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RÉVEILS

 

Rom. 13:11 ; 1 Cor. 15:34 ; Éph. 5:14 ; 2 Pierre 3:1

 

Paul Fuzier

Les sous-divisions ont été ajoutées par Bibliquest. ME 1950 p. 85

Table des matières :

1     Exhortations à se réveiller

2     Première ressource : la prière

2.1      Dans le livre des Juges

2.2      Refuser le fatalisme

3     Deuxième ressource : la Parole de Dieu

3.1      L’abandon de la Parole

3.2      Réveil par la Parole de Dieu — 2 Pierre 3:1

4     La prière et la Parole : En particulier et en assemblée

5     Pas de réveil général

6     Commencer par un réveil personnel

 

 

1                        Exhortations à se réveiller

Il est bien vrai que nous avons tendance à nous endormir ; aussi les exhortations à nous réveiller ne manquent pas : « Et encore ceci : connaissant le temps, que c’est déjà l’heure de nous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru... » — « Réveillez-vous pour vivre justement, et ne péchez pas... » — Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Rom. 13:11 ; 1 Cor. 15:34 ; Éph. 5:14). Le désir de réveiller les saints assoupis est donc très louable, si les moyens employés ne le sont pas toujours. Que de moyens, en effet, excellents en apparence, mais qui n’ont aucune justification scripturaire ! En fait, malgré leur extrême diversité, ils dérivent tous d’un même principe : on laisse de côté les ressources que Dieu met à notre disposition dans sa Parole et on leur substitue ce qui est selon les pensées de l’homme. Cela paraît bien mieux, il semble que les résultats seront tellement supérieurs... Les ressources de la Parole sont considérées comme surannées, il faut quelque chose de plus moderne pour les temps actuels, qui soit plus en rapport, dira-t-on, avec les besoins d’aujourd’hui... Comme si la Parole de Dieu ne suffisait pas pour tous les besoins de tous les temps ! Ce serait folie que de se croire plus sage que Dieu !

 

2                        Première ressource : la prière

Le but de ces quelques lignes est seulement de rappeler les deux ressources que Dieu met à notre disposition pour produire des réveils.

 

2.1   Dans le livre des Juges

La première est indiquée dans le livre des Juges, livre qui présente le peuple d’Israël traversant une des plus sombres périodes de son histoire : « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » — livre de la ruine, seconde épître à Timothée de l’Ancien Testament. Il est remarquable que ce soit précisément dans cette portion des Écritures que nous soit donnée la première ressource dont nous voulons parler : la prière. Le peuple d’Israël faisait « ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel » ; pour l’arrêter dans ce chemin de désobéissance, l’Éternel envoyait des ennemis qui opprimaient le peuple. C’est alors que, du sein de la souffrance, Israël criait à l’Éternel ; l’expression est plusieurs fois répétée dans ce livre : « alors, ils crièrent à l’Éternel » — la prière ardente, instante, véritable cri de détresse (puissions-nous en entendre beaucoup dans nos réunions de prières !) était à l’origine du réveil qui se produisait ensuite : l’Éternel suscitait un juge par le moyen duquel le peuple, délivré, connaissait un temps de bénédiction. Puis, il se détournait à nouveau et son histoire recommence, toujours la même ; chaque fois, c’est le même cri de détresse, la même prière à laquelle Dieu répond ! (3:9, 15 ; 4:3 ; 6:6 ;10:10, 15).

 

