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LEVONS LES YEUX

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1944 p. 225

 

Table des matières :

1     Luc 18 — Le cas du pécheur — Le pharisien et le publicain

2     Genèse 13 — Le cas du croyant — Abraham

3     Lever les yeux — pour nous aujourd’hui

3.1      Voir Celui qui fortifie

3.2      Voir Celui qui est fidèle

3.3      Voir notre rédemption qui approche

3.4      Voir Jésus seul

3.5      Voir Jésus directement

 

 

1                        Luc 18 — Le cas du pécheur — Le pharisien et le publicain

Le contraste entre les deux hommes dont nous parle Luc 18:9-14 a été souligné bien des fois. Le pharisien ressemble aux frères de Joseph lorsqu’ils déclarent : « Nous sommes d’honnêtes gens » (Genèse 42:11) ; loin d’avoir le sentiment de son péché, il est profondément convaincu d’être supérieur aux autres, car il a pleine conscience de ses mérites. Le rappel de ce qu’il est et de ce qu’il a fait lui procure une entière satisfaction ; il ne conçoit pas que Dieu ne puisse être satisfait aussi. Au contraire, le publicain prend lui-même ce seul titre : un pécheur. Il sait qu’il mérite la colère d’un bien juste et saint ; voir cette colère apaisée est tout l’objet de sa simple et ardente prière. Ne connaissant pas Dieu comme un Dieu d’amour, effrayé en présence de Sa sainteté, il « ne voulait pas même lever les yeux vers le ciel ». L’enseignement de la parabole ne va pas plus loin ; pour faire ressortir que la propre justice déplaît à Dieu, le Seigneur l’avait dite « à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme s’ils étaient justes ». Il leur montre d’abord un pharisien illustrant l’état de ces quelques-uns : bien qu’il prie et que la prière soit l’expression de la confiance en Dieu, cet homme ne se confiait qu’en lui-même (en fait, remarquons qu’il n’y a, dans ses paroles, aucune demande faite à Dieu) — ensuite, un publicain se trouvant dans une toute autre disposition d’esprit : il craignait Dieu et se confiait en Lui seul, n’ayant de recours possible qu’en Sa miséricorde ; s’il n’ose pas « lever les yeux vers le ciel », c’est parce qu’il ne connaît pas encore tout l’amour qui est dans le cœur du Père.

Béni soit Dieu ! Il s’est pleinement révélé, dans la Personne et par l’œuvre de son Fils, comme le Dieu d’amour. De pauvres pécheurs, dans le sentiment de leur misère et reconnaissant ne mériter que le jugement, peuvent maintenant « lever leurs yeux vers le ciel » et y rencontrer Christ, vrai et seul chemin pour aller au Père ; ils sont même sollicités de le faire et à eux s’adressent les paroles du cantique :

 

Pécheurs perdus qui, dans votre misère,

Vers un Dieu saint n’osez lever les yeux,

Venez à Christ : Il révèle le Père,

Le Dieu d’amour qui L’envoya des cieux.

 

2                        Genèse 13 — Le cas du croyant — Abraham

Lever les yeux ! c’est encore cette exhortation qui sera adressée au croyant, tout le long de son chemin sur la terre.

« Et l’Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève tes yeux et regarde du lieu où tu es... » (Gen. 13:14-18.)

Abram avait été appelé par Dieu à se séparer de la corruption au milieu de laquelle il vivait à Ur des Chaldéens. Après la mort de son père à Charan, il s’en va avec Saraï sa femme et Lot, son neveu. Ce dernier n’avait reçu aucun appel, il suivait le chemin de son oncle sans avoir eu personnellement affaire avec Dieu ; une querelle de bergers devait être l’occasion de manifester l’état dans lequel il se trouvait. Dieu se sert souvent, pour mettre en évidence ce qui est au plus profond de nos cœurs, de circonstances en apparence insignifiantes. La querelle des bergers de Lot et Abram aurait sans doute été facilement réglée, si Dieu ne l’avait permise dans le but exprès de révéler ce qu’il y avait dans le cœur d’Abram et dans celui de son neveu. Lot lève les yeux, mais il le fait de lui-même sans que Dieu l’y ait invité, et ses regards se dirigent vers ce qui attire le cœur naturel : la riche plaine du Jourdain, cette plaine bien arrosée qui allait devenir un champ de bataille où il aurait perdu ses biens et sa liberté, si Dieu n’était intervenu par le moyen d’Abram pour le délivrer de sa captivité — cette plaine dans laquelle se trouvait Sodome, image du monde, où Lot habitera, où il retournera une deuxième fois, après la défaite des rois, et de laquelle il sera sauvé comme à travers le feu. C’est la fin d’un croyant mondain ; ses yeux étaient dirigés vers les choses terrestres parce que son cœur en était rempli ! Avertissement pour nous, qui nous conduit à redire cette prière :

 

Ah ! garde-nous de tourner vers le monde

D’autres regards que ceux du voyageur !

