tout est incertitude, n’est-ce pas consolant de savoir que nous sommes entre les mains d’un Dieu qui, dès avant la fondation du monde, nous avait élus en Christ ? N’est-ce pas consolant de nous pencher sur ces conseils merveilleux « qui datent de loin, qui sont fidélité et vérité » (Ésaïe 25:1) — pour l’accomplissement desquels Christ est venu : nous avons la rédemption par son sang, nous sommes rendus agréables en Lui et bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes. Nous avons un glorieux héritage, hors de toute atteinte, et déjà nous en avons reçu les arrhes : le Saint-Esprit habitant en nous pour nous occuper de Christ et du ciel.

Mais Dieu avait encore d’autres pensées à notre égard et cela, de toute éternité : c’est « le propos des siècles », le propos éternel (3:11). Étrangers aux alliances de la promesse, sans Dieu dans le monde, nous avons été approchés par le sang de Christ, et tous les croyants — sans qu’il y ait de distinction entre le peuple de Dieu et nous, gens des nations — scellés du Saint-Esprit, constituent l’habitation de Dieu sur la terre, l’Assemblée. C’est le mystère caché dès les siècles. La sagesse si diverse de Dieu est ainsi donnée à connaître aux principautés et aux autorités dans les lieux célestes. Quels merveilleux conseils que les conseils de notre Dieu ! C’est bien « ce que l’œil n’a pas vu et que l’oreille n’a pas entendu et qui n’est pas monté au cœur de l’homme — ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Cor. 2:9). Peut-être aurions-nous dit : « pour ceux qu’Il aime ».  Lui nous dit : « pour ceux qui l’aiment ». Tout est grâce de sa part !

Tout ce qui nous concerne est stable, « à tous égards bien ordonné et assuré », immuable, préparé par Dieu de toute éternité. Tandis que les hommes, agités, désemparés, ne savent où ils en sont et où ils vont, n’est-il pas consolant de méditer un tel sujet qui fait briller à nos yeux la puissance, la sagesse et l’amour du Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ — notre Dieu et notre Père (Jean 20:17). Essayer d’entrer quelque peu, par l’intelligence, dans de telles pensées nous remplira déjà de paix, de repos, de bonheur. Mais ne semble-t-il pas que c’est surtout à notre cœur que tout ceci est présenté ?

 

1.3   Ce qui concerne le cœur dans l’épître aux Éphésiens

Dans le premier chapitre, l’apôtre demande au Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ qu’il nous soit accordé de savoir « quelle est l’espérance de son appel et quelles sont les richesses de la gloire de son héritage dans les saints » (v. 17-19). Que faut-il pour que nous ayons une telle connaissance ? Que les yeux de notre intelligence soient éclairés ? Non — les yeux de notre cœur !

À la fin du chapitre 3, l’apôtre adresse une autre prière. C’est au Père de notre Seigneur Jésus Christ qu’il demande que nous soyons rendus capables « de comprendre, avec tous les saints, quelle est la largeur et la longueur et la profondeur et la hauteur — et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance » (v. 14-21). Comment comprendre un tel amour et comment en jouir ? « Que le Christ habite par la foi dans vos cœurs » !

Un peu plus loin, nous avons ce qui caractérise « le reste des nations » ; « l’endurcissement de leur cœur » (4:18). Quelle grâce ! notre cœur a été touché, il a été brisé : Christ y habite. Ayant ainsi « appris le Christ », nous sommes rendus capables de dépouiller le vieil homme et de revêtir le nouvel homme — de vivre en rejetant tout ce qui est la chair et toute activité de la chair en nous. Remplis de l’Esprit, la joie débordera de nos cœurs : «chantant et psalmodiant de votre cœur au Seigneur » (5:19).

L’obéissance n’est pas difficile pour celui qui aime et elle est la seule vraie manifestation de l’amour (Jean 14:21). Elle n’est pas le résultat de la contrainte, mais le fruit d’un cœur qui est rempli de Christ. C’est tout naturellement, « en simplicité de cœur », qu’elle est réalisée — « faisant de cœur la volonté de Dieu, servant joyeusement » (6:5-6).

Enfin — grâce infinie — la consolation que Tychique va apporter n’est pas dans le rappel à l’intelligence des vérités connues, elle est pour le cœur (6:22).

Nous n’avons pas développé ce sujet : nous désirons seulement le proposer à notre méditation, afin qu’il soit en riche consolation à tous les saints dans ces jours d’épreuve. Méditons-le dans nos cœurs, afin que nos cœurs, saisis par Christ, soient à Lui sans partage !

« Qu’il console vos cœurs ».

 

 

2                    Consolations et encouragements

ME 1948 p. 141

2.1   Des temps fâcheux

Le Seigneur a dit aux siens, alors qu’Il était près de les quitter : « Vous avez de la tribulation dans le monde » (Jean 16:33). De tout temps, le chemin du croyant a été un chemin difficile : opposition d’un monde hostile, discipline du Père à l’égard de ses enfants, épreuves qu’Il leur envoie, tout cela a été la part des rachetés dans tous les âges. Mais l’Église est au terme de son voyage terrestre et les derniers pas d’un voyage sont sans doute les plus pénibles. Les temps auxquels nous sommes parvenus sont « les temps fâcheux » des derniers jours, ce qui, a-t-on remarqué, n’a été dit d’aucun autre temps. Les encouragements, toujours nécessaires, le sont donc aujourd’hui plus que jamais. Après avoir dit à ses disciples : « vous avez de la tribulation dans le monde », le Seigneur a ajouté cette parole de réconfort : « mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde ».  Écoutons Celui qui se plaît à nous redire sans cesse : ayez bon courage. Lisons la Parole pour y puiser toutes les consolations qu’elle contient pour toutes les circonstances et pour tous les temps. Laissons agir en nous, sans le contrister, le divin Consolateur. Ces ressources — le Seigneur, la Parole, le Saint Esprit — sont pour chacun de nous individuellement, mais aussi pour nous tous collectivement. En assemblée, réalisons la présence du Seigneur au milieu de nous et goûtons, dans toute sa puissance, le ministère de la Parole et de l’Esprit, pour nous édifier et nous consoler ; alors nous ne serons jamais découragés.

 

2.2   Consolations divines et consolations humaines

Nous désirerions placer devant les lecteurs du Messager Évangélique — d’autres articles devant, si Dieu nous l’accorde, compléter celui-ci — quelques-unes des consolations divines. Par sa Parole, notre Dieu veut s’adresser à chacun, quel que soit son état d’âme, pour le fortifier et l’encourager. Il demeure « le Dieu de toute consolation, qui nous console à l’égard de toute notre affliction ».  Celui qu’Il a consolé devient un instrument entre ses mains : il est rendu « capable de consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit, par la consolation dont il est lui-même consolé de Dieu » (2 Cor. 1:3-4). Barnabas, Marc, Tychique, Philémon, Onésiphore ont été en consolation à plusieurs. Puissions-nous rechercher les consolations divines non seulement pour nous-mêmes, mais encore pour imiter de tels exemples !

 

Qui d’entre nous n’a éprouvé la vanité des consolations humaines ? Elles n’apportent rien à celui qui traverse une douloureuse épreuve et, s’il est certaines circonstances dans lesquelles elles peuvent procurer quelque réconfort, elles demeurent cependant bien fragiles, parce qu’elles ne reposent sur rien d’autre que les ressources humaines. Lorsque ces ressources viennent à disparaître, il ne reste plus rien. De plus, ces consolations attachent le cœur aux choses terrestres sur lesquelles elles sont fondées et deviennent ainsi un obstacle à la recherche des consolations divines et de « ce qui est vraiment la vie » (1 Tim. 6:17 à 19).

 

Les incrédules n’ont d’autres consolations que celles-là. C’est à eux que la Parole s’adresse en soulignant le contraste entre la consolation humaine, pauvre, incertaine, et la consolation divine qui est une consolation efficace et « une consolation éternelle ».  Mais ne pensons pas que les avertissements de Luc 6:20 à 26 et 16:19 à 31 soient seulement pour les incrédules ; il y a aussi un enseignement pour nous-mêmes, car nous recherchons parfois des consolations humaines au lieu de nous appuyer sur celles que Dieu veut nous donner.

 

2.3   Les richesses : des consolations trompeuses

Dans le passage cité de Luc 6, le Seigneur parle au cœur de ses disciples : « Bienheureux, vous... ». Au milieu du peuple, incrédule dans son ensemble, Il distingue les quelques-uns qui suivent un Maître rejeté, et Il les entretient de tout ce qui peut les amener à se réjouir et même à tressaillir de joie. Puis — quel contraste ! — Il se tourne vers ceux auxquels Il doit dire : « Malheur à vous... ». Ce n’est pas parce qu’ils sont « riches» que le Seigneur leur adresse cette parole, mais parce qu’ils se confient dans leurs richesses (cf. 1 Tim. 6:7 à 10 et 17 à 19) — parce qu’ils espèrent trouver le bonheur ici-bas sans Christ, vivre agréablement dans un monde qui l’a crucifié. Ils ne se préoccupent pas de l’avenir ; les consolations futures n’ont aucun prix pour eux et ils n’y auront aucune part. Les consolations que le cœur croit pouvoir trouver dans les richesses ou les satisfactions de ce monde auront suffi ! « Malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation... ». Le Seigneur illustre cet enseignement dans la parabole du riche et de Lazare. L’homme riche avait eu sa consolation sur la terre, il l’avait cherchée en bas et non en haut... Aussi, après la mort, il doit entendre cette parole : « et toi, tu es tourmenté », alors qu’il est dit de Lazare : « maintenant lui est consolé ici ».

 

2.4   Puissance de consolation du Dieu qui ressuscite les morts

Consolation pour l’avenir, dans le lieu où « il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les premières choses sont passées » (Apoc. 21:4), mais aussi, consolation pour le présent déjà. Le « Dieu de toute consolation » est Celui « qui nous a délivrés... qui nous délivre ; en qui nous espérons qu’il nous délivrera encore ».  Il est le Dieu « qui ressuscite les morts » (2 Cor. 1:3, 4, 9, 10). Ces expressions nous disent sa puissance infinie, puissance qui se déploie quand l’homme réalise son impuissance. C’est lorsque, cherchant en vain des consolations, l’homme se trouve à bout de ressources que Dieu manifeste les siennes. Naître, souffrir, mourir, tel est, a-t-on dit, le lot de chacun ici-bas. Les souffrances nous assaillent parce qu’il y a, dans ce monde, la douleur et la mort, conséquences du péché. L’homme ne peut rien contre les conséquences, car il est absolument impuissant contre la cause. Mais Christ est venu sur la terre, « agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ».  À la croix, Il a accompli l’œuvre en vertu de laquelle le péché sera ôté du monde ; maintenant, ressuscité et glorifié, Il est dans le sanctuaire. Encore au milieu d’une scène de souffrances, le croyant — dont les péchés sont déjà expiés par la mort de Christ — peut jouir des beautés de ce lieu que Jésus remplit de sa gloire. Le Saint Esprit, divin consolateur, nous occupe du ciel et de Christ, nous conduit par la prière à remettre toutes choses entre les mains de notre Père céleste, de sorte que, quelles que soient nos circonstances, nous pouvons toujours nous réjouir dans le Seigneur (Phil. 4:4 à 7). Gardés dans la paix du sanctuaire, nous jouissons du ciel par la foi, attendant d’y être introduits bientôt de fait. Quelle consolation pour nos cœurs !

