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Le Monde selon l’Écriture

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières abrégée :

1     Le monde dans l’Évangile selon Jean

 

Table des matières détaillée :

1     Le monde dans l’Évangile selon Jean

1.1      Ce qu’est le monde dans les écrits de Jean

1.2      Le comportement de Caïn et les principes du monde. Genèse 4

1.3      Le monde opposé à Dieu a rejeté Dieu dans la Personne de Son Fils

1.4      Opposition entre le Père et le monde

1.5      Le Fils de Dieu venu dans le monde

1.6      Le monde où règne le péché

1.7      Un monde perdu

1.8      Le monde, une scène de mort

1.9      La haine du monde

1.10    La lumière du monde : le Seigneur, puis les croyants

1.11    Le jugement du monde est prononcé, mais son exécution différée

1.12    Le Seigneur laisse le monde

1.13    Les croyants ont de la tribulation dans le monde

1.14    Donnés du monde, pas du monde

1.15    Le monde n’a pas connu, mais connaîtra un jour

1.16    Marcher dans le monde comme n’en étant pas

 

 

 

1                    Le monde dans l’Évangile selon Jean

ME 1961 p. 197-207

1.1   Ce qu’est le monde dans les écrits de Jean

L’expression « le monde », souvent employée dans les Écritures et particulièrement dans l’Évangile selon Jean, n’a pas une seule et même signification dans les différents passages où nous la trouvons. Elle nous présente tantôt une organisation, un « système », qui règle la vie et les rapports des hommes entre eux ; tantôt la terre elle-même, c’est-à-dire la scène sur laquelle se développe cette organisation des affaires humaines ; ou encore, l’ensemble des individus qui vivent sur cette scène, selon les principes d’un tel « système ». Le sens est assez facile à dégager dans chaque passage, généralement à l’aide du contexte, de telle sorte que nous savons chaque fois s’il s’agit de l’organisation, de la scène ou des personnes de ce monde.

 

À cette remarque préliminaire, ajoutons encore ceci. Les grands principes de l’organisation du monde peuvent être dégagés de l’Écriture même : il suffit de lire avec quelque attention le récit — donné en Genèse 4 (v. 3 à 7 et 17 à 24 spécialement) — de ce qui a immédiatement suivi la chute du premier homme dans le jardin d’Éden, d’où l’Éternel Dieu le chassa.

 

1.2   Le comportement de Caïn et les principes du monde. Genèse 4

En premier lieu, le cœur de l’homme est manifesté tel qu’il est, plein de haine contre son propre frère et révolté contre Dieu. Remarquons encore que le motif de la haine de Caïn est d’ordre religieux (Gen. 4:5). Toute l’histoire de l’homme sur la terre est remplie de déchaînements semblables et, bien souvent, pour des causes de même ordre. Et si aujourd’hui, dans certains pays tout au moins, une apparence extérieure de bonté et de tolérance semble de nature à faire oublier les enseignements de Genèse 4:3 à 8, il n’en demeure pas moins que le cœur de l’homme est resté le même : il est « trompeur par-dessus tout, et incurable ; qui le connaît ? Moi, l’Éternel, je sonde le cœur, j’éprouve les reins... » (Jér. 17:9, 10). Que de témoignages sous nos yeux, hélas ! de la méchanceté du cœur de l’homme, confirmant ce que Dieu nous en dit dans sa Parole !

 

