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SOUCIS ET INQUIÉTUDE

 

Paul Fuzier

Les titres et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest. ME 1962 p. 177

 

Table des matières :

1     1 Corinthiens 7:29-32

2     Matthieu 6

2.1      Matt. 6:25

2.2      La prière du « notre Père »

2.3      Recherchez premièrement le royaume des cieux

3     Matthieu 13:22

4     1 Pierre 5:7 et Philippiens 4:6-7

5     Soucis dans le service du Seigneur

5.1      Être avec Jésus

5.2      Exemple de Marthe

5.3      Exemple de Marie

 

 

1                        1 Corinthiens 7:29-32

« Mais je voudrais que vous fussiez sans inquiétude ». Tel est le souhait exprimé par l’apôtre dans sa première épître aux Corinthiens (7:32). La vie de la foi, tout au long de laquelle le cœur n’est occupé que d’un seul Objet, Christ, et durant laquelle toutes choses sont remises avec confiance entre les mains d’un Dieu fidèle et puissant, un Dieu qui est notre Père, cette vie n’est marquée d’aucune inquiétude. Pourquoi sommes-nous si souvent inquiets, en souci pour tant de choses ? D’abord, parce que nous manquons de cette dépendance et de cette confiance qui honorent Dieu ; ensuite, parce que nos cœurs poursuivent bien des objets qui ne sont pas Christ, qui ne contribuent pas à nous attacher à Lui et ne nous conduisent pas à une connaissance plus intime de sa Personne, qui bien au contraire nous détournent de Lui.

Affections de famille, sujets de tristesse ou de joie, possession de biens matériels deviennent trop fréquemment des motifs d’inquiétude parce que nous leur attribuons une importance qu’ils n’ont pas, oubliant l’exhortation de l’apôtre : « Or je dis ceci, frères : le temps est difficile : au reste, c’est pour que ceux mêmes qui ont une femme soient comme n’en ayant pas ; et ceux qui pleurent, comme ne pleurant pas ; et ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant pas ; et ceux qui achètent, comme ne possédant pas ; et ceux qui usent du monde, comme n’en usant pas à leur gré ; car la figure de ce monde passe. Mais je voudrais que vous fussiez sans inquiétude » (1 Cor. 7:29-32). Si nous donnions aux choses d’ici-bas, quelles qu’elles soient, leur vraie place et leur vraie valeur, nous serions alors « sans inquiétude », ayant le cœur occupé du Seigneur et cherchant à Lui plaire en tout ce que nous faisons, disons ou pensons.

 

2                        Matthieu 6

2.1   Matt. 6:25

Alors qu’Il était sur la terre, Jésus enseignait ses disciples, leur disant : « Ne soyez pas en souci pour votre vie, de ce que vous mangerez et de ce que vous boirez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus : la vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » (Matt. 6:25). Que d’inquiétudes, que d’efforts dépensés pour la recherche de tout ce qui nous est nécessaire pour entretenir notre vie, vêtir notre corps, et même, davantage encore, pour nous procurer ce qui est au delà du nécessaire ! Ce désir nous est commun : accroître nos biens, pour nous et pour nos enfants, les accumuler de manière telle que nous puissions nous croire à l’abri du besoin et sans inquiétude pour l’avenir, alors que nous savons cependant que tout cela est folie. Car il est insensé de prétendre assurer notre avenir dans un monde qui n’a pas d’avenir, oubliant que toutes nos richesses amassées peuvent disparaître en un instant (cf. Prov. 23:4, 5) et perdant de vue que les circonstances de ce monde sont susceptibles d’évoluer de telle manière qu’en peu de temps nous pouvons nous trouver dépouillés de tout. Il est appelé insensé celui qui pense avoir amassé « beaucoup de biens... pour beaucoup d’années » : « Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ces choses que tu as préparées, à qui seront-elles ? (Luc 12:19:20). D’ailleurs, tandis que nous accumulons des biens afin d’être — but jamais atteint — sans inquiétude pour l’avenir, c’est précisément cette recherche qui devient pour nous un sujet d’inquiétudes, une cause de soucis (cf. 1 Tim. 6:6 à 11 et 17 à 19).

 

2.2   La prière du « notre Père »

Sont-ils en souci ceux qui, jour après jour, peuvent librement s’adresser à leur Père pour lui dire : « Donne-nous aujourd’hui le pain qu’il nous faut » (Matth. 6:11), attendant ainsi de Lui, dans la dépendance quotidienne, la nourriture de l’âme aussi bien que celle du corps ? Et pour l’avenir ? La réponse est là : « Ne soyez donc pas en souci pour le lendemain, car le lendemain sera en souci de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Matth. 6:34). Combien peu nous savons réaliser que la vie d’un croyant c’est la vie d’un jour !

