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PLAIRE À DIEU — Genèse 5:21-24

 

Paul Fuzier

Les titres et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest. ME 1962 p. 85

Table des matières :

1     Énoch

1.1      Sa marche avec Dieu

1.2      Marche de la foi

1.3      Il a plu à Dieu — Héb. 11:5

2     Marche collective des Thessaloniciens (1 Thes. 4:1)

3     Exhortation adressée aux Colossiens (1:9-11)

4     Jésus

 

 

1                        Énoch

1.1   Sa marche avec Dieu

Deux périodes distinctes dans la vie d’Énoch la première s’étend sur soixante-cinq ans, la seconde sur trois cents. Deux expressions caractérisent chacune d’elles ; pour la première, il nous est dit qu’Énoch « vécut » tandis que pour la seconde, nous lisons : « Énoch marcha avec Dieu ». Vivre, marcher avec Dieu évoquent deux conditions différentes. De combien d’hommes, de combien de croyants aussi, hélas ! ne peut-on dire, au moment où ils quittent ce monde, autre chose que ceci : il vécut tant d’années ! Et dans le chapitre 5 du livre de la Genèse, nous retrouvons cette expression tout au long : de chacun de ceux dont il est parlé, exception faite d’Énoch, il nous est simplement dit qu’il « vécut ».

Pendant soixante-cinq ans, Énoch a « vécu ». Mais un changement important, véritablement capital, se produit alors, après qu’il a eu engendré un fils. Est-ce la naissance de Methushélah qui est à l’origine d’un travail de cœur chez Énoch, travail dont les fruits sont manifestés ensuite dans sa marche ? Nous ne savons et nous ne voudrions l’affirmer, mais Genèse 5:21, 22 permet peut-être de le supposer. En tout cas, parmi tous ceux dont il est question dans ce chapitre, Énoch est le seul pour lequel la naissance d’un fils marque le point de départ d’une vie toute différente de celle qui a précédé ; les autres aussi eurent des enfants, fils ou filles, mais c’est toujours la même expression qui est employée après comme avant : « il vécut ». Puis : « il mourut ». Tandis que pour Énoch, après la naissance de son fils, il est dit qu’il « marcha avec Dieu » et, d’autre part, il n’est pas dit de lui qu’il « mourut » mais : « il ne fut plus, car Dieu le prit » (Gen. 5:24). Dans cette lignée que nous présente Genèse 5, Énoch constitue donc une exception unique. Exemple à imiter d’un homme qui, depuis un certain moment de sa vie, a marché avec Dieu jusqu’à la fin, une fin qui n’est pas la mort mais l’enlèvement.

 

Pouvons-nous dégager ici un enseignement pratique ? Tout croyant (et cela s’applique aussi, il va de soi, à toute croyante), même encore très jeune, a une responsabilité devant Dieu quant à sa marche personnelle. Sa responsabilité est accrue le jour où il fonde un foyer ; il en est le chef et est particulièrement responsable de la vie de ce foyer, de sa marche, de sa tenue morale. Responsabilité plus grande encore lorsque Dieu enrichit le foyer par la naissance d’un enfant : le père, chef de famille — comme aussi la mère, mais plus encore qu’elle — ne doit jamais perdre de vue que sa marche exercera, qu’il le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou non, une influence certaine sur celle de son, ou de ses enfants. Il peut être pour eux une occasion de chute, il peut être aussi, et Dieu veuille qu’il le soit toujours, un exemple vivant d’une marche avec Dieu. Que les parents chrétiens, le père surtout, soient profondément exercés devant Dieu au sujet de l’exemple qu’ils donnent à leurs enfants et que cette pensée les conduise à « marcher avec Dieu » !

 

1.2   Marche de la foi

Hébreux 11 nous donne le secret d’une telle marche, c’est la marche de la foi. La foi a un objet céleste, Énoch n’avait qu’un seul Objet devant lui : Dieu. Pendant cette longue période de trois cents ans, il a sans doute traversé bien des circonstances diverses mais au travers de toutes, quelles qu’elles soient, il a « marché avec Dieu ». Pensons à cette étape de trois cents ans que l’Écriture résume dans une seule expression et à propos de laquelle il ne nous est pas dit autre chose que ceci : Énoch « marcha avec Dieu » ! Sa vie, depuis l’âge de soixante-cinq ans, a donc été une vie de communion continuelle avec Dieu, car deux ne peuvent marcher ensemble s’ils ne sont d’accord (cf. Amos 3:3). Une telle marche implique donc la communion, mais ensuite elle resserre les liens de communion de l’âme avec Dieu : l’âme, enrichie, goûte tous les privilèges qui découlent de la présence de Dieu dans le chemin.

