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L’offrande du corps de Jésus Christ

Paul Fuzier

Les titres et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest. ME 1962 p. 29

Table des matières :

1     L’incarnation : « Tu m’as formé un corps »

2     L’offrande du corps de Jésus Christ : un parfait sacrifice

3     Un corps saint et pur

4     L’offrande parfaite d’un Homme parfait

 

 

1                        L’incarnation : « Tu m’as formé un corps »

« Tu m’as formé un corps » a dit, « en entrant dans le monde », Celui qui y venait pour s’offrir Lui-même en sacrifice pour le péché et qui, par cette « seule offrande », nous a « rendus parfaits à perpétuité » — ce que la loi, malgré ses sacrifices sans cesse renouvelés, n’avait et n’aurait jamais pu faire (Hébr. 10:5, 14, 1). « Tu m’as formé un corps », telle est l’expression dont se sert l’Esprit de Dieu dans la citation qui est faite ici du Psaume 40, tandis que le Psaume nous donne une expression différente : « Tu m’as creusé des oreilles » (v. 6). L’Esprit prophétique, dont le Psalmiste était l’instrument, a plus particulièrement en vue le fait que Christ venait dans ce monde pour y être le parfait Serviteur de l’Éternel ; pour cela, son incarnation était nécessaire et c’est ce que nous présente Hébreux 10:5 : « Tu m’as formé un corps ».

 

2                        L’offrande du corps de Jésus Christ : un parfait sacrifice

Un peu plus loin, dans ce même chapitre 10 de l’épître aux Hébreux, l’apôtre nous parle de « l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (v. 10). Christ a livré tout à la fois son corps et son âme, Il s’est offert dans son Être tout entier. Il a livré son corps : en instituant la Cène, Il dit à ses disciples lorsque, ayant rendu grâces, Il leur présente le pain qu’il a rompu : « Ceci est mon corps, qui est donné pour vous.. » (Luc 22:19) ; — et Il a livré son âme, ainsi que l’écrit le prophète : « S’il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence... » (Ésaïe 53:10). Pourquoi Hébreux 10:10 nous parle-t-il, non de l’offrande de Jésus Christ mais, plus spécialement, de « l’offrande du corps de Jésus Christ » ?

Sans doute parce que, en contraste avec les sacrifices des taureaux et des boucs dont il est question dans ce chapitre et dans les chapitres précédents, l’apôtre fait ressortir l’excellence et la perfection du sacrifice de la sainte Victime : son corps a été offert, son sang répandu.

 

3                        Un corps saint et pur

Mais il y a davantage. Au verset 5, nous voyons Christ « entrant dans le monde » et s’adressant à son Dieu : « Tu m’as formé un corps ». Au verset 10, c’est le terme de son chemin ici-bas : « l’offrande du corps de Jésus Christ ». Ce corps qu’Il a dû revêtir pour accomplir l’œuvre de notre rédemption, pour mourir après avoir vécu — car si sa mort était nécessaire, sa vie l’était aussi : Il devait être manifesté comme Celui qui pouvait s’offrir comme Victime sainte, l’agneau « sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1:18-21) — ce corps, semblable au nôtre hormis le péché, était saint et pur. L’ange avait déclaré à Marie, alors qu’il lui annonçait la venue de Jésus ici-bas : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu » (Luc 1:35). Né de femme, Jésus n’a pas été engendré de l’homme mais de l’Esprit Saint, donc de Dieu. C’est sans doute pour maintenir cette gloire de sa Personne que nous n’avons pas, dans ce passage de Luc 1, l’expression « le saint être ». Jésus a participé au « sang et à la chair » ; il le fallait pour qu’Il pût, tout à la fois, accomplir l’œuvre de notre rédemption et être ensuite le souverain sacrificateur qui nous convenait — tel est l’enseignement de Hébreux 2:14, 15 : « Puis donc que les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin que, par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable : et qu’il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude », et de Hébreux 4:15 : « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse sympathiser à nos infirmités, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché ». Cependant, l’essence de sa nature humaine est différente de la nôtre, différente aussi de celle d’Adam dans son état d’innocence : Jésus a été « fait à la ressemblance des hommes » et « trouvé en figure comme un homme » ; Dieu l’a envoyé « en ressemblance de chair de péché » et il nous est dit encore : « C’est pourquoi il dut, en toutes choses, être rendu semblable à ses frères, afin qu’il fût un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur dans les choses qui concernent Dieu, pour faire propitiation pour les péchés du peuple » (Phil. 2:7, 8 ; Rom. 8:3 ; Hébr. 2:17). Jésus était le Saint de Dieu et n’a jamais cessé de l’être tout au long de son sentier ici-bas. En quelque sorte, entrant dans le monde, Il a reçu de Dieu un corps saint et pur (Hébr. 10:5) ; au terme de son chemin, Il offre à Dieu ce corps sans tache, Il l’offre saint et pur, aussi parfaitement saint et pur qu’Il l’avait reçu de Dieu (Hébr. 10:10). « Par l’Esprit éternel », Il « s’est offert lui-même à Dieu sans tache » (Hébr. 9:14). Quel témoignage est ainsi rendu à la perfection de la Victime qui s’offre !