 

2.3   Recherchez premièrement le royaume des cieux

Quel est le résultat de tous les soucis que nous nous créons pour la recherche, l’accroissement des biens matériels ? La paix de nos cœurs, la jouissance d’un vrai repos sur le sein de Jésus sont troublées, sans que nos soucis puissent nous procurer autre chose, car le Seigneur l’a dit Lui-même : « Et qui d’entre vous, par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille ? » (Matth. 6:27). Dieu veuille fortifier notre si faible foi et nous accorder de ne jamais oublier, pratiquement, que Lui sait parfaitement de quoi nous avons besoin (cf. Matth. 6:8 et 32). Qu’Il nous donne de « chercher premièrement le royaume de Dieu et sa justice » (Matth. 6:33). Si nous dépensions en vue d’un tel but toute l’activité que nous déployons pour l’accroissement de nos biens matériels, quelle bénédiction spirituelle nous éprouverions ! Au lieu de chercher à amasser « des trésors sur la terre », « amassons-nous des trésors dans le ciel » car, dit le Seigneur : « là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (6:19 à 21). Si nos cœurs étaient « dans le ciel » au lieu d’être sur la terre, notre marche ici-bas présenterait des caractères agréables au Seigneur, nous serions dans un bon état moral et nous aurions le discernement spirituel qui trop souvent nous fait défaut.

 

3                        Matthieu 13:22

Dans la parabole du semeur, Jésus enseigne à ses disciples que « les soucis de ce siècle et la tromperie des richesses étouffent la parole » de sorte qu’aucun fruit n’est produit : « et il est sans fruit » (Matth. 13:22). Sans doute, la parabole s’applique directement à des personnes inconverties qui ont entendu l’évangile mais dans le cœur desquelles la Parole de Dieu n’a eu, en définitive, aucun écho, aucune action durable, en raison même des « soucis de ce siècle » et de la « tromperie des richesses » ; mais le résultat n’est-il pas souvent en tous points semblable chez un croyant ? Nous pouvons aussi entendre la Parole, puis les choses du monde ont tellement de prise sur nous, d’attraits pour nos cœurs que « les soucis de ce siècle et la tromperie des richesses étouffent la parole ». Les « soucis de ce siècle », toutes les inquiétudes éprouvées dans un chemin où l’on recherche avant tout — parfois uniquement, confessons-le ! — la prospérité matérielle, voilà ce qui tant de fois « étouffe » la semence répandue. « Soucis de ce siècle » et « tromperie des richesses » sont comparés à des « épines », ce que la terre a produit après la désobéissance du premier homme et l’entrée du péché dans le monde (Gen. 3:18). Nous comprenons donc pourquoi le ministère de la Parole est souvent sans grand fruit parmi les croyants qui la lisent ou qui l’entendent : même s’il n’y a pas la volonté déterminée de poursuivre dans un chemin de désobéissance — cette volonté arrêtée qui est chez Juda et les habitants de Jérusalem, lorsque l’Éternel les exhorte à revenir de leur mauvaise voie : « Mais ils disent : C’est en vain ; car nous marcherons suivant nos pensées, et nous ferons chacun selon l’obstination de son mauvais cœur » (Jér. 18:11, 12) — il y a cependant un cœur rempli des choses terrestres, occupé à la poursuite des richesses et obsédé par tous les « soucis de ce siècle ». Aux « soucis de ce siècle », Marc 4:19 ajoute les « convoitises à l’égard des autres choses » et Luc 8:14, les « voluptés de la vie ». Autant d’entraves à l’action de la Parole en nous !