« Par la foi, Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît pas la mort… » (Hébr. 11:5). Cet enlèvement, au terme de son chemin ici-bas, est mis au compte de sa foi ; c’est en quelque sorte le couronnement de sa marche, de sa vie de foi. Pour une telle vie, la mort n’est pas. Et si même le croyant, homme de foi, doit passer par la mort — mort du corps — il considère déjà les réalités éternelles, il « ne voit pas la mort », car sa foi discerne le lieu dont il a joui en cheminant ici-bas et où il va maintenant entrer de fait ; elle discerne par-dessus tout Celui avec qui une marche dans ce monde a été réalisée et auprès de qui seront savourées désormais, et pour l’éternité, les félicités de la maison du Père. La foi est changée en vue.

 

1.3   Il a plu à Dieu — Héb. 11:5

Mais, « avant son enlèvement », Énoch a reçu un précieux témoignage, « le témoignage d’avoir plu à Dieu ». Quelle satisfaction pour son cœur alors qu’il atteint le terme de sa carrière terrestre : recevoir témoignage qu’il a été dans ce monde pour le plaisir de Dieu ! En vérité, voilà une vie qui n’a pas été une vie perdue. Quels sont les grands faits qui l’ont marquée ? L’Écriture ne nous en cite aucun si même il y en a eu, elle nous présente cette vie comme peut l’être celle de tout croyant, même le plus effacé, même le moins qualifié pour un service important. Un seul trait caractérise la vie d’Énoch, mais c’est celui qui fait d’une vie une vie féconde, une vie à la gloire de Dieu et pour le plaisir de son cœur. Que ce soit notre premier désir : plaire à Dieu ! Et souvenons-nous que nous ne pouvons Lui plaire en dehors d’une marche avec Lui, en dehors d’une marche par la foi. Car, « sans la foi, il est impossible de lui plaire » (Héb. 11:6).

Un homme inconverti ne pourra jamais plaire à Dieu, même si, au jugement des hommes, sa vie peut être considérée comme irréprochable. Cette affirmation est sans doute susceptible de produire chez lui, ou parmi son entourage, scepticisme ou indignation suivant le cas, mais ce n’est pas nous qui affirmons, c’est l’Écriture qui déclare : « Ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu » (Rom. 8:8). Certes, le croyant n’est plus « dans la chair », mais cependant la chair habite toujours en lui ; si au lieu de vivre par la foi, il vit selon les pensées de la chair, il lui est tout aussi impossible qu’à un inconverti de « plaire à Dieu ». Ne nous le dissimulons pas, chaque fois que nous agissons suivant nos propres pensées, chaque fois que sous les prétextes les plus variés nous méconnaissons les enseignements de la Parole, nous ne plaisons pas à Dieu. Est-ce que cela nous est plus ou moins indifférent ? Est-ce que l’ennemi nous suggère de « bonnes raisons » pour nous laisser croire qu’il ne vaut pas la peine d’y regarder de si près et qu’en définitive tout est bien ainsi ?

Nos cœurs et nos consciences ne seraient-ils pas touchés, de telle manière que soit produit en nous le désir de « ne chercher qu’à plaire à Dieu en tout ce que nous faisons » ? Il n’y a qu’une vie, qu’une marche qui puisse « plaire à Dieu », la vie de la foi, la marche par la foi.

 