 

4                        L’offrande parfaite d’un Homme parfait

Il a cheminé dans un monde ennemi, souillé par le péché, Il y est entré pur et sans tache, Il peut au terme du chemin se présenter à Dieu pur et sans tache, faire l’offrande du corps qu’Il a reçu... Quel contraste avec les victimes jadis offertes sous la loi ! — Cette « offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » nous dit l’excellence infinie, la perfection, la gloire de Celui qui, Dieu sur toutes choses béni éternellement, a été ici-bas un homme, le seul Homme parfait, le seul qui pouvait s’offrir en sacrifice pour le péché. Et rien ne fait ressortir aussi glorieusement la perfection de l’Homme Christ Jésus que le fait qu’Il ait pu être cette Victime sainte, cette « seule offrande », qui nous a « rendus parfaits à perpétuité ».

 

Le Saint et le Juste a dû être « fait péché pour nous » (2 Cor. 5:21) durant les trois heures sombres et Il n’a pu l’être que parce qu’il était le Saint et le Juste. Victime sainte, Il a subi alors le jugement que nous avions mérité et qui eût été notre part pour l’éternité sans qu’il nous soit jamais possible de l’épuiser. Lui, saint Agneau de Dieu, a épuisé ce jugement, « Il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice » (Hébr. 9:26). L’expiation accomplie, son sang répandu, son corps a été placé dans le sépulcre, « un sépulcre neuf, dans lequel personne n’avait jamais été mis » (Jean 19:41). Dieu prend soin de Celui qui a achevé l’œuvre qu’Il lui avait donnée à faire, Il maintient la gloire de sa Personne, et alors se trouve accompli ce que le Psalmiste avait écrit bien longtemps à l’avance : « Tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption » (Ps. 16:10). — Puis, ressuscité dans ce corps formé par Dieu, offert à Dieu — Il se manifeste à ses disciples : d’une part, Il peut leur dire : « Voyez mes mains et mes pieds ; — que c’est moi-même : touchez-moi, et voyez ; car un esprit n’a pas de la chair et des os, comme vous voyez que j’ai » et d’autre part, Il entre dans la pièce où les disciples étaient, bien que les portes en fussent fermées (Luc 24:39 ; Jean 20:19). Quarante jours après sa résurrection, c’est son ascension glorieuse et notre foi Le contemple maintenant là-haut, dans le ciel même (cf. Hébr. 2:9), éternellement Dieu et éternellement Homme. Bientôt, de nos propres veux, nous Le verrons dans ce corps glorifié (cf. Apoc. 5:6) et, comprenant mieux que nous ne pouvons le faire maintenant le profond mystère de son anéantissement, de son abaissement, de son sacrifice, sans fin, nous L’exalterons !