Après avoir tué Abel son frère, Caïn « bâtit une ville ». Il importe peu de déterminer sa grandeur, il nous suffit de savoir qu’il y avait déjà là une certaine agglomération d’êtres humains qui vivaient sous la conduite, plus ou moins discernée mais cependant réelle, de Satan. Dans cette « ville », point de départ du « monde », l’homme trouvera ce qui est susceptible d’éveiller les convoitises de son cœur naturel — c’est bien, effectivement, ce qui est « dans le monde » selon 1 Jean 2:16 — comme aussi, de lui faire oublier pour un temps la triste condition où le péché l’a placé. Caïn appelle cette ville du nom de son fils Hénoc (Gen. 4:17), et les hommes ont agi dans la suite suivant ce même principe, témoignant ainsi de leur indépendance de Dieu : « Leur pensée intérieure est que leurs maisons durent à toujours, et leurs demeures de génération en génération ; ils appellent les terres de leur propre nom » (Ps. 49:11). Puis, dans cette ville, Jubal introduit la musique (Gen. 4:21), plus généralement les arts, afin de réjouir l’esprit de l’homme et de faire taire en lui la voix de la conscience ; sans doute n’y a-t-il là rien de mauvais en soi, le danger est d’en être tellement occupé et nourri que le cœur se détourne de Dieu et de sa parole. Dans ce monde, le travail a également sa place (Gen. 4:22) mais ce n’est pas exactement celui dont il était question en Genèse 3:17 à 19 ; « les outils d’airain et de fer » s’y trouvent aussi bien que « la harpe et la flûte ». Un autre trait encore qui le caractérise : alors que Dieu a établi un certain ordre dans la création, l’homme le renverse dans son « système » ; c’est ainsi que « Lémec prit deux femmes » (Gen. 4:19). Enfin, tandis que Dieu a parlé, l’homme prétend mettre sa propre parole au-dessus de celle de son Créateur : « Et Lémec dit à ses femmes : Ada et Tsilla, écoutez ma voix ; femmes de Lémec, prêtez l’oreille à ma parole : Je tuerai un homme pour ma blessure, et un jeune homme pour ma meurtrissure ; si Caïn est vengé sept fois, Lémec le sera soixante-dix-sept fois » (Gen. 4:23, 24 — comparer avec ce que Dieu avait dit en Genèse 4:15).

 

Nous avons donc, dans ce chapitre 4 de la Genèse, un tableau à peu près complet, présenté immédiatement après la chute, du monde et des principes qui le gouvernent : haine de son semblable, de son frère, et plus spécialement haine religieuse ; indépendance de Dieu ; plaisirs et travaux qui occupent l’homme de telle manière qu’il n’a plus le temps de penser à Dieu, d’écouter sa parole, si même il en a quelque désir ; renversement de l’ordre établi ; parole de l’homme placée au-dessus de celle de Dieu.

 

1.3   Le monde opposé à Dieu a rejeté Dieu dans la Personne de Son Fils

C’est dans un tel monde que Christ est venu. Et sa présence même en a pleinement manifesté le véritable caractère : le monde est opposé à Dieu, au fond il ne veut pas de Lui et l’a rejeté dans la personne de son Fils. Comme le premier homme l’avait fait dans le jardin d’Éden, le monde a écouté la voix du serpent ; aussi, après le rejet de Christ, Satan est-il déclaré le « chef de ce monde » : dans l’Évangile selon Jean, à trois reprises le Seigneur le désigne comme tel (12:31 ; 14:30 et 16:11). Dans la personne de son Fils, Dieu est rejeté par le monde et, d’autre part, le monde est alors mis de côté par Dieu ; le Saint Esprit, descendu ici-bas comme Personne divine, est la démonstration de ce double fait (Jean 16:8 à 11). Désormais, Dieu ne s’occupe plus du monde comme « système » : le monde est jugé ; moralement et judiciairement, il a pris fin à la croix de Christ. Et si l’évangile est prêché ce n’est pas, contrairement à ce que pensent beaucoup, pour améliorer et christianiser le monde, mais pour sauver des pécheurs et les retirer du monde : la croix de Christ est, en tout premier lieu, ce qui nous sépare du monde (cf. Gal. 1:4 ; 6:14, 15).

 

1.4   Opposition entre le Père et le monde

Dans les écrits de Jean, « le Fils unique, qui est dans le sein du Père » fait connaître Dieu, voir le Père (Jean 1:18 ; 14:9) et il y a une opposition complète entre le Père et le monde : « si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui, parce que tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père, mais est du monde » (1 Jean 2:15, 16). Nous comprenons donc que, plus qu’aucun autre, l’Évangile selon Jean nous parle et du Père et du monde.