2.2   Refuser le fatalisme

Citons ici les paroles d’un autre : « Supposons que nous nous trouvions placés dans un lieu où la mort et les ténèbres spirituelles règnent, où il n’y a pas un souffle de vie, pas une feuille qui remue : le ciel semble d’airain, la terre de fer, un formalisme desséchant domine partout ; la routine, une profession sans puissance, la superstition sont à l’ordre du jour ; jamais on n’entend parler d’une chose telle qu’une conversion. Que faire ? Nous laisser paralyser ou gagner par cette atmosphère malsaine et mortelle ? Assurément non ! que faut-il donc faire ? — Réunissons-nous, même si nous n’étions que deux à sentir le triste état des choses, et d’un commun accord répandons nos cœurs devant Dieu, et attendons-nous à Lui, jusqu’à ce qu’Il envoie une abondante pluie de bénédictions sur le lieu aride. Ne nous croisons pas les bras, en disant : le temps n’est pas encore venu (Aggée 1:2) ; ne nous laissons pas aller à ce funeste raisonnement d’une certaine théologie justement appelée fatalisme, qui dit : Dieu est souverain ; Il agit selon sa volonté ; nous devons attendre le moment choisi par Lui ; les efforts humains sont inutiles ; nous ne pouvons pas opérer un réveil ; il faut prendre garde de ne pas causer ce qui ne serait que de l’excitation. Ces raisonnements sont d’autant plus dangereux qu’ils ont quelque chose de plausible. En effet, tout cela est très vrai, en tous points ; mais c’est seulement un côté de la vérité. C’est la vérité, et rien que la vérité ; mais ce n’est pas toute la vérité. Là est le mal. Rien n’est plus à craindre que de ne considérer qu’un côté de la vérité ; on se garde plus facilement d’une erreur positive et palpable. Que d’âmes ferventes ont bronché et ont été complètement détournées du droit chemin, pour n’avoir vu qu’un côté d’une vérité ou avoir mal appliqué une vérité. Plus d’un serviteur utile et dévoué a été froissé et poussé hors du champ de travail, par l’insistance peu judicieuse qu’on a mise dans la présentation de certaines doctrines qui étaient vraies en partie, mais qui n’étaient pas la pleine vérité de Dieu. Rien cependant ne peut atteindre ou affaiblir la force de la déclaration du Seigneur en Matthieu 18:19. Elle subsiste dans toute sa divine plénitude, sa gratuité et sa valeur, devant l’œil de la foi ; ses termes sont clairs et non sujets à méprise : Si deux d’entre vous sont d’accord sur la terre pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux » (Messager Évangélique, année 1875. « Sur les réunions de prières », pages 63 et 64).

 

3                        Deuxième ressource : la Parole de Dieu

3.1   L’abandon de la Parole

Nous trouvons la deuxième ressource dans la seconde épître de Pierre. Elle nous est donnée aussi en relation avec des temps de ruine : les « derniers jours », caractérisés par l’abandon de la Parole. Ne sommes-nous pas dans ces jours-là ? D’une façon générale, parmi le peuple de Dieu, chacun ne fait-il pas ce qui est bon à ses yeux, la Parole étant laissée de côté ? Peut-être n’est-ce pas toujours un rejet délibéré des Saintes Écritures ; c’est, bien souvent, la Parole lue et écoutée, mais aux enseignements de laquelle on ne se conforme guère, continuant à agir « selon ses propres convoitises » (2 Pierre 3:3). Que Dieu nous garde de dire : ce passage concerne les incrédules, les moqueurs des derniers jours, il n’y a donc rien pour nous. Bien au contraire, il y a là un avertissement très sérieux pour les croyants. On abandonne la Parole parce qu’on ne veut pas abandonner les convoitises du cœur naturel. On est alors endormi, on dort parmi les morts, suivant l’expression d’Éphésiens 5:14 : en apparence, plus rien ne différencie le croyant des incrédules.

 

3.2   Réveil par la Parole de Dieu — 2 Pierre 3:1

Comment réveiller ceux qui dorment ainsi ? « Je réveille votre pure intelligence en rappelant ces choses à votre mémoire, afin que vous vous souveniez des paroles qui ont été dites à l’avance... » (2 Pierre 3:1). La ressource, c’est la Parole rappelée sans cesse, bien que ses enseignements soient connus et que, peut-être même, l’on soit affermi dans la vérité (cf. 2 Pierre 1:12 à 15). L’apôtre désirait réveiller la « pure intelligence » de ces croyants, c’est-à-dire l’intelligence qui vient de Dieu. N’est-ce pas nécessaire aujourd’hui ? Nous sommes peut-être très réveillés pour cultiver notre intelligence naturelle — et, dans bien des cas, combien cela est néfaste pour notre vie chrétienne ! — nous le sommes généralement beaucoup moins pour ce qui est de l’intelligence spirituelle. Le Saint Esprit, opérant dans nos cœurs renouvelés, se plaît à développer en nous cette intelligence afin que nous puissions entrer davantage dans la connaissance des choses de Dieu. Mais nous le contristons souvent et l’entravons dans son activité, de sorte qu’au lieu de croître, de nous développer, nous restons de petits enfants, des « nains spirituels ». Il n’y a pas d’autre moyen, selon Dieu, de réveiller notre « pure intelligence » que la lecture de la Parole, avec le secours de l’Esprit, jointe à la prière par laquelle nous demanderons à Dieu d’avoir compassion de nous dans le bas état où nous sommes et de nous accorder la grâce de mieux entrer dans la connaissance de ses pensées, de n’être pas des auditeurs oublieux, mais des faiseurs d’œuvres, mettant la parole en pratique (Jacques 1:21 à 25).