 

4                        1 Pierre 5:7 et Philippiens 4:6-7

Il y a pourtant des « soucis » qui sont d’un caractère différent. Le croyant pieux et fidèle peut être amené à traverser des circonstances éprouvantes pour sa foi ; si sa foi faiblit, le voilà en souci. Mais la Parole est là pour nous exhorter à regarder en haut et nous encourager, afin que notre foi soit fortifiée : « Rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous » (1 Pierre 5:7). Dieu a « soin de nous » ! Il nous en assure, le croyons-nous ou en doutons-nous ? Puisqu’Il a « soin de nous », ne Lui ferons-nous pas confiance ? Ne sait-Il pas ce qui nous est bon et utile, ne le sait-Il pas mieux que nous ? Combien nous devrions être heureux de pouvoir tout Lui remettre, de « rejeter sur lui tout notre souci » et d’attendre en paix le secours qu’Il nous enverra au moment opportun. Humilions-nous de ce que nous sommes, nous aussi, des « gens de petite foi » ! Nous sommes trop souvent accablés par nos soucis, nous nous en nourrissons et c’est un obstacle à la jouissance de la paix qui devrait sans cesse remplir nos cœurs. Nous connaissons bien l’exhortation de l’apôtre aux Philippiens : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le christ Jésus » (Phil. 4:6, 7). Nous exposons nos requêtes à Dieu mais, comme on l’a dit, après avoir déposé devant Lui le fardeau de nos soucis, nous le rechargeons aussitôt. Au lieu de mettre Dieu entre nos circonstances, nos soucis et nous-mêmes, ce sont nos soucis que nous plaçons entre Dieu et nous, de telle sorte qu’au lieu d’être gardés dans sa paix nous demeurons dans l’inquiétude. C’est sans doute en raison de la faiblesse de notre foi, c’est aussi parce que l’ennemi ne réussit que trop à nous occuper de tous nos soucis afin de nous empêcher de jouir de ce que nous avons en Christ.

 

5                        Soucis dans le service du Seigneur

N’avons-nous pas aussi des soucis dans le service ? Que d’activités dépensées qui ressemblent fort à celle de Marthe ! Certes, il y a le désir de faire beaucoup pour le Seigneur, désir heureux qui devrait être dans le cœur de chacun de ses rachetés. Mais comment le servir ? C’est ici que nous faisons souvent fausse route. Peut-être sommes-nous très satisfaits de notre débordante activité et allons-nous parfois jusqu’à critiquer ceux qui nous paraissent être des paresseux on tout au moins des contemplatifs, jugés par nous si peu utiles dans le service du Maître. Combien il est difficile de servir avec intelligence et avec fruit !

 

5.1   Être avec Jésus

Cela nous est difficile parce que servir Jésus c’est être avec Lui. Or, nous sommes généralement disposés à montrer notre zèle dans un travail de quelque apparence, dans une œuvre dont on parle pour admirer et louer l’ouvrier, à peiner et lutter pour l’accomplissement de grandes choses, plutôt qu’à demeurer paisiblement près de Jésus, nous laissant former, enseigner, guider par Lui. C’est avec Lui qu’il faut être, réalisant une vraie séparation intérieure et extérieure, afin que nous puissions avoir la connaissance de « ses commandements » comme aussi de « sa parole » ; c’est seulement ainsi que nous serons « remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre, et croissant par la connaissance de Dieu ». Quiconque aura été ainsi formé pour le service sera véritablement « un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre » (Jean 14:21, 23 ; Col. 1:9, 10 ; 2 Tim. 2:21). — C’est encore avec Lui qu’il faut demeurer pendant que nous accomplissons tel ou tel service particulier car notre adversaire, rusé et subtil, est sans cesse en activité pour nous amener à introduire dans l’œuvre quelque chose de nous-mêmes, pour nous amener à mêler ce qui est charnel à ce qui est spirituel. L’œuvre est gâtée si nous y introduisons quoi que ce soit qui en dénature le caractère, de telle sorte quelle n’est plus manifestée comme étant « l’œuvre du Seigneur », c’est-à-dire une œuvre accomplie de telle manière que disparaît tout ce qui est de l’ouvrier, les regards ne s’arrêtant pas sur lui mais sur le Seigneur seul dont la gloire brille dans ce qui est fait véritablement par Lui et pour Lui. — C’est toujours avec Lui qu’il faut demeurer, le service accompli, car l’ennemi vient alors pour faire naître dans nos cœurs des pensées qui ne devraient y avoir aucune place, il nous conduira à nous attribuer quelque mérite dans ce qui a été fait, si même il n’essaie pas de le publier, ou encore de nous le faire publier, sous cette apparence qui est pure hypocrisie : laisser croire que tout est fait pour la gloire du Seigneur, tandis qu’il cherche au fond à exalter l’ouvrier pour l’entraîner à sa perte.