 

1.5   Le Fils de Dieu venu dans le monde

Cet Évangile nous présente le Fils de Dieu venu dans le monde, venu pour y faire connaître le Dieu que jamais personne ne vit. Expression de ce que Dieu est, Il est « la Parole », la Parole qui était « au commencement », affirmation de son existence éternelle, qui était « auprès de Dieu », par conséquent Personne distincte, qui « était Dieu » ; donc Lui-même. Du monde (cette fois la scène de ce monde) Il est le tout-puissant Créateur : « Toutes choses furent faites par elle (la Parole — Christ), et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait ». « Le monde fut fait par lui » et, venu dans le monde, « le monde ne l’a pas connu » (ici les hommes de ce monde). Cette déclaration est faite dès le début de l’Évangile. Cependant, c’est à ce monde éloigné de Dieu, et en vue du salut du monde que Jésus est présenté dans le quatrième Évangile. Il y vient comme don de Dieu et parce que Dieu a aimé le monde : « Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (voir Jean 1:1 à 18 et 3:16).

 

1.6   Le monde où règne le péché

Ce qui caractérise ce monde, en premier lieu, c’est le péché qui y règne. Il y est entré par la désobéissance du premier homme, Adam, et Jean écrit dans sa 1ère Épître : « le monde entier gît dans le méchant » (Rom. 5:12 ; 1 Jean 5:19). En rapport avec ce fait, Jésus est salué par Jean le baptiseur comme « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1:29). Tel est son caractère et cela sans qu’il soit question ici du moment où la chose sera pleinement et complètement réalisée. L’agneau de Dieu va être immolé et, en vertu de son sacrifice expiatoire, le péché du monde sera ôté.

 

1.7   Un monde perdu

Un autre trait du monde, conséquence du premier, c’est qu’il est perdu. Aussi, c’est d’un Sauveur qu’ont besoin les hommes de ce monde et ceux qui le reçoivent comme tel peuvent dire : « nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde » (Jean 4:42). Les Samaritains, qui prononcèrent ces paroles, n’avaient aucune part aux promesses faites aux Juifs ; le fait que le Seigneur exerçait au milieu d’eux un ministère de grâce était donc bien la preuve que le salut qu’Il apportait était offert au monde entier, un monde perdu. C’est ce que Jean enseigne aussi dans sa 1ère Épître : « Lui (Jésus Christ) est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier » — « Le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde » (1 Jean 2:2 ; 4:14). Ce salut est offert au monde entier, mais il est seulement la part de « quiconque croit » (Jean 3:16 et 36 ; Actes 13:39).

 

1.8   Le monde, une scène de mort

Mais encore, moralement, le monde est une scène de mort (cf. Rom. 5:12) ; les hommes de ce monde sont « morts dans leurs fautes et dans leurs péchés » (Éph. 2:1). Aussi, c’est un Christ, pain de vie descendu du ciel, qui se présente et donne la vie au monde » (Jean 6:33). C’est à Lui qu’il faut venir ; Il est « le pain » qu’il faut « manger », ce qui implique sa mort, car sans sa mort Il ne pouvait être « mangé » (on ne mange pas un être vivant) et il fallait sa mort pour que nous ayons la vie. Toutes ces expressions ont un sens spirituel, ainsi que le Seigneur le dit Lui-même : « les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie » (vers. 63). C’est sa mort qu’il convient de s’approprier, dont il faut faire sa nourriture, afin d’avoir la vie : « Moi », dit-Il, « je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde » (vers. 51). Pour la « vie du monde », il fallait sa venue ici-bas et sa mort sur la croix.