 

2.5   Consolations en Christ, même dans le deuil

Tandis que les consolations humaines ne peuvent ni transformer, ni adoucir les circonstances — l’apaisement que parfois elles procurent n’est que momentané ; tôt ou tard, il est suivi de pénibles déceptions — les consolations divines, au contraire, attachent le croyant à Christ dans le lieu où Il est. Le deuil et l’affliction jettent un voile sur « les choses qui se voient » et dirigent les regards vers « celles qui ne se voient pas ».  C’est là que le cœur meurtri trouve la vraie consolation (2 Cor. 4:17-18). Si l’un de nos bien-aimés a été ravi à notre affection, nous sentons la douleur de la séparation. Une place est vide ici-bas... Mais nous suivons là-haut celui que le Seigneur a recueilli dans le repos ; il est « avec Christ » et cette pensée nous fait désirer mieux connaître Celui vers lequel il est allé. Dans une soumission paisible et confiante, bénissant le Seigneur, nous pourrons dire comme Job : « L’Éternel a donné, et l’Éternel a pris ; que le nom de l’Éternel soit béni » (Job 1:21). Peut-être jusqu’alors avions-nous été davantage occupés des « dons » que du Donateur ? Le Seigneur nous reprend ce qu’Il nous avait donné, mais Lui demeure et, occupés de Lui, nous serons consolés.

 

2.6   Comment apporter les consolations à d’autres

Un enfant de Dieu, éprouvé ou découragé, a besoin des consolations divines. Pour être capable de les lui apporter, il faut connaître « le Dieu de toute consolation », il faut avoir été soi-même consolé (2 Cor. 1:4). Sinon, nous ne saurons pas parler de Dieu « comme il convient » (cf. Job 42:7-8). Lorsque les trois amis de Job apprirent ce qui lui était arrivé, ils vinrent pour le consoler (Job 2:11). Leurs intentions étaient louables. Assis avec lui à terre sept jours et sept nuits, ils demeurèrent silencieux, contemplant sa douleur. Ce n’est qu’après l’avoir entendu «maudire son jour» qu’ils essayèrent de prononcer quelques paroles de consolation. Mais ce n’étaient pas les consolations qui viennent de Dieu ! Nous les voyons, tout au long de leurs discours, s’efforcer de justifier Dieu, un Dieu qu’ils ne connaissaient pas comme « le Dieu de toute consolation », et insinuer que Job avait sans doute commis quelque péché, ignoré de tous... Rien en tout cela qui puisse répondre aux besoins du patriarche ! Ils n’étaient pas « capables de consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit ».  Aussi Job leur demande : « Comment me consolez-vous avec de vaines consolations ? » Éliphaz, Bildad et Tsophar étaient des « consolateurs fâcheux » (Job 21:34 ; 16:2). Plus tard, Job priera pour eux, « et tous ses frères, et toutes ses sœurs, et tous ceux qui l’avaient connu auparavant vinrent à lui... et ils sympathisèrent avec lui et le consolèrent... » (Job 42:10-11). L’histoire de Job fait ressortir le contraste entre les consolations qui — même apportées par des croyants — ne sont pas les consolations de Dieu, et celles qui peuvent seules amener celui qui est éprouvé à dire : « maintenant, mon œil t’a vu... » (Job 32 à 42).

Jean 11 présente le contraste entre les consolations humaines et celles du Seigneur. « Les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère » (Jean 11:19). Sans doute y avait-il tout un rite qu’il convenait d’observer : l’usage voulait, assure-t-on, que les amis, assis auprès de la famille affligée, manifestent leur sympathie par de profonds soupirs, puis venaient les larmes... Aujourd’hui encore, que de paroles de circonstance, que de formes observées, dans lesquelles il y a souvent peu de réalité et qui n’apportent aucune consolation à un cœur éprouvé ! — Mais Jésus vient. Il pleure au tombeau de Lazare...Son cœur sympathise. Puis Il déploie toute sa puissance divine. Vraie consolation pour des affligés ! Dans l’épreuve, dans les difficultés, nous apprenons à réaliser notre impuissance et à connaître la puissance de Dieu : Job a pu dire : « Je sais que tu peux tout... » et les deux sœurs de Béthanie ont fait la même expérience. Nous apprenons aussi à connaître l’amour divin, tendre et fidèle. Il y a là une consolation que rien autre ne peut donner !

La Parole nous entretient de ceux qui ne trouvent pas de consolation et de ceux qui refusent d’être consolés.

 

2.7   Ceux qui ne trouvent pas de consolations

« Ô affligée, battue de la tempête, qui ne trouves pas de consolation... » (Ésaïe 54:11). C’est de Jérusalem qu’il est question dans ce passage. Privée de fils, elle connaît « l’opprobre de son veuvage » et l’Éternel l’a abandonnée « pour un petit moment ».  Elle ne trouve pas de consolation...

« Comment est-elle assise solitaire, la ville si peuplée ?... Elle pleure, elle pleure pendant la nuit, et ses larmes sont sur ses joues ; de tous ses amants, il n’en est pas un qui la console... Elle est descendue prodigieusement ; il n’y a personne qui la console... Sion étend ses mains, il n’y a personne qui la console... ».

« Il est loin de moi, le consolateur qui restaurerait mon âme... Ils m’ont entendue gémir : il n’y a personne qui me console... » (Lam. de Jérémie 1:2, 9, 17, 16, 21).

La Parole se sert de telles expressions pour dépeindre les souffrances d’Israël et surtout du résidu qui, douloureusement affligé, ne trouvera aucune consolation. Et cependant, elle ne lui manquera pas, la sympathie de Celui qui, venu ici-bas pour recommencer l’histoire d’Israël, a voulu « dans toutes leurs détresses être en détresse » (Ésaïe 63:9). N’a-t-Il pas dit, par la bouche du Psalmiste : « L’opprobre m’a brisé le cœur, et je suis accablé ; et j’ai attendu que quelqu’un eût compassion de moi, mais il n’y a eu personne,... et des consolateurs, mais je n’en ai pas trouvé » (Ps. 69:20) ? C’est le Fils bien-aimé du Père qui a pris une telle place ; Lui qui était toujours en joie dans sa présence, a souffert en sympathie avec ceux qui, affligés, battus de la tempête, ne trouvent pas de consolation. Le Ps. 88 aussi nous le montre au sein de la souffrance, alors qu’Il a dû s’écrier : « Ta fureur s’est appesantie sur moi, et tu m’as accablé de toutes tes vagues », sans qu’il y ait eu pour Lui aucune consolation. Christ souffrant de la part des hommes (Ps. 69) a été abandonné de tous. Endurant les souffrances qui venaient de Dieu (Ps. 88), Il a été seul sur la croix. Le Dieu de toute consolation console ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit, mais pour Christ, il n’y a eu là aucune consolation (cf. Ps. 22:1 à 6).

Dieu est fidèle, Il n’oubliera pas son peuple ! Il a préparé une consolation pour celui qui, battu de la tempête, n’en trouve pas. Après sa résurrection, c’est à Jérusalem coupable du rejet et de la crucifixion de son Messie, que le Seigneur s’est adressé en premier lieu pour lui offrir sa grâce (Luc 24:47 ; Actes 1:4-8). De même, le prophète parle à Jérusalem (Ésaïe 54) après que l’œuvre de l’expiation, accomplie par le Messie d’Israël, a été annoncée au chapitre précédent. Il lui déclare que, cette œuvre étant achevée, le temps de son affliction ayant pris fin, elle goûtera la consolation... Les jours d’épreuve paraissaient si longs ! Mais ce n’est que « pour un moment » que l’Éternel lui avait caché sa face, ce n’est que « pour un petit moment » qu’Il l’avait abandonnée (cf. pour ce qui concerne les croyants faisant partie de l’Église : Rom. 8:18 ; 2 Cor. 4:17-18 ; 1 Pierre 1:6). Maintenant, elle ne se souvient plus de l’opprobre de son veuvage, toutes les souffrances sont oubliées, elle savoure cette « bonté éternelle » avec laquelle Dieu a compassion des siens, et la paix de ses fils est grande (Ésaïe 54:8, 7, 4, 13).

Qu’une âme affligée, battue de la tempête, ne trouvant pas de consolation, soit réconfortée par la lecture de ces portions de la Parole de Dieu. La délivrance est proche ! Celui qui nous aime et veut fortifier notre foi, nous encourage comme Il le fera pour Israël dans la tribulation, en dirigeant nos regards vers le moment où notre espérance sera réalisée et où nous goûterons l’éternelle consolation.

 

2.8   Ceux qui refusent d’être consolés

Mais y aurait-il quelqu’un qui serait découragé et abattu à un tel point qu’il refuserait d’être consolé ? « Au jour de ma détresse, j’ai cherché le Seigneur ; ma main était étendue durant la nuit et ne se lassait point ; mon âme refusait d’être consolée » (Ps. 77:2). Ce Psaume nous parle du « temps de la détresse pour Jacob » (Jér. 30:7) ; il exprime les sentiments qu’éprouvera le résidu à ce moment-là, sentiments qui ne peuvent être ceux du chrétien aujourd’hui. Il contient cependant des enseignements pour les temps actuels, en particulier pour une âme qui aurait tendance à se replier sur ses difficultés et penserait qu’il ne peut y avoir aucune consolation à la mesure de sa détresse. Il nous dépeint les exercices d’un croyant qui refuse d’être consolé parce qu’il est surtout occupé de sa douleur ; il n’a pas oublié ce que Dieu a été dans le passé, toutes les délivrances qu’Il a voulu opérer en sa faveur, mais il considère aussi les circonstances dans lesquelles il se trouve et desquelles Dieu ne le délivre pas. Il en arrive à douter que Dieu soit le même ! Il refuse d’être consolé parce qu’il n’a pas le sentiment que Dieu l’aime toujours. — Dieu veuille fortifier notre foi et nous préserver de tomber dans un état semblable ! Ne doutons jamais de son amour, même si tout nous est contraire. Ne jugeons pas de son amour d’après nos circonstances, mais considérons toujours nos circonstances comme préparées par son amour ! (cf. Rom. 5:3-8).