 

5.2   Exemple de Marthe

Servir suivant l’exemple de Marthe, c’est perdre de vue qu’il n’est pas d’activité utile en dehors de celle qui est exercée non pas seulement pour le Seigneur (cela ne suffit pas et pourtant, c’est l’argument que nous croyons décisif : je n’agis peut-être pas exactement comme il le faudrait, disons-nous, mais je le fais « pour le Seigneur » ; nous pensons qu’ainsi tout est bien…) mais encore dans la communion avec Lui. Marthe se dépensait pour le Seigneur, nul ne peut en douter. L’approuve-t-Il ? Certes, elle était pleinement convaincue qu’elle avait son approbation — comme le sont tous ceux qui servent à sa manière — et aussi, qu’Il allait reprendre sa sœur dont la seule occupation était de demeurer assise à ses pieds, écoutant sa parole. Marthe était tellement préoccupée par son service qu’il lui cachait la personne de Celui pour lequel elle travaillait ! Ce qu’elle va lui dire montre combien peu elle le connaissait : « Seigneur, ne te soucies-tu pas de ce que ma sœur me laisse toute seule à servir ? Dis-lui donc qu’elle m’aide ». Un reproche et un ordre ! Or, le service doit toujours avoir ce double résultat : il convient d’abord et avant tout que le Seigneur soit glorifié ; ensuite, que nous ayons appris, tout en servant, à mieux Le connaître. Le résultat de l’activité de Marthe était bien différent. Si nous servons d’une semblable manière, nous ferons l’expérience de toutes les préoccupations et de tous les soucis qui sont inhérents à un tel service : « Et Jésus, lui répondant, dit : Marthe, Marthe, tu es en souci et tu te tourmentes de beaucoup de choses, mais il n’est besoin que d’une seule ; et Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas ôtée » (Luc 10:38 à 42). Nous ne parlons pas des exercices secrets que nous devons avoir avec le Seigneur au sujet de l’œuvre à laquelle Il peut vouloir en grâce nous employer, mais des soucis que nous avons souvent dans tout le déploiement de notre activité parce que nous suivons plus volontiers l’exemple de Marthe que celui de Marie. Puissions-nous comprendre le pourquoi de nos soucis dans le service et en discerner les véritables causes !

 

5.3   Exemple de Marie

« Marie a choisi la bonne part ». Mais, dira quelqu’un, elle n’a rien fait ! Dans cette scène de Luc 10:38 à 42, elle n’a effectivement rien fait, si ce n’est — comme il est important de l’ajouter — écouter Jésus qui parlait. Il en valait bien la peine ! Aux yeux de certains, c’est « ne rien faire ». Mais, en cet instant, c’était tout ce que Marie avait à faire, tout ce qui lui était demandé, la seule chose qui importait (v. 42). Sachons demeurer auprès de Jésus, à ses pieds, nous laissant enseigner et former par Lui pour son service !

Au moment de servir, Marie qui a été préparée pour cela sera rendue capable d’agir avec discernement et intelligence spirituelle. Elle a été aux pieds de Jésus écoutant sa parole, aux pieds de Jésus dans la tristesse ; là, elle a appris à le connaître ! Aussi, six jours avant la Pâque, elle accomplira un service d’une inestimable valeur : elle répand sur les pieds de Jésus le parfum de nard pur de grand prix dont l’odeur remplit la maison. Celui dont le nom est un parfum répandu est ainsi exalté et glorifié et c’est toujours le résultat qui est atteint lorsqu’un service est accompli pour le Seigneur, par Lui, dans la communion avec Lui. Le service si précieux rempli dans la scène de Jean 12:1 à 8 a été confié à Marie, ce privilège élevé lui a été accordé, il ne pouvait pas l’être à Marthe.

Si Marthe était « en souci », Marie ne l’a jamais été. Elle a été éprouvée, elle s’est jetée aux pieds de Jésus alors qu’elle était dans le deuil, mais c’est tout autre chose. Il n’est dit nulle part qu’elle ait été en souci dans l’accomplissement du service qui lui était confié et elle ne pouvait connaître aucun souci dans son service parce qu’elle était chaque fois à la place qui lui convenait, selon la pensée du Seigneur et pour Sa gloire.

Que Dieu nous donne de savoir « rejeter sur lui tout notre souci », tandis que nous cheminons dans un monde où les difficultés se multiplient et nous paraissent souvent un fardeau trop lourd ! Qu’Il nous garde dans sa paix, dégagés des « soucis de ce siècle », de la « tromperie des richesses » qui « étouffent la parole » et nous empêchent de porter du fruit ! Nous pourrons alors servir le Seigneur avec discernement et intelligence, non dans l’esprit d’une Marthe « en souci » mais à l’exemple d’une Marie, heureuse et paisible dans la communion avec Lui.