2                        Marche collective des Thessaloniciens (1 Thes. 4:1)

L’exemple d’Énoch est devant nous, comme aussi celui des Thessaloniciens ; l’un pour la marche individuelle, le second pour la marche collective. En écrivant « à l’assemblée des Thessaloniciens, en Dieu le Père et dans le seigneur Jésus Christ », l’apôtre met en relief de beaux traits caractérisant la vie de foi, la marche, le service de ces croyants. Il rend témoignage de leur « travail d’amour », de leur « patience d’espérance », après avoir parlé en tout premier lieu de leur « œuvre de foi ». C’est ainsi qu’ils étaient devenus imitateurs de l’apôtre et du Seigneur Lui-même, « des modèles pour tous ceux qui croient ». Et l’apôtre ajoute : « en tous lieux, votre foi envers Dieu s’est répandue, de sorte que nous n’avons pas besoin d’en rien dire ». Les Thessaloniciens servaient le Dieu vivant et vrai et attendaient Jésus du ciel (1 Thess. 1:1, 3, 6-10). Quelle remarquable vie de foi ! Devaient-ils, eux, être satisfaits de ce qu’ils avaient ainsi réalisé et s’en contenter ? Non, mais au contraire, comme l’apôtre les y exhorte ensuite, « y abonder de plus en plus » : « Au reste donc, frères, nous vous prions et nous vous exhortons par le seigneur Jésus, pour que, comme vous avez reçu de nous de quelle manière il faut que vous marchiez et plaisiez à Dieu, comme aussi vous marchez, vous y abondiez de plus en plus » (1 Thess. 4:1). Énoch a plu à Dieu, les Thessaloniciens plaisaient à Dieu ; la foi, agissante chez lui et chez eux, produisait dans une marche avec Dieu des fruits qui étaient pour la satisfaction de son cœur.

 

3                        Exhortation adressée aux Colossiens (1:9-11)

« Marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards », c’est aussi ce que désirait l’apôtre pour les Colossiens, ce que Dieu désire pour nous qui lui appartenons. Afin qu’ils soient capables de le réaliser, l’apôtre priait pour eux, il « ne cessait pas de prier », demandant tout d’abord ceci : « que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle ». Pour marcher dans l’obéissance à la volonté de Dieu, il faut la connaître et comment la connaître si ce n’est dans la communion avec Lui ? Énoch — qui signifie bien instruit — a été instruit dans la connaissance de la volonté divine, il l’a été parce qu’il marchait avec Dieu, dans une communion constante avec Lui. Il avait ainsi tout le long du chemin la connaissance de ses pensées. Il est impossible à quiconque vit plus ou moins éloigné de Dieu d’avoir une telle connaissance et, par suite, de marcher fidèlement et de Lui plaire. Certes, la sainteté pratique est nécessaire, indispensable même pour jouir de la communion avec le Seigneur, mais elle pourrait fort bien être réalisée sans qu’une vraie communion soit goûtée : il n’y aurait là alors qu’une sorte de pharisaïsme conduisant à se glorifier de la sainteté pratique sans que soit connu ce qui doit normalement en découler, la joie de la communion. Jean a eu la connaissance de la pensée du Seigneur non pas seulement parce qu’il avait les pieds lavés — les autres disciples, eux aussi, avaient eu les pieds lavés —- mais parce que cela l’avait conduit « dans le sein de Jésus » (Jean 13:21 à 26). À cette place bénie, nous pouvons interroger le Seigneur et Lui-même nous instruira et nous éclairera. Nous serons alors rendus capables de « marcher d’une manière digne du Seigneur », c’est-à-dire correspondant à sa pensée, à sa propre marche ici-bas. Et nous pourrons ainsi « Lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre » (Col. 1:9, 10).

 

4                        Jésus

Considérons le sentier de Jésus ici-bas. Parlant du Père qui l’a envoyé et enseigné, Il peut dire : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8:28, 29). Et, longtemps à l’avance, l’Esprit prophétique n’avait-il pas déclaré ce que Christ a réalisé alors : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au-dedans de mes entrailles » — et encore : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi » (Ps. 40:8 ; 16:8) ? Aussi sa marche a pleinement glorifié son Dieu et Père.

 

Énoch, par la foi, a marché avec Dieu. Cette marche, Christ l’a réalisée en perfection, Il a été et demeure « le chef… de la foi » et Il en est aussi « le consommateur » (Hébr. 12:2). Avant son enlèvement, Énoch a « reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu », mais que dire du « témoignage » que Christ a reçu ? Les cieux s’ouvrent, la voix du Père se fait entendre... Oui, « Il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (2 Pierre 1:17).

Que le plus cher désir de notre cœur soit de plaire à Dieu en toutes choses ! Considérons Celui qui est notre Modèle parfait, comme aussi ceux qui demeurent pour nous des exemples : un Énoch, les Thessaloniciens. Puissions-nous refléter de tels caractères et, « avant l’enlèvement », si proche sans doute, recevoir ainsi le témoignage « d’avoir plu à Dieu ». Témoignage précieux pour qui le reçoit mais plus encore, sans aucun doute, pour Celui qui le donne !