 

1.9   La haine du monde

Venu sur une scène de péché et parmi des hommes pécheurs, perdus et moralement morts, quel accueil le Seigneur y a-t-Il reçu ? « Le monde ne l’a pas connu » (Jean 1:10). Il y a été un étranger ; davantage encore, Il a été l’objet de la haine de ce monde parce qu’Il rendait témoignage de son véritable état. C’est ainsi qu’Il pouvait déclarer à ses frères : « Le monde ne peut pas vous haïr ; mais il me hait, parce que moi je rends témoignage de lui que ses œuvres sont mauvaises » et, plus tard, Il dira à ses disciples : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, mais que moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela, le monde vous hait » (Jean 7:7 ; 15:18, 19).

1.10                   La lumière du monde : le Seigneur, puis les croyants

Aveuglé, ce monde ne « voit » pas Celui qui est venu pour ôter son péché, assurer son salut, lui apporter la vie ; il est plongé dans les ténèbres morales les plus profondes, ne discernant pas en Jésus Celui qui est « la lumière du monde ». « Moi », dit-Il, « je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie ». Et Il dira encore : « Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (Jean 8:12 ; 9:5). Il était venu ici-bas comme étant la lumière, afin de manifester ce qu’il y a dans le cœur de l’homme mais aussi pour apporter la vie, car « la vie était la lumière des hommes » (Jean 1:4). Rejeté par ce monde, crucifié, Il n’est plus maintenant « la lumière du monde » ; Il est la lumière des seuls croyants et eux sont appelés à faire face à la responsabilité qui leur incombe comme étant « la lumière du monde » (Matt. 5:14). Ils ne le peuvent que dans la mesure où ils réalisent pratiquement qu’ils sont « lumière dans le Seigneur » (Éph. 5:8).

 

1.11                   Le jugement du monde est prononcé, mais son exécution différée

Le monde a manifesté toute son hostilité contre le Fils, envoyé du Père ; il a rejeté le témoignage du Père au sujet de son Fils. Alors, comme en un dernier appel, la voix du Père se fait entendre, proclamant la satisfaction qu’Il a trouvée en son Fils et la gloire de cette Personne excellente : « Et je l’ai glorifié, et je le glorifierai de nouveau » (Jean 12:28). Jésus a été glorifié au tombeau de Lazare (Jean 11:4, 40), Il sera glorifié dans sa propre résurrection (Rom. 6:4). « Cette voix n’est pas venue pour moi, mais pour vous », dit le Seigneur à la foule (Jean 12:30). La présentation du Fils au monde a été complète, mais le monde refuse d’accepter le témoignage du Père au sujet de son Fils, aussi il ne reste pour lui que le jugement : « Maintenant est le jugement de ce monde » (Jean 12:31). En rejetant Christ, le monde se condamnait. Le jugement sera exécuté plus tard, mais il est déjà prononcé ! Quelle folie par conséquent que de chercher à améliorer ce monde ! En attendant que le jugement soit exécuté, Dieu y fait annoncer son Évangile pour en retirer tous ceux qui l’acceptent, se tournant vers Christ afin d’être sauvés (cf. Gal. 1:4). Parce que le jugement est « son œuvre étrange... son travail inaccoutumé » (Ésaïe 28:21), le Seigneur déclare qu’Il n’est pas venu dans le monde pour le juger mais tout au contraire pour le sauver : « Je ne suis pas venu afin de juger le monde, mais afin de sauver le monde » (Jean 12:47 — cf. Jean 3:17 qui nous dit que c’est bien pour sauver et non pour juger le monde que Dieu a envoyé son Fils). Le Fils de Dieu rejeté et crucifié, le monde demeure coupable de ce crime et c’est le motif de son jugement, effectivement prononcé à la croix et dont l’exécution est différée tant que dure le jour de la grâce, pendant lequel le salut est offert à « quiconque croit ».

 

1.12                   Le Seigneur laisse le monde

Désormais, le Seigneur en a fini avec son peuple et avec le monde. Il s’adresse à ses disciples seuls, aux « siens » qu’Il va laisser dans ce monde ennemi alors que, pour Lui, « son heure est venue pour passer de ce monde au Père » (Jean 13:1). Le monde ne le verra plus, mais ses rachetés, recevant de Lui sa vie, vie de résurrection, pourront Le voir et jouir de sa Personne : « Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez ; parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez » (Jean 14:19 — voir aussi v. 22 et 23). Ce monde s’est tourné vers un autre chef, l’usurpateur, celui duquel Jésus pouvait dire aux siens : « Le chef du monde vient, et il n’a rien en moi » (Jean 14:30).