 

Dépendant et soumis, Abram a attendu que Dieu lui dise : « Lève tes yeux et regarde, du lieu où tu es... ». Lorsque Dieu nous exhorte à lever les yeux, nous pouvons le faire — nous devons le faire sans aucune crainte. Si Abram avait abandonné à Lot la riche plaine du Jourdain, il l’avait fait pour Dieu. Dieu ne restera pas son débiteur ; Il lui donnera — suivant un principe immuable dans Ses voies — infiniment mieux que ce qu’il a abandonné : le pays ruisselant de lait et de miel. Déjà Abram peut lever ses yeux, car Dieu désire qu’il le considère avant même d’y entrer et de s’y promener en long et en large, avant le jour où il dressera ses tentes à Hébron et bâtira un autel. Jouissant alors de la part que Dieu lui a faite dans ce « bon pays », où sans doute il devra demeurer « comme dans une terre étrangère » (Héb. 11:9), il pourra se prosterner et adorer ; mais, à l’avance, il pouvait de loin lever ses yeux et considérer ce que l’Éternel lui donnait, à lui et à sa semence pour toujours.

 

3                        Lever les yeux — pour nous aujourd’hui

Ce même appel nous est aussi adressé aujourd’hui : « Lève tes yeux et regarde, du lieu où tu es... ». Levons nos yeux ! au lieu de les diriger vers tant d’objets que l’ennemi nous présente pour nous empêcher de jouir de ce que Dieu nous a donné en Christ et qu’Il veut nous faire goûter dès ici-bas, alors même que nous sommes étrangers et forains sur la terre. Regardons du lieu où nous sommes. Du lieu où nous sommes — là où la sagesse de Dieu nous a placés, chacun — dirigeons nos regards, les regards de la foi, vers les réalités célestes et éternelles qui sont notre part. Il y aura bien de quoi remplir nos cœurs d’une joie ineffable et glorieuse !

 

3.1   Voir Celui qui fortifie

Du lieu où nous sommes... Un désert, « terre aride et altérée, sans eau » selon l’expression du Psalmiste (63:1), un monde ennemi où la haine et la violence se donnent libre cours, dans lequel nous avons à rencontrer bien des luttes et des difficultés, dans les jours actuels surtout, « lieu de misère, de troubles, de combats ». Que de sujets de souffrance dans ce lieu, pour de pauvres pèlerins, voyageurs en route vers le ciel, que de motifs de découragement parfois ! Qu’allons-nous faire, s’il y a encore un peu de chemin à parcourir avant d’atteindre le but ? Écoutons encore une fois la parole divine : « Levez vos yeux en haut et voyez !... » (Ésaïe 40:26-31).

 

Du sein de la faiblesse

Nous regardons en haut,..

 

Que voyons-nous ? un Dieu tout-puissant ! Créateur des mondes, Il commande aux armées célestes et toute autorité Lui appartient dans le ciel et sur la terre ! Qui pourrait Lui résister ? Ce Dieu tout-puissant est notre Dieu. Par les écrits du Nouveau Testament, nous savons aussi qu’Il est notre Père. Nous abandonnerait-Il ? Peut-être serions-nous tentés de le dire parfois et certainement l’ennemi est actif pour nous faire croire que notre voie Lui est cachée et que notre cause a passé inaperçue de Lui. Non, ce Dieu tout-puissant est un Dieu fidèle. Il ne se lasse pas et ne se fatigue pas ! — Nos inconséquences, nos faiblesses et nos chutes ne pourront jamais lasser sa patience et fatiguer son cœur d’amour. Il veut nous dispenser tout ce dont nous aurons besoin jour après jour. Si nous sommes lassés du chemin, si notre vigueur disparaît, c’est sans doute parce que nous avons essayé de marcher avec nos propres forces — nous dirions mieux : avec notre propre faiblesse. Mais la force est en Lui seul et II veut nous la communiquer. Regardant en bas, « les jeunes gens, les jeunes hommes... », c’est-à-dire les plus vigoureux, ne tarderont pas à défaillir, car il n’y a pas de source de force en bas. Mais « bienheureux l’homme dont la force est en toi » (Ps. 84:5), heureux ceux qui s’attendent à l’Éternel ; leurs forces seront renouvelées au fur et à mesure qu’ils avanceront vers le but : « ils s’élèveront avec des ailes, comme des aigles ; ils courront et ne se fatigueront pas, ils marcheront et ne se lasseront pas » (És. 40:31).

 

3.2   Voir Celui qui est fidèle

Ainsi, plus tard, malgré son infidélité, bien qu’il ait tourné son cœur vers les idoles, le peuple pourra lever ses yeux en haut et réaliser Ésaie 40:26-31, expérimentant que Dieu ne change pas. Ne pouvons-nous pas le faire déjà maintenant, nous dont l’histoire est caractérisée aussi par l’infidélité et dont le cœur a été occupé par tant d’idoles ! Levons nos yeux en haut ! « C’est un Dieu fidèle » (Deut. 32:4).