À un moment de son histoire, Jacob a refusé toute consolation. On lui rapportait la tunique de Joseph après l’avoir plongée dans le sang d’un bouc et, convaincu que son fils était mort, il menait deuil. Quelle consolation ses fils et ses filles auraient-ils pu lui donner lorsqu’ils se levèrent et vinrent à lui pour le consoler ? Ils avaient vendu leur frère pour être esclave en Égypte et s’efforçaient de cacher la chose à leur père. Toute leur conduite était caractérisée par la méchanceté, le mensonge, l’hypocrisie. Ils étaient incapables d’apporter une vraie consolation. Ce n’est donc pas une consolation divine que le patriarche refuse. Mais il est dans un tel état d’âme qu’il semble dire : n’essayez pas de m’apporter un baume consolateur, il n’y en a pas pour une détresse comme la mienne ; mon deuil et ma douleur ne prendront jamais fin, si ce n’est lorsque j’aurai rejoint mon fils au séjour des morts (Genèse 37:31 à 35). Sans doute les consolations humaines ne pourront rien apporter à un cœur déchiré, mais Dieu avait en réserve de douces consolations pour Jacob. Quelle consolation, en effet, lorsqu’il put dire : « C’est assez ! Joseph mon fils vit encore ; j’irai, et je le verrai avant que je meure » lorsqu’il entendit la parole divine : « ... et Joseph mettra sa main sur tes yeux », lorsque Joseph « se jeta à son cou, et pleura longtemps sur son cou » ! (Genèse 45:28 ; 46:4, 29). Il ne désire plus rien maintenant, son âme est consolée, il peut mourir en paix ! « Que je meure à présent, après que j’ai vu ton visage, puisque tu vis encore » (Genèse 46:30).

« Or notre Seigneur Jésus Christ lui-même, et notre Dieu et Père, qui nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle et une bonne espérance par grâce, veuille consoler vos cœurs, et vous affermir en toute bonne œuvre et en toute bonne parole » (2 Thess. 2:16-17).

 

 

3                    La consolation des Écritures

ME 1948 p. 169

3.1   La Parole console en présentant Christ

« Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15:4). La patience des Écritures, c’est la patience de Christ. La Parole nous le présente, homme parfait ici-bas, souffrant avec patience. Elle retrace également la vie de ceux qui ont marché à la suite de « Jésus, le chef et le consommateur de la foi », endurant avec patience de grandes souffrances et se réjouissant dans l’espérance de la gloire à venir. Lire la Parole pour y contempler le parfait Modèle, pour y considérer ceux qui nous sont donnés comme exemples, constituera pour nous une exhortation à la patience et nous sera en consolation (cf. Héb. 12:1 à 3). C’est la consolation des Écritures ; elle fortifie l’espérance dans le cœur des rachetés.

 

3.2   Consolation dans l’espérance de la gloire avec Christ

Alors que tant de « fardeaux » nous empêcheraient d’avancer et que « le péché nous enveloppe si aisément », la Parole nous donne les forces spirituelles nécessaires pour « courir avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus... assis à la droite du trône de Dieu ».  L’espérance du croyant, c’est la gloire avec Christ déjà entré « comme précurseur pour nous » dans les lieux célestes. Bien qu’il n’y ait aucun élément d’incertitude dans cette espérance, elle n’aura sa réalisation qu’à la venue du Seigneur. Afin que « nous ayons une ferme consolation » en attendant que notre espérance devienne une réalité, Dieu a voulu nous donner deux choses : la promesse et le serment (Héb. 6:11 à 20). Il accomplira les promesses de sa Parole car Il n’est pas « un homme pour mentir » (Nomb. 23:19) et, à ce point de vue, le serment n’était pas nécessaire. Il est ajouté en raison de la faiblesse de notre foi. Cela nous montre, d’une part, que Dieu a compassion de nous ; d’autre part, qu’Il désire pénétrer nos cœurs de la certitude de ce qu’Il a promis. La foi du croyant repose ainsi sur un fondement inébranlable : appuyés sur les promesses de la Parole, que confirme le serment, nous avons « une ferme consolation ».

 

Des promesses de ta Parole,

Seigneur Jésus, tu te souviens ;

Et ton Esprit d’amour console

Guide et réjouit tous les tiens.

 

3.3   La Parole console maintenant, ici-bas

Quand notre espérance sera réalisée, le temps de l’affliction aura pris fin à jamais. Mais c’est encore aujourd’hui le temps de l’affliction. Heureux sommes-nous de n’être pas sans ressources ! Nous trouvons dans la Parole la nourriture spirituelle par le moyen de laquelle nous sommes tenus debout. En la lisant, nous entendons Dieu nous parler et nous expérimentons qu’au travers de tout, c’est la Parole qui nous fait vivre. Elle acquiert du prix pour nos cœurs et nous goûtons en cela même une riche consolation : « c’est ici ma consolation dans mon affliction, que ta parole m’a fait vivre» (Ps. 119:50). Les incrédules ne peuvent pas comprendre que le croyant trouve de pareilles consolations dans le Saint Livre, ils ne peuvent concevoir son obéissance patiente et confiante et souvent, ils se moquent de lui. Mais précisément, la Parole lui enseigne que ceux qui vivent pieusement sont l’objet des moqueries du monde et même, parfois, de ses persécutions (2 Tim. 3:12). Ce qu’il a à souffrir constitue donc la preuve qu’il marche dans la crainte de Dieu et cela n’a d’autre résultat que de l’attacher davantage encore à la Parole : « les orgueilleux se sont moqués de moi excessivement : je n’ai pas dévié de ta loi » (Ps. 119:51). Cet attachement à la Parole le garde dans le chemin dans lequel il doit marcher. L’âme peut ensuite rappeler ce que Dieu a décrété depuis longtemps : le méchant sera jugé, le juste délivré et béni. Elle trouve là une nouvelle consolation — consolation donnée par la Parole qui nous dit ce que Dieu s’est proposé, « ses ordonnances de jadis » : « je me suis souvenu de tes ordonnances de jadis, ô Éternel ! et je me suis consolé » (Ps. 119:52). La Parole nous conduit jusque dans le sanctuaire : c’est là qu’Asaph, éprouvé au milieu des méchants, a été amené — c’est là qu’il a été instruit, fortifié et consolé (Ps. 73).

La confiance en Dieu et en sa Parole est une grande consolation dans l’affliction. Entouré d’ennemis, n’ayant rien ici-bas sur quoi il puisse s’appuyer, le croyant peut toujours compter sur Dieu qui est fidèle pour accomplir ce qu’Il a promis. Le verset 82 du même Psaume 119 nous montre l’âme au sein de la fournaise, traversant la détresse extrême. Elle attend le secours d’en-haut et soupire après les consolations divines : «Quand me consoleras-tu ? » C’est une parole de Dieu qui lui apportera cette consolation, elle le sait bien — les expériences déjà faites le lui ont appris (v. 50-52). Aussi, elle s’écrie : « ... Mon âme languit après ton salut ; je m’attends à ta parole. Mes yeux languissent après ta parole... » (v. 81-82). Elle exprime sa confiance dans la parole divine qui peut seule apporter de la consolation à un cœur éprouvé.

 

3.4   L’Écriture faisant connaître la voix de Celui qui console — Ésaïe 40, 49, 51, 52

La Parole nous est en consolation parce qu’elle nourrit nos âmes et les fortifie, parce qu’elle occupe nos cœurs de l’espérance qui est devant nous — mais surtout, parce qu’elle nous fait entendre la voix de Celui qui console. Il vaut la peine d’avoir été dans l’affliction si l’on a appris à connaître le Seigneur sous ce caractère !

Le peuple d’Israël traversera les grandes eaux ; il fera alors l’expérience que si les souffrances abondent, la consolation abonde aussi (cf. 2 Cor. 1:5). Le livre du prophète Ésaïe nous le montre de façon particulière :

« Et tu diras en ce jour-là : je te célébrerai, Éternel, car tu étais en colère contre moi, et ta colère s’est détournée, et tu m’as consolé (Ésaïe 12:1). Le chapitre 12 contient les dernières strophes du cantique commencé au chap. 5, dans lesquelles la bénédiction finale du peuple est célébrée. Maintenant, la colère de l’Éternel s’est détournée et Israël savoure la douceur de la consolation. Son temps de détresse est accompli, son iniquité est acquittée, Jérusalem a reçu, de la main de l’Éternel, le double pour tous ses péchés, et le jour de la consolation est venu : « Consolez, consolez mon peuple... » (Ésaïe 40:1). Ce sont les jours glorieux du règne : « Des rois verront, et se lèveront, — des princes, et ils se prosterneront, à cause de l’Éternel qui est fidèle... », le pays de Canaan est rétabli, les captifs délivrés, le temps de l’affliction n’est plus : « Ils n’auront pas faim, et ils n’auront pas soif, la chaleur et le soleil ne les frapperont pas ; car celui qui a compassion d’eux les conduira et les mènera à des sources d’eau ».  Tout ce passage décrit la consolation apportée par l’Éternel à son peuple : « Car l’Éternel console son peuple et fera miséricorde à ses affligés » (Ésaïe 49:7 à 13). Dans le chapitre 51 et les douze premiers versets du chapitre 52, nous avons les exercices d’âme du résidu fidèle auquel sept appels successifs sont adressés. Le premier est pour ceux qui « poursuivent la justice » et « cherchent l’Éternel ».  Dieu a toujours une précieuse consolation pour ceux-là, dans tous les temps. Leur grande faiblesse pourrait être une cause de découragement. — n’en est-il pas ainsi pour nous-mêmes ? Mais Dieu est puissant et fidèle. Abraham en a fait l’expérience, « étant pleinement persuadé que ce qu’il a promis il est puissant aussi pour l’accomplir » (Rom. 4:21). C’est un encouragement pour ce résidu, faible, peu nombreux, douloureusement éprouvé. Dieu les bénira et les multipliera, comme Il l’a fait autrefois pour le « père de tous ceux qui croient ».  Et la promesse divine est là pour fortifier la foi de ces fidèles : « L’Éternel consolera Sion ; il consolera tous ses lieux arides, et fera de son désert un Eden, et de son lieu stérile, comme le jardin de l’Éternel. L’allégresse et la joie y seront trouvées, des actions de grâces et une voix de cantiques » (Ésaïe 51:1 à 3). Le quatrième appel (v. 9) commence par une prière du résidu : il demande l’intervention puissante de l’Éternel en sa faveur et rappelle ce que « le bras de l’Éternel » a fait dans le passé pour délivrer son peuple. Remplis de confiance, les fidèles saluent ensuite la délivrance future (v. 11). Au v. 12, c’est l’Éternel qui prend la parole : « C’est moi, c’est moi qui vous console ! » Goûter la consolation divine après des jours de détresse est une bienheureuse part, mais le connaître, Lui, comme Celui qui console ! Nous avons la même pensée dans le chapitre 61 : le premier verset et le début du deuxième annoncent prophétiquement la première venue de Christ (cf. Luc 4:16 à 19). Nous avons ensuite son apparition en puissance et la description du règne. Son apparition amènera tout à la fois le jugement de ses ennemis et la délivrance du résidu fidèle. Ceux qui ont le cœur brisé, les captifs et ceux qui mènent deuil connaîtront la consolation divine (v. 2). Mais ils auront ce qui est plus précieux encore que la consolation elle-même : «Je me réjouirai avec joie en l’Éternel, mon âme s’égayera en mon Dieu... » (v. 10). C’est la connaissance de Celui qui console et devient ainsi, pour les siens, le sujet de l’allégresse et de la joie. Ésaïe 66:13 nous dit avec quelle douceur Il les consolera : « Comme quelqu’un que sa mère console, ainsi moi, je vous consolerai ; et vous serez consolés... ».  C’est avec la même tendresse que le Seigneur veut consoler aujourd’hui ceux qui sont affligés !