 

4                        La prière et la Parole : En particulier et en assemblée

Pourrions-nous être étonnés que les deux ressources divines pour produire les réveils soient la prière et la Parole, les deux piliers du vrai christianisme ? Prière individuelle et lecture individuelle de la Parole, prière de l’assemblée et lecture de la Parole dans l’assemblée, c’est là qu’est le secret si nous voulons nous « réveiller du sommeil ». Que Dieu nous accorde à chacun de vivre cette vie cachée avec le Seigneur, priant dans le particulier, nourrissant nos âmes de la Parole ! Qu’Il nous donne aussi d’aimer l’assemblée et de réaliser que nous avons dans l’assemblée, ce qui est pleinement et entièrement suffisant pour tous, petits enfants, jeunes gens et pères. La présence du Seigneur vraiment sentie, le ministère de la Parole, l’action puissante de l’Esprit de Dieu pour nous conduire dans toute la vérité ou pour former les demandes que nous sommes appelés à présenter, cela ne nous suffirait-il pas ? Dieu nous garde de tomber dans l’état du peuple autrefois, désirant autre chose que ce que l’Éternel lui avait donné dans sa grâce ! (Nombres 11:4-6). Les réunions de prières, généralement négligées alors que les besoins sont si nombreux et si pressants, les réunions d’édification qui le sont aussi parfois — combien tout cela est humiliant ! — n’est-ce pas le signe de notre bas niveau, du sommeil spirituel qui nous gagne de plus en plus — cela ne manifeste-t-il pas que nous négligeons les seules ressources données par Dieu pour produire les réveils, en en recherchant peut-être d’autres jugées meilleures ? Que ceux qui, par la grâce de Dieu, ont été préservés de négliger les réunions d’assemblée, soit pour la prière, soit pour l’édification, ne s’en enorgueillissent pas, mais au contraire, imitant en cela l’exemple d’un Daniel, sentent l’humiliation qui doit tous nous caractériser. Que, se rappelant comment ont commencé tous les réveils aux temps des Juges, ils éprouvent le besoin de crier à Dieu, afin qu’Il ait compassion de nous et donne, dans l’assemblée, un ministère vraiment en rapport avec les dangers et les besoins actuels, remettant en mémoire les vérités de la Parole, éveillant sans cesse en nous le sentiment de notre responsabilité !

 

5                        Pas de réveil général

En parlant des réveils, il est à peine nécessaire de dire que nous ne pensons pas à un réveil comme celui qui s’est produit au 19° siècle. Il ne s’en produira plus de semblable ; dans l’histoire de l’Église responsable sur la terre pendant le temps de l’absence du Seigneur (Apoc. 2 et 3), après Sardes et Philadelphie, il n’y a plus que Laodicée. Or, si nous ne prétendons nullement — et c’est à notre honte ! — manifester les caractères philadelphiens, il est certain par contre qu’ils ont été vus chez nos devanciers et que le réveil d’il y a un siècle correspond à Philadelphie dans l’histoire de l’Église. De même, dans l’histoire du peuple d’Israël, qui par tant de côtés illustre celle de l’Église, nous avons les deux grands réveils des jours d’Ézéchias et de Josias, qui correspondent à ceux de Sardes et de Philadelphie, et il n’y en a pas eu d’autre. Aujourd’hui, c’est au sein de Laodicée que le Seigneur veut opérer pour réveiller individuellement ceux qui Lui appartiennent, mais qui sont dans un tel état de tiédeur qu’ils l’ont laissé dehors ; Il frappe à la porte de leur cœur, désirant les amener à jouir de sa communion (Apoc. 3:20).

 

6                        Commencer par un réveil personnel

N’oublions pas que c’est à nous que sont adressées les exhortations de la Parole : « C’est déjà l’heure de nous réveiller... Réveillez-vous pour vivre justement... Réveille-toi, toi qui dors... ». La Parole ne nous dit pas : Dieu vous réveillera, mais : Réveillez-vous, réveille-toi... Sans doute, tout vient de Lui, mais Il veut exercer notre responsabilité, c’est pourquoi Il nous adresse des appels aussi pressants. Puissions-nous y être attentifs et nous rappeler que les deux seuls moyens, selon Dieu, pour produire les réveils demeurent toujours la Parole et la prière.

Réveillés grâce à ces deux ressources divines, nous pourrons rejeter les œuvres des ténèbres, revêtir les armes de la lumière, nous conduire honnêtement comme de jour, « non point en orgies, ni en ivrogneries ; non point en impudicités, ni en débauches ; non point en querelles, ni en envie », et revêtir le Seigneur Jésus Christ, ne prenant pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises (Rom. 13:12 à 14). Nous pourrons marcher comme des enfants de lumière, éprouvant ce qui est agréable au Seigneur, n’ayant rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres — marcher soigneusement, non pas comme étant dépourvus de sagesse, mais comme étant sages ; saisissant l’occasion parce que les jours sont mauvais (Éph. 5:8-17). Nous pourrons vivre justement et ne pas pécher (1 Cor. 15:34). Dieu veuille nous l’accorder à tous !