 

Gloire à Toi, notre Père !

Gloire à Toi, saint Agneau !

Pour nous plus de misère,

En regardant en haut.

 

3.3   Voir notre rédemption qui approche

Si les jours actuels sont tellement difficiles pour tous, et même angoissants pour ceux qui regardent en bas, n’est-ce pas le signe que « notre rédemption approche » ? Lorsque le Seigneur s’adresse à ses disciples après leur avoir décrit les événements qui allaient se produire peu après, lors de la prise de Jérusalem par Titus, Il fait allusion en quelques mots à la période actuelle — temps de la grâce, durant lequel Jérusalem est « foulée aux pieds par les nations » ; puis Il leur explique qu’après l’accomplissement du temps des nations, se dérouleront des événements effroyables — dont ceux que nous vivons ne sont qu’un échantillon. Il y aura alors « sur la terre une angoisse des nations », bien autrement grande que l’angoisse actuelle des peuples, les hommes rendant l’âme de peur, à cause de l’attente des choses qui viennent sur la terre habitée. Lorsque ces événements commenceront à arriver, que devra faire le résidu fidèle qui aura à traverser cette grande tribulation ? Obéir à la parole du Seigneur, précieuse parole qui est donnée comme un encouragement au milieu de l’épreuve : « Regardez en haut et levez vos têtes, parce que votre rédemption approche » (Luc 21:28).

Il en est de même en ce qui nous concerne. Tandis que se préparent peut-être les événements que le Seigneur annonçait alors et qui se dérouleront après l’enlèvement de l’Église (v. 25, 26), au lieu d’être remplis de craintes et d’angoisse, regardons en haut, levons nos têtes, notre délivrance approche ! Nous attendons « l’adoption, la délivrance de notre corps » (Rom. 8:23). Ce moment est « plus près de nous que lorsque nous avons cru » (Rom. 13:11). N’en voyons-nous pas les signes avant-coureurs, comme le résidu les verra plus tard à la veille de sa propre délivrance ? Tenons-nous plus que jamais à l’écart du monde et de l’esprit qui l’anime, « ne craignez pas leurs craintes et ne soyez pas troublés, mais sanctifiez le Seigneur dans vos cœurs » (1 Pierre 3:14), « regardez en haut et levez vos têtes, parce que votre rédemption approche ».

 

Du sein de la souffrance

Nous regardons en haut,

D’où Christ, avec puissance,

Redescendra bientôt.

 

3.4   Voir Jésus seul

Levons les yeux ! Christ lui-même est présenté aux regards de notre foi ; c’est sur Lui qu’ils devraient toujours être fixés. Les disciples l’avaient contemplé sur la montagne de la transfiguration ; d’autres objets, sans doute, les avaient occupés tout d’abord : Moïse et Élie, ces deux grands hommes de Dieu de l’ancienne économie — et puis, peut-être : eux-mêmes. Ne parlent-ils pas de « faire » ? L’homme — le croyant aussi — pense toujours être capable de faire quelque chose que ce soit « tout ce que l’Éternel a dit » ou « trois tentes ». Même sur la montagne de la transfiguration, en présence de Celui qui est le Fils bien-aimé du Père et le centre de la gloire, l’homme est encore là qui veut « faire »... Mais la pensée de Dieu est de placer Christ seul devant les regards des siens : « Et eux levant leurs yeux ne virent personne que Jésus seul » (Matt. 17:8). Et Marc ajoute : « Jésus seul avec eux » (Marc 9:8). Levons les yeux pour ne contempler que Lui — Lui qui veut être avec nous tout le long du chemin, en attendant le jour sans fin où nous serons pour toujours avec Lui !

 

3.5   Voir Jésus directement

Bientôt, il ne sera plus question de lever les yeux de la foi, mais ses propres yeux. Alors sera réalisé ce qui nous est présenté par l’image dans le chap. 24 de la Genèse. Isaac lui-même a levé ses yeux (v. 63) : l’épouse est encore en route au travers du désert, mais déjà Isaac, le premier, a levé ses yeux pour la voir paraître, tant il désire avoir auprès de lui l’objet de son amour et de son attente ! Puis « Rebecca leva ses yeux et vit Isaac ; et elle descendit de dessus le chameau » (v. 64).Maintenant, le voyage est achevé, la foi est couronnée, elle fait place à la vue : l’épouse lève ses yeux et contemple enfin celui dont le serviteur lui a parlé tout le long du chemin, celui que déjà elle aimait sans l’avoir vu — celui qui l’a tant aimée ! C’est le moment de la rencontre... Quelques instants encore et nous allons « lever les yeux », voir notre adorable Sauveur, lui être rendus semblables !

Oui, le repos s’apprête ;

Le combat va finir.

Levons en haut la tête,

Car Jésus va venir.

C’est Lui, le Fils du Père,

Le Sauveur éternel,

Qu’en traversant la terre

Nous attendons du ciel !