 

3.5   L’exemple du résidu remontant de captivité

Tandis qu’il aura l’espérance de cette consolation, le résidu éprouvé sera l’objet de la miséricorde divine et aura, dans sa tribulation même, le secours et la consolation que seul l’Éternel peut donner. « Car toi, ô Éternel ! tu m’auras aidé et tu m’auras consolé » (Ps. 86:17).

La promesse de la consolation, donnée au résidu de la fin, était déjà pour le faible résidu remonté de la captivité de Babylone. Leurs circonstances étaient un sujet de découragement, c’est pourquoi Dieu se plaît à les consoler. L’Éternel fait entendre « de bonnes paroles, des paroles de consolation ».  Il avait été indigné envers Jérusalem et les villes de Juda pendant soixante-dix années, mais le temps était venu où Il allait user de miséricorde : «Je suis revenu à Jérusalem avec miséricorde ; ma maison y sera bâtie... l’Éternel consolera encore Sion, et choisira encore Jérusalem ».  L’accomplissement de ces promesses aura lieu quand le Messie sera manifesté en gloire ; cependant, ces paroles étaient pour la consolation du résidu qui remontait de Babylone ; elles devaient l’encourager à reprendre la construction de la maison de l’Éternel. C’était peu de chose aux yeux des hommes et pourtant rien dans ce monde n’avait plus de prix aux yeux de Dieu. Encouragement pour nous, encore aujourd’hui, dans l’accomplissement de tant de services qui peuvent paraître sans grande valeur à beaucoup, mais que le Seigneur apprécie, s’ils sont selon sa pensée. Dieu considérait son peuple, Il voyait sa souffrance, comprenait ses douleurs... Au milieu des nations « en repos et tranquilles », le peuple de Dieu était affligé. Mais Dieu ne l’oubliait pas ! Il lui montrait sa fidélité par un accomplissement partiel des promesses. Ses paroles étaient pour lui « des paroles de consolation » (Zacharie 1:11 à 17).

 

3.6   La Parole qui surmonte les doutes

Bien des pensées nous assaillent quand le chemin est difficile, quand les vents sont contraires. Que de questions nous sommes conduits à nous poser ! que de « pourquoi ? ».  L’ennemi cherche à semer le doute dans nos cœurs, il lance ses « dards enflammés » pour ébranler notre foi. Quelle victoire il remporterait si, dans l’agitation de nos pensées, nous en arrivions à ne plus compter sur Dieu, à raisonner sur les déclarations de sa Parole, à douter qu’Il puisse accomplir les promesses qu’elle contient ! Ce sont sans doute des luttes et des exercices que la plupart d’entre nous ont eu parfois à soutenir, à des degrés divers. Les angoisses de la lutte ajoutent une souffrance nouvelle à celles qui ont donné naissance à cette multitude de pensées en nous. Qu’en serait-il si Dieu n’avait compassion de notre détresse et ne venait à nous pour nous secourir ! Sa Parole fortifie notre foi, elle nous fait entendre la voix si douce de Celui qui veut ramener la paix dans notre cœur troublé et nous apporter la consolation qui est comme un baume sur une plaie avivée. « Dans la multitude des pensées qui étaient au dedans de moi, tes consolations ont fait les délices de mon âme » (Ps. 94:19).

 

3.7   Exemple de Ruth

Ruth était l’une de ces trois veuves qui, affligées et dans l’amertume, avaient quitté les champs de Moab pour se rendre à Bethléhem. Orpa retourne chercher des consolations « vers son peuple et vers ses dieux », mais Ruth s’attache à Naomi « et elles marchèrent les deux jusqu’à ce qu’elles arrivèrent à Bethléhem ».  Ruth va glaner dans le champ de Boaz, puis elle entendra la voix de Boaz lui-même et les grâces s’accumuleront sur elle comme autant de consolations pour son cœur meurtri. Quel accueil elle a trouvé ! quelles richesses lui ont été dispensées ! C’est plus qu’elle n’aurait osé espérer. Si Orpa est allée chercher quelque consolation humaine dans les champs de Moab, Ruth a trouvé la vraie consolation dans le champ de Boaz : « Mon Seigneur ! que je trouve grâce à tes yeux ! car tu m’as consolée, et tu as parlé au cœur de ta servante... » (Ruth 2:13).

Méditons ces deux exemples. Que celui d’Orpa nous enseigne à nous détourner de ce que le monde peut offrir : il y a le deuil et l’amertume au pays de Moab, on n’y trouve ni vie pour l’âme, ni consolation pour le cœur. Que celui de Ruth, au contraire, nous stimule. La Parole, vrai champ de Boaz, est riche des vraies consolations. Mais encore, dans ce «champ» nous entendrons la voix de notre Boaz et, l’ayant entendu parler à notre cœur, nous pourrons lui dire aussi, en vérité « tu m’as consolé ».

 

Ta gloire, ô notre Dieu ! brille dans ta parole ;

Elle est, pour tes enfants, un trésor précieux ;

C’est la voix d’un ami qui soutient et console ;

C’est la lettre d’amour écrite dans les cieux.

 

 

4                    Consolation dans le deuil

 

ME 1948 p. 214

La mort brise des liens, provoque de douloureuses séparations. Que de deuils laissent inconsolables ceux qui n’ont pas d’espérance ! C’est surtout dans de tels moments que l’on éprouve la vanité des consolations humaines. Heureux sommes-nous d’avoir les consolations divines ! Lorsqu’un de nos bien-aimés a été recueilli dans le repos, nous sommes affligés sans doute, mais nous ne sommes pas « affligés comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (1 Thess. 4:13-18).

 

4.1   Considérer la part de ceux qui nous ont quittés

Considérer la part de ceux qui nous ont quittés, morts en Christ, est une vraie consolation pour un cœur brisé. Ils sont dans le repos ! Il nous semble souvent que ceux que nous aimons, les membres de nos familles, nous appartiennent. Mais ils sont au Seigneur et le moment vient où Il les reprend à Lui. Un croyant qui s’endort (c’est l’expression que la Parole emploie lorsqu’un croyant est appelé à passer par la mort : Marc 5:39 ; Luc 8:52 ; Jean 11:11, 14 ; Actes 7:60 ; 1 Cor. 15:6, 20, 51 ; 1 Thess. 4:13, 14, 15) ou «déloge », est « avec Christ », et « cela est de beaucoup meilleur ».  Mourir est « un gain » (Phil. 1:21-23). Les rachetés de Christ qui se sont endormis attendent comme nous le jour où aura lieu la première résurrection, mais ils sont, pour attendre, dans une condition meilleure que la nôtre. Ils sont « avec Jésus » (cf. Luc 23:43) — « avec le Seigneur » (2 Cor. 5:8 ; 1 Thess. 4:17) — « avec Christ » (Phil. 1:23), trois pensées différentes, chacune en relation avec l’un des titres de notre Seigneur Jésus Christ.

La mort, « roi des terreurs » pour l’incrédule (Job 18:14), est pour le racheté l’entrée dans le repos, la fin des souffrances, la mise de côté complète de tout ce qui est un obstacle à la jouissante de la communion avec Christ. Ici-bas, bien des choses viennent interrompre notre communion avec le Seigneur, tandis que dans le repos où sont introduits les croyants délogés, rien ne peut venir s’interposer comme un nuage pour entraver la joie et le bonheur de celui qui est « avec le Seigneur ».

Quelle consolation nous pouvons goûter en considérant la part si heureuse de ceux de nos bien-aimés que le Seigneur a repris à Lui ! Sans doute étions-nous disposés à faire tout ce qui était en notre pouvoir pour rendre leur vie plus facile et plus agréable. Et les voilà introduits dans le lieu où il n’y a aucune ombre à leur bonheur ! À travers nos larmes, nous pouvons nous réjouir en pensant à l’éternelle félicité dans laquelle ils sont déjà entrés.

 

4.2   Ce que le Seigneur éprouve lorsqu’Il prend auprès de Lui l’un de ses rachetés

Nous sommes consolés aussi en considérant la satisfaction que le Seigneur éprouve lorsqu’Il prend auprès de Lui l’un de ses rachetés. « Toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4:17), c’est pour le cœur du croyant : sa Personne est l’objet de nos cœurs et c’est avec Lui que nous serons éternellement ! Mais Jean 17:24 arrête la pensée sur la joie qui sera celle du Seigneur lui-même : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi... ».  Quelle satisfaction pour son cœur d’avoir avec Lui ceux que le Père lui a donnés et, pour lesquels Il est mort sur la croix du Calvaire !

 

4.3   Considérer le moment où nous serons enlevés ensemble

Bonheur parfait de ceux qui se sont endormis, joie que le Seigneur lui-même éprouve, n’y a-t-il pas là de précieux sujets de consolation pour des cœurs meurtris ? Mais encore, si Dieu ne veut pas que nous soyons affligés « comme les autres qui n’ont pas d’espérance », c’est parce qu’Il désire fixer nos regards sur le moment où « le Seigneur lui-même... descendra du ciel » et où « les morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous seront ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur ».  L’espérance du retour du Seigneur, « bonne espérance par grâce », « bienheureuse espérance », ravivée dans nos cœurs lors du départ de nos bien-aimés, constitue une consolation dont nous pouvons mesurer la valeur quand nous sommes dans le deuil. « Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles ».  Nous attendons le moment où « Dieu essuiera toute larme de nos yeux ; et la mort ne sera plus ; et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine ; car les premières choses sont passées ».  (Apoc. 21:4). Ce sera alors l’état immuable, l’état d’éternité — nous serons à jamais consolés ! Mais de chacun de nos bien-aimés, il peut être dit après qu’il est délogé « maintenant lui est consolé ici » (Luc 16:25).

Consolation pour le présent, dispensée à ceux qui pleurent ; consolation pour l’éternité, part de tous ceux qui « se sont endormis par Jésus », « consolation éternelle » dont la jouissance ne s’affaiblira jamais. Lorsqu’elle sera devenue une réalité, la « bonne espérance par grâce « prendra fin, mais la consolation des rachetés, elle, n’a jamais de fin.

 

Écoutons la voix de l’Époux

Qui nous redit sans cesse :

« Je viens ! Je viens ! consolez-vous,

Bientôt plus de tristesse ! »

 

Quelle richesse de consolation pour ceux que le Seigneur trouve bon d’affliger en leur retirant un être cher ! — Il y a cependant encore quelque chose de plus : quand le Seigneur vient visiter un croyant par une douloureuse épreuve, c’est la visite d’un Ami qui voudrait être plus près de lui.

 

4.4   Sympathie et tendresse de Celui qui pleure avec ceux qui pleurent

Une âme dans le deuil savoure la sympathie et la tendresse de Celui qui pleure avec ceux qui pleurent, elle apprend à mieux Le connaître, elle est enrichie spirituellement. Qui peut dire tout le travail que Dieu opère ainsi en faisant passer l’un des siens par le deuil ! Nous avions peut-être beaucoup compté sur nos forces et sur nos ressources, beaucoup parlé de notre foi, dans les jours de prospérité, mais lorsque l’épreuve est là il ne reste plus rien de ce sur quoi nous pensions pouvoir nous appuyer. Nous apprenons alors à nous connaître mieux nous-mêmes et à mieux connaître le Seigneur, sa sympathie, son amour fidèle — notre faiblesse et la force qu’Il fournit. L’épreuve est un chemin qui nous conduit à Christ ! N’y a-t-il pas en cela une source nouvelle d’encouragement et de consolation pour celui qui pleure ? Dieu nous a repris l’un de ceux que nous aimions, mais Lui demeure et Il voudrait que nous trouvions tout en Lui. Nos afflictions contribuent à nous occuper davantage de Christ et à nous rendre ainsi capables de refléter quelque chose de Lui.