 

Après sa mort, sa résurrection, son ascension glorieuse, Jésus a envoyé ici-bas le Consolateur, « l’Esprit de vérité, qui procède du Père », et sa présence sur la terre est, pour le monde, une conviction de péché, et de justice, et de jugement : « de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; de justice, parce que je m’en vais à mon Père, et que vous ne me voyez plus ; de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé » (Jean 15:26 ; 16:7 à 11).

 

1.13                   Les croyants ont de la tribulation dans le monde

Dans ce monde où ils ont maintenant à cheminer, les siens rencontrent des tribulations, précisément parce que ce monde est un lieu où règnent le péché et la mort, une scène de ténèbres morales, le domaine de Satan. L’organisation des affaires de ce monde est faite suivant des principes entièrement opposés à Dieu, mais les rachetés de Jésus n’ont rien à craindre ; ne leur a-t-Il pas dit : « Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33) ? Nous pouvons ainsi aller en paix, nous sommes gardés et soutenus par le grand Vainqueur, Celui qui a triomphé du monde et de son prince. Si ce monde est régi suivant des principes opposés à Dieu, Lui, du commencement à la fin de sa course ici-bas, a toujours agi dans l’obéissance à la volonté de son Dieu et Père, dans sa dépendance entière ; telle a été constamment la règle de son action et Il l’a fait triompher de tous les principes du monde. En ce sens, Il a « vaincu le monde ». Il nous appelle à Le suivre dans le même sentier, vivant de la même vie ; nous irons ainsi pleins de courage et d’énergie et, dans ce monde, nous serons alors des vainqueurs.

 

1.14                   Donnés du monde, pas du monde

Nous pouvons aussi aller sans crainte car nous sommes ceux qu’Il a voulu remettre à son Père, les « hommes que tu m’as donnés du monde » lui dit-Il (Jean 17:6). De ce monde coupable et déjà jugé, sa grâce a retiré tous ceux que le Père lui a donnés : « Tout ce que le Père me donne viendra à moi ; et je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi... » (Jean 6:37 à 39). Ceux-là sont encore dans le monde mais « donnés du monde » et retirés du monde ; ils ne sont « pas du monde ». C’est pour eux que le Seigneur prie son Père ; Il ne fait « pas de demandes pour le monde » mais seulement pour ceux que le Père lui a donnés et c’est d’eux qu’Il dit : « ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17:6, 9, 11 et 14 à 16).

 

1.15                   Le monde n’a pas connu, mais connaîtra un jour

« Le monde ne t’a pas connu », dit Jésus à son Père (Jean 17:25). Il n’a pas plus connu le Fils que le Père et il ne pouvait connaître le Père puisqu’il ne connaissait pas le Fils, venu le révéler (comp. Jean 1:10, 18 ; 14:9, 10 ; 17:25). Plus tard, le monde connaîtra... Il connaîtra que le Père a envoyé le Fils et qu’Il nous a aimés, nous ses rachetés, du même amour dont Il aime son Fils (Jean 17:23).

 

1.16                   Marcher dans le monde comme n’en étant pas

Nous avons rappelé, à grands traits, ce que l’Évangile selon Jean, évangile du Fils de Dieu, nous enseigne au sujet du monde. Que la méditation de ces différents passages nous conduise à mieux réaliser le véritable caractère du monde dans lequel nous avons à cheminer, à y vivre dans une sainte séparation, attachés à Celui qui y est venu en grâce, qui y a marché mais pouvait dire en vérité : « Je ne suis pas du monde... ». Puissions-nous manifester, dans nos cœurs d’abord, dans notre marche pratique aussi, que nous ne sommes pas du monde, comme Lui n’en était pas !