Si les épreuves, les deuils sont multipliés dans la vie d’un croyant, si les souffrances abondent, les consolations abondent aussi. Quelle grâce ! (2 Cor. 1:5). La vie de l’apôtre Paul en est un exemple, celle de David également — le livre des Psaumes en témoigne.

 

4.5   Mener deuil devant l’état du monde — Dieu console ceux qui le font

« Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés... » (Matt. 5:4). Ici, « mener deuil » c’est être affligé en considérant l’état du monde dans lequel nous avons à vivre. Le Roi est rejeté (les versets 1 à 12 de Matthieu 5 indiquent les différents caractères de ceux qui auront part au royaume) et les conséquences du péché sont visibles partout : souffrances, deuil, corruption, violence... Malgré cela, les hommes ne pensent guère, pour la plupart, qu’à se divertir. Au contraire, le croyant « mène deuil » ; il souffre en voyant ce que le péché a fait de la création sortie parfaite des mains du Créateur et, son cœur étant attaché au Seigneur, il est attristé en voyant ce monde, qui L’a crucifié, se réjouir — ou essayer de le faire — et tâcher de s’organiser sans Lui. Ce monde, déjà jugé, connaîtra plus tard les horreurs de l’exécution du jugement, tandis que ceux qui aujourd’hui « mènent deuil» seront consolés. « J’ai vu ses voies, et je le guérirai, et je le conduirai, et je lui rendrai la consolation, à lui et aux siens qui mènent deuil ... l’Éternel sera ta lumière à toujours, et les jours de ton deuil seront finis... L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi... il m’a envoyé... pour consoler tous ceux qui mènent deuil... » (Ésaïe 57:18 ; 60:20 ; 61:1-2 ; voir encore 66:10 à 14). Quel changement Il opèrera alors ! « Et je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai, et je les réjouirai en les délivrant de leur douleur... » (Jérémie 31:13).

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console à l’égard de toute notre affliction... » (2 Cor. 1:3, 4).

 

 

5                    Consolez ceux qui sont découragés

ME 1948 p. 240

5.1   Consoler ses frères

L’exhortation adressée par l’apôtre aux frères de Thessalonique (1 Thess. 5:14) est aussi pour nous. Pensons avec sympathie non seulement à ceux qui sont dans le deuil, mais encore à tous ceux qui ont perdu ou sont en danger de perdre courage. Il y a tant de difficultés variées qui peuvent conduire au découragement ! Nous savons si peu, en général, prendre un réel intérêt aux circonstances de nos frères et sœurs, leur dire avec amour quelques paroles de consolation et de réconfort. Il faut parfois bien peu de chose pour encourager quelqu’un ; une simple poignée de mains pourra être beaucoup, si celui à qui nous la donnons y sent un témoignage d’affection fraternelle et de sympathie.

 

5.2   Paul à Rome

L’apôtre Paul avait un très grand désir d’aller à Rome (Rom. 1:10-11 ; 15:22 à 24) afin de faire part à ces croyants de quelque don de grâce spirituel — pour qu’ils soient consolés ensemble, eux et lui — pour y recueillir quelque fruit. Son désir a été exaucé, bien qu’il soit allé à Rome comme prisonnier. Actes 28 retrace les derniers pas de son voyage : les frères de Rome vinrent à sa rencontre jusqu’au forum d’Appius et aux Trois-Tavernes (v. 15). Ils avaient parcouru un long chemin, dans des conditions sans doute difficiles ; cela constituait un témoignage de sympathie précieux au cœur de l’apôtre : «Paul, les voyant, rendit grâces à Dieu et prit courage». Il reçoit cet encouragement de Dieu lui-même, par le moyen des frères. Dieu savait qu’à ce moment-là, son cher serviteur avait besoin d’être consolé et, dans sa bonté fidèle, Il lui a envoyé les frères de Rome. Combien le cœur du pauvre prisonnier été réconforté ! Bel exemple des consolations que nous pouvons apporter de la part de Dieu à ceux auxquels elles sont nécessaires !

 

5.3   Consoler à propos de l’état d’une assemblée locale

La Parole nous enseigne aussi que l’état spirituel, les circonstances des assemblées locales peuvent être un sujet de préoccupation ou, au contraire, un motif d’encouragement et de consolation.

L’apôtre Paul, ayant appris ce qui se passait à Corinthe, avait adressé à cette assemblée une première lettre. Il dira plus tard aux Corinthiens quels sentiments il éprouvait en l’écrivant : «Je vous ai écrit dans une grande affliction et avec serrement de cœur, avec beaucoup de larmes... afin que vous connaissiez l’amour que j’ai si abondamment pour vous» (2 Cor. 2:4). Mais, après que le mal fut jugé, après que les Corinthiens eurent montré qu’ils étaient «purs dans l’affaire», l’apôtre leur écrit : «Je suis rempli de consolation... Celui qui console ceux qui sont abaissés, Dieu, nous a consolés par la venue de Tite, et non seulement par sa venue, mais aussi par la consolation dont il a été rempli à votre sujet, en nous racontant votre grand désir, vos larmes...» et il ajoute, après avoir rappelé ce que l’assemblée de Corinthe avait fait, en obéissance à sa première épître : «C’est pourquoi nous avons été consolés...» (2 Cor. 7:4, 6, 7, 13).

L’état des Thessaloniciens avait été aussi un sujet de tristesse pour l’apôtre. L’ennemi avait suscité des persécutions, de sorte que leur foi était ébranlée ; ils pensaient que Dieu les abandonnait et cela pouvait les amener à rejeter ce qui constituait l’objet de leur foi. Le travail de l’apôtre dans cette assemblée eût été rendu vain ! L’ennemi ayant suscité ces tribulations avait aussi empêché l’apôtre d’aller jusqu’à Thessalonique (1 Thess. 2:18 ; 3:1 à 8). C’est alors que, «n’y tenant plus», l’apôtre envoie Timothée pour les affermir et les encourager touchant leur foi. À son retour, Timothée apporte «les bonnes nouvelles de leur foi et de leur amour». Les Thessaloniciens, ayant pris «le bouclier de la foi», avaient pu «éteindre tous les dards enflammés du méchant» ; ils étaient ainsi dans un état qui permettait à l’apôtre de leur écrire : «C’est pourquoi, frères, nous avons été consolés à votre sujet par votre foi, dans toute notre nécessité et notre tribulation». Avoir été en consolation à l’apôtre dans la tribulation qu’il traversait, quel privilège pour les Thessaloniciens !

Avec les Philippiens, l’apôtre avait goûté «quelque consolation en Christ». Il désire maintenant que sa joie soit complète et elle le sera si tous sont d’un même sentiment, s’ils ont une même pensée et un même amour (Phil. 2:1-2). Évodie et Syntyche (4:2) empêchaient que sa joie fût accomplie. Et cela, parce qu’il y avait un désaccord entre elles. Lequel ? La Parole n’en dit rien, il ne valait pas la peine d’en parler. De semblables motifs ont une grande importance à nos yeux et nous amènent parfois à combattre pour faire prévaloir «notre» pensée. Mais ils n’ont aucune valeur aux yeux de Dieu !

Après avoir considéré ces trois exemples, nous pouvons nous poser cette question : notre état spirituel, les circonstances et l’état de l’assemblée locale sont-ils des sujets de préoccupation et de tristesse pour les autres ou, au contraire, de joie et d’encouragement ?

 

5.4   Consoler ceux qui sont sous la discipline du Père

Il est un service à ne pas oublier : consoler ceux qui sont découragés parce qu’ils ont à connaître une douloureuse discipline paternelle. «Aucune discipline, pour le présent, ne semble être un sujet de joie, mais de tristesse...» (Héb. 12:11). Si nous ne discernons pas les soins de l’amour divin dans les manifestations variées de la discipline, si nous n’y voyons pas le cœur du Père, nous serons en danger de perdre courage (Héb. 12:5). Quel réconfort si un frère vient nous dire les paroles qui consolent, nous occupant de l’amour du Père qui discipline ses enfants pour leur profit, nous montrant que la discipline est la preuve que nous sommes des fils, plaçant devant nos yeux le «plus tard» où sera rendu «le fruit paisible de la justice», si nous avons été exercés par cette discipline ! (Héb. 12:6, 8, 10, 11). Le cœur trouve alors, dans la discipline même, une consolation !

C’est ce qu’exprime la brebis : «Ta houlette et ton bâton ce sont eux qui me consolent» (Ps. 23:4). La houlette et le bâton, ce sont les instruments caractéristiques du berger. Ils nous parlent de tous les soins variés de la discipline. Quand ils sont employés, la brebis n’a aucun doute, c’est son Berger qui s’en sert. Elle ne dit pas : ce sont la houlette et le bâton qui me dirigent, qui me ramènent dans le chemin, qui éloignent le loup — elle sait que c’est son Berger qui s’occupe d’elle, parce qu’il l’aime. La brebis ne s’arrête pas aux causes secondes — qui font souvent murmurer et conduisent au découragement, si l’on ne va pas plus loin — elle voit la main de son Berger : c’est lui qui se sert de la houlette et du bâton. Aussi, elle est consolée ! Celui dont l’amour ne peut changer est près d’elle et s’occupe d’elle. Elle voit, au travers de la discipline, douloureuse peut-être, l’amour qui la dispense et c’est là une consolation pour elle. La discipline est une preuve de l’amour du Père pour ses enfants, du Berger pour sa brebis. Quelle consolation !

 

5.5   Consolation et restauration

2 Corinthiens 2:7 nous parle d’un autre service de consolation. Dans ce passage, l’apôtre s’adresse spécialement à une assemblée — ici, l’assemblée de Corinthe.

L’assemblée est responsable d’ôter «le méchant» (1 Cor. 5). Lorsque cela est nécessaire, l’assemblée doit agir dans la douleur et l’humiliation, conduite par le saint désir de maintenir le caractère qui convient au témoignage collectif, mais aussi recherchant la restauration de celui dont l’état a nécessité l’exclusion. Ce n’est pas au moment où il est exclu de la communion qu’il convient d’aller le consoler. La Parole nous enseigne, au contraire, que nous ne devons pas avoir de commerce avec lui, que nous ne devons même pas manger avec «un tel homme» (1 Cor. 5:11). Continuer, de propos délibéré, à entretenir des relations avec lui, c’est juger l’assemblée — chose extrêmement grave — et aussi, entraver la restauration de celui qui a été retranché. Malgré les apparences, c’est un manque d’amour à son égard. Tandis que l’obéissance à la Parole sera toujours la véritable manifestation de l’amour selon Dieu.

Mais lorsque celui qui a été retranché est restauré, l’assemblée doit alors pardonner et consoler, ratifier envers lui son amour (2 Cor. 2:7-8). La joie de la communion retrouvée constituera une consolation pour celui qui était tombé et que le Seigneur a relevé. Dieu saura donner les paroles d’encouragement et de réconfort qui lui feront du bien, alors que, peut-être, il conserve un tel souvenir de sa chute, de sa souffrance, de la souffrance et de l’humiliation dont il a été la cause dans l’assemblée, qu’il y aurait là, pour lui, un continuel sujet de tristesse. Pardonner, consoler... telle est l’attitude qui convient. Quand l’assemblée l’a fait, chacun peut aussi le faire individuellement. Il y a un beau service à remplir pour celui qui aura à cœur de l’exercer et à qui Dieu voudra le confier.

Pardonner, consoler... c’est tout l’opposé de ce que nous serions naturellement portés à faire : considérer avec quelque supériorité celui qui a connu la triste et douloureuse humiliation d’une chute — peut-être même y faire une allusion, plus ou moins voilée, après que cependant il a été restauré et a retrouvé la communion de l’assemblée. Agir ainsi ne serait pas agir dans l’amour ; cela montrerait que l’on a peu compris les enseignements de la Parole à ce sujet et dénoterait, sans doute, un état spirituel laissant à désirer.

Pierre, restauré, a été consolé par le Seigneur (Jean 21:15 à 19). Dès lors, il a pu — comme le Seigneur le lui avait dit — «fortifier ses frères» (Luc 22:32) et adresser aux Juifs cette parole : «Mais vous, vous avez renié le Saint et le Juste...» (Actes 3:14), sans crainte que son reniement lui soit reproché. Consolé, celui qui était tombé et qui a été restauré, pourra encore avoir un service à remplir, si Dieu trouve bon de lui en donner un. Comme l’histoire de Pierre, celle de Marc est aussi un enseignement pour nous à cet égard (Actes 13:5-13 ; 15:36 à 41 ; Philémon 24 ; 2 Tim. 4:11 ; Col. 4:11).

 

5.6   Avoir goûté soi-même les consolations divines

Pour pouvoir apporter à d’autres les consolations divines, il faut en avoir soi-même goûté tout le prix. C’est après avoir bu à la source que l’on peut rafraîchir les autres (cf. Jean 7:37-38). L’apôtre Paul, qui avait traversé des souffrances si grandes qu’il avait «désespéré même de vivre», bénit Dieu parce que ces circonstances lui avaient permis de le connaître comme «le Dieu de toute consolation», le rendant ainsi capable de consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit, par la consolation dont il avait été lui-même consolé de Dieu. Les expériences faites étaient pour la consolation des saints, l’apôtre était ainsi un canal de bénédictions (2 Cor. 1:3 à 7).

N’y a-t-il pas, là aussi, une consolation pour nos cœurs ? Penser que si Dieu nous fait traverser la souffrance, c’est afin de nous employer à la consolation de ceux qui sont éprouvés, en leur apportant ce que nous aurons reçu de Lui !

 

 

 

6                    En consolation à d’autres

ME 1948 p. 253

6.1   Paul avait besoin de consolations

Après avoir rappelé les souffrances physiques endurées au cours de son ministère, l’apôtre parle de sa sollicitude pour toutes les assemblées (2 Cor. 11:23 à 28). Quelle affliction, quel serrement de cœur, quelles larmes en pensant à l’état de telle ou telle assemblée ! (cf. 2 Cor. 2:4). Que de sujets de découragement pouvait avoir l’apôtre Paul ! Mais Dieu, dans sa grâce, a voulu lui dispenser toutes les consolations dont Il savait qu’il avait besoin : il prendra courage lorsque les frères de Rome viendront à sa rencontre ; les nouvelles que Timothée lui rapporte de Thessalonique, celles que Tite lui donne des Corinthiens sont un réconfort pour celui qui porte les assemblées sur son cœur. Dieu a voulu aussi employer quelques-uns de ses serviteurs pour consoler l’apôtre.

 

6.2   Ceux qui ont consolé l’apôtre Paul

« Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue, et Marc, le neveu de Barnabas... et Jésus, appelé Juste... Ceux-ci sont les seuls compagnons d’œuvre pour le royaume de Dieu qui aussi m’ont été en consolation » (Col. 4:10, 11).

Aristarque, compagnon de voyage de l’apôtre, compagnon d’œuvre, compagnon de captivité (Actes 19:20 ; Philémon 24 ; Col. 4:10) est toujours présenté comme étant avec l’apôtre (voir encore Actes 20:4 ; 27:2). Près de lui pour le consoler !

Marc, après avoir grandi sous l’influence d’une mère pieuse, dans une maison où il avait été mis en contact avec la Parole, avait été serviteur de Barnabas et de Saul (Actes 12:12 ; 13:5). Lorsque les difficultés survinrent, il regarda en arrière et retourna à Jérusalem (Actes 13:13). Puis il fut la cause d’un désaccord entre Barnabas et Paul : le premier aurait voulu « prendre avec eux Jean, aussi appelé Marc », tandis que le second, ayant sans doute plus de discernement, ne le voulut pas. Ce désaccord fut tel qu’il y eut de l’irritation entre Barnabas et Paul, en sorte qu’ils se séparèrent (Actes 15:36 à 41). Paul avait compris que Marc n’était pas encore en état de se remettre à l’ouvrage, mais il n’avait aucun parti pris contre lui et le témoignage qu’il rendra à son égard, dans la suite, le montre bien : l’apôtre l’appelle son « compagnon d’œuvre » (Philémon 24) ; il déclare qu’il lui est « utile pour le service » (2 Tim. 4:11) et qu’il est l’un des trois qui lui ont été « en consolation » (Col. 4:11).

« Car nous avons une grande joie et une grande consolation dans ton amour, parce que les entrailles des saints sont rafraîchies par toi, frère. » (Philémon 7).

Ici, l’apôtre était réjoui et consolé en considérant l’activité de Philémon, son service en faveur des saints. Quel rafraîchissement ils goûtèrent par son moyen ! Consolation précieuse procurée à l’apôtre, qui se réjouissait parce qu’un tel service était en bénédiction à l’assemblée et à tous les saints. L’apôtre aimait le Seigneur, il aimait l’assemblée, il aimait les frères, il se réjouissait donc de tout ce qui était pour le bien du témoignage.

« Le Seigneur fasse miséricorde à la maison d’Onésiphore, car il m’a souvent consolé et n’a point honte de ma chaîne... » (2 Tim. 1:16 à 18).

Dans un moment où l’apôtre aurait eu particulièrement besoin de sympathie, tous ceux qui étaient en Asie s’étaient détournés de lui. Phygelle et Hermogène, sur lesquels il avait peut-être compté pour lui apporter quelque réconfort, s’étaient éloignés, eux aussi (v. 15). Paul connaissait, dans une certaine mesure, les souffrances de son divin Maître qui fut abandonné des siens.

Un seul avait pris part « aux souffrances de l’évangile » et n’avait pas eu « honte de sa chaîne » (v. 8 et 16). Onésiphore était venu lui témoigner une vraie sympathie ! Arrivé à Rome, il n’avait eu qu’une pensée : retrouver l’apôtre. « Quand il a été à Rome, il m’a cherché très soigneusement, et il m’a trouvé » (v. 17). Quel rafraîchissement le Seigneur avait préparé pour son cher serviteur ! Quelle consolation pour l’apôtre, abandonné de tous, lorsqu’il a vu arriver Onésiphore ! « Il m’a souvent consolé ».  Le cœur est ému en pensant aux visites du fidèle Onésiphore à l’apôtre prisonnier !

Quelle récompense que celle souhaitée par l’apôtre en faveur de celui qui l’avait si souvent consolé ! Il avait usé de miséricorde envers lui, que le Seigneur fasse miséricorde à sa maison ! Le Seigneur rendra au centuple ce qui a été fait pour Lui et ce qui est fait à l’un de ces plus petits qui sont ses frères est fait à Lui-même.

 

6.3   Envoyés pour consoler

Si l’apôtre a goûté de précieuses consolations par le moyen de ceux que le Seigneur lui envoyait, lui aussi savait envoyer, lorsque c’était nécessaire, un « compagnon de service » pour encourager et consoler.

Alors qu’Aristarque nous est toujours présenté à côté de l’apôtre, Tychique est toujours en voyage (sauf dans une circonstance où il est avec Paul : Actes 20:4) : Éph. 6:21 ; Col. 4:7 ; 2 Tim. 4:12 ; Tite 3:12. Il a été sans doute le porteur des lettres adressées aux Éphésiens et aux Colossiens. C’était un « bien-aimé frère », un « fidèle serviteur », un « compagnon de service » que l’apôtre envoyait soit aux Éphésiens, soit aux Colossiens, pour « consoler leurs cœurs » (Éph. 6:22 ; Col. 4:8). Les Éphésiens étaient en danger de perdre courage (Éph. 3:13) ; les Colossiens avaient à faire face aux assauts de l’adversaire qui essayait de les détacher de Christ, c’est pourquoi l’apôtre combattait pour eux par la prière, demandant à Dieu « que leurs cœurs soient consolés » (Col. 2:2). Tychique va vers eux, envoyé par l’apôtre, pour fortifier, encourager, consoler. Fidèle serviteur, il était sans doute un frère capable d’enseigner, un prophète pouvant apporter aux assemblées édification, exhortation, consolation (1 Cor. 14:1 à 3). Son ministère à Éphèse et à Colosses mettrait ces croyants en contact avec Dieu, de sorte qu’ils seraient édifiés ; son enseignement leur apporterait la consolation et l’encouragement dont ils avaient besoin. C’est pourquoi l’apôtre l’envoie.

 

6.4   Barnabas, fils de consolation et moyen de consolation

« Et Joseph qui, par les apôtres, fut surnommé Barnabas (ce qui, étant interprété, est fils de consolation)... » (Actes 4:36).

Le fait que les apôtres appelèrent Joseph du nom de Barnabas était un témoignage rendu au caractère de son service parmi les saints : il les avait souvent encouragés et consolés. Une grande connaissance des Écritures n’est pas indispensable pour être un « fils de consolation » ; celui qui aime le Seigneur et les rachetés du Seigneur saura apporter l’encouragement nécessaire à ceux qui en ont besoin.

Barnabas était « homme de bien, et plein de l’Esprit Saint et de foi » (Actes 11:24). Vrai lévite (cf. Deut. 18:1-2), il vendit la terre qu’il possédait et en apporta le prix aux pieds des apôtres (Actes 4:37). Il ne voulait pas qu’un seul obstacle pût l’empêcher de remplir le si beau service de consolateur ; il désirait pouvoir être tout entier au Maître qu’il avait à cœur de servir en servant les saints.

C’est lui qui a recommandé Saul de Tarse aux apôtres (Actes 9:26-27). Plus tard, il fut envoyé à Antioche pour aider et affermir les nouveaux convertis, qu’il exhortait «à demeurer attachés au Seigneur de tout leur cœur » (Actes 11:23) ; c’est le secret pour être encouragé ! Mais il n’était pas de ceux qui dépassent leur mesure : placé devant un service à remplir qu’il considère comme débordant ses capacités, il va chercher Saul parce qu’il a conscience que Saul est mieux qualifié que lui pour instruire cette assemblée. Il n’y avait, chez Barnabas, aucun amour-propre, aucune suffisance ; il réalisait d’avance l’exhortation de Rom. 12:3 à 8. Il désirait la prospérité de l’assemblée, la gloire du Seigneur au milieu d’elle et non sa propre gloire.

Il fut ensuite, avec l’apôtre, chargé d’un précieux service de consolation et d’encouragement : ils portèrent aux frères de Judée les dons de l’assemblée d’Antioche. Il est certes bien vrai que la façon de donner vaut mieux encore que ce que l’on donne. C’est avec affection, avec des paroles encourageantes, nous n’en doutons pas, que Barnabas et Saul remirent aux frères de Judée le fruit de la libéralité des saints d’Antioche. Quelle consolation ce dut être pour ces croyants dans l’épreuve ! (Actes 11:29-30).

Que d’exemples nous sont ainsi proposés ! Puissions-nous les imiter et être aussi en consolation à plusieurs !

 

7                    Soyez consolés

ME 1948 p. 296

7.1   Le Saint Esprit Consolateur

Le Seigneur, ressuscité et glorifié, a envoyé ici-bas le Saint Esprit, «un autre Consolateur». Venu dans ce monde, Il avait pris notre cause en mains et, par son œuvre parfaite à la croix, réglé à jamais la question du péché. Ayant achevé l’œuvre, Il allait au Père et laissait les siens dans le monde. Mais «un autre» allait venir pour prendre en mains la cause de ses bien-aimés rachetés en butte à toutes les difficultés du désert. Le Saint Esprit est une Personne divine, envoyée par le Père et par le Fils, pour nous aider, nous assister, nous consoler ! (Jean 14:16, 17, 25, 26 ; 15:26 ; 16:13 à 15 ; Rom. 8:26).

Le Saint Esprit s’occupe de chacun des croyants individuellement. Il s’occupe aussi de l’Épouse, qu’il forme et qu’il rassemble — qu’il va bientôt présenter à son céleste Époux, en lui disant tout ce qu’il aura fait pour elle pendant le voyage (cf. Genèse 24:66).

Lorsque les croyants sont rassemblés autour du Seigneur, par la puissance de l’Esprit Saint, l’Esprit Saint est là comme Personne divine, manifestant la présence de Dieu dans l’Assemblée, agissant par le moyen de l’instrument qu’il a choisi, afin que les saints soient édifiés, exhortés, consolés (1 Cor. 14:3). Puisse-t-il en être ainsi, pratiquement, dans tous nos rassemblements, pour que les assemblées, en paix, soient édifiées, marchent dans la crainte du Seigneur et croissent par la consolation du Saint Esprit (Actes 9:31).

Le Saint Esprit console les saints parce qu’il les occupe de Christ, prenant de ce qui est à Lui pour nous l’annoncer (Jean 16:13-15). Dans l’Assemblée, le ministère prophétique, par l’Esprit, édifie, exhorte, console, car il met les âmes en contact avec Dieu et les nourrit du grain rôti, des pains sans levain, du vieux blé du pays ! (Josué 5:11).

 

Tu nous instruis, tu nous consoles,

Durant ton absence, ô Jésus !

Car ton Esprit et tes paroles

Demeurent avec les élus.

 

7.2   Conclusion

À l’assemblée de Corinthe, l’apôtre adresse cette exhortation : «Au reste, frères, réjouissez-vous ; perfectionnez-vous ; soyez consolés ; ayez un même sentiment ; vivez en paix : et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Tous les saints vous saluent. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, et l’amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit, soient avec vous tous !» (2 Cor. 13:11 à 13). C’est par ce souhait que nous terminerons, demandant à Dieu qu’Il bénisse pour nos âmes les diverses portions de sa Parole que nous avons considérées, afin que nous puissions goûter dans une plus grande mesure les consolations qu’Il se plaît à nous prodiguer, en attendant le jour où nous savourerons l’éternelle consolation, dans le lieu où «il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine» !

 

 

8                    Consolations

ME 1980 p.29

8.1   Paul excessivement chargé. Dieu est le « Dieu de toute consolation »

Que de difficultés, que de souffrances l’apôtre Paul a connues tout au long de son ministère, un ministère qui s’est poursuivi durant trente-cinq ans environ, les vingt dernières années étant celles pendant lesquelles il lui a été « donné une écharde pour la chair » (2 Cor. 12:1 à 10). Dans la 2e épître aux Corinthiens l’apôtre parle, au chapitre 11 spécialement, des souffrances qu’il a endurées, mais déjà au premier chapitre il écrit : « Nous avons été excessivement chargés, au-delà de notre force, de sorte que nous avons désespéré même de vivre » (v. 8). Mais Dieu ne pouvait abandonner son serviteur ! Que de consolations et d’encouragements Il s’est plu à lui donner, se faisant connaître à lui comme « le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation ».

 

8.2   Afflictions actuelles

Nous n’avons certes pas à endurer les souffrances, les afflictions connues alors par l’apôtre Paul. Cependant nous sommes parvenus dans des temps bien difficiles, qu’il s’agisse de ce monde où la violence et la corruption se développent de plus en plus, ou de l’Assemblée, au sein de laquelle bien des caractères laodicéens sont déjà manifestés ! Si nous considérons l’état de certains rassemblements, dans lesquels il y a du laisser-aller, parfois même du désordre, où les caractères de l’assemblée ne sont plus guère visibles, nous éprouvons une très grande souffrance et nous avons besoin des encouragements, des consolations que Dieu veut nous dispenser, comme il le faisait pour l’apôtre Paul autrefois. Mais encore, n’avons-nous pas besoin aussi, au travers des épreuves si douloureuses que traversent tant de rachetés du Seigneur, avec lesquels nous souffrons, car dans le corps de Christ « si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor. 12:26), n’avons-nous pas besoin, disons-nous, des précieuses consolations divines ?

 

8.3   Consolé soi-même, puis prodiguant la consolation à d’autres

Combien nous sommes heureux de savoir qu’Il est toujours « le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console à l’égard de toute notre affliction ». L’apôtre l’avait éprouvé pour lui-même — comme nous pouvons aussi l’éprouver présentement — non seulement pour sa propre consolation mais encore, dit-il, « afin que nous soyons capables de consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit, par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés de Dieu » (2 Cor. 1:3, 4). Et il ajoute : « Car comme les souffrances du Christ abondent à notre égard, ainsi, par le Christ, notre consolation aussi abonde » (v. 5). Affligé, Paul goûtait dans cette affliction toute la douceur des consolations divines qu’il prodiguait ensuite à ceux qu’il servait, pouvant leur dire : « Et soit que nous soyons affligés, c’est pour votre consolation et votre salut... soit que nous soyons consolés, c’est pour votre consolation et votre salut ; sachant que, comme vous avez part aux souffrances, de même aussi vous avez part à la consolation » (v. 6, 7).

 

8.4   Imiter l’apôtre

Qu’il nous soit accordé d’imiter quelque peu l’exemple de l’apôtre et de pouvoir apporter à d’autres les consolations dont nous avons joui nous-mêmes, ne perdant pas de vue que Dieu nous éprouve parfois pour nous faire savourer ensuite la douceur de ses consolations et pour nous amener à en communiquer quelque chose à ceux qui en ont besoin. Et que tous ensemble nous apprenions à mieux connaître notre Dieu comme « le Dieu de patience et de consolation » afin que soit réalisé ce qu’écrit l’apôtre : « Or le Dieu de patience et de consolation vous donne d’avoir entre vous un même sentiment selon le Christ Jésus, afin que, d’un commun accord, d’une même bouche, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » (Rom. 15:5, 6).

 

8.5   Tes consolations ont fait les délices de mon âme (Ps. 94:19)

Les consolations de Dieu sont si douces pour nos cœurs ! Ne nous en donne-t-il pas lui-même l’assurance : « Comme quelqu’un que sa mère console, ainsi moi, je vous consolerai ; et vous serez consolés... » (Ésaïe 66:13). — Et lorsque bien des pensées nous assaillent, risquant de nous troubler, quel bonheur de pouvoir dire avec le Psalmiste : « Dans la multitude des pensées qui étaient au-dedans de moi, tes consolations ont fait les délices de mon âme » (Ps. 94:19) ; quel bonheur de pouvoir le dire, plus encore de le réaliser vraiment ! — Soyons gardés de mépriser les consolations de Dieu, de faire comme Job, auquel Éliphaz posait la question : « Est-ce trop peu pour toi que les consolations de Dieu et la parole douce qui se fait entendre à toi ? » (Job 15:11).

 

8.6   Une consolation éternelle (2 Thess. 2:16, 17)

Nous sommes heureux d’avoir « une bonne espérance par grâce ». Elle prendra fin lorsque la foi sera changée en vue, mais la consolation est éternelle ! « Or notre Seigneur Jésus Christ lui-même, et notre Dieu et Père, qui nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle et une bonne espérance par grâce, veuille consoler vos cœurs et vous affermir en toute bonne œuvre et en toute bonne parole » (2 Thess. 2:16, 17). Nous goûtons les consolations divines déjà présentement, nous pouvons les apprécier et en jouir, mais que sera-ce quand nous serons dans le lieu où les larmes ne couleront plus, quand « la mort ne sera plus ; et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine » (Apoc. 21:4). Nous jouirons alors, et pour jamais, de la « consolation éternelle », que nous pouvons déjà savourer quelque peu ici-bas !

 

8.7   La consolation des écritures (Rom. 15:4)

Les consolations divines nous sont dispensées par bien des moyens que Dieu veut employer, notamment par sa Parole. L’apôtre Paul nous parle de la « consolation des écritures » (Rom. 15:4) et l’auteur inspiré du Psaume 119 écrit : « C’est ici ma consolation dans mon affliction, que ta parole m’a fait vivre » et encore : « Je me suis souvenu de tes ordonnances de jadis, ô Éternel ! et je me suis consolé » (v. 50 et 52).

 

8.8   Barnabas et Onésiphore

Elles nous sont dispensées également par le moyen des serviteurs que Dieu emploie. Nous avons vu comment Paul était consolé afin d’être rendu « capable de consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit » (2 Cor. 1:3 à 7). Dans les premiers jours de l’histoire de l’Église sur la terre, il est fait mention d’un serviteur appelé Joseph « qui, par les apôtres, fut surnommé Barnabas (ce qui, étant interprété, est fils de consolation)... » (Actes 4:36). Ce nom de Barnabas lui a sans doute été donné par les apôtres parce qu’il savait apporter de la consolation à ceux qui en avaient besoin. — Dans la seconde épître à Timothée, Paul parle d’Onésiphore et il peut dire de lui : « Il m’a souvent consolé et n’a point eu honte de ma chaîne, mais, quand il a été à Rome, il m’a cherché très soigneusement et il m’a trouvé » (1:16 à 18). Pensons à la consolation apportée par Onésiphore, à ce qu’elle devait être pour Paul au fond de sa prison !

 

8.9   Tychique

Paul parle de Tychique, d’abord dans son épître aux Éphésiens : « Mais afin que vous aussi vous sachiez ce qui me concerne, comment je me trouve, Tychique, le bien-aimé frère et fidèle serviteur dans le Seigneur, vous fera tout savoir : je l’ai envoyé vers vous tout exprès, afin que vous connaissiez l’état de nos affaires, et qu’il console vos cœurs » (6:21, 22) — ensuite dans l’épître aux Colossiens : « Tychique, le bien-aimé frère et fidèle serviteur et compagnon de service dans le Seigneur, vous fera savoir tout ce qui me concerne : je l’ai envoyé vers vous tout exprès, afin qu’il connaisse l’état de vos affaires, et qu’il console vos cœurs... » (4:7, 8). Précieux service que celui confié à Tychique !

 

8.10                   Aristarque, Marc et Jésus appelé Juste

Dans le même chapitre 4 de l’épître aux Colossiens, Paul parle de trois autres frères : Aristarque, Marc et Jésus appelé Juste, et il dit d’eux trois : « Ceux-ci sont les seuls compagnons d’œuvre pour le royaume de Dieu qui aussi m’ont été en consolation » (v. 10, 11). — Enfin, à propos de Tite il écrit aux Corinthiens dans sa 2e épître : « Mais celui qui console ceux qui sont abaissés, Dieu, nous a consolés par la venue de Tite, et non seulement par sa venue, mais aussi par la consolation dont il a été rempli à votre sujet... C’est pourquoi nous avons été consolés » (7:6, 7, 13).

 

8.11                   Consolation par une assemblée

Quand « les apôtres et les anciens et les frères » écrivirent aux frères d’entre les nations qui sont à Antioche et en Syrie et en Cilicie, cette lettre lue par eux, « ils se réjouirent de la consolation » (Actes 15:23 à 31). Une assemblée peut donc, par le message qu’elle envoie, apporter une consolation qui réjouit les cœurs de ceux auxquels il est adressé et qui est pour eux un précieux encouragement dans des difficultés.

 

8.12                   « Soyez consolés » à la fin de la 2ème épître aux Corinthiens

Nous l’avons remarqué, la consolation tient une grande place au début de la 2e épître aux Corinthiens ; lorsqu’il termine cette épître, Paul adresse plusieurs exhortations aux croyants, à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe, notamment celle-ci : « Soyez consolés », ou : soyez encouragés (voir la note en bas de page) (13:41). Il y avait pourtant certaines choses qui devaient être jugées à Corinthe, la fin du chapitre 12 et le début du chapitre 13 nous le disent ; et certes l’apôtre désirait qu’elles le soient. Mais plus profond sera le jugement du mal et davantage sera connue la joie qui suit l’humiliation et la séparation du mal après qu’il a été confessé avec droiture. Les Corinthiens devaient s’humilier au sujet de ce que Paul leur écrit dans cette deuxième épître et l’apôtre compte sur Dieu pour opérer en eux ce travail, après quoi ils pourront se réjouir, goûter les consolations divines, réaliser ce qui leur est présenté au verset 11 de ce chapitre 13.

 

8.13                   Le retour du Seigneur est une consolation

Nous attendons le bienheureux moment où « le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange, et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles » (1 Thess. 4:16 à 18). Quelle douce consolation pour nos cœurs — et, en particulier, pour ceux qui sont douloureusement affligés par le départ de l’un de leurs bien-aimés — lorsque nous jouissons de cette précieuse promesse, réalisant que peut-être seul un « clin d’œil » (1 Cor. 15:51, 52) nous sépare du moment où elle sera accomplie !

Que les consolations divines, par quelque moyen qu’elles nous soient dispensées, nous soient toujours plus douces, toujours plus précieuses ! Puissions-nous les apprécier davantage dans le chemin, parfois si difficile, où nous avons à avancer, au milieu des exercices que Dieu juge bon de nous envoyer et, qu’au travers de tout, « par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance ! » (Rom. 15:4).

 

Tu nous instruis, tu nous consoles,

Durant ton absence, ô Jésus !

Car ton Esprit et tes paroles

Demeurent avec les élus.

 

Même en la sombre vallée,

Tu te tiens tout près de moi,

Et mon âme est consolée

De se sentir avec toi.

 

 

9                    En profonde sympathie

ME 1978 p.281

« Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor. 12:26).

 

9.1   Deuils pour un enfant

Des frères et sœurs, membres du corps de Christ, ont été, ces derniers temps, douloureusement éprouvés. Le Seigneur leur a retiré, à la suite de circonstances accidentelles, des enfants tendrement aimés et qui faisaient la joie de leurs cœurs. Combien grande a été, et demeure encore, leur souffrance ! Cette souffrance est aussi la nôtre, puisque nous sommes membres d’un même corps. Nous la ressentons profondément, souffrant en sympathie avec ceux qui pleurent, et cela nous conduit à écrire ces quelques lignes en formant le souhait qu’elles puissent apporter à ceux qui sont directement atteints par de telles épreuves, réconfort, encouragement, consolation, venant de celui qui est « le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation » (2 Cor. 1:3), et de Jésus, qui pleure avec ceux qui pleurent, entrant dans leur douleur (Jean 11:35).

 

9.2   Quand le Seigneur permet l’affliction

En présence de certaines circonstances, nous serions conduits à demander : mais pourquoi cela est-il arrivé ? Nous ne pouvons répondre à cette question, pas plus qu’à d’autres questions semblables. Il nous suffit de savoir ce que dit l’Écriture : « Qui est-ce qui dit une chose, et elle arrive, quand le Seigneur ne l’a point commandée ? » (Lam. de Jérémie 3:37). Quel apaisement pour nos cœurs, en présence de ce qui a provoqué une grande douleur, de savoir que c’est le Seigneur qui a permis la chose, et non seulement cela, l’a « commandée » ! Mais alors, le cœur humain si facilement porté à raisonner, pourrait dire : Le Seigneur prend-il plaisir à faire souffrir l’un de ses rachetés ? Nous savons bien que cela est absolument impossible, et le même passage de la Parole de Dieu nous déclare : « Car le Seigneur ne rejette pas pour toujours ; mais, s’il afflige, il a aussi compassion, selon la grandeur de ses bontés ; car ce n’est pas volontiers qu’il afflige et contriste les fils des hommes » (ib. 31 à 33). Ne pouvons-nous dire aussi : et à plus forte raison ses bien-aimés enfants ? Il les aime toujours, et d’un amour infini, le même amour que Jésus a manifesté en se livrant à la mort de la croix. Il les aime et ne veut que leur bien : « Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8:28). Tel est le but final qu’il poursuit. Dieu ne se trompe pas, il ne peut pas se tromper, dans tout ce qu’il permet et commande pour les siens. Il n’a en vue que leur bien, n’en doutons jamais ! Si nous pouvions comprendre comment il opère pour que ce bien soit produit, nous serions émerveillés et confondus ! Honorons-le de notre confiance — Il en est digne — nous ne serons jamais confus !

 

9.3   L’Éternel a donné, l’Éternel a pris, le nom de l’Éternel soit béni

Dieu avait donné un enfant à des parents qui l’aimaient tendrement. II trouve bon de le leur reprendre... Traversant lui aussi une terrible épreuve, au cours de laquelle il a perdu non seulement tous ses biens mais encore ses sept fils et ses trois filles — tous ses enfants — Job a pu dire : « L’Éternel a donné, et l’Éternel a pris ; que le nom de l’Éternel soit béni ! » (Job 1:21). Heureuse et paisible soumission à la volonté de Dieu au travers d’une aussi grande peine de cœur !

 

9.4   Le sort de l’enfant

Un jeune enfant, repris à ses parents tout au début de sa vie, n’aura eu à connaître aucune des souffrances inhérentes à notre passage ici-bas. Tout cela lui est épargné ! Il est au bénéfice de l’œuvre de Christ puisqu’il n’a pas atteint l’âge de responsabilité (cf Matt. 18:11) — de même que si, ayant passé cet âge, il a cru au nom du Fils unique de Dieu, — il est désormais « avec Christ », ce qui est « de beaucoup meilleur » (Phil. 1:23), goûtant le parfait repos de sa présence en attendant la gloire. Ses parents pourraient-ils désirer quelque chose de meilleur pour lui ? Peut-il y avoir quelque chose de meilleur ? — Nous sommes heureux de savoir heureux ceux que nous aimons. Où ce cher enfant, retiré par le Seigneur, pourrait-il être plus heureux que là où il est désormais ? Quelle consolation pour des parents, et aussi pour les membres de la famille selon la chair et pour ceux de la famille de Dieu ! Que ses parents, en particulier, pensent à son parfait bonheur plutôt qu’à celui qu’ils auraient pu goûter avec lui si Dieu l’avait laissé ici-bas !

 

9.5   Le Seigneur console

Précieuse consolation pour ceux qui pleurent ! Car ils ne peuvent pas ne pas pleurer... Il est tellement douloureux de voir partir — surtout dans des conditions tragiques — un enfant tendrement aimé ! Des liens très doux sont brisés, le cœur saigne... Il ne peut en être autrement. Mais le Seigneur est là pour consoler ceux qui pleurent — « Car c’est lui qui fait la plaie et qui la bande ; il frappe, et ses mains guérissent » (Job 5:18) — et il se tient auprès d’eux pour les réconforter et les encourager. Miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur, il sympathise avec eux au sein de leur affliction (cf. Héb. 2:17, 18 ; 4:14, 15).

 

9.6   Le bien produit par l’épreuve

Au travers des plus terribles épreuves, Dieu opère dans le cœur des siens pour y produire du bien. Quel encouragement pour ceux qui ont à les connaître, de sentir le Seigneur à leur côté, de goûter la tendre sympathie de son cœur ! L’épreuve traversée avec lui sera toujours enrichissante : la foi est fortifiée, les affections sont réchauffées, l’âme fait des progrès dans la connaissance du Seigneur, dans la jouissance de tout ce qu’il y a dans son cœur plein d’amour ! Et cet enrichissement conduit à la louange. Marie de Béthanie a dû passer par l’épreuve ; elle a alors appris à connaître Jésus mieux qu’elle ne le connaissait jusque là et cela l’a amenée à venir à ses pieds et à répandre le « parfum de nard pur de grand prix » dont la bonne odeur a rempli la maison. Jésus a été exalté !

 

9.7   Sympathie et prières

Nous pensons avec une profonde sympathie à ceux qui passent par les douloureuses circonstances que nous venons d’évoquer, désirant qu’ils jouissent beaucoup des consolations divines, de la présence du Seigneur avec eux dans ce chemin difficile, demandant qu’ils soient enrichis dans la connaissance de Sa personne et de Son cœur, afin qu’ils puissent dire eux aussi : « Il est bon pour moi que j’aie été affligé » (Ps. 119:71).

 

« Que les membres aient un égal soin les uns des autres » (1 Cor. 12:25).

Retenons cette exhortation ! Pensons dans la prière, avec persévérance, à tous les membres du corps, frères et sœurs en Christ, qui ont à traverser de si pénibles épreuves !